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Lieu symbolique : L’Église des Templiers de Luz-Saint-Sauveur (65)

Luz-Saint-Sauveur est une commune française du département des Hautes-Pyrénées, en région Occitanie.

Luz-Saint-Sauveur – panorama

Longtemps dénommée simplement Luz, la ville a pris son nom actuel de Luz-Saint-Sauveur le 9 avril 1962.

Extrait de la carte de Cassini (entre 1756 et 1789) situant Luz-Saint-Sauveur

Ses habitants se nomment les Luzéens. Sur le plan historique et culturel, la commune est dans la province du Lavedan, partie sud-occidentale de la Bigorre et constituée d’un ensemble de sept vallées en amont de la ville de Lourdes.

Exposée à un climat de montagne, la commune rurale de Luz-Saint-Sauveur compte, en 2019, 939 habitants, après avoir connu un pic de population de 2678 habitants en 1836 !

Néouvielle et le lac d’Aumar à  2192 mètres d’altitude

Elle est drainée par le gave de Pau, le Bastan, le ruisseau de Bat Barrada, Gave de Cestrède, le ruisseau de l’Yse et par divers autres petits cours d’eau. Incluse dans le Parc national des Pyrénées, la commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000, avec le « pic Long Campbielh » et le « Néouvielle ») et onze zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique.

L’Église des Templiers Luz-Saint-Sauveur

L’Eglise primitive a été bâtie à la fin du XIe siècle par la famille de Saint-André et non par les Templiers. Elle est, bien évidemment, dédiée à l’apôtre saint André.

 La Dépêche du Midi nous apprend que « Et même si officiellement son nom reste “l’Église de Saint-André”, les locaux ont tendance à la surnommée “l’Église des Templiers”. 

L’édifice est daté du début du XIIIe siècle, d’après un texte gravé dans le porche portant la mention 1240 ou 1260. Au milieu du XIVe siècle, l’église passe aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Remparts de l’église et pierres tombales

L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, appelé aussi ordre des Hospitaliers, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l’époque des croisades jusqu’au début du XIXe siècle. Il est généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom d’Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani.

La nef et le chevet sont surélevés pour permettre la mise en place d’un chemin de ronde. La chapelle de la Vierge a sans doute été fondée entre 1420 et 1444, et possède un décor peint de cette date. Du XVIIe siècle datent le maître-autel en bois doré, la chaire, une piéta polychrome et les toiles peintes. La chapelle Saint-Roch possède un décor mural de 1670. En 1736, l’ordre de Malte succède aux Hospitaliers.

En 1876, le clocher est utilisé comme prison militaire. De cette époque datent le décor peint du retable de la chapelle Saint-Roch, ainsi que celui du cul-de-four. À la fin du XIXe siècle, une porte est percée au nord, face au portail roman.

Autel

Au XIVe siècle, les descendants de la famille de Saint-André donnèrent l’Église aux « Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem », qui avaient deux hospices, un à Gavarnie et un autre à Héas.

Ils y accueillaient les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce droit fût exercé par les Hospitaliers jusqu’à la Révolution, en 1789.
Ces Hospitaliers devinrent plus tard « Chevaliers de Malte ».

Dès leur arrivée, ils haussèrent l’Église et l’entourèrent de remparts pour se protéger des bandits aragonais : « Les Miquelets ». À l’origine, les miquelets – troupe de mercenaires créée en 1640 à l’occasion de la Guerre des faucheurs, qui a vu la Catalogne se soulever contre la monarchie espagnole. Le surnom de ces troupes auxiliaires viendrait de Miquelot de Prats, militaire catalan du XVIIe siècle probablement né à Prats de Lluçanès, commune de la province de Barcelone, en Catalogne (Espagne).

Sarcophage enfant

Le mystère de la tombe d’enfant

En passant sous la tour d’entrée de la façade nord, nous trouvons un sarcophage d’enfant contenu dans un enfeu percé dans le mur. Une fillette de Barèges et de condition noble, décédée à l’âge de 7 mois, prénommée Bernardine, morte en 1236, y repose. On connaît aussi le nom du sculpteur : Gilles de Sère.

Détail pierre tombale

Sur la pierre tombale, nous relevons l’épitaphe suivant : « Ci-gît Bernardine de Doumet de Bat : fille de Naramon de Barèges et de Madame Nahera 1236 année de la mort dans la dernière semaine d’avril. Gilles de Sère l’a fait. »

La Dépêche du Midi, connue aussi sous l’abréviation DDM

Avec La Dépêche du Midi, regardez la vidéo https://bit.ly/3FOTxmI

La nef. Le mot « nef » signifie au sens premier « navire ». C’est la raison pour laquelle il a été particulièrement utilisé pour désigner cette partie de l’église. Le symbole du bateau pour désigner l’Église renvoie à l’enseignement de Jésus qui s’est souvent fait à partir d’une barque sur la mer de Galilée, où se trouvaient les tout premiers apôtres — symbole de l’Église naissante — qui y pêchaient.
Chapiteau du portail, détail
 Linteau du portail 
L’abside
Clocher
Portail, détail
Croisés, XIe-XIIIe siècles
Église des Templiers Luz-Saint-Sauveur
Église des Templiers Luz-Saint-Sauveur

Classement des sites Internet maçonniques francophones

Grâce à notre confrère idealmaconnique.com avec Alain Bréant

Dans le cadre du suivi des audiences des sites web maçonniques francophones les plus visités nous vous proposons la situation au 12 décembre 2022.

Hors catégorie puisqu’il s’agit d’un site anglophone, celui de United Grand Lodge of England (UGLE), soit la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA)

On notera une légère régression du rang par rapport à octobre dernier (voir)

Classement des 10 sites francophones les plus visités

[NDLR : Ce classement est sûrement incomplet. Il est possible que certains sites aient été occultés. Merci de nous le signaler pour réparer une erreur involontaire et indépendante de notre volonté.]

1 – En tête Le site de la Grande Loge Nationale Française (GLNF)

C’est vraiment un beau site très clair avec sur la première page l’essentiel ! En progression !

2 – En 2ème position le site du Grand Orient de France (GODF)

Ce site mériterait une ergonomie plus moderne ! Sur la première page de nombreux textes peu lisibles ! Egalement en progression !

3 – En 3e position le site de 450.fm

En léger recul par rapport à octobre 2022

Viennent ensuite :

4 – Le site de la Grande Loge de France (GLDF)

5 – Le site de la Grande Loge Féminine de France (GLFF)

6 – Le site d’Hiram.be de Géplu

7 – Le site de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), communément appelée L’Alliance

8 – Site du Suprême Conseil pour la France (SCPLF)

9 – Site de Gadlu.info

10 – Site de Jean-Laurent Turbet, Le Blog des Spiritualités

Le sous-titre de ce blog étant « Gnose, Esotérisme, Franc-maçonnerie, Hermétisme, Illuminisme, Initiation, Kabbale, Martinisme, Occultisme, Religions, Rose-Croix, Spiritualités, Symbolisme, Théosophie, et toutes ces sortes de choses…« 

GLFF : Retour sur les Rencontres « Sport et République » au Sénat

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La Grande Loge Féminine de France annonçait, ici-même, le 30 novembre dernier leur colloque public du 10 décembre 2022 « Sport et République, agir dans la Cité pour l’universalisme et contre les communautarismes », proposé, en présentiel et en distanciel, par la Commission Nationale de la Laïcité de la Grande Loge Féminine de France dans le cadre des Rencontres, palais du Luxembourg, salle Médicis, de 15 h à 17 h 30.

Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la GLFF (source GLFF)

En présence de Catherine Lyautey, Grande Maîtresse, et de Mme Marie-George Buffet, ministre des Sports – de 1997 à 2002.

Marie-George Buffet en 2012

Nous avons aussi noté, dans l’assistance nombreuse, la présence de M. Alain Calmat, ancien patineur artistique – vice-champion olympique en 1964 à Innsbruck, champion du monde en 1965, deux fois vice-champion du monde (1963-1964), trois fois champion d’Europe (1962-1963-1964) et cinq fois champion de France (1958-1962-1963-1964-1965) –, chirurgien, ancien député et ministre délégué à la Jeunesse et aux Sports de 1984 à 1986

Alain Calmat

et actuellement membre de l’Académie des sports et président de la commission médicale du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

L’introduction donne l’occasion à la présidente de la Commission Nationale de la Laïcité de la GLFF, notre très chère Sœur Véronique Bury-Dagot de s’exprimer et, notamment, d’expliquer le pourquoi du comment de cette thématique. Extrait :

« Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs, chers membres de la Grande Loge Féminine de France, chers amis.

Véronique Bury-Dagot

Je tiens au nom de la Commission Nationale de la Laïcité de la Grande Loge Féminine de France. En présence de la Grande Maîtresse Catherine Lyautey. À vous saluer, vous ici présents et qui, à distance, aviez tenu à nous accompagner pour cette nouvelle rencontre de la Grande Loge Féminine de France. Nous étions 137 inscrits en présentiel. La rencontre que nous allons vivre est organisée à l’occasion de la commémoration de la date de promulgation de la loi du 9 décembre 1905, dite loi de séparation des Églises et de l’État. Et en plus elle se fait dans le lieu où se réunissent les élus de la République, afin d’infirmer l’indéfectible attachement de notre obédience au principe de laïcité, principe qui est fondement du pacte républicain. Ainsi que la laïcité décrite sur le site du ministère des sports, des Jeux olympiques et paralympiques. Le colloque que nous avons organisé ce jour a pour titre « Sport et République, agir dans la Cité pour l’universalisme et contre les communautarismes ». Nous aurons le plaisir d’entendre Mme Marie-George Buffet, ministre des Sports et de la Jeunesse de 1997 à 2002 qui a répondu favorablement à notre invitation, ainsi que Jean-Michel Sureau. Par contre Jean-Louis Boujon n’a pu venir pour des raisons indépendante de sa volonté et vous prie de l’en excuser ! En cette journée de la laïcité, cela peut paraître anecdotique, voir surprenant, sauf que le projet sport est un sujet d’actualité et, si j’ose même dire, de brûlante actualité. Et c’est bien en lien avec cette actualité que travaille la Commission Nationale de la Laïcité. Celle-ci s’est donnée pour mission de faire connaître et de promouvoir la laïcité, tant auprès de ses membres que dans la cité, pour témoigner de sa force émancipatrice et de sa cohérence avec nos idéaux humanistes.

Chaque année, la Commission s’empare d’un sujet particulier pour en faire un colloque. À la fois un support de réflexion pour les sœurs de l’obédience, mais aussi un outil de communication ainsi que de transmission des valeurs que porte l’obédience en général et chacune de ses Sœurs, en particulier. Il s’agit à la fois d’informer et d’outiller avec toujours, en objectif, la promotion du principe de laïcité. […] Nous nous attachons à étudier de grands sujets d’actualité : la fin de vie, la création médicalement assistée, l’éducation ou d’autres sujets. Par exemple, le sujet de l’an passé était « La laïcité, un rempart contre l’obscurantisme et les mouvances identitaires ». Cette année, la Commission a choisi de s’intéresser au monde sportif. Parce que celui-ci fait partie des grands sujets de société qui interpellent chacune et chacun d’entre nous. Ce sport nous questionne, à la fois par l’injonction qui nous est faite de pratiquer du sport, par souci de santé ou d’émancipation personnelle. Mais aussi en fonction des dérives constatées dans le monde sportif. C’est le rôle de la Commission de se montrer à la fois vigilante de ce qui se passe dans le monde dont nous faisons partie et d’en informer celles et ceux qui nous entourent, en particulier quand les dérives et les questions qui en découlent portent atteinte aux principes de laïcité pour lequel nous œuvrons… »

Sénat salle Médicis – Photographes du Sénat ; Google Arts & Culture

Malheureusement, l’absence indépendante de sa volonté et excusé de M. Jean-Louis Boujon, ancien directeur de l’Union Nationale du Sport Scolaire et ancien vice-président de la Fédération Française de Rugby ne nous a pas permis de l’entendre sur « La citoyenneté en acte par le sport ». Dommage, cela aurait été l’occasion de mettre en avant, à l’occasion de la Coupe du monde de rugby, notre équipe féminine qui termina troisième. Encore bravo à elles !

Jean-Michel Sautreau

« École, sport, laïcité, tous gagnants », par Jean-Michel Sautreau, ancien président de l’Union Sportive de l’Enseignement du Premier degré, ancien membre du Conseil d’Administration du Comité National Olympique et Sportif Français, mais aussi et surtout, tant il est attaché à ses racines rurales, maire de La Roche-Chalais, en Dordogne.

