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Dangers de la vie, dangers de la loge !

Le fonctionnement du corps humain, dans sa capacité à se mettre en danger par des prises de risques pathogènes, peut être un excellent modèle pour comprendre le fonctionnement des sociétés humaines et des communautés. Sachant que la franc-maçonnerie est avant tout une communauté, l’objet de cet article est d’illustrer les dangers que nous nous créons comme autant de prises de risque.

Fondamentalement, l’être humain est un amas de cellules. Ces cellules ont des fonctions différentes inscrites dans leurs génomes. Au fur et à mesure du développement de l’enfant, une différenciation fonctionnelle se met en place. A l’âge adulte, les différentes fonctions collaborent pour assurer un fonctionnement optimum nous permettant de réfléchir et d’agir. Mais le hic survient lorsque, inévitablement, nous sommes amenés à adopter des comportements à risque qui sont autant de dangers que nous ne percevons pas.

Ces prises de risque au niveau individuel sont nombreuses ; citons trois exemples :

  • Les addictions,
  • La recherche du pouvoir,
  • Le fétichisme.

Progressivement ces dangers vont produire leurs effets délétères sur nos capacités aussi bien cognitives que physiques. Les maladies et les dysfonctionnements seront autant d’handicaps qui progressivement diminueront notre espérance de vie.

La Franc-Maçonnerie, une recherche de la Sagesse …

La Franc-maçonnerie peut être comprise comme une communauté d’êtres humains rassemblés par un même désir d’acquérir, ce que l’on pourrait appeler, la Sagesse.  Pour ce faire, comme toutes les communautés, elle fonctionne sur la base d’une légende fondatrice, d’un rituel et de valeurs. La cérémonie d’intégration, que l’on appelle l’initiation, met en scène, de façon symbolique, ce mode de fonctionnement ; l’augmentation de salaire et l’élévation complèteront ces premiers éléments.

Une des spécificités du fonctionnement communautaire est la capacité pour la communauté de prendre en charge des tâches au bénéfice de ses membres ; s’en est ainsi du besoin de protection face au danger qui la menace. C’est principalement à la loge qu’est dévolue cette fonction.

  • Le couvreur protège l’entrée du temple pour éviter l’intrusion de profanes.
  • L’hospitalier vient en aide aux membres souffrant ou nécessiteux,
  • Le devoir de solidarité concerne tout le monde.

… parasitée par les conduites à risque !

Tout irait bien dans le meilleur des mondes, si, de la même manière qu’un être humain pris isolément, la communauté maçonnique, c’est-à-dire au départ les membres de la loge, n’avait pas adopté des conduites à risque qui vont progressivement complexifier son fonctionnement et créer des morcellements et des divisions.

Ainsi en a-t-il été pour :

  • La diversification des rituels,
  • Le regroupement des loges,
  • L’ajout d’éléments non initialement prévus (comme par exemple le mouvement jacobite au XVIIIème siècle)
  • L’influence des états-nations.

Depuis sa création, cert événementiel maçonnique a phagocyté l’histoire de la franc-maçonnerie au point d’éluder tout ce que cette communauté globale a pu apporter à des millions d’êtres humains dans ce travail de recherche de la Sagesse. Les historiens maçons ne sont-ils pas devenus les chroniqueurs des dangers ?

Aujourd’hui, ces différentes prises de risque ont fait leurs effets et c’est une banalité de constater combien la franc-maçonnerie est « malade » ; les symptômes de ces maladies sont connus ; en voici quelques-uns :

  • L’absence de démocratie directe avec la constitution de ce qui ressemble à une antichambre du pouvoir où l’ambition et le clientélisme règnent.
  • La compétition obédientielle où chaque obédience cherche à occuper l’espace médiatique par des événementiels ponctuels.
  • Le fossé grandissant entre l’essentiel (la qualité des travaux maçonniques en loge) et la superstructure obédientielle,
  • Les interdictions de visiter les loges des obédiences n’ayant pas de traité d’amitié.

Et pourtant, nous avons été prévenus !

La symbolique est un puissant outil de réflexion, si on prête attention !

