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Le Volume de la Loi Sacrée

Le Manuscrit Lansdowne, Ancien Devoir de 1550, apporte cette précision : «Il en fit un livre sur la manière dont la science fut inventée. Et lui-même ordonna qu’on le lirait [en silence] ou à voix haute quand on ferait un maçon pour lui donner son Devoir… Alors un des anciens tient le livre afin que le ou les [récipiendaires] pose ou posent la main sur le livre et ensuite les préceptes doivent être lus» (p.75/105). Le «livre» présenté au nouveau maçon n’est pas la Bible, ni le Livre des évangiles, mais un «livre» de la Confrérie. Par contre les Moderns de 1717 (donc des spéculatifs) utilisaient bien la Bible en Loge pour le serment comme l’atteste le Ms  Simon and Philip. La note © du document indique : «leur main droite sur la Bible».

Dans les rites christiques ou déistes, c’est la Bible sur laquelle sont posés l’équerre et le compas croisés, ouverte au premier chapitre de l’Évangile de Saint Jean.

Le rituel de la Grande Loge des Anciens de 1751 à Londres appelle pour la première fois la Bible, le Compas et l’Équerre les trois grandes lumières, avec cette précision : « La Bible pour diriger et gouverner notre foi ; l’équerre pour mettre nos actions d’équerre ; le compas pour nous maintenir dans de justes bornes envers tous les hommes, particulièrement envers un frère.»  Les rituels successifs, imprimés depuis par la Grande Loge de France, jusques et y compris le rituel de 1984, encore en vigueur dans les années 90, consacrent le serment de l’apprenti «sur les trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie: le Volume de la Loi Sacrée, le Compas et l’Équerre» et précisent que «Le volume de la Loi Sacrée peut-être ouvert à tout endroit.»

Un volume de loi sacrée – généralement l’édition de 1611 de la version autorisée ou King James de la Sainte Bible dans les loges nord-américaines – doit reposer ouvert sur l’autel.

Divers livres considérés comme des volumes de la loi sacrée trouvent place sur les autels de la Maçonnerie dans les loges (recensés par Mariette Cyvard) : Védas, recueil d’écrits hindous, qui comprennent les quatre saints Beids de la Connaissance des Brahmanes ; Tripitaka(ou Triple Panier), comprenant les trois divisions canoniques des écrits de Bouddha ; Coran(ou Alkoran), qui contient les préceptes religieux et moraux des Musulmans et qui règle non seulement leur foi spirituelle, mais leurs transactions militaires, légales et civiques ; Tao Teh King, taoïste (le mot Tao signifiant «chemin») ; Livre de Confucius, connu sous le nom des Cinq classiques ; il traite des changements, de l’Histoire, des Rites, du printemps et de l’automne, etc, il est le livre sacré de quelques chinois ; Zend Avesta, unique livre de foi et de pratique des Perses et des Mèdes, se réfère à Zarathoustra (Zoroastre), qui réforma la religion des Mages (avesta signifie monde vivant).

Si ce volume est la Bible on l’ouvre de préférence à II Chroniques 2-5 ou à I Rois 6-7 où il est question de la construction du Temple de Salomon…»

Dans les faits tout s’ordonne en fonction des systèmes pratiqués, soit les Rites dits Anciens qui utilisent la base vétéro-testamentaire, soit les Rites, dits Modernes qui utilisent le Nouveau Testament. Les Trois Coups Distincts [séparés] de 1760, catéchisme des Anciens, stipule  que le Vénérable lui-même procède au positionnement du compas et de l’équerre, ainsi qu’à l’ouverture de la Bible, à la 2ème épître de Pierre pour les apprentis, au 12ème chapitre des Juges pour les compagnons, au chapitre 7ème  du premier Livre des Rois  pour les maîtres.

Mais il y a des variantes. Ainsi les anciennes Loges du Yorkshire ouvraient au 1er degré aux Psaumes,133 ; 2ème degré à Amos 3,7 ; 3ème degré à Ecclésiaste, 2, 12. Autre variante issue du Bristol : 1er degré  à Ruth,2 ; 2ème degré au Livre des Juges,12 ; 3ème degré à Genèse 1,4. Autre variante, toujours pour le système Ancien, pour les 3 Degrés aux Chroniques 2,6. Concernant le REAA, le Guide du maçon écossais, en son article 10, indique que la Bible est ouverte au 12ème Chapitre des Juges. Actuellement, seule l’ouverture du Nouveau Testament à l’évangile de St Jean est autorisée à la GLDF.

La présence de cet évangile est mentionné dès 1737 dans la divulgation du lieutenant de police Hérault,  choqué de ce qu’il considérait comme une profanation de l’évangile : «On a este indigné de voir qu’au milieu des puérilités, des indécences et même des choses irréligieuses de cette réception, on fasse prêter serment sur l’évangile de Saint- Jean».

Le Volume de la loi sacrée a été remplacé par un autre symbole, comme par les Constitutions dites d’Anderson, ou par les règlements généraux dans les rites laïcisés, parfois même, dans certaines loges, par un livre dont les pages sont blanches.

Dans le rituel du Rite Français moderne, utilisé en Belgique, il est dit :

«Que mettons-nous sous l’équerre et le compas, F/S 1er Surv ? VM, nous n’y mettons rien. Pourquoi avons-nous choisi de n’y rien placer, F/S Orat ? La pensée ne sera pas concrétisée sous l’équerre et le compas afin de ne pas en limiter l’expression.»

Compléter avec la lecture du texte de Louis Trébuchet, Le Volume de le Loi Sacrée, 2019.

PORTUGAL : Je vais promouvoir un débat large et approfondi sur les femmes au GOL

De notre confrère portugais ionline.sapo.pt

Carlos Vasconcelos, 43 ans, est le candidat qui représente la continuité de la direction actuelle de GOL. En tant qu’Assistant Grand Maître, il comprend que le moment est venu de gravir une marche.

