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Musée Belge de la Franc-Maçonnerie : fermeture temporaire

Nous vous informons que le Musée belge de la Franc-Maçonnerie est fermé à compter du jeudi 23 septembre jusqu’au jeudi 14 octobre 2021.

En réalité, nous devons cette fermeture temporaire à l’aménagement de la nouvelle exposition intitulé « Jean Delville & Co ».

Infos pratiques :

Pour rappel, le musée belge de la franc-maçonnerie (MBFM, MBM ou M∴ B∴ M∴ en typographie maçonnique) est situé au siège du Grand Orient de Belgique, 73-75 rue de Laeken, à Bruxelles. Le musée s’inscrit dans la continuité de celui du Grand Orient de Belgique fondé en 1985.

ITALIE : La franc-maçonnerie : un vieux modèle marketing des années 80

De notre confrère italien expartibus.it

La prétendue Fraternité Rosicrucienne n’a jamais eu d’existence sociale. Les Adeptes portant le titre ne sont frères que par la connaissance et le succès de leurs œuvres.

Aucun serment ne les lie, aucun statut ne les lie les uns aux autres, aucune règle n’influence leur libre arbitre, si ce n’est la discipline hermétique librement acceptée et volontairement observée.

(…) Ils n’avaient ni lieu de réunion, ni siège social, ni temple, ni rituel, ni signe extérieur de reconnaissance.

Ils ne payaient aucune cotisation et n’auraient jamais accepté le titre donné à certains autres frères de chevaliers de l’estomac : les banquets leur étaient inconnus.

Ils étaient et sont toujours des travailleurs isolés disséminés à travers le monde, des chercheurs « cosmopolites » au sens le plus strict du terme.

Puisque les Adeptes ne reconnaissent aucun degré hiérarchique, il s’ensuit que le Rosicrucien n’est pas un degré, mais seulement la consécration de leurs œuvres secrètes, la consécration de l’expérience, la lumière positive que leur révèle une foi vivante.
Fulcanelli – Les maisons du philosophe

Je voudrais préciser ma manière actuelle de vivre la recherche à l’aide de quelques mots tirés du manifeste Incoherist de Rémi Boyer :

a) il n’y a pas de valeurs universelles, mais seulement personnelles. La Question des valeurs, origine de tous les conflits, internes ou externes, se résoudra avec la disparition de la Personne ;

b) la recherche du dépassement de l’art trouve son apogée dans la Recherche d’un Art du Néant, un Art absolu de l’Intervalle. Au carrefour de la Beauté absolue, de la Virilité absolue, de la Féminité absolue, seul l’insaisissable est l’Art.

Par conséquent, tout d’abord pour moi, même ces mots de moi semblent inutiles, par définition une expression du duel. A moins que, tant l’écrivain que le lecteur, ne s’arment d’une « mentalité traditionnelle » et cessent de se battre, en voulant l’emporter.

Dans un état de conscience nouveau et plus léger, tout « jugement » devrait être suspendu, dans la conviction que juger est une véritable pathologie de l’Ame.

Nous devons toujours essayer de nous approcher les uns des autres avec respect, surtout envers ceux avec qui nous sommes en désaccord. Chacun de nous, pour les autres, est un « ailleurs », un monde de symboles et d’allusions, d’évocations, impossible à définir seulement rationnellement.

Chaque rencontre, chaque stimulus, peut faire résonner et s’illuminer certaines lumières dans l’obscurité de notre caverne intérieure ou déclencher une inutile querelle égoïque de compétition et d’opposition intellectuelle ou dialectique.

Dans un contexte initiatique ou pseudo-tel où tous, ou du moins beaucoup, font appel à l’observance dogmatique et cristallisée de rituels, de croyances ésotériques et de canons liturgiques, souvent dans le passage du monde profane au monde « initiatique », on passe d’un autre dogmatisme à l’Autre.

Et l’Être s’évade. Imprenable. Toujours à un niveau au-delà de notre horizon étroit. Au-delà de nos pseudo certitudes. Au-delà de la rationalité et de l’irrationalité. Au-delà de notre petit ego que nous compensons par des visions et des « appartenances » pompeuses, alambiquées, complexes et grandioses.

Avant de passer à la seule vraie cure, représentée par une saine opération initiatique, la « remise en forme » préalable pour la Franc-Maçonnerie aujourd’hui en crise, pourrait être un jeûne thérapeutique. Pour « perdre du poids » et ne pas prendre de poids supplémentaire.

Il faut sélectionner, redécouvrir la qualité. Abandonnez la quantité. La vieille idée de recrutement modèle chaîne de Saint Antoine de « l’ami de l’ami », car c’est une très bonne personne, encore mieux s’il est directeur de quelque chose, médecin ou entrepreneur, chatouille l’ego pas l’authentique initiatique vocation, qu’elle est prête pour les épreuves et les épreuves existentielles et spirituelles les plus terribles. Pas la fatigue digestive des dîners gargantuesques à base de saucisses, carbonare et porchetta.

Pour l’amour du ciel, rien contre la vraie convivialité, au contraire, mais c’est la Franc-Maçonnerie exotérique qui propose en fait la même logique de recrutement et de collecte de capitaux de la grande majorité des Associations et Clubs profanes toujours assoiffés de liquidités.

Pour le bien de la franc-maçonnerie, arrêtons de promouvoir la franc-maçonnerie. Dans l’intérêt de cet ordre initiatique lui-même. C’est une chose de pousser avec force une « marque » , dans l’espoir de « s’engager » , de capter l’attention. Une autre consiste à attendre que les choses « se passent » naturellement.

