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Y a-t-il de mauvais compagnons ?

L’histoire de l’assassinat d’Hiram par trois mauvais compagnons veut montrer une nette différence entre le bien et le mal, mais cette séparation est-elle si nette que cela ?

Les compagnons ne sont pas ce qu’ils paraissent

Gérard de Nerval, dans Les nuits du Ramazan[1], les décrit ainsi que leur forfait: J’ai reconnu que le premier est maçon, parce qu’il a dit : j’ai mêlé le calcaire à la brique, et la chaux tombera en poussière. Le second est charpentier ; il a dit : j’ai prolongé les traverses des poutres, et la flamme les visitera. Quant au troisième, il travaille les métaux, voici quelles étaient ses paroles : j’ai pris dans le lac empoisonné de Gomorrhe des laves de bitume et de souffre; je les ai mêlées à la fonte. En ce moment, une pluie d’étincelles a éclairé leurs visages. Le maçon est Syrien et se nomme Phanor ; le charpentier est Phénicien, on l’appelle Amrou ; le mineur est Juif de la tribu de Ruben, son nom est Méthousaél. Il explique leur geste, rejetant la faute sur Hiram car «- Il a asservi les charpentiers aux mineurs. « Le second : – Il a subordonné les maçons aux mineurs. « Le troisième : –  Il a voulu régner sur les mineurs. « Le premier reprit:-Il donne sa force à des étrangers.  Le second : – Il n’a pas de patrie. « Le troisième ajoute :- C’est bien. «- Les compagnons sont frères,… recommença le premier. «-Les corporations ont des droits égaux, continua le second. « Le troisième ajouta :-C’est bien.

En reprenant ce type de motif, les mauvais compagnons, qui tuent le maître, ne seraient-ils pas des travailleurs opprimés par un mauvais patron qui refusait toute augmentation de salaire Ne seraient-t-ils pas les révoltés d’un ordre pesant, injuste et fermé ? Leur emportement fatal ne révèle-t-il pas, en fait, de la brutale cruauté de l’ordre patriarcal incarné par le père.

Alors faut-il pour autant condamner à mort les mauvais compagnons ?[2]

L’ambiguïté entre faute et innocence

La cérémonie d’élévation met en scène des jeux de rôle alternatifs et ambigus. Au REAA, le compagnon reçu est traité au début de la réception comme un coupable et pourtant, on le sait innocent puisqu’il va succéder au maître idéal. Lors de l’époptie qui narre le meurtre, le récipiendaire, bien qu’étant encore compagnon, tient le rôle d’Hiram; il est à la fois celui qui transmet et celui qui reçoit l’exemple du respect de l’engagement jusqu’à la mort, il est le disciple et le maître.

Hiram lui-même n’a -t-il pas obtempéré aux menaces en livrant son secret puisqu’il est dit que, si Salomon substitua la parole, c’est qu’il pensait que son Maître d’œuvre avait cédé à la pression de ses agresseurs ?

Le dernier maître reçu « ressuscité » lors de la cérémonie de réception au grade de Maître, reprend la place provisoire du cadavre d’Hiram pour tester l’innocence du récipiendaire qui doit l’enjamber.

Le très respectable maître et les deux surveillants jouent les mauvais compagnons qui participent à l’assassinat ; outre qu’ils sont en même temps les officiers, ils interviennent tous les trois dans le relèvement du mort. En provoquant la perte de la parole, ils créeront la parole substituée.

Aucun rôle dans la vie n’est définitif, il dépend du déterminisme social et de la nature du problème qui se pose au groupe.

La mutualisation naturelle des besoins, de la sécurité et de la force peuvent donc être le sens moral d’une organisation coopérative  et pacifiques des groupes.

La responsabilité du meurtrier

En choisissant les nouveaux apprentis parmi des profanes, les maîtres n’introduisent-ils pas de «mauvais francs-maçons» ? Les scandales qui font les choux gras des journalistes auraient-ils pu être évités par des sélections plus judicieuses ?

Au-delà de cette réalité, se pose surtout la compréhension qu’un acte de trahison peut n’être, tout compte fait, qu’un acte au service du destin de l’assassiné.

Prenons l’exemple de Judas, le compagnon de Jésus. Si pour la Bible, la  cause de Judas Iscariote n’est pas défendable[3],  d’autres pensent qu’en livrant Jésus, Judas aurait «forcé» Jésus à accomplir son destin et que sans lui Jésus aurait fui. C’est dans ce sens qu’Armand Abécassis suggère de comprendre les actes de Judas. Voyant que Jésus n’assume pas pleinement sa fonction de Messie, et que les autorités religieuses complotent contre lui, Judas veut accélérer le cours des événements. Il croit avec ferveur que Jésus est le Messie et souhaite que ce dernier se confronte aux grands prêtres pour qu’ils comprennent leur erreur[4]. D’autres encore accréditent l’idée que c’est Jésus lui-même qui lui aurait demandé de le livrer aux autorités afin qu’il soit délivré de  son corps matériel et retourne vers la lumière : «Fais ce que tu dois faire, fais-le !» Judas a participé au plan de Dieu en livrant Jésus, si celui-ci n’était pas mort sur la croix, le christianisme ne serait sans doute jamais né. Le  rôle de Judas, apparemment néfaste, ne fut-il pas essentiel dans la messianité de Jésus ?

https://youtu.be/UVQZICPisX8

De même, les mauvais compagnons ne sont-ils pas la main du destin pour fonder le mythe d’Hiram ? « Sans eux, les voilà à jamais intérieurs ces démons, impossible de les nommer, donc impossible de les combattre et d’apprendre à les maîtriser. Sans eux nos passions, règneraient à jamais sur nous même, dans l’endormissement de notre conscience et par la complaisance de notre ego. Sans eux pas de meurtre. Sans meurtre pas d’enquête, sans enquête, pas de quête. Sans nos trois compagnons la quête s’arrête, pire elle ne commence même pas. Sans le meurtre d’Hiram, pas de sacrifice fondateur du mythe. Sans meurtre pas de parole perdue, sans parole perdue pas de quête pour la retrouver, sans quête pas de substitution, sans substitution pas de renaissance, sans renaissance pas de nouveaux Maîtres, sans Maîtres pas d’initiations, sans initiations, pas de franc-Maçon[5].»  

