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EXCLUSIF : Connaissez-vous ces 18 ordres paramaçonniques ?

Dans le domaine de la franc-maçonnerie, l’expression ordre paramaçonnique est parfois utilisée en français pour désigner des ordres initiatiques reprenant, dans leurs valeurs ou dans leur mode d’organisation, le modèle maçonnique, tels que les ordres martinistes ou l’Ordre des Élus Coëns ; les masonic bodies nord-américains ; certaines sociétés amicales du monde anglo-américain, lorsqu’elles s’inspirent fortement du modèle maçonnique ; certaines sociétés mutualistes qui tirent leurs histoires des Rites forestiers.

En revanche, cette expression française ne recouvre pas :

  • les obédiences maçonniques mixtes (dénommées « Co-Freemasonry » aux États-Unis) ;
  • les obédiences maçonniques strictement féminines (inconnues aux États-Unis) ;
  • les obédiences maçonniques noires américaines (dites Prince Hall) ;
  • lesquelles sont toutes considérées en français comme des obédiences maçonniques, régulières ou non, selon les conceptions.

Aujourd’hui nous consacrons notre propos aux ordres paramaçonniques américains avec une sélection de 18 parmi les plus connus.

Ancient Arabic Order of the Nobles of the Mystic Shrine – Shriners International

Les Shriners ou AAONMS (Ancient Arabic Order of the Nobles of the Mystic Shrine), traduisible par Ordre arabe ancien des nobles du sanctuaire mystique) sont une société paramaçonnique nord-américaine fondée par Walter M. Fleming et William J. Florence à New York dans les années 1870. Ils recrutent leurs membres parmi les francs-maçons du troisième degré. Revendiquant environ 400 000 membres dans le monde, ils sont présents dans environ 193 temples aux États-Unis d’Amérique, au Canada, au Mexique et à Panama, ainsi qu’aux Philippines, à Puerto Rico, en Europe, en Australie et dans de nombreux pays musulmans.

L’histoire de l’ordre débute lorsque William J. Florence fut invité à Marseille à une fête organisée par un diplomate arabe. Le spectacle fut une sorte de comédie musicale précisément rythmée dont la conclusion fit des invités les membres d’une société secrète. Ayant voyagé à Alger, puis au Caire, l’acteur prit note de ce spectacle et les suggéra à son ami Walter M. Fleming. Ce dernier les convertit pour créer l’AAONMS.

Dès lors, le groupe a adopté un cadre oriental codifié par son rite faisant référence aux Mille et une nuits et s’inspirant de la mystique soufie. Par exemple, le temple devient une « mosquée ». Les dignitaires ont comme degré « illustre grand prêtre et prophète ».

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DeMolay International

L’Ordre de DeMolay connu également sous le nom de DeMolay International depuis les années 1990. est un ordre paramaçonnique (masonic bodies) fondé à Kansas City, au Missouri en 1919, cette société fraternelle et mouvement de jeunesse est devenue internationale.

Cet ordre tire son nom de Jacques de Molay, le dernier grand maître des Templiers. Il regroupe des garçons de 12-21 ans, sans obligation de lien de parenté avec un franc-maçon.

DeMolay a pour vocation de recevoir des garçons, fils de Maçons ainsi que d’autres jeunes, cooptés par leurs pairs, tous âgés entre 15 et 21 ans.

DeMolay veut offrir aux jeunes des opportunités propres à éveiller en eux des principes de solidarité en les accompagnant au mieux pour leur permettre de devenir plus tard des personnes actives, performantes et respectueuses de valeurs essentielles à l’harmonie souhaitée entre les hommes et aux développements vertueux de la société.

DeMolay France propose aux jeunes de 15 à 21 ans des activités motivantes, volontariat dans des actions caritatives auprès d’associations reconnues, ainsi que des activités éducatives et valorisantes, dans les domaines de la culture, du sport et d’activités ludiques.

Les principes de base enseignés à tous les DeMolays vont exclusivement dans ce sens. Ces principes sont basés sur des valeurs d’amour et de respect des DeMolays pour leurs parents ainsi que pour les autres personnes qu’ils seront amenés à côtoyer dans leur vie.

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Order of the Eastern Star

L’Ordre de l’Étoile d’Orient (Order of the Eastern Star) est un organisme maçonnique philanthrophique et patriotique féminin, créé en 1850 à Boston par un franc-maçon américain dénommé Robert Morris. Cet ordre s’appuie essentiellement sur la Bible quoiqu’il soit accessible à tous les monothéismes. Il compterait environ 10 000 chapitres (similaires à des loges maçonniques) pour environ un million de membres affiliés au Grand Chapitre général. Il est ouvert aux hommes en leur qualité de maître et aux femmes âgées de dix-huit ans révolus ayant des relations spécifiques avec un membre de la franc-maçonnerie pour être son épouse, sa veuve, sa fille, sa sœur, sa mère, etc. Il demande notamment à ses membres la croyance en Dieu.

En 1874, William Myers, grand-maître de juridiction Prince Hall du district de Columbia met en œuvre un organisme maçonnique similaire qui prend le nom d’Ordre de l’Étoile d’Orient Prince Hall. Sa vocation est identique, mais la prédominance de ses affiliations est Afro-américaine.

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High Twelve

Le fondateur de High Twelve International, ancien ministre, EC « Wallie » Wolcott, qui était le secrétaire général du Young Men’s Christian Association YMCA – en français, « l’Association chrétienne de jeunes gens » – à l’époque et huit de ses associés commerciaux qui étaient également des maîtres maçons, se sont rencontrés à Sioux City, IA, pour la fraternité et la camaraderie et ont affrété le premier Club international High Twelve. C’était Founders #1, affrété le 17 mai 1921.

High Twelve est une organisation de maîtres maçons qui soutiennent les causes maçonniques avec un accent particulier sur le soutien des jeunes et les événements patriotiques. Il y a plus de 3 000 membres dans plus de 130 clubs à l’échelle nationale et à l’étranger.  

Bien que seuls les maîtres maçons puissent rejoindre High Twelve, tout le monde est le bienvenu. lors des réunions. Une réunion typique est brève dans ses affaires, pleine de camaraderie, et comprend un programme généralement un conférencier, sur une gamme illimitée de sujets. Certains clubs ont des dames à toutes les réunions, tandis que d’autres ont des dames lors d’occasions spéciales.

High Twelve est une association dédiée à l’unification des Maîtres Maçons, indépendante du rituel formel de la Loge, mais dédiée au service de la fraternité. Quelques-unes de nos réalisations ont été de développer des amitiés durables, d’encourager et de soutenir nos systèmes scolaires publics et de participer à des activités communautaires constructives et de préserver les principes d’un bon gouvernement fondé sur les droits de l’individu.  

High Twelve, qui est une extension sociale de l’expérience maçonnique, est ainsi nommé parce qu’il y a longtemps, midi était connu sous le nom de « high douze » et le temps d’annuler le travail pour se rafraîchir. En conséquence, de nombreux clubs High Twelve – mais pas tous – se réunissent à midi. Il n’y a pas de rituel ; mais il encourage fortement ses membres à être actifs dans leurs loges et leurs communautés.

High Twelve International offre une aide précieuse aux Loges Bleues de la manière dont elles en ont le plus besoin. High Twelve International est la maçonnerie en action dans la communauté où chaque club tient ses réunions et dans l’État où les différents clubs sont regroupés dans un but commun. Les Hauts Douze adhèrent strictement à la loi maçonnique de cette juridiction.

Les clubs de High Twelve International combinent la camaraderie avec l’aide aux autres dans leurs activités de qualité de vie, en particulier les jeunes adultes et les jeunes. Les deux objectifs philanthropiques du club sont la jeunesse et l’éducation, soutenant fortement l’Ordre de DeMolay, Rainbow Girls, Job’s Daughters et la Fondation Wolcott qui a été créée pour offrir des bourses aux étudiants de l’Université George Washington qui recherchent des carrières dans la fonction publique au sein du gouvernement.

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Cedars of Lebanon of North America

Association caritative et de soutien à la recherche contre la dystrophie musculaire et les maladies neuromusculaires

Les Grands Cèdres du Liban d’Amérique du Nord sont un degré annexe de la franc-maçonnerie dans certaines grandes juridictions, ouvert aux maîtres maçons en règle dans une loge maçonnique régulière. Sa devise, « Fun, Frolic, & Fellowship », est révélatrice de ce penchant social. Ses membres se distinguent par les chapeaux en forme de pyramide qu’ils portent lors de leurs fonctions. Le nom est dérivé des cèdres du Liban que le roi Salomon utilisa pour construire son Temple.

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Amarante Order – les membres sont soit des maîtres-maçons soit des femmes de leurs familles

L’Ordre de l’Amarante est une organisation affiliée à la maçonnerie pour les maîtres maçons et leurs dames fondée en 1873. Comme dans l’ Ordre de l’Étoile d’Orient, les membres de l’Ordre doivent être âgés de 18 ans et plus. Les hommes doivent être des maîtres maçons et les femmes doivent être liées aux maçons en tant qu’épouses, mères, filles, veuves, sœurs, nièces, tantes, etc., ou avoir été des membres actifs de l’ Ordre international de l’arc-en-ciel pour les filles ou Job’s Daughters International pendant plus de trois ans et être recommandé par un maître maçon. Notons que depuis 2017, les femmes sans relation ou appartenance maçonnique quelconque peuvent demander à devenir membres avec le parrainage de deux maîtres maçons en règle.

