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L’histoire tragique d’Hypatie d’Alexandrie

Hypatie d’Alexandrie: quand une femme devient le témoin gênant de son époque.

Au cœur de son cénacle, Hypatie d’Alexandrie œuvre auprès d’hommes qu’elle inspire, forme, instruit à la sagesse. Mais une voix célèbre de la doxa chrétienne, le mal nommé Saint Cyrille, signe son arrêt de mort. La philosophe héritière de Plotin, mathématicienne et contemporaine de Socrate le Scolastique, est massacrée par les premiers chrétiens en 414. Sa fin tragique, sonne-t-elle le glas de la luxuriante culture alexandrine? Retour sur les pas de celle qui inspira en 2009 le réalisateur Alejandro Amenabar pour son film AGORA, et Maria Dzielka pour son essai très érudit: Hypatie d’Alexandrie.

Que symbolise Hypatie d’Alexandrie?

Il y’a des siècles plus tragiques que d’autres dans l’histoire de l’Antiquité; et la période de l’Antiquité tardive, c’est à dire, celle trois siècles après notre ère, est sans conteste la plus douloureuse pour les hellènes qui pratiquent encore le paganisme et cohabitent avec les premiers chrétiens.

Il devient difficile de fréquenter les temples païens dès 391. Les premiers chrétiens détruisent la citadelle du paganisme Le Sérapeion. Pourtant, on philosophe dans les rues d’Alexandrie et l’hellénisme sert au christianisme, de part la Beauté, l’imaginaire, l’érudition des lettres, le flamboiement de la pensée grecque. Néanmoins, cette tolérance va faire feu de tout bois pour des raisons politiques et des conflits d’intérêts entre Oreste le préfet d’Egypte et Cyrille le nouvel l’archevêque d’Alexandrie.

Ainsi, décennie après décennie, l’image mythique des Dieux grecs sombre jusqu’au martyre d’Hypatie, une des dernière femme à porter l’esprit brillant de Plotin et l’héritage de Ptolémée.

Mais l’Esprit de celle, mise à nue sur les marches du Temple, humiliée, torturée, symbole du fanatisme catholique, renait au Siècle des Lumières et à la période romantique. Nombreux sont ceux à rendre hommage à la philosophe: Voltaire, De Narval, Leconte de l’Isle, Hölderlin…tous avec affection, parfois avec rage ou candeur, font briller l’Esprit d’Hypatie d’Alexandrie. Jusqu’à notre époque où des chercheurs universitaires tentent de rétablir son travail dans les livres d’histoire. A sa juste place.

Quand est née Hypatie d’Alexandrie?

Historiquement, Hypatie d’Alexandrie est née vers 355 après notre ère, nous apprend l’universitaire Maria Dzielka qui consacre un ouvrage à la philosophe, et non en 370 comme il était communément admis jusque là. Elle est morte en 414 à l’âge de 60 ans. Nous sommes loin de l’image de la jeune et belle Vierge au corps aphrodisiaque, mutilée et martyrisée brossée par les romantiques. Et pourtant cette image d’Epinal perdure, car c’est la belle Rachel Weisz qu‘Alejandro Amenabar choisit pour incarner son Hypatie. Tout porte à croire qu’une légende ne peut se transmettre que si elle contient en elle même une part de fantasme, d’irréaliste beauté, de jeunesse bafouée, selon les goûts et les modes. Quitte à être historiquement incorrect.

Agora d’Alejandro Amenabar – Bande-Annonce VF – YouTube

De la légende à la Vérité historique

En réalité, toute sa vie, Hypatie la passe à Alexandrie auprès de son père le célèbre Théon. Grand mathématicien, astronome, commentateur d’Euclide et de Ptolémée, il transmet à sa fille l’excellence du raisonnement et le goût du questionnement de la science hermétique. Dans l’Antiquité, tous les mathématiciens s’intéressent à l’occultisme, à l’astrologie, à l’observation de la nature, aux mystères hermétiques et aux augures. Lui même passionné de littérature, Théon écrit des poèmes sur le thème de l’astrologie, dont deux qui sont attribués à Hermes en personne dans le Corpus Hermeticum. Un de ses poème s’intitule le Peri Heimarménès et fait gloire à l’Univers.

Et, c’est dans ce contexte d’érudition, mais aussi de recherche de perfection et d’Ethique que la jeune Hypatie grandit, s’inspire et collabore avec son père. Les commentaires de l’Almageste de Ptolémée et les Tables Manuelles astronomiques sont deux œuvres communes entre père et fille qui ont résisté aux assauts du temps.

Mathématiques, astronomie, philosophie, Hypatie touche à tout.

Alors que l’histoire encore ne retiendra que ce qui sied le mieux au pouvoir ecclésiastique pendant les siècles suivant la chute de Rome, Théon jouira d’une plus grande gloire que sa fille. Pur une raison précise: les ouvrages et commentaires d’Hypatie se sont perdus dans les dédales de la mémoire des historiens par le pluralisme des dons de la savante. Mais par quelques efforts de chercheurs tels que: Cameron, Toomer et Knorr pour ne citer qu’eux, l’héritage d’Hypatie et son contenu la rétablissent dans sa vérité histologique.

Au cœur d’Alexandrie, Hypatie est donc une experte à part entière dans de nombreux domaines. Beaucoup de ses contemporains dont Socrate le Scolastique et Damascius un siècle plus tard témoignent de ses vertus et de ses talents.

Citation de Socrate le Scolastique
Damascius-La vie d’Isidore

Son cénacle et ses compagnons

Une vie vouée à la recherche de perfection.

Bien avant la mort de Théon, Hypatie mène une vie d’ascèse et de quête philosophique, dans le grand sens du mot qui est donnée à cette discipline. Néoplatonicienne, elle estime que dans la recherche métaphysique, l’astronomie est la discipline la plus élevée. Encourageant ses élèves à construire un astrolabe pour examiner les astres célestes, elle escompte surtout éveiller les esprits de ses étudiants.

Elle leur présente les grands principes de la géométrie à partir d’Apollonius de Perge, d’Euclide et de Pythagore. Et pour l’arithmétique c’est Diophante d’Alexandrie qui est commenté, sans omettre le grand Ptolémée. Ses cours qu’elle présente connaissent un franc succès, on vient de Syrie, d’Athènes de Constantinople pour y assister.

En outre, Hypatie enseigne lors de conférences publiques auprès d’Oreste, figure impériale d’Alexandrie entre 412 et 414, personnage relié directement à la mort de la savante. En grande humaniste, elle tolère aussi dans son cénacle les étudiants chrétiens, n’étant en rien opposée à la doctrine christique.

Parmi ceux qui suivent ses brillants enseignements, quelques figures nous sont plus ou moins familières: Herculien, Synesios de Cyrène, Olympios…tous ses étudiants Hypatie les nomme: compagnons (hetairoi)

Les enseignements théurgiques et les mystères

Même si le concept d’enseignement théurgique n’est pas utilisé ni prononcé en tant que tel dans l’enseignement d’Hypatie, ses disciples écoutent avec attention ses commentaires sur Platon, Aristote, Pythagore, Plotin. Mais quelques uns ont le privilège de participer à l’enseignement des Oracles Chaldaïques (la bible du néoplatonisme), la philosophie de Jamblique et d’Hermes, pour élever leur conscience dans la recherche de la plus grande pureté spirituelle. Hypatie et ses disciples examinent les écrits qui ont le pouvoir de révéler le divin et le mystère de l’être, selon les doctrines les plus secrètes.

Synesios, instruit par Hypatie nous laisse un échantillon de ce qui est enseigné par la « guide divine » dans deux ouvrages remarquables: Les Hymnes et le traité sur les songes, en plus d’un correspondance avec sa guide spirituelle très dense et précieuse. Hypatie enseigne les mystères de l’être et dit d’elle même, tout comme le dirent Empédocle et Apollonius de Tyane: « je fus pendant un temps fille et garçon ». Les prèmices de l’alchimie ?

