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Mémoires d’un Alchimiste contemporain

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L’AUTEUR

BERNARD CHAUVIERE prend contact avec l’alchimie à l’âge de 16 ans en lisant le Matin des Magiciens de Pauwels et Bergier – Etude des  classiques de l’alchimie Philalèthe , Flamel ,Cosmopolite, et consort – Le Mutus Liber , Première correspondance  avec Eugène Canseliet Janvier 1976 puis visites
Rencontre avec Roger Bourguignon ,Robert Delvarre , puis Jean Laplace 1983, 1987.
Construction du four de fusion par Roger Bourguignon 1984 ,1985 –  Première récolte de la rosée1978 – Mise en route  du four de fusion et premier travaux au laboratoire- Correspondance avec Emmanuel d ‘Hoogsworth. 1993 ,1995

L’OUVRAGE 

Concernant le travail au laboratoire ( cf Fulcanelli & Canseliet)

* Nécessité absolue de travailler avec la matière préparée, afin de ne plus œuvrer avec l’antimoine vulgaire mais avec le plomb des sages, (assation)
* De là découlent certaines manifestations différentes du travail spagyrique, avec l’antimoine
* Ce qui permet par exemple l’obtention d’un vitriol différent quant à sa fusibilité notamment lors des sublimations
* Une constatation très intéressante aux sublimations, le vitriol devient magnétique alors qu’il ne l’est pas avant lesdites sublimation
* Suite à ce travail en commun avec un ami nous obtenons un bouton de retour, infusible ,de texture terreuse, non métallique, de forme elliptique que nous n’oserons pas appeler rémore étant donné que la quantité obtenue est relativement faible (2mm de diamètre environ) il faut donc traiter toute la masse afin d’obtenir une quantité plus importante. Examinée au microscope cette matière présente une couleur rouge sur une face et plus foncée sur l’autre.
* Restons prudent car en Alchimie il convient de rester humble et ne pas affirmer  des choses fausses et ne pas prendre des vessies pour des lanternes..

Le mot du mois : « RESPECT »

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« L’œil était dans la tombe et regardait Caïn », écrit Victor Hugo dans La Légende des siècles. Métaphoriquement, tout y est dit, ou presque, du respect.

Car on y repère le préfixe re- qui exprime la réciprocité, le retour sur soi, sur un chemin, sur un regard surtout.

De *spek-, sémantisme indo-européen qui signifie voir, regarder, le grec inverse les consonnes, *skeptomai, *skopeô, sans en modifier l’idée. Episcopal, le pouvoir de l’évêque, voire archiépiscopal sur l’archevêché. En seconde partie de nombreux mots, -scope permet le regard circulaire, périscope, gyroscope, il s’infiltre dans la cage thoracique, stéthoscope, traque le très petit, microscope, ou le très lointain, télescope. Du haut d’un rocher par exemple, *skopelos, donc un écueil. D’ailleurs, fouiller avec méfiance ne rend-il pas sceptique ?

Le latin, quant à lui, conserve l’ordre premier des consonnes, *specere, *spectare, *spectaculum. L’idée générale en est le spectacle sur l’espèce, la spécialité, sans forcément spécifier. Regard sur la belle apparence, même mensongère, du spécieux, sur le spectre, qui désigne la forme visible d’un mort qui réclame son dû de rituels de purification. Auspices divinatoires chez les Latins, dont les haruspices ont pour fonction d’observer et d’interpréter le vol des oiseaux.

Tout spécimen mérite observation, par son aspect. A l’oeil nu, ou encore grâce au *speculum, miroir médical ou plus métaphorique, qui autorise la spéculation, l’introspection, voire la circonspection.

Qu’attend-on de cette observation, cette inspection intime dans l’expectative d’une découverte inédite de soi ? Car mettre en autre perspective ses idées premières, ses présupposés, ouvre le champ d’une perspicacité au risque parfois d’un bouleversement inopiné, quand on joue impunément au prospecteur. En quête d’un autre horizon, d’une autre mine ? Pour quel trésor enfoui ? De quoi épicer une vie bien terne ? Gare au dépit de l’espérance déçue !

Ce qu’enseigne tout cheminement de vie, c’est qu’on n’échappe pas à l’Autre qui est à côté de soi, en face, derrière. Sauf à jouer à l’ermite en plein désert, aucun répit n’est loisible dans la cohabitation. Vivre suppose épier l’alentour, dans la bienveillance ou le soupçon, la suspicion du danger ou l’accueil chaleureux du partage. Ainsi autrui s’avère-t-il être un miroir – speculum toujours…!-, incontournable, bouleversant, irréversible. Autrui m’interdit la fuite, dès que je le vois, il m’observe en retour, appréciation mutuelle dans le re-spect au sens propre. Ainsi apprend-on à être respectable, digne d’être regardé. Le simple coup d’oeil dépasse déjà l’indifférence, la pitié ou le mépris en seront immédiatement sanctionnés en retour. Chaque regard induit la réciprocité et Caïn tente en vain d’échapper au miroir de sa culpabilité assassine.

Le respect nie définitivement la cécité.

Annick DROGOU

 

Respect, un mot qui tient debout tout seul. Rien à ajouter. À la rigueur, un qualificatif qui ne fait pas dans la nuance : total respect. C’est ainsi qu’à notre époque, on rend hommage à une action ou à un personnage. Comme par une interjection : total respect. Comme s’il n’y avait rien à commenter, comme si toute explication pouvait amoindrir l’hommage. Reconnaissance. En exprimant du respect, j’affirme ce que j’ai reconnu comme respectable.

Le respect suppose de l’admiration, de la considération, une nécessaire distance. Mais il n’est pas pour autant une passive soumission. Celui qui l’exprime fait preuve lui-même d’autorité en formulant ce jugement. Quiconque est capable de dire son respect à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose, apporte la preuve qu’il en sait la nature, même confusément. Et quiconque a conscience de ce qu’est le respect, commence par se respecter soi-même. Comme un signe de civilisation, bien plus que de civilité.

