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Georges Serignac : « Les Francs-maçons ne sont pas dans une lutte de pouvoir »

De notre confrère lemauricien.com

Le Grand Maître de l’obédience maçonnique, Grand Orient de France, était de passage à Maurice cette semaine, durant laquelle il a donné une conférence publique. Dans une interview accordée aux Mauriciens, il passe en revue les activités de l’obédience, qu’il présente comme un laboratoire d’idées. Il insiste sur son indépendance par rapport à la politique partisane. « Notre force réside dans notre liberté », affirme-t-il. Il réitère que contrairement aux « mensonges » véhiculés par ses adversaires, la Franc-maçonnerie ne recherche pas le pouvoir. « Nous ne sommes pas dans une lutte pour le pouvoir », dit-il.

Le Grand Orient de France est la plus ancienne et la plus importante obédience maçonnique d’Europe continentale. Né en 1728, aujourd’hui, le GODF rassemble plus de 51 600 membres inscrits dans plus de 1 390 Loges. Le GODF a une présence historique à Maurice datant de 1773.

Nous comprenons que c’est la première fois depuis très longtemps qu’un Grand Maître fait le déplacement jusqu’à Maurice. Dans quel cadre s’inscrit cette visite ?
Cette visite s’inscrit dans un cadre plus global, à savoir la nécessité de montrer à nos loges hors métropole française qu’elles appartiennent pleinement au Grand Orient de France. Nous voulons montrer la reconnaissance que nous avons envers elles, et mieux, faire connaissance avec les membres de ces loges.

Vous avez également visité d’autres pays avant de venir à Maurice. Quelle est votre évaluation de la franc-maçonnerie dans la région et à Maurice ?
Une évaluation nécessite plus de temps et de recul. Au début, on sent à quel point nos frères et nos sœurs sont heureux de nous accueillir et montrent une très grande fraternité. Cette visite est pour moi très enrichissante parce qu’elle me permet de comprendre les problématiques locales et régionales qui sont très diverses.

Vous arrivez à un moment où nos pays sortent graduellement de l’emprise de la pandémie de Covid-19. Est-ce que cette pandémie a laissé des traces aussi bien en France et dans les régions que vous avez visitées ?
Bien sûr. En vérité il n’y a pas que le Covid-19. Cette pandémie est révélatrice d’une situation générale qui est lourde. Nous arrivons à un moment très compliqué de notre histoire. Nous sommes arrivés à une phase de l’évolution de l’humanité qui est très particulière. Le monde n’a pratiquement pas bougé depuis des millénaires ou très lentement. Il y a eu la société industrielle et les choses se sont accélérées d’un coup.

Nous avons atteint une troisième phase de développement, c’est-à-dire une société numérique avec un progrès scientifique à une vitesse vertigineuse. Beaucoup de progrès ont été accomplis dans le domaine de la communication. On ne sait plus très bien où l’on va. Cette incertitude pèse sur tout le monde et le Covid-19 est venu mettre une chape de plomb sur tout cela.

Le Mauricien du 4 juillet 2022

Pensez-vous que le Covid-19 a mis à mal la cohésion dans la société ?
Je ne dirais pas mis à mal. Le Covid-19 est révélateur de beaucoup de choses et a peut-être joué un rôle de catalyseur dans nos sociétés. Par exemple, en France, il y a eu les gilets jaunes avant le Covid-19. Ce mouvement était déjà annonciateur d’une vraie crise sociétale. Les premiers gilets jaunes n’étaient pas des révolutionnaires. C’était surtout une population invisibilisée par le fonctionnement démocratique même. Le Covid-19 est arrivé et a mis de la confusion dans un sujet déjà très complexe. Le traitement de la crise, le fonctionnement des pouvoirs en général étaient déjà très compliqués.

Au Grand Orient où on est très attentif à la société et à la diversité, on ressent tout cela de manière très forte et cela nous interpelle beaucoup sur le fonctionnement de la société et sur les interrogations sur les limites de nos institutions, de la démocratie, sur les aménagements qui doivent être effectués au lieu de rester dans un confort somnolant.

Vous êtes à la tête d’une organisation de plus de 50 000 membres dans le monde francophone. Est-ce que vous avez une approche diversifiée par rapport aux pays ? Tous les pays ne sont pas la France…
Bien sûr. Il faudra peut-être inverser le mode de pensée. Ce n’est pas nous qui avons une approche diversifiée. Ce sont nos loges qui nous enseignent par leurs diversités culturelles. Le GODF ne fonctionne pas du haut vers le bas. C’est l’inverse. Ce sont nos loges dans les différents lieux où elles ont demandé à adhérer au GODF qui nous montrent une approche à la fois cohérente par les grands principes universels qui gouvernent l’obédience. C’est-à-dire, la liberté absolue de conscience, l’égalité du droit, la générosité dans le partage des richesses d’une société, donc la justice sociale. Il n’est pas nécessaire d’être Français ou Mauricien pour partager ces grands principes.

Évidemment, la liberté de conscience inclut le respect des diversités culturelles, quelle qu’elles soient, et accueille la diversité comme un divertissement. Dans le hall du siège du GODF, rue Cadet, on peut lire la phrase suivante d’Antoine de Saint-Exupéry : “Quand tu diffères de moi mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis”. C’est un principe essentiel.

Aujourd’hui, en l’an 2022, qu’est ce que cela implique d’être franc-maçon. Quelle est sa mission dans la société ?
La franc-maçonnerie est un lieu où avec une méthode initiatique qui est très rigoureuse, on peut travailler sur des idées. Il ne faut pas se prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne sommes pas un parti politique, pas un syndicat.
Nous avons beaucoup de frères et sœurs avec différentes idées au sein du Grand Orient. Le travail maçonnique consiste à travailler sur les grandes idées pour progresser, et pour que ces idées puissent être diffusées dans la société, dans la cité, en dehors des loges.

Dans une interview accordée au journal Le Monde, vous présentez la franc-maçonnerie comme un laboratoire d’idées. Qu’est-ce que cela veut dire dans la pratique ?
Il y a eu beaucoup d’idées émises et mises en pratique dans la cité dans l’histoire de la franc-maçonnerie. La liberté de conscience a été beaucoup travaillée à la fin du 19e siècle et au début du 20e dans les loges. Il y a eu également tout le progrès sur les droits de la femme de disposer de son corps, la contraception, l’abolition de la peine de mort. Tout cela a été travaillé en loge.

Aujourd’hui, nous travaillons sur tout ce qui est la bioéthique, le transhumanisme, le développement durable. Nous travaillons sur le temps long. Nous avons des commissions et des loges qui travaillent sur toutes ces questions. Dans le cadre de l’égalité hommes-femmes, nous travaillons sur la lutte contre la violence faite aux femmes, la prise en compte de la problématique des migrants. Il y a aussi les problèmes écologiques. Il faut que les sociétés prennent en compte d’une manière à la fois humaniste et généreuse ces questions. On ne peut pas faire comme si c’était un non-sujet. Les francs-maçons doivent s’en saisir et faire des propositions à travers le travail dans les loges.

Concernant les problèmes climatiques, est-ce que le Grand Orient apporte sa contribution à travers les conférences des partis (COP) lors de la prochaine qui aura lieu en Égypte ?
La franc-maçonnerie n’apporte pas sa contribution en tant que telle. Mais les francs-maçons le font. Un franc-maçon a, bien entendu, d’autres casquettes. Il peut être engagé dans les syndicats, dans les groupes associatifs ou dans les partis politiques. La franc-maçonnerie n’est qu’une partie de l’identité d’un franc-maçon.

Vous avez parlé de l’égalité entre les hommes et les femmes. La franc-maçonnerie est malgré tout une obédience dominée par les hommes…
Jusqu’en 2010, il ne pouvait y avoir de femmes au Grand Orient pour des raisons historiques. Après la fin du 19e siècle, on a vu la création d’une obédience mixte. Un droit humain qui est tout à fait normal. Le Grand Orient accueille les femmes en son sein à partir de l’année 2010.

Aujourd’hui, il y a plus de 6 000 femmes au Grand Orient et qui occupent de nombreux postes. Au-delà de cela, il faut dire qu’on n’a pas besoin d’être femme pour défendre l’égalité entre l’homme et la femme. Aujourd’hui, il faut rattraper le retard accumulé depuis plusieurs siècles. Je suis convaincu qu’on peut être profondément humaniste et voir l’importance de sortir de l’emprise patriarcale sans être femme.