Notons toutefois que parmi toute la correspondance qu’elle entretient avec Synésios, il n’est jamais question de magie, de rituellie sacrificielle. Hypatie enseigne l‘hellénisme culturel et non religieux. La philosophe cherche l’Intellect tel qu’il est développé par la philosophie de Platon et non la dévotion. Il est par ailleurs tout à fait plausible selon sa dernière biographe en date, Maria Dzielka, qu’Hypatie ne croit pas en Dieu. Cela peut sans doute expliquer son refus de se convertir au christianisme. « Personne n’a vu Dieu », écrira t elle à Cyrille. Quand on cherche la Vérité on n’a pas besoin de croire puisque la Vérité est inatteignable.

La fin tragique d’Hypatie d’Alexandrie

La tolérance est pour Hypatie une source féconde de pureté morale, mais tout le monde autour d’elle n’a pas la même hauteur de vue. Le paganisme fait l’objet d’un marchandage politique entre Oreste le préfet d’Egypte et Cyrille l’archevêque du temps de l’empereur Théodose premier, responsable de l’Edit en 391 qui interdit toutes les religions polythéistes et fait du christianisme la religion d’Etat. Et lorsque ce dernier meurt, en 395, son petit-fils Théodose II, ne fait rien pour tempérer le conflit entre chrétiens, juifs et païens. Aussi, après 412, le climat politique se tend considérablement dans la partie orientale de l’empire romain.

Amitiés et relations politiques d’Hypatie

La renommée d’Hypatie ne se limite pas qu’aux portes d’Alexandrie en cette année 414. Et ses nombreux disciples occupent à présent des hautes fonctions impériales dans l’Empire romain oriental. Hypatie conseille en recevant dans son cénacle tous les hauts digitaires. Néanmoins, Cyrille est l’ensemble du clergé perçoivent très mal son influence. Et le fait que les alliés d’Hypatie sont majoritairement chrétiens gêne aux entournures. Il faut donc trouver un moyen détourné pour se débarrasser de la païenne.

Et rien ne vaut mieux qu’une rumeur pour enflammer les esprits de la population et la laisser s’enfoncer dans la crasse superstition. Le tout…avec l’aide de Dieu…

Hypatie la sorcière maléfique?

Cyrille orchestre une sordide machination qui de son point de vue est un pieux mensonge nécessaire à accomplir pour la grâce de Dieu. L’hérésie d’Hypatie ne fait aucun doute pour lui. C’est une sorcière! D’ailleurs, si la païenne est tant écoutée et respectée c’est parce qu’elle séduit son auditoire en jetant des sorts, à commencer sur Oreste.

Cette fausse rumeur agit comme une trainée de poudre et se répand dans les ruelles. Le récit de Damascius sur la mise à mort d’Hypatie témoigne de l’horreur qu’elle a subi: « Au moment où elle sortait selon son habitude, un groupe compact et nombreux, de vraies misérables bêtes féroces, n’ayant pas la notion des Dieux vengeurs, ni de la justice indignée, se jettent sur elle et la massacrent, infligeant par ce crime à leur patrie le plus grand sacrilège et une honte ineffaçable. »

Selon Gibbon, Hypatie est jetée au bas des marches d’une église: « Ils découpèrent son corps avec des écailles d’huitres et ainsi mutilée on la jeta au feu. De l’argent donné à propos arrêta l’enquête juridique qui suivit ce forfait, mais le meurtre d’Hypatie a laissé une souillure ineffaçable sur le caractère et la religion de Cyrille d’Alexandrie. »

La disparition d’Hypatie marque t-elle la fin de l’hellénisme?

L’accusation du meurtre d’Hypatie contre Cyrille ne fait aucun doute pour les historiens. Damascius dans son œuvre la Vie d’Isidore, évoque le mobile de la jalousie. Si on ne peut atteindre le talent, il est souhaitable de s’en débarrasser par choix politique.

Certains avancent l’idée qu’en anéantissant Hypatie, Cyrille escomptait aussi anéantir la culture hellénique. Comme il s’est trompé! L’esprit hellène ne cessera jamais de briller même après le meurtre d’Hypatie. D’autres érudits et d’autres femmes transmettront le flambeaux dont Damascius, Aedesia, Olypiodore, Sôsiâtra. Cette dernière associera même le platonisme mystique à la théurgie.

L’aura d’Hypatie se fait silencieuse après la destruction des Temples. Et après les premières exactions catholiques qui se déverseront dans toute l’Europe. Ces dernières plongeront le monde dans une période d’obscurantisme religieux. Mais de Tolland à Voltaire, jusqu’aux chercheurs d’aujourd’hui, Hypatie incarne à la fois un symbole de liberté contre la pensée dominante, le pouvoir d’aller au bout de soi-même. Au bout de son Idéal. Ainsi, Et contre toute attente, les féministes en font aujourd’hui un symbole de liberté sexuelle (Hypatie est morte vierge selon sa volonté).

Puisse notre époque nous préserver du retour de la superstition et du suprématisme cultuel !

Pour aller plus loin:

Livre: Hypatie d’Alexandrie de Maria Dzielska aux éditions Antoinette Fouque. Retrouvez ma chronique sur Instagram: christellemanant

Agora: actuellement sur Canal+

Le Rendez-vous de dimanche prochain: Machiavelhttps://450.fm/2022/03/20/tout-savoir-sur-le-prince-de-machiavel-en-moins-de-5-minutes/

Voyagez vers l’Orient Éternel avec un véhicule sur mesure

Il existe mille et une façons de partir en voyage pour retrouver le GADLU. Vous pouvez vous faire enterrer dans une guitare si vous êtes musicien, une bouteille si vous êtes brasseur ou une péniche si vous avez le pied marin. Il existe même un moyen très symbolique d’entrer en terre…

Cette nouveauté qui arrive peu à peu en Occident nous vient du Ghana où les défunts partent pour le grand voyage dans un cercueil qui correspond à leur métier lorsqu’ils étaient de ce monde.

Chez nous, en France, il est aujourd’hui possible de vous envoyer en l’air pour un dernier voyage. En effet, un ballon gonflé à l’hélium emmène vos cendres, dans une urne biodégradable made in Espagne, elle va rejoindre la stratosphère.

Autre idée originale et écologique, faites-vous enterrer sous un jeune arbre. Et si vos goûts sont plus luxueux, pour la modique somme de 5500 €, vous pouvez faire transformer vos cendres en diamant.

Pour ceux qui auraient besoin de faire un dernier éclat avant de disparaitre, il est possible en Australie ou en Espagne de mélanger vos cendres aux explosifs d’un feu d’artifice, afin de briller une dernière fois dans le ciel.

Une entreprise anglaise répondant au nom évocateur de « Cercueil fou » vous propose de construire sur mesure le cercueil de vos rêves. C’est ainsi que Brian, fanatique de petits et de grands trains a fait construire un wagon qui lui servira pour l’éternité.

Avant de vous présenter le clou de cet article, il convient de vous parler de ce mélomane qui a fait presser ses cendres dans du vinyle en 30 exemplaires pour proposer de la musique post mortem à sa famille.

Nous avons gardé la solution la plus symbolique pour la fin, il s’agit d’une vis géante !

De notre confrère creapills.com – Par Justine Mellado

Aperçu du cercueil à vis

Crédits : Don Scruggs
Crédits : Don Scruggs

L’inventeur américain Don Scruggs a dévoilé un concept de cercueil vertical en forme de vis qui permettrait à la fois de réduire l’espace utilisé par les cercueils traditionnels mais également le coût des funérailles.

Bien que la mort soit un sujet sensible, et souvent tabou, il convient quand même d’éveiller les consciences quant aux coûts qu’une inhumation peut engendrer. En tant qu’ingénieur en mécanique et féru d’innovation, Don s’est interrogé sur le sujet pour proposer une solution innovante et plus simple qui permettrait notamment de se passer d’une excavation.

