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Les vidéos TikTok de la Franc-maçonnerie cette semaine

Nous vous parlions de l’entrée de la Franc-maçonnerie sur le site mondial le plus visité : TikTok.

Cette semaine nous vous proposons de découvrir toutes les vidéos qui « traînent » sur ce site. Comme vous le constaterez, c’est du meilleur goût, comme du pire. Comme à l’habitude, c’est à vous de faire votre tri.

Il vous suffit de cliquer sur l’image ci-dessous…

France Culture : « Le Seigneur des anneaux » de John Ronald Reuel Tolkien

De notre confrère France Culture de Radio France

Résumé

Le « Seigneur des Anneaux », épopée romanesque signée John Ronald Reuel Tolkien. Roman d’aventures, « Le Seigneur des anneaux » nous emporte au Troisième âge de la Terre du Milieu…

avec : Fabrice Colin (scénariste, auteur de fantasy, romancier. ), Justine Niogret (romancière), Anne Besson (professeure en littérature).

Écoutez l’émission de 58 minutes

En savoir plus :

Le Seigneur des anneaux, roman au succès petit à petit planétaire, père ou grand-père sans doute à la fois de Harry Potter et du Trône de fer, moment tournant de la littérature de l’imaginaire, sa fortune a été confirmée par le triomphe des trois films de l’adaptation de Peter Jackson au cinéma. Le Seigneur des anneaux est paru dans deux traductions françaises publiées aux éditions Christian Bourgois; la première, celle de Francis Ledoux en 1973 obtint le prix du meilleur livre étranger et la seconde, celle que nous allons entendre aujourd’hui, parue en 2014, est l’œuvre du québécois Daniel Lauzon. Roman d’aventures, Le Seigneur des anneaux nous emporte au Troisième âge de la Terre du Milieu, alors que la bataille contre le Mal élémentaire représenté par Sauron est sur le point d’être perdue : seule l’impossible voyage d’un simple Hobbit, Frodo Bessac, pour détruire l’Anneau unique – un anneau pour les gouverner tous – permettrait d’échapper aux ténèbres qui menacent d’engloutir le Monde.

John Ronald Reuel Tolkien

Photographie de JRR Tolkien dans les années 1920 à la sortie de l’Université de Leeds

Plus connu sous la forme J. R. R. Tolkien, est un écrivain, poète, philologue, essayiste et professeur d’université britannique, né le 3 janvier 1892 à Bloemfontein (État libre d’Orange) et mort le 2 septembre 1973 à Bournemouth (Royaume-Uni). Ses deux romans les plus connus, Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux, prennent place dans l’univers de fiction de la Terre du Milieu dont il développe la géographie, les peuples, l’histoire et les langues durant la majeure partie de sa vie.

Après des études à Birmingham et à Oxford et l’expérience traumatisante de la Première Guerre mondiale, John Ronald Reuel Tolkien devient professeur assistant (reader) de langue anglaise à l’université de Leeds en 1920, puis professeur de vieil anglais à l’université d’Oxford en 1925, et professeur de langue et de littérature anglaises en 1945, toujours à Oxford. Il prend sa retraite en 1959. Durant sa carrière universitaire, il défend l’apprentissage des langues, surtout germaniques, et bouleverse l’étude du poème anglo-saxon Beowulf avec sa conférence Beowulf : Les Monstres et les Critiques (1936). Son essai Du conte de fées (1939) est également considéré comme un texte crucial dans l’étude du conte merveilleux comme genre littéraire.

Tolkien commence à écrire pour son plaisir dans les années 1910, élaborant toute une mythologie autour d’une langue construite. L’univers ainsi créé, la Terre du Milieu, prend forme au fil des réécritures et compositions. Son ami C. S. Lewis l’encourage dans cette voie, de même que les autres membres de leur cercle littéraire informel, les Inklings. En 1937, la publication du Hobbit fait de Tolkien un auteur pour enfants estimé. Sa suite longtemps attendue, Le Seigneur des anneaux, est d’une tonalité plus sombre. Elle paraît en 1954-1955 et devient un véritable phénomène de société dans les années 1960, notamment sur les campus américains. Tolkien travaille sur sa mythologie jusqu’à sa mort, mais ne parvient pas à donner une forme achevée au Silmarillion. Ce recueil de légendes des premiers âges de la Terre du Milieu est finalement mis en forme et publié à titre posthume en 1977 par son fils et exécuteur littéraire Christopher Tolkien, en collaboration avec Guy Gavriel Kay. Au cours des décennies qui suivent, son fils publie régulièrement des textes inédits de son père.

De nombreux auteurs ont publié des romans de fantasy avant Tolkien, mais le succès majeur remporté par Le Seigneur des anneaux au moment de sa publication en poche aux États-Unis est, pour une large part, à l’origine d’une renaissance populaire du genre. Tolkien est ainsi souvent considéré comme l’un des « pères » de la fantasy moderne. Son œuvre a eu une influence majeure sur les auteurs ultérieurs de ce genre, en particulier par la rigueur avec laquelle il a construit son monde secondaire.

L’amour est le remède

De notre confrère italien expartibus.it – De Rosmunda Cristiano

Peut-on parler d’« Amour » en franc-maçonnerie ? Il faut parler d’Amour. La franc-maçonnerie est amour. Un Amour pur, d’outre-monde, universel, qui se manifeste sous une forme d’énergie capable de conduire le Frère vers sa partie spirituelle, qui, par sa nature, est « au-delà » de l’existence terrestre.

Chaque âme possède la Connaissance qui est donnée à l’homme éclairé, capable de vaincre l’espace, la lumière et les courants gravitationnels ; dépassant le concept de Temps, le rendant immortel.

L’amour dans la franc-maçonnerie s’exprime et se libère sous la forme de la fraternité, c’est-à-dire dans cet amour idéal auquel se réfère Pedro Salinas y Serrano

Un amour intense, charitable, doté d’une force prodigieuse qui anime le monde.

Le Franc-Maçon, appartenant à un Ordre Initiatique, doit atteindre le lien intense, profond, réel et réciproque appelé Amour ou Vraie Fraternité, qui en est le fondement premier.

Dans notre Institution nous ne pourrions nous définir « une Communion de Frères » si nous n’étions pas unis par ce sentiment profond et authentique qui est plus contraignant et solide que ce que l’on trouve dans le milieu profane et que le Franc-Maçon doit exercer quotidiennement à partir du moment il a été initié : c’est savoir aimer, intensément et réciproquement, être altruiste et tolérant.

L’union fraternelle des francs-maçons dispersés à travers le monde, sans distinction de classe, de race et de religion, s’exprime symboliquement par la frise au cordon qui orne les quatre murs du temple, s’étendant du nord à l’est, avec ses nœuds d’amour, de couleur rouge , dans la mesure de sept, dont trois au nord, trois au sud et une à l’est.

Les huit nœuds représentent également symboliquement le lien du créateur avec la création, la médiation entre Dieu et l’homme et la nature et, par conséquent, le lien entre l’être humain et le Grand Architecte de l’Univers.

Le franc-maçon, en plus de pratiquer la justice et d’aider les nécessiteux, promeut l’Amour du prochain qui, avec la communion des Frères et l’évolution intérieure, fait partie de la triade du concept initiatique de la Fraternité.

Mais qu’est ce que c’est exactement? C’est la force qui nous permet d’aller au-delà de nous-mêmes, de nos limites et de nos erreurs, poursuivant toujours et poursuivant le bonheur de l’autre. C’est cette énergie positive qui est donnée par ceux qui l’ont et qui n’ont pas peur de la partager avec les autres.

C’est cette chimie capable de suivre la loi d’attraction selon laquelle tout ce sur quoi vous concentrez votre attention est attiré dans votre vie et se manifeste dans le monde physique et chimique.

L’amour compris comme l’énergie que chacun de nous possède, comme une charge positive, cette hotte du champ électromagnétique produit par les émotions qui est toujours autour de nous, qui bouge avec nous, en fait partie.

Chaque fois que nous transmettons, recevons et donnons de l’Amour, par nos actions ou nos pensées, nous ne faisons qu’augmenter la positivité et la force de notre âme.

En franc-maçonnerie, il est atteint avec l’amour fraternel : la fraternité, ce sentiment mutuel d’amitié et d’affection, ce lien qui nous unit tous, que l’amour est le mortier capable de construire le monde « pierre par pierre », de se perfectionner et de perfectionner les autres, dans la connaissance de soi et de l’univers.

Les principes maçonniques sont l’Amour, l’Aide et la Vérité. Le premier est précisément l’amour fraternel, totalement désintéressé, le ciment qui tient ensemble l’édifice social de ce monde, sans lequel la vie serait une existence impitoyable et cruelle. C’est ce doux esprit de Fraternité, donné par le toucher doux de la main et la parole compréhensive, qui produit une moisson de bonnes actions et de nobles pensées et propulse les aspirations de l’humanité.

La Fraternité comme pierre angulaire et voûte, ciment et gloire, comme énergie qui se transfère de ceux qui ont plus à ceux qui ont moins, de sorte que même le dernier des membres de l’Institution est « en possession de l’Art » et peut poursuivre le chemin entrepris sans dépendre de personne, en homme « libre » et donc « égal » à ses frères et au Grand Architecte de l’Univers.

L’homme éclairé, l’homme plein d’Amour, à travers un dur travail intérieur aspire à la réunion avec sa partie spirituelle. Celui dont il dérive.

Voulant citer les mots du scientifique Katsanevas, on peut dire qu’il n’y a pas de raisonnement sans affection, sans amour, et si les sciences mathématiques sont la structure statique d’un raisonnement

L’affection et l’amour représentent cette partie qui nous permet de passer d’un niveau à l’autre et d’arriver à la vérité.

Et c’est à la vérité que le franc-maçon aspire.

