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Société secrète… Les Philadelphes

Les philadelphes étaient membres d’une société secrète à vocation démocratique, fondée en France à la fin du xviiie siècle et influente à l’époque napoléonienne en Suisse et dans le nord de l’Italie. Après la Restauration (1815) apparurent également des loges « Philadelphia » dans le Royaume des Deux-Siciles, mais c’étaient sans doute des sociétés secrètes nées spontanément dans le sud de l’Italie, sans aucun rapport avec la société secrète de même nom, surgie en France au cours de la période précédente.

Histoire

Les Philadelphes durant la révolution française

François Marie DE CHEFDEBIEN

Une loge maçonnique de Narbonne des Philadelphes aurait été fondée par le Vicomte François-Anne de Chefdebien d’Armissan (créateur du « Rite Primitif de Narbonne » en 1779) avec son fils François-Marie. Ces Philadelphes narbonnais n’ont pas de rapport avec ceux dont parle plus tard Charles Nodier dans son ouvrage.

Les loges Philadelphes napoléoniennes

L’une des sources principales sur les rituels et les buts de la « philadelphie » proviennent d’une Histoire des sociétés secrètes dans l’armée sous Napoléon, texte de l’écrivain romantique et fantastique Charles Nodier, publié anonymement en 1815. Nodier serait l’un des membres fondateurs de la loge, réunis à Besançon en 1796. La date de naissance de la société secrète en France est située suivant les historiens en 1797 ou 1799. Son centre d’irradiation originaire serait la Franche-Comté, où des survivants des groupes Jacobins tentent d’organiser les confréries anti-napoléoniennes formées au sein de l’armée, en réaction au néo-césarisme de Napoléon. Selon Nodier, le fondateur de ce premier mouvement était le colonel Jacques Joseph Oudet et les généraux Jean Victor Marie Moreau et Claude-François de Malet en étaient des membres éminents. D’autres sociétés secrètes proches des Philadelphes, dont celles menées par les leaders italiens Luigi Angeloni et Filippo Buonarroti, ont eu une certaine importance dans l’organisation des complots militaires anti-napoléoniens sous l’Empire. Ce type d’organisation secrète est issu de la franc-maçonnerie. En Italie, l’influence des sociétés secrètes d’origine française a diminué rapidement avec l’émergence du carbonarisme, l’idéal devenant plus nationaliste et patriotique et moins universaliste.

Les Philadelphes après la Restauration

Les rébellions homonymes d’inspiration carbonari, qui ont soulevé le sud de l’Italie, en particulier dans les Pouilles et dans le Cilento, entre 1816 et 1828, sont indépendantes de la Philadelphie française. Dans le Cilento, en 1828, une insurrection de Philadelphiens, qui a appelé à la restauration de la Constitution de Naples en 1820, a été violemment réprimée par le directeur de la police du Royaume bourbonnais des deux siciles, Francesco Saverio Del Carretto : entre autres exactions, il faut noter la destruction du village de Bosco (7 juillet 1828).

Les Philadelphes à Londres

Le publiciste Jean Phillipe Berjeau rédacteur dans la chronique politique internationale La voix du proscrit fonde en 1850 sous les auspices du Rite de Memphis créé par Jean Étienne Marconis de Nègre, une loge londonienne qui prend le nom de Philadelphes et donne naissance à une Grande Loge des philadelphes. Autour de cette grande loge une société fraternelle des démocrates socialistes ouverte à tous, travaille au rassemblement des proscrits. Plusieurs personnalités sont actives au sein de ces sociétés et loges comme Louis Blanc, Felix Pyat ou Jean-Baptiste Boichot. La loge des Philadelphes s’érige en terre d’accueil pour toutes les tendances républicaines, mais nombre de ces membres sont aussi présents au sein de l’Association internationale des révolutionnaires.

Grande Loge des Philadelphes

Jean Étienne Marconis de Nègre

La Grande Loge des Philadelphes (ou simplement Philadelphes ) était une loge maçonnique fondée à Londres par des exilés français en 1850, associée aux Quarante-Huitards . Il s’appelait à l’origine Les Sectateurs de Ménès ( français pour « Disciples de Menes ») d’après le pharaon égyptien Menes, mais a changé de nom en 1853. Parmi ses membres se trouvaient Charles Bradlaugh et son collègue libre penseur Austin Holyoake . Il était associé au Conseil Suprême de l’Ordre Maconnique de Memphis, un ordre maçonnique, et au Rite de Memphis. La Grande Loge d’Angleterre s’est opposée aux Philadelphes, car elle comptait un certain nombre d’athées parmi ses membres et n’exigeait pas l’observance religieuse.

Charles Nodier (Peint par Paulin Guérin)

Il est devenu un centre d’activité révolutionnaire conspiratrice. Il avait des liens apparemment étroits avec le révolutionnaire français Charles Nodier (présumé grand maître du prieure de ‘ sion à l’époque.) Nodier a même parlé de la société secrète après avoir publié son livre sur le sujet en 1822.

Au début, il était composé principalement d’émigrés français. À partir de 1852, il entretient des liens étroits avec le groupe politique La Commune Révolutionnaire , qu’il semble avoir fondé, tous les membres éminents d’une organisation étant membres de l’autre. Bien que certains associés de Blanqui soient impliqués, comme Jean Baptiste Rougé et Théophile Thoré, ils ne jouent pas un rôle prépondérant. Celle-ci fut plutôt prise par des Montagnards ou des Jacobins , la plupart d’entre eux ayant un long passé de politique conspiratrice.

Outre La Commune Révolutionnaire , ils fondèrent également l' »Association Internationale », qui exista de 1855 à 1859. Ses tâches principales, telles qu’énoncées dans ses statuts, consistaient à diffuser la doctrine de la solidarité et à préparer la mise en œuvre de « l’idéal de nos cœurs« . , la République Démocratique et Sociale Universelle ». Cependant, malgré les tentatives de développer des liens avec les chartistes anglais , il est resté une organisation d’émigrés en Angleterre et en Amérique . Bien qu’il ait été affirmé qu’il s’agissait de la première forme de prolétarisme international, il est resté un groupe conspirateur plus proche de la Jeune Europe de Mazzini . Ils étaient également partisans d’actes de terreur individuels . SuivantAprès l’attentat de Felice Orsini contre la vie de Napoléon III , le gouvernement britannique tente de faire juger Simon François Bernard , un autre émigré. Les Philadelphiens ont défendu à la fois les actions de Bernard et l’assassinat de tyrans. En effet Adolphe Talandier , Gustave Jourdain, Joseph Holyoake et Félix Pyat (tous Philadelphiens) furent les seuls à prendre la parole lors de ses obsèques quelques années plus tard. Ils organisent également un banquet (sous le nom de la Loge) pour Paolo Tibaldi lorsqu’il arrive à Londres après avoir purgé une peine de prison pour attentat à la vie de Napoléon III. Louis Blanc , Talandier et Gustave Flourens (un autre Philadelphien) ont pris la parole à cette occasion.

Les Philadelphiens recrutaient principalement parmi les socialistes révolutionnaires, mais gagnaient peu de recrues dans les cercles d’émigrés italiens en raison de leurs critiques acerbes de Mazzini . D’où le manque d’Italiens dans l’Association internationale. Cela a cependant changé en 1858-9 lorsque la guerre entre le Piémont et l’Autriche a commencé à se préparer. Malgré la publication d’un Manifeste critiquant Mazzini pour sa position antisocialiste émanant de l’Association internationale, il n’a été signé par aucun des dirigeants de La Commune Révolutionnaireou les Philadelphiens. Les preuves dans le Staatsarchiv de Vienne montrent qu’il y avait un combat de faction et que les Philadelphiens optaient pour un rapprochement avec Mazzini. Le soutien de Napoléon III au Piémont a facilité les victoires de Garibaldi , même si elles n’ont pas indiqué une trajectoire politique à gauche de la part de l’empereur.

Après sa campagne en Italie, Garibaldi crée la Légion internationale , dirigée par Ludwik Mieroslawski , et de 1859 à 1864, les Philadelphiens se concentrent sur son soutien. Selon La monde maçonnique (1874), Garibaldi, Mazzini, Charles Bradlaugh et Louis Blanc étaient tous membres de la London Lodge of the United Philadelphians. Un bloc a été formé par les Philadelphiens en grande partie français avec Garibaldi et ses partisans italiens. Bientôt, leurs rangs ont été grossis de Belges et de Suisses, qui entreprirent alors d’organiser une nouvelle organisation internationale pour remplacer l’Association internationale.Johan Philip-Becker lança en 1863 une invitation à un Congrès des mouvements démocratiques et républicains de tous les pays duEurope occidentale . Le Congrès se tint à Bruxelles en septembre 1863, présidé par Pierre Coulery de La Chaux-de-Fonds en Suisse. Il a émis une résolution pour créer une Association Fédérative Universelle de la Démocratie . Cependant, cela a été éclipsé par le voyage de Garibaldi à Londres et la tentative d’agitation parmi les groupes de travailleurs et les organisations démocratiques.

Les Philadelphiens ont été très actifs dans l’organisation d’une réception pour Garibaldi à Londres, créant une société spéciale appelée La France Libre . Les négociations officielles avec les cercles gouvernementaux ont échoué, mais les Philadelphiens ont joué un rôle majeur en se rapprochant des organisations de base. Au cours de cette agitation, ils ont abandonné l’expression «République Démocratique et Sociale Universelle», et l’agitation socialiste a pris la deuxième place derrière le développement de relations plus solides entre les démocrates français et italiens. Aucune mention n’a été faite de la promesse de Garibaldi en 1860 que la Légion internationaleporteraient la lutte dans leur propre pays une fois l’Italie libérée. Cependant, les Philadelphiens se dirigeaient vers une politique de masse et s’éloignaient d’essayer d’influencer les cercles gouvernementaux, en particulier parmi leurs alliés belges et suisses, qui avaient supporté le poids de l’organisation du Congrès de 1863 en Belgique. On ne sait pas si l’Ordre de Memphis avait créé des groupes à Genève et à Bruxelles. A cette époque, des membres de groupes d’ouvriers parisiens se rendaient à Londres pour se familiariser avec le mouvement ouvrier anglais . Leur approche était beaucoup plus ouverte et populaire que les méthodes clandestines que l’Ordre de Memphis avait conservées des générations précédentes. Pourtant, les Philadelphes ont contribué de manière significative à la création de l’ Association internationale des ouvriers .