Présenté par Véronique Bury-Dagot, relevant deux points : « l’école est un pilier du vivre ensemble dans la cité » et qu’il est motivé par un « idéal humaniste et laïc », Jean-Michel Sautreau motive, dans un premier temps, le choix de son intitulé de conférence, donnant ainsi un cadre à son propos.

De gauche à droite : Denise Oberlin, Catherine Lyautey, Véronique Bury-Dagot, Marie-George Buffet, Jean-Michel Sautreau

Le double objectif étant de participer au développement et à l’émancipation de chacune et de chacun, tout en contribuant à ce que la vie en société soit la plus harmonieuse possible. Les quelques mots introductifs définissent de manière courte, mais se voulant explicite son engagement et son militantisme. En un mot, son parcours de vie. Tant en actes qu’en réflexions sur ces actes. Il nous retrace donc son chemin, à commencer par celui d’enfant de l’école de la République Oui, il devint instituteur de cette même école. Il nous confie aussi être un sportif accompli. Et passant au statut de dirigeant pour partager un vécu. Pour lui, ces deux mondes, école et sport, pourraient s’ignorer, mais le militantisme du simple être qu’il est a voulu les faire se rejoindre au milieu du chemin. Il se questionne toujours sur le pourquoi d’un tel parcours et sur sa manière de faire. Il met en avant le processus de découverte – découverte de soi, de l’autre, du monde, des relations entre le monde et lui. Remerciant ses parents pour qu’il vive à plein ce parcours. La raison en était simple, il s’agit de la confiance dans l’école de la République

Enfin, la dernière intervention, celle de Marie-George Buffet, avec la verve que nous lui connaissons, sur le thème « La laïcité garante de l’universalité des droits dans le sport », éclaira de ses propos l’assemblée. Nous rapporta quelques moments de son intervention.

Marie-George Buffet

La ministre commence son discours en remerciant tout d’abord la Grande Loge Féminine de France d’avoir posé ce débat car, trop souvent, le sport n’est pas considéré comme une question politique ou comme l’objet d’une politique publique.

Elle pose la question de savoir quelle est la place du sport dans la construction de la citoyenneté, quelle est la place du sport dans le vivre ensemble de notre République, comment la laïcité peut être une garantie de l’universalité du droit en général et du droit au sport.

Pour répondre à tout cela, il faut déjà peut-être avant mesurer l’enjeu. La place que pourrait avoir le sport dans la construction d’un individu, des rapports entre les individus dans la société mais aussi au niveau des relations internationales. Concernant l’individu, tout a déjà été dit par les différents intervenants. Le sport étant une activité humaine combinant les qualités du corps, de la volonté, de l’esprit.

Le sport, c’est le rapport au corps. Au rapport au corps dans l’espace. Le sport, c’est le rapport aux règles, au respect de l’autre qu’il soit partenaire ou adversaire.

Dans la société, le sport, c’est le partage, le mélange. C’est la tenue sportive qui fait que chacun et chacune est égal sur le terrain, dans le gymnase. C’est la pratique ensemble. Ce n’est pas toujours le vivre ensemble, mais c’est la pratique ensemble déjà.

Marie-George Buffet, répondant aux nombreuses questions

Le sport, c’est aussi à travers la vie associative l’engagement bénévole. C’est la démocratie mais la démocratie associative.

Le sport, c’est le partage de l’émotion, dans le spectacle sportif. C’est aussi un facteur d’échange à travers les compétitions internationales., facteur d’échange entre les peuples, sur la base de règles sportives universelles. Une participation ouverte à toutes les nations.

En raison de toutes ces belles choses, il est évident que le sport devrait être un droit pratiqué par tous et par toutes. Or, ce n’est pas le cas. Le sport devrait aussi veiller à l’intégrité physique et psychique. De ceux et celles qui le pratiquent. Or, ce n’est pas toujours le cas…

Bien évidemment, après chaque intervention, la parole circula, comme c’est l’usage parmi les Maçons.

Les propos conclusifs de Catherine Lyautey, Grande Maîtresse

La conclusion de la rencontre est apportée par Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, qui ne manqua pas de remercier l’ensemble des intervenants, l’assistance très attentionnée ainsi que les Sœurs et Frères et amis(ies) non maçons derrière leurs écrans. Elle relève que le triptyque Liberté-Égalité-Fraternité est suivi par le mot de Laïcité*.

* Pour mémoire, le Livre 19 de la belle collection VOIX D’INITIÉES est intitulé Laïcité, valeurs et éthique, enjeux du XXIe siècle. Ce recueil est le second ouvrage des membres de la Commission Nationale de la Laïcité de la GLFF. Il est préfacé par Marie-Claude Kervella-Boux. L’ouvrage relie la laïcité à la société, et permet d’essayer de comprendre son principe, de la situer dans le temps, en décrypter ses finalités, permettant d’éclairer notre présent en ses évolutions sociales mais aussi en ses reculs ou ses menaces. Disponible chez Conform édition https://bit.ly/3VVL8n0

Palais du Luxembourg

Pour en savoir plus : Grande Loge Féminine de France – 111-113, rue de Reuilly – 75012 Paris – https://glff.org/

La joie dans la pratique spirituelle

L’enseignement ci-dessous a été donné par Ajahn Tiradhammo le septième soir d’une retraite de 10 jours en Suisse. Les « 7 Facteurs de l’Illumination » dont il est question sont : l’attention, l’investigation, l’énergie, la joie, la tranquillité, la concentration et l’équanimité.

Quand la joie est présente, nous sommes prêts à découvrir de nouvelles choses – Si nous avons déjà décidé : « La vie est souffrance », alors nous n’allons pas chercher plus loin.

Dans la pratique spirituelle, nous pouvons parfois faire l’erreur d’assimiler la vie religieuse à une sorte d’auto-flagellation. Ou alors, nous sommes enclins à croire que cette pratique devrait aboutir à un genre « spécial » de pureté. Avec cette idée en tête, nous regardons en nous et, bien sûr, tout ce que nous voyons ne sont que des impuretés. Nous étant formé une idée de ce qu’est l’illumination, nous examinons notre propre esprit et nous y voyons juste le contraire : confusion et conflits.

Mais ce qu’il faut comprendre c’est que toutes les idées que nous avons concernant la pratique ne sont que des idées, seulement des idées…

Penser, par exemple : « Moi, je suis ici et le Nibbana se trouve là-bas, je ne suis qu’un idiot aux idées confuses et le Nibbana est toute pureté et profondeur » n’est qu’une projection de concepts.

Moine Bouddhiste en méditation sous la lune

En fait, dans la pratique réelle, illumination veut seulement dire être pleinement attentif et conscient de la confusion elle-même. La sagesse consiste à voir clairement son ignorance. Il ne s’agit pas ici de connaître la sagesse mais bien plutôt d’utiliser la sagesse pour connaître notre ignorance !

Toute la pratique de l’attention nous ramène à réaliser la vraie nature du fait d’être là, présent. Nous ne tentons pas de nous brancher sur une sorte de « Sagesse nibbanique » flottant quelque part dans l’espace et nous n’attendons pas non plus que la sagesse nous tombe dans les bras. Ce dont il s’agit c’est d’être conscient de la nature de la condition humaine telle qu’elle est.

C’est seulement à partir du moment où nous comprenons réellement ce qu’est la vie que nous pouvons commencer à la transcender. Si nous tentons de la transcender avant qu’en fait nous la connaissions, nous sommes seulement pris au piège de l’illusion.

Ajahn Chah avait coutume de dire : « Nous devons d’abord ramasser quelque chose avant de réaliser combien c’est lourd ». Nous rendre compte combien c’est lourd, c’est voir dukkha (la souffrance). C’est après avoir vu dukkha que nous pouvons lâcher-prise. Après avoir lâché prise, nous réalisons combien, en fait, c’est léger.

Ah ! Quel soulagement ! Et c’est ici que l’on parle de joie, ou piti comme elle est appelée dans les « Facteurs de l’Illumination ».

Il existe différentes traductions du terme piti, de même qu’il y a différentes sortes de joie. Hier, nous parlions de la manière dont, après avoir été motivé par dukkha pour chercher la Voie, nous arrivions à la confiance : c’est cette confiance qui, à son tour, conditionne la joie.

Ainsi, il y a ces différentes sortes de joie qui, dans la pratique spirituelle, naissent de différentes causes. Dans ma pratique personnelle, j’ai trouvé très utile d’y réfléchir car il semble que l’importance et la fonction de la joie soient souvent perdus de vue lorsqu’on parle de développement spirituel.

Toutefois piti n’est pas seulement le plaisir d’avoir une expérience agréable mais c’est plutôt une expérience qui nous amène à plus d’ouverture dans la vie, à l’éveil. Quand la joie est présente nous sommes prêts à découvrir de nouvelles choses. Par contre, si nous avons déjà décidé que « la vie est souffrance » et que nous la considérons comme un état misérable, alors évidemment nous n’allons pas chercher plus loin.

Regardez les enfants, comme ils observent et veulent constamment découvrir, la fascination qu’ils ont pour les choses. Il est triste de voir comment nous, les adultes, sommes devenus tellement sophistiqués que nous ne prenons plus le temps de regarder les fleurs ou toutes ces choses de moindre importance … Nous fonctionnons à un niveau beaucoup plus conceptuel. Quand nous voyons une fleur, nous pensons immédiatement « fleur » et ensuite : « oui, je sais tout des fleurs, toute ma vie j’ai vu des fleurs et ça, c’est seulement une autre fleur ». En vérité pourtant, chaque fleur est unique : elle est là, à cet endroit, en ce moment, c’est cette fleur-là. La même chose se passe si, par exemple, nous pouvons vraiment écouter chanter un oiseau et entendre seulement le son de ce chant. C’est une chose toute différente que de penser : « Oh, voilà un autre oiseau en train de chanter ». Si nous écoutons vraiment, il y a seulement le son de ce chant en ce moment précis, en cet endroit, dans ces circonstances et il y a la conscience de savoir cela, il y a l’écoute. Voilà une réalité totalement différente du fait de penser : « un autre oiseau en train de chanter ».

Bougie dans le noir

Si nous ne faisons constamment que conceptualiser, le dialogue ou bavardage intérieur ne s’arrête plus : « tiens, un oiseau en train de chanter … une fleur là-bas, telle personne est en train de parler, si elle pouvait se taire … une bougie qui brûle » etc.

Et nous croyons tout savoir de la vie !

Tout ce que nous faisons, c’est seulement jongler avec des concepts dans nos têtes et tout ce qu’ils font, c’est de se déplacer d’un côté à l’autre du cerveau, émergeant de la mémoire pour être verbalisés et y replongeant ensuite. Si nous vivons avec seulement des concepts par rapport à la vie, il y a beaucoup de chances qu’elle devienne plutôt ennuyeuse avec toujours ce même rabâchage : « fleur, oiseau, arbre … »

Bien qu’il soit naturel que le langage nous permette d’apprendre, de comprendre et d’exprimer notre compréhension, beaucoup d’entre nous sont devenus prisonniers du langage. La méditation nous donne l’occasion à présent d’amener un changement profond dans notre civilisation occidentale en essayant de comprendre à un niveau non conceptuel. La méditation nous permet de réaliser de manière directe la nature de toute expérience.

Ceux qui croient s’identifier totalement à travers les mots peuvent peut-être trouver cela menaçant, mais il est bien évident qu’il ne s’agit pas de se passer complètement des mots, nous devons pouvoir continuer à nous exprimer et il est nécessaire que nous puissions communiquer. Mais nous devrions reconnaître que les mots que nous utilisons pour communiquer ne sont pas identiques à l’expérience que nous tentons de décrire.

Dans notre société actuelle, la part donnée au silence est tellement mince et les mots sont si bruyants et forts que souvent c’est seulement cela que nous entendons. Pourtant c’est l’importance accordée au silence qui nous donne accès à une manière différente de communiquer.

Comme il est merveilleux d’être à nouveau un enfant et de ne plus être limité par les mots ! Au début, les enfants ne connaissent pas de mot pour désigner une fleur et ils demandent : « c’est quoi, ça ? ». Alors, nous leur répondons : « c’est une fleur ». C’est vrai qu’ils doivent apprendre à communiquer, mais pourquoi n’essayerions-nous pas de répondre : « on appelle cela une fleur mais ce n’est pas ce qu’elle est vraiment, elle est comme elle est, c’est sa nature et c’est parfait ainsi ». Connaître cet état de « simplement, comme les choses sont… », c’est connaître la joie. C’est cette joie qui peut faire revivre en nous tant de belles qualités qui se sont éteintes. A présent nous avons la clé secrète qui peut nous aider à nous libérer de nos habitudes.