Le respect est de l’ordre du sacré. Le sacrilège est son contraire. Respect pour ce qui nous touche et que l’on n’ose toucher. Sublime respect. Qu’est-ce que je respecte, et qui ? S’il induit une certaine distance, il ne supprime pas l’amour. Il est toujours une réponse. Je respecte ce qui m’est important, ce que je prends en considération, ce que j’aime et avec qui je crée une relation. Respect de mon frère que je sais sacré. Dans notre égale dignité et notre commune vulnérabilité.

Jean DUMONTEIL

Missak Manouchian, à quand la patrie reconnaissante ?

C’est grâce à Libération, grand quotidien fondé sous la protection de Jean-Paul Sartre et Maurice Clavel, que nous apprenons l’initiative « Missak Manouchian au Panthéon ».

Cette campagne, portée par un comité de parrainage, s’étoffe d’un comité de soutien. Nous y notons quelques Francs-Maçons connus et reconnus !

De nombreuses personnalités, des parlementaires, des associations, signataires de ce texte, se joignent à cette démarche et signe « Missak Manouchian au Panthéon ».

S’agissant d’une noble cause, si tel est votre désir, à votre tour, vous pouvez vous associer à cette œuvre de mémoire et d’avenir https://manouchian-au-pantheon.org et signer la pétition « Et ce sera justice » https://bit.ly/3h58oMN

Comité de soutien, extrait :

Pierre-Marie Adam, Grand Maître de la Grande Loge de France ;

Philippe Foussier, journaliste, ancien Grand Maître du Grand Orient de France ;

Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain ;

Georges Sérignac, Grand Maître du Grand Orient de France.

Concernant les Grands Maîtres en exercice, nous ne savons s’ils signent en leur nom propre ou s’engagent au nom de leur Obédience respective. Ont-ils reçu mandat pour cela ? En tout cas, à ce jour, rien ne transpire sur les sites des deux Obédiences concernées…

Société fraternelle des Amis de l’égalité

Parmi les associations signataires, nous relevons la Société fraternelle des Amis de l’égalité, fondée le 13 juillet 2021 et soutien de Fabien Roussel, candidat du Parti communiste français à l’élection présidentielle, dont l’objet est de réunir des frères et des sœurs qui sont intéressés par la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité parce qu’ils sont membres d’une des obédiences maçonniques figurant dans la Liste des Traités d’Alliance Maçonnique tenue à jour par le Conseil de l’ordre du Grand Orient de France.

Sources : https://www.liberation.fr/

EUROPE 1 : Quel rapport entre le maçon du bâtiment et le franc-maçon ?

De notre confrère Europe 1

Rarement un métier aura suscité autant de fantasmes, en l’occurrence par la grâce des francs-maçons qui, depuis deux ou trois siècles, ont su créer une imagerie ésotérique et secrète. Et pourtant, le lien entre le bâtisseur de nos maisons et les membres d’une loge n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire de prime abord. N’en reste pas moins une profession qui constitue, par essence, la base de toute construction depuis les temps immémoriaux.

Rarement un métier aura suscité autant de fantasmes, en l’occurrence par la grâce des francs-maçons qui, depuis deux ou trois siècles, ont su créer une imagerie ésotérique et secrète. Et pourtant, le lien entre le bâtisseur de nos maisons et les membres d’une loge n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire de prime abord. N’en reste pas moins une profession qui constitue, par essence, la base de toute construction depuis les temps immémoriaux.

Et l’étymologie du vocable est là pour nous le rappeler si besoin était, car empruntée à l’ancien bas francique (la langue des Francs, nos ancêtres barbares) makôn, qui signifie faire, qui nous a donné machio en latin, le maçon.

Une histoire construite pierre après pierre.

A l’évidence, il s’avère impossible de retracer l’histoire de la maçonnerie à travers les âges sans y consacrer quelques dizaines de volumes ! Car depuis les premières cabanes en rondins, puis les édifices faits de briques et de pierres scellées par un mortier quelconque qu’on retrouve évidemment chez les Egyptiens mais aussi chez les Assyriens et les Hébreux, quel chemin parcouru. Sans compter les Grecs qui y ajoutèrent le raffinement du marbre, largement repris par les Romains.

Une caste singulière.

Au Moyen-Age, les artisans et les commerçants sont appelés les « gens de métier » et se montrent plus ou moins nombreux selon les besoins de la ville dans laquelle ils officient. Chez les maçons, un maître, propriétaire de son atelier, de ses outils et de ses matières premières, se fait aider par des apprentis et par des compagnons, ces derniers souvent salariés à la tâche ou au temps passé. Des compagnons qui partagent la vie de leur maître qui doit leur assurer gîte et couvert, avant de s’installer à leur compte après quelques années d’un tel compagnonnage. Un maître qui pouvait se montrer nomade à l’occasion en passant d’un chantier à l’autre. Et qui bien souvent reprenait le rôle de l’architecte.

Saint-Blaise, patron des maçons

C’est au bas Moyen-Age, au XIVe siècle, que les choses évoluèrent en raison d’une conjoncture économique difficile. Chaque métier voulut alors se protéger d’une concurrence plus ou moins déloyale en se réunissant en corporation, en guilde, bref en une organisation qui imposerait des règles à tous, se plaçant sous la protection d’un saint. Et c’est certainement cet esprit de compagnonnage, qui n’a pourtant rien de commun avec une confrérie, qui a fait se confondre loge maçonnique et artisan du bâtiment.

Une hiérarchie s’installe.