Le Rite a prospéré en Angleterre à partir de 1850 environ avec de nombreuses loges de langue française . De nombreux républicains ardents s’y engagent ( Louis Blanc , Alfred Talandier , Charles Longuet et Giuseppe Garibaldi (membre honoraire)). En 1871, la chute de la Commune de Paris a contribué à une diminution dans les Loges qui a continué en 1880 suite à l’amnistie offerte par le nouveau gouvernement républicain français.

En Égypte , le Rite se développe rapidement sous la direction du Frère Solutore Avventure Zola, Grand Hiérophante de 1873 jusqu’au règne du Roi Farouk . Jacques Étienne Marconis de Nègre a implanté le Rite en Amérique vers 1856. Celui-ci a été développé sous l’énergique Grande Maîtrise de Harry Seymour en 1861.

En 1881, les deux Rites sont fusionnés, effectifs à partir de 1889. A partir de ce moment, le Rite de Memphis-Misraïm se répand dans le monde.

Constitué par Marconis de Nègre en 1838, le Rite de Memphis est une variante du Rite de Misraïm. Il reprend la mythologie égypto-alchimique et la complète avec des pièces empruntées aux templiers et à la chevalerie.

Le Sacre de Memphis attire des personnalités en quête d’un idéal. Elle connut un certain succès auprès des Loges militaires jusqu’en 1841 ; la date à laquelle il a été mis en sommeil. Mais, avec le limogeage de Louis-Philippe en 1848, le Rite fut réactivé.

En Angleterre, à partir de 1850 environ, de nombreuses Loges anglaises pratiquent le Rite de Memphis en français. Ils ont maintenu la célébrité pour avoir accueilli des républicains ardents (Louis Blanc , Alfred Talandier , Charles Longuet et Giuseppe Garibaldi, (membre honoraire)). En 1871, la chute de la Commune de Paris a contribué à une diminution des loges qui ont encore décliné vers 1880 suite à la déclaration d’amnistie du nouveau gouvernement républicain français.

11/01/1907 : Naissance de Pierre Mendès France, Louveteau puis Franc-Maçon

Pierre Mendès France est né le 11 janvier 1907 à Paris. Cet homme politique français a commencé sa carrière dans l’Eure, en 1932, en tant que député. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut nommé président du Conseil par René Coty en 1954. Il échoua dans ses tentatives de réforme en Algérie et entraîna la chute de son gouvernement. Bien après sa mort le 18 octobre 1982, il reste une figure emblématique de la Gauche française.

Pierre Mendès France en 1932 (BnF, Paris).

Le plus jeune avocat de France : Pierre Mendès France, issu d’une famille d’origine portugaise, est à l’âge de 21 ans le plus jeune avocat de France. Inscrit au Parti Radical depuis l’âge de seize ans, il s’intéresse aussi aux questions économiques et financières. Il milite au sein de la Ligue d’Action Universitaire Républicaine et Socialiste (LAURS), mouvement d’étudiants s’opposant à l’extrême droite, dont il est l’un des dirigeants.

La chambre des députés et le front populaire en mai 1936

Un brillant début dans la politique… : Pierre Mendès France est élu député de l’Eure en 1932 et devient maire de Louviers en 1935. Son livre La banque internationale, Contribution à l’étude du problème des Etats-Unis d’Europe (1930) fait de lui un économiste reconnu. Malgré son désaccord sur la politique monétaire et sur la non-intervention dans la guerre d’Espagne, Pierre Mendès France soutient le Front Populaire. Sous-secrétaire d’État au Trésor dans le deuxième gouvernement de Léon Blum (du 13 mars au 8 avril 1938), il propose une audacieuse réforme économique, se réclamant de principes keynésiens. Mais le gouvernement est renversé avant qu’elle ne soit appliquée.

Pierre Mendès France et Georges Boris en 1938.

… Et un résistant : Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Mendès France, qui a rejoint Londres, combat dans les Forces aériennes françaises libres et fait partie du Comité français de libération nationale. En 1944, de Gaulle le nomme ministre de l’Economie, mais Pierre Mendès France démissionne en avril 1945 lorsque le général refuse de suivre sa politique de rigueur.

Pierre Mendès France en 1948 (photographie Studio Harcourt).

L’économiste :De 1946 à 1951, il s’éloigne de la politique et travaille au sein de différentes institutions internationales : Banque internationale pour la reconstruction et le développement, Conseil économique et social de l’ONU, Fonds Monétaire International (FMI) dont il est élu président en 1948. Rappelons que Pierre Mendès France avait représenté la France aux accords de Bretton Woods. Accords destinés à organiser le système monétaire international après la Seconde Guerre mondiale s’agissant de mettre en place un système qui prévient les crises (telles que celle de 1929) et de reconstruire l’Europe.

Pierre Mendès France reçu par Lamine Bey, dernier bey de Tunis, le 31 juillet 1954.

Un talentueux communiquant : Pierre Mendès France innove aussi dans la communication. Contrairement aux gouvernements précédents, il estime avoir des comptes à rendre au pays. Chaque semaine, il explique sa politique aux Français dans des causeries radiodiffusées. Ce sens de la communication fait beaucoup pour sa popularité dans de l’opinion. Le magazine L’Express, fondé en 1953, mène en outre un habile travail de propagande en faveur du chef du gouvernement. Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, à la tête de l’hebdomadaire, popularisent les idées de Mendès France en mettant en avant la modernisme de son action.

Retrouvez la voix de Pierre Mendès France…

Le Président du Conseil : Après s’être opposé à la politique coloniale depuis 1950, Pierre Mendès France qui est Président du Conseil de 1954 à 1955, signe les accords de Genève mettant fin à la guerre d’Indochine. Puis il accorde l’autonomie à la Tunisie. Son gouvernement est finalement renversé en février 1955 par l’Assemblée nationale.

Avec Shimon Peres et Christian Fouchet à l’ambassade d’Israël, en 1964.

Après avoir été brièvement ministre dans le gouvernement Guy Mollet en 1956, Pierre Mendès France s’oppose au projet de Constitution du général de Gaulle qui est adoptée par référendum en 1958. En raison de sa politique et de ses origines juives, il fut la cible de l’extrême droite et des poujadistes.

Pierre Mendès France en 1968.

L’homme de conviction : Adversaire intransigeant du gaullisme, il milite alors au Parti socialiste unifié (PSU) et participe à la recomposition de la gauche socialiste. Battu aux élections législatives de 1968, Pierre Mendès France reste en retrait de la vie politique, mais soutient la candidature de François Mitterrand aux élections présidentielles de 1974 et 1981.

Jouissant d’une réelle popularité dans l’opinion, Pierre Mendès France conserve l’image d’un homme politique modèle ayant marqué l’histoire de la IVe République.

Pierre Mendès France, le Maçon : Fils de Franc-Maçon, et donc Louveteau ou encore Lowton, terme anglais désignant le fils d’un maçon lorsqu’il a été présenté à la loge et adopté – un usage tombé en désuétude –, Pierre Mendès France fut initié le 19 mai 1928 à la Respectable Loge « Paris », à l’Orient de Paris. Il visita également souvent la Loge « Union et Progrès » à Pacy-sur-Eure. D’autres biographes disent qu’il fut membre, toujours à l’Orient de Pacy-sur-Eure, de la Respectable Loge « Honneur et Probité ».

Façade GODF, Paris
Façade GODF, Paris

Pierre Mendès France (PMF) s’éloignera de la franc-maçonnerie en 1945, après son refus de remplir une attestation sur l’honneur établissant qu’il n’a pas pactisé avec Vichy ou les Allemands, attestation qui est alors demandée à tous les frères souhaitant réintégrer le Grand Orient de France.

Il est surtout resté un modèle de vertu pour les humanistes et les républicains, au point qu’une Loge du Grand Orient de France porte son nom.

Humanisme, la revue des Francs-Maçons du Grand Orient de France, en son numéro 278, de septembre 2007, consacre un dossier à Pierre Mendès France intitulé « Du mythe à l’héritage ».

En octobre 2007, une exposition, créée par l’Association Valmy, qui témoigne à travers des reportages des actions des organisations humanitaires françaises, lui a été consacré en l’Hôtel du Grand Orient de France.

L’édition de 1981 est un pavé de 560 pages comportant de nombreuses illustrations N&B.

En termes d’ouvrages, citons surtout celle de Jean Lacouture (1921-2015) avec son Pierre Mendès France (Éd. du Seuil, 1981 ; POINTS, Poche-Histoire, 2010). Le journaliste a écrit plus d’une quarantaine de livres, notamment sur l’histoire contemporaine ainsi que de nombreuses biographies (Hô Chi Minh, de Gaulle, Malraux, Blum, Mauriac, Champollion, Montaigne, Mitterrand…) livre avec celle de Pierre Mendès France une belle étude sur cet « homme qui, n’ayant exercé l’autorité de l’État que quelques semaines en 1938 sous l’égide de Léon Blum, puis de 1943 à 1945 dans la mouvance de Charles de Gaulle, et huit mois en 1954 et 1955 au sommet des responsabilités, a su néanmoins s’imposer comme le symbole d’une conception de la vie publique, démontrant que l’action politique n’est pas avilissante par nature, ni le pouvoir pervers par essence ».

Pièce de 5 fr. – avers, 1992

Deux citations de Pierre Mendès France permettent de mieux comprendre l’homme

« La démocratie est d’abord un état d’esprit. » Pierre Mendès France, La République moderne (1962).

5 fr. Mendès, revers

« La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir. » Pierre Mendès France, Sept mois et dix-sept jours.

Sources : Toupie, Wikipédia, Wikimedia Commons, BnF, le Ligou, laculturegenerale.com

Entre autres, deux ouvrages de PMF

Choisir-Une certaine idée de la gauche
la vérité guidait leurs pas
Plaque commémorative 75 rue de Turbigo (3e arrondissement de Paris).
Plaque commémorative, au 23 rue du Conseiller-Collignon, dans le 16e arr. de la capitale.
Conférence de l’OTAN sur le réarmement de l’Allemagne, le 20 octobre 1954. Avec Anthony Eden, John Foster Dulles et Konrad Adenauer.
Dernière séance de la conférence sur l’Indochine au palais des Nations de Genève, le 21 juillet 1954. De dos, au premier plan, la délégation nord-vietnamienne.
Meeting du PSU à la Halle aux Grains de Toulouse en janvier 1962.
Mendès France, contre la Guerre d’Algérie lors d’un meeting du PSU à Toulouse le 20 janvier 1962.
PMF (Studio Harcourt, 1948, détail).