Bref une façon de replacer l’histoire d’Hiram dans une veine christique !

L’erreur d’interprétation ?

Il ne faudrait pas écarter l’interprétation de la mort d’Hiram comme celle du cycle solaire et alors les trois compagnons sont les signes zodiacaux d’hiver, ceux qui donnent la mort à Hiram : la Balance, le Scorpion et le Sagittaire qui, vers le milieu de l’automne, occupent ces trois points du ciel, en sorte que le premier se trouve vers le déclin ou à l’occident, le second à son ascension droite au midi, et le dernier commence à paraître au levant, ce qui est figuré par la porte d’orient où Hiram meurt ; comme le soleil meurt dans le Sagittaire et renaît immédiatement ou recommence une année nouvelle dans le Capricorne. Les trois assassins correspondent aux trois signes d’automne, qui causent la mort de l’astre du jour. Le nom Abi Balah (meurtrier du père), que porte le plus coupable, désigne suffisamment le Sagittaire, constellation qui donne en effet la mort au soleil, père de toutes choses (rerum omnium pater).

Avec Jean Marie Ragon[6], c’est ici le lieu de remarquer l’effet perpétuel des sens équivoques de la plupart des mots dans les traductions ; nous citerons, pour exemple, les deux mots tuer et ressusciter. Tuer est traduit du mot latin occidere, d’où nous avons fait occident, et ce mot si usuel ne représente à notre esprit ni meurtre, ni assassinat, ni rien de révoltant, parce que l’occident, en style allégorique, est l’être, le temps, ou le point du monde qui tue, parce qu’il fait disparaître le soleil, et alternativement tous les astres ; de même, par une métamorphose hardie, nous trouvons le mot resurgere, traduit par le mot ressusciter, quoique ce verbe latin n’ait jamais signifié revenir à la vie, mais bien se lever une seconde fois, se lever de nouveau, ce qui convient parfaitement au soleil.

Je suis un mauvais compagnon, je suis Hiram.

Illustration : Le baiser de Judas, détail du polyptique de la cathédrale Sainte-Cécile, Albi (Tarn).


[1] Voyages en Orient, Histoire de la Reine du matin et de Soliman, Prince des Génies, Chap.V, La mer d’airain : <legende-hiram.blogspot.com/2010/12/blog-post.html>

[2] Plaidoyer pour Trois Mauvais Compagnons: <ledifice.net/7077-C.html>.

[3] La cause de Judas Iscariote est-elle défendable? : <wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/101978689>

[4] Judas le plus fidèle des disciples de Jésus :<letemps.ch/societe/judas-plus-fidele-disciple-jesus>

[5] Ibid nbp [2]

[6] Jean Marie Ragon, Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes, nbp. 1, p.161 : <gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k113262p/f164.item.r>

Le médecin et l’initiation, un héritage oublié !

Si le médecin d’aujourd’hui est devenu un technicien, il est, malgré tout, l’héritier du sorcier-guérisseur des temps antiques où il était aussi le médecin des âmes et celui qui connaissait le mieux les mystères de l’initiation.

La fonction du sorcier-guérisseur dans le modèle tribal

On ne peut comprendre la complexité du concept de l’initiation, avec la part d’ambiguïté de certaines interprétations, sans faire référence aux grandes fonctions sociales qui permettaient au groupe tribal de fonctionner ; classiquement, on en dénombre trois, qui se retrouvent sous différents formats selon la culture de la tribu :

  • Les processus de socialisation,
  • La nécessité d’assurer l’épanouissement intellectuel et moral des individus,
  • Le besoin d’organiser l’expression des membres du groupe afin que le consensus règne dans la tribu.

La nécessité d’assurer l’épanouissement intellectuel et moral se déclinait dans différents chapitres ; l’un d’entre eux concernait la prise en compte du besoin de spiritualité ; c’était la fonction du sorcier-guérisseur. C’est lui qui savait apaiser les esprits et sacraliser les grands événements.

C’est le Sorcier qui apportait toutes les réponses aux interrogations fondamentales : D’où vient-on ? Que sommes-nous ? et Où va-ton ?

C’est lui aussi qui était le medium entre la tribu et le monde des mystères ; il savait mettre en œuvre les pratiques rituelles nécessaires pour assurer la protection spirituelle du groupe tribal.

C’est lui également qui était capable de comprendre les dysfonctionnements du corps et de l’esprit ; pour les réguler, il savait utiliser aussi bien les rituels de guérison que la pharmacopée traditionnelle.

Pour cela, il disposait d’un corpus de légendes et de mythes dont il était le dépositaire et qu’il savait utiliser le moment venu et selon des modalités adaptées aux circonstances.

En quelque sorte, le sorcier-guérisseur était le médecin du corps et des âmes.

Sous la conduite du sorcier-guérisseur de la tribu, les grands adolescents accédaient au statut d’adulte, lors d’une cérémonie d’initiation, véritable rite de passage destiné à accueillir et à transmettre une responsabilité collective que les nouveaux initiés auront à assumer.

C’est ce qui explique que, dans son essence même, ce type d’initiation est d’abord un acte de socialisation.

Cette modèlisation de la fonction du sorcier-guérisseur dans la société tribale se retrouve dans d’autres sociétés antiques avec naturellement un particularisme qui leur est propre.

Une demande difficilement exprimée

L’évolution des sociétés humaines et la progression des connaissances ont abouti à une quasi-disparition du fonctionnement tribal.  Si les initiations persistent dans certains villages, en particulier en Afrique, elles sont pratiquées sous une forme édulcorée, moins impliquante, et le sorcier-guérisseur en est devenu le maître des cérémonies.

La complexification des savoirs a aussi abouti à une spécialisation des fonctions sociales ; ainsi est née la profession de médecin (le terme renvoie à celui qui donne des remèdes ou médicaments) qui elle-même s’est diversifiée en une multitude de spécialités.

Dans la société contemporaine, où la technicité est devenue expertise, le médecin n’a plus aucune fonction qui rentrerait dans le champ du sacré.

Mais si le fonctionnement tribal a disparu, il n’en demeure pas moins que les besoins essentiels du groupe humain persistent, que ce soit le besoin de socialisation, l’épanouissement intellectuel et moral des individus ou la nécessité du consensus pour acquérir la cohésion et la pacification des populations.