Un premier élément à prendre en compte : Le même symbole, le triangle, représente la divinité, la trinité, l’harmonie, la franc-maçonnerie et aussi le danger ! De quoi nous faire réfléchir !

La légende d’Hiram, nous offre une belle approche du danger !

Hiram a été assassiné par trois compagnons qui étaient membres de sa communauté ; ils avaient eux aussi été initiés, c’est-à-dire intégrés, après avoir été examinés !

La légende d’Hiram est en quelque sorte un avertissement ; lorsqu’on accède à la maîtrise, on comprend que le risque existe et que peut-être en serons-nous victime, nous aussi !

Symboliquement, il est classique d’attribuer le meurtre d’Hiram à trois risques majeurs : l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.

On peut ainsi affirmer que le danger en loge correspond à ce que dans la philosophie taoïste on appelle des énergies perverses : l’ignorance, le fanatisme et l’ambition sont des énergies perverses qui peuvent nous contaminer et nous faire dévier de la rectitude, du travail et de la persévérance.

L’ignorance est un risque auquel on succombe le plus facilement ; on peut y penser lorsque des sœurs et/ou des frères, dans leurs interventions, s’affirment comme des détenteurs de la « Vérité » et s’imaginent avoir tout compris en donnant des bons ou des mauvais points.  Chacun connaît la citation de Lao Tseu « Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas ! » ; dans cette citation, il s’agit bien sûr de la parole qui fait autorité et à laquelle on doit se soumettre !  

L’ignorance, c’est aussi la capacité de diffuser ce que l’on appellerait aujourd’hui de la désinformation. C’est un risque non négligeable car il mène dans une impasse conceptuelle : le labyrinthe symbolise bien cette capacité à se perdre dans les méandres du faux-savoir.

Le fanatisme c’est le risque le plus dangereux car sous son emprise la raison disparaît ; sous son emprise, on électrise les foules avec des mots d’ordre : même Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité peuvent être récupérés dans une logique fanatique pour imposer une vision militante désincarnée.  Comme l’écrit le poète Pierre-Claude-Victor Boiste (1765-1824) « Le chemin du ciel est inondé de larmes et de sang, embarrassé de ruines et de cadavres, amoncelés par le fanatisme ».

Le fanatisme s’exprime aussi par le mysticisme, mode de pensée qui s’apparente au délire dans le déni de la réalité et la fuite dans un imaginaire.

L’ambition est terrible car elle s’apparente à une jouissance ; certains la nomment « la cordonite » mais elle peut prendre tant d’autres formes ; c’est elle qui explique la déviance des réseaux maçonniques, les hauts grades et les querelles obédientielles sans parler des conflits d’intérêt et de la quête des médailles !

Si l’approche symbolique nous prévient de ces trois aspects du danger et nous incite à y prendre garde, le vécu maçonnique nous permet d’en découvrir bien d’autres. On pourrait citer :

  • La déviance communautariste :
  • Le nationalisme maçonnique :
  • La logique obédientielle
  • La pseudo-hiérarchie des grades
  • Le sexisme
  • Le refus de la féminité
  • L’autosatisfaction.

Que conclure ?

Le danger, l’autre face de la médaille,

Si le triangle symbolise à la fois une référence morale, éthique ou religieuse et aussi l‘imminence d’un danger pouvant faire craindre un risque pour la vie, c’est peut-être parce que les êtres humains associent implicitement le risque et la mort à l’accomplissement de leurs choix de vie voire de leur idéal. Les francs-maçons participent aussi à cette dichotomie dans la recherche de la Vérité.

Une maladie ne se traite qu’à condition que le malade le désire

Il est illusoire de croire que la franc-maçonnerie pourrait changer si on créait une autre obédience ; combien sont tombés dans ce piège ! Prendre conscience de toutes les maladies dont souffre la franc-maçonnerie n’est pas facile ! Combien entend-on dire que ce sont des « manifestations de la diversité » !

Prendre conscience de l’essentiel et de l’accessoire !