L’Amarante était basée sur l’Ordre d’Amarante créé par la reine Christine de Suède le 6 janvier 1653 pour les dames et les chevaliers qui ne dura que jusqu’en 1654 lorsque Christine de Suède abdiqua.

En 1860, James B. Taylor de Newark, New Jersey s’est appuyé sur l’Ordre de la reine Christina pour créer une nouvelle société fraternelle. En 1873, Robert Macoy a organisé la société de Taylor dans l’Ordre de l’Amarante, dans le cadre d’un projet de rite adoptif de la maçonnerie. Eastern Star devait être le premier degré, et jusqu’en 1921, les membres d’Amaranth devaient d’abord rejoindre Eastern Star.

Dans les enseignements de l’Ordre, les membres sont rappelés avec force à leurs devoirs envers Dieu, envers leur pays et envers leurs semblables. Ils sont invités à dépeindre, par le précepte et l’exemple, leur croyance en la « Règle d’Or » et en se conformant aux vertus inhérentes à la VÉRITÉ, la FOI, la SAGESSE et la CHARITÉ, ils peuvent prouver aux autres la bonté promulguée par l’Ordre.

Amaranth est organisé en tribunaux, sous les Grands tribunaux au niveau de l’État. L’organe principal s’appelle le Conseil suprême (qui a également des tribunaux subordonnés directement sous lui). Les femmes membres de l’Ordre sont appelées « Honored Lady », tandis que les hommes sont appelés « Sir Knight ».

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Order of the White Shrine of Jerusalem (Ordre du Sanctuaire Blanc de Jérusalem)

Établi par Charles D. Magee à Chicago le 23 octobre 1894, l’Ordre du Sanctuaire Blanc de Jérusalem est un ordre maçonnique pour les femmes. L’adhésion est ouverte aux femmes qui ont une relation par naissance, mariage ou adoption légale avec un maître maçon en règle.

Comme d’autres Ordres maçonniques, le « Sanctuaire Blanc » est une organisation extrêmement hiérarchisée qui compte plusieurs bureaux et entretient des contacts étroits avec les autres Ordres. Parmi les principales préoccupations du « sanctuaire blanc », figure la promotion de la foi chrétienne.

L’Ordre de Dundee, appelé sanctuaire de Judée n° 39 de l’Ordre du Sanctuaire Blanc de Jérusalem, a été créé en 1935 et les réunions se sont poursuivies au moins jusqu’en 2000.

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Order of Quetzalcoatl : association de francs-maçons de l’Ouest et du Sud-Ouest des États-Unis

L’Ordre de Quetzalcoatl (Order of Quetzalcoatl), familièrement connu sous le nom de « Q », est un ordre paramaçonnique américain. Il est essentiellement philanthropique et sa contribution principale va vers des fonds de transport pour des hôpitaux Shriners. Il recrute parmi les shriners émérites.

L’ordre, qui a été fondé le 14 mars 1945 par Arthur J. Elian, prend son nom du dieu aztèque Quetzalcoatl.

Ses chapitres (appelés teocalli, en nahuatl « maison d’un dieu ») sont situés aux États-Unis, au Canada, au Mexique, et au Panama.

L’Ordre dérive sa terminologie du nahuatl, et ses rituels sont tirés de rituel aztèque et de la légende authentique de Quetzalcoatl, y compris l’utilisation du tambour de guerre de teponaztli et de la boisson sacrée, le pulque.

C’est le seul ordre d’origine américaine qui, sur les principes maçonniques de l’amour fraternel, retrace la vie de Quetzalcoatl et dépeint la lutte éternelle entre les forces du bien et du mal.

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Ordre de la Tortue

L’Ordre Ancien et Honorable des Tortues (« Association internationale des tortues », « Turtle Club », ou titre similaire) a commencé comme un « club de boisson » informel entre pilotes de la Seconde Guerre mondiale, autoproclamé comme « une fraternité de boisson honorable composé de dames et de messieurs de la plus haute moralité et d’un bon caractère, qui ne sont jamais vulgaires ».

Selon Denis P. McGowan de l' »Ancient and Honorable Order of Turtles », son père, feu le capitaine Hugh P. McGowan, US Army Air Corps/US Air Force Reserve et plusieurs pilotes de l’US Army Air Corps. La 8th Air Force a fondé l’Ancien et Honorable Ordre des Tortues dans un club d’officiers alors qu’il était stationné en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale : « Nous effectuions des missions de bombardement de jour au- dessus du Troisième Reich d’Hitler. Nous voulions juste nous amuser un peu. Nous avions vu un signe montrant que l’’’Ancien Ordre des Forestiers’’ et l’’’Ordre Royal Antédiluvien des Buffles’’ se rencontraient dans le pub local, alors j’ai inventé le nom ‘’Ancient and Honorable Order of Turtles’’ pour le plaisir. Ce n’était pas censé être sérieux, il n’y avait pas de constitution ni de statuts, et c’était un soulagement des horreurs et des dangers que nous voyions tous les jours lors de nos missions. Il s’est propagé après la guerre à travers les postes de la VFW et de la Légion américaine, et finalement, aux groupes maçonniques aux collèges et même aux lycées des États-Unis ».

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Ordre du Bouchon

Ye Antient Order of Noble Corks (usage américain) ou Ancient & Honorable Societas Korcorum Magnae Britanniae (Noble Order of Corks) (usage anglais), universellement connu, de manière informelle, sous le nom de The Cork, est un diplôme informel allié à la franc- maçonnerie. Il est décrit comme un diplôme « amusant », avec la collecte de fonds caritative comme objectif principal.

De forme nettement nautique, ses critères d’adhésion varient selon les branches de l’ordre. Alors que certaines branches (telles que la Grande Flotte) admettront tous les maîtres maçons en règle, d’autres restreignent l’adhésion aux maîtres maçons qui sont soit un compagnon de la Sainte Arche Royale, soit un directeur, maître ou ancien maître d’une loge artisanale. Le titre ‘Cork’ ou ‘Corks’ est dérivé du bouchon de liège d’une bouteille de vin, qui est le principal emblème de l’organisation. Dans différents pays, cet emblème apparaît diversement comme un bouchon miniature serti dans un fermoir en argent (pour le transport), ou un petit bouchon suspendu à un ruban bleu clair (à porter comme une médaille), ou l’image d’un bouchon avec un tire-bouchon inséré à un angle.

Les origines de la cérémonie des diplômes sont inconnues ; le rituel est satirique et basé autour de l’arche de Noé et du grand déluge. Les premiers enregistrements du diplôme, semble-t-il, sont détenus par la Grande Loge de Mark Master Masons of England, mais il s’agit d’une simple supposition car rien ne démontre à cette heure que le diplôme provient de cette organisation.

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Mystique des Prophètes Voilés du Royaume Enchanté (Grottes d’Amérique du Nord)

Mystic Order of Veiled Prophets of the Enchanted Realm : organisation caritative connue sous le nom de « Grotto ».

L’Ordre Mystique du Prophète Voilé du Royaume Enchanté (Mystic Order of Veiled Prophets of the Enchanted Realm en anglais) ou M.O.V.P.E.R. ou la Grotte (The Grotto) est un corps paramaçonnique (Masonic bodies) fondé en 1889 dans l’État de New York. Crée à l’origine comme une caricature/ parodie de loge maçonnique, par des francs-maçons ayant pour but de pratiquer l’humour potache, les blagues et l’autodérision entre membres, il évolue vers un ordre caritatif reconnu au travers des États-Unis en gardant l’esprit de franche camaraderie (Goodfellowship) qui présida à sa fondation.

Le 10 septembre 1889 cette association humoristique est fondée sous le nom de « Comité Fairchild Deviltry (FDC) » avec pour maître LeRoy Fairchild, par des membres de la loge maçonnique n° 120 d’Hamilton, du Comté de Madison de l’État de New York, pour se détendre, rire et s’amuser par des farces et humour potache, dans un esprit d’autodérision et de bonne camaraderie.

Le mouvement s’étend rapidement avec succès à d’autres localités et est rebaptisé le 13 juin 1890 sous le nom d’Ordre Mystique du Prophète Voilé du Royaume Enchanté. L’esprit de l’association est inspiré par l’œuvre Lalla-Rookh, romance orientale du poète irlandais Thomas Moore , publiée en 1817. Le costume rituel des membres est un fez noir, ce couvre-chef masculin en feutre, en forme de cône tronqué, orné d’un gland rouge, avec le visage du prophète persan Al-Muqanna représenté au milieu.