Cette joie peut aussi être développée davantage car au-delà de piti ou joie spirituelle existe une qualité beaucoup plus stable appelée sukha. En général, on traduit sukha par bonheur, le contraire de dukkha, mais en fait ce n’est pas suffisant car le bonheur momentané est comme un papillon qui vole de-ci de-là. Il n’y a certainement rien à redire à cela mais bonheur ne traduit pas la qualité profonde de bien-être exprimée par sukha. A force d’avoir vécu tellement avec des concepts, notre vie est devenue ennuyeuse et des moments fugitifs d’excitation en sont venus à nous paraître importants.

Sukha, par contre, signifie : « tout est simplement parfait ». C’est un sentiment de calme et de bienêtre qui imprègne notre corps et notre esprit tout entier. Sukha rend l’esprit paisible et non fragmenté, donnant une fondation solide pour samadhi, la concentration.

Mais revenons à présent à la joie : la joie est spontanée. Vous ne pouvez pas la concevoir à l’avance ni la créer : elle vient simplement dans le moment présent. Quand la joie est vraiment là, vous vivez dans le moment présent. Voir la joie ainsi devient un point de référence précieux pour nous car nous savons alors que, si nous vivons une joie véritable, nous sommes dans le moment présent et, inversement, si nous sommes réellement dans le moment présent, une joie authentique se manifeste.

Donc, tâchez de découvrir d’où vient la joie, voyez ce qui la maintient et ce qui la fait disparaître. En faisant cela, nous commençons à cultiver la joie comme un des « Facteurs de l’Illumination ».

Elle devient une des qualités qui nous mènent à l’éveil.

J’ai choisi ce texte, car par les temps que nous vivons, il semble important de trouver sinon une joie intérieure mais un calme qui nous permette d’agir dans le bon sens et non de réagir aux évènements extérieurs.

Les évènements extérieurs depuis quelques mois (pandémie, feux, guerre, réchauffement climatique…) nous inciteraient plutôt à réagir, à poser des questions « pourquoi ? » mais nous savons bien qu’il n’y a pas de réponse ou quelles sont multifactorielles. Nous pouvons agir si nous le souhaitons en aidant les autres autour de nous, mais nous ne pourrons le faire, de façon judicieuse que si nous sommes habités par ce calme intérieur et cette joie, toute simple.

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom et n° de tél, son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

Le franc-maçon harmonique

De notre confrère italien expartibus.it – de Chrétien de Rosemunda

L’être humain n’est pas fait pour s’exhiber, mais pour trouver un espace pour vivre en harmonie avec le ciel et la terre.
Nicolas Ammaniti

Quand pouvons-nous admettre, d’abord avec nous-mêmes et ensuite avec les autres, que nous sommes en paix avec nous-mêmes ? A quel moment de la vie maçonnique cette fameuse petite flamme qui brûle ne s’éteint pas, mais reste toujours allumée ? La pierre devenue lisse de rugueuse atteint-elle presque la perfection ?

Il n’y a pas de temps précis et marqué, il n’y a pas de chemin unique à suivre, il n’y a pas d’examens à passer ou de notes à obtenir.

Si vous avez emprunté l’une de ces routes, je dois vous annoncer une mauvaise nouvelle : vous perdez votre temps !

J’ai rencontré beaucoup de Frères, d’obédiences, d’âges et de niveaux différents ; des gens splendides, pleins de charisme, pleins de notions, studieux et passionnés de franc-maçonnerie, qui récitaient des rituels par cœur ou discutaient de « politique maçonnique », comme des politiciens profanes consommés.

Ils ont beaucoup enrichi mon être, je ne peux pas le nier, mais… eh bien oui il y a un pourtant, en très, très peu d’entre eux j’ai reconnu cette caractéristique à laquelle j’aspire moi aussi : l’Harmonie !

Être un « franc-maçon harmonique », cela devrait être à mon sens le but à atteindre.

La première définition de l’Harmonie dans le dictionnaire est : accord et proportion entre les parties qui forment un tout, produisant un effet agréable aux sens : l’harmonie des formes, des couleurs, des parfums, l’harmonie de l’Univers, l’harmonie du style, l’harmonie d’idées, de concepts, l’harmonie entre la pensée et l’action. En un mot, la description d’un franc-maçon harmonique.

Pour comprendre le sens profond de ce concept, il faut s’attarder sur le sens du mot lui-même, percevoir cette condition, comme écouter de la musique, jusqu’à étendre l’idée à des champs expérientiels multiples et variés, comme si à un certain moment on apprenait » acoustiquement », à travers l’oreille, pour accorder l’attention voulue à cette partie de la réalité sur laquelle nous concentrons notre attention, qui nous implique souvent émotionnellement au point de nous faire sentir comme faisant partie d’un « tout harmonieux ».

L’harmonie est une dot qui découle d’un état de conscience particulier, heureusement accessible à tous : le soi-disant « comprendre sans savoir comment !

Dans la nature, ça existe déjà ! Rien n’est laissé au hasard, tout a été fait avec un critère précis.

L’homme a toujours observé la nature dans son harmonie, en apprenant d’elle et en la sublimant à travers les arts libéraux.

Au cours des siècles, des hommes de bonne volonté ont étudié, appris et adopté le concept d’harmonie.

Dans la franc-maçonnerie, de nombreux et illustres Frères ont consacré des réflexions profondes à cet état de sublimation, constituant un patrimoine d’expérience pour ceux qui viendront plus tard.

L’harmonie fait partie intégrante de la franc-maçonnerie. La Loggia, avec ses hautes valeurs symboliques, parvient à synthétiser ce chemin, le transformant en un préalable nécessaire à l’agrégation harmonique.

Harmonie des formes, Harmonie de l’architecture, Harmonie des symboles, Harmonie de l’astral, Harmonie des mouvements, Harmonie des expressions verbales, Harmonie de la disposition des objets rituels, Harmonie du toucher : tout dans la Loggia respire l’Harmonie !

Et pour chacune de ces composantes il y a des pages d’histoire maçonnique qui nous ramènent non seulement à l’histoire grecque, mais aussi à l’histoire égyptienne ou encore assyro-babylonienne.

Dans cet équilibre l’homme peut se connaître et se construire, rechercher le Vrai et le Juste et aspirer à atteindre l’Harmonie. Le franc-maçon vit d’engagement, de perspicacité continue dans son âme et en étroite harmonie avec les âmes de ses frères.

C’est un travail d’équipe, où l’un est fonctionnel à l’autre et notre lieu de rencontre, la Loge , trouve sa caractéristique essentielle dans l’harmonie. En elle « tout est juste et parfait ».

En Franc-Maçonnerie tous ces différents aspects des multiples visages de l’harmonie visent et convergent vers une Harmonie plus importante et essentielle qui n’est finalement plus symbolique, mais vraie, réelle, centrale, faite de contenus, indispensable et irremplaçable mais toujours valable.

Je me réfère à l’Harmonie entre Frères, à l’Harmonie intérieure, à celle des cœurs et des sentiments, à l’Harmonie des idées et des comportements conséquents qui partent d’une dialectique chorale. Harmonie des Loges et entre Loges, entre Proche et Extrême-Orient.

L’Harmonie de l’Univers est la conséquence de ces relations qui unissent, par des fils innombrables et invisibles, toutes les créations physiques et spirituelles et produisent ainsi les différentes manifestations de la Vie et de la Beauté.

Regard sur… le spiritisme

Le spiritisme est considéré, selon les sources, comme une superstition, comme une science occulte ou comme une doctrine. Il est fondé sur la croyance que certains phénomènes paranormaux sont le moyen pour des entités de l’au-delà appelées « esprits », le plus souvent des personnes décédées, de communiquer avec les vivants. Ce mot s’applique ainsi, de manière large, à un courant disparate où les pratiquants, appelés « spirites », communiquent avec ces « esprits » par divers moyens, comme des sujets en état de transe, les médiums, ou des supports inanimés, tables tournantes.

Le terme de spiritisme désigne aussi par extension les enseignements révélés lors de ces communications, notamment le spiritualisme moderne anglo-saxon initié par les sœurs Fox en 1847, première expression de cette théorie, puis à sa suite la doctrine spirite d’Allan Kardec, pseudonyme de l’instituteur et pédagogue français Hippolyte Léon Rivail Denizard, inventeur des mots « spiritisme » et « spirite ».

Timbre du Danemark pour commémorer un congrès spirite en mai 1911

Par généralisation certains auteurs spécialistes de ce domaine parlent de spiritisme pour toute tradition, ancienne ou actuelle, exerçant un culte ou des rites invoquant les entités non physiques que sont l’âme des morts, les anges, les démons, etc.

Pratiqué dans de nombreux pays sous des formes variées, c’est en Amérique latine et plus particulièrement au Brésil que le spiritisme voit aujourd’hui son extension la plus importante. En France, un renouveau du spiritisme est constaté depuis la fin des années 1970.

Parfois présenté à tort comme une religion, il compte actuellement entre 6 et 50 millions de pratiquants selon les estimations.

Précisions

Dans le vocabulaire courant, le mot « spiritisme » désigne les pratiques popularisées aux États-Unis par les sœurs Fox à partir de 1848, comme celle des « tables tournantes », et toutes les méthodes visant à communiquer avec l’au-delà. En fait, il y a là un abus de langage, même si l’usage l’a consacré, puisque le mot ne fut inventé par Allan Kardec, qu’en 1857, pour désigner sa doctrine. Jusque-là on parlait de « phénomènes magnétiques », de « phénomènes du spiritualisme », ou « spiritualisme moderne », ou de « spiritualisme américain ». Si le terme s’est imposé rapidement c’est parce qu’il permettait de lever une ambiguïté lexicale. En effet, la traduction de spiritualism (le mot en usage dans les pays anglo-saxons) par « spiritualisme » passait mal en français, parce que ce mot avait déjà une signification, celle du spiritualisme philosophique. Ainsi, le mot « spiritisme », conçu à l’origine pour nommer exclusivement la doctrine spirite française, s’appliqua progressivement à l’ensemble des croyances et activités liées à la communication avec les esprits, à travers le monde.

Selon que l’on dénombre uniquement les adeptes de la doctrine spirite au Brésil ou ceux des diverses formes de spiritisme, leur nombre est estimé entre 6 millions et jusqu’à 50 millions, avec une estimation moyenne de 13,5 millions de spirites, essentiellement en Amérique latine.

Le spiritisme n’est pas une religion dans le sens où il ne contient ni dogme, ni rituel, ni adoration, ni hiérarchie, selon les définitions usuelles de ce qu’est une religion. Toutefois, plusieurs encyclopédies classent le spiritisme parmi les religions.

Origines du spiritisme

Le spiritisme moderne est généralement présenté comme la continuité d’une tradition ancestrale commune à la plupart des civilisations. De l’oracle grec au chaman d’Amérique, en incluant le griot ou le marabout africain, les personnes chargées de contacter le monde des esprits (celui des défunts, des anges, des dieux, des démons), ou au contraire chargées de s’en préserver, caractérisent de multiples cultures. René Guénon, dans son ouvrage L’Erreur spirite, considérait, lui, que les explications données par le spiritisme moderne à propos de phénomènes étranges connus depuis l’antiquité étaient une erreur.

Selon David Prado un axiome anthropologique formule que l’homme s’est interrogé sur « l’après vie », développant l’idée d’un « au-delà », dès le moment où il a pris conscience de sa finitude. Ce moment aurait érigé la mort comme « énigme existentielle » avec pour corollaire « la peur de la mort et des morts ». Pour Julien Ries, les premières traces archéologiques de cette croyance seraient observables à l’époque des « hommes de Qafseh », il y a de cela approximativement cent millénaires. Des indices de telles croyances étaient également relevées chez l’homo neanderthalensis il y a quatre-vingts millénaires. Ces signes sont la présence de sépultures et, sur les lieux de sépultures, de corps en position de repos ou fœtales, la présence d’objets de parures, d’ocre rouge symbolisant le sang, d’ornementations du crâne, etc. Soit, un ensemble de vestiges comportementaux laissant penser qu’ils sont porteurs d’une valeur symbolique et par conséquent, l’indice d’un système de représentations portant sur le devenir existentiel de l’homme dans « l’après-vie ».

En effet, toujours selon Prado, André Leroi-Gourhan s’est attaché à étudier les manifestations de préoccupations dépassant l’ordre matériel chez l’homme à l’ère paléolithique. Selon lui, les indications les moins ambiguës permettant de déduire une attitude spécifique vis-à-vis de la mort, sans pour autant reconstituer un système de pensée, apparaîtrait dès le paléolithique moyen (entre 200 000 ans et 35 000 ans). En effet, de nombreuses fouilles révèlent les indices de pratiques funéraires avec les inhumations d’offrandes funéraires et la constatation de traitements du corps pour la mise en terre. Cependant, pour l’auteur, voir dans les pratiques funéraires l’expression de croyances religieuses est surtout le fait de l’interprétation d’un auteur car aucune recherche comparative ne permet de justifier un tel rapprochement.