La loi approuvée par l’AR, proposée par le PSD, sur l’obligation pour les titulaires de charges politiques et publiques de déclarer leur appartenance à des associations, s’applique-t-elle aux francs-maçons ?

A mon avis, ça ne s’applique pas. À mon avis, la loi exempte clairement de l’obligation la matière qui affecte les libertés politiques, comme la liberté de conscience. Or, comme cela est étroitement lié à l’affiliation maçonnique, à mon avis la loi ne s’applique pas.

Considérez-vous que le secret qui guide la franc-maçonnerie continue d’avoir un sens dans les temps nouveaux où la transparence est de plus en plus une exigence de la société ?

Dans une démocratie, la franc-maçonnerie n’est pas un secret. C’était secret quand il fallait défendre la démocratie. C’est juste le contraire. Dans une démocratie, le seul secret qui reste est le secret initiatique, qui se vit de l’intérieur et n’est donc pas transférable.

Que pensez-vous du fait que la Grande Oriente Lusitano continue de ne pas admettre de femmes parmi ses membres ?

Cette matière n’est pas une matière de la compétence du Grand Maître. Malgré cela, je suppose – et je suis en mesure de prendre l’engagement – ​​que je ne cacherai pas cette question, que je ne ferai pas semblant qu’elle n’existe pas, et que je favoriserai un débat large et approfondi sur la matière. Le Grand Maître étant le centre de l’union, il ne doit pas prendre parti dans ce débat, étant certain que la Grande Oriente Lusitano sera toujours à l’avenir ce que ses membres veulent qu’elle soit.

Les femmes doivent-elles continuer à être reléguées à une organisation maçonnique autonome ?

La manière dont la question est posée repose sur l’idée que la grande boutique féminine au Portugal a un statut mineur par rapport à la Grande Oriente Lusitano. Maintenant, je rejette cette idée du revers de la main.

Quel est le rôle de la franc-maçonnerie dans la société moderne. Et quelles sont les limites de votre performance ?

La franc-maçonnerie doit être une institution qui défend les valeurs démocratiques, les droits de l’homme – nécessairement, aussi, les nouveaux droits de l’homme émergents (comme l’environnement, l’utilisation des technologies de l’information, la bioéthique, ou l’intelligence artificielle, etc.) -, une élite morale, une avant-garde sociale intervenante, une institution qui promeut le mérite et une institution qui pratique la solidarité. Concernant les limites : pour moi, le respect de la loi et la sauvegarde de l’intérêt public sont pour moi.

Quel bilan faites-vous des mandats de Fernando Lima qui, en poste depuis 10 ans, s’avère être le plus ancien grand maître de l’histoire de la franc-maçonnerie ?

Le bilan est, de mon point de vue, positif dans la mesure où, au cours de ces dix années, le Grand Maître Fernando Lima a créé les conditions pour résoudre deux problèmes qui, de mon point de vue, sont au cœur du Grand Orient Lusitanien. Le premier est lié à la politique patrimoniale et à la création de conditions, d’un point de vue économique et financier, pour le renforcement du Grand Orient lusitanien – conditions qui permettront la mise en œuvre de projets plus vastes, permettant notamment la création d’emplois dans le domaine social, dans la société portugaise. Le deuxième aspect concerne un travail – qui, évidemment, n’est pas terminé – qui est très important du point de vue de la communication en ce qui concerne une certaine normalisation des relations entre la Grande Oriente Lusitano et la communauté.

Vivre à Guimarães ne vous empêchera-t-il pas de suivre la vie quotidienne de GOL ? Ou le fait d’être grand maître vous donne-t-il un avantage économique qui vous permet de passer plus de temps à Lisbonne ?

Le XIXe siècle est révolu depuis longtemps. Aujourd’hui, la réalité est différente. Je pense que tout le monde reconnaîtra, dans la Grande Oriente Lusitano, que j’ai toujours été proche de tout le monde quelles que soient les distances géographiques. Il n’y a pas de territoire dans lequel la Grande Oriente Lusitano est présente et a moins de dignité. Et l’obéissance n’en est qu’une : par conséquent, le grand maître de la Grande Oriente Lusitanien appartient à Guimarães, Lisbonne, le Nord, l’Algarve, les Açores, Madère, Cap Vert, Macao, il appartient à tous les membres de la Grande Oriente Lusitanian. Concernant la deuxième question : je n’ai jamais bougé par intérêts – en particulier dans la franc-maçonnerie. Je ne représente pas les intérêts. Je dois d’ailleurs dire que j’ai horreur des intérêts et, très franchement, si le plus important pour moi était les questions financières, je n’étais pas candidat.

Et le fait d’être un illustre inconnue dans la société ne semble pas être un inconvénient pour le poste ?

Quiconque pense que celui qui est grand maître adjoint de la Grande Oriente Lusitano – comme moi – n’a pas de relations parfaitement établies dans la société portugaise, ne connaît pas la Grande Oriente Lusitano. Évidemment, ces relations ne sont pas annoncées ou révélées car, naturellement, si je le faisais, je démontrerais que je n’étais pas préparé pour l’exercice du rôle pour lequel je postule, qui est le rôle de Grand Maître du Grand Orient lusitanien. . Quoi qu’il en soit, je ne peux manquer de dire que le grand défi est la notoriété et la reconnaissance publique de l’organisation – la Grande Oriente Lusitano et la Franc-Maçonnerie. Et c’est précisément dans cette notoriété que je m’engage à travailler.

(VIDEO) Sous le Bandeau #55 – La souveraineté

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Le sujet de cette émission ne traite en aucune manière d’une forme de souveraineté démocratique ou théocratique, mais bien d’une souveraineté autocratique (soi-même au pouvoir), ce qui signifie :

Reprendre son pouvoir créateur sans être limité par un autre et qui n’est susceptible d’aucun contrôle de soi-même et des autres.