Chaque monde a diverses étapes, attitudes, manières, diverses combinaisons de matière. Mais il n’y a qu’une seule loi, et l’amour les gouverne toutes.
Giordano Bruno

L’amour est le remède.

Hervé H. LECOQ vous invite à sa conférence du 3 septembre prochain

Google me reconnaît comme tel – Secret maçonnique, discrétion et réseaux sociaux.

De par son expérience depuis 10 ans sur les réseaux sociaux maçonniques, mais aussi en tant que blogueur, administrateur de site et youtuber maçonnique, il partagera quelques unes de ses expériences, des anecdotes, mais aussi un travail plus sérieux sur l’évolution de la discrétion maçonnique, ainsi que de la reconnaissance de la qualité maçonnique en revenant notamment aux sources les plus anciennes.

L’évènement est organisé par Les Amis de Carista, et une réservation est obligatoire pour s’assurer d’avoir une place (la conférence étant suivie d’un bon repas à prix raisonnable, 15€, les places sont limitées).

Plus d’informations auprès du frère responsable des banquets : resacarista@gmail.com

avant le 31/08 (dans la limite des places encore disponibles).

13/08/1940 : De sinistre mémoire pour la Franc-maçonnerie

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, la Franc-Maçonnerie subit l’épreuve la plus tragique de son histoire. Une des premières lois du gouvernement de Vichy, celle du 13 août 1940, légifère sur le sort du patrimoine des sociétés secrètes… Souvenons-nous.

Quelques dates… Pour ne jamais oublier !

Les décrets funestes des années de ténèbres

Le 13 août 1940 : loi portant interdiction des associations secrètes et obligeant les fonctionnaires et agents de l’Etat à souscrire une déclaration à leur sujet.

Ce même jour, dans un message aux Français, le maréchal Pétain annonce la mise en œuvre de la « Révolution Nationale ».

L’appareil répressif d’État est renforcé. Les pouvoirs des préfets sont accrus, la police renforcée et épurée. Des services parallèles sont créés comme les « groupes de protection » puis au printemps 1941, le Service d’Ordre Légionnaire, chargé de lutter contre l’ennemi intérieur.

Ce n’est pas une doctrine cohérente, mais un ensemble de tendances exprimées par le maréchal Pétain dans une série de discours. Après le choc de 1940, suivant la crise des années 30, un ardent désir de « régénération », de redressement, apparaît dans la classe politique française, d’autant mieux accepté que la popularité du maréchal est indéniable dans les années 1940/41. Axée sur des principes de base chrétiens, elle sera influencée par de nombreux courants de droite et d’extrême droite.

Le 19 août 1940 : décret constatant la nullité des associations « La Grande Loge de France » et « Le Grand Orient de France »

Le 11 août 1941 : loi sur les sociétés secrètes, ordonnant la publication au Journal officiel des noms des anciens dignitaires et leur interdisant l’accès et l’exercice des fonctions et mandats énumérés à l’article 2 de la loi du 2/6/1941 portant sur le statut des Juifs.

12 août : décret portant dérogation sur la rupture de M. Marcel Peyrouton (1887-1983) avec la franc-maçonnerie dès 1934 (M. Peyrouton a été ministre de l’Intérieur du 5 septembre 1940 au 25 février 1941).

Discours de Pétain annonçant qu’il faut détruire le complot maçonnique.

17 septembre : décret chargeant M. Bernard Faÿ (1893-1978), universitaire, professeur au Collège de France, administrateur et écrivain, de rechercher, réunir, conserver et éditer tous les documents maçonniques en vue de l’application de la loi du 11 août 1941.

Fichier antimaçonnique de Vichy.

Rappelons aussi, à compter du 30 octobre 1940, l’exposition maçonnique au Petit Palais (Journal Les Actualités Mondiales), qui s’est tenue à Paris en octobre et novembre 1940. Sur le site de l’INA : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/afe85000145/exposition-maconnique-au-petit-palais

Sans compter le film Forces occultes, commandité en 1942 par le service de propagande nazie du commandement militaire allemand en zone occupée en France – sortie initiale le 10/03/1943.

Il raconte la vie d’un député qui se joint au Grand Orient de France, influent ordre franc-maçon, afin de relancer sa carrière. Il se confronte alors avec la corruption et les scandales politiques du moment et constate ensuite que les francs-maçons conspirent avec les Juifs et les Anglo-américains pour entraîner la France dans une guerre contre l’Allemagne. Le film complet https://www.youtube.com/watch?v=StoiWZgOorI

Au cours de l’occupation allemande de la France (1940-1944), le régime de Vichy fit établir une liste de 170 000 de « suspects établis » dont 60 000 fiches de Francs-Maçons, parmi lesquels 989 furent envoyés dans les camps de concentration et 549 furent exécutés ou morts en déportation. Les autorités vichystes promulguèrent une loi obligeant les Francs-Maçons à déclarer leur appartenance. Près de 3 000 Francs-Maçons furent révoqués et perdirent leur travail. Parmi les victimes, la majorité des Francs-Maçons fut tourmentée pour activités résistantes. D’autres furent persécutés en raison de leurs croyances. Quelques-uns, la minorité, furent martyrisés pour leur appartenance à la Franc-Maçonnerie. Nous sommes bien conscients qu’il y eut bien d’autres personnes victimes de la barbarie. Un bien triste bilan approximatif du Service des sociétés secrètes…

Photos ©YG (exposition La franc-maçonnerie à la BnF, 2016)

Affiche de propagande par Vénabert, dessinateur, 1942

Connaissez-vous réellement le symbolisme des fleurs ?

De notre confrère actu.fr – Par Lila Bruandet

Avant de vous détailler de symbolisme en question, parlons de l’exposition actuelle à Nice :

Venez découvrir leurs symboliques au musée des Beaux-Arts de Nice. Dans le cadre de la Biennale 2022 sur le thème des fleurs, le musée des Beaux-Arts de Nice propose son « Fleurs d’artifice » au public et retrace l’histoire de l’art fleurit.

L'exposition
L’exposition « Fleurs d’artifice est à retrouver jusqu’au 30 octobre au musée des Beaux-Arts de Nice. (©LB/Actu Nice)

 La fleur sous toutes ses formes au musée des Beaux-Arts de Nice. L’exposition « Fleurs d’artifice » retrace l’histoire de l’art, du 17ème au 20ème siècle, à travers les différents motifs fleuris et leurs symboliques au cours du temps. Une collaboration avec l’artiste niçoise Charlotte Colt apporte une touche contemporaine au lieu. 

L'artiste niçoise Charlotte Colt habille les façades du musées des Beaux-Arts avec ses fleurs contemporaines.
L’artiste niçoise Charlotte Colt habille les façades du musées des Beaux-Arts avec ses fleurs contemporaines. (©LB/Actu Nice)

Visible jusqu’au 30 octobre, cette exposition a été conçue pour être l’introduction de l’édition 2022 de la Biennale de Nice, sur le thème des fleurs. 10 autres expositions sont à retrouver à travers les différents musées de la ville.

Une centaine d’œuvres sont à retrouver au cœur de ce musée historique, dans le quartier Gambetta. Cette exposition a permis également la restauration de nombreux tableaux, et la découverte de trésor encore jamais présenté au public. 

L’histoire de l’art à travers les fleurs 

Tout commence avec des bouquets. La visite nous transporte pour commencer au 17e siècle, lorsque la fleur n’est plus un détail, mais le personnage principal de la toile. Elle est représentée pour elle-même, avec de nombreuses symboliques au centre de ces bouquets. 

Un bouquet de fleur du 17e siècle, celui-ci symbolisant la richesse de son propriétaire avec la présence de tulipes au coeur du tableau.
Un bouquet de fleur du 17e siècle, celui-ci symbolisant la richesse de son propriétaire avec la présence de tulipes au coeur du tableau. (©LB/Actu Nice)

Ces tableaux étaient, pour leur propriétaire, un moyen de montrer leur richesse, selon les fleurs sélectionnées, mais également de méditer sur la vanité des plaisirs terrestres et la fragilité de la vie humaine (avec la représentation de fleurs fanées par exemple). Chaque bouquet avait un sens, une signification particulière. 

Différentes représentations de bouquets.
Différentes représentations de bouquets. (©LB/Actu Nice)

Quelques salles plus loin, nous sommes plongés au 19e siècle, où fleurs sauvages et exotiques font leur apparition. Les croquis scientifiques altèrent avec les représentations artistiques présentées depuis le début de l’exposition. Vidéos : en ce moment sur Actu

Quelques croquis exposés représentant des cactus, plantes encore inconnues au 19e siècle.
Quelques croquis exposés représentant des cactus, plantes encore inconnues au 19e siècle. (©LB/Actu Nice)

Enfin, plongez dans l’univers de Picasso et de Raoul Dufy. Un tremplin vers l’abstrait, avec une recherche d’esthétique. On simplifie la fleur, elle devient un élément décoratif sur plusieurs supports (tissu, vase, céramique…). 

La représentation florale par Raoul Duffit.
La représentation florale par Raoul Dufy. (©Ville de Nice)

Des symboliques expliquées 

Cette exposition propose à ses visiteurs une dimension pédagogique. Tout au long de la visite, on découvre les symboliques à travers chacune des fleurs présentées. 5 fleurs particulièrement significatives sont mises en avant : 

  • La tulipe, symbole de la richesse.
  • Le lys, symbole de la pureté et de la royauté.
  • La rose, symbole de la chasteté, mais également de la passion amoureuse et de la beauté.
  • Le pavot, ou coquelicot, symbole de maléfice, notamment des femmes sur les hommes, et de la mort.
  • Le chrysanthème, symbole en Europe de l’au-delà.

