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Décryptage de la notion de responsabilité universelle prônée par le Dalaï-lama

De notre confrère Entre deux Rives

Le Dalaï-Lama déplore profondément que les religions soient souvent devenues des sources de conflits majeurs. À l’origine, toutes les grandes traditions religieuses ont eu pour but d’améliorer l’homme, non de lui nuire. On retrouve dans toutes les spiritualités la notion d’amour du prochain, même si cet idéal a été maintes fois démenti par les faits. 

Selon le Dalaï-Lama, une telle perversion se produit lorsque l’on brandit la religion comme un drapeau, qu’on la transforme en diktat, sans en comprendre ni en pratiquer le sens profond.

Il propose quatre démarches qui peuvent contribuer à l’élimination de ces dissensions :

1 – Rencontrer les érudits appartenant à des confessions différentes afin d’apprendre à mieux connaître les fondements philosophiques des autres religions.

2 – Rencontrer des contemplatifs afin de partager les expériences spirituelles.

3 – Organiser des rencontres inter religieuses, comme celle qui s’est tenue à Assise en 1986, permettant aux chefs religieux de développer un respect mutuel et de trouver ensemble des remèdes aux tensions entre les différentes communautés.

4 – Organiser des pèlerinages auxquels participeraient des fidèles de différentes confessions, car en se rendant dans ces endroits exceptionnels, chaque pèlerin exprime ce qu’il a de plus noble en lui-même, facilitant ainsi un climat d’ouverture et d’entente.

C’est ainsi que le Dalaï-Lama s’est notamment rendu, en compagnie de représentants des autres religions, à Jérusalem, à Lourdes, à Fatima, à Bénarès, au Kumba Mela d’Allahabad (où 70 millions d’hindous se sont retrouvés en 2002).

La Responsabilité Universelle

La Notion De « Responsabilité Universelle » Est L’une Des Notions Les Plus Importantes Que Développe Le Dalaï-lama. Elle Est Fondée Sur Le Concept De L’interdépendance Qui Est Au Cœur De La Réalité Et De La Philosophie Bouddhiste.❞

Notre vie entière est intimement liée à un très grand nombre d’êtres et notre bonheur passe nécessairement par celui des autres. Vouloir construire notre bonheur sur la souffrance d’autrui est non seulement amoral, mais irréaliste.

En effet, tout changement important qui se produit quelque part dans le monde a des répercussions sur chacun d’entre nous. Nous devons donc nous sentir concernés dans nos pensées et nos actes par le bien-être de tous les êtres.

D’où l’importance essentielle de la notion de non-violence entre les hommes, non-violence à l’égard des animaux et non-violence encore à l’égard de l’environnement.

Matthieu Ricard

ITALIE : Franc-maçonnerie et l’art de bien penser

De notre confrère italien expartibus.it

Vénérable Maître : « Dans quel but nous réunissons-nous ? »
1er Surveillant : « Pour construire des Temples à la Vertu, creuser des prisons sombres et profondes pour le vice et travailler pour le Bien et le Progrès de l’Humanité. »
(Rituel d’ouverture du premier degré
)

Le multifacette Vittorio Dublin, conteur numérique et producteur d’effets visuels, nominé à plusieurs reprises et lauréat d’un David di Donatello, dans un brillant article sur Facebook, parle de la soi-disant « règle du dixième homme », trivialement connue sous le nom d’approche de l’avocat du diable , technique qui sert à contrer les effets néfastes de la pensée dite de groupe qui risque souvent de devenir une pensée conventionnelle, ou, pire, dans nos sociétés de masse, une pensée unique.

Il écrit d’ailleurs :

« La pensée de groupe émerge dans des situations de communauté sociale composée de personnes qui se caractérisent par des échelles de valeurs similaires, les personnes au sein du groupe « s’aiment » et ont tendance à rejeter toute initiative perçue comme un élément potentiel de perturbation dans le maintien de l’équilibre du Groupe ; les membres individuels du groupe ne veulent pas voir couler le bateau, car cela pourrait nuire aux relations personnelles qu’ils entretiennent avec les autres membres du groupe. C’est pourquoi, il n’est pas rare d’observer des tentatives visant à ridiculiser les pensées de contestation. »

L’observation, très intéressante, parce qu’absolument focale et pertinente sur le caractère potentiellement formateur de la voie latomiste, est une bonne occasion d’élargir le thème et d’essayer de comprendre. En résumé, la franc-maçonnerie est-elle aujourd’hui capable de se situer, comme elle l’a fait déjà dans le passé, en tant que think tank opérationnel, en s’appuyant sur son propre noyau initiatique ? Peut-elle apporter l’innovation de la pensée à la croissance du monde contemporain ?

