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ITALIE : Période de Solstice

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Quand la nuit la plus longue épouse le jour plus court, il est temps de semer les graines de futurs projets…
Méditation pour le solstice du nouvel an

Le Soleil s’arrête dans le ciel, la Nature s’arrête sur la Terre. L’eau se transforme en glace et le feu est nécessaire pour se réchauffer et s’abriter des températures glaciales de l’hiver. La danse des éléments est prête, une fois de plus, à donner vie à la merveille de son cycle : voici le solstice d’hiver !

Cela se produit lorsque le soleil est au point le plus bas de l’écliptique, après que les températures baissent à nouveau, mais que les jours recommencent à rallonger.

C’est l’un des moments qui passent de l’année, celui où tout semble s’arrêter : la nature comme temps. Jusque-là, les heures d’ensoleillement ont progressivement diminué pour laisser place à l’obscurité de la nuit, laissant désormais progressivement place à la lumière qui commence lentement à s’imposer sur les brumes hivernales.

Comme toutes les périodes de transition, c’est un intervalle plein de valeurs symboliques et magiques, dominé par des mythes et des symboles d’un passé très lointain.

Le mot latin solstitium dérive de Sol et du verbe sistere et signifie « arrêt du Soleil » : l’étoile, en effet, ralentit sa descente sur l’équateur céleste et commence à monter vers le nord, où elle s’arrêtera à nouveau pour le solstice d’été.

Quelle place occupe le solstice d’hiver dans le calendrier de nos travaux ?

Cet anniversaire est la célébration par excellence de la « naissance ». Déjà dans l’ancienne Perse cette date marquait la venue au monde de Mithra et dans l’ancienne Egypte, d’Horus, fils d’Isis et d’Osiris ; à Rome, ce jour était indiqué comme Natalis Solis Invicti , puis la fête passa au christianisme comme la Naissance de Jésus, fixée au 25 décembre par le pape Jules Ier, en 390.

Janus, Ianus Bifrons , l’ancien dieu italique, père de tous les dieux, fut placé pour garder les solstices qui étaient considérés comme des « portes ». Dès le solstice d’hiver sortent les dieux, dès le solstice d’été les hommes entrent. Janus est en effet le dieu des seuils ; La légende raconte que Saturne l’a rejoint, un dieu bon et sage, qui a enseigné l’agriculture à l’homme et a ainsi commencé l’âge d’or.

Les philosophes appellent le royaume saturnien le stade de négligence des Saturnales ; l’agriculture est une allégorie pour comprendre l’art : « quand on veut donner naissance à un arbre, on sème d’abord la graine parfaite ».

Le Royaume de Saturne est donc le début de l’Oeuvre, qui se produit lorsque la négligence apparaît, c’est-à-dire au solstice d’hiver.

Il représente Janus, ou la porte et la clé, en fait cette dernière, avec le sceptre du pouvoir, est l’un des symboles du dieu à deux faces.

A cette date, il fut remplacé par les deux John placés pour garder les Portes du Solstice ; Saint Jean-Baptiste, le 24 juin, et Saint Jean l’Evangéliste, le 27 décembre. Dans de nombreux tableaux, dans la main de l’évangéliste la coupe, le réceptacle, avec la célèbre Serpe dell’Arte apparaît et, en été, la tête têtue du Baptiste marque le début du déclin.

Dans le « Turba philosophorum » , l’un des plus anciens textes hermétiques-alchimiques occidentaux, Acsufobo écrit :

Si vous avez bien fait, vous verrez une noirceur dans la partie supérieure, qui est un signe de putréfaction, qui dure quarante, quarante-deux jours.

Sachez que la fin n’est rien d’autre que le commencement et que la mort est la cause de la vie et que le commencement est la cause de la fin.

Il faut travailler jusqu’à voir noir, voir blanc, voir rouge, c’est tout, puisque cette mort est la vie éternelle après la mort glorieuse et parfaite.

Aujourd’hui des termes tels que putréfaction , noirceur, mort glorieuse, peuvent sembler macabres, mais ils dérivent de l’observation, une fois sous les yeux de tous, qu’une graine enfouie dans la terre, avant de donner naissance à une nouvelle plante, doit se décomposer. La mort apparente de la semence est l’étape nécessaire à la naissance de la nouvelle vie.

Le stade de noirceur est le solstice d’hiver, quarante ou quarante-deux jours sont la distance entre la date du solstice et la Chandeleur, qui a lieu le 2 février.

La franc-maçonnerie célèbre le solstice d’hiver et attache à cet anniversaire la première place parmi les solennités de l’année. Il est le symbole de la renaissance spirituelle obtenue à travers la célébration des rites initiatiques, la défaite du mal et des ténèbres par le Soleil, le triomphe de la Lumière, le tournant vers l’Aube et témoigne de la puissance créatrice et vivifiante du Verbe.

Saint Jean l’Evangéliste lui-même, appelé le Précurseur, dit :

Le commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. et sans lui aucune des choses faites n’a été faite.

Un ancien rituel rapporte :

Le Soleil, symbole visible de l’Esprit, s’est retiré dans les grottes du nord. Les jours raccourcissent et les nuits rallongent. La douleur est dans nos âmes, car le Soleil est chaleur, il est vie et lumière. Nous, frères, voyons dans cette mort rituelle du Seigneur une phase de la lutte éternelle du Bien contre le Mal. Mais notre douleur est tempérée par la certitude que le Soleil, après sa descente annuelle aux Enfers, retournera au Zénith de notre conscience.

Ainsi l’esprit de l’homme, après avoir dormi dans le mystérieux tombeau de Saturne, veillé par les noirs corbeaux de la mort, renaîtra dans un vol de colombes blanches.

C’est précisément dans cette phase de solitude et de tristesse que l’homme doit réaffirmer son indépendance. Frères, donc, soyez vigilants ! Ainsi, en opposant votre état de veille au silence fécond de la Nature, vous arriverez à vous connaître.

L’art est incapable de créer les dispositions primaires, mais ne peut perfectionner que ce que la nature a créé qui est perfectible.

Avant cette transformation, il y a matière :

Toutes choses ont un principe et une nature qui, par elle-même, sans le secours d’autrui, sait se multiplier à l’infini, sans quoi tout serait perdu et corrompu.
Aristéo

Telles sont les prémisses, mais la Pierre à laquelle aspirent les philosophes doit avoir en elle-même des éléments divins qui ne peuvent descendre de l’individu ; en fait, il ne peut produire que l’Homme, comme l’exige la loi de la nature.