Que les trajectoires naturelles du karma personnel et des dharmas se recoupent de manière « physiologique » dans la conception cosmique de la synchronicité, donc apparemment « décontractée ».

Le vent souffle où il veut, que tout « soit ».

Que ce soit .

La franc-maçonnerie n’est pas une carte plastique avec ou sans code-barres mais un état de conscience, tel qu’enseigné par les rosicruciens qui se reconnaissaient où qu’ils soient et se rassemblaient dans un non-lieu. Ceci est, ou pourrait être, une attitude initiatique correcte. Au moins pour moi. Cela a toujours été le cas depuis que le monde existe.

Désolé.

Je n’ai pas écrit les règles de l’univers. Et forcer ne sert à rien.

Malgré tout, au fil du temps, la franc-maçonnerie s’est enlisée dans le blasphème. Et donc, dans un avenir pas trop lointain, s’il devient une coquille complètement vide, il pourrait mourir et renaître sous une nouvelle forme initiatique.

Les Constitutions d’Anderson en puzzle – Pour rassembler ce qui est épars

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Le puzzle, un grand classique des jeux familiaux… Oui, désormais, le grand public sait ce que les Francs-Maçons font en Loge… Ils maçonnent, certes, mais surtout ils essaient de reconstituer ce puzzle de 1000 pièces (format 50×70 cm). Un grand secret enfin dévoilé !!!

Représentant le frontispice des Constitutions d’Anderson – initialement intitulées Constitution, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés, il est dû au talent de John Pine (1690-1756). Né à Londres, cet artiste fut membre de la Respectable Loge Globe Tavern à l’Orient de Morgate. Il fut, en son temps, un célèbre graveur héraldique et décoratif, son chef-d’œuvre étant l’illustration des Works of Horace (1733-1737). Les Constitutions sont considérées comme l’un des textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie moderne.

Disponible fin octobre 2021.

Commandez-le maintenant, avec frais de port offert (en colissimo) et recevez le avant tout le monde vers le 15 Octobre 2021.

En précommande sur https://bit.ly/3o5KTaT

La peau dans l’initiation maçonnique

Sylvie Monpoint – MdV Éditeur, Coll. Les Symboles Maçonniques, N° 99, 2021, 128 pages, 10,90 € – Version numérique 6,49 €  

Présentation de l’éditeur :

La peau est une enveloppe qui nous protège et nous délimite. Elle est surtout interface entre le monde du dedans et le monde du dehors, et lieu d’échanges. Avec l’aide de ce sens aux doigts de fée qu’est le toucher, la peau est impliquée de manière déterminante dans toutes les formes d’initiation. Dans une première partie, l’auteure explore comment la peau est le support des pratiques rituelles de l’initiation maçonnique et comment elle joue un rôle important au cours des travaux en loge. Dans une seconde partie, en s’appuyant sur des mythes issus de différentes traditions, la peau est abordée dans sa dimension symbolique et considérée dans les résonnances qu’elle peut avoir avec la tradition maçonnique. De l’initiation qui se joue  » sur  » la peau à l’initiation qui se joue  » de  » la peau, osons le voyage.  » Prenons place, ouvrons nos cœurs, élevons nos esprits « . A la rencontre du silence, la peau à tant à nous dire …

La biographie de l’auteure :

Sylvie Monpoint est Franc-Maçonne depuis plus de 25 ans et travaille à la Grande Loge Féminine de France, au R.E.A.A. Elle est l’auteure d’un ouvrage sur la dimension spirituelle de la peau (La peau dévoilée) et d’un livre sur l’initiation (Zorro, un initié sous le masque). Au dehors du temple, elle est médecin-dermatologue depuis 1991 et dirige une association humanitaire d’aide à la scolarisation d’enfants pauvres au Cambodge.

[NDLR : La réflexion de Sylvie Monpoint s’articule autour des différentes voies de spiritualité et de leur point de rencontre. Elle porte un intérêt tout particulier au langage symbolique et à l’initiation.

Préfacé par Louis Trébuchet, prix spécial du jury de l’Institut Maçonnique de France pour l’ensemble de son œuvre, cet ouvrage est découpé en neuf parties. À savoir :

1 – La peau et le toucher

2 – La peau dans les initiations

3 – La peau et l’initiation maçonnique

4 – La peau en tenue d’obligation

5 – Tabliers et gants de peau

6 – L’importance des mythes

7 – Au commencement de l’homme, la peau

8 – La peau de lumière

9 – La dernière peau

Un intéressant ouvrage qui nous fait toucher du doigt ce que peut être l’enveloppe protectrice de l’être humain. Beaucoup seront intéressés, notamment par le chapitre 2 consacré à la peau dans les initiations notamment les initiations tribales de passage ainsi que les cultes à mystères de l’Antiquité. Quant à l’initiation maçonnique, au-delà de la cérémonie de réception – du ni nu ni vêtu -, l’auteure prend en compte le toucher tel un véhicule du mystère, marquant un contact furtif. Sans oublier l’accolade – faut-il y voir la collée des chevaliers ? – et la Chaîne d’Union – instant unique pour la peau. Un sujet rarement traité en Maçonnerie…]

FRANCE-CULTURE : À l’origine de Corto Maltese, le franc-marin

De notre confrère franceculture.fr

Une silhouette hollywoodienne et un tempérament anarchiste : Corto Maltese a pris les traits des hommes chers à son créateur, Hugo Pratt. À l’heure de sa réinterprétation par Bastien Vives dans la BD « Océan noir » (Casterman), nous nous penchons sur les mystères de son origine.