Dans cet approfondissement « éclair » , j’aborderai le sujet des pré-requis psycho-aptitudes nécessaires pour concrétiser cette possibilité dans la relation de groupe.

Le sens critique interne/externe (dixième homme, conscience de soi, observation de soi, conscience-miroir, exercice de l’arrêt de la mémoire gurdjieffienne) est fondamental dans le développement initiatique du « projet homme ».

Chaque élément des composantes constitutives de l’être humain doit s’équilibrer dans une recherche continue d’équilibre dynamique. La « pensée de groupe », comme l’illustre Dublin, est un exemple clair d’un « métal » conditionnant, d’une pensée commune aplatie et faussement rassurante. L’emprunt d’un psychisme « étranger », coulé et installé dans les recoins les plus cachés de l’esprit.

Heureusement, il existe la pensée des individus qui entrent dans une relation saine et fructueuse les uns avec les autres. cela permet de se transformer en contamination constructive, où chacun accueille et élabore, en respectant sa propre identité. Il respecte les positions, les idées, les différents points de vue, pour construire une pensée plus large, plus créative et plus avancée, selon le modèle bien connu du trinôme hermétique père – mère – fils.

Le seul danger réel est la rencontre, dans la Loge, avec une pensée compétitive, clivante, agressive, anarchique et débridée, générée par des individus à faible degré de développement évolutif. Un fruit très amer et une condition très répandue provenant de dysfonctionnements éducatifs, de paresse mentale, d’infantilisme, de paranoïa et de solipsisme égoïste.

Autant de facteurs qui minent la capacité à raisonner et à travailler ensemble pour le bien commun. L’enjeu aujourd’hui plus que jamais, est primordial, dans un contexte tel que celui actuel où nous sommes menacés par des catastrophes collectives susceptibles de mettre en péril la survie de l’humanité elle-même.

D’où la nécessité d’accueillir au sein du groupe initiatique des Ordres avec des pré-requis rigoureux pour un développement sain, ou du moins acceptable, du moi.

Comme l’écrit Rémi Boyer dans « La Franc-Maçonnerie – Une spiritualité vivante » :

Certaines sociétés initiatiques sont thérapeutiques. Mais pas ceux de type maçonnique. En ce qui concerne les ordres maçonniques ou apparentés, il ne faut jamais accepter, même dans une structure extérieure, une personne en difficulté, une telle personne relève de la compétence de la psychothérapie ou de la psychiatrie.

D’autre part, une société initiatique externe a une fonction de conciliation. Elle contribue à aider la personne à se réconcilier avec elle-même, son environnement, le monde, son univers.

Supposons qu’il soit plus facile d’aborder la recherche lorsque la personne est stabilisée, lorsque le « moi » est construit. Avant de vaincre la personne, la même chose doit être complétée. (…) Une loge résiste mal à l’entrée d’un déséquilibré. C’est un catalyseur, un dynamiseur de dysfonctionnements potentiels dans le groupe.

Jamais comme dans ce passage historique, dans un monde de plus en plus connecté, global, interdépendant, où « le moindre battement d’ailes d’un papillon est capable de provoquer un ouragan à l’autre bout du monde », n’est-il indispensable d’équilibrer le sens de l’ab-la liberté résolue et narcissique, avec le sens du bien commun pour élaborer ensemble des solutions nouvelles et efficaces.

Aujourd’hui même, j’ai été frappé par une phrase citée par un site français consacré aux études maçonniques :

Et si la liberté et l’égalité se font la malle N’oubliez pas… il nous reste la Fraternité.

Et si la liberté et l’égalité se blessent, n’oubliez pas… nous avons toujours la Fraternité.

Mais cette Fraternité, nous n’avons pas à l’appliquer à une seule Loge, à une famille, ou à un groupe particulier fermé et autoréférentiel. Il faut le faire à toute l’humanité afin de fabriquer l’Universel Adam Kadmon. Personne ne se sauve seul.

(VIDEO) La grande Maîtresse

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L’OUVRAGE

En 2045 le monde maçonnique, s’il continue à être en perte de vitesse, devra t-il se déterminer par rapports aux évolution sociales et sexuelles de nos environnements ?