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Heroes of ’76 – association liée aux National Sojourners & National Sojourners – association patriotique de francs-maçons ayant servi dans l’US Army en tant qu’officiers

National Sojourners est une organisation patriotique américaine de francs- maçons qui ont servi dans les forces armées des États-Unis. Les membres sont organisés et se réunissent en chapitres. Le but déclaré de l’organisation est « d’organiser le service actif et les anciens combattants des forces en uniforme (…) des États-Unis (…) qui sont des maîtres maçons (…) pour la promotion de la bonne camaraderie entre ses membres, (…) pour développer le vrai patriotisme et l’américanisme à travers la Nation (…) ».

L’organisation poursuit ses objectifs en aidant les autorités maçonniques locales à travers des initiatives qui promeuvent le patriotisme américain et l’américanisme, tant auprès de la fraternité que de la communauté. [2] Il s’agit notamment des programmes de leadership pour les jeunes, des concours de rédaction, des programmes éducatifs et de la participation aux prix ROTC – le ROTC inculque les valeurs de citoyenneté, de service aux États-Unis et de responsabilité personnelle par l’éducation et le mentorat – et JROT.

L’organisation s’est développée à partir d’un groupe de francs-maçons américains aux Philippines qui ont participé à partir de 1898 aux réunions d’une loge de campagne rattachée au North Dakota Regiment of Volunteer Infantry, qui s’est réunie sous une dispense accordée par la Grande Loge du Dakota du Nord. Lorsque le régiment se retira des Philippines en 1900, les francs-maçons américains laissés derrière eux formèrent un Sojourners Club informel.

En 1917, un groupe d’officiers militaires maçonniques, réunis à Chicago, Illinois , organisa officiellement le Chicago Sojourners Club. D’autres clubs de Sojourners se sont formés dans des postes militaires et des bases navales aux États-Unis et à l’étranger. En 1927, le mot Club a été officiellement abandonné et les National Sojourners ont été officiellement incorporés en 1931. Aujourd’hui, les National Sojourners sont organisés en quelque 160 chapitres dans 46 États des États-Unis ainsi qu’en Allemagne et en France.

Le siège social de l’organisation est à Springfield, en Virginie. Il abrite également le Musée de l’américanisme. Les deux sont ouverts au public.

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Order of the Sword of Bunker Hil – ordre maçonnique patriotique de la côte est des États-Unis

Le Grand Ordre de l’Épée de Bunker Hill est un Ordre historique et patriotique fondé pour perpétuer les principes de la liberté américaine et pour imprimer de manière indélébile dans l’esprit de chaque génération les sacrifices consentis par les ancêtres maçonniques dans la formation et l’établissement des États-Unis d’Amérique.

Il convient de rappeler que « l’épée de Bunker Hill » n’est pas un diplôme maçonnique, mais plutôt un Ordre conféré à un maître maçon en règle, et doit donc toujours être appelé un Ordre et non un diplôme.

Il existe des Ordres locaux situés dans un certain nombre d’États, de la Nouvelle-Angleterre au Colorado. L’Ordre a été conféré à plus de 100 000 maîtres maçons au cours des dernières années. À ce jour, 127 ordres locaux ont été affrétés, bien que plusieurs soient désormais inactifs.

Il n’y a pas d’officiers salariés, ni dans le Grand Ordre ni dans les Ordres locaux subordonnés.

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Social Order of the Beauceant – Ordre mixte regroupant des Knights Templar, leurs épouses ou leurs veuves.

L’Ordre social du Beauceant a été créé à l’origine à la suggestion de la commanderie de Denver, au Colorado. Invités à accueillir le 25e Conclave triennal pour le Grand Campement des Templiers qui devait se tenir dans leur ville en août 1892, les Sir Knights ont estimé qu’avec une seule Commanderie et un peu plus de 300 membres, ils avaient besoin d’aide. Leurs femmes ont accepté de fournir l’aide demandée.

Lors de la première réunion officielle qui eut lieu en février 1890, les dames adoptèrent le nom de « Some of Our Business Society » et un bref rituel. Le SOOB a été organisé uniquement dans le but de fournir une aide et une sociabilité aux Sir Knights et aux dames qui assisteraient à la Triennale. Les dames ont tellement apprécié le travail qu’elles ne se sont jamais dissoutes, mais ont plutôt continué à fonctionner dans le but de « rendre la vie plus pure, meilleure et plus douce pour les autres ».

La Société est restée un petit groupe de femmes loyales, résidant localement et faisant le bien et aidant leurs Sir Knights, jusqu’à la triennale de 1913, lorsqu’elles ont décidé de prendre des initiatives pour se développer. C’est alors que les premiers membres d’autres villes ont été initiés. À cette même époque, il fut décidé de changer leur nom en quelque chose de plus approprié à Templier tout en conservant les initiales SOOB Dérivé d’une bannière utilisée par les anciens Templiers, l’« Ordre Social du Beauceant » en fut le résultat. Depuis ce petit début, l’ordre s’est étendu à plus de 15 000 membres. Il y a maintenant 2 229 membres avec 54 assemblées dans vingt-neuf États.

Beau et impressionnant, le rituel de Beauceant contient de nombreuses leçons qui sont illustrées par un cadre de dix-sept officiers dans les assemblées locales et de dix-neuf officiers à l’Assemblée suprême.

Admissibilité à l’adhésion – épouses, veuves, mères, sœurs, filles et petites-filles des Templiers des États-Unis d’Amérique, ou mères, sœurs, filles et petites-filles d’un membre, qui sont ou étaient au moment du décès en règle dans une Commanderie ou une Assemblée sont éligibles à l’adhésion. Un pétitionnaire doit être âgé d’au moins 18 ans au moment de la pétition.

L’un des points de repère les plus fondamentaux de l’ordre est l’avertissement de « cultiver l’esprit d’amour et de loyauté les uns envers les autres, et envers l’Ordre des Templiers, et la considération réciproque due à l’ordre ». Dans cet esprit, le Beauceant a adopté en 1957 la Commanderie’s Knights Templar Eye Foundation comme organisme de bienfaisance officiel. Depuis lors, ils ont fait don de plus d’un million et demi de dollars à la Eye Foundation.

Le Beauceant d’aujourd’hui est un Ordre avec une longue histoire de soutien à la Commanderie, qui s’est avéré être une source de plaisir et d’avantages à la fois pour eux et pour les Sir Knights. C’est une histoire dont ils sont fiers et qu’ils souhaitent maintenir. Par conséquent, ils continuent de répondre avec joie aux demandes d’assistance en matière de divertissement et d’hospitalité à tous les niveaux de leur organisation.

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Daughters of the Nile – Ordre d’épouses de Shriners

Filles du Nil est une organisation fraternelle internationale pour les femmes de 18 ans ou plus, qui sont liées par la naissance ou le mariage à un Shriner, un maître maçon ou une fille du Nil, ou qui sont un membre majoritaire en règle d’une organisation liée à la maçonnerie pour les filles ou qui était un patient, avec ou sans relation avec le sanctuaire ou maçonnique, dans un hôpital Shriners pour enfants. Fondée à Seattle, Washington en 1913, les Filles du Nil comptent 25 000 membres dans 136 villes des États-Unis et du Canada. Les membres sont fiers de leur longue association avec Shriners International et de leur soutien continu aux Hôpitaux Shriners pour enfants.

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Association de la Jeunesse Espoir de la Fraternité (A.J.E.F.) – garçons de 14 à 21 ans.

L’Association de la jeunesse espoir de la fraternité (AJEF) (Asociacion de Jovenes Esperanza de la Fraternidad) est une société fraternelle ou mouvement de jeunesse proche de la franc-maçonnerie. Cet organisme maçonnique s’adresse aux garçons de 14 à 21 ans. Il est essentiellement présent au Mexique, aux États-Unis et dans quelques pays d’Amérique latine comme le Chili.

L’AJEF est fondée en 1936 à La Havane (Cuba) par le franc-maçon Fernando Suarez Nunez (7 mai 1882, 24 janvier 1946).

La première loge AJEF, appelée Esperanza (Espoir) est créée le 9 février 1936, dans les locaux de la Grande Loge de Cuba par l’initiation de 82 jeunes. Inspiré des idées de José Marti, le fondateur trouve dans la jeunesse les ressources nécessaires à l’épanouissement de la maçonnerie et de la jeune démocratie cubaine. Dès 1939, l’AJEF compte au moins 5 000 membres. En 1939, une première loge AJEF mexicaine, portant le nom de Benito Juarez, est fondée à Véracruz. Leur devise est : « Fraternellement, travailler pour le pays et l’Humanité. »

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Job’s Daughters – filles de 10 à 20 ans, filles d’un maître maçon ou d’une « Job’s Daughter » majeure

Les Filles de Job (ou Job’s Daughters International) est un mouvement de jeunesse et un organisme maçonnique destiné aux filles de 10 à 20 ans ayant un lien de parenté avec un maître maçon.

À l’origine le mouvement de jeunesse se nommait The international Ordre of Job’s Daughters ; un vote en 2004 lui ayant donné sa désignation actuelle. Il fut fondé par Ethel Theresa Wead Mick dans la ville d’Omaha, Nebraska, en 1920 avec l’assistance de son mari.