Pour découvrir cette exposition, rendez-vous au musée des Beaux-Arts de Nice du mardi au dimanche, de 11h à 18h, pour un tarif unique de 10 euros par personne (gratuit pour les moins de 18 ans, étudiants et demandeurs d’emploi). 

Complément sur le Symbolisme des fleurs

Les fleurs dans la mythologie

Les fleurs sont l’attribut de Flore et parfois de l’Aurore ainsi que les figures allégoriques du Printemps, de la Logique, de l’Espérance et de l’odorat. La Logique, un des sept arts libéraux, porte parfois un bouquet de fleurs. L’Espérance détient aussi cet attribut car la fleur annonce la future naissance du fruit. Au niveau mythique, Zéphyr, le vent de l’ouest, s’étant épris de Flore, l’enlève et s’unit à elle en mariage : en gage de son amour, il lui offre de régner sur les champs et jardins cultivés.

Nous retrouvons dans certaines représentations, Aurore sur son char répandant des fleurs, qui annonce la lumière nouvelle du jour. Dans l’iconographie des quatre saisons, le Printemps est figuré sous les traits d’une jeune femme qui porte des fleurs ou les parsème sur les prairies.

L’iconographie des cinq sens représente l’odorat sous la forme de compositions florales, ou sous l’aspect d’une figure qui tient à la main un bouquet de fleurs ou en hume les parfums.

Depuis l’antiquité, l’image de la fleur est associée à l’idée de la brièveté de la vie, de la beauté et des Vertus.

Fleurs emblématiques

Le bleuet. Appartient à la famille des centaurées, du latin centaurea. Ce terme renvoie à la figure mythologique du centaure Chiron, l’éducateur d’Hercule. Celui-ci blesse involontairement le centaure à une patte avec une de ses flèches trempées dans le sang empoisonné de l’Hydre de Lerne. Chiron soigne sa blessure avec un remède à base de bleuets. Depuis, le bleuet est tenu pour excellent antidote contre les morsures de serpents. Comme dans la culture chrétienne, le serpent est symbole du mal luciférien, le bleuet qui guérit de la morsure venimeuse du serpent est associé au Christ victorieux sur les démons. Le bleuet peut aussi symboliser le Paradis à cause de sa couleur qui rappelle celle du ciel.

Le cyclamen. Cette fleur tire son nom du grec kuklos, qui signifie « cercle » en raison du mouvement particulier de sa tige. Au Japon, le cyclamen est la fleur sacrée de l’amour. Pline l’ancien raconte selon une ancienne croyance que les lieux où pousse le cyclamen sont protégés contre les maléfices ou philtres néfastes. C’est pour cette raison qu’elle est aussi appelée « amulette » et qu’on lui attribue la propriété de guérir des morsures de serpents. Le philosophe Théophraste soutient que le cyclamen peut être aussi utilisé pour stimuler la libido et favoriser la conception. Sa conviction se fonde à partir de la forme de la fleur, qui ressemble à celle de l’utérus.

La jacinthe. Elle est l’attribut de la figure allégorique de la « Splendeur du nom » et de la Vertu de l’Endurance. Selon Ovide, la jacinthe nait du sang d’Ajax fils de Télamon, qui se tue parce qu’il n’a pas obtenu les armes d’Achille disputées à Ulysse et finalement attribuées à celui-ci. Ovide raconte encore que Hyacinthe est le nom du jeune garçon très beau dont Apollon s’est épris. Un jour, le dieu et l’enfant décident de jouer au lancer de disque, mais Apollon jette le disque avec une telle force qu’il rebondit par terre et atteint Hyacinthe mortellement. Désespéré, Apollon métamorphose le sang de la blessure en une fleur portant le nom de son jeune ami. Enfin, Cesare Ripa décrit la figure allégorique de la « Splendeur du nom », ou « éclat de la vaine gloire », comme un homme d’une grande beauté qui porte une couronne de jacinthes rouges.

Le jasmin. C’est la fleur de prédilection de nombreuses civilisations orientales pour sa délicatesse et son parfum. Elle représente l’amour divin et est considérée comme une fleur du Paradis. En occident, la variété la plus connue et le plus souvent représentée par les peintres est le jasminum officinale, originaire des Indes et connu depuis l’Antiquité. Le jasmin est relié à la Vierge Marie car il fleurit en mai, mois consacré à celle-ci. La couleur blanche de la fleur évoque la pureté immaculée. On attribue à cette fleur les qualités de grâce, d’élégance et d’amour divin. C’est pour ces raisons que l’on peut voir des fleurs de jasmin en bouquet dans les mains de l’enfant Jésus, ou en couronne sur la tête des anges et des saints. Lorsqu’il est associé à la rose, il peut être symbole de foi.

Le lotus sacré est un symbole divin dans la tradition hindouiste. Il est associé par les hindous au mythe de la création, aux dieux Vishnou et Brahmā, et aux déesses Lakshmi et Sarasvati. Le déploiement des pétales du lotus suggère l’épanouissement de l’âme. Dans l’iconographie hindoue, les divinités sont souvent représentées assises sur une fleur de lotus ou avec une fleur de lotus à la main. Selon le Harivaṃśa, le lotus est la première des manifestations de Vishnu.

Le lys. Il signifie la pureté, la chasteté, l’Annonciation, l’Immaculée Conception. Il est l’attribut de la Vierge Marie, de l’archange Gabriel et des allégories de la Beauté et de la Pudeur. Il est aussi le symbole héraldique de la ville de Florence et des rois de France. Dans la Rome antique, le lys est surnommé la « rose de Junon ». Selon une légende hellénique, le lys naît du lait que Junon laisse tomber de son sein jusqu’à terre lorsqu’elle allaite Hercule tout enfant. Ainsi il conserve l’ancien symbolisme de fécondité féminine. Dans les temps anciens, le lys est l’attribut des grandes Mères mythiques en raison de son extraordinaire capacité à se reproduire. La figure allégorique de la Pureté a la tête ceinte d’une couronne de lys ou tient une fleur à la main, et la figure allégorique de la Pudeur, vêtue de blanc, la tête couverte d’un voile, tient un lys à la main droite.

Le muguet de mai. Le muguet est l’une des premières fleurs à pousser. Ainsi elle annonce l’arrivée du printemps. L’appellation botanique est convallaria maia. Le premier mot vient de l’ancien nom latin lilium convallium, c’est-à-dire « le lys des vallées », et le deuxième mot signifie littéralement « du mois de mai ». Cette fleur est liée à la Vertu de l’Humilité car sa corolle est tournée vers le bas. Les fleurs qui présentent cette caractéristique sont souvent liées à cette Vertu. Le muguet est aussi associé à Marie, à sa pureté, à cause de sa blancheur et de la douceur de son parfum. Les spécialistes fondent ce symbolisme sur un passage du Cantique des cantiques : « Je suis le narcisse de Saron, le lys des vallées ».

Le narcisse. Le nom du narcisse provient de celui du très beau jeune homme qui s’éprend de son image reflétée dans l’eau et se consume d’amour jusqu’à en mourir. Ainsi le narcisse devient symbole d’égoïsme. L’hymne homérique consacré à Déméter raconte que Narcisse nait de la terre par la volonté de Jupiter afin de complaire au dieu qui accueille maint et maint homme, c’est-à-dire Pluton, dieu des enfers. Le nom grec narkissos a d’ailleurs la même racine que le mot « engourdir », d’où la signification funèbre du narcisse. C’est avec un narcisse qu’Éros attire la fille de Déméter, Koré ou Perséphone, dans l’antre du dieu des enfers, Hadès (Pluton).

La rose. Symbole d’amour, la rose est consacrée à Vénus. Un récit mythologique rapporte que dans l’écume de la mer, dont a jailli la déesse, pousse un buisson épineux qui, arrosé par le nectar des dieux, se couvre de roses blanches. Dans le Cantique des Cantiques, la rose symbolise Israël et dans le livre des Pârsîs, la rose naît sans épines et n’en est armée qu’après l’apparition du génie du mal sur terre. Le rosier blanc (rosa ×alba) est l’emblème de la Vierge Marie, d’où la dévotion catholique du rosaire et la dénomination de rosières, pour les jeunes filles vertueuses et pures.

Le tournesol. Cette fleur a la caractéristique de toujours se tourner vers le soleil. Elle symbolise la Vertu de l’Espérance. Le tournesol est la fleur en laquelle Clytia est métamorphosée. Clytia ou Clytie est une des jeunes filles aimées du dieu du soleil, Apollon, mais celui-ci finit par aimer Leucothoé, fille du roi babylonien Ochamos. Blessée dans son amour propre, Clytia dénonce à Ochamos la liaison de sa fille. Saisi de fureur, le roi fait ensevelir sa fille vivante. Apollon essaie de la secourir mais en vain. De son côté, Clytia désespérée passe ses jours à suivre du regard la course du char de son dieu bien-aimé, jusqu’au jour où consumée par la douleur, elle est transformée en une fleur qui a la propriété de se tourner toujours vers le soleil. Le tournesol était inconnu dans l’Antiquité, puisqu’il a été rapporté des Amériques au v. Ce sont les peintres baroques qui ont illustré ce mythe en faisant de la fleur d’Ovide un tournesol, qui est ainsi symbole de dévouement inconditionnel.

La violette. La violette et la pensée appartiennent à l’espèce de la Viola. Elles ont à peu près la même signification symbolique dans l’iconographie : modestie et humilité. La naissance de cette fleur, connue dès l’antiquité, est lié au mythe du dieu phygien Attis : la déesse Agdistis ou Cybèle, éperdument éprise d’Attis, cherche à empêcher son mariage avec Atta, fille du roi Pessinonte, et le fait succomber à la folie.

L’œillet. Le nom latin de l’œillet, dianthus, d’origine grecque, signifie fleur de Dieu.

