Accueil Blog Page 679

La niflette, pâtisserie traditionnelle de la Toussaint, pâtisserie résiliente ?

Ils ou elles ont tous ce mot à la bouche. Résilience qui est la capacité à surmonter les chocs traumatiques et donc voici une définition simple.

À l’origine, la résilience est un terme de physique qui définit la capacité de résistance d’un corps ou d’un matériau à un choc ou à une déformation. Le champ sémantique de la résilience s’est ensuite étendu à d’autres domaines : biologie, psychologie, économie, sociologie, écologie…

Il apparaît surtout au lendemain de la pandémie.

Provins (Île-de-France), la collégiale Saint-Quiriace (XIIe siècle) et la tour César (XIIe siècle) , vues de la galerie haute de la Tour César.

Les niflettes sont une pâtisserie traditionnelle préparée pour la fête de la Toussaint. Leur histoire remonterait au Moyen-Âge. Originaires de la ville de Provins, en Seine-et-Marne en région Île-de-France, elles seraient offertes aux orphelins qui pleuraient devant les tombes de leurs parents en leur disant « Ne flete », qui signifie « Ne pleure pas ». Cette phrase de consolation serait alors à l’origine du nom de la pâtisserie.

Treize à la douzaine ?

La ronde et jaune niflette est-elle symbolique ?

La toute ronde niflette… Le rond est d’abord un symbole d’unité, l’alliance ou encore le yin et le yang étant de très bons exemples. C’est aussi le symbole de l’infini, de la divinité, de l’harmonie, du naturel et de la perfection.

Rappelons-nous quelques éléments du rond.

Dans le rond il est possible de distinguer deux éléments : le point, formant le centre, et la circonférence. Ces deux éléments sont liés, pourtant leur signification diffère. Le centre symbolise le point de départ, c’est-à-dire d’où l’on vient, ou le point d’arriver, et est synonyme de stabilité et d’éternité. À l’inverse, la circonférence d’un cercle évoque le mouvement et le changement.

Finalement, le rond est peut-être une forme très simple mais chargé en significations.

Rond comme un soleil ?

L’astre du jour est tantôt symbole d’éternité, de lumière, de vie, de sagesse, de prospérité, de chaleur, d’espoir, de parenté, d’un avenir radieux, ou encore de jeunesse. Le Soleil est une source d’inspiration infinie, qui prend notamment plusieurs formes au cours d’une même journée en fonction de sa position.

Et la signification de la couleur jaune ?

Chaleureuse et joyeuse, le jaune une couleur stimulante. Elle est synonyme de dynamisme, de tonicité, de vie et de mouvement. Tout comme les rayons du soleil, le jaune apporte chaleur et lumière. La couleur jaune est associée à la joie, à la gaieté et à la fête.

Tout comme l’or ?

Jaune aussi comme de l’or, métal dont la symbolique est historiquement très riche.

L’or symbolise deux grandes idées : la lumière et la perfection d’une part, la richesse spirituelle et le divin d’autre part.

L’or est à appréhender selon les déterminismes culturels : dans l’empire Chinois, l’or a symbolisé avant tout le Soleil, la lumière et la perfection; chez les Grecs, l’or représentait la lumière mais aussi la chaleur et la fertilité; chez les Égyptiens, l’or magnifiait le pharaon; etc…

La symbolique de l’or demeure encore aujourd’hui très importante, il est notamment utilisé dans les sports modernes pour représenter la récompense suprême (la médaille d’or) et célébrer la performance sportive. L’Or est aussi le symbole le plus fort de la richesse matérielle.

La niflette, quésako ?

Il s’agit des tartelettes en pâte feuilletée, garnies de crème pâtissière. Celle-ci est souvent aromatisée à la fleur d’oranger. Et c’est autour de la fête de la Toussaint et les pays Provinois et Nangissien se couvrent de mystérieuses petites tartelettes qui peuvent être dégustées froides ou tièdes.

Les habitants mus par tradition lointaine ,se ruent chez leur boulanger pâtissier pour se fournir dès le mois d’octobre de ces petits gâteaux tout jaune.

Cette fièvre jaune s’apparente à la fièvre de l’or, où trouver la meilleure ?  Avec ou sans fleur d’oranger ?

Chacun y va de son avis et chacun y trouve son compte. Il s’en vend des milliers…

Cette petite pâtisserie car cela en est une, vient du fond des âges, elle se nomme Niflette et serait née à Provins au Moyen Âge. La tradition voudrait que cette gâterie soit donnée à la Toussaint aux orphelins qui pleuraient sur la tombe de leur parents.

Mais l’origine fait débat depuis toujours, car la société archéologique de Provins dans sa feuille du 24 aout de 1850 publiait un article où l’auteur n’était pas convaincu de cette origine étymologique. Il déclarait et encore avec une forte réserve, que ces gâteaux Provinois de la Toussaint rappelaient les repas funéraires des anciens. Pour lui, il était admissible que les enfants qui allaient prier dans les cimetières étaient réconfortés où récompensés par l’achat d’un gâteau nourrissant nommé  « Niflette ».

Pâtisserie consolatrice ou pas, la tradition a perduré jusqu’à maintenant. Il faut bien dire que le commercial a pris le dessus sur le folklore, car au début du XXe siècle les choses en étaient autrement.

Début des années 1930 dans la commune de Nangis, une agitation allait croissante, une douce mélopée se faisait entendre dans la rue des Fontaines ,deux jeunes adolescents munis d’un panier en osier reprenaient en cœur une vieille chanson sortie de la nuit des temps.

Et même en chanson : « En v’ la des petites/En v’ la des grosses/En v’ la des petites niflettes toutes chaudes, c’est mon patron qui les fabrique avec du beurre de sa barrique/Approchez petits et grands/Ç’a brûle la gueule aux grands gourmands/Ç’a brûle les dents des paysans. »

En fonction du régime et de l’air du temps , les chanteurs variaient les couplets et l’assortissaient de leur opinion politique, comme cette variante apparue après la révolution de 1848. « C’est mon maître qui les fabrique pour contenter ses pratiques » remplacé par « C’est mon maître qui les fabrique pour fêter la République ».

Les enfants joyeux sur le pas des portes tiraient le tablier de leur mère, pour quelques centimes même les plus pauvres pouvaient se délecter de ces petits gâteaux faits exclusivement à l’époque par des pâtissiers.

Église Saint-Ayoul, Provins

Chacun se précipitait et repartait avec son butin, les affaires allaient bon train, les vendeurs repartaient à la pâtisserie rechercher des provisions. Ces jeunes garçons embauchés pour l’occasion étaient payés à la vente et ne lésinaient pas sur la chansonnette.

Mon père, noble nonagénaire se rappelle encore cette chanson et nous la fredonne encore quand vient le temps des Niflettes. Le folklore des vendeurs de rue a disparu à jamais…

Édifiés entre le XIe et le XIIIe siècle, les remparts de Provins comportent 22 tours et sont longs de 1200 m

Pour les non Provinois et les non Nangissien, voici la recette :

Temps de préparation : 20 minutes/Temps de cuisson : 15 minutes

Ingrédients (pour 4 personnes) : 2 rouleaux de pâtes feuilletées/25 cl de lait/2 jaunes d’œufs + 1 jaune/70 g de sucre/1 cuillère à soupe de farine

Préparation de la recette : Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6).

Chateau de Nangis, aujourd’hui la mairie

Préparez la crème pâtissière : dans un saladier, battez les 2 jaunes d’œufs avec le sucre. Ajoutez la farine et le lait progressivement.

Versez dans une casserole et faites épaissir à feu doux sans cesser de remuer. Dès que la crème commence à frémir, retirez du feu et laissez refroidir.

Déroulez les pâtes et à l’aide d’un petit verre type liqueur découpez des ronds.

Sur un papier sulfurisé, mettre 2 disques l’un sur l’autre et pressez au centre pour former un creux. Badigeonnez de jaune d’œuf et déposez une cuillère à café de crème pâtissière.

Renouvelez l’opération et enfournez les niflettes pendant environ 15 minutes.

Le carnet de Julie-Julie Andrieu en France, la vidéo de la recette https://www.youtube.com/watch?v=ZIWornPOdVM

À déguster sans modération ?

Source : Arbre de vie-La petite histoire de nos ancêtres

Les officiers de la Loge, des organisateurs de l’harmonie

Officier : du latin médiéval officiarius, personne pourvue d’une charge, dérivé de officium, fonction, devoirs d’une fonction ; assistance, service ; obligation morale.

L’office désigne dès le VIIe siècle les offices liturgiques. Depuis le XIIe siècle, l’office est, dans la liturgie catholique, l’ensemble des prières et des lectures de  la messe. Cela désigne aussi, la fonction ou la tâche à accomplir. C’est ensuite une charge de tout type, religieuse ou civile.

Les officiers de la Loge ne sont élus sur un programme, sur un avoir à faire mais sur un avoir à être. Ils ne s’engagent pas en vertu d’options profanes. Ils sont choisis en vue de perpétuer l’Institution, de lui assurer, dans toutes les circonstances, l’équilibre nécessaire et de conserver rigoureusement le respect de la liberté de chacun qui a consenti à entrer dans un ordre, c’est-à-dire à obéir à une règle qui est celle des règlements généraux et du rituel pratiqué par l’atelier.

Ici tout est symbole et les offices sont aussi symboles. Ils témoignent pour la Loge et la Loge témoigne et enseigne.

Les offices maçonniques sont des charges qui requièrent un vrai sens du dévouement, toute fonction est un devoir vis-à-vis de l’atelier.

Le Code Maçonnique des Loges RER de France approuvé au Convent de Lyon en 5778 est un des premiers textes à en formaliser les charges et devoirs.

Les officiers, ou officiants, qui occupent les postes, sont élus, sous certaines conditions d’ancienneté et de degré, par les francs-maçons ayant droit de vote dans la loge. Ils sont installés à leur plateau au cours d’une cérémonie dite d’installation. En général, les apprentis sont exclus des votes.

Les Officiers de la Loge portent un sautoir, aux couleurs traditionnelles du Rite (ou du pays), comme celles des cordons des maîtres. Parfois il est brodé du symbole de la fonction de l’officier, parfois pend à son extrémité le bijou de la fonction. Il est plus ou moins richement décoré. Les bijoux retenus dans le rite REAA : pour le Vénérable une équerre ou le delta rayonnant, pour le Premier Surveillant un niveau, pour le Deuxième Surveillant une perpendiculaire, pour l’Orateur le Livre de la loi ouvert, pour le Secrétaire deux plumes croisées, pour le Trésorier deux clefs croisées, pour l’Hospitalier (Élémosinaire ou Aumônier) une bourse aumônière avec un cœur, pour l’Expert une règle et l’œil, pour le Maître des cérémonies deux bâtons croisés, pour le Couvreur deux glaives croisés. Les apprentis chargés de préparer le temple doivent, donc, en connaître leur signification pour attribuer, respectivement, les décors à chacun des plateaux au moment de l’installation du temple.

Le rituel est une parole préexistante, présentée oralement au-devant des colonnes par les officiers. Ce qui parle c’est le rituel ; la parole est sédimentée par la tradition du rite. Au cours du rituel, la parole des officiers est celle d’une fonction, ils n’ont donc pas besoin de se lever parce qu’ils ne sont pas les auteurs de ce qu’ils disent. La parole rituelle qu’ils proclament les oblige à un renoncement du moi, à plus d’humilité que les autres frères ou sœurs présents.

Le décorum, les rites, les déambulations, la gestuelle, la place des officiers sont primordiaux et s’imposent comme données cosmiques pour obliger le maçon à quitter le monde profane (être un mondain) et s’intégrer dans un espace/temps sacré. C’est l’exigence d’une participation à une édification sans cesse détruite mais renouvelée du temple-homme

La loge est orientée selon les quatre points cardinaux et à chacun d’eux correspond un officier. RF. Quatre officiers « orientent » la loge : le Vénérable Maître, siégeant à l’Orient ; le Couvreur, dont la place est en face c’est-à-dire à l’Occident ; le 1er surveillant à la colonne du midi et le Second Surveillant, siégeant à celle du Septentrion. Ces quatre officiers définissent l’espace sacré d’un temple maçonnique, parce qu’à son intérieur se déroulent toutes les cérémonies initiatiques, mais aussi parce qu’ils sont, tous les quatre ensemble, responsables du principe de simultanéité  initiatique, principe qui considère qu’aucune action initiatique ne peut se matérialiser correctement sans le respect synchrone de quatre absolus : pouvoir, savoir, vouloir et devoir. à émulation, le Premier Surveillant est placé plein Ouest (il indique le soleil à son couchant et ferme la Loge) et le Second Surveillant est lui placé au Sud (il indique le soleil à son plus haut point et appelle les frères au travail). Ils sont placés dans la loge de façon à former avec le Vénérable Maître une équerre virtuelle. Il s’agit là d’une disposition spécifique aux Antients attestée dès 1760 dans la divulgation dite des Three Distincts Knocks.

