De notre confrère italien expartibus.it – de Chrétien de Rosemunda
« Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris » (parfois désigné comme le Memento homo) est une locution latine qui signifie : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu redeviendras poussière ». Que de vérité dans cette phrase latine, quelques vers simples dans lesquels s’exprime une vérité absolue. Dans la vie profane le 2 novembre, nous nous souvenons de nos défunts, ceux qui ont abandonné le corps matériel pour renaître de pure lumière, dans une autre dimension.
En réalité, la seule chose qui devrait être célébrée est la vie, car, après tout, nous ne connaissons pas la mort, sauf que la coquille qui enveloppe notre esprit se décompose jusqu’à devenir de la poussière.
Avec optimisme et confiance, nous comptons sur la vie tous les jours, tandis que la mort n’a aucune chance. C’est ce qui nous fait peur !
Et pourtant, pour nous initiés, ce devrait être un concept très clair, qui devrait nous donner des idées continues et constantes : la vie et la mort marchent côte à côte, l’une n’excluant pas l’autre. S’il n’y avait pas de premier, il n’y aurait pas de second.
Un franc-maçon meurt au moment de son initiation pour ensuite renaître, dans une nouvelle dimension et c’est alors que s’amorce en lui le changement qui le fera de plus en plus d’esprit et de moins en moins de matière.
C’est pourquoi un Franc-Maçon ne craint pas la Dame Noire.
Ainsi la mort, le plus terrifiant de tous les maux, n’est rien pour nous, car lorsque nous existons, la mort n’est pas là et, à l’inverse, lorsque la mort vient, nous ne sommes pas. Epicure
Dans la franc-maçonnerie, la mort n’est qu’une transformation.Ce concept, issu de croyances très anciennes, nous a incités à nous intéresser à l’hermétisme : l’adepte, par la comparaison entre ses plus grandes peurs – la souffrance et la mort – peut atteindre un état toujours plus élevé de la santé et du savoir.
Les alchimistes se sont consacrés à la transformation des substances, par la « putréfaction », une masse confuse d’éléments qui devient un produit fini et raffiné.
La mort ne signifie pas la fin ou le non-être, mais exprime une autre forme d’existence : être à l’opposé de la vie terrestre.
Il y a une vie après la mort, un royaume inconnu et mystérieux, et une vie après la mort, qui représente la vie humaine corporelle, qui ne sont pas « spatialement différentes », mais sont perçues à deux niveaux différents.
C’est la loi de Polarité. Dans le monde dual dans lequel nous vivons, tout est un continuum et a sa propre polarité opposée à laquelle il est constamment connecté.
L’au-delà et l’au-delà nous permettent d’être – vie et mort, noir et blanc – un cycle infini dans lequel rien n’est interrompu.
Le seuil du Temple maçonnique représente la mort profane et une fois qu’on le franchit on renaît à une nouvelle vie, celle initiatique.
Nous apprenons à trouver dans le concept de disparition la possibilité de nous renouveler, en tant qu’hommes et en tant que francs-maçons : « renouveler » signifie qu’à chaque instant, le franc-maçon meurt pour renaître de plus en plus dépouillé de ces déchets qui empêchent la Lumière de pénétrant à l’intérieur de l’esprit.
Quiconque a librement choisi le chemin de la maçonnerie et l’a en partie suivi sait bien ce qui l’attend encore ; s’il a réussi à lire la clé de voûte, il sait bien que tout est mis en œuvre pour transformer la Pierre Brute en Cube.
Lorsque, libéré du corps, vous montez dans l’éther libre, vous êtes comme un dieu immortel, à jamais échappé à la mort. Empédocle
Comme presque tout ce que l’ignorance moyenne attribue à tort à la franc-maçonnerie, dans cette accusation de liens avec le satanisme, il y a une longue histoire d’attaques contre l’Institution à travers des distorsions et des farces de nature linguistique, religieuse et politique.
Les lecteurs qui suivent cette chronique ont été informés chaque semaine de ce qu’est la franc-maçonnerie, « une institution essentiellement philosophique, philanthropique, éducative et progressiste », et nous avons déjà abordé plusieurs aspects de chacun de ces adjectifs. Ce qu’est effectivement la vraie franc-maçonnerie, elle s’exprime par ses bonnes œuvres, que ce soit dans la réforme éthique et morale de l’homme franc-maçon et de la société dans laquelle il vit, ou dans les actions fréquentes de philanthropie, d’éducation et de progrès. Les questions qui ont été abordées ici, de nature historique et philosophique, permettent également, dans un autre parti pris, d’arriver de bonne foi à la conclusion que la Franc-Maçonnerie n’est pas un instrument du mal.
Nous évoquions dans « La vérité, un défi », paru en février de cette année, que la personne distraite, ou celle qui limite sa recherche de savoir à la lecture de « whatsapp », est facilement empêtrée par des informations dont il ne connaît pas l’origine et la véracité. connaître. « Bientôt, il diffusera et amplifiera également la résonance de ces « nouvelles » : si des « fausses nouvelles », littéralement de « fausses informations », sont délibérément créées pour une raison obscure, elles trouvent généralement une plus grande diffusion en raison du manque d’intelligence individuelle. »
Ces dernières semaines, nous avons eu un exemple prêt et fini pour cette déclaration. Une « nouvelle » a circulé et s’est répercutée sur les réseaux sociaux tentant de lier négativement un certain homme politique au satanisme, du fait qu’il avait visité une loge maçonnique, impliquant ainsi un éventuel lien entre la franc-maçonnerie et un culte à l’idée ou au culturel ou personnage religieux connu sous le nom de Satan, satan, ou d’autres dénominations plus ou moins populaires. Ce sont des déclarations mensongères et des images grossièrement falsifiées, claironnées par des « enfants du mensonge » comme si elles étaient vraies, pour dénigrer une personne ou un groupe de personnes, ce qui a déjà été vu dans des moments historiques très tristes pour l’humanité, comme dans la propagande nazie de la seconde Guerre mondiale.
Cet exemple de « post-vérité » a heureusement déjà été pleinement clarifié dans une publication du 10/07/22 du blog « Estadão Verification – Comprova », du journal O Estado de S. Paulo, qui concluait que les messages relatifs à la candidat étaient « trompeurs » au satanisme et à la franc-maçonnerie, et qu’il avait promis de « livrer le Brésil à Satan » (politica.estadao.com.br/blogs/estadao-verifica/postagens-enganam-ao-associar-bolsonaro-ea -maconaria-ao- satanismo/), une lecture très instructive.
La franc-maçonnerie, entité spiritualiste par opposition à la prédominance du matérialisme, « reconnaît l’existence d’un principe unique créateur, régulateur, suprême et infini » qu’elle appelle le Grand Architecte de l’Univers, une manière d’être universelle et non pas un religion, ne faire aucune distinction et respecter la croyance de chacun de ses membres, quel que soit le nom donné à ce « principe créateur » (Dieu ou Allah, par exemple). « Ces facteurs, qui sont essentiels et indispensables pour l’interprétation vraiment religieuse et logique de l’Univers, forment la base de soutien et les grandes lignes directrices de toute l’idéologie et de l’activité maçonniques. »
Or, force est de constater que ces exigences ne correspondent définitivement pas au soi-disant « satan » qui, même pour ceux qui le conçoivent, dans la culture ou la religion, n’est rien de plus qu’une idée ou une créature, que ce soit en tant que personnification du mal. être comme un ange déchu. Ce n’est assurément pas un « principe créateur » et une telle conception philosophique, ou la malignité qui en découle, ne trouve pas refuge chez les hommes libres de bonne moralité qui composent la franc-maçonnerie légitime, où les vertus et l’amélioration morale doivent prévaloir, sans place pour le mensonge, le mensonge, la médisance et tant d’autres « maux » attribués au soturno.
Comme presque tout ce que l’ignorance moyenne attribue à tort à la franc-maçonnerie, dans cette accusation de liens avec le satanisme, il y a une longue histoire d’attaques contre l’Institution par des distorsions et des farces de nature linguistique, religieuse et politique, si longue qu’il ne conviendrait pas de rapporter en détail dans cet espace, mais qui peut être résumé superficiellement avec quelques faits révélateurs, comme nous le verrons dans le prochain numéro.
Suite 2…
Si c’est dans l’ignorance que telle malédiction des ombres a le plus de retentissement (ces oui – ignorance et mal humain – susceptibles d’être attribués à ladite mante), rien de moins satanique que d’apporter à l’affaire quelques éclaircissements. Nous avons vu la semaine précédente l’incompatibilité totale des principes et des valeurs destinées à l’amélioration morale de l’homme en hommage au Créateur, vécues dans la franc-maçonnerie et par la franc-maçonnerie, avec le soi-disant « satanisme », que ce soit en tant que culte païen d’une pseudo-divinité créée, et non créatrice, ou comme la pratique d’actes malfaisants qui ne sont pas compatibles avec la bonté, la générosité, la tolérance et bien d’autres attributs maçonniques résultant de l’amour fraternel.
Si c’est dans l’ignorance que telle malédiction de l’ombre a le plus de retentissement (ces oui – ignorance et mal humain – susceptibles d’être imputés au dire maniaque), rien de moins satanique que d’apporter quelques éclaircissements à l’affaire.