Dans la lignée de Leroi-Gourhan, Quéchon rappelle en effet que l’état d’ignorance de la science, concernant les motivations métaphysiques de l’homme préhistorique, est lié à un manque de données paléoarchéologiques. Les théories qui ont été forgées sur la question sont parfois biaisées par des méthodes d’investigation archéologiques déficientes. Il récuse, faute de preuves, les interprétations selon lesquelles l’homme préhistorique a conçu « l’au-delà » à l’image de « l’ici-bas ». C’est ce que le chercheur serait tenté de penser lorsque, lors de fouilles, des corps sont découverts ensevelis avec des parures, armes et outils ayant probablement appartenu au défunt. Comme il persiste un manque d’informations sur les variations de ces comportements face à la mort tant dans l’espace que dans le temps, il serait dès lors peu pertinent d’en faire une généralité. Il faudra attendre les premières traces écrites pour pourvoir reconstituer une archéologie de « conceptions » plus précises de la mort et de l’après-vie.

Les traditions au fil des âges

Dans la Mésopotamie antique : Pour les Assyriens et les Babyloniens, les morts étaient un souffle, une vapeur. Ils pouvaient hanter les maisons. Le destin des hommes était fixé dans l’autre monde. Les morts connaissaient notre destinée et pouvaient donner des conseils.

Ancien papyrus égyptien représentant le voyage après la mort

Dans l’Égypte antique : Ancien papyrus égyptien représentant le voyage après la mort.
Les Égyptiens croyaient en un kha, que certains auraient relié au périsprit du mort, au sens du terme « périsprit » donné par le spiritisme. C’est ce kha qu’ils essayaient de retenir dans le tombeau en lui préparant des offrandes. Dans certaines conditions ils invoquaient les morts pour obtenir d’eux des rêves prémonitoires.

Dans la tradition hébraïque : La loi de Moïse, le Deutéronome, interdisait aux hébreux d’interroger les spectres et d’invoquer les morts (Dt 18,11). Selon le premier Livre de Samuel, Saül consulta néanmoins la nécromancienne d’Endor pour s’entretenir avec l’esprit de Samuel avant une bataille contre les Philistins (1S 28,7-25).

Vue d’artiste d’un druide celtique

Dans l’Antiquité occidentale : En Gaule, les druides, et plus particulièrement les Vates, invoquaient régulièrement les morts dans des enceintes de pierre édifiées en pleine nature. Peuples et souverains les consultaient. Ce fut le cas de Vercingétorix qui, avant de soulever la Gaule contre César, se rendit chez les prêtresses de l’île de Sein pour consulter les âmes des héros morts. À la même époque, les religions nordiques se construisaient autour de la communication permanente entre le clan et ses défunts qui le protégeaient, puisqu’ils étaient détenteurs du plein savoir. Une communication d’autant plus permanente qu’il n’existe pas de frontière réelle entre les deux mondes.

Dans la tradition grecque : Dans la Grèce antique, l’évocation des morts était codifiée, la communication avec les défunts faisait partie intégrante de la religion, elle disposait de ses prêtres, de ses temples, et même de sa fête annuelle qui n’est pas sans rappeler, elle aussi, le jour des Morts31 en Europe.

Dans la tradition romaine : Le monde romain qui s’adonnait volontiers à des pratiques magiques, les réprouva à peu près de tous temps dans ses lois, dès la loi des XII Tables, mais celle-ci ne semblait pas viser les nécromants. Le régime impérial, autoritaire, n’aimait guère les devins qui, autant que les vendeurs de philtres et de charmes, pouvaient encourager les ambitieux à l’assaut du pouvoir : Tibère, Néron, Claude, Dioclétien sévirent sans succès, comme en témoignent de nombreux procès en sorcellerie. Par culture et par tradition, les empereurs, les généraux, et tout le peuple de la Rome antique se pressaient chez les sibylles, des prophétesses dont le ministère fondé sur la communication avec l’au-delà s’exerça d’abord en Grèce, avant d’être popularisé dans toutes les contrées du vaste empire. La plus célèbre d’entre elles était la sibylle de Cumes, prêtresse d’Apollon. Elle rendait par écrit les oracles qui lui parvenaient du royaume des morts.

Dans la tradition des Évangiles : Certains auteurs des Évangiles comparent les anges à des esprits et utilisent ces deux mots comme synonymes (He 1,6-7, He 1,13-14, Ac 8,26-29 et Ac 10,19-20). En Grec ancien, langue des Évangiles, le mot « ange » signifie très exactement « messager » de l’au-delà. Marie dialogue avec l’Ange Gabriel et Jésus s’entretient avec Moïse et Élie, tous les deux pourtant décédés au moment de cet entretien (Mt 17,1-3). Même s’il s’agit de discussion entre humains et esprits, la nuance avec le spiritisme tient au fait qu’il s’agit d’apparitions et non de venues de morts à la suite d’invocations. L’avenir n’est pas révélé à la demande de l’humain mais au contraire, l’esprit est le messager de Dieu.

Dans la tradition de l’islam : Mahomet s’entretient avec l’Ange Gabriel. Par ailleurs, les djinns invisibles (ou jinn) peuvent intervenir dans la vie courante. Le marabout est une figure traditionnelle de l’Afrique. Des mystiques musulmans affirment être en contact avec l’au-delà. Enfin, la manifestation des défunts est considérée comme une possibilité par la plupart des courants de pensée de l’Islam.

Dans le shintoïsme : Selon la religion ancestrale du Japon, un nombre considérable d’esprits invisibles agissent en permanence dans les évènements terrestres.

Chaman de l’Amazonie en 1988

Chaman de l’Amazonie en 1988 : La majorité des traditions, dites premières, entretiennent une communication avec l’au-delà par le biais du chamanisme. Les chamans des premiers peuples d’Amérique, d’Asie, de l’extrême Nord de l’Europe, de l’Afrique et de l’Océanie assurent le lien entre le visible et l’invisible. Les échanges avec les défunts ne représentent qu’une part de leurs fonctions. Le chamanisme se perpétue encore de nos jours.

Dans la tradition du vaudou : Appelé candomblé au Brésil ou santeria à Cuba, le vaudou est une variante de rites traditionnels africains importés par les anciens esclaves. Les esprits des morts sont honorés lors des enterrements et peuvent prendre possession de danseurs lors de cérémonies rythmées de musiques enivrantes.

Avènement du christianisme en Europe : Avec le christianisme, se répand l’idée que l’influence des démons sur la terre est limitée au domaine spirituel à la suite du Concile de Braga qui pose l’impossibilité pour le Diable d’être à l’origine des catastrophes naturelles et met un frein au spiritisme.

Dès l’an 318, l’empereur Constantin, comme plusieurs de ces prédécesseurs non chrétiens, publie un décret interdisant « la communication avec les âmes des défunts ». Certains temples des sibylles sont alors détruits. Durant les siècles suivants le clergé lutte contre cette pratique qui faisait la force des anciennes religions et le pouvoir de leur clergé et l’associe généralement au diable.

La nécromancie devient alors synonyme de magie noire, dans le sens où l’on considère que ce sont des démons qui se manifestent et non plus des esprits. C’est l’avis de Lactance (vers 300) et d’Augustin comme de la plupart des Pères de l’Église au Moyen Âge :

Dieu interdisant aux anciennes tribus d’Israël de chercher à communiquer avec les morts (Deutéronome), la réponse à une telle invocation est une désobéissance qui ne peut venir que des démons.
Dans l’anthropologie chrétienne, l’homme étant libre, il n’a pas de destin, il est donc impossible de prédire son avenir. Toute parole sur son avenir ne peut être qu’un mensonge — par opposition, la prophétie est toujours conditionnelle, elle est un avertissement sous forme d’appel à la pénitence, sur les conséquences d’un comportement néfaste —.

La survie de la nécromancie

Au XIIe siècle, par l’intermédiaire de traductions latines de l’arabe, la nécromancie, élevée à la dignité de science, devient quasiment un savoir que l’on traite comme tel. Les expériences nigromantiques se retrouvent dans des traités de magie comme le Picatrix, le Liber sacratus ou le Liber vaccae qui circulent dès le xiiie siècle et dont il est assuré qu’ils étaient lus avec attention dans les milieux lettrés, les cours royales, princières, et jusqu’à la Curie romaine. Au XIVe siècle, de nombreux procès impliquant de hauts personnages ou des savants comme Cecco d’Ascoli (1327) témoignent de cette effervescence intellectuelle autour de la nigromancie.

Au xve siècle, le ton change. De l’idée de commerce avec les démons, on passe à celle de pacte avec le Diable et on pense que les sorciers, et surtout les sorcières, constituent une secte dont l’objectif est de renverser l’ordre chrétien.

L’intérêt pour la nécromancie ne s’éteint pourtant pas et se perpétue même au sein de l’élite ecclésiastique sous des prétextes tolérés. C’est ainsi qu’en France, en 1588, Noël Taillepied (1540-1589), docteur en théologie, publia à Rouen un livre intitulé Psychologie ou traité de l’apparition des Esprits à savoir des âmes séparées, fantosmes, prodiges, accidents merveilleux dans lequel il écrit :

« Souvent il advient que quand aucun de nos parents demeurant en pays lointain seront grièvement malades, nous oyrons tomber en la maison des choses qui sembleront pesantes et feront un merveilleux bruit : puis après on trouvera cela être devenu à l’heure mesme qu’iceux parents seront trépassés. C’est une chose comme ordinaire à quelques-uns que quand une personne doit mourir, ils oyron ouvrir ou fermer les fenestres et les portes, quelqu’un monter par les degrés et autres cas semblables quelquefois un Esprit se montrera dans la maison, ce qu’apercevans, les chiens se jetteront entre les jambes de leurs maistres et n’en voudront partir, car ils craignent fort les Esprits. »

Les précurseurs

Plaque commémorative sur la façade de la maison d’Emanuel Swedenborg, à Stockholm

John Dee
John Dee (1527-1608), fut un mathématicien et astrologue qui témoigna de communication avec les anges par le biais de médiums.

Emanuel Swedenborg
Emanuel Swedenborg (1688 – 1772) fut le premier scientifique moderne à publier une importante littérature basée sur des visions qu’il prétendait recevoir de l’au-delà et sur des échanges qu’il prétendait avoir avec les anges et les esprits. Ce savant se montrait polyvalent, à la fois mathématicien et théologien, physicien et naturaliste. Fort de sa renommée, il décida à l’âge de 56 ans de se consacrer au « mystère de l’âme ». Il passa les 27 dernières années de sa vie à côtoyer « le monde des esprits », « les bons et les mauvais ». Il produisit une dizaine d’ouvrages inspirés de ses visions de l’au-delà. Ses idées encouragèrent de nouveaux courants de pensée, comme le martinisme ou celui des théosophes.

Justinus Kerner
Justinus Kerner (1786-1862), publia le compte rendu de ses observations sous le titre : Die Seherin von Prevorst, Eröffnungen über das innere Leben des Menschen und über das Hineinragen einer Geisterwelt in die unsere (La voyante de Prevorst, considérations inaugurales sur la vie intérieure de l’être humain et l’intervention d’un monde des esprits dans le nôtre).

Franz Anton Mesmer
À la suite de la découverte du « magnétisme animal », Franz Anton Mesmer (1734-1815) élabore une méthode appelée mesmérisme. Il s’agissait alors d’une nouvelle thérapeutique liée à une façon originale de concevoir la santé et la maladie. En 1779, dans un Mémoire sur la découverte du magnétisme animal, Mesmer exposa en vingt-sept points les principes de son système. Il affirma qu’un fluide physique emplit l’univers et relie les hommes, les animaux, la terre et les corps célestes entre eux. La maladie ne serait que le résultat d’un engorgement de cette « énergie » à certains endroits du corps. Rétablir une circulation harmonieuse du fluide favoriserait la guérison. Un des disciples de Mesmer, Armand Marc Jacques de Chastenet de Puységur, fit la découverte du somnambulisme magnétique, ancien nom de l’hypnose. Les études sur le fluide des êtres vivants conforteront Allan Kardec dans sa théorie qui affirme que ce fluide est le moyen utilisé par les esprits pour se manifester.

