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La franc-maçonnerie « spéculative » : quelle histoire !

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 Le récit extravagant de Andrew Ramsay (La franc-maçonnerie créée par le roi Salomon !) ne trompe évidemment personne sur le plan historique…mais convient précisément à la frange nobiliaire maçonnique de l’époque, avide d’ascendance prestigieuse, même inventée de toutes pièces. Comme par hasard, alors qu’il n’existe que les degrés d’Apprenti (noviciat) et de Compagnon (en vérité seul degré initiatique à l’image de la maçonnerie opérative), le degré de Maître-maçon « spéculatif » est créé en 1738. Le cadre imaginé de ces deux premiers « avancements » est celui des chantiers des cathédrales européennes : le troisième crée donc une vraie rupture. Coïncidence ? Au moment même où la Bible fait son entrée officielle en loge, ce troisième degré – consacrant le Maître-maçon – nous entraîne soudain à Jérusalem, au sein du mythique Temple de Salomon en construction ! En ce sens, il a pu être qualifié de premier des « Hauts-Grades » qui gravitent autour de ce Temple en Judée, puisque ceux-ci en ont fait leur symbolique centrale. Un temple imaginaire, totalement biblique !

 Obédiences et turbulences (1800-1900)

Il a été historiquement avancé que les « continuateurs » d’Anderson et Desaguliers » ont voulu créer avec cette franc-maçonnerie « augmentée », une « unité métaphorique narrative » intégrant les trois traditions initiatiques occidentales : le Compagnonnage (maçonnerie bleue) ; la Rose-Croix (maçonnerie rouge) ; la Chevalerie (maçonnerie blanche). Mais si l’initiation maçonnique ouvre un chemin à l’Homme, elle n’a pas d’influence possible sur son « programme génétique », basé sur le désir, son moteur même. Désir d’être et de faire, donc désir d’abord d’apprendre, donc d’imiter l’autre, son modèle disponible, son autre soi-même. Puis – jalousie oblige – de le dominer pour s’affirmer !

Ce degré de Maître, puis la floraison de Hauts-Grades aux noms pompeux, d’abord en 7, en 10, en 33 et même 99 degrés, au fil des rites qui naissent des imaginations débordantes, sont l’occasion rêvée pour cette opposition native. Deux maçonneries s’affrontent dans la deuxième partie du 19ème siècle, deux théâtres même peut-on dire : une maçonnerie jugée subalterne, plébéienne par le camp nobiliaire, lequel s’affirme ainsi aristocratique et se croit pour autant supérieur. Elles sont en réalité toutes deux prises dans un grand jeu fictionnel, la première se rêvant héritière des constructeurs des cathédrales alors qu’elle n’en est que la lointaine parente livresque par l’image et le symbolisme des outils, la seconde se disant héritière de la Chevalerie templière. Alors qu’elle n’en est inspirée, elle-même, que par l’esprit et le rêve ! L’illusion ne retenant ici que les qualités légendaires de cette Chevalerie : bravoure, courtoisie, loyauté, protection des faibles. Mais écartant au passage, le désastre politico-ecclésial reconnu, qu’ont été, en vérité, les Croisades chrétiennes de cette sinistre équipée conquérante, dès le premier millénaire, contre les Mahométans. Croisades elles-mêmes, constituant une série de revanches contre les incursions agressives de ces derniers, dans les siècles précédents en territoire gaulois, (Ex : Poitiers, défendu par Charles Martel, en 732) !

La guerre, maladie humaine endémique, n’est qu’un jeu tragique interminable de gagnants et de perdants à tour de rôle, entre autres pour occuper et – il faut bien l’avouer – « pimenter » émotionnellement le temps, notre mystérieux et angoissant « milieu indéfini » à vivre ! « Liberté-Egalité-Fraternité », ce beau vœu révolutionnaire reste toujours un idéal intelligent à atteindre ! Et tout le mérite « têtu » de la franc-maçonnerie est bien là : sa bonne volonté, qui elle aussi traverse le temps, est à saluer et respecter au-delà de tous ses défauts et fantasmes ! Aux francs-maçons de vraiment méditer ce triptyque !

La première Grande Loge de France, (A ne pas confondre avec la seconde née en 1894) apparaît donc en 1728, patentée par la Grande Loge Unie d’Angleterre). Le Grand Orient voit le jour en 1773. Il conviendra toutefois d’attendre le début du XIXème siècle pour que, bon gré, mal gré, les rites maçonniques de ces instances – jusque-là plus ou moins « anarchiques » – s’organisent en péjoratifs « bas-grades » (3 premiers degrés) et « Hauts-Grades » (degrés suivants facultatifs). Ils commencent néanmoins à coopérer dans l’esprit d’une même tradition fédératrice « d’oeuvriers » et le cadre de rites parfaitement structurés, au fur et à mesure de la naissance des dites « Grandes Loges ». De « Bas grades », les premiers degrés deviennent « symboliques ».