Ainsi il a imaginé un dispositif, sobrement baptisé “le cercueil à vis”, qui est en réalité un container funéraire ressemblant étrangement à une vis géante comme son nom l’indique. Pour garantir sa solidité, il est équipé d’une fermeture hermétique et d’un verrouillage de sécurité. À l’aide d’un fossoyeur automatique, le cercueil serait placé à la verticale avant d’être tourné pour “se visser” littéralement dans la terre.

Une opération plus économique et qui permettrait également un gain d’espace dans les cimetières. Actuellement de nombreuses villes sont obligées de construire de nouveaux cimetières lorsque les espaces existants ne sont plus en mesure d’accueillir de nouvelles sépultures. Mais avec ce cercueil vertical, il pourrait être envisageable d’en placer jusqu’à quatre à la place d’un seul comme c’est le cas actuellement.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce genre d’initiative écologique est abordé : souvenez-vous nous vous avions déjà évoqué le cercueil Loop à base de champignons qui transforme le corps en compost mais aussi le Capsula Mundi, un œuf funéraire géant qui “change” le corps en arbre ou encore cette combinaison funéraire à base de champignons qui aide le corps à se décomposer plus vite.

Présentation du cercueil à vis par son créateur Don Scruggs

Crédits : Don Scruggs
Crédits : Don Scruggs
Crédits : Don Scruggs

13/03/22 : Le GM du GODF en conférence à Chinon (Indre-et-Loire)

Par notre confrère « la Nouvelle Pépublique.fr », publié le 12/03/2022

La Nouvelle République, grand quotidien régional basé à Tours

« Chinon : les francs-maçons invitent au débat

Chinon, capitale de la franc-maçonnerie ce week-end. La loge « Fay ce que vouldras » organise un congrès réunissant 83 loges originaires du centre de la France. Occasion pour ces 120 et quelques membres du Grand Orient d’échanger, de nourrir leur réflexion et de régler des questions administratives.

En parallèle, le Grand Orient de France organise dimanche aux Caves-Painctes ses universités populaires maçonniques, avec la présence de Georges Serignac, grand maître, et des membres du conseil de l’ordre, sorte de gouvernement du mouvement.

Le thème de la conférence, « les dignités humaines », suivie d’une discussion avec la salle, a une résonance particulière avec le conflit en Ukraine. « L’histoire semble bégayer, avec des personnes insensibles, inhumaines, qui s’attaquent aux civils, à des hôpitaux », résume le franc-maçon chinonais. Dimanche, il sera question de la Seconde Guerre mondiale, avec comme intervenants les historiens François Jacquet-Francillon, Benoît Verny et Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay et présidente du Cercil, mémorial des enfants du Vel-d’Hiv.

Une conférence ouverte à tous. Un nouveau signe de l’ouverture des francs-maçons sur le monde extérieur. « Au début du 20e siècle, les francs-maçons avaient quasiment pignon sur rue. Puis lors de la Seconde Guerre mondiale, les francs-maçons ont été persécutés (au nom du soi-disant complot judéo-maçonnique, NDLR). Ce qui a entraîné un phénomène de discrétion, raconte Jean-Noël Ausseil. Cette discrétion tend à disparaître. Nos orientations, nos combats sont nobles : laïcité, république, république sociale, l’école laïque, etc. Il n’y a pas de raison que ça ne se sache pas. »

Dimanche 13 mars aux Caves- Painctes à Chinon de 14 h 30 à 17 h. Gratuit. Inscription obligatoire sur www.reservation godf.org »

Les Caves-Painctes

Les Caves-Painctes, lieu historique situé dans l’enceinte de la Ville-Fort de Chinon, et cité dans l’œuvre de François Rabelais, sont animées par le Syndicat des Vins et la confrérie des Entonneurs Rablaisiens.

Profond réseau souterrain qui s’enfonce sous le château. Anciennes carrières transformées en celliers dès le XVe siècle, l’aspect des Caves-Painctes ne s’est guère modifié depuis. L’esprit de Rabelais y est toujours présent.

Infos pratiques

Les Caves-Painctes – Impasse des Caves Painctes 37500 Chinon/Tél 02 47 93 30 44 Le site https://bit.ly/36cKyME

Outlander Saison 6 : les francs-maçons et l’histoire de l’éther expliquée

De notre confrère anglo-américain denofgeek.com – Par Amanda-Rae Prescott

Outlander, est une série télévisée américaine créée par Ronald D. Moore et diffusée depuis le 9 août 2014 sur Starz. En France, la série est diffusée à la télévision sur Téva depuis le 5 septembre 2021.

Synopsis

En 1945, une infirmière de guerre, Claire Randall, mariée à un descendant de capitaine des Dragons, Frank Randall, se retrouve transportée dans l’Écosse révoltée de 1743. Là-bas, elle va être immédiatement confrontée à un monde d’aventures qui lui est inconnu. Elle y rencontre l’ancêtre de son mari, le capitaine Jack Randall, la rébellion et l’un de ses protagonistes, un guerrier des Highlands, Jamie Fraser, ce qui la laissera partagée entre deux mondes et deux hommes que tout oppose.

La première de la saison 6 d’Outlander présente des personnages et des thèmes d’histoire qui n’avaient pas encore figuré dans la série de livres.

Tom Christie ne se contente pas d’amener sa famille à Fraiser’s Ridge. Il apporte du bœuf de la prison d’Ardsmuir et des idées religieuses controversées. Parallèlement, Claire continue d’expérimenter des substituts du XVIIIe siècle aux remèdes et techniques modernes. Cet épisode présente Claire expérimentant l’éther, mais quelle est la signification historique des deux ?

Bien que la première ait à juste titre exclu les détails tangentiels sur la religion et la politique au 18ème siècle afin de se concentrer sur l’histoire fictive, il existe quelques éléments de contexte historique sur les francs-maçons qui peuvent aider les fans d’Outlander à mieux comprendre l’épisode. 

Les francs-maçons étaient une organisation fraternelle vouée au respect mutuel, à la croyance en un être suprême et à l’artisanat de la maçonnerie ou de l’architecture moderne. Il y avait des règles à l’époque selon lesquelles les membres devaient être des « hommes libres » capables de participer à la société en tant que citoyens. Techniquement, Jamie et les autres hommes étaient tous en prison, donc leur loge n’était pas conforme. (En parlant d’hommes libres, les Afro-Américains ont formé leurs propres organisations franc-maçonnes car il leur était interdit de rejoindre les loges dominées par les blancs).

Cependant, il convient de souligner que les francs-maçons écossais avaient une hiérarchie structurelle différente de celle de leurs homologues anglais. Ce livre et d’autres écrits par l’auteur contiendront plus de détails sur le fonctionnement d’un véritable lodge écossais. L’épisode n’a pas non plus donné beaucoup de détails sur les croyances des francs-maçons ou la hiérarchie organisationnelle. 

La franc-maçonnerie au XVIIIe siècle a attiré des hommes (les femmes étaient interdites d’adhésion) de tous les horizons. Certains étaient intéressés par les idéaux de l’organisation tandis que d’autres recherchaient des liens sociaux ou avançaient dans la société. Une autre raison attrayante pour rejoindre les francs-maçons était que les discussions sur la politique et la religion étaient interdites lors des réunions. Bien que cela n’augure rien de bon pour les fanatiques religieux comme Tom Christie, l’organisation servait à l’époque de lieu de rencontre pour les hommes qui croyaient à la liberté religieuse et/ou à la coopération entre personnes d’opinions différentes.

Cela peut sembler très moderne pour certains téléspectateurs, mais le 18e siècle était connu comme le siècle des Lumières où de nouvelles idées sur la religion et la philosophie ont été publiées et diffusées. Les francs-maçons étaient l’un des nombreux groupes influencés par ce mouvement culturel. Jamie aurait certainement lu les intellectuels écossais et même certains philosophes anglais actifs dans la codification des nouvelles idées.