Les rapports du spiritisme avec les sciences

Selon Prado, avec l’essor du spiritisme, une composante viendra alimenter son système de pensée et de pratiques. Il s’agit des « sciences ». À l’époque, le monde scientifique fut fortement « fasciné » pour les « tables tournantes« , les « Ouija« , « l’écriture automatique« , etc. Pour les uns, il s’agissait d’en prouver la supercherie, pour d’autre de prouver la véracité de tels phénomènes extraordinaires. Certains, détracteurs du début furent convaincus du bien-fondé des « phénomènes spirites » par la suite.

Soulignons que la psychologie a fortement été interpellée par les « phénomènes » dits spirites. Un des premiers auteurs à proposer une théorie de l’inconscient en France s’était proposé d’expliquer le mouvement des planchettes spirites ou des tables. Pierre Janet (1859-1947) étudiait les formes les plus élémentaires et rudimentaires de l’activité humaine. Ces activités étaient caractérisées par des mouvements du corps spontanés, réguliers et non déterminés par le libre arbitre.

Il considérait l’existence d’une part « automatique » de la conscience. Si les activités supérieures de la conscience sont caractérisées par l’unité (la puissance volontaire et indivisible de la conscience), celles de la « conscience automatique » se manifeste par des sentiments, des actions multiples et indépendantes les unes des autres. Bref, notre esprit peut nous conduire à réaliser des actions dont on n’a pas conscience. Cette psychologie préfigure la théorie des « états de conscience altérés ». Celle-ci serait explicative du « syndrome de personnalité multiple », dont la symptomatologie ressemble si fort aux transes « possessionnistes » ou « spirites ».

Pour Janet, les conditions de prestation du « médium spirite » induisent une « fragmentation de la conscience », une partie de celle-ci devient inconsciente et perçue comme étrangère à lui-même. Cette « désagrégation psychologique » expliquerait pourquoi le spirite ignore son mouvement et la pensée qui dirige ce mouvement, lors d’une communication par « écriture automatique » par exemple. Il y aurait, chez le « spirite expérimentateur », la formation d’une seconde série de pensées inconscientes. Il éprouve alors l’impression qu’une intelligence extérieure guide les mouvements pour communiquer des idées. Cependant, ces idées sont bien les siennes, bien qu’elles soient dissociées de sa conscience et de sa perception corporelle.

Nous trouvons, avec Janet, l’idée d’une « dissociation » mentale qui permettrait à des idées interdépendantes de se séparer du système de la conscience normale. Cette dissociation fut également postulée par Jean-Martin Charcot (1825-1893) pour qui « un état hypnoïde » était caractérisé par un état de conscience différent, où les idées exprimées demeuraient isolées de celles exprimées par la conscience. Breuer puis Freud vont développer des concepts similaires à ceux de Charcot et Janet. Pour la psychanalyse classique, il ne faisait aucun doute que toute « manifestation spirite » était le fait de « l’inconscient ».

Aux États-Unis

Le spiritisme est à distinguer du spiritualisme, même si les deux termes ont parfois été confondus ou utilisés de façon interchangeable dans la littérature anglaise, principalement. Allan Kardec rejette le terme de spiritualisme utilisé dans le monde anglo-saxon au profit de spiritisme, considérant que le spiritualisme fait trop penser à une opposition avec le matérialisme.

Les sœurs Fox, de gauche à droite : Margaret, Kate, et Leah

Les sœurs Fox
Vers 1848 à Hydesville, une bourgade de l’État de New York, aux États-Unis, les sœurs Fox, furent les témoins de bruits inexpliqués. Les coups entendus répondaient aux questions de la famille et se produisaient même devant témoins. L’origine fut attribuée à l’esprit d’un défunt. Ce phénomène provoqua très vite un véritable engouement. Un comité d’études fut fondé afin d’examiner ces manifestations insolites. D’autres personnes parvinrent à reproduire la méthode des sœurs Fox pour communiquer avec l’au-delà, la mode des tables tournantes se propagea jusqu’en Europe.

Andrew Jackson Davis (1826-1910)
Sans aucune éducation scientifique, il parvenait à produire des ouvrages très complexes pour son époque. Il dictait ses textes alors qu’il se trouvait en état de transe et acquit aux États-Unis une réputation de médium et de magnétiseur. Andrew Jackson Davis bénéficia d’une grande renommée en tant que clairvoyant et médium et pratiquait des soins en utilisant le magnétisme, selon les principes du mesmérisme.

Thomas Edison (1847-1931)
L’inventeur américain, intéressé très tôt dans sa vie aux questions de spiritisme, a eu le projet de créer un appareil censé permettre de rentrer en communication avec les morts, en enregistrant leur voix et leurs sons, dénommé nécrophone ou appareil nécrophonique en français (spirit phone en anglais).

En France

Buste d’Allan Kardec

Instituteur lyonnais, Allan Kardec, pseudonyme d’Hippolyte Léon Denizard Rivail (1804-1869), s’intéresse d’abord aux recherches sur le magnétisme et l’hypnose. Il observe les réunions médiumniques qui se multiplient en Europe après l’aventure des sœurs Fox. En 1853, l’académicien Saint-René Taillandier lui remet des messages retranscrits par des médiums. Kardec se lance alors dans une analyse des phénomènes supposés faire intervenir des esprits. Il ne fut jamais médium lui-même comme il est parfois précisé à tort, mais fit appel au concours d’une dizaine de médiums pour recevoir les enseignements des esprits. Après un énorme travail de synthèse, il publie le 18 avril 1857 son œuvre majeure : Le livre des Esprits. En 1858, il fonde la Société parisienne d’études spirites, ainsi que le journal : La Revue spirite. Par la suite, il rédige Le Livre des médiums, L’Évangile selon le spiritisme, Le Ciel et l’Enfer et La Genèse selon le spiritisme.

Pour Allan Kardec, la compréhension de la philosophie spirite prime largement les expériences de communication avec l’au-delà. « Kardec répétait volontiers qu’en matière de spiritisme, la partie expérimentale est secondaire par rapport à la doctrine philosophique. » Les spirites de France diffèrent des spirites américains et anglais en ce que leurs « esprits » enseignent la réincarnation contrairement à ceux des États-Unis et de Grande-Bretagne.

Après la mort de Kardec en 1869, ses principaux continuateurs en France sont Gabriel Delanne, Leon Denis et l’astronome Camille Flammarion qui prononce l’éloge funèbre de Kardec. La doctrine spirite connait dans la seconde moitié du xixe siècle une expansion et une popularité importante, notamment dans les milieux intellectuels, littéraires ou savants. Le photographe Édouard Buguet qui propose à ses clients leur portrait avec l’esprit d’un être cher disparu, Victor Hugo qui affirme communiquer avec sa fille décédée, Léopoldine, et déclare « ceux que nous pleurons ne sont pas absents, ce sont les invisibles ». Alexandre Dumas participe à des séances de tables tournantes et y côtoie George Sand, Victorien Sardou et Théophile Gautier. Sir Arthur Conan Doyle s’engage en faveur du spiritisme et ouvre rue Victoria, à Londres, en 1925 une librairie spirite : The Psychic Bookshop. L’auteur de Sherlock Holmes consacre la fin de sa vie à animer des conférences sur le spiritisme et sur le spiritualisme dans le monde entier. Il préside le Congrès spirite mondial de Londres, en 1928.

Au xixe siècle, les médiums les plus connus furent Marthe Béraud, Franek Kluski, Jan Guzyk, Eusapia Palladino, et Stephen Ossowiecki, Jakob Lorber, le « scribe de Dieu ». Au cours du temps et jusqu’à aujourd’hui, les personnalités les plus notables sont : Léon Denis, Gabriel Delanne, Johannes Greber, Carl Wickland, Chico Xavier, François Brune (prêtre), Jean Prieur, Tommaso Palamidessi ou encore Serge Girard.

Un Conseil Spirite International a été fondé en 1992, fédérant près de 10 000 associations dans 84 pays membres. Bien que ce nombre soit en diminution depuis lors. À ces chiffres s’ajoutent des dizaines de millions de sympathisants et de pratiquants amateurs. Des rencontres nationales et internationales sont régulièrement organisées. En France, le Spiritisme est représenté par plusieurs organisations sous la forme de fédérations et associations diverses qui participent à la diffusion de la culture spirite, principalement des ouvrages et des publications (comme La Revue spirite ou Le Journal Spirite). La fédération affiliée au Conseil spirite international représentant la France est l’Union spirite française et francophone, qui fédère des centres spirites et des membres individuels dans toute la France. La situation du spiritisme dans le monde demeure néanmoins très contrastée.

En Europe

En Europe, le spiritisme est un courant très minoritaire. En France, si la tombe d’Allan Kardec demeure perpétuellement fleurie au cimetière du Père-Lachaise, le pays ne compte qu’une trentaine de centres spirites rassemblant au maximum quelques milliers de sympathisants ou d’adhérents. Au Portugal, par contre, chaque région possède entre deux et dix centres spirites. Au Royaume-Uni, plus de soixante Églises spiritualistes couvrent tout le territoire. En Belgique et au Luxembourg, le spiritisme est représenté par une dizaine de centres spirites sous l’égide de l’Union Spirite Belge créée en 1927.

En Amérique du Sud

Au Brésil, les pratiques des curanderos et les rites du Macumba, Candomblé, de l’Umbanda, et du Quimbanda ont parfois été assimilés à du Spiritisme.

Les spiritismes brésiliens

Un centre spirite brésilien, à Valença

Selon Maria-Isaura Pereira De Queiroz, au tout début de la colonisation du Brésil par les Portugais, on entendait déjà parler d’hérésies, dont celle du syncrétisme entre les croyances locales (Santidades) et le catholicisme. Puis les esclaves noirs importèrent leurs propres croyances qui se mélangèrent aux autres également, au point qu’il exista des cultes catholiques-indiens-noirs mélangés ensuite avec le spiritisme. La volonté de baptiser les indigènes, au lieu de provoquer la disparition des anciens cultes, les a mélangés avec les consignes du christianisme. Ainsi, au lieu de ne contacter que les anciens esprits, les grandes figures du christianisme se sont ajoutées au panthéon des divinités locales.

Selon l’historien Peter Winn, « la plupart des brésiliens peuvent se dire catholiques, mais le spiritisme est la vraie religion du Brésil ». L’héritage africain au Brésil a bien été intégré dans la culture du pays. Les croyances africaines dans l’interaction avec les « esprits » sont plus répandues dans les couches les plus pauvres de la société, quand les plus riches sont plus attirées par le spiritisme d’Allan Kardec.

La doctrine spirite au Brésil

Façade du bâtiment de la Fédération spirite brésilienne (pt), à Brasilia

Selon les chiffres publiés par des sources indépendantes, le spiritisme kardéciste regrouperait au Brésil (en 2007) plus de 6 millions de spirites « pratiquants » et plus de 20 millions de sympathisants. Chaque ville d’importance possède au moins un centre spirite. Ces établissements organisent à la fois l’aide sociale, l’éducation et les contacts avec l’au-delà, selon le modèle proposé par Allan Kardec, véritable gloire locale. Élevé au rang de religion, le spiritisme influence profondément la société brésilienne. Ainsi, il existe une Association des journalistes spirites, une Association des magistrats spirites et une Association des médecins spirites. Certains hôpitaux psychiatriques font officiellement appel à des médiums pour aider les malades sous l’emprise d’esprits obsessionnels. Un musée national du Spiritisme se trouve à Curitiba. L’institut Culturelle Spirite de Rio de Janeiro accueille les chercheurs et les scientifiques du monde entier qui analysent le paranormal. Les médiums brésiliens tels que Chico Xavier, João Teixeira de Faria ou Divaldo Pereira Franco bénéficient d’une grande popularité. Les députés brésiliens ont voté en 2007 pour instaurer le 18 avril comme la « journée nationale du spiritisme »

En Asie

Caodaïsme

Le caodaïsme du Vietnam est parfois appelé spiritisme annamite68. Religion fondée au début du xxe siècle par Ngô Van Chiêu, fonctionnaire vietnamien. Le caodaïsme est un syncrétisme alliant le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme, mais il s’inspire aussi fortement du christianisme : la statue de Jésus est d’ailleurs représentée dans le « Grand Temple » de Tay Ninh, et la structure du clergé est calquée sur le modèle de celui de l’Église catholique. Le caodaïsme est un spiritisme en ce sens qu’il « contacte » des « guides spirituels » défunts de toutes les cultures comme Victor Hugo, Jeanne d’Arc, Pasteur, Churchill, Lénine ou Shakespeare, en plus des grandes figures religieuses comme le Christ ou Confucius.