C’est une franc-maçonnerie française, condamnée par le Pape (Benoît XIV en 1751), marquée par la philosophie des Lumières, qui traverse la Révolution française (1789), sans l’avoir organisée, comme il a été dit à tort. Même si des maçons réputés s’y illustrent (Danton, Mirabeau, La Fayette, Rouget de l’Isle, entre autres). Dès 1801, Napoléon tente sans succès – en signant le Concordat – de rapprocher l’Eglise de la franc-maçonnerie. (350 de ses généraux en sont, ainsi que ses quatre frères – Joseph, Louis, Jérôme, Lucien – et sa femme Joséphine).

De son côté, le Grand Orient, ne se soucie guère des états d’âme papaux. Le 1er article de sa Constitution, qui reconnaissait l’existence de Dieu, en a été ôté après la révolution de 1870.

Des « planches », les idées sociales (1900-2000)

La suppression de la référence au Grand Architecte de l’Univers n’est pas du goût de la Grande Loge Unie d’Angleterre. A l’approche du XXème siècle, fidèle à sa doctrine théiste, et à sa position autoproclamée de puissance maçonnique dominante, elle rompt avec le Grand Orient …que cette séparation indiffère totalement !

Un détail parmi d’autres certes, mais à ne jamais oublier : il montre que le conflit – à la fois moteur et frein humain – est bien aussi dans les chromosomes de la franc-maçonnerie (dans l’ADN comme on dit aujourd’hui, ce fameux acide désoxyribonucléique, support de notre information génétique) ! Concours de circonstance : Alors que la franc-maçonnerie française s’applique à prôner la précitée trilogie républicaine « Liberté-Egalité-Fraternité » empruntée à la Révolution de 1789.

  •  Au moment où elle affirme sur tout le territoire, l’importance vitale de la démocratie,
  •  Tandis qu’elle déclare sa conviction dans le progrès pour le bonheur du peuple :

Simultanément, une forte turbulence agite les loges maçonniques !

Au siècle dernier, les maçons roturiers obtenant le port de l’épée en loge comme les maçons aristocrates, ont fini par croiser le fer avec eux – d’où l’ordre formel des Maîtres de loge avant les tenues (« Laissez vos métaux à la porte du temple ! »). Cette fois c’est le déisme et la laïcité qui s’affrontent au XXème siècle !

Résultat : aristocrates et bourgeois, mystiques et occultistes, professions libérales et gens d’église, riches négociants et aubergistes, s’éloignent un temps des loges symboliques. En s’approchant des faits de société, la franc-maçonnerie fait en même temps son entrée dans le monde politique. Du coup, l’instituteur qui sympathisait, fraternisait même, avec le curé sur les bancs de la loge, s’oppose frontalement à lui, maintenant qu’il en est parti !

Après un temps de baisse des effectifs, dû au retrait des notables précités, l’irruption de nouvelles catégories de population, donne un coup de fouet aux effectifs. Ils repartent à la hausse. Viennent s’asseoir dans les loges, des « gens de tête » : à Paris, se côtoient les avocats Léon Gambetta et Adolphe Crémieux, le professeur de philosophie Jules Simon et le physicien François Arago. Puis ce sont les républicains avec les « gens de fabriques » (employés d’usine, comptables) qui apparaissent dans les années 1880. Enhardis par cet élan populaire, s’approchent même des militaires. Puis encore des petits commerçants et des artisans. Contre toute attente, des ouvriers du bâtiment, de tous corps d’état, se présentent aussi, permettant d’imaginer une sorte de retour de la franc-maçonnerie opérative !

Que peuvent se dirent ces gens, de familles professionnelles si différentes ? C’est le plus souvent l’ère industrielle naissante qui leur fournit des sujets de réflexion. Ils sont traités sous forme d’exposés, de véritables conférences parfois, données par les intellectuels et dont les textes recopiés sont ensuite transmis aux députés. Alors qu’au début, l’intervenant parlait de sa place, des lutrins sont progressivement installés sur l’estrade, près du Maître de loge. Le concept de « planches » est né ! En France, car il n’est pas pratiqué en Angleterre.

