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L’éveil mystique, la quête spirituelle ultime

De notre confrère Arcana – Par Ludovic Richer

Le dernier épisode nous conduira au cœur de la quête mystique ou spirituelle, un objectif central dans les traditions religieuses anciennes comme dans les nouvelles formes de spiritualité contemporaine. L’éveil mystique est la finalité de tout cheminement ésotérique : il représente l’union de l’âme humaine avec le divin, un état d’accomplissement spirituel absolu. Nous retrouverons cette notion dans des systèmes de croyance aussi variés que le soufisme, le bouddhisme, le christianisme mystique et le New Age.

L’éveil est souvent décrit comme une expérience transcendante de l’unité cosmique, où toutes les distinctions entre le soi et l’univers s’effacent. Dans cet épisode, nous analyserons les différentes voies empruntées par ceux qui ont cherché à atteindre cet état d’illumination, que ce soit par la méditation, la prière, les rituels, ou même l’usage de techniques occultes. Nous verrons comment cet éveil spirituel est perçu comme l’aboutissement ultime du chemin initiatique, où l’initié devient un être pleinement éveillé, en communion avec le divin et avec lui-même.

L’Éveil Spirituel : Un Phénomène Universel en Quête de Reconnaissance Scientifique

L’éveil spirituel, un concept aux multiples facettes, gagne en attention dans les milieux académiques et scientifiques. Longtemps cantonné aux sphères religieuses et philosophiques, ce phénomène fait désormais l’objet d’études universitaires dans des domaines aussi variés que la sociologie, la neurophysiologie et la psychologie.

Traditionnellement associé à des termes comme « illumination », « réalisation de soi » ou « libération », l’éveil spirituel est décrit comme un retour à sa véritable nature, rendu possible par l’effacement de l’ego. Ce processus, qui peut être graduel ou soudain, est au cœur de nombreuses traditions religieuses et philosophiques, du bouddhisme à l’hindouisme, en passant par le soufisme et certaines approches laïques.

L’expérience de l’éveil, souvent décrite comme un bouleversement profond, est parfois comparée à une « seconde naissance ». Elle peut s’accompagner d’états de conscience altérés, tels que l’extase ou un sentiment d’union avec l’univers ou un principe divin.

Dans l’hindouisme, par exemple, l’éveil est associé à la libération (moksha) du cycle des réincarnations. Les différentes formes de yoga, du jnana yoga au bhakti yoga, offrent autant de voies pour atteindre cet état.
Cependant, le concept d’éveil spirituel a également été adopté et parfois réinterprété par le mouvement New Age, donnant lieu à des acceptions plus larges et parfois controversées.

L’intérêt croissant de la communauté scientifique pour ce phénomène ouvre de nouvelles perspectives. Les chercheurs tentent de comprendre les mécanismes neurologiques et psychologiques sous-jacents à ces expériences, classées parmi les états modifiés de conscience.

Cette approche scientifique de l’éveil spirituel pourrait permettre de jeter des ponts entre les traditions spirituelles anciennes et la compréhension moderne de la conscience humaine. Elle soulève également des questions fascinantes sur la nature de l’expérience humaine et les limites de notre perception de la réalité.

Alors que la recherche dans ce domaine en est encore à ses débuts, elle promet d’apporter un éclairage nouveau sur un phénomène qui a façonné les cultures et les philosophies à travers l’histoire. L’éveil spirituel, longtemps considéré comme du domaine de l’ineffable, pourrait bien devenir un sujet d’étude scientifique à part entière dans les années à venir.

Dans le bouddhisme, l’éveil spirituel et le nirvana sont des concepts intimement liés mais distincts. Selon Philippe Cornu, expert en bouddhisme :

« Le nirvâna a un rapport direct avec la libération de la souffrance et des conditionnements, tandis que l’Éveil est un phénomène de nature cognitive qui implique la manifestation pleine et entière de la sagesse, c’est-à-dire de la connaissance directe et non conceptuelle de la Réalité telle qu’elle est. »

Cette distinction nuancée souligne la profondeur et la complexité de la spiritualité bouddhique. Le nirvana représente l’extinction des causes de la souffrance, alors que l’Éveil est une compréhension profonde de la nature de la réalité.
Dans la tradition zen, particulièrement dans l’école Rinzai au Japon, l’Éveil est souvent décrit comme un phénomène soudain, voire brutal. Cette approche contraste avec les conceptions plus graduelles d’autres écoles bouddhiques. Hermann Hesse, écrivain fasciné par la spiritualité orientale, décrivait l’Éveil zen comme « une union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps ».

Le concept d’éveil spirituel trouve des échos dans d’autres traditions religieuses. Dans le soufisme, branche mystique de l’Islam, l’éveil est comparé à une seconde naissance. Cette renaissance spirituelle nécessite, selon un hadith, de « mourir avant de mourir ». Le cheikh Arslân exprimait poétiquement cette idée : « Tu es un voile pour toi-même / Dieu ne t’est donc voilé que par ton ego ».

L’objectif du soufi est de s’éteindre dans l’Unicité divine (al-fanâ’ fi l-tawhîd), puis de subsister (baqâ’) en Dieu. L’islamologue E. Geoffroy décrit cet état comme « une transparence à l’Être divin, un effacement total du moi individuel dans la Présence ».

Même le christianisme, notamment dans sa tradition catholique, utilise le terme « éveil » dans un contexte spirituel. On parle d' »éveil à la foi » pour désigner une première initiation religieuse, bien que cette conception soit moins radicale que dans les traditions orientales.

Ces différentes approches de l’éveil spirituel, qu’elles soient bouddhiques, soufies ou chrétiennes, partagent l’idée commune d’une transformation profonde de la conscience et de la perception de la réalité. Elles témoignent de la quête universelle de l’humanité pour une compréhension plus profonde de l’existence et de notre place dans l’univers.

L’éveil spirituel est un concept qui dépasse les frontières des religions traditionnelles et trouve des échos dans divers domaines de la pensée et de la science moderne. Voici un aperçu de cette notion dans un cadre non religieux :

Philosophie et pensée occidentale :

L’éveil spirituel peut être rapproché de l’intuition telle que conçue par des philosophes comme Héraclite, Platon, Plotin, Spinoza et Bergson. Dans cette optique, il s’agit d’une « vision directe du réel » caractérisée par un sentiment d’éternité, une joie infinie, et une dissolution des frontières entre le soi et le monde.

Le « sentiment océanique » de Romain Rolland, décrit dans sa correspondance avec Freud, illustre bien cette expérience spirituelle non religieuse.

Penseurs contemporains : Des figures comme Jiddu Krishnamurti ont largement contribué à populariser la notion d’éveil spirituel hors du cadre religieux. D’autres auteurs, issus notamment du néo-advaïta occidental, comme Eckhart Tolle, Andrew Cohen, ou Jean Klein, ont également exploré ce concept.

Approches scientifiques :

Sociologie : Les sociologues utilisent généralement le terme « état modifié de conscience » pour décrire ce phénomène. Certains, comme Edgar Morin ou René Barbier, ont néanmoins employé le terme « éveil » pour décrire leurs propres expériences spirituelles.

Neurosciences : Des études d’imagerie cérébrale ont mis en évidence l’activation de zones spécifiques du cerveau lors d’états d’éveil ou de méditation profonde. Le neuroscientifique Sam Harris souligne la possibilité d’expérimenter une conscience ouverte et illimitée, transcendant le sens d’un soi séparé.