L’essentiel ne serait-il pas de considérer la loge comme un outil dans cette recherche de la Sagesse qui nous habite ? Les rituels sont des prétextes !

L’accessoire ne pourrait-il pas se résumer à cette formule contemporaine « Faire le buzz ! » ?

NDLR : Image d’accompagnement : source : https://www.lematin.ch/story/dependance-et-addiction-deux-choses-differentes-392677101995

8 octobre 2021 a partir de 19h : Soirée retrouvailles fraternelles à Vitry (94)

Adieu morosité, comorbidité, et autres anti liberté !!!

Vive nos soirées retrouvailles et pour nous retrouver, échanger

Partager boustifailles que chacun amène au buffet de la fraternité

Les amis de nos amis sont nos amis, alors tous

Chez Jocelyne 0699241948 en compagnie de Marie 0646623028

Nous accueillerons au :

64 avenue du groupe Manouchian

94400 Vitry sur seine

Par le RER C: les Ardoines

Par LE RER D:Maison Alfort bus 172 descendre à Gabriel Perry

ou métro ligne 7 mairie d’Ivry et bus 182 descendre à Daniel Casanova

Pour la première le 8 octobre 2021 a partir de 19 heures

Si pass sanitaire encore: réunion privée de moins de 50 participants, donc pas de problème

Dessin du jour de François Morel

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Dessin du jour de François Morel

Suprême Conseil de France (SCDF) et les Organisations Écossaises amies ont décerné les Prix de thèse et accessits

Mardi 21 septembre 2021, le Suprême Conseil de France (SCDF) et les Organisations Écossaises amies ont décerné les Prix de thèse et accessits pour les années 2020 et 2021, lors d’une cérémonie qui s’est tenue dans le Grand Temple de la Grande Loge de France (temple Pierre-Brossolette), qu’une nombreuse assistance avait très largement rempli, la cérémonie de l’an dernier n’ayant pu être organisée en raison des restrictions sanitaires.

En voici les lauréats :

Suprême Conseil de France

Prix de thèse 2020

à Madame Angélique Ferrand pour sa thèse de doctorat en histoire de l’art sur « Du zodiaque et des hommes. Temps, espace, éternité dans les édifices de culte entre le IVe et le XIIIe siècle » (Université de Bourgogne Franche-Comté, 2017).

Prix de thèse 2021

à M. Florian Audureau pour sa thèse de doctorat en histoire et sémiologie du texte et de l’image sur « Le ciel et ses puissances dans les rituels magiques d’époque romaine » (Université Paris-Diderot, 2020)

Accessit 2020

à Madame Barbara Otal pour sa thèse de doctorat en littérature américaine sur « L’âme divisée : interconnexion des notions de temps, de mort et de destinée dans l’œuvre d’Edgar Allan Poe » (Université de Bordeaux-Montaigne, 2018).

Accessits 2021 ex-aequo

à Mme Judith Langendorff pour sa thèse de doctorat en études cinématographiques et audioviduelles sur « Le nocturne comme catégorie esthétique en photographie et cinéma contemporain » (Université Sorbonne-Nouvelle, 2018).

à M. Gianmarco Minesi pour sa thèse de doctorat en philosophie sur « Dialectique et mathématique dans le Parménide de Platon » (Sorbonne Université, 2018).

Grande Loge de France

Accessit 2020

à Monsieur Anthony De Araujo Rousset pour sa thèse de doctorat en philosophie sur « Figures françaises de Dante : un mythe romantique » (Université Jean-Moulin Lyon-III, 2018).

Accessits 2021 ex-aequo

à Mme Lucile Roche pour sa thèse de doctorat en histoire de l’art moderne sur « L’ombre de Dieu : représenter la Création du monde en France (1610-1789) » (Université Paris-1 Sorbonne, 2018).

à Mme Mercè Prats pour sa thèse de doctorat en histoire sur « Le teilhardisme : réception, adoption et travestissement de la pensée de Teilhard de Chardin, à la croisée des sciences et de la foi, au cœur des « Trente Glorieuses » en France (1955-1968) » (Université de Reims-Champagne-Ardenne, 2019).