Si l’égalité entre les hommes et les femmes semble ne plus être contestée la différence de genre et l’orientation sexuelle des individus ne recueillent pas toujours l’assentiment de le population. Le Grand Orient de France sera-t-il innovateur dans ces domaines.

Voici une fiction écrite par un ancien  hiérarque de la franc-maçonnerie adogmatique qui relate comment LEA SABY, la cinquantaine, transgenre basco-landaise va vivre avec ses amis des événement exceptionnels. Saura t-elle maîtriser ses émotions ? les soupçons, trahisons, homophobie, amour, violence… des situation auxquelles cette future Grande Maîtresse ne s’était pas préparée ? La connaissance des arcanes politiques  d’une grande obédience éclairent ce parcours d’un regard lucide. Fiction ou prophétie ? aux lecteurs de choisir.

L’Auteur

Jean Philippe Marcovici vit à Tours. Docteur en chirurgie dentaire, il adhère au Grand Orient de France en 1998 dont il devient le N° 2 en 2011-2012. Il est à l’origine d’expositions internationales autour de la Franc-Maçonnerie. Il a écrit deux ouvrages maçonniques dont l’un, en co écriture avec François Cavaignac, historien connu de l’édition.

Aufrey Desplanques, la préfacières de l’ouvrage,  est actuellement psychologue clinicienne et la première femme élue au Conseil de l’Ordre dans l’histoire séculaire du Grand Orient de France

(INÉDIT) Le documentaire « Enquête de vérité – Dans les secrets des francs-maçons »

Dans le genre « série documentaire – Société », RMC Story nous propose un inédit le mardi 25 janvier à 21H05

Le résumé de « Enquête de vérité – Dans les secrets des francs-maçons » :

On les reconnait grâce à l’équerre et au compas. Un symbole qui identifie l’une des confréries les plus anciennes et mystérieuses de l’Histoire : les Francs-maçons. Deux millions de membres sur la planète, 175.000 en France, les Francs-maçons ont érigé le secret au rang de dogme. Adeptes de légendes bibliques, ils pratiquent des rituels qui intriguent.

Depuis leur apparition au 18ème siècle, les Francs-maçons et les règles qu’ils s’imposent dérangent. Encore aujourd’hui, ils sont soupçonnés par leurs détracteurs les plus farouches d’être une secte au service de forces qui nous dépassent, à la tête d’un complot cherchant à dominer le monde.

Pour démêler le vrai du faux, des Francs-maçons Français et Britanniques ont accepté de témoigner et de nous ouvrir les portes de leurs temples les plus prestigieux à Paris et à Londres, pour prouver que la Franc-maçonnerie accepte aujourd’hui de s’ouvrir au grand public. Ils ont accepté de nous de raconter le fonctionnement de leurs loges de l’intérieur, de nous faire découvrir la signification de leurs étranges tenues ou de leurs symboles et de nous raconter l’incroyable histoire de cette société secrète vieille de plusieurs siècles.

Léa Schlesinger

Un documentaire réalisé par Léa Schlesinger et présenté par la journaliste Samira Ibrahim.

Diffusion RMC Story les mardis 25 janvier à 21H05 et 1er février 2022à 22H55

RMC Story est une chaîne de télévision française généraliste appartenant à la société Diversité France TV1 (groupe Altice Média). Elle fut lancée le 12 décembre 2012 sous le nom de Numéro 23, puis devient RMC Story le 3 septembre 2018 peu après son rachat par le Groupe NextRadioTV2. Depuis 2018, elle a pour slogan « La chaîne des histoires vraies ».

Source : https://tvmag.lefigaro.fr/

Un Maçon libre dans une Loge libre, chiche !

Impossible dans une réflexion sur le passé et l’avenir de l’Ordre, de ne pas se référer à la devise porte-bannière, en titre de cet article. Le questionnement est si ample que je lui ai consacré un chapitre complet, dans mon ouvrage « Une Loge maçonnique en 2050, la Boulomie ».

            Une tenue est un lieu de soumission, certes dans la meilleure des intentions avouables. Elle est garantie, sans sourciller, grâce à la discipline initiatique. Sinon ce serait l’anarchie ! Ce faisant, la liberté de groupe est bien coincée dans la cage des usages, des arcanes et des rites, aussi nobles soient-ils. Une nécessité, une fatalité ? Dans le cas actuel, mieux vaut ne pas trop se prévaloir de cet idéal de liberté, mis en avant et pauvre de réalités actuelles. Mais demain ?

