Accueil Blog Page 678

La vraie durée de construction des cathédrales

pourquoi les chantiers de construction sont lents ? (ce n’est pas qu’une question de moyens techniques) – Comment connaît-on la durée d’un chantier malgré la rareté des sources historiques ? – Quel est le temps moyen de construction ? Un siècle, deux siècles ?

Des abbayes aux cathédrales

Ce que les abbayes font durant le xie siècle, les évêques n’en ont ni les ressources, ni le pouvoir.

Jusqu’à la fin du xiie siècle, les cathédrales n’ont pas les dimensions que nous leur connaissons aujourd’hui : nombre d’églises abbatiales sont des constructions beaucoup plus grandes (cf. Cluny dont la longueur est supérieure à celle de la basilique actuelle de Saint-Pierre de Rome). Jusque-là, le morcellement féodal constitue un obstacle à la constitution civile des populations ; l’influence des évêques est limitée par ces grands établissements religieux du xie siècle. Les abbayes menées par des abbés à forte personnalité, constituent par contre des centres d’attraction où se combinent richesse et pouvoir, intelligence et activité. Les abbayes sont des propriétaires puissants, protégés par les papes et jouissent de privilèges étendus qui les assimilent quasiment à des seigneurs féodaux. Leur influence est considérable du fait de leur participation très active à l’éducation de la jeunesse et à toutes les décisions politiques.

Lorsque les populations urbaines, instruites, enrichies, laissent paraître les premiers symptômes d’émancipation et s’érigent en communes, se produit une réaction contre la féodalité monastique et séculière. Les évêques, appuyés par la monarchie, vont profiter de ce mouvement : l’instant est propice pour reconquérir le pouvoir et l’influence qui leur revient normalement au sein de l’Église, alors qu’ils s’étaient concentrés dans les établissements religieux.

Parfois, les collégiales sont titrées cathédrales sans reconstruction notable. C’est le cas de la Cathédrale Saint-Dié de Saint-Dié-des-Vosges, vaste édifice roman dont seule la façade fut reconstruite au xviiie siècle, avant que de devenir siège d’un évêché en 1777.

Le Moyen Âge, âge d’or des cathédrales

La majorité des cathédrales a été érigée entre 800 et 1600. Ainsi la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris a débuté en 1163, celle de la cathédrale Notre-Dame de Reims en 1211.

En dehors de cette période, quelques cathédrales furent construites ou reconstruites comme par exemple :

  • xviiie, cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast d’Arras, cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation de Nancy, cathédrale Saint-Pierre de Rennes, cathédrale Saint-Louis de La Rochelle.
  • xixe, cathédrale Saint-Jean de Belley, cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Arnoux de Gap, cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille, à Lille, cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille (La Major).
  • xxe, cathédrale Notre-Dame de Créteil, cathédrale de la Résurrection d’Évry, cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre.

Liste de cathédrales avec mention de la date présumée de début des travaux

De la lumière à la lucidité (2/2)

Mais notre imaginaire n’a pas vraiment de réponse à la trilogie questionnant : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Alors il convient qu’il invente des contes merveilleux qui se terminent bien pour nous enchanter ! Où à l’inverse, que ce même imaginaire dramatise la condition humaine en mettant la mort en scène. Ainsi a été inventé le mythe, qui contrairement au roman, comporte une fin ouverte. Ce qui permet aux légendes de devenir mythes et aux rites maçonniques de se déployer en une suite cohérente d’aventures et d’évènements emboîtés. Telles des poupées-gigognes !

Le mythe, la légende, le conte, la fable, bref le récit, répondent à une nécessité. Nous sommes des êtres de désirs et de répétitions. Dès lors, le besoin de croire ou plutôt le désir de croire au surnaturel et au merveilleux, entraîne en nous celui d’entendre et de réentendre, au vrai de savourer, comme autant de bonbons de l’esprit – des histoires, en l’occurrence, fondatrices. Rappelons-nous notre enfance et notre propension à nous faire répéter sans fin des contes de fée, avant de nous endormir, tels le Petit Chaperon rouge ou le Petit Poucet. Ces récits, tranches de vie insolites mises en mots, ont permis à chacun de nous, en devenant inconsciemment un héros de fiction, de se créer une mythologie personnelle. « Dis-moi quel est ton conte de fée préféré, et je te dirai qui tu es ! » affirme le psychologue Bruno Bettelheim.

Lorsque l’imagerie nous ramène à Adam, au hasard d’un tableau ou des illustrations d’un catéchisme d’enfance, que remarque-t-on en regardant bien ? L’homme premier n’a pas de nombril : il ne s’est pas créé lui-même ! De la sorte, depuis la Genèse, les successions humaines, par définition, se reproduisent…mais ne cessent de s’interroger sur leur créateur initial ! Pour dépasser ce mystère, elles ont d’abord inventé des divinités génitrices, puis du polythéisme, sont venues au monothéisme avec les religions du Livre. Autant de symboles « compensateurs » pour apaiser leur tourmente existentielle. L’homme moderne continue de la subir et il éprouve toujours la même obsession lancinante : celle d’un début à connaître, d’un point de départ, d’un « comment » et partant d’un « pourquoi » de sa propre histoire. Le « pourquoi », précisément – son besoin de sens – c’est la caractéristique même de l’homme, toujours interrogatif sur sa condition et en quête de réponses. Parce que dans la cité et sur la planète, à l’époque de l’avion supersonique, du TGV, de l’ordinateur et du téléphone portable, certes on communique de plus en plus…mais, paradoxalement, on se parle de moins en moins !

Les anthropologues le constatent : ces prothèses électroniques, en mettant le monde au bout de nos doigts, auraient tendance à nous isoler socialement et à nuire à notre mémoire ! Alors que, liés les uns aux autres par le langage, nous sommes des « parlêtres », résultat et prolongement de ceux qui nous ont précédés. Nous sommes bel et bien les autres ! Ne s’agit-il dès lors, de nous ressaisir, et de repasser ainsi de la lumière de nos écrans…à la lucidité ? Partant en loge, c’est raison gardée en respectant le rite mais sans être « ritolâtre ». Je veux dire, aller plus loin que les mots du rituel, pour trouver de nouvelles métaphores transposables. Pour sortir ainsi de la routine et d’une certaine paresse intellectuelle. Etre lucide, c’est, dans la cité, faire preuve de clairvoyance. C’est être content du bonheur de l’autre ! C’est marcher vers un but accessible ! Sans me dévaloriser, c’est être conscient de mes moyens, moi poussière d’étoile ! C’est, en prenant un peu de hauteur, cultiver le bien reçu et oublier le mal qui a pu m’être fait ! C’est enfin conserver un ego protecteur mais ne pas le « surgonfler » pour obtenir des regards admiratifs ! Le ver n’est luisant que dans les ténèbres !

Dans notre monde du vivant, nous sommes précisément animés par un puissant « vouloir-vivre ». Cet état fait de nous des êtres en demande permanente de relation, de possession, d’action, de découvertes. Puisque, comme dit Pascal, nous ne savons pas rester dans notre chambre, nous nous affairons fébrilement au dehors. Qui, fuit ainsi la solitude, qui, cherche à se mesurer, qui court après le pouvoir ! Pour trouver du sens, dans une vie qui n’en a pas et oublier notre condition d’hommes provisoires, donc de mortels. Cette vie s’appuie sur le « croire » au ciel, à l’homme, donc au progrès, à la science, à la médecine, à la justice, à l’amour, etc. Le relationnel ne fonctionne qu’à coup de croire et décroire. Parce que croire en quelque chose ou quelqu’un ce n’est pas être dupe : faire confiance, c’est faire crédit, prendre un risque. Il faut savoir que l’on croit et ne pas croire que l’on sait ! Qui dit lucidité dit humilité.

Le désir est manque mais il est aussi création. Etre lucide n’exclut ni l’imagination, ni la sensibilité. Ainsi la lucidité devient pure clarté quand, par exemple, elle conduit vers l’art et les émotions esthétiques. Pour ce qui nous concerne, la lumière initiatique reçue lors de notre première initiation, puis lors des suivantes, nous a mis et continue de nous mettre en présence d’une beauté spécifique. Avec, dans nos loges, l’harmonie des décors et des couleurs, les représentations symboliques et graphiques, les modulations vocales et musicales, les rythmes gestuels et rituéliques. Cette synchronie si particulière, je dirais, « d’éléments en sympathie », régulièrement revécue, fait tomber nos défenses en entretenant joie du cœur et paix de l’âme. Tel est en tout cas mon ressenti. De la sorte, ne constitue-t-elle pas en soi une incitation permanente, une véritable ouverture, le parvis franchi, à toute la gamme d’expressions artistiques dans la cité, qu’elle soit musicale, romanesque, picturale ou encore théâtrale, entre autres ? Aussi bien comme auditeur ou lecteur, acteur ou spectateur. Participer à la création, s’initier à un art, comme à la franc-maçonnerie qui en est un aussi, c’est naître de soi-même.