Les Filles de Job font ainsi référence au récit biblique : « Il n’y avait pas dans tout le pays d’aussi belles femmes que les filles de Job. Leur père leur accorda une part d’héritage parmi leurs frères. »

L’idée de la créatrice était de réunir des jeunes filles pour leur inculquer des valeurs morales basées sur la Bible et le patriotisme américain. Les Filles de Job n’est pas une organisation religieuse – ni même une religion – mais elle exige de ses membres la croyance en Dieu et le respect de la Bible.

L’organisation coïncide avec celle de la franc-maçonnerie. Une loge est appelée Bethel et un collège d’officiers est élu en son sein. Le titre d’honorable reine (Honored Queen) correspondant de ce fait au vénérable maître.

Un Bethel est par ailleurs encadré par une structure adulte appelée Conseil du Bethel. Il est dirigé par un gardien (une femme ayant un lien ténu avec un franc-maçon) et un gardien associé (un maître maçon). Le conseil comprend d’autres officiers à l’égal du gardien-trésorier ou du gardien-secrétaire.

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International Order of the Rainbow for Girls – filles de 11 à 20 ans

Un organisme maçonnique féminin et un mouvement de jeunesse américain fondée en 1922. L’ordre fut créé en 1922 par le révérend W. Mark Sexson, un franc-maçon, qui fut invité à s’adresser à une assemblée de l’Order of the Eastern Star à McAlester (Oklahoma). Ayant étudié l’Ordre de DeMolay durant ses activités maçonniques, il suggéra qu’un ordre similaire pour filles serait bénéfique. La première cérémonie d’initiation consista à recevoir 171 jeunes filles le 6 avril 1922, dans l’auditorium du Rite Écossais Ancien et Accepté au temple de McAlester, le plus ancien bâtiment maçonnique de l’Oklahoma, inscrit en 1980 au registre national des lieux historiques.

PORTUGAL – Rendre le monde meilleur – Germano de Sousa : « Les francs-maçons ont sauvé notre pays à plusieurs reprises lors de terribles situations »

De notre confrère portugais expresso.pt

Dans une interview avec Francisco Pinto Balsemão, le fondateur du plus grand laboratoire d’analyses portugais parle de sa passion pour la médecine, de l’opposition à l’Estado Novo*, de la franc-maçonnerie et de la lutte contre la pandémie de covid-19. « J’aime mon métier et j’ai toujours essayé de le rendre meilleur. Je n’étais pas président pour amuser la galerie », dit-il dans le deuxième épisode du podcast « Rendre le monde meilleur »

Né sur l’île de São Miguel à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 24 janvier 1943, il est diplômé en médecine de l’Université de Coimbra, a vécu dans une résidence étudiante, a chanté du fado et fait du théâtre. Il a été président de l’Ordre des médecins, a fondé le plus grand laboratoire d’analyse portugais et a refusé de le vendre à un groupe étranger, il est franc-maçon, a sauvé des vies, a mis au monde des bébés et a été l’accoucheur de sa propre fille. Interviewé par Francisco Pinto Balsemão, José Germano de Sousa parle de sa passion pour son métier, de la vie des étudiants de Coimbra à son époque, de son opposition à l’Estado Novo, de la lutte contre la pandémie de covid-19 et de sa famille, rappelant qu’il est nécessaire de bien comprendre le monde pour être médecin. on doit toujours se poser la question « Qu’avez-vous fait personnellement pour rendre le monde meilleur ? » 

Francisco Pinto Balsemão a lancé le podcast « Rendre le monde meilleur » pour marquer le début des célébrations du 50e anniversaire du journal Expresso. Pendant 50 semaines, et à rebours de son anniversaire le 6 janvier 2023, le fondateur et premier directeur du journal interviewe 50 personnalités marquantes issues des secteurs les plus divers de la société.

« rendre le monde meilleur » peut être écouté sur le site de l’Expresso et sur n’importe quelle plate-forme de podcasts. 

  • *estado novo est la période de la dictature de Salazar de 1933 à 1974

(Éphéméride) 9 février 1975 : Notre Frère Pierre Dac passe à l’Orient Éternel

De son vrai nom, André Isaac (1893-1975), il va prendre le nom de scène Pierre Dac. C’est un humoriste et un comédien.

Sa vie profane

Il débute en octobre 1922 à La Vache Enragée, l’un des plus célèbres cabarets de Montmartre.

La Vache Enragée au 25 de la rue Lepic (Paris , 1925)

Très rapidement, il s’impose à travers des pensées et des monologues qui n’ont rien à voir avec le style des chansonniers d’alors.

Les plus illustres d’entre eux écrivent au jour le jour des couplets sarcastiques ou des parodies politiques.

Pierre Dac préfère passer des nuits entières à tourner en dérision les situations absurdes de notre vie quotidienne, les paradoxes insolites de notre société.

Il jongle avec les mots et manie le calembour avec dextérité. Le plus beau compliment que l’on puisse me faire à propos de mes textes, affirme-t-il alors, c’est de dire « c’est complètement con, mais c’est vrai. « .

Il devient rapidement le Roi des Loufoques un mot alors inconnu de la plupart des Français, mais qu’il a entendu des centaines de fois dans son enfance.

Il signifie « fou » en louchébem, de son nom complet largonji des louchébems, « jargon des bouchers », qui désigne l’argot des bouchers parisiens et lyonnais de la première moitié du XIXème siècle, la profession de son père.

Un papa affichant, en permanence, un humour dont le fils s’inspire pour créer des textes qui, soixante ans après, demeurent plus que jamais d’actualité.

Entre 1922 et 1940, il se produit ainsi dans tous les grands cabarets parisiens.

Il est à l’affiche de La Lune Rousse, du Caveau de la République, du Coucou ou des Noctambules.

On l’applaudit aussi au Fiacre, animé par René Goupil, plus connu sous le pseudonyme de O’Dett.

Tandis qu’en première partie débute un duo baptisé « Charles et Johnny », il crée Le père des deux orphelines et surtout une parodie de Phèdre, qui va devenir un classique du music-hall.

Sur les ondes de Radio-Cité, puis sur le Poste Parisien, à l’heure de l’envol des stations privées, il crée les premières émissions humoristiques : L’Académie des Travailleurs du Chapeau, La Course au trésor et Le Club des Loufoques.

Chaque dimanche, il préside ainsi les sessions de la S.D.L. (Société des Loufoques) dont les initiales rappellent la S.D.N., l’ancêtre de l’O.N.U.

À l’antenne, il est entouré de GKW Van den Paraboum, Léopold Lavolaille et du Capitaine Adhémar de la Cancoillotte qui sont, en réalité, une seule et même personne : Fernand Rauzéna.

Ce comédien, capable de prendre plusieurs voix, se trouve aussi doué d’une immense culture : il connait le dictionnaire par coeur et peut réciter, sans se tromper, la plupart des définitions des mots de notre langue. Pendant dix ans, Dac et Rauzéna vont écrire des centaines de sketches pour la radio.

Un projet qu’il caresse depuis le lendemain de l’Appel du 18 juin : rejoindre en Angleterre l’équipe du Général de Gaulle n’est toutefois pas facile et, pour y parvenir, il va traverser des moments extrêmement difficiles.

Plusieurs tentatives d’évasion lui sont en effet nécessaires pour quitter la France occupée.

Un premier essai par les Pyrénées se termine à la Carcel Modelo de Barcelone. « Si Louis XIV se les étaient farcies comme moi, il n’aurait jamais dit : il n’y a plus de Pyrénées », s’exclame-t-il avant d’être enfermé pendant quatre mois dans une cellule habituellement réservée aux condamnés à mort.

Reconduit à la frontière, il est aussitôt incarcéré, pendant trente jours, à la maison d’arrêt de Perpignan.

Au juge qui lui demande pourquoi il a voulu fuir son pays, il répond « en France, il y avait deux personnages célèbres, le Maréchal Pétain et moi. La nation ayant choisi le premier, je n’ai plus rien à faire ici ».

Il le confirme quelques semaines plus tard en repassant en Espagne, muni cette fois, d’un passeport canadien au nom de Pierre Duval.

Arrêté à bord d’un train, il passe près d’une année en détention, successivement à Barcelone, Lerida et Valencia de Alcantara.

Par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, il finit par être échangé, comme beaucoup de prisonniers, contre des sacs de blé.

Le temps de traverser le Portugal et d’attendre, à Alger, le moment opportun, et le voici enfin sur ce qu’il considère comme sa terre promise.

Le 31 octobre 1943, Pierre Dac devient officiellement, au micro de la BBC à Londres, l’un des « Français qui parlent aux Français ».

Les Français parlent aux Français est une émission quotidienne radiophonique en français sur les ondes de la BBC (Radio Londres)

Pendant neuf mois, à travers ses éditoriaux et ses chansons, il va combattre l’occupant à coups de polémiques qui vont toucher leurs cibles.

Plusieurs fois par semaine, sur les ondes de la BBC, Pierre Dac va engager des duels oratoires qui sont aujourd’hui entrés dans l’histoire.

Son monologue, prononcé en juin 1944 contre Philippe Henriot, demeure en particulier un modèle du genre.

