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Les cathédrales et l’Alchimie – La quête d’une parole perdue

Les cathédrales et l’Alchimie

La quête d’une parole perdue

Jean-François Blondel

Éditions TrajectoirE, 2021, 204 pages, 25 €

La préface de Christian Cabayé, agrégé de physique et ancien professeur des universités – sachant aussi partager son temps et son savoir en organisant des visites du Paris alchimique -, nous rappelle que l’alchimie est un Art vivant, un Ars Magna, une science avec conscience. Son aperçu de la Gaye Science nous invite à cheminer parmi les écrits de Jean-François Blondel.

Dans une première partie l’auteur nous invite à regarder la cathédrale comme un livre de pierre, un livre muet. Il s’attache ensuite à développer tout le légendaire qui gravite autour de cette église qui constitue le siège de l’autorité épiscopale – chimères, gargouilles, bestiaire, imaginaire populaire et médiéval.

La deuxième partie est consacrée à l’Alchimie : sa définition, son origine et son hermétisme (avec Hermès Trismégiste) et puis surtout les différentes formes d’alchimie. Sans omettre la quête de la Pierre philosophale et du Grand Œuvre.

Jean-François Blondel

Jean-François Blondel retrace aussi le portrait des principaux alchimistes, ou reconnus comme tel : Nicolas Flamel, Denis Zachaire, Noël du Fail, Esprit Gobineau de Montluisant, Fulcanelli, Eugène Canseliet, et plus près de nous Robert Ambelin.

La troisième partie traite de la pierre des cathédrales et notamment des médaillons des Vertus et des Vices et de leur importance dans la doctrine religieuse. Sans oublier le fabuleux bestiaire des alchimistes

L’ouvrage s’achève sur un historique de toutes les sociétés à mystères, les sociétés secrètes, certaines peu connues comme L’Estoile Internelle. L’étude se poursuit avec le compagnonnage, les corporations de métiers les frères chevaliers d’Héliopolis puis se termine par les rapports entre constructeurs des cathédrales et Francs-Maçons, et questionnement sur la Franc-Maçonnerie héritière des guildes de la pierre du Moyen Âge. Un chapitre intitulé « l’alchimie dans la franc-maçonnerie », rencontre toutefois tardive, aborde certains hauts grades.

Cet ouvrage est une suite logique à son dernier opus La Cathédrale – Bible vivante (Édition de l’Art Royal, Coll. Symboles & Tradition, 2020, 24 €).

La biographie de l’auteur :

Jean-François Blondel se passionne depuis fort longtemps pour l’histoire des métiers, à leur organisation (corporations, confréries) et aux initiations de métier (compagnonnage). Il est notamment l’auteur de La Mystique des Tailleurs de Pierre (éd. du Rocher), d’une Encyclopédie du Compagnonnage (éd. du Rocher), Le Moyen Âge des Cathédrales (éd. TrajectoirE), d’un Guide des monuments mystérieux de Paris (éd. TrajectoirE) et de Franc-maçonnerie et compagnonnage (éd. TrajectoirE). Il collabore également aux Cahiers Villard de Honnecourt et a été coordinateur du N° 115 Le Rite Émulation, l’esprit d’un Rite et contributeur du Livre 300 de la Grande Loge Nationale Française.

Pour aller plus loin, avec l’interview de Jissey

C’était mieux avant ?!

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Le progrès – qui, comme on dit maintenant, semble être dans l’ADN de l’Homme – évoque l’image du verre à moitié vide et  du verre à moitié plein!

 Il est de bon ton de rabâcher « c’était mieux avant! » (un bon sujet de méditation, sinon de planche!)… au temps de la lampe à pétrole et des douches municipales! Et néanmoins,  nous sommes, sans penser à la provenance de l’électricité, heureux de nous éclairer,  de nous chauffer,  de bénéficier des meilleures techniques de soins, de regarder la télévision et pianoter sur nos claviers d’ordinateurs.

Oui, les éoliennes sont moches et font du bruit, oui, les centrales atomiques  sont des menaces permanentes, oui, les voitures électriques ne vont pas encore bien loin. Que de progrès encore à faire, précisément pour produire un courant « paisible » et performant! Mais qu’on nous le coupe, et nous hurlerons dans les ténèbres! Qu’on l’achète à l’étranger, et nous paierons l’électricité la plus chère du monde!

Nous n’avons pas attendu l’écologie pour réfléchir aux problèmes environnementaux. Nous sommes vivants parce que nos prédécesseurs ont avancé, lentement,  à coups d’erreurs et de réussites, vers les solutions dont nous profitons aujourd’hui.

Nous nous prélassons dans le confort, sans même penser aux combats de nos aïeux pour la survie de l’espèce! Ce sont paradoxalement les conflits et les guerres, qui dans un mouvement contradictoire de rapprochements et d’éloignements des peuples, rétablissent les équilibres! Le bien et le mal sont et font la condition humaine depuis son début. Parce que nous sommes indépendants par nature et dépendants par nécessité !

Comme le funambule sur son fil, l’Homme avançait jusqu’à présent à petits pas, grâce aux oscillations du balancier de l’intelligence collective.  En faisant  confiance à une recherche patiente et à une créativité maîtrisée.  

Oui mais…les philosophes des Lumières se sont trompés en pensant que du progrès matériel viendrait le progrès moral. Les génocides du XXème siècle  sont la preuve tragique de leur erreur. 

Aujourd’hui « les  Pasteur  contemporains », dans une logique  de profit et  ne prenant plus le temps des choses, ont voulu l’accélérer jusqu’à créer « l’accident industriel ». Leur modèle viral  leur a échappé – dit-on –  exposant à la mort la planète entière.  Ce qui a contraint  la recherche médicale  à l’exploit – autant dire  au pari  – avec la fabrication de  vaccins  « originaux » dans l’urgence, donc sans recul expérimental.  

 Ainsi, au XXIème siècle, cette accélération  artificielle du temps,   produit  de nouvelles machines, de nouvelles énergies, de nouveaux remèdes, pour soi-disant notre mieux vivre…au risque du trépas !  Ne serait-elle pas aussi en train de créer de nouveaux hommes, inventeurs pressés mais encore ignorants du fonctionnement de leur propre personne, malgré les progrès  fulgurants de la science ?