Philippines

Le spiritisme est très ancré aux Philippines. Il existerait depuis le xvie siècle et s’est développé par la suite autour du Kardecisme, en particulier avec la Unión Espiritista Cristiana de Filipinas. Comme c’est le cas des guérisseurs du Brésil, aux Philippines, en particulier dans les pratiques des guérisseurs aux mains nues, Jésus-Christ est l’« Esprit » le plus invoqué.

La pratique médiumnique et les différentes formes de médiumnité en spiritisme

À propos de la médiumnité
La médiumnité est décrite par les spirites comme une sensibilité exacerbée qui prête à certaines personnes la faculté de servir d’intermédiaire aux esprits de l’au-delà. Selon eux, cette sensibilité ne s’improvise pas et n’est pas transmissible.

Les tables tournantes
Les participants se tiennent assis autour d’une table en bois. Les coups permettent des échanges : un coup pour oui, deux coups pour non, par exemple. Technique archaïque dont Allan Kardec disait déjà « Ce mode primitif et long se prête difficilement à des développements d’une certaine étendue ». Bien qu’abandonné depuis plus d’un siècle, ce procédé représente un stéréotype attaché au spiritisme et fut une pratique très à la mode au début du spiritisme et dans les salons parisiens du Second Empire.

Le ouija et la technique du verre
Le ouija est constitué d’une planche recouverte de feutrine, sur laquelle on a collé les lettres de l’alphabet disposées en arc de cercle. Sont également disposés les chiffres de zéro à neuf. Le médium utilise une planchette qui épouse la forme de la main et sous laquelle on a planté des clous de tapissier, pour un bon glissement et afin d’éviter le bruit du frottement. Le médium pose sa main sur la planchette et se recueille avec les participants. Sa main mue par l’esprit dirige le oui-ja rapidement et de façon automatique vers les lettres et chiffres qui formeront un message. L’assistance d’un lecteur et d’un transcripteur s’avère donc indispensable. Dans cette forme de dictée lettre par lettre, le médium ne perçoit pas le contenu du message.

Une variante du ouija se nomme l’additor et fut utilisé par le célèbre violoniste et médium Florizel Von Reuter assisté par sa mère la médium Grace Von Reuter dans les années 1920. La particularité de l’additor est d’être une règle droite où sont inscrit des lettres et des chiffres devant lesquels se déplace un curseur dans une rainure. Mme Grace Von Reuter l’utilisait les yeux bandés, le curseur se déplaçait à grande vitesse pendant que son fils Florizel notait les lettres ainsi obtenues.

L’écriture médiumnique
Appelée psychographie du temps d’Allan Kardec, elle correspond à la méthode la plus répandue pour recevoir des messages des esprits. Le pratiquant s’assoit à une table, pose une feuille de papier devant lui et tient un stylo en main au-dessus de la feuille. Le but est de laisser les esprits influencer les pensées ou les doigts du médium. On distingue alors ces types de phénomènes :

L’écriture intuitive et semi-automatique ou écriture inspirée
Le médium écrit les mots et phrases qui s’imposent à son esprit. Lors des premières expériences à caractère totalement intuitif, il s’agit souvent d’idées globales que le médium s’évertue à mettre en forme avec les mots les plus adaptés pour refléter la pensée de l’esprit. Ensuite, cela devient une forme de dictée où le médium perçoit mot à mot le message de l’esprit, on parle là de semi-automatisme. Au cours du message ou à la fin, le médium perçoit l’identité de l’esprit.

L’écriture automatique
L’esprit utilise dans ce cas la main du médium, et dans la pulsion qu’il lui donne, écrit d’un seul jet et de façon rapide des mots reliés entre eux jusqu’à la fin du message. Le geste est souvent vif et saccadé produisant une écriture parfois difficile à déchiffrer.

Très souvent, lors des premières expériences, l’écriture est d’abord intuitive pour progressivement devenir automatique. Lorsque l’automatisme prend le pas sur l’intuitif, le médium perçoit les mots en même temps qu’il les écrit. Et dans une phase suivante, cette perception télépathique disparaît, l’esprit utilisant directement la main du médium. Le médium est incapable de dire ce qu’il vient de rédiger et il ne prend connaissance du message qu’en le lisant.

L’écriture directe
Écriture qui apparaît spontanément sur un papier ou une ardoise sans intermédiaire physique. L’esprit est supposé utiliser l’énergie fluidique du médium qui se trouve à proximité. Ce phénomène fut observé à plusieurs reprises au début du xxe siècle[réf. souhaitée].

La clairvoyance médiumnique
Le médium travaille à partir de la photo d’un décédé qu’il a entre les mains. Les perceptions peuvent être des impressions, des sensations, des images ou des idées qui s’imposent clairement. L’intérêt de cette forme de clairvoyance est de percevoir l’état et la situation de l’esprit dans son au-delà, esprit qui peut éventuellement donner un message dont le clairvoyant restitue le contenu. Il arrive que l’esprit se fasse reconnaître selon l’image physique qui était la sienne : le clairvoyant perçoit alors une image nette l’esprit et peut le décrire.

La clairaudience médiumnique
La clairaudience est souvent une particularité qui s’additionne à la clairvoyance. Le clairaudient peut entendre l’esprit de deux manières : par la perception auditive d’une voix intérieure ou par l’ouïe, en une voix faible mais distincte perçue de l’extérieur.

La transcommunication instrumentale
La transcommunication instrumentale (TCI) est un terme inventé dans les années 1980 par le physicien allemand, Ernst Senkowski pour désigner l’ensemble des moyens de communication avec des esprits faisant intervenir des appareils électroniques. Ce sont des objets usuels tels que les téléphones, les magnétophones, les téléviseurs ou des ordinateurs ou encore des tablettes, appareils photos ou caméra infrarouge.

Les phénomènes de transe
Les médiumnités à transe médiumnique se distinguent totalement de l’intuitif ou de l’automatisme. L’esprit impose là sa présence d’une manière plus physique, en utilisant le corps du médium. Plusieurs stades, là encore, sont mis en évidence : l’esprit peut influencer le médium en l’entourant de ses fluides, l’induisant dans un état second. L’esprit annihile la volonté du médium, il l’enveloppe de son fluide et il le guide en utilisant tout ou partie du corps, dans la gestuelle ou la parole. Le stade suivant est celui de l’incorporation : à la suite d’un phénomène de transe, l’esprit du médium accompagné de son périsprit est extériorisé du corps. L’esprit désincarné intègre alors le corps du médium, il s’incorpore selon le terme. Il a alors toute possibilité de se mouvoir et de s’exprimer verbalement.

L’incorporation
Appelée autrefois du temps d’Allan Kardec « médiumnité à incarnation », c’est le stade le plus abouti de la médiumnité : à la suite d’un phénomène de transe, l’esprit du médium accompagné de son périsprit est extériorisé du corps. L’esprit désincarné intègre alors le corps du médium, il s’incorpore selon le terme. Il a alors toute possibilité de se mouvoir et de s’exprimer verbalement. Le médium recueilli s’abandonne entièrement pour laisser son esprit quitter son corps physique. C’est alors que l’esprit souhaitant se manifester prend possession du corps du médium, trouvant ainsi la possibilité de se faire reconnaître dans sa personnalité passée, par son langage, son accent ou sa gestuelle. L’esprit du médium réintègre son corps physique à l’issue de la séance.

C’est une médiumnité très rare et très éprouvante pour le médium, donnant lieu à des modifications physiologiques, principalement au niveau de l’influx nerveux et du rythme cardiaque[réf. nécessaire].

La xénoglossie
Ce terme inventé par le professeur Charles Richet (1850-1935) qualifie une médiumnité par laquelle les médiums parlent ou écrivent en langues étrangères existantes ou ayant existé, mais ignorées d’eux-mêmes et parfois des assistants à la séance. Ces communications étant cohérentes et justes grammaticalement (après traduction et vérification) et sont également capables de répondre à des questions impromptues, posées en temps réel, par des témoins assistant à la séance. recense surtout deux catégories de xénoglossie :

les cas obtenus par l’automatisme parlant et la médiumnité auditive ;
les cas obtenus par l’écriture automatique ou psychographie.
Les langues et dialectes ainsi obtenus sont nombreux et certains très rares, appartenant aux langues d’aujourd’hui, mais aussi à des langues mortes depuis des milliers d’années pour certaines.

Les arts médiumniques
Les artistes peuvent être influencés par les esprits décédés en peinture, en sculpture, en musique et en poésie, recevant l’influence des esprits dans des créations voulues par l’au-delà. Selon les cas, ces médiumnités sont intuitives ou automatiques ; on y retrouve, comme pour l’écriture, ces deux cas de figure.

C’est principalement dans l’art pictural telle la peinture ou le dessin que l’art médiumnique est surtout représenté. On recense ainsi de nombreux cas de peintures spirites réalisées par des peintres spirites n’ont pour la plupart reçu aucune formation artistique. Quelques peintres spirites :

Augustin Lesage
Fleury Joseph Crépin
Victor Simon
Hélène Smith
Madge Gill
Luiz Antonio Gasparetto

Ectoplasme
L’ectoplasme est censé être une substance blanchâtre qui s’extérioriserait du médium sous l’impulsion de l’esprit qui se manifeste. Cette substance, créée à partir des cellules physiques du médium, s’extériorise par la bouche, le nez ou au niveau du plexus. Elle prend alors des formes diverses, mains, visages ou parfois corps tout entiers. L’esprit fait vibrer la substance ectoplasmique pour lui donner forme humaine.

Ce phénomène fut étudié fin xixe et début xxe siècle par le monde scientifique grâce à ce qu’on a appelé les médiums à effets physiques, avec des personnages comme Gustave Geley et les célèbres moulages de main, William Crookes avec la célèbre médium Florence Cook, Charles Richet, Gabriel Delanne et de nombreux autres. Beaucoup d’expériences ont été réalisées dans les années 1920 en France par l’Institut Métapsychique International (IMI). Aucun cas d’apparition ectoplasmique n’a été validé par la science moderne.

Les médiumnités thérapeutiques
Sous l’influence d’un esprit médecin, le médium laisse aller ses mains sur le corps allongé du patient. L’esprit travaille fluidiquement ou magnétiquement avec des gestes, impositions ou autres mouvements qui échappent alors complètement au contrôle du médium. On rencontre beaucoup de ces médiums guérisseurs à mains nues en Amérique du Sud et aux Philippines, on peut citer le cas du célèbre médium José Arigo.

Critiques et oppositions

L’Église catholique

Livre de 1908. Le catholicisme et le spiritisme s’accordent sur la survie de l’âme et s’opposent sur l’idée de la réincarnation.

La première opposition officielle vint de l’Église catholique romaine. En 1861, l’évêque de Barcelone ordonna un autodafé public pour faire détruire par le feu plus de trois-cents ouvrages d’Allan Kardec, dont Le livre des Esprits. En 1864, la Sacrée Congrégation de l’Index condamna en bloc tous les ouvrages spirites. La position du Vatican fut définie par le décret du 24 avril 1917 dont le texte est le suivant :

« Du Spiritisme. En séance plénière, aux Éminentissimes et Révérendissimes Seigneurs Cardinaux, Inquisiteurs généraux de la Foi et des Mœurs, on a demandé : s’il était permis, par des médiums, comme on les appelle, ou sans médium, en usant ou non d’hypnotisme, d’assister à quelque manifestation spirite que ce soit, même présentant un aspect d’honnêteté ou de piété, soit en interrogeant les âmes ou Esprits, soit en écoutant les réponses, soit comme observateur, même avec l’affirmation, tacite ou exprimée, de ne vouloir aucun commerce avec les Esprits malins. Les Éminentissimes et Révérendissimes Pères ont répondu NON, sur tous les points. Le 26 du même mois, S.S. Benoît XV a approuvé la résolution des Éminents Pères qui lui avait été soumise. »

Aujourd’hui l’Église catholique s’oppose toujours fermement à la philosophie spirite, notamment à l’idée de réincarnation qui caractérise la doctrine spirite.

Une déclaration publiée dans la revue italienne Gente, no 52, le 26 décembre 1996 et commentée en français dans d’autres revues est considérée par les proches du spiritisme comme un changement d’attitude de l’Église catholique :

« Pour l’Église catholique, les contacts avec l’Au-delà sont possibles et qui dialogue avec le monde des défunts ne commet pas de péché s’il le fait en s’inspirant de la foi. »

Cette déclaration est accompagnée d’une interview du père Gino Concetti qui confirme :

« D’après le catéchisme moderne, Dieu permet à nos chers disparus qui vivent dans la dimension d’outre terre, d’envoyer des messages pour nous guider à certains moments de notre vie. À la suite des nouvelles découvertes dans le domaine de la psychologie sur le paranormal, l’Église a décidé de ne plus interdire les expériences de dialogue avec les trépassés, à condition qu’ils soient faits dans des buts scientifiques et religieux. »

En France, cette déclaration a été reprise dans les ouvrages du père François Brune, spécialiste de la communication avec les défunts.