Être souverain, c’est être libre et responsable. Être libre et responsable, c’est apprendre à « agir librement » et à assumer les conséquences (positives et négatives) de nos choix (conscients et inconscients). Être libre, c’est agir consciemment et sereinement, libre de peurs (comme celle du blâme, de la critique …) et de désirs (comme ceux de de reconnaissance, de louange, de gratitude …) dans le seul but de répondre consciemment à ce que la situation requiert.

Pour le dire autrement, une « action libre » n’est dictée ni par l’ego ni par les conditionnements psychiques qu’il induit, telles que la recherche d’admiration, de louange, de gratitude ou la peur du blâme, de la critique, de la jalousie des autres. La souveraineté est aussi associé avec l’Art Royal.

Elle désigne le savoir et la connaissance, c’est aussi l’art de la construction par excellence puisque le but est d’établir le temple, demeure de la divinité. L’Art Royal est donc avant tout un art, c’est à dire un savoir-faire, une mise en œuvre, une pratique, non pas une théorie.

Il est lié à la vie même, à la fonction humaine, au devoir d’être humain : le Chef d’œuvre. La franc-maçonnerie spéculative réalise la jonction entre maçonnerie opérative et spéculation intellectuelle ayant pour but la spiritualisation de l’homme.

L’équipe des interviewers-chroniqueurs Sous le Bandeau présente pour cette journée : Franco H., Sylvain et Claudia.

Merci à nos Patrons (https://www.patreon.com/SousleBandeau)

Pierres brutes: Le Fat Pack – Podcast
Auditeurs flamboyants: Michael S., Le K., Sam R., Cyndie, Carl-Henri, Vincent R. et Thomas D.
Maîtres podcasteurs: Éric B., Raymond N., Oli Ver T, Dominique L., Michel B., Cedric T., Thibault Adam S., Ronan G., Joe A., Shawn Q. et Sylvain C.
Très Illustre Patron: Pierre D.

#SousLeBandeau​​ #Franc​Maçonnerie​ #FrancMaçon

CANADA : Le symbole perdu – comment fonctionne la machine à halluciner de Mal’akh, l’Araf

De notre confrère canadien screenrant.com – Par Debopriyaa Dutta

L’épisode 2 de The Lost Symbol  offre un aperçu de la machine à hallucinations de Mal’akh (Beau Knapp), également surnommée l’Araf, qu’il utilise sur le franc-maçon et le secrétaire du Smithsonian Peter Solomon (Eddie Izzard). Également surnommé « The Araf », l’épisode 2 de The Lost Symbol de Dan Brown   poursuit la course contre la montre de Robert Langdon (Ashley Zukerman) pour aider à sauver Solomon en suivant une piste de symboles qui mènent potentiellement à un portail secret sous Washington DC. Alors que les motivations de Mal’akh sont restées voilées dans le pilote de The Lost Symbol , « The Araf » permet un aperçu de ses motivations premières et de sa connexion possible avec Salomon.

Après avoir kidnappé Salomon et placé sa main coupée pour imiter la Main des mystères dans le bâtiment du Capitole pour que Langdon la trouve, Mal’akh passe à l’étape suivante de son grand plan en plaçant Salomon dans un état de transe. En tant que franc-maçon au 33e degré, Salomon a accès à des connaissances interdites menant à un état d’ascension, ce qui est exactement ce que Mal’akh semble être après – l’apothéose. En tirant parti de la captivité de Salomon, Mal’akh force Langdon à mener à bien sa quête en son nom, le nourrissant de miettes sous forme d’indices et de directions secrètes de temps en temps.

Au milieu de l’épisode, Mal’akh plonge Salomon dans un réservoir de privation sensorielle, tout en injectant une sorte de drogue hallucinogène ou psychotrope dans le système de Salomon. Cela plonge Salomon dans le terrier du lapin de son propre passé chargé, en particulier sa décision d’abandonner son fils Zachary lorsqu’il a été mis en prison pour possession de substances illégales. Pour une raison quelconque, le symbole perdu  n’a pas encore été expliqué, Mal’akh souhaite raviver la culpabilité de Salomon via des symboles lorsqu’il s’agit de son fils, alors que le franc-maçon se retrouve à tituber d’un paysage de cauchemar à l’autre, tout en trouvant des indices sur la disparition ultime de Zachary. . Cela comprend un récipient en verre transparent composé de la peau pelée de Zachary arborant un tatouage et plusieurs références pendant son séjour à Ankara, en Turquie.

Ces expériences ou états de transe sont clairement utilisés pour évoquer une forme de réaction émotionnelle chez Salomon, faisant allusion au fait que la quête de Mal’akh et la disparition de Zachary sont en quelque sorte liées. La machine utilisée pour y parvenir est intéressante, bien nommée l’Araf, qui signifie grossièrement le purgatoire ou un espace entre la vie et la mort. Selon le matériel source de Dan Brown , l’Araf était une sorte de dispositif de privation sensorielle, la fonction clé de la machine étant d’induire un sentiment de désorientation chez l’utilisateur. Alors que les réservoirs de privation sensorielle standards sont généralement utilisés comme une expérience d’évasion pour la relaxation, Mal’akh inverse cette notion en mettant l’utilisateur dans un état constant d’inconfort et de malaise à l’aide des médicaments qu’il administre.

Comme l’eau agit comme le conduit dans cette machine, elle confère à Salomon un sentiment d’apesanteur, aidant son esprit conscient à se dissocier davantage et à plonger plus profondément dans son subconscient. Ceci est intéressant à noter, car Brown explique le processus en détail à la fin du livre, dans lequel Langdon lui-même est immergé dans un réservoir rempli de perfluorocarbures oxygénés, ou de liquide respirable, ce qui crée un voyage dissociatif si intense que l’expérience s’apparente à celui d’une renaissance. Par conséquent, la machine à hallucinations de Mal’akh n’est pas seulement un dispositif de torture psychologique, mais aussi un moyen d’interrogatoire, dans lequel le sujet est rendu impuissant et est plus réceptif aux suggestions et à la révélation éventuelle. Il reste à voir quelle est exactement la phase finale de Mal’akh dans le prequel de Robert Langdon,  The Lost Symbol., et comment il entend mener à bien sa folle quête.