L’appartenance à la franc-maçonnerie est toujours vue avec circonspection, une certaine méfiance. Le maçon est tantôt vu comme un comploteur, un intrigant, tantôt comme quelqu’un qui bénéficie des faveurs de ses pairs, surtout lorsqu’un des siens est aux commandes d’une organisation publique ou privée. Comment corriger cette perception ?

C’est un sujet essentiel qui est terrible parce qu’il faut lutter contre cette perception péjorative et sectaire de la maçonnerie. Ce sont des accusations gratuites, des calomnies et des mensonges répandus par des adversaires du progrès de la société et contre lesquelles il faut lutter. Il faut le faire afin de permettre à ceux qui voudraient nous rejoindre et qui sont en adéquation avec nos idées et nos idéaux de le faire ; ils enrichissent la franc-maçonnerie en participant à nos travaux.

Si les légendes sur les réseaux d’influence maçonnique disparaissaient, cela permettrait à tous ceux qui veulent nous rejoindre de le faire. La franc-maçonnerie n’a rien à voir avec les réseaux, quels qu’ils soient. C’est pourquoi nous acceptons des demandes d’interview parce que nous devons expliciter ce que nous sommes afin que le public en général comprenne mieux ce qu’est la maçonnerie.

La franc-maçonnerie est une société initiatique. Que comprenez-vous par initiation ?

C’est tout à fait public et accessible dans tous les livres sur la maçonnerie. Il n’y a pas de secret autour de cela. En quelques mots, l’initiation c’est permettre d’enseigner un savoir ou une connaissance progressivement à quelqu’un. La vie est une initiation. Les parents initient les enfants à la vie. En apprenant la marche, en apprenant les paroles, après c’est l’école, etc.

En maçonnerie, on apprend à se construire soi-même et à progresser personnellement sur de très nombreux plans. Cela, au service d’une idée principale qui est l’amélioration de l’Homme afin de permettre l’amélioration de la société. L’initiation est une méthode particulière d’enseignement par la transmission d’un savoir par les anciens aux nouveaux et qui permet le progrès de chacun.

La laïcité est un élément fondamental pour le GODF. Toutefois cette laïcité, telle qu’elle est pratiquée en France, n’a rien à voir avec ce qui se passe dans des pays comme la Grande-Bretagne ou à Maurice. Comment faire ?
Il y a beaucoup de confusions autour du terme laïcité. Il y a deux visions dans les sociétés de la sécurisation. On ne va pas parler des régimes non sécularisés. La sécularisation est une sortie de l’emprise de la religion sur le politique et la société. La Grande-Bretagne est parfaitement sécularisée. Les États-Unis et la France le sont, mais avec deux options différentes. Il y a une vision de la sécularisation qui admet le communautarisme. C’est la vision anglo-saxonne. C’est-à-dire avec une forte présence des religions non pas dans la politique.

En France, on considère la vision républicaine qui est spécifiquement française. On dit que la République est indivisible, laïque, démocratique et sociale. Indivisible et laïque veulent dire que la laïcité républicaine française comprend le terme de laïcité comme un projet commun qui réunit tous les citoyens au-delà de leurs différences et au-dessus de leurs différences. On respecte les différences puisque l’article 2 de la loi 1905 dit que la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. Ce qui fait qu’en rien la laïcité française est antireligieuse. Elle met au-devant la liberté de conscience avant le libre exercice des cultes mais inclut le libre exercice des cultes dans la liberté de conscience.

Donc, elle inclut l’agnosticisme, l’athéisme, etc. On a le droit de croire et de ne pas croire, de pratiquer et de ne pas pratiquer, de changer de religion. C’est inscrit dans la loi. Cela change fondamentalement l’idée laïque française de la sécularisation anglo-saxonne qui est une autre organisation de la société.

Nous considérons que le projet laïc français dépasse la séparation des Églises et des États. C’est un projet d’égalité des droits. Il n’y a pas de droits différents selon les communautés et les religions. C’est une idée beaucoup plus émancipatrice, plus large et meilleure que le projet anglo-saxon. C’est une opinion.
À Maurice, la religion occupe une place importante dans la culture locale.

L’interculturel et l’interreligieux s’entremêlent ici. L’âme mauricienne tient-elle compte de la dimension religieuse ?
L’île Maurice est un cas très particulier dans ce multiculturalisme. C’est même un exemple de bilatéralisme mais qui a une histoire différente.
À Maurice on parle de l’interculturel et les religions jouent un rôle important dans la culture mauricienne…

Une chose est certaine. Ce serait prétentieux de ma part de donner mon avis sur l’organisation à Maurice. Les choses sont trop complexes. Il faut la connaître beaucoup mieux pour en parler et émettre un jugement autorisé. Chaque pays à une histoire et il faut s’inscrire dans une perspective historique et respecter cette perspective historique.

Ce qui compte, c’est la paix sociale. On parle de paix civile en France. La loi de 1905 est une loi de paix civile en France parce qu’il y a une histoire différente. Le catholicisme romain en France a joué un rôle majeur. La France est née de l’Église. À un moment, il fallait concilier cela avec notre histoire révolutionnaire et la République. Dans l’histoire française, il est tout à fait cohérent de comprendre que la loi de 1905 devient la clé de voûte de la République. Ce n’est pas votre histoire.
C’est la raison pour laquelle la franc-maçonnerie française est très vigilante en ce moment…

Bien sûr, si on commence à tirer sur le fil, tout se détricote et l’édifice s’écroule. Bien sûr, on est très préoccupé et les adversaires traditionnels de l’égalité républicaine ressortent très vite. Il y a de nouveaux adversaires aussi. Il faut être très vigilant par rapport à tout cela. Les obédiences françaises ont d’ailleurs rencontré le président Macron pour en parler.

Quels sont vos rapports avec l’église catholique ?
Aujourd’hui, l’épiscopat français a parfaitement admis la laïcité républicaine. À travers ce qu’on a pu ressentir, elle n’en est plus un adversaire. Plus du tout. Il n’y a plus de conflit. Il y a quand même certains éléments de l’Église plus à droite, même très extrême, qui la remettent en question. La position officielle de l’archevêque de Paris, le primat des Gaules, les grands leaders qui ont toujours eu un discours sans ambiguïté tiennent aujourd’hui des discours tout aussi sans ambiguïté qui ne sont plus en conflit avec la laïcité, et même avec la franc-maçonnerie.

Avez-vous l’impression que la France évolue vers le multireligieux ?
La France, c’est vague. Aujourd’hui, il y a un nouveau fait religieux qui est l’islam. Il y a plusieurs millions de citoyens français qui, de plein droit, suivent la religion musulmane. Personne ne peut le nier. Ce qui est important, c’est qu’ils soient des Républicains. Ils le sont dans leur grande majorité. Et la République considère qu’ils sont des citoyens français de plein droit, sans la moindre ambiguïté.

La franc-maçonnerie en France prend position officiellement sur les questions de droit de l’homme et de liberté, mais ce n’est pas le cas pour les associations en dehors de la France. Est-ce que vous encouragez les francs-maзons mauriciens à prendre position sur ces questions à Maurice ?
On ne prend pas position politiquement. Jamais sauf contre l’extrême-droite, le totalitarisme, la xénophobie, ce qui se trouve dans nos règlements généraux. Il est inconcevable que nous prenions des positions partisanes puisque nous avons parmi nos membres des gens de toutes les tendances politiques, au nom de leur liberté de conscience, donc également politique. La franc-maçonnerie n’est pas un parti politique. C’est, en revanche, un rempart républicain par rapport aux grands principes, l’idée maçonnique étant indissociable de l’idée républicaine.

Au-delà de cela, les grands principes républicains peuvent s’appliquer partout parce qu’ils sont universels. Liberté, égalité, fraternité sont la devise républicaine, et celle du Grand Orient. Ce sont des principes universels. Nous faisons un effort considérable pour garder notre indépendance par rapport aux partis politiques. Nous considérons que nous sommes plus forts lorsque nous sommes libres.