Comme ces quatre offices, trois autres sont dits immobiles rattachés à un poste fixe, nommé plateau dont la position géographique varie à l’intérieur du temple suivant les rites : l’orateur, le trésorier, l’hospitalier.

On peut voir dans la proxémique des offices l’ordre complexe de la loge mettant en évidence des aspects spécifiquement triangulaires : le vénérable et les deux surveillants, le triangle de puissance ou d’autorité ; le vénérable, le secrétaire et l’orateur, le triangle de connaissance ; le vénérable, l’hospitalier et le trésorier, le triangle des voies et moyens. D’autres dispositions existent selon les  différents rites. Les autres officiers, parfois obligatoires comme les fonctions d’adjoint, sont des compléments au meilleur fonctionnement d’une loge maçonnique, par exemple le maître des banquets, le maître de la colonne d’harmonie.

Les officiers qui représentent le temps et le mouvement sont ceux qui se déplacent, le Maître des Cérémonies, l’expert appelé aussi grand expert selon les rites. Les diacres, dans les rituels anglo-saxons, assistent les trois premiers officiers de la loge et y circulent librement.

Pour pouvoir procéder à une initiation, il faut, en général, au moins 7 offices tenus par des officiants car 3 officiers la dirigent, 5 l’éclairent et 7 la rendent juste parfaite loge (voir l’article Singuliers pluriels sur le Journal)

Pour sourire avec Hervé Hoint-Lecoq avec sa présentation des officiers :

Citant Oswald Wirth, Daniel Béresniak rappelle que les Offices du Temple maçonnique ont également fait l’objet de rapprochements avec le symbolisme astronomique. Le collège des officiers au Rite Opératif de Salomon  atteste de l’univers.

  • Avec le couvreur, en Pluton, seront retenus les métaux qui ne doivent pas entrer dans la construction du temple. Les objets de métal sont ceux de la violence; à l’intérieur du temple, les pierres sont déjà équarries et s’assemblent dans le silence.
  • Par le 2nd surveillant, Vénus de grâce, de beauté et d’harmonie, telle une émeraude, dans sa lumière verte, rassemble ce qui est épars en provoquant des affinités de fusion. Il est le cuivre
  • À partir du 1er surveillant, la force rouge du rubis de Mars agit comme un catalyseur et multiplie des foyers d’énergie. Il est le fer
  • Le grand expert, en tant que gardien des rituels, veille sur la tradition. Il prend d’Uranus la compréhension qui maintient, enrichit, ordonne et régularise.
  • Le Maître des Cérémonies, Mercure, le messager est l’agent de liaison alchimique. Il accueille et conduit.
  • Le trésorier reçoit de Saturne le pouvoir de condenser l’énergie commune, manipulant les poids, équilibrant les nombres, dans l’ombre, le silence et le noir. Il est le plomb
  • L’hospitalier est l’énergie d’amour de la loge, au cœur de l’univers, comme la terre nourricière qui, si elle est verdoyante, ruissellera pour réconforter celui qui souffre.
  • L’orateur dispense l’énergie fécondante, veillant sur le Verbe, dans la lumière-vie du soleil, l’équilibre et le mouvement. Il est l’or.
  • Le secrétaire éclaire les incertitudes de sa mémoire lucide, dans la pureté du blanc. Il est  la lune qui enregistre tout ce qui émane de son reflet. Il est l’argent.
  • Le Vénérable concilie en sa personne, par le principe harmonique du bleu de Jupiter, l’ensemble de toutes les énergies qu’il capte depuis les colonnes avec les pointes du compas ouvert sur l’autel du travail. Il les coordonne, les stabilise et dans sa sagesse les répand sur la loge dans l’embellie de l’arbre de vie manifesté. Il est l’étain.

Une relation entre les officiers d’une Loge et l’arbre des séphiroth est souvent évoquée.

Jules Boucher, dans son livre La Symbolique Maçonnique, place les officiers de la loge sur l’arbre séphirotique de la Kabbale (compléter avec l’article de Claude Bellières, Temple maçonnique et séphiroth, p. 25.

  • Kether (La Couronne) : le Vénérable
  • Binah, Hockmah (L’intelligence, la Sagesse) : le Secrétaire, l’Orateur
  • Tipheret (lLa Beauté) : le Maître des Cérémonies
  • Hod,  Netzah (la Victoire la Gloire) : le Second Surveillant, le Premier Surveillant
  • Yesod (le Fondement) : le Premier Expert
  • Malkouth (le Royaume) : le Couvreur

À l’orée du monde profane et du monde sacré, entre le monde inférieur et le monde supérieur, le couvreur dans sa sphère de lumière est en Malcouth, le royaume ! Il est la transition de la vie ordinaire à la vie réservée. Il vérifie la capacité de l’adepte de participer aux initiations en le tuilant au grade requis pour les travaux.

Le deuxième surveillant, sphère de lumière de Hod, la réverbération, et le premier surveillant en Nezah, l’éternité, forment une triade centrée sur le disciple placé en Yesod, la fondation. C’est le lieu d’enseignement (voir Z’ev ben Shimon Halevi, L’arbre de vie). Le disciple y apprend à approfondir sa conscience du monde, à se familiariser avec son ego, à reconnaître ses déséquilibres. Là, le Maître dirige ou conduit, n’enseigne pas mais éveille. Il libère et permet au jeune initié d’affronter son désert intérieur avec ses révoltes, sa discipline, sa purification, ses enseignements jusqu’à ce que, dans l’apprenti et le compagnon meurt l’ancienne psyché esclave et qu’il soit prêt, avec une nouvelle génération d’attitudes, à entrer dans la terre promise de l’esprit.

Lorsque le franc-maçon a atteint le niveau de Tipheret (où se tient le Maître), c’est-à-dire lorsqu’il a fait évoluer suffisamment sa volonté pour traverser à son gré la triade de l’éveil, il devient son propre tuteur ; il entre alors en contact avec la triade supérieure où s’équilibrent la discipline et la tolérance en Gebourah (la rigueur) et en Hesod (la miséricorde), où l’on peut par analogie pouvoir reconnaître comme sphères de lumière le Trésorier et l’Hospitalier. Cette triade éthique s’attache à perfectionner l’âme désormais consciente d’elle-même, tantôt par une touche de sévérité, parfois par une touche de bonté; rétablissant sur le pilier de l’équilibre les conflits entre expansion et contraction des émotions dans la dualité des piliers masculins et féminins. Cette pratique de mixité est accomplie avec les autres et pour les autres au sein du groupe, elle se poursuit sur plusieurs années. La Maçonnerie exige une grande patience et une grande stabilité. Chacun doit faire mûrir ses potentialités progressivement dans la montée, à son propre rythme naturel. C’est l’œuvre d’une vie et elle se déroule au moment le plus juste pour l’individu et l’humanité. C’est un temps nommé Kaïros par Aristote.

Dans l’optique anthropomorphique de l’arbre de vie, la grande triade supérieure est liée à des critères plus spirituels que psychologiques. Cette triade est formée de Binah (l’intelligence) et de Hochma (la sagesse) et de Kether (la couronne). C’est l’esprit se manifestant respectivement dans la tradition orale (l’orateur) et la lumière (le vénérable). C’est le rôle pan-historique de la loge, celui d’engendrer de nouvelles ères maçonniques et sociales.

Ces triades s’interfèrent par les énergies qui circulent entre elles à travers le rituel et les sons. Le compas ouvert placé sur l’autel du travail absorbe les flux de l’atelier, les focalise en la personne du vénérable, sphère de lumière supérieure. Le vénérable est donc le médiateur des énergies qu’il accumule, transmute et purifie ; il catalyse et restitue par son rayonnement, à travers les branches du compas, l’égrégore de la loge jusqu’à la triade inférieure. Irradié de l’esprit du appeler, du créer, du former, du faire, de la connaissance, le collège est un arbre de vie, vivant de toutes ses colonnes qui les relient. Le Sépher yetsirah au VIe siècle dit : «10 séphiroth hors du néant (comme un ordo ab chao), 10 pas 9, pas 11, comprends ceci en sagesse et en sagesse comprends».

Quelques mots sur l’Office particulier du Vénérable, la plus lourde des toutes les charges.

Vénérable vient du latin venerabilis, qui mérite le respect.

Le titre de Vénérable Maître qui désigne le président d’une loge, vient de l’anglais worshipful  master qui désigne un personnage (ou une institution) digne d’être vénéré ou respecté. La première mention connue de ce titre pour qualifier le chef d’une loge se trouve dans le Manuscrit Régius (environ 1390), qui est le plus vieil exemple existant des Old Charges, les Anciens Devoirs.

Les Constitutions d’Anderson qui ne connaissent que deux degrés : apprenti et compagnon, parlent du maître ou maître de loge. Avec le développement du degré de maître, la confusion devenant possible, l’usage s’est établi de distinguer le maître, titulaire des trois degrés et le maître de loge, président de l’atelier. « Les guildes affirment que c’est Anderson qui a abrogé l’apprentissage de sept ans et changé le siège du Maître d’ouest en est » (John Yarker, The Arcane Schools, Chap. XII, p.286)

Au milieu du XVIIIe siècle, de 1742 à 1752, on évoquait les ateliers sous le vocable de «Très Vénérable et Respectable Loge». En France, il fallait obligatoirement être d’une profession libérale pour être Vénérable Maître d’une loge jusqu’à la moitié du XIXe siècle

En tenue, s’adresser au président de la loge, reconnu par son élection comme honorable, respectable, se manifeste par les termes «Vénérable Maître» aux deux premiers degrés. Dans les rituels anglo-saxons, le président de la loge se traduit au plus proche par «plus-que-Vénérable Maître». En France, la paresse de l’habitude fait dire «Vénérable Maître» ou même «Vénérable». Aux RY, RÉ et RSE/RÉÉ, on préfère l’appel «très Vénérable Maître».

Certains auteurs s’intéressent à la signification de l’appellation symbolique « vénérable » en tant que « apte à l’amour ». Selon eux, quand un initié prononce les mots « Vénérable Maître », il fait appel et référence à un amour de nature cosmique de manière à ce que cet amour s’incarne dans la loge par l’intermédiaire de la fonction du Vénérable.

Le Vénérable Maître a une triple fonction : administrative, initiatique et symbolique. « On peut reconnaître sans difficulté dans le président des ateliers des trois premiers grades, le maître, celui qui sait, qui peut, et qui ordonne. » Cependant il marque son respect aux officiers en les vouvoyant.

Sa place est au centre, à l’Orient (ce ne fut pas toujours le cas), pour représenter la source de la lumière naissante comme le soleil au lever du jour ; il est l’intercesseur et le dispensateur de l’énergie lumineuse. Seul un Vénérable installé (sous plusieurs dénominations selon les degrés) a le pouvoir fondamental de la transmission initiatique par intégration des récipiendaires dans leur nouveau grade.

Il est celui qui autorise ou refuse l’accès à la tenue des visiteurs.

Depuis 1773, l’élection du Vénérable, telle celle des officiers, se fait annuellement et obligatoirement au scrutin secret comme le prescrivent les  statuts de l’Ordre royal de la Franc-maçonnerie en France.

Les pouvoirs du « Maître de la Loge » (on dit aussi Vénérable Maître en chaire) ne sont limités que par le rôle de l’Orateur, le gardien de la Loi que le Vénérable ne peut transgresser.

Les Antiens reprochent aux Moderns d’ignorer l’installation secrète du Vénérable Maître, considérée par les Irlandais comme fondamentale. Celle-ci, en effet, permet l’accès au grade de l’Arch Royal, grade qui est regardé par la tradition irlandaise comme le sommet de la Maçonnerie. Cette installation secrète, dont il n’existe pratiquement aucun témoignage avant 1705 en terre britannique, transmet un mot, un signe, un attouchement et est, en réalité, une sorte de super-grade de maître. Ainsi, chez les «Anciens», l’office de Vénérable Maître est lié à une cérémonie qui a la structure d’un grade, à laquelle ne peuvent participer que ceux qui, maître en chaire ou passés maîtres possèdent ce titre. «La cérémonie d’Installation n’a ni ouverture ni fermeture, cette partie est réputée voilée mais se déroule dans la continuité des travaux. En effet, une rupture de temps serait équivalente à sortir le Maître des travaux de la Loge alors que l’Installation doit bien effectuer l’inverse en affirmant non seulement son importance dans les travaux, mais aussi la nécessité qu’il les conduise. De fait, on ouvre les travaux jusqu’au troisième degré, les Frères de tous degrés sortent en laissant entre eux les Passés Maîtres et l’impétrant. Ils rentreront ensuite, salueront et reconnaitrons le représentant de Salomon selon leur grade».