Derrière le marin le plus célèbre du 9e art se cache un cocktail improbable : constitué de deux stars hollywoodiennes, John Wayne et Burt Lancaster, de l’aventurier franc-maçon Casanova, et de l’oncle antifasciste de son créateur, Hugo Pratt. 

Corto Maltese n’est au départ qu’un personnage secondaire quand il apparaît en 1967 dans un mensuel italien. À cette époque, son dessinateur Hugo Pratt, est un fervent spectateur de cinéma d’aventure. Hugo Pratt le rappelait à la télévision française en 1981 : « C’est ma grand-mère qui m’emmenait tout le temps au cinéma. La première fois je crois que c’était Tarzan et moi je rentrais et j’essayais tout de suite de faire une BD, sur les cahiers de l’école… »

Certaines scènes de cinéma inspirent directement le dessinateur, comme la légendaire entrée en scène de Corto : voguant attaché en croix sur un radeau de fortune. Elle est inspirée d’une scène du Réveil de la Sorcière Rouge, réalisé par Edward Ludwig en 1948. John Wayne y incarne un capitaine de navire marchand s’aventurant dans les Mers du Sud pour retrouver le trésor de la Sorcière Rouge. 

Mais le principal modèle physique de Corto est Burt Lancaster dans le film Le Roi des îles (1953). Avec son uniforme de marin anglais, la ressemblance est frappante. Le nom du héros de Pratt provient également d’un film américain Le Faucon maltais, réalisé en 1941 par John Huston. Son prénom, “Corto”, signifie “rapide”, en espagnol. 

Un anarchiste antifasciste

À ce personnage de BD au style hollywoodien, Hugo Pratt va insuffler une profondeur qui résonne avec les désirs d’émancipation de son époque. Hugo Pratt revenait en 1985 sur la genèse de son personnage : “Il est né à un moment particulier, il est né en 1967, avant la grande contestation juvénile de 1968, tout le monde avait la nécessité d’une recherche de la liberté, de contester la culture officielle, d’avoir des changements. Corto Maltese avait quelque chose de libertaire en lui, qui a fait rêver les gens, tout était dans l’air à ce moment là, l’expérience m’a poussé à faire un personnage comme Corto Maltese, et j’ai choisi la mer, et un bateau. » Corto Maltese c’est aujourd’hui plus de 2 millions d’exemplaires vendus en France, avec des traductions en 10 langues. Le marin vénitien est une vraie star de la bande dessinée et une ode à la liberté et à l’aventure. Hugo Pratt, revenait sur les racines idéologiques de ce succès en 1990 : “C’est un libertaire. Le choix politique d’un homme devrait être l’anarchie, mais c’est une parole qui fait peur car il veut pas de l’autorité, car il pense pouvoir gérer et pense ‘ma liberté termine là où commence celle des autres’. Ça c’est l’anarchiste, le vrai”. 

Pourtant, l’histoire familiale d’Hugo Pratt est bien éloignée de la mouvance anarchiste. Fils d’un soldat fasciste, Pratt rejoint la police coloniale italienne à seulement 13 ans faisant de lui, le “plus jeune soldat de Mussolini”… avant une rencontre avec son oncle, qui va tout changer. Hugo Pratt : “Il y avait un oncle qui était le contestataire de la famille, il est parti marin, il revenait de longs voyages et il était l’antifasciste de la famille. Il m’a fait beaucoup réfléchir quand j’étais enfant. C’était l’oncle le plus mystérieux, le plus magique. » Pratt précisait son lien avec son personnage en 1990 sur France Culture : “J’ai jamais cohabité avec Corto, chacun de nous a sa propre intimité. Quelquefois on se retrouve et on fait quelque chose ensemble, c’est un type formidable, mais c’est pas mon fils, c’est mon oncle. Moi je raconte les histoires d’un oncle.” Dès 1942 et la mort de son père, Hugo Pratt rejette l’idéologie fasciste et rejoint les forces alliées jusqu’à la fin de la guerre. 

Un franc-maçon dans l’âme 

Quelques années plus tard, Hugo Pratt se rapproche de l’un des ennemis historiques du fascisme italien, la franc-maçonnerie, jusqu’à rejoindre la Grande Loge d’Italie dans les années 1970. Il restera un franc-maçon actif tout au long de sa vie. Une appartenance qui transparaît dans le personnage de Corto Maltese, et dans ses aventures, truffées de références maçonniques. 

Pierre Mollier est historien, spécialiste de la franc-maçonnerie, commissaire en 2012 d’une exposition au musée de la franc-maçonnerie consacrée à Hugo Pratt : « Corto n’est pas maçon mais il explique qu’il est franc-marin, et il a vis-à-vis de la franc-maçonnerie cette attitude qu’il a vis-à-vis de beaucoup d’institutions, c’est qu’on sent qu’il connait, qu’il participe de coeur, mais c’est un solitaire. Mais dans La Fable de Venise, il paraît ‘très pro-maçon’ et partageant les valeurs maçonniques. L’idée de franc-marin, c’est cet universalisme, derrière une activité professionnelle, maçon ou marin, il y a une spiritualité, une philosophie et en cela d’ailleurs il prolonge un peu un personnage maçonnique assez classique qui vient du XVIIIe siècle : le noble voyageur, le cosmopolite, qui va de pays en pays et dont l’exemple est Casanova, auquel Pratt s’est, bien sûr, aussi beaucoup intéressé. »

Jusqu’à sa mort en 1995, Hugo Pratt n’a cessé de faire naviguer son héros au gré des aventures. Aujourd’hui âgé de plus de 50 ans, Corto Maltese est toujours considéré comme un personnage moderne en raison du combat qu’il incarne : le refus d’une hiérarchisation des cultures, une certaine idée de la liberté. Jusqu’à devenir un élément de la pop-culture, réinvesti ironiquement par des marques pour vendre du parfum comme chez Dior, mais aussi par des dessinateurs contemporains, comme Bastien Vives