Suprême Conseil Féminin de France

Accessit 2020

Madame Aurélie Tsakas pour sa thèse de doctorat en Langue et littérature française

« Les essais de Montaigne : un exercice spirituel ? » (Université d’Aix Marseille, 2018).

Accessit 2021

Madame Audrey Pennel pour sa thèse de doctorat en histoire de l’Art sur « Femme et dame de courtoisie dans les manuscrits enluminés en France aux XIVe et XVe siècles » (Université Bourgogne Franche-Comté, 2019).

Suprême Conseil de Belgique

Accessit 2020

Madame Helena Canadas Salvador pour sa thèse de doctorat en Sciences de l’art : « Visions de l’âme : du sublime et du « numineux » dans l’œuvre de Mark Rothko » (Université Paris-Nanterre et Universitat Pompeu Fabra de Barcelone, 2017).

Accessit 2021

M. Francis Lacroix pour sa thèse de doctorat en philosophie, textes et savoirs sur « Plotin. Traité 6 (IV 8) Sur la descente de l’âme dans les corps : introduction, traduction et commentaire » (Université Laval à Québec et EPHE Paris, 2019).

Suprême Conseil des cultures et de la spiritualité

Accessit 2020

Madame Anne-Clothide Bossenec-Méaudre pour sa thèse de doctorat en philosophie : « De la vanité à la sagesse : introduction à la traduction du commentaire sur l’ecclésiaste de Saint Bonaventure » (Sorbonne Université, 2019).

Accessit 2021

Madame Perrine Rodrigues pour sa thèse de doctorat en histoire sur « Le discours des vices et des vertus aux époques carolingiennes et ottonienne. De l’écrit à l’image (IXe-XIe siècles) » (Université Jean-Moulin Lyon-III, 2018).

Depuis 2017, le Suprême Conseil de France remet des prix à des thèses de doctorat dont la nature ou les effets peuvent stimuler, dans l’enseignement supérieur, la recherche autour des valeurs illustrées par le Rite Écossais Ancien et Accepté.

Comme le palmarès l’indique, le Suprême Conseil de France est accompagné par quatre puissances maçonniques écossaises qui remettent chacune un ou plusieurs accessits.

Les thèses primées couvrent de multiples champs de recherches, s’étendant de la philosophie à l’histoire et de l’histoire de l’art à la littérature, aux époques et aux lieux les plus divers ; elles témoignent de la volonté de saluer des travaux qui contribuent, par la variété de leurs sujets et de leurs méthodes, comme par celle de leurs styles et de leurs inspirations, à approfondir et à renouveler des approches exigeantes éclairant l’humanisme qui nourrit la recherche académique à son niveau le plus élevé. C’est ce que veut ainsi encourager, à la rencontre de ses propres valeurs, la Franc-maçonnerie définie comme un Ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité, dans le droit fil du Rite Écossais Ancien et Accepté, le plus pratiqué sur la planète.

Dans un monde trop souvent prompt à considérer la franc-maçonnerie comme une force obscure, ces prix et accessits n’ont pas immédiatement reçu le chaleureux accueil qu’ils obtiennent aujourd’hui, au sein d’une communauté universitaire qui manque, elle aussi désormais, d’une pleine reconnaissance, dans une société dominée par des réactions à courte vue et des intérêts étroits, soit dit pudiquement.

L’athmosphère solennelle, certes, mais tout aussi bien emprunte d’humour et de complicité, qui a marqué la cérémonie, a réjoui une assistance nombreuse qui mesure de plus en plus les enjeux communs de toutes les recherches approfondies, qu’elles soient menées dans un cadre initiatique ou dans un cadre universitaire. L’afflux spontané des travaux signalés à l’attention de ce Prix le manifeste chaque année davantage. Il est donc heureux de constater que ce Prix occupe une place légitime dans le panorama des distinctions.

(VIDEO) Alice et L’Initiation maçonnique

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Les Aventures d’Alice au pays des merveilles (titre original : Alice’s Adventures in Wonderland), fréquemment abrégé en Alice au pays des merveilles, est un roman publié en 1865 par Lewis Carroll, nom de plume de Charles Lutwidge Dodgson. Le livre a été traduit en français pour la première fois en 1869 par la même maison d’édition (Macmillan and Co)1.