Nous savons lucidement, que nous ne posséderons jamais la vérité, mais, entre autres, à travers toutes les formes d’art, nous pouvons en percevoir les accents. La représentation enseigne et produit souvent les métaphores du réel. Pratiquer un art ou en être amateur, dans le prolongement maçonnique même, c’est poursuivre dans l’enthousiasme notre auto-construction, notre enrichissement. Tout comme, à partir de l’incitation du rituel, nous intéresser aux sciences sociales, telles que la linguistique, la psychologie ou la sociologie, c’est, je le répète, élargir, augmenter notre pensée, et entretenir une « soif d’apprendre ».

De la perfection, la sagesse

Il fut un temps très lointain où la nature était le garde-manger ouvert des humains. La cueillette offrait l’abondance à chacun. C’est la raréfaction progressive qui a imposé l’agriculture, la propriété, la défiance, la compétition et la jalousie meurtrières. Accepter que l’autre, cet autre moi, existe et mange, fut et demeure la première forme de tolérance ! Et en même temps le constat que l’homme, par sa volonté, est perfectible, améliorable en termes relationnels. Si la perfection (du latin perfectio, achèvement, complétude) semble exister dans l’univers, elle n’est évidemment pas atteignable par l’homme, être inachevé par destination. Car, s’il était « fini », sans avoir à se parfaire, le fils d’Adam se morfondrait dans la béatitude émolliente du jardin d’Eden ! Pour faire image encore, en ce siècle de mal au dos, les colonnes du temple peuvent inspirer au franc-maçon de redresser si besoin sa colonne mentale – support de son ciel intérieur – exactement comme il redresse sa colonne vertébrale physique en se levant. L’homme vivant et confiant est un homme debout qui avance, comme le funambule, le buste droit, à coup de déséquilibres rectifiés, sur le fil de la vie.

Notre cerveau a besoin de la comparaison, pour évoluer dans son environnement. Précisément, perfection et sagesse (du latin sapience, science, savoir) sont souvent comparées et rapprochées en maçonnerie. Qu’est-ce au juste que la sagesse, sinon le savoir-vivre même ? Elle oppose la raison à la passion, la mesure à l’excès, le contrôle de soi à la colère. C’est le médiateur, le juste milieu. Comment vais-je opérer en tant que franc-maçon – qui se sait perfectible – pour appliquer cette sagesse au quotidien ? Certes, vivre, c’est affronter et il est même affirmé par l’anthropologie précitée que nous avons besoin d’adversaires ! Le premier d’entre eux étant nous-mêmes, ne pouvons-nous tenter néanmoins de contenir nos passions dans une main fermée et tendre l’autre ouverte vers autrui ? Le bras désarmé devient alors « outil de rapprochement ». La fratrie est le lien par le sang, la fraternité est le lien par le sens. Nous le savons par l’histoire : cette fraternité est une guerre mais que l’on peut décider de ne pas se faire. Grâce à notre volonté même !

A l’époque des Lumières, les philosophes étaient persuadés que le progrès éducationnel, culturel et scientifique serait synonyme de progrès de la civilisation. Trois siècles après, les génocides arméniens, juifs et rwandais, entre autres abominations humaines, ont prouvé l’évidente insuffisance de la culture. Contrairement à l’animal que l’on dit bête, qui tue par instinct, l’animal humain peut exercer le mal pour le mal, par cruauté, par plaisir même. La haine nous est spécifique. Nous pouvons remarquer que c’est en Allemagne, pays de longue culture s’il en est, que la barbarie a surgi de la folie nazie, pendant la dernière guerre. Aujourd’hui, les barbares existent toujours. Au nom de leur Dieu, ils mitraillent, égorgent, décapitent sauvagement des êtres innocents. C’est évident, au 21ème siècle, éducation et culture, savoir et connaissance ne sont pas encore, loin de là, synonymes de sagesse et de bonté ! Il faut donc rester sur nos gardes, et conserver notre capacité d’indignation.

Autant d’éclairements signifiants pour le maçon que l’accès progressif aux degrés du rite ne doit pas enivrer, mais plus que jamais, faire réfléchir. La montagne a deux sens. A l’effort vertueux de la montée, correspond toujours la descente. Celle qu’impose à ma raison, le sentiment d’humilité. C’est en même temps une descente en moi-même, dans cette sombre caverne d’où il convient que je déloge les démons qui y sont encore blottis. Des préjugés à la vanité. Se perfectionner ne signifie pas perfectionnisme. Nous venons de constater les limites du progrès. Elles existent aussi en soi, ces limites, comme nous le rappelle Socrate avec son injonction « Connais-toi toi-même ». La véritable deuxième partie attestée de la maxime est « Sache que tu n’es pas un dieu ! ». Autrement dit, « Contente-toi de ton état d’homme ». Et lui fait écho l’antique avertissement herculéen « Nec Plus Ultra » : Ne va pas au-delà. Devenir meilleur, oui. Jouer au surhomme, non ! Accepter la réalité, c’est allier ici la modestie à la lucidité.

Lorsque le franc-maçon, homme d’action et passeur de valeurs, s’interroge sur sa mission dans la cité, de la symbolique de l’Art Royal peut lui venir une ou des réponses. A condition toutefois, qu’il ne la comprenne pas comme une économie de la pensée ! Qu’il croie au ciel ou non, la saine interprétation de l’équerre et du compas – telle la boussole et le sextant pour le marin – lui indique une direction, un sens, celui du sacré, qui est à installer ou à restaurer dans la cité. Sans le sacré, règnent le désordre et la violence sociale. Avec le sacré, naît ou renaît en l’homme, le respect sous toutes ses formes. Et aussi ce sentiment de transcendance, porteur du « pourquoi originel », évoqué plus haut, à même de lui suggérer, précisément, de se mettre ou remettre en question, en réflexion. Définition même de cette spiritualité, au sens premier si souvent détourné aujourd’hui. Il suffit pourtant de remonter à sa source latine « spiritus » pour y retrouver le souffle dans le mot même, et avec lui, la respiration, l’inspiration, l’aspiration. Autant de vocables, synonymes de vie physique et psychique, qui au-delà de la verticalité, du céleste, indiquent aussi l’horizontalité, le terrestre. Lequel désigne l’authentique rencontre de soi-même et de l’autre, cet autre Moi. Parce qu’on ne peut devenir vraiment meilleur qu’en s’accordant, je dirais même qu’en respirant avec lui, précisément, à l’unisson. Pour penser et questionner le monde ! Pour continuer de nous étonner et de nous élever. Ensemble !

Découvrir l’article 1/2 cliquez ici

Plein soutien à Salman RUSHDIE

« L’esprit est plus fort que l’épée »[1]

« Le véritable attrait du Mal est la facilité séduisante avec laquelle on peut s’élancer sur sa route »  (Versets Sataniques – Salman Rushdie)

Depuis 33 ans, Salman RUSHDIE nous a appris au péril de sa vie que la liberté de penser, la liberté d’écrire, la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de s’exprimer, la Liberté valait plus que tout.

La Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN partage ces valeurs et invite tous les citoyens du monde à la tolérance, l’écoute de l’Autre et sa compréhension. Elle entend lutter contre tous les fanatismes, d’où qu’ils viennent.

Elle apporte plein soutien à Salman RUSHDIE.


[1] Salman Rushdie, à « La Grande Librairie » 13 septembre 2018

Communiqué de la Fédération française du DROIT HUMAIN via ce lien

Les Templiers utilisaient une méthode permettant de cultiver sans eau

De notre confrère nicematin.com – Par Claire Camarasa

Le compost : une solution qui date du XIIIe siècle pour lutter contre la sècheresse. Dès le XIIIe siècle, les Templiers utilisaient une méthode permettant de cultiver sans eau. Leur technique : utiliser du compost pour une agriculture biologique et sans irrigation.

Cultiver son jardin sans eau, c’est possible et surtout très utile à l’heure où les restrictions d’eau fleurissent en raison de la canicule qui sévit depuis le début de l’été. Et la solution viendrait des Templiers.

« C’est une technique qui a fait ses preuves, indique Edmond Rossi, écrivain et historien niçois. Les templiers pratiquaient une culture biologique, mise au point à partir de divers composts. Des traditions agricoles pratiquées au Moyen-Orient et qu’ils ont rapportées en Occident. »

En d’autres termes, l’idée est d’utiliser les ressources naturelles pour en faire du compost.

Une technique qui a fait ses preuves

« Cette technique permet d’obtenir un compost qui sera adapté à un sol aride et qui sera efficace même pour un petit potager familial, poursuit l’historien. Les résultats se sont avérés et cette technique a fait ses preuves à travers les siècles. Aujourd’hui, la menace de sécheresse actualise ces méthodes d’un autre âge »

Le processus est simple. Il faut dans un premier temps créer son compost (lire par ailleurs).

Une fois qu’il est prêt à être utilisé, il suffit de l’étaler, avec une épaisseur de 7cm, sur la surface où l’on veut planter. On y ajoute ensuite quasiment la même épaisseur de paille ou de feuilles pour recouvrir le tout. L’espace est alors prêt à accueillir les plantations.

« L’épaisseur du compost va favoriser le résultat, confie Edmond Rossi. Les plantes vont y plonger leurs racines et trouver plus bas les substrats et les bactéries nécessaires, sans irrigation. »

Une technique qui peut même être appliquée sur un sol rocheux.

Avec ce procédé, il peut ne pas tomber une goutte de pluie pendant 5 mois sans que cela n’affecte la plantation.