Cependant Gino Concetti se borne à rappeler que l’Église considère comme possible le dialogue avec l’au-delà (qu’elle ne pourrait interdire, alors qu’avant elle ne le croyait pas possible), et il déclare seulement que cette communication ne peut être licite que dans le cas d’une personne inspirée par la foi qui reçoit des signes. Cet avis est personnel et non suivi par l’Église. Le Catéchisme de l’Église catholique déclare à ce propos :

« Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort « dévoiler » l’avenir (cf. Dt 18, 10 ; Jr 29, 8). La consultation des horoscopes, l’astrologie, la chiromancie, l’interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l’histoire et finalement sur les hommes en même temps qu’un désir de se concilier les puissances cachées. […] Le spiritisme implique souvent des pratiques divinatoires ou magiques. Aussi l’Église avertit-elle les fidèles de s’en garder. »

De manière générale, la position des catholiques pratiquants est très critique à l’égard du spiritisme. John Maust regrette en particulier le sentiment de confusion qui pourrait se produire à cause de l’association de la terminologie chrétienne avec le spiritisme.

L’ésotérisme
En 1923, René Guénon publia L’Erreur spirite, un exposé de quatre-cents pages sur la doctrine de Kardec qu’il qualifia de « matérialisme à peine déguisé ». À ses yeux, le spiritisme représentait une « erreur moderne » qui ne devait rien aux religions véritables.

Critique scientifique
Dans son étude de 1901, Théodore Flournoy déclare n’avoir trouvé au cours de ses investigations « aucun fait probant en faveur du paranormal (…) » et qu’elles n’ont « pas peu contribué à augmenter ma méfiance à l’endroit du spiritisme en me faisant constater d’une part la richesse et l’étendue des moyens par lesquels, chez les médiums les plus sincères, le jeu subconscient des facultés mentales arrive à simuler les messages de l’au-delà et d’autre part la prodigieuse complaisance que des gens, d’ailleurs très cultivés, mais enclins aux doctrines occultes, mettent à se laisser leurrer ».

Les « guéridons galants »
Certaines séances de spiritisme de la fin du xixe et du début du xxe siècle se donnent à voir, sous un angle bien spécifique : les compatibilités (ou incompatibilités) amoureuses se décident à l’épreuve des tables ou des chapeaux tournants

Sans fil à plomb, l’e-mobilité nous ferait perdre la boussole

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent les 1er et 15 de chaque mois.)

Nous vivons un temps de mutations en tous genres. Nous dansons sur des volcans que rien ne semble plus arrêter : que l’un s’apaise, deux autres s’allument, il y a des fumeroles partout. Même le bistrot du coin ne se ressemble plus.  Où donc est passé le bar des habitués avec son côté débonnaire et doucettement canaille ? J’ai parfois envie de retrouver l’ambiance des cafés d’autrefois, ce brouhaha chaleureux où des éclats de voix et de rire fusaient dans la fumée. L’air, désormais, est plus sain mais ô combien plus monotone. On discute moins, on tape moins le carton.

Il faut choisir avec soin son bougnat car on a troqué le troquet pour un lieu civil et aseptisé : on devrait se méfier des établissements aux moleskines trompeuses : plus la carte des cocktails s’allonge, plus on parle à voix basse. On peut même dire que des Aliens ont tendance à les coloniser : de plus en plus nombreux sont ceux qui « boivent en suisse[1] », seuls à leur table, avec un téléphone multifonctions pour unique compagnon. Une sorte d’étrange champignon pousse alors souvent sur les plateaux ronds ou carrés, qui communique avec une inépuisable et mystérieuse multitude d’informations et de services : un ordinateur portable déploie à moitié ses deux ailes pour capter et même captiver l’attention de son propriétaire qui désire entrer en dialogue non point avec ce qui se passe ici mais avec toutes sortes d’ailleurs qu’il sollicite dans une boulimie silencieuse, si bien que, par sa faim canine, il est d’abord consommateur de son écran. Et avec une frénésie qui dépasse la dévotion du moine plongé dans sa lectio divina [2] –  allusion non dépourvue d’arrière-pensée, tant je me demande aujourd’hui où vont bientôt pouvoir aller nos prières…

Or il s’avère que nous n’avons encore rien vu : le multivers du Maître de SpaceX, de Tesla et de Twitter réunis nous promet des univers concurrents simultanés. Le géant du luxe à la française rivalise encore avec lui par sa fortune mais on voit bien que le monde chancèle voire chavire dans ses notions de temps et d’espace.

Nous autres qui, en Maçonnerie, arpentons les précipices de l’immobilité avons quasiment l’air de pratiquer discrètement des rites chamaniques dépouillés de leurs danses et de leurs transes, à ceci près qu’en salle humide, nous y adjoignons d’autres pratiques qui s’apparentent aux traditions sociales dont je regrettais à l’instant le déclin ; en effet, dans nos agapes, nous renouvelons joyeusement, mais non sans quelque  profondeur ou subtilité parfois, l’esprit des tavernes – tavernes où, soit dit en passant, nous sommes lointainement nés[3].

Tout cet ensemble fait que nous gardons la flamme, nous éclairant, d’ailleurs, encore partiellement à la bougie et croyant, avec une foi de charbonnier, ivre de son cœur et non de sa boisson, que l’Homme se retrouve mieux avec lui-même et avec les autres, en faisant cercle autour de l’Axe du Monde. C’est depuis la chaire, dans la chair et par la chère que la spiritualité s’élève. Au bout du compte, le sans-fil aura nécessairement du plomb dans l’aile. Sans fil à plomb, l’e-mobililité nous ferait perdre la boussole.


[1] Sur l’origine de l’expression, v. https://www.expressio.fr/expressions/boire-faire-quelque-chose-en-suisse et sur l’usage de la capitale ou non, v. http://alafortunedumot.blogs.lavoixdunord.fr/tag/boire+en+suisse.

[2] La Lectio divina (« Lecture sainte ») est une expression latine se rapportant à une méthode de prière développée par les Pères de l’Église et inspirée du modèle judaïque PaRDeS. C’est un exercice de lecture spirituelle. Partant de la lecture d’un texte à caractère spirituel, la Bible, les psaumes ou les œuvres des auteurs chrétiens (lectio), elle se prolonge dans la réflexion sur ce même texte (meditatio), se poursuit par un dialogue avec Dieu (oratio) se terminant par une écoute silencieuse de Dieu (contemplatio). La Lectio divina se pratique seul ou en groupes de prières. (v. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lectio_divina)

[3]  L’assemblée constitutive de la première Grande Loge aurait eu lieu à Londres, le 24 juin 1717, réunissant les Loges № 1 « À l’Oie et Gril », № 2 « À la Couronne », № 3 « Au Pommier » et № 4 « La Coupe et les Raisins », du nom des tavernes qui les abritaient.

Femmes franc-maçonnes à Santa Fe : qui sont-elles au-delà des secrets et des mythes

De notre confrère argentin unosantafe.com.ar

Selon l’une des références maçonniques, il s’agit d’une association civile internationale qui a le féminisme, l’écologie et les problèmes de société comme sujets d’intérêt et de débat.

À ses débuts, la franc-maçonnerie était considérée par certains comme une société secrète et c’est pourquoi à ce jour, peu de gens savent avec certitude ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Jesica Mansilla, la vénérable enseignante de la Juana Manso Lodge a ouvert les portes de son temple à UNO Santa Fe et a expliqué quels sont ses objectifs et pourquoi il y a tant de secret autour de son histoire et de ses pratiques. Actuellement, c’est le seul espace pour les maçons de la ville.

Mansilla a expliqué que la franc-maçonnerie telle qu’elle est connue aujourd’hui a commencé en 1717, car avant il s’agissait de confréries de maçons qui construisaient des temples et des cathédrales. « A partir de 1717, ces symboles qu’ils apportaient commencèrent à fonctionner d’une manière différente, ils ne travaillaient plus la pierre comme on les appelle, mais commencèrent à s’améliorer en tant que personnes. La franc-maçonnerie est un travail sur soi pour apporter plus tard à la société ce que l’on veut , comme le progressisme. Des personnes d’âges, de croyances et de religions différents se réunissent dans le même espace pour discuter de divers problèmes », a-t-elle déclaré.

La franc-maçonnerie a commencé à être pour les hommes puisqu’à cette époque les exigences étaient d’être un homme libre et de bonnes mœurs. « La femme à cette époque dépendait de ses parents ou de son mari, elle n’avait pas la liberté telle qu’on la connaît maintenant, donc c’était très difficile de rejoindre ces loges masculines », a-t-elle dit. En 1750, en France, les loges d’adoption sont créées mais celles-ci continuent à dépendre des loges masculines, ce n’est qu’au XIXe siècle que commencent les loges féminines indépendantes. Il existe également des lodges mixtes. A Santa Fe il y a des lodges pour femmes et pour hommes.

Juana Manso était le nom adopté par la loge de Santa Fe. « Selon les archives qui existent en Argentine, elle a été la première femme franc-maçon qui existe dans notre pays qui, grâce à Domingo Sarmiento, a été celle qui a promu son initiation dans ces maisons d’adoption. Deux ans plus tard, les premières maisons d’adoption ont été créées en Argentine. Le pays a eu un processus beaucoup plus lent que dans les autres continents, compte tenu du fait que c’est à partir de ces ateliers ou temples maçonniques que ces vagues de féminisme commencent à émerger, que les femmes commencent à s’autonomiser et à travers l’histoire commencent à demander le vote et se battre pour leurs droits », a poursuivi Mansilla.

Le féminisme, il y a des années et jusqu’à aujourd’hui, a su être le grand thème de la franc-maçonnerie féminine puisque étant « libres penseurs » elles cherchaient à avoir leurs droits civiques. Actuellement, l’écologie et l’environnement font partie de ses intérêts, mais ceux-ci varient en fonction des problèmes dont souffre la société et des moments historiques qui se déroulent.

Aujourd’hui, la Juana Manso Lodge est composée d’environ 30 femmes et il y en a environ 10 000 à l’échelle nationale. Avant, l’admission de nouveaux membres était faite uniquement par recommandation d’un franc-maçon. Actuellement et grâce à la technologie, il suffit d’envoyer une candidature puis un entretien est réalisé avec l’intéressé. « Ça peut être n’importe qui, les principes restent les mêmes: être libre et de bonnes mœurs , sans dogmatisme ; un entretien est fait pour appréhender ce que la personne recherche réellement car il y a beaucoup de mysticisme ».

Le symbole principal de la franc-maçonnerie est l’équerre et le compas. Mansilla, a expliqué : « Puisque la franc-maçonnerie est un lieu qui rassemble les libres penseurs, les symboles n’ont pas une signification unique, c’est-à-dire qu’elle n’est pas dogmatique. Ainsi, selon l’interprétation de celui qui les regarde, ils peuvent voir le symbole avec des significations différentes. Habituellement, le carré parle de droiture, de sagesse et le compas délimite. Ce sont des outils apportés par les francs-maçons, qui avaient travaillé dans la franc-maçonnerie opérative et ont essayé de trouver un symbolisme, ils vous enseignent des façons de vivre et de progresser dans la vie  » .

Sur l’un des murs du temple, il y a une peinture de Graal San Martín, mais pourquoi ? « C’est le grand initié, c’est l’icône de la franc-maçonnerie, mais nous avons aussi beaucoup de présidents qui l’ont été. Le dernier était Raúl Alfonsín mais ils étaient aussi Gastón Gori, Ángel Cassanello, Nicasio Oroño dans la ville. Chez les femmes ça prend un peu plus de temps de le savoir parce qu’il n’y a pas tellement d’archives mais on peut citer Alicia Moreau de Justo, Juana Manso, Julieta Lanteri. Tout au long de l’histoire argentine, il y a beaucoup d’hommes et de femmes qui se sont battus pour une société meilleure », a déclaré la référente de la franc-maçonnerie à Santa Fe.

L’hermétisme et les secrets semblaient toujours être liés aux francs-maçons, bien que Jesica Mansilla ait souligné qu’il y a eu une ouverture ces dernières années : « Avant on disait secret, maintenant on dit discret. Avec l’Église et les coups d’État militaires, la franc-maçonnerie dans son idéal de libre pensée avait été très persécutée; cela ne veut pas dire qu’au sein de la franc-maçonnerie il n’y ait pas de catholiques ou qu’il n’y ait pas de religions différentes ; néanmoins cette peur de la libre pensée était la cause de sa persécution dans de nombreux domaines. C’est pourquoi il a fallu si longtemps pour se faire connaître au grand jour, aujourd’hui vous pouvez être dans un temple autrefois invraisemblablement inaccessible ».