Comme tout est à faire sur le plan social, ces « planches » fourmillent d’idées géniales – dont nous profitons aujourd’hui – par le biais des dits députés : Travail des femmes et des enfants, natalité aidée, criminalité, liberté d’association (thème qui imposera la liberté d’association de 1901), laïcité, séparation de l’église et de l’état en 1905…laquelle fera loi et déclenchera l’ire des ecclésiastiques ! Les gens du peuple sont surpris d’apprendre que les lois scolaires de 1880 sont dues à l’avocat et homme d’état Jules Ferry. Soutenues par le frère Emile Combes, Président du Conseil des ministres, elles aboutiront à la loi précitée.

L’influence de la franc-maçonnerie est alors considérable : Pourtant à la veille de la guerre de 1914-1918, il y a seulement 20 000 membres au Grand Orient de France, 5000 à la seconde Grande Loge de France (crée en 1894) et moins de 2000 frères et sœurs au Droit Humain, première obédience mixte, crée en 1893. Mais 60% des ministres sont francs-maçons ! Le Président Raymond Poincaré, suite à l’échec du Gouvernement de gauche, n’apprécie pas cette influence maçonnique. Il rappelle aux Obédiences qu’elles constituent avant tout une force de proposition. Il les invite ainsi à se retirer de la « politique politicienne » et à demander à ses membres de se consacrer uniquement aux travaux spirituels. Mais l’avènement du nazisme en 1933 trouble fort les loges.

Les maçons, qui appelaient de leurs vœux l’instauration des congés payés, obtiennent néanmoins cette dernière victoire sociale en 1936. Malheureusement, la franc-maçonnerie est interdite par le Gouvernement de Vichy en 1940 et plus de 3000 frères et sœurs périront pendant la seconde guerre mondiale, au nom de leur patriotisme.

Le Général de Gaulle redonnera à cette franc-maçonnerie sa pleine liberté d’expression en 1945, en rappelant que les lois de Vichy, n’ayant jamais été reconnues, son existence n’a jamais cessé !

Statue du Général de Gaulle, œuvre du sculpteur Jean Cardot (1930-2020), Paris VIIIe, photos © Yonnel Ghernaouti

La franc-maconnerie s’ouvre au grand public et communique sur ses activités et travaux

De notre confrère la1ere.francetvinfo.fr – Par Daniel Betis

A  l’ère d’un monde en pleine mutation et d’un manque de repère sociétal, la franc-maçonnerie s’ouvre au public. Le Grand Orient de France en Martinique accueille Georges Sérignac le grand maître de l’obédience. 

En visite en Martinique du 13 au 16 janvier 2023, il donne une conférence ce samedi 14 janvier 2023 à 17 heures à Tartenson à Fort-de-France.

Aujourd’hui, les travaux des Maçons portent  sur des problématiques sociétales comme le réchauffement climatique.

Cette conférence publique est une démarche d’extériorisation; une volonté assumée de l’Obédience de communiquer davantage sur ses activités et travaux.

Hautes-Alpes : journée portes ouvertes ce week-end chez les Compagnons du Devoir de L’Argentière la Bessée

De notre confrère dici.fr

A l’occasion des journées portes ouvertes des Compagnons du Devoir, tout ce week-end, à L’Argentière la Bessée, intéressons-nous à cette institution destinée à la formation et à l’apprentissage de plusieurs métiers suivant les traditions du compagnonnage. Jean-Marc Passeron a rencontré Samuel Jeannerot à L’Argentière, qui nous a dévoilé deux extraits de la charte des compagnons :

Pour devenir Compagnon du Devoir, il faut préalablement devenir « affilié » ou « aspirant », en réalisant un travail d’adoption (en tant qu’apprenti ou itinérant) qui est ensuite examiné par la corporation du métier et la communauté (aspirants et compagnons). Cette première pièce permet, si elle convient et que la communauté est d’avis favorable, d’accéder à l’affiliation ou l’adoption.

L’affiliation ou l’adoption n’est pas chose facile car, à part la qualité de la maquette d’adoption, l’insertion dans la communauté est très importante car ceux qui la composent se concertent et décident de l’adoption ou pas du jeune. Les rapports humains au sein de la communauté sont donc primordiaux, ainsi que le comportement de tous les jours, en plus d’un travail presque permanent et régulier.

Traditions et innovations

Mobilité et la transmission du savoir-faire sont les fondements du compagnonnage. Depuis des siècles, les compagnons voyagent et adaptent leurs connaissances aux nouvelles techniques et matériaux. Ainsi, au fil du temps, le compagnonnage a vu des métiers disparaître et d’autres naître.

La constitution de notre association il y a plus de 70 ans a permis de développer un réseau de maisons pour accueillir les itinérants de tous les métiers sous un même toit : avant la seconde guerre mondiale, chaque corps de métier du compagnonnage avait ses lieux de passage et organisait pour son propre compte l’hébergement de ses itinérants. Depuis 70 ans, la vie communautaire permet des échanges interprofessionnels fructueux.

