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Vendredi 13… est-ce vraiment une superstition ?

Le vendredi est un jour symbolique dans trois religions monothéistes. Dans la tradition chrétienne, il est associé au jour de la crucifixion du Christ (Vendredi Saint). Le vendredi est également un jour saint de l’Islam. C’est celui dédié à la prière collective. Dans la religion juive, le vendredi est consacré à la préparation du Shabbat. Chez les maçons, on le ramène souvent à la mort de Jacques de Molay 23ᵉ et dernier maître de l’ordre du Temple.

Ce que la croyance populaire véhicule :

● Lors de la Cène, dernier repas de Jésus-Christ avec ses apôtres, ils étaient 13 à table. Le 13e convive, Judas le trahira et Jésus subira la Passion. Depuis lors, on croit que le fait être 13 invités à table porte malédiction,
● Le vendredi, ou le sixième jour de la semaine selon la Bible, est le jour de la Crucifixion de Jésus Christ,
● Ce serait un vendredi que Caïn tua son frère Abel,
● Hérode massacra les innocents un vendredi,
● Un vendredi, le Diable tenta Ève et Adam mangea le fruit défendu,
● Adam et Ève furent par la suite expulsés du Jardin d’Eden un vendredi,
Le Temple de Salomon aurait été détruit un vendredi,
● C’est un vendredi que commença la grande inondation, et que l’Arche de Noé fut lancée sur les flots.
Le vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel, petit-fils de Louis IX, dit Saint Louis.

Évènements notables coïncidant avec le Vendredi 13

  • On considère parfois qu’Hadès, le dieu des Enfers de la mythologie grecque, serait le « treizième » dieu de l’Olympe, bien qu’il n’a pas véritablement de place sur l’Olympe, ceci peut s’expliquer par le fait qu’il fasse partie avec Zeus et Poséidon du triumvira de la Terre, puisque selon la mythologie, ils ont tous les trois déchu leur père Cronos, et vaincu les Titans. Son nom n’étant pas vraiment quelque chose qui inspire le bon augure, et en tant que dieu des morts, il est très craint, ceci peut expliquer la crainte du chiffre 13.
  • Dans le récit biblique de la création du monde, le vendredi, veille de chabbat, est le sixième jour, et donc aussi le treizième. Bien qu’il n’y ait pas d’indications de durées, il est coutume de dire que c’est au treizième jour qu’Adam et Ève croquèrent dans le fruit interdit et furent bannis du paradis (Genèse 1:26-31 rapproché de Genèse 3:1-8)3.
  • Dans la religion chrétienne, la Cène (le dernier repas du Christ) comportait 13 membres, dont Judas, l’apôtre qui trahit le Christ (la treizième personne)4.[non pertinent]
  • C’est un vendredi 13 nissan, précédant le dimanche de la Résurrection, que selon l’évangile attribué à Jean et les sources hébraïques, a été crucifié Jésus de Nazareth. Toutefois, pour les évangiles synoptiques, Jésus est crucifié un vendredi 14 nissan, premier jour de la fête de Pessa’h (la Pâque juive).
  • Le vendredi 13 octobre 1307 (calendrier julien), le roi Philippe le Bel fait arrêter les membres de l’ordre du Temple (Templiers) dont Jacques de Molay leur grand-maître et les fait torturer afin qu’ils avouent des crimes qu’ils assurent ne pas avoir commis ; ceux qui reviennent sur leurs affirmations sont condamnés au bûcher. L’ordre du Temple est ainsi dissous, laissant tout le pouvoir au roi. Certains font démarrer la superstition de ce jour funeste qui vit chuter à jamais les plus grands financiers d’Europe, jour célébré dans les structures néo-templières tout comme le 18 mars 1314 (mort de Jacques de Molay). L’association du vendredi 13 à cet évènement serait en fait une invention moderne, popularisée par la suite romanesque Les Rois maudits de Maurice Druon et reprise entre autres dans le roman Da Vinci Code de Dan Brown5.
  • Le vendredi 13 décembre 1968 est rédigée l’Ato Institucional Número Cinco qui se substitue à la Constitution du 24 janvier 1967 et renforce la Dictature militaire au Brésil.
  • Le vendredi 13 octobre 1972, le vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya s’est écrasé dans les Andes. Les survivants n’ont été retrouvés que deux mois plus tard, après que deux d’entre eux ont donné l’alerte après dix jours de marche dans les conditions extrêmes de la haute montagne, sauvant ainsi le reste du groupe resté dans l’épave. Les opérations de recherche avaient été arrêtées huit jours après sa disparition.
  • Le vendredi 13 septembre 1996, le rappeur Tupac Amaru Shakur (ou 2pac, Makaveli) meurt assassiné dans les rues de Las Vegas.
  • Le vendredi 13 janvier 2012, vers 20 h, le navire de croisière Costa Concordia fait naufrage à l’entrée du port de l’île de Giglio, au large de la Toscane. Sur les 4 229 personnes à son bord ce soir-là, 32 morts sont à déplorer selon un bilan officiel.
  • Le vendredi 13 novembre 2015une série d’attentats meurtriers se déroule à Paris dans les 11e et 10e arrondissements, et à côté du Stade de France ; le bilan s’élève à 130 morts6 et 413 blessés, dont 99 dans un état d’extrême urgence. II s’agit de l’attentat le plus meurtrier en France depuis la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du premier attentat suicide sur le territoire français.

La phobie du vendredi treize s’appelle la paraskevidékatriaphobie. Plus largement, la superstition liée au nombre 13 est la triskaïdékaphobie.

Exemple de triskaïdékaphobie

À certains endroits, en particulier aux États-Unis où entre 17 et 21 millions d’Américains seraient concernés par cette phobie5, on élude le 13, passant du 12 au 14 ou utilisant 12a ou 12b à la place de 13. De même de 112 à 114, etc. :

  • certains immeubles n’ont pas de treizième étage, par exemple la Hearst Tower aux États-Unis ;
  • dans beaucoup de villes américaines, il n’y a pas de 13e rue ni de 13e avenue ;
  • la plupart des services hospitaliers ne possèdent pas de lit ou de chambre 13, en prévision de certains patients triskaïdékaphobes ;
  • certains hôtels n’ont pas de chambre 13 (ou numérotent la chambre 12bis), surtout s’ils ont une clientèle internationale, susceptible d’être triskaïdékaphobe ;
  • certains cinémas n’ont pas de salle 13 ;
  • le London Eye n’a pas de capsule (cabine) 13 ;
  • le logiciel WinZip n’a pas de version 13, mais ce cas est semble-t-il isolé ;
  • dans beaucoup d’aéroports, il n’y a pas de porte d’embarquement 13 et la plupart des compagnies aériennes dont Air France, n’ont pas de siège 13 en cabine ;
  • divers commerces éludent la treizième rangée et le treizième siège ;
  • le magazine Spirou n’a pas de page 13, remplacée par la page 12bis, afin de tourner en dérision la triskaïdékaphobie ;
  • le compositeur Arnold Schönberg souffrait de cette phobie. Il est né un dimanche 13 et décédé à l’âge de 76 ans (7 + 6 = 13) un vendredi 13 ;
  • Fabian Cancellara, coureur cycliste, retourne son dossard lorsque celui-ci est le numéro 13 ;
  • le pilote de Formule 1 Pastor Maldonado porte depuis 2014 le numéro 13 à sa demande. Néanmoins, à la suite de deux accidents mortels en 1925 et 1926, de nombreuses compétitions comme la Formule 1 n’attribuent pas d’office à un concurrent le numéro 13, sauf si celui-ci le demande, généralement pour une compétition à domicile. C’est le sujet de la bande dessinée de Michel Vaillant Le 13 est au départ ;
  • lors de la construction du pont de l’Øresund le 13e bloc de son tunnel a été appelé 12bis. Malgré cela, un incident a tout de même eu lieu lors de la pose du bloc au fond de la mer.
  • une carte de Magic : L’Assemblée est nommée Triskaïdékaphobie. Elle a la capacité de faire perdre les joueurs qui ont 13 points de vie au début de l’entretien du joueur qui a posé cet enchantement.
  • en Irlande les immatriculations des véhicules commencent par l’année, sur deux chiffres, jusqu’en 2013 où pour éviter une numérotation en 13 il est ajouté 1 ou 2 pour indiquer le semestre. Cette exception a toujours cours.

On rencontre dans d’autres pays des phobies similaires concernant d’autres nombres :

  • en Italie, le 17, car celui-ci, écrit en chiffres romains (XVII) est l’anagramme du mot latin VIXI, qui signifie « j’ai vécu » (i.e. « je suis mort ») ;
  • en Chine et au Japon, le 4 dont une lecture shi (四) est une homophonie du mot désignant la mort shi ().