« La nature fait bien les choses, elle nous guide et nous donne l’exemple pour trouver une parade à la chaleur », conclut Edmond Rossi.

1. Dans son livre Les Templiers en Pays d’Azur, il retrace la vie des Templiers dans la région et dévoile leur héritage.

Récupérer des végétaux pour les accumuler dans un récipient, de préférence en bois, avant de les tasser avec des pierres.

Sortir les végétaux de leur bac, trois heures plus tard, pour en faire un tas que l’on va piétiner et comprimer.

Laisser reposer pendant 3 semaines.

Étaler le tas à plat avant de le rassembler en formant une pyramide (comme une sorte de toit).

Recouvrir le tout de terre ou de sable et y ajouter des branchages.

Le compost sera prêt à être utilisé au bout de trois mois.

Pain bénit

1

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Qui d’entre vous se trouve, en ce 15 août, à Rimou, ce petit village d’Ille-et-Vilaine, situé entre Rennes et le Mont-Saint-Michel, à quelques encablures à l’ouest de Fougères ? À  l’Assomption, précisément, on y célèbre les Cônes, ces petits pains bénits[1] en forme de croix que reçoivent les fidèles à la sortie de la messe et qui, précieusement conservés durant toute l’année, sont censés préserver leurs foyers. Telle est l’une des multiples croyances qui survit peut-être encore parmi les représentations du pain dans l’univers spirituel.

Nous autres, Francs-maçons, avons aussi du pain sur la planche, si je puis dire, car le pain, par le travail de l’homme, régénère la vie et il n’est pas exagéré de penser que, métaphoriquement, nous sommes, en quelque sorte, appelés à devenir des maîtres du pain[2]. Comme nous l’allons voir.

Avant cela, en remontant aux sources, faisons un premier détour, par l’épi de blé, dénommé, dans la Bible, schibboleth, en hébreu : שִׁבֹּלֶת, que l’on trouve à plusieurs reprises, comme dans Genèse 41:7, Job 24:24, Zacharie 4:12. Il s’avère que, dans un épisode rapporté au Livre des Juges 12:4-6, les Guiléadites utilisent ce terme comme mot de passe pour confondre leurs ennemis, les Éphraïmites, qui cherchent à fuir mais ne parviennent pas à prononcer correctement la lettre shin. Dès l’instant, leur sort est scellé : se retrouvant tout de suite chocolat, ils se font littéralement et définitivement couper le sifflet ! Dieu merci, à un certain  degré, nos rituels n’en ont conservé qu’un usage adouci… Remontant toujours aux sources, en un second détour, relevons encore que le mot schibboleth veut aussi dire « flot », « fleuve » ou « torrent », comme dans Psaumes 69:2, si bien que, joignant l’eau et le grain, ce vocable – qui figure dans certains versets dramatiques sans être jamais traduit – nous met, à la confluence de ses significations, sur la route du pain, cet aliment de base de nos cultures qui combine magnifiquement les quatre éléments chers aux alchimistes : la terre où pousse le blé, l’eau qui régénère toutes choses, l’air qui, sous l’action du levain, aère la mie, et le feu qui, au sein du four, cette matrice d’une deuxième naissance, amalgame, transforme et sublime les ingrédients, à la manière d’un athanor. J’allais en oublier le sel qu’on y ajoute souvent. Le sel de la vie ?

Fécondité de la terre, don de Dieu, à l’instar de la « manne » que Dieu, dans Exode 16, envoie providentiellement aux Hébreux durant leur traversée du désert, matérialisant ainsi l’Amour divin, tout comme, dans les Évangiles, il en va du « miracle de la multiplication des pains », qui nourrit, certes, la foule, mais plus puissamment encore, de la Parole de Jésus.

Dans notre tradition humaniste, le pain demeure, à la fois, symbole du travail et du partage, substance de fraternité, jusqu’à cette hospitalité que chante Georges Brassens dans sa Chanson pour l’Auvergnat qui rappelle une période de sa vie où, à la suite d’une erreur de jeunesse, il se trouvait au ban de la société[3] :

Ce n’était rien qu’un peu de pain,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encore
À la manière d’un grand festin.

Vous me direz que le pain est mis à toutes les sauces, comme dans cette expression : « S’il continue, je vais lui coller un pain ». Holà, ho! Il est temps pour moi d’achever cet édito. En tout cas, en un tel jour, ce fut pain bénit.


[1] Béni et bénit étaient autrefois deux formes indifféremment employées du participe passé du verbe bénir. Les grammairiens recommandent aujourd’hui de réserver bénit à son rôle d’adjectif signifiant : « Qui a reçu la consécration du prêtre par les rites prescrits », selon la définition du Trésor de la langue française (TLF), et béni à sa fonction verbale, de sorte que l’on parlera d’eau bénite, mais que l’on dira d’une médaille qu’elle a été bénie par le pape, et qu’ironiquement, on écrira cul-bénit mais béni-oui-oui !

[2] Je fais ici un clin d’œil au magnifique documentaire de 52 minutes : Les maîtres du pain, réalisé en 2020 par Éric Bacos et multidiffusé par France 5 jusqu’au 17 juillet dernier, où, « en France, en Grèce ou en Italie, des passionnés perpétuent une fabrication ancestrale et artisanale du pain et relancent la culture de blés anciens » (synopsis). À ne pas confondre avec la mini-série dramatique française en 3 épisodes de 105 minutes, portant exactement le même titre, programmée fin 1993 par France 2 et créée par Hervé Baslé, d’après une idée originale de Bernard Lenteric, avec, dans le rôle principal, Wladimir Yordanoff (je cite sciemment ces trois personnalités, pour saluer leur mémoire, puisqu’elles ont respectivement disparu en 2019, 2009 et 2020).  

L’histoire du pain, qui « se confond avec celle des civilisations du pourtour oriental de la Méditerranée », a toujours fasciné. Elle conduisit, parfois, à des engagements radicaux : tel fut le cas de l’écrivain, journaliste et éditeur Jean-Philippe de Tonnac, qui dirigea notamment pendant près de dix ans les Hors-série du Nouvel Observateur, et qui commença par passer, en 2007, un CAP de boulanger à l’École de Boulangerie et Pâtisserie de Paris, « avant de visiter quelques-uns des pays de ‟mangeurs de pains″ (Égypte, Grèce, etc.), et de rencontrer les représentants de la filière blé-farine-pain, ainsi que les exégètes, universitaires et théologiens, qui pensent le pain », longue enquête de terrain qui devait le conduire à la parution, en 2010, sous sa direction, du remarquable Dictionnaire Universel du pain, dans la célèbre collection « Bouquins », chez Robert Laffont (avec une introduction de l’historien américain Steven Laurence Kaplan, éminent spécialiste du sujet).

[3] V. son biographe, le poète Bernard Lonjon, dans l’essai de celui-ci : J’aurais pu virer malhonnête : La jeunesse tumultueuse de Georges Brassens, Éditions du Moment, 2010, 281 p.

15/07/1978 : Fatwa contre la Franc-Maçonnerie

À l’heure où quelques Obédiences publient un communiqué* soutenant Sir Ahmed Salman Rushdie,

Salman Rushdie, New York, 2008

romancier de renom d’origine musulmane adopté par l’Angleterre et auteur de « The Satanic Verses » (les Versets sataniques) et que certains philosophes demandent que lui soit attribué prix Nobel de littérature, nous tenions à rappeler la fatwa lancée contre la Franc-Maçonnerie. Afin que nul Franc-Maçon, en tout cas les plus jeunes, ne l’ignore…

Satanic Verses, 1988 – Page de titre d’une traduction illégale en persan.

Une fatwa, une fois émise, ne peut jamais être retirée.

C’est pourquoi nous publions la fatwa contre la Franc-Maçonnerie prise le 10/8/1398 H correspondant au 15 juillet 1978, à La Mecque, la ville la plus sainte de l’Islam, par un « comité des grands savants » musulmans. Toujours en vigueur ! Pour d’autres, elle aurait été prise par le Collège islamique de l’Université al-Azhar du Caire

Une fatwa, littéralement « réponse, éclairage », est, dans l’islam, un avis juridique donné par un spécialiste de la loi islamique sur une question particulière. En règle générale, une fatwa est émise à la demande d’un individu ou d’un juge pour régler un problème sur lequel la jurisprudence islamique n’est pas claire. Un spécialiste pouvant donner des fatwas est appelé un mufti.

Une fatwa ne constitue pas forcément une condamnation. Il s’agit d’un avis religieux pouvant porter sur des domaines variés : les règles fiscales, les pratiques rituelles ou encore l’alimentation.

Fatwa – © Mohammed Abou Aziz, 2016

Cependant, dans le langage courant, le terme de fatwa désigne souvent une condamnation d’une personne précise.

Voici donc le texte de cette fatwa :

« Fatwa concernant l’appartenance au mouvement franc-maçon :

La louange est à Allah et la prière et le salut sur le Messager d’Allah, sur sa famille, ses Compagnons et ceux qui ont suivi sa guidée :

L’Assemblée de jurisprudence dans sa première session qui s’est tenue à la ville sainte de la Mecque le 10/8/1398 H correspondant au 15/7/1978, a étudié le dossier de la franc-maçonnerie et ceux qui y adhèrent et la position de la loi islamique concernant ceci.