« Connais toi toi même » disait Chilon l’antique. Ce conseil repris par Socrate, n’a jamais prétendu nous conduire à la connaissance de Soi – notre Moi profond –  mais de nos limites. Comment chacun de nous pourrait faire de son être un objet d’étude sans lui…être  extérieur ?!  C’est bien le regard de l’autre qui nous offre la perception de notre Soi, comme la glace du coiffeur nous montre notre nuque ! Je suis parce que tu es, tu es parce que je suis. L’homme n’a pas créé l’homme.  Il lui reste  à naître de lui-même !

Si nous regardons derrière nous dans le miroir du temps,  sans pouvoir vraiment  affirmer « c’était mieux avant », nous pouvons au moins  faire l’éloge de ce que nous devons retrouver : la lenteur !

En ce sens, il est bon d’écouter une certaine sagesse africaine quand elle nous dit avec pertinence :

« Vous avez la montre, nous, nous avons le temps » !

                                                                               Gilbert Garibal

RITE FORESTIER : Ventes – un peu d’histoire

De tous temps, la forêt a été l’incarnation de la nature à l’état sauvage. Elle est l’espace de l’épreuve et de l’aventure pour un individu confronté aux forces nocturnes de la nature. Elle représente l’enjeu d’une épreuve funeste voire même initiatique.


La forêt est le théâtre des rencontres magiques, source de la plupart des contes, avec son peuplement d’animaux dangereux, d’êtres mystérieux, de géants assoiffés de sang et même de fées, qui engagent une épreuve physique avec l’homme, épreuve d’où celui-ci sortira vainqueur et initié ou perdant et mortifié. Elle représente l’enjeu d’une épreuve funeste voire même initiatique.

La forêt est un vivier inépuisable de symboles sur lesquels s’appuie la maçonnerie du bois. Pour nous dont les symboles dont issus de la pierre, il est surprenant de constater le parallélisme entre les deux symbolismes. La maçonnerie du bois, tout comme la maçonnerie de la pierre, se nourrit de ces symboles.
Imaginez-vous dans une clairière, à dix heures du matin, assis en rond sur des billots de bois, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, à écouter et débattre sur des thèmes philosophiques et existentiels. La belle mais factice voûte étoilée de nos temples devient réelle avec son lot de caprices.

Nous sommes dans un temple au rite forestier, et la tenue s’appelle une « VENTE ».
L’ambiance transpire les symboles forts par la composition du temple, la tenue vestimentaire des cousins, (Au lieu de s’appeler Frères, ils s’appellent Cousin), les outils, et le rôle tenu par chacun.

Le temple se trouve en pleine forêt, dans une petite clairière ronde, d’environ dix mètres de diamètre, avec un chemin d’accès volontairement laissé à l’état brut.
On est surpris dès l’arrivée par les combinaisons de formes géométriques, rond, carré, triangle, parfaitement orientées, qui tranchent avec l’implantation aléatoire des arbres et des buissons de la forêt.

A l’Est, comme dans une forge, une enclume est posée sur un billot de bois, avec un gros marteau posé dessus. Le Cousin Maître (leur Vénérable Maître) se tient derrière.
Au NE, NO, SE, et SO sont érigées quatre cabanes, constituées de trois perches attachées en partie supérieure symbolisant une structure de TIPI, comme les habitations indiennes.

Ces cabanes abritent quatre personnages appelés « Cabaniers » qui sont des symboles vivants.

La cabane N.E. est celle du Vigneron. Il est le symbole de l’hospitalité.
La cabane N.O. est celle de l’Ermite qui veille à la séparation du sacré et du profane.
La cabane S.E. est celle de la Mère Catault qui symbolise la terre et la propreté intérieure.
La cabane S.O. est celle de l’Ours qui symbolise la dangerosité de la forêt.

Des éléments inertes et des outils, spécifiques à chaque « Cabane » sont posés ou accrochés à la structure. Ils serviront au Cabaniers pour ses activités symboliques. A titre d’exemple on observe : Un bâton de pèlerin, une pomme, un broc d’eau, un flambeau etc. …Chacun de ces éléments prend un sens particulier lorsque le Cabaniers l’utilise.
Au centre un feu de bois est prêt pour l’allumage.
A l’extérieur, un sentier périmétral marque la limite entre le monde sacré et le monde profane.

Le décor étant planté, voyons comment se déroule une vente.
Lorsque les Cabaniers ont intégré leur cabane, que les bons cousins et les visiteurs (tous maçons, toutes obédiences confondues) sont assis sur les billots de bois (rassurez vous, chacun vient avec son coussin), le Vigneron procède à l’allumage du feu et l’Ermite ferme le temple en en faisant le tour par le sentier périmètral et dans le sens de rotation du soleil. La mère Catault peut maintenant consacrer le lieu en répandant de la terre vers le sud tout en invoquant « La Terre notre Mère ». Cette action est suivie par l’Ermite qui renverse de l’eau par terre en invoquant « L’eau du ciel, notre père ».

Il faut voir cela dans le sens Père fécondateur, sans aucune référence à dieu. Tout vient de la terre, mais chacun sait que la terre n’est pas fertile sans eau.
Le Vigneron se place ensuite devant le Cousin Maître pour la déclaration solennelle de la vente « LA RENOUÉE » en l’occurrence je vais vous la lire in extenso, elle en vaut la peine.

  1. L’homme est à nos yeux partie inhérente de la nature, il n’est pas son Maître. Nous tentons de dégager ce qui est propre à concilier les hommes avec la Nature, la comprendre et à vivre en harmonie avec celle-ci.
  2. Nous réitérons notre volonté d’inscrire notre vente dans la « Résurgence des Rites Forestiers ». Néanmoins, ayant pris conscience des lacunes involontaires du « Rite Maçonnique Forestier des Modernes », nous recherchons et étudions les pratiques forestières anciennes ignorées des BBCC refondateurs et amendons les nôtres en conséquence.
  3. Nous transmettons l’Initiation dans son principe fondamental hérité de la Tradition.
  4. Nous inscrivons notre démarche initiatique dans tous les domaines du sensible et du vivant.
  5. Nous déclarons partager les valeurs de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. Nous promettons de les respecter et d’engager ceux qui nous rejoignent à les respecter eux-mêmes.
  6. Nous souscrivons aux valeurs d’hospitalité, de générosité et de solidarité des premiers Fendeurs comme exprimées par les sept Anciens Devoirs des Fendeurs.

