Dans sa dernière communication, La Grande Loge de France fait sa promo sur les réseaux sociaux. C’est la rentrée ! Faites le plein d’idées en vous connectant aux réseaux sociaux officiels de la Grande Loge de France qui feront la part belle aux Journées européennes du patrimoine 2022. Pour visiter ces dits réseaux, elle propose de cliquer sur les boutons ci dessous :
C’est à l’occasion des « Journées du Patrimoine » des 17 et 18 septembre prochains que le Musée de la franc-maçonnerie présentera au public le seul vrai tableau « ésotérique » qui vient d’être découvert.
Mieux que les polars de l’été…
Ces dernières années plusieurs romans à succès ont fondé tout ou partie de leurs intrigues sur le décryptage de tableaux « mystérieux ». Tout au long du roman, les personnages découvrent progressivement la dimension « cachée » du tableau et s’attachent à en saisir le message « secret ». Il a effectivement existé en Europe, depuis la Renaissance, une iconographie « à clefs ». Mais celle-ci s’est exclusivement déployée dans la gravure, surtout dans les planches qui illustrent les livres d’emblèmes ou les traités hermétiques des XVIe et XVIIe siècle. On ne connaissait pas jusque-là de vrais tableaux « ésotériques ». C’est dire l’intérêt de la pièce récemment découverte par le Musée de la franc-maçonnerie et qui sera dévoilée pour la première fois au public à l’occasion des Journées du patrimoine 2022. Il s’agit d’une peinture à l’huile de grande dimension (1,30 m x 1,30 m) où l’œil averti, après une certaine surprise devant le caractère singulier de l’image, découvre une scène alchimique. Le Musée de la franc-maçonnerie a réuni une équipe de spécialistes pour tenter de mieux comprendre l’origine et la signification de ce tableau énigmatique.
L’œuvre a probablement été peinte en Espagne ou au Portugal à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe. Elle représente allégoriquement les matériaux et la méthode pour réaliser le « Grand Œuvre » c’est-à-dire la fabrication de la « Pierre philosophale ». C’est donc une pièce unique. A l’occasion de ces Journées du patrimoine 2022, le public pourra découvrir le seul tableau représentant une scène ésotérique connu à ce jour, une pièce unique et qui garde une partie de son mystère. Pourquoi a-t-il été peint ? A qui était-il destiné ? Où a-t-il été exposé ? L’enquête continue !
En parallèle le Musée de la franc-maçonnerie publie un catalogue entièrement consacré à cette pièce étonnante. Plusieurs spécialistes essayent de situer le tableau, de cerner ses sources et de percer sa signification (Le Grand Œuvre, le tableau alchimique du Grand Orient de France, 52 pages, 15 €).
En exclusivité, le sommaire du catalogue Le Grand Œuvre – Le tableau alchimique du Grand Orient de France
• 1 • Avant-propos, par Georges Sérignac, Président du Musée de la franc-maçonnerie, Grand Maître du Grand Orient de France
• 2 • Le Grand Œuvre : Le tableau alchimique du Grand Orient de France, par Pierre Mollier, Conservateur du Musée de la franc-maçonnerie
• 3 • Un tableau singulier sous le regard de l’historien, par Didier Kahn, Directeur de recherche au CNRS
• 4 • Dans le Labyrinthe d’une Œuvre Chymique, par Jean Viride, Historien et anthropologue
• 5 • Retrouver la première image : la restauration du tableau par Aurélia Chevalier, Restauratrice du patrimoine
• 6 • La franc-maçonnerie alchimique au xviiie siècle, par Pierre Mollier
• 7 • Deux documents maçonnico-alchimiques, par Pierre Mollier
• 8 • L’alchimie et les trois premiers grades, par Dominique Jardin, Historien
• 9 • La pierre de l’alchimie à la franc-maçonnerie, par Dominique Jardin
Source : Communiqué de presse du GODF
Infos pratiques : Journées du Patrimoine – 17 et 18 septembre 2022 – Musée de la franc-maçonnerie, 16 rue Cadet – PARIS IXe, métro Cadet www.museefm.org 01 45 23 74 09
L’éclairage des lieux de réunion des tenues se fait avec la fée électricité. Les lumières de la Loge, quant à elles, sont données symboliquement par des fenêtres (qui feront l’objet d’un autre article), par des objets porteurs de bougies[1], par des principes vertueux, par des représentations cosmiques[2], par des officiers…
Les piliers étant aussi appelés flambeaux, colonnes, colonnettes ou Lumières d’Ordre en fonction des Rites et des époques, on réalise vers quel malentendu conduisent les synonymes mais aussi les homonymes. La confusion est ainsi très apparente du fait des vocabulaires propres à chaque rite qui s’interfèrent sur des significations très différentes. Qui dit «spiritualité», évoque par association d’idées celle de Lumière, et peu à peu, par incompréhension de l’origine des piliers, le symbolisme de lumière est venu se superposer à celui des piliers, pour le plus grand dommage de deux groupes symboliques bien distincts[3]. Essayons d’y voir plus clair.
Les bougies
« Le sort de la bougie est de brûler. Quand monte l’ultime volute de fumée. Elle lance une invite en guise d’adieu. Entre deux feux, sois celui qui éclaire« [4].
Le Glossaire théosophique de H.P.Blavatsky rapporte que La «Sainte Flamme» était le nom donné par les kabbalistes d’Asie orientale (Sémites) à l’Anima Mundi, l’ «âme du monde». Les initiés étaient appelés «Fils de la Sainte Flamme». La flamme renvoie toujours à la source unique, primitive et inépuisable de toute vie, à laquelle s’allument les «Feux», hiérarchies cosmiques d’entités et de pouvoirs qui se manifestent et interviennent dans l’émanation et la réabsorption des mondes et des êtres.