Les templiers : de l’histoire à la pop-culture

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L’Ordre du Temple fut le premier ordre militaire-religieux d’Occident. Ces religieux avaient curieusement le droit de se battre et de verser le sang. D’où vient leur ascension ? Comment étaient-ils organisés ?

Pourquoi le roi Philippe le Bel et le pape Clément V se sont-ils alliés pour leur chute ? En 1312, l’Ordre du Temple est aboli. Malgré cette suppression, il semble que ces chevaliers soient encore parmi nous. En tout cas, les BD, les romans et les jeux vidéo les font revivre. Mais leurs auteurs offrent souvent à leur public une image fantasmée de ces religieux combattants.

3:08 Brève histoire des templiers

13:16 Portrait des templiers

34:11 La chute des templiers

1:00:31 Le retour des templiers : les néo-templiers depuis le XVIIIe siècle, les templiers dans la pop-culture (Les Rois Maudits, Assassin’s Creed, Indiana Jones et la dernière croisade, Les templiers sont parmi nous, Game of Thrones)

« Je ne sais pas qui ils sont, ni ce qu’est la franc-maçonnerie ! » Mgr Américo Aguiar

De notre confrère portugais sol.sapo.pt – Par Vitor Rainho

Il se rend à Estádio do Dragão ainsi qu’à Moda Lisboa et s’entretient avec le président et le Premier ministre. Voici l’un des hommes les plus influents de l’Église catholique portugaise.

Dans la première partie de l’interview, Mgr Américo Aguiar a parlé des défis des Journées mondiales de la jeunesse, des « guerres » dans l’Église, de la place de chacun dans l’Église catholique, de sa relation avec le Pape et avec Tolentino Mendonça. Commençons par la dernière question de la première partie.    

On dit que le cardinal Tolentino Mendonça, évidemment, comme il l’a fait pour la retraite spirituelle du pape, a eu plus tard cette accession. Mais on dit aussi que ceux qui organisent normalement les Journées Mondiales de la Jeunesse…

Le voilà qui revient…

On dit qu’il est bien placé. Le nonce apostolique, me dit-on, a beaucoup de mal aujourd’hui à trouver des évêques, outre le fait qu’il y a peu de prêtres, mais aussi parce qu’ils doivent faire une radiographie sur la personne, parce que personne ne nomme un évêque et demain il y aura un article dans le journal pour être accusé de quoi que ce soit. C’est vrai?

C’est vrai. C’est vrai.

Et qu’est-ce qui rend cela difficile…

Dans les quatre, cinq prochaines années, l’Église portugaise change presque la moitié des évêques, c’est une réalité. Il est logique que dans une conversation de café, nous disons tous que le nonce est responsable de tous les maux et cela n’a aucun sens de retarder et ceci et cela. C’est parler de café. La réalité est que le travail en coulisses est nécessaire pour se conformer aux protocoles, et c’est de plus en plus difficile. Ça veut dire d’abord ce processus d’écoute, parce que c’est très intéressant qu’on parle, parle, parle, mais ce qui est certain c’est que cette écoute se fait.

Et maintenant bien plus encore…

Cette soumission, le choix de trois évêques [dont les noms sont envoyés au Vatican pour que le Pape en choisisse un], est le résultat d’une interrogation. On peut dire qu’il n’a pas demandé à qui il le devait, on peut dire qu’il n’a pas répondu à ce qu’il aurait dû répondre, on peut en dire beaucoup, mais ce qui est fait est fait. Prêt. Ensuite, l’examen minutieux de chacun se fait jusqu’à la moelle, et de plus en plus. Car c’est ce qu’il dit : vous ne pouvez pas risquer, même pour les personnes concernées, que quiconque se présente d’un instant à l’autre, quelle que soit leur fragilité, les mette dans une situation très compliquée et donc cet examen se fait avec beaucoup de soin .soin et avec première, deuxième et troisième main. Et puis il arrive aussi, et je comprends, qu’il y ait des frères à moi qui, vu la possibilité ou l’invitation ou lors de la nomination, pensez et répondez négativement à cette proposition, à cette demande que l’Église vous fait, parce que la personne est placée devant le possible. Le Saint-Père demande, le Saint-Père indique et la personne dit oui ou dit non en toute liberté, comme cela arrive toujours.

Lorsque vous avez été nommé prêtre, quel était l’âge moyen des évêques à l’époque ?

60 et beaucoup.

Mais maintenant nous commençons à avoir l’archevêque de Braga qui a 46 ans…

46 ? Déjà eu. Maintenant, il y en a une cinquantaine [rires]. Pourtant, 10 ans ont passé. Il a été nominé avec 40 et autres.

Il a 49 ans. Il y a une nouvelle vague, ça n’a rien à voir avec ce qu’était l’Église il y a quelques années au Portugal.

Je ne sais pas si c’est juste pour nous de faire ce genre de… En fait, il faut toujours, que ce soit dans l’Église ou dans la société en général, valoriser ce qu’est le rapport générationnel et l’échange générationnel, parce que je pense qu’on gagne rien en disant que les autres n’étaient pas et nous sommes et vice versa. Je pense que les choses ne sont pas comme ça. Maintenant, il est évident que pour moi il y a des choses beaucoup plus faciles et plus évidentes que pour mes frères évêques qui ont 70 ou 60 ans. Il y a des questions, il y a des sujets et il y a des sensibilités que je suis programmé par nature pour accepter, puis suivre et comprendre. Et peut-être qu’ils ne le font pas. Comme il y a une expérience de vie et un témoignage de foi qu’ils ont que je n’ai pas. Parfois j’ouvre la bouche et j’ai l’impression qu’ils disent « tu vois que tu es jeune ».

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir prêtre ? Il a dit qu’il avait même intimidé un collègue qui était allé au séminaire…

Retirons la bande. Je suis allé au catéchisme. J’étais dans les scouts et le chef du groupe, Zé Teixeira, à un certain moment, après ce que vous avez déjà mentionné, m’a invité à participer aux réunions du pré-séminaire du diocèse de Porto, au séminaire d’Ermesinde , dans Bom Pastor. J’ai pensé qu’un peu… Au début, cette conversation a été une surprise pour moi, surtout avec mon inscription, puis je suis parti.

C’était quel disque ?

Celle d’avoir noirci la vie de notre confrère pour qu’il fréquente le séminaire. Puis venir me voir et me proposer d’aller au séminaire était un peu provocateur. Eh bien, je suis allé à ces réunions pré-séminaires et après avoir quitté cette réunion, j’ai conclu que ce n’était pas mon avenir, ce n’était pas ma vie. Et j’ai eu une expérience de vie que je suis très reconnaissante à Dieu de m’avoir permis de vivre, car je me suis impliquée dans ce qui était une expérience de vie municipale, qu’elle soit partisane ou non. J’ai travaillé avec le professeur Vieira de Carvalho au conseil municipal de Maia et j’ai travaillé avec Narciso Miranda au conseil municipal de Matosinhos.

Et à cette époque il ne rencontrait pas de femmes, il ne sortait pas dîner avec des femmes…

Avec certitude. Et cette expérience m’a conduit, aujourd’hui encore, à avoir une profonde gratitude pour tous ces citoyens. Pour les citoyens qui sont prêts à servir la cause publique, qui sont prêts à participer aux élections et qui sont prêts à servir les Portugais aux niveaux les plus divers de l’organisation de l’État, car malheureusement ces personnes sont quotidiennement insultées, mises en cause, accusées de tout et autre chose. Mais nous, en tant que citoyens, sommes très reconnaissants à tous, de tous les partis, de s’être rendus disponibles pour être candidats, pour perdre, pour gagner, pour défendre leurs idées et pour servir ainsi le pays. Je ne vois pas une démocratie solide.

Quel âge aviez-vous lorsque vous étiez maire ?

J’avais 19 ans. Je pense que j’étais candidat à 18 ans. C’était très amusant.

Et comment se fait-il qu’elle saute les dîners avec ses amis pour se glisser dans un couvent ? Vous n’avez jamais eu envie ?

Chaque jour j’ai une envie.

Je parlais des filles…

Au cours de l’été 1995, j’ai demandé à parler au recteur du séminaire, le chanoine Sousa Marques, malheureusement déjà décédé, un vieil homme vétéran. Je suis allé avec lui, Maia est à côté de Valongo. J’étais dans un service et j’ai réussi le séminaire. J’y suis allé, j’ai sonné, c’était en août ou en juillet et j’ai demandé à lui parler. J’ai dit que je voulais lui parler et il m’a dit qu’il m’attendait. « Tu es parti l’autre fois parce que tu étais connecté à beaucoup de choses », en politique…

Était-il en politique et au séminaire en même temps ?

Ne pas. Je suis entré au pré-séminaire, j’ai quitté le pré-séminaire et je suis entré en politique. Maintenant je reviens. Et il m’a dit ‘Écoute, puisque tu étais là, je t’ai fait signe. Et j’attendais que tu reviennes un jour. Écoutez, alors c’est comme ça, vous pouvez revenir, mais le jour où vous venez, vous devez être libéré de tout cela ». Je suis resté… et j’ai eu deux conversations très importantes avec le professeur Vieira Carvalho et avec Narciso Miranda. Après quelques jours, j’ai commencé à y penser et je suis allé lui parler. Il a dit ‘Je suis jeune, j’ai un travail qui me plaît’. J’ai travaillé dans l’éducation à l’environnement. J’ai été le premier conseiller en écho du pays. Maintenant il y en a beaucoup. J’ai beaucoup aimé travailler dans les écoles, je suis allé dans les écoles. Et d’un point de vue politique, j’ai beaucoup aimé l’intervention publique, citoyenne, j’ai beaucoup aimé ça et j’ai beaucoup appris. Au fait, j’ai beaucoup d’amis du CDS, de la CDU… Je n’ai pas les nouveaux partis parce qu’ils n’existaient pas. Je suis allé lui parler et Vieira Carvalho m’a dit : ‘Américo, je suis très content de cette nouvelle, je te soutiendrai dans tout ce dont tu as besoin’.

Narciso Miranda n’a-t-il pas dit qu’il était un geek ?

Non, au contraire. C’est pourquoi c’est important. Il m’a beaucoup soutenu et je dis parfois que je suis très reconnaissant envers ces deux hommes. On parle d’un gamin de 20 ans.

Vous n’avez pas oublié de copines ?