Notre pierre philosophale, en revanche, est un croisement entre les corps parfaits et imparfaits. Ce qui est parfait ne peut pas être altéré, mais seulement détruit, tandis que ce qui est imparfait se prête bien à être changé, de sorte que ce qui est destruction pour l’un est génération pour l’autre.

BRESIL : Noël et la loi de l’amour fraternel (2)

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

Par l’étude et la réflexion, le franc-maçon sera capable de comprendre des significations symboliques profondes dans chaque aspect de cette date festive.

En ce jour si spécial et significatif pour l’Humanité, la Loge Maçonnique Perseverança souhaite à ses lecteurs, et particulièrement à l’équipe de Folha do Litoral, UN JOYEUX ET BÉNI NOEL !!! Et il le fait, en réitérant que Noël représente la naissance d’une nouvelle ère, d’une lumière intense qui doit briller dans chaque jour de notre vie et dans chaque acte de notre existence.

Par l’étude et la réflexion, le franc-maçon sera capable de comprendre des significations symboliques profondes dans chaque aspect de cette date festive, et trouver, par exemple, des facteurs positifs même dans l’exploitation économique moderne de la date. Le don est, pour le franc-maçon, une sorte d’exercice de la loi mystique du retour. « (…) C’est une façon d’exprimer sa gratitude ou le plaisir de faire plaisir. Lao-Tseu, qui a vécu en Chine 400 ans avant JC, a dit que : « La gentillesse crée la plénitude, la gentillesse dans les créations crée l’amour ». (Miranda) Maintenant, parmi d’autres explications plausibles, la vieille habitude de donner des cadeaux – la base de l’importance actuelle de cette date pour le commerce – peut nous rappeler que les « Rei Magos » ont présenté le Christ nouveau-né (sujet pour la semaine prochaine), comment beaucoup la naissance de Jésus et la « leçon immortelle de son Évangile d’amour et de rédemption » étaient, en elles-mêmes,

La date elle-même, qui dans la plupart des régions du monde n’a commencé à marquer le Noël chrétien qu’au 5ème siècle, a une belle signification symbolique. À l’époque, avec son Église centrée à Rome, le christianisme « faisait encore concurrence » aux croyances polythéistes païennes, avec le culte du dieu solaire Mithra, représentation mythologique de la lumière, du bien et du monde spirituel distincte de la matière. Dans une grande partie du territoire romain, le 25 décembre était le jour de fête traditionnel et très populaire du solstice d’hiver (dans cet hémisphère), lorsque « la plus longue nuit de l’année » s’est terminée par la défaite de Mithra, avec la naissance du Soleil invaincu (ou invincible), natalis invicti Solis. Aux chrétiens de l’époque, il semblait plus que suffisant de marquer la naissance de Jésus – la Lumière du monde, le jour même où les gens célébraient la prédominance de l’éclat du Soleil sur les ténèbres. 

Il est rapporté qu’avant l’avènement du Christ, le «[…] monde était un immense troupeau égaré. Chaque peuple a fait de la religion une nouvelle source de vanité, constatant que de nombreux cultes religieux en Orient se dirigeaient vers le terrain franc de la dissolution et de l’immoralité. Dans ce contexte, « […] le Christ est venu apporter au monde les fondements éternels de la vérité et de l’amour. (…) Jésus, avec son exemple divin, livrerait le code de la fraternité et de l’amour à tous les cœurs » (Chico Xavier).

Ce code était appelé « évangile », terme dérivé du grec « euangelion », (« je », bien ; « angelion », message), littéralement « bonne nouvelle », ou « bonne nouvelle ». La bonne nouvelle du Christ est le renouvellement de l’alliance de Dieu avec l’humanité, avec le commandement de l’amour : aimer Dieu de cœur, d’âme et d’esprit, et aimer « son prochain comme soi-même ».

Après avoir été initié franc-maçon, l’homme laisse symboliquement derrière lui l’obscurité des vices et des erreurs, et reçoit la lumière qui le fait naître à l’idéal maçonnique de rendre l’humanité heureuse. « Personne n’entre dans la franc-maçonnerie sans s’engager à LOVE THE NEXT. (…) Par conséquent, la fraternité, pour le franc-maçon, n’est pas quelque chose qu’il désire simplement. C’est quelque chose qu’il vit avant tout pour pratiquer. (De face) 

Nous espérons toujours « qu’à chaque Noël notre lumière intérieure deviendra plus intense, plus représentative de l’amour, de la fraternité et de la compassion. (…) Que chacun de nous fasse le plus beau des cadeaux : l’installation ou l’agrandissement d’une véritable source de lumière au sein de notre Temple Intérieur ! (Miranda)

Basé sur des extraits de livres de PC Miranda (« L’art réel – les chemins de la franc-maçonnerie ») et AC Ferreira (« La fonction du franc-maçon dans la société ») ; citant des travaux du FC Xavier, dans un article de MAde Moura (febnet.org.br) ; wikipédia et bibliaonline.com.br.

Responsable : Perseverance Store ( store159@fgsia.com ) – Jorn. Fernando Gerlach (DRT-PR n°2327)

ALLEMAGNE : Ce que cache la télé – « Le secret de la saga BR »

De notre confrère bild.de – Par Hannes Kohlmaier

C’est une déclaration d’amour à l’ancienne ville impériale libre et un voyage à l’époque où elle est devenue une partie de la Bavière.

Le documentaire en trois parties « Nürnberg Saga » commence la veille de Noël sur Internet (BR-Mediathek) et le 29 décembre à la télévision.

L’un des personnages principaux est l’homme d’affaires Paul Wolfgang Merkel (1756-1820), le premier membre du parlement du Land de Nuremberg.

Photo d'accroche
La loge à Fürth : la loge maçonnique de Merkel « Aux trois flèches » se réunit encore aujourd’huiPhoto : Hannes Kohlmaier

Aujourd’hui encore, il est une figure culte parmi les francs-maçons. Ce que beaucoup ne savent pas : Merkel a été co-fondatrice de la loge « Aux trois flèches » en 1789, l’une des plus anciennes de Bavière.