C’est par le truchement du VM que s’effectue la transmission initiatique, et cela dans des conditions particulières hors desquelles elle ne pourrait s’effectuer. Le VM désigné par sa Loge, reçoit le pouvoir de transmettre l’initiation propre à chaque degré lors de son installation ; ce pouvoir lui est conféré explicitement dans le rituel par les instances supérieures de l’Ordre. Cela signifie que dans un ordre initiatique, toute transmission vient du sommet qui seul possède de droit et de fait la capacité initiatique et le pouvoir de la déléguer. Ainsi nous pouvons mieux comprendre le sens de la hiérarchie traditionnelle, et celle de l’Ordre Maçonnique en particulier.

C’est toujours par un serment que l’impétrant se lie et se relie à l’Ordre, reconnaissance rituelle qui équivaut à un serment d’obéissance.

Notre spiritualité se communique dans et par la tradition ainsi que par des règles précises et infrangibles. La première tâche du VM est de les faire respecter, la vigilance et la fermeté sont deux armes dont il dispose contre le laxisme et le personnalisme qui sont des fléaux de l’Ordre Maçonnique. Nous savons que le VM élu promet de ne rien changer dans le rituel qui lui a été confié, afin qu’il rende plus tard, intact et identique le dépôt qui lui fut remis. Le VM a le pouvoir de transmettre, mais il ne peut transmettre que ce qui lui fut transmis.
VM et Loge forme d’une certaine manière un couple initiant. Seul celui qui est lié par serment peut lier à son tour dans les limites même de ses obligations. Le serment du VM s’accomplit au sein de la Loge, car en dehors de celle-ci le VM ne détient aucun pouvoir initiatique, de même qu’une Loge sans VM installé est initiatiquement inapte.

Il appartient aux Maîtres de la Loge qui choisissent leur VM de bien comprendre qu’il ne s’agit pas là d’une distinction honorifique mais bien d’une fonction fondamentale de régulation. C’est par le VM que la Loge reçoit l’influx spirituel nécessaire à l’initiation, au passage et à l’élévation, influx spirituel sans lequel nos rites initiatiques ne seraient que des cérémonies vides de sens.

En chambre du milieu, pour distinguer parmi les Vénérables Maîtres (titre de chaque frère ou sœur), celui choisi pour représenter le Roi Salomon et diriger les travaux, il lui est donné le titre de «Très Vénérable Maître» ou  «Très Respectable Maître». Le Vénérable Maître est Salomon et non Hiram.

Selon les Rites et les degrés des Hauts Grades, le président de la Loge est appelé par des noms différents.

L’ensemble des officiers, appelé collège d’officiers, a aussi pouvoir de conseil d’administration de la Loge.

Une pleine et urgente nécessité

0

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent les 1er et 15 de chaque mois.)

Nous sommes les acteurs confus d’une histoire accélérée.

On a l’impression que chaque jour précipite sur la scène des tensions qui s’exacerbent et qui plongent  dans des injustices et des contradictions  entretenues de manière immémoriale dans l’histoire humaine. Tout cela, tout à coup, explose et se confronte violemment dans nos sociétés ou entre les États, qu’il s’agisse de mœurs, de religions, d’inégalités sociales, de pollution et d’environnement, de  rémanences du colonialisme, de rivalités entre démocraties et dictatures…

À mesure que les échanges se sont  intensifiés à l’échelle de la planète  dans des proportions d’accaparement et de prédation jamais atteintes – il faut bien l’avouer  –, les crispations se sont radicalisées. D’un côté, jamais, l’intelligence scientifique et technique n’a été aussi grande ; d’un autre, jamais, de si longtemps, les divisions idéologiques et politiques n’ont semblé aussi fortes. Sans doute cette impression est-elle due aux conditions nouvelles d’une communication universelle instantanée déferlant tous azimuts par les réseaux sociaux, de sorte que s’expriment sans nuance et sans précaution des oppositions violentes  abolissant l’espoir d’un dialogue raisonné. Comme on l’observe chaque jour, des forces sauvages  se mobilisent contre l’idée même d’une conquête partagée de civilisation.

Et c’est là que la franc-maçonnerie prend sa place : entre ces comportements endiablés qu’il s’agit de désamorcer et la construction d’une compréhension mutuelle où chacun reconnaît l’autre dans son humanité. Face à la tâche à accomplir, nos cénacles philosophiques ne sont, certes, pas dénués d’intérêt mais ils ne portent guère à conséquence. Avons-nous, cependant, d’autre moyen que d’accomplir[1] au-dehors l’œuvre commencée dans le temple ? Si l’on s’en tient au seul cadre maçonnique, probablement pas ; cependant, celui-ci constitue un encouragement non négligeable, un peu plus qu’un banc d’essai, une école d’intégration,  qui nous incite à soutenir le même effort, dans tous les engagements et dans toutes les circonstances de notre vie. Ce souci constructif obéit aujourd’hui à une pleine et urgente nécessité.


[1] C’est le sens anglais de « to achieve ».

Qu’est-ce que la franc-maçonnerie en Italie ?

De notre confrère italien ilpost.it

Elle existe depuis des siècles et son histoire a été mêlée à certaines des transactions les plus sombres de l’histoire italienne, mais elle exerce toujours un certain charme aujourd’hui.

Les membres de la franc-maçonnerie en Italie sont plus de 40 000 et leur nombre ne cesse de croître depuis quelques années. Les membres du Grand Orient d’Italie (GOI), la principale obédience (c’est le nom des associations maçonniques), sont actuellement 23 mille. Il y en avait 4 000 dans les années 1960, 12 600 en 1998, 18 100 en 2007. Aujourd’hui, la moyenne des nouvelles demandes d’admission est de 1 000 à 1 500 par an. Dans le Grand Orient d’Italie les femmes ne sont pas admises, car pour elles il existe une organisation féminine, les Etoiles d’Orient, composée principalement d’épouses et de compagnes de francs-maçons affiliés au Grand Orient d’Italie.

La deuxième plus grande obédience est la Grande Loge d’Italie des anciens maçons libres acceptés qui compte environ 9 000 membres. C’est une obédience mixte : les femmes, qui représentent 34% des affiliés, peuvent gravir tous les échelons de l’échelle dite initiatique jusqu’au plus haut niveau, soit 33. Il n’y a pas de données précises mais la Grande Loge assure que la les questions des femmes se multiplient. La troisième communion (un autre terme désignant l’obéissance) la plus répandue en Italie est la Grande Loge Régulière d’Italie , née d’une scission du GOI : elle compte 2 500 affiliés.

Il existe également des dizaines d’associations maçonniques mineures. Pour n’en nommer que quelques-uns : Centre d’Activités Maçonniques Acceptées ; Grande Loge Unie d’Italie; Grande loge nationale la plus sereine des anciens maçons libres acceptés ; Grande Loge Féminine d’Italie (ouverte uniquement aux femmes); Grande Loge Maçonnique Générale; Grand Orient Italien de Stricte Observance; Ordre symbolique de rite égyptien.

Si jusqu’à il y a quelques décennies, la franc-maçonnerie apparaissait souvent dans l’actualité, devenant même parfois centrale dans l’interprétation des nouvelles et des phénomènes, c’est aujourd’hui une forme d’organisation apparemment marginale pratiquement inconnue de beaucoup, surtout des plus jeunes. Pour ceux qui sont éloignés du monde de la franc-maçonnerie, il est difficile de s’orienter parmi des dizaines de termes, rites initiatiques, symboles, serments, qui paraissent facilement ridicules. Les obédiences maçonniques ont aujourd’hui des sites Internet, elles sont présentes sur les réseaux sociaux mais en même temps elles continuent d’avoir le secret comme principe fondamental.

Les mêmes raisons pour lesquelles les gens adhèrent encore à la franc-maçonnerie aujourd’hui ne sont pas si claires, et ceux qui l’étudient les ramènent à deux types d’intérêts différents. « Le secret, les rites traditionnels immuables, la possibilité de vivre une expérience complètement distante et séparée du monde dit profane, c’est-à-dire non-maçon, exerce encore beaucoup de charme » dit Massimo Rizzardini, qui a écrit le livre All ‘Oriente d ‘ sur la franc-maçonnerie. Italie. Les fondements secrets des relations entre l’État et la franc-maçonnerie .

« C’est un monde absolument différent et opposé à celui où tout est partagé, filmé, photographié, communiqué via les réseaux sociaux. La franc-maçonnerie a survécu pendant des siècles aussi parce qu’elle est toujours restée fidèle à ses rites, à ses formules qui la font ressembler, avec tout le respect et toutes les proportions, à un grand jeu de rôle ».

Les raisons de devenir maçons peuvent être diverses, et sont souvent présentées de manière très différente par ceux qui en font partie, et ont donc une opinion plus bienveillante et absolutiste, et par ceux qui étudient le phénomène de l’extérieur. Ferruccio Pinotti, auteur du livre Masonic Power. La fraternité qui commande l’Italie : politique, finance, industrie, médias, justice, crime organisé , se concentre, par exemple, sur les raisons qui remontent aux aspects les plus opaques, voire louches, de ce type d’organisation.

« La plupart des francs-maçons sont constitués de pigistes issus de nombreux domaines. Il s’agit de réseautage pur, de relations. La grande présence de loges qui existe dans toute la réalité italienne constitue un formidable outil de connaissance. La fraternité n’est pas seulement étude et épanouissement personnel mais c’est aussi une entraide concrète dans le travail, dans la profession et puis dans ses formes les plus perverses elle peut devenir un instrument d’affaires immondes ». Derrière la triple étreinte, la salutation typiquement franc-maçonne, il y aurait, selon Pinotti, surtout une rencontre d’intérêts.

Dans le livre Masonic Power , les propos de la chercheuse Eleonora Salina sont cités : « parmi les raisons d’entrer en franc-maçonnerie, le besoin de spiritualité et la recherche de réponses aux questions existentielles occupent certainement encore une place digne de considération. Mais des réponses [ à une série de questions posées par le chercheur aux francs-maçons et anciens francs-maçons, ndlr ]  il ressort qu’un autre motif d’entrée est la volonté de faire des affaires, de tenter des évolutions de carrière en entrant en contact avec une série de personnes qui peut aider dans ce sens ». 

Rizzardini admet qu’« il est tout à fait clair que l’appartenance à la communion maçonnique peut favoriser les relations entre ceux qui, pas par hasard, s’appellent frère ». Mais il estime qu’il ne faut pas « confondre cette relation de fraternité avec une relation d’intérêt et de convenance. Bien sûr, rien n’empêche les affiliés d’aider un autre membre de la communion maçonnique, mais exactement comme cela se passe dans n’importe quelle association ». Rizzardini estime donc que les perspectives « d’approfondissement des questions culturelles, ésotériques, philosophiques, scientifiques, historiques et actuelles, principalement de notre monde, celui de l’Occident, sont d’une plus grande importance ».

Ce sont deux aspects différents de la franc-maçonnerie, probablement tous deux vrais à leur manière : d’une part, la franc-maçonnerie (autre nom de la franc-maçonnerie) est vue et racontée comme une société initiatique et philanthropique, d’autre part elle reste intrinsèquement une organisation qui, derrière le bouclier du secret, il noue des relations avec le monde dit « profane », c’est-à-dire extérieur, pour les intérêts de ses affiliés. Et parfois, pour ces intérêts, la frontière entre la légalité et l’illégalité a été franchie. 

Selon Pinotti, la franc-maçonnerie est l’une des deux grandes « structures systémiques » qui se disputent historiquement le pouvoir en Italie : d’une part, celle des francs-maçons, avec une forte présence dans le temps en Italie de 300 ans ; de l’autre, celle de l’Église catholique, puissance forte par excellence.