Dans un premier temps, il faut savoir que le terme hébreu « satan » signifie « adversaire », ainsi que l’arabe « shaitan », tous deux dérivés de la même racine sémitique qui signifie « hostile ». Dans le Tanakh, qui est la collection canonique des textes israélites et la source du canon chrétien de l’Ancien Testament, ce mot est utilisé pour désigner des adversaires ou des opposants à la fois dans un sens général et spirituel.
« Dans l’Ancien Testament, le mot satan (hébreu satan ; le verbe satan, ennuyer) signifie adversaire en général, et plus particulièrement celui qui devant le tribunal joue le rôle d’accusateur (procureur public), et peut s’appliquer à n’importe qui. qui, à une certaine occasion, s’oppose à une autre; même l’ange de Yahweh qui a empêché Balaam et son âne de passer est ainsi appelé. Mais satan par excellence est un être surhumain dont la responsabilité est d’accuser impie et de contredire les hommes devant le siège du jugement de Dieu.
Il existe également des documents indiquant que le mot « satan » provient directement du grec « sátyros » – satyre, un personnage avec une représentation physique de cornes et de pattes de chèvre mais un torse humain. Il est naturellement associé dans la culture latine au mal en raison de la rivalité entre Rome et la Grèce dans le besoin de portée et d’ampleur religieuse, certaines de ces inventions de la « propagande romaine » se perpétuant jusqu’à la modernité dans la pensée vulgaire, comme ce qui se passe avec une autre dénomination .commun, Lucifer.
Or, « lucifer » en latin signifie « porteur de lumière », qui peut être aussi spirituellement neutre que le phosphore, du grec « phosphoros », aussi littéralement « porteur de lumière ». Lucifer « est l’une des nombreuses figures folkloriques associées à la planète Vénus. Le nom de l’entité a ensuite été absorbé dans le christianisme en tant que nom du diable. L’érudition moderne traduit généralement le terme dans le passage biblique pertinent où le nom de la figure grecque antique était historiquement utilisé (Isaïe 14:12) comme « étoile du matin » ou « brillante » plutôt qu’un nom propre, « Lucifer ».
La lutte de Vénus, l’étoile du matin, « lucifer », pour s’élever quotidiennement dans les cieux pour « tomber » inévitablement devant l’immense luminosité du Soleil – la plus grande divinité pour de nombreux anciens, donc comparable à Dieu, est une origine plausible pour le mythe de « l’ange déchu », Lucifer.
« A la fin du siècle dernier (XIXe), à la belle époque de l’anti-franc-maçonnerie, la franc-maçonnerie était vue comme une contre-religion, dans son Symbole le Grand Architecte de l’Univers une évocation de Lucifer et dans ses Temples une synagogue de Satan », y compris le titre d’un livre publié par un évêque français en 1893 – « La Franc-Maçonnerie, synagogue de Satan ».
Cependant, c’est l’écrivain et journaliste français Marie Joseph Gabriel Antoine Jogand Pagès (1854 – 1907), seul ou avec des collaborateurs, qui est responsable d’une farce qui a causé peut-être le plus grand dommage à l’image de la franc-maçonnerie, une histoire qui n’en est pas moins intéressante. et est assez éclairant, et que nous raconterons la semaine prochaine. Bien que presque personne en dehors du milieu maçonnique n’ait jamais entendu parler ou même se souvienne de l’auteur, ses fausses accusations se sont tellement enracinées dans l’imaginaire populaire qu’elles fondent encore, en ce milieu du XXIe siècle, certains fantasmes qui ressurgissent de temps à autre. au temps – par ignorance ou par raison – mauvaise foi – associant franc-maçonnerie et satanisme.
Suite 3…
Nous avons déjà démontré combien les principes et les valeurs morales de la Franc-Maçonnerie, vécues par ses membres, sont incompatibles avec tout rattachement de l’Institution avec tout ce qui se résume dans la dénomination « satan ».
Nous avons déjà démontré combien les principes et les valeurs morales de la Franc-Maçonnerie, vécues par ses membres, sont incompatibles avec tout lien entre l’Institution et tout ce qui se résume dans la dénomination « satan ». Nous avons également vu que plus l’ignorance est grande (qui est l’état de ceux qui ne sont pas conscients de l’existence ou de l’occurrence de quelque chose ; ou de ceux qui manquent de connaissances, de culture, par manque d’étude, d’expérience ou de pratique), plus le champ de la culture des demi-vérités ou des contre-vérités, au profit de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, peuvent bénéficier de ce que l’on appelle aujourd’hui les « fausses nouvelles », ou les « fausses nouvelles ».
Cependant, étant un Ordre très ancien, la Franc-Maçonnerie ne s’étonne plus de ce type d’attaques, bien qu’elle garde toujours les Francs-Maçons justement indignés par l’impudence. En ce sens, il est intéressant de connaître l’histoire, bien que sous une forme très résumée, de Marie Joseph Gabriel Antoine Jogand Pagès (1854 – 1907), dont nous avons parlé plus haut.
Sous le pseudonyme de Léo Taxil, ce journaliste et écrivain français a été, à la fin du XIXe siècle, le protagoniste d’une fraude qui a duré des années, avec non seulement la franc-maçonnerie mais aussi l’Église catholique et le pape Léon XIII parmi ses victimes. Malgré le fait que la farce ait été révélée et clarifiée, en partie par les propres aveux de Taxil, et malgré le fait qu’il soit désormais un personnage inconnu, les dommages causés par lui produisent toujours leurs effets pervers, principalement son affirmation selon laquelle la franc-maçonnerie est associée à culte à Lucifer.
Eh bien. « Le Canular Taxil de 1890 est probablement le canular anti-maçonnique français le plus célèbre. Son auteur, Léo Taxil, voulait se venger de la franc-maçonnerie, dont il fut exclu en 1882 pour une affaire de plagiat. Il « a même initialement publié plusieurs livres anti-catholiques, qui décrivaient la hiérarchie ecclésiastique comme hédoniste et sadique ». Il a rejoint la franc-maçonnerie en 1881, « mais n’a pas passé le premier degré, étant expulsé dix mois plus tard, en 1882, pour avoir été impliqué dans certaines affaires de plagiat et de diffamation ».
Deux ans plus tard, en 1884, le pape Léon XIII publia l’encyclique Humanum Genus , déclarant que le genre humain était « séparé en deux parties opposées et diverses, dont l’une aspire résolument à la vérité et à la vertu, l’autre est de ce qui est contraire ». à la vertu et à la vérité. L’un est le royaume de Dieu sur terre, à savoir la véritable Église de Jésus-Christ… L’autre est le royaume de Satan. Taxil, comme il l’avouera plus tard, y vit « une grande opportunité pour une farce où il ridiculiserait l’Église et se vengerait de la franc-maçonnerie pour l’avoir expulsé ».
En 1885, il annonce qu’il s’est converti au catholicisme romain et qu’il entend réparer son erreur contre la « vraie foi ». Puis, il se mit à faire connaître « un ordre maçonnique satanique (…), dont l’objectif principal serait de dominer le monde » et à « accuser la franc-maçonnerie de cacher les pires misères morales et d’inciter ses adeptes au vice, quand pas au meurtre, puis, accusé d’être une secte satanique qui voue ses cultes à Baphomet » ( figure symbolique à tête de bouc ).
Il « a convaincu de nombreux catholiques avec sa farce – à tel point qu’en 1887 il a été reçu (…) par le pape Léon XIII, qui s’est déclaré admirateur de l’œuvre de Taxil, lui a demandé d’écrire plus de livres et a commencé à le financer » – même s’il a été alerté du canular par l’évêque de Charleston (USA).
L’histoire est longue et avec de nombreux détails qui peuvent être facilement recherchés par quiconque est intéressé, mais l’important ici est que, le 19 avril 1897, après DIX ANS de patronage du Pape, Taxil a appelé la presse et publiquement » a avoué que ses révélations sur les francs-maçons étaient fictives ; … il a longuement expliqué le soin qu’il avait pris pour créer et maintenir le canular et a remercié le clergé pour son aide dans la publication de ses allégations sauvages.
Blason officiel de « The Satanic Temple »
En bref, « bien que le matériel produit par Taxil soit certes une fraude, ce matériel est encore utilisé contre les francs-maçons à ce jour ». Nous continuerons la semaine prochaine à analyser les aspects philosophiques autour du « mensonge ».
À l’endroit où les francs-maçons tiennent des réunions, il y a des bougies, des maillets et même des urnes. Et l’un des membres est toujours assis près de la porte pour garantir la sécurité de la réunion une épée à la main !
Au sommet d’une estrade, au fond de la salle aux murs rougeâtres, se trouve la chaise du Vénérable Maître. C’est là que siègera l’homme qui commande les réunions des maçons qui se tiennent à huis clos. Dans ce temple, baptisé du nom de José Estevão, certains des hommes les plus importants de la politique nationale, du monde des affaires et des services secrets se sont réunis au fil des ans. « C’est le plus grand de nos six temples », explique Fernando Cabecinha, le Grand Maître du Grand Orient Lusitanien, qui a pris ses fonctions il y a exactement un an.