Dans le film, Merkel est jouée par l’inspecteur Franken-Tatort Andreas Schadt (43). « Les nombreux journaux intimes et lettres que Merkel a laissés m’ont aidé à me préparer pour le rôle », a déclaré Schadt à BILD. « Merkel était un citoyen de Nuremberg avec corps et âme, mais aussi un homme d’affaires qui devait veiller à ce que son entreprise fonctionne. »

La personne historique Merkel a fait l’objet de recherches approfondies. Mais un point important de sa vie est totalement absent du documentaire : sa vie de franc-maçon.

Même Wikipédia est mieux informé !

Photo d'accroche
Franc-maçon et historien Manuel Pauli (33 ans) : « Merkel était un frère de loge exceptionnel »Photo : Hannes Kohlmaier

La loge « Aux trois flèches » existe toujours et se réunit désormais dans la loge Fürth (informations : www.dreipfeile.de). Les francs-maçons de Nuremberg attendaient avec impatience l’événement télévisé. En conséquence, la déception que son frère et fondateur n’est dépeint que comme un homme politique et un homme d’affaires.

Manuel Pauli (33 ans) a un doctorat en histoire et est le frère des « Trois Flèches ». Sa spécialité est la franc-maçonnerie des XIXe et XXe siècles.

Photo d'accroche
Représentation historique d’un rituel maçonnique ; la loge des trois flèches n’utilise plus d’armesPhoto : Gianni Dagli Orti / Shutterstock

Il dit : « La loge a joué un rôle central dans la vie de Merkel. Il y trouve la convivialité, l’échange avec les autres, un lieu où il peut élargir ses horizons et former son regard cosmopolite. C’est dommage que cette partie de sa vie qui forme le personnage ne joue pas un rôle dans le film. »

La franc-maçonnerie était probablement une tradition dans la famille Merkel : selon Pauli, au moins un de ses fils était également membre des Frères des Trois Flèches.

Un porte-parole du BR pour BILD : « L’histoire de la loge de Merkel n’est pas totalement inintéressante, mais malheureusement nous avons dû nous en passer au vu d’autres événements. »

UK : Les francs-maçons invitent les louveteaux à découvrir Lodge of Good Intention

De notre confrère anglais devonlive.com

Les louveteaux ont découvert ce qu’implique la franc-maçonnerie.

Les membres de la Loge de la Bonne Intention ont accueilli deux groupes du 1er groupe de louveteaux du nord du Devon, ainsi que leurs chefs de louveteaux et leurs parents lors d’une visite à la loge du franc-maçon à Trafalgar Lawn, Barnstaple en novembre.

Alan Cockman et Rob Palmer ont accueilli les groupes et leur ont donné une brève description de la façon dont la franc-maçonnerie a commencé et comment elle s’est développée au fil des ans.

Les louveteaux ont été surpris d’apprendre que la chaise maintenant utilisée par le vénérable maître était, à la fin des années 1790, utilisée par le prince de Galles de l’époque qui est finalement devenu le roi George 4e et l’une des jeunes filles a même pu célébrer son anniversaire en ayant « Joyeux anniversaire à toi » lui chanta alors qu’elle était assise dans la chaise du Maître.

Les louveteaux ont ensuite été invités à examiner les insignes, les artefacts, les outils et les bannières qui font partie des cérémonies, puis à s’asseoir dans diverses chaises d’officiers autour de la loge.

« Ils ont également été surpris de découvrir qu’une grande partie du mobilier provenait des années 1790 et que le bâtiment datait de la bataille de Trafalgar.

Alan et Rob ont déclaré avoir été impressionnés par les questions qu’ils ont posées et par l’intérêt qu’ils ont manifesté tout au long de la soirée.

…Signes et attouchements en franc-maçonnerie

Tu m’interroges, et tu t’interroges peut-être aussi, sur ce que nous garderons de notre vie ? Et tu me cites ce vers d’Aragon qui finit son poème « Que la vie en vaut la peine », du recueil Les yeux et la mémoire, que Jean d’Ormesson reprend, précisément, dans ses mémoires : « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle ». Pas d’amertume de ma part à ce sujet. Je garde de mon passé un souvenir apaisé, mais sans doute incomplet – seules les assiettes ébréchées marquent la mémoire – d’un chemin dont je me demande parfois si c’est moi qui l’ai tracé.

J’en ai pris conscience à l’hôpital Saint-Joseph, lors de la bonne quarantaine de séjours que j’y ai effectués, chacun d’une semaine, où l’on me transvasait des produits qui me bousillaient les veines sans améliorer mon état. Il m’y est arrivé une bien étrange aventure.

Je redoutais les perfusions. Non pas en soi, car une fois en place et, quel que soit le produit injecté, je supportais tout ça assez bien, mais ce qui m’inquiétait à chaque fois, c’était la pose du cathéter. Mes veines ne sont pas apparentes et restent cachées malgré le garrot. Pour les détecter et réussir à me placer l’aiguille du premier coup, il faut une infirmière expérimentée et habile. Les bonnes piqueuses, comme elles se nomment, sont rares, et plus d’une qui se flattait d’être une championne a abandonné après trois charcutages et baissait ensuite les yeux en me croisant dans le couloir. Il y en a même une qui m’a piqué sur le dos de la main, éclatement de la veine en prime !

Bref, ce jeudi 22 septembre 2016, à six heures et quart du matin, l’infirmière de nuit entre dans ma chambre. Je l’avais vue la veille au soir et l’avais fait parler un peu. À son air, pas très grande et rondelette, je lui donnais une bonne quarantaine. Confiance a priori. Mais elle m’a raconté, avec une fierté légitime, qu’elle avait longtemps été aide-soignante et qu’avec beaucoup d’efforts, car elle avait des enfants, elle avait obtenu le diplôme d’infirmière il y a trois ans. J’en ai conclu, in petto, qu’en dépit de son âge c’était une semi-débutante et je craignais le pire. J’ai remâché ma crainte la nuit durant.