Lumière vacillante et fragile, la bougie est l’éclairage du cabinet de réflexion (REAA, RF, RER, MM), première petite lueur accordée dans les ténèbres à l’impétrant.
Dans le temple, les bougies sont blanches sur les plateaux, en particulier celle du Vénérable; elles sont renouvelées au fur et à mesure de leur consumation, jamais éteintes, préservant le feu sans lesquelles elles ne seraient que de la cire.
Il est à remarquer que des bougies de couleurs sont également utilisées. Par exemple au Rite Français Philosophique. Le Jaune, le Rouge et le Bleu sont représentées par les trois bougies disposées rituellement sur le chandelier du Vénérable Maître. La bougie jaune au Nord‐Est ; la rouge, au Sud‐Ouest ; la bleue, au Sud‐Est. Elles correspondent symboliquement aux trois moments qui marquaient la journée d’ouvrage du Maçon opératif d’autrefois ; le jaune au levant, le rouge au couchant et le bleu pour l’entière journée d’ouvrage comprise entre le levant et le couchant. Ces couleurs sont reprises au cours de la cérémonie d’élévation au 3ème degré. Redoutant qu’un terrible malheur ne fût survenu, le roi Salomon fit appeler neuf Maîtres qui avaient toute sa confiance. Il les constitua en trois Loges de Recherche avec pour mission d’aller à la découverte du Très Respectable Maître Hiram. Le Très Respectable Maître transmet à chacun des chefs de ces Loges une bougie, dans l’ordre rouge, jaune et bleue.
Le 12ème Grade du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm place sur le chandelier à sept branches, posé sur le naos, des bougies dont les couleurs sont : en partant du sud vers le nord violet, orange, vert, jaune, rouge, bleu, outremer (elles seront allumées au cours de la réception à ce degré). Une façon d’atteindre l’unité de la «vraie lumière» à travers le prisme de ses diffractions.
Comme une clepsydre, comme un sablier, la bougie éclairée montre le temps qui passe de midi vers minuit, mais aussi ce temps qui épuise la vie pour la conduire à la mort. Devant ce modèle de persévérance à vivre, le franc-maçon, comme la bougie, doit maintenir une flamme érigée vers le ciel et lutter contre les souffles d’air qui l’agitent et le tourmentent au risque de l’éteindre.
Il y a une bougie qui revêt une importance particulière en loge, c’est la flamme pérenne qui brille sur le plateau du Vénérable ou sur le Naos. Elle brille dans le Temple avant même l’entrée des francs-maçons. Et elle brillera encore après la fin de la tenue.
Il faut distinguer la flamme sacrée d’avec la lumière de la loge ou flamme pérenne qui a été allumée par le commissaire installateur le jour de l’allumage des feux de la loge. Cette dernière est consubstantielle à chaque loge et disparaitrait en cas d’extinction des feux de ladite loge.
Toutes les bougies (flambeaux, étoiles) qui éclairent les maçons sont allumées à partir de cette étoile pérenne révélant l’Unité qui se multiplie en se divisant. Dans certains rites, cette bougie est confiée, soit à l’expert, soit au Vénérable qui sont censés en entretenir virtuellement la flamme, indiquant par là le rôle spirituel dévolu à ces officiers. Au ROS, elle est appelée la Lumière de la Loge ; à la fin de la tenue, elle est dissimulée partiellement sous un boisseau sur laquelle une ouverture triangulaire est pratiquée puis est éteinte par l’Expert seul, porte close, après la sortie des autres présents à la tenue. La particularité du Rite égyptien donne à l’expert la fonction de s’introduire seul dans le Temple, lieu alors plongé dans une totale obscurité et lorsqu’il en ressortira avant la venue des SS et des FF, une lumière brillera. Il s’agira pour l’expert dans le cadre du Rite et avant toute autre action, d’éclairer la Ténèbre en faisant surgir une lumière au centre de la Loge, là où se trouve au centre de cette dernière le Naos.
La flamme sacrée représente la Franc-maçonnerie universelle (présente dans le monde profane à travers chaque frère et sœur de la grande chaîne d’union maçonnique autour du monde), elle est hors du temps. Dans la loge, elle est devenue l’étoile pérenne, la flamme propre à la loge. Cette petite flamme, représente notre acceptation de la tradition du rite pratiqué ; elle se retrouve transmise par le «boutefeu » (comprendre que c’est le principe igné d’une bougie) sur les divers «niveaux» de lumière des flambeaux de la Loge. Jamais au raz du Pavé mosaïque, toujours en élévation, comme une invitation à l’élévation de l’âme.
On doit nommer «étoiles» toutes les bougies allumées : celles qui sont posées sur les trois piliers placés aux angles du tapis de loge. Le quatrième angle étant marqué par une lumière virtuelle et invisible. Ce sont aussi celles placées sur les flambeaux posés sur les plateaux des officiers. Leur nombre total est variable selon les rites. Ces flammes sont des lumières. Ces étoiles sont comme la projection de celles qui illuminent la voûte étoilée au-dessus du temple.
Pour éteindre une étoile on ne doit jamais la souffler mais utiliser un éteignoir, une épée ou tout autre objet approprié, cela sous-entend que la flamme ne doit pas être supprimée brutalement de la terre qui l’alimente, mais qu’elle doit être mise en sommeil, pour rester là comme en gestation, en potentiel.