Le mot triskaïdékaphobie est une composition étymologiquement correcte mais assez arbitraire : on peut de même appeler hexakosioihexekontahexaphobie la peur du nombre de la Bête (666), mais dans les pays anglophones, le mot est plutôt employé comme virelangue que pour réellement désigner la notion.

La Franc-maçonnerie échappe à cette superstition car le 13e degré existe bel et bien et aucun accident notoire n’est jamais arrivé lors de cérémonies à ce degré !

Les compagnons du devoir ouvrent leurs portes à Toulouse

De notre confrère ladepeche.fr – Charline Poullain

Dans la grande maison des Compagnons du Devoir et du Tour de France, rue des Pyrénées à Toulouse, un vestibule bardé de bois mène aux ateliers dans la cour. Les futurs couvreurs y sont à l’ouvrage, aux côtés des apprentis charpentiers, menuisiers et ébénistes. Tandis que dans le bâtiment voisin, les plâtriers s’entraînent à fabriquer la voûte parfaite.

Le 14 et 15 janvier, puis le 11 mars, de 9 h 30 à 17 h 30, ils accueilleront les visiteurs pour leur parler de leurs cours et du métier qu’ils apprennent, mais aussi de la vie à la maison des Compagnons. « C’est un triptyque : formation, vie en communauté et CFA (centre de formation des apprentis) », souligne Damien Nouvellon, responsable de la maison toulousaine, dit le prévôt. Le recrutement se fait à tous niveaux à partir de 15 ans, après la 3e, en post bac ou avec un premier diplôme en lien avec le métier. Sans oublier les formations adultes.

90 % d’insertion à la fin du Tour du France

DDM VALENTINE CHAPUIS / ATELIER CHARPENTERIE CHEZ LES COMPAGNONS DU DEVOIR DE TOULOUSE / ARTISANS COUVREURS ARTISANAT METIER ILLUSTRATION

« La formation initiale peut durer trois ans, en alternance. » Rémunérés à 50 % du Smic, les apprentis partagent leur temps entre le CFA et l’entreprise. Puis les moins de 25 ans partent plusieurs années sur le Tour de France, sans oublier un an à l’étranger. « C’est la richesse du compagnonnage, reprend le prévôt. La polyvalence, l’ouverture aux autres, la découverte d’autres points de vue. » D’autant qu’en fonction des spécificités régionales, les savoir-faire diffèrent. À la fin du Tour de France, le taux d’insertion moyen est de 90 %.

10000 apprenants en France

« Depuis le Covid, nous avons beaucoup de demandes de reconversion, surtout en charpente et menuiserie pour adultes. » En 10 ans, le nombre d’apprenants a doublé et dépassé les 10 000, répartis dans 60 villes françaises. À Toulouse, 280 jeunes sont en formation et 100 y font étape.

Pentacle, triple lune… 5 symboles ésotériques expliqués

Par notre confrère buzzwebzine.fr

Si vous voulez connaître l’explication derrière les symboles ésotériques, en voici 5 très connus, mais très incompris.

Les symboles ésotériques sont des dessins symboliques qui se transmettent à des initiés d’un culte ou d’une idéologie. Souvent vecteurs de magie, de spiritualité, symboles d’une communauté et même d’une civilisation, ces symboles ésotériques sont souvent représentés dans la culture populaire, mais peu de gens savent ce qu’ils veulent vraiment dire. Certains, comme le pentacle, ont même mauvaise presse, alors qu’en réalité nous ignorons tout simplement ce qu’il signifie vraiment. Voici donc 5 symboles expliqués !

Le pentacle et le pentagramme : explication de ces symboles ésotériques

Le pentacle, qu’il soit droit ou inversé (avec la pointe en bas), a une connotation maléfique dans l’imaginaire collectif. Cette étoile à cinq branches fait débat depuis de nombreuses années et beaucoup l’assimilent comme un signe du diable, des démons. Le pentacle est un pentagramme (le symbole de l’étoile) enfermé dans un cercle. Nous appelons donc pentagramme le seul symbole de l’étoile sans le cercle.

Aussi appelé l’étoile de Salomon, ce symbole est très présent dans la culture Wicca (religion basée sur le chamanisme d’antan transposé à nos jours) et néo-paganiste (cultes des anciennes religions polythéistes, avec plusieurs divinités). Pourtant, ce symbole, très lié à la magie, est encore plus vieux que cela. Il a été représenté dans diverses religions, notamment dans les cultures anglo-saxone, mais aussi dans le christianisme.

La triple lune / Triple Déesse : que veut dire ce symbole dans la magie ?

Le symbole des trois lunes ou aussi connu sous le nom de Triple Déesse de la lune est un symbole très fort qui est aujourd’hui très utilisé dans la religion Wiccane. Ce symbole ésotérique symbolise plusieurs déesses : Hécate, Séléné et Artémis, en une seule. Il s’agit ainsi d’une représentation symbolique de la Déesse Mère de cette religion. Pourquoi ? Parce que la lune est un astre puissant qui a le pouvoir de rythmer les marées, les cycles de la vie, la fertilité. Et pour la religion Wicca, la toute-puissance se trouve dans la naissance, le renouveau, dans les cycles qu’offre cette Déesse Mère, marraine de tout ce qui vit et meurt.

Comme l’expliquait l’astrologue Marc Angel : “Plusieurs déesses symbolisent la Lune dans la mythologie grecque. Séléné incarne la partie visible de la Lune. Elle représente le dévouement, la tendresse, la maternité, la bienveillance. Votre signe lunaire vous donne ainsi des indications sur votre intuition, féminine ou pas. Hécate, elle, incarne la face cachée de la Lune. Plus manipulatrice, séductrice, elle essaie d’attirer sa proie dans ses filets pour parvenir à ses fins. Lilith est aussi un personnage rattaché à la Lune. Lilith, c’est l’anti Eve, la femme rebelle qui a refusé de se soumettre à Adam. Dans une carte du ciel, la Lilith représente la Lune noire, la face cachée de la Lune. »

triple lune symboles esoteriques explication (2)

Pourquoi la Déesse est-elle représentée par trois phases de la lune alors ? Le premier croissant représenté est associé à la jeune fille, à l’inconnu et à l’innocence. La Pleine Lune est associée à la mère. Elle symbolise aussi la fertilité et l’esprit créateur. Le dernier croissant symbolise la vieille femme, associée à la sagesse ancienne et à la fin de la vie. En d’autres termes, il s’agit d’une représentation du cycle de la vie. Dans la nature, comme pour toute chose vivante, dont la Terre, tout né, vit puis s’éteint.

Parmi les symboles ésotériques expliqués : le symbole du dieu cornu

Le dieu cornu n’est pas le diable comme beaucoup pourraient le penser. Il s’agit en réalité du dieu celte de la fertilité Cernunos. Le mari de la Déesse Mère selon de nombreuses religions néo-pagan. Le dieu cornu a son propre symbole, comme la plupart des divinités.

Celui-ci représente donc des cornes et un cercle, pour symboliser le tout et la fertilité, à l’image de la pleine lune. Il est le dieu de la fertilité, de la vie, de la force vitale, des Hommes, mais aussi des animaux et de la Terre.

dieu cornu symboles esoteriques explication (2)

Le sigil de Léviathan, un symbole très populaire, mais très méconnu

Le sigil de Léviathan est un des symboles ésotériques les plus connus, mais peu de gens savent ce qu’il signifie. Également appelée croix de Satan dans la Bible Satanique, la double croix évoque l’équilibre et la protection entre les personnes, et le symbole de l’infini, de l’éternité. Ainsi, il ne s’agit en aucun cas d’un symbole malveillant.

Ce sigil (sceau magique) était très utilisé par Anton LaVey, créateur de la Bible satanique. Ce dernier pensait que la représentation de Satan n’avait rien de mauvais, mais que cela représentait plutôt une liberté d’être. En outre, le croisement des deux croix avec le symbole infini représenterait justement la notion de libre arbitre et d’égalité.

sigil leviathan symboles esoteriques explication (2)

La croix d’Ankh, un symbole ésotérique égyptien à connaître

Autre symbole qui apparaît partout, mais que nous ne comprenons pas bien : la croix d’Ankh. Cette croix qui nous vient de l’ancienne Égypte est un symbole très fort dans la religion égyptienne. Il fait d’ailleurs partie des symboles ésotériques les plus importants.

Apparemment, cette croix symboliserait la vie éternelle, celle dans l’autre monde. En effet, les Égyptiens de l’Antiquité pensaient qu’il fallait se préparer toute sa vie pour cette éternité justement.

ankh symboles esoteriques explication (2)

Le mot du mois : S’ÉMERVEILLER

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Le sémantisme, *mirari, est strictement latin, sans étymologie connue, et désigne ce qui est étonnant, merveilleux, avec une teinte d’étrangeté. De quoi susciter l’admiration face à ce qui relève du miracle. Comment ne pas déguster la suavité de cette prune à la couleur originale, la mirabelle ? Le bœuf miroton doit peut-être aussi son appellation à ce sémantisme.