C’est la première fois que l’homme qui commande la plus ancienne obédience du pays donne une interview. Il présume que l’ouverture du GOL aux femmes est en discussion, garantit qu’il y a persécution des francs-maçons qui occupent certains postes, rappelle les relations avec l’Église et explique le rapport au pouvoir. Il est discret et garantit qu’il n’aime pas les projecteurs. Il est en franc-maçonnerie depuis 32 ans et connaît bien les recoins de la maison.
Dans ce temple, se tiennent également les réunions du soi-disant parlement maçonnique – qui s’appelle en interne la Diète – où certaines des questions les plus importantes sont décidées, et que lui, Fernando Cabecinha, 68 ans, a présidé quatre fois.
Le temple est aménagé pour les rituels. Des chaises rembourrées rouges sont autour de la pièce. Aux dernières rangées siègent les plus anciens maçons, appelés maîtres, devant les plus récents, appelés compagnons ou apprentis. Tout le monde porte un tablier, qui a des détails différents selon le grade qu’ils occupent. « Nous portons un tablier par tradition », explique Fernando Cabecinha, ajoutant qu’ils portent également des gants et que les « frères » qui sont dans le grade le plus élevé portent même une ceinture autour de la poitrine.
Fernando Cabecinha révèle le lieu où les francs-maçons se réunissent
Lorsque la porte se referme, le « travail » commence, explique le Grand Maître. Les lumières s’éteignent, ou presque, les maçons se lèvent et le vénérable maître (nom de l’homme qui dirige la loge) commence les travaux qui, dit Fernando Cabecinha, sont des débats sur des thèmes et des rituels. Dans certains cas, des urnes sont même utilisées. « On utilisait le cercueil dans la cérémonie d’élévation au maître », détaille-t-il, expliquant qu’il s’agit de l’interprétation de la légende d’Hiram, dans laquelle il y a un meurtre. L’utilisation du cercueil sert à montrer « la renaissance de la vie ».
C’est au centre du temple, au-dessus du sol avec des carrés noirs et blancs que tout se déroule. La couleur du sol n’est pas aléatoire. C’est toujours comme ça dans les temples. Elle symbolise, dit-il, « la recherche de la vérité » et la nécessité de toujours regarder les deux côtés des choses.
Lors des réunions, il y a sept maçons qui ont des tâches assignées. Deux d’entre eux, le premier et le second garde, noms connus parmi les frères, aident le responsable de la réunion. Pour cela, les trois utilisent un marteau en bois, appelé maillet, dont ils se servent pour que, avec le bruit, ils puissent marquer les différentes étapes de la rencontre. Sur les tables, on trouve aussi des objets maçonniques, comme des équerres et des compas, qui font toujours partie de la décoration des temples car ils représentent, disent les francs-maçons, la droiture et la justice.
Dans certaines sessions, l’un des maçons joue du piano. Il y en a un dans la pièce du fond. Lorsqu’il n’y a personne qui sait jouer, la musique est jouée sur une chaîne stéréo qui y est placée.
« Deux types de rituels sont pratiqués. Le Rite Français et le Rite Écossais Ancien et Accepté, détaille le Grand Maître, qui impliquent différents processus au sein des temples. L’objectif, garantit-il, est « l’évolution de la personne pour qu’elle se comporte ensuite correctement dans la société civile ».
A côté de la porte d’entrée, il y a toujours une petite chaise. Il est occupé par le franc-maçon qui a pour tâche de garantir la sécurité des réunions, ajoute Fernando Cabecinha, confirmant qu’après la fermeture de la porte, seuls ceux qui connaissent le signe secret peuvent entrer.
Equerre et Compas, Objets Maçonniques/DR
Dans de nombreuses sessions, des initiations sont pratiquées, des rituels dans lesquels on devient franc-maçon. Selon la constitution de la Grande Oriente Lusitano (GOL) « aucun blasphème ne peut être initié sans avoir préalablement effectué les enquêtes nécessaires par lesquelles il est prouvé qu’il a accompli 18 ans, qu’il a un bon comportement et une bonne réputation, ainsi que le culture nécessaire pour comprendre les finalités de l’Ordre et de l’énergie morale ».
Pour cela, précise Fernando Cabecinha, « il y a un recrutement de plus en plus exigeant ». Il y a un frère qui est chargé d’essayer d’obtenir le plus d’informations possible. « Il y a un parrain qui est principalement chargé d’attirer les profanes, une personne de la société civile à rejoindre la Grande Oriente Lusitano. Et puis, lors du processus de recrutement, nous vérifierons quelle est la situation de ce profane avec la famille, la profession, la société, pour voir si cela apporte effectivement une valeur ajoutée à nos métiers », a rapporté Fernando Cabecinha dans l’interview publiée sur CNN . Portugal .
Pour le moment, aucune femme ne peut être initiée au GOL et le sujet a soulevé quelques divisions, après qu’un franc-maçon ait tenté de parrainer un élément féminin dans une loge. Le grand maître a déclaré à CNN Portugal qu’il avait lancé un débat interne sur le sujet et que dans les semaines à venir, le sujet pourrait générer une polémique interne. Les différents francs-maçons donnent leur avis et une commission créée par Fernando Cabecinha évaluera les opinions diverses et diverses pour comprendre à quel point les « frères » sont ouverts à l’entrée des femmes.
Soit dit en passant, ces derniers temps, Fernando Cabecinha a visité de nombreux magasins qui existent du nord au sud du pays. Il est, dit-il, « en train de mettre de l’ordre dans la maison ». « J’essaie d’être le garant de l’union, en essayant d’éliminer toute sorte de querelle entre frères ». Celui qui promet de diviser les éléments de GOL est l’initiation des femmes. « Cela demande beaucoup de réflexion et cette réflexion se fait dans le calme », explique-t-il, ajoutant que l’avis de la majorité sera bientôt connu.
En raison de la pandémie, ces derniers temps, les couloirs du palais maçonnique du Bairro Alto étaient souvent vides. Maintenant, il y a plus de mouvement et les réunions commencent à avoir lieu plus régulièrement.
Au GOL, il y a un couloir où des photos d’anciens grands maîtres sont accrochées au mur. Parmi eux se trouve l’image d’un prêtre, Marcos Vaz Preto. « Aujourd’hui, nous avons un prêtre ici à GOL », révèle Fernando Cabecinha, admettant qu’il est à l’insu de personne dans l’Église. Après tout, beaucoup de choses y sont encore secrètes.
Kimono, cette longue tunique à manches très amples, d’une seule pièce, croisée devant, maintenue par une haute ceinture, portée par les Japonais des deux sexes, s’expose au musée…
Vêtement emblématique et caractéristique de l’identité du Japon, le kimono est aujourd’hui une pièce incontournable de la mode. Des écoles de samouraïs aux podiums, des acteurs de kabuki aux stars de la pop internationale, pleins phares sur une tenue qui transcende les catégories et les frontières.
Apparu il y a plus de mille ans, le kimono – littéralement « ce qui se porte » – incarne aux yeux des Japonais la culture et la sensibilité nationales. C’est au début de l’ère Edo (1603-1868) qu’il devient l’habit traditionnel par excellence, porté par l’ensemble des Japonais, indépendamment de leur statut social ou de leur genre.
Un âge d’or qui voit l’extraordinaire développement de sa production et la naissance d’une culture de la mode grâce à l’engouement du monde du spectacle. Célébrités et élégants de l’époque – acteurs de kabuki en tête – devenant alors les premières icônes de mode japonaises.
S’il atteint timidement les côtes européennes à la fin du 17e siècle, c’est dans les années 1850, avec l’ouverture du Japon au commerce extérieur, que le kimono s’exporte vers un Occident alors fasciné par son caractère exotique. L’enthousiasme soulevé par sa forme ou ses tissus transforme profondément et radicalement la mode du continent quelques décennies plus tard. Dépassant par la suite son statut de symbole, désavouant son caractère traditionnel et intemporel, il ne perdra rien de sa superbe entre les ciseaux des plus grands stylistes du monde entier (comme chez John Galliano ou Alexander McQueen) ou dans les rues de l’archipel, revisité de façon innovante et parfois subversive par de jeunes Japonais.
L’exposition conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres revient sur cette histoire, celle d’une tenue emblématique, intimement liée à celle du Japon. Le kimono sous toutes ses coutures, ou le portrait d’un vêtement résolument moderne, à travers les siècles et les continents.
Commissaires : Anna Jackson, Conservatrice en chef du département Asie du Victoria and Albert Museum, Londres ; Josephine Rout, Conservatrice au département Asie du Victoria and Albert Museum, Londres
Référent scientifique : Julien Rousseau, Responsable de l’unité patrimoniale Asie au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris
Musée du quai Branly – Jacques Chirac. Mur végétal recouvrant les bâtiments administratifs du musée, juin 2014. Conceptualisé et réalisé par Patrick Blanc, botaniste et chercheur au CNRS.
Associant des textes d’Alain Queruel, professeur de chimie en retraite et auteur de plusieurs ouvrages sur l’alchimie, l’histoire des sciences et la franc-Maçonnerie, et les illustrations tirées de Rituels Inconnus, Mutus Liber et Dante de Jean-Luc Leguay, l’un des derniers maîtres enlumineurs de renommée internationale, cet opus s’adresse plutôt à un public nouvellement reçu dans la Fraternité. Cette belle rencontre de deux Maçons a donné naissance, malgré une thématique classique mais originalement traitée, à un livre abordant tous les aspects de la cérémonie de réception.