Étant donné que cette saison d’ Outlander se concentre sur la représentation de l’Amérique avant la guerre d’indépendance, la liberté de religion était l’un des nombreux problèmes que les colons avaient avec le contrôle royal. La Couronne imposait souvent l’appartenance à l’Église d’Angleterre comme condition pour être nommé à des postes gouvernementaux. De nombreuses personnes se sont installées en Amérique parce qu’elles cherchaient à s’éloigner des conflits sectaires et des persécutions en Angleterre et en Europe. L’échec de la rébellion écossaise à laquelle Jamie et Tom Christie ont participé peut également être classé comme un conflit sectaire car les Stuarts étaient des catholiques opposés à l’Église d’Angleterre. 

La franc-maçonnerie est devenue populaire dans les colonies américaines parce qu’elle était une alternative au sectarisme. George Washington et plusieurs autres dirigeants éventuels de la Révolution américaine étaient des francs-maçons. Bien que les historiens débattent depuis des années de l’influence directe de la franc-maçonnerie sur la fondation de l’Amérique, il est clair que le premier amendement de la Constitution garantissant la liberté de religion et d’association était des concepts influencés par le siècle des Lumières. 

La recherche scientifique et, à son tour, les progrès médicaux font partie du Siècle des Lumières. L’éther, connu des scientifiques sous le nom d’éther diéthylique, a été l’un des premiers médicaments utilisés pour l’anesthésie générale. August Sigmund Frobenius a publié un compte rendu de la synthèse de l’éther en 1730. Les expériences de Claire à l’époque étaient rares car l’éther n’était pas largement utilisé en Amérique jusqu’aux années 1840 , mais elle avait besoin d’une substance qu’elle pourrait fabriquer en chirurgie pour remplacer les médicaments anesthésiques modernes.

Claire utilise non seulement l’éther pour ses patients, mais elle l’utilise également pour soulager son SSPT. L’éther liquide était couramment présenté comme une alternative à l’alcool au 19e siècle à des fins récréatives. Plus proche de l’ ère d’ Outlander , Tolstoï dans Guerre et paix mentionne les Gouttes d’Hoffman, une forme d’éther liquide. Beaucoup de gens à l’époque auraient utilisé le laudanum , extrait de l’opium comme analgésique ou pour émousser les sens. 

La saison 6 d’ Outlander poursuit la tradition de lier à l’histoire de vrais événements et concepts historiques. Certains d’entre eux figuraient déjà dans les romans, tandis que d’autres figurent principalement dans les scripts des épisodes. La franc-maçonnerie et l’éther ne réapparaîtront peut-être pas dans les futurs épisodes de cette saison, mais il est important que les fans connaissent l’histoire derrière ce qui apparaît à l’écran. 

ITALIE : « Les Mille », les francs-maçons et la pseudo-information italienne

De notre confrère italien butac.it

L’histoire de cette aventure

L’expédition des Mille (en italien Spedizione dei Mille) est un épisode du Risorgimento italien survenu en 1860. Un corps de volontaires dirigé par Giuseppe Garibaldi débarque en Sicile afin de conquérir le royaume des Deux-Siciles, gouverné par les Bourbons.

Le projet est ambitieux et hasardeux puisqu’il s’agit de conquérir, avec un millier d’hommes, un royaume disposant d’une armée régulière et d’une marine puissante. L’expédition est un franc succès et se conclut par un plébiscite qui fait entrer Naples et la Sicile dans le royaume de Sardaigne, ultime conquête territoriale avant la création du royaume d’Italie, le 17 mars 1861.

L’expédition est l’une des seules actions souhaitées conjointement par les « quatre pères de la nation » italienne : Giuseppe MazziniGiuseppe GaribaldiVictor-Emmanuel II et Camillo Cavour, qui poursuivent des objectifs divergents. Il est difficile d’en déterminer le véritable instigateur : Mazzini souhaite libérer le Mezzogiorno et Rome alors que Garibaldi souhaite conquérir, au nom de Victor-Emmanuel II, le royaume des Deux-Siciles et poursuivre vers Rome afin de terminer l’unité de l’Italie, ce que Cavour veut empêcher à tout prix afin d’éviter un conflit avec son allié français, Napoléon III, qui protège Rome.

L’expédition fait aussi naître une grosse équivoque et une incompréhension collective : pour les garibaldiens, il s’agit de réaliser l’Italie unifiée ; pour la bourgeoisie sicilienne, une Sicile autonome dans le cadre du royaume d’Italie ; et pour la masse des paysans, la fin de l’oppression et la distribution des terres.

La conspiration de l’expédition des Mille

Le signalement que nous avons reçu nous rapportait comment, sur un groupe de discussions, une question avait généré une réponse que ceux qui avaient fait le signalement considéraient comme fausse.

Le portail est QualcheRisposta.it, un site dans le style Quora, ou Yahoo Answer (qui a fermé l’année dernière), et la question qui a été posée était :

Qui a financé l’expédition des mille ?

Plaque en mémoire de la présence des Mille à Porto Santo Stefano le 9 mai 1860.

Voici la réponse considérée comme peu fiable :

« L’expédition donquichottesque de Garibaldi et ses Mille, telle que définie par Mack Smith dans Cavour et Garibaldi en 1860, a été financée par le gouvernement anglais avec une caisse de plaques d’or turques (monnaie du franc en Méditerranée de l’époque) égale à plusieurs millions du dollars courants. Dans l’expédition des Mille le rôle de la franc-maçonnerie anglaise est déterminant avec un financement de trois millions de francs et une surveillance constante de l’entreprise. »

J’avoue que, malgré une épouse anglaise passionnée d’histoire depuis toujours, je n’avais jamais entendu la théorie rapportée selon laquelle l’Expédition des Mille aurait été payée par la franc-maçonnerie britannique. Et j’avoue que je ne pensais pas que ça pouvait être une hypothèse courante.

Mais une rapide recherche en ligne m’a suffi pour découvrir que même au cours des dix dernières années seulement, beaucoup ont parlé de cette croyance :

La nouvelle que les francs-maçons britanniques auraient financé l’expédition des Mille n’est pas ancienne, elle remonte à une dizaine d’années, et la source est un historien italien, Aldo Mola, ou plutôt la source selon Il Giornale serait la franc-maçonnerie of Scottish rite of Obedience in Piazza del Gesù, qui à l’occasion d’une commémoration en 2009 aurait fait cette révélation avec l’historien :

« Le financement – a déclaré le professeur Aldo Mola, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Milan et historien de la franc-maçonnerie et du Risorgimento – est venu d’un fonds de presbytériens écossais et a été versé avec l’engagement de ne pas s’arrêter à Naples, mais d’arriver à Rome éliminer l’État pontifical ».

Je ne suis pas fan de l’histoire du Risorgimento, mais dans la famille il y avait un membre de l’expédition des Mille dont nous gardons encore une lettre, dans laquelle Garibaldi le remerciait pour le turtlein que dans l’épisode suivant l’expédition il avait envoyé lui (tortellini de sa production, en excellent boucher qu’il était). Pour cette raison, il y a de nombreuses années, j’ai participé à des recherches sur l’histoire familiale que j’ai également faites lors de l’expédition des Mille. J’étais curieux de voir le nom de ce parent indirect dans les listes des hommes de Garibaldi. Au cours de mes recherches très simples j’avais vérifié qu’il existe dans les archives de l’État de nombreux documents en libre consultation, dont la liste des Garibaldiens et toute la documentation sur la gestion financière .

Malheureusement ces documents n’étaient pas numérisés à l’époque comme ils ne le sont même plus aujourd’hui (ou du moins je n’ai pas pu les trouver), mais il existe des ressources en ligne qui en parlent.

Mais partons toujours de ce qui a été rapporté en 2009 dans Il Giornale :

Selon l’historien, les fonds de la franc-maçonnerie anglaise ont été utilisés par Garibaldi pour acheter des fusils de sniper à Gênes, sans lesquels il n’aurait pas pu affronter l’armée des Bourbons, « qui n’était pas l’armée de Pulcinella, mais une armée bien organisée ». « .