Le miracle a toujours suscité des réactions d’adhésion irréfléchie, même lorsqu’il relevait de la supercherie. Ainsi les mireurs d’urine faisaient croire à leur don de double vue, aussi charlatans que les thaumaturges, artisans de miracles au sens propre du grec. Mirage, certes, comme ce miroitement entrevu de l’oasis salvateur pour l’assoiffé du désert.

Mirer, miroir, le regard est toujours présent. Tel celui de Narcisse qui se plaît mortellement à sa propre contemplation. Tel le regard sinistre que portent les miradors aux angles des prisons.

« Miroir, mon beau miroir, dis-moi… » L’épreuve, définitivement bouleversante, du miroir est au cœur de l’initiation. Qu’elle s’assortisse du danger de l’« ennemi » qu’on y rencontre peut-être, qu’elle soit la découverte qu’opère le très jeune enfant dans le miroir, étonné et rieur, de ce qui lui renvoie une « altérité », dont il prend peu à peu conscience, dans une lucidité à risque mais vitale. Même si, très confusément encore, il ne saisit pas qu’il s’agit d’une image différée, inversée de sa propre face, mais de la fulgurance d’une étrangeté, d’un mystère à découvrir dans ces traits apparemment familiers. Tel est le passage, désormais incessant, d’une identité singulière à une pluralité qu’on ne découvre que par ce miracle de la diffraction. Comment cesserait-on de s’émerveiller des infinies possibilités qu’offre la réflexion – l’ambivalence du mot n’est pas fortuite… – dans le miroir ?

« De l’autre côté du miroir », Lewis Carroll nous lance sur la piste dans les pas d’Alice, au pays des merveilles, justement.

Le monde, si l’on consent à s’abstraire de toutes ses sources de pessimisme, est un antre renouvelé de petits miracles, en tous domaines, inépuisables et joyeux.

Quant à moi, pour ne prendre qu’un exemple si quotidien, je ne me lasserai jamais de m’émerveiller de cette invention que les Phéniciens nous ont offerte, vers 1450 av.JC, le principe de l’alphabet ! Quel miracle, pour ne parler que du français, que ces 26 lettres, grâce auxquelles s’ouvre un univers à partager infiniment de sensations, de sentiments, d’imaginations plurielles !

Pour conjurer les ombres délétères des catastrophes à venir, ouvrons sur le monde les yeux émerveillés de l’enfant, délicieusement fou, sûrement Poète.

Annick DROGOU

S’émerveiller, c’est regarder autrement, regarder avec reconnaissance. Rien de niais ni de naïf dans cette attitude. C’est regarder avec reconnaissance envers la vie, sa beauté et son mystère. C’est contempler la merveille, c’est-à-dire ce qui est digne d’admiration. C’est recevoir et accepter cette merveille qu’on voudrait pénétrer et qui restera peut-être, qui restera souvent, au-delà de nos appréhensions et de toute compréhension. Car là se cache le merveilleux. Rien de magique, de superstitieux dans ce merveilleux. Pas de monde alternatif et enchanté, seulement l’invisible, cette réalité que nous ne savons plus voir, sauf justement dans l’instant où nous nous émerveillons.

S’émerveiller du simple, du petit ; s’émerveiller du complexe, du grand ; apercevoir et reconnaître, dans l’un et l’autre, l’infini. Car, malgré la forme pronominale de ce verbe, si on s’émerveille, ce n’est jamais sur soi-même. L’émerveillement est toujours une sortie de soi, il faut se mettre en route vers les merveilles du monde, partir en expédition vers la vérité du Beau.

S’émerveiller, c’est sourire à l’inconnu. Savons-nous encore nous émerveiller, risquer l’hébétude, prolonger la contemplation ? Rien à capturer sur Instagram, rien à enfermer dans nos miroirs numériques où les images font trop de bruit. Chut ! Seulement s’émerveiller dans le silence de l’œil et laisser la merveille prolonger son écho.

Jean DUMONTEIL

Regard sur… l’État modifié de conscience

Selon l’état et le paradigme de la recherche scientifique, un état modifié de conscience ou EMC (aussi appelé état de conscience modifié ou ECM) est un état mental différent de l’état de conscience ordinaire, « représentant une déviation dans l’expérience subjective ou dans le fonctionnement psychologique par rapport à certaines normes générales de la conscience à l’état de veille ». Ainsi en est-il des rêves, états hypnotiques, hallucinations, transe, méditation, états mystiques, etc..

Selon l’ethnologue Georges Lapassade, les EMC « rassemblent un certain nombre d’expériences au cours desquelles le sujet a l’impression que le fonctionnement habituel de sa conscience se dérègle et qu’il vit un autre rapport au monde, à lui-même, à son corps, à son identité ».

Par opposition aux maladies mentales, les états altérés sont transitoires. Ils sont le plus souvent auto-induits, mais peuvent apparaître spontanément dans certains cas.

Investigations scientifiques

Travaux précurseurs au début du XXième

William James

Parmi les précurseurs, il faut citer le travail de William James au début du XXe siècle sur les expériences religieuses, le mysticisme et les conversions.

Délégitimation par la communauté scientifique des psychologues

Par la suite, les courants dominants de recherche en psychologie, au premier lieu desquels le behaviorisme qui considérait que seul le comportement pouvait faire l’objet d’investigations sérieuses, ont eu un effet dissuasif sur les investigations scientifiques de ces phénomènes. L’intérêt pour une étude scientifique des états modifiés de conscience n’est pas nouveau, comme en témoignent les travaux de pionnier tel William James à la fin du 19ème siècle.

Plusieurs arguments ont été longtemps opposés à la possibilité d’étude rigoureuse de ces phénomènes :

  1. Le caractère hautement subjectif de ces expériences qui rend difficile leur étude systématique et leur mesure. Cet argument est lié au rejet de l’introspection dans la psychologie dominante du 20ème siècle notamment au travers du manifeste de Watson. La centration exclusive sur des méthodes objectives et le rejet de l’introspection ont changé la manière devoir le sujet humain dans le laboratoire. Le sujet devient objet d’une observation, son point de vue subjectif sur ce qui lui arrive est délégitimé. les Sciences Cognitives modernes, notamment les approches émotivistes et enactives, ont réintroduit la léqitimité d’un observateur incarné, agissant dans un univers intersubjectif. Ce changement de point de vue est, dans les approches contemporaines illustrées par la démarche neuro‐phénoménologique : l’expérience subjective n’est plus une donnée accessoire et non fiable ; au contraire des techniques originales de mesure subjective sont développées et corrélées aux résultats objectifs.
  2. Un second argument est le manque de reproductibilité des effets obtenus dans l’étude de ces phénomènes et le nombre trop important de facteurs explicatifs potentiels. Une variabilité individuelle élevée est en effet problématique pour obtenir des résultats statistiquement. C’est toutefois un problème général dans les approches cognitives ciblées sur l’étude de processus élaborés comme la conscience et les émotions. Un paradigme expérimental adéquatement contrôlé peut partiellement résoudre ce problème. D’un point de vue théorique cependant il ne faut pas oublier qu’une grande partie de la littérature en neuropsychologie est basée sur l’étude de cas unique. Enfin, l’étude de cas uniques de la variabilité inter‐individuelle est en train de prendre une nouvelle légitimité dans les STC grâce à l’émergence de puissantes techniques d’analyse.
  3. Un dernier argument est le manque d’écologie inhérent à l’étude en laboratoire de ces différentes pratiques. C’est par exemple le cas lorsque des tâches de laboratoires sont effectuées en quelques minutes allongé dans IRM. Des avancées récentes en imagerie cérébrale, informatique embarquée et analyse temps‐réel permettent de s’affranchir de certaines limitations.

Étude en marge par quelques précurseurs

Charles T. Tart, 2006

Leur étude scientifique a repris, puis connu un certain succès à partir du moment où ont été conduites des investigations d’universitaires sur les effets psychogènes du LSD dans les années 60. Parmi les chercheurs influents de cette époque qui ont traité du sujet, on compte Stanislav Grof, Abraham Maslow et Charles Tart. Les EMC sont un sujet d’étude important du courant de la psychologie transpersonnelle, un courant de la psychologie absent du monde universitaire français. Ce courant s’intéresse au développement de l’égo, considéré comme une voie de transcendance. En Europe, la communauté intégrale consacre une part importante de son attention aux états modifiés de conscience, notamment à l’occasion de sa conférence biannuelle.