Le développement économique, la multiplication des échanges, la vulgarisation des savoirs, la réalité démographique et l’existence de multiples pôles du pouvoir expliquent que les sociétés humaines contemporaines ont, malgré une apparente réussite insolente, un problème de cohérence et de nombreuses fractures internes.

Si les performances des sociétés contemporaines sont remarquables en matière économique avec l’accès à un confort et à la sécurité matérielle pour une grande partie de la population, les désordres de toutes natures qui défraient la chronique des actualités montrent bien la réalité d’un mal-être sociétal lié en partie à l’angoisse existentielle, à l’absence de consensus et à une quête morale insatisfaite.

On l’a vu à l’occasion de l’épidémie de la covid-19 ; devant l’absence d’une autorité morale capable de répondre aux profondes inquiétudes de la population, de multiples prises de parole de différents horizons ont émergé pour essayer de combler ce vide.

Au niveau individuel, dans chaque famille, dans chaque petite communauté, les êtres humains recherchent autour d’eux des réponses. C’est en particulier le cas pour les questions essentielles concernant la cause des événements apparemment incompréhensibles.

Spontanément, et c’est en quelque sorte une preuve de la filiation avec l’époque des groupes tribaux, les réponses recherchées se retrouvent, pratiquement toujours, dans ce qui est de l’ordre de la pensée magique.

Si, officiellement, le médecin n’a plus la fonction du sorcier-guérisseur, il n’en demeure pas moins que, dans le colloque singulier entre le médecin et son patient, la dimension magique existe encore aujourd’hui dans notre société occidentale, le plus souvent en filigrane ; il faut savoir la déchiffrer au travers des mots employés.

Ayant eu l’opportunité d’exercer la médecine aussi bien en France, qu’en Afrique ou en Océanie, dans des milieux urbains ou villageois, dans des milieux culturels complètement différents, je peux témoigner que, lorsque les conditions de confiance et de secret sont réunies, les êtres humains, quels que soient leurs environnements, interrogent le médecin, dans le registre de la pensée magique, en étant persuadés que sa qualité de médecin lui donne « l’expertise »  d’apporter une réponse crédible.

Qu’importe pour eux qu’une maladie ait une origine virale ?

« Docteur, depuis que je vois cette personne, cela ne va pas bien pour moi ! »

« Docteur, votre main m’a guéri ! », « Continuez, faîtes ce qu’il faut ! »

« Docteur, je l’ai vu dans votre regard, vous m’avez compris ; je suis envouté (ou marabouté) ! »

L’essentiel de la pensée magique pourrait se résumer dans la problématique de « la protection ». La personne malade est convaincue que son mal est d’origine extérieure et que l’absence de « protection » a permis à celui-ci de faire son œuvre. Le médecin, comme le sorcier-guérisseur d’autrefois, a seul le « pouvoir » d’assurer une « protection » car lui, en qualité « d’initié » sait !

Ces confidences issues du dialogue singulier entre des patients et un médecin sont naturellement exceptionnelles dans le cadre de l’exercice médical. Mais leurs existences dans des conditions très différentes ne peuvent laisser indifférent. Elles apportent aussi une compréhension à ce qu’est vraiment l’initiation dans la pensée populaire traditionnelle.

Des différentes catégories d’initiation

Dans la pensée populaire, il existe clairement deux grandes catégories d’initiation :

  • Ce que l’on pourrait appeler la « grande » initiation : elle concerne celle des anciens sorciers-guérisseurs, que d’aucuns ont aussi appelé les grands prêtres ou encore « les grands initiés». Dans la société tribale, c’était le plus souvent une initiation familiale avec la transmission du pouvoir magique lors d’un rituel très particulier. Elle participait de ce qu’on appelle aujourd’hui l’initiation ésotérique : L’initié initie un individu qu’il a choisi et celui-ci sera plus tard amené à faire de même pour transmettre. On voit bien que la notion de transmission est un important facteur de légitimité ; c’est par elle que le nouvel initié acquière son pouvoir !
  • Et la « petite » initiation : cette catégorie regroupe aussi bien les rites de passage que les rites corporatifs ; l’initiation maçonnique rentre aussi dans cette catégorie. Ce sont des initiations « d’appartenance » qui consistent, en quelque sorte à délivrer une « autorisation » d’exercer. L’initié est reconnu ou « accepté » du fait de ses qualités et de son savoir mais, contrairement à la « grande » initiation, il n’acquerra aucun pouvoir.

Le point commun de ces deux catégories d’initiation se retrouve dans ce qui pourrait être une définition : l’initiation aboutit à l’acquisition soit d’un pouvoir, soit d’un savoir. Dans la grande initiation, il s’agit du pouvoir relatif à l’intervention sur ce qu’on appelait autrefois « les mystères » ; dans la petite initiation, il s’agit d’un savoir-faire, en particulier pour les initiations opératives, ou d’une connaissance de l’indicible pour les initiations spéculatives.  

Dans la pensée populaire, la « grande » initiation jouit d’un respect considérable mais provoque aussi un certain effroi lié à la peur d’une influence non souhaitée.

C’est ainsi, que dans des circonstances particulières, l’être humain recherche « le grand » initié qui saura le sauver, et c’est cette recherche que l’on peut percevoir dans certaines consultations médicales.

Il est très difficile d’y répondre mais le simple fait de la comprendre et de ne pas la rejeter est très important pour la personne en souffrance.

Dans la démarche mystique, il n’y a pas à proprement parlé « d’initiation » ; on entre dans le registre de la « révélation » ou de la « possession », avec une relation directe entre le postulant et Dieu (ou son équivalent). La qualité mystique n’a pas, elle, vocation à avoir une dimension sociale si ce n’est dans un désir d’apologie et de glorification d’un Dieu (ou son équivalent).

Comme l’écrit Mircéa Iliade dans « Initiation, rite, sociétés secrètes »,, les religions ont bannies l’initiation !

« On a souvent affirmé qu’une des caractéristiques du monde moderne est la disparition de l’initiation. D’une importance capitale dans les sociétés traditionnelles, l’initiation est de nos jours pratiquement inexistante dans la société occidentale. Certes, les différentes confessions chrétiennes conservent, dans une mesure variable, des traces d’un mystère initiatique. Le baptême est essentiellement un rite initiatique ; le sacerdoce comporte une initiation. Mais il ne faut pas oublier que le christianisme n’a justement triomphé et n’est devenu une religion universelle que parce qu’il s’est détaché du climat des Mystères gréco-orientaux et s’est proclamé une religion de salut ouvert à tous. »

Quand les fake-news témoignent du mal-être sociétal !