Est-ce que les loges locales ont la liberté nécessaire pour prendre position au nom de la franc-maçonnerie contre des infractions aux droits de l’homme ?
Non. Dans notre règlement, seul le Conseil de l’ordre et le Grand Maître sont habilités à prendre position officiellement. Elles peuvent nous signaler des manquements graves à certains principes et nous pouvons donner la permission d’intervenir. Ils peuvent certainement le faire en tant que citoyens de leur pays. Le franc-maçon, en tant que citoyen de son pays, peut s’engager dans d’autres associations, des syndicats, des partis, etc. C’est en dehors du cadre maçonnique. La parole publique du GODF est très sérieuse parce que c’est une obédience qui a trois siècles d’existence. Il faut est très vigilant.

Le GODF a aussi pris des positions très fortes en condamnant, entre autres, le transfert de la capitale israélienne à Jérusalem. Avez-vous pris position par rapport à la guerre russo-ukrainienne ?
Dès le début du conflit, nous avons publié un communiqué interobédiences. Nous avons une action très importante de solidarité avec le peuple ukrainien, avec un soutien financier aux réfugiés.

Quel message souhaiteriez-vous transmettre aux Mauriciens durant votre passage ?
Nous voulons décrire la réalité, montrer ce que nous sommes, pourquoi nous travaillons, en quoi nous sommes différents d’un think tank. Nous voulons montrer en quoi la franc-maçonnerie est une valeur ajoutée, pourquoi elle existe. On ne peut pas être franc-maçon sans participer dans le combat humaniste. Les adversaires de ce combat et de la liberté de conscience sont très actifs. L’histoire le montre. La grande différence entre eux et nous est qu’ils sont dans une lutte de pouvoir. Les francs-maçons ne sont pas dans une lutte de pouvoir. Contrairement aux mensonges qui sont répandus sur elle, la franc-maçonnerie n’a jamais voulu le pouvoir temporel. C’est le pouvoir des idées qui compte.

Un monument maçonnique est installé à Gilbués

De notre confrère brésilien portalr10.com – Par : Lucinaldo P. Silva

Quiconque passe par la BR-135 dans la ville de Gilbués, pourra voir un monument maçonnique composé d’une équerre et d’un compas qui a été installé sur une place publique au bord de la BR-135 devant la rue qui donne accès au Temple de la Loge Maçonnique. Le monument de marbre a été inauguré samedi dernier (25/06).

Le monument est un hommage des francs-maçons de la Loja União e Justiça de Gilbués à tous les francs-maçons et à la famille maçonnique universelle ainsi qu’aux adeptes de la franc-maçonnerie.

La cérémonie de dévoilement de la plaque d’inauguration a été suivie par les autorités religieuses et civiles locales et d’autres villes, représentant le maire de Gilbués, la  première dame Antônia Nayana R. Carvalho, le maire de Monte Alegre Dijalma Mascarena également assisté à l’événement, accompagné de la Première Dame Claudiane Matos.

L’événement a eu lieu tôt le matin où le rite inaugural du monument a été effectué; à l’occasion, le  révérend père José Valdo de la Paróquia Divina Pastora a tissé des mots de soutien à la franc-maçonnerie et aux francs-maçons  et a béni tout le monde en ce moment, quelques mots ont été également dits par les frères Maçons se terminant par le discours de remerciement du Vénérable Maître de la Loge M. Osvaldo Cardoso de Lara.

Après le dévoilement de la plaque, un petit-déjeuner a été offert par les membres de l’AFFUJ (Associação Fraterna Feminina União e Justiça) dans l’annexe de la Loja União e Justiça Nº 21 de Gilbués-Piauí.

Associação Fraterna Feminina União e Justiça

Les Francs-maçons et l’Église catholique sont-ils ennemis ? Il semblerait que non !

De notre confrère bulgare dw.com

Environ 2 millions de catholiques sont membres de loges maçonniques. Cependant, on dit qu’on ne peut pas être à la fois catholique et franc-maçon. Un certain nombre d’éminents francs-maçons se sont battus contre la forte influence de l’Église catholique romaine sur la politique.

« Lodge and Altar » – c’est le titre du livre du pasteur autrichien, ancien diplomate et fonctionnaire du Vatican Michael Heinrich Wenninger. L’auteur de 68 ans défend la thèse selon laquelle une personne peut être à la fois catholique et franc-maçon. Au cours de ses nombreux voyages à travers le monde, il a souvent rencontré des francs-maçons qui craignaient que l’Église catholique ne les excommunie. La raison : depuis la bulle papale « In eminenti » de 1738, les papes ont émis 20 interprétations plus contraignantes qui condamnent les francs-maçons comme confrérie secrète, hérétiques et ennemis de la foi.Mais la médaille a un revers : un certain nombre d’influents Les francs-maçons se sont obstinément opposés à l’influence de l’Église catholique sur la politique, la société et l’éducation.

Les différents types de loges maçonniques

L’auteur du livre précise qu’il existe différents types de francs-maçons. Dans son travail, il s’est principalement concentré sur les loges maçonniques traditionnelles sous les auspices de la Grande Loge d’Angleterre. L’Église catholique a longtemps échoué à faire la distinction entre ces loges maçonniques traditionnelles et un certain nombre d’autres courants de la franc-maçonnerie qui sont parfois sectaires ou anticléricaux, a expliqué Weninger. Et il explique que dans le monde, environ deux millions de catholiques sont membres de loges maçonniques traditionnelles.

Dans les années 1970, après des entretiens entre l’archevêque de Vienne, Franz Koenig, et des francs-maçons d’Autriche, d’Allemagne et de Suisse, une déclaration commune a été rédigée, qui stipulait que la franc-maçonnerie n’était pas une religion et était même née avec l’Église catholique dans sa croyance. de fraternité et d’amour entre les peuples. De cette manière, les malédictions ecclésiastiques contre les francs-maçons ne devraient rester que dans l’histoire. Grâce aux efforts du cardinal Koenig, en 1983, la condamnation des francs-maçons a également été supprimée du droit de l’Église.

Réconciliation officielle ?

Néanmoins, l’organisme ecclésiastique responsable de la lutte contre les hérésies à la Curie romaine a publié la même année une déclaration selon laquelle l’évaluation des francs-maçons restait « inchangée », c’est-à-dire qu’ils pourraient être excommuniés de l’église à l’avenir. , la décision prend sous la direction du Préfet Cardinal Ratzinger – le futur Pape Benoît XVI. Cette déclaration n’a aucune force contraignante, mais elle a un poids théologique sérieux. Maintenant en tant que Pape, Ratzinger/Benoît XVI lui-même a rencontré à plusieurs reprises les Grands Maîtres des Loges Maçonniques , ce qui confirme indirectement , que la déclaration de 1983 a été oubliée.

L’auteur du livre estime que du point de vue du droit ecclésiastique catholique, le problème est déjà résolu : le pape François a personnellement accepté le livre « Loge et autel » qui lui a été remis. Il suffisait d’une réconciliation officielle entre les catholiques l’Église et les francs-maçons, ce qui pourrait se faire lors d’une réunion officielle entre le pape et ses préfets et les grands maîtres des loges maçonniques.

Maçons et catholiques restent-ils ennemis ?

Le problème n’a pas été résolu du tout, l’ancien publiciste franc-maçon et actuel catholique Burkhard Gorissen lui a reproché dans les médias. Il dit que « les vérités désagréables ne doivent pas être balayées sous le tapis, y compris le fait qu’au cours des derniers siècles, la franc-maçonnerie a été officiellement déclarée ennemie par l’Église catholique. » Gorissen estime que les deux restent incompatibles à ce jour. , il explique également :

« Si Wenninger prétend vraiment que les rituels dans les soi-disant » loges traditionnelles « ne sont pas religieux ou semi-religieux, qu’il précise à quels rituels il a participé ou au moins étudié. L’acte même d’être admis dans la loge porte des marques claires d’initiation. Le maître place un compas sur la poitrine du candidat et par trois coups de marteau sur la règle annonce : « Dans une humilité effrayante devant le Grand Maître. Au nom de la Grande Loge des Anciens et des Nouveaux Maçons. dignité de Maître, je vous approuve et vous accepte. »

« Laïcité et Féminisme » par la commission Droits de l’Homme et Laïcité du DROIT HUMAIN

Le féminisme peut-il triompher sans laïcité ? Quels sont les rapports entre féminisme et laïcité depuis les années 1980 ? Comprendre ce qu’est l’universel….