Lors de l’allumage des flambeaux, le passage de la lumière de l’un à l’autre, les déplacements des officiers à cette occasion redessinent sur le plan symbolique le modèle de la création du monde, fiat lux. Le rituel construit, grâce au tableau, un temps anhistorique qui échappe donc au temps historique et un espace qui s’est progressivement sanctuarisé, puisque, dans la plupart des rites, on ne saurait aujourd’hui fouler le tapis de loge. Les trois piliers qui entourent le tableau, surmontés très tôt de chandeliers, sont allumés de manière particulière lors de l’ouverture de la loge afin de rendre actif le tableau selon une logique analogue à celle de l’ouverture de la bouche des statues dans l’Égypte ancienne ou des panneaux de retable pendant un office religieux. Les officiers «réactivent» ainsi la lumière intérieure que chaque maçon reçoit lors de son initiation, et ils recréent en même temps symboliquement l’univers (Dominique Jardin, Les tableaux de loge : le secret est dans l’image ).
Les lumières symboliques
Ces trois lumières ne sont évidemment pas à confondre avec les lumières symboliques qui sont évoquées dans les catéchismes des anciens textes[5]. Il convient de rappeler que les plus anciens Rituels déclarés comme «modernes» -se réclamant des Constitutions dites d’Anderson comme le Recueil précieux de la maçonnerie Adonhiramite (p.20)- considèrent queles trois Lumières de la Loge sont le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge. C’est ainsi que la France les interprétera de 1730 à 1760. Les Irlandais quant à eux, seraient les introducteurs, au milieu XVIIIe siècle, du Volume de la Loi sacrée, de l’équerre et du compas comme étant les trois Lumières de la Loge.
La plupart des premiers catéchismes opératifs contiennent une question concernant le nombre de Lumières dans la Loge. Les réponses varient considérablement. À partir du travail de recensement d’Harry Carr retenons : Parmi ceux qui précisent trois lumières, l’Edimbourg. Register House MS.(1696) les décrit comme the master mason, the other the warden The third the setter croft p.32,Q11 ; le Sloane 3329 (vers 1700) comme « le soleil, le maître et l’équerre » p.48 ; The Grand Mystery laid open comme « Père, Fils et Saint-Esprit » p.78; A Mason’s Confession comme «le soleil, la mer et le niveau» p. 104; Masonry Dissected (1730) comme « Soleil, Lune et Maître Maçon ». Le Chetwode Crawley MS. (vers 1700) comme « le Maître maçon, les mots et le compagnon artisan » p.37, Q11.
The Whole Institution of Masonry (1724) p.81, comme le Graham MS (1726) p. 91, énumèrent douze lumières, à savoir : Père, Fils, Saint-Esprit, Soleil, Lune, Maître Maçon, Équerre, Règle, Plomb, Ligne, Maillet et Ciseau. La plupart des catéchismes ne demandent pas la fonction des Lumières. À partir du Masonry Dissected (1730) de Samuel Prichard, qui avait repris le Wilkinson, la signification s’est fixée sur «le Soleil, la Lune et le Maître maçon», ou «le Soleil, la Lune et le maître de la Loge»
On comprend, que ces lumières ne sont pas en rapport avec les piliers, puisqu’il n’est pas question de sagesse-force-beauté. Masonry Dissected et Wilkinson disent : « trois piliers supportent la Loge : sagesse, force et beauté », formule que l’on aperçoit pour la première fois dans un texte maçonnique ; sentence surajoutée au groupe des trois lumières, soleil, lune et maître maçon, avec lesquelles ils ne se confondent pas[5]. Au REAA, on dit : Il y a, dans la Loge, trois grandes lumières et trois petites lumières. Ces dernières [les petites lumières] sont les trois étoiles symbolisant les vertus qui permettent la construction du Temple, sagesse, force et beauté. Quant aux trois grandes lumières, elles ne sont indispensables que pour que la Loge puisse être régulièrement ouverte ;pour ce rite elles sont constituées par le volume de la loi sacré, le compas et l’équerre.
Lespetites lumières (les flambeaux)
Comme l’explique Roger Dachez :«Dans le système de la Maçonnerie anglaise de la première moitié du XVIIIe siècle, il y a 2 chandeliers à l’Est et 1 au Sud-Ouest. Ils symbolisent le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge ce qui en rapport avec la culture chrétienne commune de la théologie médiévale qui associe le soleil à la nature divine du Christ, la lune à sa nature humaine et l’étoile à l’annonce de la venue du Sauveur… Quant à la formule Sagesse, Force et Beauté qui apparaît dans la Maçonnerie spéculative en 1727, elle est déjà présente dans les Anciens Devoirs (Force du Père, Grâce du Fils, Bonté du Saint-Esprit) à l’image des spéculations de théologiens, tel Pierre Lombard au XIe siècle et des ouvrages de pitié populaire du XVe siècle.»
Les textes maçonniques, que ce soit le Rituel de Berne de 1740, celui des Trois coups distincts de 1760, le Catéchisme adonhiramique de 1787, ceux du rite français comme ceux du RER, tous les désignent par trois grandes colonnes. Le Manuscrit Wilkinson les désigne par trois grands piliers. Le REAA parle de trois forts piliers, le Règlement général de la Franc-maçonnerie de 1805 précise, quant à lui, trois grands Chandeliers, portant chacun un flambeau. Quels que soient les termes employés, les 3 piliers signifient toujours Sagesse, Force, Beauté. Ainsi, on trouve dans les rituels, comme dans l’instruction au 1er degré du REAA : D – Quels sont les appuis de votre Loge? R- Elle est fondée sur trois forts piliers. D – Quels sont-ils ? R – Sagesse, Force, Beauté.