Cette réflexion donne aussi une explication au phénomène des propos plus ou moins délirants qui circulent sur les réseaux sociaux. Il est tentant, pour certains, de les dénigrer, de les condamner voire de s’en moquer ou de les catégoriser de complotistes.

En fait c’est une autre forme d’expression de la pensée magique. Il faut savoir la respecter, la comprendre et aussi y répondre, non pas en utilisant une logique rationnelle mais en apportant des réponses crédibles à cette inquiétude existentielle qui taraude les populations.


Pour aller plus loin :

Sur la pensée magique : voir l’article sur ce site de Patrick Van Denhove

La Pratique sorcière. Eléments pour une sociologie de l’agression magique

Les archétypes

La construction rituelle du genre et de la sexualité : initiations, séparations, mobilisations

MEDECINE TRADITIONNELLE ET DYNAMIQUES INTERCULTURELLES

La fugue du kabbaliste

Ne boudez pas le plaisir de lire ce roman baroque de Frank Lalou.

Descriptif

En 1727, le vortex protégeant la Terre s’est entrouvert et laisse passer à chaque pleine Lune des populations entières d’êtres surnaturels, le plus souvent malveillants.

L’humanité est en danger. Seules quatre villes sont épargnées : Venise, Londres, Dresde et Leipzig.

En 1727, le grand théologien Dom Calmet, premier auteur d’un livre sur les vampires, convoque dans la ville des Doges le plus puissant kabbaliste, Hayim Moshé Luzzatto, rejeté de sa communauté tellement sont pertinentes ses visions, l’éminente femme savante, disciple et traductrice d’Isaac Newton, Émilie de Chastelet, et enfin le mousquetaire Louis de la Côte Beaupuits au destin tragique. En comprenant par la Kabbale, par la théologie chrétienne et par les sciences pourquoi ces cités sont épargnées, nos trois experts espèrent découvrir le moyen d’endiguer le fléau.

En 2031, le vortex s’ouvre à nouveau dans l’horreur. Gabriel, étudiant en histoire de l’art, décèle, un personnage étrange dans un tableau. Quand le jeune homme réalise que cet être n’est pas de notre monde, une série d’aventures et une rencontre amoureuse avec une jeune violoncelliste au Carré du Louvre, le mènent à enquêter sur l’origine du mal et au moyen de renvoyer dans leurs enfers les entités qui attaquent la planète.

Commentaires

Mystère, ressorts profonds de l’existence humaine, romance, mystique, culture, poésie, physique quantique, le talent de l’auteur, Frank Lalou, font de La fugue du kabbaliste un de ces livres que l’on referme avec regrets de ne pas continuer avec les personnages à tisser la trame de l’intrigue.

S’il y a des notions qui vous apparaissent comme incompréhensibles, laissez-vous traversez, n’y faites pas attention.

Malgré une complaisance à l’horreur, le récit sur deux époques qui communiquent par l’intermédiaire d’un tableau de Canaletto est haletant, chargé de savoirs où se mêlent kabbale bien sûr, des notions de multivers, l’âme d’un mélomane, l’imaginaire d’un Dan Brown érudit, la sensualité de la vie.

Et surtout il y a un être étrange : un lémure dont la bienveillance, sous la plume de l’auteur, tranche avec sa renommée romaine[1]. Entre Maître Jedi et esprit providentiel, qui n’aimerait pas rencontrer un tel être ?

La pose hiératique du lémure me fait penser au « guimel », et comment se priver de les rapprocher (un peu capillotracté, certes !) car Frank Lalou écrit : Rabbi Aqiba leur dit : « Guimel a une tête en haut et elle ressemble à un canal ». Une signature en plus pour Canaletto!

Sur mes chemins de curiosités, je me suis retrouvée devant La pyxide d’al‐ Mughīra où j’ai perçu un animal à forte ressemblance avec le lémure !


L’entrée du Grand canal avec l’église de la Salute : <collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010066141>
La pyxide d’al‐ Mughīra (https://youtu.be/wSy-KpkXAHs)

« Bizarre, bizarre, comme c’est étrange » !


[1] Considéré comme un vampire

Les 7B et plus en franc-maçonnerie en 2021.

Handicap et application de la règle des 7 B aujourd’hui en franc-maçonnerie.

Un ouvrage publié en 1985 (la maçonnerie oubliée) rappelle les origines religieuses de l’ostracisme de la lettre B où il est exigé une parfaite intégrité corporelle. Au siècle des lumières la franc-maçonnerie considère que 8 catégories de candidats ne sont pas initiables : les bègues, les bâtards, les borgnes, les bigles, les boiteux, les bancales, les bossus, les bougres (les homosexuels). Toutes ces infirmités ne sont à retenir que si elles sont congénitales, elles ne le sont pas si elles sont accidentelles.

C’est en voulant organiser une visite du musée de la rue Cadet (suivie d’une conférence), avec une association profane de personnes en situation de handicap, que je me suis posée la question : quel chemin peut et doit emprunter aujourd’hui un profane en situation de handicap ? J’ai bien cherché sur les sites des obédiences et je n’y ai trouvé aucune réponse. Je vais donc me mettre en quête afin d’avoir des réponses précises et actualisées.

Si l’acceptation de la mixité a été une véritable démarche intellectuelle, il est maintenant important de se pencher, non pas sur l’acceptation intellectuelle du handicap qui est acquise en franc-maçonnerie, mais sur la possibilité d’admission des profanes en situation de handicap au sein de locaux réellement adaptés.

Qu’en est il de l’adaptabilité des rituels ? des locaux ?. Voilà une enquête à mener en plusieurs épisodes.

Être franc-maçon, ça aide pour sa carrière ou pour trouver un emploi ?

L’appartenance à une loge maçonnique peut-elle doper votre vie professionnelle ? Puisque chaque hebdomadaire, chaque magazine y va régulièrement de sa question sur l’influence des Frans-maçons, 450.fm s’est aussi penché sur le sujet. La réponse est oui et non, selon les personnes concernés.