Au début des années 70, une deuxième étape importante pour notre association a été la décision de développer un vivier d’apprentis en créant et développant nos propres CFA.

Puis dans les années 90, nous avons décidé d’enrichir nos expériences professionnelles en développant le voyage international.

Plus récemment, une nouvelle étape a été franchie avec l’arrivée de jeunes femmes dans des métiers qui étaient essentiellement pratiqués par les hommes. Puis ce début de XXIe siècle a vu l’arrivée de bacheliers ; ils constituent aujourd’hui la majeure partie des jeunes qui choisissent de se former et se diplômer avec nous.

En 2010, le compagnonnage a été inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Et tout dernièrement, l’admission de notre association à la Conférence des grandes écoles a marqué la reconnaissance des valeurs humaines et professionnelles que nous défendons depuis toujours.

Antimaçonnisme : Un archevêque hongrois dénonce la franc-maçonnerie, l’idéologie LGBT et la montée de l’islam en Europe

De notre confrère lifesitenews.com – Par Raymond Wolfe

Décidément, l’église est peuplée du meilleur comme du pire !

L’archevêque Gyula Márfi a identifié la franc-maçonnerie et l’islam comme de graves menaces pour les racines chrétiennes de l’Europe, mais a particulièrement mis en garde contre l’idéologie LGBT.

Un prélat hongrois s’est récemment élevé contre la montée de l’idéologie LGBT, de l’islam et du sentiment anti-chrétien en Europe et contre l’influence de la franc-maçonnerie sur les dirigeants de l’Union européenne.

Dans une interview accordée le mois dernier au journal hongrois conservateur Magyar Jelen , l’archevêque émérite Gyula Márfi de Veszprém a mis en garde contre une attaque à plusieurs volets contre le christianisme européen par les forces de gauche au sein de l’UE.

« L’un des signes les plus frappants de l’anti-christianisme de l’Union européenne« , a-t-il dit, « est que sa constitution n’a pas commémoré les racines chrétiennes de l’Europe« , un point également souligné par le pape Jean-Paul II et le pape Benoît XVI.

« Ils écrivent sur les traditions gréco-romaines et l’illumination, mais pas sur le christianisme« , a déclaré Mgr Márfi, faisant référence à la Constitution de l’UE. « Pourtant, la culture et l’art anciens ont survécu précisément grâce aux chrétiens : les écrits de Virgile, Tacite, Homère et d’autres ont été copiés par des moines au plus profond de leurs cellules.« 

Il a également cité l’anticléricalisme vicieux dirigé contre le pape Benoît XVI, qui insistait sur l’importance du christianisme pour la civilisation européenne.

L’archevêque a en outre déploré l’effacement de Noël sur la place publique, notant la tendance croissante à remplacer le mot « Noël » par « vacances« .

Il a rappelé comment la ville de Bruxelles, la capitale de l’UE, avait refusé d’ériger un sapin de Noël en 2012 par crainte d’offenser sa population musulmane.

Plus récemment, la Commission européenne a fait l’objet de critiques cinglantes en 2021 concernant des directives de communication interne qui suggéraient d’éliminer le terme « période de Noël ». La Commission a finalement retiré les lignes directrices.

Mgr Márfi : les francs-maçons et les musulmans menacent l’Europe chrétienne

L’archevêque Márfi a identifié la franc-maçonnerie, un ennemi de longue date de l’Église catholique, comme un groupe principal travaillant à séculariser l’Europe. 

« Le but des francs-maçons est de ‘débarrasser’ l’Europe du christianisme », a-t-il déclaré. « Pour y parvenir, ils sont prêts à user de tous les moyens, profitant de leur force de lobbying pour infiltrer les dirigeants de l’Union. » 

L’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, qui a présidé à la rédaction de la Constitution de l’UE, était franc-maçon.

L’archevêque à la retraite a également souligné la migration massive des musulmans comme un moyen principal d’affaiblir la culture chrétienne de l’Europe.

« À mon avis, les musulmans sont également appelés à faire sortir le Christ et le christianisme d’Europe« , a-t-il déclaré à Magyar Jelen .