Il existe même une page Wikipédia dédiée au Fonds du million de fusils, et curieusement elle ne mentionne pas l’argent de la franc-maçonnerie anglaise mais rapporte des chiffres très précis, également grâce aux rapports recueillis par Alexandre Dumas à l’époque directement de la voix de Garibaldi. Wikipédia :

Le parcours de l’expédition.

La collecte de fonds a été soutenue par une organisation présente avec ses propres comités dans les municipalités du centre-nord de l’Italie qui a envoyé les fonds collectés aux comités provinciaux qui ont finalement payé les cotisations à la direction milanaise. L’aide de l’étranger ne manquait pas. Selon une estimation datée du 12 novembre 1859, le Fonds du million de fusils était déjà riche de 100 000 lires, auxquelles s’ajoutait une contribution du même montant offerte par la municipalité de Milan. Non seulement l’argent a été offert, mais des fusils, des munitions et du matériel militaire ont été donnés au Million Rifle Fund. L’hôpital Maggiore de Milan a également mis à disposition du matériel médical. Le prestige international de Garibaldi a également conduit Samuel Colt à faire un don, qui a envoyé une centaine de revolvers Colt Navy par voie maritime de New York à Gênes.

La souscription pour le million de canons a été clôturée le 20 décembre 1860 avec un solde en espèces de 52 179 lires et 19 cents. L’année suivante est publié à Milan  le Rapport sur l’entière gestion du « Fonds du million de fusils » , dirigé par Enrico Besana et Giuseppe Finzi, immédiatement assignés par le général Garibaldi .

Il y a donc un compte rendu de cette collecte de fonds, tout comme il y a un compte rendu de tous les financements de l’entreprise des Mille, qui est cité sur certains sites traitant d’histoire. Je cite de l’un d’eux les paroles de l’historien Marco Vigna :

Le revenu total était de 6 201 060,13 lires et la majorité provenait de lettres de change émises par le gouvernement provisoire dictatorial pendant la campagne : 5 millions (environ 80 % du total) ont ainsi été versés, couverts par  les sociétés génoises « Parodi » et « C. et Fratelli Rocca ” , qui à leur tour (selon toute probabilité) ont été remboursés par  le Royaume de Sardaigne . En fait, la quasi-totalité du financement des dépenses de guerre provenait de financiers génois, qui étaient prêteurs au  gouvernement sarde .

Armoiries du royaume des Deux-Siciles.

L’argent prélevé localement, de  Sicile  ou de  Naples , était minime : 100 000 lires arrivaient du  trésor sicilien  et 41 134,57 ducats du secrétariat général de la  dictature de Naples . Ce sont des chiffres minimes par rapport au total. En outre, il convient de noter que les dépenses susmentionnées n’ont pas seulement été utilisées pour la guerre, mais aussi pour le fonctionnement de la machine d’État normale que la  dictature de Garibaldi il avait pris le relais du précédent gouvernement Bourbon et qu’il fallait le faire fonctionner. Par exemple, 184 323,44 lires ont été dépensées pour ce qu’on appelle «l’exercice politique», donc les coûts normaux de l’administration publique. Dans tous les cas, les sommes provenant des finances siciliennes ou napolitaines représentaient une part minime du total : environ 4 %, contre les 80 % versés par  Gênes  ou par le royaume sarde.

La campagne a également fait appel à des contributions privées, d’un montant de 851 735,28 lires. Presque tous venaient d’ Italie , avec une petite partie de l’étranger : communautés italiennes à l’étranger,  Russie ,  France ,  USA ,  Royaume-Uni. Les fameux emprunts d’Angleterre s’élevaient en tout à 49083 lires d’Angleterre, soit environ 0,8 % du total. Le montant total des financements provenant de l’étranger, mais qui comprenait en fait également des collectes d’émigrants italiens, était d’environ 2% du total. Pour donner une idée de l’insignifiance de l’argent étranger, il suffit de rappeler que, parmi les emprunts italiens, celui levé avec la vente des cocardes tricolores a rapporté 16 000 lires ! Moins d’argent arrivait d’ Angleterre  qu’il ne venait de  Brescia seule  (62 071) ou du petit  Côme  (58 710) ou  de Bologne  (62 317).

Ici, dans les 62 317 lires recueillies à Bologne, il y avait aussi de l’argent de mon lointain ancêtre boucher, neveu d’un martyr bien connu. L’hypothèse qu’il y ait de l’argent provenant de la franc-maçonnerie britannique n’a d’autre preuve à l’appui que les propos d’un historien et de quelques francs-maçons, les rapports ne montrent aucune trace de ces trois millions de francs fantômes en plaques d’or.

Comment est-il possible qu’au cours des treize dernières années de nombreux journaux italiens aient rapporté les nouvelles sans critique, sans qu’aucun des auteurs des articles n’ait jamais enquêté sur la question, c’est la démonstration pratique que personne ne s’est intéressé à informer mais seulement à captiver le lecteur juste assez pour lui montrer l’annonce sur le site ou acheter un exemplaire du journal.

Curieusement, en plus de certains journaux, les autres qui font passer l’information comme sûre et fiable sont des sites tels que : DataBase Italia, I Nuovi Vespri, et beaucoup de ceux liés aux mouvements néo-bourboniens avec lesquels nous nous sommes affrontés dans le passé.

Miami : une nouvelle loge maçonnique francophone

De notre confrère courrierdesameriques.com

Communiqué de la GLTF : “Après le succès rencontré à Fort Lauderdale La Grande Loge Traditionnelle de France “GLTF” annonce l’ouverture d’une nouvelle loge francophone à Miami le 24 Mars 2022. De nombreuses personnes sont intéressées, vous pouvez contacter le responsable Christian Guerin par e-mail : Floridafm17@gmail.com

La loge de Fort Lauderdale avait en fait atteint son maximum de membres, et ainsi Miami va avoir sa propre loge francophone.

Dévoilons le mythe d’Osiris

De notre confrère laculturegenerale.com – Par Adrian

Le récit du mythe d’Osiris est surtout connu par un ouvrage, le Traité d’Isis et d’Osiris, d’un auteur grec, Plutarque (46 – 125 ap. J.-C.).

Comme le rappellent Nadine Guilhou et Janice Peyré (La Mythologie égyptienne), on retrouve aussi des mentions du mythe d’Osiris dans des textes égyptiens, comme le Grand Hymne à Osiris, qui se trouve sur une stèle du Louvre, ou le papyrus de Jumilhac, ainsi que d’autres textes épars.

La naissance d’Osiris

Osiris est le fils de Nout (que Plutarque assimile à Rhéa), déesse du ciel, et de Geb (équivalent de Cronos), dieu de la Terre. Cette union n’a pas échappé à Rê, le dieu du Soleil, qui voyait tout, et qui en est entré dans une grande colère. Il fit contre elle une imprécation : elle ne pourrait accoucher dans aucun mois ni dans aucune année. Plutarque raconte donc que Thot (l’équivalent d’Hermès), qui aimait Nout et qui en était bien traité, joua avec la Lune et lui gagna la soixante-dixième partie de ses clartés, dont il tira cinq jours échappant au regard de Rê : Nout pouvait accoucher. Nout eut de Geb quatre enfants en quatre jours dont Osiris était le premier.

À sa naissance, une voix retentit annonçant l’arrivée du maître de toutes choses. Selon une autre légende, un certain Palmylès, de la ville de Thèbes, étant aller chercher de l’eau dans un temple, entendit une voix qui lui demanda d’annoncer qu’Osiris, « le grand roi, le bienfaiteur de l’univers » était né. Geb ordonna à Palmylès de nourrir l’enfant. Selon Plutarque, Osiris était, pour les prêtres égyptiens, la source de toute humidité, la source de toutes productions, la susbtance des germes. Il incarnait le Nil.