Attaqué sur les ondes de Radio-Paris par cet éditorialiste au service de l’occupant, il lui répond par un texte d’une gravité extrême, intitulé Bagatelle pour un tombeau.

Des paroles prophétiques puisqu’il prononce l’épitaphe de son adversaire, quinze jours avant qu’il ne soit abattu par des résistants.

Ses interventions sont réalisées en direct, à l’inverse des chansons enregistrées plusieurs fois par semaine, dans les studios de Maida Vale, dans la banlieue de Londres. « 

Ses émissions sont un prélude à la carrière qu’il fera avec Francis Blanche.

Il crée alors le Parti d’en rire (1949) puis ‘le MOU’ mouvement ondulatoire unifié avec Jean Yanne et Goscinny : ces initiatives le conduisent à être candidat à la présidence de la République quelques années avant Coluche.

Il s’est également lancé dans l’écriture de romans parodiques comme Du côté d’ailleurs… (1953), Les Pédicures de l’âme en 1974.

Information méconnue du public, Pierre Dac s’avère être le précurseur du faux journal télévisé.

Sa vie maçonnique

Pierre Dac a été membre de la Grande Loge de France. Du moins, c’est comme tel qu’il est mentionné dans le bulletin de la « Ligue universelle des Francs-Maçons » de janvier 1982.

On le dit initié à la Loge « Les inséparables d’Osiris ». C’est sous l’influence de son ami Léo Campion (1905-1992), chansonnier et caricaturiste, 33e , qu’il reçut les bienfaits de l’initiation, mais fut, semble-t-il, déçu.

Pour d’autres, il est reçu Apprenti à la Loge « Les Compagnons ardents » de la Grande Loge de France le 18 mars 1946. Il en restera membre jusqu’en 1952.

Le rituel des voyous

Pierre Dac a rédigé une parodie de rituel maçonnique devenue célèbre dans la franc-maçonnerie française, le Rituel du Premier Degré Symbolique de la Grande Loge des Voyous.

Le Taulier est le Vénérable Maître ; les 1er et 2nd Matons sont les deux Surveillants ; le Bignoleur, le Couvreur ; le Greffier, le Secrétaire et le Baratineur l’orateur. Ce rituel des voyous vous semble obscur ?

Extrait :

« L’ouverture des travaux :

Le Taulier : Frangin deuxième maton, quel est le premier turbin d’un maton en carrée ?

2e Maton : Taulier, c’est de bigler si la carrée n’a pas de courants d’air et si la lourde est bien bouclée.

Le Taulier : Veux-tu bien gaffer frangibus ?

2e Maton : Frangin bignoleur, veux-tu bigler si la carrée est aux pommes et décambuter en loucedé pour arnaquer les loquedus ?

Le Bignoleur (de retour) : Y’a que dalle Chef !

2e Maton : Frangin Taulier, la cabane est réglo… »

Sources : http://www.zinfos974.com ; Le Ligou

La Liberté éclairant le monde se donnera en conférence…

Mercredi 16 février 2022 à 19h, au Temple de La Garde, la Respectable Loge « Bartholdi » N° 500, Loge Provinciale de Recherche, Cercle Villard de Honnecourt Provincial en Provence, vous invite à une conférence exceptionnelle de Michel Bouquet et Lionel Moroni sur « La romanesque aventure de la statue de la Liberté ».

Située à New York, sur la Liberty Island, au sud de Manhattan, à l’embouchure de l’Hudson et à proximité d’Ellis Island, la Liberté éclairant le monde, plus connue sous le nom de statue de la Liberté (Statue of Liberty), est l’un des monuments les plus célèbres des États-Unis. La sculpture fut confiée en 1871 à Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904) qui reçut la lumière le jeudi 14 octobre 1875 au sein de la Loge « Alsace Lorraine », à Paris du Grand Orient de France. Il a eu pour jumeau l’écrivain Alexandre Chatrian (1826-1890). Il fut élevé Maître Maçon le jeudi 9 décembre 1880.

La Respectable Loge « Bartholdi » :

Cette RL a été consacrée le 28 octobre 1986, par le TRF Jean Mons, Grand Maître d’alors, à l’occasion des 100 ans de la mise en place de la « Statue de la Liberté » à New York. Avec ses 250 fondateurs, cet Atelier, qui maçonne au REAA, présente trois caractéristiques essentielles suivantes :

  • Une méthode originale dans le travail ;
  • Une qualité particulière des planches ;
  • Une volonté de nouer des liens forts entre tous les Frères de la GLNF à travers le monde ;
  • L’installation dans la chaire de Vénérable Maître se fait toujours au sein d’une des 213 Grandes Loges régulières étrangères, en relation d’amitié avec la Grande Loge Nationale Française.

Infos pratiques :

Mercredi 16 février 2022, à partir de 18h30

GLP Provence – GLNF/Temple de La Garde – 64, rue Cugnot 83130 LA GARDE

Conférence publique gratuite et ouverte à toutes et à tous

Ticket repas en vente sur place : 20 €

Conditions sanitaires en vigueur

Pour tous renseignements :

Henri Couillot : henri.couilliot@orange.fr

Dominique Didier : didier.dominique@icloud.com

Statue of Liberty

Si les aulx m’étaient contés…

Ail viendrait du mot celtique all qui signifie chaud, brûlant, allusion aux propriétés de la plante. Originaire des montagnes d’Asie centrale, connu en Mésopotamie ancienne et en Égypte dès 3000 avant Jésus Christ, l’ail s’est répandu très tôt dans le Croissant fertile et le Bassin méditerranéen pour être utilisé jusqu’en Inde et en Chine.

Déjà pour en apprécier le goût en bouche, quelle que soit la couleur de l’ail utilisé : le rose de Lautrec, le violet de Cadours ou le blanc de Lomagne, une recette simple : le «Pan con tomate » ou « le pain à la tomate » ! Il est très facile à préparer avec seulement cinq ingrédients : du pain grillé frotté à l’ail et garni de tomate fraîchement râpée, arrosé d’huile d’olive et parsemé de sel marin. Aie ! Aie ! Servie en tapas ou au petit déjeuner, la bonne surprise gustative (et l’haleine) sont avec vous !

A travers les siècles il faut le savoir : l’ail a bénéficié d’une appétence sans égale et d’un grand prestige ! Déjà, combien d’aulx pour les bâtisseurs de la plus grande des pyramides de Gizeh vers 2600 avant Jésus-Christ ? Beaucoup ! Beaucoup ! Il en fallait effectivement de grandes quantités pour ce chantier qui mobilisa 100 000 hommes, qui étaient relevés tous les trois mois pour que cette gigantesque entreprise soit menée à son terme. Pour les prévenir des maladies, mais aussi pour les soutenir dans leurs efforts de tailleurs de pierre ou d’imposants blocs de marbre, des aulx étaient distribués comme provision substantielle. Pour témoin, Hérodote lui-même a précisé : « on a gravé sur la pyramide, en caractères égyptiens, combien on a dépensé pour les ouvriers en radis, en oignons et en aulx. Celui qui interpréta cette inscription me dit que cette dépense se montait à 1 600 talents d’argent ». Malheureusement pour les amateurs d’ail, son crédit augmenta à tel point qu’il finit par prendre place parmi le Panthéon égyptien : on put alors invoquer son nom et celui de l’oignon dans les sermons, mais défense fut faite d’y goûter !…

Toutefois aucune interdiction pour les Hébreux, soumis au joug de l’Égypte ! En pérégrination dans le désert du Sinaï, selon le Livre des Nombres (Nb 11 : 4-5), ils regrettèrent fort « les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et les aulx du pays d’Égypte ». Aussi, dès leur arrivée en Palestine, les Hébreux mirent-ils à profit leurs connaissances sur la culture de l’ail, acquises en Égypte, pour cultiver ce légume sur vaste échelle, notamment pour le régal des moissonneurs. Le peuple était si friand des gousses d’ail que, selon la tradition, les Juifs se sont plus tard surnommés eux-mêmes « mangeurs d’ail » !

Dans la Grèce comme dans la Rome antique, chacun en convenait : « l’ail m’est connu ! ». Effectivement l’ail avait une double réputation : celle d’un condiment, voire d’un mets de choix, (en dépit de son exclusion des tables aristocratiques à cause de l’odeur) et celle d’être une ressource particulièrement énergétique. Par exemple, il était conseillé aux athlètes olympiques de mâcher de l’ail avant de s’engager dans l’arène ou aux légions sur les champs de bataille de l’Empire, car croquer de l’ail fortifiait, de l’avis de tous, l’ardeur à la lutte!

On lit, dans Les Acharniens d’Aristophane, la plainte de Diceopolis, qui se croit perdu et incapable de garder sa vigueur parce qu’on lui a volé son ail :

  • « Ah ! Malheureux, dit-il, je suis perdu. Les Odomantes m’ont volé mon ail, voulez-vous bien me rendre mon ail…
  • Misérable, lui répond Théodorus, garde-toi d’attaquer les hommes qui ont mangé de l’ail ! ».