Psychologie : Au XIXe siècle, le psychiatre Richard Maurice Bucke a publié la première étude psychologique sur l’éveil, basée sur sa propre expérience. Plus tard, C.G. Jung a rapproché son concept d’individuation de l’éveil des religions orientales.
Ces approches multidisciplinaires témoignent de l’intérêt croissant pour l’éveil spirituel en tant que phénomène humain universel, au-delà des cadres religieux traditionnels. Elles ouvrent de nouvelles perspectives sur la compréhension de la conscience et de l’expérience humaine.

Ordo ab chaos… L’art subtil de maîtriser l’ordre, entre rigueur et émotion

Ne pensez-vous pas que les principes de la rigueur et de l’ordre ne sont jamais aussi charmants que lorsqu’ils s’habillent d’un manteau de noblesse et de mystère ? Et, quoi de mieux que de naviguer dans les cercles feutrés et à couvert de la franc-maçonnerie, pour découvrir cette quête incessante de perfection ? Oui, le respect des rituels, l’équerre qui maintient dans une posture aussi parfaite que celle des meilleurs danseurs de tango, la discipline du regard et la quête d’une harmonie intérieure… Ah, il n’y a rien de plus noble que de vivre selon des principes éthiques élevés, n’est-ce pas ?

Mais, n’allons pas trop vite en besogne : si l’on parle de rigueur, il ne s’agit pas de la rigidité d’un « maniaque du fer à repasser », qui, pour la simple jouissance d’une tenue vestimentaire ou d’une nappe parfaitement lisse, se transforme ainsi que sa maison, en un temple dédié à la perfection matérielle. Non, les francs-maçons ne sont pas des serviteurs du fer et de la planche à repasser. Ils s’efforcent de forger leur caractère, d’adopter des actions empreintes de vertu et de se regarder dans le miroir de l’éthique, sans risquer de se brûler les doigts avec… Avec ?

Les manieurs de fer à repasser, de boîtes de rangement numérotées, empilées scrupuleusement par ordre alphabétique, eux, cherchent-ils à sculpter leur âme, ou plutôt à discipliner l’apparence extérieure ? Il s’agit de maintenir l’espace en ordre, où chaque étagère, chaque tablier, chaque gant est à sa place, et où la seule épreuve véritable semble être de s’assurer que le tissu ne montre aucun signe de rébellion !

Et pour cela, un cintre, un calendrier… Tout est permis pour garantir que rien, absolument rien, ne vienne froisser l’illusion de la perfection ! L’ordre et la beauté sont de merveilleux idéaux, à condition, bien entendu, de ne pas confondre les deux avec une obsession qui ferait oublier que la vie, parfois, se plie à ses propres règles…

Alors, un peu de poésie dans ce monde, quand même très désordonné et brutal (mais est-ce la caractéristique QUE du monde profane ?)…

Dans un logis, où même Cendrillon pâlirait,
Vivait une franc-maçonne au cœur bien ordonné,
Elle gardait ses tabliers comme un trésor sacré,
Entre des calendriers, en rangs bien alignés.

« Ne les froisse pas ! » se disait-elle, radieuse,
« Chaque pli doit être parfait, toute pièce précieuse !
L’ordre est la clé du bonheur et de la sagesse,
Sans lui, c’est le chaos, et la raison se délaisse. »

À ses côtés, une autre, plus débridée,
Rangeait ses tabliers dans sac mal ficelé.
« Tu me chagrines ! » répliqua-t-elle, moqueuse,
« Moi, je préfère l’imprévu » toujours joyeuse.

« Moi, je vis sans contrôle, vertige du tourbillon !
Mes tabliers sont froissés, tant pis, pas d’illusion !
L’ordre, c’est un piège, la rigidité, un fardeau,
Mon cœur qui bat, c’est mon maître mot  ! »

Et quand vint le moment de circumanbuler,
Et montrer aux colonnes leur « savoir » appliqué,
La première, avec grâce, réalisa sa tâche,
Ses tabliers impeccables, comme un chef-d’œuvre de panache.

Quant à l’autre, pleine de verve et d’énergie,
Portait un tablier froissé, mais quelle magie !
Au grand étonnement, c’est son cœur qui brilla,
Les esprits s’éveillèrent, leur cœur en émoi.

Morale

Si la règle peut adoucir les éclats du cœur,
Le cœur, parfois, fait naître un monde meilleur.
Souplesse et légèreté dans le quotidien,
Permettent à l’âme de trouver son chemin.

Ainsi, ordonnons, mais,
L’ordre et l’émotion s’entrelacent sans plainte.
Mieux vaut un cœur vibrant qu’un tablier bien plié,
Car l’art de vivre, c’est d’apprendre à aimer.

Comme disait Georges Braque « J’aime la règle qui corrige l’émotion et j’aime l’émotion qui corrige la règle ».

Le Parti Anti-Maçonnique : Une Émergence Fugace dans l’Histoire Politique Américaine

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Le Parti anti-maçonnique, fondé en 1828, demeure une curiosité de l’histoire politique des États-Unis. Conçu pour dénoncer l’influence perçue des francs-maçons, ce mouvement a marqué une décennie avant de s’éteindre, laissant une empreinte durable sur les pratiques électorales du pays.

Les Origines : Une Disparition Qui Déclenche une Vague de Méfiance

William Morgan

L’affaire William Morgan, en 1826, fut l’étincelle qui donna naissance au parti. Morgan, un ancien franc-maçon devenu critique de son organisation, disparut mystérieusement après avoir annoncé la publication de secrets maçonniques. Cette disparition, considérée comme un meurtre orchestré par les francs-maçons, suscita une vague d’indignation populaire, alimentée par des rumeurs de complot menaçant la démocratie américaine.

Des figures influentes comme le patron de presse Thurlow Weed et l’avocat William Henry Seward exploitèrent cette ferveur pour mobiliser l’opinion publique. En moins de 15 ans, l’affaire contribua à une réduction de moitié des effectifs maçonniques aux États-Unis, freinant la création de nouvelles loges.

Une Opposition Structurée : De New York à une Dimension Nationale

Le Parti anti-maçonnique fut officiellement fondé en 1828 dans l’État de New York, où le Parti national-républicain peinait à rivaliser avec les démocrates d’Andrew Jackson, lui-même franc-maçon notoire. Rapidement, le parti devint une force d’opposition majeure, adoptant des positions protectionnistes en parallèle à sa critique des sociétés secrètes.

La transformation en parti national eut lieu lors d’une convention organisée à Philadelphie en 1830, renforçant sa portée dans d’autres États comme la Pennsylvanie, le Vermont et le Massachusetts. Ce succès permit au mouvement d’envoyer des élus au Congrès pendant une décennie.

En 1833, au sommet de son influence, le parti comptait 25 représentants à la Chambre, dont des figures majeures telles que John Quincy Adams, ancien président, et Millard Fillmore, futur président.

Une Innovation en Politique : Les Conventions Nationales

Le Parti anti-maçonnique fut pionnier en adoptant un système inédit pour désigner ses candidats : les conventions nationales. En septembre 1831, à Baltimore, les délégués du parti élaborèrent une plateforme commune avant d’investir William Wirt, ancien procureur général des États-Unis, comme candidat à l’élection présidentielle de 1832.

Ironiquement, Wirt était un ancien franc-maçon et sceptique quant à l’affaire Morgan. Toutefois, il accepta l’investiture, reconnaissant que les anti-maçonniques n’auraient jamais soutenu Henry Clay, un adversaire politique et haut dignitaire maçonnique.

Avec 8 % des voix populaires et les sept grands électeurs du Vermont, la candidature de Wirt symbolisa la montée en puissance des conventions comme outil démocratique. Ce modèle allait s’imposer durablement dans la politique américaine.