Le pavot. Les propriétés somnifères du pavot sont connues depuis l’Antiquité. Dans la grèce ancienne, on représente le dieu du sommeil, Hypnos, avec une couronne de fleurs de pavot sur la tête. Ovide décrit la demeure du Sommeil comme une profonde caverne devant laquelle fleurissent d’innombrables plantes et des pavots. Les divinités liées au sommeil ou aux rêves comme la Nuit ou Morphée ont pour attribut un pavot.

L’anémone. Fleur fragile et peu durable son nom vient du grec anémos qui veut dire « vent ». La vie de l’anémone étant brève, elle a une signification funèbre : les Étrusques ont l’habitude de les cultiver autour des tombes. Selon Ovide, l’anémone est née des larmes versées par Vénus à la mort de son bien-aimé Adonis. Une légende célèbre rapportée par Ovide raconte l’amour éprouvé par Vénus pour Adonis après qu’Éros sans le vouloir eut frôlé son sein par la pointe d’une flèche. Parti à la chasse le jeune homme est mortellement blessé par un sanglier furieux. De son sang naît l’anémone.

L’iris. Iris en grec veut dire arc-en-ciel. En effet cette fleur porte une grande variété de couleurs. Iris est aussi le nom de la servante de Junon et la messagère des dieux entre le ciel et la terre. L’iris commun s’appelle en allemand « lys en épée » à cause de la forme pointue de ses longues feuilles.

Le mot du mois : Impression

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L’origine du mot est incertaine, strictement latine. Mais l’idée de *premere, sans ambiguïté, est de serrer pour extraire un liquide. On presse un fruit dans le pressoir, une éponge entre ses doigts, un tissu engorgé ou une compresse, pour en exprimer le contenu, l’excédent.

Par diverses tâches concrètes exercées dans une substance molle, malléable, plastique, il s’agit de laisser une marque, un vestige, l’empreinte d’un pas dans le sable, d’un cachet dans la cire, d’un caractère de plomb encré sur le papier. Exercice d’une force coercitive pour réduire le volume du comprimé, imposer son pouvoir, pressurer le contribuable. La déprime et, à plus forte raison, la dépression oppressent la poitrine et la respiration, oppriment corps et esprit de qui en est victime. Qu’il est pesant celui qui accable de ses prévenances celle auprès de laquelle il se montre intempestivement empressé !

Quel que soit le préfixe utilisé pour ce verbe presser, l’idée de contrainte est sous-jacente. Les diverses expressions faciales témoignent des sensations et des sentiments en jeu. Le temps, incompressible ou pas, est réduit au maximum en voyage ou courrier express. On réprimande l’insolent, on réprime les velléités d’indépendance, la répression se fait cruelle jusqu’à supprimer les fauteurs de troubles. Ou bien les fautes d’impression qui font désordre dans le bel ordonnancement des lignes du texte que la presse de l’imprimeur vient de produire.

La langue du XVIe siècle conserve la connotation sensorielle dans l’expression imagée « être en bonne ou mauvaise odeur », qui désigne la bonne ou mauvaise impression que l’on suscite.

Impression comme un choc que l’on reçoit, effleuré ou appuyé, doux ou amer, durable ou fugace. Elle vient toujours de l’extérieur. On tente avec plus ou moins de succès de la fixer dans sa mémoire, d’en donner la description narrative ou raisonnée. Aucune certitude à retenir dans cette image visuelle ou mentale qui peine à se matérialiser, se justifier, à s’imprimer dans la conscience. J’ai comme l’impression… avec cette sensation d’être près de quelque chose, dans le flou du presque.

Les officiels autoproclamés des Salons, au XIXe siècle, ne manquèrent pas de vitupérer contre ces peintres qui s’attachaient moins au trait et à sa netteté qu’à la vague des couleurs et ne respectaient pas l’orthodoxie des Beaux-Arts. Et faute de trouver une juste dénomination, ils leur attribuèrent ce néologisme qui fit tant florès dans l’avenir, l’Impressionnisme. Faut-il rappeler que ces inclassables mirent ainsi K.O. nombre d’académismes… ?

Je l’ai pas fait exprès, promis !, disent les irresponsables penauds.

Et après ?

Annick DROGOU

Impression, soleil levant“, c’est un célébrissime tableau de Claude Monet. Le soleil y émerge d’une brume enveloppante, tout semble encore nébuleux, comme nos souvenirs, ces impressions enfouies dans notre mémoire, ce que nous avons imprimé, sans en vouloir garder la précision des faits, seulement ce qui en a été une perception fugace. Affleurement de la vérité de l’aurore sous le pinceau de l’artiste. Nos impressions sont-elles ces perceptions apparemment les plus éphémères qui pourtant gravent en nous l’essentiel ?

Entre inconscience et conscience, entre intuition et réminiscence. Vague impression, bonne ou mauvaise impression. L’impression est en train de se produire, elle est chaque fois neuve et pourtant elle hérite de tout ce qui a déjà imprimé notre mémoire. L’impression n’a pas besoin de mots, elle est sœur de l’intuition. Elle parle au cœur, elle dit les mots de l’âme. Elle ne raisonne pas, elle veut seulement résonner. Le tableau de Monet est plus fort qu’un dessin d’architecte pour nous donner à voir le soleil levant.

Ce n’était qu’une impression, une perception pas encore formulée ou même jamais dite mais jamais perdue, sentiment comme un message subliminal, que je m’adressais à moi-même, un avertissement, ce moment juste avant l’élan, qui prépare la réponse. Et puis cela m’a fait forte impression. Impression indélébile, tellement impressionnante qu’on en reste impressionné, intimidé, interdit.

Impression comme une entrevue. Mémoire de la rencontre, reconnaissance avec qui, avec quoi ? Avec le soleil levant, avec toi qui t’avances. Impression comme une interprétation rapide, et pourtant qu’on rend définitive. La première impression sera la bonne parce qu’elle est la reproduction de ce qui a déjà été imprimé dans notre histoire. L’impression est le point de rencontre entre la nouveauté et notre histoire.

Jean DUMONTEIL

« Maître de la Chaire » Thorsten Wunde donne un aperçu de la loge maçonnique de Wildeshausen

De notre confrère allemand kreiszeitung.de

Vossberg – Son titre semble inhabituel : Thorsten Wunde est « Maître de la Chaire» depuis quelques semaines. Dans cette fonction, le Vossberger dirige là encore la jeune loge maçonnique « À l’aube dans le Geest à Wildeshausen ».

La franc-maçonnerie est souvent liée à des théories du complot sur des rituels secrets ou des plans de domination mondiale. Dans une interview avec notre journal, Wunde a précisé. « Nous ne sommes ni une société secrète ni une secte », assure-t-il. « Les loges veulent plutôt connecter des personnes au-delà des frontières idéologiques, politiques, nationales et sociales qui ne se seraient jamais rencontrées autrement », explique le Maître de la Chaire.  « Peu importe ce que fait quelqu’un ou d’où il vient. Nous avons une grande variété de personnes, des artisans aux universitaires. Ce qui compte, c’est l’attitude. Nous représentons constamment l’humanisme. De plus, la tolérance est un principe de base pour nous. » Les francs-maçons suivraient ainsi leurs traditions de dépassement de ce qui les divise, de réduction des différences, de promotion de l’entente, de l’entente et de l’amitié.

Les rituels sont publics

Il y a des règles fixes au sein de la loge. « Nous laissons toujours l’autre personne finir de parler. Nous n’élevons pas la voix et nous ne parlons pas dans le dos des autres », explique Wunde. Il n’y a pas de secrets sur ce qui se passe derrière les portes closes, explique le maître président. « Cependant, quiconque dit quelque chose lors de nos réunions sait que cela reste là. La boîte est un espace protégé pour le libre échange d’opinions », explique-t-il. Les rituels des francs-maçons, en revanche, sont désormais accessibles au public partout. « Vous pouvez les lire mais pas les expérimenter. Le secret n’est pas le rituel, mais l’expérience de celui-ci », explique Wunde. « Les rituels me sortent du train-train quotidien. Je peux me détendre et revenir à moi-même. » Cela se fait dans différentes sections à l’aide de symboles et de textes répétés. « Vous me donnez l’opportunité de rassembler de nouvelles forces. C’est une sorte de décélération », explique le Maître de la Chaire.

Séparation entre les loges hommes et femmes

Les loges ne participeraient pas aux débats politiques ou religieux. Wound : « Nous sommes attachés à la démocratie et nous nous abstenons de toute orientation vers l’au-delà. Nous accueillons les personnes de toutes les religions. » Mais pas les femmes. « Ce n’est pas une contradiction dans les termes », explique Wunde. Il existe aussi des loges féminines officielles et reconnues, mais pas mixtes. La séparation entre hommes et femmes renforce l’homogénéité et l’identité du groupe. Il ne voit rien de négatif à ce que les femmes et les hommes restent entre eux dans certains domaines.

Soirées d’invités dans le « Gildestube »

Une fois par mois, les frères de la loge Wildeshauser invitent les hôtes à des soirées d’hôtes dans la « Gildestube ». Toute personne intéressée par la franc-maçonnerie est la bienvenue. Cependant, il reste encore un long chemin à parcourir avant l’enregistrement. « L’adhésion à la Loge est un lien pour la vie. C’est pourquoi nous devons apprendre à connaître les nouveaux membres potentiels – et ils doivent également apprendre à nous connaître », explique Wunde. C’est à cela que sert le temps d’invité. Après un certain temps, un invité peut demander à un membre s’il est prêt à parrainer. Ce n’est qu’alors qu’il peut soumettre une demande d’adhésion, sur laquelle votent les frères de la loge. « Du fait de cette procédure, les démissions sont très rares chez nous », explique le Maître de la Chaire.