Que répondre à la question : Comment la Franc-maçonnerie démontrerait-elle qu’elle met en œuvre la fière devise. Mon ouvrage apporte des réponses possibles. Voici les chemins que j’ai empruntés.

La Voie maçonnique nous apprend d’abord à obéir, sans discuter. Nos cerveaux ne s’y opposent pas : c’est toujours bon de bêler avec les moutons ; et les humains vivent en meute naturellement. Obéir est le premier volet, mais il ne suffit pas : obéir ensemble, c’est le volet complet. C’est se sentir bien protégé des dangers tant extérieurs qu’intérieurs. L’enjeu est colossal pour la société humaine. C’est une loi de nature. La Franc-maçonnerie, entre autres, l’a superbement mise en exergue avec l’invention intuitive des tenues. La méthode de prise de parole ramasse, à elle seule, le génie de nos Anciens : je parle et je me sens libre mais dans un cadre rituel collectif. Et le groupe m’aime : j’en veux pour preuve qu’il m’écoute. Chacun se sent libre de penser ce qu’il veut ; mais interdiction lui est faite de se manifester sans une autorisation des dépositaires de l’ordre, les Surveillants et le Vénérable. Un dosage, non point subtil, mais très clair pour que chacun se soumette, en pleine liberté individuelle. Passer sous les fourches caudines de la loi !

            Les temps changeront radicalement. Les organisations, aujourd’hui, fonctionnent quasiment toutes sur le modèle pyramidal de la distribution des pouvoirs. Demain ce système répondra de moins en moins aux attentes de liberté individuelles et collectives. Déjà, depuis les années 70, des modèles alternatifs claironnent, avec une résonance encore modeste, d’autres manières du vivre ensemble, dépoussiérés de notre obéissance atavique. Un peu partout dans le monde, les fleurs des libertés, poussent et éclosent. La Voie maçonnique a pressenti tout cela en dessinant à l’horizon : « Un Maçon libre dans une Loge libre ». Alors soyons les dignes continuateurs des Frères Joseph Proudhon, Maçon d’un soir !, Élisée reclus, Francisco Ferrer, Léo Campion et d’autres dont votre serviteur. Des Loges n’ont pas attendu. Les Frères se sont rassemblés et entraimés, dans les lueurs prochaines d’une anarchie non fantasmée mais réelle, tangible et peu à peu démontrée. Comme une petite phrase fondatrice l’a toujours affirmé. Elle deviendra un flambeau pour allumer les feux de libertés accrues : « L’ordre sans le pouvoir ».

Et l’organisation maçonnique alors, dans ce tourbillon qui peut rendre hagarde la société humaine ? Qu’elle se regarde, elle-même, toute dénudée des oripeaux historiques, placardés en tradition de béton. Entre soumission et libération, les obédiences seront-elles donc des supports de vie ou au contraire… ? L’organisation d’une Loge, nos méthodes de travail en tenue, plus carcan ou plus envol ? Le vent souffle ; qu’il renforce toujours la fraternité !

Visiter le site de Jacques Fontaine

JADE ESCOFFIER exclue de la GLMF : selon l’Incorrect, « La Franc-maçonnerie milite contre le Rassemblement national »

NDLR : Dans notre édition de dimanche dernier, nous consacrions un article sur le thème des «Candidats à la présidentielle en loge : pour ou contre ?» mettant le projecteur sur les amalgames qui sont faits entre maçonnerie et politique extrême de droite ou de gauche. Nous relations justement le cas d’une Sœur récemment exclue de son Obédience pour son militantiste dans un parti classé à l’extrême droite. Cette semaine, le mensuel français de tendance conservatrice l’Incorrect, consacre un droit de réponse à cette Sœur.

Nous vous proposons, les 2 premiers paragraphes de ce texte dont l’intégralité est réservée aux abonnés du mensuel :

De notre confrère lincorrect.org – Rémi Carlu

Candidate affiliée RN aux départementales de 2021 dans le Vaucluse, Jade Escoffier a été exclue à la fin de l’année par son obédience maçonnique. La Grande loge mixte de France juge que l’engagement politique de son ex-membre, ayant choisi le camp de la « haine » et de la « discrimination », est incompatible avec ses valeurs. L’intéressée ne l’entend pas de cette oreille et attaque l’obédience en justice. Entretien.

Du fait de vos opinions politiques, vous avez été exclue de votre obédience maçonnique fin 2021. Pouvez-vous nous détailler les faits ?