Du côté des femmes, l’ail n’était pas prisé de la sorte. Ainsi, l’entrée du sanctuaire de Cybèle était interdite à qui en avait mangé. S’étant endormi dans le temple de la mère des dieux après avoir transgressé cet interdit, le philosophe Stilphon vit en songe Cybèle lui dire :

  • « Tu es philosophe, Stilphon, et cependant tu violes les lois sacrées ! »

Et lui de répondre :

  • « Donne-moi donc de quoi manger, et je ne me nourrirai plus d’ail ! »

Bien plus tard, en France, notamment dans le Béarn, la célébrité de l’ail fut liée à une histoire de naissance royale ! À peine venu au monde, pour ce bon gros bébé qu’était Henri IV, son grand-père Henri d’Albret se fit donner une gousse d’ail « dont il frotta ses petites lèvres, lesquelles se fripèrent l’une contre l’autre comme pour sucer ». Ravi de ces signes de vigueur précoce, Henri d’Albret s’écria : « Va ! Va ! Tu seras un vrai Béarnais ! »

Quant aux musulmans qui rencontrèrent les croisés, ils furent plus épouvantés (dit-on) par leur forte odeur d’ail que par leurs clinquantes armures !

Plus tard, au XXsiècle, en Afrique, le célèbre médecin missionnaire Albert Schweitzer utilisait l’ail pour traiter la dysenterie amibienne et d’autres affections. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les médecins militaires russes à court de médicaments l’ont employé pour soigner leurs blessés, ce qui lui a valu le surnom de pénicilline russe. Plus près de nous, des chercheurs en ont observé les bienfaits sur l’appareil circulatoire.

Dans le champ même de la philosophie, il n’est aucun sage philosophe qui n’ait fait sienne cette injonction pour inviter chacun autant à la prudence qu’à la réflexion : « Qui n’a pas mangé d’ail n’a pas mauvaise haleine ! » Mais il est un secret que les initiés se confient bien volontiers : pour enlever l’odeur de l’ail, qui parfume pourtant les baisers, il suffit simplement de mâcher une branche de persil ou de croquer un grain de café !

Dernier avantage des aulx : la légende leur accorde de repousser les vampires et de manière générale les forces du mal. Nous vous conseillons en conséquence de garder discrètement une gousse dans votre poche quand vous sortez tard dans la nuit pour aller dans des lieux qui ne sont connus que des seuls membres de la Franc-maçonnerie. On ne sait jamais : vous pourriez faire éventuellement de mauvaises rencontres sous l’éclat pâle d’une lune sinistre ou d’un réverbère à la lumière de basse intensité !

Source : Jean-Marie Pelt, auteur de Des légumes (Librairie Arthème Fayard, 1993) Site Web

L’esprit de tolérance

C’est lorsque s’achève un cycle civilisationnel et que se saturent les idéologies qui l’avaient cimenté que l’on voit les sociétés secrètes , discrètes, ésotériques, reprendre force et vigueur. Ainsi, sans que l’on puisse y établir une relation de cause à effet, il faut relever le rôle des loges maçonniques à la fin de l’Ancien Régime et leur action lors de la Révolution française. Les recherches de notre regretté ami et frère, Charles Porset : « Hiram Sans-Culotte », donne une vue nuancée et on ne peut plus pertinente sur la question[1].

C’est lorsque s’achève une époque, pour nous celle de la Modernité, que l’on assiste à la saturation des modes d’organisation institué et à la renaissance des manières d’être plus traditionnelles. C’est bien ce qui est en train de se passer de nos jours , où la faillite des institutions élaborées tout au long du XIXe siècle, la désaffection vis à vis des partis politiques, syndicats ou associations officielles, vont de pair avec la renaissance des « tribus » officieuses, dont fait partie la Franc-Maçonnerie. « L’affrètement » qu’elle propose permet de pallier le vide spirituel et l’isolement se développant dans les mégapoles postmodernes. La solidarité, l’esprit de tolérance qu’elle préconise, convient parfaitement aux jeunes générations qui, je l’ai déjà indiqué (« Le temps des tribus », 1988) , se méfient des dogmatismes religieux, politiques, ou idéologiques.

À l’inverse de ce qui se passe entre l’Ancien Régime et la Révolution française, la recherche de nouvelles formes de socialité, dont celle proposée par la loge, est une sorte de réponse à la remarque pleine d’humour de Joseph de Maistre : « un homme seul est toujours en mauvaise compagnie » ! La recherche des communions émotionnelles est à l’ordre du jour. Ce qui, bien évidemment, conduit à la multiplication des lieux d’échanges. D’échanges holistiques. C’est-à-dire de lieux où la raison et les sentiments entrent en une complémentarité ordonnée.

N’est-ce point cela l’égrégore ?

Recherche de socialité, échapper à l’isolement, certes, mais cela n’est possible que lorsqu’existent en même temps les mots pertinents pour le dire. Ce qui renvoie à l’élaboration d’un ordre symbolique. Ne serait-ce que pour montrer que, dès que l’on aborde de tels sujets, on ne peut pas être limité par des exclusives théoriques, puis-je ici, renvoyer à une judicieuse remarque de Saint Thomas d’Aquin :

« l’usage populaire, qui est la règle des sens des mots, dénomme sages ceux qui ont charge de mettre de l’ordre dans les choses et de les bien gouverner. Ainsi, parmi les attributs que les hommes confèrent aux sages, Aristote déclare qu’il leur appartient de mettre de l’ordre ».

On peut interpréter de diverses manières une telle analyse. Pour ma part, j’y vois l’appétence, parfois fort évidente, pour une sagesse sachant dire et ordonner le monde. Les idéologies modernes s’étant saturées, on se retourne vers une connaissance plus traditionnelle permettant de dire un « ordre des choses » en adéquation avec la vie quotidienne. Connaissance ne venant pas, d’une manière surplombante, d’en haut, mais qui surgit de l’expérience : celle de l’entièreté propre au vécu jour après jour.

                C’est cela la tolérance, vertu cardinale de la Franc-Maçonnerie qu’un de ses protagonistes importants, Lessing, résumait ainsi : « que chacun dise ce qu’il estime être la vérité, et que la vérité elle-même soit laissée à Dieu ». Relativisme de bon aloi invalidant d’une manière radicale le dogmatisme de quelqu’ordre qu’il soit.

                Or il se trouve qu’un tel relativisme est le cœur battant de l’atmosphère mentale post-moderne. Il renvoie à un « polythéisme des valeurs » que l’on voit, régulièrement, ressurgir dans les histoires humaines. Polythéisme qui métaphoriquement permet la relativisation d’une Vérité unique, et qui met en relation les multiples vérités constituant la vie courante. Relativisme qui ne manque pas d’effrayer le dogmatisme moderne qui en ses diverses théorisations ou sensibilités politiques (droite, gauche, réformisme, révolutionnarisme) reste obnubilé par les vieilles valeurs cardinales de la modernité : progressisme, républicanisme, rationalisme, et refuse avec intolérance la reconnaissance de valeurs alternatives : progressivité, mosaïque plurielle, émotionnelle

Peut-être faudrait-il reprendre, en bonne part, l’antique question du relativisme : « la vérité, qu’est-ce que la vérité ? ». Ce que j’appellerais le syndrome de Ponce Pilate renaît de nos jours. Certes, il existe des fanatismes de tous ordres, et l’actualité en offre des témoignages fort inquiétants. Mais la tendance de fond, tout aussi souterraine qu’elle est puissante, est à la tolérance : multiculturalisme, respect de l’altérité, diversité de tous ordres, syncrétisme religieux et philosophique. Le métissage, sous toutes ses formes, est à l’ordre du jour. Et il est important d’avoir à l’esprit qu’un tel mélange culturel est, toujours, l’indice d’un renouveau civilisationnel.

Mon maître Gilbert Durand rappelait que le grouillement, voire le fourmillement, est, en son sens le plus simple, l’indice du développement vital. Leurs actions sont cachées, leurs conséquences manifestes. Peut-être est-ce pour cela que dans le secret de la pensée maçonnique, à l’image de ce qui se préparait avant 1789, est en train de se concocter le (re)-nouveau de la socialité post-moderne.

Mais pour cela il ne faut pas être oublieux de l’efficace de la mémoire collective. Celle-ci, en ses profondeurs éternelles, assure la survivance de ce que l’on pourrait appeler une gnose populaire. Savoir incorporé, instinctif constitutif d’un « habitus » commun, creuset fécond où se concocte le vivre-ensemble. Cette sagesse ancestrale est, structurellement, faite de tolérance, d’accueil de l’autre, continuellement irriguée par la différence. Cela peut paraître quelque peu utopique, mais toutes les histoires humaines montrent que, sur la longue durée, c’est ainsi que se sont constituées les diverses civilisations, voire même les nations.

            C’est entée sur une telle tradition que la Franc-Maçonnerie vécut et vit, dans ses expériences authentiques, à partir de cette tolérance de base. Qu’elle observe une neutralité axiologique vis à vis des opinions, des croyances religieuses, des convictions politiques, des prises de position philosophiques. Qu’elle se contente de mettre l’accent sur l’essentielle capacité de sympathie commune, fondement même du « zoon politicon », animal politique aristotélicien, à comprendre en son sens simple de la vie en commun, ou de cette « affectio societatis » qui est le code génétique de toute société.