Les membres de l’Assemblée de jurisprudence ont effectué une étude approfondie sur cette dangereuse organisation, et ils ont examiné attentivement tout ce qui a été écrit de récent ou d’ancien sur cette organisation, ainsi que ce que ses membres et ses chefs ont publié comme documents, livres ou articles dans les magazines qui parlent en leur nom.

Attendu ce qui a été examiné comme textes et écrits, il s’est dégagé lors de cette assemblée d’une façon nette et précise sans aucun doute les conclusions suivantes :

  • La franc-maçonnerie est une organisation secrète qui tantôt se cache et tantôt se dévoile suivant les circonstances de temps et de lieu. Cependant, les principes de bases sur lesquels elle s’est fondée sont un mystère sur tous les plans, que nul ne peut connaître même ses membres, sauf peut-être les plus initiés d’entre eux, qui sont assignés au plus haut rang dans cette organisation.
  • Cette organisation a établi une relation entre ses membres dans tous les coins du monde, sur un principe qui sert de paravent pour tromper les ignorants. Ce principe est une prétendue fraternité entre tous les adhérents de cette organisation sans distinction de religion, croyance ou doctrine.
  • Elle attire des personnalités très importantes qui la rejoignent par intérêt personnel, et aussi grâce au fait que tout frère franc-maçon est à la disposition de son frère franc-maçon dans chaque coin du monde, l’aidant dans ses besoins, ses objectifs et ses problèmes, l’aidant à atteindre ses objectifs surtout s’il a des ambitions politiques. Il lui dévoue également son aide dans les situations critiques quelque soit leur ampleur, que leur cause soit vraie ou fausse, qu’il ait tort ou qu’il ait raison. Ceci représente le plus grand atout par lequel cette organisation attire les gens de différentes catégories sociales vers elle en leur imposant des cotisations énormes.
  • Une cérémonie est organisée avec protocole en l’honneur de chaque nouveau membre pour l’impressionner, et afin qu’il voue une obéissance totale à cette organisation, qu’il ne désobéisse pas aux ordres des supérieurs.
  • Les membres ordinaires sont laissés libres de leur culte, et l’organisation profite d’eux dans les domaines qui servent leurs intérêts, et ceux-là restent au bas de l’échelle. Pour ce qui des athées parmi eux et ceux qui ont opté pour renier toute croyance, ils sont destinés aux plus hautes fonctions, mais ils seront soumis à des multiples expériences selon leurs capacités et leurs dispositions à se dévouer aux plans et aux principes de cette organisation.
  • L’organisation a des objectifs politiques, et elle est impliquée de façon visible ou invisible dans la plupart des bouleversements politiques ou les coups d’Etat militaires.
  • Cette organisation dans son origine, sa structure, et sa direction générale mondiale est contrôlée par les juifs et a des activités sionistes.
  • Son objectif réel et secret est d’être contre toutes les religions, et elle agit pour les détruire toutes d’une manière générale et pour détruire l’islam dans l’esprit des musulmans en particulier.
  • Elle tient à choisir ses adhérents parmi les personnalités les mieux placées sur le plan financier, politique, social, scientifique ou autre, pour exploiter leurs situations à sa faveur. Par contre, elle ne donne aucune importance aux simples adhérents qui ne jouissent d’aucune situation exploitable ; c’est pour cette raison que cette organisation tient beaucoup à ce que ces membres soient des présidents, des ministres ou des cadres importants dans les différents Etats.
  • Elle possède des ramifications dans le monde sous des noms différents pour détourner les regards et tromper les gens. Cela lui permet d’exercer ses activités sous ces multiples noms si elle rencontre quelques oppositions à son vrai nom de franc-maçonnerie. Ces noms sous lesquels elle existe sont : Organisation noire, le Rotary Club ou encore le Lions’Club. Elle possède encore d’autres principes et activités malfaisantes qui sont en totale contradiction avec les principes fondamentaux de l’islam.
  • Enfin, il apparaît clairement à l’Assemblée qu’il existe une relation entre la franc-maçonnerie et le sionisme. En outre, cette organisation a réussi à contrôler les décisions d’un grand nombre de chefs d’Etat des pays arabes au sujet de l’affaire de la Palestine. Elle les empêche d’assumer leurs devoirs vis-à-vis de cette grande cause islamique, dans l’intérêt des juifs et du sionisme international.
  • Sur la base de tout ce qui a été dit et sur d’autres faits concernant les activités de la franc-maçonnerie, son grand danger et ses objectifs vicieux, l’Assemblée de jurisprudence a déterminé que la franc-maçonnerie fait partie des organisations les plus dangereuses et les plus destructrices pour l’islam et les musulmans. D’autre part, celui qui adhère à cette organisation tout en connaissant sa réalité et ses objectifs, est considéré comme mécréant, et non pas comme musulman.

Et c’est Allah Qui accorde le succès… »

Les idiots utiles de l’islamisme, et j’en connais, vous diront qu’il ne s’agit que d’une fatwa prononcée que par une mosquée, bla-bla-bla, etc.

Le site http://salafi.over-blog.com/article-31702148.html publie la liste des membres du « collectif de savants » de cette fatwa islamique.

La Franc-maçonnerie en terre d’islam

Thierry Zarcone, directeur de recherches au CNRS

Laissons la parole à Thierry Zarcone. À retrouver à l’occasion de l’exposition sur la franc-maçonnerie en 2016 à la BnF https://bit.ly/3QpZAkt :

« … D’un autre côté, la doctrine maçonnique est apparentée par les sunnites turcs et arabes à une hérésie d’origine ismaélienne, le batinisme, qui veut que les versets du Coran recèlent un sens secret qui l’emporte sur le sens apparent. L’émergence de nouveaux États-nations dans le monde arabe après la Seconde Guerre mondiale, la décolonisation en Afrique du Nord et la révolution iranienne de 1979 entraînent l’interdiction de la franc-maçonnerie et parfois la persécution de ses membres dans de nombreux pays. Elle disparaît du Maghreb, à l’exception du Maroc, et de l’ensemble du monde arabe, sauf au Liban ; elle est interdite en Iran, au Pakistan et en Indonésie. Avec le Maroc et le Liban, elle se maintient toutefois en Turquie et en Malaisie, et vient récemment d’être introduite en Albanie et dans plusieurs pays musulmans issus de l’ex-Yougoslavie. »

* – Communiqué de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN intitulé Plein soutien à Salman Rushdie « L’esprit est plus fort que l’épée »**  https://bit.ly/3duTNeY

– Communiqué de la Grande Loge Mixte Universelle Soutien à Salman Rushdie  https://bit.ly/3AlACNA

– Communiqué de la Grande Loge Mixte de France Agression de Salman Rushdie – à cette heure toujours pas en ligne sur https://www.glmf.fr/

** Salman Rushdie, à « La Grande Librairie » le 13 septembre 2018, rappelant en cela la citation du chancelier de France Michel de L’Hospital (c. 1503-1573) « Le couteau vaut peu contre l’esprit ».

Si tel est votre désir, vous pouvez lire utilement l’article de Jean-François Mayer en date du 11 janvier 2017 La franc-maçonnerie dans les pays musulmans https://bit.ly/3vYXEY0

Devenir meilleur, utopie ou possibilité ? (1/2)

Imaginons ensemble : Un matin ensoleillé de ce mois de mai débutant, dans une allée du marché aux fleurs de Liège. Un mendiant assis sur un cageot, près d’un étalage agite tristement sa sébile vide, devant les badauds pressés. Près de lui, par terre, une pancarte précise « Aveugle de naissance ». Un passant, ému par l’infirme, s’arrête, observe le lieu, dépose son obole puis saisit discrètement l’écriteau en carton. Il le retourne et, en lettres capitales, trace quelques mots au stylo feutre avant de s’éloigner. Dès cet instant, l’aveugle stupéfait, ravi, entend une succession de pièces tinter dans sa sébile, soudain alourdie… A la fin du marché, la fleuriste proche lui expliqua la raison de cette générosité inespérée : le passant avait juste écrit sur la pancarte : « c’est le printemps, et je ne le vois pas ! ».

Cette simple phrase née de sa créativité magnanime – en rappelant aux promeneurs le privilège de la vue – ne pouvait que les émouvoir et aussitôt provoquer chez eux, empathie, compassion et élan charitable.

Une clé de vie

Ces vocables peuvent résumer la progression de l’hominidé bestial, lentement transformé en cet homo sapiens sociable que nous sommes aujourd’hui. C’est-à-dire, comme le mot l’indique, un homme soi disant sage, sorti grâce à l’évolution, d’une nature qui, comparativement aux autres animaux, l’a doté d’une conscience de lui-même et des autres. Une conscience provoquant toutefois en lui un ressenti contradictoire : je pense donc je suis, à la fois un être dans un « corps-esprit » indépendant mais un être qui ne peut exister que dépendant des autres « corps-esprit » en présence. C’est cette contradiction même qui a fait passer l’homme de la nature à la culture. Cette culture n’étant pas autre chose – par le biais de l’intelligence, notre faculté adaptative – qu’une accumulation permanente de savoirs et de connaissances à entretenir. A même de nous faire comprendre, bon gré mal gré, pour la survie de l’espèce, l’intérêt et le confort du « vivre ensemble ». Et qu’on appelle la civilisation ! Au cartésien « je pense donc je suis », il convient d’ajouter pour être juste : « je suis parce que tu es ».