Visitez le site de franceculture.fr pour écouter et voir la vidéo de ce reportage

(VIDEO) Chamans, les maitres du désordre

Depuis des millénaires, les chamans ont toujours eu une place à part. Si le chamanisme figure parmi les médecines les plus ancestrales, il est aussi l’un des premiers moyens développés par l’homme pour entrer en contact avec l’invisible et le sacré. Ces pratiques n’ont pas disparu, bien au contraire. Pour tenter d’en comprendre les fondements, le réalisateur Jean-Michel Corillion est parti au Maroc pour un voyage initiatique « en pays chaman ». Dans ce monde mystérieux et troublant, il a rencontré des « possédés » et des mystiques, tel Abdellah. Ce chaman, connu de tous dans la région, a gagné sa « baraka » dans l’initiation et l’errance. Il défie aujourd’hui les reptiles les plus dangereux au monde. Mais vaincre les serpents n’est pas son seul pouvoir. Abdellah soigne les « malades » et apaise, lors de cérémonies spectaculaires, les djinns, ces esprits maléfiques qui investissent le corps des hommes en exerçant sur eux leur pouvoir pernicieux. Pourquoi, au XXIe siècle, certains envisagent-ils la guérison en se tournant vers le chamanisme et la transe ? Ce documentaire en propose une étonnante et fascinante réponse… Auteur-réalisateur Jean-Michel Corillion Production Shoot Again Productions, en partenariat avec le musée du Quai Branly, avec la participation de France Télévisions

Auteur-réalisateur Jean-Michel Corillion Production Shoot Again Productions, en partenariat avec le musée du Quai Branly, avec la participation de France Télévisions

Projet d’attentat d’un groupuscule néonazi : ce que l’on sait des 5 individus en garde à vue

De notre confrère cnews.fr

Cinq personnes ont été placées en garde à vue en début de semaine dans le cadre d’une enquête sur le groupuscule néonazi «Honneur & Nation», qui projetait une «action violente».

Ce groupuscule ultranationaliste est soupçonné de vouloir s’en prendre au ministre de la Santé Olivier Véran, à des centres de vaccination ainsi qu’à une loge de la Franc-maçonnerie en Moselle, révèle Le Parisien.

Dans ce dossier, trois membres du groupuscule néonazi avaient déjà été mis en examen en mai dernier pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle». A l’époque, les enquêteurs avaient relevé que les suspects avaient effectué des recherches sur d’éventuels explosifs et avaient réalisé des repérages. Lors des perquisitions, les enquêteurs avaient par ailleurs retrouvé un exemplaire de «Mein Kampf » et un t-shirt à l’effigie d’Hitler.

MOUVANCES NÉONAZIE ET COMPLOTISTE

Dans le détail, les cinq personnes interpellées par la DGSI sont âgées de 23 à 58 ans et évoluent dans la mouvance néonazie ou appartiennent à la mouvance complotiste française inspirée du mouvement américain QAnon, à l’origine notamment de l’attaque contre le Capitole en janvier dernier.

Trois des cinq suspects ont été interpellés dans la Nièvre, en Charente-Maritime et dans les Hauts-de-Seine tandis que les deux derniers ont été extraites de prison.

Ces deux personnes, un pianiste parisien de 58 ans et un homme de 23 ans bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé, étaient incarcérées et mises en examen dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement en avril dernier de la petite Mia, révèle le quotidien.

Sur les cinq interpellés, figurent également le fondateur du groupuscule «Honneur & Nation», Sébastien D., ancien secrétaire départemental du Front national de la jeunesse de la Corrèze. L’homme de 29 ans avait été condamné en 2018 à trois mois de prison avec sursis pour avoir posté sur Facebook une photo d’une femme violée par un migrant.

Depuis 2017, six enquêtes portant sur des projets d’attentats de l’ultra-droite ont été ouvertes par le parquet antiterroriste.

«LA MENACE EST RÉELLE»

Interrogé dans la Matinale de CNEWS mercredi, Laurent Nuñez, coordonnateur national renseignement et lutte contre le terrorisme, avait précisé que ces six cellules clandestines démantelées «avaient des intentions de passer à l’acte». «La menace est réelle, il faut vraiment la prendre au sérieux», avait-il souligné, évoquant des «groupes qui vont s’inscrire dans la clandestinité avec des velléités de s’en prendre aux institutions démocratiques représentatives». «Aux Etats-Unis, ces dix dernières années, il y a plus de victimes du terrorisme d’ultra-droite que du terrorisme islamiste sunnite», avait-il ajouté. 

Accéder à l’intégralité de l’article sur cnews.fr

À la Source de la Fraternité

Essai sur l’archétype des relations entre Salomon et Hiram dans la construction du Temple de Jérusalem

Jean Bartholo – Éditions Télètes, 2021, 44 pages, 10 €

Présentation de l’éditeur :