À l’origine, lors de sa première écriture, le livre n’était pas destiné aux enfants. L’écriture fut reprise une seconde fois pour les enfants en conservant les personnages merveilleux qui la rendaient si attrayante pour ce jeune public. Le roman foisonne d’allusions satiriques aux amis de l’écrivain et aux leçons que les écoliers britanniques devaient mémoriser à l’époque. Le pays des merveilles, tel qu’il est décrit dans le conte, joue sans cesse avec la logique.

Le livre a connu une suite intitulée De l’autre côté du miroir. Les adaptations cinématographiques combinent souvent des éléments des deux livres.

L’ouvrage reste populaire au xxie siècle, aussi bien auprès des enfants que des adultes. L’écrivain américain Martin Gardner a publié The Annotated Alice (non traduit en français) qui regroupe Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir accompagnés des poèmes victoriens que Lewis Carroll parodia dans le corps du texte.

INTERVIEW DE JISSEY : Kadosh – Templiers Francs-Maçons

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André Kervella – Editions Numérilivre

L’OUVRAGE

Le grade de Kadosh est le plus controversé des grades maçonniques. Longtemps, son origine exacte a été méconnue. Et son rituel, fondé sur l’idée de vengeance, a fait l’objet d’une prohibition solennelle par une équipe dirigeante de la Grande Loge de France en 1766. Prohibition non suivie d’effet à long terme puisqu’il est, de nos jours, intégré dans plusieurs systèmes pratiqués dans le monde.

Pour bien connaître et appréhender ce degré, il faut comprendre comment il est apparu et s’est développé. De plus, l’objet de ce livre insiste sur le concept sociopolitique qui inspirait les francs-maçons du 18 eme siècle. Il rappelle également les méprises et les extrapolations aventureuses dont ce degré a fait l’objet dans la littérature. Que cette littérature ait été favorable ou opposée aux loges maçonniques.

L’AUTEUR

André KERVELLA, docteur ès lettres est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages consacrés à la Franc-Maçonnerie.

Il a aussi publié des études sur la seconde guerre mondiale. Entre autres, sur l’action de l’Intelligence Service britannique en France.

UTILE OUTIL

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Le verbe *uti n’a pas d’étymologie connue ni de champ sémantique hors du domaine strictement latin. Il définit tout ce qui relève de l’usage, de l’emploi, de la possession. Ce dont on jouit, par usufruit, qu’on a à sa portée, qui s’avère utile, usuel, peut-être inusable.

Ainsi une société élabore-t-elle un ensemble de comportements qui forment son ciment collectif, ses us et coutumes.

Chacun en usera parfois jusqu’à l’abus, en les détournant de leur usage, en déflorant abusivement leur valeur initiale.

Abus de biens sociaux, langage dont on mésuse. Comment, dès lors, ne pas être désabusé, parce qu’on se voit revenu de toutes les illusions dont on s’était fortifié ? L’idéal est au bord de l’usure, dans la sensation amère d’une usurpation, comme si on s’était fait avoir par les mirages d’un usurier.

*Usitilium, outil, outillage, ustensile.

La Franc-Maçonnerie, qui se veut opérative par héritage des chevaleries et spéculative par son évolution symbolique, use d’un arsenal d’outils matériels et conceptuels, à manier et à commenter, parfois jusqu’à l’abus des images ainsi ressassées. Maillets de pouvoir et d’autorité, ciseau de tailleur de pierre, équerre, compas, levier et règle de bâtisseurs architectes, épées de sauvegarde défensive et flamboyante.

Il reste à s’interroger sur l’utilisation métaphorique de tels outils. Dépassent-ils toujours le consensus un peu naïf, ésotérique, mais si rassurant, d’un jeu rituel qui se nourrit de métaphores revendiquées comme universelles ?

La cathédrale ou le tournoi maçonniques résisteraient-ils à n’importe quel assaut, définitivement inusables ?