    – J’ai été nu et vous m’avez habillé.

    – J’ai eu soif et vous m’avez donné à boire

    – J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger

    – J’ai été en prison et vous m’avez libéré.

    – J’ai été malade et vous m’avez secouru.

    – J’ai eu froid et vous m’avez réchauffé.

    – J’ai été affligé et vous m’avez consolé

Viennent ensuite les BÛCHES et BÛCHETTES gérées par le Cousin Maître avec circulation de la parole autour du temple. Vous l’avez compris, les Bûches et les Bûchettes sont à rapprocher de nos Morceaux d’Architecture et de nos Planches symboliques.

Les sujets traités sont les mêmes que chez nous avec en principe un sujet d’actualité et un sujet qui touche au symbolisme.
Avant la clôture de la vente, tous les BBCC et les visiteurs font le tour du feu dans le sens de la rotation du soleil pour recevoir du Vigneron, un morceau de pain et un verre de vin.

QUEL MERVEILLEUX SYMBOLE !!!

Quel est l’origine de la Maçonnerie du Bois.
Comme pour la Maçonnerie de la Pierre, la naissance fut progressive et semble issue du compagnonnage donc de l’opératif. L’une comme l’autre en ont d’ailleurs gardé les outils comme symboles.

Avant l’arrivée du charbon, le bois avait une importance primordiale dans la vie et dans l’économie.

Le bois d’œuvre était le matériau des charpentiers, des menuisiers, des carrossiers, des tonneliers, et de la construction navale. Tous ces métiers représentaient l’utilisation noble du bois avec au sommet de la hiérarchie, « les Fendeurs ».
Le bois résiduel travaillé par les compagnons Charbonniers servait au chauffage, à la cuisson des aliments, au soutènement des galeries de mines, et à la métallurgie avec le charbon de bois indispensable aussi bien à l’élaboration qu’au forgeage des métaux. On utilisait également le charbon de bois pour la fabrication de la poudre noire, dite poudre à canon.

Bien avant le Moyen-âge on trouve déjà des traces d’organisations qui s’apparentent au compagnonnage aussi bien dans la filière bois que dans la celle de la pierre.
Au 14ème siècle, durant les troubles causés par la guerre d’indépendance de l’Écosse du temps de la Reine Isabelle, beaucoup de gens cherchaient dans les forêts refuge contre la tyrannie. Ils s’y occupèrent à la fabrication du charbon de bois et, s’introduisant dans les villages pour vendre leur produit, organisèrent des réseaux de partisans, « les acceptés ».
Ils habitaient, dans la forêt, des cabanes appelées Baraches de forme allongée et se donnèrent une constitution et des lois.
En France, au début du 16ème siècle, deux légendes, prétendues authentiques par leurs défenseurs, touchent François Premier :

La première : François Premier qui chassait aux frontières de son royaume, proche de l’Écosse, s’égara dans la forêt. Il demanda un abri dans une barache et fut bien reçu. Il fut initié, et s’institua le protecteur des bons cousins charbonniers.
La seconde : François Premier aurait été initié en Val de Loire. Toujours lors d’une partie de chasse il se réfugia pour se reposer, dans une cabane de charbonnier. S’étant assis sur le billot présidentiel du Père Maître, il s’en fit chasser sèchement du geste et de la parole : « Charbonnier est maître chez soi ! » d’où serait né le proverbe bien connu. Ensuite lors des Ventes, saluts et honneurs furent portés à François Premier.

En Italie et en Allemagne, au début du 16ème, les forêts se peuplèrent également de résistants opposés à la tyrannie des princes. Ces groupes à caractère politique s’unissent aux sociétés charbonnières. On peut y voir les origines du Carbonarisme.
Ces premiers Carbonaris avaient déjà pour se reconnaître entre eux : des signes, des mots, et des gestes. Leur gouvernement était un triumvirat élu pour trois années et présidant trois venditas, l’une législative, l’autre administrative et la troisième judiciaire. La vendita judiciaire était appelée « Alta Vendita » ou Grande Loge.
Le premier document officiel connu date du premier mai 1673. Il émane de Nicolas COLBERT évêque d’Auxerre qui menace d’excommunication les charbonniers et fendeurs, au motif qu’ils prêtent serment au cour de certaines cérémonies profanes. L’année suivante il réitère sa menace, en condamnant une « Société de Forgerons et de Charbonniers » au motif qu’ils font le serment de ne jamais révéler à qui que se soit le secret de leur métier.
Les forgerons et les charbonniers qui se considéraient comme des cousins de part leurs rapports de travail, se donnèrent entre eux le titre de « Bons Cousins ».

C’est au milieu du 18ème siècle qu’apparaissent les premiers rituels. (à titre de rappel : La constitution d’Anderson fut publiée en 1723)

– Début du 18ème : Rituel compagnonnique de l’Ordre des Fendeurs.

– 1747 : Rituel du grade de Fendeur ou de Bûcheron.

– 1747 : Rituel de la société des fendeurs du Chevalier de Beauchaîne. (Nous en reparlerons)

– 1751 : Rituel des bons compagnons fendeurs de la vente de Mâcon.

– 1770 : Rituel de l’Ordre de la fenderie dit du Grand Alexandre de la confiance.

– 1780 : Rituel du 22ème degré de Prince du Liban ou Chevalier Royal-Hache.

– 1790 : Rituel des Compagnons-Fendeurs de Bois

– 1795 : Rituel des Bons cousins Charbonniers de la Vente de la Forêt du Jura.

– 1807 : Rituel de la Carbonaria italienne.