J’étais vénérable maître d’une loge maçonnique dans le sud de la France. J’ai décidé de me présenter aux élections départementales en binôme avec une personne qui fait partie du Rassemblement national. Moi, j’étais sans étiquette mais affiliée au mouvement de La Droite populaire, puisque je connais Thierry Mariani depuis près de vingt-cinq ans. Quand des membres de La Droite populaire sont venus me chercher, j’ai accepté volontiers et me suis dit que ce pouvait être une expérience intéressante, dans la mesure où je suis déjà élue dans ma commune depuis 2014.

L’ayant appris, la hiérarchie de votre obédience a décidé de vous exclure. Comment cette exclusion s’est-elle déroulée ?

Début mai par écrit, j’ai signalé ma candidature à mon obédience, la Grande loge mixte de France, parce que je sais effectivement que la franc-maçonnerie n’est pas forcément encline à apprécier les gens du Rassemblement national. Ils m’ont convoqué par visioconférence pour me demander des explications, ce que j’ai fait bien volontiers. Assez rapidement, ils m’ont accusée d’incitation à la haine et de discriminations. Si le début de l’entretien était relativement agréable, la fin l’était donc beaucoup moins. Ils ont souhaité m’entendre en juin, ce que j’ai refusé : à deux semaines des élections, j’avais autre chose à faire ! Finalement, ils m’ont convoqué début octobre pour un entretien afin de m’exclure. Personnellement, je n’avais pas du tout l’intention de me retrouver face à eux pour un échange qui aurait été une diatribe accusatoire.

VENEZUELA : Ouvriers d’Hiram Abiff – La lumière vient de l’Est

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

L’origine de la franc-maçonnerie se perd dans la nuit des temps. Personne ne sait avec certitude quand cela a commencé. Ce qu’ils appellent à tort la « Franc-maçonnerie spéculative », dans le cycle du Moyen Âge, après que des groupes de bâtisseurs eurent cessé de construire des châteaux, des temples et des palais faits de leurs mains, ils se sont regroupés en « loges », sous un objectif commun différent : construire des temples à la Vertu… mais pas réalisés avec les mains.

Ce Temple est intérieur, en chacun de nous et est au-delà du physique, de l’Ordre au Chaos. Le « Spéculatif » est l’inquisiteur du savoir, et l’« Opératif » est l’intériorisation et l’attitude de la vie initiatique. L’institution d’Augusta a rencontré de grands obstacles au cours de ses centaines d’années. Je crois que nous maçons, sommes la cause de cette peur des temples maçonniques par les profanes, dirigeants sociaux (politiques) et religieux (l’Église catholique), pour cette aura de mystère que nous avons imprégnée dans notre travail. 

Un franc-maçon est un chercheur du « pourquoi » des choses. QH Simón Bolívar l’a bien dit : « Un peuple ignorant est un instrument aveugle de sa propre destruction. » Les régimes et les religions imposent une « croyance » et le mal du « croire » c’est qu’il y a toujours une meilleure théorie pour « croire », tout est relatif, c’est pour cela qu’il y a tant de croyances religieuses dans le monde. Par rapport à ce point, l’actuel Dalaï Lama a répondu à la question : « Quelle est la meilleure religion ? », à laquelle il a déclaré : « La meilleure religion est celle qui vous rapproche de Dieu, c’est celle qui vous rend meilleur. » Ce n’est pas celle qui s’impose comme une vérité, la vérité est en vous. Et en politique il y a un dicton très populaire qui dit : « La politique sans les ignorants, les pauvres et les voleurs, ne peuvent pas exister ». Ce dicton populaire est fort, mais au fond il a raison : dans les régimes totalitaires, la première chose qui est supprimée : les intellectuels et l’information. 

Après avoir regardé la franc-maçonnerie de ce point de vue, nous en déduisons que l’Institution avec ses connaissances et sa sagesse conduit l’être humain à être « libre » des dogmes et des préjugés afin de tirer ses propres conclusions. Il n’était pas nécessaire d’y mettre tellement de « mystère », qu’on ne possède même pas. Le plus grand mystère que les maçons ont, est la compréhension de la connaissance que les symboles nous donnent, et ils sont « impossibles à révéler », parce qu’ils sont dans l’esprit.

Tailler sa pierre est-ce emprunter des chemins inattendus ?

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Dans un article précédent nous avons vu qu’une démarche inhabituelle avait mené Hahnemann à L’Homéopathie. Il en ressortait qu’en allant en quelque sorte à contre sens du bon senstester des médicaments sur un être en bonne santé– cela pouvait enfanter quelque chose de constructif et non pas forcément aller dans le mur.