Au XVIIe siècle, on appelait maçon, et parfois masson, un ouvrier chargé de tous les ouvrages où entrent en jeu la brique, le plâtre, la pierre et toute autre matière semblable. La hiérarchie du bâtiment était alors dominée par l’architecte, puis par le maître-maçon, le maître-compagnon, l’appareilleur, le tailleur de pierres, le poseur, le scieur, le compagnon maçon, le limousin (affecté au mortier), le manœuvre et, enfin, tous les aides. Sans compter les innombrables spécialités avec autant de professions afférentes comme les ouvriers du moellon, de la brique, etc.

Une profession reconnue.

C’est avec beaucoup de retard, en 1835, que l’Académie française reconnaîtra le titre de maître-maçon, celui qui dirige, surveille et répond de l’ouvrage commun. Hasard ou coïncidence, c’est dans la même édition de son dictionnaire qu’apparut le parallèle avec le franc-maçon.

Evidemment, la Révolution fera disparaître toutes ces corporations et autres guildes professionnelles mais pas la hiérarchie du métier puisque au maître-maçon a succédé l’entrepreneur en bâtiment, et au compagnon l’ouvrier maçon chargé des travaux de maçonnerie tel que nous le connaissons aujourd’hui…

Les francs-maçons.

Si le métier de maçon existe depuis toujours, il en va autrement des francs-maçons qui n’existeraient que depuis le XVIIe siècle avec quelques probabilités au XVIe siècle. Donc, pas de loges et de secrets initiatiques au Moyen-Age aux temps des grands bâtisseurs, même si les symboles de l’équerre et du compas de la franc-maçonnerie ont pu semer le doute.

Pour ajouter à la confusion, on notera que l’adjectif franc qui était utilisé au sens de libre à l’époque médiévale, qualifiait ceux qui ne payaient pas de taxes locales car dépendants d’un seigneur, de l’Eglise ou du domaine royal (comme les francs-bourgeois). Il est donc possible qu’à cette même période des maîtres-maçons, bâtisseurs de cathédrales, fussent également exemptés de certaines charges et que, dès lors, ils s’appelèrent francs-maçons.

Ce qu’ont bien compris les francs-maçons des temps modernes qui ont repris l’idée d’un patrimoine commun, des connaissances transmises à des initiés cooptés après une période d’apprentissage, d’une fraternité dédiée aux œuvres charitables et mutualistes, chères aux maîtres-maçons d’antan.

Les bons « Compagnons » d’Agnès

Un film initiatique ? En tout cas, une façon de (re)découvrir les valeurs du compagnonnage : amour, fraternité, loyauté, courage, vérité, humilité… La bande annonce (Cliquez ici)

Le synopsis :

« À 19 ans, passionnée de street art, Naëlle est contrainte de suivre avec d’autres jeunes un chantier de réinsertion, sa dernière chance pour éviter d’être séparée de ses proches. Touchée par la jeune fille, Hélène, la responsable du chantier, lui présente un jour la Maison des Compagnons de Nantes, un monde de traditions qui prône l’excellence artisanale et la transmission entre générations. Aux côtés de Paul, Compagnon vitrailliste qui accepte de la prendre en formation dans son atelier, Naëlle découvre un univers aux codes bien différents du sien… qui, malgré les difficultés, pourrait donner un nouveau sens à sa vie. »« Compagnons »

Najaa, artiste interprète – Source agencesartistiques.com

Un film de François Favrat, par Johanne Bernard, François Favrat et avec Najaa, Agnès Jaoui, Pio Marmaï.

Le CompagnonnagE :

Rappelons qu’en novembre 2010, le Compagnonnage a été inscrit sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO en tant que « réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier ».Le système français du compagnonnage est un moyen unique de transmettre des savoirs et savoir-faire liés aux métiers de la pierre, du bois, du métal, du cuir et des textiles ainsi qu’aux métiers de bouche. Son originalité tient à la synthèse de méthodes et procédés de transmission des savoirs extrêmement variés : itinérance éducative à l’échelle nationale (période dite du « Tour de France ») voire internationale, rituels d’initiation, enseignement scolaire, apprentissage coutumier et technique. Le mouvement du compagnonnage concerne près de 45 000 personnes qui appartiennent à l’un des trois groupes de compagnons.

Source : https://www.allocine.fr/

ESPAGNE : La vie de Perón lors de son exil à Madrid – La Franc-maçonnerie, le mépris de Franco et le mystère du cadavre mutilé d’Evita

De notre confrère espagnol elmundo.es – Par XAVIER CID

Salvador Ros a rencontré l’ancien président argentin en 1966. Avec lui, il a lancé plusieurs entreprises d’exportation, devenant son bras droit lors de la résidence du couple Perón en Espagne. À 89 ans, il se souvient avec une précision d’horloger des nombreux secrets de cette période particulière du grand politicien argentin.

On dit que dans ce chalet de la Puerta de Hierro, il n’y avait pratiquement pas de luxe, ni d’histoires d’amour, ni d’agitation. Juan Domingo Perón vantait son exil à Madrid avec sa troisième épouse , Isabelita, lors des interminables années du franquisme. « La seule œuvre d’art dans cette maison, c’est moi », a-t-il avoué dans une interview où il se vantait de ses tâches domestiques et de sa vie austère . A la mort d’Evita et loin de l’Argentine , Madrid a dépouillé l’immense général de ses galons et de sa grandeur, le réduisant aux divertissements d’un bourgeois. « Il jouait avec ses deux chiens caniches, Puchi et Kimona, il lisait, il faisait du yoga, il aimait la viande à moitié crue… », explique Salvador Ros (89 ans), collaborateur et bras droit de Perón, dans les années 1960. « Nous nous consacrions à l’exportation de vêtements ou de jouets, mais il était nul en affaires. En Argentine, beaucoup pensaient qu’il était pourri d’argent, mais il n’a jamais gagné un sou.».

-Et de quoi vivait un homme qui avait tout eu, même la femme la plus célèbre du monde, et qui n’avait presque plus rien ?