– 1812 : Rituel des Compagnons Fendeurs-Charbonniers des Forêts du Roi d’Arras.

– 1820 : Rituel de la Charbonnerie française.

– 1834 : Rituel de la Vente de la Haute-Marne.

Leur analyse permet de se faire une idée de l’évolution rituelle. Le premier est l’aboutissement de traditions plusieurs fois séculaires, et tous les autres en découlent. Opératif et spéculatif y sont entremêlés sans oublier la religion qui y garde toujours sa place.

Revenons sur le Chevalier de Beauchaîne que l’on peut qualifier de mauvais Anderson de la Franc-Maçonnerie du bois. C’était un usurpateur comparable à Saint-Maurice « L’initiateur » qui conférait en une seule séance et pour six franc, tous les grades maçonniques dans sa loge du cabaret de la rue Saint-Victor, à l’enseigne du Soleil d’Or.

Beauchaîne se donnait le titre de Père-Maître et non de Cousin-maître, et organisait les réunions au « Chantier du Globe et de la Gloire ». C’était l’occasion de s’encanailler. En tenue de paysans et chaussés de sabots ils s’offraient une bonne pinte de prétendue gaîté populaire.
Pendant ce temps et souffrant de ces initiatives mondaines, les vrais forestiers continuaient à vivre dangereusement avec le soutien de leur rituel. Les opératifs bougent, les faux-spéculatifs s’amusent. Il convient toutefois d’apporter une nuance. Les Charbonniers bénéficiaient cependant d’un soutien occulte mais important des gouvernants car ils étaient le maillon indispensable à toute guerre.

Je m’explique.
L’artillerie utilisait des boulets que les armées étaient incapables de transporter en totalité, tant leur masse était grande. Tous les faibles moyens de transport étaient principalement affectés à la poudre et à l’armement. La seule solution consistait à les fabriquer sur place et pour fabriquer un boulet il faut de la ferraille récupérée sur place et du charbon de bois. Le génie était capable d’installer une fonderie en moins de 24 heures. Même les troupes de Napoléon étaient obligées de s’attirer les bonnes grâces des charbonniers qui avaient l’avantage d’être une corporation organisée.
Grégoire XVI et ensuite Pie IX dénoncèrent les liens entre la Franc-Maçonnerie et les Carbonaris « Haute Vente » qui soit disant, fomentaient un complot dans le but d’infiltrer l’église catholique.
Au XIX ème Siècle, trois types de ventes charbonnières vont coexister :

  1. Les charbonniers uniquement de métier
  2. Les charbonniers de métier qui ont accepté avec eux des membres extérieurs, des spéculatifs. On y retrouve ainsi des notables, des militaires. Ils pratiquent un rituel très chrétien. Un sous-groupe de cette représentation constituera un 4° grade de la F…M… . La démonstration est donné par l’ouvrage de Cauchard d’Hermilly ‘’ Des Carbonari et des Fendeurs Charbonniers ‘’ datant de 1822 et dont l’action se déroule à Arras.
  3. Les charbonniers uniquement spéculatifs, très politisés, avec une ossature de société secrète, anti royaliste, napoléonienne, puis anti napoléonienne, et même anarchiste, dont le Marquis De Lafayette sera le Père Maître. Elle intriguera en France pendant une cinquantaine d’années, elle est peut-être la mère de la seconde république en 1848. Elle va aider le mouvement de l’indépendance de l’Italie en influençant la création de la ‘’Carbonaria’’. Ses idées se propageront en Espagne, au Portugal, au Brésil. Elle pèsera sur le mouvement laïc en Turquie en ayant un ascendant auprès des confréries Soufis. Même la Perse (Iran) sera contaminée par ses idées, particulièrement ’’ la Société de la Fraternité ‘’ dont les armes sont deux petites haches entrecroisées soutenant un bol. Cette charbonnerie fera beaucoup de tort aux autres charbonneries, qui se fonderont au cours du XIX siècle dans la F…M… . Néanmoins, on peut affirmer que la philosophie de cette charbonnerie aidera l’un de ses membres, Proudhon à développer ses thèses sur les enjeux mutualistes : aider le voyageur, aider la veuve, aider les orphelins, aider les victimes d’accidents comme les incendies de maison par exemple. Les notions de mutualisme, voire de S.S. d’assurance, étaient nées. D’ailleurs, Briot créa la société d’assurance « le Phénix » en s’inspirant fortement de l’organisation des BBCC.

Au XXème siècle, la Franc-Maçonnerie du bois semble éteinte malgré quelques frémissements sans portée significative. C’est un lillois « René-Jacques MARTIN », qui le premier réorganisa une vente ‘’ le Chantier de la Grande Forêt des Gaules’’, dont l’objet était la restauration de l’initiation forestière et la protection de la forêt, avec comme texte de référence ‘’ Ragon et Brengues’’. René-Jacques Martin ne fit pas ou peu de travail sur les rituels et avec sa mort le mouvement s’éteignit. En 1983 quelques bulletins parurent sur « l’Ordre des Cousins Forestiers Rétablis’’, avant de disparaître. Ce n’est qu’en 1993, à la suite de plusieurs années de recherches, un groupe de F… M…participe, avec un mouvement druidique à la résurgence du ‘’Rite Forestier dit des Modernes’’, en activant une première loge appelée ‘’ les Forestiers d’Avalon ‘’ qui se transformera ensuite en première vente forestière donnant naissance à d’autres ventes, une dizaine à ce jour.
La Vente que j’ai eue l’occasion de visiter à trois reprises, s’appelle « LA RENOUÉE ». Elle travaille au rite forestier des Anciens et est animée par le Cousin-Maître « Luc CROIZE » Franc-Maçon du Grand Orient de France et présent ce midi sur nos colonnes.

Voici comment Luc définit sa Vente.

La Renouée avec son rite Forestier des anciens s’affirme comme étant une société initiatique à part entière, donc sans attache avec la Franc maçonnerie.
En refusant de se figer, son rite est évolutif. Il fuit tout dogmatisme. Il intègre dans la mesure du possible, l’héritage des anciens Forestiers.