Alain Queruel, primé aux prix littéraires de l’IMF, en 2018 catégorie « Essais » pour « De l’alchimie à la franc-maçonnerie » (Éd. Cépaduès)
Le descriptif symbolique commence dès le cabinet de réflexion, expliquant la descente au tombeau, la terre, le bandeau et la porte du temple. Le principe est simple : sur la « belle page, la colonne d’écriture, sur celle de gauche, l’enluminure. Le but étant de faire découvrir au lecteur les mystères de l’initiation et du Temple. Le symbolisme de la cérémonie, et de sa compréhension, de ce qui n’est qu’un commencement sur le cheminement du Maçon, se poursuit à travers quatre autres chapitres.
Les voyages auxquels l’apprenti est soumis se vivent non seulement à travers les éléments : l’air, l’eau, le feu, mais aussi avec les objets rencontrés lors de de la mise en œuvre du rituel, comme avec la coupe d’amertume. Le travail de Jean-Luc Leguay ne peut manquer de nous apostropher quand il nous donne à réfléchir sur le miroir, le serment – respect de la parole donnée –, le secret ou encore le parjure – violation de l’engagement pris.
Jean-Luc Leguay
Dès la cérémonie d’initiation achevée, l’auteur nous invite à suivre le travail du Maçon en passant en revue tablier, gants blancs, et chaîne d’union, offices et officiers…
Malheureusement, il semble que cet ouvrage ne connaîtra de suite, laissant alors Compagnon et Maître tous deux orphelins… Retenons surtout que le symbolisme, une des voies de la connaissance, et son étude donnera au Maçon à penser et à se construire.
Si tel est votre désir, retrouvez l’interview de Jacques Carletto.
Initialement, cette note de lecture a été publiée dans le journal papier de 450.fm, La Lumière Mars 2022 N° 1, page 34, dans notre rubrique La Sélection de la rédaction.
De notre confrère du vénézuela elnacional.com – Par Mario Muñera Muñoz PGM
« Votre vision ne deviendra claire que lorsque vous pourrez regarder dans votre propre cœur. Qui regarde à l’extérieur, rêve, qui regarde à l’intérieur : réveille-toi. (Carl Young). » Je vous préviens, qui que vous soyez, vous qui souhaitez sonder les secrets de la nature, si vous ne trouvez pas en vous ce que vous cherchez, vous ne pourrez pas non plus le trouver à l’extérieur. Définissons ce qu’est la « connaissance de soi » : soi et connaissance, comprendre par la raison. Cette inscription a été trouvée dans le pronaus de l’Oracle de Delphes, et a acquis le plus haut prestige philosophique, qui contient en quelques mots un sens très profond qui est au-delà du temps.
Selon la mythologie, Apollon a tué le dragon Python. En ce lieu le culte était institué et là les devins offraient leurs oracles. C’est Platon, le philosophe, qui l’a largement diffusé dans ses œuvres. Socrate conseillait de se consacrer à la connaissance de soi, avant d’étudier les mystères des dieux. Platon, dans son école, nous montre qu’il est essentiellement mystique, car tout sujet qu’il traite, que ce soit l’éthique, la dialectique ou les mathématiques, est fondamentalement une théologie, puisque ses conclusions le conduisent à la contemplation et à la vénération de Dieu. En Grèce, il y avait des écoles d’initiation aux mystères, et de nombreux philosophes et savants de l’époque se sont engagés dans cette voie difficile. Il y a une connaissance limitée des mystères d’Eleusis, où il y avait une expérience mystique liée à l’immortalité de l’âme et à la connaissance de Dieu.
L’expression « connais-toi toi-même » suggère que la connaissance de soi est une approche de la Divinité. Connaître la vérité sur vous-même, c’est être honnête et ouvrir la voie à la connaissance du Divin. « Si vous voulez être capable de reconnaître Dieu, vous devez d’abord apprendre à vous connaître », c’est la manière de connaître la Divinité. Esotériquement, nous pouvons interpréter l’expression « connais-toi toi-même » comme un appel au début du microcosme, puisque l’être humain est l’image de la Divinité et qu’il existe une correspondance avec l’Univers.
Il y a une légende mythologique qui nous dit : Les dieux, soucieux des faibles niveaux de conscience humaine, ont essayé de cacher la « sagesse » à l’ignorance des humains, car elle est entre leurs mains, ils la détruisent et l’utilisent pour le mal. Elle ne peut être qu’entre les mains d’êtres préparés et qualifiés. Ils l’ont caché au centre de la Terre. Ils l’ont caché au fond de la mer et l’ont caché dans les hauteurs des montagnes, et même là l’être humain, en raison de son ambition démesurée, a essayé de le chercher. Dans un accord entre les dieux, ils sont arrivés à la conclusion qu’il y avait une cachette où l’être humain ne le trouverait pas : « En lui-même », et c’est seulement à cet endroit qu’ils le trouveront. « Les êtres purs et nobles » qu’il lui viendrait d’y chercher.
Nous déduisons de cette légende mythologique que la « sagesse » n’est possédée par aucune école initiatique, ni religion… elle est en nous-mêmes. Ces écoles ne peuvent qu’instruire et donner des directives légères, à découvrir. En toi est le trésor des trésors. Un sens de « connais-toi toi-même »… que pour accéder à la sagesse, le chemin est la connaissance de soi. Cette phrase est également interprétée comme la salutation que Dieu a adressée aux visiteurs du temple, leur souhaitant la sagesse.
A l’intérieur de l’expression « connais-toi toi-même », les questions sont suggérées : qui suis-je, d’où je viens et où vais-je, et leurs réponses sont comprises et définies par chacun selon son état de conscience.
Pour être un dirigeant, il faut d’abord se gouverner, et il faut d’abord « se connaître ». Nous ne pouvons pas développer notre nature si nous ne savons pas ce qu’elle est. « Se connaître » est une voie d’amélioration et une étape pour accéder à la connaissance. C’est le début de la philosophie. C’est placer la pensée au point de commandement de notre vie. En psychologie, se connaître, c’est regarder vers le passé, et en ésotérisme, c’est regarder vers l’avenir. Une vie sans réflexion ne vaut pas la peine d’être vécue. (Socrate).
Quand nous nous connaissons, notre existence prend une autre couleur, comme le dit Epicure : « Il viendra un temps où tu croiras que tout est fini. Ce sera le début. » Cela signifie que nous nous renouvelons toujours et que nous sortons des difficultés, comme nous l’indique le symbole de l’Oiseau Phénix, peu importe le nombre d’obstacles, nous nous relèverons toujours. Un Initié aux mystères d’août n’est pas un lâche, parce qu’il se connaît lui-même. Se connaître, ce n’est pas tant connaître les limites, mais c’est connaître la grandeur de notre être intérieur, nous faisons partie de la Grande Énergie Universelle, seulement nous nous en éloignons et nous ne croyons pas en nous-mêmes. Lorsque nous nous éloignons de nous-mêmes, nous plaçons un voile sur notre être : nous marchons à l’aveuglette. L’ego nous domine et l’arme pour le dominer est « le non-attachement et le détachement. « Bien connaître les autres, c’est intelligent. Bien se connaître, c’est la sagesse » (Albert Einstein). Se connaître c’est la paix intérieure, l’épanouissement spirituel, la responsabilité, ça commence à s’ouvrir. « Conscience« , et donc l’univers est perçu différemment. La lumière intérieure est réfléchie à travers nous, perçue par notre environnement, et c’est ainsi que la franc-maçonnerie transforme la société. La lumière de la franc-maçonnerie se reflète dans chaque QH qui, se connaissant, commence à ouvrir sa conscience.
Voici un extrait de l’émission de télévision comique britannique « Not the Nine O’Clock News ». Rowan Atkinson et son complice se moquent de la Franc-maçonnerie avec un ton pour le moins humoristique et sarcastique. Not the Nine O’Clock News est une émission de télévision comique à saynètes britannique, diffusée sur BBC 2 de 1979 à 1982. En France, plusieurs séquences de l’émission ont été diffusées à partir du 20 septembre 1987 dans Mondo Dingo sur La Cinq, puis jusqu’en 1992 sur TF1.
Mr Bean est une série télévisée britannique en 15 épisodes de 24 minutes, créée par Rowan Atkinson et Richard Curtis, et diffusée entre le 1er janvier 1990 et le 15 décembre 1995 sur le réseau ITV3. En France, la série a été diffusée à partir de 1993 sur Arte en version originale, puis dès le 8 septembre 1996 en version doublée sur France 3 le dimanche soir à 20 h 20 jusqu’au 5 janvier 2008 puis rediffusée sur Gulli, France 4, Paris Première, Téva et Boomerang. En Belgique, elle a été diffusée sur la RTBF et en Suisse sur la TSR.