Retour en légitimité lié aux avancées des méthodes en sciences cognitives

Très récemment, les avancées des sciences cognitives et de l’imagerie cérébrale ont remis le sujet à l’agenda des scientifiques, notamment avec des investigations des corrélats physiologiques des états méditatifs et de la transe chamanique. En France, en 2009, une association a été créée dans le but a été de porter un regard transdisciplinaire, critique et rigoureux sur les phénomènes de modification de la conscience et de la cognition « non ordinaire », ainsi que de soutenir et développer la recherche dans ces domaines. Les chercheurs considèrent que les EMCs peuvent désigner quatre dimensions distinctes de toute expérience consciente : (1) le contenu ; (2) le caractère qualitatif ; (3) le mode ; et enfin (4) le niveau.

Première définition

Arnold M. Ludwig a proposé une première définition en 1966. « Un état modifié de conscience est tout état mental, induit par différentes procédures ou des agents physiologiques, psychologiques ou pharmacologiques, qui peut être reconnu subjectivement par l’individu lui-même (ou par un observateur objectif de l’individu) comme représentant un écart suffisant à l’expérience subjective ou au fonctionnement psychologique [habituel], en référence à certaines normes générales pour cet individu dans son état d’éveil alerte ».

Types d’EMC

Chamanisme

Roland L. Fischer est un neuropharmacologue spécialiste des effets des hallucinogènes (LSD, psilocybine) et des études de la schizophrénie. Il écrit sur l’état modifié de conscience dans sa revue de 1971 parue dans Science et ses articles suivants.

Le chercheur Pierre Etevenon distingue trois types d’états de conscience.

– les états de conscience naturels désignant notamment le sommeil paradoxal qui correspond le plus souvent à un vécu de rêve ;
– les états de conscience altérés, regroupant les pathologies mentales et neurologiques, ainsi que les intoxications sous substances psychotropes ;
– les états de conscience modifiés volontairement lors de méditations, relaxations, hypnose, yoga, transe chamanique ou mystique, etc. Dans les cas de pratiques spirituelles et corporelles, les pratiquants parlent couramment d’états de conscience « supérieurs ». Pour l’anthropologue Fernand Schwarz, l’état modifié de conscience n’est qu’un moyen pour changer de plan de réalité, il est un outil et pas un état spirituel supérieur mais cela reste une question ouverte tout comme la définition de la conscience.

On peut également citer les EMC provoqués à la suite de traumatismes physiques (accidents, pertes de conscience, fièvres, fatigue extrême, expérience de mort imminente).

Michael Winkelman identifie quatre « modes de conscience » différents: (1) le mode de veille (2) le mode de sommeil profond (3) le mode sommeil / rêve REM (4) le mode d’intégration. Selon ce cadre, de nombreux états modifiés de consciences (psychédéliques, hypnose, méditation,sophrologie etc.) sont considérés comme appartenant au mode intégratif. Pour Winkelman, le mode intégratif signifie que ces états ont un effet « intégrateur » sur la cognition, c’est-à-dire qu’ils permettent une meilleure communication entre les systèmes mentaux spécialisés par exemple dans la théorie de l’esprit, dans l’intelligence sociale ou l’histoire naturelle, etc.. Grâce à cette intégration cognitive, l’état de conscience peut permettre à celui qui y accède de résoudre des problèmes sociaux complexes ou de mieux comprendre des phénomènes naturels par exemple.

Si les premiers modèles des EMC (par exemple, celui de Ludwig ou Tart) étaient « unidimensionnels » et opposaient simplement les états de conscience « normaux » aux états de conscience « modifiés », les modèles les plus récents (par exemple, celui de Lutz ou Hobson) sont « multidimensionnels », c’est-à-dire qu’ils considèrent qu’un état de conscience modifié peut être modifié d’une multitude de manières (à travers une multitude de dimensions). Selon ces derniers modèles, plutôt que d’opposer la conscience « normale » à la conscience « modifiée » il conviendrait donc plutôt de reconnaître que la conscience est caractérisée par une multitude de dimensions et que les états de conscience sont susceptibles d’avoir différentes valeurs sur chacune de ces dimensions.

L’enjambement du cercueil : une pratique rituelle incomprise ?

L’enjambement d’un cercueil n’est pas une gestuelle fréquente dans les différents rites pratiqués par les êtres humains. On le retrouve dans les cérémonies funéraires en Afrique.

En franc-maçonnerie, il est pratiqué trois fois lors des trois derniers pas de la marche du maître (de la maîtresse).

Il est généralement interprété comme l’évocation d’une dimension verticale.

En réalité cette pratique de l’enjambement dans un rituel maçonnique est particulière. D’autant plus que l’on ne retrouve pas, à ma connaissance, cette gestuelle dans des rites chrétiens.

C’est en Afrique que l’on retrouve ce rituel d’enjambement dans les rites mortuaires; en voilà une description :

 » Le rituel d’ »enjambement » consistait à prendre la parole devant tous les témoins pour dire ou réaffirmer sa loyauté et sa probité dont on a fait preuve envers un père ou une mère durant sa vie sur terre. En effet, lorsqu’il s’agissait d’une mort de vieillard(e), après l’annonce du décès et dès que les préparatifs sont terminés pour l’enterrement, outre les rites de lavage ou corps, de prise de dernier repas et d’abattage de chien (uniquement pour l’enterrement d’hommes chez certaines communautés moose), avant le rite du dernier tour de la concession mortuaire, intervient le rite d’enjambement du cadre. Les croque-morts apprêtent le cadavre et le posent sur sa terrasse. Tous les fils, filles et proches sont invités à venir rendre un dernier témoignage de leur loyauté et fidélité au(à la) défunt (e). Chaque candidat à l’exercice, s’arrête devant le cadre et prononce le discours du genre: « De ton vivant je ne t’ai jamais trahi ni dire des mensonges sur toi encore moins faire ce qui est interdit envers toi. Si je l’ai fait, toi qui es dans ta vérité, ne me laisse pas. Si je n’ai pas été loyal envers toi qu’en complicité avec les ancêtres, vous attrapez mon pied pour m’y amener ». Il enjambe le corps trois(3) et les femmes quatre(4) fois. Il faut dès lors, savoir que lors que vous avez commis un forfait, mieux vaut ne pas s’aventurer. Les exemples de forfaits peuvent être l’infidélité dans le couple, le viol, le vol, la calomnie et la médisance ayant conduit à de graves préjudices sur la moralité et/ou sur la notoriété du défunt de son vivant. Lorsque un candidat est fautif et s’efforce d’accomplir ce rite, le signe avant-coureur de sa prochaine punition sera de trébucher ou de chuter en public, preuve que le défunt est entrai « attraper son pied ». (Sources : Dr Patrice KOURAOGO, Chargé de Recherche, Sociologue au CNRST-INSS)

Une pratique mortuaire également présente aux Antilles

« D’une part, « Les femmes rangeaient la maison, couvraient les miroirs de draps blancs et paraient le lit des plus beaux attributs après qu’une planche ait été posée sur le matelas afin de maintenir le corps bien droit. II était aussi de tradition de faire enjamber la dépouille par tous ceux qui avaient peur des morts ». (Source : Antilles : Les rites funéraires d’antan)

Pessa’h et l’enjambement

Chacun sait que Pessa’h est le nom d’une fête juive ; Bernard Marquier dans son livre « De Moïse à Hiram: Et si c’était cela la franc-maçonnerie ? » fait allusion à Pessa’h :

Mais tout n’est pas simple parce que dans la tradition juive, il y a aussi un interdit concernant l’enjambement !

L’enjambement, c’est aussi … une technique de versification utilisée en poésie

Rejet au début du vers suivant d’un ou plusieurs mots indispensables à la compréhension du sens du premier vers (Source CNRTL)

En conclusion :


Tout se passe comme s’il s’agissait d’une gestuelle magique de possession et de transmutation qui permet le transfert de l’âme du défunt vers l’âme de l’officiant. Cela ressemblerait plus à une pratique animiste populaire !

L’enjambement du cercueil vide dans le rituel d’élévation à la maîtrise est un symbole gestuel particulier qui ne semble pas avoir été très documenté  ; sauf ignorance de notre part, ce symbolisme ne se retrouve dans aucune tradition chrétienne de la fin du moyen-âge.

La seule explication logique fait référence à une relation virtuelle entre le corps supposé d’Hiram dans le cercueil  et l’exécutant des huit pas de la marche du Maître (ou de la maîtresse).