Ne pas. Tout est résolu. Si l’un d’entre eux avait mis des si, avait agité quoi que ce soit, je ne sais pas quelle aurait été la réaction, mais non. Que ce soit l’un ou l’autre, je suis très reconnaissant. L’un est au ciel, l’autre est dans notre coexistence terrestre. Et je leur suis très reconnaissant du soutien qu’ils m’ont toujours apporté. Je suis arrivé en septembre, j’ai tout abandonné, j’ai dit adieu à tous mes engagements puis je suis allé au séminaire. J’ai eu un mois très difficile à cause de mon addiction au café. J’ai bu environ 20 cafés par jour sur ces tâches et je suis allé au séminaire et j’ai réussi zéro car la machine à café était cassée, il n’y avait pas de personnel de bar au séminaire et pendant ce mois c’était une chose très compliquée. Eh bien, à partir de ce moment-là, j’ai survécu jusqu’à aujourd’hui.

Est-ce à cause de votre passage en politique qu’on dit que vous avez des liens étroits avec la franc-maçonnerie ?

Eh bien, ils disent tout.

Mais j’ai entendu dire qu’il avait des liens très étroits avec GOL.

Ne pas. GOL Je ne le connais que du but. Je ne connais aucune de ces institutions. En fait, de temps en temps, je pense que c’est une chose positive.

Ne vous ferez-vous pas prendre en train de mentir et quelqu’un vous verra-t-il entrer dans une loge maçonnique ?

Je ne sais pas où ils sont ni ce qu’ils sont, je n’en ai aucune idée. Qu’ai-je ressenti dans ma vie comme réalité ? Que chaque fois que nous faisons quelque chose et que nous devenons visibles, nous devenons la cible de critiques ou d’insinuations. Déjà. En fait, tous les projets auxquels j’ai participé, mon cher ami, pendant quelques années, j’ai participé à ce qui a été l’intervention des Clérigos, de l’Église des Clérigos et j’en ai marre d’entendre ça tout le temps que tout se justifie du fait de mes relations exceptionnelles avec The , B, C… C’est banal. J’ai appris il y a longtemps que seules des pierres sont lancées sur les arbres fruitiers, donc je dois vivre avec ça. Je ne sais pas quel est le cursus ni quel est le profil pour être invité ou ne pas être invité. Malheureusement je n’y suis pas allé. On m’interroge également sur l’Opus Dei. Je dis toujours la même chose. Je suis de Pedro, Je suis prêtre diocésain, je suis évêque d’un diocèse, je suis de Pedro, j’ai une affection ombilicale pour notre cher Pape François. Je suis un fan de Benfica converti au Futebol Clube do Porto et donc…

C’est le Dragon d’Or.

D’honneur, maintenant.

Il parle directement avec le Président de la République, avec le Premier Ministre, c’est un ami personnel de Magina da Silva, dit-on…

J’ai déjà vu une référence à cette circonstance et je dois la corriger. Je suis un ami, pas un ami personnel, du surintendant Magina. Mais je suis son ami. D’ailleurs, j’ai été aumônier national du Service des incendies et j’ai une affection toute particulière. Et je le répète, j’ai une affection particulière pour la police, la GNR, les militaires et les pompiers. Je pense que la société portugaise a une dette intérieure de gratitude envers ces hommes et ces femmes qui servent le bien commun avec leurs uniformes et qui donnent chaque jour, lorsqu’ils quittent la maison, la chance de donner leur propre vie et cela n’a aucun sens pour vous payer. Et on ne correspond pas au niveau qu’on devrait correspondre à ces hommes et ces femmes, et c’est pour ça, que ce soit Magina ou Farinha, avec qui je suis très ami. Que ce soit du GNR, le Clergé qui a cessé ses fonctions, maintenant le nouveau, le précédent, que ce soit des Forces Armées. J’ai une affection, une amitié, très proche… Mon cher commandant Jaime Marta Soares et maintenant António Nunes. J’ai pour chacun d’eux une affection toute particulière et, par conséquent, je ne fais que m’excuser auprès d’eux, peut-être parfois, de ne pas pouvoir correspondre davantage à la reconnaissance chrétienne que nous leur devons.

Nous devons admettre qu’il est l’un des hommes les plus puissants de l’Église. Il a sous son aile un empire des communications, Rádio Renascença, œuvre d’un évêque de 49 ans.

L’Église est parole et elle est service. Donc nous en sommes là. Parler à A, B ou C… Depuis que je suis petit, j’aime être constructeur de ponts et il n’y a rien qui m’empêche de parler à A ou B. C’est pourquoi, chaque fois que l’Église me donne un défi, chaque fois que l’Église me confie une mission, je vais au bout du monde si nécessaire pour la mener à bien.

Mais ce n’est pas un évêque très conventionnel. Quelqu’un m’a dit qu’ils étaient à un défilé de mode.

C’était à Moda Lisboa. C’était une expérience unique. J’étais ravi. C’était une édition de Moda Lisboa, avec Santa Casa da Misericórdia de Lisboa, dans laquelle les modèles étaient des utilisateurs d’équipements sociaux à Santa Casa, avaient leurs grands-mères dans leurs maisons. Il y avait des jeunes des établissements d’accompagnement tous déguisés en mannequins professionnels.

Mais il a vu les autres défilés.

Scie. En fait, il y en a eu un qui m’a fait plusieurs clins d’œil et je n’ai pas pu voir qui c’était. Puis j’ai réalisé qui c’était et que je le savais, car je m’inquiétais déjà d’un clin d’œil.

Au fait, qui était-ce ?

C’était Carina Caldeira, de Porto Canal. Mais elle a été produite et je ne l’identifiais pas. L’Église propose, n’impose pas. Et moi, en tant qu’évêque, je suis envoyé par le Pape pour proposer le Christ, le Christ vivant, à des frères et sœurs de toutes les géographies, en toutes circonstances, tant qu’ils me respectent et respectent les autres, bien sûr. Et donc, je n’ai jamais eu de problème à être avec qui que ce soit, à parler à qui que ce soit et j’aimerais pouvoir toujours embrasser tout le monde et n’importe qui, peu importe ce qu’ils sont, ou ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent. Je pense que c’est ce que nous devrions être, ces bras ouverts du Corcovado ou de notre Cristo-Rei de Almada. Je pense que c’est ça notre mission d’accueillir à bras ouverts, sans porter de jugement sur qui que ce soit. Il y a ce passage de l’Evangile qui me captive et m’émeut lorsque cette femme qui était accusée d’être une pécheresse et que la foule voulut la lapider et demanda à Jésus quoi faire. Et Jésus a dit que ceux qui n’ont jamais péché devraient jeter la première pierre. Et ils ont paniqué. Et Jésus a dit : ‘Personne ne t’a condamné, moi non plus je ne te condamne pas. Lève-toi et ne pèche plus ». Je pense que ça doit être notre école, ça doit être nos paroles, nos gestes. Le problème n’est pas quand nous tombons et quand nous nous rattrapons. Le problème est d’avoir la force de se lever et d’avoir à nos côtés des personnes qui nous aident à nous relever. Lève-toi et ne pèche plus ». Je pense que ça doit être notre école, ça doit être nos paroles, nos gestes. Le problème n’est pas quand nous tombons et quand nous nous rattrapons. Le problème est d’avoir la force de se lever et d’avoir à nos côtés des personnes qui nous aident à nous relever. Lève-toi et ne pèche plus ». Je pense que ça doit être notre école, ça doit être nos paroles, nos gestes. Le problème n’est pas quand nous tombons et quand nous nous rattrapons. Le problème est d’avoir la force de se lever et d’avoir à nos côtés des personnes qui nous aident à nous relever.

Interfère-t-elle avec la ligne éditoriale de la Renaissance ?

Jamais. Avec beaucoup de souffrance [rires]

Mais les chansons… La Renaissance a interdit les chansons.

C’est un mythe urbain. C’est arrivé dans le passé.

Pas maintenant? Vous savez que ce n’est pas vrai !

Ce n’est plus moi maintenant. Cela s’est produit dans le passé. Dans le passé, il y avait une liste de contrôle des livres, des chansons… C’est ce que j’entends dire que dans le passé, il y avait ces conditions.

Si vous allumez Renaissance et que vous écoutez un rap avec blasphème…

Comme ce sont les diffuseurs de la Renaissance qui ont donné le mot de passe pour la nuit d’avril, celui-ci a cessé d’exister.

Changeant de sujet. À quoi ressemblera le voyage lui-même ? Que vont faire les jeunes ?

Les Journées Mondiales de la Jeunesse ont une structure qui répète puis advient ce que chaque pays est capable d’innover. Nous sommes incités par le pape François à innover, toujours. Mais il y a une structure fixe que nous pouvons partager, elle est fixe, il n’y a rien de nouveau.

Qu’est-ce que c’est ?

Il y a une célébration mardi, qui est présidée par le cardinal patriarche de Lisbonne. Disons que c’est l’ouverture officielle du voyage. Pendant ce temps, le Pape arrive et il y a la séance d’accueil du Pape.

Le Pape arrive-t-il le deuxième jour ?

Cela dépendra si vous devez venir plus tôt pour vous reposer. Si cela vient beaucoup au-dessus de la journée, cela dépendra de ce qui est physiquement recommandé.

Il est assuré de venir, s’il est en bonne santé.

Il n’y a pas de voyage sans le Pape. Le Pape arrive. Il plaisante lui-même en disant qu’il pourrait être João XXIV ou Francisco II. Il doit y avoir un pape, sans pape il n’y a pas de voyage.

Et si le Pape meurt la veille ?

Nous aurions alors un problème que j’espère que nous n’aurons pas à résoudre. Soit dit en passant, le pape Benoît XVI, lorsqu’il a écrit quelques écrits pour partager avec le monde quel était le contexte de sa démission, à un moment donné, il a dit que dans son cœur se trouvaient les Journées mondiales de la jeunesse à Rio de Janeiro et les événements physiques et émotionnels impossibilité que je ressentais de ne pas pouvoir être présent. Et ce qu’il avait en tête, anticiper un calendrier pour que le voyage ne soit pas gêné. Le Pape préside cette séance d’accueil. Ensuite, les mercredi, jeudi et vendredi, il y a ce qu’on appelle la catéchèse, qui aura une nouveauté.

Vous voulez dire ?

Les catéchèses, le schéma était comme ça : les jeunes par langue, par langue, avaient des conférences sous la responsabilité des évêques et à la fin, une célébration. Nous faisons une différence ici. Cette première partie aura deux protagonistes : les jeunes et l’évêque. C’est-à-dire que les jeunes de la première partie seront invités à prendre la parole et de quoi parleront-ils ? En parlant de Laudato Si’, prendre soin de notre maison commune et de l’écologie intégrale. Parler de Fratelli tutti et parler de la nouvelle économie de Francisco. Les trois colonnes de référence de réflexion.