Les noms des principales obédiences françaises sont connus: Grand Orient, Droit Humain, Grande Loge de France ou Grande Loge Féminine de France. En revanche, les 160.000 francs-maçons et soeurs recensés en France restent anonymes pour la très grande majorité. Interrogé par Cadremploi, « Il y a des associations d’entraide qui se sont beaucoup développés dans les années 70 et 80 pour les cadres touchés par le chômage, reconnaissait Philippe Benhamou, franc-maçon et co-auteur de La Franc-Maçonnerie Pour les Nuls. Comme dans n’importe quel réseau, il est arrivé que des membres travaillant dans les ressources humaines aident des « frères » et « soeurs » à définir un projet professionnel. »

Une écoute, mais pas de garantie

Un franc-maçon peut trouver facilement un poste parce qu’il est en recherche d’emploi: ce n’est pas gagné. « Bien sûr que c’est une forme de réseau, observe Roger Cartier, franc-maçon et ancien responsable de ressources humaines. Mais si on entre dans la franc-maçonnerie pour doper sa carrière, on fait erreur. Je peux en témoigner : cela ne m’a pas évité des périodes de chômage. »

Que des embauches garanties aient existé, sans doute. Mais pas plus que pour les grandes écoles. Roger Cartier mentionne plutôt des portes qui s’ouvrent plus facilement qu’un piston à l’ancienne.
« J’en ai déjà discuté avec des patrons et personne ne prendra un candidat simplement parce qu’il est franc-maçon. Aucune entreprise ne se l’autorise. En revanche, elle va l’écouter et recevoir peut-être un peu plus longtemps un candidat franc-maçon qu’un autre… » Bien évidement, si le décideur ou le recruteur est lui même maçon.

Profiter de la franc-maçonnerie… autrement

En même temps, que d’efforts pour si peu de certitudes ! « La franc-maçonnerie est un milieu plus ouvert qu’on ne l’imagine, précise Roger Cartier. Ce membre de la Grande loge de France prévient toutefois certains candidats. « Ceux qui ont été tentés par la franc-maçonnerie pour la seule motivation du réseau ont vite renoncé. Le processus d’entrée peut prendre un an. Ensuite, il faut respecter les rituels et surtout fournir un gros travail pour préparer les réunions régulières. Si c’est juste pour se faire un carnet d’adresse, il y a d’autres activités moins prégnantes… »

Cependant, le thème de l’emploi, même s’il dépasse les situations individuelles, est loin d’être étranger à l’activité maçonnique. « Il faut distinguer les loges tournées vers le développement spirituel, comme la Grande Loge de France, d’obédiences comme le Grand Orient, plus portées sur des questions sociétales », rappelle l’historien Pierre-Yves Beaurepaire.

À cet égard, les obédiences ont mis en place des structures d’entraide parfois inter-obédientielles. Elles sont chargées d’accompagner les membres vers un retour à la vie active. « Je ne vois pas la franc-maçonnerie comme un réseau. En revanche, c’est un lieu de réflexion pour travailler sur la société et son évolution… » insistait en son temps, Catherine Jeannin-Naltet, Grande Maîtresse de la Grande Loge féminine de France (2012-2014) en réponse à une question de Cadremploi.

LE BOUDDHISME CHAN ET SES HISTOIRES….

Un bouddhiste de vieille date et néanmoins ami, a traduit du chinois un  recueil d’historiettes Chan (ou zen pour les japonisants). Une édition, augmentée d’une introduction plus étoffée, est en préparation aux éditions de La Tarente. Pour les plus pressés on pourra se procurer l’édition précédente sur le site Rakuten.

Nous avons eu l’idée d’en publier quelques bonnes feuilles et de l’interroger sur ses recherches. Le Chan est en effet méconnu en France, alors que son avatar, le Zen, bénéficie d’une assez bonne réputation. Alors, retour aux origines …

1. Q. Pourquoi ce sous-titre « Chan de Gushi »

R : C’est le titre original en chinois de ce recueil. « Gushi » veut dire « histoire(s) ». « Chan » c’est le caractère écrit sur la couverture, un Japonais prononcerait « zen », un chinois « tchann » (qui s’écrit « chan » en transcription officielle). « De » est la préposition, comme en français. Je lis de droite à gauche et cela fait « histoires de chan ».

 2.  Q. Que peux-tu nous dire de plus concernant le Chan qui devint, comme tu l’indiques dans ton livre, « l’interprétation chinoise du bouddhisme » ?

R : Le Chan est une des écoles bouddhistes chinoises. Il n’est pas très connu en France qui a plutôt entendu parler du zen. Le Bouddhisme est arrivé en Chine au Ier siècle mais il a commencé à se répandre au VIe. Au début, les Chinois considéraient les pèlerins bouddhistes comme une variété de taoïstes. De plus, en tant qu’étrangers, ils s’adressaient au public par le truchement d’interprètes. Ces derniers peinaient à traduire le vocabulaire métaphysique venu du sanscrit, aussi, ils empruntèrent le vocabulaire taoïste. Les prêches, tant ils étaient imprégnés de concepts chinois, devinrent presque familiers pour leur auditoire. Le Chan fut alors une façon originale et caractéristique de transmettre un bouddhisme à la chinoise. Le Bouddhisme et la culture chinoise avaient trouvé leur terrain d’entente.

3. Q. Quelles sont pour toi les grandes différences entre le taoïsme et le bouddhisme ?

R. Les similitudes sont plus nombreuses que les différences. Quand on lit Zhuang zi (Tchouang Tseu) ou Lie Zi (Le Vrai Classique du vide parfait) on découvre de nombreuses anecdotes qui s’intègreraient sans difficulté dans les histoires chan. Mais la réalité d’une religion ou d’un courant spirituel est beaucoup plus complexe que la représentation que l’on s’en fait. Je ne saurais dire ce qui sépare le christianisme de Maître Eckart de celui de nos évêques aujourd’hui. Je ne vois pas trop le rapport entre un islamiste et un Soufi. Le maître chan comme le maître taoïste est souvent à la marge de l’institution. Mais les pratiques comme la méditation, les rituels, la méthode pédagogique directe de Maître à disciple, les mantras, etc. sont des pratiques identiques. D’un autre côté, la mythologie taoïste avec son Empereur, ses ministres, ses postes officiels ressemble à la Cour Impériale des Tang alors que le panthéon bouddhiste chinois avec ses divinités et ses saints surhumains est plus proche des dieux et héros grecs ou tibétains (sans doute une influence du tantrisme indien). Mais en général, les pratiquants sérieux des deux courants se rassemblent pour dire que tout cela n’est, finalement, qu’illusion.