Le vénérable et les deux surveillants ne sont pas l’incarnation des constituants du ternaire. Quand on élève le temple sur la base de ce ternaire à l’ouverture des travaux, les trois officiers n’en sont que les œuvriers qui lui permettent d’être un ternaire vibratoire de lumière par leurs proclamations, qui bien que variant selon les rites, signifient toujours la même chose à savoir que la sagesse illumine nos travaux, que la force les soutienne, que la beauté les orne mais surtout que chacun les accueille en lui ! Cela est si vrai que le vénérable est, selon les instructions du premier grade, une des trois lumières de la loge avec la lune et le soleil, il n’est donc pas la sagesse, c’est son flambeau qui la porte.
Il persiste que les flammes, appelées étoiles, allumées sur chacun des piliers/flambeaux, tracent un écrin de lumière pour le tableau de loge, le spiritualisant par la triade sagesse-force-beauté qui est notre création intérieure, véritable fondation sur laquelle se construit le temple personnel.
[1] Aujourd’hui, pour des raisons de sécurité, elles sont interdites et remplacées par des leds. Mais nous considèrerons que ce sont bien des bougies dont il est question. Ici tout est symbole !
[3] Comme René Guénon l’écrit: Une des principales difficultés que nous ayons eu à surmonter a été précisément de parvenir à démêler et à séparer ces deux questions étroitement liées sinon par leur origine, du moins par plus de deux cents ans d’histoire du symbolisme maçonnique spéculatif.
[5] La Loge sera éclairée par trois Grandes Lumières qu’on nomme étoiles, placées en triangle autour du Carré Long, c’est-à-dire une à l’Orient et à la droite en pénétrant dans la Loge, la seconde du côté du Premier Surveillant à l’Occident et à la gauche en pénétrant dans la Loge, la troisième du côté du Second Surveillant à l’Occident et à la droite en pénétrant dans la Loge (Rite écossais Primitif).
PERSONNALITÉS CONNUES: L’ÉTONNANT PROCÈS DES « FUITES DE LA PJ »
Dans « Apolline Matin » sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré a détaillé les profils des accusés de l’affaire des fuites de la PJ, dont le procès s’ouvrait hier lundi à Paris.
C’est un procès étonnant qui s’ouvrait hier lundi devant tribunal correctionnel de Paris: l’affaire dite des fuites de la PJ. Dix-neuf personnes sont jugées, dont plusieurs personnalités connues. Des personnalités qui pensaient bien ne jamais se retrouver dans le box des accusés. Côte à côte, on va voir un ancien grand flic patron de la Police judiciaire, un ancien syndicaliste policier, un ancien secrétaire d’Etat, le fondateur du GIGN, un avocat, un notaire, un restaurateur et en vedette Christophe Rocancourt, l’escroc des stars de Hollywood, celui qui a arnaqué Mickey Rourke et Michel Polnareff, l’homme dont la vie est un roman.
Et c’est toute cette histoire qui est aussi assez romanesque. Au départ, il y a Christophe Rocancourt qui est soupçonné, avec son avocat, d’avoir voulu aider deux Marocaines sans papier à être régularisées. Pas les aider par grandeur d’âme, mais tout simplement pour l’argent. Les deux marocaines avaient de quoi payer… Pour obtenir ces papiers, Rocancourt contacte deux de ses connaissances. Le commandant Prouteau, ancien gendarme fondateur du GIGN, chargé de la sécurité de l’Elysée sous François Mitterrand. Et Kofi Yamgnane, ancien ministre de l’Intégration sous François Mitterrand, ancien député socialiste, Breton d’origine togolaise. L’ancien super-gendarme, qui a aujourd’hui 78 ans, et l’ancien ministre, 76 ans, sont jugés pour trafic d’influence.
Bernard Petit est soupçonné, comme son chef de cabinet de l’époque Richard Atlan, d’avoir violé le secret de l’instruction en renseignant Christian Prouteau, via un intermédiaire, avant même sa garde à vue en octobre 2014. La mise en examen, une première, et le limogeage immédiat par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve le 6 février 2015 de Bernard Petit, policier à l’image de droiture nommé 14 mois auparavant, avait eu un écho retentissant.
Il avait déjà succédé à Christian Flaesch, écarté pour avoir prévenu un proche de l’ex-président Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, d’une convocation pour être entendu comme témoin. En 2014, la police judiciaire parisienne avait en outre été marquée par deux scandales : une plainte pour viol visant deux policiers dans les locaux du 36 et le vol dans les scellés de 52 kg de cocaïne.
L’affaire a fait chuter un autre policier, l’influent Joaquin Masanet, ancien syndicaliste retraité soupçonné d’avoir aidé à transmettre ces bons tuyaux à Christian Prouteau. Par ricochet, les investigations ont jeté la lumière sur des soupçons de malversations massives au sein de l’association qu’il présidait, l’Anas, en charge des œuvres sociales de la police.
Une série d’abus lui sont reprochés : interventions monnayées dans des dossiers de titres de séjour, de permis de conduire ou de contraventions, quelque 60 000 euros de frais de bouche fictifs mais aussi la surfacturation de travaux à hauteur de 470 000 euros.
Son fils, deux restaurateurs, trois membres du personnel de l’Anas, un entrepreneur et deux autres policiers sont poursuivis à des degrés divers.
Soupçons de trafic d’influence
Bernard Petit
Longuement instruit, ce dossier a peiné à arriver au procès. Le premier volet de trafic d’influence, disjoint, devait initialement être jugé séparément mais, après deux faux départs en 2020 et 2021, les trois volets ont été réunis.