Quelles sont les trois colonnes ?

Laudato Si’, Fratelli Tutti et la nouvelle économie. Écologie, fraternité universelle et nouvelle économie de Francisco. Et les jeunes seront incités, à partir de janvier, février, dans leurs pays, sur leurs terres, à tenir de petits forums et ateliers sur le sujet, afin d’arriver ici et de pouvoir être les protagonistes d’une partie de cette rencontre en qu’ils parlent et que l’évêque écoute. Et puis l’évêque a écouté et il a parlé aux jeunes et puis la célébration. Et c’est un changement très important.

Les évêques de chaque pays.

Les évêques, lorsqu’ils s’inscrivent, se rendent aussi disponibles pour être conférenciers, catéchistes. Et avec ces évêques, par langue, ils sont également affectés à des groupes par langue. Des catéchèses qui auront aussi un autre nom. Elle changera aussi de nom car ce ne sera plus cette structure de catéchèse, elle deviendra quelque chose d’hybride, entre ce qui est le prononcé des hommes et ce qui est l’écoute et le prononcé de l’évêque. Ensuite, nous avons la Via Sacra le vendredi soir, donc le point culminant du voyage. Puis le samedi, à Trancão, sur le Tage, la nuit la veillée et le dimanche la messe pour la clôture et l’envoi et l’annonce de la Journée mondiale de la jeunesse dans le pays Y.

Quand est la messe du Pape à Oeiras?

Ce n’est pas la masse. A Oeiras, ce qui est sur la table c’est : depuis Jean-Paul II, les papes ont toujours voulu remercier les bénévoles car il y a beaucoup de jeunes et d’adultes qui n’ont jamais vu le pape parce qu’il travaille. Certains ne voient même pas la lumière du jour, parce qu’ils sont dans des services je ne sais où. Et les Papes ont toujours demandé en fin de journée, après la célébration de l’après-midi, avant de partir, une rencontre privée avec les volontaires pour les remercier. C’est cette rencontre qui est en train d’être travaillée et négociée pour qu’elle puisse avoir lieu à Algés. Mais le seul endroit fermé et approuvé par le Saint-Siège pour les événements est le parc Tejo Trancão, les autres sont des possibilités.

Combien de messes le Pape dit-il ?

Il ne préside qu’une messe, la messe dominicale. Les autres ne sont pas des masses. C’est la séance d’accueil, le chemin de croix et la veillée. La messe n’est que le dimanche.

Où pourrait être un million de personnes ?

Oui. Et le jour où le Pape se rend à Fatima n’est pas encore clos.

Resterez-vous ici une semaine ?

Oui, presque une semaine entre dimanche, samedi, vendredi, jeudi, mercredi, ça dépend.

L’Arche de Noé codée dans les cathédrales

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Nous vous proposons cette vidéo « L’Arche de Noé codée dans les cathédrales » mise en ligne par « Le Secret »… la présentant de la façon suivante :

« Les cathédrales, notamment celles de Reims et Beauvais, comportent des messages hallucinants qui ont été intégrés dans la pierre. Il existe tout un décodage qui nous entraîne vers un autre monde, celui des révélations de l’Apocalypse. Les cathédrales ont été bâties en tant que lieu de culte, mais pas seulement. Elles véhiculent un contenu relevant du code secret, de l’art du codage. Ces extrapolations ne sont pas accessibles à tout le monde mais réservées aux personnes qui y sont préparées. » À croire ou pas…

Plus sérieux, l’histoire du Déluge est racontée dans les chapitres 6, 7 et 8 de la Genèse dans l’Ancien Testament. Dieu vit que l’homme ne pensait qu’au mal et se repentit de l’avoir créé. Il décida d’effacer de la surface de la terre tous les hommes et les animaux.

Le Déluge et l’Arche de Noé sont cependant présents dans les rituels d’Adoption.

Citons, non pas une membre de la très studieuse Commission Nationale d’Histoire et de Recherches Maçonniques, mais Philippe Langlet dans Les Cahiers d’Occitanie (n° 52, 2013) qui écrit :

« Le Déluge, rite de passage.
Noé est un personnage beaucoup moins présent dans les rituels maçonniques que Salomon, mais il est quand même mentionné dans quelques rituels particuliers qui ne manquent pas d’intérêt. Quelques rares Tableaux de Loge, en outre, représentent ou évoquent l’arche de Noé : les Tableaux des Rites d’Adoption sont les plus connus. Citons d’abord La Maçonnerie des femmes (1774) qui propose, pour le grade d’Apprentife, la description suivante : Le Tapis d’Aprentif, sur lequel est tracée la Loge, est placé dans le milieu de la Chambre. Il contient l’Arche de Noë flottante sur les Eaux, la Tour de Babel et l’Echelle de Jacob. Ensuite, L’Adoption ou la Maçonnerie des Femmes, en trois Grades (1775) décrit le tableau dans les mêmes termes: Vous voyez, dis-je, l’Arche de Noé, la Tour de Babel, & l’Echelle de Jacob, tracées sur ce tableau. Dans la suite de cet ouvrage, le Catéchisme de Maîtresse ajoute : Que représente le tableau de la Loge ? L’arc-en-ciel, l’arche de Noé, le sacrifice d’Abraham, la tour de Babel, l’embrasement de Sodôme, le sommeil de Jacob, la femme de Loth changée en statue de sel, le soleil, la lune, les onze étoiles & les quatre parties du monde.

La Vraie Maçonnerie d’Adoption (1779)… »

Comment choisir sa Franc-maçonnerie ?

Audemus sapientiam, nous osons le [sage] savoir

Avant de choisir, mais qu’est-ce donc la Franc-maçonnerie?

On pourrait commencer par dire que la Franc-maçonnerie ce n’est pas une secte, ni une religion, ni son substitut, ni une association d’entraide. C’est un principe spirituel ; deux choses, qui n’en font qu’une, le constituent : un passé et un présent. L’une est la possession en commun d’un legs sous forme de rites, l’autre est le consentement actuel, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu.

On considère généralement que les loges et les francs-maçons qui les composent véhiculent la philosophie des lumières, et expriment une sorte de rationalisme de la connaissance et de l’action ; ainsi, on assimile très sou­vent le franc-maçon à un rationaliste impénitent, voire à un matérialiste. En 1860, notre frère Pierre Joseph Proudhon  écrivait dans ses Travaux maçonniques: «Le Dieu des Maçons n’est ni Substance, ni Cause, ni âme, ni Monade, ni Créateur, ni Père, ni Verbe, ni Amour, ni Paraclet, ni Rédempteur, ni Satan, ni rien de ce qui correspond à un concept transcendantal. Toute métaphore est ici écartée. C’est la personnification de l’équilibre universel. Il est l’architecte ; il tient le compas, le niveau, l’équerre, le marteau, tous les instruments de travail et de mesure. Dans l’ordre moral, il est la Justice. Voilà toute la théologie maçonnique».

Sans doute, mais on oublie, que dans de nombreuses loges maçonniques, un attrait indiscutable pour les sciences occultes s’était déjà développé dans une pensée traditionnelle, une résurgence de ce qu’on appelle l’ésotérisme. Ainsi, au 18ème siècle, à côté des maçons comme Voltaire, Hume, Lalande, d’Holbach, on trouvait également dans les loges des maçons comme Martinez de Pasqualy, Willermoz, Mesmer, Louis Claude de Saint Martin, Joseph de Maîstre qui sont, eux, des adeptes fervents de l’occultisme, de l’ésotérisme.

Au risque de contrarier les libres penseurs, la Franc-maçonnerie a longtemps labouré le même terrain que la mystique juive, chrétienne, chevaleresque, égyptienne, celui de l’alchimie, de la gnose, des arts libéraux et des confréries opératives ; il en reste des symboles avec leurs herméneutiques. En effet, comme le reconnaissent les Grandes Constitutions du REAA de 1786, la Franc-maçonnerie intègre, dans sa réflexion, les traditions populaires, mythologiques, philosophique, hermétiques et religieuses, afin d’y rechercher ce qui peut  révéler le sens de la destinée de l’homme et la signification de l’aventure humaine[1] .

Voilà ce qu’en disait Éliphas Lévi : « ils ont eu les templiers pour modèles, les rose-croix pour pères et les Joannites pour ancêtres. Leur dogme est celui de Zoroastre et d’Hermès, leur règle est l’initiation progressive, leur principe l’égalité réglée par la hiérarchie et la fraternité universelle ; ce sont les continuateurs de l’école d’Alexandrie, héritière de toutes les initiations antiques ; ce sont les dépositaires des secrets de l’apocalypse et du Zohar ; l’objet de leur culte c’est la vérité représentée par la lumière ; ils tolèrent toutes les croyances et ne professent qu’une seule et même philosophie ; ils ne cherchent que la vérité, n’enseignent que la réalité et veulent amener progressivement toutes les intelligences à la raison.« 

Quiconque aura tenté, par ses recherches, de visiter l’histoire maçonnique, restera déconcerté par la multitude des rites qui ont existé ou existent encore. Bien plus, ces Rites peuvent nous paraître si différents les uns des autres que la réalité ultime, déjà bien difficile à saisir de la Franc-maçonnerie, peut subitement sembler inaccessible. Tous ces rites divers se combattent ou se fusionnent en systèmes bigarrés, incomplets, remplis de contradictions. Oui,  la Franc-maçonnerie s’est structurée au fil des siècles autour d’une grande diversité de Rites et de traditions, ce qui a entraîné la création d’une multitude d’Obédiences qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles. Parce que la visée d’un rite est aussi un enseignement moral, les diverses références mythologiques choisies par les rites (le mythe est la parole dans laquelle le rite vrai s’exprime), montrent toutefois un œcuménisme ontologique sur les interrogations humaines fondamentales, la vie, la naissance et la mort. Les différences entre tous ces rites sont généralement minimes en ce qui concerne les trois premiers degrés fondamentaux de la Franc-maçonnerie, et ne deviennent substantielles qu’au niveau des degrés additionnels et facultatifs parfois nommés «hauts-grades» ou « Ordres de sagesse ».  

 Alors, quel est le principe sous-jacent de la Franc-maçonnerie?