Les Égyptiens disaient qu’Osiris était noir de son vivant parce que l’eau donne une teinte noire à la terre. Nadine Guilhou et Janice Peyré ajoutent qu’Osiris était beau, plus grand que tous les hommes (d’une taille de 4,5 mètres), que ses membres étaient d’or, que sa coiffure était de lapis-lazuli et que sa couronne était turquoise.

Le nom Osiris est transcription du grec ancien Ὄσιρις, étant lui-même une transcription de l’égyptien wsjr (asar, ousir, etc. en égyptien ancien). En hiéroglyphe, Osiris est représenté à l‘aide du signe de l’œil et de celui du trône.

Osiris : dieu civilisateur

Selon la légende rapportée par Plutarque, Osiris, roi du monde, était juste et sage. Il enseigna aux hommes l’agriculture. Parcourant la terre, il les sortit d’une vie misérable, leur apprit à honorer les dieux, à construire des villes, à rendre la Justice. En d’autres termes, Osiris civilisa les hommes, en adoucissant leurs mœurs, et les attira à lui par la force de la persuasion, par la parole et la musique, sans avoir souvent besoin des armes. Pour cette raison, dit Plutarque, il fut parfois pris par les Grecs pour l’équivalent de Bacchus.

Pendant qu’il parcourait la terre, Isis, la sœur d’Osiris, née le quatrième jour, administrait le royaume. Isis était aussi l’épouse d’Osiris, avec laquelle il se serait uni dans le sein même de Nout, pendant leur gestation, pour donner naissance à Horus l’aîné, appelé aussi le vieux Horus. Selon les Égyptiens, Isis incarnait la terre nourrie par le Nil, c’est-à-dire fécondée par celui qui incarnait le Nil, Osiris. Thot était un ministre d’Osiris.

Le complot de Seth

Seth (Typhon selon Plutarque), né le troisième jour, était jaloux de son frère Osiris. Contrairement à son frère, Seth incarnait la force brutale et le goût des armes. En tant que cadet, il régnait sur les régions non civilisées du monde, c’est-à-dire, pour les Égyptiens de l’Antiquité, le désert.

Pendant l’absence d’Osiris qui soumettait et civilisait le monde, Seth organisa une conjuration à l’aide de soixante-douze complices et la reine d’Éthiopie, Aso. Seth prit furtivement les mesures d’Osiris, et fit fabriquer un coffre à sa taille, richement orné.

Il donna un festin en l’honneur d’Osiris et, à cette occasion, présenta ce coffre. Faisant mine de plaisanter, il dit qu’il en ferait cadeau à celui qui se coucherait, et qui se trouverait de la même grandeur. Bien sûr, le coffre ne convint à personne sauf à Osiris. Au moment où ce dernier s’y coucha, les conjurés se précipitèrent sur le coffre, clouèrent le couvercle et le scellèrent à l’aide de plomb fondu. Les conjurés jetèrent ensuite le coffre près à l’embouchure du Nil, dans la branche proche de la ville de Tanis (non loin de la Port-Saïd actuelle). Ce complot aurait lieu au cours de la 28e année du règne d’Osiris, ou lorsqu’il avait 28 ans.

La recherche du corps par Isis

Le peuple fut terrifié à l’annonce de la nouvelle, et le monde fut menacé de plonger dans le chaos. Isis se coupa une mèche de cheveux et prit une robe de deuil. La déesse partit à la recherche du coffre d’Osiris. Elle rencontra un jour des enfants qui lui indiquèrent à quelle branche du Nil Seth et les conjurés jetèrent le coffre. De là vient l’opinion où sont les Égyptiens que les enfants ont la faculté de deviner ; et ils tirent des présages des paroles qu’ils leur entendent prononcer au hasard dans les temples Plutarque Au cours de sa recherche, Isis a notamment appris que Osiris s’était uni à Nephtys, une autre de ses sœurs, née le quatrième jour, parce qu’il l’avait pris pour Isis.

De cette union était né Anubis, qu’Isis a protégé de Seth, et pris pour gardien et compagnon. Isis apprit en suite au cours de sa recherche que le coffre avait été porté par les flots de la mer près de la ville de Byblos (au Liban actuel). La déesse ramena le coffre à Sebennytos, où Horus était élevé. Selon une autre version de la légende, Isis parvint à réveiller le phallus d’Osiris, malgré sa mort, pour être fécondée. Isis, qui avait pris la forme d’un milan, s’unit à son époux défunt pour donner naissance à Horus, fils d’un père mort, et héritier du royaume. Celui-ci dut être caché de la fureur vengeresse de Seth.

Seth coupe le corps d’Osiris en morceaux

Toutefois, Seth retrouva le coffre et coupa le corps d’Osiris en quatorze parties qu’il dispersa ça et là. Selon d’autres versions, Seth le découpa en vingt-six ou quarante-deux parties. Isis élevait des sépultures à chaque endroit où elle retrouvait des morceaux du corps d’Osiris.

Selon Plutarque, c’est la raison pour laquelle il y a plusieurs tombeaux d’Osiris en Égypte. Selon une autre hypothèse, Isis aurait fait plusieurs représentations du dieu qu’elle envoya aux différentes villes d’Égypte en leur faisant croire que c’était des morceaux du corps divin. Chaque région d’Égypte disposant d’un morceau du corps d’Osiris était assurée de la fertilité de ses terres. Le sanctuaire le plus prestigieux, parce qu’il gardait la tête d’Osiris, se trouvait à Abydos. Dans cette ville avait lieu un festival pendant lequel les principales étapes du martyre d’Osiris étaient rejouées.

De toutes les parties du corps d’Osiris, seul le phallus manquait, parce que Seth l’avait jeté dans le Nil, où il fut dévoré par des poissons, le lépidote, le pagre et l’oxyrinche, que les Égyptiens avaient donc en horreur. Isis fit faire une représentation du phallus d’Osiris, et les Égyptiens le célébrèrent. La déesse, munie de tous les morceaux du corps de son époux, le reconstitua à l’aide de morceaux de papyrus. Des épis de blé naissaient de son corps reconstitué. Ses humeurs (les liquides de son corps), recueillies dans le vase senou, se sont répandues en Égypte pour nourrir la terre et faire gonfler les eaux du Nil. Selon une autre version, c’est Anubis qui se chargea de reconstituer le corps d’Osiris, et de le momifier.

Osiris au royaume des morts

Osiris, reconstitué, partit en Occident pour régner au royaume de morts, là où disparaît le soleil. Il reçut des attributs royaux, un sceptre, un chasse-mouches et la crosse de berger. Son corps, reconstitué, était entouré de bandelettes, et sa peau devint verdâtre ou noir, couleurs de la régénération de la nature.

Signification du mythe

Osiris symbolise le prolongement de la vie, de l’ordre et de la civilisation après la mort. Sa mort et sa renaissance symbolisent le cycle de la vie. Les Égyptiens lui attribuaient le rôle de juge des morts, dont il pesait les actes. Osiris est un dieu attesté tardivement. Son nom est attesté, parmi les mentions les plus anciennes, sur le linteau du tombeau d’une princesse égyptienne, vers 2450 av. J.-C. (Hélène Bouillon, Les 100 mythes de l’Égypte ancienne).

La vengeance d’Horus

Osiris apparut des enfers à son fils Horus. Il lui demanda quel était l’action la plus glorieuse. Horus lui répondit :

C’est, répondit Horus, de venger les torts qu’auraient essuyés un père et une mère.

Son père lui demanda ensuite quel animal était selon lui le plus utile à la guerre. Ce à quoi Horus répondit que c’était le cheval. Osiris, surprit, lui demanda pourquoi il n’avait pas choisi le lion. C’est, répliqua Horus, que le lion est utile à ceux qui n’ont besoin que de défense ; mais avec le cheval on poursuit son ennemi et on le tue. Faisant suivre les actes de la parole, Horus rassembla des Égyptiens et commença un combat contre Seth, qu’il finit par vaincre. Isis libéra cependant Seth de ses chaînes, ce qui indigna Horus, qui porta la main sur sa mère, et lui arracha les marques de la dignité royale. En compensation, Thot lui donna un casque en forme de taureau. Horus, qui avait vengé son père, devint à son tour le maître du monde.