Sisyphe – En mixité : évolution ou révolution ?

Collectif ; Conform édition, numéro 3, septembre 2021, 56 pages, 13 € port compris

Sisyphe est la revue semestrielle de la Grande Loge Mixte de France. Le 3e numéro consacre son dossier à « En mixité : évolution ou révolution ? »

Au sommaire :

ÉDITO, par Édouard Habrant

CHEMINEMENT, par Édouard Habrant

DOSSIER « EN MIXITÉ : ÉVOLUTION OU RÉVOLUTION ? »

  • Deux modèles révolutionnaires
  • La mixité condition de l’égalité ?
  • La féminisation des plateaux
  • Au commencement était le corps
  • La Franc-maçonnerie mixte : une famille recomposée ?
  • Le déni de la mixité dans l’art

RECENSION, par Michel baron

[NDLR : L’éditorial, signé de la plume d’Édouard Habrant, commence avec, en exergue, une belle citation du poète Victor Hugo (1802-1885) « Il y a des citoyens, il n’y a pas de citoyennes, c’est là un État violent, il faut qu’il cesse ». Il était aussi, et c’est sans doute moins connu, président honoraire de la Ligue française pour le droit des femmes. Association qui œuvre pour l’amélioration de la condition de la femme où, en ce XIXe siècle, elle est exclue de toute vie politique, car avant tout mère et épouse et dont le rôle est strictement limité à la sphère privée…

La mixité porte d’abord un enjeu d’universalité. Nous vous invitons à lire le dossier et vous laissons opter, soit pour une évolution, simple processus continu de transformation, ou un révolution tel u changement brusque de l’ordre des choses. Une recension de l’ouvrage de Corine Pelluchon Les lumières à l’âge du vivant (Seuil, Coll. L’ordre philosophique, 2021) achève ce dernier opus de la GLMF.]

Pour commander sur le site de Conform édition : https://bit.ly/3lY7Hqj

La 1ère paramita le don

Dans l’article précédant j’ai présenté les 6 paramitas.  Paramita peut être traduit par « perfection » ou « réalisation parfaite »

Le DON, que Thich Nhat Hanh indique en tout premier lieu.

Pour lui la toute première pratique est la perfection du DON, « dama para-mita » Donner signifie avant tout offrir de la joie, du bonheur et de l’amour. Le plus beau cadeau que nous puissions offrir est notre vraie présence. « Apprenez à produire votre vraie présence, en méditant, en respirant en pleine conscience, vous réunissez corps et esprit ».

Que peut-on offrir d’autre ? Notre stabilité, que nous pouvons cultiver en pratiquant la méditation, et en vivant profondément chaque instant.

Que peut-on offrir d’autre ? Notre liberté. Le bonheur n’est possible que si nous sommes libérés des afflictions que sont : l’avidité, la colère, la jalousie, le désespoir, la peur et nos perceptions erronées.

Que peut on offrir d’autre ? Notre fraicheur.

Que peut on offrir d’autre ? La paix et notre lucidité.

Que peut on offrir d’autre ? De l’espace.

Que peut on offrir d’autre ? La compréhension.

De façon plus traditionnelle, la pratique du don appelée aussi générosité se caractérise par l’ouverture du cœur, le non-attachement et la fin de l’esprit de mendicité. Quelque soit notre degré de richesse ou de pauvreté matérielle, intellectuelle, culturelle, affective, nous disposons en nous  la capacité de donner aux autres, ne serait-ce que notre simple présence.

LA pratique de la générosité comporte trois aspects ; la générosité matérielle, la générosité spirituelle et le don de protection contre la peur.

La générosité spirituelle va de pair avec l’humilité, la retenue, le don d’un amour bienveillant et l’absence de prosélytisme.

Le don de protection contre la peur, consiste à s’engager à protéger de façon directe ou indirecte, tous les êtres vulnérables et sans défense, tous ceux qui sont angoissés par la peur. Concrètement cela peut consister à délivrer les animaux de l’abattoir, de manière non violente bien entendu, à libérer les oiseaux en cage et les poissons. Kalou Rinpotché, par exemple, se rendait parfois très tôt sur les marchés pour acheter des crustacés encore vivants afin de les rendre au milieu marin.

Dans la pratique du don, il ne s’agit pas de donner seulement à ceux que l’on aime mais d’être motivé par la plus grande équanimité possible. C’est une chose plus ardue que de donner à nos proches, ce qui est plus méritoire.

La générosité est une philosophie de vie à part entière. Elle résulte d’une réflexion sur le sens de sa propre vie et celle des autres, sur la souffrance de tous les êtres.

Tous les maîtres de toutes les écoles confondues, insistent sur l’INTENTION du don qui est la Motivation, ce qui implique une certaine discipline.

Certain (es) sont plus généreux que d’autres mais nous pouvons cultiver notre générosité, elle peut être une discipline (disciple et discipline viennent du latin « savoir »).  La discipline, dans la pratique du Bouddhisme, a pour but de rendre la vie plus accessible à la réflexion. Le bouddhisme est un enseignement de réflexion, il nous demande de réfléchir sur l’état du corps, sur la vieillesse, la maladie, la mort. Nous réfléchissons sur la bonté du cœur. Et toutes ces réflexions nous prouvent que nous gardons un mental stable.

La voie du milieu du Bouddha est une discipline subtile, pas une discipline de contrôle, mais une discipline qui résulte du désir de connaître, de connaître vraiment en toute clarté.

Le Bouddha appelait ses enseignements le dhamma-vinaya, vinaya étant l’entrainement, parfois traduit par discipline.