Utile, inutile, il ne s’en faut parfois que d’une syllabe… Seule l’utopie résiste à l’usure. Peut-être…

Annick DROGOU

Angleterre : Plus de 100 francs-maçons initiés dans un temple maçonnique

De notre confrère london-post.co.uk

Pour la première fois dans l’histoire de la franc-maçonnerie, plus de 100 membres ont été initiés dans un temple maçonnique en une journée. La province du Buckinghamshire a franchi le pas symbolique pour la franc-maçonnerie le 12 septembre dernier.

Au cours de l’événement, les 24 temples du pavillon ainsi que le Grand Temple ont été utilisés par les francs-maçons du Buckinghamshire pour les cérémonies, avec un total de 700 francs-maçons présents pour l’événement.

Les lodges ont réalisé des cérémonies individuelles ou doubles tout au long de la journée à partir de 10h30. Le déjeuner et le dîner de célébration ont été servis dans la suite de la galerie et le vestibule à l’extérieur des portes du Grand Temple. Tout au long de la journée, chacune des loges du Buckinghamshire a procédé à l’initiation de nouveaux membres. À 15h30, chaque loge s’est ensuite réunie dans le Grand Temple avec leurs membres nouvellement initiés.

Le Grand-Maître de la franc-maçonnerie du Buckinghamshire, John Clark a déclaré :

« C’est une journée mémorable et historique à la fois pour le Buckinghamshire et pour la franc-maçonnerie dans son ensemble. En 300 ans d’histoire, il n’y a jamais eu autant d’initiations se déroulant en un même lieu et en un même jour. Nous sommes fiers d’avoir cette opportunité, après près de deux ans de retards dus à la pandémie, de faire venir de nouveaux membres dans l’organisation, et cet événement ouvre une nouvelle phase dans nos vies où nous espérons nous retrouver et nous amuser à nouveau. »

Au cours de la célébration, M. Clark a ouvert la réunion et tous les nouveaux initiés ont reçu l’ancienne charge (Old Charge), un document datant de 1723, énonçant les principes fondamentaux du franc-maçon. Après la fermeture des travaux, les 700 membres se sont ensuite retirés pour déjeuner dans le cadre architectural magnifique, un chef-d’œuvre Art déco qui sert de siège à la franc-maçonnerie anglaise.

Pendant la pandémie, les lodges du Buckinghamshire ont continué à s’engager avec leurs communautés respectives. Les œuvres caritatives menées dans toute la province ont suscité beaucoup d’intérêt. Les activités, la collecte de fonds, le bénévolat sont devenus un élément de travail régulier pour beaucoup et à cause de cela, les demandeurs sont venus frapper à la porte.

Une équipe dédiée de 26 membres a été formée pour capter l’afflux de questions et ce fut l’occasion de s’engager avec des personnes plus jeunes et désireuses de tirer parti de nos membres. Les candidats potentiels ont contacté l’équipe d’adhésion via un lien dédié sur le site Web, et l’équipe a ensuite évalué les candidatures et les a mises en contact avec des loges appropriées en fonction de l’emplacement, de la disponibilité et des intérêts. Les candidats ont ensuite été invités à une réunion pour discuter davantage de leur intérêt. Lorsque les restrictions de verrouillage ont été assouplies, des réunions informelles ont commencé à avoir lieu en personne avant que des entretiens plus formels ne soient organisés, aboutissant à l’événement historique d’aujourd’hui.

Point de vue : À propos des religions

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix, pense que les religions sont amenées à disparaître graduellement au profit, espère-t-il, d’une spiritualité non religieuse. Êtes-vous de cet avis ?