-Jorge Antonio, millionnaire argentin et âme du péronisme également en exil, lui fournissait un salaire . Mais cet argent l’a discrédité car il était d’origine douteuse. La mafia, les virées de Jorge Antonio…

– Franco ne vous a pas aidé ?

-Franco ne l’a même pas écouté.

Ros récite comme un tango de vers colériques le mépris du caudillo envers son associé Juan Domingo . Comme cet après-midi, avant un défilé de mode hispano-argentin au Palais des Congrès, sur l’avenue du General Perón. «Carmen Polo** l’a présidé, mais comme Isabelita et elle ne se connaissaient pas, les responsables du protocole ont estimé qu’il n’était pas approprié que la première rencontre ait lieu sur un podium de mode et ils ont laissé le couple Perón à la porte . Ils leur ont interdit d’entrer ! Ils sont restés plantés là, Juan Domingo Perón et sa femme, sur l’Avenue du General Perón».

C’est peut-être l’image la plus représentative du plus triste des exilés. de la longue succession d’histoires des années madrilènes de Perón. C’est au cours des 13 années qu’il vécut dans la capitale que l’ancien président a été initié à la franc-maçonnerie, lors d’une cérémonie dans le même chalet de la Puerta de Hierro. Il l’a fait à l’instigation de López Rega, alias El Brujo , alors son assistant et plus tard ministre de la protection sociale en Argentine. « Ce type était un démon, il s’amusait toujours avec des transcriptions ésotériques », explique-t-il. « J’ai voulu faire d’Isabelita une seconde Evita et j’ai utilisé toutes sortes de rituels pour y parvenir. Une fois, il a même prétendu que Perón avait un cancer et, que selon lui, il l’avait transféré à l’un de ses chiens.

C’est là qu’entre en scène la légende noire du cadavre d’Evita , embaumée dix mois après sa mort en 1955, enlevée, enterrée et exhumée lors d’un étrange pèlerinage qui s’est terminé en 1971. Cette année-là, la dépouille d’Eva Perón parvient enfin à Madrid (mutilée et entassée), à la résidence de Juan Domingo. « On dit que López Rega a organisé des séances de spiritisme dans le chalet pour transférer son esprit à Isabelita », se souvient Ros.

– Juan Domingo a-t-il jamais surmonté sa mort ?

-Evita il n’y en avait qu’une et Perón en était très conscient. Une fois, après une dispute, je l’ai entendu crier à Isabelita : « Je t’ai déjà épousé, ne m’en demande pas plus . « 

Ros se souvient également de la première maison du couple sur la rue du docteur Arce, d’où ils ont dû déménager à cause d’Ava Gardner : « Elle était sa voisine du dessus et la nuit, à force d’organiser des soirées avec des toreros et des artistes, elle ne les laissait pas dormir. « 

À Puerta de Hierro, enfin loin des bacchanales du plus bel animal du monde, le couple d’exilés s’est abandonné au silence des montagnes du Pardo, seulement brisé par le gazouillis inlassable de 20 canaris, le caprice d’Isabelita, dans la cage qui présidait au centre de la cuisine .

*Juan Domingo Perón 1895-1974 ancien président argentin

**Carmen POLO est l’épouse du général Francisco Franco, dictateur espagnol de 1936 à 1975.

Gloire au Travail ? Mon œil ! Quel avenir pour l’emploi salarié ?

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En Diafoirus de l’économie qu’ils sont, les candidats à la présidentielle prétendent avoir des remèdes pour l’emploi, parfois aussi pertinents que le clystère ou la saignée, comme augmenter le temps de travail sans augmenter les salaires. Mais aucun encore ne s’est posé la question de la pertinence du fait même de devoir travailler ni de celle du fait de pouvoir vivre décemment de son travail.

Comme chaque semaine, je fais mes courses, et comme j’habite dans une grande métropole, je les fais en général chez les petits commerçants de mon quartier. Et puis, la fréquentation des grandes surfaces a un effet traumatisant pour le vieux misanthrope que je deviens. Et après avoir fait les courses, je fais mes comptes. En les comparant d’une année sur l’autre, j’ai constaté une augmentation nette sur certains produits alimentaires. Certes, pas de quoi non plus me mettre sur la paille, mais suffisamment pour que je me pose la question du salaire. D’où une relecture attentive de cet excellent reportage dessiné, le choix du chômage, dans lequel on apprend que pour faire plaisir à l’Allemagne, pardon, pour se conformer à un traité européen, les salaires ont été désindexés des prix. Car oui, il fut un temps pas si lointain pendant lequel lorsque les prix variaient, les salaires du secteur privé comme du secteur public variaient en conséquence. Mais depuis une trentaine d’années, ce n’est plus le cas, particulièrement dans le secteur public : les salaires sont gelés depuis la mandature Sarkozy, et n’ont pas bougé depuis (malgré un effort minime sous la mandature Hollande). Le problème est que les prix n’ont pas stagné, eux. Donc malgré les allégations répétées à l’envi des éditorialistes divers, le « pouvoir d’achat » est un problème majeur, dans le sens où il s’agit de survie des personnes. Et ce n’est pas le fait d’acheter tel ou tel gadget ou vêtement à la mode. Il s’agit du prix des fournitures alimentaires, de l’énergie et du logement. Il est déplorable que seule l’extrême-gauche évoque la question du pouvoir d’achat (et encore…) quand les candidats plus modérés nous inondent de discours creux, emplis d’idéologies mortifères. Et parmi ces idéologies mortifères, il y a le sempiternel « les français ne travaillent pas assez ». Certes. Allons dire ça aux personnels médicaux hospitaliers, aux enseignants ou aux policiers (souvent amenés à taper sur les premiers, soit dit en passant) et voyons ce qu’ils en pensent. Entre les uns qui veulent conserver les « 35 heures », d’autres qui veulent les supprimer sans pour autant augmenter les salaires, aucun candidat à la magistrature suprême ne se pose une question plus profonde, la plus importante, peut-être : quid du bien-fondé de l’emploi salarié?