La voilà donc qui débarque dans ma chambre au petit matin, après une nuit blanche où les insomniaques passent leur temps à appeler l’infirmière de nuit pour vaincre leurs terreurs nocturnes. C’était, pour moi, le moment redouté de la pose du cathéter assorti du traditionnel remplissage des tubes d’analyses. Poussant son matériel, un peu pâlichotte et les yeux cernés, elle monopolise la table à roulettes où me serait servi plus tard le petit déjeuner, approche la perche à perfusion et se dispose à piquer et moi à la guider autant que je pourrais (?). Elle décide qu’il vaut mieux ne pas piquer deux fois et que le cathéter lui permettra de remplir les tubes. Jusqu’ici tout va bien, pensé-je.

Elle était sur le point d’attaquer, avait déjà imbibé sa compresse de teinture d’iode pour désinfecter la partie du bras choisi comme victime, lorsque la porte coupe-feu battante, fermée pendant la nuit, près de laquelle était située ma chambre, a fait du bruit et qu’est entrée directement, comme chez elle, une grande femme maigre, la cinquantaine sonnée, qui semblait d’origine antillaise, mais qui s’exprimait sans le moindre accent des îles. Avec une autorité qui ne se discute pas, elle a écarté sa collègue qui me faisait, dans son dos, des mimiques de surprise assorties de gestes de résignation. « Allez me chercher un rasoir », lui a-t-elle intimé. L’autre s’est exécutée et a ramené un Gillette jetable pour un rasage du bras facilitant, en fin de cure, l’enlèvement du grand pansement adhésif.

Comme je lui disais : « Je ne vous connaissais pas, vous », elle m’a rétorqué : « Je viens d’un autre service ». J’aurais dû m’étonner et lui demander comment elle était arrivée dans celui-ci, mais à ces heures matinales, les questions sont encore endormies. Et puis, il faut dire que son autorité m’en imposait à moi aussi. Tout à coup, elle a demandé à sa collègue qui la regardait faire, à l’écart, « il n’y a pas des cathéters bleus ? » (ils sont plus fins que le rose qui était préparé) ; « non, il n’y avait que ça dans la réserve ». Sans rétorquer, avec calme, elle a serré le garrot, tâté les veines et soudain, sans me dire « j’y vais », comme les autres infirmières, elle a piqué, rempli les tubes, placé le cathéter, l’a entouré de l’enveloppe plastique qui le maintient, sans inscrire dessus, curieusement, la date de pose, et… elle a disparu.

Restée seule, « mon » infirmière de nuit, essayait de se réhabiliter à mes yeux :

  •  Vous savez, je viens de piquer deux patients très difficiles et j’y suis parvenue du premier coup.
  •  Je n’en doute pas. Et… vous connaissiez cette collègue ?
  • Non.

J’ai interrogé mon infirmière de jour, une ancienne dans le service, elle ne voyait pas de qui il pouvait bien s’agir, je suis alors allé « enquêter » dans le service de cardiologie, à l’étage inférieur, mais toujours rien.

Je ne l’ai plus jamais revue.

Pourquoi est-elle apparue et, surtout, à ce moment précis ? Je ne sais. Il y a d’étranges signes dans la vie. Le plus difficile, semble être de les détecter. Ils traversent notre existence, on les rencontre puis on les oublie, comme on oublie le visage des passants que l’on croise. Tout se noie sous le quotidien. On néglige probablement une multitude de signes qui constituent autant d’appels que nous ignorons par inattention. Toutefois, quand on les détecte, on se rend compte que les difficultés commencent avec leur interprétation. Ce qui s’était produit ne pouvait pas être fortuit. Mais qui avait pu bien dire à cette infirmière de venir, directement et à cette heure ? Je ne connaissais personne dans cet hôpital. Était-ce mon ange gardien ? L’un ou l’une de mes morts ? La Vierge de la chapelle de l’hôpital, qui est celle de la Rue du Bac, Vierge de l’accueil aux bras tendus vers nous au lieu d’avoir les mains jointes ou tournées vers le ciel ? À moins que ce ne soit Jésus, celui de la Nativité, même s’il doit avoir bien d’autres sujets à traiter que moi, qui ne suis guère qu’un sujet de mécontentement ? Bref, je suis perplexe. Parfois je me dis que c’est un petit rien, plus souvent que c’est un rien immense et bien étrange.

En ce jour de mémoire, voilà l’histoire telle que je l’ai vécue. Mots, signes et attouchements. On a les mots, bien sûr, encore qu’il ne soit pas si facile de trouver le bon, celui qui révèle. On a aussi les attouchements qui se limitent trop souvent à la main donnée aussitôt reprise. Quant aux signes, sommes-nous assez éveillés pour les voir ? Parfois je me demande si chacun de nous n’est pas une légende, une légende qu’il ne sait pas déchiffrer…

Chevalerie et Initiation au XXIe siècle

Enjeux et mécanismes de l’ésotérisme en action

Michel Gortchakoff – Aureus éditions, 2021, 120 pages, 20 €

Présentation de l’éditeur :

La chevalerie est un principe et un système de valeurs qui, au XXIe siècle, est encore bien vivace pour peu que l’on ne dissolve pas ses traditions dans les diktats d’une modernité quantitative et abêtissante. On peut et on doit vivre sa chevalerie, que l’on soit homme ou femme, en immersion totale dans son époque sans renier les fondements de notre civilisation, pourvu que nous sachions discerner dans la démarche ce qui ressort de la permanence, et même de l’éternité du langage ésotérique, mode d’expression par excellence de l’initiation véritable.

Biographie de l’auteur :

Michel Gortchakoff, longtemps haut responsable d’organisations initiatiques et traditionnelles, nous donne des clefs de compréhension pour relier le sentiment religieux à la compréhension moderne de notre cerveau, et appréhender par-là les trois phases primordiales de l’Initiation : royauté, prêtrise et prophétisme, qui demeurent depuis la Bible des archétypes absolus.

[NDLR : Une belle nouveauté pour les fêtes de fin d’année 2021 que nous offre les éditions Aureus avec Chevalerie et Initiation au XXIe siècle de Michel Gortchakoff. Il faut dire que  Son Altesse Michel C. Nicolaïevitch Gortchakoff, ancien Grand Prieur de l’Ordre de Saint-Jean (branche du tsar Paul 1er), Chevalier dans l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, ancien dignitaire de la Grande Loge Nationale Française et du Grand Chapitre de la Sainte Arche Royale de Jérusalem pour la France est issu de la famille princière Gortchakoff de la dynastie des Rurikides, qui régna sur la Rus’ de Kiev, ou Russie kiévienne, puis la Moscovie de 862 à 1598, en bien placé pour nous entretenir de chevalerie, de doctrine spirituelle, de symbolisme et d’ésotérisme ainsi que d’une méthode initiatique.

