dim 28 novembre 2021 - 19:11

La 5ème paramita est La Concentration ou dhyana paramita

C’est maintenir son esprit concentré sur un objet, un but vertueux, pour un temps sans limite. Bien souvent, après avoir pris de fermes résolutions, nous avons placé notre esprit dans un état concentré. Et puis, après quelques instants, quelques minutes, quelques heures, quelques jours ou quelques mois, nous nous sommes laissés distraire par toutes sortes de circonstances, par d’autres pensées. Nous avons alors perdu le fil de notre concentration. Nous nous sommes éloignés de notre but, allant même jusqu’à nous diriger vers un but complètement opposé en oubliant totalement notre objectif initial.

Pour toute spiritualité, on pourrait même dire pour tout projet, la concentration est nécessaire. Il ne s’agit pas de se torturer l’esprit du matin au soir en fronçant les sourcils tant on se veut concentré.  Il faut dissocier concentration et tension. On peut être très concentré sans qu’existe de tension. On peut même dire que la tension est génératrice de perte de concentration. Être concentré signifie plutôt placer son esprit sur un objet ou un but, et l’y maintenir sans se laisser distraire par des phénomènes extérieurs.

Une pensée survient ? Alors, qu’elle passe et disparaisse. Je ne la retiens pas, je ne quitte pas mon objet de concentration. Une baisse de concentration peut aussi apparaître, soit parce qu’une pensée traverse le champ de la conscience, soit parce qu’une certaine torpeur naît, souvent d’un manque de vigilance et d’effort. La concentration génère une flexibilité à la fois mentale et physique. Cette flexibilité mentale permet à l’esprit d’être touché par une pensée perturbatrice sans « casser ». Et si l’esprit est bien concentré, alors tout le schéma corporel est libre de tension et acquiert aussi une certaine souplesse.

On distingue 3 étapes dans la stabilité méditative : la concentration du débutant, la concentration qui discerne le sens véritable, la suprême concentration des tathagatas (ainsi venu traduction la plus courante). Ces étapes correspondent à des niveaux de détachement de plus en plus profonds. Ce détachement est favorisé par l’atténuation de la distraction et de l’agitation mentales.

  • La concentration du débutant désigne les expériences teintées de plaisirs et de clarté ou marquées par une suspension de la pensée. Ces expériences doivent être reconnues simplement comme des signes de l’esprit se détendant. L’antidote à cet attachement est la compréhension directe de la vacuité.
  • La concentration qui discerne le sens véritable suppose que l’apprenti est parvenu à se défaire de l’attachement grossier précédent. Toutefois il conceptualise la vacuité et ne parvient pas à se défaire de cette opération mentale. Il convient alors de revenir à une compréhension saine de la vacuité, celle d’un mot-outil, d’une voie de la négation directe, d’une suspension du jugement.
  • La suprême concentration des tathagatas survient une fois que l’apprenti cesse de se représenter la vacuité. Elle est l’essence de la stabilité méditative, ce moment où l’esprit se trouve dans l’état de contemplation dénué de concepts et de représentations mentales. Cet état correspond à l’expérience effective de la nature ultime des phénomènes.

La méditation régulière entraine la concentration. Il s’agit, non pas de ne plus « penser » mais d’apaiser l’esprit qui a comme fonction de passer d’une pensée à l’autre.

Il y a plusieurs façons de se concentrer pour méditer :

  • Sur la respiration : simplement se focaliser sur l’inspire et l’expire ce qui entraine un apaisement
  • Sur un mantra : dans la tradition de la forêt (bouddhisme Theravada) il s’agit du mot Bouddha en pâli : boudo

Le fait d’apaiser le mental, aide à la concentration, qui nous amène à une certaine intériorité. Les pensées peuvent continuer mais elles ralentissent au fur et à mesure et nous pouvons aussi les projeter sur un écran face à nous, et les laisser passer.

Concentration et méditation vont de pair. C’est un « entraînement de l’esprit » qui demande de la persévérance (4ème paramita).

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaitent connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoix@orange.fr

Ida Radogowskihttps://forms.gle/jqqZUgXG4LN6vv9aA
Pratiquante bouddhiste depuis plus d’une trentaine d’années, continue de suivre régulièrement des enseignements auprès de maîtres du bouddhisme Theravada-moines de la forêt (bouddhisme de l’Asie du sud-est) et pratique la méditation régulièrement. Ida a pratiqué pendant longtemps le hatha-yoga, s’est imprégnée d’une certaine philosophie hindouiste moderne (Swami Prajnanpad et Krischnamurti). Je guide depuis plusieurs années des séances de yoga-nidra (yoga relaxation) auprès de différents groupes. Ses thèmes de réflexion sont : l’éthique – le travail sur soi, la cohérence et rassembler ce qui est épars. Elle travaille dans le milieu du spectacle vivant depuis de nombreuses années en qualité d’administratrice de compagnies de théâtre et d’ensembles musicaux (gestion-administration). Ida a crée avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçons(nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme. La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoix@orange.fr

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