Rowan Atkinson, alias Mr Bean
Elle met en scène le personnage de Mr Bean, créé par Rowan Atkinson (qui joue lui-même le rôle de Mr Bean) alors qu’il était à l’université. Il s’agit, comme le décrit son créateur, d’un « enfant dans le corps d’un adulte » pour qui tout événement de la vie de tous les jours devient une source d’ennuis et prend parfois des proportions insoupçonnées. Il se caractérise également par sa tendance à trouver une solution totalement improbable à ses problèmes. La perversité propre à l’humour infantile lui procure un plaisir sadique à déclencher des catastrophes, comme vandaliser son quartier, empoisonner ses amis ou provoquer des accidents de la route, etc.
La série a connu de bonnes audiences au Royaume-Uni (18,74 millions de téléspectateurs lors de la diffusion du cinquième épisode en 19924) et a été récompensée au festival de la Rose d’or. Diffusée dans 200 pays, la série a donné lieu à deux films (Bean et Les Vacances de Mr Bean) ainsi qu’à une série animée. En 2012, Rowan Atkinson retrouve le costume de Mr Bean à l’occasion des Jeux olympiques de Londres.
Synopsis
La série met en scène Mr Bean, accompagné par son ours en peluche Teddy, qui doit faire face à des situations inattendues (échange de pantalons ou crise cardiaque d’un passant, par exemple). Il a également un certain don pour rendre compliquées certaines choses pourtant simples comme se préparer un sandwich, repeindre son appartement ou préparer ses bagages. Avec une absence presque totale de dialogue, ses aventures reposent sur ses prouesses comiques. Il ne respecte les règles que lorsque cela l’arrange ; ainsi, il s’habille dans sa voiture alors que celle-ci roule, il provoque une bagarre entre plusieurs personnes pour avancer plus vite dans la file d’attente de l’hôpital, il coupe le sapin municipal car il n’en a pas trouvé dans les magasins, il porte sur lui des légumes ou du poisson pour tester les articles qu’il souhaite acheter en grande surface, il veut resquiller pour prendre un train car il n’a plus de billet pour sortir, il utilise un énorme pétard pour repeindre son appartement, il cause une explosion lors des journées « portes ouvertes » d’une école..
Le chaman à l’aide de chants et de rituels, voyage en esprit. Il assure auprès des membres d’un groupe qu’il le reconnait pour ses talents comme un être supérieur, un certain nombre d’opérations dans la vie quotidienne, dont le retour à l’équilibre avec eux-mêmes, leurs proches, leur communauté comme avec leur environnement ….
Mais que savons-nous de son activité salvatrice dans ces sociétés éloignées de nos centres urbains dit « civilisés », une activité qui dans ces communautés que nous jugeons « étranges » a priori, au point de taxer leurs pratiques d’hérétiques, d’irrationnelles, de tristement dominées par les superstitions ou la sorcellerie ?
Des communautés lointaines certes : en Laponie chez les Inuits, aux confins du Népal, ou du côté de l’Amérique de l’Est et de celle du Sud, dans la forêt brésilienne ou bien localisées au cœur de l’Afrique voire plus loin encore : en Australie, chez les aborigènes mais étonnamment aussi dans la montagne Corse ou dans d’autres régions françaises ! Le panorama « des chamanismes » est vaste et le phénomène captivant !
Une journée d’études bien nommée : « Aux racines du Chamanisme » programmée au Musée du Quai Branly à Paris le mardi 6 décembre 2022, a réuni, une audience nombreuse et curieuse de ces diversités culturelles présentées et commentées par des chercheurs, des ethnologues, des enquêteurs sur de longues périodes d’immersion…
Etaient aussi présentes comme intervenantes, des personnes engagées sur le terrain dans des communautés pour lesquelles elles cultivent de l’empathie, d’autres reconnues sur le lieu de vie de ces communautés comme possédant la maîtrise du chaman, ou encore, des personnes ayant acquis l’intime compréhension du sens de la communication établie par « médiumnité » avec des forces de l’invisible.
Le chamanisme n’est pas chose simple !
Mais son intention tient en cela : reconnecter l’humain avec le monde, reprendre quand c’est nécessaire le lien qui pourrait être cassé avec tout ce qui l’entoure.
Dans cette approche il n’est pas question de posséder du bien ou des richesses matérielles mais « d’être avec » car dans ces communautés nous sommes loin, très loin de la culture de « l’Avoir » !
Force est de constater que nombreux contre-sens sont faits aujourd’hui avec le mot « chaman », – nullement genré d’ailleurs- et là où les pratiques chamanistes existent dans les groupes qui reconnaissent « leur chaman », ces aides sont mal envisagées ou peu perçues comme étant des actes de médiation ou « d’accompagnant » volontairement chargés d’efficience.[1]
Pour le maître spirituel le souci prioritaire est, en cas de crise, de savoir restaurer précisément « un équilibredans la tribu qu’il gère », que sa fin est d’en apaiser, dans un présent immédiat, les tensions, d’évacuer des peurs, des angoisses physiques et morales…
La notion d’une relation avec l’invisible échappe à l’évidence à nos définitions rationnelles et classificatoires. Le mot Esprit n’est d’ailleurs pas conceptualisé par la plupart de ces peuples qui déposent leur foi en une interaction des énergies de la nature et du vivant …
Cultures mythiques et mystiques au Bénin
Chaque groupe ethnique développe par contre sa propre perception de son monde dit « invisible ». Il s’observe tout un jeu de connexions possibles avec « des acteurs cachés » et des moyens très variés pour communiquer et pour faire advenir quelque chose : par exemple, avec le maniement du tambour qui provoquent des états de transe, ou avec d’autres rituels appliqués comme ceux de la purification par l’eau, l’air, le feu, la terre, qui vont donner aux êtres la certitude d’entrer dans un nouveau cycle de vie ….
Au Népal, chez les Chepang, une multitude de formes de chamanisme ont été différemment pénétrées par la religion hindoue mais des caractères propres à des rituels de vie et de mort y subsistent. Telle cette double cérémonie des funérailles accomplie avec toute la lignée horizontale du défunt (ou de la défunte), sur son ancien lieu de vie, pour assurer ensemble de stricts rites de purification. La disparition du défunt générant souvent des troubles et des déséquilibres au sein des lignées, ces rites une fois accomplis restaureront de la quiétude pour poursuivre une vie ordinaire, et rester unis et solidaires.[2]
Les sociétés totémistes sur les Terres aborigènes des Warlpiri, en Australie, expriment une autre facette de connexions : par le biais de la danse, du chant et de la littérature orale, le « Temps du Rêve » est commun à tous : le « Jukurrpa ». Il est un temps incluant passé, présent, et avenir, et pour tout homme, ce qui fait l’univers visible et invisible, matériel et immatériel « assemblés »[3] .
Tous les êtres sont des parties prenantes d’une dynamique éternelle qui agit dans le présent et la présence du paysage, des rivières, des montagnes, des animaux, des plantes reste influente dans les comportements sociaux et économiques de ces peuples. L’invisible côtoie le visible à travers l’offre infinie de la Nature, et ce au travers de voies multiples. Par exemple, les aborigènes de ces terres (qu’ils n’envisagent pas autrement que sacrées), échangent leurs marchandises, les objets naturels qu’ils ont produits, suivant des « routes », (« les songlines ») transmises depuis l’origine du monde, des « routes » qui restent les pistes suivies par les ancêtres, là où ils ont posé leur pas et chanté le monde pour le créer…. Et pour que chacun puisse sans fin échanger égalitairement des tronçons de chants avec les autres…
Danse du peuple Aborigène
Dans les différentes démarches « chamaniques », où l’imaginaire et le réel s’entrecroisent, l’intercesseur ou le chaman ou le maître vaudou, s’applique à comprendre la situation, à intégrer le sens et les voies de transformation. Il accepte ou fait accepter de « mourir pour renaître » … Ce sont là autant d’efforts prodigués pour aller vers un état de réparation individuel et collectif et pour maintenir une économie de paix, notamment la préservation du lien social et de la Tradition ancestrale.
Au Musée des Arts Primitifs, les interrogations d’un public intéressé
Au cours de cette journée d’information sur les chamanismes, beaucoup de récits, de vidéos, de témoignages rapportés par les intervenants ont suscité des interrogations multiples : « le maniement du tambour[4] requiert-il une capacité ou un apprentissage particulier pour établir une passerelle entre les mondes du visible et de l’invisible » ? « Pourquoi dans certaines sociétés chamans, l’usage de l’arc et de la flèche ? Pour percer des énergies négatives ? » « Pourquoi ne pas dire le nom du défunt pendant un certain temps ? Cette attitude manifeste-t-elle du respect ou de la crainte ? ». « Pourquoi privilégier une relation aux ancêtres plutôt qu’une relation aux défunts ? »
La vision holistique du monde et du réel
Holistique vient du grec, holos, qui signifie la totalité́, l’entier. L’approche holistique consiste à prendre en compte la personne dans sa globalité́ plutôt que de la considérer de manière morcelée. Par exemple, une vision holistique de l’être humain tient compte de ses dimensions physique, mentale, émotionnelle, familiale, sociale, culturelle, spirituelle.
Elle favorise l’émergence des mythes reliant divers plans de l’Univers et plusieurs niveaux de conscience apparaissent comme une vision essentielle et opérative.
Cette approche comme le sentiment que « Tout est en tout » seraient-ils pour nous occidentaux lassés par nos modes de vie technologiquement très « appareillés », une voie qui mériterait attention et méditation sur des savoirs empiriques que nous avons peut-être perdus ou oubliés ?