Telles sont les questions abordées par la commission Droits de l’Homme et Laïcité de la Fédération française du DROIT HUMAIN dans cette nouvelle fiche de synthèse disponible via ce lien.

INTRODUCTION….

Le lien entre féminisme et laïcité n’est pas évident, il peut même paraître disjoint. Pourtant, nombre de religions imposent une idéologie patriarcale à leurs fidèles. On ne saurait néanmoins ignorer qu’à travers l’histoire, des mouvements féministes confessionnels ont existé y compris dans les trois religions dites du livre.

Ainsi, plusieurs des fondatrices du DROIT HUMAIN furent proches des féministes protestantes Sarah Monod et Julie Siegfried au « Conseil National des Femmes Françaises », fondé en 1901 et dirigé par Sarah Monod, mais avec pour vice-présidente notre sœur Marie Bonnevial. Participaient également à la fondation du CNFF nos sœurs Louisa Wiggishoff et Maria Pognon. Également du côté protestant, le mouvement « Jeune
Femme » créé en 1946, qui soutiendra activement le mouvement « Maternité heureuse » qui lui-même sera à l’origine du Planning Familial.

Du côté catholique, on peut citer « l’Union Nationale pour le Vote des Femmes », dirigé par Edmée Frisch de Fels, ou plus récemment le « Comité de la jupe » avec Anne Soupa et Christine Pedotti. Ce comité, faut-il le rappeler, est né à la suite des propos de l’Archevêque de Paris, André Vingt-Trois dans l’émission de radio «Face aux chrétiens » diffusée sur radio Notre-Dame et RCF le 6 novembre 2008 où, en réponse à une question sur la possibilité d’ordonner les femmes à la prêtrise, l’Archevêque avait répondu « il ne suffit pas de porter
une jupe, encore faut-il en avoir dans la tête ».
Depuis une vingtaine d’année, un mouvement appelé « Théologie féministe » est né au sein des religions du livre critiquant les traditions, pratiques, écritures et théologies de ces religions dans une perspective féministe. Cette théologie féministe vise à étudier, dans une perspective théologique, historique et scientifique, le rôle des femmes dans les textes des religions et au sein de leur milieu religieux d’origine. Elle favorise également une réinterprétation du rôle des femmes qui peut être véhiculé dans l’imagerie et les propos religieux à dominante patriarcale.

On le voit donc, la relation entre féminisme et laïcité est complexe. Si la laïcité est le terreau du féminisme, elle ne saurait garantir en elle-même l’égalité femmes-hommes comme le montre un rapport sénatorial.

Pour cela, nous allons rappeler dans un premier temps ce que sont la laïcité et le féminisme et les rapports qu’ils entretiennent. Puis nous nous intéresserons aux rapports qu’entretiennent féminisme et laïcité depuis les années 1980.

Suite du texte à découvrir via ce lien

Connaissez-vous réellement le sens des 3 Points ∴ ?

Ce signe existait bien avant l’avènement de la Franc-maçonnerie.

En typographie, par conséquent « ∴ » est un symbole, couramment employé en mathématique dans les îles Britanniques et en d’autres endroits, se composant de trois points placés en triangle pointant vers le haut, forme sténographique de « donc ». C’est le caractère U+2234 d’Unicode : « ∴ ». D’autres symboles typographiques sont couramment utilisés pour représenter cette notion ou d’autres notions proches comme celle d’implication logique : →, ⇒, ⊃, ⊢, ⊨… En particulier, ∴ et ⊢ représentent la conséquence syntactique (strictement formelle) tandis que ⊨ représente la conséquence sémantique (qui dépend de la signification des termes de la proposition).

Un peu d’histoire

Ce signe a été utilisé en premier par le mathématicien suisse Johann Rahn en 1659, dans l’édition originale allemande de son Teutsche Algebra

En franc-maçonnerie

Dans la tradition maçonnique, ce symbole est utilisé à la place du simple point pour signaler une abréviation ; par exemple G∴ O∴ D∴ F∴ pour Grand Orient de France

Origine des Trois Points

Thierry Sabot dans le site histoire-genealogie.com rapporte l’histoire de ces 3 points.

Dès le début du XVIIe siècle, on voit apparaître d’étranges signes qui accompagnent les paraphes des actes d’état civil ou des actes notariés. Ils se présentent sous la forme de deux traits parallèles, avec ou sans point, ou un trait encadré de points.

Puis, à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, on trouve plus régulièrement des signatures ponctuées de trois points alignés entre deux traits, qui se développent de façon presque abusive à la période révolutionnaire et sous l’Empire.

Enfin, dans la seconde moitié du XIXe siècle, de nombreux individus, souvent des notables locaux, s’attribuent une telle signature, sans doute par un effet de mode ou de mimétisme.

Beaucoup de personnes y voient une appartenance à la franc-maçonnerie, mais pour l’historien Maurice Agulhon (Pénitents et Francs-Maçons, Fayard, 1968), «  c’est peu probable ; la mode des trois points était trop répandue et banalisée à la fin de l’Ancien Régime  », bien avant le développement des loges. La triponctuation des signatures n’est donc pas spécifiquement maçonnique, d’autant que le premier document maçonnique triponctué date de 1764.

Pour les auteurs du Dictionnaire de la franc-maçonnerie (PUF 2004), l’origine de ce signe ne peut se trouver «  ni dans la Compagnie du Saint Sacrement, ni chez les Rose-Croix, ni dans les sociétés de bâtisseurs. L’attention doit être attirée vers les congrégations, le plus souvent créées et animées par les Jésuites, au moment de la Contre-Réforme, et particulièrement des congrégations mariales  ». Dans ces communautés religieuses, les deux traits symbolisent les deux colonnes, c’est-à-dire l’Ancien et le Nouveau Testament, et les trois points représentent la Sainte Trinité, alors que pour les francs-maçons ils signifient le passé, le présent et l’avenir.

En conclusion, pour s’assurer qu’une signature triponctuée appartient bien à un franc-maçon, la seule solution consiste à rechercher la preuve du rattachement de l’individu à une loge située près de son domicile ou dans les villes avoisinantes.

Source : d’après le Théma 3Les signatures de nos ancêtres ou l’apprentissage d’un geste, éditions Thisa, 2012.

Le Nouvel Obs du 24 janvier 2017 posait la question :

« Où sont passés les trois points de la signature de Sarkozy ? »

Que Nicolas Sarkozy farcisse sa signature de pattes de mouche n’a rien de très intrigant en soi. En revanche, que trois points en forme de pyramide, dans la signature présidentielle, disparaissent mystérieusement sur une photocopie d’une de ses lettres a de quoi laisser perplexe. Une riveraine nous a alerté sur cette disparition, nous obligeant à un examen… … …pointilleux.

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La première signature, ci-dessous, est celle qui orne une lettre que Nicolas Sarkozy a adressée au Bâtonnier de l’ordre des avocats à la Cour de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel, telle qu’elle a été reproduite dans la gazette « le bulletin du barreau de Paris ». (Il s’agit d’une lettre en réponse aux inquiétudes des avocats quant à un projet d’ordonnance relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux).

La seconde signature, ci-dessous, est tirée de la même lettre, telle qu’elle a été reproduite et affichée en grand sur les murs du Palais de Justice. Voici la signature qui y figure :

Eh oui, les trois points ont disparu ! Trois points en forme de triangle équilatéral : la marque caractéristique des signatures maçonniques ? « Ajouter trois points à sa signature, c’est un signe qui s’utilise d’un maçon à un autre. En général, on le met à la fin de la signature », explique un « frère », magistrat. Selon lui, la signature sarkozienne est donc « troublante ».

Bon, personnellement, je n’y crois pas une seconde. Dans ces points, je vois le « i » et le « c » de Nicolas, rien de plus (c’est plus clair ici, par exemple). Je n’imagine pas trop un président de la République, quel qu’il soit, faire des clins d’oeil maçonniques aussi évidents à ses interlocuteurs. Et je serais en outre très surpris que Sarkozy soit maçon : ses propos, à Rome, sur la morale et la transmission des valeurs (« l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ») ou sur la « laïcité positive » ne sont pas précisément ceux d’un « frère ».