L’entrée du siège du Goi à Milan (Photo LaPresse – Mourad Balti Touati)

Les loges maçonniques sont nées au Moyen Âge, à partir des corporations, ou corporations de maçons. Le nom dérive du maçon français  qui signifie maçon. Les loges sont les groupes individuels qui composent l’obéissance. Comme l’écrit Antonella Beccaria dans le livre Les secrets de la franc-maçonnerie en Italie, « Le mot loge apparaît pour la première fois en 1278. Il est contenu dans les papiers qui dressent les plans d’une abbaye française et identifient une sorte de casemate, un entrepôt où étaient entreposés outils et matériaux de construction (…) ils rassemblait maîtres, tailleurs de pierre, apprentis et toujours ici on discutait, planifiait, étudiait et élisait l’architecte. Il représentait une zone libre, indépendante du pouvoir territorial des seigneurs féodaux, des évêques ou des nobles qui régnaient dans cette région. C’est pourquoi les maçons qui se pressaient autour des chantiers et des loggias sont définis comme libres ». La franc-maçonnerie est donc née des corporations de tailleurs de pierre et de bâtisseurs.

C’est au XVIIIe siècle que la franc-maçonnerie commence à se transformer d’une corporation regroupant des groupements d’artisans et de maîtres maçons en une association d’études où sont également abordés de grands thèmes philosophiques. La naissance de la franc-maçonnerie moderne remonte à 1717 lorsque les loges des maçons anglais se sont regroupées en une seule loge, la Grande loge, également ouverte aux personnes extérieures à la soi-disant « maçonnerie ». Au fil du temps, la Grande Loge, et les loges qui suivirent, abandonnèrent complètement la connotation opérationnelle pour se consacrer à des intérêts culturels et d’études.

En 1723 furent rédigées les constitutions qui devinrent en pratique les lois de la franc-maçonnerie. Les Constitutions imposaient aux affiliés de ne pas traiter de questions politiques et religieuses et de toujours respecter les règles des pays auxquels ils appartiennent. La franc-maçonnerie (une autre définition qui désigne la franc-maçonnerie) s’est rapidement implantée dans les élites aristocratiques et dans les classes militaires, mais elle est également devenue un lieu de rencontre symbolique pour des personnes qui discutaient ouvertement. La société civile de l’époque se formait dans les loges. Depuis l’établissement de la Grande Loge en Angleterre, les francs-maçons se heurtent à l’Église catholique : en 1738 le pape Clément XII établit, sous peine d’excommunication, l’interdiction d’affiliation à la confrérie (autre terme pouvant remplacer la franc-maçonnerie).

L’intérêt de la franc-maçonnerie pour la politique a commencé à se manifester à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Les francs-maçons ont commencé à s’intéresser aux lois et aux gouvernements et à tenter d’intervenir dans les processus décisionnels de leur propre pays. Dans de nombreux pays, l’obéissance a défié le pouvoir des dirigeants en faisant avancer des idéaux égalitaires. 

En Italie les premières loges voient le jour en 1730-1740, tandis que la naissance officielle du Grand Orient d’Italie est datée de 1805. Le grand maître est alors le vice-roi d’Italie, Eugenio di Beauharnais : Ugo Foscolo fait également partie de sa loge. La franc-maçonnerie italienne s’identifie aux classes dirigeantes libérales au XIXe siècle : lorsque la Grande Loge d’Italie voit le jour en 1908, elle est très active politiquement et se fixe comme objectif déclaré la modernisation et la sécularisation du pays. Contre la politisation excessive des loges, cependant, naissent aussi des courants plus spiritualistes, concentrés sur les études théosophiques et qui considèrent l’intérêt politique comme une dégénérescence. 

En 1925, ce que Benito Mussolini appelait des « lois très fascistes » interdisait effectivement la franc-maçonnerie en Italie. La franc-maçonnerie s’est reconstituée en 1944, assumant depuis lors un rôle fondamental et souvent conditionnant dans l’économie et la politique, jusqu’à la dégénérescence des années 70 et 80 et le scandale de la loge P2.

La  loge Propaganda 2 , plus connue sous le nom de P2, a été fondée dans le Grand Orient d’Italie par Licio Gelli : les listes secrètes des membres ont été découvertes dans sa villa de Castiglion Fibocchi, dans la province d’Arezzo, en mars 1981. L’ordre de recherche a été signé par les juges d’instruction milanais Gherardo Colombo et Giuliano Turone qui enquêtaient sur l’enlèvement présumé du banquier lié à la mafia, Michele Sindona .

La loge P2 comprenait des membres politiques, des hauts gradés militaires, des journalistes, des agents des services secrets et des acteurs importants de la finance. En plus d’être couverte (les membres ne figuraient pas sur les listes officielles du Grand Orient d’Italie), la loge P2 était subversive : l’objectif poursuivi était de conditionner et d’orienter, par tous les moyens, les décisions de l’État et de contrôler le gouvernement de la République. La loge a développé ce que Gelli a appelé le «plan de relance démocratique»: son objectif ultime était la formation d’un gouvernement marqué par l’autoritarisme.

Des enquêtes ultérieures ont révélé que P2 avait joué un rôle important dans la stratégie de tension et dans la conception et l’organisation de certains des massacres qui ont eu lieu en Italie entre les années 1960 et 1980. Les membres du P2 étaient Silvio Berlusconi et Maurizio Costanzo, Vittorio Emanuele di Savoia, le chef du Bureau des affaires confidentielles du ministère de l’Intérieur Federico Umberto D’Amato, les banquiers Michele Sindona et Roberto Calvi , le directeur du Corriere della Sera Franco Di Bella et l’éditeur Angelo Rizzoli, les hommes politiques Enrico Manca, Fabrizio Cicchitto, Pietro Longo, Emo Danesi, Publio Fiori, Silvano Labriola. La liste des membres a été rendue publique par la présidence du conseil le 21 mai 1981. 

Licio Gelli a été expulsé du Grand Orient d’Italie et la loge P2 a été dissoute. Cependant, ce n’était pas une loge née de rien : sa création avait été autorisée par les dirigeants du Grand Orient d’Italie. Le scandale P2 a été suivi d’autres ainsi que de nombreuses enquêtes judiciaires ces dernières années qui ont mis au jour des liens entre francs-maçons et organisations criminelles. Pourtant la confrérie continue d’attirer de nouveaux membres et d’exercer un charme considérable, même dans des tranches d’âge insoupçonnées.

Le nombre de membres italiens de la franc-maçonnerie est loin de celui des pays dans lesquels la franc-maçonnerie s’est de plus en plus enracinée, comme le Royaume-Uni, où la Grande Loge d’Angleterre compte à elle seule 200 000 membres et 6 800 loges, la France (150 000 membres), le Canada (70 mille) ou aux États-Unis où l’on compte même 1,3 million de francs-maçons (mais ils étaient 2 millions dans les années 1990). Cependant, le nombre de francs-maçons italiens est supérieur à celui d’autres pays comme l’Allemagne et l’Espagne, et surtout la franc-maçonnerie italienne attire de nouveaux affiliés malgré le fait que ces dernières décennies, les enquêtes de la justice ont fait ressortir des côtés sombres et dangereux dans de nombreuses loges. . Dans divers cas, des liens ont été prouvés entre les loges maçonniques et la Camorra, la mafia et la ‘Ndrangheta.

La région italienne avec le plus grand nombre de loges maçonniques est la Toscane, et Florence est la ville où vivent le plus de maçons, environ 2 mille. Il y a un franc-maçon pour 183 habitants. Après Florence vient Turin, puis Rome et Milan. Les données sont contenues dans le livre de Pinotti.

Le symbole de la loge Ausonia à Turin, l’une des plus anciennes d’Italie (© SILVIO FIORE / LAPRESSE)

Les chiffres officiels ne comprennent pas les loges dites couvertes qui regroupent des personnes qui ne veulent pas faire savoir qu’elles font partie de la franc-maçonnerie. Ce sont souvent des personnages très en vue, dont les noms ne sont inscrits dans aucune liste mais sont seulement « dans l’oreille »: c’est ainsi que sont les francs-maçons dont le nom n’est connu que du Grand Maître, ou Vénérable Maître, le chef de la loge. identifié. Les loges couvertes sont agréées par la confrérie et font partie de l’histoire de la franc-maçonnerie. Mais il y a aussi les loges dites parasites, c’est-à-dire des loges non autorisées et non reconnues par les confréries officielles : en Italie elles seraient même 200, parfois créées pour favoriser des intérêts criminels.

Licio Gelli (Ansa)

La tranche d’âge entre 40 et 60 ans constitue la principale composante parmi les adhérents de la franc-maçonnerie italienne (environ 40%). Le deuxième groupe est celui des 60 ans et plus. Au Grand Orient d’Italie 6% des membres ont entre 18 et 25 ans, tandis qu’à la Grande Loge le groupe le plus jeune représente 9%. La tranche d’âge entre 25 et 40 ans représente 22% des membres du GOI et 25% de la Grande Loge.

L’image de la franc-maçonnerie n’est souvent associée qu’à des personnalités célèbres ou à des personnalités historiques éminentes. En réalité ce n’est pas le cas, car n’importe qui peut appartenir à la franc-maçonnerie. Il est vrai que Mozart, Garibaldi, Foscolo étaient des francs-maçons, pour n’en citer que quelques-uns, mais à côté d’eux il y avait de petits artisans, des gens de toute origine.

Dans la loggia du Palazzo Giustiniani (ainsi, de son siège romain historique, le Grand Orient d’Italie est indiqué), les ouvriers ne représentent aujourd’hui que 2%, les enseignants 20%, les employés 11%, les indépendants 30%, les entrepreneurs 15%, les retraités 22 %. Dans la Grande Loge, communément appelée Piazza del Gesù, où elle est basée, les indépendants sont 45%, dans la Grande Loggia régulière d’Italie, ils sont 42%. Quant aux diplômes, les données sont plus ou moins homogènes pour les trois obédiences : environ 25 % des inscrits ont un diplôme d’études secondaires, 70 % sont diplômés, tandis que 5 % n’ont terminé que le collège. .

Le siège actuel du Grand Orient d’Italie, villa il Vascello, à Rome (Photo Goi)

Approcher le monde de la franc-maçonnerie, c’est aborder un langage bien particulier. L’ agape est par exemple la réunion conviviale des francs-maçons, l’ apprenti est le premier degré acquis après affiliation, être brûlé entre les colonnes  signifie être expulsé avec indignité, l’ exeat est l’autorisation de passer d’une loge à l’autre, le tableau d’accusation  est le série d’accusations dans un procès maçonnique. On n’arrête pas d’être maçons, ceux qui quittent la franc-maçonnerie vont dormir . Lorsqu’un franc-maçon meurt, il se rend dans l’ Orient éternel . L’année maçonnique ne va pas de janvier à décembre mais de mars à février, en observant la tendance du zodiaque. 

Pour comprendre le monde de la franc-maçonnerie, il est utile de connaître son premier rituel, c’est-à-dire l’affiliation. C’est un rituel long et complexe, composé d’anciens symboles et formules qui paraissent incompréhensibles et qui finalement rappellent toujours le même concept : la fraternité, la défense des autres affiliés, le partage de secrets qui ne peuvent être révélés. Le candidat à entrer dans une loge arrive au temple (le nom ronflant avec lequel le siège est indiqué) au jour fixé, à l’heure symbolique de midi, et est confié au Maçon qui a la position de maître préparatoire expert, qui lui bande les yeux et le prive des objets métalliques et de l’argent qu’il a sur lui.

L’enseignant préparatoire expert prononce la phrase « Je suis votre guide, faites-moi confiance et suivez-moi ». Le candidat entre dans ce qu’on appelle un cabinet de réflexion, une petite pièce au tapis noir, le bandeau retiré et laissé seul. Peu de temps après, le professeur préparatoire revient et dit au candidat : ​​« Profane, la Société dont tu veux faire partie veut que tu répondes aux questions que je te présente. Vos réponses feront décider à l’Assemblée si vous pouvez ou non être admis ». Le candidat remplit alors une feuille en double exemplaire, avec pour en-tête A : .G : .D : .G : .A : .D : .U :., écrit exactement comme ceci, avec trois points après chaque lettre. C’est l’acronyme de « A la gloire du grand architecte de l’univers ». Les questions sont : Que devez-vous à l’humanité ? Que devez-vous à la Patrie ? Que vous devez-vous ? 

Les réponses constituent le soi-disant Testament et sont ensuite discutées par la loge, qui les approuve ou les rejette, rejetant, dans ce second cas, la candidature. Le profane est alors retiré de sa chemise, laissant l’épaule gauche et le côté libres. La jambe droite est découverte. Le professeur préparatoire explique au profane les raisons de ces gestes rituels. Le flanc gauche est découvert en signe de sincérité et de franchise et signifie selon la tradition « qu’aucun sentiment égoïste ne doit isoler le franc-maçon de ses frères ». La découverte de la jambe droite symbolise plutôt « l’imperfection de l’esprit obscurci par les erreurs, les préjugés et les superstitions ».