Sources :

La survie des morts

Trois petits pas…vers la Marche du Maître

Le rite de la danse du cadavre et du transfert des génies d’un défunt chez les Baatombù du Nord-Bénin

Les Jésuites chez les Francs-maçons

De notre confrère histoire-image.org – Par Pierre-Yves BEAUREPAIRE

Les loges maçonniques instrument du complot jésuite

Au milieu des années 1760, la Compagnie de Jésus a été jugée incompatible avec les lois fondamentales du royaume de France, et ses membres ont dû quitter les collèges où ils formaient une part importante des élites. Accusée d’armer le bras des régicides, de l’assassinat d’Henri IV (1610) à la tentative contre Joseph Ier de Portugal (1758), la Compagnie s’est vue accusée de tous les maux. En 1773, le pape Clément XIV a fini par la supprimer.

Pour autant, ses opposants, nombreux parmi les hommes des Lumières, ne désarment pas. Ils affirment que la menace est plus forte que jamais, car les ex-jésuites avancent désormais masqués. Homme de théâtre, journaliste et polygraphe, Nicolas de Bonneville reprend cette thèse dans Les Jésuites chassés de la maçonnerie et leur poignard brisé par les maçons, paru en français à Londres en 1788. Il y dénonce la mainmise surprenante des jésuites sur l’ordre maçonnique. En analysant les codes, rituels et symboles des francs-maçons, il entend montrer que l’essor européen d’une Maçonnerie templière est la pièce maîtresse d’une conspiration tramée par les jésuites pour asseoir leur pouvoir et manipuler les loges maçonniques. Bonneville insère, en ouverture de son livre, une gravure tirée d’un acte officiel d’un nouvel ordre maçonnique, Heredom de Kilwinning, daté de 1783.

ANALYSE DES IMAGES

Les comploteurs trahis par une gravure allégorique

Pour lui, cette authentique pièce à conviction trahit les origines jésuites de l’ordre et son noir dessein. Cet ordre maçonnique revendique clairement son héritage templier, car persécutés par le roi de France et le pape au XIVe siècle, les templiers seraient restés libres en Ecosse et se seraient réfugiés à Kilwinning, sur le (supposé) mont d’Heredom. Le choix de l’appellation Collège plutôt que celle, habituelle de Grande Loge, renvoie selon Bonneville à la volonté des jésuites de recréer le collège de Clermont, célèbre collège jésuites de Paris.

On note d’abord la présence d’un soleil couronné, or pour Bonneville, le soleil est l’emblème de l’ordre des jésuites. Les sept pointes de la couronne du soleil forment un G. Mais derrière l’apparence classique du G maçonnique – pour géométrie –, la lettre désigne en fait le Général de l’ordre : les anciens jésuites étaient organisés selon un principe militaire avec à leur tête un général. L’aigle de Jupiter « qui lance le tonnerre » regarde du côté du G, comme pour prendre ses ordres, car « le but de l’ordre est d’établir une monarchie universelle qui doit être gouvernée par le soleil caché : c’est pour déclarer ce but de l’ordre qu’on a mis à la droite du soleil un sceptre au bout duquel le globe du monde est comme attaché. Le monde entier ne doit être bientôt qu’un jeu entre les mains du Dieu-Jésuite ! ».

Derrière le sceptre est représentée une tour crénelée, avec une pointe de lance posée dessus. Caché dans la sphère solaire, le tronçon rappelle que le soleil a le pouvoir de mettre en mouvement tout ce qui est enfermé dans la tour. L’inscription de la colonne brisée : S. R. I. est limpide : Société Royale des Jésuites – le i et le j étant identiques en latin. Les lettres B. I. désignent elles Beatus Ignatius, en référence au fondateur des jésuites, Ignace de Loyola.

Au centre de la gravure se trouve le « tapis de loge » avec ses symboles autour duquel les francs-maçons s’assemblent traditionnellement. Mais l’étoile flamboyante traditionnelle à cinq pointes a fait place à une étoile à sept branches qui forme une croix templière. Derrière, s’élèvent deux aigles. Comme l’empereur Joseph II est très hostiles aux jésuites, ils ne peuvent que renvoyer à la Russie, où l’impératrice Catherine II a précisément accueilli les ex-jésuites pour leurs qualités de pédagogues. A Mohilev – dans l’actuelle Bélarus –, ils ont établi un établissement d’enseignement. Cet aigle, c’est donc l’aigle de Mohilev, symbole de la renaissance jésuite, d’où ils repartiront à la reconquête de l’Europe.

INTERPRÉTATION

Illuminati contre jésuites

La guerre des images se poursuit entre partisans des Lumières radicales et les jésuites bien au-delà de la publication de Bonneville. En effet, ce dernier s’est fait le relais en France des thèses anti-jésuites développées dans l’Europe germanophone notamment par les Illuminaten, ces membres d’une société secrète, qui recrutent dans les loges maçonniques, et s’inspirent de l’organisation de la Compagnie de Jésus – ils sont souvent d’anciens élèves des pères – pour mieux la contrer.

Au milieu des années 1780, cette société favorable aux Lumières radicales a été brutalement interdite et persécutée dans la Bavière catholique, quand les autorités ont pris conscience de son expansion. Avec la Révolution française et le séisme européen qu’elle provoque, les ex-jésuites croient tenir leur revanche. Ils accusent les Illuminaten, plus connus sous la forme anglaise d’Illuminati, ou des Illuminés de Bavière, d’avoir fomenté la Révolution depuis les arrière-loges en abusant la naïveté des francs-maçons. L’abbé Barruel, ancien jésuite, publie ainsi à Hambourg les cinq volumes des Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme (1798-1799). Ils font écho aux Preuves de conspirations contre toutes les religions et tous les gouvernements de l’Europe, ourdies dans les assemblées secrètes des Illuminés, des Francs-Maçons et des sociétés de lecture, recueillies de bons auteurs, ouvrage de l’érudit écossais John Robison, dont la parution ébranle l’Establishment politique britannique.

A leur tour, leurs lecteurs chercheront les signes qui trahissent les Illuminati et leur couverture maçonnique, dans les emblèmes et symboles révolutionnaires puis républicains, aussi bien en France qu’aux Etats-Unis jusqu’au XXe siècle.

Bibliographie

BEAUREPAIRE Pierre-Yves, L’autre et le frère : l’étranger et la franc-maçonnerie en France au XVIIIe siècle, Paris, Honoré Champion, coll. « Les dix-huitièmes siècles » (no 23), 1998.

CUBITT Geoffrey, The jesuit myth : conspiracy theory and politics in nineteenth-century France, Oxford, The Clarendon Press, 1993.

FABRE Pierre-Antoine, MAIRE Catherine (dir.), Les antijésuites : discours, figures et lieux de l’antijésuitisme à l’époque moderne, actes de rencontres (Paris, Rome, 2003), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2010.

« L’ingérence de la Sûreté de l’État peut détruire la franc-maçonnerie » : Franc-maçonnerie à Cuba

Histoire de l’époque coloniale

L’histoire de la franc-maçonnerie cubaine commence principalement par l’arrivée de migrants en provenance d’Haïti qui promulguent en 1804, une république libre après avoir aboli l’esclavage. Les premières loges créées sont d’origine française comme « la Persévérance et la Concorde » de Santiago ou encore « La Bénéfique Concorde » à La Havane. La loge « Le temple des vertus théologales » no 103, s’installe à Cuba en 1804, avec une patente délivrée par la Grande Loge de Pennsylvanie, la Grande Loge de Louisiane et celle de Caroline du Sud créent également des loges. Celle-ci reste toutefois sous une influence maçonnique française.

En 1818, une chambre de haut-grades du Rite écossais ancien et accepté est constituée par le colonel Louis de Clouet d’Obernay. Ce consistoire constitue un Grand Orient territorial espagnol formé de ressortissants espagnols ou de créoles assimilés. Dépendant du Grand Orient national d’Espagne en 1821, il devient indépendant en 1822. Il contribue à la création de plusieurs loges dans l’île et constitue également la Grande Loge du Rite d’York Toutefois ces existences restent éphémères, la répression antilibérale exercée par Ferdinand VII en Espagne à des répercussions à Cuba, toutes les loges disparaissent à l’exception de quelques rares activités vers 1830-1831 de la loge « La parfaite union » du Grand Orient de France.

Fernando VII (Ayuntamiento de Sevilla)

La seconde moitié du xixe siècle voit un renouveau de l’activité maçonnique dans l’île sous une influence nord-américaine qui se développe dans le cadre de sa situation géopolitique. Ces nouvelles juridictions restent à l’écart des juridictions espagnoles qui finissent par accepter l’indépendance maçonnique des caraïbes espagnoles. En 1861, Albert Pike commandeur du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis essaie de prendre le contrôle du Suprême conseil de Colón, n’y parvenant pas, il fait le choix de créer une seconde juridiction dite de Cuba et des Antilles. Des cette période, la franc-maçonnerie cubaine entreprend un travail philanthropique d’importance assortie d’un travail d’émancipation des esclaves ainsi que d’amélioration de la vie des populations de couleurs. Elle se bat également pour libérer le système éducatif de l’emprise cléricale pour promouvoir une école laïque et la libre-pensée. Le décret du 31 décembre 1879 promulgué par le gouvernement général de l’île qui rend l’école primaire obligatoire est accueilli avec enthousiasme par les francs-maçons cubains. Les premiers centres d’accueil pour orphelins de francs-maçons ainsi que ceux pour adultes destinées à l’éducation par des cours du soir sont ouverts à la fin du xixe siècle.