4.  Q. Qu’est ce qui t’a motivé pour écrire ces histoires chan et les diffuser ?

R. Le fait que le Chan soit si mal connu. C’est un courant passionnant. L’approche, par la traduction, de ces fabulettes est une bonne introduction ludique et intelligente. Très pédagogique en somme. Elle se rapproche beaucoup de l’enseignement réel transmis par le maître chan.

5. Q. Comment as-tu décidé de l’ordre dans lequel ces histoires sont présentées ?

R. J’aurais pu mettre bout à bout chaque recueil. Mais j’ai essayé de répartir les textes afin de maintenir l’attention du lecteur en alternant des anecdotes plus drôles ou plus faciles avec de véritables Koans énigmatiques à souhait et défiant toute logique. Une accumulation d’une sorte ou d’une autre au même endroit devenait vite indigeste. J’ai simplement précisé entre parenthèses l’origine du texte. Soit il provient directement de la source chinoise (chan), soit il provient d’un collectage japonais (zen). Mais je sais que beaucoup aimeront lire au hasard.  C’est toutefois une édition complète des recueils disponibles.

6. Q. Que pourrais-tu dire de ta retraite dans un monastère bouddhiste Chan en 1996 qui pourrait nous éclairer sur ces histoires ?

R. Je pratiquais déjà les arts martiaux depuis des années et j’avais aussi été initié au zazen et à d’autres méditations. J’étais à l’endroit idéal dans ce coin du Yunnan. Un jour, j’ai débarqué au monastère pour rencontrer le Supérieur. « J’aimerais apprendre ce que vous savez ». Le Supérieur s’est tourné vers le Responsable des enseignements. « Qu’est-ce que tu en penses ? » « Il a un signe ». C’était parti ! Il m’a expliqué assez rapidement comment méditer et m’a donné rendez-vous chaque jour à la même heure. Chaque fois, il y avait un événement inattendu et nouveau. Un jour, on a gouté des pommes, une autre fois je l’ai aidé à faire ses calligraphies et j’ai dû donner mon avis sur chacune d’elles, puis je suis rester à écouter les entretiens du maître avec des tas de gens aux préoccupations diverses, j’ai assisté à des cérémonies funéraires, des prières de dédicaces. Il me donnait parfois des conseils pour ma méditation. Tout cela a pris sens progressivement par une sorte de dialectique entre l’événement lui-même et le mûrissement en moi au cours des méditations. Par exemple, la séance de calligraphie : après un travail dans la concentration et le plaisir mêlés, j’ai dû prononcer des jugements sur les résultats alors que j’étais un béotien. Après une formule d’humilité, je disais « j’aime beaucoup », « c’est beau » et le maître répondait « c’est nul, je balance » ou « oui, c’est potable » etc. Le sens de cette leçon m’est apparu après coup, confirmé par le Maître. Ce qui compte, s’est de faire de son mieux, en étant complètement dans ce que l’on fait. Contempler le résultat ne changera pas grand chose à l’affaire. Sauf si l’on n’hésite pas à recommencer. Cette situation avait été concoctée par le Maître parce que je m’interrogeais sur ma pratique. La réponse à une question vient d’une situation concrète, vécue, plus que d’un discours.

7. Q. Comme tu as vécu en Chine et également au Japon, quelles sont pour toi les différences rencontrées dans le bouddhisme Chan ?

R. Le Zen pratiqué au Japon est très formel. Les temples sont très ordonnés, très esthétiques. Le Zen n’est pas très « cool » comme on pourrait l’imaginer.

Ma posture chan est assez précise bien entendu. Elle permet le passage des souffles. Mais parfois au Japon, au temple zen, le moine qui dirigeait la séance passait un temps fou à rectifier les postures des pratiquant en se servant de son kosaku, son bâton, comme d’un mètre d’instituteur. Pourtant, j’ai beaucoup appris aussi au Japon.

C’est un peu comme si les Japonais travaillaient sans cesse sur la rectitude de la posture, du geste et les Chinois sur la justesse du mouvement. Mais il ne faut pas prendre tout cela au pied de la lettre, ce serait réducteur.

On sent qu’il y a une origine commune à ces deux conceptions mais que chacune a pris une forme qui convenait le mieux à sa terre d’accueil. Le Chan et le Zen ont un goût propre que l’on peut savourer.

Merci à Serge de s’être prêté au jeu des questions-réponses qui nous éclaire un peu plus sur le chan. Avec la permission de l’auteur nous vous donnons ci-dessous une des succulentes histoires :

« Tan Shan et un condisciple cheminaient de conserve par un chemin boueux. Il pleuvait tant que des flaques gigantesques se formaient sous les pas des deux moines.

A un tournant du chemin, ils rencontrèrent une jolie femme, qui de plus était habillée avec élégance. Celle-ci cherchait un moyen de contourner une étendue d’eau, d’aspect peu engageant.

Tan Shan galant, se proposa de l’aider et celle elle acquiesçait, il la prit dans ses bras et la porta de l’autre côté de l’obstacle aquatique.

Son collègue ne dit rien, mais son visage disait qu’il n’en pensait pas mois.

Ils reprirent leur route et parvinrent au monastère.

Le soir venu, ils s’installèrent pour dormir.

Alors le second moine demande à Tan Shan :

« Nous sommes des moines ! Comment peut-on ainsi porter de jolies femmes dans ses bras ? »

« Comment ? de quoi ? Ah oui ! Cela fait déjà un moment que je l’ai déposée à terre et toi tu la portes encore dans ta tête. ».

L’auteur a bien eu raison de nous faire partager ces histoires chan dont il vient de faire un recueil que je vous encourage à lire.

Ces histoires sont remplies d’humour, de sagesse et je dirais même de tendresse car elles démontrent nos travers humains. Nous pouvons nous y reconnaître c’est pourquoi elles sont intemporelles. Les noms des personnages sont chinois ou japonais mais nous pouvons très souvent nous identifier aux personnages, nous imaginer dans telle ou telle situation.

Ces histoires sont à déguster comme des « mignonettes gourmandes »….