En fait, les points soulevés par les personnes politiques de tout bord tournent autour de l’aménagement de la nécessité de l’emploi, mais aucun ne s’est encore posé la question de l’emploi en tant que tel. Durant les années 30, John Maynard Keynes affirmait qu’il serait possible de ne travailler que quinze heures par semaine grâce aux progrès techniques. On en est loin, mais nous avons désormais des bullshit jobs qui donnent davantage l’impression qu’on cherche à occuper les travailleurs à des tâches absurdes mais bien, voire très bien payées. Et pendant ce temps, les premiers de corvée…

On retrouve ici la loi d’airain du capitalisme, telle que formulée par le regretté David Graeber : plus un emploi est utile ou important pour la société, moins il est reconnu et rémunéré. A ceci s’ajoute ce paradoxe : nos trop chers dirigeants promeuvent cette profonde ineptie qu’est la « valeur travail ». Je suis sûr qu’une femme enceinte appréciera la « valeur travail »… Les mêmes qui font la promotion jusqu’à l’incantation de cette « valeur travail » sont aussi les premiers à militer et agir pour réduire le coût du travail. Tel est le delenda carthago de notre méprisable oligarchie: réduire le coût du travail pour augmenter leurs profits pour permettre aux dirigeants de vivre (confortablement) du travail des autres, qui, eux ne vivent plus des fruits de leur travail… A se demander quelle est la valeur réelle de cette « valeur travail »…

Or, changer ce cadre légal du travail (travailler moins, avec des salaires indexés sur les prix) est actuellement inimaginable pour nos dirigeants, qui ont fait leurs les pires théories du néolibéralisme : celles de Friedrich Hayek, Alan Greenspan, Jean Tirole ou Milton Friedmann. Mais dans la mesure où travailler moins serait mieux pour tout le monde, mais aussi pour l’environnement, la santé etc., la question devra impérativement être posée avant que les excès de notre civilisation industrielle produisant pour la consommation ne rendent la vie impossible. A moins que les mêmes dirigeants ne préfèrent se garder la possibilité d’une île face à la catastrophe qu’ils auront contribué à engendrer…

A propos du fait de travailler moins, la littérature commence à grossir à ce propos. Je vous encourage à lire le très intéressant Travailler moins pour vivre mieux de la jeune philosophe Céline Marty, qui démontre que ce qu’on appelle travail (et qui correspond à l’emploi) est en fait une forme d’idéologie qui doit être déconstruite en tant que telle si nous voulons espérer survivre.

Avec la question délicate de l’emploi se pose aussi la non moins délicate question du chômage. Dans une perspective purement idéologique, le gouvernement a durci les conditions d’accès au droit à une indemnité pourtant souscrit dans le cas d’une assurance (car oui, les indemnités de chômage sont un droit ouvert par une cotisation à une assurance garantissant le maintien d’un certain niveau de vie), mais aussi renforcé le contrôle des chômeurs, pour bien leur faire comprendre que ne pas travailler, c’est vilain. Vision intéressante, et anglo-saxonne : ce qui arrive à l’individu est de sa faute, uniquement de sa faute. Sauf que… Quand les emplois à pourvoir ne sont que de vagues missions de quelques jours mal payées, qui ne remboursent même pas les frais de voyage du travailleur, quand des usines ferment les unes après les autres, comme l’usine SAM à Décazeville, détruisant le tissu socio-économique d’une ville et son environnement, quand des salariés doivent choisir entre se nourrir ou se chauffer, il n’est tout simplement plus imaginable de continuer ainsi. La question de l’emploi, du prix de l’emploi, du coût de la vie, du fait de vivre décemment du fruit de son travail mais aussi celle du fait de travailler doit impérativement être posée et une réponse politique d’envergure doit y être apportée, avant que la quête de réponse ne devienne une insurrection.

A propos de réponse, que doit-on penser du chèque énergie de 100 Euros qui va être distribué à 40 millions de personnes (soit plus de la moitié de la population active et non active) ? N’est-ce pas là un aveu d’échec des différentes politiques menées depuis 40 ans? Autrement dit, n’avons-nous pas volontairement appauvri la majorité de la population, au nom de principes douteux et de l’intérêt de quelques uns, ces fameux oligarques qui incantent leur « valeur travail » ?

La réduction du coût du travail a mécaniquement engendré la pauvreté de la population de la 5e puissance mondiale. J’ai envie de dire : « bravo » à ces générations de caciques hors sol : bravo pour la destruction du tissu industriel, bravo pour la perte de souveraineté de l’Etat, bravo pour la croyance aveugle en « la main invisible du marché » et son autorégulation etc. Bravo pour ces décisions d’envergure, dont nous payons littéralement le prix aujourd’hui. Jusqu’à quand ? Vous pensez que j’exagère ou que je fais le jeu des extrêmes ? Je vous recommande plutôt la lecture de cet intéressant petit document, une source on ne peut plus sérieuse : le récent rapport du Haut Commissaire au Plan qui nous parle du commerce extérieur, mais pas que. Les délocalisations, fermetures d’usine etc. ont été véritablement catastrophiques, et nous ne sommes plus en mesure de produire grand chose sur notre sol.

Le problème est justement ce manque d’envergure qui fait défaut aux technocrates minables qui nous dirigent ou qui veulent nous diriger, parfois hors de tout processus démocratique. Notons que dans ces processus absurdes, il a été décidé de procéder lors la création de la « zone Euro » à une modération des salaires. Etrangement, personne n’a encore parlé de réguler les prix. Il est vrai que les technocrates intoxiqués depuis des générations à la « concurrence libre et parfaite » et aux théories puantes des Greenspan, Friedmann et autres charlatans croyaient à l’autorégulation des prix par la concurrence non faussée. Certes.