Bernard Petit, 66 ans, est renvoyé devant le tribunal pour révélation d’information sur une instruction à une personne susceptible d’être impliquée et violation du secret de l’instruction. Il sera présent lundi à la barre, a indiqué son avocat Me Arthur Dethomas qui n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience. Au cours de l’enquête, Bernard Petit a « formellement » contesté avoir transmis une quelconque information.
À 55 ans, Christophe Rocancourt est jugé pour trafic d’influence et escroquerie notamment. Soulignant l’ancienneté des faits, son avocat Me Jérôme Boursican a déclaré que son client « travaille dans une maison de production prestigieuse et s’expliquera volontiers sur des faits très marginaux dans cette procédure qui, pour l’essentiel, ne le concerne pas ».
Poursuivis eux aussi pour trafic d’influence, Christian Prouteau, 78 ans, et l’ex-secrétaire d’État à l’Intégration (1991-1993) Kofi Yamgnane, 76 ans, se sont défendus pendant l’instruction d’avoir été payés pour faire jouer leurs réseaux.
Joaquin Masanet, 69 ans, comparaîtra pour complicité d’entrave à une enquête, trafic d’influence et abus de confiance aggravée notamment. Il a nié avoir joué un rôle dans la transmission d’informations confidentielles et avoir utilisé les moyens de l’Anas à des fins personnelles.
À travers YouTube, et en 3:53, découvrez Points de Vue Initiatiques (PVI), la revue trimestrielle de la Grande Loge de France. Dont le sous-titre est Vivre la Tradition.
Chaque numéro est rédigé par des auteurs francs-maçons, à l’exception de quelques invités.
Le N° 205 : Pour un universalisme du XXIe siècle ?
Les lumières nous éclairent-elles toujours ? Des réponses dans ce numéro à venir… Avec le premier éditorial du nouveau Grand Maître, le Très Respectable Frère Thierry Zaveroni.
C’est maintenant ! Pour ses 250 ans, la Loge Thémis, à l’Orient de Caen, préfecture du département du Calvados, s’expose à l’église Saint-Nicolas, fondée au XIe siècle et aussi connue pour sa confrérie de charité et son matrologue, parchemin enluminé.
Préparation de l’exposition
Du 11 au 25 septembre 2022, nous vous invitons à visiter l’exposition, ouverte à tous et gratuite, à laquelle notre Frère Emmanuel Thiébot* a très largement contribué.
En complément de cette manifestation, il fera une conférence à la Bibliothèque Alexis de Tocqueville de Caen, le samedi 24 septembre à 16h sur « L’histoire de la bibliothèque et des archives de la Loge Thémis pendant la Seconde Guerre mondiale » dont une partie des livres et archives avaient été spoliées par les Allemands et retrouvée en Allemagne puis en URSS après-guerre.
Affiche de l’exposition
De plus, le samedi 1er octobre à 14 h 30 vous aurez la possibilité d’assister à une conférence publique, à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts de Caen, en présence de Georges Sérignac, Grand Maître du GODF.
Buste du Frère Gustave Dufour, passé Vénérable de la Loge de 1878 à 1890 et de 1893 à 1896
En savoir plus sur la Loge Thémis :
en lisant Ouest-France du vendredi 13 juillet 2018 et l’article de notre consœur Marie Petit C’était Caen. En 1772, naît la première loge maçonnique à Caen https://bit.ly/3RLeQZK ;
Église Saint-Nicolas : 23, rue St Nicolas – 14000 CAEN
Les horaires : Le mercredi, vendredi, samedi et dimanche, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30.
Emmanuel Thiébot
* Retrouvez ici-même Emmanuel Thiébot avec nos articles sur OUEST-FRANCE : l’historien Emmanuel Thiébot déterre « l’affaire des fiches » et la Franc-maçonnerie https://bit.ly/3RVjfcz
Rappelons qu’Emmanuel Thiébot, diplômé de l’IEP de Paris, a été historien au Mémorial de Caen depuis 1993, en charge de la programmation culturelle du musée. Spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de l’histoire de la Franc-Maçonnerie, il est désormais responsable du Mémorial des civils dans la guerre à Falaise, qui est une antenne du Mémorial de Caen. Auteur de nombreux ouvrages aux éditions du Mémorial de Caen et chez Larousse dont Scandale au Grand Orient (2008) ; Les francs-maçons (2009) ; Chroniques de la vie des Français sous l’Occupation (2011) et d’Histoire secrète des francs-maçons (Ouest-France, Coll. Histoire secrète, 2018).
Papier à en-tête de la Loge de la première moitié du XXe siècle
Illustration N & B : Seule photo connue à ce jour de l’intérieur du Temple de la loge avant-guerre. Spolié et pillé par les autorités allemandes en 1940, puis vichyste à partir de 1941, le bâtiment a été totalement détruit lors des bombardements de l’été 1944 (Source Facebook Emmanuel Thiébot).
Ordre initiatique, association philosophique, communauté fraternelle ou simple réseau politique, la franc-maçonnerie demeure, pour beaucoup environnée d’ombres, de secrets et de mystères.
L’objectif de la franc-maçonnerie est le perfectionnement de l’humanité, tant sur le plan matériel que spirituel. La franc-maçonnerie enseigne des vertus morales et sociales en s’appuyant sur le symbolisme des outils et du langage du métier des bâtisseurs et se sert de l’analogie d’un temple comme un symbole du développement personnel.