Le Déclin et l’Héritage

À partir de 1833, l’influence du parti déclina face à la montée des Whigs, qui absorbèrent une grande partie de ses membres et idées. Toutefois, son rôle dans la réforme des pratiques politiques reste indéniable. En structurant les conventions nationales, le Parti anti-maçonnique posa les bases d’une modernisation des campagnes électorales.

Si son opposition à la franc-maçonnerie n’a pas survécu au temps, le parti demeure un exemple unique d’un mouvement éphémère ayant profondément influencé les institutions démocratiques américaines.

Le Déclin Progressif et l’Absorption dans le Parti Whig

Après son apogée au début des années 1830, le Parti anti-maçonnique commença à perdre son influence, une tendance qui s’accentua à l’approche de l’élection présidentielle de 1836. Les désaccords internes sur un ticket présidentiel illustrèrent la fragmentation croissante du mouvement.

Échec d’union en 1836

William Henry Harrison

Lors de sa deuxième convention nationale, une majorité des délégués anti-maçonniques apporta son soutien à William Henry Harrison, un héros de guerre et figure charismatique. Pourtant, une faction importante continua de s’opposer à ce choix, incapables de concilier leurs différences avec d’autres mouvements d’opposition, comme les nationaux-républicains.

Harrison, bien qu’adopté par les anti-maçonniques, fut présenté comme candidat sous une bannière plus large qui jetait les bases du futur Parti whig. Ce dernier, créé en 1833-1834, réunissait des anciens nationaux-républicains, des anti-maçonniques influents (comme John Quincy Adams) et des personnalités cherchant à contester la domination démocrate d’Andrew Jackson et son successeur, Martin Van Buren.

Transition vers le Parti Whig

Le véritable tournant survint lors de la troisième et dernière convention nationale anti-maçonnique, tenue à Philadelphie en novembre 1838. Les délégués approuvèrent un ticket Harrison-Webster pour l’élection présidentielle de 1840. Cependant, cette proposition fut rapidement modifiée par les Whigs, qui imposèrent John Tyler comme colistier à la vice-présidence.

Face à l’essor du Parti whig, les anti-maçonniques n’opposèrent aucune résistance. La fusion avec les Whigs fut naturelle, puisque les deux partis partageaient des objectifs communs, notamment le protectionnisme, la modernisation économique, et la lutte contre l’influence jugée excessive d’Andrew Jackson.

Héritage et Influence sur les Partis Futurs

La dissolution du Parti anti-maçonnique ne signa pas la fin de son influence. Beaucoup de ses membres poursuivirent leur carrière politique au sein du Parti whig, et plus tard dans des mouvements abolitionnistes ou réformateurs.

Parmi les figures marquantes issues de cette transition figurent des hommes comme Thaddeus Stevens, futur leader républicain et défenseur acharné de l’abolition de l’esclavage. Stevens, tout comme d’autres politiciens anti-maçonniques, trouva une nouvelle maison politique dans le Parti républicain, formé en 1854. Ce dernier rassembla d’anciens Whigs, des abolitionnistes et des membres de tiers partis comme le Parti américain (Know-Nothing), qui partageaient une méfiance envers les influences perçues comme menaçant les institutions américaines.

Les Contributions du Parti Anti-Maçonnique

Hommes du Ku,Klux,Klan en réunion
Hommes du Ku,Klux,Klan en réunion

Innovation dans les processus électoraux : La création des conventions nationales par le Parti anti-maçonnique en 1831 établit une tradition adoptée par tous les grands partis aux États-Unis. Ce système démocratique a permis une représentation élargie des intérêts régionaux au sein des partis.

Impact sur le paysage politique : Bien que de courte durée, le parti a servi de tremplin pour de nombreuses figures politiques influentes. Il a également contribué à structurer l’opposition au Parti démocrate et à poser les bases des coalitions qui allaient définir le Parti whig, puis le Parti républicain.

Réduction de l’influence maçonnique : Si son combat contre la franc-maçonnerie semble aujourd’hui anecdotique, il a néanmoins contribué à une réflexion plus large sur la transparence des institutions et les conflits d’intérêts dans la vie publique.

Une Page Unique de l’Histoire Américaine

Le Parti anti-maçonnique illustre comment un mouvement, même éphémère, peut transformer durablement les pratiques politiques. De son combat contre les loges secrètes à son intégration dans des structures politiques plus vastes, il a influencé la modernisation de la démocratie américaine tout en ouvrant la voie à des figures et des idées qui allaient façonner l’avenir des États-Unis.

Au nom du symbolisme

Il est communément admis que les symboles sont une partie essentielle du cheminement maçonnique. Il en est de même dans les textes religieux qui sont souvent considérés aujourd’hui comme essentiellement symboliques. De tels écrits utilisent cette méthode pour transmettre leur message.

Cela signifie que les thèmes présentés au lecteur dans ces ouvrages, aussi bien que dans l’enseignement de la franc-maçonnerie ne sont généralement jamais exposés de manière explicite. La Bible et les écrits alchimiques partagent cette caractéristique.

On peut se demander pour quelles raisons utilise-t-on un tel symbolisme. Habituellement si l’on veut être certain d’être compris, il faut parler clairement !

Lorsque vous achetez un livre sur la franc-maçonnerie, la philosophie, ou même le jardinage et le bricolage, vous vous attendez à trouver des explications claires ainsi que peut-être quelques exercices pratiques. Au lieu de cela, si l’auteur décide de vous offrir une série de symboles inexpliqués, vous pourriez trouver cela décevant, voire une escroquerie.

Vous pourriez soutenir que l’utilisation du symbolisme est une méthode traditionnelle d’expression, employée pour transmettre d’importants mystères à ceux qui sont prêts à les recevoir. C’est d’ailleurs l’explication principale des symboles de la franc-maçonnerie. Peut-être auriez-vous raison.

Mais tous les symboles ne sont pas égaux dans les textes religieux.

Tout au long de l’histoire, la majorité des gens n’a pas reçu une éducation approfondie. La plupart d’entre eux considéraient les récits religieux comme des faits et non comme une sorte de code complexe à déchiffrer.

Maintenant, imaginez que vous avez entre les mains un texte sacré affirmant que chaque mot, chaque lettre, est la parole révélée de Dieu lui-même. La première chose que l’on attendrait d’une puissance absolue et parfaire serait un discours clair et précis. Si Dieu s’exprime, il est crucial de comprendre parfaitement son message. Un simple texte philosophique, en revanche, peut être mal compris, mais les conséquences de ce malentendu ne sont pas aussi graves. Il en est de même si un apprenti franc-maçonnerie n’interprète pas correctement le symbolisme de l’équerre, du compas ou de la lettre G.

Si le texte sacré prétend être une révélation véritable et définitive issue d’un Dieu unique, et qu’il bénit les massacres faits en son nom, on peut être certain que cela influencera dangereusement les esprits non éduqués.

Nous pouvons même douter de l’utilité de considérer ces récits comme symboliques et honnêtement affirmer que ce type d’utilisation du symbole est dangereux. Le symbolisme ne peut pas tout justifier ! Des textes racistes ou haineux restent dangereux, même si l’on prétend qu’ils sont symboliques. Si le véritable objectif est d’enseigner des leçons spirituelles, quel besoin y a-t-il de recourir à des épisodes violents en affirmant qu’ils sont bénis par Dieu ? Bien sûr, il y a des actes violents dans le monde, mais sont-ils bénis ? Il est surprenant que quiconque puisse soutenir ce genre d’affirmation s’appuyant sur un prétexte symbolique.