On lui fait enlever la chaussure du pied gauche et enfiler une pantoufle : « Cela fait référence à une coutume des Orientaux qui se déshabillaient avant de fouler le sol d’une enceinte sacrée ». Ensuite, le profane se fait passer une corde autour du cou : « La corde symbolise le cordon ombilical qui retient le bébé à sa matrice dans l’effort suprême pour se faire jour. Puis à nouveau le bandeau lui est mis sur les yeux : « Ce bandeau signifie, avec un aveuglement apparent, votre ignorance de la franc-maçonnerie. » Suivent d’autres formules très longues, des phrases récitées, des gestes répétés. À la fin, l’aspirant maçon est admis dans le temple, de forme rectangulaire, décoré en bleu et avec une seule porte qui doit être orientée vers l’ouest. Le vénérable, c’est-à-dire le grand maître de la loge, est assis sur un trône. 

Après que le profane a été introduit dans le temple, un des frères de la loge pointe une épée vers son cœur et le vénérable maître dit : « L’épée qui est pointée dans la direction de votre cœur – toujours prête à punir le parjure – est un symbole de remords qui vous torturera si vous trahissez cette institution dont vous voulez faire partie, ou si vous avez demandé l’admission afin d’utiliser la franc-maçonnerie pour obtenir des avantages sociaux et économiques ». On explique alors à l’aspirant maçon qu’il devra garder le secret de ce qu’il entendra à l’intérieur du temple, qu’il devra pratiquer la vertu, toujours aider ses frères, prévenir leurs besoins, atténuer leurs malheurs. 

A la fin de la longue cérémonie, après d’autres passages symboliques, les membres de la loge se rangent autour du candidat coiffé d’une cagoule, puis pointent leurs épées vers celui qui s’apprête à être initié. Le profane est fait s’agenouiller sur son genou droit, puis le vénérable, descendu du trône, dit : « Je vous initie. Je te maquille. Je fais de toi un apprenti franc-maçon ».

Les mots sont ponctués de traits de la chemise, symbole du commandement maçonnique, sur l’épée. Le vénérable professeur fait lever l’initié, lui fait trois bisous et lui dit « tu es mon frère ». À ce stade, l’initié reçoit deux symboles : un tablier et une paire de gants blancs. La franc-maçonnerie, à ce moment-là, a un nouvel affilié. Toute la cérémonie symbolise le passage d’une vie antérieure à une nouvelle vie. Le tablier, qui pour les apprentis est en cuir blanc (le blanc représente la pureté) était un élément fondamental de l’uniforme des maçons, tailleurs de pierre et contremaîtres.

Un bijou avec les symboles maçonniques de l’équerre et du compas réalisé par un prisonnier de guerre français capturé par les Britanniques pendant les guerres napoléoniennes (Photo de Jack Taylor / Getty Images)

Tout au long de l’histoire, Giordano Bruno, Napoleone Bonaparte, Camillo Benso comte de Cavour, Niccolò Paganini, Cesare Beccaria, Giovanni Pascoli, Gabriele D’Annunzio, Enrico Fermi, Giosuè Carducci, Carlo Collodi, Ugo ont subi ce rituel. Mais aussiRobert Stephenson Smyth Baden-Powell, fondateur du Scoutisme, Buffalo Bill, Sigmund Freud, Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne, l’entrepreneur Henry Ford, l’aviateur Francesco Baracca, l’astronaute John Glenn, les acteurs John Wayne, Clark Gable, Totò, Gino Cervi, Oliver Hardy, l’amiral britannique Horatio Nelson, le révolutionnaire vénézuélien Simon Bolivar, le maire de New York Fiorello La Guardia, Benjamin Franklin. Le franc-maçon était le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, et de nombreux présidents américains étaient des francs-maçons, dont George Washington, Theodore Roosevelt, Franklin Delano Roosevelt, Gerald Ford. 

C’est l’union entre tous les membres, leur relation, qui crée la puissance de la franc-maçonnerie. Dans une loge moderne, vous pouvez rencontrer le directeur d’un journal, le chef d’une grande entreprise, un général des carabiniers et le secrétaire d’un parti politique. Ce qu’ils disent lors des réunions maçonniques reste secret par règle. La conséquence est que la fraternité, avec ses réunions de pouvoir, a en quelque sorte influencé et influence encore la politique, la finance, l’économie, les affaires. Pinotti dit : « La franc-maçonnerie est le pouvoir fort qui lie depuis plus de trois siècles les hautes fonctions de l’État et les rôles clés de la politique et de l’économie, le ciment invisible qui unit des figures apparemment éloignées ». 

Un exemple de pouvoir maçonnique est lié à la montée et à la chute du fascisme. De nombreux Sansepolcrins, soit dix-neuf novices, étaient des francs-maçons, c’est-à-dire ceux qui ont rejoint le fascisme le 23 mars 1919, au moment de sa fondation, sur la Piazza San Sepolcro à Milan. Mussolini puis en 1925 fait promulguer par le parlement une loi sur la discipline des associations, obligeant de facto les obédiences à se dissoudre : les loges italiennes sont reconstruites à l’étranger. Le 25 juillet 1943, lorsque Mussolini est destitué, la plupart des membres du Grand Conseil du fascisme qui votent contre lui sont des francs-maçons.

Que de nombreux politiciens italiens, entrepreneurs, personnalités financières aient été et soient toujours affiliés à la franc-maçonnerie est bien connu. « Un tiers des membres de l’Assemblée constituante étaient des maçons », dit Pinotti : « sur 556 membres, il y avait 185 maçons ». Il s’agissait des francs-maçons Enrico De Nicola, premier président de la République, et Giuseppe Saragat, cinquième président. C’étaient les francs-maçons Giuseppe Garibaldi et probablement Giuseppe Mazzini.

Aujourd’hui, il est difficile de nommer les politiciens maçonniques, et les personnes concernées nient et souvent poursuivent. Les politiciens sont pour la plupart affiliés sur la pointe de l’épée, ou sur l’oreille, c’est-à-dire sans que le nom soit transcrit et avec un degré de secret encore plus grand. En septembre 2014, un éditorial écrit par le rédacteur en chef du Corriere della Sera de l’époque , Ferruccio de Bortoli, a suscité une grande controverse, qui a écrit sur le gouvernement Renzi et le soi-disant pacte nazaréen avec Silvio Berlusconi : della Repubblica, peut-être début 2015 Il conviendrait de connaître tout son contenu réel. Le libérant de divers soupçons (est-ce que cela concerne aussi Rai ?) et, last but not least, de l’odeur renfermée de la franc-maçonnerie ».

Avant les élections de 2018, Stefano Bisi, Grand Maître du Grand Orient d’Italie, a déclaré dans une interview que tous les partis ont nié avoir des maçons sur leurs listes :

Malheureusement en Italie, comme dans d’autres pays, il y a encore un préjugé anti-maçonnique. Comment expliquez-vous que la veille un candidat est fiable, bon et le lendemain, parce qu’il s’avère qu’il est franc-maçon, il n’est plus bon ? Cela me semble un préjugé très fort. 

Bisi a ensuite répondu à la question de savoir quel était le lien entre la franc-maçonnerie et la politique : 

Il peut y avoir un lien dans le sens d’appartenance d’un frère, d’un franc-maçon à un parti, à un mouvement politique. Un franc-maçon n’est pas un citoyen de seconde classe, c’est un citoyen comme tous les autres, des citoyens de seconde classe, une personne qui peut décider de consacrer son temps à la vie publique, à la vie sociale, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Il existe un deuxième niveau de franc-maçonnerie, comme l’explique Pinotti, qui exploite l’utilisation du secret comme moyen de pouvoir échappant au contrôle de l’État. Au fil du temps, cela a favorisé l’établissement de relations avec le monde du crime organisé ou des services secrets déviants et avec le terrorisme, comme dans le cas de P2.

Selon la Commission anti-mafia, il existe plus de 200 loges irrégulières ou illégitimes, souvent infiltrées. « La vérité », dit Rizzardini, « c’est que l’on sait très peu de choses sur la franc-maçonnerie déviante. Les listes P2 elles-mêmes qui ont été trouvées étaient probablement incomplètes. Cependant, chaque confrérie maçonnique doit malheureusement savoir qu’elle peut avoir des phénomènes de déviation interne. Ensuite, il y a un autre aspect qui est celui de la franc-maçonnerie déviée avec une inclination à des fins criminelles. Des organisations telles que la Mafia, la Camorra, la ‘Ndrangheta utilisent la franc-maçonnerie comme couverture pour encourager l’agrégation à d’autres fins ». Selon Rizzardini, il s’agit en tout cas de « cas isolés ».

Le temple du Grand Orient d’Italie à Milan (Photo LaPresse – Mourad Balti Touati)

Pourtant, ces liens existent. Il y a ceux qui font remonter la relation entre la mafia et la franc-maçonnerie à la Seconde Guerre mondiale, lorsque la maçonnerie présente dans les services secrets et les hauts commandements américains et britanniques a utilisé des infiltrés maçonniques italo-américains pour entrer en contact avec la mafia afin de faciliter le débarquement de les alliés en Sicile. « Les prémisses ont alors été créées pour cette relation » déviante, explique Pinotti. « Ensuite, le lien a continué sous le radar et s’est parfois transformé en un dialogue entre des éléments du crime organisé, les soi-disant cols sales, et les mondes de l’économie officielle. »

De nombreux collaborateurs de justice ont soutenu que Matteo Messina Denaro , le chef fugitif de la Cosa Nostra, a eu des contacts fréquents avec des loges maçonniques. Quelqu’un spécule qu’il est lui-même franc-maçon. Stefano Bontade, un autre chef de la mafia, a fondé la loge du Trecento, établissant une alliance organisée entre la franc-maçonnerie et la mafia qui cherchait des canaux de blanchiment d’argent et d’insertion dans les circuits légaux. « Le magistrat Nicola Gratteri », dit Pinotti, « a expliqué qu’en Calabre il y a une réalité, appelée le Saint, qui fait de la relation avec la franc-maçonnerie un fait organique ».

Une loge couverte en soi n’est pas synonyme de loge illégale, ni de membres qui veulent contourner la loi. Pinotti dit : « les loggias couvertes ont toujours existé et existent toujours. Par exemple, on dit que les hauts gradés militaires italiens préfèrent participer à des loges réservées ou couvertes établies à l’étranger, précisément parce qu’ils ne veulent pas que leur nom apparaisse dans une liste italienne ».

Le siège du Goi à Naples. Notez les éléments qui doivent être présents dans le temple : le drapeau national, deux tables, la statue de Minerve, l’œil dans le triangle, l’épée, le candélabre à sept lumières, le soleil qui doit toujours être à droite du Grand Maître. (Gérer)

Le secret, selon Rizzardini, ne doit pas nécessairement être considéré comme un élément négatif : « Le secret est une caractéristique typique de la culture occidentale, toutes les connaissances occidentales en termes d’académies, d’expériences, d’inventions techniques sont caractérisées par le secret. Tout ce que vous vouliez protéger était défini comme secret, qu’il s’agisse d’un savoir ou d’une technique de traitement, même les couleurs de la peinture de la Renaissance étaient tenues secrètes. Ces concepts de garde et de protection ont été hérités de la franc-maçonnerie contemporaine. Le lien du secret n’est rien d’autre que la protection de quelque chose qui doit être gardé et qui ne doit pas apporter d’aspects sinistres. La règle maçonnique est la suivante : dans la société, chacun doit divulguer ce qu’il veut, mais dans le temple, le secret doit être gardé ».

L’article 18 de la Constitution italienne dit : 

Les citoyens ont le droit de s’associer librement, sans autorisation, à des fins qui ne sont pas interdites aux personnes par la loi pénale. Les associations secrètes et celles qui poursuivent, même indirectement, des buts politiques par l’intermédiaire d’organisations à caractère militaire sont interdites.

Mais la franc-maçonnerie n’est pas une association secrète et ses membres ne sont pas tenus de cacher leur appartenance à une loge. Il appartient à chaque membre de décider s’il appartient ou non à la fraternité. Mais il ne fait aucun doute non plus qu’il y a des aspects de l’appartenance à la franc-maçonnerie qui restent nébuleux et occultes. En 1982, après le scandale P2, la loi n.17 du 25 janvier 1982, dite Spadolini-Anselmi, a été approuvée, qui dit :

Sont considérées comme associations secrètes, comme telles interdites par l’article 18 de la Constitution, celles qui, même au sein d’associations manifestes, dissimulent leur existence ou gardent en commun des buts et des activités sociales secrets ou font ignorer, en tout ou en partie et même réciproquement, la actionnaires, mènent des activités visant à entraver l’exercice des fonctions des organes constitutionnels, des administrations publiques, y compris celles à régime autonome, des organismes publics, y compris économiques, ainsi que des services publics essentiels d’intérêt national.