Tout d’abord, et comme cela est suggéré dans le « code de vie du Rose-Croix », il me semble important de préciser que je respecte toutes les religions, dans ce qu’elles offrent de meilleur à leurs fidèles pour vivre sereinement leur foi. Si l’on inclut celles qui dérivent des plus anciennes et des plus importantes, je pense notamment au Judaïsme, au Christianisme, à l’Hindouisme, au Bouddhisme et au Taoïsme, il en existe de nos jours des centaines à travers le monde. Chacune possède un enseignement qui lui est propre, tant sur le plan doctrinal que moral. De même, elles ont des rites spécifiques, que ce soit dans la pratique individuelle ou collective. Toutes ont en commun d’admettre l’existence d’un Principe divin à l’œuvre dans la Création et dans l’homme lui-même, assimilé respectivement à Dieu et à l’âme.

La religion

Au cours des dernières décennies, les religions ont vu leur nombre de fidèles diminuer dans des proportions relativement importantes, et la plupart d’entre elles éprouvent de nos jours les plus grandes difficultés à trouver des “volontaires” pour exercer les offices. En Occident, cela est particulièrement vrai pour l’Église chrétienne, tous courants confondus, où le nombre de prêtres et de pasteurs ne suffit plus pour assumer les cérémonies et rituels de base : messes, mariages, baptêmes, etc. Les autres religions, pour l’instant dans de moindres proportions, sont également touchées par ce phénomène. De mon point de vue, il y a deux raisons majeures à cela : 1) la société en général est de plus en plus matérialiste et se détourne de la spiritualité, que celle-ci soit d’ailleurs religieuse ou non. 2) l’enseignement transmis par les religions est fondé sur des dogmes qui ne répondent plus aux questions existentielles que se posent ceux et celles qui cherchent à mener une quête de sens, notamment chez les jeunes. À cela s’ajoutent les graves dérives de certains de leurs serviteurs et représentants.

Sans vouloir offenser quiconque, je pense que le XXIe siècle verra, sinon la fin, du moins un déclin très prononcé de toutes les religions. Ce qui est à craindre, c’est que le matérialisme qui sévit actuellement s’accroisse de manière exponentielle et finisse par étouffer toute forme de spiritualité. Si l’on en vient un jour à cette extrémité, le vide spirituel qui en résultera ne fera qu’accélérer la déliquescence des mœurs et conduira l’humanité à disparaître tout ou partie sous l’effet de ses instincts les plus destructeurs. Sous l’impulsion de l’âme qui l’anime, l’être humain a autant besoin de nourriture spirituelle que de nourriture matérielle. Lorsque ce besoin n’est pas satisfait, ce sont ses tendances et ses penchants les plus égotistes qui s’expriment à travers son comportement, tel le désir de posséder, de dominer, de s’emparer des biens d’autrui, d’imposer ses idées par la force d’exclure les autres… Malheureusement, c’est cette tendance qui prévaut aujourd’hui, ce qui explique l’état chaotique du monde.

La spiritualité

Si les religions ont perduré aussi longtemps, c’est parce que les êtres humains ont toujours eu besoin de croire en “quelque chose de transcendant”, et que durant des siècles, ils se sont contentés des dogmes religieux pour satisfaire ce besoin. Mais les générations actuelles sont moins superstitieuses et moins manipulables, plus cultivées et plus critiques, de sorte qu’elles n’adhèrent plus à ces dogmes. De nos jours, ceux et celles qui sont en quête de sens se tournent plutôt vers des spiritualités dites “laïques”, c’est-à-dire n’ayant aucun caractère religieux ou ne se rattachant pas à l’une des religions existantes, dans leur forme exotérique. Si je précise « exotérique », c’est parce que certaines d’entre elles intègrent des courants ésotériques auxquels les Rose-Croix se sont toujours intéressés, je pense notamment au Gnosticisme pour le Christianisme, au Kabbalisme pour le Judaïsme et au Soufisme pour l’Islam. Ces courants ésotériques ont en commun de proposer une approche mystique de l’existence et de la destinée humaine.

Si l’humanité veut se donner un bel avenir, elle doit rompre avec le matérialisme ambiant et se donner une orientation, non pas religieuse, mais spirituelle. Cela suppose que les êtres humains, dans leur grande majorité, en viennent à s’interroger sur le sens profond de la vie et à rechercher les valeurs qui concourent au bien-être et au bonheur de tous, sans distinction. Une telle démarche implique pour eux de se recentrer sur l’essentiel et de privilégier la dimension intérieure de leur être, en l’occurrence leur âme. Elle nécessite également de faire de la connaissance, et non de la croyance, le fondement de leur quête, et ce, dans tous les domaines de l’existence, y compris les plus matériels a priori. Cela suppose notamment que la science
elle-même en vienne à rompre avec son approche matérialiste des choses et se donne une orientation spiritualiste.