Cet entrainement n’est pas une activité en force. C’est une manière de cultiver une action adroite qui nous permettra de transformer notre vie en une œuvre d’art.

Le prochain article portera sur l’Ethique, prolongement directe du don.

Ce texte a été composé à partir d’enseignements de plusieurs maîtres : Ajahn Sucitto,  Lama Samten, Tich Nhat Han, Lama Guendune Rinpoché.

Ida Radogowski

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MEXIQUE : La Société « Progrès et loisirs» d’Espita, Yucatán : entre maçons libéraux et féministes

De notre confrère mexicain yucatan.com.mx

Au Mexique, au XIXe et au début du XXe siècle, le libéralisme s’est propagé et promu à travers les loges maçonniques, atteignant le cas où, entre 1872 et 1911 , la pensée libérale et maçonnique ont fusionné dans les loges. Le Rite Ecossais Ancien et Accepté fut le premier connu au Mexique en 1821 et les hommes les plus éclairés y débutèrent. Plus tard, le Rite York a été créé et en 1826 le Rite National Mexicain.

Il est également important de se rappeler que lors du Congrès général de 1833, le Rite National Mexicain (RNM) a décidé d’initier une série de réformes, la plus importante à l’intérieur était d’inclure les femmes dans la franc-maçonnerie, car elles considéraient qu’il y avait entre leurs mains la formation des futurs citoyens et vers l’extérieur : lutter pour l’abolition des juridictions militaires et ecclésiastiques, la séparation de l’Église et de l’État, l’éducation laïque, la sécularisation des biens ecclésiastiques, la liberté de culte, etc. 

La pensée libérale était présente dans les loges maçonniques , mais aussi dans les sociétés culturelles que les francs-maçons libéraux fondèrent pour les différentes populations. L’une des plus importantes du sud-est mexicain était et est toujours la Société « Progrès et loisirs« .  

Il est important de noter que Valladolid et Espita ont été parmi les premières villes du Yucatán où se sont formées des loges maçonniques auxquelles participaient les patriarches des familles les plus importantes et que dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce sont précisément ces patriarches maçonniques qui fondèrent les sociétés culturelles. Un exemple en est celui des familles Triay, Peniche, Rosado, Patrón, Osorno, Erosa et Cetina, entre autres, qui dans le cas d’Epita à la fin du XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe siècle ont activement participé à la franc-maçonnerie et simultanément dans la Société « Progrès et loisirs« . 

Ces sociétés ont été créées pour promouvoir des activités récréatives telles que des danses et des fêtes, mais surtout des actions culturelles telles que la préparation et la lecture de textes littéraires, la mise en scène de pièces de théâtre, des soirées musicales, entre autres qui étaient dirigées vers les classes économiques moyennes et hautes Yucatéques.

Exemples de sociétés culturelles au Yucatán

La Société « Progrès et loisirs » à Espita, « Avenir » à Valladolid et « Renaissance » à Tizimín sont des exemples de sociétés culturelles créées au Yucatán avec l’objectif explicite de semer les graines du progrès à travers la connaissance scientifique, les arts et les projets éditoriaux. et des liens avec la presse nationale et internationale. Ces centres sociaux sont devenus, comme en Europe et dans le reste du monde, des espaces privilégiés où les idées libérales, et sur la condition des femmes, pouvaient et étaient discutées. 

Les professeurs Santiago Pacheco Cruz et Edmundo Patron Erosa, à l’occasion des noces d’or de cette société en 1920, ont publié la « Revue historique de la Société progrès et loisirs de Espita« , un texte dans lequel a été incorporée la proclamation de son fondateur, son règlements, revues, procès-verbaux et autres documents originaux de l’entreprise, ce qui nous permet d’avoir une approche de première main sur certains aspects importants (Patron Erosa, Edmundo et Pacheco Cruz, Santiago (1925) « Historical Review of the Progress Society and Recreo de Espita, ateliers typographiques de la « La Revue du Yucatán » et ateliers typographiques du gouvernement de l’État. Mérida, Yucatán).

La Société « Progreso y Recreo » d’Espita, Yucatán : entre maçons libéraux et féministes

Un fait à souligner est que pendant les noces d’or la Société « Progrès et loisirs » Le 16 septembre 1920, le livre susmentionné rapporte que le discours inaugural a été prononcé par le membre honoraire Carlos R. Menéndez. Faute de place, je ne reproduirai que le premier paragraphe du discours : « Le Conseil d’Administration de la Société ‘Progrès et loisirs‘ a voulu que ma voix non autorisée soit celle qui a ouvert l’ acte le plus solennel de sa digne existence en tant que Institution; Et si je n’ai pas hésité un instant à accepter un honneur aussi marqué qu’immérité, c’est à cause de la grande affection que m’a toujours inspirée cette ville souriante, qui me donne l’impression d’une rose aux parfums délicats et immuables, plantée par les vieux grands-parents dans le jardin fleuri de l’Orient yucatèque, berceau de tant de héros et tombeau de tant de martyrs, dans les luttes épiques pour la liberté, pour la justice,  

Il convient de mentionner que les célébrations du 50e anniversaire de la Société ont été suivies en invitée d’honneur l’enseignante distinguée Mme Rita Cetina Gutiérrez, précurseur du féminisme yucatèque, fondatrice de l’école « La Siempreviva« , ainsi que la « Société Scientifique et Littéraire » Et un magazine du même nom.  

Revenant à la raison de la fondation de « Progrès et loisirs« , cela parait évident que le 31 août 1870, lorsque le colonel Don Heliodoro Rosado Sosa a écrit sa proclamation, invitant la jeunesse d’Espiteña à faire partie d’une société qui avait pour objectif d’illustrer et recréer la population, qu’il nomma : « Progrès et loisirs« . Sa bibliothèque, sa salle de lecture, le beau théâtre qui imitait le Parthénon grec, son orchestre, les activités menées par les sections littéraire et dramatique, ainsi que ses célèbres danses, ont rempli la ville d’Espita de lumière et de prestige, qui est devenue grâce à cette société dans une forte attraction et lieu de rencontre pour les artistes, les poètes et les personnes « cultivées » de tout le Yucatan.