Il ne se réclame ni du Druidisme, ni du Prophète des Forêts, ni du Panthéisme de John Toland, ni de l’Église Panthéiste Chrétienne, ni de l’Église d’Antioche, ni d’aucune tradition religieuse ou magique.


Il est simplement respectueux de la mémoire des Celtes, comme il se doit à l’égard de lointains ancêtres qui ont occupé les mêmes forêts.


Avant le « J’ai dits » je voudrais profiter de votre attention pour vous inciter à vivre une vente, vous ne le regretterez pas, c’est une belle et enrichissante cérémonie qui vous embarque dans une réflexion existentielle tout en vous replongeant dans la nature.

Cousin maître th b, j’ai buché,
(Vénérable Maître, j’ai dit.)

(VIDEO) Les secrets d’un initié lyonnais, Jean-Baptiste Willermoz

L’une des figures les plus fascinantes de l’ésotérisme et de la Franc-Maçonnerie lyonnaise au XVIIIe siècle est sans conteste Jean-Baptiste Willermoz qui créera le Rite Ecossais Rectifié à partir des enseignements du mystérieux Martinès de Pasqually et la structure maçonnique de la Stricte Observance Templière.

Dans cet épisode d’une exceptionnelle densité, Jean-Marc Vivenza retrace avec brio la longue vie de cet homme qui était convaincu que la Franc-Maçonnerie est détentrice de grands secrets d’une haute portée spirituelle. Loin des clichés qui font fantasmer les adeptes de la théorie du complot, l’érudition et la profondeur du récit de Jean-Marc Vivenza, nous montre le vrai visage d’une organisation discrète qui propose une authentique voie de réalisation spirituelle pour ce siècle et même les siècles à venir.

PRÉSENTATION DE VERTICAL PROJECT :

Vertical Project Media est une plateforme novatrice et fédératrice qui propose du contenu numérique et organise des événements publics tels que des colloques, des conférences et des ateliers de groupe, en lien avec les thèmes liés à la conscience et à son développement. Vertical Project Media est implanté à Lyon et notre collectif compte plusieurs membres et intervenants à travers le monde.

L’ESPRIT DANS LEQUEL NOUS TRAVAILLONS Vertical Project Media n’est pas seulement une plateforme numérique qui propose des colloques, des conférence et des ateliers. C’est beaucoup plus que cela. Il est en effet important de souligner que toutes ces activités sont fondamentalement animées par un ensemble de valeurs et d’idées que nous entendons promouvoir.

L’une des idées fondatrices de Vertical Project Media est que l’être humain est un être spirituel qui vit une expérience humaine, et non l’inverse. Il découle de ce postulat que nous accordons la primauté au spirituel, c’est-à-dire à la conscience et à ses formidables possibilités.

L’article « 15a » du Manifeste post-matérialiste qui est publié dans son intégralité ICI, va totalement dans ce sens : « L’esprit représente un aspect de la réalité tout aussi primordial que le monde physique. L’esprit joue un rôle fondamental dans l’univers, il ne peut être dérivé de la matière et réduit à quelque chose de plus basique ». 

En accord avec nos idées et nos valeurs, nous défendons toutes les propositions qui sont contenues dans le manifeste pour une science post-matérialiste rédigé par un groupe d’experts et de scientifique de niveau international. Nous mettrons donc tout en œuvre pour promouvoir le contenu de ce Manifeste qui est la base philosophique et scientifique du paradigme post-matérialiste dont nous avons besoin pour construire le monde de demain. 

Le Manifeste pour une science post-matérialiste est publié dans plusieurs langues sur le site Internet Open Sciences (opensciences.org). Plus de 300 scientifiques, philosophes, penseurs et médecins cautionnent les propositions du Manifeste.

Visiter le site Vertical Project

Laurent Kupferman en dédicace chez DETRAD

30 septembre 2021, à partir de 16h00, venez à la rencontre de l’auteur de Rassembler à la librairie DETRAD, 18 rue Cadet – PARIS 9e.

L’ouvrage :

RassemblerLa franc-maçonnerie : une voie vers soi et vers les autres

Laurent Kupferman ; Éditions Dervy, 2021, 128 pages, 16 €

L’auteur :

Laurent Kupferman est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués sur la franc-maçonnerie, entre autres, en collaboration avec Emmanuel Pierrat, Les Grands Textes de la franc-maçonnerie décryptés (First, 2010), Ce que la France doit aux francs-maçons et ce qu’elle ne leur doit pas (First, 2012), Le Paris des francs-maçons (Cherche-Midi, 2013) et, coécrit avec Jacques Ravenne, Les Aventuriers de la République – Ces francs-maçons qui ont fait notre histoire (Fayard, 2015). Laurent Kupferman est nommé Directeur des activités culturelles de l’agence de publicité Brand Station en mars 2018. Il est à l’initiative de la pétition « Osez Joséphine au Panthéon ! »

DETRAD vous propose aussi son service de « DÉDICACE EN LIGNE » et recevez votre ouvrage dédicacé par l’auteur. Rendez-vous sur www.detrad.com

ITALIE : Franc-Maçon Il est temps de remettre le tablier

De notre confrère expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Vous utiliserez le tablier toute votre vie et, à votre mort,

il sera déposé sur le cercueil destiné à garder votre cadavre et avec lui il restera sous terre. Faites que sa candeur vous exhorte toujours à la pureté des mœurs et à la droiture morale qui inspirèrent nobles actions, hautes pensées et grandes réalisations. Extrait d’un ancien rituel maçonnique

Le tablier du Franc-Maçon est blanc, symbole d’innocence et de pureté, qualités essentielles pour être admis à la Loge Céleste présidée par le Grand Architecte de l’Univers . Bordé de différentes couleurs pour distinguer les frères Apprentis et Compagnons, des Maîtres.

Plantagenet rappelle qu’il était à l’origine fait de peau d’agneau pour se souvenir de celle avec laquelle dans la légende biblique sont habillés Adama et Eve, contraints de quitter le Ciel et voués à la douleur.