Au sein du parcours maçonnique, l’étude symbolique est omniprésente. La plupart des symboles sont associés à des principes moraux. Pour ne citer que les plus connus, la règle peut symboliser la rectitude morale, la mesure de nos actions, la droiture et la justice. L’équerre représente la justice, l’intégrité et l’équilibre, tandis que le compas enseigne la modération, le respect et les devoirs que nous avons envers nous-mêmes et les autres. Peut-être trouveriez-vous d’autres significations et c’est justement le propre de ce type de langage. Demandons-nous maintenant si le temps de recherche sur la signification des symboles ne serait pas mieux employé à mettre en action les valeurs morales qu’ils représentent. Il est indéniable que nous ne procédons pas de cette façon pour enseigner l’honnêteté à des enfants, la politesse ou le respect d’autrui. Il est encore plus surprenant de le faire pour des adultes.

En conclusion, il apparaît que le langage symbolique est survalorisé dans des traditions initiatiques telles que la franc-maçonnerie ou dans des sciences traditionnelles comme l’alchimie. Non seulement cela peut apparaître comme une réelle perte de temps ne permettant pas de s’améliorer moralement, mais son utilisation peut même être injustifiable.

psychothérapie maçonnique

Nous vivons à une époque dans laquelle les individus sont mieux éduqués, mais demeurent aussi fragiles que les humains vivants il y a des siècles. Toute incitation littérale à des comportements immoraux ne peut pas être simplement considérée comme symbolique. Ces incitations sont précisément ce qu’elles semblent être : de simples comportements humains, et elles doivent être condamnées comme telles.

Tout initié, tout franc-maçon, devrait être conscient que la clarté des propos et l’absence d’ambiguïté est à la fois un gain de temps et une marque d’honnêteté. Ainsi le symbole demeurera à sa place, celle d’un simple art littéraire.

Le groupe Sussex Freemasons West commémore le dimanche du Souvenir

De notre confrère anglais sussexexpress.co.uk – Par Dave King

Le dimanche du Souvenir, les francs-maçons du Sussex Freemasons West Group se sont unis aux loges maçonniques de tout le pays pour honorer et rendre hommage à ceux qui ont fait le sacrifice ultime.

Les membres de la communauté maçonnique du West Sussex ont participé à des défilés commémoratifs, à des dépôts de couronnes et à des services à Chichester, Bognor, Littlehampton, Arundel et Rustington, garantissant que les sacrifices des morts ne soient jamais oubliés.

Dans toute la région, les francs-maçons , vêtus de leurs tenues de cérémonie, y compris de leurs cols maçonniques, se sont joints au personnel militaire, aux vétérans, aux dignitaires locaux et aux membres du public pour des cérémonies commémoratives poignantes dans les monuments aux morts et les églises. La journée a été marquée par la traditionnelle minute de silence, au cours de laquelle les participants ont réfléchi au courage et au sacrifice de ceux qui ont servi dans les guerres mondiales et les conflits ultérieurs.

À Chichester , les francs-maçons ont fièrement défilé aux côtés des militaires. Une foule nombreuse s’est rassemblée au mémorial de guerre de la ville pour une cérémonie émouvante, au cours de laquelle des membres de la communauté maçonnique ont déposé des couronnes en hommage à ceux qui sont morts au service de leur pays.

Défilé des francs-maçons de Chichester dans le cadre du service de commémoration de la ville
Défilé des francs-maçons de Chichester dans le cadre du service de commémoration de la ville

À Bognor Regis , les francs-maçons ont rejoint le cortège avec une dignité silencieuse, commémorant les hommes et les femmes qui ont donné leur vie lors des guerres passées. La cérémonie comprenait des lectures, des hymnes et un moment de recueillement avant que des couronnes ne soient déposées au mémorial de guerre de Bognor.

Dans les villes de Worthing, Littlehampton, Arundel et Rustington, des francs-maçons ont également déposé des couronnes en mémoire de ceux tombés au combat.

Cet acte national de commémoration s’inscrit dans le cadre d’un engagement maçonnique plus large (dont beaucoup ont servi en tant que membres des forces armées) visant à honorer les morts au combat, les Loges de tout le pays participant à des événements similaires. Le Sussex Freemasons West Group, qui représente 35 Loges maçonniques du West Sussex, a également pris part aux services nationaux du dimanche du Souvenir, soulignant son dévouement durable aux valeurs de charité, de fraternité, de service et de respect de ceux qui servent.

Défilé des Freemans de Bognor
Défilé des Francs-maçons de Bognor

Le rôle des francs-maçons dans les cérémonies du dimanche du Souvenir est profondément ancré dans l’histoire, reflétant la longue tradition de la fraternité consistant à honorer ceux qui ont servi dans les forces armées. La franc-maçonnerie a toujours eu des liens étroits avec le service militaire, et de nombreux francs-maçons ont servi dans les forces armées, en particulier pendant les deux guerres mondiales.

Les dirigeants francs-maçons du Sussex Freemasons West Group ont exprimé leur fierté face à la participation et à la solidarité manifestées le dimanche du Souvenir, soulignant que l’engagement à se souvenir des morts va au-delà d’une seule journée par an.

« Les sacrifices consentis par les membres de nos forces armées ne seront jamais oubliés », a déclaré John Spence, président du Sussex Freemasons West Group. « Notre participation au Remembrance Sunday n’est qu’une des façons dont nous continuons à honorer et à rendre hommage à ceux qui ont tout donné pour notre pays. Nous nous tenons aux côtés de nos communautés, des vétérans et des familles des morts pour commémorer leur bravoure et leur sacrifice. »

Alors que les services du dimanche du Souvenir se terminaient, les francs-maçons du West Sussex se sont joints au reste de la nation pour réaffirmer leur dévouement à maintenir vivante la mémoire de ceux qui ont donné leur vie dans les guerres passées – un hommage durable au courage et au sacrifice qui ont défini les générations précédentes.

L’hopital Santa Casa de Poços reçoit un don d’équipement hospitalier des Francs-maçons

De notre confrère brésilien brandnews.com.brSOURCE ET PHOTO : Rafael dos Santos

Le 1er novembre, Santa Casa de Poços de Caldas a bénéficié d’un don de matériel hospitalier pour l’ USI néonatale , notamment des articles essentiels pour l’intubation des nouveau-nés, des masques néonatals et des aiguilles avec des seringues à insuline. Le don a été fait par la Loge maçonnique Timoneiro do Sul de Minas et remis par Charles Ribeiro , représentant de l’entité.

Charles Ribeiro a expliqué l’initiative de la Loge maçonnique et son engagement en faveur des soins hospitaliers dans la région. «Je représente la Loge maçonnique Timoneiro do Sul de Minas, qui gère certains dons que nous collectons. La suggestion d’attribuer une partie de ces matériaux à la Santa Casa est venue de Dercilio , membre de la Confrérie de la Santa Casa et également frère de la franc-maçonnerie. Ce don de produits hospitaliers a lieu trois fois par an et, après deux ans de fonctionnement, nous avons déjà dépassé 1,285 million de R$ de dons aux hôpitaux. Maintenant, en incluant Santa Casa de Poços parmi les bénéficiaires, nous espérons revenir au début de l’année avec plus de contributions », a expliqué Charles.

La pourvoyeuse de Santa Casa, Célia Maria de Souza , l’a remercié au nom de l’institution et a souligné l’importance du soutien de la Loge maçonnique Timoneiro do Sul de Minas. « La franc-maçonnerie a été un partenaire formidable dans notre communauté, et que Dieu bénisse toutes les personnes impliquées, en leur apportant santé et succès dans leurs initiatives. Je remercie également le frère Dercilio, qui a proposé à Santa Casa de recevoir ce généreux don », a-t-il déclaré.

