mer 01 février 2023 - 08:02

La franc-maçonnerie a ordonné le limogeage de Benoît XVI

De notre confrère italien nicolaporro.it – par Luigi Bisignani

Concernant notre frère en humanité Benoît XVI, pape émérite ou pontife émérite, titre porté par ce 265e pape de l’Église catholique, du moment de sa démission de la charge de pontife romain, le 28 février 2013, à sa mort, le 31 décembre 2022…
Quelques rappels :

Nommé par saint Jean-Paul II en 1981, le cardinal Josef Ratzinger fut préfet de la Congregatio pro Doctrina Fidei, la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il y demeura 23 ans. Elle est une des neuf congrégations de la Curie romaine, remplaçant, en 1965, la Sacrée congrégation du Saint-Office qui a elle-même succédé à la célèbre Sacrée congrégation de l’inquisition romaine et universelle, plus connue sous le nom d’Inquisition romaine, instaurée initialement pour combattre les hérétiques et les apostats.
Nous le savons, presque dès son apparition, la Franc-Maçonnerie fut condamnée – et ses membres excommuniés – par la sainte Église catholique, apostolique et romaine, institution rassemblant l’ensemble des catholiques, c’est-à-dire tous les chrétiens en communion avec le pape et les évêques.

Le 28 avril 1738, Clément XII fulmine sa bulle pontificale In eminenti apostolatus specula. Cette position est rappelée, au nom de Jean-Paul II, par le cardinal Ratzinger en 1983).
Puis vint, en 1751, Providas romanorum, une nouvelle condamnation papale. La plus célèbre étant sans doute Humanum genus du pape Léon XIII donnée le 20 avril 1884 condamnant le relativisme philosophique de la Franc-Maçonnerie.
À Rome, au siège de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 26 novembre 1983, Joseph, card. Ratzinger, Préfet signait, accompagné de Fr. Jérôme Hamer, O.P., Secrétaire, le texte intitulé « DÉCLARATION SUR L’INCOMPATIBILITÉ ENTRE L’APPARTENANCE À L’ÉGLISE ET LA FRANC-MAÇONNERIE » qui s’achevait par « Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication. » Ite missa est !

Pour le dire en plaisantant à la romaine, il convient de s’exclamer : « de quelle chaire sort le sermon »… Après les funérailles de Benoît XVI, le pape François revient sur le « pasteur gaucho » qui condamne succinctement : « le bavardage est une arme mortelle, elle tue l’amour, la société, la fraternité ».

Selon toute vraisemblance, il faisait référence au livre de Monseigneur Georg Gänswein et Saverio Gaeta Rien que la vérité aux éditions Piemme, dont Il Tempo publie quelques extraits sur la franc-maçonnerie, la gestion du pouvoir et les polémiques autour du cardinal Sarah. Le commérage est un thème récurrent pour François, peut-être parce que son pontificat est né précisément sur une affaire de commérage à la base de Vatileaks 1 , un procès interne de justice sommaire, mené en interrogeant des cardinaux, des évêques et des dignitaires de la Curie qui n’ont jamais été pu voir la transcription de leurs dépositions. Pour les détracteurs de Francesco, le bavardage est plutôt, jusqu’à présent, l’arme qui lui a permis de gouverner, permettant des attaques et des prises de position responsables d’avoir amené le Cardinal Becciu , ainsi que de trouver de nouvelles couvées de corbeaux du Vatican qui commencent à planer autour du Dôme.

Extraits du livre Rien que la vérité

Les défis du préfet sur la franc-maçonnerie

Peu de temps après son arrivée dans la Congrégation, Ratzinger se trouva confronté à l’un des problèmes les plus épineux de ces années… « Quiconque dénonce une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; quiconque promeut ou dirige une telle association sera puni d’interdit ». Cette innovation a ouvert une controverse qui a impliqué plusieurs fronts, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Église catholique. Ainsi le préfet jugea-t-il opportun de faire une déclaration explicite, approuvée par le pape Wojtyla et publiée le 26 novembre 1983 (la veille de l’entrée en vigueur du nouveau Code). Le texte précise définitivement que la mention tacite de la franc- maçonnerie « est dû à un critère éditorial également suivi pour les autres associations également non mentionnées comme incluses dans des catégories plus larges », tandis que « le jugement négatif de l’Église à l’égard des associations maçonniques reste inchangé, puisque leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de la L’église et donc l’inscription à celles-ci restent interdites… » L’année suivante, il augmente la dose avec une réflexion de la Congrégation sur “l’inconciliabilité entre la foi chrétienne et la franc-maçonnerie“, dans laquelle ses “idées philosophiques et conceptions morales sont mises en évidence opposées à la doctrine catholique“. », malgré « le dialogue engagé par des personnalités catholiques avec des représentants de certaines loges qui se déclarent non hostiles voire favorables à l’Église ». (…)