Mais la convivialité ne va pas de soi et la politesse non plus ! Aujourd’hui, les cinq précieux sésames d’ouverture à notre semblable : bonjour, bonsoir, au revoir, pardon, merci, sont en train de disparaître du vocabulaire. Cette négligence en forme de « paroles perdues », ne peut que nous interpeller, nous francs-maçons qu’un mot magnifique réunit, précisément par notre bon bouloir : la fraternité. Si j’ai posé en titre de cette planche la question : Devenir Meilleur ? C’est bien parce que je sais que, comme chacun de nous, être inachevé en cours d’évolution, je porte toujours en moi les germes d’une agressivité reptilienne, que la culture n’a pas encore déracinée !

Remémorons-nous quelques instants un soir de passage sous le bandeau. La question du Vénérable Maître résonne soudain dans la loge…et provoque des réponses diverses des postulants impressionnés… :

 – « Bonsoir Monsieur, que vendez-vous chercher en franc-maçonnerie ? »

 – « Je souhaite pouvoir combler un vide spirituel…Je me suis éloigné de la religion… La société matérialiste et compétitive me déçoit… J’espère retrouver des valeurs dans le monde symbolique… J’éprouve un besoin de repères et de nouveaux liens sociaux… Je ne comprends plus mes enfants… »

Au fil de ces « bandeaux », nous avons tous entendu, nous entendons encore, ces véritables cris de solitude intérieure, ce grand « manque » moderne. Mais, – trouble de l’instant, timidité, pudeur, qui sait ? – nous entendons moins les candidats se livrer et évoquer les « toxines mentales », silencieuses et invisibles, acquises dans notre civilisation du paraître. Qui habitent plus ou moins chacun de nous, à un moment ou l’autre : jalousie, dépit, rancœur, critique, haine, acrimonie, amertume, mesquinerie, vanité, désir de dominance, xénophobie, tendance aux préjugés, etc. La liste est longue de ces défauts humains, trop humains. Or, ce sont bien ces petites et grandes lâchetés ordinaires, voire ces boursouflures de l’ego, aspérités de nos pierres individuelles, qu’il convient d’éliminer, pour, précisément, devenir meilleurs. Avant toute prétention à la spiritualité, ce mot flou aux mille définitions !

Qu’indique en premier lieu cette inquiétude palpable, sinon l’existence de l’autre, cet autre moi, avec lequel il nous faut cohabiter et composer dans la cité ? Et que suggère justement la franc-maçonnerie au profane qui vient frapper à la porte du Temple, sinon la possibilité d’acquisition d’une liberté intérieure et aussi, un « apprentissage » de soi et l’approche de l’autre. Pour répondre à la question du Vénérable Maître, voilà sans doute ce que chacun vient chercher en loge, mais qu’il est évidemment difficile de formuler avant l’initiation.

Chacun reçoit cette initiation à sa façon, dans le secret de son intimité. Qui la perçoit, comme l’ouverture d’un nouveau chemin d’existence à tracer devant soi. Qui l’accueille, telle une précieuse « clé de vie » pour, au contraire, entrer en soi et faire sa propre connaissance, selon la recommandation même de Socrate. Autant de manières, de s’amplifier, de s’accomplir et de s’épanouir, bref, de grandir et de s’offrir ainsi le cadeau d’un bienfaisant développement personnel. Sans qu’il soit question ici d’une démarche thérapeutique, la loge maçonnique n’en étant pas le lieu. Elle est en revanche, le lieu de la solennité, du recueillement, de la parole respectée, de l’écoute attentive, du silence régénérant, de la méditation studieuse pendant le déroulement du rite et des rituels. Car, on le sait de tout temps, ritualiser équivaut à désarmer, apaiser, concentrer, réguler, discipliner le corps, réjouir le cœur, nourrir l’âme.

Alors, ce qui est conflit en ville devient échange en loge, alors mieux que la tolérance apparaît la bienveillance, alors dans la même gestuelle ordonnancée, est vécu par chaque maçon, le sentiment d’appartenance et d’affiliation à autrui. C’est bien dans cette harmonie que nous pouvons gagner en humanitude, que nous sommes à même de combler nos manques et nos vides. C’est bien à cette source que, chaque quinzaine, nous venons emplir, si j’ose dire, notre « vase communiquant ». Bien sûr, qui dit vase dit fragilité : certes, oui, nous portons chacun nos fêlures, nous sommes des « créatures de verre », mais… ainsi peut mieux entrer en nous la lumière !

Qu’est-ce que l’Homme ?

Précisément, parce que nous nous sentons vulnérables, nous cherchons la chaleur et la sécurité du groupe. Parce que ne sommes que des hommes, attention, peuvent nous guetter les dangers de l’entre-soi ! Nous devons y veiller sur le parvis du temple, aussi bien en entrant qu’en sortant. Nous ne l’oublions pas, notre mission acceptée est de rayonner et de transmettre du lien. De ce fait, après le confort douillet de la loge, la dernière bougie éteinte, me voilà soudain seul, soldat de l’universel aux mains nues et exposé aux fureurs de la cité ! Comment devenir, sous ma seule responsabilité, un être autonome et éclairé, alors que je vis dans un monde où, comme dit Nietzsche, les hommes recherchent d’abord la lumière pour briller ! Comment me parfaire au dehors, comment m’y améliorer, changer en mieux, alors même qu’on ne change pas un programme génétique, comme on remplace une carte de téléphone !!! Partant, je peux ici me poser la question :

 – « Qu’est-ce que l’homme ? »

 – « L’homme est la mesure de toutes choses » me répond le sophiste grec Protagoras. Avec la raison, l’intuition et l’imagination, ces trois sœurs qui se chamaillent en lui, l’homme n’est-il pas tout au contraire la démesure de toutes choses, cette fameuse hubris, « le toujours plus » des grecs anciens.

Cet homme doué de raison donc, – j’entends ici l’homme qui ne cherche pas à avoir raison mais à raisonner – c’est celui qui, sans passion excessive et grâce à une pensée cohérente, cherche à distinguer le réel de la fiction, le bien du mal, le vrai du faux, le juste de l’injuste, le bon du mauvais. C’est celui qui observe des normes claires, qui fait preuve de logique et de bon sens. Mais, mais… ce serait ignorer que cet homme dit raisonnable doit compter aussi avec son affectivité qui le rend, tantôt euphorique, tantôt angoissé, autant dire dominé par ses émotions, incertain, jaloux, méchant, violent – nous vivons cette violence au quotidien – et dont l’intuition, peut lui donner une prescience des choses, comme le soumettre à l’erreur totale !

Quant à son imagination, elle fait de lui un être subjectif, prompt à la pensée magique, au merveilleux, aux signes, aux coïncidences, qui refuse la mort, se berce d’illusions, croit plus au destin qu’à son libre-arbitre, et par là-même se pense agi par le sort, sinon les forces de l’esprit. Ainsi est l’homme, un être à la fois multiple et incomplet, commun et paradoxal, davantage disposé par nature, au plaisir qu’à l’ascèse, à la croyance qu’à la preuve, au désordre qu’à la sagesse…Ainsi nous sommes. Ainsi je suis!

« Si c’est la raison qui fait l’homme, c’est le sentiment qui le conduit », dit fort à propos Jean-Jacques Rousseau. Ne faisons donc pas bon marché de l’une des fonctions principales de notre psychisme : l’imaginaire. Siège même de nos croyances, il nous permet de nous évader de notre scaphandre personnel et d’agrandir notre espace mental. Sans cette part irrationnelle, nous ne pourrions pas vivre une vie riche et pleine, de nos émotions de base à nos doutes quotidiens. Nous jouons les rationnels purs et durs et, dans le même temps, nous succombons à nos désirs et à nos pulsions, toujours nouveaux. Un regard en forme de promesse, un concerto de notre cher Mozart, un coucher de soleil sur la plage ou une automobile en vitrine, peuvent littéralement, irrésistiblement, nous emporter ! Parce que notre vie serait bien triste, si elle n’était que raison, sans les lumières de nos fantasmes, ces délicieux aiguillons du désir…

Nous sommes rationnels mais captivés par les fictions. Alors, acceptons-nous comme nous sommes, cet être de contradiction précité. Pour vivre, nous avons besoin de pain et d’eau mais aussi d’un passé donc de récits. Et également d’un futur, donc de rêves. Parce que notre cerveau animé par le principe de plaisir, mais sans cesse contré par le principe de réalité, réclame des projets agréables !

De la lumière à la lucidité (2/2) (suite et fin)… https://450.fm/2022/08/15/de-la-lumiere-a-la-lucidite-2-2/

Sept degrés de consolation du judaïsme

De notre confrère chabad.org – Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch

La Torah compare le lien entre D.ieu et Israël à la relation maritale entre les époux. Ainsi, lorsque nous avons violé les commandements de la Torah, les prophètes nous ont comparés dans leurs réprimandes à une femme volage ayant trahi son mari, et la galout qui en résulta – la destruction du Temple de Jérusalem et notre bannissement en exil – à une période d’éloignement et de « séparation » dans le mariage. Dans la même veine, les prophètes parlent de la rédemption messianique comme de la restauration de la relation et du forgeage d’un lien d’amour renouvelé plus profond encore entre l’épousée Israël et son céleste Mari.