La presse maçonnique existe à partir de 1869 avec un bimensuel, Le Compas. En 1874, El silencio fait son apparition, il devient l’année suivante l’organe officiel du Grand Orient de Colón. Ces prises de positions pour les Droits de l’homme, lui valent une interdiction rapide. En avril 1881, le magazine Gran Logia commence à être diffusé, en 2018 il est la publication maçonnique la plus ancienne d’Amérique latine. La question de la franc-maçonnerie féminine se pose dès la fin du xixe siècle, elle est momentanément résolue par des sociétés para-maçonniques comme les « Hiras de la Estrella de Oriente ». Toutefois en 1889, la première loge d’adoption est créée sous les auspices du Grand Orient d’Espagne.

En tant qu’institution elle se prononce contre l’esclavage, même si certains francs-maçons en sont propriétaires, ce combat se radicalise à partir de 1883, ou en joignant ses forces avec d’autres organisations d’abolitionniste, elles obtiennent l’illégalité de l’esclavage en 1886.

La franc-maçonnerie cubaine subit le même antimaçonnisme que pour l’ensemble des territoires espagnols. En 1868, l’évêque de La Havane José Orbera Carrión la condamne et évoque la participation d’un pouvoir satanique contre l’Église et contre l’État. Il souligne en 1877, l’opposition entre le dogme catholique et les principes maçonniques.

Indépendance et révolution

Contrairement à la légende qui associe l’indépendance de Cuba à une conspiration maçonnique, il est attesté par la documentation connue que cette dernière est restée plutôt autonome face aux groupes extrémistes. Celui qui est considéré comme le père de la patrie, José Martí, n’appartient pas à une obédience officielle, tout en étant franc-maçon. Initié entre février et juillet 1871 dans la loge Caballeros Cruzados de Madrid, appartenant au Grand Orient lusitanien uni. Il y prend pour nom symbolique de « Anahuac ».

Avant la guerre d’indépendance, où elle est interdite à Cuba, elle s’illustre pas son engagement pour le pluralisme synonyme de tolérance, de libre pensée et de raison qu’elle oppose au « singularisme » qui qualifie pour elle la pensée unique de la métropole, nourrie par le catholicisme romain. Dès la fin de la guerre d’indépendance, elle se place dans une orientation patriotique qui défend les principes républicains et d’une société laïque. Entre 1902 et 1933, période faste de son développement, elle apparait comme consubstantielle de la République après avoir nettement influencée la rédaction et l’adoption de la constitution de 1901. Tout au long du xxe siècle elle pratique la philanthropie et crée des institutions d’aide aux francs-maçons et aux populations déshéritées.

Au cours du milieu du xxe siècle, la franc-maçonnerie cubaine est le reflet de la société, investie par les classes moyennes et présente dans tout le pays. Toutes les grandes villes ont au moins un temple maçonnique, ils sont souvent fréquentés par de nombreux commerçants, des intellectuels et des hommes politiques de renom. La révolution cubaine est soutenu dans ses premières mesures par la population et la franc-maçonnerie en général, mais cette position évolue avec la déclaration du caractère socialiste de la révolution et la mise en œuvre d’une nationalisation des petits commerces. La révolution n’abolit pas la franc-maçonnerie dans l’île, cependant le nouveau régime ne facilite pas son essor et contrôle les activités des obédiences. Si le fait d’être franc-maçon est incompatible avec une adhésion au Parti communiste cubain, ceux-ci ne sont pas persécutés. Le gouvernement affirme toutefois l’inutilité d’appartenir à une société fraternelle, la révolution étant en soi et de son point de vue, une vraie fraternité.

Les Libres-Penseurs ont un Sacré Cœur… mais pas celui que l’on «croiX»

De notre confrère le site officiel de la Libre Pensée fnlp.fr

Leur devise est : « Ni dieu ni maître, à bas la calotte et Vive la Sociale ! »

À toutes celles et à tous ceux que le classement de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre en « monument historique » révolte et qui veulent agir.

DÉCLARATION

Selon le site fémina-fr : « Une décision du ministère de la Culture qui intervient sans surprise après l’autorisation de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture jeudi 8 décembre, ainsi que l’avis favorable de la Ville de Paris (2011)… La basilique du Sacré-Cœur est en effet depuis toujours au cœur d’un conflit mémoriel pour son lien avec la Commune de Paris. Le monument a été édifié à partir de 1877 sur la butte de Montmartre, lieu qui a également été le théâtre de la répression sanglante qui a mis fin à la Commune quelques années plus tôt. À gauche, beaucoup y voient le symbole de l’« ordre moral » répressif de l’époque. »

Toutes les contorsions grotesques de la Mairie de Paris, alliée au pouvoir macroniste en cette circonstance n’y changeront rien : cet acte éminemment politique est le deuxième assassinat de la Commune de Paris.

Ce ne sont pas des pierres que l’on protège de l’usure du temps, c’est un message qui se perpétue : La Commune de Paris est impie, elle doit payer pour ses fautes, la Basilique, c’est la rédemption revendiquée.

Depuis Rerum novarum (1891) qui condamnait le syndicalisme ouvrier, le socialisme et la lutte des classes jusqu’à Divinis redemptoris (1937) qui condamnait « le communisme comme intrinsèquement pervers », ce sont tous les mouvements d’émancipation humaine qu’a condamné le Vatican pour promouvoir une société d’ordre corporatiste. C’est pourquoi, le Vatican a toujours soutenu toutes les dictatures à travers le temps et sur tous les continents.

Barricade avenue Victoria par Marcel Léautté – Source Gallica-BnF

La Commune de Paris, c’est la liberté et la laïcité !

Il y a 152 ans, le prolétariat parisien montait à l’assaut du ciel contre la réaction, le cléricalisme et le Vieux-monde. Pendant deux mois, une semaine et quelques jours, la classe ouvrière dressait enfin le programme révolutionnaire d’un véritable gouvernement ouvrier du peuple, pour le peuple, par le peuple, c’était « la forme enfin trouvée » du gouvernement du prolétariat (Marx).

La Commune de Paris interdisait le travail de nuit, luttait contre l’exploitation capitaliste, fondait l’École laïque et décrétait, pour la deuxième fois dans l’histoire du pays, la Séparation des Églises et de l’État. Son œuvre fut immense et a ouvert le chemin aux peuples du monde.

Hier, comme aujourd’hui

Les tenants du Vieux-monde, de l’Église et du capitalisme veulent faire tourner la roue de l’Histoire à l’envers. Ils entendent détruire tous les acquis sociaux sur l’autel des intérêts du patronat. Comment ne pas voir que les libertés démocratiques disparaissent sous tous les prétextes possibles et que le seul avenir qui est offert à la jeunesse est l’embrigadement par le SNU ?

Loi de séparation des églises et de l’État. Page 1 – Archives Nationales – AE-II-2991

Comment ne pas être indignés et saisis d’effroi quand on voit les manifestations de superstition de l’Église catholique à travers le pays, souvent en présence d’Élus de la République qui foulent aux pieds la Séparation des Églises et de l’État, et qui processionnent, s’agenouillent et communient devant des emblèmes tout droit sortis des sacristies et des tabernacles du Moyen Âge ? La superstition et la réaction sont de nouveau unies contre la science et le progrès humain.

La Commune de Paris a dressé l’ébauche prometteuse de mesures sociales qui se sont concrétisées plus tard dans le Code du Travail. Être fidèle au combat des Communards, c’est être aux côtés de tous ceux qui, salariés, fonctionnaires, lycéens, étudiants, jeunes, refusent que l’on détruise ce qui a été construit par nos ainés pour un monde meilleur et plus éclairé.

Être fidèle à la Commune de Paris, c’est refuser « l’union sacrée » et défendre les acquis sociaux, syndicaux, démocratiques et laïques.

Tel est le combat de la Libre Pensée
Ni dieu, ni maître ! À bas la Calotte et vive la Sociale !*

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C’est pour mener ce combat qu’en 1905, la Libre Pensée fit ériger la statue du Chevalier de la Barre devant le parvis de la Basilique du Sacré-Cœur : cause contre cause, classe contre classe, liberté contre tyrannie, laïcité contre cléricalisme !