La table des matières aborde nombre de sujets. Jugez-en par vous-mêmes :

À l’ouest/L’oral et l’écrit/Orientation/Un Ordre traditionnel et initiatique/Chronologie biblique/ Histoire biblique/ « Œcuménisme » pour le Premier Temple de Jérusalem, ostracisme pour le Second/Quelques clés sur le fonctionnement de notre cerveau/ La Loi à gauche et la Foi à droite dans notre cerveau ?/Quelques symboles/Assiduité-morale- éthique/Les différentes voies de réalisation spirituelle/Union des Trois/L’éloignement du centre/Chevalerie initiatique et chevalerie maçonnique/ Pouvoir et contre initiation/Royauté et chevalerie/Prophétisme et chevalerie/Sacerdoce et chevalerie/Conclusion/Bibliographie

Dans son premier chapitre intitulé « À l’ouest », l’auteur fait le constat qu’en ce début de ce XXIe siècle l’être humain est toujours partagé entre son expression individuelle et son comportement de groupe. Il s’interroge aussi sur notre civilisation occidentale qui pousse l’homme vers plus d’individualisme. En quelque sorte Michel Gortchakoff ne nous proposerait-il pas quelques instructions pour « l’honnête homme » de cette nouvelle ère ? Effectivement à l’heure des révolutions, tant génétique que numérique, quel serait l’idéal des Lumières que nous pourrions porter et ainsi permettre à l’homme de s’émanciper ?

Si la chevalerie et son code chevaleresque désignent à la fois le groupe social, constitué de chevaliers, et un ensemble de codes de conduite informels destinés à encadrer la vie chevaleresque idéale, qui trouve son apogée entre les XIIe et XVe siècles, ne seraient-ils pas encore un moyen de guider nos vies grâce à cette pédagogie spécifique aux guerriers, permettant peut-être au commun des mortels d’entrer dans une voie de perfection…

Nous ne manquerons pas de lire avec intérêt le chapitre consacré cet Ordre traditionnel et initiatique qu’est la chevalerie ainsi que la responsabilité du chef. D’ailleurs le Maçon ne doit-il pas donner l’exemple en toute circonstance ? L’auteur aborde aussi, pour notre plus grand profit et plaisir, quelques symboles liés à certaines traditions initiatiques ou à certains ordres de chevalerie tel que l’autel, le pentalpha, l’hexagramme, le symbolisme du 4, le Tau et la Croix ou encore de la bannière.

Un façon de donner des pistes à l’homme moderne pour agir en homme de bien, faisant sien Amour et service de Dieu.

Quant à Aureus éditions https://aureus-editions.fr/, cette maison nous offre des livres de ou avec Jean Solis, des livres d’alchimie ou d’hermétisme, des livres sur le christianisme et la Bible mais aussi sur la Gnose ou la Rose+Croix ou encore sur la Franc-Maçonnerie spirituelle et traditionnelle.]

Cahier de brouillon pour francs-maçons s’ennuyant en Loge

Philippe Benhamou – Clara Pragman

Numérilivre, 2021, 48 pages, 12 €

Présentation de l’éditeur :

Ne tournons pas autour du pot : vous vous ennuyez en Loge ! Les interminables planches de Raymond sur l’image de Saint Jean dans la symbolique du pied à coulisse ne vous font plus rêver. Les élucubrations de Jocelyne sur la symbolique de la rose alchimique dans la tradition des dentellières de Tulle vous laissent froid. Les Apprentis vous fatiguent par leur sourire béat, les Compagnons vous agacent par leur ironie et les Maîtres vous énervent par leur bête érudition. Bref, les tenues de Loge sont devenues le dernier lieu où vous avez envie de passer vos soirées.

La franc-maçonnerie vous ennuie !

Heureusement ce cahier de brouillon est là pour vous aider à passer de midi à minuit de façon ludique et détendue. Grâce lui et en prenant un air grave et sérieux, vous allez pouvoir jouer aux boulettes, caricaturer les Officiers de la Loge, rédiger votre liste de courses en faisant semblant de prendre des notes… Bref, avec ce cahier de brouillon, vous allez retrouver la joie que vous ressentiez lors de vos premières tenues de Loge.

Alors, qu’attendez-vous ?

Biographie des auteurs :

Docteur en sciences des organisations, Philippe Benhamou reçoit la lumière au sein de la Grande Loge de France en 1990. Nous lui devons de nombreux ouvrages touchant au symbolisme, à l’ésotérisme ainsi qu’à l’Art Royal dont notamment Madame Hiramabbi – la concierge de la rue des trois frères (Dervy, 2014) – Prix Cadet Roussel 2014, La Franc-Maçonnerie illustrée pour les Nuls (Éditions First, 2012), Les Grandes Énigmes de la Franc-Maçonnerie (Éditions First, 2007) et de Christopher Hodapp, la version française de La Franc-Maçonnerie pour les Nuls (Éditions First, 2006) avec une édition poche en 2008. Il est également cocréateur de la Webradio maçonnique « RadioDelta, la radio qui rayonne entre les oreilles » dont il anime l’émission « 1, 2, 3 Soleil ».

Clara Pragman est une graphiste print et illustratrice belge. Malgré son statut de profane, elle a travaillé sur divers projets liés à la Franc-Maçonnerie tels que la couverture et mise en page du livre l’Antimaçonnisme actuel et sur l’identité visuelle de Masonica Bruxelles, salon du livre maçonnique. Il faut dire qu’elle a tout de même quelques connaissances de ce monde par l’intermédiaire de son père, Jiri Pragman, fondateur du blog Hiram.be, Le blog maçonnique en 2004.

[NDLR : Fort heureusement à l’ère du tout numérique, le bon vieux cahier de brouillon, indispensable à tous les écoliers, et nous l’apprenons aux Maçons aussi, n’a pas encore rendu l’âme…

Il permet généralement à l’élève, et donc aussi aux Frères, de s’exercer, de réviser, de s’entraîner et de coucher sur le papier tout ce qui lui passe par la tête.