         En France, comme l’écrivait Bruno Étienne, la Franc-maçonnerie a produit deux maçonneries qui cohabitent, volens nolens, bon gré malgré, depuis trois siècles. La première a pour slogan «liberté, égalité fraternité» et entend participer activement à la construction de la société idéale. La seconde a pour devise «Sagesse, force, beauté» et préfère travailler à la construction du Temple de l’Humanité à partir de la construction du temple intérieur par la maîtrise de l’ego. L’une est extravertie, progressiste, mondaine ; l’autre est tournée vers l’intérieur, progressive, mystique. En ce qui concerne les objectifs de la franc-maçonnerie, et au risque de caricaturer un peu, on pourrait dire que le Grand Orient de France, peut-être en raison de ses rapports étroits avec les pouvoirs successifs, développa très vite dans ses loges un intérêt pour la résolution des problèmes de société, et au niveau national chercha à peser sur le pouvoir pour faire avancer les solutions progressiste qu’il préconisait. Alors que la Franc-maçonnerie anglo-saxonne, plus discrète se consacrait principalement au progrès et à l’éducation du franc-maçon lui-même. Ce qui ne veut pas dire que cette Franc-maçonnerie n’eut pas à certains moments une influence décisive sur une société alors en pleine évolution, mais ce fut, et c’est toujours, plutôt à titre individuel.

Peut-on, sans schizophrénie excessive, appartenir aux deux tendances sans disqualifier l’une ou l’autre ? Bruno Étienne pensait que non. Rappelons-nous des origines : en 1722, en même temps qu’était en préparation le texte des Constitutions dites d’Anderson, dans lequel on pouvait voir sous l’obligation du simple déisme de la religion naturelle une proclamation de tolérance[2], paraissait à Londres une édition du texte «Anciennes Constitutions» dites de Dermott, sous le titre Ahiman Rezon, dont l’article premier stipule «je dois vous exhorter à honorer Dieu dans sa Sainte Église, à ne pas vous laisser aller à l’hérésie, au schisme et à l’erreur dans vos pensées ou dans l’enseignement d’hommes discrédités». Démenti cinglant à Anderson, à Désaguliers et surtout à Newton, un an avant la parution de la 1ère édition des Constitutions d’Anderson.

Ces conflits ne sont pas anodins. Il touche à l’essence même de l’identité maçonnique. Celle-ci, doit-elle vivre repliée sur elle-même et ne s’attacher qu’aux textes primitifs et à sa tradition orale, ésotérique et mystique ? Ou bien doit-elle être constamment ouverte au monde, aux sciences, à la philosophie et aux évolutions des mœurs de la société ? En s’appropriant le monopole de l’interprétation républicaine, en s’identifiant à la seule République, la Franc-maçonnerie ne risque-t-elle pas de perdre sa capacité à guider les néophytes vers l’initiation au profit d’un tangage dans les courants à la mode du monde profane ?

Choisir sa Franc-maçonnerie

Choisir un courant est donc important car la Loge et son rite induisent un changement dans la vie personnelle de ses membres, une correspondance existant entre le macrocosme d’une Loge et le microcosme de chaque franc-maçon qui y travaille.

Maçons, Loges, Obédiences[3], autant de «systèmes» en relations, comme emboîtés les uns dans les autres, reliés tout en gardant chacun, à son niveau, ses devoirs et ses prérogatives. Cette conception de système (comme l’indique les racines grecques du mot[4], organisation, ensemble, mettre en rapport, instituer, établir) provient de l’idée de monade c’est-à-dire d’une image du tout, chacun étant à la fois une monade et un composé de monades, chacun offrant un point de vue particulier sur le tout. C’est l’une des significations profondes de ce qui nous est donné par le ternaire qui conduit à l’unité, ternaire qui est le fondement philosophique et spirituel de la Franc-maçonnerie.

La Maçonnerie met en perspective ses monades en plaçant la Loge en un point symbolique médian de l’axe qui les relie, où s’effectuent les changements d’échelle entre le tout de l’Obédience et ses parties élémentaires, autrement dit selon l’expression bien connue : les maçons sont des abeilles dans la ruche qu’ils ont choisie. Les rites/rituels et cérémonies mobilisent, canalisent et orientent l’Énergie collective, (chaos et cosmos) pour transférer sur le plan conscient, les bases sur lesquelles s’édifient, se structurent et s’harmonisent les Communautés.

Les règles et les rituels, outils de connaissance et de conscience, sont difficilement conciliables dans la démultiplication des Obédiences, conciliation schizophrénique nous a dit Bruno Étienne. En reprenant les théories sur la monade de Leibniz (secrétaire de la Rose-Croix) et de Newton (qui a influencé Désaguliers), tous deux savants aux fondements de la pensée maçonnique, on va essayer d’éclairer leur difficile coexistence.

« Ces deux penseurs cultivaient une vision d’interconnexion holistique, c’est-à-dire formant un ensemble solidaire, dont les diverses parties ne peuvent se comprendre que par le tout. Ces éléments ultimes, appelés « monades », sont à la fois des centres de forces physiques et des centres d’expériences mentales reflétant l’univers. Selon les propres termes de Leibniz, « chaque monade est un miroir vivant représentatif de l’univers suivant son point de vue, et aussi réglé que l’univers lui-même. »  

Le newtonisme est une philosophie progressiste, inspirée des théories d’Isaac Newton, faisant vœu de transposer l’harmonie du monde céleste dans une harmonie du monde humain.

Comme pour Spinoza, la philosophie newtonienne est un naturalisme. Le naturalisme ne cherche pas à déterminer ce qui est juste ou bien, mais ce qu’il pense exister dans la nature.C’est sur cette revendication de ce qui est naturel ou contre-nature que le naturalisme veut imposer ce qui devrait être ou ne pas être.

Le newtonisme remet en cause la scolastique.

Jean Théophile Désaguliers est le premier à percevoir l’ampleur de la révolution newtonienne tant pour la physique que pour la représentation du monde. Il développe ces idées et les fait connaître du grand public dans son Cours de philosophie expérimentale. Cette philosophie naturaliste inspire fortement les Constitutions d’Anderson des francs-maçons

Dès ses débuts, la Franc-maçonnerie spéculative reprend les idées newtoniennes. On peut lire dans le livre de Willam Preston Illustrations of Masonry (1781) les instructions du deuxième grade au rituel anglais : «C’est la contemplation de la nature et l’observation de la beauté de ses proportions qui a incité l’homme à imiter le plan divin et à étudier l’ordre et la symétrie. Ainsi naquirent la vie en société et tous les arts utiles.»

La religion catholique à laquelle se réfère Anderson désigne, au sens étymologique, la religion universelle.

L’influence de la Royal Society, à laquelle appartenait Isaac Newton, est incontestable dans les prémices de la maçonnerie spéculative : « Il faut accueillir librement des hommes de religion, pays et professions de vie différents (…). Parce qu’ils professent ouvertement, non de vouloir la fondation d’une philosophie anglaise, écossaise, irlandaise, papiste ou protestante, mais d’une philosophie de l’humanité.»

Voltaire fut un zélé propagandiste du newtonisme en France.

Au déisme de Newton qui regardait l’Univers comme un cryptogramme composé par le Tout-Puissant répond celui de Leibniz, pour qui Dieu agit en parfait géomètre, déterminant ainsi deux types de croyance. Avec Newton, les francs-maçons admettent l’existence d’un Être suprême, éternel, infini, intelligent, créateur, conservateur et souverain maître de l’univers qui préside à tous les mouvements et à tous les événements qui en résultent, mais qui restreint son action à simplement s’assurer du bon fonctionnement de l’univers, sans se préoccuper des affaires humaines. Ces déistes n’attendent donc aucune faveur de la Providence, et préfèrent s’abstenir de tout culte, quel qu’il soit. J’ajouterai la position de Spinoza qui écrivait : « Dieu n’est pas quelque planificateur qui se serait fixé un but et qui jugerait des choses selon la manière dont elles se conforment à ses intentions. Les choses ne sont qu’à cause de la Nature et de ses lois.  La Nature n’a aucune fin prescrite … Tout dans la nature se produit avec une nécessité éternelle. Croire en autre chose c’est succomber aux mêmes superstitions qui résident au cœur des religions organisées. » La Maçonnerie des déistes aura en priorité pour mission de propager les idées philosophiques défendues par la Royal Society, notamment la tolérance, la philanthropie, l’entraide, la liberté religieuse, les libertés individuelles, le cosmopolitisme et le progrès des sciences au profit de la société. C’est ce que l’on appelle le courant maçonnique historique des Moderns.

Pour d’autres, comme avec Leibniz, un Être suprême, éternel, infini, et intelligent gouverne le monde avec ordre et sagesse, suivant dans sa conduite les règles immuables du vrai, de l’ordre et du bien moral, parce qu’il est la sagesse, la vérité, et la sainteté par essence. Les règles éternelles du bon ordre sont obligatoires pour tous les êtres raisonnables. L’Être suprême n’est pas indifférent, mais intervient directement dans son œuvre pour l’orienter vers le bien. Nous dirions qu’ils sont théistes. Les théistes pratiquent en priorité un travail  spirituel individuel, dans le cadre d’une exploration personnelle du divin, pour être en mesure d’atteindre et de dépasser les niveaux et degrés successifs d’un perfectionnement intérieur, et paradoxalement commun à tous les êtres engagés sur ce même chemin de perfectionnement. C’est le courant maçonnique historique des Ancients.

Le courant déiste repose sur un grand principe créateur indéterminé et inconnaissable. Il n’y a ni Dieu nommé, ni prières. L’homme se dépasse par la transcendance.

Le courant théiste qui reconnaît la croyance en une intervention divine et qui recoupe le projet des trois grandes religions monothéistes. Le salut est recherché en faisant le bien, ceci constitue l’accomplissement personnel. C’est la base de la morale chrétienne et des anciens devoirs.

On peut ainsi mettre en évidence les courants maçonniques pour choisir sa Franc-maçonnerie. Lors de l’entrée dans la franc-maçonnerie, il est important de décider si l’on veut entrer dans une loge à caractère essentiellement déiste ou théiste, développant un humanisme spiritualiste, ou bien dans une loge cultivant l’humanisme qui perpétue l’esprit des Lumières, disons dans une loge a-dogmatique. Ce courant, souvent fortement impliqué dans la cité, situe sa réponse du comment dans l’unique raison humaine, chacun est libre de créer des liens dans le domaine de l’esprit pour son devenir après la mort. Ce qui compte c’est le progrès de l’humanité.