Immédiatement ressenti la manipulation spéciale dans la boîte

Lui-même avait 40 ans lorsqu’il a décidé de franchir ce pas. « La moitié de ma vie est finie. Qu’est-ce qui va arriver maintenant? », s’est demandé Wound à l’époque. Comme il s’est toujours intéressé aux francs-maçons, il a participé à une soirée d’hôtes à la loge de Brême « Hansa ». « J’ai immédiatement senti le traitement spécial là-bas », rapporte-t-il.

De la maçonnerie dans le Rugby…

De notre confrère cspg-rugby.ffr.fr

Hier nous vous parlions de football et pour éviter toute jalousie, nous rééquilibrons avec le rugby grâce à l’excellent article de Frédéric Bonnet dans le site C S Puy Guillaume Rugby. Laissons-le nous raconter l’histoire du rugby et la Franc-Maçonnerie, car il semblerait que nous ayons des idéaux communs et un chemin partagé.

Au regard de l’Histoire, le Rugby et la Franc-Maçonnerie partagent une naissance relativement récente, qui s’appuient cependant sur des traditions qui remontent à la nuit des temps. Notre sport, qui se veut jeu pédagogique, et la Franc-Maçonnerie suivent un chemin similaire et prônent les mêmes idéaux. D’ailleurs, à plusieurs moments clefs de sa création, le jeu de Rugby a croisé des « frères » Francs-Maçons. Tout sauf un hasard.

Les rapports de la Franc-Maçonnerie avec le sport

Comme le Rugby et le sport en général, la Franc-Maçonnerie est originaire des îles britanniques où elle va se structurer progressivement au cours du XVIIe siècle. C’est une société initiatique, une école de la perfection morale individuelle et collective, de contrôle des affects et de maîtrise de soi, dont les membres questionnent en permanence la portée philosophique et symbolique lors de rituels qu’ils pratiquent afin de progresser dans leur quête de la lumière. Au XVIIIe siècle, aucune autre forme de sociabilité volontaire ne peut soutenir la comparaison. A la veille de la révolution, on dénombre en France entre 40 000 et 50 000 « frères » Francs-Maçons répartis dans diverses loges pour moins de 30 millions d’habitants. 

A cette époque, les Francs-Maçons ne font pas que pratiquer l’Art Royal, ils se réunissent pour des parties de chasse, des bals, la pratique de musique et de théâtre. Ils sont au centre de la vie de la société et s’intéressent naturellement aux jeux d’adresse. Au XVIIIe siècle, les loges et les nobles partagent une conception chrétienne et chevaleresque de la vie. La Franc-Maçonnerie adopte donc rapidement différentes formes de jeux d’adresse, qui combinent à la fois apprentissage de la maîtrise du corps, contrôle de soi et une dimension sociale festive. Ainsi, les frères vont développer un goût prononcé pour le tir à l’arc et pour l’arbalète, ainsi que pour la pratique du golf.  Ils participent activement au développement de ces jeux bientôt appelés « sports » et surtout à leur règlementation et à la rédaction de leurs statuts. 

Ce bref historique met en lumière à la fois la dimension organisatrice de la Franc-Maçonnerie, mais aussi sa dimension corporelle trop souvent sous-estimée au profit de sa dimension philosophique.  Au XVIIIe siècle et encore plus au XIXe siècle, la pratique maçonnique promeut une sociabilité « amateur » au sens fort de celui du siècle des lumières : l’amateur est un homme de goût, cultivé, qui apprécie les délices de l’otium (c’est le temps durant lequel une personne profite du repos pour s’adonner à la méditation, au loisir studieux).

Le temps passant, les Francs-Maçons de l’Angleterre victorienne, vont pratiquer et diffuser via entre autres les publics schools (terme qui désigne un groupe d’environ 10 pour cent des écoles indépendantes et sont en général plus anciennes, plus coûteuses et plus exclusives, que les autres écoles anglaises) différents sports : tir, golf, polo, cricket… Les élites maçonniques auront d’ailleurs une place centrale dans l’organisation des jeux olympiques successifs.

En Angleterre, les sports sont donc régis, pratiqués et diffusés par de grandes figures de l’Establishment, tous issus des meilleures publics schools, des Universités d’Oxford ou de Cambridge. Tout homme bien né et bien éduqué fait partie d’une loge et d’un club sportif. 

A l’inverse en France et dans les loges continentales marquées par un fort anticléricalisme, le rapport au sport est différent. La Franc-Maçonnerie n’est plus le théâtre feutré de l’entre-soi et de l’excellence sociale. Au nom de l’engagement philanthropique et du combat pour le progrès social, les « frères » francs-Maçons français participent à différentes sociétés sportives qu’ils n’entendent pas abandonner aux cléricaux. Ils organisent des rencontres sportives qui vont au-delà de l’appartenance ou non à la Franc-Maçonnerie (interobédience) avec un esprit de fraternité universelle. Ils contribuent largement au développement de l’éducation physique scolaire via les hussards de la République émanant de la Ligue de l’enseignement, inventée par un illustre Franc-Maçon, M. Jean Macé.

L’Angleterre et la France n’ont pas la même approche du sport, ils ne l’ont donc pas concernant le Rugby.

La Franc-Maçonnerie et le Rugby

Selon Daniel Herrero, rugbyman toulonnais puis niçois, entraineur charismatique du grand Rugby club toulonnais (RCT), puis du fameux Paris université club (PUC,) professeur d’EPS, chantre et poète des beautés du Rugby et de l’Humanité en général, le Rugby à XV se serait développé dans les îles britanniques au XIXe siècle, puis dans le Sud Ouest de la France, sous l’impulsion des Francs-Maçons. Ceux-ci, auraient vu dans ce jeu un moyen efficace d’éduquer la jeunesse aux valeurs maçonniques. 

De fait, les liens entre le Rugby et la Franc-Maçonnerie sont nombreux : une symbolique commune, des rugbymen Francs-Maçons à foison… Mieux, si l’on se penche sur l’histoire de la naissance du Rugby, on se rend compte que ce sont des Francs-Maçons qui ont créé, pensé, inventé, codifié, légiféré, pérennisé, puis diffusé le Rugby. Une histoire d’hommes et de symboles qui s’est écrite en quatre temps. Un jeu éducatif qui a été conçu et estampillé symboliquement par des « frères » Francs-Maçons au XIXe siècle. 

Un sport qu’ils n’ont pas façonné à partir du néant, mais qui est le fils de nombreux jeux de balle ovale de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle : de la phéninde des Spartiates à  l’aporaxie et l’episkyros de la Grèce antique, à l’harpastum des Romains, à la soule (qui vient du mot Soleil) et à la barrette des Français. Tous ces jeux étaient déjà la survivance de rites initiatiques ou de cérémonies célébrant entre autre la fertilité.

Premier temps : Le geste transgressif de William Webb Ellis en 1823.

Comme dans toutes les belles histoires humaines amenées à perdurer dans le temps, le Rugby nait d’une légende. Celle du geste transgression d’un certain William Webb Ellis, élève modèle de 16 ans du collège de la ville de Rugby (Warwickshire), au cours d’un match de Football en novembre 1823. C’est un peu le roman d’un tricheur de Sacha Guitry, sans un acte d’improvisation et en dehors du cadre légal, cet élève décida sur un coup de tête de se saisir à pleines mains du ballon et de courir à grandes enjambées vers le but adverse. Il plonge alors derrière la ligne de but adverse et réclame un point pour son équipe. On raconte que le professeur-arbitre releva ce manquement à la règle manifeste en félicitant ironiquement son jeune élève en s’exclamant « good try, traduction bien essayé ». 

En fait, à cette époque, les règles du football étaient assez mal définies.Par exemple, au collège de Rugby, il était bien permis de prendre le ballon avec les mains à la volée, mais il fallait soit le renvoyer directement au pied vers l’adversaire, soit le poser à terre pour qu’un partenaire y donne un coup de pied. 

L’élève partit en 1825 à Oxford pour y étudier la théologie amenant avec lui la nouvelle formule du jeu de Rugby.

Le culot du jeune homme renvoie à celui qu’il faut à un Franc-Maçon dans notre monde moderne, industrialisé, rationalisé et technocratique. Il faut du courage pour affirmer que la pensée symbolique garde tout son sens au XXIe siècle. 

L’homme devint pasteur, Franc-Maçon et finit sa vie à Menton en France où il fut enterré. Il ne sut jamais que son geste initial avait été repris bien plus tard pour assoir l’histoire du Rugby. Une statue à la gloire de l’élève a été érigée au collège de Rugby. Des générations successives de joueurs sont allées en pèlerinage années après années saluer sa mémoire. Une loge maçonnique porte d’ailleurs son nom, the William Webb Ellis Lodge N0 9754. 

A propos de la construction d’une mythologie du jeu de Rugby, certains historiens affirment que l’auteur du geste initial rugbystique serait plutôt un dénommé Jem Mackie, élève lui aussi du Collège de Rugby. Toutefois, le jeune homme, exclu du collège pour son comportement « déviant », ne collait pas avec l’image d’un sport de gentlemen. William Webb Ellis était donc un bien meilleur représentant des valeurs du Rugby.

Depuis le début donc, le Rugby s’enorgueillit d’être un sport de voyou joué par des gentlemen. Ne serait-il pas aussi l’inverse ?

Avec cette légende incarnée par un étudiant emblématique, le Rugby détient l’équivalent des secrets antiques, des mystères égyptiens et des templiers de la Franc-Maçonnerie des premiers maçons spéculatifs d’Ecosse, des constructeurs de cathédrales ou des aristocrates londoniens. Il s’est donc construit une mythologie propre et pleine d’espoir.

Deuxième temps : Les 37 règles des élèves du collège de Rugby de Thomas Arnold en 1845.