USA : Autrefois un temple maçonnique, « The Lodge » cherche à créer un espace pour les artistes de toutes sortes


De notre confrère eu.cincinnati.com – Par QUINLAN BENTLEY

Pour beaucoup de passants, l’ancien temple maçonnique de Dayton, dans le Kentucky , un sinistre bâtiment en brique de deux étages au coin de la Sixième Avenue et de Vine Street, est une énigme. Et ce sens du mystère fait partie de son charme. C’est du moins le cas du propriétaire de l’immeuble, Scott Beseler.

« Je veux dire, les gens ne savent vraiment pas ce qui se passe ici et les gens ne savaient vraiment pas ce qui se passait dans les temples maçonniques pour commencer », a déclaré Beseler. « Alors j’aime bien cette mystique. »

A l’intérieur, le bâtiment centenaire – avec ses deux grands auditoriums – est un kaléidoscope de couleurs et de dessins. Oh, et une collection absurdement grande de clowns. « Nous avons lancé l’idée d’avoir une petite partie de ce bâtiment appelé le Kentucky Clown Museum », a déclaré Beseler.

Le Lodge dispose de deux grands auditoriums, un au premier étage et un autre au deuxième étage.  Une inscription au-dessus de la scène au niveau supérieur se lit comme suit : "Souviens-toi maintenant, ton créateur".

Le Lodge dispose de deux grands auditoriums, un au premier étage et un autre au deuxième étage. Une inscription au-dessus de la scène sur la partie supérieure – FOURNI/SCOTT BESELER

Beseler a acheté l’espace en 2011 et avait initialement l’intention d’héberger des groupes en tournée jusqu’à ce qu’il apprenne la myriade de mises à niveau du code d’incendie nécessaires pour concrétiser cette idée.

Rebaptisé The Lodge KY, un nom qui rend hommage aux francs-maçons qui s’y sont réunis, le bâtiment sert désormais de studio d’enregistrement, d’espace événementiel et de plaque tournante pour une variété d’artistes.

« C’est en quelque sorte devenu cette bête, où nous avons maintenant une poignée de personnes qui nous louent de l’espace, comme, mensuellement, puis nous accueillons des groupes de l’extérieur pour enregistrer et faire d’autres projets avec », a déclaré Beseler, qui travaille à plein fois comme photographe à la Northern Kentucky University.

Les artistes notables qui ont utilisé l’espace incluent Walk the Moon, Siri Imani et Foxy Shazam , qui ont auto-enregistré leur dernier album, « The Heart Behead You », à The Lodge. Il a même été salué par Jack White of White Stripes dans un récent article du magazine GQ.Je pense qu’un endroit comme celui-ci va aider à soutenir les gens dans leur lutte pour créer et s’amuser avec la vie au lieu d’aller à la corvée.Scott Besler

Outre les groupes, The Lodge est fréquenté par des photographes et accueille également des expositions d’art, mais il y en a eu beaucoup moins depuis l’émergence de COVID-19.

« Nous aimons pouvoir soutenir les artistes ici, pouvoir présenter leur travail et qu’ils puissent vendre leur travail », a déclaré Beseler.

Bien que Beseler loue actuellement l’espace pour être utilisé par divers artistes, il essaie de transformer The Lodge en une organisation à but non lucratif. « Nous n’avons vraiment aucune incitation à tirer profit de ces artistes », a-t-il déclaré, « et il n’y a pas non plus beaucoup de marge bénéficiaire lorsque vous traitez avec des artistes. »

Scott Beseler, propriétaire de The Lodge, a déclaré qu'une seule exposition d'art y avait été organisée depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Scott Beseler, propriétaire de The Lodge, a déclaré qu’une seule exposition d’art y avait été organisée depuis le début de la pandémie de coronavirus.  FOURNI/SCOTT BESELER

Bien que la pandémie ait un impact si démesuré sur les arts locaux , Beseler est optimiste quant à l’avenir.

« J’ai l’impression que les artistes vont toujours être ce type d’esprits à la dérive qui veulent poursuivre, s’amuser et créer, et ils vont toujours se battre contre le système qui essaie de se nourrir d’eux et d’utiliser leurs compétences et talents. et ne pas les payer », a déclaré Beseler.

« C’est donc un combat continu que nous aurons, mais je pense qu’un endroit comme celui-ci », a-t-il déclaré à propos de The Lodge, « va aider à soutenir les gens dans la lutte pour créer et s’amuser avec la vie au lieu d’aller au moudre. »

Pourquoi « La Loge » ?

Le Henry Barnes Lodge, qui occupait autrefois la structure, est presque aussi vieux que la ville elle-même . Il a été fondé en 1879 avec seulement 13 membres fondateurs au Old Knights of Phythias Hall, selon les archives de The Enquirer. Dans les années 1950, il a atteint une adhésion de plus de 600.

Le lodge a finalement déménagé dans le bâtiment de la Sixième Avenue, dont la première pierre a été posée en 1922.

Depuis sa construction, le bâtiment a accueilli des déjeuners de crêpes communautaires et des cours de danse. Dayton High School avait l’habitude d’y monter des pièces de théâtre avant de construire sa propre scène dans les années 1950. Les habitants y ont même entreposé leurs affaires lors de l’ inondation de 1937 . 

Les maçons ont finalement décidé de vendre le bâtiment après 83 ans suite à une baisse constante du nombre de membres et les coûts d’entretien, des services publics et des taxes étaient devenus trop élevés, selon un article de 2006 Enquirer.

Le Henry Barnes Lodge a décidé de vendre le bâtiment après 83 ans suite à une baisse du nombre de membres.

Le Henry Barnes Lodge a décidé de vendre le bâtiment après 83 ans suite à une baisse du nombre de membres.  ARCHIVES DES DEMANDEURS

« Heureusement, les maçons étaient en quelque sorte axés sur les arts, car les deux endroits où j’ai vécu étaient à peu près des théâtres pour commencer », a déclaré Beseler, qui a vécu dans un autre ancien temple maçonnique à Covington avant d’acheter le bâtiment en Dayton.

Compte tenu de l’histoire du bâtiment, Beseler a adopté l’iconographie de la franc-maçonnerie – une décision qui, selon lui, était une évidence. « Le bâtiment lui-même est un temple et la loge est le groupe de personnes qui se réunissent à l’intérieur du temple », a-t-il déclaré. « Donc, essentiellement, c’est nous qui sommes la loge. »

Dayton : le « joyau caché » du nord du Kentucky

Lorsque les gens parlent des villes du nord du Kentucky, Dayton n’est actuellement probablement pas en tête de liste. Mais cet anonymat et l’abordabilité de la ville sont exactement ce qui attire les artistes, selon Beseler, qui siège également au conseil municipal.

Scott Besler.

Scott Besler.  FOURNI/SCOTT BESELER

« C’est un peu comme un joyau caché ici. C’est si proche du centre-ville », a déclaré Beseler. « Je pense que notre seul inconvénient est qu’il s’appelle Dayton, où les gens nous confondent tout le temps avec l’Ohio. »

Beseler n’est pas le seul à diriger un studio d’enregistrement à Dayton, une ville riveraine de plus de 5 600 habitants à seulement cinq kilomètres du centre-ville de Cincinnati.

Mike Montgomery a ouvert le Candyland Recording Studio il y a plus de dix ans. Depuis, de nombreux artistes locaux, régionaux et nationaux – dont Buffalo Killers, The Breeders et The Funs – y ont enregistré.

Que ce soit The Lodge ou Candyland, il suffit d’une seule ancre pour mettre de petites villes comme Dayton sur la carte, a déclaré Montgomery, ajoutant que Dayton est sur le point de devenir une plaque tournante pour les artistes locaux.