« Aujourd’hui, francs-maçons et musulmans s’unissent pour faire disparaître le christianisme d’Europe », a-t-il observé. « C’était pratiquement la même chose qu’à l’époque du Sauveur, lorsque les scribes et les pharisiens travaillaient avec leur ennemi mortel, Ponce Pilate, pour écarter Jésus du chemin.« 

« Dans une société multiculturelle et mixte« , a-t-il poursuivi, « l’individu perd son identité, son sens de l’identité, sa culture, sa foi, sa langue, pratiquement tout« , ce qui rend les gens plus faciles à manipuler pour de puissantes sociétés « qui veulent transformer la Terre entière en une immense ferme collective, où il n’y a pas d’identités ethniques, nationales et religieuses, seulement des travailleurs obéissants et des consommateurs fabriqués selon des normes. »

Mais les libéraux européens « finiront par se ruiner » en adoptant une migration musulmane à grande échelle, a-t-il dit, car « l’islam n’acceptera jamais leurs principes libéraux ».

L’archevêque Márfi est depuis longtemps un critique virulent des politiques d’immigration de gauche, ce qui le met en désaccord avec le pape François, qui a fait de l’adoption d’une migration sans entraves un thème central de son pontificat.

« Le Saint-Père a demandé à chaque paroisse d’accueillir une famille syrienne réfugiée. Eh bien, de nombreuses paroisses ne peuvent pas subvenir à leurs besoins sans aide extérieure », a fait remarquer le prélat hongrois en 2015.

« Les dirigeants des masses musulmanes peuvent clairement voir que la situation est mûre pour occuper le continent apostat« , avait-il averti à l’époque. 

Dans son entretien avec Magyar Jelen , Mgr Márfi a fait allusion à la longue histoire de violence et de terrorisme des musulmans contre l’Europe chrétienne, et en particulier la Hongrie, qui a subi une dévastation généralisée aux mains des Turcs pendant les guerres ottomanes.

« Ils sont ici en Hongrie depuis 150 ans, nous savons à quel point ils ont causé des dégâts », a-t-il déclaré à propos des musulmans. Nous, les Hongrois, portons encore dans une certaine mesure ce souvenir dans nos gènes.« 

Explorez l’histoire de la franc-maçonnerie de Grantham en visitant un musée très spécial

De notre confrère lincolnshirefreemasons.org

Au dernier étage du Grantham Masonic Center de trois étages se trouvent deux salles formant une rare collection d’objets du passé des métiers. La collection est un musée impressionnant comprenant une exposition mixte de bijoux, de tabliers, de Regalia et de documents historiques ainsi que des objets qui se trouveraient dans un cadre domestique victorien-édouardien ou au Festive Board.

Il existe également une vaste collection de Charity Stewards Jewels pour le Royal Masonic Institute for Girls, le Royal Masonic Institute for Boys et le Royal Masonic Benevolent Institute, ainsi que des bijoux de collier provinciaux, des bijoux de collier d’officiers et une collection de jetons, bijoux et autres Mark Masons. insignes tous logés dans des plateaux en verre. Les murs contiennent des étagères contenant une gamme de tabliers, dont beaucoup sont écossais.

Avec l’armoire centrale principale abritant une bonne sélection de maîtres passés et de bijoux commémoratifs, tous photographiés et datés si possible par des poinçons, etc. et avec une carte d’information pour chacun. Il s’agit d’un processus continu entrepris par le conservateur bénévole Melvin Dobbs.

La plus petite des deux salles est principalement dédiée à la plus ancienne loge – Doric – avec une gamme d’artefacts depuis ses débuts jusqu’à nos jours.

L’élément le plus ancien est un volume de la loi sacrée donné à la loge par John Langworth en 1792 (étant membre fondateur en 1791 et WM en 1820). Cette Bible est datée de 1639.

Il existe un dossier photographique des anciens maîtres de la loge dorique, malheureusement incomplet, le plus ancien étant C.Ferneley 1863-4. Cette pratique a été réintroduite au début du nouveau millénaire en 2000 et se poursuit à ce jour.

De nombreux objets du passé de Doric sont exposés dans les armoires et plateaux variés, notamment les sceptres originaux achetés pour le chapitre dorique en 1893 pour la somme de trois guinées (£ 3 15p), les couverts et la vaisselle portant le nom dorique et le numéro de loge.

Parmi une sélection de menus du dîner d’installation, il y en a un daté de 1919 contenant un toast aux frères doriques en kaki, et un autre est le souvenir de Kipling, une lettre signée encadrée de Rudyard Kipling datée du 19 janvier 1924 en réponse aux diverses citations de lui placées dans le Installation Dîner Menu de Doric Lodge daté du 8 janvier 1924 qui est encadré de sa lettre.

Il y a une photographie encadrée de Thomas Jackson, Doric’s Tyler de 1859-1900 qui a été nommé membre de la Loge après sa retraite. Son tablier est également affiché dans un cadre tandis que l’épée qu’il portait est exposée à l’entrée du Temple – c’est assez une arme redoutable et décorative !