En réalité, l’origine du Rugby est tout autre. C’est encore une fois l’histoire d’un homme, celle de Sir Thomas Arnold, proviseur du fameux collège de la ville de Rugby de 1828 à 1845, ancien professeur d’histoire et Franc-Maçon de grand rayonnement. Il est donc à double titre un spécialiste des sciences humaines.

Sir Thomas Arnold possède aussi la particularité d’être à la fois un homme d’église érastien (les érastiens soutenaient que l’Église n’a point d’autorité quant à la discipline, qu’elle n’a aucun pouvoir de faire des lois ni des décrets, encore moins d’infliger des peines, de porter des censures) et un farouche opposant à la doctrine anglicane majoritaire.

Il arrive dans une institution affaiblie par une hiérarchie entre élèves très dure : bizutages violents, humiliation des plus jeunes, tyrannie des aînés, alcoolisme et rébellion contre les professeurs. A cette époque de l’Angleterre victorienne, de nombreux collèges anglais étaient d’ailleurs débordés par le comportement agressif de leurs élèves. La plupart des proviseurs n’espèraient qu’une chose : se débarrasser de leurs garnements les plus récalcitrants et les renvoyer à la vie civile sans éducation.

Arnold décide lui de renverser les us et coutumes de l’époque. Il s’appuie sur la Franc-Maçonnerie car elle exerce une influence humaniste de plus en plus importante au sein de la société anglaise. S’apercevant immédiatement de l’urgence de réformes, il a la clairvoyance de ne pas s’imposer comme un chef autoritaire. Au contraire, il change l’état d’esprit qui prévalait au collège en mettant au coeur de son projet éducatif les valeurs de la Franc-Maçonnerie et en responsabilisant ses élèves. C’est donc avec eux, en les considérant comme ses assistants, qu’il entreprend de codifier les jeux de balles violents et anarchiques auxquels s’adonnaient ses élèves.

Il installe une éducation ludique, basée sur l’engagement, le combat et la solidarité. Il inculque la fraternité avec ses camarades, le courage de ne pas les abandonner dans la défaite et de ne pas se comporter en voyou avec les adversaires. Grace au Rugby, il donne à cette première génération d’élèves, puis aux suivantes à travers le temps, la possibilité d’acquérir des valeurs essentielles pour fonder la cohésion d’un groupe d’hommes ou de femmes.

Arrivé dans le collège de Rugby cinq années après le geste fondateur de William Webb Ellis, Sir Thomas Arnold et ses élèves de sixième ne formaliseront les 37 premières règles du Rugby qu’en août 1845. Elles avaient pour objectif d’apporter des réponses concrètes à l’organisation du jeu et aux conflits générés par les différences d’interprétation des situations d’opposition. Ces règles sont donc la base historique du Rugby.

En mettant ses élèves-rugbymen au coeur de leur propre éducation, Sir Thomas Arnold faisait et fait encore figure de visionnaire. Ces futurs joueurs s’approprièrent naturellement les règles du Rugby, à tel point qu’après leurs études ils propagèrent sa pratique dans toute l’Angleterre et dans les lointaines contrées de l’empire britannique, par exemple en Nouvelle Zélande.

Troisième temps : Les 59 lois de la Rugby football union (RFU) en 1871.

Malgré les efforts réalisés par les élèves de Thomas Arnold pour codifier le tout jeune Rugby, les différents collèges, clubs, écoles et universités anglaises s’étaient appropriés le jeu de Rugby à leur façon en développant des variantes dans les règles. Le premier match international entre l’Ecosse et l’Angleterre en 1870 au Kennington Oval va changer la donne. L’Angleterre bat l’Ecosse par 1 but à 0, mais cette victoire semble peu régulière au yeux des écossais. Non pas par manque de flair play, mais tout simplement parce que les deux pays n’appliquaient pas les mêmes règles. 

Les fédérations n’existant pas à cette époque, il fallut la bonne volonté de deux Francs-Maçons reconnus, Edwin Ash, secrétaire du club de Richmond, et L.J Maton, président des Wimbledon Hornets, pour mettre fin à cette cacophonie et rédiger les premières lois du Rugby. Ils décidèrent avec Algernon Rutter et EC Holmes (dirigeants du club de Richmond)  de réunir 21 clubs de Rugby en juin 1871 dans un restaurant nommé Pall Mall sur Regent Street à Londres.

Etaient présents ce jour-là les clubs suivants : Harlequins, Blackheath, Guy’s Hospital, Civil Service, Wellington collège, King’s collège, St Paul’s school, Gipsies, Flamingoes, Wimbledon Hornets, Mohicans, Marlborough nomads, West Kent, Law, Lausanne, Addison, Belsize park, Ravenscourt park, Chapham rovers et Queen’s House. Cette réunion aboutit à la création de la Rugby football union (RFU).

Les résultats de leurs travaux furent communiqués en juin 1871 avec la publication des 59 lois du Rugby. Les écossais firent de même de leur coté en rédigeant un livre « vert » commun à plusieurs clubs : Edinburgh Academical, Merchistonians et High school.

D’âpres négociations commencèrent alors entre anglais et écossais pour organiser un second match, cette fois-ci officielle , selon les règles de la RFU. Ce match eut lieu à Rayburn Place le terrain de l’Académie d’Edimbourg en mars 1871 devant 4000 personnes. Chaque équipe était composée de vingt joueurs (l’effectif moyen d’une classe de collège) avec trois arrières, trois demis et 14 avants pour les anglais (dont la moitié venait du collège de Rugby) et trois arrières, deux demis et 15 avants pour les écossais. Pour l’anedocte, les écossais gagnèrent ce match. La revanche eut lieu en février 1872 à Londres et les anglais prirent leur revanche.

Quatrième temps : L’invention des Barbarians par William Percy Carpmael

Les Barbarians sont le symbole des loges maçonniques itinérantes. Cette équipe sans « temple » ni ville fut créée par un rugbyman Franc-Maçon, M. Carpmael, en 1890 dans un pub de Bradford. 

On y entre par cooptation et parrainage selon des critères autant sportifs qu’humains : être reconnu gentilhomme et bon camarade entre autre. Ses couleurs traditionnelles sont des symboles de la Franc-Maçonnerie : le noir et le blanc originellement orné d’une tête de mort.

Une équipe idéale qui n’a d’autre enjeu que la fraternité, la joie de vivre et la solidarité. En somme, l’équipe témoin qui dit et rappelle à toutes et tous la vérité de ce que doit être le Rugby.

D’autres nations ont par la suite inventé leur équipe de Barbarians, de la France à la Suisse. Désormais, le représentant de cet esprit Barbarians en France est notre icône toulousain au casque d’or MJean Pierre Rives.

Les symboles que les Francs-Maçons ont gravés dans le jeu de Rugby.

On retrouve dans le Rugby trois notions essentielles à la Franc-Maçonnerie :

  • la formation des individus, la tentative perpétuelle de leur amélioration pour mieux penser la complexité du monde et mieux servir la collectivité,
  • le combat pour défendre des valeurs fondatrices.
  • la transmission orale privilégiée.

Le Rugby présente encore pour le grand public, et ce malgré ses dérives actuelles, l’image d’un sport véhiculant des valeurs de combat, de fidélité, de courage, de force physique, de solidarité, de respect des autres et de fraternité.

Toutefois, il possède également l’image d’un jeu certes intelligent (comme le disait Françoise Sagan), mais aussi compliqué et inaccessible au premier abord. Avec ses règles complexes, voire confuses, sa propension à privilégier l’esprit de la règle (et donc ses interprétations) à leur application à la lettre, son langage symbolique singulier et sa pratique codée, il nécessite d’être introduit et initié pour l’apprécier pleinement.

Les rituels du Rugby, qui peuvent, à l’instar de ceux des Francs-Maçons, paraitre dérisoires aux néophytes, ne sont rien d’autre qu’une manière de réunir les hommes dans toute leur diversité intellectuelle et physique au sein d’un collectif tourné vers un but partagé.

Les pays, territoires, régions (le Sud Ouest en France) ou Universités (de Paris à Bordeaux) où le Rugby est pratiqué ont toujours un lien avec l’histoire britannique

On pourrait faire le parallèle entre les trois piliers de la Franc-Maçonnerie (camaraderie, charité et intégrité) et les avants de notre première ligne. Le talonneur les bras en croix, se sacrifie en fonçant tête baissée dans le pack adverse. Le pilier droit et le talonneur qui engagent leurs deux épaules sont les deux pierres angulaires de l’édifice de la mêlée. Dans une mêlée, les avants peuvent stabiliser ou écrouler la construction. Ils se prennent par les épaules dans l’obscurité de la mêlée (une fois celle-ci engagée, les huit joueurs sont aveugles, les yeux tournés vers la pelouse) et l’union des forces produit une alchimie sacrée. Les deux immenses deuxièmes lignes sont d’ailleurs appelés les poutres maitresses du pack.

Le Rugby possède une structure architecturale qui emprunte beaucoup au vocabulaire maçonnique : plaquage cathédrale, construction en lignes, lignes de perspective des trois quarts, formation des trois quarts en triangle, le soutien des joueurs qui partent dans les mêlées ouvertes.

Les stades de Rugby sont des temples avec leurs loges pour l’élite des connaisseurs. Les vestiaires figurent le secret et le mystère des loges où seuls les initiés peuvent entrer et sortir à la lumière pour combattre. Les poteaux en forme de H d’un terrain de Rugby représentent les deux colonnes de Jakin et Boaz (la Force et la Stabilité) des loges maçonniques, soit l’entrée dans le temple de Salomon. 

Le ballon est comme accouché dans les pieds de la troisième ligne centre à la fin de chaque mêlée. C’est le demi de mêlée qui extraie le ballon afin de le transmettre comme un cadeau à ses camarades, comme on transmet la parole ou la connaissance dans une loge.