                La démarche maçonnique n’est que la cristallisation d’une telle structure anthropologique : l’attraction vers l’altérité. Le terme fraternité en fait foi. Il est vrai qu’il est quelque peu galvaudé. Mais sa source inépuisable est cet instinct poussant à sortir de soi, aller vers l’autre. Ce à partir de quoi s’élaborent les formes de solidarité organique, les modulations de la générosité, autres manières de dire la vie en société. La tolérance est, essentiellement, cet instinct vital reconnaissant que c’est l’existence de l’autre qui justifie et confronte la mienne.

Il faut, cependant, reconnaître que cette acceptation de l’altérité peut se rigidifier ou s’inverser en son contraire. C’est ce que les sociologues appellent « hétérotélie » (Jules Monnerot) ou, en traduisant le terme, effet pervers. C’est-à-dire que l’on atteint un autre but (« telos ») que celui que l’on s’était fixé.

                Ainsi, et appliqué au propos qui, ici, m’occupe, on voit comment la philosophie des Lumières en devenant dogmatique aboutit à une sorte d’obscurantisme. Très précisément en ce qu’elle a oublié qu’une connaissance authentique, c’est-à-dire entière, est issue, tout à la fois, de la raison et des sens. Ce n’est pas un simple paradoxe, mais la « Lumière » unilatérale devient aveuglante. En estompant l’ombre, elle châtre une partie de l’humaine nature. Notre « hommerie » (Montaigne) étant, on le sait, enracinée dans « l’humus ». Et elle perd de sa gravité quand elle perd ses assises, quand elle oublie ses racines. En bref, qu’est-ce qu’un homme sans ombre ? Que peut être une société sans ombre ?

C’est ainsi que la tolérance structurelle, la tolérance affirmée historiquement, peut devenir intolérante dans les faits. Et une certaine Franc-Maçonnerie a pu y succomber, et y succombe régulièrement.

À de nombreuses reprises Jean-Jacques Rousseau fait quelques observations en ce sens. Ainsi, lorsqu’il note que les « ardents missionnaires d’Athéisme et très impérieux dogmatiques n’enduraient point sans colères que sur quelque point que ce put être on osât penser autrement qu’eux ». Ou encore ce qu’il nomme une « inquisition philosophique plus cauteleuse et non moins sanguinaire que l’autre »[2]. On ne saurait dire mieux l’inversion de polarité d’une tolérance produisant « ce fanatisme athée » qui n’étant que l’envers du « fanatisme dévot se touchent par leur commune intolérance » (Les Confessions, Partie II, Livre XI).


[1] C. Porset : Hiram Sans-Culotte ? Franc-maçonnerie, Lumières et Révolution, éd. Champion, Paris, 1998

[2] J.-J. Rousseau : Les Rêveries du promeneur solitaire, Bibliothèque de la Pléiade, p. 1016 et p. 967

Visitez en images le Temple maçonnique de Tarbes

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Le temple se situe dans le centre de Tarbes.

Temple maçonnique de Tarbes

De la rue, pas grand chose ne signale sa présence, à part ces symboles de la franc-maçonnerie au-dessus des fenêtres : le compas et l’équerre.

1889 : pose de la première pierre

Si la première Loge de Tarbes « Propagation de la vraie lumière » a été créée en 1862, il faut attendre 1889 pour voir s’établir le Temple. C’est le célèbre Georges Dazet, avocat, homme politique et ami de Lautréamont qui offre au Grand Orient le terrain nécessaire à la construction du temple

Georges Dazet (1852-1920) était un avocat très doué, considéré comme le prince du prétoire. Son ami Lautréamont le décrit en adolescent éblouissant dans son chant premier de Maldoror. Puis ils se sont brouillés. Conseiller municipal de Tarbes de 1883 à 1888, c’est à lui qu’on doit les noms des rues du cours Gambetta et de l’avenue Bertrand-Barrère. Il participera à différents cabinets ministériels (notamment celui de Jules Guesde). Mêlé à différentes affaires, il est ruiné et abandonné de ses amis. Il meurt à Tarbes où seulement six personnes assistent à son enterrement.

Gaston Dreyt (1857-1919). Egalement avocat au barreau de Tarbes, il sera aussi député des Hautes-Pyrénées de 1906 à 1919. Son arrière grand-père, Figarol, a donné son nom à un quartier de Tarbes. Une rue de Tarbes porte le nom de Gaston Dreyt.

Ils étaient tous deux francs-maçons bien sûr, comme l’ensemble des personnes présentes sur la photo.

Visite du Temple

En 2014, le Temple a ouvert ses portes au public et à la presse pour les journées du Patrimoine. Cela suscita la curiosité de nombreux Tarbais. En effet, pas mal de mystères sont associés à la franc-maçonnerie : non divulgation de la liste des membres, rites initiatiques, codes et symboles particuliers, etc…

L’histoire du Temple est mouvementée. Il a en effet été plusieurs fois confisqué. De 1915 à 1920, il servit d’entrepôt aux armées. Puis il servit de salle de sport pour l’école Jeanne-d’Arc, de bureau d’aide sociale et enfin de service pour les Domaines. Il n’est restitué à la loge que le 26 février 1946. Le Temple n’est pas orienté par hasard, mais suit une symbolique solaire et de lumière : porte d’entrée à l’ouest et tribune présidentielle à l’est.

On utilise un vocabulaire et des symboles spécifiques dans la franc-maçonnerie : loge, obédience, frères et sœurs, apprentis, compagnons, maîtres, etc… C’est un espace de sociabilité assez complexe avec un codage très précis où on défend les valeurs de vérité, morale, solidarité, fraternité, laïcité… Bref, les valeurs de la République. Voici la tribune présidentielle où siège le Vénérable-Maître. On y trouve Marianne et les devise Liberté, Egalité Fraternité. La fresque a été réalisée en 1948 par M. Junquet.

Devises inscrites sur les murs.

Aux murs se trouvent représentés de nombreux outils (équerre, compas, maillet, truelle…). La franc-maçonnerie trouve son origine au temps des Compagnons constructeurs (maçons, charpentiers). La symbolique des outils est que les francs-maçons ont aujourd’hui comme objectif de travailler à la construction d’un monde meilleur.

La voûte étoilée au plafond signifie que la franc-maçonnerie se veut ouverte sur le monde, l’humanité, l’univers. Au niveau de la religion, il y a un grand esprit de tolérance mais une bonne partie des francs-maçons croient en un Etre Suprême (ou Grand Architecte).

Le pavé mosaïque au sol est une figuration de l’humanité. Chaque homme n’est pas entièrement bon ou mauvais (blanc ou noir) mais il y a un peu de chaque dans l’être humain et dans ses idées.

Tout le monde peut théoriquement devenir franc-maçon. Mais la règle principale du recrutement est le parrainage. En 2014, on comptait plus de 200 frères et sœurs francs-maçons.

Sur les murs latéraux, sont écrites les appellations septentrion, c’est-à-dire le nord et midi, le sud. L’utilité d’un Temple est double. En premier lieu, c’est de trouver un cadre esthétique et inspirant afin de donner les conditions d’une réflexion approfondie. En deuxième lieu, c’est de se trouver dans un lieu paisible, à l’abri des bruits et agitations du monde moderne.

Cette page a été réalisée avec l’aide de Daniel Mur que nous remercions

ARCANE

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Arcane, secret, chose cachée, voilée, tue. Comment ne pas y repérer aussitôt un parfum de perversité plus ou moins nauséabonde, n’est-ce pas ?

Seul le visible serait-il digne de respect ? C’est ce que se plaisent à prétendre ceux qui, pour divers motifs, se voient ou se pensent exclus, maintenus aux marges.

L’étymologie de l’arcane définit le champ sémantique de « ce que l’on met à l’écart ». Le grec *arkeô signifie « protéger, secourir, suffire », en est issue l’autarcie qui se suffit à elle-même. Se protéger ? Le latin en fera *arx, la citadelle, et le verbe *arcere, tenir à distance, contenir, maintenir. À connotation toujours négative. En découlent les mots coercitif, coercition, incoercible. Le poète Horace (65-8 av.JC), jaloux de son indépendance en regard de la foule, écrit « Odi profanum volgus et arceo », je hais la foule profane et je m’en écarte…

Quel meilleur moyen que le coffre, *arca, pour y enfouir des objets précieux, des secrets ? Et voilà l’arche, qu’elle soit architecturale ou d’alliance, elle manifeste une limite entre deux mondes, entre le sacré et le profane pourrait-on dire.

Ce qui incite à ériger une frontière entre l’autorisé et l’interdit, que seuls sont habilités à franchir les détenteurs du secret, du sésame magique, une carte de tarot par exemple, une manipulation alchimique. Un secret qui se teinte d’une connotation louche pour ceux qui en sont exclus.

Pour l’anecdote étymologique, la racine latine a évolué, en divergeant complètement dans la signification, vers l’exercice, le mot *exercitus désignant l’armée, qui se tient en mouvement, s’exerce.