La loi n’établit cependant pas de critères précis et surtout ne permet pas aux préfectures et au ministère de l’Intérieur de prendre possession des listes des membres de la franc-maçonnerie. En 2017, la commission anti-mafia dirigée par Rosy Bindi demande au Grand Orient d’Italie les noms des membres des loges, mais l’obédience refuse de remettre les listes. C’était la Guardia di Finanza qui se rendait dans les temples maçonniques des régions où le mélange entre organisations criminelles et franc-maçonnerie était considéré comme plus fort, et pour les acquérir.

« Ensuite, il y a une question très délicate dont on parle rarement », conclut Pinotti, « et c’est la double appartenance de la magistrature et de la franc-maçonnerie ». Comment un juge se comporterait-il s’il devait juger quelqu’un appartenant à sa loge ? Aucune loi n’oblige un magistrat à déclarer publiquement qu’il est maçon. Cependant, la région de Sicile et la région de Toscane ont approuvé des règles qui obligent ceux qui exercent une fonction publique à déclarer leur éventuelle appartenance à la franc-maçonnerie. Ces deux lois ont donné lieu à des recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.

Les Cahiers Bathilde Vérité N°1

Hermès ou la fortune d’un nom-Du Dieu malin au grand initié

Travaux de la Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge Féminine de France

Édition Numérilivre, 2022, 128 pages, 15 €

Ce premier cahier, qui avec sa couverture blanche, immaculée et lumineuse, synonyme de pureté, d’innocence, de paix, de sagesse mais aussi de simplicité et de sobriété, est mise en valeur grâce à la symbolique de l’illustration que nous devons à Françoise Sabadell, Vénérable Maître de la Loge Nationale de Recherche Bathilde Vérité N°1, est une sorte de cadeau offert à toutes les Sœurs à l’occasion de l’anniversaire de l’Obédience.

Françoise Sabadell, dans le paysage maçonnique français, n’est pas une inconnue. Certains s’en souviennent, en 2015, au 13e Salon Maçonnique du Livre de l’Institut Maçonnique de France, à La Bellevilloise à Paris, elle avait animé une table ronde sur « Les femmes en franc-maçonnerie » et, en 2016, une autre sur « Des rites et des ‘’Hommes’’ ». Et plus près de nous, en 2021, au 12e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique dont le thème était « La Franc-Maçonnerie, une tradition futuriste » Françoise Sabadell avait participé à la table ronde « Tradition et progrès : affrontement ou enrichissement mutuel ».

Illustration de notre TCS Françoise Sabadell

L’illustration de la première de couverture aiguise notre sagacité et suscite tout notre intérêt puisqu’elle comporte, à bien y regarder, moult emblèmes alchimiques.

Mis en scène par des légendes, contes et récits, l’arbre – central, véritable pilier et axe du monde – l’arbre – aux branches chargées de Soleil, Lune et d’étoiles – joue les intermédiaires entre les mondes souterrains, terrestre et célestes et nous transmet comme pouvoirs la force, la sagesse aussi accompagnée d’une certaine idée de l’immortalité.

Les 4 éléments

De la science d’Hermès, y sont figurés les quatre éléments que sont le Feu, Air – deux têtes avec un mouvement respiratoire produisant du souffle –, Eau – deux flaques de part et d ‘autre de l’arbre –, Terre et leurs représentations symboliques simplifiées à base de triangles équilatéraux – triangles dont Platon avait exalté la beauté mystique. L’alchimie étant le domaine des symboles –

Tableau alchimique

reçus d’antiques traditions issues de la Mésopotamie, de l’Assyrie, de la Perse, de l’Egypte et même la Chine ou l’Inde – il nous faut les trois principes métalliques : le soufre , le mercure , le sel que nous trouvons sous forme florale, à droite de l’arbre.

Sceau GLFF
Sceau GLFF

Mais revenons sur la Grande Loge Féminine de France (GLFF). Créée en 1945, l’Union maçonnique féminine de France devient officiellement, en 1952, la Grande Loge Féminine de France. Et c’est en 1959 que le Rite Écossais Ancien et Accepté devient le rite de l’obédience en remplacement du Rite d’Adoption. Pour mémoire, souvenons-nous que dès 1774, des Loges féminines, appelées Loges d’Adoption, existent sous l’égide de loges masculines du Grand Orient de France.

Catherine Lyautey, Grande Maîtresse

La GLFF compte aujourd’hui près de 14 000 Sœurs et est forte de 452 Loges réparties en France métropolitaine mais aussi en Outre-Mer, dans l’Océan indien, le Moyen Orient et les continents africain et européen (4 continents et 20 pays). Depuis 2021 elle est présidée par Catherine Lyautey.

Depuis 77 ans donc, la GLFF permet l’émancipation, le perfectionnement et l’autonomie des femmes qui se rassemblent autour des valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité. Connue pour le sérieux de ses commissions nationales – Droits des Femmes, Histoire et de Recherches Maçonniques, Laïcité, Éthique et Bioéthique – la GLFF qui œuvre aussi auprès des instances européennes avec l’Institut Maçonnique Européen (IME) a un double objet : la démarche initiatique et spirituelle d’une part, la défense des droits des femmes et de la laïcité d’autre part. Prônant toujours la promotion de valeurs de progrès.

Louise Thérèse d’Orléans, Duchesse de Bourbon par Louis-Michel van Loo, Musée des Beaux-Arts, Narbonne

Sur le plan littéraire, nous lui devons la belle collection Voix d’Initiées qui permet déjà de faire connaître et de porter les réflexions et les travaux des membres de l’obédience (ouvrages disponible sur www.conform-edition.com). Collection récompensée en 2012, dès son deuxième livre,  par un prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF), en catégorie Essais, pour Cris, révoltes et dévoilements – Des violences faites aux femmes (Éd. Conform, 2012). Les violences faites aux femmes furent la Grande Cause Nationale de l’année 2010. Une juste récompense pour un ouvrage qui fut réédité et complétée par le rapport de la Commission des DDF au Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (Cedaw) en 2014.

Désormais, la GLFF publie Les Cahiers Bathilde Vérité. Un premier numéro de belle facture.

Après une préface de la grande maîtresse. Qui évoque. Le passé est donc l’origine. De la loge nationale de recherche. Qui fut acceptée par un vote au Convent en 2019 de la GMF. Marie-Dominique Massoni, première Vénérable Maîtresse de cette Respectable Loge, en donne la thématique « Sous le signe d’Hermès et l’égide de Bathilde ». Nos sœurs « ont décidé d’approcher les origines et les évolutions du légendaire liées à Hermès et à Todd réunis à Alexandrie ».

Signature de Louise Marie Thérèse Bathilde d’Orléans

En 16 chapitres, Les Cahiers Bathilde Vérité nous offre un fabuleux et merveilleux voyage. À commencer par plusieurs textes qui décrivent le profil d’Hermès.

Hermès Trismegiste

Dont un, plus particulièrement, qui raconte l’histoire de sa prime enfance, un hymne homérique à Hermès. Pour beaucoup, ce cahier permet de découvrir des aspects méconnus de la vie d’Hermès, que les Grecs ont désigné sous le nom d’Hermès trismégiste (Hermès trois fois grand), dieu lunaire des Égyptiens Thot qui, dans l’Égypte antique était essentiellement le dieu de l’écriture et le scribe des dieux au savoir illimité. La civilisation gréco-égyptienne, développée sous les Ptolémées, attribua une extrême importance à Hermès Trismégiste.

Représentation d’Hermès Trismégiste tiré de Viridarium chymicum, D. Stolcius von Stolcenbeerg, 1624

Sous l’influence des idées évhéméristes, néoplatoniciens et chrétiens le regardèrent comme un ancien roi d’Égypte, inventeur de toutes les sciences, dont il aurait enfermé les secrets dans des livres mystérieux. Avec la Tabula Smaragdina , la Table d’émeraude, qui reste, encore aujourd’hui, un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique.

Hermes mercurius Trismegistus, cathédrale de Sienne

Ne voit-on aps apparaître, à partir du IIIe ou du IIe siècle av. J.-C., apparaître dans l’Égypte hellénistique des textes grecs attribués au personnage mythique d’Hermès Trismégiste, détenteur de toutes les connaissances, et regroupant un ensemble hétéroclite de textes (les Hermetica) à caractère parfois alchimique, mais aussi magique, astrologique ou médicinal, qui culmine avec les traités mystico-philosophiques du Corpus Hermeticum

La Table d’émeraude gravée sur un rocher dans une édition de l’Amphitheatrum Sapientiae Eternae (1610) de l’alchimiste allemand Heinrich Khunrath.

Ces premiers Cahiers nous invite même à y lire une traduction de ce texte emblématique à travers la traduction d’Hortulain. Étant un texte difficile à comprendre pour les non-initiés, Hortulain, mystérieux alchimiste du XIVe siècle, proposa une explication à travers son célèbre commentaire. C’est ainsi que l’auteur partagea son interprétation détaillée des formules allégoriques présentes dans la Table d’émeraude : « Moi donc Hortulain, c’est-à-dire jardinier, ainsi appelé à cause des jardins maritimes, indigne d’être appelé disciple de philosophie, étant ému par l’amitié que je porte à mes très chers, j’ai voulu mettre en écrit la déclaration et explication certaine des paroles d’Hermès, père des philosophes, quoi qu’elles soient obscures ; et déclarer sincèrement toute la pratique de la véritable œuvre. »

Enfin, la question se pose de savoir qui était Bathilde Vérité, nom choisi par la Loge Nationale de Recherche. Louise Marie Thérèse Bathilde d’Orléans (1750-1822), duchesse de Bourbon et princesse de Condé, princesse du sang – fille du duc d’Orléans, femme de Louis-Joseph de Bourbon prince de Condé et mère du duc d’Enghien –, se découvre animée d’une foi en la République, comme son frère, Philippe Égalité et prend le nom de « citoyenne Vérité ». Menacée, elle offre ses biens à la République avant de se les voir confisquer. Miraculeusement réchappée de la Terreur, Bathilde d’Orléans est libérée après Thermidor et retourne s’installer au palais de l’Élysée.

En historienne reconnue, Françoise Moreillon est sans doute la Sœur qui en parle mieux. Extrait « Des femmes remarquables»dans La Chaîne d’Union 2014/1 (N° 67, p. 46 à 53) 

: « … La duchesse de Bourbon trouve dans la franc-maçonnerie, un milieu qui répond à ses aspirations sociales et spirituelles. La date et le lieu de l’acceptation de la duchesse de Bourbon dans la franc -maçonnerie n’est pas connue mais le registre de la Loge d’Adoption de La Candeur révèle qu’elle est une franc-maçonne active au moins de 1775 à 1785. Grande Maîtresse de toutes les Loges d’Adoption de France, la princesse Bathilde est aussi Grande Maîtresse de la loge La Candeur et son titre n’est pas seulement honorifique.

C’est entre ses mains que le 5 février 1778 la Comtesse Jules de Rochechouart prête son obligation et qu’elle est reçue au nombre des sœurs de la Loge de La Candeur. Le 22 avril 1779, elle se comporte de façon exemplaire en ne consentant à prendre connaissance du grade de Maçonne Parfaite, qu’après en avoir, elle-même, subi les épreuves, comme une simple maîtresse.

Elle qui a toujours souhaité, « qu’il n’y ait entre les hommes que les distinctions que doivent établir la vertu, l’esprit, les talents et l’instruction et que les lois répriment les fortunes considérables » vient goûter en loge au bonheur de l’égalité.

Bathilde Vérité, gravure de Pierre Adrien Le Beau (1774)

Elle qui refuse les dogmes et qui prêche le détachement à l’égard des autorités religieuses, la prière du cœur et l’oraison continuelle apprend dans ce lieu clos, à agir en référence à sa seule conscience.

La loge est pour les femmes comme pour les hommes un lieu privilégié en cohérence avec une époque où l’on prône l’égalité naturelle entre les êtres humains et où l’on rêve de régénérer le monde par la quête des vertus. Comme d’autres femmes instruites, la duchesse de Bourbon a trouvé dans la franc-maçonnerie, un milieu qui répondait à ses aspirations sociales et spirituelles… »

« Bathilde Vérité- La duchesse de Bourbon, citoyen Vérité », cours donné au Campus maçonnique le 8 juin 2021 par Françoise Moreillon – travail nourri des contributions de cinq autres sœurs –, conclut l’ouvrage.