Cet essai n’aborde pas l’architecture du Temple de Jérusalem, de nombreux ouvrages y ont été consacrés. Jean Bartholo, en s’appuyant sur le Livre des Rois, concentre sa réflexion sur la relation entre Salomon et Hiram. Le roi Salomon construit le Temple, le roi de Tyr Hiram et l’architecte Hiram, tous deux païens viennent à son aide et entraînent tous les incirconcis. Tels sont les évènements uniques, les faits mythiques et symboliques où, pour accomplir un projet divin, il faut faire appel à l’ensemble de l’humanité. Perspective tout à fait étonnante ?! C’est dans le Temple de Jérusalem -Temple primordial et essentiel pour lire l’architecture du monde – que culmine le symbolisme de cette plénitude où tous entrent simultanément, égaux et distincts, et chargés de leur histoire, et en même temps librement unis. La Franc-Maçonnerie, en se référant au Temple de Jérusalem, a fondé sa symbolique et son enseignement. Le Temple, à l’image de l’Homme et de l’Univers, permet d’accéder à la connaissance du Temple spirituel. Les loges maçonniques « habitant » des temples regroupent des femmes et des hommes issus de toutes origines, croyants ou athées, qui vont concourir à la construction du Temple à l’instar des bâtisseurs de celui de Jérusalem. La tenue maçonnique est un temps d’arrêt avant un autre départ. Les sœurs et les frères se trouvent dans « l’être » et non dans le « faire ». Le travail libère : on regarde l’autre dans la fraternité, on quitte le pouvoir de domination que l’on peut exercer dans la société et les différences sociales s’estompent. La construction du Temple de Jérusalem permet aux êtres humains de se retrouver dans une œuvre universelle qui dépasse l’humanité entière et qui va unir les croyants, les idolâtres et les athées. Il s’agit d’une œuvre cosmique qui est en définitive la rencontre du sacré et du profane.

[NDLR : Fidèle aux Éditions Télètes, Jean Bartholo est l’auteur de nombreux ouvrages sur la Franc-Maçonnerie dont, en 2020, Un Franc-Maçon lit l’Evangile de Jean et, en 2019 notamment, La Promesse initiatique maçonnique ou la progression spirituelle. Un ouvrage que l’on caresse et du regard – une belle couleur de papier vergé ivoire – et avec ses mains tellement le grain du papier est agréable au toucher. Après cette mise en bouche, deux de nos sens ayant été aiguisés, il ne reste plus qu’à s’imprégner du texte. Pour le Maçon, le titre lui-même est un appel à parcourir, à comprendre et surtout à mettre en œuvre cette Fraternité. Après tout la Franc-Maçonnerie n’est-elle pas une association d’hommes libres et indépendants, en quête d’élévation spirituelle et de perfectionnement moral, qui mettent en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité. Et en connaître la source ne peut être que bénéfique, dans ce monde un peu désenchanté que nous traversons actuellement. Jean Bartholo aborde, avec force et vigueur, la valeur du symbolisme, la question de l’histoire et de sa signification, la célèbre triade, homme-temple-cosmos ainsi que la construction du Temple. Comprendre et méditer, voilà finalement ce que nous propose l’auteur. L’ouvrage s’achève en traitant de fraternité maçonnique, car la fraternité n’est-elle pas une utopie, à l’image de l’homme ?]

Justice : vers plus de responsabilité ?

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La mise en examen de personnes politiques dont l’action a provoqué des préjudices graves nous rappelle que la décision est soumise à une certaine éthique de responsabilité et que le décisionnaire est amené à répondre de ce qu’il a commis devant l’autorité.

Il existe une sensation honteuse, tellement honteuse qu’il n’en existe même pas un mot français : le Schädefreude. Vous connaissez forcément cette joie mauvaise, qui consiste à se réjouir du malheur d’autrui. Et je le confesse humblement, j’ai éprouvé avec force cette bien vilaine sensation qui n’élève pas l’âme. Ouh que j’ai honte. Je mériterais de faire une marche de la honte, en défilant tout nu dans une rue avec une religieuse qui sonne une cloche en déclamant shame. J’ai honte, mais parfois, la honte a du bon. Mais qu’est-ce qui a bien pu déclencher une telle ambivalence chez un sujet aussi équilibré que votre serviteur ? Hé bien, il s’agit de la mise en examen de la précédente Ministre de la Santé par la Cour de Justice de la République.

J’en entends déjà pousser les habituels cris d’orfraie : « gnagnagna politique, gnagnagna judiciaire, gnagnagna populiste, gnagnagna jeu des extrémistes ». Bon, les plus criards sont aussi ceux qui sont proches de notre gouvernement de « droite extrême » (expression honteusement pompée à Frédéric Lordon dans le Monde Diplomatique), pitoyables courtisans dévolus à leurs Mauvais Compagnons.

En résumé, la passée Ministre de la Santé est mise en examen pour mise en danger de la vie d’autrui, et placée sous le statut de témoin assisté pour abstention volontaire de combattre un sinistre.

Les idiots utiles et autres lèche-bottes de notre classe politique de petits caqueux hurlent à la « République des Juges », au populisme ou à l’ingérence de la justice en politique. Visiblement, nos beaux parleurs médiatiques ont oublié un principe porté par un grand Franc-maçon (en l’occurrence Montesquieu) : la séparation des pouvoirs. Cette séparation, on le sait depuis Lycurgue et la Constitution de Sparte est nécessaire pour maintenir un régime politique. Or, ces dernières années, on a plutôt vu l’exécutif prendre trop de poids sur les deux autres. Le rééquilibrage risque d’être douloureux… Mais pourtant salutaire.

Par ailleurs, il me paraît important de rappeler que dans le privé, dans l’entreprise (qui est l’alpha et l’oméga du projet politique d’une clique d’abrutis dévoyés), un patron qui ne respecte pas les règles les plus élémentaires de sécurité va en prison, après un procès. Aurait-on oublié par exemple le procès France Télécom l’an dernier ? Ou encore le nombre de morts durant leur temps de travail (cf. le compte Tweeter DuAccident) ? Si une personne politique, au commande d’un service ou d’une administration prend une décision qui a pour effet de provoquer la mort de personnes (comme à la Faute sur Mer, engloutie après la tempête Xynthia en 2010), il me semble normal que cette personne rende des comptes et donc réponde de son action. Cela s’appelle de l’éthique de responsabilité.