Le but de cette journée d’étude sur le Chamanisme a été atteint.
Le débat a été ouvert et il a dépassé les limites académiques parfois un peu sclérosées de nos spécialistes en anthropologie et ethnologie ou autres sciences humaines. Elle a su donner la parole à des personnes qui ont pratiqué l’observation participante et qui ont, d’une façon ou d’une autre, senti dans leur être profond ce que signifie mettre « en évidence » l’invisible. De fait, les associations organisatrices ont rendu accessible par un programme bien construit cette première vérité à savoir qu’une spiritualité vivante et profonde peut s’exprimer ici et ailleurs, sans nécessairement la rejeter ou la folkloriser … Une intention à suivre sur le chemin de la Connaissance ?
[1] Karine Dellière. Chercheuse indépendante sur les cultes autochtones ; « Le vaudou béninois et chamanisme sami »
[2] Observation rapportée par Adrien Viel – Doctorant anthropologie Lille-1, Clerse – Umr 8019.
[3] Nb du rédacteur : Ô l’emprise de notre pensée occidentale et du choix de nos mots !
[4] Pratique du tambour bien nommée : « cette femme qui protège »
Fernando Cabecinha a pris ses fonctions de Grand Maître de la Grande Oriente Lusitano il y a exactement un an. C’est sa première interview et dans celle-ci elle révèle que l’obéissance pourrait bientôt ouvrir des portes aux femmes, elle évoque la polémique avec les frères proches de Chega, elle explique le lien avec les partis, suppose que l’héritage a de la valeur et raconte ce que font les francs-maçons à l’intérieur des temples. Il a pris ses fonctions de Grand Maître de la Grande Oriente Lusitano (GOL) il y a un an. Qu’avez-vous ressenti ? Responsabilité? Crainte ?
Au fond, je ressentais une grande responsabilité. Ce mandat a commencé après une très grave crise pandémique, qui a touché tout et tout le monde.
Comment la pandémie a-t-elle affecté le GOL ?
Le GOL a eu ses temples fermés pendant longtemps alors que la franc-maçonnerie n’est effective qu’à travers ses rituels et sa symbolique. Heureusement que les francs-maçons ont pu par maintenir des relations entre eux grâce aux nouvelles technologies, ce qui a effectivement permis de maintenir le lien entre tous.
Combien de membres GOL compte-t-il aujourd’hui ?
2400.
Et est-ce que les 2400 se réunissent régulièrement ?
Oui, dans nos loges.
Et que font les francs-maçons dans ces loges, dans ces réunions ?
Ils travaillent la symbolique maçonnique. Ils travaillent sur des sujets d’actualité. Ce que nous cherchons, c’est d’acquérir des connaissances, à la fois d’un point de vue symbolique et de la compréhension des symboles qui nous guident, et des questions les plus brûlantes de la société.
Lorsque vous parlez de symbolique maçonnique, faites-vous référence à une série de rituels que les francs-maçons accomplissent lors des cérémonies ?
Exactement.
En quoi consistent ces rituels ?
Le rituel est un protocole que nous suivons pour chaque étape au sein de la loge. C’est un cheminement qui permet l’évolution de la personne, son amélioration morale, son amélioration personnelle, pour qu’elle se comporte ensuite correctement dans la société civile.
Et dans ces rituels, ils utilisent les tabliers ?
Nous utilisons des tabliers car cela vient de la tradition, qui nous honore beaucoup.
L’un des rituels de GOL implique l’utilisation d’un cercueil, où un maçon est placé. Utilisent-ils encore un cercueil ?
Nous utilisons un cercueil, oui.
Et pourquoi?
Pour la renaissance de la vie. Il est utilisé pour le rituel du frère qui est élevé au rang de maître. Dans le rituel, tout est basé sur la légende d’Hiram et de son meurtre.
Et pourquoi la franc-maçonnerie insiste-t-elle pour que, d’une certaine manière, ces rituels restent enveloppés d’un certain secret ?
Les rituels sont connus, ils sont sur internet.
Mais on ne peut pas assister à ces rituels. Ils sont réservés aux maçons de loge.
Ils sont réservés à ceux qui y participent, hommes ou femmes.
On débat de l’initiation des femmes au GOL
Dans le cas du GOL, uniquement des hommes, puisque les femmes ne peuvent pas être initiées ou être membres ici.
Les femmes faisaient déjà partie de la Grande Oriente Lusitano Unido il y a quelques années, mais pour des raisons de divergence, elles sont parties. C’est une question qui a été débattue. Je profite de cette occasion pour vous rappeler que j’ai eu l’honneur de signer avec António Arnault le premier traité de reconnaissance et d’amitié avec la Grande Loja Feminina de Portugal.
Mais est-il logique, de nos jours, que les femmes ne puissent pas faire partie du GOL ?
C’est un sujet qui est actuellement débattu ici au GOL. J’ai pris un décret interne récent à cet égard. Le décret a été pris pour que les francs-maçons débattent de l’initiation des femmes au GOL. C’est-à-dire débattre en interne si cela a du sens ou non. Cela a à voir avec l’ADN de la Grande Oriente Lusitano. Et nous avons des frères qui veulent vraiment que les femmes se joignent, et d’autres frères qui ne veulent pas que les femmes se joignent.
C’est un sujet qui promet de générer quelques désaccords…
Il existe une variété d’arguments. Eviter tout type de clivage entre l’un et l’autre fera l’objet d’un large débat au sein du GOL. Au fait, cette semaine je vais créer une commission pour évaluer les réponses que tous les ateliers nous ont données.
Mais en ce moment, pensez-vous qu’il est possible d’ouvrir la porte de GOL aux femmes ? Autrement dit, si la majorité pense que cela a du sens, est-elle prête à faire ce changement ?
C’est une décision pour la communauté maçonnique. Si la majorité soutient que les femmes peuvent être initiées, alors bien sûr je dirai oui.
Comment participer et qui sont les candidats
En ce moment, il n’y a encore que des hommes qui se rassemblent ici. Et que doit faire une personne pour rejoindre GOL ?
Vous pouvez entrer de deux manières : soit par cooptation, c’est-à-dire sur invitation d’un franc-maçon, soit en frappant à notre porte. À un moment donné, quelqu’un a dit que vous pouviez vous connecter via Internet, mais ce n’est pas le cas. Nous avons un processus de recrutement de plus en plus exigeant, où il y a un parrain qui est principalement chargé d’inviter le profane, une personne de la société civile pour rejoindre GOL. Et puis, lors du processus de recrutement, nous vérifierons la situation de ce laïc auprès de la famille, de la profession, de la société, pour voir s’il apporte effectivement une plus-value à notre travail.
Vont-ils également consulter le casier judiciaire de la personne?
Il est obligatoire que toute personne rejoignant GOL présente un certificat de casier judiciaire délivré par l’État portugais attestant qu’elle a une feuille blanche.
Y a-t-il un profil qui est le plus recherché par la franc-maçonnerie ? Il y a toujours cette idée que les gens avec plus de pouvoir sont plus intéressants à rejoindre.
Ce que nous recherchons, ce sont des personnes libres, de bonnes mœurs, tolérantes, qui acceptent l’avis des autres, qui en discutent, qui ne s’impliquent pas dans des activités moins nobles et qui ont une fiche complètement vierge. Quiconque vient ici pour s’enrichir, gagner des postes politiques, faire des affaires, ne frappe pas à la porte.
La vérité est qu’au cours des dernières années, des cas ont été rapportés qui montrent qu’il y a du favoritisme parmi les francs-maçons. Le cas de l’ancien directeur général du ministère de l’Administration interne (MAI), João Correia, par exemple, qui a été accusé de favoriser les frères francs-maçons dans l’attribution des travaux. Ne pensez-vous pas qu’il y a des gens qui utilisent la franc-maçonnerie pour faire des affaires ?
Vous pouvez l’utiliser. Nous sommes une organisation d’hommes. Une justice qui fait son chemin. Tout comme nous avons notre justice maçonnique.
Et expulsent-ils généralement ceux qui ont ces comportements ?
Tant que le Maçon n’est pas condamné, nous suspendons simplement son activité. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’assassinats de personnages. Il y a beaucoup de nouvelles que plus tard la justice finit par nier et, par conséquent, nous ne pouvons pas, face à certaines rumeurs , agir sur le frère. Mais je peux dire que, dans ce cas précis, il voit son activité suspendue et attend que la justice suive son cours.
Mais y a-t-il eu des expulsions du GOL ?
Il y a déjà eu des invitations à partir.
N’est-il pas courant de se mettre à la porte ?
Ce n’est pas courant de se faire virer. Nous avons un processus de justice maçonnique qui est lent et il est nécessaire de prouver efficacement les crimes dont les gens peuvent être accusés.
Affaires et fêtes
Récemment, CNN/TVI a révélé que le ministère public enquêtait sur un club d’affaires qui aurait des liens avec une obédience maçonnique. Il a offert l’accès aux chefs de gouvernement à toute personne qui a payé pour être membre. Que pensez-vous de ce type d’initiative ?