L’Anabase, l’ascension divine et la réintégration spirituelle

De notre confrère Arcana – Par Ludovic Richer

Dans ce second épisode, nous explorerons le concept de l’Anabase, ou l’ascension divine, qui suit naturellement la Catabase. Si la chute (qu’elle soit celle de l’Homme ou des anges) représente une descente dans le monde matériel et obscur, l’Anabase symbolise le chemin de rédemption, de purification et de retour à l’état originel de pureté spirituelle. Ce processus de réintégration est central dans de nombreuses traditions ésotériques, qu’il s’agisse de la Kabbale, de l’Hermétisme ou de la Gnose.

Nous plongerons dans ces enseignements pour comprendre comment les mystiques et les sages ont cherché à reconnecter l’humanité à sa source divine. Nous examinerons également les écrits de penseurs influents tels que Louis-Claude de Saint-Martin et Martinès de Pasqually, dont les travaux ont profondément marqué la pensée mystique et ésotérique moderne. Ce voyage ascensionnel, loin d’être une simple allégorie, représente un véritable cheminement spirituel que nous tenterons de décoder.

L’Anabase : Un Voyage Spirituel à Travers les Âges

Dans le monde fascinant des religions et des mythologies, un concept captivant émerge : l’anabase. Ce terme, issu des Mystères grecs antiques, désigne un voyage spirituel extraordinaire – l’ascension de l’esprit.

L’anabase représente bien plus qu’une simple élévation physique. Elle incarne une quête profonde de transcendance, prenant diverses formes selon les traditions. Qu’elle soit imaginaire comme dans le tantrisme, rituelle comme l’ascension d’une montagne sacrée, ou spirituelle comme le voyage nocturne de Mahomet décrit dans le Coran, l’anabase symbolise toujours une élévation de la conscience.

Cette ascension spirituelle peut mener vers différentes destinations mystiques : les cieux des traditions mésopotamiennes, le paradis terrestre ou céleste, ou encore le Royaume de Dieu. Chaque culture et chaque époque ont façonné leur propre vision de ce voyage intérieur.

L’anabase revêt des significations profondes et variées. Elle peut être initiatique, permettant d’accéder à une connaissance supérieure, comme le voyage d’Énée dans l’Énéide de Virgile. Elle peut aussi être chamanique, visant à guérir les âmes, ou cathartique, comme dans les Oracles chaldaïques, où elle sert à purifier l’âme.

Intéressamment, l’anabase a son pendant : la catabase, qui représente la descente volontaire d’un être vivant dans le royaume des morts. Ce voyage dans les profondeurs de l’au-delà n’a de sens que s’il est suivi d’un retour, d’une remontée – l’anabase – permettant de rapporter aux vivants une vérité sur l’invisible.

Des exemples d’anabase parsèment l’histoire des religions et de la philosophie. Dans le Corpus Hermeticum, on évoque une pensée qui plane dans les hauteurs. Le Coran décrit la révélation reçue par Mahomet comme une expérience d’élévation spirituelle. Même les disciples de Pythagore voyaient dans le « commerce avec les dieux », la pratique du bien, et l’expérience de la mort, des formes d’anabase permettant à l’homme de se dépasser.

L’anabase, distincte de l’ascension physique ou de l’extase, reste un concept fascinant qui continue d’inspirer la quête spirituelle de l’humanité. Elle nous rappelle que, quelle que soit notre culture ou notre époque, l’aspiration à s’élever au-delà de notre condition terrestre demeure une constante de l’expérience humaine.

Un engagement sacré et un sacré engagement

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Ne cessez pas de rêver, Mes Sœurs et Mes Frères ! Croyez-vous que nous n’ayons plus besoin de rêves pour animer le monde ? Bien au contraire, prenez vos rêves au sérieux. Élaborez-les ensemble. Ne rêvez pas en solitaire. Murmurez-les à l’oreille de vos amis, conversez à leur sujet. Tranquillement et longtemps, en leur faisant confiance comme à des boussoles de votre action. Racontez-vous le monde tel que vous aimeriez qu’il soit à l’avenir.

Imaginez alors les obstacles que de telles visions rencontrent. Évaluez même non seulement tout ce qui résiste d’ores et déjà aux espoirs qui vous portent mais tout ce qui, à l’épreuve de différents changements, risque de se dresser contre vos volontés.

Un homme censé lisant la presse politique.

Puis, mesurez les moyens qu’il vous faudrait pour dessiner des perspectives souhaitables. Soupesez le bon emploi de vos énergies. Révisez constamment vos capacités à l’aune des réalités et des ressources. Comment vous y prendre ? Par quoi commencer ? Quelle voie poursuivre ? Ne baissez pas les bras ! Ne renoncez jamais d’avance ! Ne réduisez pas vos ambitions à l’échelle de vos besoins courants, même s’ils appellent déjà beaucoup de soin de votre part. Quel que soit le poids de l’Histoire ou de l’actualité, les fragilités et les horreurs ne peuvent pas s’emparer, de guerre lasse, de vos destins. Regardez aussi le monde, dans ses beautés, dans ses sourires, dans ses enthousiasmes… dans les solidarités spontanées que la joyeuse effervescence de la vie fait aussi naître, à tout instant.

Prenez ce parti-là, celui du bonheur, celui du partage, celui qui fait circuler de la joie et de la paix parmi les hommes. Les hommes et les femmes, bien entendu. Tous les hommes, toutes les femmes. Sans transiger sur leur égalité, celle-là même qui sert de socle à leur liberté. N’admettez pas de liberté qui nuise à celle d’autrui et inversement car c’est donner cours à un égoïsme liberticide se déployant peu ou prou au détriment de tous. Alors, alors seulement, vous remplirez les conditions d’une fraternité fondée sur le respect mutuel et l’épanouissement commun, dans cette réconciliation de l’Homme avec la Nature, seule à même de garantir l’accomplissement équilibré de l’espèce… et des espèces, aussi bien, car quelle merveille, à vrai dire, de ne pas être seuls sur Terre !

Dès lors que l’on n’est plus à l’écoute du règne du vivant, que l’on n’est plus soucieux du respect des forces grâce auxquelles il parvient à se perpétuer au mieux, non seulement les vanités se fracassent les unes contre les autres en détruisant plus qu’elles ne créent, mais les périls s’accumulent, les horizons s’obscurcissent, l’angoisse et l’absurde se courent après. La violence engendre la haine et la vengeance aveugle. La mort ne tarde pas à l’emporter sur la vie.

Cicéron

Je repensais, ces jours-ci, au mot « religion ». J’ai même relu la très belle notice que Wikipédia consacre à l’étymologie de religion[1]. Je vous invite à la découvrir si vous ne la connaissez déjà. On y comprend beaucoup de choses. J’en retiendrai ce qui suit, pour le bénéfice de la cause. Après Cicéron, certains voient dans le mot « religion » un dérivé du verbe latin relego, relegěre qui a pour sens « rassembler de nouveau, recueillir de nouveau », loin de toute notion de foi inexistante à l’époque[2], tandis que d’autres, que Lactance défendra plus tard, en puise l’origine dans un verbe de consonance voisine : religo, religāre qui signifie « attacher », « relier ». Saint Augustin[3], né le 13 novembre 354, soit il n’y a pas moins de 1670 ans exactement, combinera déjà ces différentes acceptions. Et c’est ainsi que, vers la moitié du XIIe siècle, le terme de religion est employé pour désigner aussi bien « l’ensemble des croyances, des pratiques impliquant des relations avec la divinité » que « l’état d’une personne engagée par vœu dans un ordre monastique ». 