Lorsqu’il a été élu pape, la déception (c’est le moins qu’on puisse dire) de la franc-maçonnerie envers Benoît XVI était évidente. Par conséquent, en lisant en 2013 le salut chaleureux de Gustavo Raffi , le grand maître du Grand Orient d’Italie – « Peut-être que dans l’Église rien ne sera plus comme avant. Notre espoir est que le pontificat de François marquera le retour de l’Église-Parole par rapport à l’Église-institution, [dans l’espoir qu’] une Église du peuple retrouvera la capacité de dialoguer avec tous les hommes de bonne volonté et avec la franc-maçonnerie » – J’étais sûr que, plus qu’un “bienvenue” au pape Bergoglio, qui franchement je ne pense pas lui était particulièrement familier, c’était un “bienvenue” au pape Ratzinger !

Les pierres d’achoppement du gouvernement complexe. Décisions à 360 degrés

Dès les premiers jours du pontificat, j’ai réalisé combien est énorme la responsabilité qui pèse sur le Pape en ce qui concerne les nominations , sur lesquelles le choix final lui incombe essentiellement : plus de trois mille circonscriptions ecclésiastiques dans toutes les parties du monde, avec près de deux cents diplomates, pour un total d’environ quatre mille évêques actifs, y compris les diocésains, les auxiliaires et les nonces ; puis tous les postes dans les multiples organes de la Curie vaticane, qui dirigent les activités du Saint-Siège dans le domaine spirituel et pastoral, mais aussi dans le domaine administratif et caritatif, compte tenu d’un horizon global d’un milliard trois cent mille Des catholiques avec des traditions culturelles, des situations économiques et des perspectives sociales complètement variées (…). Benoît n’a certainement pas affronté cette tâche à la légère , et il l’a fait en suivant l’enseignement de son bien-aimé saint Bonaventure, pour qui « gouverner n’était pas simplement faire, mais surtout penser et prier: toutes ses décisions résultent de la réflexion, de la pensée éclairé par la prière ». En fait, il savait bien qu’humainement parlant, il est très difficile de juger les gens et de décider à leur sujet, puisque, disait-il, « personne ne peut lire dans le cœur d’un autre »… Même s’il est vrai que le pape Ratzinger n’avait pas un sens marqué intérêt pour les questions de gouvernement…. »

La bombe médiatique explose soudain, le 12 janvier 2020, avec une interview parue dans le journal français « Le Figaro », dans laquelle le cardinal Robert Sarah annonce que, trois jours plus tard, il publiera avec Benoît XVI « un livre à quatre mains où les deux prélats expriment la même vision de l’Église (…)

Le “gâchis” de Sarah à propos du livre double signé

Sur la couverture, le nom de Benoît XVI se détachait en haut, avec la même taille que celui du cardinal Sarah, et les images étaient deux photographies d’eux côte à côte (même celle de Benoît était encore de l’époque pape, avec le cap bien visible). J’ai immédiatement apporté le volume au pape émérite et lui aussi a été étonné, comprenant immédiatement quelle polémique s’ensuivrait…

Benoît jugea donc une clarification nécessaire (…) Le pape émérite, en effet, savait que le cardinal préparait un livre et avait envoyé son court texte sur le sacerdoce l’autorisant à en faire usage à sa guise. Mais il n’avait approuvé aucun projet de livre double signé , ni vu ni autorisé la couverture. C’est un malentendu, sans remettre en cause la bonne foi du cardinal Sarah… La conclusion de cette lettre du 17 février au pape François il a mis en lumière toute l’amertume de Benedetto pour ce qui s’était passé et a posé une pierre définitive: « J’ai déjà décidé de ne plus rien publier pendant ma vie dans ce pays. Saint-Père, j’espère avoir clarifié l’histoire de mon texte pour le livre du cardinal Sarah et je ne peux qu’exprimer ma tristesse face à l’abus de mon article dans le débat public ». Il n’y avait pas besoin d’une réponse spécifique, de sorte que de la part du pape François, il n’y avait que l’accusé de réception. Mais, à ma connaissance, il comprenait la bonne foi totale de son prédécesseur et appréciait sa franchise dans son comportement.

Luigi Bisignani, Il Tempo 9 janvier 2023

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