Merci Serge pour ce délice….

Ida Radogowski

Pour se procurer le livre de Serge :

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« Napoléon n’est plus », l’exposition au musée de l’Armée

« Napoléon n’est plus », l’exposition au musée de l’Armée, Paris

Napoléon Bonaparte (1769-1821), général français durant la Révolution, puis proclamé Premier consul de 1800 à 1804, avant de devenir empereur des Français de 1804 à 1815, sous le nom de Napoléon 1er.

Le 5 mai dernier, nous commémorions les 200 ans de sa mort à Sainte-Hélène.

L’exposition temporaire, coorganisée avec la Fondation Napoléon https://fondationnapoleon.org/ « se propose de revenir sur les grands sujets qui entourent la mort de Napoléon en renouvelant les perspectives et en convoquant de nouvelles disciplines scientifiques (archéologie, médecine, chimie) afin de compléter les sources historiques déjà connues ». Pour en savoir plus sur « Napoléon n’est plus », regardez la bande-annonce https://bit.ly/3w0xGkT

  • « Napoléon n’est plus », le livre

Le catalogue de l’exposition est un magnifique ouvrage collectif (coédition Gallimard/Musée de l’Armée, 2021, 296 pages, 35 €).

Nous vous invitons à prendre connaissance de la 4e de couverture de ce très beau-livre.

– La présentation de l’éditeur :

« De la mort de Napoléon, le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène, à son exhumation, en passant par la réalisation du masque mortuaire, l’autopsie, l’exposition du corps, l’enterrement… la succession des faits est connue à la minute près. Tout se passe comme si tous ceux qui se trouvaient à Sainte-Hélène au moment de sa mort avaient eu une conscience aiguë du fait qu’ils étaient en train de vivre un moment d’histoire. En décembre 1840, au moment du rapatriement des restes mortels de l’Empereur, le processus se répète et s’amplifie…

Pour autant, malgré le foisonnement des Mémoires, des lettres, des croquis, des reliques et des récits, cette histoire présente des zones mal éclairées, des incertitudes, des contradictions… Fleurissent alors les hypothèses, les théories, les assertions, les controverses : de quoi au juste Napoléon est-il mort ? Est-il vraiment mort à Sainte-Hélène ? Le corps d’un autre n’aurait-il pas été substitué au sien ? L’existence même de ces hypothèses – leur persistance surtout – démontre que, dès le jour de sa mort, Napoléon ne s’appartient plus. Transfiguré, il est devenu un archétype, un élément constitutif de l’inconscient collectif ».

  • Napoléon et la Franc-Maçonnerie

L’Empereur était-il le protecteur des Francs-Maçons ? Pourquoi commémorer en 2021 la mort de Napoléon ? Écoutez Thierry Lentz écrivain et historien, spécialiste de l’histoire du Consulat et du Premier Empire et directeur de la Fondation Napoléon depuis 2000.

Thierry Lentz rappelle combien l’histoire de Napoléon est indissociable de l’identité de l’Europe et de la France. Bien sûr, les conditions sanitaires jettent un trouble sur la tenue de certaines manifestations. Mais, même à distance, 2021 sera une belle « Année Napoléon » !

Nous espérons que cela sera encore l’occasion d’aller plus loin sur la connaissance de la Franc-Maçonnerie et du 1er Empire.

Découvrez le texte de Thierry Lentz sur le site de la BnF « La maçonnerie « impériale », mis en ligne à l’occasion de l’exposition temporaire « La franc-maçonnerie », organisée par la Bibliothèque nationale de France et présentée sur le site François-Mitterrand, du 12 avril au 24 juillet 2016. https://bit.ly/38LZXmv

Ainsi que l’article « Napoléon & Empire – La franc-maçonnerie sous le Consulat et le Premier Empire » www.napoleon-empire.net/franc-macon.php

Si tel est votre désir, nous vous recommandons la lecture de La Franc-Maçonnerie sous l’Empire : un âge d’or ? un collectif publié cher DERVY en 2007 ou encore de Pierre Mollier, coécrit avec Pierre-François Pinaud et préfacé par Charles Napoléon L’État-major maçonnique de Napoléon – Dictionnaire biographique des dirigeants du Grand Orient de France sous le Premier Empire (A l’Orient, 2009).

  • Infos pratiques :

Musée de l’Armée – Hôtel National des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris.

Tous les jours de 10h à 18h. Du mercredi 19 mai 2021 au dimanche 31 octobre 2021

Tarifs : Plein tarif : 14€ – Tarif réduit : 11€ – Gratuit pour les moins de 18 ans

Sources :

  • Musée de l’Armée
  • YouTube « Pourquoi commémorer en 2021 la mort de Napoléon ? » bit.ly/3nsPlgt
  • BnF « La franc-maçonnerie » bit.ly/38LZXmv
  • 2021 Année Napoléon : Lettre d’informations spéciale du 13 novembre 2020 www.napoleon-empire.net/franc-macon.php

Polir sa pierre jusqu’à la poudre

Tous les maçons ont entendu les anciens leur conseiller de polir leur Pierre. C’est logique, puisque les Apprentis sont appelés des pierres brutes, qui grâce aux outils symboliques, tels que le ciseau et le maillet, vont se transformer en pierre cubique.

Alors moi, depuis des années une question me taraude : « Si on doit passer sa vie à polir sa Pierre, après 40 ou 50 ans de pratique maçonnique, ne risque t’on pas de trouver le jour de l’enterrement du Frère un petit tas de poudre à la place d’une Pierre cubique ? C’est vrai quoi, à force d’astiquer cette maudite Pierre elle va finir par se désagréger ! »

Par ailleurs, si toutes les Pierres d’une Loge sont polies et lisses comme des patinoires olympiques, comment vont-elles s’unir pour créer un bel édifice ? N’est-ce pas par les aspérités que les humains se complètent, s’unissent et s’enrichissent ? Si tout le monde est lisse, on glisse de pierre en pierre jusqu’au trou final. N’est-ce pas la singularité qui fait la personnalité d’un être ?