Je ne connais pas cette obédience maçonnique. L’autre jour, j’ai vu un reportage disant qu’il y avait 16 obédiences dans notre pays, j’en reconnais six. Nous reconnaissons ceux qui défendent efficacement les principes et les valeurs qui nous sont communs à tous. Les autres sont des obédiences sauvages et nous ne leur accordons pas le moindre crédit. N’importe qui aujourd’hui peut créer une obédience maçonnique avec ses propres objectifs.
Mais ce cas et d’autres montrent que la franc-maçonnerie peut être considérée par beaucoup comme un moyen de créer des réseaux et de faire des affaires.
C’est ce qui donne une mauvaise réputation à la franc-maçonnerie. Nous avons 220 ans d’existence ininterrompue et nous avons toujours guidé notre chemin en défendant des valeurs, la liberté, l’égalité et la fraternité. Et notre devise est la justice, la vérité, l’honneur et le progrès. Et ceux-ci ne peuvent pas être des mots vides. Nous avons dans nos articles de la Constitution que nous sommes contre tout type d’avantages indus, de quelque nature qu’ils soient.
Le GOL a toujours été étroitement associé au Parti socialiste. Aujourd’hui, y a-t-il encore des éléments du PS ou y a-t-il déjà des éléments de divers partis ?
Lorsque nous passons la porte, les fêtes sont dehors. Ici, nous sommes interdits de politique partisane. Comme la discussion sur la religion est interdite.
Mais on sait, par exemple, qu’António Arnault a présenté le décret-de-loi qui a créé le Service national de santé ici dans la loge maçonnique, avant qu’il ne soit approuvé par le Parlement. Cela démontre déjà la relation qui existe entre les francs-maçons et le pouvoir politique et comment avoir un franc-maçon au gouvernement est un élément important pour apporter de l’influence à l’obéissance elle-même.
António Arnault, comme d’autres francs-maçons, a lancé le Service national de santé, intégré au Système national de santé, car le noble objectif, à mon avis, était de garantir le droit à la santé pour toutes les personnes, quelle que soit leur condition. Quant à votre question spécifique, je ne sais pas comment y répondre définitivement.
Mais ne pensez-vous pas qu’il y a d’autres personnes qui pourraient entrer dans la franc-maçonnerie en pensant que cela peut être un tremplin politique ?
Ils peuvent, mais ils sont déçus.
Le GOL a toujours eu beaucoup d’associations avec le PS et à un moment donné, il y avait même un atelier du GOL, Convergência, connu sous le nom de « Gabinete », car de nombreux ministres du gouvernement d’António Guterres en faisaient partie.
On dit que le PS continue d’être majoritaire, mais il y a eu une ouverture aux autres tendances de la société. La Grande Loge du Portugal était associée au PSD et avait très récemment un grand maître qui était socialiste. Aujourd’hui, ici, je peux dire qu’il y a des gens qui s’impliquent dans d’autres partis et qu’il y a des gens qui ne s’impliquent dans aucun.
Dans votre cas, n’y a-t-il pas de fête?
Non. J’ai fait ce choix de vie.
Y a-t-il des francs-maçons qui sont du PCP, un parti qui a déjà clairement dit qu’il ne voulait pas que ses membres soient francs-maçons ?
Le PCP nous a excommuniés, comme vous le savez. Aujourd’hui encore, nous sommes excommuniés.
Mais y a-t-il quelqu’un ici à GOL du PCP ?
Je ne sais pas, parce que je m’en fiche et je m’en fiche parce qu’à partir du moment où vous prêtez serment et respectez nos principes et nos valeurs, tant que vous maintenez cette posture, peu m’importe le parti auquel vous appartenez.
La polémique avec CHEGA
Mais récemment il y a eu une polémique, à cause de certains frères proches d’André Ventura. Et certains francs-maçons ont exigé que ces personnes soient radiés . Êtes-vous toujours là?
Bien sûr, ils ne le sont pas.
Sont-ils partis parce qu’ils étaient de Chega ?
Non non. Nous ne parlons pas ici de politique partisane. Peu importe que ce soit de Chega, PCP ou Bloco de Esquerda, PS ou PSD. Je m’intéresse au comportement qu’ils ont envers leurs frères.
Mais les gens étaient là avant.
Quand on s’aperçoit qu’il y a des gens qui ne défendent pas les principes sacrés de la liberté alors on les invite à partir. C’est ce qui s’est passé.
Mais si quelqu’un veut entrer et que vous vérifiez qu’il vient de Chega, le laissez-vous faire ?
Cela dépend du type de personnes dont nous parlons. Lors du recrutement, par des conversations que nous avons avec le soi-disant parrain, nous vérifions si cette personne, en venant ici, remplira effectivement le serment qu’elle est tenue de prêter. Je n’aime pas parler de partis politiques spécifiques, ni Chega ni le Parti communiste.
L’une des questions qui devra être résolue prochainement est le plan d’investissement de 7 millions d’euros levés récemment avec la vente d’une partie des actifs. Dans ce cas, la vente d’un immeuble à Praça Figueira. Qu’allez-vous faire de cet argent ?
Cet argent ne provient pas du GOL, mais de l’Internato São João, qui possédait la propriété.
Mais l’internat de São João est une organisation para-maçonnique et selon la constitution du GOL, les organisations para-maçonniques sont les gardiennes des actifs du GOL. Droit?
OK OK. Mais ils doivent se conformer à des règles telles que mener une action sociale. Et c’est pourquoi nous avons déjà deux projets en cours.
Quel genre de projets ?
Nous avons commencé à construire une maison de repos à Parede.
Et qu’allez-vous faire d’autre avec ces sept millions ?
Le conseil d’administration présentera un plan d’action
Quelle est la taille des actifs du GOL et des associations para-maçonniques ?
Vous savez qu’il est difficile de réagir face à l’évolution des prix de l’immobilier. Mais c’est significatif.
Mais quel est l’ordre des valeurs ?
Si vous dites, les appétits commencent à être générés. Cependant, je tiens à dire que dans mon mandat, il n’y aura pas de transfert d’actifs.
Combien chaque membre paie-t-il pour être ici ?
22,5 euros, tous les mois.
Mais alors, par exemple, si un franc-maçon évolue dans une catégorie, il paie aussi, non ?
C’est un fait. Chaque fois qu’on donne une prime à une personne, elle doit payer la soi-disant augmentation de salaire. Par conséquent, en première année, vous payez pour entrer dans la Grande Oriente Lusitano; puis vous payez pour devenir un apprenti ; et puis vous payez pour passer de compagnon à maître.
Un dossier avec des demandes d’emploi
Acceptez-vous les chômeurs ?
Oui, tant qu’il a du mérite.
Et sont-ils exonérés du paiement des cotisations ?
Ouais.
Ne vous demandent-ils pas un emploi ?
Contrairement à mon prédécesseur, qui avait un dossier avec plusieurs candidatures, je n’en ai pas reçu jusqu’à présent.
Et pourquoi pensez-vous que votre prédécesseur avait ces dossiers ? Est-ce sensé de demander un travail au Grand Maître ?
Il l’avait parce que ses frères le lui avaient demandé.
Mais n’est-ce pas un signe que les Maçons pensent que les Frères vous trouveront un emploi ?
Tous les maçons ne le comprennent pas ainsi. Certains oui.
Y a-t-il des francs-maçons dans le gouvernement ?
Si finalement il y a des francs-maçons dans le gouvernement, évidemment, je ne répondrai pas, je ne peux pas vous répondre. S’ils sont là, ils ont dû faire une déclaration d’intérêts.
Quelle est la relation du GOL avec l’Église en ce moment ?
Nous n’avons rien contre l’Église. Nous avons aussi des catholiques ici.
Mais ce n’était pas toujours comme ça, ce n’était pas toujours une relation paisible.
Je n’ai jamais vu ni ressenti d’animosité envers l’Église depuis que je suis ici. Nous sommes des spiritualités différentes, mais nous devons nous respecter.
Avez-vous eu des rencontres avec le cardinal-patriarche ?
Je compte. Nous essaierons d’avoir une réunion et nous aurons les mécanismes appropriés pour le faire.
Mais est-il courant que le Grand Maître du GOL rencontre le cardinal ?
Il n’est pas courant.
Pourquoi voulez-vous cette rencontre ?
Parce que nous voulons nous ouvrir à la société. Et cela faisait partie de mon programme. En plus de nettoyer la maison et, par conséquent, j’ai visité les ateliers.
Combien de loges GOL compte-t-il actuellement ?
104.
Sont-ils répartis sur tout le territoire ?
Dispersés à travers le pays et dans tous les districts sauf un.
Lequel?
Béja. Nous essayons de créer là-bas.
Mais n’y en a-t-il pas à Beja pour une raison politique ?
Non non Non. Rien ne s’est pas passé.
Vous n’avez jamais rencontré le premier ministre ?
Pas encore avec le Premier ministre. J’étais avec le Président de la République.
Et de quoi avez-vous parlé avec Marcelo Rebelo de Sousa ?
Je ne peux évidemment pas commenter ce que j’ai dit au Président de la République. Je peux vous dire que vous avez fait preuve d’une connaissance très approfondie de notre franc-maçonnerie et de ce qu’elle signifie.
Quel est le rôle de la franc-maçonnerie aujourd’hui ?