Objectifs du libéralisme maçonnique

Les objectifs du libéralisme maçonnique sont clairement exprimés dans la proclamation de sa fondation, qui mentionnait : « contenir le germe illustratif de l’époque », en vue, « un désir : le progrès ». Devenir un endroit où « les jeunes peuvent cultiver leur compréhension en communiquant leurs pensées les uns aux autres ». Et où « nous nous abonnerions aux journaux les plus intéressants, tant nationaux qu’étrangers, et nous serions au courant des événements en Europe et dans le reste de l’Amérique ». 

Le projet imaginé par les fondateurs de « Progrès et loisirs« , où la pensée libérale maçonnique s’exprimait clairement, était lié à la promotion de l’éducation laïque dans les établissements d’enseignement, non seulement dans la ville d’Epita mais dans d’autres parties de l’État.

La Société « Progreso y Recreo » d'Espita, Yucatán : entre maçons libéraux et féministes
La Société « Progreso y Recreo » d’Espita, Yucatán : entre maçons libéraux et féministes

Selon l’article 1 de son règlement, la société doit rechercher « le développement intellectuel en consacrant son attention à la branche très importante de l’instruction publique, en fournissant une aide efficace aux écoles sans préjugés dogmatiques d’aucune sorte, c’est-à-dire sans distinction de croyances religieuses, n’abritant que dans l’âme ce noble objectif : le respect des croyances ». 

La participation active des sociétés culturelles dans les communautés de l’intérieur de l’État afin de promouvoir l’éducation laïque et gratuite s’est exprimée dans le fait qu’un des premiers actes de « Progreso y Recreo » a été de soutenir l’initiative présentée au gouvernement. de l’État par la Société d’instruction de la ville d’Izamal, qui a demandé que l’enseignement soit décrété obligatoire dans l’État pour les enfants de 8 et 14 ans. L’initiative a été soutenue par la société du même nom dans le port de Progreso, également composée de maçons libéraux éclairés. L’exécutif a pris la question en considération et l’a transmise à la législature locale pour étude et peu de temps après elle l’a sanctionnée et publiée. 

Ce n’est pas non plus par hasard qu’en 1898, ce fut Heliodoro Rosado lui-même, qui était à l’époque le chef politique du parti Izamal, qui participa à l’ouverture du deuxième lycée de filles de cette importante population, avec le conseil municipal et les autorités de l’État (Article de journal, « Mariages de diamant. L’école civile pour filles d’Izamal » par le Dr Miguel F. Vera Lima, « Diario de Yucatán« , mercredi 28 avril 1982).

Le projet illustratif de la Société « Progrès et loisirs » d’Espita envisageait, comme l’exige le Rite National Mexicain, la nécessité d’incorporer les femmes, car sans elles le changement serait impossible, ce qu’exprimait ouvertement son fondateur lorsqu’il disait : « Quand nous arrivons à posséder une bibliothèque, le beau sexe pourra boire à la même fontaine que nous, car nous espérons que les gens civilisés de cette ville contribueront à illustrer cette précieuse moitié de l’homme. »

Véritable participation des femmes

Bien que la participation des femmes y ait été encouragée dès le début de la Société, ce n’est en fait qu’en 1892 que les membres du «Progreso y Recreo» ont décidé d’accepter les «filles d’Eva» comme membres. Accompagnant cet accord un discours émouvant où ils les reconnaissaient comme leurs égaux, au moins dans l’aspect de leurs capacités intellectuelles et en termes de leurs droits à participer aux doctrines libérales qui ont été discutées et promues dans ladite société.  

Pourquoi ne pas les accepter ? Elles se sont dit : peut-être à cause de leur féminité elles n’ont pas le droit suprême de jouir et de participer aussi aux sages doctrines que la Fraternité lançait aux quatre vents ? N’auraient-elles pas les critères et la capacité intellectuelle suffisante pour apporter leur savoir ? Rien de tout cela, nous comprenons que les femmes ont aussi la capacité de prendre part aux activités humaines… comme cela a été mentionné dans le discours.

Bien entendu, ces types de discours étaient assaisonnés d’un sentiment marqué et mal dissimulé de suprématie de la population féminine blanche d’Espite sur celle du reste de l’État, puisqu’elles considéraient leur ville Espita comme l’Athènes du Yucatan. Ainsi, dans son document fondateur, on peut lire : « Il n’est pas dans notre intention de singulariser la femme de Spite en la faisant apparaître comme la seule de son espèce, non, mais il semble que Natura ait voulu lui réserver un dose de clairvoyance, la dotant d’un esprit clair et d’un cerveau original. En témoignent les filles de la population avec leur entrée dans la Société ‘Progrès et loisirs et avec la participation active qu’elles ont prise dans toutes ses festivités, qu’elles soient littéraires ou théâtrales ».

À Espita, il y avait un lycée de filles appelé « de las Mercedes », fondé en 1868 par l’institutrice Manuela Olivares de Erosa, qui en fut la première directrice et à laquelle succéda en 1876 l’institutrice Rafaela Barrera Rivas. Lorsque le Liceo de « las Mercedes » a fermé en 1880, deux nouvelles écoles ont été ouvertes pour les filles et une pour les garçons : l’une dirigée par Mlle Remedios Cetina et l’autre par Juliana López. Depuis la fondation de « Progrès et loisirs », des liens étroits ont été établis entre la Société et les écoles pour garçons et filles, les premiers faisant d’importants dons de leurs fonds et réalisant des activités culturelles communes. 