Un premier Cahier qui laisse augurer d’une future livraison, en 2023, riche et intense. Un

incontournable à posséder dans sa bibliothèque.

Le secrétaire du syndicat s’excuse pour la gestion d’Access Social

De notre confrère anglais oxfordstudent.com – Samuel Keny

Le secrétaire de l’Union s’excuse d’avoir manipulé ‘Socio-économique’ organisé conjointement avec le Club 93 % après l’apparition d’hommes en cravate blanche au bar.

Le secrétaire du syndicat, Matthew Dick, s’excuse pour son rôle dans l’organisation de leur « Socioeconomic Social », un événement en collaboration avec le club 93% le samedi 22 octobre , le même jour que les membres de l’Apollo University Lodge, un groupe fraternel familièrement connu en tant que francs-maçons, devaient se réunir à l’hôtel Randolph. C’est la deuxième fois qu’un « Socioéconomique Social » s’affronte avec une réunion d’Apollo Lodge. Cela vient après un événement d’accès à Hilary au cours duquel un grand nombre de francs-maçons étaient au bar après l’une de leurs réunions. Le jour de l’événement, il y avait quatre hommes en cravate blanche visibles au bar, où le Social avait déménagé, bien qu’il ne soit pas possible de vérifier qu’ils étaient francs-maçons.

Les francs-maçons de l’Apollo Lodge sont des étudiants masculins entièrement inscrits à Oxford qui promeuvent la liberté de religion et d’expression, mais croient également en un être suprême et « montrent des caractères manifestement bons« . Plusieurs membres du comité de l’Union sont des membres connus des francs-maçons, notamment le bibliothécaire principal, le Dr Tim Myatt, et plusieurs membres de l’équipe des directeurs du scrutin passés et actuels.

Les dîners du club, qui coûtent 45 £, ont lieu à l’hôtel Randolph deux fois par trimestre et sont souvent suivis de boissons au Union Bar, où les membres assistent en cravate noire, cravate blanche ou uniforme de loge. La Loge a par le passé averti l’Union du moment où leurs événements pourraient avoir lieu, et leur site Web publie ces dates. Cela a entraîné un mécontentement exprimé à la vue d’hommes en cravate blanche apparaissant au « Socio-économique social » qui a été annoncé comme un moyen de « rendre hommage aux personnes issues de milieux socio-économiques non traditionnels« , selon la page Facebook du Social.

En réponse à la controverse, un membre du conseil d’administration de l’Union a déclaré à l’Oxford Student :

« Je suis déçu que cela se reproduise (organisation de l’accès social le jour de la réunion de la loge Apollo) alors que nous avions juré que ce ne serait pas le cas à Hilary [Term]. 93% Club nous a fait confiance, ce que nous avons laissé tomber, et la Société doit sérieusement réfléchir à l’importance d’un accès prioritaire, et comment les membres réagiraient de manière compréhensible si nous n’hébergions qu’un seul terme social socio-économique. »

Il a également ajouté que « les membres ont des frustrations compréhensibles, mais je tiens à me concentrer sur les améliorations apportées par la Société et à relever les défis de manière appropriée ».

Le club des 93 % a également répondu en disant à l’étudiant d’Oxford que :

« Nous sommes déçus que le syndicat n’ait pas fait preuve de diligence raisonnable dans l’organisation de l’accès collaboratif social. Cet affrontement a précédemment créé un environnement peu accueillant pour les 93 % de membres de notre club ; c’est dommage que cela se produise pour la deuxième fois au cours de la dernière année. »

Au cours de la réunion du comité permanent de l’Union lundi, il y a eu plusieurs débats entre les responsables de l’Union sur qui doit être tenu responsable de l’incident. Le président de l’Union a déclaré qu’il « n’était pas au courant » de la tenue d’un événement externe, tandis que le bibliothécaire principal, le Dr Tim Myatt, a déclaré que le barreau de l’Union s’était en fait « préparé » à l’arrivée du franc-maçon. Myatt est un membre connu des francs-maçons.

L’agent socio-économique Connor Egan a rapporté que « quatre hommes en cravate blanche ont été vus flâner dans le bar pendant dix minutes » après que le social socio-économique y ait été déplacé de la salle Goodman avec l’approbation conjointe de l’agent socio-économique et du secrétaire. L’officier a poursuivi en disant que « personne ne s’est plaint » des hommes au moment de l’événement mais qu’il y avait des gens mécontents par la suite.

Avant la réunion, l’étudiant d’Oxford a obtenu des extraits de messages privés internes des membres de l’Union lors de l’organisation de l’événement, dans lesquels le secrétaire de l’Union a écrit « Je suis un franc-maçon » et « Je vais planter le social cette année ». Compte tenu de ces informations, l’étudiant d’Oxford a demandé au secrétaire de l’Union Matthew Dick de clarifier ces commentaires, demandant si quelqu’un pouvait répondre à l’accusation selon laquelle le secrétaire aurait “ plaisanté  » sur “ l’écrasement d’un social pour les étudiants de la classe ouvrière en cravate blanche  ».

En réponse à cela, le secrétaire a déclaré : « Pendant les vacances moi-même, le directeur des communications et le président du comité consultatif ont eu une discussion de groupe où nous parlions de la planification des événements. Nous savions par le passé que des francs-maçons avaient organisé un événement d’accès à l’Union ». Le secrétaire a également déclaré que plus tôt dans la discussion de groupe, il avait mentionné avoir rencontré un événement franc-maçon à Londres et, en plaisantant, a déclaré: « Maintenant, j’ai une connaissance approfondie de la façon dont cela fonctionne. »

Le secrétaire a poursuivi en disant: « Avec le recul, je peux comprendre le bouleversement que cela [a] causé et je suis vraiment désolé que cela se soit produit, et en aucun cas je n’avais l’intention d’écraser un événement que j’avais organisé. »

Dans une réponse séparée au Cherwell , un membre du Comité a déclaré : « [Matthieu] n’est en aucun cas un franc-maçon, ce qui a rendu cette blague particulièrement amusante. Il a été compris à l’époque et dans le contexte par tout le monde dans le chat de groupe comme une blague et est toujours considéré comme une blague.

En réponse à cette controverse, Jenni Lynam, coprésidente de la campagne Class Act, a déclaré :

« Les espaces dans lesquels les gens aiment ceux que représentent à la fois le 93% Club et le Class Act sont si importants pour favoriser un sentiment d’inclusion et de confort. Saper cela est extrêmement préjudiciable et démontre un manque total d’attention et de soins envers une communauté dont la place à Oxford a toujours été contestée ».

Lorsqu’on lui a demandé de commenter l’Oxford Student, l’Oxford Union a répondu :

« L’Oxford Union a organisé un Access Social dans l’après-midi du samedi 22 octobre 2022. L’événement a eu lieu dans la salle Gladstone entre 14h et 16h. L’événement a été bien accueilli et une excellente façon de partager davantage sur la façon de s’impliquer dans l’Union. Notre agent socio-économique n’a reçu aucune plainte concernant le déroulement de l’événement. Il n’y avait pas de «réunion des francs-maçons » à l’Union. Certains membres ont choisi de porter une cravate noire pour un débat qui a eu lieu ce soir-là, certains choisissant de profiter du reste de leur soirée au bar des membres. Le syndicat invite tous les membres de tous les horizons à participer aux nombreux événements que le comité a travaillé sans relâche pour organiser.

Selon un rapport de Cherwell, le syndicat prévoit de présenter des excuses officielles qui promettent qu’un incident de cette nature ne se reproduira pas une troisième fois.

Le dessin de Jissey : Le féminisme & wokisme

0

Après la nette progression égalitaire en Franc-maçonnerie, allons-nous assister au déferlement woke venu d’Amérique ? Rien n’est moins sûr, selon ce qu’en disent les Sœurs françaises, qui proposent des titres d’ouvrages, simplement libertaires, aux éditeurs spécialisés.

31/10/22 : Halloween, la tradition

0

Aujourd’hui, c’est Halloween… Découvrons l’origine, la tradition et l’histoire de la fête de la citrouille…

Comme tous les ans, à la fin octobre, la célèbre fête de la citrouille revient en force ! Quelles sont les origines historiques de la fête d’Halloween ? D’où vient l’histoire de cette célèbre fête que les enfants adorent surtout pour y manger des bonbons ? Pourquoi la tradition de se déguiser et de se faire peur existe-t-elle ?

La fête d’Halloween tire son origine d’une fête celtique

La fête celtique de Samain, dont les origines remontent à plus de 2500 ans, est considérée comme l’ancêtre d’Halloween. Cette fête célébrait la fin de l’année et l’entrée dans la nouvelle année. Les Celtes pensaient que, durant la nuit de Samain, les frontières entre le monde des morts et celui des vivants étaient ouvertes et que les esprits venaient rendre visite aux vivants.

Samain, ou Samhain, est la fête irlandaise aux origines celtes qui célèbre le passage de la saison estivale claire à la sombre saison de l’hiver.

Dans une société qui vit au rythme des moissons, on est bien loin de notre actuel Halloween passé à la moulinette de la culture pop américaine ! 

Samain est réputé pour être l’ancien nom celte de la fête d’Halloween. Si cette affirmation est loin d’être exacte, il est fort possible que cette dernière soit librement inspirée la célébration a priori païenne. En effet, le Samain se situe à la fin de l’année celtique qui correspond à la nuit du 31 octobre au 1er novembre de notre calendrier chrétien.

Dans la mythologie celtique, deux saisons rythment l’année : la saison claire et la saison sombre. La fête de Samhain serait un jour de transition n’appartenant à aucune de ces deux saisons. Elle annonce le passage à la saison sombre ainsi que le début d’une nouvelle année, coïncidant avec la fin de la saison des moissons. Il s’agit de l’une des quatre fêtes religieuses Celtes avec :

Festival de Beltane à Édimbourg EN 2012

Beltaine : passage de la saison sombre à la saison claire ;

Imbolc : fête de purification ;

Lugnasad : fête royale pendant les récoltes célébrant l’abondance et la prospérité.

Le Samain permettrait aux morts de renouer avec les vivants quelque temps. Dans la société celtique, cette fête aurait eu un caractère obligatoire et les absents seraient soumis à la peine de mort. Pendant cette période, toutes les activités sont à l’arrêt :  fin des conquêtes, des hostilités et des travaux agricoles notamment. C’est le moment de régler les conflits et de payer ses dettes.

Le rituel de la fête Samain

La fête de Samain était célébrée 3 jours avant le 31 octobre et 3 jours après, du 29 octobre au 4 novembre d’après notre calendrier grégorien. La semaine se déroulait comme suit :

Jour 1 : mémoire aux héros

Jour 2 : mémoire aux défunts

Jour 3 : cérémonie de la reconnaissance du feu. Après avoir éteint le feu dans leurs habitations, les propriétaires se rassemblaient sur la grande place du village. Les druides allumaient alors un grand feu sacré dans le but d’alimenter des feux joies aux alentours pour éloigner les mauvais esprits. Les habitants utilisaient ce nouveau feu sacré pour chauffer leurs maisons et protéger leur foyer pour l’année.

Jour 4 : grand jour de la Samain. Les morts refont surface. Les habitants ayant perdu un proche laissaient symboliquement la porte ouverte et une place à table pour l’accueillir.

Jour 5, 6 et 7 : rassemblements populaires et familiaux

Du Samhain celte à la Toussaint catholique

Lorsque que le pape Grégoire IV choisi en 835 la date du 1er novembre comme jour de célébration de tous les saints du catholicisme, il est supposé qu’il s’agisse d’une manœuvre d’influence pour détourner les rites païens des peuples celtes vers une foi commune à la chrétienté. En d’autres termes, la Toussaint devait supplanter l’ancienne fête religieuse du Samain, dans un contexte de christianisation de l’Europe. En Irlande, le Samain serait resté encore très populaire. En 998, la création d’une « fête des trépassés » au lendemain de la Toussaint, le 2 novembre, aurait tenté une nouvelle fois d’abandonner pour de bon les anciennes pratiques. Cependant, les morts restaient, encore une fois, majoritairement célébrés au 1er novembre.

Que veut dire « Samain » ?

On ne sait pas tout à fait d’où provient le nom de « Samain ». Si l’on a longtemps cru qu’il signifiait « la fin de l’été » avec sam pour « été » et fuin pour « fin », l’étymologie fait aujourd’hui débat et pourrait signifier, entre autres, la réunion ou le rassemblement.

Selon les pays, l’écriture diffère, mais il s’agit bien de la même fête : Samhain en irlandais/Samhainn ou Samhuin en écossais/Sauin en mannois.