Parmi les autres éléments à noter, citons un certificat encadré du chapitre Royal Arch au Lord Brownlow (Peregrine Francis Adelbert Cust, 6e baron Brownlow) daté du 10 février 1936 et son joyau des anciens maîtres daté de 1935 .

Il possédait Belton House (maintenant une propriété du National Trust) avec Belton Park à la périphérie de Grantham, dont une grande partie a été confiée au Département de la guerre à des fins d’entraînement militaire pendant la Première Guerre mondiale. C’est ici que le Machine Gun Corps a été formé en 1915, et par la suite des soldats avec des références maçonniques avec l’aide de Doric Lodge ont formé un nouveau Craft Lodge Maguncor No.3806 en 1917 suivi d’un Rose Croix Chapter No.191 (1918) tous deux de qui se réunissent toujours, bien que le Craft Lodge se réunisse maintenant à Londres. Une photographie encadrée signée datée de septembre 1917, prise dans la salle de bal du Guildhall sur St.Peter’s Hill Grantham représente la commémoration de la nouvelle loge, et nous avons également un certain nombre de bijoux de poitrine pour cette loge et le chapitre Maguncor Rose Croix.

Les documents historiques comprennent :

Un certificat de l’arche royale irlandaise encadré daté de 1816,

Une dispense pour la Loge (Doric) pour changer son lieu de réunion de l’Angel Inn à l’Auberge de Granby en date du 22 janvier 1820

Une lettre de Geo.Oliver, le Grand Maître provincial adjoint du Lincolnshire, autorisant les Frères à porter des insignes et à défiler dans les rues de Grantham pour les funérailles de Fr.Joseph Adams. Daté du 22 janvier 1840

Ces éléments et bien d’autres peuvent être consultés lors de la visite du Centre lors des nuits Lodge ou des visites privées peuvent être organisées avec beaucoup de préavis.

Le bâtiment de Chambers Street s’appelle Faraday House et les francs-maçons s’y réunissent depuis le milieu des années 1930. Il abrite cinq Craft Lodges : Doric No.362, Granta No.4950, William Peters No.6761, Sir Isaac Newton No.8103 et un Daylight Lodge Meridian No.9813, ainsi que deux Royal Arch Chapters avec Maguncor Rose. Croix Chapter No.191, St.Wulfram’s Mark Master Masons No.916, Royal Ark Mariners No.916 et Knights Templar Heneage Preceptory No.301.

26/01/23 : sortie nationale de « Ces cathédrales aux mystérieux rayons de lumière » de Jean-François Blondel

Découvrez la quatrième de couverture : « Pourquoi le « clou de la Saint-Jean* », à la cathédrale Notre-Dame de Chartres, s’illumine-t-il de mille éclats le jour du solstice d’été, alors qu’un rayon de soleil vient l’éclairer en passant par une verrière ?

Jean-François Blondel, essayant de percer ce mystère, s’est aperçu que ce phénomène est loin d’être unique, et que d’autres cas se produisent en France dans d’autres cathédrales.
Ce même phénomène se rencontre à la cathédrale Saint-Étienne de Bourges où une tache solaire, au solstice d’été, vient se caler dans un cercle, reproduisant l’expérience de Chartres.
Il s’est interrogé sur l’existence de ces  » chemins de lumière  » à la basilique de Vézelay ; sur ce fameux  » rayon vert  » équinoxial de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg ; sur ce phénomène plus étrange encore à la cathédrale Notre-Dame de Sées, où, à la lueur du soleil rasant de l’hiver, la rose du portail sud vient se projeter juste en dessous de celle du portail nord. Pourquoi la petite vierge noire de l’église romane Notre-Dame d’Orcival est-elle entièrement éclairée par un rayon de soleil le jour de l’Assomption ?D’autres exemples tout aussi surprenants sont décrits dans ce livre.
L’auteur en a conclu que ces événements ne sont pas le fait du  » hasard « , mais semblent être voulus par les bâtisseurs, pour transmettre un message au monde, en des jours très particuliers de l’année. L’auteur invite le lecteur à faire un voyage dans les plus beaux édifices sacrés de France, à la rencontre de ces étranges  » messages de lumière « . »

Jean-François Blondel, Le Mans, 07/05/2022 – Photo © Yonnel Ghernaouti

La biographie de Jean-François Blondel

Jean-François Blondel est retraité et a fait l’essentiel de votre carrière dans le domaine bancaire. Il est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et se passionne pour l’histoire des métiers, de leur organisation (corporations, confréries) et de celles des sociétés initiatiques. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages dont, entre autres, l’Encyclopédie du compagnonnage – Histoire, symboles et légendes (Éditions du Rocher, 2000), La Mystique des Tailleurs de Pierre (Éditions du Rocher, 2004), Le Moyen Âge des Cathédrales (Éditions Trajectoire, 2007), Franc-Maçonnerie et compagnonnage (Éditions Trajectoire 2016), La vigne et le vin, sacrés symboles (Oxus, 2020), Les Cathédrales et alchimie – La quête d’une parole perdue (Éditions Trajectoire, 2021)et Le diable dans les cathédrales – Le démon y aurait-il sa place ? (Dervy, 2021).