Il est malheureux que personne ne leur ait expliqué (ou qu’ils n’aient pu concevoir) que la catallaxie, la mise à l’ordre spontané, relevait de la pensée magique, un peu comme un sortilège de Mary Poppins pour ranger la chambre des enfants Banks.

Autrement dit, l’augmentation rapide des salaires, pourtant nécessaire au maintien du nouveau de vie (à plus forte raison en temps d’inflation) n’est juridiquement pas possible. Par contre celle des prix… En attendant, l’échec de cette politique, symbolisée par l’aumône du chèque-énergie, n’aura pour effet que d’appauvrir une bonne partie de la population et d’accroître leur ressentiment, faisant ainsi véritablement le jeu des extrêmes de tout bord.

Préoccupation politique n’ayant rien à voir avec la Franc-maçonnerie, me diront certains. Malheureusement, non. Des Frères de ma Loge sont en grave, voire en très grave difficulté financière du fait des crises multiples que nous connaissons. Le Tronc de Solidarité finance une partie de leurs capitations et les aide à se maintenir, mais cette aide n’est pas inépuisable. Il n’est pas envisageable de laisser des Frères et Soeurs sur le carreau pour de simples questions de moyens, surtout quand ceux-ci ont perdu leurs emplois. Plus que jamais, nous aurons besoin de solidarité, cette valeur que mettent pourtant à mal les sociopathes minables « ni de gauche ni de droite » vendus au grand capital et qui ont trop souvent montré leur allégeance à des intérêts privés au détriment de l’intérêt public.

Mais la vraie question qui me taraude est plutôt celle-ci : au-delà de ces querelles partisanes, nous autres, Francs-maçons, aurons-nous encore un rôle à jouer? Ou bien aurons-nous été engloutis par la vague sombre qui se profile ?

Je vous embrasse.

PS important : à l’heure à laquelle j’écris ces lignes, un journaliste est otage quelque part au Mali. Le journaliste Olivier Dubois a été enlevé le 8 avril 2021 et est actuellement le dernier otage français connu. Il est nécessaire, au-delà de tout clivage partisan, de le soutenir, ainsi que sa famille.

IRLANDE : Les francs-maçons demandent un permis de construire pour étendre le Temple de Cork dans le parc Evêque Lucey

De notre confrère irlandais irishexaminer.com – Par ALAIN HEALY

La Grande Loge provinciale de Munster a déclaré que le bâtiment manque pour les personnes à mobilité réduite.

La Loge des francs-maçons de Cork a déposé des plans auprès du conseil municipal pour demander l’autorisation d’une extension de quatre étages de leur bâtiment historique dans le parc Evêque Lucey.

La Grande Loge provinciale de Munster a déclaré qu’elle demandait l’accord du visant à lui permettre d’installer un nouvel escalier et un ascenseur pour améliorer la sécurité incendie et l’accès pour tous dans le bâtiment.

À l’heure actuelle, l’emplacement de l’extension proposée dans le parc est une zone dédiée aux victimes de la catastrophe de Tchernobyl qui comprend environ 25 arbres et une plaque.

Le Temple Maçonnique donne sur Tuckey Street et occupe un bâtiment construit en partie au XVIIIe siècle, qui a connu un certain nombre d’ajouts et de modifications ultérieurs aux XIXe et XXe siècles. Ces dernières années, il est devenu un lieu populaire pour les événements culturels de la ville et de ses propres membres, accueillant jusqu’à 2 500 visiteurs lors d’événements tels que les journées portes ouvertes du patrimoine et les nuits de la culture.

Dans le cadre de sa demande, l’organisation a déclaré que le bâtiment n’avait actuellement pas d’accès pour les personnes à mobilité réduite et nécessitait des améliorations en matière d’évacuation en cas d’incendie. « Un accès secondaire par le parc Evêque Lucey adjacent permettrait également au bâtiment de mieux répondre aux besoins d’un grand nombre de visiteurs lors d’événements culturels », indique la demande.

David J Butler, le grand bibliothécaire et archiviste provincial des francs-maçons, a déclaré avoir assuré la liaison avec le projet de Tchernobyl en ce qui concerne leur bosquet de bouleaux commémoratif qui, selon eux, serait en grande partie rétabli.

Lors de discussions préalables à la planification, les urbanistes de l’hôtel de ville ont déclaré qu’il s’agirait de la première autorisation de ce type à empiéter sur le parc et ont déclaré qu’ils devraient justifier en quoi cela pourrait être un développement positif pour le parc.

Si la demande reçoit l’approbation des urbanistes, la proposition sera présentée aux conseillers municipaux pour leur approbation car elle nécessitera une modification substantielle du plan de développement de la ville de Cork.

Franc-maçonnerie au Québec – Visite du Temple de Montréal en VIDÉO

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Expédition pour visiter le temple maçonnique de Montréal avec Hervé Gagnon et Myriam Wojcik – Avec: Laurent Turcot, professeur en histoire à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Canada – Hervé Gagnon et Myriam Wojcik.

Le temple maçonnique de Montréal (Montreal Masonic Memorial Temple) est le principal lieu de rassemblement des maçons montréalais de la Grande Loge du Québec. Ce temple maçonnique, inauguré en 1930, est situé au 1850 rue Sherbrooke ouest. Il a été conçu par l’architecte John Smith Archibald dans le style Beaux-Arts. Ce bâtiment est classé au répertoire du patrimoine culturel du Québec.