Élections au sein de deux (grandes) loges francs-maçonnes

De notre confrère La Croix par Xavier Le Normand (avec AFP)

La Grande Loge mixte de France et la Grande Loge de France ont chacune tenu des élections samedi 18 septembre pour désigner leur grand maître respectif. Une ancienne ministre wallonne a ainsi été élue à la tête de la première tandis que la seconde a reconduit celui qui est son grand maître depuis 2018.

Journée d’élections pour les loges franc-maçonnes françaises. Samedi 18 septembre, deux d’entre elles, la Grande loge de France (GLDF) et Grande loge mixte de France (GLMF), ont choisi leur grand maître (dirigeant de l’ordre) respectif.

Le choix de la continuité à la GLDF

Revendiquant 34 000 membres, appelés « frères », ce qui en fait la seconde loge maçonnique du pays, le GLDF a fait le choix de la continuité en réélisant à sa tête Pierre-Marie Adam, élu pour un premier mandat en juin 2018. Il a réuni 84,22 % des voix des députés des 927 loges. Âgé de 75 ans, il a été initié en 1983. Sa carrière professionnelle s’est déroulée dans l’administration publique, notamment comme fonctionnaire de police aux renseignements généraux.iPourquoi lire La Croix ?

Selon un communiqué du GLDF, le grand maître réélu a, à cette occasion, évoqué la pandémie du Covid-19, temps de « confinement spirituel ». Il s’est agi d’une « période complexe pendant laquelle les portes des temples ont été fermées » mais qui aura « permis de continuer à travailler sur l’amélioration de la vie des Loges et l’avenir de la Grande Loge de France ». Ces dernières années, a-t-il également rappelé, l’ensemble des membres du GLDF ont été consultés, ce qui permet à l’obédience de se « projeter dans le monde d’après et de rendre compatible la tradition avec les légitimes exigences de la société moderne ».

Une ministre belge élue grand maître de la GLMF

Autre obédience, autre élection : samedi 18 septembre, la GLMF a également élu son grand maître. Créée en 1982 et revendiquant un peu plus de 5 000 membres en 250 loges, cette institution mixte a fait le choix d’une femme, Christiane Vienne. Initiée en 2008 au sein de la branche lilloise, âgée de 70 ans, elle avait été premier grand maître adjoint pendant deux ans, de 2018 à 2020. Unique candidate, elle succède à l’avocat Édouard Habrant.

Bien qu’elle prenne la tête d’une obédience maçonnique française, Christiane Vienne est de nationalité belge et vit outre-Quiévrain. Elle est d’ailleurs particulièrement impliquée dans la vie politique de son pays. Membre du Parti socialiste belge, elle a en particulier été ministre wallonne de la santé, de l’action sociale et de l’égalité des chances entre 2004 et 2007. Au niveau fédéral, elle a été députée de 2010 à 2014.

Préoccupée par la « radicalisation de la société »

Christiane Vienne a confié sa vision de sa nouvelle mission dans une déclaration à l’AFP. Après une période « très démotivante » en raison de la pandémie, elle veut permettre à la franc-maçonnerie de « retrouver une nouvelle dynamique dans l’après-Covid, avec des conférences, des rencontres pour recréer du lien ». Au-delà des cercles maçonniques, elle estime que la « radicalisation de la société, notamment autour de l’identité française », le « populisme politique » sont des sujets sur lesquels « la franc-maçonnerie ne peut rester aveugle ».

La France compterait environ 160 000 francs-maçons, répartis en plusieurs loges. La plus importante, le Grand Orient de France, compte un peu plus de 52 000 membres. Élu en février dernier, son grand maître est actuellement Georges Sérignac.

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