Jean-François Blondel a aussi collaboré à l’ouvrage TROIS CENTS ANS DE FRANC-MAÇONNERIE dit « Livre 300 » (Dervy, 2017), consacré par un prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France en 2017, prix spécial Tricentenaire, ainsi qu’aux revues les Cahiers Villard de Honnecourt, ainsi qu’aux revues Compagnons et Maîtres d’œuvre et  Liber Mirabili, du Centre européen des mythes et légendes, à Carcassonne.

Sur le plan maçonnique, Jean-François Blondel reçoit la lumière en février 1980 au sein de la Respectable Loge « Des Anciens Devoirs » N° 238, à l’Orient de Versailles (Rite Français), et a été passé et élevé au grade de Maître. Il en a été le Vénérable Maître au début des années 1990. Il est membre d’une Loge travaillant au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) « Le Trait et la Lumière » N° 1332, et membre honoraire de la Loge Nationale de Recherche « Villard de Honnecourt », Loge du Grand Maître, portant le N° 81 à la matricule de la Grande Loge Nationale Française.

Par ailleurs, il pratique les side degrees :

Arche Royale où il a été Zorobabel, c’est-à-dire Premier Principal de son Chapitre ;

Maçon de Marque et Ark Mariner.

Au sein du Suprême Conseil, juridiction de hauts grades du REAA, il a occupé diverses responsabilités dont celles notamment de Trois Fois Puissant Maître d’un Atelier de Perfection (4e au 14e degré), et Très Sage d’un Chapitre de 18e degré. Il est actuellement 31e degré.

*Le clou de la cathédrale de Chartres, une histoire secrète ? Au XVIIIe siècle, le solstice d’été permettait à la population de remettre les horloges à l’heure exacte. Dans la cathédrale de Chartres, un clou est en effet éclairé tous les 21 juin, à midi pile, au moment précis où le soleil est au zénith. Une particularité qui a fait naitre beaucoup de fantasmes et de légendes. Des milliers de curieux venaient comme en adoration…

Photo site Le p’tit chartrain

Pour le journaliste, écrivain et éditeur Louis Charpentier (1905-1979), auteur des Mystères de la cathédrale de Chartres, R. Laffont, 1966, une des plus célèbres études ésotériques sur la question, Chartres serait tout simplement Carnut-Is ; le lieu sacré des Carnuts, Is désignant chez les Gaulois la chose sacrée. On trouve donc, dès l’origine, le nom de Chartres associé à la notion de culte et plus particulièrement au culte druidique. La tradition veut que Chartres ait été le premier voire le plus important des collèges de Druides. Tout autour de la ville, d’ailleurs, on trouve encore de nombreuses localités où sont attestées des survivance de cultes païens, récupérés par le christianisme. (Source : Séraphin)

Ces cathédrales aux mystérieux rayons de lumière (Dervy, 2023, 200 pages, 22 €). Disponible dans toutes les bonnes librairies, à compter du jeudi 26 janvier 2023.

#DansMaZone-Slogan de la région Occitanie.

Olympe de Gouges au Panthéon ?

« La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. »

Olympe de Gouge

Elle est encore mal connue. Pourtant, c’est une figure incontournable du féminisme et de la Franc-maçonnerie. Pour preuve, la Grande Mixte de France se nomme Fédération Olympe de Gouge (Association loi 1901). Une idée est dans l’air depuis quelques années : la faire entrer au Panthéon ! Il existe de nombreuses initiatives dans ce sens et la rédaction en a choisi une, qui se caractérise par une pétition transmise au Président de la République. Nous vous en donnons ci-dessous le contenu intégral.

L’actualité nationale et internationale permet d’affirmer que cette demande est plus que jamais légitime. La lutte pour la reconnaissance des droits et dignités des femmes avec les hommes de tous les pays réclame des actes d’une haute portée symbolique. La recrudescence des violences exercées contre elles, le succès des idéologies qui tendent à légitimer ces violences et à maintenir les femmes dans un état de dépendance voire d’esclavage, appellent une réponse ferme et résolue de la part d’un pays comme la France, porteuse d’idéaux de justice et de liberté.