Mais qu’est-ce que le bon sens ? Ce que pense la majorité ? Ce que l’on nous enseigne comme étant un bon moyen d’être en harmonie avec ce qui nous entoure ?

Pour poser franchement la question voyons l’anecdote suivante.

2 personnes discutent d’une transaction commerciale. L’une d’elle s’exclame « mais enfin tu ne peux pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Et l’autre goguenard lui répond : « ah bon ! Et à quoi ça sert de tuer l’ours si t’as pas déjà vendu la peau ? »…

Qui des 2, fait preuve de plus de « bon sens » ?

Wittgenstein, mathématicien et philosophe, dépasse la question en suggérant que c’est le résultat qui importe, en fonction de ce que l’on recherche ! « Le but de la philosophie dit-il, est de venir en aide à la mouche pour sortir de la bouteille à mouches. »

Une bouteille à  mouches est une bouteille conçue optiquement pour qu’une mouche à l’intérieur, qui regarde vers le goulot, ait l’impression d’une large ouverture et lorsqu’elle regarde vers le goulot elle ait l’impression d’une fermeture… Bien évidemment pour sortir elle va se diriger vers ce qu’elle perçoit comme une ouverture et va donc se cogner à chaque fois sur le fond.

Heinz Von Foerster, grand admirateur de Wittgenstein et grand pragmatique s’il en est, a tiré de ce concept la recommandation suivante : «Agis toujours de façon à augmenter le nombre de choix possibles ! Si une action (qui découle en général du bon sens) ne marche pas, essaye n’importe quoi d’autre ! ».

Von Foerster décédé en 92, est un scientifique et esprit brillant, bien que peu connu du grand public. Il est unanimement reconnu par le milieu des neuro-physiologistes, des cybernéticiens, par tous les adeptes de la transdisciplinarité et des sciences cognitives. Wittgenstein était un ami très cher et très proche de ses parents.

En d’autres mots donc, la mouche, à un moment ou à un autre de sa quête devrait se dire : «Allez, soyons fous (ou folle) ! Puisque je n’y arrive pas, essayons autre chose que ce qui me semble être l’ouverture »

On l’aura compris : les questions les plus saugrenues sont les bienvenues puisqu’elles multiplient les choix. Certaines de ces questions sont d’ailleurs restées célèbres.

Einstein, qui a pondu ce que l’on sait, y est arrivé par des questions qui nous semblent aujourd’hui encore plutôt saugrenues : « Est-ce que si je tombais en chute libre avec une boule de métal dans la main, je continuerai à sentir son poids ? (On raconte qu’un ouvrier du bâtiment était tombé du 6e étage, heureusement pour lui, sur un gros tas de sable meuble et s’en était tiré avec quelques contusions. Pendant qu’il était à l’hôpital en observation, Einstein avait couru le voir pour lui demander : monsieur, est-ce que quand vous tombiez vous ressentiez votre poids ? L’ouvrier, encore mort de trouille n’avait rien compris)

Tout en restant dans la métaphore de la bouteille à mouches, on se rend compte que parfois l’on s’y laisse enfermer, pensant pouvoir garder notre autonomie, et parfois pire, sans s’en douter le moins du monde, jusqu’au jour où…

Lorsqu’on évoque la laïcité, et nous en savons quelque chose chaque année, la préoccupation globale reste de savoir, si le clérical a empiété ou non sur les plates-bandes de la chose publique ? En d’autres mots si la séparation est toujours effective ?

Mais il y a une question qui à ma connaissance reste à aborder : « qu’en est-il de notre esprit et de notre façon de penser, modelés par des siècles de mainmise sur notre quotidien ? »

Est-ce qu’après 1905 l’empreinte de ce discours clérical, sirupeux et soporifique, velouté et tranquillisant, développé pendant toutes ces années pour désamorcer les questions gênantes, qui ne manquaient pas de la part des croyants… ce discours donc, ne nous fait-il pas croire, encore aujourd’hui qu’il est discourtois de poser des questions dérangeantes voire carrément insolent ?

Il peut exister des bouteilles à mouches très dorées.

Darwin on le sait, a porté un coup sérieux au schéma de la création en publiant son «Origine Des Espèces». Jusqu’à il y a encore une cinquantaine d’années, personne n’osait faire, ne serait-ce que quelques remarques sur les 2 piliers de la théorie darwinienne à savoir l’évolution et la sélection naturelle.