Par rapport à cette dernière, il note :

[la douleur] n’est pas une malédiction pour l’homme, c’est la cause génératrice de son bonheur; celui qui découvrira le mystère des deux colonnes ne pourra en douter. Il apprendra aussi que le travail n’est une punition que s’il est poursuivi à des fins égoïstes ; pour qu’il soit une source inépuisable de joie, il faut qu’il soit aimé pour lui-même, qu’il ne soit pas dans la seule fonction de motifs dégradants, et voilà pourquoi le Tablier est blanc, immaculé et pur. En le conservant ainsi, chacun peut, à son niveau, réaliser cette perfection à laquelle aspire tout initié.

L’architecte Hiram Abif a dirigé les travaux de construction du premier temple à Jérusalem, il était l’enseignant et le guide moral de tous les constructeurs de moindre importance, à tous les degrés et à tous les niveaux. Il distinguait les attributions de ses ouvriers en trois catégories : les Apprentis, les Compagnons d’Art et les Maîtres Francs-Maçons : chacun, selon le travail qu’ils accomplissaient et l’effort qu’ils apportaient à la construction du Temple, était entouré de tabliers de peau d’agneau, pour se défendre contre les coups d’outils et d’éclats.

Le tablier d’Art est donc un élément historique de la tradition opérative , qui avec l’avènement de la franc-maçonnerie spéculative prend valeur de symbole initiatique.

L’utilisation dans sa forme et sa substance en tant que symbole rituel a ses racines dans les coutumes des Esséniens, et à partir de là, elle devient un « habitus » maçonnique. L’élément qui entoure les hanches, sans lequel il n’est pas permis de participer aux travaux rituels et sans lequel on ne peut se sentir Frères en Franc-Maçonnerie, est donc le symbole des symboles de l’ Institution.

Il se réfère également au corps physique dont l’esprit doit être revêtu afin de réaliser le Temple Universel ; selon d’autres, il aurait pour but de couvrir la partie inférieure du corps, siège des passions et des instincts, signifiant que dans le Temple seule la partie supérieure, celle qui est le siège des facultés spirituelles et rationnelles, doit participer intensément dans le travail.

Il rappelle au Franc-Maçon certains des Devoirs Anciens : protéger sa santé, agir comme il sied à un homme moral et sage et se comporter de manière équilibrée même lorsque la Loge est fermée car il est porté, réellement, lors des travaux en atelier, mais surtout il reste invisible même à chaque instant de notre vie profane.

Esotériquement donc, il représente le travail constant auquel le Maçon doit se consacrer ; la marque la plus caractéristique du franc-maçon qui a donc pour tâche de le garder pur.

Le poète Robert Burns, initié le 4 juillet 1781, entré dans la franc-maçonnerie parce qu’il croyait à la Fraternité des hommes et aimait toutes les créatures de Dieu, hommes et bêtes, lui dédie un de ses vers les plus célèbres :

Parmi les nombreux symboles, il y a un étrange vêtement
Avec des rubans, des tresses et des rubans ;
Que les rois et les princes le portent
Mais donnez-moi le tablier de Maître !
Le tablier honnête de l’artisan,
Le tablier animé du maçon,
Qu’il soit à la maison ou à l’extérieur
Avant que son toucher ne soit entravé et empêché,
Les portes de la fortune sont grandes ouvertes
Entrez mais portez le tablier !
Quant à la richesse et à l’honneur, à la dignité et au pouvoir,
Que les pierres sur lesquelles ils reposent soient pulvérisées ;
La Fraternité dominera le temps
Et tout maçon digne !
Chaque Maçon Libre et Accepté
Chaque Maçon de l’Art Ancien.
Alors, frères, qu’un sang vigoureux
coule dans les rangs de l’amitié !
Les enseignants et les enfants chantent joyeusement

À l’ancienne Loge avec le lien du tablier
Qui est porté par Maître Maçon !

Ragon, dans son Rituel de l’Apprenti Maçon , dit au néophyte :

Recevez ce tablier que nous portons tous, et que les plus grands hommes sont honorés de porter ; c’est l’emblème du travail : il vous rappellera qu’un franc-maçon doit toujours avoir une vie active et laborieuse. Ce Tablier, qui est notre tenue maçonnique, vous donne le droit de vous asseoir parmi nous et vous ne devez jamais vous présenter dans ce Temple sans en être vêtu, la bavette relevée.

La couleur blanche du tablier de l’apprenti établit l’étape précise dans laquelle se trouve le travail alchimique que le néophyte s’apprête à accomplir.

Lorsqu’on est initié aux entrailles de la terre représentées symboliquement par le cabinet de réflexion, on commence à se familiariser avec les éléments du Grand livre.

Le passage au grade de Compagnon implique le remplacement du tablier blanc par un autre qui diffère, dans notre institution, pour la bordure, qui est d’une autre couleur : le vert.

Ainsi, une autre communication est reçue : il est temps de continuer son voyage avec une autre phase du processus alchimique ; c’est un pas de plus vers la construction de l’ Art Royal .

Le vert a de nombreuses significations, mais, dans le cas du compagnon, cela signifie que, s’il est capable de manipuler correctement les éléments, il obtiendra une nouvelle pierre qui, contrairement à celle de l’apprenti, encore brute et imprécise, sera cubique et, toujours selon l’école alchimique, d’une belle couleur émeraude.

Ce que le compagnon, travaillant sur lui-même, tentera de trouver, avec des temps et des moyens adaptés à ses capacités, sera, en fait, l’émeraude des philosophes.

Le tablier continue de protéger les points d’énergie du franc-maçon, de rappeler ses principales fonctions à l’intérieur et à l’extérieur de l’atelier, mais surtout il communique le changement qui n’est certes pas matériel, mais placer à un niveau plus profond et plus subtil.

Il indique quel type de travail est en cours, comme cela s’est également produit dans la franc-maçonnerie opératoire, mais cette fois dans la spéculation. Finalement, il identifie le porteur avec la phase alchimique qu’il a vécue à ce moment précis.

À ce stade, je trouve naturel de faire une observation : peut-être qu’en plus des coutumes et des traditions anciennes, il y a une raison subtile pour laquelle les deux colonnes du temple maçonnique se font face.