On a beaucoup évoqué cette notion au début des années 1990, lors d’une tristement célèbre affaire, durant laquelle des personnes au pouvoir ont sciemment ordonné que soient administrées à des patients hémophiles des poches de sang contaminé par le VIH, malgré des mises en garde diverses. C’est d’ailleurs à cette occasion que l’on a proféré le célèbre « responsable mais pas coupable ». C’est d’ailleurs pour ce type d’affaires qu’a été créée la Cour de Justice de la République.

Reste à savoir si le fiasco de cette crise relève de l’erreur ou de la faute. L’erreur est une mauvaise décision, prise en fonction de paramètres mal mesurés ou mal interprétés (parfois les deux), mais sans réelle intention de mal agir. La faute, elle, implique une intention ou une négligence. Provoquer un accident de la circulation parce qu’on n’a pas vu le cycliste qui a brûlé un feu rouge relève de l’erreur d’appréciation. Provoquer un accident en ayant une forte alcoolémie relève de la faute. La responsabilité n’est pas du tout la même selon que l’on a commis une faute ou une erreur, même si les conséquences sont les mêmes. C’est d’ailleurs à cela que servent les tribunaux et les jugements : déterminer les responsabilités et les éventuelles culpabilités des uns et des autres et sanctionner lorsque c’est nécessaire.

Dans le cas qui nous intéresse, il reste à qualifier l’ensemble des infractions. La gestion des masques, erreur ou faute ? La communication erratique et mensongère, erreur ou faute ? Le fiasco des commandes de matériel (et plus généralement de la gestion du matériel), erreur ou faute ? Et ainsi de suite. Les conséquences de ces actions ont provoqué des drames humains et des dommages irréparables.

Symboliquement, la justice est représentée par une balance. Plus largement, chez les Grecs, la déesse de la Justice est la Titanide Thémis, aveugle et portant une balance à deux plateaux. Elle symbolise l’équilibre nécessaire à la stabilité du monde. La délégation de la justice à un tiers est un marqueur de civilisation, puisqu’elle évite le cycle éternel des vengeances, qui, symboliquement, déséquilibrent la balance d’un côté comme de l’autre.
Fait intéressant, les conseils de discipline maçonniques sont constitués de Frères portant un sautoir orné d’une balance. Quand les préjudices ont entraîné un déséquilibre de ladite balance, celle-ci doit être rééquilibrée. C’est le rôle de l’autorité de justice : elle est le tiers fondé à réparer le préjudice subi, sanctionner le déséquilibre et remettre les plateaux d’aplomb.

En fait, toute décision susceptible d’avoir un effet direct sur la vie d’une ou plusieurs personnes entraîne la responsabilité du décisionnaire. On ne peut pas jouer impunément avec des vies. Le registre de cette gestion lamentable de crise n’est pas politique, il est pénal dans le sens où des morts auraient pu, auraient dû être évitées. La sanction ne doit pas être une banale élection mais bien une sanction pénale. Quiconque a lu L’Art de la Guerre sait que quand l’armée se plante, c’est le général qui en subit les conséquences et qui saute. Et c’est là le sens de ces actions judiciaires : nos politiques ne doivent pas oublier qu’ils sont responsables devant la loi des décisions qu’ils prennent et qu’ils peuvent être sanctionnés lorsque leurs décisions provoque une catastrophe.

Mettre en danger la vie d’autrui est un crime, qui doit être sanctionné par l’autorité compétente. Nul ne peut, ni ne doit se substituer à la justice, et ce n’est pas aux électeurs de le faire. Ceux qui ont mal agi doivent répondre des conséquences de leur action. C’est d’ailleurs une partie du symbolisme de certains degrés en maçonnerie.

Le pouvoir n’est ni absolu, ni illimité et encore moins impuni quand on en abuse. Là est l’éthique de responsabilité. Cette lamentable affaire a le bon goût de nous le rappeler.

Je vous embrasse.

Zen et Art Martial par Georges Charles

En l’an 526 se présente à la résidence de Leung Wudi, Empereur de Chine, résidant à Luoyang dans la Province du Henan, un curieux personnage qui demande audience. Il présente une lettre d’accréditation attestant qu’il est le fils du roi de Sughanga, royaume situé dans le sud de l’Inde qui est, depuis, devenu le Kérala.

Ce roi est considéré comme le vingt-septième descendant du Bouddha et, par conséquence Bodhidharma, ce qui signifie « L’Illuminé », est donc le « Vingt-huitième Patriarche ». L’empereur décide donc de le recevoir. Dans la compréhension ésotérique chinoise vingt-sept (2+7 =9) représente la toute puissance céleste, l’apogée de la grandeur. Mais vingt-huit (2+8= 10 =1) représente le « retour à l’Unité ».

Bodhidharma s’est donc donné comme mission de convaincre l’empereur de Chine de retrouver cette Unité. L’entrevue est quelque peu orageuse car Bodhidharma explique que l’authentique bouddhisme consiste à s’asseoir et à méditer. Et non à gesticuler dans tous les sens en brandissant des oriflammes et en jouant de la flute et du tambour. L’empereur lui rétorque qu’il a permis de fonder une soixantaine de temples et fait reproduire des textes sacrés. Bodhidharma lui rétorque que ce ne sont là que des spéculations foncières et matérielles puisque ces temples ont été construits dans des montagnes où il n’y avait auparavant que des singes et des tigres et que chaque pèlerin reverse une obole qui enrichit les caisses de l’Empire et qu’il en est de même pour les images sacrées qui sont également taxées. Cela peut aider à améliorer le Karma mais c’est sans aucun mérite. Bodhidharma ajoute qu’il n’y a pas de noble vérité autre que le vide.