Le Rugby emprunte beaucoup au vocabulaire général maçonnique. La chandelle, c’est le ballon que l’on tape le plus haut possible vers le Soleil. Les joueurs les plus véloces sont des flèches, on franchit les lignes adverses comme une épée, chaque international reçoit une cape (petite casquette), comme un frère maçon reçoit un tablier.

Quand les joueurs se regroupent avant, pendant ou après un match, ils forment un cercle ou une chaine d’union en se serrant au plus près pour se motiver ou s’expliquer. Car, sur un terrain de Rugby l’erreur doit être permise. Elle fait grandir, elle fait partie du processus d’apprentissage

Au Rugby, on se rencontre plus qu’on ne se croise. Les codes s’acquièrent avec le temps, novices et initiés partagent une culture et un état d’esprit commun. Dans toute équipe de Rugby, chacun des membres participe à l’égrégore (plusieurs personnes qui se focalisent sur un même objet) avec ses différences de caractère et de gabarit. Les individus sont au service des autres dans la sueur et le sang, dans la douleur et la joie.

L’idée de fusion, de solidarité et de partage sont développés comme des stratégies : ensemble, on est plus fort. Ces idées, ces valeurs sont transmises aux jeunes initiés par leurs ainés ou leurs parrains dès l’école de Rugby. Le rugbyman ne parle jamais de lui-même, il renvoit toujours son discours à la notion d’équipe. Comme le dit Pierre Albaladéjo, c’est un jeu qui n’accepte pas le je. En France d’ailleurs, grâce aux Francs-Maçon épris de progrès social, le Rugby anglo-saxon si élitiste et aristocratique s’est transformé progressivement en jeu éducatif permettant un vaste brassage sociétal et une ascension sociale des catégories socio-professionnelles les plus défavorisées .

Enfin, les matchs se terminent toujours par une poignée de main à cet autre, l’adversaire, celui avec lequel on se mesure. Les troisièmes mi-temps particulièrement arrosées sont semblables aux agapes célébrées après les tenues maçonniques.

L’organisation mondiale du Rugby va même jusqu’à ressembler à celle de la Franc-Maçonnerie. L’International Board est situé à Londres comme la loge mère fondatrice.

Enfin, et c’est peut être le symbole le plus maçonnique du Rugby, le ballon ovale représente l’incertitude propre à toute vie humaine à l’heure de faire des choix. Il exige un pouvoir d’adaptation, d’anticipation, une précision et une habileté extrême à tout rugbyman pour s’en saisir. Le geste de la passe à l’aveugle vers l’arrière, cette transmission du savoir à ses camarades ne peut se faire que s’il y a une connection affective et intellectuelle forte entre l’ensemble des hommes qui constituent une équipe. 

Comme un symbole, c’est l’esprit fédérateur de la Franc-Maçonnerie irlandaise, elle-même unifiée en une seule loge, qui créa l’unique équipe nationale de Rugby irlandaise. Une équipe qui regroupe depuis le XIXe siècle des protestants, des catholiques et des laïcs provenants des 4 provinces irlandaises.

Le rugby aristocratique des collèges et des universités anglaises « débarqua » au Havre (le HAC est le premier club de rugby français) en 1872, mais poussa rapidement jusqu’à Paris. Sa diffusion quasi exclusive vers le Midi de la France, donc vers la zone où les français jouaient à la barette, a plusieurs explications :

  • L’influence anglaise dans la région bordelaise, qui colporta le rugby dans le milieu universitaire et chez les négociants en vin.
  • La diffusion du rugby par des étudiants de Bordeaux vers leurs villes ou villages d’origine dans tout le sud ouest, jusqu’à Toulouse.
  • Le fait que le sud de la France était une région traditionnellement rebelle au pouvoir centralisé et catholique de Paris, ce qui exacerba la lutte qui opposait les instituteurs républicains et laïcs et les prêtres catholiques, à propos de l’éducation physique des enfants.
  • Ainsi, les instituteurs-hussards de la République (dont beaucoup faisaient partie de la Ligue de l’enseignement créé par Jean Macé, membre éminent de la Franc-Maçonnerie et du parti Radical) choisirent le rugby pour ses valeurs de courage, de combat et de solidarité ; le clergé, traditionnellement plus rétif à la notion de contact physique et charnel entre joueurs, choisit le football et le basket.
  • Par exemple, le Rugby du Sud Ouest (région à forte double implantation maçonnique et radicale) s’est-il étendu via les réseaux scolaires de Bordeaux vers les campagnes déchristianisées de l’ouest, de Mont de Marsan et Dax ; tandis que le football et le basket trouveront un terrain favorable dans le Béarn catholique et au nord des grandes Landes grâce aux patronages catholiques. Le développement du rugby en Bretagne et en Normandie, terres de soule et géographiquement très proches de l’Angleterre, fut freiné, c’est un euphémisme, par l’hégémonie catholique de ces régions.

Comme dans la Franc-Maçonnerie, beaucoup de joueurs ont été d’abord conquis et impressionnés par le discours et la rencontre avec leur premier éducateur, qui fait figure alors d’aîné. Ces maîtres des écoles primaires, du collège ou des écoles de Rugby ont su faire percevoir à leurs jeunes pousses le chemin des mystères du Jeu de Rugby. Un jeu qui a un rôle social et psychologique qui croît chaque jour de la semaine pour se dénouer tous les dimanches (jour de match) et plus généralement tout au long de la vie des femmes et des hommes.

La passe

Message de confiance

Don d’amitié

Talent d’initié

Œuvre éphémère

Qui vit, survit, se transforme et s’embellit

Dans les souvenirs et les dires

Trouve l’éternité

JJ Berland

Et maintenant ?

La singularité et la beauté du Rugby ne sont pas le fruit du hasard. Notre jeu est né et s’est développé selon la pensée et les valeurs d’hommes cultivés et intelligents, qui avaient avant toute chose le sens du bien commun et de l’amélioration des individus au service de leur collectivité. Ce n’est donc pas un hasard si les pionniers du Rugby étaient tous Franc-Maçons et/ou professeurs d’histoire et de littérature. Le jeu de Rugby est le fruit de leur pensée humaniste. 

Chaque organisation humaine est fragile et dépendante de l’intégrité de ses élites, tout n’était donc pas rose dans le Rugby avant 1996. L’argent circulait dans des réseaux cachés et obscurs, le dopage et la violence existaient, les luttes entre baronnies du temps de M.Ferrasse étaient sanglantes et la quête de l’intérêt supérieur du Rugby pouvait paraitre parfois illusoire.

Mais, après 22 années de professionnalisme, la chute s’est accélérée. Qu’est-il advenu de cette belle idée qu’était et que devrait encore être le Rugby ?

On ne parle plus que de fusion-acquisition de clubs qui n’ont plus ni d’identité ni d’histoire, de rentabilité financière, de racisme, d’injures, de dopage, de drogue, de suspicion de viol présumé, de réforme territoriale et d’organisation de coupe du monde. Notre jeu a été volé et confisqué par quelques chefs d’entreprises pour promouvoir leur marque ou leur groupe de média. Sitôt lassés de leur joujou, ils abandonneront leur club et le Rugby pour aller s’enrichir ailleurs.

Alors, dans quel état laisseront-ils ce sport et les hommes et femmes qui en sont amateurs ? Le Rugby vit une période de décadence vertigineuse, car il n’est consubstantiellement pas adapté au professionnalisme. Le CAC 14 le dénature et le tue à petit feu. Seules quelques règles originelles, les traces de son passé maçonnique, le tiennent dans un état de coma éveillé.

N’est-ce pas le temps pour les héritiers de ces pères fondateurs de le ramener à la vie ? La Franc-Maçonnerie ne devrait-elle pas sauver son oeuvre ? N’est-elle d’ailleurs pas un de nos derniers espoirs ?

Certes, la pugnacité des « frères rugbystiques » des loges maçonniques s’est sans doute émoussée depuis 1996 et l’arrivée du professionnalisme. On peut d’ailleurs leur reprocher de ne pas avoir assez lutté contre la disparition de l’amateurisme, même marron. On peut leur en vouloir de ne pas avoir assez dénoncé les turpitudes du Rugby-Spectacle-Business. 

Mais les rugbymen Francs-Maçons sont très majoritairement restés fidèles à leurs faisceaux de valeurs. Eux qui ont été à l’origine de tant de lois progressistes, du droit de vote des femmes à la laïcité, des hussards de la République de la ligue de l’enseignement à notre célèbre maxime ‘liberté, égalité, fraternité », ne devraient-ils pas redonner au Rugby sa fonction initiale et son intérêt collectif ? Ramener le Rugby au coeur de la vie sociale d’un quartier, d’une commune, d’un département ou d’une région, comme l’avait fait Sir Thomas Arnold au XIXe siècle, ne serait-il pas un moyen efficace pour pacifier la société française ?