Dans la chambre la plus intérieure du Temple, le « Saint des Saints », se tenait une arche d’or contenant les « Tables du Témoignage » sur lesquelles D.ieu avait inscrit les Dix Commandements, ainsi que le rouleau de la Torah originel écrit par Moïse. Au-dessus de l’Arche se trouvaient les kerouvim, deux figures ailées, l’une masculine et l’autre féminine, façonnées dans un bloc d’or pur. Les kerouvim représentaient la relation entre D.ieu et son peuple : le Talmud nous dit que lorsque le peuple d’Israël se rebellait contre la volonté du Tout-Puissant, les kerouvim se détournaient l’un de l’autre ; quand Israël était fidèle à son D.ieu, ils se faisaient face ; dans les moments où l’amour entre D.ieu et son épouse était à son apogée, le Talmud enseigne que les kerouvim étaient enlacés « comme un homme est attaché à son épouse » (Talmud, Baba Batra 99a ; Yoma 54a).

Le Talmud rapporte que lorsque les ennemis d’Israël envahirent le Temple, ils pénétrèrent dans le Saint des Saints, un endroit si sacré qu’il n’était permis qu’à une seule personne, le Grand Prêtre, d’y accéder, et cela, seulement à Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année. Là ils virent les kerouvim enlacés. Ils les traînèrent hors du Temple, dans les rues, pour les profaner et se moquer de leur signification sacrée.1

2 petites filles juives devant une Menorah
2 petites filles juives devant une Menorah

Le paradoxe

Dans nos prières, nous nous rappelons qu’« En raison de nos péchés, nous avons été exilés de notre terre… et nous ne sommes plus en mesure de monter et de nous présenter et nous prosterner devant Toi… dans la résidence que Tu as choisie, dans la grande et sainte maison sur laquelle Ton nom est appelé ».

Pendant plus de huit siècles (le Premier Temple dura 410 ans, le Second Temple, 420), D.ieu résida dans un édifice physique sur une montagne de Jérusalem, nous accordant une expérience tangible de sa présence dans nos vies. Hélas, nous nous avérâmes indignes d’une telle proximité et d’une telle intimité avec le divin. Le Temple nous fut enlevé et nous fûmes jetés en galout – un état de l’existence dans laquelle la face divine est cachée et l’amour de D.ieu et Sa sollicitude à notre égard sont dissimulés – de sorte que le vide dans nos vies nous pousse à nous repentir et à réparer les dommages causés à notre mariage par nos mauvaises actions.

Mais si la galout est un moment de brouille entre D.ieu et Israël, demande le Rabbi de Loubavitch, pourquoi les kerouvim étaient-ils enlacés au moment de la destruction des Temples ? Cette destruction ne marque-t-elle pas un nadir dans notre relation avec le Tout-Puissant ? Quel plus grand paradoxe peut-il y avoir : le divin Mari est en train de détruire son domicile conjugal, permettant que Sa chambre nuptiale soit violée et que Son épouse soit emportée par des inconnus, alors même que le baromètre de leur mariage indique que leur intimité et leur union sont à leur maximum !

Symbole et prière juives
Shawl,Tallit, juif, rabbin,

Trois et sept

Après la lecture de la section hebdomadaire de la Torah chaque Chabbat, une sélection des Prophètes, appelée haftara, est lue à la synagogue. Habituellement, le contenu de la haftara correspond à la lecture de la Torah de la semaine. Cependant, il y a des semaines où la haftara reflète des événements liés à la période de l’année. Tel est le cas des dix dernières semaines de l’année, où dix haftarot particulières – appelées les « Trois de Réprimande » et les « Sept de Consolation » – sont lues.

Les « Trois de Réprimande » sont lues en conjonction avec les « Trois Semaines » du 17 Tamouz au 9 Av, au cours desquelles nous pleurons la destruction du Temple et le début de notre galout.

Le 17 Tamouz de l’an 3829 depuis la création (69 de l’ère vulgaire), les murs de Jérusalem furent percés par les armées romaines qui l’assiégeaient. Après trois semaines de combats au cours desquels les Romains avancèrent avec beaucoup de difficulté à travers la ville, elles réussirent à pénétrer dans le Temple, et le 9 Av, elles y mirent le feu. Le 9 Av est également la date de la destruction du Premier Temple par les Babyloniens en l’an 3339 (423 avant notre ère). Le 17 Tamouz et le 9 Av sont observés comme des jours de jeûne, et les trois semaines qui les séparent, appelées par le prophète « entre les resserrements », sont vécues comme un moment de deuil. Dans cette période, les haftarot lues sont des passages des prophètes (Jérémie 1, 2-2, 3 ; ibid 2, 4-2, 28 et 3, 4 et Isaïe 1, 1-27) dans lesquels le prophète admoneste Israël pour ses crimes et ses iniquités et la trahison de son alliance avec D.ieu.

Les « Trois de Réprimande » sont suivies par les « Sept de Consolation ». Pendant sept semaines, à compter du Chabbat qui suit le 9 Av (Ticha BeAv), les haftarot se composent de prophéties exprimant la consolation de D.ieu envers Son peuple et le rétablissement de leur relation (Isaïe 40, 1-26 ; 49, 14-51, 3 ; 54, 11-55, 5 ; 51, 12-52, 12 ; 54, 1-10 ; 60, 1-22 et 61, 10-63, 9). Ainsi, nous revivons chaque année le processus de réprimande et de consolation, de destruction et de reconstruction, d’aliénation et de retrouvailles.

Mais pourquoi précisément un processus de dix semaines ? Et quelle est la signification de sa division en trois phases de retrait suivies de sept degrés de réconciliation ? Le sage ‘hassidique Rabbi Hillel de Paritch explique que les « Trois de Réprimande » et les « Sept de Consolation » correspondent aux dix attributs de l’âme, qui se répartissent en un groupe de trois et un groupe de sept : l’âme de l’homme possède trois facultés intellectuelles (conceptualisation, compréhension et application) et sept pulsions affectives (l’amour, la crainte, l’harmonie, l’ambition, la dévotion, l’attachement et la réceptivité). Car c’est l’interrelation entre l’esprit et le cœur qui nous permet de comprendre la véritable nature de la « séparation » que constitue la galout.

dialogue avec la divinité
2 juifs au mur des lamentations à Jérusalem

L’esprit et le cœur

L’esprit, par nature et par nécessité, est distant et détaché. Pour appréhender un concept, il doit assumer une distance objective, se départir de toute implication ou affinité avec son sujet et adopter un désintérêt réservé, voire même cynique, envers l’entité étudiée. C’est seulement ainsi que son analyse et sa compréhension peuvent être exactes et complètes.

Le cœur, d’un autre côté, est impliqué, attaché et totalement subjectif. Le cœur est en relation avec l’objet de son affection, crée avec lui des liens et surmonte les barrières entre soi et autrui.

Pourtant, un attachement véritable et durable naît seulement de la compréhension. Les sentiments qui ne sont fondés sur rien de plus que l’impulsion ou l’attraction instantanée sont finalement aussi superficiels qu’ils sont passionnés et aussi transitoires qu’ils sont intenses. Ce sont les émotions qui sont conçues dans la matrice de l’esprit qui possèdent profondeur et continuité. C’est l’amour qui est fondé sur la compréhension et l’appréciation de l’être aimé qui peut transcender les fluctuations des sentiments, les déceptions, la léthargie et les nombreux autres écueils du temps et du changement.

Ainsi, l’esprit, en apparence froid et distant, est en réalité la source et l’essence de toute relation importante. Le détachement associé à l’examen rationnel est bien au cœur de notre aptitude émotionnelle de nous lier avec autrui.

Une vue d’un paysage paisible de Galilée. (source Wikipedia).

« L’esprit » de D.ieu

« De ma propre chair, je perçois D.ieu », dit le verset. L’homme est une métaphore du divin : en examinant notre propre constitution physiologique et psychologique, nous apprenons beaucoup sur la réalité divine et la manière dont D.ieu choisit d’être en relation avec Ses créatures.

Ainsi le paradoxe esprit-cœur – la manière dont le détachement mental est l’essence et le fondement du véritable attachement émotionnel – constitue un modèle du paradoxe de la galout.

La relation de D.ieu avec nous comprend également un élément « intellectuel » et un élément « émotionnel ». À certains moments, nous ressentons ce qui semble être des signes de détachement et de désengagement de Sa part. D.ieu semble avoir détourné Son attention de nos vies, nous abandonnant aux caprices du « hasard » et du « destin ». Notre existence semble dépourvue de tout sens et de tout but. D.ieu « S’éloigne » de nous, nos vies n’étant apparemment plus dignes de Son intérêt.

En vérité, cependant, cette « objectivité » divine porte en elle les germes d’une connexion plus grande encore. Ce désengagement a pour but d’amener à une relation plus durable. C’est un retrait pour créer une proximité encore plus pleine de sens. En surface, la galout est une rupture, une diminution du lien entre nous et D.ieu ; mais en vérité, elle est l’essence même d’une identification et d’un engagement plus profonds encore entre l’Un et l’autre.