L’apprenti, rituellement positionné dans sa colonne, a face à lui celle des compagnons comme pour se souvenir : travaillez sur vous-même, puisque votre travail doit continuer.

Même le compagnon reçoit un message du tablier porté par les frères du grade précédent, qu’il a toujours sous les yeux pendant la séance : souvenez-vous qu’en vous vous resterez toujours un apprenti .

Cette pensée trouve en moi sa représentation maximale dans un dessin peu connu de Goya, conservé au Prado, qui date probablement des dernières années de la vie de l’artiste et qui, selon certains, serait un autoportrait. Il représente un vieil homme à la barbe blanche flottante qui marche difficilement appuyé par deux bâtons, en haut à droite apparaît la courte écriture J’apprends encore , j’en apprends plus !

Le Volume de la Loi Sacrée

Le Manuscrit Lansdowne, Ancien Devoir de 1550, apporte cette précision : «Il en fit un livre sur la manière dont la science fut inventée. Et lui-même ordonna qu’on le lirait [en silence] ou à voix haute quand on ferait un maçon pour lui donner son Devoir… Alors un des anciens tient le livre afin que le ou les [récipiendaires] pose ou posent la main sur le livre et ensuite les préceptes doivent être lus» (p.75/105). Le «livre» présenté au nouveau maçon n’est pas la Bible, ni le Livre des évangiles, mais un «livre» de la Confrérie. Par contre les Moderns de 1717 (donc des spéculatifs) utilisaient bien la Bible en Loge pour le serment comme l’atteste le Ms  Simon and Philip. La note © du document indique : «leur main droite sur la Bible».

Dans les rites christiques ou déistes, c’est la Bible sur laquelle sont posés l’équerre et le compas croisés, ouverte au premier chapitre de l’Évangile de Saint Jean.

Le rituel de la Grande Loge des Anciens de 1751 à Londres appelle pour la première fois la Bible, le Compas et l’Équerre les trois grandes lumières, avec cette précision : « La Bible pour diriger et gouverner notre foi ; l’équerre pour mettre nos actions d’équerre ; le compas pour nous maintenir dans de justes bornes envers tous les hommes, particulièrement envers un frère.»  Les rituels successifs, imprimés depuis par la Grande Loge de France, jusques et y compris le rituel de 1984, encore en vigueur dans les années 90, consacrent le serment de l’apprenti «sur les trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie: le Volume de la Loi Sacrée, le Compas et l’Équerre» et précisent que «Le volume de la Loi Sacrée peut-être ouvert à tout endroit.»

Un volume de loi sacrée – généralement l’édition de 1611 de la version autorisée ou King James de la Sainte Bible dans les loges nord-américaines – doit reposer ouvert sur l’autel.

Divers livres considérés comme des volumes de la loi sacrée trouvent place sur les autels de la Maçonnerie dans les loges (recensés par Mariette Cyvard) : Védas, recueil d’écrits hindous, qui comprennent les quatre saints Beids de la Connaissance des Brahmanes ; Tripitaka(ou Triple Panier), comprenant les trois divisions canoniques des écrits de Bouddha ; Coran(ou Alkoran), qui contient les préceptes religieux et moraux des Musulmans et qui règle non seulement leur foi spirituelle, mais leurs transactions militaires, légales et civiques ; Tao Teh King, taoïste (le mot Tao signifiant «chemin») ; Livre de Confucius, connu sous le nom des Cinq classiques ; il traite des changements, de l’Histoire, des Rites, du printemps et de l’automne, etc, il est le livre sacré de quelques chinois ; Zend Avesta, unique livre de foi et de pratique des Perses et des Mèdes, se réfère à Zarathoustra (Zoroastre), qui réforma la religion des Mages (avesta signifie monde vivant).

Si ce volume est la Bible on l’ouvre de préférence à II Chroniques 2-5 ou à I Rois 6-7 où il est question de la construction du Temple de Salomon…»

Dans les faits tout s’ordonne en fonction des systèmes pratiqués, soit les Rites dits Anciens qui utilisent la base vétéro-testamentaire, soit les Rites, dits Modernes qui utilisent le Nouveau Testament. Les Trois Coups Distincts [séparés] de 1760, catéchisme des Anciens, stipule  que le Vénérable lui-même procède au positionnement du compas et de l’équerre, ainsi qu’à l’ouverture de la Bible, à la 2ème épître de Pierre pour les apprentis, au 12ème chapitre des Juges pour les compagnons, au chapitre 7ème  du premier Livre des Rois  pour les maîtres.

Mais il y a des variantes. Ainsi les anciennes Loges du Yorkshire ouvraient au 1er degré aux Psaumes,133 ; 2ème degré à Amos 3,7 ; 3ème degré à Ecclésiaste, 2, 12. Autre variante issue du Bristol : 1er degré  à Ruth,2 ; 2ème degré au Livre des Juges,12 ; 3ème degré à Genèse 1,4. Autre variante, toujours pour le système Ancien, pour les 3 Degrés aux Chroniques 2,6. Concernant le REAA, le Guide du maçon écossais, en son article 10, indique que la Bible est ouverte au 12ème Chapitre des Juges. Actuellement, seule l’ouverture du Nouveau Testament à l’évangile de St Jean est autorisée à la GLDF.

La présence de cet évangile est mentionné dès 1737 dans la divulgation du lieutenant de police Hérault,  choqué de ce qu’il considérait comme une profanation de l’évangile : «On a este indigné de voir qu’au milieu des puérilités, des indécences et même des choses irréligieuses de cette réception, on fasse prêter serment sur l’évangile de Saint- Jean».

Le Volume de la loi sacrée a été remplacé par un autre symbole, comme par les Constitutions dites d’Anderson, ou par les règlements généraux dans les rites laïcisés, parfois même, dans certaines loges, par un livre dont les pages sont blanches.

Dans le rituel du Rite Français moderne, utilisé en Belgique, il est dit :

«Que mettons-nous sous l’équerre et le compas, F/S 1er Surv ? VM, nous n’y mettons rien. Pourquoi avons-nous choisi de n’y rien placer, F/S Orat ? La pensée ne sera pas concrétisée sous l’équerre et le compas afin de ne pas en limiter l’expression.»