En revanche, ce qui est intrigant, c’est l’altération de la signature d’un document à l’autre. A quelle fin ? Nous avons posé la question à Me Christian Charrière Bournazel, il s’est montré surpris par notre coup de fil : « Cette histoire de trois points ne m’évoque rien. J’ai l’original de la lettre, je n’ai rien touché, alors faites attention à ce que vous écrivez. »

D’accord, promis, on fera attention.

Avant de nous quitter, nous vous invitons à prolonger cette étude avec l’excellent article de Solange Sudarskis « 3 points et puis c’est tout » (cliquez ici)

Les excellentissimes hors-séries de l’été !

En ce début de vacances maçonniques, deux magazines nous invitent à la lecture de leurs hors-séries.

Tout d’abord FM magazine aves son HS N° 8 intitulé « Les langages secrets de la franc-maçonnerie » et Les grandes Énigmes de l’Histoire, HS spécial N° 1 portant sur « 25 Questions Réponses – Tout savoir sur les Francs-Maçons ».

Le magazine d’information bimestriel Franc-Maçonnerie magazine nous offre la table des matières suivante :

La peau dans l’initiation, par Sylvie Monpoint

Pierre Mollier

Rites cachés, au plus près de la vérité ? Par Pierre Mollier

Le cosmos dans la loge, par Marie-Dominique Massoni

L’hermétisme aux sources de la science moderne, par Jean Iozia

Cécile Révauger

Du Grand Géomètre à l’esprit de Géométrie, par Cécile Révauger

La langue secrète du corps soufi, par Thierry Zarcone

Les runes : des symboles magiques, par Francis Moray

Voyage initiatique avec les peintres des Pays-Bas, par Thomas Grison

Une sagesse du rituel, par Jérôme Minski

Je ne sais ni lire, ni écrire : les rébus, par Laurent Ségalini

Livre de pierre et demeure philosophale, par Thomas Grison

FM magazine aves son HS N° 8, Juillet-Août 2022, 96 pages, 7,90 € disponible sur https://www.fm-mag.fr/magazine-hors-serie-ndeg8-langages-secrets

Quant aux grandes Énigmes de l’Histoire, trimestriel traitant des sujets d’Histoire et d’ésotérisme – mystères, sociétés secrètes, religions, personnages mystérieux – voici ce qu’il nous propose.

La présentation de l’éditeur :

En réalité l’éditorial de Philippe Ilial, rédacteur en chef :

Philippe Ilial, rédacteur en chef

À l’instar des cultes à mystères de l’Antiquité tel le mithraïsme ou les Mystères d’Eleusis par exemple, la Franc-maçonnerie est un chemin initiatique qui propose une progression.

Le Franc-maçon, au fil du temps et des épreuves, accède progressivement à des degrés de connaissances supérieurs. Seuls son travail et son assiduité peuvent lui permettre d’atteindre le grade supérieur où de nouvelles connaissances lui seront révélées. La Maçonnerie spéculative est aussi influencée par la « Gnose ». Celle-ci peut se définir comme « la connaissance des mystères divins réservée à une élite » ; en effet, l’objectif de la gnose était l’accès au mystère divin par l’intermédiaire d’une profonde réflexion sur soi : une introspection. La Maçonnerie, en tant que société dite « traditionnelle » semble donc être l’héritière de ces principes. Afin de stimuler cette introspection, les Maçons spéculatifs utilisent lors de leur réunion des rituels, dont l’objectif premier consiste à se couper de l’extérieur profane. La pratique du rituel maçonnique paraît donc être le garant d’un travail sur soi de qualité. Ces rituels sont nombreux ; écossais, français, égyptiens, d’York…, ils ont néanmoins le même objectif, tendre vers une forme de perfection spirituelle. Pour autant la Franc-maçonnerie demeure un système pluriel qui subit les influences du siècle dans lequel elle évolue. Le présent ouvrage propose une succession de réponses aux nombreuses questions que se posent les lecteurs intéressés ; nous avons donné la parole à de nombreux spécialistes reconnus ainsi qu’à quelques passionnés, ceci afin de tendre vers un maximum d’exhaustivité…

Le sommaire :

Introduction

Qui étaient les Frères à Talents et autres musiciens francs-maçons ?

Qu’est-ce que la Fraternité dans la Franc-maçonnerie des Lumières ?

La Franc-maçonnerie a-t-elle eu une influence durant la Révolution française ?

Les rites et rituels en franc-maçonnerie sont-ils un archétype social universel ?

Les bâtisseurs de cathédrales sont-ils à l’origine de la franc-maçonnerie ?

Hiram est-il un personnage fondateur de la franc-maçonnerie ?

Quel est le rôle de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle ?

Comment l’islam était perçu par la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle ?

Que sont les agapes ?

 À quoi sert cabinet de réflexion ?

Quelle est la place de la Philanthropie dans la démarche maçonnique ?

Que sont les Constitutions d’Anderson ?

Il y a-t-il des points communs entre le judaïsme et la franc-maçonnerie ?

Que sont les canulars de Léo Taxil et autre littérature antimaçonnique ?

Quelle est la fonction des symboles en franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie est-elle une Gnose ?

Quel fût le rôle de la franc-maçonnerie dans L’affaire Dreyfus ?

Les Francs-maçons sont-ils des héritiers des Templiers ?

Quelles sont les raisons de l’antimaçonnisme ?

Pourquoi les Francs– maçons portent-ils un Tablier ?

Que signifie « toucher son salaire » ?

Que signifie la fraternité maçonnique ?

Pourquoi les francs-maçons utilisent-ils une signature maçonnique ?

Quel est le symbolisme de la tour de Babel ?

Qu’est-ce qu’une Mère loge ?

Nous notons la contribution de Pierre-Yves Beaurepaire, professeur d’Histoire moderne à l’Université Côte d’Azur, qui signe les articles « Qu’est-ce que la fraternité dans la Franc-maçonnerie des Lumières ? », « Que sont les agapes ? », « Quelle est la place de la philanthropie dans la démarche maçonnique ? », « Que sont les Constitutions d’Anderson ? » et « Pourquoi les Francs-maçons portent-ils un tablier ? »

25 questions-réponses – Pour tout savoir sur les Francs-Maçons (Les grandes Énigmes de l’Histoire HSS n°1, 162 pages, 12,90 €)

Disponible sur https://bit.ly/3P3KDmW

450.fm souhaite à nos TTCCSS & TTCCFF ainsi qu’à tous nos ami(ies) profanes, une bonne lecture !

Araraquarense Jorge Haddad prend ses fonctions de nouveau Grand Maître du GLESP à São Paulo

De notre confrère brésilien rciararaquara.com.br

L’homme d’affaires DuraLeve d’Araraquara a été élu avec près de 70% des voix des quelque 23 000 francs-maçons de plus de 800 loges qui composent le GLESP, considéré comme la plus grande puissance maçonnique d’Amérique latine. La cérémonie a eu lieu ce vendredi au Teatro Tiradentes de São Paulo.

Le Teatro Liberdade, pouvant accueillir 900 personnes assises, est devenu trop petit pour l’inauguration du nouveau Grand Maître de la Grande Loge Maçonnique de l’État de São Paulo (GLESP). Jorge Anysio Haddad, d’Araraquara, a été élu avec près de 70% des voix des quelque 23 000 francs-maçons de plus de 800 loges qui composent le GLESP, considéré comme la plus grande puissance maçonnique d’Amérique latine.

Des Grands Maîtres des pouvoirs maçonniques de plusieurs états brésiliens étaient présents, en plus du Grand Maître de la Grande Loge du Paraguay, José Miguel Fernandez Zacur. Même avec la crainte du retour de la pandémie de coronavirus, il n’y avait pas de siège vide dans le public, mais les protocoles établis par la Santé publique ont été respectés. Juste à l’entrée du théâtre, il y avait un appareil pour mesurer la température des personnes présentes et du gel hydroalcoolique à disposition de tous.

Lors d’une cérémonie fermée et réservée aux francs-maçons, le nouveau Grand Maître a pris ses fonctions solennellement au Teatro Liberdade, à São Paulo

Le nouveau Grand Maître a pris ses fonctions la veille de la célébration du 95e anniversaire du GLESP. C’est le 2 juillet 1927, dans le temple de Loja Amizade, Rua Tabatinguera, à São Paulo, qu’a lieu la fondation du pouvoir qui se sépare de la Grande Oriente do Brasil (GOB), Carlos Reis étant désigné en tant que premier Grand Maître.