L’édifice fut construit en 1928 et 1929 par l’entreprise générale E.G.M. Cape Co. Ltd. L’architecte John Smith Archibald, le partenaire de Charles Saxe, en dessina les plans. Les marbres, la tuile et le terrazzo furent posés par l’entreprise Smith Marble Construction Co. Ltd. Son ouverture a un grand retentissement sur le monde de l’architecture canadienne. l’Institut royal d’architecture du Canada l’a d’ailleurs placé au premier rang des constructions de type monumentales durant l’année 1931. Le magazine Construction va même jusqu’à dire que l’édifice peut compétitionner sur le plan de la qualité avec le Lincoln Memorial d’Henry Bacon et le House of the Temple de John Russell Pope

2 000 membres de la confrérie ont marché du Square Dorchester au site principal du nouveau temple pour poser la première pierre selon les rites maçonniques. La Grande Loge du Québec se rencontre finalement pour la première fois entre les murs de son nouveau temple en février 1930. Depuis ce temps, les francs-maçons de Montréal en ont fait leur principal point de ralliement

Plusieurs événements y ont eu lieu, de cérémonies maçonniques aux concerts de musique classique. Les maçons ont également tenu un événement pour le 125e anniversaire de la Confédération canadienne qui a été souligné par des bénédictions écrites du Premier ministre et du Gouverneur général du Canada. On y organise également à chaque été des visites guidées du monument à l’intention des touristes.

Le temple maçonnique est un imposant édifice de forme de trapèze rectangle, à l’angle sud-est des rues Sherbrooke et Saint-Marc. Il occupe une bonne partie du lot P-1662, qui mesure 48,89 m le long de la rue Sherbrooke, 39,56 m en bordure de la rue Saint-Marc, et 46,82 m le long de la limite est.

Le mur sud est mitoyen mais les trois autres murs sont dégagés. En fait, l’édifice mesure 33,95 m du côté de la rue Sherbrooke, 33,55 m le long de la rue Saint-Marc, 34,81 m à l’arrière et 36,45 m du côté est. Le toit culmine à 28,65 m du niveau de la rue Sherbrooke, 32 m si on ajoute les édicules mécaniques. Il existe une dénivellation de 91 cm entre la façade et le mur arrière.

Le bâtiment d’apparence massive et austère est doté d’une charpente en acier avec dalles en béton. Il est habillé de calcaire de l’Indiana.

L’édifice de style Beaux-Arts propose une ordonnance parfaitement symétrique en façade, avec très peu d’ouvertures. Il a été conçu à la manière d’un temple grec, mais avec un podium (le premier registre) qui occupe presque la moitié de la hauteur de l’édifice puisqu’il est haut de trois étages (sur sept). Un seul matériau a été utilisé, le calcaire de l’Indiana.

Le premier registre comprend les assises faites de gros blocs de pierre bouchardée de 107 cm sur 61 cm et le socle du bâtiment, fait de gros blocs à jointoiement rainuré. Ce registre se termine par une corniche peu proéminente surplombant une frise qui contient la devise (Fides, Caritas, Veritas, Libertas, Spes) et les symboles (la règle et le compas) des francs-maçons.

Ce registre comprend quatre ouvertures, soit une imposante porte à deux vantaux en bronze, flanquée de chaque côté de deux fenêtres rectangulaires de dimensions disproportionnées par rapport à la masse de l’édifice. La porte d’entrée mérite toute notre attention. Chaque vantail de la porte est orné de panneaux à bouton de rose et d’une tête de lion qui tient le heurtoir dans sa bouche. La porte est surmontée d’une frise à palmettes et d’une imposte où on aperçoit les symboles des francs-maçons se découpant sur un soleil levant. Les chambranles de la porte sont ornés de boutons de rose, d’une astragale et de rais de cœur. L’entablement comprend des oves et une frise à palmettes.

Le faux portique du deuxième registre est légèrement en ressaut et se termine par un entablement avec frise qui identifie le bâtiment (en anglais seulement) surmonté d’un fronton dont le tympan est orné de deux guerriers encadrant un écu. Le faux portique incorpore quatre colonnes ioniques et deux antes doriques. Chaque espace entre les colonnes comprend une vasque reposant sur trois cariatides, celle du centre cachant quelque peu une petite porte qui s’ouvre sur le faux-portique. Chaque section latérale est ornée d’un bas-relief qui illustre un métier de la construction. Une corniche à denticules dont la partie supérieure est interrompue par des têtes de lion d’une manière rythmée couronne l’édifice. Trois acrotères représentant une palmette et deux lions ailés se découpent dans le ciel montréalais.

La face ouest ressemble à la façade, sauf pour son couronnement. Le premier registre comprend sept travées de fenêtres pour les trois premiers étages, qui diminuent en surface. La rythmique est assurée par des pilastres ioniques qui remplacent les colonnes à la hauteur du deuxième registre. Le reste de l’ornementation est similaire. Cette face incorpore les deux entrées secondaires.

De l’intérieur, on retiendra surtout deux salles, en plus des boiseries qui sont remarquables. Au sommet de l’édifice se trouve la salle de la Grande Loge. Dans cette salle, l’opulence de l’ornementation est concentrée sur l’ameublement. Les fauteuils sont tout étonnants à cause de la qualité de la ciselure du bois, et le motif du fauteuil qui illustre la responsabilité de celui qui l’occupe. Au pied du podium haut de trois marches, on remarque deux pierres, l’une polie qui représente le travail accompli, et l’autre brute qui représente le travail à compléter.

La salle de réunion du premier étage pour sa part étonne à cause des lambris de marbre qui habillent les murs sur toute leur hauteur, son autel en marbre multicolore, ses peintures historiées, ses candélabres et ses lustres en laiton, ses portes en chêne et ses bas-reliefs en bronze.

Le temple maçonnique de Montréal a été reconnu comme un lieu historique national du Canada en 2001. C’est à ce titre que le gouvernement canadien annonçait le 30 janvier 2010 une subvention de 425 000 dollars qui permettra de rénover ce lieu du patrimoine montréalais. L’investissement total de 920 000 dollars permettra la réfection des toits et des portes monumentales de la rue Sherbrooke.