450.fm vous offre, pour la première fois, une contribution à six mains et trois cœurs…
Pour vous rendre compte de l’ouvrage, paru en juin dernier, de notre très cher Frère Marcel Laurent, fondateur de la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité (GLCS), fondée en 2003 – presque 20 ans déjà ! – nous avons la chance d’avoir la contribution, écrite, de Didier Ozil, Grand Maître Général de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR) de 2013 à 2015, de Yonnel Ghernaouti, chroniqueur littéraire, accompagnés de la vidéo réalisée par Jacques Carletto, journaliste et directeur de collection ésotérique aux Éditions Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel. Tous trois membres de l’équipe rédactionnelle de 450.fm.
La contribution de Didier Ozil
« À dire vrai », Marcel Laurent
La surface et la profondeur
De même que la valeur de la vie n’est pas en sa surface, mais dans ses profondeurs, les choses vues ne sont pas dans leur écorce, mais dans leur noyau, et les hommes ne sont pas dans leur visage, mais dans leur cœur.
Khalil Gibran
J’ai la chance de connaître Marcel Laurent ; connaître ? encore faudrait-il s’entendre sur ce mot : quand connaît-on vraiment quelqu’un, si tant est que déjà on se connaisse soi-même… Si j’avais un portrait de lui à faire je dirais à grands traits : souriant, sûr de lui, homme de relations et de contacts, organisateur, mais capable également d’une vraie discussion en tête à tête lorsqu’il pressent que ce qu’il a vous dire peut vous aider à progresser, à franchir un cap… J’étais loin de savoir, pour autant, quelles avaient été sa vie, son enfance, ses années de jeunesse… Dans ce livre où, sans mauvais jeu de mots il se livre, j’ai beaucoup appris non pas de la surface de Marcel, mais de sa profondeur.
Si j’évoque ici surface et profondeur, me rattachant à la belle phrase de Khalil Gibran, c’est que, par bien des côtés, Marcel peut apparaître, en surface, comme un homme d’affaires pressé, combinant relations politiques, relations amicales et sautant d’un avion à l’autre pour faire avancer au mieux ses projets immobiliers, en France, dans les DOM-TOM, comme à l’étranger. Sa réussite sociale est indéniable et Marcel Laurent a la franchise d’en parler ouvertement, de « dire vrai », comme l’annonce le titre de son ouvrage. Mais ceci n’est que la surface…
La profondeur, elle, s’inscrit en filigrane dès les premières pages, dès l’enfance : « J’étais le deuxième d’une fratrie de quatre enfants, de parents ouvriers, d’un milieu social modeste. Mon père avait été frappé par la mort de son frère, tué par les Allemands à quelques jours de la Libération, à tel point que sa vie fut brisée par ce chagrin ». Enfance semblable à beaucoup d’autres d’après-guerre : enfant de chœur à l’église, tambour-major dans l’harmonie municipale, scoutisme, pèlerinage à Lourdes… la France des chansons de Charles Trenet. Pas de nostalgie mal placée dans ce récit : l’époque était dure et Marcel se retrouvera dès 14 ans sur les toits, au travail, avec son père, pour aligner les ardoises et façonner le zinc des gouttières.
Marcel Laurent
En 1960, l’Histoire s’impose à nouveau : « le jour de mes dix-huit ans, c’est-à-dire le 13 août 1960, je me suis donc rendu à la gendarmerie de Beaumont S/Oise pour me porter volontaire dans les commandos parachutistes d’outre-mer ». La période sera longue, dangereuse, et riche en désillusions ; elle se soldera par un constat amer : « les États n’ont pas d’âme, mais que des intérêts… ».
Viendront ensuite les multiples expériences professionnelles. Formé à l’école de l’artisanat et donc à une « glorification du travail », Marcel monte plusieurs entreprises pendant les années suivantes, s’essaie à différents emplois, au gré des offres qu’on lui fait ou qu’il se crée. C’est ainsi qu’il se retrouve « remisier sur les marchés internationaux de la bourse ». Il lui faut quelques mois pour comprendre que derrière ces financiers qui ne comptent qu’à coup de tonnes de cacao, de sucre ou de café, se cache « une véritable escroquerie institutionnalisée, cautionnée par l’État à tous les échelons ». D’aucuns auraient exploité le filon, Marcel Laurent, lui, tentera et réussira en partie à modifier les règles du jeu. C’est ainsi qu’il se retrouvera un soir de 1974 convoqué pour la première fois (mais pas la dernière) à l’Élysée par un proche du président à peine élu, Valéry Giscard d’Estaing… L’histoire est édifiante et pour les vieux cinéphiles (comme moi !), elle nous renvoie à l’ambiance si particulière des années Pompidou : qu’on se souvienne du film de Jacques Rouffio, Le Sucre, l’un de ces films à thèse au casting flamboyant (Depardieu, Piccoli, Carmet, etc.) que le cinéma français peine à faire aujourd’hui : c’est exactement l’histoire que nous conte Marcel Laurent dans son ouvrage ! De l’Élysée à son entrée en politique, au parti Radical Valoisien, il n’y a qu’un pas que Marcel Laurent franchira avec la même fougue et l’envie d’y croire ; mais là encore les trahisons ne manqueront pas… avoir l’appui de l’Élysée est une chose, se retrouver sur le terrain en lointaine région parisienne, pour les élections, en est une autre…
Enfin, en 1976, viendra la rencontre avec la franc-maçonnerie. Là encore, l’aventure ne sera pas sans repos, mais tellement riche de nouvelles rencontres, de projets et de valeurs partagées.