Un opuscule qui vous permettra sans doute de devenir un as de la prise de notes. En tout état de cause, il vous permettra sans doute de bien noter et mieux comprendre les instructions maçonniques reçues en Loge en l’enrichissant de vos coups de crayon ! Pour aller vers plus de perfection.

Un cahier réalisé avec beaucoup d’humour. Nous trouvons des pages consacrées à « Place ta main gantée sur la page et dessines-en le contour ; ajoute les ornements et tu voudrais voir sur ta prochaine paire de gants » ou encore « Noircis une case sur deux pour faire apparaître un magnifique pavé mosaïque » , « Fais une croix à chaque fois qu’un frère ou une sœur dit : fraternité, égrégore, descente intérieure, spiritualité, je serai bref, en conclusion », « Dessine un égrégore », « Fais rayonner ce soleil », faisant ainsi appel à vos talents de dessinateur,  « Fais semblant de prendre des notes avec un air très inspiré et continue ces lignes : Bla, bla, bla ; Gna, gna, gna ; Pff, Pff, Pff… »

La dernière page invite à faire apposer les sceaux des Loges visitées. Voici un passeport qui permettra au Compagnon de prouver qu’il a bien cheminé à travers rites et Loges, constituant par là même une étape clé de sa construction.

Un cahier qui n’engendre pas la mélancolie et qui peut même s’avérer utile pour préparer planches ou morceaux d’architecture…

Gardons en mémoire que la prise de notes est cependant indispensable. Parce que l’écoute, l’attention et la compréhension sont meilleures lorsqu’on est actif, parce que prendre des notes permet aussi de trier et de reformuler. Avec l’âge, le Maçon a une mémoire qui tout naturellement ne peut manquer de flancher… Il vaut mieux donc s’appuyer sur une trace écrite. Le mieux est ainsi d’écouter, de saisir le raisonnement de l’orateur et d’écrire ensuite. Le tout pour poser les bonnes questions en Loge ?]

MEXIQUE : Les motocyclistes maçonniques font la joie des enfants des quartiers les plus pauvres de Mazatlán

De notre confrère mexicain debate.com.mx

Les motards maçonniques ont laissé au moins 200 mineurs dans le quartier de Salvador Allende le sourire aux lèvres après le don de jouets.

Sinaloa.- Le visage de Jesica s’est illuminé lorsqu’elle a reçu une poupée, un kit de peinture et tout le matériel pour mettre les ongles qui ont été donnés par le Shriner Club de Mazatlán , le 37e centenaire de Mazatlán Symbolic Lodge et l’Association des motocyclistes Francs-maçons fils de la veuve.

Le Père Noël s’est avancé et a distribué des jouets en échange d’un sourire à environ 200 mineurs.

Les enfants, habitants du quartier Salvador Allende, sont arrivés ponctuellement pour arriver à la livraison des jouets et des bonbons au parc de la colonie susmentionnée.

Les premiers à recevoir des cadeaux des personnes présentes étaient des enfants ayant de bonnes notes, des mineurs avec un certain handicap, et puis vinrent ensuite le reste des enfants. Ils ont distribué des poupées, des chariots, des balles, des services à thé, des sets de table, des sacs à dos avec des peintures et des animaux en peluche.

Renaissance Traditionnelle N° 199-200

Revue d’études maçonniques et symboliques

Le rituel de Royal Arch du Chapitre Dovre N° 40 (c. 1784)

Collectif – Renaissance Traditionnelle, Juillet-Décembre 2020, 50e année, 158 pages, 30 €

Ce numéro double consacré au rituel de Royal Arch du Chapitre Dovre N° 40 (c. 1784) porte comme sous-titre la mention « Réflexions sur certains éléments ésotériques de la genèse du 4e grade » avait été annoncé dès le 15 décembre 2021 par Comité de Rédaction Renaissance Traditionnelle.

Cette belle revue trimestrielle d’études maçonniques et symboliques qu’est Renaissance Traditionnelle (RT), publiée sous l’égide de l’Institut Maçonnique de France et fondée en 1970 par René Guilly, dont le nom de plume est René Désaguliers, a reçu le prix littéraire catégorie « Revues ». au Salon Maçonnique du Livre de Paris en 2019.

Rappelons que le directeur de RT est Roger Dachez et son rédacteur en chef est Pierre Mollier, maçonnologue, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie.

Nous vous invitons à prendre connaissance de son avant-propos :

« Avec ce robuste numéro double 199-200, Renaissance Traditionnelle poursuit son cycle de recherche sur l’apparition des hauts grades. Après notre précédente livraison consacrée au premiers rituels de Royale Arche en France au XVIIIe siècle, Paul Paoloni nous propose ici une étude approfondie des premiers témoignages sur le Royal Arch en Grande-Bretagne.

L’objet initial de ces pages était de présenter et d’étudier un document peu connu, mais essentiel : le manuscrit Dovre. Il s’agit du rituel britannique de Royal Arch le plus ancien identifié puisqu’il peut être daté du tout début des années 1780. À la différence, par exemple, du manuscrit Sheffield, autre pièce capitale mais malheureusement parcellaire, c’est un texte développé et abouti qui décrit en détail l’ensemble de la cérémonie, d’où son importance. Après avoir raconté son histoire, assez étonnante puisqu’elle passe par la Norvège, Paul Paoloni nous en propose une transcription et une traduction.

Mais, de fil en aiguille, poussant les investigations pour tenter de comprendre dans quelles circonstances naquit ce premier Royal Arch britannique, et essayant d’identifier ses sources, Paul Paoloni est amené à remettre sur le métier – une fois de plus ! – la grande question de l’apparition des hauts grades. Dans ce travail, il reprend notamment plusieurs hypothèses fécondes avancées par notre fondateur René Désaguliers. Tout d’abord, il faut examiner de front l’apparition des hauts grades en Grande Bretagne et en France. En effet, les documents sont plus abondants – ou plutôt moins rares – dans les archives maçonniques françaises et les premiers hauts grades pratiqués en France – sans doute dès le milieu des années 1730, de façon certaine dans les années 1740 – entretiennent encore des liens forts avec leurs sources britanniques. Les matériaux français peuvent donc – un peu paradoxalement – éclairer aussi la question de la formation des « autres grades » en Grande Bretagne. Autre considération : face aux variantes, souvent nombreuses, des légendes ou aux noms, parfois divers, des grades, il faut se concentrer sur ce que les Maçons anglais appellent « les secrets du grade » : c’est-à-dire ses mots, signes et attouchements. C’est, dans cette période pionnière, le « noyau » des rituels. La comparaison des mots, signes et attouchements – complétée de l’observation de certains autres éléments ésotériques – est la meilleure façon d’établir des rapprochements et des filiations dans cette matière un peu insaisissable des premiers hauts grades. Nanti de ces deux clefs, Paul Paoloni nous invite à l’accompagner dans cette longue et passionnante enquête. »