L’Empereur se fâche pour de bon et demande

« Mais qui es-tu pour affirmer cela ? »

A quoi Bodhidharma répond

« Je ne le sais pas moi-même ! ».

L’Empereur le fait jeter dehors et Bodhidharma n’a la vie sauve que grâce à son statut royal. Furieux de son échec il se réfugie au Temple de Shaolin, le « Monastère de la Petite Forêt » situé non loin de Luoyang sur le Mont Song. Ce monastère existait déjà sous une forme primitive au premier siècle de notre ère car il avait été fondé par le moine Baotuo considéré comme la « Premier Ancêtre ». C’est lui, en effet, qui fit connaître le Bouddhisme Dhyana qui deviendra en Chine le Chan’na, en Corée le Son’na et au Japon le Zen’na. Qui deviendront le Dyan, le Chan (ou Tchan), le Sôn et le Zen. Pas grand-chose à voir avec le désormais fameus « J’suis Zen ! ».

Quoi qu’il en soit la légende dorée affirme qu’il s’agenouilla (ou s’assit suivant les versions !) face à un mur et qu’il médita neuf années. Et qu’il atteint l’Illumination. Il décida de partager et de transmettre son expérience aux moines. Mais eut déjà quelques peines à se relever. Il s’adossa donc à la muraille et se souvint d’une forme particulière de « gymnastique » (ce qui en grec ancien signifie « se mettre nu » donc « se dépouiller d’artifices ») que lui avait transmis son père et qui appartenait à la Caste des Rois Guerriers et des Chevaliers, les Kshatriyas.

Par la suite cette forme particulière, qui se transmet toujours sous différentes formes, se nomma «Yi Jin Jing Xi Sui Jing » ou « Eiki Kinkyo » en japonais. Soit « Nettoyage Muscles Tendons Purification Moelles Quintessence ». Avec souvent une magnifique erreur de traduction de l’anglais vers le français où « Sinews » ne représente pas les « sinus » mais la « quintessence – Cinquième Essence – qui est liée à tout ce qui peut modifier le comportement humain donc tout le système hormonal  lié aux « glandes » que sont la thyroïde, les surrénales, la pituitaire, les gonades le système endocrinien sympathique, para sympathique et orthosympathique.

Mais dans sa vision chinoise !  Le travail sur « La » moelle (les moelles cérébrales, vertébrales et osseuses dans notre vision des choses) permet, affirme-t-on la « régénération du sang ». Donc une pratique qui dépasse, et de loin, la simple gymnastique de bien-être. Une fois remis en marche, Bodhidharma décide d’initier les moines à la méditation assise (Zuo Chan). Il constate qu’ils sont dans l’impossibilité de demeurer immobiles et silencieux. Il décide donc de leur faire pratiquer le fameux « Yi Jin Jing Xi Sui Jing » qui devient, de par le fait, de la méditation debout ou active (Zhan Chan). Il retrouve les principes essentiels transmis en Inde où il existe la « méditation » (Dhyana) et la « méditation assise » (ou en posture) (Dhyana Asana). Depuis, normalement, l’une ne va pas sans l’autre. La forme « active » consistant, dans un temple, à s’occuper de celui-ci, de cultiver le jardin, d’aller puiser de l’eau à la source, de polir les parquets de bois, à préparer les repas etc. Tout cela étant fait on peut alors passer à la phase « passive » ou « assise ». Inutile de dire qu’actuellement on a plutôt tendance à garer la voiture, à prendre l’ascenseur et à utiliser les services de techniciens de surface et d’un traiteur. On s’assoit et basta.


Au Japon on retrouve le même principe entre Ritsu Zen (la forme debout ou active allant jusqu’au Tir à L’arc – Le Zen dans l’Art Chevaleresque du Tir à l’Arc de Eugen Herrigel… Le Yiquan est l’une de ces formes du Ritsu Zen. J’en sait quelque chose puisque j’ai été DTN de la FFRZ Fédération Française de Ritsu Zen dans les années 70) et Zazen où l’on s’assoit pour méditer. Les deux n’étant surtout pas incompatibles ni irréconciliables.

 
Bodhidharma sa tâche enfin accomplie dans la transmission décida de continuer son périple et disparut dans la nature. Et les moines continuèrent à pratiquer debout et assis.

Et l’Art Martial dans tout cela ?

Là cela se complique un peu car, bien qu’issue d’une caste guerrière, la forme transmise par Bodhidharma ne consistait pas à casser des briques, des planches ou des pains de glace, à faire le grand écart latéral ou à se produire dans une cage pour tenter de gagner une ceinture dorée et un titre ronflant. Mais l’imagination chinoise n’ayant pas de limite et la réputation du « Premier Monastère sous le Ciel », donc de Shaolin Shi, étant grande grâce à Bodhidharma, alias Putitamo, alias Tamo, alias Damo (au Japon !), les autorités ecclésiastiques décidèrent de créer une « franchise » et, ainsi, de permettre à plusieurs autres monastères de se nommer Shaolin en toute légalité.