Au milieu de l’auditorium du théâtre se trouvait discrètement le marchand Antônio Deliza Neto. Assis à côté de lui se trouvait le professeur Cezar Câmara, qui observait, chez son voisin de fauteuil, une certaine émotion à chaque fois que le nom du nouveau Grand Maître, Jorge Anýsio Haddad, était prononcé. Au milieu du discours de Haddad est venue la révélation : c’était son parrain pour avoir rejoint la franc-maçonnerie en 1993.

L’investiture du nouveau Grand Maître est devenue un moment d’émotion pour Antônio Deliza Neto, car Jorge Anysio Haddad était son filleul dans la franc-maçonnerie. Il a rejoint la Loja Caridade e Justiça en 1993 et ​​a ensuite été le fondateur de la Loja Justiça e Tolerância

Deliza Neto a déclaré au téléphone qu’au cours de ses 34 années de franc-maçonnerie, il n’avait nommé que quatre personnes pour rejoindre l’ordre. Et Jorge Haddad était l’un d’entre eux. « Je connais Jorge depuis de nombreuses années. Nous étions amis d’enfance. Nous avons étudié ensemble au collège », a-t-il déclaré. « Et j’ai vu en lui tout le profil d’un franc-maçon quand j’ai décidé de le nommer à notre ordre. Et je suis très heureux et excité parce que c’est comme si l’un de nos enfants sortait de l’université.

95 ANS DE GLSP

De 1927 à 1950, pendant 23 ans GLESP fut sous la direction de la famille Reis. Carlos Reis a passé le poste, en 1931, à son frère charnel Benjamim Reis, qui a eu deux mandats qui ont duré 15 ans. En 1937, avec la création de l’Estado Novo avec Getúlio Vargas au pouvoir, le GLESP interrompt ses activités pendant deux ans car les loges maçonniques sont empêchées de fonctionner par le gouvernement. Sous le règne des Rois, le siège de la Grande Loge, pour diverses raisons, changea trois fois d’adresse.

Francisco Rorato, qui eut plus tard sa fille Yeda Rorato Crusius comme gouverneur du Rio Grande do Sul, fut le cinquième Grand Maître de l’institution. C’est sous son administration que fut acquis le terrain de la Rua São Joaquim, dans le quartier de Liberdade, et que commencèrent les travaux de construction du somptueux Palais maçonnique, achevé en 1959, qui porte aujourd’hui son nom.

Jorge Anysio Haddad (à droite), après avoir prêté serment en tant que Grand Maître du GLESP, aux côtés du Grand Maître Fernando Fernandes, de Grande Oriente Paulista (GOP)

Depuis le début, la franc-maçonnerie brésilienne a toujours eu une participation active aux chapitres importants de l’histoire nationale, tels que le processus d’indépendance, l’abolition des esclaves et la proclamation de la République. Tout au long de son existence, la franc-maçonnerie et ses membres ont exercé une influence sur les faits et les mouvements historiques, lorsqu’ils en ont subi les conséquences. Le médecin maçon et journaliste Libero Badaró, par exemple, a été sauvagement assassiné pour avoir dénoncé sous le premier empire les maux et les dépenses exorbitantes lors d’émeutes avec l’argent public.

 JORGE HADDAD

Jorge Anysio Haddad vit à Araraquara, la ville où il est né et où il a vécu son enfance et sa jeunesse. Il a été initié à la franc-maçonnerie en 1993 par le marchand Antônio Deliza Neto, président du Sincomercio (Sindicato do Comércio Varejista). Haddad n’est pas le premier Grand Maître venu de l’intérieur de São Paulo. Dans les années 1980, Mário Proietti, ancien résident de Potirendaba, devient également Grand Maître.

En juin 1980, le comptable Mário Proietti est devenu le Grand Maître du GLESP. Né à Santa Albertina, mais encore enfant, sa famille a déménagé à Potirendaba où il a commencé sa carrière professionnelle comme assistant en pharmacie, devenant plus tard praticien de la profession. À l’âge de 20 ans, il débarque à São Paulo, où il se marie, a des enfants et commence à travailler comme comptable dans plusieurs entreprises. Proietti a rejoint la franc-maçonnerie en 1951 au Perfect Friendship Lodge, où il a été vénérable trois fois et est resté un visiteur actif et fréquent jusqu’à sa mort en 2014, à l’âge de 96 ans. (Folha do Povo)

Jorge Anysio Haddad a déclaré que s’il réussit bien dans le poste, le GLESP fera également bien et a demandé la collaboration de tous les francs-maçons

La spiritualité maçonnique (Episode 3/3) : Les réalités existentielles

Il convient de rendre au mot « spiritualité » …sa liberté d’expression, trop longtemps confisquée par les cultes ! De leur côté, les règles spirituelles sont à considérer, nous l’avons dit, avec ou sans Dieu. Avec ou sans religion. Il en est de même pour la spiritualité maçonnique, déiste ou laïque, selon les options. N’omettons pas ici les réalités existentielles. Pour leur part, elles évoquent la réalité vécue, le « quotidien » individuel avec son lot de joies certes, mais aussi de tourments divers, personnels, familiaux, professionnels, de problèmes financiers, auxquels s’ajoutent maladies et deuils des êtres chers, qu’il faut assumer. Autant d’épreuves qui demandent amour, volonté, courage. Et qui nous renvoient à notre propre condition en marche, vieillissement puis finitude !

En ce sens, il est intéressant de ne jamais perdre de vue les motivations, les espoirs, qui animent le citoyen, la citoyenne qui viennent frapper à la porte du temple maçonnique ! Le premier mobile, nous le savons, est, avec la curiosité, le principe de plaisir. Il faut, en tout investissement, des joies annoncées ou imaginées, des surprises, des enthousiasmes. Pour mieux être !

C’est à remarquer : La franc-maçonnerie est une des rares sociétés initiatiques occidentales qui, précisément – comme la philosophie – propose devant la part négative de ce constat, non seulement une « aide à vivre », mais ose aussi aborder cette mort qui nous guette et invite à nous y préparer. Vaincre la mort, ou plutôt « l’idée de la mort », c’est de fait, adoucir cette certitude et glorifier la vie. Pour la vivre pleinement, telle une éternité, ici et maintenant ! Afin d’évacuer la peur précitée.

Malgré notre destin, pétris de désirs – donc de curiosité, d’un besoin d’étonnements et de découvertes – nous avons envie de positiver « l’humain ». En quelque sorte, par notre « vouloir vivre » de le rendre immortel ! Avec des rencontres joyeuses, à la fois « énergisantes », enrichissantes et rassurantes ! Avec des acquisitions nouvelles transposables dans la cité. Pour partager en groupe les effets bénéfiques de la trilogie républicaine précitée, trois valeurs existentielles, s’il en est ! Pour trouver du sens à cette vie, à la fois mystérieuse et si précieuse. C’est cette quête de signification, de raison d’être, qui nous fait aller de l’avant. Et plus loin, dans le cadre même de la devise républicaine !

En toute Liberté, et précisément dans le cadre de la liberté d’association (Loi 1901) qui permet à l’initié(e) de participer, dans la ou les organisations maçonniques de son choix, séparément ou en même temps, à la construction de la société idéale.

En toute Egalité, avec une échelle des degrés synonyme d’équité, donc accessible à tous les initié (e).

En toute Fraternité, dans le respect de la mixité, donc de la sororité qui s’ajoute à la devise républicaine.

Avec la trilogie républicaine, nous venons de considérer trois types de valeurs, morales, spirituelles, existentielles, au sens même de cette « vie de l’esprit » qui constitue la spiritualité, dans notre cadre maçonnique. Nous ne pouvons faire l’économie de l’appréhender avec l’optique de la philosophie, celle-ci étant elle-même une spiritualité laïque, en ce qu’elle aborde la « vie bonne » sans passer par Dieu et la foi.

C’était sans doute à prévoir : L’inféodation totale de l’Homme au divin depuis Abraham, David puis Salomon et ses suivants, au fil de l’écriture de la Bible a fini en son temps par soulever une opposition intellectuelle. Précisément, il y a 2500 ans, lorsque la cité démocratique grecque vient concurrencer la cité sacrée (Athènes contre Jérusalem). S’affrontent ainsi hommes de raison et gens de foi. Et nait dans l’antiquité judéo-grecque un débat théologique complexe, toujours pas clos aujourd’hui : celui du libre arbitre et de la grâce divine.