L’auteur de l’article :

Paul Paoloni, Franc-Maçon depuis plus de 20 ans, occupe aujourd’hui le poste d’Officier national du Grand Conseil des Loges Nationales Françaises Unies ainsi que Secrétaire de rédaction de Renaissance Traditionnelle. Il fut en outre pendant cinq ans Secrétaire Général de l’Obédience maçonnique « Loge Nationale Française, LNF ». Durant trente années, il a exercé les métiers d’avocat, banquier privé, promoteur immobilier, et cela tant en France et qu’à l’international (Europe, Amérique Latine, Afrique).

Il se consacre depuis de nombreuses années à des recherches sur les sources de la Franc-Maçonnerie, sur lesquelles il publie régulièrement des articles – revues Renaissance Traditionnelle et Politica Hermetica. Nous lui devons un certain nombre d’articles parmi lesquels « Les grandes étapes de la première maçonnerie anglaise au XVIIIe siècle » ainsi que « Séjour de Paris, c’est-à-dire Instructions fidèles pour les Voyageurs de Condition (…) par le Sr J. C. Nemeitz ».

Bonne lecture à toutes et à tous !

Renaissance Traditionnelle, le site : https://rt.fmtl.fr/

Découvrir ce numéro https://rt.fmtl.fr/num%C3%A9ros/199-200

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2022 : L’année du Tigre

Le tigre occupe la 3ème position dans le cycle des douze signes du zodiaque vietnamien. Les 12 animaux du zodiaque vietnamiens sont, dans l’ordre : le Rat, le Buffle, le Tigre, le Chat, le Dragon, le Serpent, le Cheval, la Chèvre, le Singe, le Coq, le Chien et le Cochon. Chaque année est liée à un animal selon un cycle de 12 ans. (Une différence entre l’horoscope chinois et celui des Vietnamiens est le lapin qui remplace le chat). L’année commence le 3 février 2022 pour se terminer le 21 janvier 2023.

Le tigre est symboliquement le roi des bêtes en Asie en général et au Vietnam en particulier. Le signe du Tigre symbolise la force, l’exorcisation des maux et la bravoure. Au Vietnam où il n’y a aucun lion dans la forêt tropicale, le tigre est considéré comme le roi de la jungle comme le lion est le roi des animaux en Afrique.

Le tigre est un animal connu au Vietnam, mais pour des raisons moins sympathiques. Prédateur redoutable, il a longtemps terrorisé hameaux et villages. Aujourd’hui, peu de risques de tomber nez à nez avec lui lors d’escapades forestières. Il a perdu sa liberté et sa puissance pour devenir bête de curiosité dans les zoos. L’intelligence de l’homme confrontée à l’animal a donné naissance à de nombreuses fables. Il existe un conte populaire du Vietnam, sur la lutte contre les pouvoirs du tigre.

Le conte et la légende

Selon le conte, « Jadis, tigre et buffle n’étaient pas tout à fait semblables à ceux que l’on peut voir aujourd’hui. En ce temps-là, l’homme menait le buffle aux champs en le tirant par une corde attachée simplement à ses grandes cornes. Cette tâche n’était pas toujours facile car l’animal avait du caractère et allait souvent où il voulait. Même musclé par les travaux des champs, l’homme n’avait pas la force de contraindre l’immense puissance du buffle et finalement, on se demandait si ce n’était pas le buffle qui menait l’homme plutôt que l’inverse ! Un jour, un paysan eut l’idée de passer un anneau dans les naseaux de l’animal et d’y nouer la corde. De ce jour, l’animal cessa de tirer sur la corde pour aller ailleurs que le que ce que décidait l’homme, car la douleur était trop cuisante. Depuis, le buffle suit docilement l’homme et l’aide aux travaux agricoles. Il obéit si facilement que l’on confie sa garde même aux enfants. Ce jour-là, après une matinée de labeur, un paysan laissa son buffle paître tranquillement à la lisière de la forêt. Tandis qu’il s’accroupissait à l’ombre d’un arbre pour se reposer, il regardait d’un œil distrait, son énorme compagnon avaler goulûment d’énormes touffes d’herbe. Soudain, survint un tigre. En ce temps, l’animal tout de jaune vêtu n’avait pas de rayures noires sur son magnifique pelage. Affamé, il n’aurait bien fait qu’une seule bouchée de ce paysan, un peu maigre sans doute, mais quand le tigre a faim, il se contente de peu. Mais le plus surprenant pour le féroce animal était l’obéissance du puissant buffle que lui-même craignait, envers le paysan. Ravalant sa faim, le tigre s’approcha prudemment du buffle et lui demanda : « Pourquoi obéis-tu à ce frêle humain, toi dont la force égale la mienne ?« . Le buffle lui répondit : « Physiquement, le petit homme est faible, mais son intelligence est plus puissante que nos cornes et nos griffes ! ». Étonné, le tigre s’adressa alors à l’homme : « Dis-moi, petit homme, où est donc cette « intelligence » qui effraye tant le puissant buffle ? ». Bien qu’inquiet devant le terrible animal, le paysan lui répondit sans perdre son sang-froid : « Monsieur le tigre, je n’ai pas apporté mon intelligence avec moi aujourd’hui, je l’ai laissé à la maison« . « Alors, va la chercher que je puisse me faire ma propre idée à son sujet« , lui commanda le tigre. Peu enclin à laisser son buffle seul avec le tigre, le paysan répondit : « Mais tu vas profiter de mon absence pour dévorer mon buffle ! Si tu acceptes que je t’attache, j’irai chercher mon intelligence pour te la montrer« . Le tigre hésita, car de mémoire de tigre, de buffle ou d’homme, on n’avait jamais vu de tigre à l’attache ; sauf quand il était abattu au cours d’une chasse et suspendu par les pattes à un bambou. Mais, poussé par la curiosité, il accepta la proposition. Le paysan demanda alors au tigre de s’aplatir contre un solide tronc d’arbre. Le tigre s’allongea puis le paysan prit ensuite une longue corde et le ligota solidement en faisant plusieurs tours autour de l’arbre. Ensuite, il mit des poignées de paille autour de l’animal et de l’arbre. Lorsqu’il eut fini, il alluma le feu, en s’exclamant : « Tiens, la voici mon intelligence, observe-là donc de près ! » Sous le feu, le tigre se tordait en tous sens pour tenter de briser les cordes. Mais, il était si solidement attaché que rien n’y pouvait. Quand il parvint finalement à se dégager, sa peau était profondément brûlée, à force de frottements contre les liens. Il s’enfuit dans la forêt sans demander son reste. C’est depuis ce jour que les tigres ont des rayures noires sur leur robe jaune. Honteux de s’être fait prendre par plus petit et plus faible. À ce spectacle, le buffle, qui assistait à la scène, fut pris d’un fou rire. Il riait tellement en secouant si fortement sa lourde tête qu’il cogna sa mâchoire par terre à et se cassa les dents. Depuis ce jour les buffles n’ont plus de dents à la mâchoire supérieure !