Pour un libre penseur, rien ne s’oppose donc à ce que l’on puisse s’approprier ce vocable, non point en ce qu’il manifeste l’adhésion d’un esprit à une doctrine religieuse, mais en ce qu’il traduit une exigence personnelle à « relire » le rituel avec rigueur – comme en son premier sens latin – et à « le reprendre à chaque fois comme un choix intime », tandis qu’il s’affirme également comme moyen « d’unir les hommes » dans une aspiration commune. Après quarante ans de pratique ininterrompue, je dois bien me rendre aujourd’hui à cette évidence qu’en quelque sorte, j’ai pris le tablier comme des « religieux » prennent l’habit, le vœu que je formais alors s’appuyant, par la suite, sur une discipline qui n’a cessé de m’ouvrir davantage les yeux sur l’imbrication des réalités et le jeu complexe des énergies. Ce chemin m’a aidé chaque jour à mieux définir ma place en ce monde et à y exercer, en conscience, mes responsabilités. En effet, je suis convaincu que l’initiation maçonnique implique un double engagement de force égale, tous les deux parallèles et continus : un engagement sacré et un sacré engagement.


[1] Pour accéder à la notice Wikipédia, cliquer ici.

[2] Si l’on considère que la foi caractérise une croyance en des dogmes religieux, la religion romaine reposait essentiellement, quant à elle, sur une orthopraxie, c’est-à-dire sur un culte fondé sur la bonne exécution des rites. Comme a pu le dire John Scheid, professeur honoraire au Collège de France et membre de l’Institut, dans sa leçon de clôture, prononcée le 3 mars 2016 (pour accéder à la référence, cliquer ici), « la religion romaine ne connaissant ni Révélation ni Livre sacré, l’obligation rituelle constituait le seul élément auquel le pratiquant pouvait s’accrocher ». 

[3] Bon anniversaire, Aurelius Augustinus, toi qui, d’abord philosophe, t’es converti au christianisme à l’âge de 32 ans, avant de devenir évêque d’Hippone, l’actuelle ville d’Annaba, au nord-est de l’Algérie, toi qui auras vécu, quinze ans durant, en concubin fidèle d’une femme dont tu auras eu un fils Adeodatus, Dieudonné – avant de réprouver sévèrement le désir sexuel ! Mais, à tout péché miséricorde, le péché n’étant pas nécessairement du côté que l’on croit… En effet, certaines contraintes que l’on s’impose à soi-même voire, qui pis est, des interdictions que l’on veut imposer à autrui pèchent contre les forces de la vie. Notons incidemment, pour être tout à fait explicite, que cette dernière expression n’emporte, par elle-même, aucune condamnation, fût-elle voilée, des plaisirs dits contre nature. Montaigne ne s’y trompait pas, qui observait déjà : « Nous appelons contre nature ce qui advient contre la coutume » (Les Essais, livre II, Chapitre 30, 1578).

La transe : entre mysticisme, science, culture contemporaine… et Franc-maçonnerie

La transe, cet état modifié de conscience fascinant, traverse les siècles et les cultures, offrant un terrain d’exploration aussi mystique que scientifique. Associée à des pratiques spirituelles, artistiques ou thérapeutiques, elle suscite autant de fascination que de questionnements. Mais que savons-nous réellement de cet état ?

Origines et définitions

Le mot « transe », issu du latin transire signifiant « passer » ou « s’écouler », prend dès le Moyen Âge une connotation particulière : celle du passage entre la vie et la mort. Dans les traditions spirituelles hindoues, le terme samadhi véhicule une idée similaire, évoquant un état de conscience transcendante.
Georges Lapassade, anthropologue et spécialiste des états de conscience, décrit la transe comme un « état second » mêlant dimensions psychologiques et sociales. Pierre A. Riffard, philosophe, y voit un phénomène de dédoublement ou de multiplication de la personnalité, souvent accompagné de sensations d’autonomie psychique, comme l’impression d’être habité par une force extérieure.

Diverses formes de transe

La transe se décline en plusieurs formes selon les contextes :

  1. Transe chamanique : pratiquée depuis des millénaires, elle permet au chamane d’accéder à des réalités spirituelles pour guérir ou guider son groupe.
  2. Transe hypnotique : utilisée en thérapie, elle aide à atteindre des états profonds de relaxation et à modifier des schémas de pensée.
  3. Transe médiumnique : souvent associée au spiritisme, elle implique des communications supposées avec des esprits.

Plus récemment, des états similaires ont été observés dans des contextes modernes, notamment lors de soirées techno, où la musique répétitive et l’énergie collective déclenchent une sorte de transe inconsciente chez les participants.

Des techniques universelles, mais risquées

Les moyens pour entrer en transe varient selon les traditions et les objectifs. La danse rotative des derviches tourneurs, la respiration accélérée pratiquée dans le rebirth, ou encore l’usage de plantes enthéogènes dans les rituels chamaniques ne sont que quelques exemples. Ces pratiques peuvent cependant être dangereuses, surtout lorsqu’elles sont menées sans encadrement par des personnes expérimentées. Les effets physiologiques, comme l’hyperventilation ou l’usage de substances psychoactives, nécessitent une grande prudence.

Un phénomène social et scientifique

Bien que souvent perçue comme un phénomène mystique, la transe intéresse également les chercheurs. Des études neurologiques montrent que la transe modifie l’activité cérébrale, en particulier dans les régions associées à la conscience de soi et au contrôle moteur. La transe chamanique, par exemple, s’accompagne souvent d’une diminution de l’activité dans le cortex préfrontal, ce qui peut expliquer les sensations de lâcher-prise ou de connexion spirituelle.

Dans le DSM-5, manuel de référence en psychiatrie, on parle de « transe dissociative » pour décrire certains troubles pathologiques où l’individu perd temporairement la maîtrise de ses actions ou de sa personnalité. Ce diagnostic reste toutefois rare et concerne généralement des cas extrêmes.

Un lien entre tradition et modernité

Si la transe est profondément ancrée dans les traditions spirituelles, elle s’inscrit également dans des pratiques modernes. Que ce soit dans une rave party ou lors d’une séance de yoga intense, elle illustre l’universalité des mécanismes humains de modification de conscience.

Entre mysticisme, thérapie et spectacle, la transe continue de captiver l’humanité. Elle nous rappelle que, quelles que soient nos cultures ou nos croyances, l’exploration des états de conscience demeure une quête essentielle pour mieux comprendre notre esprit et nos émotions.