À peine osait-on parler de néo darwinisme de crainte d’être excommunié par la communauté scientifique qui ne voulait surtout pas offrir d’arguments aux cléricaux.

Le mot Origine est assez surprenant puisqu’on ne sait toujours pas, qui de l’œuf ou de la poule ! Certains farceurs (p-ê pas tant que ça) disent que c’est la poule, puisqu’il faut quelqu’un pour couver l’œuf… mais la question demeure.

Stephen Gould, paléontologue génial et peu orthodoxe, décédé il y a quelques années, reste quasiment le seul avec 2 de ses compères, à avoir osé s’être posé publiquement les bonnes questions et à avoir osé en 72, corriger ouvertement les 2 principaux résultats du maître : Évolution et Sélection Naturelle.

Selon Darwin le phénomène de l’évolution est graduel et continu. Gould découvrit que les fossiles que Darwin avait pris pour des artefacts et dont l’observation l’avait mené à cette conclusion, montraient tout simplement une absence d’activité dans l’évolution et qu’en fait cette dernière se faisait par à-coups brusques, avec de très longs plateaux de stabilité, et non graduellement. Les détails sont à lire dans L’Équilibre Ponctué… pavé de 900 pg en poche,.

Concernant la sélection naturelle qui favoriserait les plus aptes, Gould rappelle que les dinosaures ont disparu tout comme d’ailleurs les mammouths alors que les petits lézards et autres caméléons sont toujours là.

Gould estime que ce sont les degrés de souplesse du matériel génétique non apparents, qui décident de l’adaptabilité de telle ou telle espèce au changement.

Darwin pense-t-on, aurait été fortement séduit et influencé par l’idée de la sélection des plus aptes, par la doctrine économique très en vogue à son époque, qui prônait que l’espèce humaine augmentant plus rapidement que les ressources alimentaires, seuls les plus aptes survivraient.

Nouvelle question : est-ce que considérer une théorie ou un principe, comme un dogme, ne revient pas à se laisser enfermer dans une bouteille à mouches ? L’équilibre ponctué de Gould est paru en 72. Pourtant lorsqu’on parle d’évolution et de sélection on évoque uniquement Darwin ? Manque de culture générale des journalistes ?

Descartes, suite au fameux « rationalisme » d’Aristote recommandait dans son célèbre discours de « diviser chacune des difficultés examinées, en autant de parcelles simples qu’il se pourrait pour les mieux résoudre ».

Mais est-ce qu’en se limitant à l’étude des parcelles on ne perd pas de vue la forêt ?

Depuis l’avènement de la chimie organique on sait que plusieurs substances chimiques, très différentes l’une de l’autre sont pourtant composées des mêmes atomes et dans la même proportion.

Il s’avère que c’est la façon dont sont liés ces atomes entre eux, qui rend les composés différents. Le tout n’est donc pas seulement la somme comptable des éléments Le tout c’est aussi prendre en compte les relations internes et réciproques. C’est ce que Von Bertalanffy biologiste, fondateur de la Systémique a appelé un système, lors des années 30 à 50

Le tout possède donc des qualités que n’ont pas ses composants pris un à un. La structure interne prend toute son importance par le fait des relations réciproques entre les composants.

Entre ces composants il n’est donc plus possible de considérer une influence à sens unique mais des influences réciproques. En d’autres mots nous ne sommes plus dans la causalité linéaire (dans un seul sens) mais dans une causalité circulaire ou chaque élément de l’entité influence l’autre et est influencé à son tour.

Quel exemple de système plus parlant que le corps humain, composé de sous-systèmes s’influençant mutuellement.

Ce corps humain fonctionne selon une causalité circulaire. Un stress perturbera le fonctionnement du tube digestif qui provoquera à son tour, la formation de calculs biliaires. Ôter ces calculs (causalité linéaire) n’est pas adapté au processus de leur formation (causalité circulaire). Ce sont les effets du stress qu’il faut traiter (contraction temporaire de certains sphincters qui génèrent secondairement la stagnation de la bile et la formation de calculs).

Or la pharmacopée fonctionne peut-on dire, d’une façon linéaire. Face à une hausse de tension elle cherchera à la faire baisser. De même pour une hausse du taux de sucre dans le sang.

Ce qui nous ramène à la question posée à la fin de l’exposé sur l’homéopathie. La trouvaille d’Hahnemann (ou du médecin écossais) aussi géniale soit-elle, peut-elle avoir son maximum de bienfait si elle est appliquée selon une causalité linéaire, selon la même causalité appliquée par la pharmacopée classique, alors que l’organisme humain fonctionne selon une causalité circulaire ?