Car le Rugby est une utopie, un projet humaniste exigeant, une magnifique incongruité, une idée pédagogique novatrice qu’il faut sans cesse défendre et réinventer. Plus de 194 années après l’acte fondateur de William Webb Ellis, le combat continue. Peut-être devrait-on distinguer, séparer et organiser à part les deux Rugbys contemporains qui n’ont plus grand chose en commun : le Rugby des initiés et le Rugby marchand. 

lien vers l’article original sur le site le rugby emmelée de frederic Bonnet

Lorsque Ferrari pilotait le Grand Orient d’Italie

De précieux documents relatifs à Ettore Ferrari, artiste, homme politique et Grand Maître du Grand Orient d’Italie, sont revenus en Italie du Mexique

Un total de 1271 documents relatifs à Ettore Ferrari (1848 1929), artiste et homme politique, qui a dirigé le Grand Orient d’Italie (GOI) de 1904 à 1917, ont été rendus à l’Italie. C’est une collection précieuse, destinée à donner un nouvel éclairage sur ce personnage extraordinaire, à l’occasion du centenaire du siège de l’ambassade du Mexique en Italie, par le propriétaire Arturo Zamora Jiménez, féru d’histoire et de culture. Cette information a été rapporté par le portail Esfera Noticias. (Lire à ce sujet notre article du 16 avril dernier)

Un véritable trésor, qui, par la volonté du propriétaire, est rentré en Italie, enrichissant la collection Ferrari présente aux Archives centrales de l’État depuis le 17 octobre 1991. D’autres ensembles documentaires qui lui sont consacrés se trouvent à la Galleria d’Art moderne et à l’Institut d’histoire du Risorgimento à Rome, de la Domus Mazziniana à Pise et du Grand Orient d’Italie. Ce dernier, par le biais de sa Fondation, a promu l’année dernière la publication d’un volume intitulé « Ettore Ferrari Grand Maître et artiste entre le Risorgimento et l’Antifascisme », consacré aux documents importants conservés dans ses archives.

Sculpteur, peintre, homme politique, député de l’extrême gauche radicale de 1882 à 1892, conseiller de la municipalité de Rome de 1877 à 1907, Ettore Ferrari fut Grand Maître du Grand Orient d’Italie de 1904 à 1917 et Souverain Grand Commandeur du Rite Écossais Ancien et Accepté de 1918 jusqu’à sa mort en 1929. Il ne faut surtout pas le confondre avec son homonyme, le célèbre constructeur de voitures de prestige Enzo.

Ettore Ferrari est né à Rome le 25 mars 1845 et a appris de son père Filippo, également sculpteur, non seulement l’amour pour l’art mais aussi pour la politique. Il a fait un lien de ses deux passions en devenant le protagoniste de la célébration artistique du nouvel État laïc né avec l’unification de l’Italie. Il a suivi les cours de littérature et de droit à l’université de Rome, a été élève de l’Académie nationale de San Luca, professeur de longue date à l’Institut supérieur des beaux-arts, membre de l’Académie d’Arcadie ainsi que fondateur membre et secrétaire, en 1870, de l’association artistique internationale anti-académie. 

Les premières œuvres de Ferrari démontrent sa « foi » en tant qu’homme politique radical. Parmi les monuments qu’il a réalisés figurent ceux de Giuseppe Garibaldi à Vicenza (1886), Pise (1892), Tortona (1895), Rovigo (1897), Macerata (1895), Massa Marittima (1904), Cortona (1895) et Bevagna ; à Quintino Sella à Rome (1893); à Terenzio Mamiani à Pesaro (1896); à Engel à Vicosoprano, Suisse (1899); à Carlo Cattaneo à Milan (1893) ; à Gabriele Rosa à Iseo (1914) ; à Giovanni Bovio à Trani (1914) ; à Giuseppe Verdi à Philadelphie (1887); à Antonio Meucci à Staten Island, New York (1923) ; à Trajan et Decebalus à Cluj, Roumanie (1927); à ceux qui sont morts pendant la guerre mondiale à Alexandrie en Égypte (1924) et Marino (1927) ; les bustes de Francesco Carrara dans le Camposanto de Pise ; à Jakob Moleschott à l’Université de Rome. La renommée d’Ettore Ferrari est liée notamment à deux œuvres, toutes deux à Rome : 

Giordano Bruno, Campo de’ Fiori

Giordano Bruno inauguré à Campo de’ Fiori le 9 juin 1889 avec un événement public grandiose, et Giuseppe Mazzini de la période 1902-1911 (mais imaginé dès 1890) sur l’Aventin. En raison de leur signification politique, les deux œuvres s’opposèrent : la statue de Giordano Bruno paya de lourdes limitations par rapport à l’idée originale et attendit longtemps avant d’être inaugurée ; un sort similaire suivit le monument à Mazzini qui ne fut inauguré qu’en 1949, après la naissance de la République italienne, avec la censure du Vatican qui jugea certaines représentations anticléricales. 

Monument à Mazzini

Ettore Ferrari était un organisateur dans le monde de la culture et de l’art. Il fut mécène des peintres et des sculpteurs, président de l’Institut supérieur des beaux-arts, président du Musée artistique industriel de la Piazza Crispi à Rome, membre du Conseil supérieur des arts, conseiller auprès des ministres de l’instruction publique. 

Non moins important, le rôle d’Ettore Ferrari dans la politique et au sein du Grand Orient d’Italie. En 1867, il participa à la tentative d’insurrection ratée qui devait éclater à Rome contre le gouvernement pontifical. En juin 1877, il fut élu conseiller municipal de Rome, dirigé par le Circolo di Belle Arti et le journal « Il Popolo Romano ». Il y resta, avec une brève interruption, jusqu’en 1907. L’une de ses premières initiatives fut la proposition de construction du Palazzo delle Esposizioni dans la Via Nazionale. Député au collège de Pérouse de 1882 à 1892, Ferrari siégea au Parlement sur les bancs de l’extrême gauche démocrate. En républicain convaincu, il refusa toujours de rencontrer le roi. En 1919, il refusa sa nomination comme sénateur à vie, proposée par le ministre Nitti. 

Au fil des ans, son atelier près de Porta Salaria accueillit d’importantes réunions politiques, des assemblées d’organisation et même des congrès. Son engagement s’exerça en Italie et à l’étranger : en 1879, il participa aux travaux pour la fondation de la Ligue de la Démocratie ; en 1881, il fut parmi les organisateurs du Comizio dei Comizi à Rome en faveur du suffrage universel ; politiquement lié au radical Felice Cavallotti.

Il fut en 1890 parmi les architectes du congrès au théâtre Costanzi qui se termina par le Pacte de Rome, signé par des radicaux, des socialistes, des irrédentistes et des républicains ; en 1896, il entra au comité pour la réorganisation du parti républicain dans le Latium ; anticolonialiste. Il se mobilisa en faveur de la résistance cubaine contre la domination espagnole ; en 1897, dans sa maison, il organisa l’expédition des volontaires Garibaldi à Candie ; à partir de 1899 et pendant un an, il fut membre du Comité central du parti républicain, dont il garda toujours la carte ; à l’automne 1900, Ettore Ferrari se rendit en Roumanie et en Turquie où il établit des relations étroites avec les forces réformatrices de ces pays. Il fut parmi les inspirateurs du projet politique « Jeunes Turcs » d’Atatürk.

Entre-temps, Ettore Ferrari avait rejoint la franc-maçonnerie en entrant à l’été 1881 à la Loggia Rienzi de Rome, dont il fut le vénérable professeur en 1892. Quatre ans plus tard, il devint Grand Secrétaire auprès des Grands Maîtres Adriano Lemmi puis Ernesto Nathan auprès de qui il toujours resté attaché. Le 15 février 1904, il est élu Grand Maître du Grand Orient d’Italie, succédant à Nathan. Ferrari a donné à la Communion italienne une forte impulsion progressiste et sous sa direction, le Grand Orient a atteint le sommet du prestige. Sa grande aspiration était de rassembler et de structurer toutes les forces laïques et réformatrices en Italie pour s’opposer victorieusement à la majorité modérée. Cependant, le projet se heurtait à la réalité d’un monde catholique de plus en plus présent en politique et de formations plus enclines à exalter les différences mutuelles qu’à trouver des points de rencontre. Tout aussi forte était l’attention portée à l’école, lieu dédié à la formation des citoyens de demain.

En juin 1917, Ettore Ferrari participa au congrès de Paris où la franc-maçonnerie de l’Entente, sans les britanniques, se réunit dans le but de mettre en place un projet de Société des Nations. 

Craignant que la délégation italienne ne vote une résolution en faveur du principe d’autodétermination des peuples, une campagne hostile se déchaîna dans la presse qui conduit Ferrari à reprendre le mandat de Grand Maître le 25 novembre de la même année. 

En avril 1918, il fut élu Souverain Grand Commandeur du Conseil Suprême du Rite Écossais Ancien et Accepté, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort. En 1919, il fut nommé Grand Maître Honoraire. 

Dès la fin de 1922, il consacra tous ses efforts à renforcer le Rite Écossais. L’année suivante, il voyaga dans toute l’Italie et il est évident que l’institution se concentra pour se défendre des attaques fascistes, même avec l’entrée d’exposants du rite symbolique parmi les Écossais. 

En mai 1923, Ferrari réorganisa les Chambres supérieures et décida de publier « Lux », le bulletin mensuel du Rite, pour poursuivre une pensée libre qui fusionnait les enjeux socioculturels avec les enjeux ésotériques. 

Toujours à la fin de 1924, il engaga les francs-maçons à défendre les valeurs laïques du Risorgimento. Adversaire du fascisme, il renonça à toutes fonctions publiques afin de mener une pensée libre qui mêlait les enjeux socioculturels aux enjeux ésotériques. 

Ettore Ferrari n’a pas dissous son organisation, même après l’approbation de la loi antimaçonnique de novembre 1925 voulue par Mussolini. 

Son atelier fut envahi à plusieurs reprises par des escouades et dans la nuit du 1er novembre 1926, lors d’un assaut, la statue de la Victoire destinée au monument à Giuseppe Garibaldi fut détruite. Encadré par la police, il fut dénoncé le 25 mai 1929 pour tentative de réorganisation de la franc-maçonnerie et fut l’objet d’un blâme. Il était en effet en correspondance avec Giuseppe Leti, avocat et antifasciste bien connu, émigré en France et son lieutenant, à qui en mai 1929 il transmit les pleins pouvoirs.

Il mourut à Rome le 19 août 1929. Sur ordre des autorités, seuls les membres de la famille furent autorisés à assister aux funérailles.