Rendre hommage au Chevalier de la Barre, brûlé à Abbeville le 1er juillet 1766, c’est rendre hommage à son geste d’homme libre. En refusant de saluer une procession, il a affirmé sa liberté de conscience publiquement, il a revendiqué pour tout homme la liberté d’expression. Ce geste, simple en apparence, fut si important, si fondamental par tout ce qu’il a déclenché, qu’il lui valut la mort.

En 1897, un Comité du monument La Barre se forme ; il comprend des militants ouvriers, des libres penseurs, des Communards comme Jean Allemane, des dreyfusards, notamment le sénateur Auguste Delpech, un des fondateurs de la Ligue des Droits de l’homme.

En 1904, le Conseil municipal reprend possession d’un terrain de 5 000m2 devant le « Sacré-Cœur », terrain que l’archevêché de Paris s’est indûment approprié. Il affirme, en outre, sa volonté de placer la statue du Chevalier dans l’axe de l’entrée principale afin de contrer la domination de l’Église sur le paysage parisien.

Le 3 septembre 1905, des milliers de Libres Penseurs, français, belges, italiens, anglais hongrois, allemands, argentins, tchèques, défilent devant la maquette de la statue du Chevalier. On est trois mois avant le vote de la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État. La date n’est pas innocente. En effet, cette journée qui sera grandiose (25 000 manifestants), précède le Congrès international des Libres Penseurs des 4, 5 et 6 septembre 1905. Les congressistes étaient tous là, de même que de nombreux Francs-Maçons du Grand Orient de France. Tous sont reçus à la Mairie de Paris (plusieurs conseillers municipaux font partie des organisateurs du congrès et de la manifestation). Paris avait été choisi pour le congrès de 1905, car on savait que la Séparation y serait bientôt votée.

Le 4 novembre 1906 a lieu l’inauguration de la statue réalisée par le sculpteur Armand Bloch. Le Chevalier de La Barre est représenté enchaîné au poteau de son supplice, épaules et pieds nus, jambe droite et poignet droit partiellement brisés par la question à laquelle il a été soumis. Le Dictionnaire philosophique de Voltaire est à ses pieds.

Cette statue déclenche la fureur cléricale ; Léon Bloy 1 écrit qu’il s’agit de la « profanation » du Sacré-Cœur par des « bandes énormes de crapules [venues] défiler pleutrement » devant « la sotte image de ce petit salaud de Chevalier de La Barre. ». L’atelier du sculpteur subit plusieurs attaques et la statue est souillée de peinture blanche, de minium…

Déclaration de principe : « La Libre Pensée se réclame de la raison et de la science. Elle n’est pas un parti ; elle est indépendante de tous les partis. Elle n’est pas une Église ; elle n’apporte aucun dogme. Elle vise à développer chez tous les hommes, l’esprit de libre examen et de tolérance. »

Sous le prétexte de réaménager le sommet de la Butte, l’Église finit par obtenir, en 1926, que la statue soit déplacée dans un square proche.

En 11 octobre 1941, le gouvernement de Vichy promulgue la loi sur l’enlèvement des statues métalliques en vue de leur fonte. Mais ce ne sont pas toutes les statues qui ont cet « honneur« , les saints et les saintes, les rois et les reines, Jeanne d’Arc, sont épargnés.

Par contre, les Humanistes, les Philosophes, les Victimes de l’intolérance cléricale y passent : le Chevalier de La Barre, Etienne Dolet, Voltaire, Rousseau, Condorcet, Victor Hugo, Zola, Diderot, Marat, Gambetta, Fourrier, Lavoisier, Brocat, Maria Deraismes…

En 2001, une nouvelle statue est érigée, bien différente de la première. L’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée (IRELP) commente : « Cette disparition commune des formulations libre-penseuses, à quelques mois de distance, ne peut être le fruit du hasard. Et d’un certain point de vue, l’actuelle statue du Chevalier de la Barre au pied du Sacré-Cœur (square Nadar) n’est pas la réplique de l’originale, qui illustrait le martyre du Chevalier, mais une image goguenarde, narquoise, alors que le Chevalier de la Barre est entré dans l’histoire non pour avoir été un des multiples libertins du XVIIIe siècle, mais pour avoir été assassiné par l’Église. Nous avons pourtant entendu dans une cérémonie dire que le tricorne que portaient certains participants à la manifestation symbolisait l’union des athées, des agnostiques et des croyants, ce qui, en l’honneur du Chevalier de la Barre, assassiné par les représentants officiels des croyants est un tour de force. »

On le voit à travers ce rappel du passé : le Chevalier de La Barre est le symbole constant de la lutte contre le cléricalisme, contre l’obscurantisme, et notre initiative de remettre le Chevalier de la Barre à sa place d’origine n’est pas la commémoration un peu vaine d’un crime du passé, mais un appel à l’action toujours nécessaire pour le respect de la liberté de pensée.

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Souscription nationale

La Fédération nationale de la Libre Pensée prend l’initiale de lancer une souscription  pour la remise sous sa forme originelle et à sa place originale de la Statue du Chevalier de la Barre à Montmartre devant la basilique dite du « Sacré-Cœur ». Celle-ci sera mise en place le 7 avril 2023 lors du Colloque international « En finir avec les Concordats en Europe, et les religions établies et officielles et les biens et avantages terrestres des Eglises ! »

Comme en 1904, pour la statue originale, la Libre Pensée appelle les laïques, les démocrates, les républicains, tous les partisans de la défense de la liberté de conscience à souscrire massivement pour nous permettre cette remise en place. Après la cérémonie de remise en place, nous déposerons cette statue dans un lieu à l’abri des intempéries, mais largement ouvert au public.

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Il nous faut 32 000€ !

Chaque souscripteur sera le bienvenu et chaque somme collectée doit permettre de réaliser cette œuvre de liberté humaine.

Pour « l’émancipation intégrale de la pensée humaine », comme le proclame fièrement le monument en mémoire du Chevalier de La Barre à Abbeville dans la Somme, pour la liberté absolue de conscience, la Libre Pensée mène le combat, fidèle à ce qu’écrivait Victor Hugo : « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle »

En érigeant, en remettant ce symbole à sa place historique, même de manière momentanée, c’est tout le combat laïque de près de 150 ans que la Libre Pensée veut honorer. C’est pourquoi elle vous appelle à souscrire massivement.

Merci de votre aide.

La Fédération nationale de la Libre Pensée

Chèque à l’ordre de « Libre Pensée » (Mettre au dos « Statue La Barre » et à envoyer à : Libre Pensée 10/12 rue des Fossés-saint-Jacques – 75005 Paris. Ou faire un virement (voir RIB ci-dessous). Un reçu fiscal vous sera délivré. Pour les personnes imposables, les versements donnent droit à une réduction de 66% de leur montant. Un don de 100€, une fois déduction fiscale opérée, se réduit donc à une dépense réelle de 34€. Pour les trésoriers fédéraux, les reçus fiscaux ne sont pas délivrés pour des dons de Fédérations, envoyez directement les chèques des adhérents donateurs au siège.

Ou faire un don par notre site Web : https://www.fnlp.fr/faire-un-don-pour-la-libre-pensee/

Montmartre, le 7 janvier 2023

Mise en scène de la cène – source 6bisruedemessine

RIB : Titulaire Assoc. Fed Nat de la Libre Pensée

Adresse : 10 r des Fossés-St-Jacques 75005 PARIS

Domiciliation : CREDIT ABRICOLE PARIS MUTUALITE

Code banque : 18206 / Code guichet : 00206

Numéro de Compte : 65027655585 Clé RIB : 92

IBAN : FR76 1820 6002 0665 0276 5558 592

Code BIC – Code Swift : AGRIFRPP882

Paul Bert dans les années 1880.

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*Ce slogan anticlérical attribué à Paul Bert (1833-1886) et repris en 1905 par les libres penseurs lors de l’adoption de la loi sur la laïcité dans la République, conserve  toute sa pertinence, un siècle plus tard, tant l’espace public est actuellement abusivement envahi, littéralement « thrombosé » par le prosélytisme religieux…

Plaque apposée sur la façade du siège de la Fédération Nationale de La Libre Pensée, 10 rue des fossés Saint-Jacques à Paris. Il y est inscrit : « Hommage à Ferdinand BUISSON
1841-1932
Président de l’Association Nationale des Libres Penseurs de France
Député qui fit adopter la loi de séparation des églises et de l’État.
Cette plaque a été inaugurée par les laïques le 1er Juin 1980 en protestation contre les violations faites à cette loi par le Chef de l’État et les pouvoirs publics à l’occasion de la venue du pape Jean-Paul II en France. »

La franc-maçonnerie a ordonné le limogeage de Benoît XVI

De notre confrère italien nicolaporro.it – par Luigi Bisignani

Concernant notre frère en humanité Benoît XVI, pape émérite ou pontife émérite, titre porté par ce 265e pape de l’Église catholique, du moment de sa démission de la charge de pontife romain, le 28 février 2013, à sa mort, le 31 décembre 2022…
Quelques rappels :

Nommé par saint Jean-Paul II en 1981, le cardinal Josef Ratzinger fut préfet de la Congregatio pro Doctrina Fidei, la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il y demeura 23 ans. Elle est une des neuf congrégations de la Curie romaine, remplaçant, en 1965, la Sacrée congrégation du Saint-Office qui a elle-même succédé à la célèbre Sacrée congrégation de l’inquisition romaine et universelle, plus connue sous le nom d’Inquisition romaine, instaurée initialement pour combattre les hérétiques et les apostats.
Nous le savons, presque dès son apparition, la Franc-Maçonnerie fut condamnée – et ses membres excommuniés – par la sainte Église catholique, apostolique et romaine, institution rassemblant l’ensemble des catholiques, c’est-à-dire tous les chrétiens en communion avec le pape et les évêques.