Une ethnie porte d’ailleurs le nom du tigre (La Hủ) Hủ=tigre. Selon la légende, ils sont nés suite de la rencontre entre une fée et un tigre blanc.

A Huế, un pont a été nommé « Tigre blanc » (Cầu Bạch Hổ) en souvenir du roi Nguyen qui a vu un tigre blanc …

La différence de la nomination

Au Vietnam on parle avec peur et respect du tigre. Le tigre est sanctifié dans la croyance superstitieuse du VN. Il porte de nombreux noms en vietnamien destinés à ne pas blesser ce roi de la jungle qui se mettrait en colère et viendrait embêter le village… : ông (en français Monsieur) hổ, ông cọp, ông hùm, ông kễnh, ông hầm, ông kẹ, ông thầy, ông Ba Mươi, Ông Mãnh (Monsieur La Force)…. Les gens disent souvent aux enfants de ne pas pleurer car Monsieur le 30 va entendre et dévorer les enfants. « Ông Ba Mươi » en vietnamien (Monsieur le 30). Car le 30 à la fin de l’année, selon le calendrier lunaire, il n’y a pas de lune. Pendant cette nuit qui est la plus sombre, le tigre guette pour voler la viande, les volailles, les cochons… Car partout on prépare la nourriture pour la fête. L’odeur du sang et de la viande attire les tigres.

La sanctification

Le Tigre et le Dragon sont considérés comme les animaux plus forts du monde. Ils sont vénérés souvent dans les pagodes, les temples. Le tigre aide à chasser le monstre, les fantômes, la malédiction… C’est pourquoi on l’a sanctifié

Il existe plusieurs temples où le tigre est vénéré au Vietnam. Avec le temps et le développement technologique, les génies du tigre disparaissent doucement dans la conception spirituelle du VN. Pourtant la trace de sa sanctification est toujours présente.

Devant le temple de la Montagne Jade (đền Ngọc Sơn) au lac de l’épée de Hanoi (Hồ Hoàn Kiếm), on vénère Monsieur le Tigre. C’est ici un symbole typique de l’union parfaite de 3 religions au Vietnam (Bouddhisme, Taoïsme, Confucianisme). Cette synthèse exprime aussi la soif permanente de la paix du Viets.

Le Dessin populaire des 5 tigres vénère les généraux Tigres qui surveillent les quatre coins du monde pour maintenir la paix. Chaque couleur du dessin symbolise les quatre points cardinaux, le centre et les 5 éléments:

-Le Bleu : l’Orient et le Bois (Mộc Đức Thanh Hổ Thần Quan)

-Le Rouge : le Sud et le Feu (Hỏa Đức Xích Hổ Thần Quan)

-Le Jaune : le Centre et la Terre (Thổ Đức Hoàng Hổ Thần Quan)

-Le Blanc : l’Occident et le Métal (Kim Đức Bạch Hổ Thần Quan)

-Le Noir : le Nord et l’Eau. (Thủy Đức Hắc Hổ Thần Quan)

Remarque sur le dernier élément : Les Viets considèrent toujours que les voisins du Nord, les Chinois sont leurs ennemis les plus forts, les plus violents et les plus méchants, donc il faut mettre le tigre noir au Nord afin de surveiller sans cesse ces redoutables envahisseurs. La couleur Noire symbolise les ténèbres et la violence…Certains grands fleuves qui coulent au Vietnam (fleuve Rouge, Mékong) traversent la Chine puis le Vietnam.

Temple de Sơn Đồng

Temple thần An Châu, Châu Thành, An Giang

Tigre de Yên Thế et tigre de Papier

Le héros célèbre Hoàng Hoa Thám, un nationaliste vietnamien, l’un des chefs de l’insurrection contre la colonisation française, décapité par les français en 1913 était surnommé « Le Tigre Gris de la forêt Yên Thế ».

Seuls les Etats-Unis, ce grand Tigre, ont pu considérer qu’il existait des tigres féroces et puissants dans les pays du sud-est asiatique, particulièrement au Vietnam, mais ils ont décidé pour se rassurer qu’il ne s’agissait que de « tigres de papier ». Durant la guerre du Vietnam le peuple vietnamien considérait à l’inverse que l’Amérique impériale était le véritable tigre de papier qui ne pouvait que perdre la guerre.

Conclusion : Les bébés nés en une année du Tigre seront intelligents, pleins d’humour, sociables… et. Ils auront généralement la possibilité de gagner de l’argent et auront une forte capacité d’adaptation aux nouveautés.

Malgré sa puissance et sa férocité, le tigre est vaincu par l’homme. Tout est donc superstition. L’homme l’emporte sur le tigre ; l’intelligence l’emporte sur la violence et la brutalité, d’autant plus que le tigre est malheureusement en voie de disparition. Ses seuls défenseurs sont actuellement les écologistes qui sont à l’origine de législations protectrices.

Chaque année, chacun doit travailler avec intelligence pour surmonter les obstacles de la vie.

Tran Thu Dung

Temple de Montagne de Jade au milieu de Hanoi