Annick DROGOU

Ce mot-là est fait pour dérouter et bien sûr il séduit. Dans quels arcanes nous entraîne-il, sous quelle arche ? Alchimie, tarot… comme un secret toujours à découvrir, la pierre cachée, l’absence révélée, passée et future. Le tarot divinatoire, le fameux tarot de Marseille, désigne ainsi ses cartes majeures qu’Éliphas Lévi, à l’état-civil Alphonse-Louis Constant (1810-1875), a promues en arcanes majeurs en référence à Paracelse. Le XIXe siècle parisien, fasciné par l’occultisme, aimait ce vocabulaire aux références lointaines. Cet occultisme foisonnant fera longtemps florès, d’autant plus que l’arcane appartient au vocabulaire de l’alchimie et qu’on aura tôt fait de l’embarquer dans la Kabbale.

La fréquentation du mystère fait feu de tout bois, les mots y contribuent. Plus ils sont abscons, plus séduisante est la doctrine. Ses zélateurs n’ont jamais peur des dérives amphigouriques. Mais Éliphas Lévi, l’ancien clerc, savait bien que l’arcane a d’abord appartenu au vocabulaire de l’Église primitive, quand seuls les baptisés avaient accès au cœur de la liturgie, les catéchumènes ne pouvant accéder qu’à ses prémices. Le baptême chrétien était alors vécu comme un rite initiatique, permettant seul l’accès aux mystères de la foi et à l’expression complète du rite.

Arcane, singulier ou pluriel ? De plus en plus pluriel. Nécessairement dans le jeu de tarot, mais aussi dans la curiosité occultiste qui procède de secret en secret. Arcane, masculin ou féminin ? Officiellement masculin mais, même chez les meilleurs auteurs, l’assonance l’entraîne fréquemment au féminin pluriel. Comme l’amour ? Assurément un bien plus grand mystère. Arcane, infiniment majeur. Arcanes, infiniment plurielles comme en écho à nos ignorances.

Jean DUMONTEIL

Objets maçonniques : Les enchères de février

IIIe RÉPUBLIQUE – FRANC-MACONNERIE : lot comprenant 4 médailles et 1 insigne

Drouot.com (www.drouot.com), le site des ventes aux enchères en live, online et cataloguées d’objet d’art de l’hôtel Drouot, situé 9, rue Drouot et propriété de Drouot S.A., principal hôtel des ventes de Paris avec ses 15 salles de vente aux enchères regroupées en deux lieux spécialisés et véritable une plaque tournante du marché de l’art français et international, nous informe de la vente, les 12, 15 et 18 février 2022 d’objets maçonniques.

Diplôme canadien The Grand Lodge of Québec, passage au 2e grade de F:. Hubert Lionel Barnewall, daté de 1921

Du tablier à la médaille en passant par le diplôme, au total 38 belles pièces !

En savoir plus Site Drouot

Mots de passe, clés de passages

Un mot de passe laisse supposer un dedans  et un dehors, quelque chose qui permette l’ouverture, un accès. Il est une frontière.

Le mot de passe fonctionne comme une clé pour ouvrir. Ce peut être un code comme pour un coffre, ou les mots de login renforcés par un code constituant la clé complète d’accès à des informations personnelles.

S’il s’agit d’un droit de passage, alors, ce sont des règles d’usage, de connaissance et de comportement, d’appartenance à un groupe dont il faut justifier. 

En Égypte, l’initié au premier degré, restait trois ans sans communiquer avec le monde profane et, en cas de sortie, il ne pouvait plus rentrer. Au contraire, l’initié au second degré possédait un mot de passe, parce qu’il avait, dans certains jours de la semaine, la liberté de sortir.

Pouvoir aller et venir ! De simple tampon sur la main de celui qui sort et qui veut rentrer d’une boîte de nuit, ou bracelet au poignet dans les piscines, ou QRcode vaccinal, le mot de passe, comme certains le présagent, pourrait devenir une puce électronique chevillée au corps contenant des informations sur les exigences permettant de circuler en société !

Détenir un mot de passe ne pourrait donc se faire sans l’octroi d’un statut d’appartenance à un groupe, c’est le cas en Franc-Maçonnerie.

Il permet d’entrer dans une des chambres du temple, en ayant le grade correspondant (sauf lors d’augmentation de degré, le mot de passe lui sera confié au cours de sa réception à ce nouveau degré). Les mots de passe varient selon les rites. D’un rite à l’autre, d’un rituel à l’autre, les mêmes mots de passe sont utilisés à des degrés différents.

Il semble que ce  terme de «mot de passe»  soit d’origine militaire comme partie du mot d’ordre qui se décompose en mot de sommation et en mot de passe ; la question constitue la sommation et la passe en constitue la réponse. Le mot de passe est un symbolon verbal qui permet l’évaluation, la reconnaissance et la validation de la confiance.

Le plus connu des mots de passe, Schibboleth, prononcé en chuintant, a été adopté pour parler d’un trait linguistique qui permet de différencier des locuteurs. Le mot ne vaut que par la façon dont il est dit, son accentuation, sa sonorité. Il ne révèle pas une signification, mais un trait privilégié à la marge de la langue qui peut signaler une appartenance. Autrement dit, un schibboleth représente un signe de reconnaissance verbal, un mot de passe, de passage (Voir l’article : Schibboleth, ou la guerre fratricide publié le 22 février 2022).

La légende populaire raconte qu’en 1282, pendant les vêpres, les Siciliens révoltés contre les troupes de Charles d’Anjou à Palerme et contre la plupart des Français, obligeaient les étrangers à prononcer le mot « ciciru » (signifiant « pois chiche » et se prononçant « tchitchirou ») pour découvrir s’il s’agissait d’un Français sinon ils étaient massacrés.

Autre exemple: dans les années 1930, le dictateur de Républicaine dominicaine, Trujillo, veut chasser les travailleurs haïtiens. Pour distinguer les dominicains (de langue espagnole) des haïtiens (langue créole et française) il leur demande de prononcer «trujillo» ou «perejil». Plus de 20000 travailleurs et travailleuses d’Haïti (enfants compris) furent tués à la machette pour ne pas avoir prononcé ces mots correctement.

Semblablement, pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes américaines, qui avançaient contre les Japonais d’une île du Pacifique à l’autre, devaient s’assurer que leurs bases de ravitaillement étaient à l’abri des attaques des saboteurs japonais. Ils ont choisi le mot de passe «Lollapalooza» pour leurs sentinelles à utiliser comme défi parce que les Japonais étaient incapables de faire la distinction entre la prononciation anglaise de «R» et «L» et le prononçaient «rorraparooza».

Hiram fit d’abord trois classes de constructeurs dont une d’apprentis, une de compagnons et une de maîtres, leur recommandant de faire chacun, en particulier, leurs devoirs ; il les avertit qu’ils seraient tous payés chaque samedi au soir. Il les payait effectivement mais vers la fin du mois. S’étant aperçu qu’il était dupé dans le paiement puisqu’il se trouvait à court d’argent, il s’imagina que les apprentis ou les compagnons l’avait abusé en recevant la paye de maître. Pour remédier à cet abus, moyennant un mot, un signe, un attouchement et une passe les ouvriers venaient déposer leurs outils auprès d’une des colonnes du Temple et recevoir le salaire de leurs travaux. La colonne de gauche servait aux apprentis, celle de droite servait aux compagnons. Les maîtres étaient payés dans la chambre du milieu. C’est du mot de passe des maîtres que les mauvais compagnons auraient voulu s’emparer.

Certaines loges du rite français indiquent non pas un mot mais un nombre : 3593. Ce rituel souligne que ce mot de passe indiquait le nombre de maîtres employés à la construction du Temple mais, qu’après la mort d’Hiram, il signifia : 3 forment, 5 composent, 9 furent élus, 3 assassinèrent.

Il est important de savoir que le choix des lettres constituant les mots de passe de la Franc-Maçonnerie était déjà considéré comme ayant une origine cabalistique en 1726, c’est-à-dire quatre ans avant la publication de Masonry Dissected. La première utilisation connue de lettres hébraïques dans les textes de rituels maçonniques se trouve dans le premier catéchisme maçonnique imprimé, A Mason’s Examination, publié en 1723 (Henrik Bogdan, L’influence cabalistique sur l’élaboration du grade de Maitre en Franc-Maçonnerie,  <academia.edu/1601260/>).

Les mots de semestre peuvent se concevoir comme mot de passe, rassemblant de très nombreuses loges qui ne se connaissent pas ou peu, de façon à pouvoir voyager de l’une à l’autre. Ils sont inter-communiqués aux couvreurs entre obédiences se reconnaissant entre elles. La connaissance des mots de semestre atteste à la fois de la qualité de franc-maçon et de la fréquentation assidue de son atelier (donc ayant payé ses cotisations).

Le mot de passe est bien distinct du mot sacré qui synthétise chaque degré initiatique. Lire l’article de Louis Trébuchet, Mots de passe et mots sacrés aux trois premiers degrés du REAA, 2006 : <masoniclib.com/images/images3/57962800_1246210365.pdf>

Hiram ne voulut-il pas divulguer un mot de passe, un savoir ou de celui du mot sacré ?