Voir l’article : 450.fm/2022/07/19/quapporte-la-pratique-du-vivre-ensemble-en-tenue-maconnique/ sur le journal

Dans tous les cas, la Franc-maçonnerie n’est pas une société parfaite ni une société de parfaits, c’est une école de perfectionnement. L’initiation n’est jamais qu’une traversée plus intense et plus étendue des possibilités de la raison. Comme l’écrit Kant en 1785, «par l’exercice conjoint de sa raison et de sa liberté, l’homme, et cet homme est celui des Lumières, sort de sa minorité, devient majeur, s’émancipe, il s’affranchit». Mais de quoi s’émancipe-t-il, de quoi s’affranchit-il ? Il s’affranchit des ténèbres, de la nuit, de l’obscurité, ce qui signifie pour l’homme du 18e siècle, de l’esprit dogmatique, du fanatisme sous toutes ses formes, mais aussi des sentiments et des passions, des préjugés et des préventions. Le véritable esprit d’examen consiste surtout à se dépouiller de la pensée qu’on tient la vérité. De ce perfectionnement, elle fournit les outils et elle en enseigne le mode d’emploi ; à chacun de nous, ensuite, de les mettre en œuvre, ce qui exige de la peine et du temps, de la patience, de la persévérance, du discernement, et beaucoup de constance. La Franc-maçonnerie n’est pas faite pour fabriquer des surhommes. Les héros, les saints, ce n’est pas son affaire. Son affaire, c’est de réaliser des hommes et des femmes authentiques, ou plutôt que nous nous réalisions nous-mêmes comme authentiques. Nous venons en loge pour travailler, sur nous-même et sur le monde, à la recherche de la connaissance de notre être intérieur et des mystères de l’Univers. La FM offre une connaissance par participation qui peut se faire « dans la complémentarité entre être une société humaniste et une société initiatique ».

Pour conclure je me permettrai de vous donner mon point de vue personnel.

Comme Michel Barrat dans son livre La conversion du regard, je dirai: « Si la maçonnerie moderne se tournait vers la question de la transcendance en oubliant sa tradition humaniste ou si, au contraire, au nom de son devoir de défendre l’humanisme, elle oubliait sa vocation spirituelle, l’authentique démarche maçonnique serait alors mutilée».

Pour ma part, je ne veux qu’être un franc-maçon libre dans une loge libre pour poursuivre cette expérience personnelle existentielle avec le doute fécond devant le mystère de la vie et de la mort, et l’esprit éveillé à tout ce qui n’est pas encore moi. Je suis sur la voie qui veut s’affirmer par elle-même, sans que rien ne lui soit imposé de l’extérieur, celle qui ne condamne pas le choix des autres, celle qui s’est même nourrie de la voie imposant le dogme de la croyance – définie à l’anglo-saxonne – comme de la voie opposée qui, elle, a rayé de ses constitutions la référence du Grand Architecte de l’Univers. Le chemin d’action, le chemin de la connaissance, le chemin de la méditation ou même celui de la dévotion, tous sont les moyens de mener au perfectionnement de soi. Aucun n’est inférieur ou supérieur. Je dois choisir le chemin qui s’entend avec ma nature pour élargir le réel. Je n’ai pas besoin de critiquer ceux qui empruntent d’autres chemins. Je préfère les ponts et les passerelles : ils ne cachent pas l’horizon, ils invitent à la rencontre. Cette voie consiste à rassembler ce qui est épars en en faisant la synthèse dans la tolérance, en laissant à chacun sa liberté de pensée dans un système composé d’éléments de différente nature mais reliés entre eux, et qu’il convient donc d’appréhender de façon globale et interdisciplinaire, en prenant en compte les interactions qui s’y jouent. Vous conviendrez avec moi que la FM soulève des problématiques relevant aussi bien de l’histoire (origines, emprunts culturels et invention d’une tradition propre, évolution des obédiences et des rites…), de l’anthropologie et de la sociologie (efficacité des mythes et des pratiques rituelles, modes de recrutement des futurs initiés, sociabilité fondée sur le secret, l’entre-soi et la fraternité…), que de la philosophie (schèmes de pensée ternaires invitant à un dépassement des oppositions dualistes, approche constructiviste de la réalité, quête d’une connaissance de type gnostique…) ; mais aussi de la psychologie (mécanismes psychologiques à l’œuvre dans le processus initiatique), de la sémiotique (production de signes verbaux et non-verbaux singuliers), des sciences de l’éducation (forme d’apprentissage reposant principalement sur une méthode inductive et un travail herméneutique).

Mon travail de cherchant solitaire n’est pas toujours facile. Je fonctionne en dehors des dogmes et des vérités révélées. Le moteur c’est le doute qui guide vers une recherche d’équilibre qui ne peut être que précaire. Cette recherche est perpétuelle. La mise à distance des questions qui peuvent diviser au lieu de rassembler, tout cela fait sens pour moi. C’est ce que nous devenons dans nos loges qui doit rayonner au dehors et non importer dans les loges, consciemment ou non, des attitudes ou des convictions figées au-dehors. Je fuis les certitudes qui sont sclérosantes et procurent un confort apparent qui nous confine dans l’illusion. C’est pourquoi je dirai que mon chemin d’initiation n’est jamais que la dévoration de mon ego par la clarté de nos flambeaux au profit d’un maître intérieur que j’essaye de faire vivre.

Voici les interrogations posées au Convent de 1785, par le fondateur du Rite de Philalèthe, Charles-Pierre-Paul Savalette de Langes, dans le but de discuter de nombreux points importants en rapport avec la Franc-maçonnerie qui pourraient encore nous inspirer.

 Art. 1er. Quelle est la nature essentielle de la science maçonnique et quel est son caractère distinctif ?
Art. 2. Quelle époque et quelle origine peut-on lui attribuer raisonnablement ?
Art. 3. Quelles sociétés, ou quels corps ou individus peut-on croire l’avoir anciennement possédée, et quels sont les corps par lesquels elle a successivement passé pour se perpétuer jusqu’à nous ?
Art. 4. Quelles sociétés, quels corps ou individus peut-on croire en être, en ce moment, les vrais dépositaires !
Art. 5. La tradition qui l’а conservée est-elle orale ou écrite ?
Art. 6. La science maçonnique a-t-elle des rapports avec les sciences connues sous le nom de sciences occultes ou secrètes ?
Art. 7. Avec laquelle ou lesquelles de ces sciences a-t-elle le plus de rapports et quels sont ces rapports !
Art. 8. Quelle nature d’avantages doit-on attendre de la science maçonnique ?
Art. 9. Quel est celui des régimes actuels qui serait le meilleur à suivre, non comme coordination générale, mais comme le plus propre à faire faire aux disciples zélés et laborieux de prompts et utiles progrès dans la vraie science maçonnique !


[1] Les principales sources identifiables qui ont fait évoluer le Rite écossais ancien et accepté sont bien connues : La tradition du corporatisme des marchands médiévaux, celle du compagnonnage des tailleurs de pierre écossais et la piste chevaleresque : templière, en 1314, à Kilwinning et teutonique, avec Frédéric II de Prusse, qui signe les Grandes Constitutions du REAA en 1786. Chacune de ces sources lui ont apporté ses traditions qui ont fusionnées en un même syncrétisme :

  • La tradition hermétique issue des anciens égyptiens et des arabes,
  • Orphique et pythagoricienne, héritage de la période hellénistique,
  • Kabbaliste avec l’apport hébraïque,
  • Johannite gnostique avec le christianisme primitif.
  • Le courant hermétique

[2] Bien qu’étant une innovation majeure, ce concept pour beaucoup fut une preuve de renoncement, voire de reniement ; la Grande Loge de Londres n’eut de ce fait pendant longtemps qu’une influence restreinte, sa juridiction étant limitée aux seules cités de Londres, de Westminster et à leurs banlieues. Pendant ce temps, la plupart des loges surtout en province, étaient réticentes à aliéner leur indépendance et elles continuaient à respecter les anciennes obligations du métier.

[3]  Merci à Patrick Carré pour son article Newton et Leibniz, aux fondements de la pensée maçonnique

[4] σύστημα, sústêma, « συνίστημι, sunistēmi (établir avec).

 

La spécificité du « travail » maçonnique : une piste pour réhabiliter la loge !

Il est clair que les « inventeurs » de la franc-maçonnerie n’étaient pas particulièrement motivés par la recherche d’une harmonie existentielle telle qu’on la définit aujourd’hui ! 

Préoccupés par les questions religieuses et sociales, ils ont conçu le fonctionnement d’une loge à partir de grands principes comme la liberté et en s’inspirant certainement de ce qui pouvait se faire dans certains cercles de l’époque.

Bien que l’histoire des obédiences maçonniques peut être appréhendée comme une accumulation de dérives mysticico-politiques et affairistes, la pensée maçonnique a continué à susciter l’intérêt des générations et en particulier des intellectuels de nombreux pays.

Dès qu’un mouvement se crée, la dimension collective impose une certaine simplification pour faciliter l’adhésion. Pour la franc-maçonnerie c’est plus compliqué car l’échelon actif par nature riche et complexe, se situe au niveau de la loge alors que l’expression publique forcément pauvre et réductrice se passe au niveau de l’obédience.

Avec le temps et l’évolution des connaissances, avec les travaux sur le fonctionnement du cerveau, on en arrive aujourd’hui à reconsidérer le travail maçonnique au niveau de la loge et à lui découvrir des potentialités réelles dans ce que l’on pourrait appeler l’apprentissage de la Sagesse  !

Cette richesse intrinsèque de la pensée maçonnique n’est pas, malgré tout, automatique ; elle suppose un certain nombre de conditions pour éviter le piège de la médiocrité dans lequel de nombreuses loges succombent pour de multiples raisons !

L’objectif de cette contribution est de proposer une explication possible des conditions d’émergence de ce travail maçonnique propice à une émulation de la pensée collective et aussi à l’émergence d’un ressenti individuel harmonieux.

Quatre composantes jouent un rôle de premier plan :

1 – Le rituel : L’expérience montre que, quel que soit le rituel, pour peu qu’il soit mis en scène de façon sérieuse et solennelle, on obtient le silence, la concentration et une méditation. C’est une mise en condition de l’individu dans le groupe qui joue le rôle d’une stimulation. Pour que le rituel joue son rôle plusieurs conditions doivent être réunies :

  • La réappropriation du rituel par le groupe que forme la loge ;
  • La participation de chacun afin d’éliminer le parasitage,
  • La qualité des officiants et la maîtrise de leur rôle,
  • L’intégration du temps de méditation pour les participants

Lorsque le rituel s’apparente à une litanie, il perd de son intérêt, n’est plus suivi et entraîne un rejet.

2 – Les valeurs maçonniques fondamentales : Elles sont au nombre de quatre :

  • La Liberté de conscience,
  • La tolérance et le respect mutuel,
  • La recherche de la perfection,
  • L’universalisme.