Bien qu’ils soient ouverts à ce qui est différent et recherchent une pluralité de voies, la position et l’opinion que certaines religions ont à l’égard des francs-maçons sont différentes. « La religion catholique ignore le passé en continuant à faire de très vieilles bulles papales où elle expulse les francs-maçons pourtant, il y’a eu des papes francs-maçons. Ici vous trouverez des membres de toutes les religions. Eviter le fanatisme ou aider les gens à ne pas vivre dans le dogmatisme et avec la libre pensée, c’est cela qui cause du ressentiment à de nombreuses religions », a-t-elle révélé.

« Association Civile Internationale » est la façon dont Jesica Mansilla définit les francs-maçons. Cette association est soutenue financièrement par les cotisations versées mensuellement par ses membres.

7e Salon Maçonnique de Toulouse : Le communiqué officiel de l’ITEM

L’Institut Toulousain d’Études Maçonniques nous adresse leur communiqué de presse. Nous le publions avec grand plaisir. C’est aussi pour nous l’occasion de revenir que cette magnifique manifestation destinée, avant tout, à faire connaître l’Art Royal à nos amis(ies) non maçon(ne)s.

Le communiqué de presse : « Le 7e Salon Maçonnique de Toulouse s’est tenu les 26 et 27 novembre, aux espaces Vanel de la médiathèque José Cabanis. L’événement a attiré 2000 visiteurs sur l’ensemble des deux jours. Les 10 conférences et tables rondes ont été suivies par près de 2700 personnes et 540 repas ont été servis par 20 bénévoles sur les 2 jours.

Cette biennale est organisée par l’ITEM avec le soutien de 10 Obédiences maçonniques et des collectivités territoriales, et compte comme principaux partenaires la librairie Ombres Blanches, DETRAD, les éditions CONFORM, le GITE, FM Magazine…

Les deux libraires présents sur le salon ont connu une forte affluence et vendu de nombreux livres (plus de 1000 ouvrages) tant en matière maçonnique qu’en livres généralistes (philosophie, histoire…) et autres BD…

Les premiers retours montrent une réelle satisfaction des visiteurs, le questionnaire laissé par 200 d’entre eux est en cours de traitement.

Les présidents des collectivités territoriales, lors de l’inauguration le samedi 26 novembre ont salué la qualité de la manifestation qui s’inscrit aujourd’hui de façon pérenne dans le paysage culturel de la Métropole toulousaine…

Nous espérons que ce salon a été aussi enrichissant pour les visiteurs qu’il ne l’a été pour les organisateurs rendez-vous en 2024 pour la 8e édition ! »

Retour sur… le plus beau salon maçonnique au monde d’expression française !

L’Institut Toulousain d’Études Maçonniques (ITEM), fondé en 1987 sur les bases de l’antenne régionale de l’IDHERM (Institut d’Études Historiques et de Recherches Maçonniques), est riche aujourd’hui d’un millier de membres appartenant à dix Obédiences maçonniques. Sa mission se décline en quatre actions essentielles :

  • dispenser et réunir des lumières. Témoin de son temps et héritière d’un passé aussi riche que divers, la Franc-Maçonnerie a éprouvé la nécessité de réunir dans un cadre associatif les diverses obédiences la constituant afin, par des conférences et des publications sur son histoire, de témoigner de son itinéraire tout en participant aux débats culturels d’un monde en profonde mutation ;
  • diffuser les clartés, en éditant annuellement une revue gratuite qui fait part à ses membres des diverses activités et des conférences ;
  • agir dans la diversité, avec plus de 200 conférences organisées à Toulouse afin de favoriser des échanges critiques et exigeants sur la philosophie ou l’histoire, des expositions liées aux arts plastiques ou encore des journées d’étude contribuant à une réflexion tant collective que conviviale ;
  • organiser le Salon Maçonnique de Toulouse.

Adhérer à l’ITEM (10 €/an), c’est possible… et recevez la lettre réservée aux abonnés !

Les 26 & 27 novembre 2022, sur le thème « Transmettre et reconstruire » s’ouvrait la septième édition du Salon Maçonnique de Toulouse. Transmettre et reconstruire ce qui unit les êtres uniquement ! Transmettre l’art de bâtir et de rebâtir passerelles ou ponts en refusant les murs et les remparts ! Bel objectif.

Conférence inaugurale avec Francis Wolff

C’est ainsi que de 9 h à 19 h, le public – à la fois composé de Sœurs et Frères mais aussi à hauteur de 30 % de non Maçons – a pu assister à un large éventail de tables rondes inédites et aller à la rencontre de très nombreux auteurs, entre autres, Francs-Maçons. Parmi eux, qu’il nous soit permis de citer Pierre Mollier, Roger Dachez, François Morel, Jacques Simon, Jacques Ravenne, Marie-Dominique Massoni, etc.

Avec des librairies telles qu’Ombres Blanches, librairie emblématique présente à Toulouse depuis 1975 qui a su faire perdurer les deux grands axes majeurs initiaux – littérature et sciences humaines

et DETRAD, librairie spécialisée dans le domaine de la Franc-Maçonnerie et de la spiritualité, les visiteurs purent, avec un peu d’avance, sacrifier aux traditionnels cadeaux de Noël…

François Boucq

Avec l’artiste François Boucq, quel merveilleux et intelligent teasing !

Il faut dire que depuis le 9 novembre 2022, la Ville de Toulouse et l’ITEM accueillaient l’artiste François Boucq à l’occasion de son exposition « Trace de liberté ». Ce dernier avait

prêté 25 planches originales de son travail de dessinateur de presse. Le thème qu’elles illustrent est celui de la liberté d’expression à travers ses dessins de presse et la référence tragique de l’affaire Charlie Hebdo dont l’artiste a dessiné tout le procès.

Quel magnifique teasing, donc avec les mots liberté, liberté d’expression, liberté de conscience, liberté absolue de conscience…

Et puis, ce fut aussi un moment clé pour rencontrer les dix obédiences membres de l’ITEM, par ordre alphabétique : DROIT HUMAIN, GLAMF, GLDF, GLFF, GLMF, GLMU, GLNF, GODF, GLTSO, OITAR.

Conférence des Grands Maîtres ou de leurs représentants

Au total, un programme avec 11 tables rondes, 25 intervenants, le forum des Grands Maîtres – avec la présence active de Georges Sérignac, Grand Maître du GODF et de Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la GLFF –, 4 expositions, un concert de jazz…

Sans conteste, la conférence inaugurale du philosophe Francis Wolff, professeur émérite à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, sur le thème de « La raison de l’Universel » a été un immense succès et a été de bonne augure pour cette 7e édition, puisque les autres conférences ont, elles aussi, parfois dû refuser du monde.

Encore une fois – il en était de même lors de la 6e édition – la Cérémonie d’inauguration du salon a vu les représentants des collectivités territoriales reconnaître les valeurs humanistes de l’Art Royal. La ville, le département et la région ne purent que se féliciter du magnifique travail entrepris par l’ITEM.

Conférence « Rugby et Fraternité »

Une note tant studieuse que récréative a emballée le public. Il s’agit des deux conférences du dimanche du dimanche après-midi, l’une sur « Rugby et Fraternité » avec comme intervenants Jean Abeilhou, non maçon, journaliste spécialisé dans le rugby, présentateur de Rencontres à XV sur France 3, commentateur des match de Pro D2 et de l’équipe de France féminine, Bernard Laffitte, non maçon, chef d’entreprise, ancien joueur du Stade Toulousain et ancien président du club de rugby d’Auch, Pierre Hournarette, ancien joueur de rugby et Grand Maître Provincial de la Grande Loge Provinciale d’Occitanie de la GLNF.

Le concert de jazz

et l’autre dite musicale autour du jazz et de la spiritualité, avec, comme intervenants, Thierry Gonzales, Jean-Marc Padovani et le modérateur François Beck, suivie d’un concert de jazz.

Retrouvez nos articles sur Toulouse et l’ITEM

Lieu symbolique : Les Temples du Grand Orient de France à Toulouse

7e Salon Maçonnique de Toulouse, la presse en a parlé… 450.fm aussi !

Exclusif : Interview vidéo de Gérard Soulier, Commissaire général du 7e Salon Maçonnique de Toulouse

26-27/11/22 : 7e Salon Maçonnique de Toulouse !

Trace de Liberté, une expo de François Boucq à Toulouse (Haute-Garonne)

Retrouver sur le Net les deux librairies présentent sur le salon et citées dans le communiqué de presse officiel DETRAD et Ombres Blanches.

Antimaçonnisme : Les symbolismes de la franc-maçonnerie seront leur chute

Du site simonmercieca.com – Par Marica Micallef

Si nous prêtons attention, les symbolismes de la franc-maçonnerie sont partout – dans les bâtiments, les photos, les gestes. J’avais déjà écrit comment le symbolisme à travers des messages subliminaux était également apparent dans l’Eurovision de l’année dernière.

Les VMA 2022 de cette année étaient également un barrage sans fin de messages toxiques et de symbolisme occulte, liés à ce symbolisme du Nouvel Ordre Mondial. Les VMA étaient-ils directement parrainés par l’élite mondialiste ? Ce triste spectacle était une preuve claire de la façon dont la culture populaire est maintenant utilisée non seulement pour endoctriner mais aussi pour confondre et démoraliser les masses. [1] Le lien de l’article se trouve à la fin du blog, pour ceux d’entre vous qui souhaitent en savoir plus et comment et de quelle manière.

Toute célébrité éminente que vous voyez dans les médias a sciemment ou inconsciemment accepté certaines conditions afin d’être à sa place. Rien n’est donné gratuitement dans l’industrie. La distance parcourue par un individu est une poursuite personnelle et spirituelle sur laquelle il n’a aucun contrôle. Utilisez votre bon sens et demandez-vous pourquoi seules quelques personnes atteignent le soi-disant « sommet ». Des milliers d’athlètes, d’acteurs et de musiciens talentueux ne parviennent pas à percer dans le monde, et ce n’est pas dû à un manque de talent. Marcher sur le tapis « rouge », c’est être parmi les « stars ». (sang, force, volonté et désir). C’est tout un « réseau mondial » de personnes prêtes à donner leur vie pour la gloire et la fortune. Ainsi, lorsque vous voyez des célébrités et des VIP de tous les secteurs couvrant un œil ou faisant le signe du triangle, vous comprenez à qui ils appartiennent.

Symbolisme du transhumanisme dans les VMA :

Et puis ils ont en quelque sorte « l’habitude » de se couvrir un œil, comme le symbole franc-maçonnique « l’œil qui voit tout », non ?

Rejetez ce que vous voulez. Je ne crois pas aux coïncidences. S’ils sont au sommet, ils étaient ou sont contrôlés. Par conséquent, leurs idéologies ne sont pas non plus les leurs, mais font partie d’un programme beaucoup plus large visant à détruire l’humanité… en particulier pour nous éloigner du Créateur. Ils ne veulent pas que les gens regardent vers Christ comme Sauveur parce que cela les rend inutiles. Nous mourrons tous d’une mort, certains en mourront une autre (spirituelle) tandis que d’autres vivront pour l’éternité. Cette vie n’est qu’un test.

Ensuite, il y a d’autres symboles :

Et puis, nous avons « google » et « gmail » :

Voici d’autres photos, avec le triangle comme celui qui entoure « l’œil qui voit tout » comme facteur commun :

La recherche m’a également conduit à la pose « la main dans le gilet » ou la patte du lion ou les mains cachées, qui est aussi un code maçonnique ou une référence à un rituel Illuminati. D’autres pensent qu’il s’agit d’un geste courant qui peut être retracé dans l’histoire puisque certains cercles sociaux de la Grèce antique considéraient qu’il était irrespectueux de parler avec les mains en dehors de vos vêtements, ils ont donc mis une de leurs mains dans le manteau. Ou puisque la franc-maçonnerie est enracinée dans l’histoire, remontant à 1717, et s’est infiltrée dans divers secteurs et institutions, se pourrait-il que cette raison n’ait pas été le cas ? Les lecteurs sont invités à faire leurs propres recherches et à se faire leur propre opinion.

Faites toujours attention au détail, car le détail du symbolisme sera leur chute.

Une publicité maçonnique récente sur un panneau d’affichage à New York. La légende à l’écran se lit comme suit : « Les francs-maçons de New York créent des significations. »
Le cousin germain de feu la reine, le prince Edward, duc de Kent, est actuellement le franc-maçon le plus haut gradé (grand maître).