La franc-maçonnerie ne veut pas et n’a jamais voulu s’imposer à la société. Les personnes qui occupaient des postes élevés dans la nation l’ont fait fondamentalement sur leur propre mérite, ce n’est pas la franc-maçonnerie qui les a mis là. Nous voulons aider la société avec notre façon d’être. Ce que nous voulons, c’est nous enrichir, nous améliorer moralement et intellectuellement, acquérir plus de connaissances. Alors on ne fait pas comme beaucoup, qui se prononcent sur n’importe quoi et sur n’importe quel sujet de manière superficielle.
Mais qu’est-ce qui fait que tant de gens avec certains lieux de pouvoir et d’influence, dans les services secrets, dans le monde des affaires, en politique, sont en franc-maçonnerie ? La franc-maçonnerie attire-t-elle le pouvoir ou le pouvoir attire-t-il la franc-maçonnerie ?
Peut-être que les deux choses sont vraies. Mais nous n’influençons pas la nomination de A, B ou C sur aucun site. Ce qui peut arriver, c’est ce qui se passe dans la société : si j’appartiens à un groupe de déjeuner ou de dîner, je connais un groupe de personnes et j’ai des affinités avec eux. Quand je vais quelque part, je suis susceptible de commencer à penser qu’il y a des gens que je peux emmener avec moi. Et parmi ceux que j’ai rencontrés ou que je connais, je peux choisir l’un ou l’autre pour m’accompagner.
Mais cela ne fait-il pas de la franc-maçonnerie un réseau ? Certaines personnes pourraient voir cela comme un moyen d’avoir plus tard un tremplin vers certains types d’endroits en étant dans le même atelier avec des personnes importantes.
J’avoue que je n’ai pas connaissance de ces cas.
Mais il y a de nombreux cas qui sont arrivés devant les tribunaux et où il est clair qu’il y avait du favoritisme parmi les francs-maçons.
Comme dans la société. Chaque jour, nous entendons parler de cas de corruption et il n’y a pas de francs-maçons là-bas. Nous ne sommes pas un groupe de malfaiteurs. Nous recherchons le bien et nous soucions des autres.
La franc-maçonnerie est-elle mal comprise ?
Nous sommes pleinement conscients que nous ne sommes toujours pas bien considérés dans la société. Il suffit de regarder la loi qui a été adoptée au Parlement dans laquelle nous sommes la seule organisation qui doit informer qui sont ses membres. C’est un recul démocratique.
Une personne qui assume une fonction publique ne devrait-elle pas être transparente afin que, par exemple, lorsqu’elle invite un autre maçon à un poste, il le fasse de manière claire ?
Et pourquoi ne pas faire de même vis-à-vis d’une autre organisation ?
En franc-maçonnerie, ils prêtent serment d’allégeance…
Loyauté.
Lorsque l’on exerce une fonction publique, n’est-il pas légitime de connaître ces loyautés ?
Cette loi est une atteinte aux libertés et aux garanties du citoyen. Je peux appartenir là où j’appartiens et je n’ai pas à m’expliquer. Il suffit de voir combien de titulaires de mandats politiques n’ont pas soumis leurs déclarations d’intérêts à la Cour constitutionnelle et rien ne se passe.
Et pourquoi dois-je prétendre que je suis franc-maçon ? Pour me mettre une croix ? Peut-être que j’appartiens à une organisation dangereuse… Non, nous ne sommes pas dangereux, nous n’avons jamais fait de mal à personne. Nous nous sommes toujours battus pour les libertés au cours de ces 220 ans. C’est le point sacré de notre intervention.
Est-il judicieux de garder divers secrets, comme ne pas divulguer les noms des membres de la franc-maçonnerie ?
La franc-maçonnerie est publique. C’est discret. Par exemple, nous avons aidé la municipalité et une organisation non gouvernementale à accueillir 350 Ukrainiens et nous n’avons jamais divulgué cela. Quant au secret, c’est comme les mariages de Santo António : s’il y avait dix couples, et si on demandait à chacun plus tard ce qu’il ressentait, chacun aurait sa propre expérience. Alors, de la même manière, quand il y a un processus d’initiation, c’est indicible, ça a à voir avec ce que la personne ressent. Le secret réside là-dedans et nous ne pouvons pas l’expliquer.
Et pourquoi les membres du GOL ont-ils un nom différent de celui qu’ils utilisent dans la société civile ?
Elle a une raison philosophique, car l’acte d’initiation signifie naissance et là on acquiert le nom que chacun choisit. Ensuite, il y a la question de la clandestinité, car effectivement toute personne connue sous son propre nom était facilement retrouvée.
Mais cela a-t-il encore un sens de nos jours ?
Cela n’a plus de sens. Tout à l’heure, j’ai publié un décret pour la nomination des membres du Grand Conseil maçonnique et la plupart des frères ont donné un nom profane. Certains, pour des raisons d’activité qu’ils développent, ne se sentent toujours pas libres d’en mettre.
Pensez-vous que la franc-maçonnerie au Portugal est persécutée ?
Les francs-maçons qui veulent occuper certains postes sont persécutés.
Quelle est la raison?
Parce qu’il y a une mauvaise lecture de la franc-maçonnerie, leurs pairs ne l’aiment pas et peuvent agir d’une manière qui leur nuit dans leur activité professionnelle. Je connais des cas.
Quelle est la position du GOL concernant la guerre en Ukraine ?
Nous avons été la première obédience à publier une déclaration de répudiation concernant l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie.
Mais n’est-ce pas là prendre position politiquement ?
Il ne nous est pas interdit de discuter et d’aborder les choses politiquement. Nous ne discutons pas des questions de parti.
Dès ses origines, la franc-maçonnerie accorde une place privilégiée à la musique, « l’art le plus chargé de virtualités initiatiques », selon l’historien Paul Naudon, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Art Royal.
Et la liste des musiciens Maçons, ces Frères à talent selon l’appellation dix-huitièmiste, est longue. En témoignent, par exemple, les musiciens à la matricule de la célèbre loge des Neuf Sœurs (36 musiciens) ou de La Société Olympique (66 musiciens) ou encore celle de Saint-Jean d’Écosse du Contrat Social (97 musiciens). Le plus illustre d’entre-deux étant Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Sans oublier aussi que la plus célèbre et la plus populaire de toute la musique reste sans doute « l’Ode à la joie », quatrième et dernier mouvement de la 9e Symphonie de Ludwig van Beethoven (1770-1827) qui a exalté la fraternité universelle des hommes de bonne volonté et a côtoyé dans sa vie des francs-maçons mais ne le fut jamais.
Gaël de Kerret, 2017
Sans entrer dans une musicologie historique, Gaël de Kerret, artiste qui fut professeur d’art lyrique au Conservatoire de musique, approfondit la relation entre musique et franc-maçonnerie, la recentrant sur le rite qu’il pratique, le Rite Écossais Ancien et Accepté.
Il ne manque pas d’aborder l’enseignement au sein des écoles de l’Antiquité – « Dans le monde grec, l’Ordo est musique » – en développant la théorie pythagoricienne de la musique, mais également dans les écoles du Moyen Âge, avec les arts libéraux que sont le Trivium et le Quadrivium. Ce dernier se rapportant au pouvoir des nombres et se composant de l’arithmétique, de la musique, de la géométrie et de l’astronomie. Des disciplines intellectuelles réputées indispensable à l’acquisition de la haute culture.
D’une Église qui s’efforce d’imposer partout le chant grégorien ou « plain-chant » à une Renaissance avec l’apogée de la polyphonie jusqu’à l’époque baroque, période riche mélangeant rigueur et fantaisie, l’auteur nous initie, en quelque sorte, à toutes ces combinaisons harmonieuses.
Portrait de Claude Debussy par Marcel Baschet, 1884
Comment ne pas s’intéresser au chapitre consacré à Claude Debussy (1862-1918) qui a su mettre en musique le célèbre drame symbolique baignant dans le mystère du prix Nobel de littérature 1911 Maurice Maeterlinck (1862-1949) Pelléas et Mélisande. Et de finir en apothéose avec « La musique fait sa transmutation alchimique ». Abordant la musique du XXe siècle, l’auteur nous fait voyager dans notre patrimoine musical. Mélodie et rythme, prenant un caractère symbolique et d’aide à l’élévation, représentation de tout ce qui est transcendant, supérieur, la musique est essentielle en loge.
Tablier de Maître REAA – DROIT HUMAIN
Nous notons l’emploi de ligatures typographiques donnant ainsi une belle esthétique au texte qui s’enrichit d’un index initiatique des plus utiles.
Dans la préface, Francis Bardot, ténor et chef de chœur, écrit « le livre ne parle pas de musique, il est musique […] la franc-maçonnerie est une école d’écoute et de la musique de l’autre ». C’est vrai ! Et ce voyage, que nous ne pouvons qu’imaginer sonore, nous est offert par Gaël de Kerret de la Préhistoire à nos jours à travers les grandes dates, œuvres et artistes clés qui ont fait finalement l’histoire de cet art.
Gaël de Kerret, L’Esprit-Musique et le REAA (AGAPAE, Coll. Extenebris Lux, 2021, 280 pages, 20 €).
Les sept arts libéraux dans l’Hortus deliciarum d’Herrade de Landsberg, 1180