Ces valeurs maçonniques fondamentales doivent naturellement être sincèrement partagées et vécues comme le fondement basique de la communauté maçonnique. Chaque loge peut naturellement en adjoindre d’autres à la condition que les valeurs ajoutées ne soient pas incompatibles avec celles-ci.

3 – La fonction de relais entre la tradition et la modernité : imprégnée de références bibliques, ouverte à l’occultisme, la franc-maçonnerie revendique aussi un certain progressisme. Cela lui donne une position centrale permettant de faire un lien entre les différentes civilisations dans une dimension universelle qui explique sa pertinence polyculturelle.

4 – La pédagogie des degrés : La franc-maçonnerie traditionnelle se pratique en trois degrés qui nous renvoient à un contenu biblique, cadre de référence des principaux rituels ; chaque degré possède aussi un contenu symbolique spécifique et une fonction particulière :

  • Le 1er degré correspond à l’apprentissage des deux outils fondamentaux que sont le maillet et le ciseau ; il y a aussi au 1er degré la capacité de s’imprégner de la connaissance d’une trentaine de symboles qui forment ce que l’on pourrait appeler notre univers symbolique protecteur  : le nombre 3, la pierre brute, la pierre cubique à pointe, l’équerre, le compas, le niveau, le fil à plomb, le Volume de la Loi Sacrée, les deux colonnes avec les lettres B et J, le tableau de loge, le pavé mosaïque, le soleil, la lune, la chaîne d’union, l’épée flamboyante, l’épée ordinaire, le tablier, les gants blancs, les cordons, le baudrier, le delta lumineux, la pierre brute, la planche à tracer avec le X et le #, la houppe dentelée, les boules noires et blanches, les trois fenêtres et dans certains rites les trois colonnettes. Comprendre le concept d’univers symbolique protecteur permet de globaliser la synergie des symboles et de se les approprier. La fonction particulière du premier degré c’est naturellement la rupture avec le monde profane et la mise en exergue de la nécessité de la progressivité dans l’acquisition des connaissances.
  • Le 2ème degré, c’est le degré du travail, du début de la réalisation de l’œuvre dans le cadre d’une préoccupation collective ; pour ce faire 2 nouveaux outils apparaissent : Le levier et la règle ; trois autres symboles sont présentés : le nombre 5, la lettre G et l’étoile flamboyante.
  • Le 3ème degré est le degré de la complétude (c’est pour cette raison que les « side degrees » ne font pas partie du cursus spécifiquement maçonnique). Un nouvel outil : la truelle ; quatre nouveaux symboles : les nombres 7 et 8 , la marche du maître (maîtresse) et l’acacia, symbole de la résilience maçonnique . La rencontre avec une scénographie originale nous entraîne dans ce qui pourrait être compris comme notre destinée : la trahison, la mort et la résilience !

La synergie de ces quatre composantes du travail maçonnique n’est pas évidente ; cela suppose une réappropriation par l’initié/initiée de ces différentes approches cognitives avec un objectif : l’acquisition d’une harmonie et d’une certaine sagesse. Ce n’est possible que par un processus d’auto-formation où tous les acquis symboliques maçonniques viennent compléter un savoir philosophique et psychologique. On imagine l’importance du travail personnel que cela implique.

Dans une telle configuration on comprend bien la nécessité de révolutionner le travail en loge en privilégiant les tenues au 3ème degré qui devraient être beaucoup plus fréquentes qu’actuellement.

Les différentes niveaux du travail maçonnique

Comme tout travail, le travail maçonnique offre une dignité à la franc-maçonne et au franc-maçon qui le réalisent . Même s’il s’agit d’un travail essentiellement intellectuel, il existe aussi une composante sociale car il s’accompagne de rencontres et de partage. Au-delà des approches présentées, on peut définir trois niveaux d’expression de ce travail maçonnique :

Le niveau primaire qui pourrait s’apparenter à un travail profane :

Il est essentiel pour maintenir la cohésion de la communauté maçonnique que cela soit au niveau de la loge, de l’obédience ou plus largement dans les relations inter-obédientielles ; cela implique des qualités organisationnelles, managériales, comptables et aussi une capacité d’élocution dans une dimension de relations publiques.

Le niveau psychologique :

Il est indispensable pour permettre d’éviter le risque du transfert et permet de faire vivre une fraternité réelle. L’acquisition d’un certain degré de Sagesse implique une autoformation au détachement, au lâcher prise et à la bienveillance.

Le niveau philosophique :

Il se nourrit aussi bien des réflexions purement maçonniques que des apports des grands philosophes contemporains dans une dimension universelle !

Chaque franc-maçonne, chaque franc-maçon est amené à développer une réflexion personnelle sur chacun de ces niveaux.

Il est clair que l’exploitation collective des apports personnels de chacun, chacune, mériterait plus d’investissement pour que le « feed back » se fasse !

En conclusion

Chacun sait bien que l’investissement maçonnique est un système modulaire qui va du simple copinage du café du commerce à un engagement philosophique exigeant accompagné d’une transformation personnelle ; celle-ci témoigne que la pensée maçonnique ce n’est pas du « vent » !

Il est clair que si le niveau collectif est souvent décevant, parasité par des querelles d’ego, et des ambitions suspectes de conflits d’intérêts, le travail personnel est possible avec un champ d’investigation sans limite !

Même si c’est difficile, il est encore possible de voir des loges reprendre goût à cultiver nos spécificités avec exigence et rigueur. Il n’y a de grande loge que par l’implication de tous ses membres dans un travail collectif de qualité ! La dimension individuelle de certaines personnalités n’apporte rien de particulier si ce n’est une mondanité.

Narbonne : 15 000 euros pour l’Ukraine mis dans la corbeille par le Grand Orient

De notre confrère lindependant.fr – Par Véronique Durand

Samedi 7 janvier, la Fondation du Grand Orient a offert un chèque de 15 000 euros à Narbonne Ukraine. 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Fondation du Grand Orient a versé 800 000 euros, une somme colossale destinée à venir en aide à la fois aux réfugiés ukrainiens dans l’hexagone, mais aussi à financer des opérations humanitaires. Samedi, c’est Narbonne Ukraine qui a bénéficié de cet énorme coup de pouce, en recevant un chèque de 15 000 euros. « Je n’ai ni joie ni fierté, c’est un cadeau dû à la nécessité dans un contexte de guerre en Europe que nous aimerions tant éviter, a expliqué le conseiller de l’ordre René Durand, mais le but de la maçonnerie est l’amélioration morale et matérielle de l’humanité. Nous considérons le genre humain comme des sœurs et des frères qu’ils soient maçons ou non. Nous travaillons pour la paix perpétuelle, notre plus grand souhait est que cette guerre se termine et que l’envahisseur quitte l’Ukraine ».

Le conseiller de l’ordre a insisté sur la dynamique régionale : « Perpignan, Narbonne et Carcassonne ont construit un sillon profond de solidarité. Des convois humanitaires ont été organisés, des actions de tous ordres ont été montées :  la fondation s’est focalisée sur l’Ukraine depuis le début de la guerre ».

15 000 euros pour les actions en cours de l’association Independant – CHRISTOPHE BARREAU

Une année 2023 riche en événements

Un chèque dont le montant important va être précieux pour les prochaines opérations programmées par Narbonne Ukraine. Le 6 avril prochain, un grand repas humanitaire prendra place au Parc des expositions de la Narbonnaise, avec un chef  ukrainien, où 1000 convives seront servies à table par des Ukrainens et le repas sera accompagné de musiciens de même nationalité. Un autre convoi humanitaire sera également organisé première quinzaine de mars après le succès des deux premiers vers la ville de Mykolaïv, et en octobre prochain, la compagnie nationale de ballet Virsky, qui avait fait un triomphe à l’Arena reviendra à Narbonne. Face à la guerre qui malheureusement se poursuit , l’association multiplie les opérations les unes après les autres, resserrant les liens initiés avec la ville de Mykolaïv.

Journaliste : Véronique Durand

Une contribution du DROIT HUMAIN au débat sur la fin de vie

Ce dimanche 8 janvier 2023, la Convention Citoyenne sur la fin de vie organisée par le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) auditionnait des représentants de spiritualités non-religieuses.

Vous trouverez une contribution de la Fédération française du DROIT HUMAIN au débat public via ce lien YouTube https://urlz.fr/kljV (intervention d’Amande Pichegru, Grand Maître National à 13’45). Le texte est par ailleurs disponible en cliquant sur ce lien https://urlz.fr/klGd

Les représentants des quatre Obédiences sont, de la droite de l’écran vers la gauche, Oscar Benitez, ancien interne des hôpitaux de Paris, spécialiste en oncologie, et président de la Commission nationale de santé publique et bioéthique du Grand Orient de France, Amande Pichegru, Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN, Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France qui a aussi présidé à de nombreux groupes, notamment au sein de la Commission éthique et bioéthique et de la Commission nationale de la laïcité, Marc Henry, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France.

Y a-t-il une Gnose ou Sagesse universelle ? Quelles preuves ?

Texte issu du site horizonstheosophiques.fr

Sens du mot Sagesse selon les cultures. L’homme dans le monde. Différence morale et éthique. Contradictions entre religions et philosophies. Différence morale et sagesse. Définition universelle de la Sagesse : connaissance et éthique de vie. Le Sage. Occultisme, Zohar, arbre des séphiroths. Gnose = connaissance ésotérique au début du Christianisme. Gupta Vidya, Mystères. Théosophie est la Religion-Sagesse, pure éthique.

Réconcilier religions et nations. Vérité unique. Maîtres de Sagesse. La Doctrine Secrète. Relier les hommes. Symbolisme des Anges déchus. Transmission de la connaissance. Égypte, Inde. La tradition primordiale. Cycles des univers. Bouddhisme ésotérique d’Aryasangha (ou Asanga), Adi-Buddha, Bouddha Primordial, Cause première, Suprême Sagesse. Comprendre le divin. Preuves : similarités, hermétisme, Hermès Trismégiste, Trinité, panthéisme, ésotérisme, St. Paul… Distinction de « sens » et « connaissance ». Les grandes littératures sacrées. Christianisme. Hindouisme. Matière et Esprit. Upanisads : contiennent toute la connaissance, mais ne la révèle pas, pour la révéler il faut les clefs de l’ésotérisme. Monades. Chiffre 7. L’évolution. La Sagesse universelle. Trois Principes Fondamentaux, éléments métaphysique, Logos, Maya ou mesurer, illusion. Pluralité des univers. Karma, réincarnation.  Sur-Âme. Tout est conscient.