Ce n’est pas parce qu’un outil est génial que son utilisateur devient par magie, lui aussi génial s’il n’accorde pas une réflexion adéquate à la façon de l’utiliser, en d’autres mots dirions-nous, nous maçons, s’il ne taille pas sa pierre.

Au final il semble plutôt bénéfique de poser encore et encore, des questions, même les plus saugrenues, (surtout les plus saugrenues) ! Pas d’inquiétude ! Nous sommes en bonne compagnie comme j’ai essayé de le montrer ce soir. En posant tout le temps des questions on peut espérer finir par parfois poser les bonnes questions et qu’est-ce poser les bonnes questions sinon tailler sa pierre

Haïm Cohen

GLDF : « La Franc-maçonnerie hier, aujourd’hui et demain » à Marseille le 29/I/2022

Alain Graesel, conseil en management et professeur des universités associé à l’École des Mines de Nancy et Grand Maître de la Grande Loge de France de 2006 à 2009, donnera une conférence le 29 janvier 2022 à Marseille sur « La Franc-maçonnerie hier, aujourd’hui et demain »

Alain Graesel, Grand Maître de la Grande Loge de France de 2006 à 2009

Le conférencier, après un survol de l’histoire maçonnique du XVIIe siècle à aujourd’hui, abordera ce que sont la démarche initiatique et la tradition qui l’inspire, l’universalisme dont les francs-maçons se réclament, la fraternité qu’ils pratiquent et le futur qu’ils veulent construire ensemble.

Si la démarche que propose la Franc-maçonnerie vous intéresse, cette conférence est ouverte à tout public, sur inscription préalable.

Sceau Saint Jean d’Écosse

Pour mémoire Saint Jean d’Écosse, Mère loge écossaise de Marseille représente l’ensemble des loges de la Grande Loge de France de Marseille et des alentours. Elle propose des événements culturels sur des sujets philosophiques, scientifiques, artistiques et maçonniques aux francs-maçons et francs-maçonnes, ainsi qu’à un large public intéressé.

Infos pratiques :

Château Saint-Antoine, 10 boulevard Jules Sebastianelli – 13011 Marseille

Accueil à partir de 16 heures – Conférence à 18 heures

Parking gratuit surveillé, bar, librairie Le Comptoir du livre https://comptoirdulivre.fm/

Accès sous condition du respect des consignes sanitaires en vigueur.

L’accès à la conférence est gratuit.

Inscription préalable est obligatoire https://bit.ly/3zZa8Q0

En vous inscrivant pour la conférence, vous pouvez, si vous le désirez, vous inscrire au repas qui suivra.

IDERM : Prix de la recherche maçonnique 2022

  • La présentation

Décerné pour la quatrième édition, le prix de la recherche maçonnique, créé par l’Institut d’Études et de Recherches Maçonniques (IDERM) pour encourager la recherche, couronne une thèse de doctorat et un mémoire de master de langue française soutenues en 2020 ou en 2021 dont les recherches portent sur la franc-maçonnerie en France ou à l’étranger dans l’ensemble des domaines des sciences humaines et sociales.

  • Composition du jury

Pierre Yves Beaurepaire (Université de Nice)/Jean-Pierre Brach (EPHE)/Céline Bryon-Portet (Université de Montpellier)/Simon Deschamps (Université de Toulouse)/Goerges Sérignac (Grand Maître, Président du conseil de l’Ordre, GODF)/Pierre Mollier (Bibliothèque-Musée de la franc-maçonnerie, GODF)/Yvan Pozuelo (Revue REHMLAC)/Cécile Révauger (Université de Bordeaux)/Céline Sala (Université Montpellier)/Éric Saunier (Normandie Le Havre Université)/Philippe Foussier (Passé Grand Maître, Président du conseil de l’Ordre du GODF)

  • Modalités de nomination

Les candidats doivent adresser un courriel accompagné de leur curriculum vitæ, du rapport de la thèse et de la thèse ou mémoire du master à :Eric.Saunier@wanadoo.fr Le lieu et la date de remise du prix seront communiqués aux candidats·es courant avril. 

Calenda
  • Calendrier

Dépôt des candidatures : du 15 janvier au 15 mars 2022 – Publication des résultats : 15 avril 2022

Une publication de Lucie Choupaut pour Calenda – Le calendrier des sciences sociales et humaines https://calenda.org/