Les multiples visages de la transe

La transe, loin d’être un phénomène monolithique, se manifeste sous des formes variées, chacune avec ses particularités et son contexte d’apparition. Voici un panorama des principales catégories de transe, classées par ordre alphabétique :

  1. Transe cataleptique : caractérisée par une rigidité musculaire et une perte temporaire de contrôle moteur, souvent observée dans des états hypnotiques profonds.
  2. Transe chamanique : associée aux rituels de guérison et de connexion spirituelle dans les cultures traditionnelles.
  3. Transe cognitive auto-induite : produite volontairement par des techniques mentales comme la méditation ou la concentration intense.
  4. Transe convulsive : marquée par des spasmes ou des mouvements incontrôlés, souvent liés à des contextes religieux ou rituels.
  5. Transe de personnalités multiples : présente dans le trouble dissociatif de l’identité, où plusieurs personnalités cohabitent au sein d’un même individu.
  6. Transe de possession : impliquant l’incorporation supposée d’un esprit ou d’une entité extérieure.
  7. Transe de vision : état mystique lié à des visions spirituelles ou prophétiques.
  8. Transe d’inspiration créative ou divine : vécue par les artistes ou écrivains en état de « flux » ou lors de théopneustie (inspiration divine).
  9. Transe divinatoire : comme celle de la Pythie de Delphes ou de l’oracle de Nechung au Tibet, utilisé pour prédire l’avenir.
  10. Transe ecsomatique : expérience de sortie hors du corps (O.B.E.), souvent rapportée lors de méditations profondes ou de Near Death Experiences (N.D.E.).
  11. Transe érotique : associée aux états de plaisir intense ou d’orgasme.
  12. Transe extatique : état mystique transcendental, recherché dans certaines pratiques religieuses.
  13. Transe haineuse : liée à des sentiments extrêmes, observée chez les berserkers vikings ou les kamikazes.
  14. Transe hypnotique : induite lors de séances d’hypnose, souvent utilisée en thérapie.
  15. Transe méditative : atteinte par des pratiques de méditation approfondies, favorisant la sérénité et la clarté mentale.
  16. Transe médiumnique : vécue par les médiums en communication avec des entités spirituelles.
  17. Transe néoténique : associée au traumatisme de la naissance, selon des théories psychologiques comme celles d’Otto Rank ou de Stanislav Grof.
  18. Transe onirique : expérimentée durant les rêves, parfois consciente comme dans le rêve lucide.
  19. Transe orgasmique : état de fusion entre plaisir physique et abandon mental.
  20. Transe psychédélique : induite par des substances hallucinogènes, telles que les plantes enthéogènes utilisées dans les rituels chamaniques.
  21. Transe somnambulique : survenant pendant le sommeil, associée à des comportements moteurs inconscients.
  22. Transe terminale : vécue au seuil de la mort, souvent décrite dans les récits d’expériences de mort imminente (N.D.E.).

Un phénomène universel et intemporel

La diversité des formes de transe démontre son universalité et son adaptation à des contextes multiples : spirituels, artistiques, psychologiques ou même biologiques. Parfois objet de fascination, parfois incompris ou pathologisé, l’état de transe reste un mystère captivant.

Les recherches contemporaines, en neurologie comme en anthropologie, continuent d’explorer les mécanismes de ce phénomène. Ce qui est sûr, c’est que la transe, dans toutes ses variantes, ouvre une fenêtre sur des dimensions de l’esprit humain que nous ne maîtrisons pas encore pleinement, mais qui témoignent de la richesse et de la complexité de notre expérience intérieure.

La transe et la Franc-maçonnerie : un lien initiatique

Bien que la Franc-maçonnerie ne soit pas explicitement associée à des états de transe, certains aspects de ses rituels et de ses pratiques pourraient évoquer des états modifiés de conscience. Les cérémonies maçonniques, souvent empreintes de symbolisme et de solennité, visent à plonger les initiés dans une expérience introspective profonde, propice à une forme de « réceptivité spirituelle » qui n’est pas sans rappeler certains mécanismes de la transe.

Lors des rituels d’initiation, par exemple, l’atmosphère est soigneusement orchestrée pour favoriser un état de concentration intense. L’utilisation de symboles, de mots de passe, de serments et de gestes codifiés, ainsi que le caractère sacré des lieux, plonge l’initié dans une expérience immersive. Ces éléments, combinés à une musique parfois rythmique et aux discours rituels, peuvent favoriser une altération temporaire de la perception du temps et de l’espace.

Illuminati

Certains chercheurs ont établi des parallèles entre ces expériences initiatiques et les états de conscience modifiée décrits dans d’autres traditions ésotériques. La Franc-maçonnerie, comme d’autres systèmes initiatiques, vise une transformation intérieure, une « illumination » symbolique qui pourrait être rapprochée de formes douces de transe méditative ou cognitive auto-induite.

De plus, des liens indirects avec des pratiques mystiques, comme celles des écoles hermétiques ou alchimiques, suggèrent que les états de transe pouvaient jouer un rôle dans les anciennes formes de quête spirituelle poursuivies par les précurseurs de la Franc-maçonnerie.

Enfin, si la transe n’est pas explicitement nommée dans les enseignements maçonniques, l’idée de « s’élever au-dessus de soi-même » pour atteindre une compréhension supérieure du monde s’inscrit pleinement dans l’objectif des degrés maçonniques. Cette quête intérieure peut être perçue comme une version intellectualisée et ritualisée des états modifiés de conscience retrouvés dans d’autres traditions.

Les idéaux anciens dans la maçonnerie moderne – Partie III

De notre confrère universalfreemasonry – Charles W. Leadbeater

Si vous avez manqué les précédants numéros, lire le deuxième volet de cette série. Dans le dernier épisode de cette série en trois parties, le Frère Leadbeater explore les façons dont nous pouvons utiliser les enseignements intemporels de l’occultisme pour revitaliser et restaurer la franc-maçonnerie à son véritable but divin.

Chaque membre prenait part au travail, et le travail de ceux qui se trouvaient dans les colonnes était considéré comme plus ardu que celui des officiers, car il se situait en grande partie sur le plan mental. Ils devaient tous se joindre à certains points du Rituel pour envoyer des courants de pensée, le but de tout l’effort étant d’ériger au-dessus et autour de la Loge une forme-pensée magnifique et rayonnante, d’une taille colossale et de proportions parfaites, spécialement construite pour recevoir et transmettre de la manière la plus efficace la force Divine qui a été appelée par leur acte de dévotion. Si la pensée d’un membre était inefficace, la puissante forme-pensée semblable à une cathédrale était défectueuse en conséquence dans une partie ; mais le R.W.M. était généralement un prêtre ou une prêtresse clairvoyant qui pouvait voir où se trouvait le défaut, et pouvait donc maintenir sa Loge strictement à la hauteur.

Vous vous rendrez compte que, comme tous les participants devaient prendre leur part dans l’édification de cette forme, la coopération la plus exacte et l’harmonie la plus parfaite étaient absolument nécessaires. Le moindre défaut de ceux-ci aurait sérieusement affaibli la forme sous laquelle tout le travail était effectué. C’est peut-être une relique de cette nécessité primordiale qui dicte notre règlement actuel que tous les frères qui ne sont pas en parfaite harmonie les uns avec les autres ne doivent pas revêtir leurs vêtements maçonniques avant d’avoir réglé leurs différends. Dans l’Égypte ancienne, il y avait entre les membres d’une Loge une intensité de sentiment fraternel qui est probablement rarement atteinte aujourd’hui ; nous nous sentions liés par les liens les plus sacrés, non seulement en tant que parties d’une même machine, mais en réalité en tant que collaborateurs de DIEU Lui-même.

Un autre point d’intérêt est que, bien que la co-maçonnerie soit un développement relativement récent, son principal trait distinctif est d’une antiquité séduite ; car dans le travail de l’Égypte ancienne, les femmes se trouvaient exactement sur le même pied que les hommes. L’exclusion ultérieure des femmes semble avoir été due à l’influence des guildes opératives.