Un combat en vérité ! Il oppose aujourd’hui les Créationnistes aux Darwinistes. Dans l’antiquité grecque ce sont les Stoïques (ou Stoïciens) qui « ouvrent le feu » en déclarant que le divin, c’est l’univers constitué (le Cosmos) et non un Etre suprême. Une thèse que « revisitera » plus tard Baruch Spinoza pour qui Dieu, nous l’avons vu, c’est la Nature.

Quand Athènes et Rome se rejoignent : Pour leur part, lesdits Stoïques, à savoir Sénèque, Epictète et Marc-Aurèle, proposent un monde pensé sans Dieu, à l’opposé de celui du Christianisme débutant, promu par Paul de Tarse. Il s’agit donc de penser, réfléchir, spéculer, oui, mais sans le concours d’une transcendance. Et de parvenir ainsi à la vie bonne, à la sagesse, laquelle accepte la finitude humaine avec le concours lucide de la seule et unique raison. Ainsi naît la « spiritualité sécularisée », c’est à dire profane. D’une spiritualité, une autre. C’est bien cette spiritualité « a-divine » qui revit avec les Lumières précitées pour progresser et s’écarter de l’emprise religieuse. Et c’est bien ce même concept que plusieurs philosophes contemporains ont repris au XXème siècle : Vladimir Jankélévitch, Luc Ferry et André Comte-Sponville, entre autres, sous ce nom de « spiritualité laïque » pour marquer leur distance des Eglises.

Spiritualité laïque. Avec cette expression, ces penseurs contemporains désignent « une vie de l’esprit non conditionnée », une réflexion individuelle libre, devant nos problèmes existentiels. Abordable selon ces penseurs, par nos propres moyens – dont la volonté – sans concours divin. A savoir face au déroulement même de ces « choses de la vie » abordées plus haut qui nous façonnent et se répètent : l’Amour, l’éducation, le travail, la maladie, la souffrance, l’ennui, la solitude, les joies, les peines, l’amitié, le bonheur, la séparation, le vieillissement, la mort, le deuil…

Autant de circonstances, d’états d’âme, d’expressions de l’humain, au fil des jours qui interrogent, agressent ou gratifient notre psychisme. Autant de faits à accepter, de « matière à penser », pour la philosophie, mais aussi pour la franc-maçonnerie. Laquelle, par porosité, a emprunté « à sa mère » cette spiritualité laïque, également porteuse de sens. Les thèmes essentiels de réflexion viennent souvent du quotidien ! Une distinction à opérer : Philosopher ne signifie pas s’isoler dans les hautes sphères de la cogitation. Maçonner ne veut pas dire s’observer de l’intérieur et s ‘y retrancher. Il y a une différence entre intellectualiser et penser. La loge n’est pas un sous-marin ! Il existe bien un « philosophie réaliste » comme il existe une « maçonnerie pratique ».

Nous le répétons, la vie est une suite d’épreuves initiatiques, donc nouvelles : l’Homme a besoin d’inattendu. Comme il peut éprouver à la fois un désir d’éthique (discipline personnelle à différencier de la morale, ensemble des règles de conduite collective) et de métaphysique. Les deux sont à même de produire pratiquement une façon d’être, de penser et de faire :

Progression de soi, considération d’autrui, sentiment de « faire partie » d’un tout, conscience du sacré, découvertes, sens de l’esthétique, art de la contemplation, amour de la vérité, contrôle des passions, introspection, apaisement de l’âme, acceptation du destin, etc.

Contact. Le philosophe et le franc-maçon se retrouvent ici sur ce mode de vie tout à fait identique pour « partager une sagesse » en société. Sans prétendre devenir un sage pour autant ! Il est bon de le redire : Pas question pour nous de changer notre personnalité. Pas question donc de « tuer notre ego » – une ineptie trop souvent entendue ! – mais de le maîtriser. Et d’ouvrir les yeux ! Pour mieux voir le monde. Pour mieux l’interpréter. Puis, si possible, le transformer, même modestement, quand il y a lieu ! Pour bien y vivre, avec soi-même et nos semblables. C’est la visée de toute spiritualité affranchie, en mouvement.

« La pensée, c’est l’esprit debout » dit Victor Hugo.

(Extrait du livre : Une traversée de l’Art Royal – Gilbert Garibal – Editions Numérilivre)

Épisode 1 : https://450.fm/2022/07/04/la-spiritualite-maconnique-episode-1-3/
Épisode 2 : https://450.fm/2022/07/05/la-spiritualite-maconnique-episode-2-3-les-regles-morales/
Épisode 3 : https://450.fm/2022/07/06/la-spiritualite-maconnique-episode-3-3-les-realites-existentielles/

Le mot du mois : GENTILLESSE

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Les enfants, soyez gentils, voyons ! Traduction simultanée : « ne maltraitez pas ce pauvre animal, ne vous acharnez pas sur votre souffre-douleur ! »

Qui imaginerait que, derrière le mot gentil, se tapit l’un des sémantismes les plus riches, signifiants et parfois déconcertants de la langue ? Sans doute parce qu’il désigne d’abord tout ce qui a trait à la naissance. Donc à la chose la plus élémentaire, ce qui concerne chaque individu quel qu’il soit, toutes époques et cultures confondues.

Dès l’indo-européen *gen-/gon-/gn-, dans ses multiples variations phonétiques, il s’agit de naissance physique, sociale, de condition du statut personnel, de la nécessité d’une légitimité pour les droits qu’elle confère à ceux à qui elle est reconnue. Telle est la naissance et la reconnaissance qu’elle induit pour les hommes nés d’un ancêtre commun, en lignée masculine. Seuls sont concernés les mâles, évidemment. Dès la Genèse, s’inaugure la généalogie des figures qui marqueront l’histoire des civilisations. De leur génie politique, guerrier, dans la paix comme dans la violence.

Cette myriade d’individus, la science de la génétique les gratifie du nom d’humains, auxquels oxygène et hydrogène sont d’importance vitale. 

On sait peut-être moins que le genou, *genu en latin, *gonu en grec, fait partie de cette tribu linguistique. Dans les sociétés archaïques, l’enfant est genuinus, – genuine en anglais -, reconnu comme authentique dès lors que son père le place sur son genou. Les genoux de l’aïeul ou du père, en recevant le nouveau-né, le légitiment comme membre de la famille. Ainsi tous ceux qui sont inféodés à cette figure paternelle reconnaissent-ils l’enfant en s’agenouillant en signe de loyauté et d’obéissance. On plie le genou devant le suzerain, devant la divinité.

La triple génuflexion devant l’Empereur, dans la Chine impériale, est imposée dans la Cité interdite à tout visiteur, qui doit ensuite se tenir agenouillé pour acquiescer de son infériorité.

Le latin *gens produit une très grande famille lexicale. Du genre au gendre, en passant par la génération, le général, l’ingénu ou l’indigène, l’engeance, le congénère ou le dégénéré, le demeuré congénital, la régénération souhaitable de la progéniture, l’agencement plein d’ingéniosité, l’ingénieur et l’engin qu’il met au point.

Sans compter tout le vocabulaire de la nature et de la naissance. Ce qui est *gnatus, en latin. Nativité, natal, inné, imprégnation. La nation, au premiersens, désigne la portée de l’animal qui met bas, un aîné puis un puîné. Ensuite la naissance divinisée, *Natio, dans une idée de fertilité que se partagent natio et natura.

Alors qui sont les gens – dont le genre grammatical est ambivalent, féminin avec épithète « bonnes gens », masculin avec attribut, « les gens sont parfois bien idiots » ? Les gens englobent tous ceux qui se rattachent par les mâles à un ancêtre commun, mâle et libre.

Dans le vocabulaire religieux, le latin *Gentiles, les Gentils, désigne les « nations » non-juives. Les chrétiens se servent du mot pour les païens.