La professeure Remedios Cetina a épousé le professeur Olayo Rosado Erosa, directeur de l’école des garçons, partenaire et responsable de l’orchestre « Progres et loisirs », avec qui elle a eu plusieurs fils et deux filles. La chose remarquable à souligner est que les enfants de Doña Remedios lorsqu’ils ont atteint l’âge de la majorité ont été intégrés dans les activités de la Société et ont simultanément commencé dans la loge de leur communauté, atteignant, surtout Álvaro et Ernesto, des degrés élevés. Des décennies plus tard, les Triay, Rosado, Peniche, Erosa et Patron suivront le projet illustratif, que l’on peut corroborer dans la note du « Diario del Sureste » du dimanche 13 janvier 1950. Les liens entre les directions sont également clairs. maçonniques et celles appartenant aux sociétés culturelles,

« Fête maçonnique Lucido. Espita 12 janvier. Dans la nuit du 10 de nos jours, les dirigeants de la Loge ‘Narciso Campos Sabido‘ numéro 20 ont pris leurs fonctions, dirigés par MM. Álvaro Rosado Cetina, vénérable Maestro, et José A. Pérez M. et Rubén Triay Peniche, 1er et 2e veilleurs. Après l’acte, qui était solennel, les membres de ladite Loge et leurs invités se sont déplacés au domicile de M. Rosado Cetina, où l’événement a été célébré, avec une réunion. En premier lieu, M. Rosado Cetina a remercié les représentants de diverses sociétés pour leur présence et a immédiatement après fait la présentation de Mme Luz Erosa, veuve de Lara Manrique, notre compatriote, qui a été chef de plusieurs loges à l’intérieur de la République. À l’invitation expresse du professeur Prudencio Patron Peniche, il a utilisé le mot pour expliquer en termes généraux, les aspirations et les objectifs de la franc-maçonnerie, puis a adressé un salut fraternel à tous les participants. Puis Mme Erosa, la veuve de Lara, a exprimé sa satisfaction d’être de retour dans son pays natal après une longue absence, admirant, dit-elle, les efforts de ses compatriotes à travers le « Progreso y Recreo« , la loge et différents groupes, pour conserver latent à Espita l’esprit de progrès intellectuel et matériel dans lequel ses ancêtres ont su le placer. Il lut alors un de ses poèmes, recevant des applaudissements chaleureux » (« Diario del Sureste », dimanche 13 janvier 1950). Puis Mme Erosa, la veuve de Lara, a exprimé sa satisfaction d’être de retour dans son pays natal après une longue absence, admirant, dit-elle, les efforts de ses compatriotes à travers le « Progreso y Recreo« , la loge et différents groupes, pour conserver latent à Espita l’esprit de progrès intellectuel et matériel dans lequel ses ancêtres ont su le placer. Il lut alors un de ses poèmes, recevant des applaudissements chaleureux » (« Diario del Sureste », dimanche 13 janvier 1950). Puis Mme Erosa, la veuve de Lara, a exprimé sa satisfaction d’être de retour dans son pays natal après une longue absence, admirant, dit-elle, les efforts de ses compatriotes à travers le « Progreso y Recreo« , la loge et différents groupes, pour conserver latent à Espita l’esprit de progrès intellectuel et matériel dans lequel ses ancêtres ont su le placer. Il lut alors un de ses poèmes, recevant des applaudissements chaleureux » (« Diario del Sureste », dimanche 13 janvier 1950). pour avoir conservé latent à Espita l’esprit de progrès intellectuel et matériel dans lequel ses ancêtres savaient le placer. Il lut alors un de ses poèmes, recevant des applaudissements chaleureux » (« Diario del Sureste », dimanche 13 janvier 1950). pour avoir conservé latent à Espita l’esprit de progrès intellectuel et matériel dans lequel ses ancêtres savaient le placer. Il lut alors un de ses poèmes, recevant des applaudissements chaleureux » (« Diario del Sureste », dimanche 13 janvier 1950).

Dans le cas d’Epita, au cours des premières décennies du XXe siècle, les liens entre les sociétés culturelles, le projet éducatif libéral pour les garçons et les filles et les loges maçonniques peuvent être explicitement notés. Outre le rôle des femmes appartenant aux familles libérales en tant qu’épouses, mères et filles de francs-maçons, mais aussi dans le monde dit profane en tant qu’enseignantes des lycées et membres actifs des sociétés culturelles, où elles ont réussi à avoir accès non seulement à l’éducation ne dépendait que de la connaissance des différents courants de pensée.

En effet, la bibliothèque de la société est venue abriter des livres, des magazines et des journaux d’autres parties du monde. L’édition par les Espiteños éclairés d’un média local, « El Democrata », séminaire indépendant membre de la « Presse associée des États », qui a circulé durant les années 1877 à 1879 et de 1906 à 1913, a nettement favorisé l’échange de matériel imprimé et informatif avec d’autres groupes et entreprises de l’État et du pays. Tout cela a contribué à faire de la salle de lecture de la Société, telle que proposée par son fondateur, un espace de communication et de compréhension, où hommes et femmes pouvaient échanger leurs opinions et découvrir ce qui se passait dans le monde.

La participation des femmes d’Espite en tant qu’éducatrices dans les premiers lycées pour garçons et filles, ainsi que dans la société culturelle « Progreso y Recreo » et dans des projets éditoriaux est confirmée par le fait peu connu qu’Espita a été l’une des premières populations de l’intérieur de l’État où les femmes dirigeaient et administraient une revue littéraire. Ainsi, le 1er août 1912, paraît « Arpa Eolia », un mensuel littéraire, dirigé par Pilar Fontanilles de Rueda, précisément la directrice de l’école « Manuela Olivares » à l’époque et épouse de José Rueda Ontiveros, directeur et directeur de l’hebdomadaire local « Le Démocrate« . Il est également significatif que l’administratrice de la revue littéraire soit la jeune Mercedes Peniche López, une enseignante de la communauté qui, des années plus tard, sera connue sous le nom d’enseignante Mechita. « Professeur d’enseignants. » Le professeur Mercedes était la fille de deux Espiteños éclairés, partenaires du « Progreso y Recreo« : Felipe Peniche et Juana Raquel López, et un proche parent de Francisco Peniche López, avocat et poète, et Vicente Peniche López, professeur de droit et journaliste.