Le fait que D.ieu nous cache Son visage en galout est un acte d’amour. Malgré notre incompréhension douloureuse, il sert à approfondir notre attachement à Lui. Lors des « Trois de Réprimande, » nous éprouvons l’abandon, l’aliénation et l’éloignement ; mais celles-ci donnent naissance aux « Sept de Consolation ».

Privés des expressions extérieures de notre relation avec D.ieu, nous sommes poussés à en révéler l’essence, le lien intrinsèque qui transcende toute distance physique et spirituelle. Ainsi, c’est seulement à travers l’expérience de la galout que les dimensions les plus profondes de notre mariage sont réalisées. Extérieurement, les Trois Semaines sont une période de détachement et d’aliénation ; dans leur essence, elles sont au paroxysme de l’attachement et de la connexion.

C’est pourquoi les armées païennes qui pénétrèrent dans le Saint des Saints trouvèrent les kerouvim dans une étreinte intime. Extérieurement, Israël était vaincue et exilée, et le Saint Temple était incendié. En surface, le mariage se désagrégeait, le Mari s’éloignait et la femme était bannie dans une terre étrangère. Mais dans le Saint des Saints – dans la chambre qui abritait l’essence de leur mariage –, le lien entre D.ieu et Son peuple était au summum de la proximité et de l’unité.

NOTES

1.

Selon Yoma 53b, l’Arche du Témoignage, avec les kerouvim sur son couvercle, fut cachée dans une chambre souterraine dans le Saint Temple 22 ans avant la destruction du Premier Temple où elle demeure à ce jour. Ainsi, ni les Babyloniens, ni les Romains n’ont pu trouver l’Arche dans le Saint des Saints. Le Talmud explique que les kerouvim qui furent traînés dans les rues n’étaient pas ceux de l’Arche, mais des reliefs qui ornaient les murs du Saint des Saints et qui agissaient eux aussi comme un “baromètre” de la relation maritale entre D.ieu et Israël.

Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch

Gros plan sur un choix de 10 retraites spirituelles

Ce dimanche, avec les magazines la Croix et Marie Claire, nous vous proposons un tour d’horizon des retraites spirituelles. On assiste à un engouement pour ce nouveau genre de tourisme, mais pas seulement. En effet, l’activité n’est pas nouvelle. Les retraites dans les monastères existent depuis toujours. C’est la démocratisation qui permet de voir émerger une offre plus importante avec son cortège de propositions parfois farfelues. La sélection ci-dessous nous semble digne d’intérêt par son sérieux.

Marie Claire ouvre le bal avec son sous-titre : « Les retraites spirituelles viennent nourrir nos valeurs en fonction de notre fonctionnement propre », commence Elya Hasson, adepte des retraites spirituelles depuis de nombreuses années, qui écrit en ce moment même un livre sur ce thème. Qu’elle soit initiée par un tiers dans le cadre bien particulier, qu’elle marque une étape importante de la vie ou qu’elle soit prise comme un refuge pour s’absoudre de nos vies à 100 à l’heure, les retraites spirituelles sont souvent vécues comme une expérience à part, une émotion forte, une accalmie.

Qu’importe la retraite, pourvu qu’on ait l’harmonie

De son côté, Elya est ce que certains adeptes de spiritualité appellent une “seeker” (chercheuse, ndlr), et ce depuis l’enfance : c’est à dire une personne en quête d’une vérité à découvrir personnellement, « en recherche d’alignement et d’harmonie interne et externe », précise-t-elle. Après une première retraite à Saint-Jacques de Compostelle, elle s’est essayée à d’autres expériences plus alternatives dans le célébrissime centre d’Esalen en Californie, où elle a pu suivre des retraites thématiques. « Plus récemment, je me suis intéressée à la non-dualité, un courant mondial dérivé de la tradition mondial », continue-t-elle.

« La démarche même de la retraite, c’est aller au plus profond de soi », explique Astrid 48 ans, elle-aussi habituée des retraites spirituelles, « chrétiennes uniquement ». Avant de poursuivre, « dans une retraite chrétienne, l’idée c’est de développer son lien intime avec Dieu. Généralement, je fais des retraites prêchées : six jours en silence total à écouter des prêches et où on relit les Évangiles, et ce, tous les deux ou trois ans depuis la naissance de ma fille. Ça m’aide à me réaccorder comme un instrument, et à harmoniser mon moi profond et ma foi ».

Pour sa part La Croix propose de découvrir les 10 des plus beaux lieux de retraite

Il s’agit dans cette proposition de foyers, abbayes et sanctuaires.

Notre-Dame de l’Hermitage

Notre-Dame de l’Hermitage

Situé dans un vallon entouré de forêts, sur les hauteurs de Noirétable (Loire), à 1 110 m d’altitude s’élève le sanctuaire de Notre-Dame de l’Hermitage. Selon la tradition, la Vierge serait apparue à un ermite près du sanctuaire, et une source aurait jailli en dessous l’autel de la chapelle.

À quelques centaines de mètres, une maison d’accueil et une hôtellerie sont tenues par la communauté des sœurs de Notre-Dame-de-la-Salette. Pèlerins, individuels, personnes âgées, familles et groupes sont les bienvenus toute l’année, sauf en novembre. De nombreux chemins de randonnée passent à proximité de ce sanctuaire propice à la méditation.

Site internet : https://www.notredame-hermitage-noiretable.fr

► Le Foyer de Sufferchoix

Le Foyer de Sufferchoix

Construit en haut d’un éperon rocheux en pleine campagne provençale, le Foyer de Sufferchoix (Lambesc, Bouches-du-Rhône) offre une vue imprenable sur les chaînes du Lubéron, de la Saint-Victoire, de l’Étoile et de la Sainte-Baume. Entre pinède et garrigue, le foyer propose des retraites spirituelles dites fondamentales ou d’approfondissement, des week-ends, des journées spirituelles, et des sessions thématiques. Les communautés des Foyers de charité sont des communautés de vie composées de laïcs, hommes et femmes, et de prêtres qui répondent à une vocation de service et de formation spirituelle chrétienne.

Renseignements : https://www.foyer-sufferchoix.fr

► Abbaye de Lérins

Fondée par Saint-Honorat au Ve siècle, l’abbaye de Lérins a été un centre rayonnant du monachisme en occident. Les moines cisterciens habitent toujours sur une île de 40 hectares au large de Cannes (Alpes-Maritimes), menant une vie fraternelle de prière et de travail. La situation singulière du lieu, sauvage et retirée du monde, attire de nombreux retraitants venus partager le quotidien et la prière de ces moines.

Les retraites sont ouvertes à tous, individuellement ou en groupe. Des propositions diverses sont ouvertes aux jeunes : des retraites thématiques, l’accueil des visiteurs ou encore la révision d’examens pour les étudiants. L’île étant parsemée d’oratoires, le retraitant peut s’isoler et effectuer un petit pèlerinage d’environ trois kilomètres s’il le souhaite.

Site internet : http://www.abbayedelerins.com

► Abbaye Saint-Pierre de Solesmes

Cette majestueuse abbaye surplombe la vallée de la Sarthe en amont de Sablé-sur-Sarthe, entre Le Mans (Sarthe) et Angers (Maine-et-Loire). Lieu de la renaissance de l’ordre bénédictin en France au XIXe siècle, l’abbaye est habitée par une communauté connue pour avoir retrouvé les sources du chant grégorien, entonné à l’office. L’hôtellerie n’accueille que les hommes et prône le silence. Les femmes et les familles peuvent loger dans les maisons du village qui appartiennent aux moines bénédictins, ou se rendre à l’abbaye Sainte-Cécile de Solesmes, où vit une communauté de bénédictines. Tous peuvent participer à la prière de la communauté et demander l’aide spirituelle d’un moine.

Renseignements : https://www.abbayedesolesmes.fr

► Abbaye de Rhuys

Abbaye De Rhuys !

Dans le Morbihan, en Bretagne sud, cette ancienne abbaye du VIe siècle est devenue un centre d’accueil culturel et spirituel où des laïcs et la communauté des sœurs de la Charité de Saint-Louis proposent des séjours. Au bord de l’océan, l’abbaye accueille individuellement ou en groupe, le temps d’une journée, d’un week-end ou d’une semaine tous ceux qui souhaitent prendre un temps à l’écart, au milieu d’un environnement naturel d’exception. Espaces de repos, de restauration, de travail, de détente sont mis à la disposition des retraitants qui peuvent également profiter des sentiers de la côte sauvage située à 200 mètres du centre.

Site internet : http://www.abbaye-de-rhuys.fr

► Abbaye Notre-Dame de Sénanque

Abbaye Notre-Dame de Sénanque

Plongée dans un écrin de verdure, au milieu des champs de lavande, l’abbaye Notre-Dame de Sénanque (Gordes, Vaucluse) demeure l’un des témoins de l’architecture cistercienne primitive. Chef-d’œuvre de l’art roman, cette abbaye du Lubéron est habitée par une petite communauté de moines cisterciens qui reçoivent des personnes ou des petits groupes désireux de partager leur vie de prière dans le silence et le recueillement.