Je ne sais pas jusqu’à quel point, dans des conditions aussi fondamentalement différentes que celles qui existent aujourd’hui, il serait possible de restituer à la franc-maçonnerie une partie de la position et du pouvoir particuliers qu’elle détenait sur les rives du Nil ; mais s’il doit y avoir un mouvement dans cette direction, il ne peut commencer que dans les rangs des co-maçons. Il est évident que le corps a un grand avenir devant lui en relation avec la nouvelle Sixième Sous-race. Dans cette sous-race, comme dans toutes les autres, il y aura des egos de tempéraments différents ; certains, sans doute, chercheront leur inspiration dans la ligne des formes les plus libérales du christianisme, mais aussi certainement, certains qui, par tempérament et par ancienne association, se trouveront plus attirés par la présentation philosophique maçonnique de la vérité. C’est notre affaire de veiller à ce que cette présentation soit appropriée, de rendre notre travail si parfait et si respectueux que ceux qui le voient puissent y trouver ce dont ils ont besoin et ne soient jamais repoussés par quoi que ce soit de la nature de la négligence ou de l’irrévérence. Nous ne devons pas oublier que la maçonnerie est vraiment une religion, bien que si différente dans la forme de celle qu’on nous a appris à considérer comme la seule religion, que son véritable caractère est souvent négligé.

Je suis sûr que ce sera un grand encouragement pour vous d’apprendre que le chef de tous les vrais maçons à travers le monde s’intéresse personnellement de près à notre Ordre. Il a été très gracieux et bienveillant dans sa réponse prompte à toutes les enquêtes que nous avons faites. Il a eu la gentillesse de travailler Sa propre Loge pour nous en anglais, en utilisant notre nouveau Rituel, afin de nous montrer exactement comment Il pensait qu’il devrait être utilisé ; et bien que nous puissions difficilement espérer atteindre la solennité et la splendeur de son œuvre, l’occasion a été pour nous une source de grand profit et d’instruction. Nous avons remarqué certains points dans les cérémonies où il suivait une tradition qui diffère un peu de la nôtre ; Mais les traits saillants étaient la majesté et la précision militaire des travaux, et le fait que les membres des colonnes avaient beaucoup plus à faire qu’ils ne l’ont fait dans notre plan, car ils chantaient des versets appropriés à de courts intervalles.

Il y a plusieurs façons de nous rappeler la manière dont les choses se passaient dans l’ancienne Égypte, car ces gens accomplissaient leurs cérémonies en pleine connaissance de leur signification, et donc les points sur lesquels ils mettaient beaucoup d’accent sont susceptibles d’être importants pour nous aussi.

Une profonde révérence était leur caractéristique la plus forte. Ils considéraient leur Temple à peu près comme les chrétiens les plus fervents considèrent leur Église, sauf que leur attitude était dictée par la connaissance scientifique plutôt que par le sentiment. Ils comprirent que le bâtiment était fortement magnétisé et que pour conserver toute la force de ce magnétisme, il fallait prendre grand soin. Parler des choses ordinaires dans le Temple aurait été considéré comme un sacrilège, car cela aurait signifié l’introduction d’une influence perturbatrice. L’investiture et toutes les affaires préliminaires se faisaient toujours dans une antichambre, et les frères entraient dans la loge en procession en chantant. La sainteté du pavement de mosaïque était gardée avec le plus grand soin, et elle n’a jamais été envahie que par le candidat et les officiers au moment opportun, et bien sûr par le Thurifer lorsqu’il encensait l’autel. L’importance extrême de la quadrature de la Loge avec précision est dictée par les mêmes considérations magnétiques. Les courants de force se précipitent le long et à travers ce trottoir en lignes comme la chaîne et la trame d’un morceau de tissu, et aussi autour de ses bords, et quiconque doit le traverser, ou même s’en approcher, doit faire attention à se déplacer avec la force et non contre elle. D’où la nécessité impérieuse de toujours rester dans une seule direction. De nos jours, il semble que l’on prenne moins soin du pavement en mosaïque ; J’ai même vu un cas où le livret de présence, que tout le monde doit signer, a été placé sur une table au milieu de celui-ci. Chez nous, en Égypte, ce pavé occupait presque tout le sol de la Loge ; Aujourd’hui, il n’y a souvent qu’un petit enclos au milieu de celui-ci.

Une grande partie de la sagesse ancienne a été laissée tomber dans l’oubli, et ainsi les vrais secrets ont été perdus. Mais il y a toutes les raisons d’espérer qu’avec l’aide du Maitre, ils pourront être rétablis, et que nous, de ces sous-races ultérieures, pourrons nous montrer tout aussi désintéressés et capables de faire un travail aussi bon pour nos semblables que l’étaient les gens d’autrefois. En effet, nous pourrions bien être nous-mêmes ces hommes d’autrefois, qui reviennent dans de nouveaux corps, mais qui apportent avec nous l’ancien attrait pour la forme de foi et de travail que nous connaissions si bien à l’époque.

Essayons de faire revivre, dans ces conditions bien différentes, le vieil esprit invincible qui nous a distingués il y a si longtemps ; reconnaissons que la co-maçonnerie est une branche très importante de l’œuvre de nos Maîtres ; et mettons-y toutes nos forces. Cela signifie beaucoup de travail acharné, car cela signifie que chaque officier doit faire sa part tout à fait parfaitement ; Et cela, à son tour, implique beaucoup de formation et de pratique. Pourtant, je suis sûr qu’il y en a beaucoup parmi nous qui répondront à l’appel du Maître et qui se joindront à nous pour préparer la voie à ceux qui doivent venir. À l’heure actuelle, nous ne sommes que peu nombreux ; Mais tant qu’il en est ainsi, nous avons une opportunité certaine de faire un travail de pionnier pour le mouvement.

GADLU
GADLU

Que chaque loge se fabrique une loge modèle, parfaitement efficace dans son fonctionnement, afin que, lorsque quelqu’un la visite, il puisse être impressionné par le bon travail accompli et par la force de son atmosphère magnétique, et qu’il puisse ainsi être amené à venir nous aider dans cette vaste entreprise. Nos membres doivent aussi être en mesure, lorsqu’ils visitent à leur tour d’autres Loges, d’expliquer notre méthode de travail et de montrer comment, du point de vue occulte, les cérémonies doivent être accomplies. Par-dessus tout, nos membres doivent porter partout avec eux le puissant magnétisme d’un centre tout à fait harmonieux, le puissant rayonnement de l’Amour Fraternel.

Mais pour rayonner cela sur les autres, nous devons d’abord le développer en nous-mêmes. Nous devons écraser résolument nos personnalités ; Nous devons éliminer nos préjugés les plus chers et les plus intimes ; nous devons les couler inconditionnellement pour le bien de l’œuvre ; nous devons les offrir en oblation aux pieds de nos Maîtres. Le sacrifice est absolument nécessaire ; Sans elle, il ne peut y avoir de succès.

Un frère maçon vous a blessé, vous a négligé, a dit du mal de vous ou vous a grossièrement dit ; N’y pense plus! Quelle est l’importance de votre sens indigné de la dignité personnelle par rapport à l’importance de l’œuvre ? Bien sûr, de votre point de vue, vous aviez tout à fait raison et il avait tout à fait tort ; Vous faites preuve d’autant plus de magnanimité en laissant le passé être révolu. Reléguez tout cela à l’oubli ; Votre cerveau vous appartient, et vous pouvez le forcer à se souvenir ou à oublier à votre guise. Le bon sens dicte qu’il ne faut se souvenir que des incidents agréables du passé, et laisser les autres sombrer dans l’obscurité qu’ils méritent. Pour le bien du travail, vous devez renoncer au plaisir pervers de soigner vos torts imaginaires ; Ayez le courage de faire un pas décisif et de jeter tout cela avec audace et finalement, et de prendre un nouveau départ dans des directions plus raisonnables. Je vous assure que vous ne le regretterez jamais ; et quand ce sera fait, le véritable travail maçonnique sera possible pour vous, et vous aurez votre chance de participer efficacement à un mouvement qui est sous la bénédiction et la direction spéciales des Maîtres de Sagesse, et qui fait partie de leur puissant plan pour l’élévation de la race humaine.