Compléter avec la lecture du texte de Louis Trébuchet, Le Volume de le Loi Sacrée, 2019.

PORTUGAL : Je vais promouvoir un débat large et approfondi sur les femmes au GOL

De notre confrère portugais ionline.sapo.pt

Carlos Vasconcelos, 43 ans, est le candidat qui représente la continuité de la direction actuelle de GOL. En tant qu’Assistant Grand Maître, il comprend que le moment est venu de gravir une marche.

La loi approuvée par l’AR, proposée par le PSD, sur l’obligation pour les titulaires de charges politiques et publiques de déclarer leur appartenance à des associations, s’applique-t-elle aux francs-maçons ?

A mon avis, ça ne s’applique pas. À mon avis, la loi exempte clairement de l’obligation la matière qui affecte les libertés politiques, comme la liberté de conscience. Or, comme cela est étroitement lié à l’affiliation maçonnique, à mon avis la loi ne s’applique pas.

Considérez-vous que le secret qui guide la franc-maçonnerie continue d’avoir un sens dans les temps nouveaux où la transparence est de plus en plus une exigence de la société ?

Dans une démocratie, la franc-maçonnerie n’est pas un secret. C’était secret quand il fallait défendre la démocratie. C’est juste le contraire. Dans une démocratie, le seul secret qui reste est le secret initiatique, qui se vit de l’intérieur et n’est donc pas transférable.

Que pensez-vous du fait que la Grande Oriente Lusitano continue de ne pas admettre de femmes parmi ses membres ?

Cette matière n’est pas une matière de la compétence du Grand Maître. Malgré cela, je suppose – et je suis en mesure de prendre l’engagement – ​​que je ne cacherai pas cette question, que je ne ferai pas semblant qu’elle n’existe pas, et que je favoriserai un débat large et approfondi sur la matière. Le Grand Maître étant le centre de l’union, il ne doit pas prendre parti dans ce débat, étant certain que la Grande Oriente Lusitano sera toujours à l’avenir ce que ses membres veulent qu’elle soit.

Les femmes doivent-elles continuer à être reléguées à une organisation maçonnique autonome ?

La manière dont la question est posée repose sur l’idée que la grande boutique féminine au Portugal a un statut mineur par rapport à la Grande Oriente Lusitano. Maintenant, je rejette cette idée du revers de la main.

Quel est le rôle de la franc-maçonnerie dans la société moderne. Et quelles sont les limites de votre performance ?

La franc-maçonnerie doit être une institution qui défend les valeurs démocratiques, les droits de l’homme – nécessairement, aussi, les nouveaux droits de l’homme émergents (comme l’environnement, l’utilisation des technologies de l’information, la bioéthique, ou l’intelligence artificielle, etc.) -, une élite morale, une avant-garde sociale intervenante, une institution qui promeut le mérite et une institution qui pratique la solidarité. Concernant les limites : pour moi, le respect de la loi et la sauvegarde de l’intérêt public sont pour moi.

Quel bilan faites-vous des mandats de Fernando Lima qui, en poste depuis 10 ans, s’avère être le plus ancien grand maître de l’histoire de la franc-maçonnerie ?

Le bilan est, de mon point de vue, positif dans la mesure où, au cours de ces dix années, le Grand Maître Fernando Lima a créé les conditions pour résoudre deux problèmes qui, de mon point de vue, sont au cœur du Grand Orient Lusitanien. Le premier est lié à la politique patrimoniale et à la création de conditions, d’un point de vue économique et financier, pour le renforcement du Grand Orient lusitanien – conditions qui permettront la mise en œuvre de projets plus vastes, permettant notamment la création d’emplois dans le domaine social, dans la société portugaise. Le deuxième aspect concerne un travail – qui, évidemment, n’est pas terminé – qui est très important du point de vue de la communication en ce qui concerne une certaine normalisation des relations entre la Grande Oriente Lusitano et la communauté.

Vivre à Guimarães ne vous empêchera-t-il pas de suivre la vie quotidienne de GOL ? Ou le fait d’être grand maître vous donne-t-il un avantage économique qui vous permet de passer plus de temps à Lisbonne ?

Le XIXe siècle est révolu depuis longtemps. Aujourd’hui, la réalité est différente. Je pense que tout le monde reconnaîtra, dans la Grande Oriente Lusitano, que j’ai toujours été proche de tout le monde quelles que soient les distances géographiques. Il n’y a pas de territoire dans lequel la Grande Oriente Lusitano est présente et a moins de dignité. Et l’obéissance n’en est qu’une : par conséquent, le grand maître de la Grande Oriente Lusitanien appartient à Guimarães, Lisbonne, le Nord, l’Algarve, les Açores, Madère, Cap Vert, Macao, il appartient à tous les membres de la Grande Oriente Lusitanian. Concernant la deuxième question : je n’ai jamais bougé par intérêts – en particulier dans la franc-maçonnerie. Je ne représente pas les intérêts. Je dois d’ailleurs dire que j’ai horreur des intérêts et, très franchement, si le plus important pour moi était les questions financières, je n’étais pas candidat.

Et le fait d’être un illustre inconnue dans la société ne semble pas être un inconvénient pour le poste ?

Quiconque pense que celui qui est grand maître adjoint de la Grande Oriente Lusitano – comme moi – n’a pas de relations parfaitement établies dans la société portugaise, ne connaît pas la Grande Oriente Lusitano. Évidemment, ces relations ne sont pas annoncées ou révélées car, naturellement, si je le faisais, je démontrerais que je n’étais pas préparé pour l’exercice du rôle pour lequel je postule, qui est le rôle de Grand Maître du Grand Orient lusitanien. . Quoi qu’il en soit, je ne peux manquer de dire que le grand défi est la notoriété et la reconnaissance publique de l’organisation – la Grande Oriente Lusitano et la Franc-Maçonnerie. Et c’est précisément dans cette notoriété que je m’engage à travailler.