En Chine notamment le Shaolin (Siu Lim) du Julianshan dans le Fujian, juste en face de Taiwan. Au Vietnam le Thieu Lam dans le nord du pays, en Malaisie avec le Saolim de Penang du Révérent Sik Ko Sum et même au Japon avec le Shorinji Kempo (en chinois Shaolin Quanfa) du Maître Doshin So sur l’Ile de Shikoku à Tadotsu. C’est d’ailleurs ce dernier qui remettra aux autorités chinoises une très importante somme qui servit à restaurer le Temple du Henan. Décédé d’un infarctus lors d’un entraînement, c’est sa fille, Sôku, qui apportera le magot en 1981. A cette occasion la première démonstration fut effectuée devant le Temple par des Japonais en costume d’époque devant une foule chinoise et hilare. Il faut simplement dire que le fameux temple était en très mauvais état puisque lourdement dégradé par les Gardes Rouges puis abandonné. 

Avant Doshin So c’est, paradoxalement Richard Nixon qui lors de sa visite en Chine en 1972 mettra le doigt sur l’abcès en demandant à visiter le Temple puisqu’il passait à Luoyang. Son conseiller spécial Robert Smith, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux dans les Arts du Poing Chinois lui glissa à l’oreille cette requête : visiter le berceau des Arts Martiaux Chinois était pour lui un rêve d’enfance. Nixon en fit donc la demande aux autorités chinoises quelque peu gênées. Il y avait des tas d’autres temples à visiter donc le fameux Monastère du Cheval Blanc (Ba Mai Si) dans la région. Nixon insista et on dut faire venir un régiment chinois pour dégager la route et pour ouvrir, de force, les grandes portes du Temple. Le spectacle fut terrible car tout était sans dessus-dessous et couvert d’inscriptions dignes des toilettes d’une gare. La honte totale pour les autorités qui promirent de restaurer le site. Ce qui fut fait en partie avec l’argent des Japonais !

Et Shaolin rentra de plein pied dans les grands projets touristiques. Les deux vieux moines qui résidaient encore dans un ermitage de la montagne, Shi Deshan et Shi Dehu, pas trop représentatifs, furent rapatriés et on les remplaça par des militaires et des acteurs plus ou moins connus et dument rasés et tatoués. On recréa à peu près de toutes pièces une pratique assez chorégraphiée mais réalisée par des professionnels de la voltige aérienne n’ayant pas grand-chose à voir avec les « anciens styles ». Mais qui plait bien aux touristes venus de Chine et du monde entier. Et on arriva assez rapidement à un magnifique « Kung-fu Land » avec hôtels, salons de massages et cours collectifs et particuliers.

Et les Arts Martiaux dans tout cela ?

Ils proviennent en réalité, mais ne le répétez pas surtout aux Chinois, du Monastère de Julianshan dans le Fujian (Fukien) qui utilisa, pour des raisons de protection et d’auto défense, des paysans costauds, l’équivalent de nos moines « portiers » ou « convert » (rien à voir avec la couleur !) qui constituèrent une milice à l’origine entraînée par cinq moines compétents dans l’Art du Poing (et du pied, et du gourdin…), lesquels se nommaient Hung, Mo, Li, Liu, Chow. Le Temple rentra en rébellion contre les Qing, donc les Mandchous, lors que leur prise du pouvoir avec le mot d’ordre « Fan Ming Fu Qing » soit « Restaurons les Ming, Chassons les Qing ». Ce qui déplut en haut lieu. Une armée impériale détruisit le temple, dont il ne reste que quelques ruines et les Cinq Moines s’échappèrent fondant à la fois des Ecoles de Kung-Fu Wushu et des sociétés secrètes. Les deux étant parfois liées jusqu’assez récemment.

Le Patriarche de l’Ecole Hung Gar (Shaolin du Sud) Yuen Yik Kai (Yuan Cixi – 1909 1984) fut placé en résidence surveillé par les autorités britanniques de Hong Kong qui étaient persuadées qu’il était un personnage important des fameuses « Triades » qui en chinois se nomment Hung ou Hong. Un peu comme si on suspectait un boulanger de fabriquer du pain avec de la farine. A partir de là de nombreuses légendes virent le jour avec des souterrains, le fameux « chemin de Shaolin » semé d’embuches, des rites d’initiation, des chaudrons de bronze qu’il fallait saisir et qui laissaient sur les avants bras un « tatouage » d’un tigre et d’un dragon et des tas de fadaises romantiques à la chinoise. Une certaine réalité mais lourdement agrémentée pour plaire aux touristes et aux adolescents boutonneux. Ce que je fus, d’ailleurs.

Rien que le terme Arts Martiaux, avec ou sans majuscule, nous est débarqué des USA où le « Martial Art » et le « Martial Artist » font florès. Mais finalement Mars à Rome, Arès, chez les Anciens Grecs, n’est qu’un psychopathe égorgeur en jupette de cuir. Et si on s’en réfère à l’Iliade, un sacré looser qui est toujours du côté du plus fort qui va se prendre une trempe, pour être poli. Pas le meilleur exemple qui soit pour notre jeunesse.  Il y a la Musique, la musique militaire et, encore, la musique martiale. Pour la seconde on peut apprécier en rentrant tard le soir, seul, en voiture pour rester éveillé. Pour la troisième le spécimen le plus représentatif est « L’entrée des gladiateurs » (op 68) par le compositeur tchèque Julius Ernest Wilhelm Fucik.

De la joie et de la bonne humeur mais évoquant quand même un peu le cirque et les clowns. Ne méprisons pas ces derniers qui dépendent, quand même, du ministère de la Culture alors que les arts martiaux dépendent du ministère des Sports, où l’un de ses divers avatars. Rien à voir avec Zavatta. C’est pourquoi, par principe et par raison, je préfère utiliser le terme Chevaleresque. Arts Chevaleresques c’est suranné mais c’est « autre chose ». Et j’évite même « Chinois ». Plus on en rajoute plus on affaiblit le propos. Ce qui serait dommage.