ITALIE : Alchimie maçonnique

De notre confrère italien expartibus.it – De Rosmunda Cristiano

A quoi sert l’alchimie ? L’alchimie sert à séparer le vrai du faux.
Paracelse

Dès son entrée dans le Cabinet de la Réflexion, au moment de son initiation, le Franc-maçon note un lien fort entre la symbolique de la science alchimique et, le début de la construction de son propre Temple personnel, il va se découvrir alchimiste, trouvant en lui-même le changement du monde qui l’entoure et en se transformant intérieurement.

Souvent, en parlant avec de jeunes Frères, on me demande pourquoi les alchimistes ne parlent pas clairement et pourquoi ils utilisent un langage qui est incompréhensible pour la plupart ou qui peut facilement être mal interprété.

Ces questions me font sourire, non pas en signe de moquerie bien sûr, simplement parce que ne pas savoir, forcément, conduit à des déductions superficielles et apparemment idiotes.

Les alchimistes visaient l’homme et sa perfection spirituelle, pour eux la progression intérieure ne peut être objectivée, exportée, transmise, mais doit être suscitée chez ceux qui sont prêts ou « complet », comme le disait Socrate à son disciple Théétète .

De même, Jésus de Nazareth, se référant à la multitude de ceux qui l’écoutaient, dit à ses disciples :

Je leur parle en paraboles.

et encore:

Qui a des oreilles, écoute.

OU

Ne donnez pas de perles aux cochons, car ils pourraient se retourner contre Vous.

Les études des textes alchimiques ont relevé deux types de disciplines, la physique et la spirituelle, cette dernière étant considérée comme le véritable but. En ce sens, le premier n’est rien de plus que la métaphore pour indiquer le but réel : la transmutation de l’impur en pur, du négatif en positif, de la matière en esprit.

Les métaux, mais aussi les astres et les entrailles étaient liés aux qualités morales de l’individu : le plomb correspondait à l’imperfection maximale de la matière et aussi morale ; l’or correspondait à la perfection.

Ainsi devient clair le parallélisme entre la transmutation du plomb, le métal le plus vil, en or, le métal parfait, avec l’accomplissement spirituel de l’état de grâce originel de l’homme.

Ceux qui n’ont saisi que l’aspect physique de l’alchimie sont, au mieux, devenus des experts en chimie et des expérimentateurs, mais beaucoup se sont perdus derrière l’idée de richesse et de pouvoir.

Ceux qui ont suivi le chemin de l’esprit par soif de pouvoir ont échoué. En revanche, ceux qui l’ont entrepris inspirés par le savoir et le bien se sont élevés, parvenant à dominer les passions, à devenir maîtres de leur corps et de leur nature, non pour acquérir le pouvoir, mais dans la conviction qu’en se sacrifiant au savoir , ils auraient fait le bien de l’humanité.

Et n’est-ce pas exactement ce qui arrive aussi à beaucoup de Frères ?

Combien d’entre eux se sont perdus, sont restés « en plomb », estimant que la franc-maçonnerie pouvait « magiquement » changer leur vie profane ?

Combien, en revanche, sont devenus « l’or », du plus précieux et du plus brillant ? Combien ont fait de leur vie un chef-d’œuvre ?

Dans le terme « Al-Kimia », le préfixe « Al » a le sens d’Être suprême ; étymologiquement donc, l’alchimie est la science divine, celle qui conduit l’homme de bonne volonté à éveiller en lui l’étincelle divine, en se plaçant, comme le soutenait Spinoza, du point de vue de Dieu.

L’alchimie représente donc une voie de mise en œuvre du potentiel spirituel.

Les alchimistes ont étudié la pierre philosophale, car ils pensaient qu’elle pouvait transformer les métaux en or et produire l’élixir de vie. Tout cela se déroulait à travers un véritable rituel : il y avait sept métaux – or, argent, cuivre, étain, mercure, fer et plomb – liés aux sept étoiles – Soleil, Lune, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars et Terre – qui, à leur tour, étaient liés aux sept entrailles de l’homme et, même, aux sept notes et aux sept couleurs.

Les sept processus ont été divisés en quatre opérations, la putréfaction, la calcination, la distillation et la sublimation, et en trois phases, la dissolution, la coagulation et l’union.

A travers ces sept procédés, la matière première, mélangée au soufre et au mercure et chauffée dans le four, l’Athanor, se transformait progressivement, passant par différentes étapes, de 3 à 12, liées au sens magique des nombres, caractérisés par la couleur de la même matière lors de la transmutation.

Les étapes fondamentales sont : nigredo , travail en noir, dans lequel la matière se dissout, se décompose ; l’ albédo , travaille au blanc, au cours duquel la substance se purifie, se sublime ; rubedo , œuvre en rouge, qui représente l’étape finale.

Combien d’entre nous francs-maçons, relisant ces passages, n’avons pas pensé aux changements qui se sont opérés au plus profond de nous, au mélange de nos croyances avec nos expériences, à la fusion de ce que nous étions avec ce que nous sommes devenus ?

Comme l’a soutenu Pico della Mirandola, l’homme a la possibilité de s’élever ou de tomber.

La dégénérescence de l’Alchimie maçonnique a été possible parce que la plupart d’entre eux, la méconnaissant, n’ont pas compris sa signification spirituelle, et, en interprétant littéralement les formules alchimiques, ils l’ont ridiculisée, ou toute leur vie, ils ont poursuivi le rêve d’une richesse facile, à la recherche de la formule qui transmute les métaux en or.

Je conclus avec les mots du philosophe Wittgenstein qui affirmait

Ce dont on ne peut pas parler, il vaut mieux Le taire

laissant la parole à ceux qui, consciemment, avec passion, détermination et beaucoup de travail sur eux-mêmes, ont décidé de transformer le plomb en or.