Si je donne quelques-uns de ces détails (et je n’ai fait que déflorer les premiers chapitres !), c’est pour montrer que ce livre est tout sauf l’écrit théorique d’un sage qui retournerait un regard lointain sur son passé : c’est un livre d’action, par un homme d’action, et son écriture m’a fait penser plus d’une fois à un scénario de film, tant les rebondissements sont nombreux et inattendus. J’ai aimé également que l’ouvrage raconte, sans ambages, les peines autant que les joies, les bonheurs du père de famille, comme l’angoisse de l’homme devant la maladie, les échecs comme les réussites. Entre autres exemples, le chapitre sur la tentative d’implantation d’un grand hôtel touristique au Vietnam est édifiant : des mois de travail pour, au bout du compte… je vous laisse lire la suite au chapitre 11 !
Daniel Keller Grand Maître du GODF et Marcel Laurent Grand Maître de la GLCS durant la signature du traité d’amitié
Ce qui m’apparaît finalement dans cet ouvrage, c’est qu’un homme est en grande partie fait des valeurs qu’il a reçues, enfant. Il peut certes les fortifier, les polir, les aménager, et c’est ce que fait Marcel Laurent, mais en construisant sur un socle qui est déjà bien installé, bien stable. C’est ce que l’on ressent à la lecture de ce « destin français » et c’est, d’une certaine façon, ce qu’il exprime lorsqu’il définit ainsi la franc-maçonnerie dans laquelle il se reconnaît : « la franc-maçonnerie a de mon point de vue pour rôle essentiel d’apprendre à aller au-devant de soi, de rentrer en soi, à son rythme, sans contrainte, mais avec la Foi, ne serait-ce que la foi en soi, cette force que nous avons tous en nous et qui nous permet dans certaines situations de nous transcender ».
La Foi en soi : voilà bien ce qu’on l’on ressent à la lecture de cet ouvrage, celle qui permet de faire face à l’adversité et, luxe suprême, de remercier la vie pour ce qu’elle vous a donné.
La contribution de Yonnel Ghernaouti
Dans À dire vrai – un destin français, la tranche de vie de Marcel Laurent touchant à son vécu maçonnique au sein de la Grande Loge Nationale Française m’est dévolue.
Revenons sur le titre et son sous-titre. À dire vrai, l’expression signifie pour être tout à fait exact, précis et réalité pour dire la vérité et parler en toute sincérité.
Le terme vrai est, au-delà de certains ouvrages dès 1757 comme Le maçon démasqué ou le vrai secret des francs-maçons employé dans le rituel pratiqué au sein de la Grande Loge des cultures et de la spiritualité, le Rite Écossais Ancien et accepté (REAA). Le mot revenant à plusieurs reprises – grade d’Apprenti : « les vrais enfants de la lumière », de Compagnon : « aimer et pratiquer le vrai, le juste et l’équitable ».
Une façon de faire comprendre au lecteur dans quel état d’esprit l’ouvrage a été écrit et surtout pensé, depuis plus de trente ans.
Il s’agit bien là d’un livre de confidences sur un riche passé maçonnique, un présent et un avenir emplis d’espoir.
Quant au sous-titre Un destin français, aucune allusion ou référence au Destin français d’Éric Zemmour paru en 2018, où l’essayiste proposait sa vision de l’histoire de France. Ou encore à celui Jacques Doriot (1898-1945), homme politique, journaliste et collaborationniste français, fondateur du Parti populaire français (PPF), Le Destin français (Imprimerie du PPF, 1944).
Nous entendons par destin cet enchaînement nécessaire et imprévu des événements qui composent la vie d’un être humain indépendamment de sa volonté. C’est cela que Marcel Laurent a voulu retracer dans son livre.
Paraphrasant La bohème (Charles Aznavour/Jacques Plante, 1966), l’auteur nous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peut pas connaître, la Maçonnerie en ce temps-là…
Marcel Laurent, fondateur de la GLCS
Et tout commence avec le chapitre 6 intitulé « Franc-maçonnerie et Caraïbes : la rencontre avec Jean Mons ». Jean Mons (1906-1989), grand résistant, haut fonctionnaire et Grand Maître de la GLNF de 1980 à son décès. Jusqu’au chapitre 11, soit près de 91 pages au total, l’auteur se confie en toute franchise et sans langue de bois, sur ce qu’il appelle « quelque chose qui m’a beaucoup occupé aussi pendant toutes ces années-là ». C’est, à n’en pas douter, son parcours en Art Royal au sein de la Respectable Loge La Pierre Angulaire n° 129, maçonnant au Rite Écossais Rectifiée qu’il partage et qui commença le 27 septembre 1977. Une Loge bien particulière puisque faisant partie de la
Fraternité d’Abraham – fondée en 1967, cette association prône le dialogue interreligieux entre croyants de confessions juive, chrétienne et musulmane.
Il raconte sans détour comment les sept premières années de son parcours furent jalonnées d’anecdotes, l’aidant aussi à bien mieux comprendre les êtres humains, avouant toutefois que ce n’était pas chose facile… Réalisant que nous pouvons appeler une carrière, au sens noble du terme, exemplaire, occupant tous les Offices, toujours disponible, acceptant toutes les responsabilités qui lui sont confiées, tant au niveau Provincial que National. C’est tout naturellement qu’il occupe, à force de travail, le plus hautes fonctions en qualité de Grand Maître de District.
Bijou et collier de Grand Maître Provincial ou de District – GLNF Constitution et Règlement Général, 1980
Prenons, par exemple, l’annuaire de la Grande Loge Nationale Française (1990-1992). À la page 23 est mentionnée la Province des Caraïbes (CAR), dont il est le responsable, gouvernant seize Respectables Loges travaillant aux Antilles, à l’Orient de Saint-Martin, en Guadeloupe à l’Orient de Basse-Terre, de Sainte-Anne et de Pointe à Pitre, en Guyane, à l’Orient de Cayenne, Saint-Laurent et de Kourou, en Martinique à l’Orient de Fort-de-France, de Saint-Pierre, de Schoelcher et de Trinité.