J’avoue que j’y perds mon Rituel en latin, car si je dois polir ma pierre, et qu’elle doit garder sa particularité et ses aspérités alors pourquoi la polir ? Ma grand-mère était taquine, elle aurait répondu : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en polissant… », mais cela ne fait pas beaucoup avancer ma recherche. Alors j’ai contacté un vieux Frère qui a réponse à tout, un certain Roger E. Oui je sais, j’ai cessé de contacter Roger D., car cela créait des confusions et j’ai reçu une demande d’explication d’un certain Roger Durant et son frère Roger Dupont, tous deux bien connus des amateurs de BD. Ces derniers croyaient à tort que je parlais d’eux. Quelle méprise !

Mon vieux conseiller Roger E. m’a donc fait une proposition d’explication que je partage avec vous. En sage il m’a dit : « Le maçon n’est pas ce qu’il fait, mais ce qu’il est » il a rajouté qu’on peut polir toute une vie sa Pierre, si la conscience du Maître est la même que celle du profane, autant arrêter immédiatement, car cela ne sert à rien.

Je me suis assis pour y penser et j’ai fini par arriver à une conclusion que je vous soumets : « Et si le but de la Franc-maçonnerie était tout simplement d’arriver à se connaitre et à s’aimer soi même, sans aucune condition, pour arriver enfin à aimer tous les autres. C’est ainsi que peut naitre la vraie fraternité ; Sinon il s’agit d’une fraternité de façade qui vole en éclats au premier dérangement »

On peut imaginer que les fameuses aspérités de la Pierre sont des restes de petits blocages pour révéler la Lumière intérieure. Mais dès que l’éclairage devient complet par la révélation de qui nous sommes réellement, il n’est plus utile de polir, ça rayonne suffisamment de l’intérieur. C’est comme en musique, l’accord est parfait et les sons sont alignés.

Comme certains maçons cherchent à transformer le monde pour le mettre en harmonie avec leur vision intérieure, au lieu de rayonner, ils consacrent leur vie à briller. C’est là que les problèmes commencent, car après une vie à amasser de la poudre de Pierre par un travail acharné, au moindre coup de vent, tout le brillant se ternit. Il est vrai qu’une Pierre à toujours un pouvoir d’aimantation et la poudre reste très fidèle à sa Pierre.

Comme disait Krishnamurti : « Il est bon de naître dans une religion mais pas d’y mourir ». Il est bien possible que ce soit la même chose en  Franc-maçonnerie, il est bon de naître à la Franc-maçonnerie mais il est fort possible que la finalité soit d’en sortir… du moins lorsque le Temple du dedans et celui du dehors se confondent, mais là, le nombre d’appelés arrivés à cette fusion est moins important que le nombre d’élus. C’est probablement ce qui explique que dans certains milieux maçonniques, il arrive encore trop souvent que ça sente très fort la poudre.

Je dois vous laisser, je vais mettre aux abris.

Bonne soirée à bientôt

Franck

Chroniques d’histoire maçonnique

Chroniques d’histoire maçonnique

Francs-maçonneries lointaines

Collectif

Institut d’Études et de Recherches Maçonniques, N° 87, Printemps-Été 2021, 84 pages, 17 €

Cette revue dont les rédacteurs en chef sont Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie, et Éric Saunier, président de l’IDERM et historien spécialisé dans l’étude des sociétés urbaines et de la franc-maçonnerie, offre dans son numéro 87 un dossier traitant de l’Art Royal des deux côtés de l’Atlantique. Quant à la rubrique portrait, il s’agit du texte de la conférence donnée devant l’IDERM le 1er avril dernier.

Au sommaire :

– Le dossier

•    Le Grand Orient de France et la Franc-Maçonnerie roumaine par André Combes

•    Tanger et les origines de la franc-maçonnerie hispano-marocaine par Valeria Aguiar Bobet

•    L’antimaçonnisme militant d’une partie de la presse Malgache (1905-1945) par Jean- Luc Le Bras

– Le portrait :

• Un maçon en politique : Camille Chautemps (1885-1963) par Jacques Bernot

Le site du Grand Orient de France, dans le bulletin d’abonnement https://bit.ly/2T35xef, précise : « Les trois revues du Grand Orient de France, Humanisme, La Chaîne d’Union et Chroniques d’histoire maçonnique accompagnent au quotidien (et en complémentarité) le travail pratiqué en loge par les sœurs & les frères… »

La Flûte Enchantée – Un opéra maçonnique ou initiatique ?

Pierre Sainte-Victoire, nom de plume d’un jeune auteur, nous laisse au moins à penser que la région de coeur de l’auteur, attiré par la musique et l’histoire l’ayant conduit vers des études littéraires, est emplie de soleil. Ensoleillé tel pourrait être le qualificatif de ce beau-livre riche de nombreuses illustrations couleurs et visant à partager la passion de l’auteur pour Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).

Se présentant telle une partition musicale – ouverture, actes et finale, l’auteur se pose la question d’un opéra maçonnique ou initiatique. Relatif à la franc-maçonnerie et qui a rapport à l’initiation, n’en doutons-pas.

Dès l’ouverture, Pierre Sainte-Victoire donne la conception de Die Zauberflöte (La Flûte enchantée), opéra chanté en allemand composé par « le divin Mozart » sur un livret d’Emanuel Schikaneder, en 1791. Une histoire est inspirée du recueil de contes de fées de Christophe Martin Wieland (1733-1813).

Mais c’est aussi tout le paysage et la vie maçonnique du « divin Mozart » que l’auteur nous dévoile en décrivant le contexte de l’époque en général, enrichi par les annexes, et celui de Vienne en particulier.

Connu aussi sous les surnoms de « Wolfi » ou de « Trazom », il a été admis comme Apprenti à la Loge de Vienne appelée Zur Wohltätigkeit (La Bienfaisance) le 14 décembre 1784 au sein de la Stricte Observance Templière et dont son père, Léopold, est devenu aussi maçon.

Pierre Sainte-Victoire nous fait découvrir la force du message de l’œuvre, sublimée par la musique, comprendre la puissance des symboles maçonniques pour entrer dans le sens profond de l’opéra.

Un succès fulgurant devant un public populaire où Tamino, prince égyptien, Papageno, oiseleur, la Reine de la nuit, les trois dames émissaires de la Reine de la nuit, Sarastro, grand-prêtre d’Isis et d’Osiris, les trois garçons, l’’Orateur, les trois prêtres et les trois esclaves en font encore aujourd’hui une œuvre toujours aussi mystérieuse, fascinante et inépuisable.