« Il n’y a pas beaucoup d’argent dans l’art et la musique, donc ces communautés commencent souvent à se développer dans des zones où l’immobilier est abordable », a-t-il déclaré, citant la montée des quartiers de l’autre côté de la rivière comme Northside comme autre exemple. 

La valeur médiane des logements occupés par leur propriétaire à Dayton est inférieure de 34 000 $ à la médiane de l’État et de 110 500 $ de moins que la médiane nationale, selon le US Census Bureau . C’est bon pour les acheteurs mais pas tant pour les vendeurs.

À 855 $, le loyer brut médian de la ville – qui prend en compte le coût du loyer mensuel plus le coût mensuel moyen estimé des services publics – est juste supérieur aux coûts de logement pour les locataires dans tout l’État, mais 200 $ de moins que la médiane nationale.

« Il y a de bons restaurants, il y a des cafés … J’ai vu beaucoup de croissance au cours de la dernière décennie », a déclaré Montgomery à propos de Dayton, ajoutant qu’il aimerait voir plus d’entreprises comme celles-ci s’ouvrir.

Cependant, la croissance économique de la ville pourrait, par inadvertance, mettre à prix les artistes mêmes qui ont contribué à bâtir la communauté, a-t-il déclaré. « Mais pour l’instant, je pense que c’est un super endroit pour… vivre et travailler. »

(VIDÉO) Conférence du GODF : « Féminisme et Laïcité »

Mardi 8 mars 2022, se tenait, au siège du Grand Orient, une conférence publique sur « Féminisme et Laïcité ».

(79) Féminisme et laïcité, 8 mars 2022 – YouTube

ITALIE : De la franc-maçonnerie à la nouvelle franc-maçonnerie. Et peut-être au-delà…

De notre confrère italien expartibus.it

« Conscients de la souffrance créée par le fanatisme et l’intolérance, nous sommes déterminés à ne pas idolâtrer ou tenir pour contraignante aucune doctrine, théorie ou idéologie, pas même celles bouddhistes (…)

Nous comprenons que le fanatisme sous ses multiples formes est le résultat d’une perception dualiste et discriminante des choses.
Nous nous entraînerons à tout regarder avec ouverture et avec la vision profonde de l’intérêt, pour transformer le dogmatisme et la violence en nous-mêmes et dans le monde. »
Thich Nhất Hạnh

La franc-maçonnerie est en crise, en Italie et dans le monde. Pas seulement au niveau numérique, et pas tant pour le contenu, pour la sagesse ou le potentiel ésotérique, mais pour la sclérose historique.

Pour dériver du service de club ou, pire, « politique« , un phénomène dégénératif typiquement italien. Pour un engagement individuel et collectif de plus en plus édulcoré, ou comme on dit, à l’eau de rose. Tout cela bien sûr, à l’exception de quelques îles heureuses « inégales », composées d’uniques loges ou d’uniques Communions.

Selon mon expérience personnelle et ma vision, la franc-maçonnerie s’est progressivement vidée de ses contenus initiatiques et s’est peu à peu encombrée de dogmatisme, de bureaucratisation et de narcissisme vide, se vissant dans une phase de décadence.

Pourtant, entre la fin du XVIIe siècle et les premières années du XVIIIe siècle, en Europe, la énième épiphanie de la philosophie éternelle a explosé dans un feu de lumière. Une saison faste et pétillante, en plus d’être créatif et innovant.

Gnostiques, Rosicruciens, Kabbalistes, Hermétistes ont alors, en fait, forgé, insufflé l’âme de la Franc-maçonnerie. Echanges libres, comparaisons, expérimentations, fraternité universelle, un creuset de plomb fondu transformé en lingots d’or philosophal, dont nous pouvons encore aujourd’hui profiter de la richesse.

Maintenant, l’eau semble de plus en plus stagnante. Le feu de la révélation qui s’est condensé et concrétisé, jusqu’au début du XIXe siècle, dans la formulation de nos Rituels, n’alimente plus aujourd’hui de nouvelles recherches de méthodes et de langages adaptés à l’époque dans laquelle nous vivons.

Temps terribles de guerres et de menaces nucléaires, de pandémies, de transformations technologiques tourbillonnantes et de risques climatiques très lourds qui nécessitent des modèles nouveaux et inédits, conçus ad hoc sur la complexité de la situation.

Les mêmes concepts et symboles sacrés pour nous tels que le trinôme Liberté, Égalité et Fraternité, pour ne donner qu’un exemple, attendent un réajustement interprétatif qui mette l’accent sur le concept initiatique de l’Adam Kadmon Universel.

Nous ne pouvons et ne devons pas nous sauver nous-mêmes. Aucun homme n’est une île.

Ce n’est pas un hasard si le Bouddhisme, en particulier celui du Mahāyāna, exalte la figure du Bodhisattva, un être engagé à atteindre l’Illumination et qui, par « compassion« , décide de reporter son entrée au Nirvana, jusqu’à ce que toutes les créatures sensibles aient atteint son propre état d’éveil.

Sur le plan existentiel, les paroles de Sénèque qui sonnent ante litteram maçonnique s’appliquent :

Notre société ressemble beaucoup à une voûte de pierres : elle tomberait si les pierres ne se soutenaient pas.

Dans ce contexte, beaucoup, trop de Tableaux de loge ou de discours flous et dépourvus de logique formative, ou à la limite de dynamiques agressives, prennent la place de la pensée vivante, constructive, conçue et élaborée dans le hic et nunc de l’égrégore pour comprendre et diffuser la Lumière dans le monde contemporain.

Les miennes sont forcément des généralisations, bien sûr, qui ne tiennent pas compte du magnifique travail de petits groupes, d’heureuses avant-gardes, mais parfois, croyez-moi, le récit nouvellement développé est bien moins mortifiant et gênant que la réalité que j’ai vécue. directement à travers des expériences longues et variées en plus de quarante ans de participation à diverses Obédiences.

Si la Franc-Maçonnerie ne veut pas s’évaporer en tant qu’institution initiatique historique et historicisée, comme cela s’est déjà produit par le passé pour les Mystères égyptiens, les Mystères d’Eleusis, pour l’École pythagoricienne, qui n’ont pourtant cessé de refaire surface sous de nouvelles formes et modalités, pour relancer leur rôle dans le présent – futur, il doit nécessairement abandonner son narcissisme et évoluer.

Les Sœurs et Frères qui me connaissent personnellement savent à quel point je suis attaché au modèle de la « chère vieille franc-maçonnerie ». Mais ils savent aussi combien je soutiens qu’il faut aujourd’hui entreprendre ou du moins compléter et intégrer des recherches classiques, faites de symbole et de rituel, qui remplissent en tout cas une fonction formatrice méritoire, avec des expérimentations menées à travers des outils opératoires nouveaux et anciens : méditations, théurgie, pratiques telles que la concentration, la respiration, l’imagination active, les modulations sonores, l’utilisation de couleurs et de parfums sacrés et magiques, au sens le plus élevé de la « Science des Mages« .

Ce ne sont pas des fantasmes du nouvel âge ou des pires opérations du pire occultisme, mais des enseignements qui ont toujours été présents, traçables dans le passé dans les Mystères sacrés de l’Égypte, dans le Corpus Hermeticum, dans les écrits de Giordano Bruno, dans la Kabbale occidentale, y compris la chrétienne, hier dans les œuvres de Gurdjieff, de Dion Fortune, de Robert Ambelain, de Massimo Scaligero, de Francesco Brunelli, de Sebastiano Caracciolo et aujourd’hui dans les travaux de recherche, menés, par exemple, en Italie par le frère Hermeticus ou dans France par Rémi Boyer, le plus important métaphysicien contemporain qui, au hasard, il a signé la préface du livre d’Hermeticus ‘ Les Dix Portes ‘ .

Que le Sublime Architecte de tous les Mondes nous éclaire et nous guide !