Quant à l’adjectif gent, de *genitus, bien né, noble, il désigne au Moyen Âge, dans l’amour courtois, tout individu magnifique, fier, de grande allure, qui se distingue par la souplesse et l’harmonie du corps, tout autant que par le raffinement culinaire. Un art de vivre dans des us et coutumes de courtoisie. Affable est la gente dame, en miroir du gentilhomme. Cette désignation est tombée en désuétude, parce que la noblesse fleurait désagréablement l’Ancien Régime.

La péjoration affectée au gentil ne s’est pas vraiment effacée. Proie facile pour les agresseurs verbaux et gestuels, sa bonhomie souriante et patiente peine à les désarmer. Comme si la gentillesse n’échappait pas à une certaine niaiserie, une ingénuité justement qu’on regarderait avec condescendance, voire mépris. La gentillesse du benêt – pourtant *benedictus ! – ne saurait pas se défendre contre le malin, * malignus. La violence banalisée de nos sociétés contemporaines et leurs désarrois langagiers compromettent définitivement, semble-t-il, le retour à la gentillesse des comportements pacifiques et la noblesse des attitudes n’est plus que rarement à l’ordre du jour…

Annick DROGOU

Oui, nous avons besoin de gentillesse. C’est un superflu si nécessaire. La gentillesse aurait-elle disparu de nos mœurs au point que nous nous étonnions de sa manifestation, de son expression comme d’un sourire du ciel dans un monde de brutes ? La gentillesse n’est ni niaiserie ni naïveté. Elle est un raffinement qui nous fait humain, qui nous construit en humanité. Elle est comme un pas de danse harmonieux, tout le contraire de la vulgarité.

Par étymologie, le gentil est l’habitant d’une nation, d’une cité. D’ailleurs, n’a-t-on pas inventé le mot “gentilé“ pour désigner le nom donné aux habitants d’une même ville ou d’un même pays ? C’est ce gentilé qu’apprécient les cruciverbistes, qui savent par exemple que les habitants de Saint-Cloud s’appellent les Clodoaldiens. La gentillesse va indéfectiblement avec l’urbanité, cet art de bien vivre ensemble dans la cité. Agir avec urbanité, en pleine humanité : j’aime ces mots qui offrent un supplément d’âme à leur première définition.

La gentillesse n’est jamais impérieuse. Il faut bénir son humilité, sa souplesse, son élégance, simple et pure expression de ce qui constitue le fondement de nos mœurs policées ou polissées. En aucun cas être gentil ne sera un aveu de faiblesse. C’est au contraire la force d’une civilisation. Et la gentillesse n’est pas réservée aux enfants sages. Nous sommes tous appelés à être gentils. Il faut croire à la puissance de la gentillesse qui désarme tous les butors, les bourrus, tous les mal embouchés. Puissance de la gentillesse comme d’un sourire.

Jean DUMONTEIL

Ouvriers d’Hiram Abiff. Pythagore et la franc-maçonnerie (III)

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

De Pythagore, les écrits personnels ne sont pas restés dans l’histoire, car on ne connaît que les enseignements de ses disciples, qui les ont diffusés en son nom. Comme nous le savons déjà, il a fondé une école philosophique et religieuse, à Cretona, dans le sud de l’Italie. Tout ce qui était traité et étudié dans l’école pythagoricienne était attribué à Pythagore. 

Ses disciples vivaient à l’école et recevaient leurs enseignements directement de Pythagore. Ils sont devenus plus de trois cents adeptes et ont observé une discipline stricte, comme être végétarien, se détacher des propriétés matérielles, et leurs maximes peuvent être synthétisées comme suit : a) à son niveau le plus profond, la réalité est de nature mathématique. b) la philosophie peut être utilisée pour la purification de l’esprit. c) l’âme peut s’élever pour rejoindre le Divin. d) certains symboles numériques sont de nature mystique. e) les membres doivent garder la loyauté et le secret. Pythagore, lors de son séjour en Égypte, s’est plongé dans les arts de la sagesse antique, les mystères de la naissance et de la mort, les secrets de la « cosmogénèse » (naissance de l’univers – évolutif et animé) et de l' »anthropogenèse » (origine et processus de formation de l’univers), l’être humain) et les différentes branches des mathématiques.

A cette époque, les mathématiques étaient étudiées et interprétées différemment de notre époque, c’était plutôt symbolique où certains aspects de la création étaient expliqués, et cela s’incarne dans la théorie pythagoricienne des nombres. Les Pythagoriciens ont proposé la théorie selon laquelle « tout est nombre » et que l’Univers était nombre et harmonie. Le nombre pour les pythagoriciens était des symboles hiéroglyphiques, avec lesquels ils expliquaient les idées liées à la nature des choses. Les nombres se sont vu attribuer des propriétés mystiques, morales et physiques. Les impairs étaient féminins – Les pairs étaient masculins. Les nombres se distinguaient en triangulaire, carré et pentagonal. 

Le « un », le générateur de tous les nombres représente la « Monade », le Créateur ; il l’a placé à gauche, il symbolisait aussi la raison, le défini et l’écurie. Le numéro deux », la dyade, droite, féminine, duelle et diverse. Le « trois », la perfection, est composé de la Monade et de la Dyade, l’impair était masculin. Le nombre « quatre » symbolise la nature avec ses quatre éléments, les saisons et les points cardinaux. Le nombre « cinq », le mariage, est la somme de la Dyade et de la Triade. Le nombre « six », le nombre familial et parfait, est la somme de la double Triade. Le nombre « sept », nombre sacré, est la somme de la double Triade et de la Monade. Le nombre « huit », Amitié, le premier cube. Le nombre « neuf », Amour, pour les neuf mois de gestation, le premier carré. Le nombre « dix », sacré, le symbole de GADLU et de l’Univers, la perfection et la clé de la doctrine : c’est la somme de un, plus deux, plus trois, plus quatre, égal à dix, son symbole est le « Tetrakis ”, c’est une figure triangulaire composée de dix points et de quatre lignes : un, deux, trois et quatre. C’est un symbole mystique, il représente le chiffre dix, qui a le sens de totalité, de fin et de retour, après les neuf cycles des premiers nombres, à l’Unité. Il symbolise la Création Universelle, source et racine de tout, et est l’image de la totalité du mouvement. Les nombres des Tetrakis symbolisent : (1) « L’Unité », le Divin et l’origine de tout, « L’Être non manifesté ». (2) « La Diada », la dualité dans l’Univers, déploiement de l’Un, origine du couple masculin et féminin. (3) « La Triade », les trois niveaux du Monde : céleste, terrestre et infernal et les autres triades. (4) « Quaternaire », les quatre éléments de la nature et de l’univers. Le Tetrakis est la Quadrature du Cercle : tout vient de « L’Unité ». Elle s’exprime dans « La Dualité ». Il est interprété dans « El Ternario » et « Manifiesta » dans « El Quaternario ». Par le TetraKis, le serment a été fait, sans nommer Pythagore les adeptes de l’école.

Pour Pythagore, sa compréhension de l’Univers disait qu’il était soumis à des cycles progressifs et prévisibles, pour les mesurer la fréquence de un à neuf était nécessaire. Pythagore expliquait les phénomènes de l’Univers et les facultés de l’Individu par des schémas numériques et géométriques, car tout expliquait les phénomènes naturels et les qualités spirituelles. Pythagore parlait sous forme d' »Epigrammes » (courte composition poétique) et ses paroles où tout était très Initiatique, ses disciples comprenaient des thèmes des écritures sacrées qu’ils n’avaient pas compris auparavant. Les Sages utilisent la synthèse pour expliquer quelque chose de compliqué, et ainsi les disciples comprennent. La nature des êtres humains est toujours d’attendre que quelqu’un leur donne, que ce soit un remerciement ou des avantages matériels, s’ils ne reçoivent pas cela, ils sont déçus. Pythagore n’aimait pas être loué, et ceux qui l’ont fait, il n’a pas rendu la pareille avec des remerciements, il a seulement attendu avec impatience qu’ils reçoivent sa connaissance. Il était toujours à côté de ceux qui donnent et non de ceux qui reçoivent. Il respectait les gens mais ils ne le comprenaient pas. Pythagore a voyagé et habité diverses cultures, où il a reçu et répandu la sagesse.

Pour conclure cet article, deux pensées de Pythagore : « Éduquez les enfants, et il ne sera pas nécessaire de punir les hommes » et « Ne soyez pas ambitieux et avare, la juste mesure est excellente pour de tels cas ».

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