De ses rencontres avec le Grand Secrétaire de l’époque, le Très Respectable Frère Yves Trestournel à ses relations avec le Franc-Maçon Étienne Dailly (1918-1996) juriste, financier et notable politique à la mode de la IIIe République, Marcel Laurent nous dit tout. Jusqu’au actions de bienfaisance – humanitaire en Asie du Sud-Est – qu’il mène avec désir et sérieux, mais surtout avec le grand cœur que nous lui connaissons. Car Marcel Laurent est un homme d’engagement, de parole et de cœur. Mais son témoignage le plus fort reste sans doute sur la façon dont les Frères ont été des artisans de la paix en Nouvelle-Calédonie.
De son appartenance à la Fraternité, de son parcours, l’auteur en est fier et n’a aucun regret. Il le souhaite à son prochain et nous livre même une très belle phrase à méditer : « L’expérience est une lampe qu’on porte accrochée dans le dos pour éclairer le chemin parcouru et non le chemin à venir. » Et d’expliquer pourquoi. Il nous offre un message d’amour et d’espoir. Pur lui, il est impossible de ne pas croire au Grand Architecte de l’Univers, en Dieu. Et de le remercier chaque jour d’avoir guidé ses pas.
Marcel Laurent, ancien Grand Maître de la GLCS, est actuellement Souverain Grand Commandeur.
De notre confrère suisse illustre.ch – Par Patrick Baumann
L’ésotérisme est aujourd’hui souvent lié à l’écologie et aux revendications féministes, analyse Irene Becci, professeure à l’Institut de sciences sociales des religions.
La crise liée au Covid a accentué l’intérêt des jeunes pour l’ésotérisme contemporain, même si ce terme un peu flou regroupe aujourd’hui diverses pratiques comme la divination, la médiumnité, la cartomancie, la lithothérapie – pratique pseudoscientifique de médecine non conventionnelle basée sur la croyance en un pouvoir qu’auraient certains cristaux au contact ou à proximité de l’être humain -, l’astrologie restant certainement la plus connue d’entre elles. Une manière de questionner le monde, de chercher un sens qui se dérobe d’autant plus lorsque les repères traditionnels s’effritent. Comme l’explique Irene Becci, professeur à l’Institut de sciences sociales des religions de l’Université de Lausanne qui va prochainement publier sa recherche sur les nouvelles spiritualités et l’écologie, « les jeunes se sont rendu compte de la faillibilité de la société, du système social, politique, des limites de la démocratie et du fait que leur futur est menacé par les défis écologiques ».
Cela dit, l’attrait pour l’astrologie est un phénomène récurrent dans nos sociétés. « Contrairement à d’autres variables comme l’appartenance religieuse, la participation à des cultes, l’affirmation de la croyance en Dieu qui sont en chute libre depuis les années 1960, explique la scientifique, les croyances ésotériques restent constantes (plus de 30 % de la population suisse croit au pouvoir surnaturel des ancêtres disparus), même dans les régions les plus sécularisées du monde comme celles de l’ancienne République démocratique allemande, où l’on s’aperçoit que les jeunes sont de nouveau ouverts à une certaine spiritualité.» Ils sont butineurs, prennent le temps d’essayer différentes choses, indique encore la sociologue, relevant aussi les interactions entre spiritualité et féminisme sous la figure de la sorcière, même si souvent, dans l’esprit des jeunes filles qui s’attribuent ce terme, cela n’a plus rien à voir avec les figures historiques du passé. « On assiste aussi à une spiritualisation de l’écologie depuis une quinzaine d’années », relève Irene Becci.
Irene Becci, professeure à l’Institut de sciences sociales des religions de l’Université de Lausanne, va prochainement publier sa recherche sur les nouvelles spiritualités et l’écologie. UNIL
« Il ne s’agit plus seulement de sauver les ours polaires loin de chez nous, mais de se dépolluer soi-même en revenant à une nourriture plus équilibrée. Il y a une valorisation de la dimension émotive de ce que la personne vit. Depuis vingt ans, tout ce qui relève du domaine spirituel est beaucoup plus légitimé. On peut afficher son intérêt pour la lecture de son horoscope, raconter une expérience énergétique extraordinaire vécue lors d’une marche en montagne sans craindre de passer pour un demeuré ou un illuminé. »
Ecrit il y a plus de 1000 ans, ce manuscrit était la propriété d’un Musée de la Bible aux Etats-Unis depuis 2011. Dérobé lors de la Première Guerre mondiale, il est de retour en Grèce.
L’Eglise orthodoxe grecque récupère un objet inestimable. Brian Hyland, conservateur d’un Musée de la Bible (MOTB) américain, l’a en effet qualifié comme «l’un des plus anciens manuscrits de l’Evangile au monde». Il a été rédigé il y a plus de 1000 ans. Volé par les troupes bulgares dans un monastère grec en 1917, ce manuscrit biblique était jusqu’ici dans la collection du MOTB, basé à Washington. Le musée l’a en effet acquis en 2011 lors d’une vente aux enchères organisée par Christie’s.
Après un long travail d’enquête, le Musée de la Bible l’a officiellement remis à l’Eglise orthodoxe de Grèce. Le monastère de Kosinitza, dans le nord du pays, organisera une cérémonie le 29 septembre, en présence de représentants du MOTB. En signe de gratitude, le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, leader mondial de l’Eglise orthodoxe de Constantinople, a prêté trois autres manuscrits au MOTB, selon le musée.