Le 28 avril 1738, Clément XII fulmine sa bulle pontificale In eminenti apostolatus specula. Cette position est rappelée, au nom de Jean-Paul II, par le cardinal Ratzinger en 1983).
Puis vint, en 1751, Providas romanorum, une nouvelle condamnation papale. La plus célèbre étant sans doute Humanum genus du pape Léon XIII donnée le 20 avril 1884 condamnant le relativisme philosophique de la Franc-Maçonnerie.
À Rome, au siège de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 26 novembre 1983, Joseph, card. Ratzinger, Préfet signait, accompagné de Fr. Jérôme Hamer, O.P., Secrétaire, le texte intitulé « DÉCLARATION SUR L’INCOMPATIBILITÉ ENTRE L’APPARTENANCE À L’ÉGLISE ET LA FRANC-MAÇONNERIE » qui s’achevait par « Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication. » Ite missa est !

Pour le dire en plaisantant à la romaine, il convient de s’exclamer : « de quelle chaire sort le sermon »… Après les funérailles de Benoît XVI, le pape François revient sur le « pasteur gaucho » qui condamne succinctement : « le bavardage est une arme mortelle, elle tue l’amour, la société, la fraternité ».

Selon toute vraisemblance, il faisait référence au livre de Monseigneur Georg Gänswein et Saverio Gaeta Rien que la vérité aux éditions Piemme, dont Il Tempo publie quelques extraits sur la franc-maçonnerie, la gestion du pouvoir et les polémiques autour du cardinal Sarah. Le commérage est un thème récurrent pour François, peut-être parce que son pontificat est né précisément sur une affaire de commérage à la base de Vatileaks 1 , un procès interne de justice sommaire, mené en interrogeant des cardinaux, des évêques et des dignitaires de la Curie qui n’ont jamais été pu voir la transcription de leurs dépositions. Pour les détracteurs de Francesco, le bavardage est plutôt, jusqu’à présent, l’arme qui lui a permis de gouverner, permettant des attaques et des prises de position responsables d’avoir amené le Cardinal Becciu , ainsi que de trouver de nouvelles couvées de corbeaux du Vatican qui commencent à planer autour du Dôme.

Extraits du livre Rien que la vérité

Les défis du préfet sur la franc-maçonnerie

Peu de temps après son arrivée dans la Congrégation, Ratzinger se trouva confronté à l’un des problèmes les plus épineux de ces années… « Quiconque dénonce une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; quiconque promeut ou dirige une telle association sera puni d’interdit ». Cette innovation a ouvert une controverse qui a impliqué plusieurs fronts, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Église catholique. Ainsi le préfet jugea-t-il opportun de faire une déclaration explicite, approuvée par le pape Wojtyla et publiée le 26 novembre 1983 (la veille de l’entrée en vigueur du nouveau Code). Le texte précise définitivement que la mention tacite de la franc- maçonnerie « est dû à un critère éditorial également suivi pour les autres associations également non mentionnées comme incluses dans des catégories plus larges », tandis que « le jugement négatif de l’Église à l’égard des associations maçonniques reste inchangé, puisque leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de la L’église et donc l’inscription à celles-ci restent interdites… » L’année suivante, il augmente la dose avec une réflexion de la Congrégation sur « l’inconciliabilité entre la foi chrétienne et la franc-maçonnerie« , dans laquelle ses « idées philosophiques et conceptions morales sont mises en évidence opposées à la doctrine catholique« . », malgré « le dialogue engagé par des personnalités catholiques avec des représentants de certaines loges qui se déclarent non hostiles voire favorables à l’Église ». (…)

Lorsqu’il a été élu pape, la déception (c’est le moins qu’on puisse dire) de la franc-maçonnerie envers Benoît XVI était évidente. Par conséquent, en lisant en 2013 le salut chaleureux de Gustavo Raffi , le grand maître du Grand Orient d’Italie – « Peut-être que dans l’Église rien ne sera plus comme avant. Notre espoir est que le pontificat de François marquera le retour de l’Église-Parole par rapport à l’Église-institution, [dans l’espoir qu’] une Église du peuple retrouvera la capacité de dialoguer avec tous les hommes de bonne volonté et avec la franc-maçonnerie » – J’étais sûr que, plus qu’un « bienvenue » au pape Bergoglio, qui franchement je ne pense pas lui était particulièrement familier, c’était un « bienvenue » au pape Ratzinger !

Les pierres d’achoppement du gouvernement complexe. Décisions à 360 degrés

Dès les premiers jours du pontificat, j’ai réalisé combien est énorme la responsabilité qui pèse sur le Pape en ce qui concerne les nominations , sur lesquelles le choix final lui incombe essentiellement : plus de trois mille circonscriptions ecclésiastiques dans toutes les parties du monde, avec près de deux cents diplomates, pour un total d’environ quatre mille évêques actifs, y compris les diocésains, les auxiliaires et les nonces ; puis tous les postes dans les multiples organes de la Curie vaticane, qui dirigent les activités du Saint-Siège dans le domaine spirituel et pastoral, mais aussi dans le domaine administratif et caritatif, compte tenu d’un horizon global d’un milliard trois cent mille Des catholiques avec des traditions culturelles, des situations économiques et des perspectives sociales complètement variées (…). Benoît n’a certainement pas affronté cette tâche à la légère , et il l’a fait en suivant l’enseignement de son bien-aimé saint Bonaventure, pour qui « gouverner n’était pas simplement faire, mais surtout penser et prier: toutes ses décisions résultent de la réflexion, de la pensée éclairé par la prière ». En fait, il savait bien qu’humainement parlant, il est très difficile de juger les gens et de décider à leur sujet, puisque, disait-il, « personne ne peut lire dans le cœur d’un autre »… Même s’il est vrai que le pape Ratzinger n’avait pas un sens marqué intérêt pour les questions de gouvernement…. »

La bombe médiatique explose soudain, le 12 janvier 2020, avec une interview parue dans le journal français « Le Figaro », dans laquelle le cardinal Robert Sarah annonce que, trois jours plus tard, il publiera avec Benoît XVI « un livre à quatre mains où les deux prélats expriment la même vision de l’Église (…)

Le « gâchis » de Sarah à propos du livre double signé

Sur la couverture, le nom de Benoît XVI se détachait en haut, avec la même taille que celui du cardinal Sarah, et les images étaient deux photographies d’eux côte à côte (même celle de Benoît était encore de l’époque pape, avec le cap bien visible). J’ai immédiatement apporté le volume au pape émérite et lui aussi a été étonné, comprenant immédiatement quelle polémique s’ensuivrait…

Benoît jugea donc une clarification nécessaire (…) Le pape émérite, en effet, savait que le cardinal préparait un livre et avait envoyé son court texte sur le sacerdoce l’autorisant à en faire usage à sa guise. Mais il n’avait approuvé aucun projet de livre double signé , ni vu ni autorisé la couverture. C’est un malentendu, sans remettre en cause la bonne foi du cardinal Sarah… La conclusion de cette lettre du 17 février au pape François il a mis en lumière toute l’amertume de Benedetto pour ce qui s’était passé et a posé une pierre définitive: « J’ai déjà décidé de ne plus rien publier pendant ma vie dans ce pays. Saint-Père, j’espère avoir clarifié l’histoire de mon texte pour le livre du cardinal Sarah et je ne peux qu’exprimer ma tristesse face à l’abus de mon article dans le débat public ». Il n’y avait pas besoin d’une réponse spécifique, de sorte que de la part du pape François, il n’y avait que l’accusé de réception. Mais, à ma connaissance, il comprenait la bonne foi totale de son prédécesseur et appréciait sa franchise dans son comportement.

Luigi Bisignani, Il Tempo 9 janvier 2023