Les hôtes, qui peuvent rester jusqu’à huit jours, sont conviés à participer aux offices de la communauté selon le rythme qui leur convient. Le cadre de prière et de promenade unique favorise le recentrement spirituel.

Renseignements : https://www.senanque.fr

► Centre spirituel de Penboc’h

Au bord de la mer, dans le golfe du Morbihan, le Centre spirituel de Penboc’h (Arradon, Morbihan) est animé par la communauté jésuite de Penboc’h, des laïcs, des prêtres et des religieuses de spiritualité ignatienne. Ouvert à tous ceux qui sont en quête d’intériorité, de spiritualité et de sens, quel que soit leur chemin de foi, le centre accueille des retraitants issus de tous bords. Haltes spirituelles, sessions de formation, exercices spirituels de Saint-Ignace, et retraites à thème sont proposés tout au long de l’année… Le tout dans un lieu maritime exceptionnel pour vivre un temps de solitude propice à la relecture de son parcours de vie à l’aune de la Parole.

Site internet : http://www.penboch.fr

► Foyer de charité de La Flatière

À 1 400 mètres d’altitude, dans la vallée de Chamonix, le Foyer de Charité de La Flatière (Les Houches, Haute-Savoie) dispose l’âme à s’élever et à se montrer réceptive à la parole reçue dans les retraites prêchées en silence. La vue sur la chaîne du Mont-Blanc offre un cadre idéal pour les retraites, les préparations au mariage et les sessions de couples. Croyants et non croyants sont les bienvenus dans ce foyer qui accueille les enfants en même temps que leurs parents dans une maison à proximité, et des adolescents pour des camps estivaux. Entre paysages enneigés et écrins de verdure, le Foyer de La Flatière est un site idéal pour faire une retraite portée par la contemplation de la Création.

Renseignements : https://www.flatiere.org

► Prieuré Sainte-Foy de Conques

Sur le chemin de Compostelle, Conques (Aveyron) est un magnifique village médiéval où a été construite l’abbaye romane de Sainte-Foy. Le tympan de l’abbatiale représentant le Jugement dernier est l’une des œuvres de l’art roman les plus célèbres.

L’hôtellerie de l’abbaye est tenue par des chanoines de la communauté de Mondaye qui reçoivent les pèlerins, ou toute autre personne en chemin : hôtes seuls, en famille ou entre amis, en quête de silence, de prière et de beauté, pour une halte spirituelle et fraternelle. Les retraitants et les hôtes de passage sont invités à partager la prière de la communauté.

Site internet : https://abbaye-conques.org

► Abbaye Notre-Dame de Bonneval

Dans une vallée sauvage dans le nord de l’Aveyron, dans le sud de la France, l’abbaye de Notre-Dame de Bonneval propose une halte spirituelle de plusieurs jours à tous ceux qui en ressentent le besoin. La communauté de religieuses cisterciennes trappistes qui s’y est établie depuis près de neuf siècles vit de son travail, notamment de la fabrication d’un chocolat connu et apprécié dans la région.

Il est possible aussi de s’isoler dans la nature, belle et sauvage autour de l’abbaye : de nombreuses promenades à partir du monastère permettent de découvrir sa forêt, la vallée, et les premiers contreforts de l’Aubrac. Un ermitage Saint-Joseph, situé à 1,5 km du monastère, peut accueillir des groupes de jeunes.

Renseignements : http://abbaye-bonneval.com

Les corps annexes de la Franc-maçonnerie

De notre confrère californien freemason.org

La Franc-maçonnerie a inspiré de nombreux groupes maçonniques dérivés, qui offrent une extension unique de l’expérience essentielle des membres. De la personnalité ludique des Shriners aux leçons élargies du Rite York, des Templiers et du célèbre Rite Écossais, voici une introduction aux corps maçonniques annexes et autres organisations affiliées.

The Steps of freemasonry

Les corps maçonniques annexes, parfois appelés corps concordants, sont des extensions de la Franc-maçonnerie. Pour appartenir à l’un d’entre eux, les candidats doivent d’abord avoir obtenu les trois degrés de maçonnerie symboliques. À partir de là, ils ont la possibilité de rejoindre autant d’organisations qu’ils le souhaitent. Notons que plusieurs corps annexes incluent des femmes qui ont une connexion maçonnique.

Certains francs-maçons rejoignent plusieurs de ces groupes parce qu’ils découvrent que c’est une façon d’approfondir un aspect de la fraternité qui les intéresse. D’autres membres préfèrent concentrer leur attention sur leur loge bleue (« The Craft », soit « Le Métier ») d’origine. C’est un choix personnel à chacun.

Voici quelques-uns des corps annexes maçonniques les plus connus aux États-Unis, du Rite Écossais et du Rite York à l’Étoile de l’Est :

  • Rite Écossais : Si vous avez entendu parler d’un maçon du 33e degré, vous avez entendu parler du Rite Écossais. L’organisation – qui n’est pas réellement originaire d’Écosse – propose des hauts grades qui élargissent et élaborent les leçons des trois premiers diplômes de la maçonnerie. Le groupe a acquis une renommée dans la pop culture avec le roman de Dan Brown (et maintenant, la série en streaming) The Lost Symbol
  • York Rite : L’ordre, qui est le plus populaire aux États-Unis, est composé de trois corps : le Royal Arch Chapter, le Royal and Select Master Council et la Knights Templar Commandery, qui est fondée l’histoire des Templiers, ces moines soldats. Oui, les mêmes Templiers que ceux sensationnalisés dans The Da Vinci Code, là aussi de Dan Brown.
  • Shriners International : Avez-vous déjà apprécié les fez rouges des Shriners et les bouffonneries des petites voitures lors de vos défilés locaux, ou connu un enfant qui a reçu des soins dans un hôpital pour enfants Shriners ? The Shrine est un groupe social maçonnique avec une réputation de divertissement et un héritage de travail caritatif de haut niveau.
  • Order of the Eastern Star (OES): OES a été la première organisation de membres aux États-Unis qui a donné aux femmes une voix à l’échelle nationale . Il est ouvert aux maîtres maçons et aux femmes apparentées, épouses et descendantes des maîtres maçons. 
  • High Twelve : En plus des leçons de vie, la franc-maçonnerie est une question d’amitié. Ce club social pour les maîtres maçons se réunit régulièrement pour profiter de la fraternité et soutenir les causes maçonniques.
  • National Sojourners : Cette organisation est spécialement conçue pour les maîtres maçons qui ont servi notamment dans les Forces armées des États-Unis.
  • Ordre de l’Amarante : Ce groupe mixte est ouvert aux maîtres maçons ainsi qu’aux femmes qui ont un lien avec la maçonnerie. 
Sanctuaire Blanc de Jérusalem
  • Sanctuaire Blanc de Jérusalem : Alors que tous les ordres maçonniques exigent la croyance en un Être Suprême, le Sanctuaire Blanc exige spécifiquement la croyance en Jésus-Christ. Ses membres sont mixtes, comprenant à la fois des maîtres maçons et des femmes ayant un rapport avec la maçonnerie – par exemple un enfant, un mari maçon, etc.

Ces groupes se réunissent souvent pour des événements partagés et pour se soutenir mutuellement, ajoutant à l’amitié et au plaisir qui sont au cœur de la franc-maçonnerie.

Ordres maçonniques de la jeunesse

Dans les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale, les maçons aux États-Unis ont aidé à établir un trio de groupes de jeunes, dédié aux jeunes hommes et femmes âgés de 10 à 21 ans.

DeMolay – Couronne de la Jeunesse avec sept bijoux

Ces structures demeurent un moyen important pour les jeunes de s’impliquer dans leur communauté tout en développant des habiletés de leadership et de travail d’équipe. Plus d’informations sont disponibles sur  masons4youth.org.

Autres ordres Maçonniques et organisations affiliées

Les groupes énumérés ci-dessous ne sont pas officiellement associés à la Grande Loge de Californie, bien que dans certains cas, ils  se soient associés .

  • Très Vénérable Prince Hall Grand Lodge of California : La fraternité traditionnellement noire accepte les membres de toutes les races. Établi en Californie en 1855, il possède aujourd’hui des loges dans tous les États fédéraux. 
  • Grande Loge d’Iran en Exil : Depuis la révolution de 1979, la franc-maçonnerie est interdite en Iran. Aujourd’hui, la Grande Loge d’Iran en Exil a son siège à Los Angeles et possède des loges dans de nombreux États américains.
  • Women’s Grand Lodge of California : Avec trois loges à Los Angeles, ce groupe maçonnique féminin est lié à la United Women’s Grand Lodge Alma Mexicana.
  • Grand Orient de France : Le plus important en nombre des corps maçonniques français, le Grand Orient comprend deux loges californiennes :  Art et Lumière à Los Angeles et  Pacifica Lodge  à l’Orient de San Francisco. Les deux admettent les hommes et les femmes.
  • Le Droit Humain, Fédération Américaine : Rattachée à l’Ordre International de la Franc-Maçonnerie Mixte, la LDH pratique la Maçonnerie mixte, avec plusieurs loges en Californie. Les membres n’ont pas besoin d’exprimer une croyance en une divinité.
  • Grande Loge Féminine de Belgique : Fondée en 1999,  la Loge Aletheia n°32  à Los Angeles est rattachée à la loge maçonnique féminine de Belgique.