Le mois de Samonios est le premier mois chez les Celtes, comme l’atteste l’un des rares documents en langue gauloise qui nous est parvenu : le calendrier de Coligny. Mais contrairement à ce que l’on peut lire ici et là sur Internet, il n’existe aucune preuve, source ou document historique permettant d’attester que le Samhain était célébré chez les Celtes Gaulois qui peuplaient notre actuel territoire.

La fête de Samhain était-elle vraiment celte ?

D’après l’archéologue Jean-Louis Bruneau, spécialiste de la civilisation proto-celte, les premières sources qui mentionnent la fête de Samain sont très tardives et apparaissent aux débuts du Moyen-Âge. S’il est probable que des célébrations similaires aient eu lieu dans le monde Celte de l’Antiquité, la célébration en tant que telle était tout à fait contemporaine au christianisme montant et « dire d’elle qu’elle était celtique n’a pas de sens ».

La fête de Samain, célébrée en Irlande et en Écosse, a progressivement été supplantée par la Toussaint introduite le 1er novembre par l’Église catholique aux environs du VIIIe siècle.

Du Samhain celte à la Toussaint catholique

Lorsque que le pape Grégoire IV choisi en 835 la date du 1er novembre comme jour de célébration de tous les saints du catholicisme, il est supposé qu’il s’agisse d’une manœuvre d’influence pour détourner les rites païens des peuples celtes vers une foi commune à la chrétienté. En d’autres termes, la Toussaint devait supplanter l’ancienne fête religieuse du Samain, dans un contexte de christianisation de l’Europe. En Irlande, le Samain serait resté encore très populaire. En 998, la création d’une « fête des trépassés » au lendemain de la Toussaint, le 2 novembre, aurait tenté une nouvelle fois d’abandonner pour de bon les anciennes pratiques. Cependant, les morts restaient, encore une fois, majoritairement célébrés au 1er novembre.

Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que la fête d’Halloween devint la fête de la peur que l’on connaît aujourd’hui. À cette époque, les migrants irlandais et écossais s’installent sur le nouveau continent pour fuir la Grande famine en Irlande, et apportent avec eux leurs contes et leurs légendes. Depuis lors, Halloween est fêtée aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Irlande, et en Grande-Bretagne.

Pourquoi se déguise-ton à Halloween ?

Traditionnellement, le soir d’Halloween, les enfants portent des déguisements qui font peur comme de zombies ou de sorcières. Ils sonnent aux portes de leur quartier en demandant des bonbons avec la formule : Trick or Treat ! (en Français : Farce ou friandises). Mais à l’origine, les enfants ainsi déguisés symbolisent les âmes des morts qui venaient rendre visite aux vivants durant la nuit du Samain celtique. Le nom « Halloween » est une altération de All Hallows Eve qui signifie « le soir de tous les saints ».

La tradition d’enfiler un déguisement viendrait de nos ancêtres Celtes. Le soir d’Halloween, ils pensaient alors que les portes du monde des vivants étaient ouvertes et que toutes les âmes pouvaient venir hanter les vivants. Donc pour les éloigner, on tentait de leur faire peur en portant des costumes effrayants. Mais ce n’est pas la seule explication. Certains celtes se déguisaient pour se faire passer eux-mêmes pour de méchants monstres. Ainsi déguisés, ils évitaient les mauvaises rencontres !

Avant la citrouille, il y avait le navet !

Aujourd’hui, le symbole d’Halloween est la citrouille, mais ça n’a pas toujours été le cas. Ce légume est une référence à la légende irlandaise de Jack à la lanterne (Jack-O’-Lantern). Selon la légende, Jack, personnage ivrogne paresseux, défie le diable. À sa mort, ni le paradis ni l’enfer ne veulent l’accueillir. Jack est condamné à errer éternellement dans l’obscurité en s’éclairant d’une bougie plantée dans un navet évidé. Jack réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween. Avec les années, le navet a progressivement été remplacé par une citrouille plus large et plus facile à sculpter. En France, la fête d’Halloween n’apparaît qu’à la fin des années 1990, mais elle ne parvient pas à s’implanter comme outre-Atlantique, notamment parce qu’elle est jugée trop commerciale par ses détracteurs.

Source : Ça m’intéresse , Bretagne.com

Pour certains, la question reste posée : un chrétien peut-il fêter Halloween – récente en France et propulsée avec grand tapage médiatique et commercial ? Est-ce une gentille célébration de la Sainte Citrouille, une fête des bonbons ou une sordide fête des morts ?

Pour les chrétiens, ce carnaval grotesque invite chacun à une fête macabre où la mort passe pour une plaisanterie… Une question toujours taboue.

La belle histoire des merveilles de l’Univers

Jean-Yves Daniel et de Alain Riazuelo – De Boeck Supérieur, 2022, 320 pages, 29,90 €

Si en philosophie, l’univers est l’ensemble de tout ce qui existe, la totalité des êtres et des choses, reconnaissons qu’en astronomie, science de l’observation des astres cherchant à expliquer leur origine, ainsi que leurs propriétés physiques et chimiques, il s’agit de l’ensemble des galaxies, considérées dans leur évolution dans l’espace et dans le temps.

Rédigé à quatre mains par deux astrophysiciens passionnés*, ce dixième volume de cette magnifique collection nous conduit à découvrir des merveilles de l’Univers. Visible, accessible aux instruments d’optique, mais aussi invisible…

Illustré par plus de 150 incroyables photos, Jean-Yves Daniel et de Alain Riazuelo rendent clairement lisible des notions qui nous semblaient réservées aux seuls scientifiques telles que cosmologie, planétologie ou encore ce domaine pluridisciplinaire qui s’intéresse à l’origine de la vie sur Terre et à la possibilité de vie sur d’autres corps du Système Solaire et de l’Univers qu’est l’exobiologie ou l’astrobiologie.

Ce panorama chronologique résume finalement, en quatre parties, l’histoire de notre Univers, de « L’Univers des Anciens » – nos ancêtres Homo sapiens arpentent la terre depuis 300 000 ans – à « L’Univers à grande échelle » – malgré des instruments toujours plus performants, la question reste posée de savoir si l’univers est fini ou infini…

L’introduction d’ailleurs le précise, « la trame choisie est celle du monde de l’univers extragalactique en passant par le monde des planètes à celui des étoiles est aussi l’histoire de la place de l’Homme ici-bas ».

L’essentiel sur… les galaxies

Un ouvrage qui nous mène du Grand Boum, plus connu sous le terme de Big Bang, cet « instant initial » qui eut lieu il y a 13,8 milliards d’années, concept que nous devons, en 1927, à l’astrophysicien et chanoine catholique belge Georges Lemaître (1894-1966) et mis en évidence deux ans plus tard par l’astronome américain Edwin Hubble (1889-1953), jusqu’au devenir de notre Univers avec le Big Bounce – l’univers subirait à l’infini des phases d’expansion suivies de phases de contraction –, le Big Rip – entraînée par une mystérieuse énergie noire, toutes les structures de l’univers finiraient par se disloquer sous l’effet d’une expansion de plus en plus rapide –, ou le Big Freeze – l’expansion de l’univers se poursuivrait indéfiniment.

Comment ne pas évoquer aussi Hubble, ce télescope spatial conçu par la NASA avec une participation de l’Agence spatiale européenne, opérationnel depuis 1990 et à qui nous plus de trente ans d’images grandioses…

Tous nos questionnements sur propriétés des objets célestes (planètes, étoiles, galaxies), pertinents ou non – il n’y a pas de questions bêtes – trouvent ici réponses. Scientifiquement parlant, les deux auteurs, astrophysiciens, outre les grandes questions cosmologiques, éclairent notre chemin avec éloquence et pédagogie. Admettons humblement que la qualité et la beauté des illustrations contribuent énormément à notre apprentissage.

Whirlpool Galaxy M51 (NGC 5194) Hubble Heritage Team (STScI/AURA) N. Scoville (Caltech)

Chaque chapitre est abordé de la même manière. Page gauche le texte, page de droite, une exceptionnelle photo, renversante, faisant prendre conscience que nous sommes peu de chose face à cette immensité céleste ! Les Écritures nous le disent : « Homme, souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière »  (Genèse 3, 19).

Généralement au-dessus du titre, une courte frise historique situe la période. En bas de page,  quelques références de lecture, généralement au nombre de 3, nous invitent à aller plus loin. Nous avons particulièrement aimé le titrage ‘’aguicheur’’ et parfois humoristique qui raconte une histoire à lui tout seul, comme « La terre à ses vapeurs », « Chevelure céleste », « L’Univers des Égyptiens », « La terre a rendez-vous avec la Lune », « La pizza de l’espace », « Une Terre au congélateur », « Le maître du jeu », . L’Étoile de la Mort », « Voir loin et l’invisible », etc.

Toutefois, répondent-ils à la question de savoir s’il existe un Grand Architecte de l’Univers (GADLU) ? Bien que fréquemment utilisé en franc-maçonnerie et compagnonnage, ce concept de GADLU n’est pas d’origine maçonnique. Il relève de la philosophie des religions et de la théologie et seulement accessoirement de la maçonnologie. Même s’il est devenu central, et donc majeur, au sein de la Maçonnerie dite régulière et de tradition dont les « Basic Principles » anglais de 1929 énonce en son point deux, qui en compte huit, « Que la croyance en le GADLU et en Sa volonté révélée soient une condition essentielle de l’admission des membres ». Mais c’est une autre histoire

Un beau-livre tout public dont les termes et expressions répertoriées dans le glossaire sont repérées par un * tout au long du texte. Une aide précieuse pour une compréhension maximale du texte.

*La biographie des auteurs :

Normalien, docteur d’État en astrophysique dont les travaux ont porté sur la polarisation des enveloppes circumstellaires, Jean-Yves Daniel est doyen honoraire de l’inspection générale de l’Éducation nationale, qu’il a dirigée de 2012 à 2016. Il a été professeur associé à l’université de Marne la Vallée et est actuellement collaborateur bénévole à l’Institut d’Astrophysique de Paris (IAP).

Ancien élève de l’École polytechnique, docteur en astrophysique, Alain Riazuelo est chercheur au CNRS et astrophysicien à l’Institut d’astrophysique de Paris. Ses travaux portent principalement sur la formation des grandes structures, la topologie de l’Univers et les trous noirs.

La 4e de couverture

Pour cet article, nous vous signalons que les illustrations de l’univers sont dues à des captures d’écran Internet et non issues de l’ouvrage.

4e colloque de la FAMAF à Santiago du Chili

Les 14-15-16 octobre 2022, à eut lieu le 4ème colloque de la FAMAF (Fédération Américaine de la Maçonnerie Féminine) à Santiago du Chili.

La FAMAF est composée des puissances maçonniques suivantes :

  • La Confédération des Grandes Loges Féminines Régulières des États Unis Mexicains (1980),
  • La Grande Loge Féminine d’Argentine (2002),
  • La Grande Loge Féminine de Bolivie (2007),
  • La Grande Loge Féminine du Chili (1970),
  • La Grande Loge des États-Unis d’Amérique (2017),
  • La Grande Loge Féminine d’Uruguay (2007),
  • La Grande Loge Symbolique Féminine du Venezuela (2005).

En mars dernier, à Marseille, un protocole d’accord avait été signé entre le CLIMAF (Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine) et la FAMAF.

Pour cette raison une importante délégation du CLIMAF était présente lors de ce 4e colloque, ayant pour thème :

« La femme à la conquête de l’égalité au travers de l’éducation »

Plus de 350 Sœurs étaient présentes. La Grande Maîtresse du Chili a insisté sur l’unité nécessaire de toutes les maçonnes du Monde, et en particulier sur l’importance pour les maçonnes du Chili d’avoir des liens avec les autorités politiques et sociales de leur pays.

La responsable des relations internationales du Ministère des femmes et de l’égalité des genres, ainsi que le Ministre de l’éducation du Chili ont défendu leur politique d’éducation et d’égalité des genres dans leur pays.

Tous les pays de la FAMAF ont présenté le fruit de leur réflexion, leurs constats, leurs envies de changements et d’actions.

Les constats rejoignent ceux que nous faisons en Europe et/ou en Afrique sur l’invisibilité et l’exclusion des femmes. Le combat pour l’égalité et l’éducation des femmes est universel.

En conclusion de ce colloque, l’enseignement maçonnique est personnel et individuel, il se développe en cultivant la réflexion et l’étude analytique, mais en même temps, il est aussi collectif grâce à sa méthode et à l’exemple que donnent les franc-maçonnes qui partagent un même idéal.