Des années plus tard, la directrice du magazine « Arpa Eolia » fera partie de l’organisation du premier congrès féministe du Yucatán tenu en 1916 et participera activement aux commissions avant et pendant l’événement. En effet, Pilar Fontanilles faisait partie du Comité d’Organisation chargé d’étudier et de répondre aux communications qui ont été présentées lors du Congrès. L’enseignante « Mechita », comme il fallait s’y attendre, a également participé au Congrès féministe du Yucatán en 1916.

Ce qui est décrit montre clairement et notoirement le fait qu’Espita, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, a vécu une vie culturelle intense à laquelle les femmes ont activement participé, ce qui se reflétera plus tard avec la large participation d’un contingent féminin. Premier congrès féministe. Cette vie culturelle et politique transcendantale qui a été vécue à Espita grâce à la Société « Progreso y Recreo« , où les femmes avaient et ont un rôle éminent et de premier plan, serait impossible à expliquer sans considérer leurs liens avec les maçons libéraux qui l’ont fondée, promu et lui a donné vie.  

Zemmour et franc-maçonnerie : une critique acerbe !

Eric Zemmour fait le buzz ! Journaliste brillant et cultivé, Eric Zemmour est aujourd’hui tenté, comme tant d’autres journalistes l’ont fait avant lui, de franchir le Rubicon pour se lancer dans l’action politique.

On retrouve dans un de ses articles du Figaro, l’analyse qu’il fait de la franc-maçonnerie.

C’était dans le Figaro du 24 avril 2010 ; l’article est titré « Les habits neufs de la franc-maçonnerie ». Dans un préambule il résume son approche :

« Toute mystique se dégrade en politique ; et toute politique se décompose en affairisme. Si on en croit les livres, les articles qui lui ont été consacrés ces dernières années, la franc-maçonnerie a atteint le dernier stade d’une inexorable décadence. »

« Pourtant, la franc-maçonnerie française affiche aussi une santé exubérante, des effectifs en hausse – tandis que ceux des pays anglo-saxons fondent comme neige au soleil -, répartis dans une quinzaine d’obédiences – encore une exception française ! Les grincheux – ou les cyniques, ou les lucides – feront remarquer que le succès n’est pas incompatible avec la décadence : plus les réseaux sont nombreux et puissants, plus les affaires sont fructueuses. »

Après une analyse historique, il termine son article par un constat désabusé :

« Les uns arrivent, les autres partent, chacun trouvant ce qu’il est venu chercher, qui une quête ésotérique, qui des appuis pour son « business », qui des rites d’initiation dans une société désacralisée, dans ce qui ressemble de plus en plus à une auberge espagnole. »

Cette analyse n’est pas inintéressante en soi car elle relève des réalités qui mériteraient d’être prises en compte.

« Depuis le XVIIIe siècle, ses membres se vivent comme la pointe avancée du progressisme contre le conservatisme et la réaction. Or, depuis les années 1970, les nouveaux mouvements contestataires, féministes, antiracistes, multiculturalistes la contournent sur sa gauche. La franc-maçonnerie demeure un club d’hommes, pour qui la laïcité et l’égalité restent des valeurs cardinales. »

Dans son dernier ouvrage paru récemment « La France n’a pas dit son dernier mot », il consacre un billet, intitulé « Tout sauf franc ! », à la journée du 12 mars 2014 où il est reçu par Daniel Keller alors Grand Maître du GODF. Le ton est beaucoup plus acerbe :

Tout sauf franc !

 » 12 mars 2014

La façade de l’immeuble sis au 16, rue Cadet m’apparaît laide et sale ; et la salle à manger fonctionnelle et disgracieuse.

La conversation de notre hôte est aussi médiocre et insipide que la nourriture que l’on nous a servie : nous devons subir un fatras ininterrompu de lieux communs, de « valeurs républicaines » et de « lutte contre les discriminations », de « le racisme n’est pas une
opinion, mais un délit » et de « quartiers populaires », de « chance pour la France » et d’« islam des Lumières », de « vivre ensemble » et de « nous sommes tous des enfants de la
République ». Je regarde Naulleau du coin de l’œil pour être sûr que je vois ce que je vois, que j’entends ce que j’entends et que je mange ce que je mange. Il baisse la tête dans son assiette pour ne pas croiser mon regard.

J’avais imaginé d’autres agapes quand le grand maître du Grand Orient, Daniel Keller, nous avait conviés à sa table. Je m’étais transporté aussitôt sous les ors de la IIIe
République lorsque la franc-maçonnerie était « l’Église de la République », imposait aux
étrangers une stricte assimilation à l’histoire et à la culture françaises, qu’elle enseignait dans les écoles par ses hussards noirs, dénonçait et persécutait « la superstition et l’obscurantisme religieux », « éteignait les étoiles dans le ciel », encourageait la
colonisation au nom de la « civilisation » et du « devoir de l’homme blanc d’apporter la lumière aux peuples barbares », faisait et défaisait les carrières et les gouvernements, régnait sur les antichambres ministérielles et la corbeille de la Bourse, jusqu’aux
maisons closes.

Je me voyais déjà croiser le fer avec Jules Ferry et je croisais du caoutchouc avec Daniel Keller.

Une fois encore, mon imagination historique s’était jouée de moi.« 

Obnubilé par la soi-disant « grandeur » de la France, Eric Zemmour semble ne pas supporter que la franc-maçonnerie d’aujourd’hui ne soit plus celle de la IIIème République, « lorsque la franc-maçonnerie était l’Eglise de la République » !

Regardez aussi le débat Zemmour / Bauer – Face à Face du 25/09/2020 sur CNEWS (intéressant à partir de 38:30).