Plus que jamais, les combats d’Olympe de Gouges contre l’esclavage, pour l’éducation des filles, pour une juste contribution de tous à une République garante de la protection des plus faibles, méritent d’être rappelés. Elle appelait aussi, et cela lui fut fatal, à la construction démocratique d’un État sans violence.

Le collectif Olympe de Gouges plus que jamais appelle à se réunir à nouveau devant le Panthéon, pour commémorer l’exécution d’Olympe de Gouges et réclamer le transfert de ses cendres dans le temple républicain. (Se rendre sur le site)

Qui était-elle ?

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, née le 7 mai 1748 à Montauban et morte guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris, est une femme de lettres française, devenue femme politique. Elle est considérée comme une des pionnières françaises du féminisme.

Rédactrice en 1791 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits et pamphlets en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.

Elle est souvent prise pour emblème par les mouvements pour la libération des femmes.

Biographie

Née le 7 mai 1748 à Montauban et baptisée le lendemain en l’église Saint-Jacques de Montauban, Marie Gouze a été déclarée fille de Pierre Gouze, bourgeois de Montauban maître boucher — il n’a pas signé au baptême car absent — et d’Anne Olympe Mouisset, fille d’un avocat issu d’une famille de marchands drapiers, mariés en 1737.

Sa famille maternelle, la famille Mouisset, est très liée aux Lefranc de Pompignan. une famille de la noblesse de robe de Montauban. Le grand-père maternel d’Olympe, Jacques Mouisset, a été le précepteur de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan ; sa grand-mère maternelle Anne Marty a été la nourrice de Jean-Georges Lefranc de Pompignan, son frère et futur évêque du Puy-en-Velay. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan est le parrain d’Anne Olympe Mouisset, baptisée le 11 février 1714.

Anne Olympe Mouisset et Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, de cinq ans son aîné, grandissent ensemble et nouent des liens affectifs qui contraignent leurs parents à mettre de la distance entre eux, une alliance entre une famille bourgeoise et une famille de la noblesse étant inconcevable ; lui est envoyé à Paris, et elle est mariée à Pierre Gouze. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan revient en 1747 à Montauban comme président de la Cour des Aides ; il est peut-être alors l’amant d’Anne Olympe Gouze, qui donne naissance à Marie l’année suivante. Selon le député Jean-Baptiste Poncet-Delpech et d’autres, « tout Montauban » sait que Lefranc de Pompignan est le père adultérin de la future Marie-Olympe de Gouges.

En 1765, à l’âge de dix-sept ans, Marie Gouze est mariée par ses parents à Louis-Yves Aubry, de trente ans plus âgé qu’elle. Son mari, fils d’un bourgeois de Paris, est cuisinier et officier de bouche de l’intendant de Montauban. Le mariage religieux est célébré le 24 octobre 1765, en l’église Saint-Jean-Baptiste de Villenouvelle de Montauban.

En août 1766 la jeune femme donne naissance à son fils Pierre Aubry.

Son mari, qu’elle déclara plus tard ne pas avoir aimé mais avoir éprouvé de la répugnance pour un homme « qui n’était ni riche ni bien né » mourut à une date incertaine : en 1766 dans une crue du Tarn selon Olympe de Gouges, mais peut-être plus tard vers 1770-1771, alors qu’elle s’est enfuie du domicile conjugal pour venir à Paris. Elle écrira : « Forcée de fuir un époux qui m’était odieux, je m’enfuis à Paris avec mon fils ».

Au début des années 1770, avec son fils, elle rejoint sa sœur aînée à Paris et prend le nom d’Olympe de Gouges ; « elle a désormais une nouvelle personnalité ».

Premières années à Paris : une vie de courtisane
On ignore avec quelles ressources elle arriva dans la capitale et la plus grande obscurité règne sur ses premières années à Paris. Selon la correspondance de Grimm, « son joli visage était son unique patrimoine ».

Son contemporain Jean-Baptiste Poncet-Delpech, aussi originaire de Montauban et qui la connut à Paris, la dit « devenue fille entretenue par des négociants, des grands seigneurs, des ministres, des princes, etc… ».

Elle mène alors une vie libre et entretient plusieurs liaisons (elle qualifiait le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de l’amour »), particulièrement avec Jacques Biétrix de Rozières, un entrepreneur de transports militaires, avec qui elle entretiendra une longue liaison et qui en dix ans lui donnera 70 000 francs devant notaire.

Il n’est pas douteux qu’elle eut des amants et des protecteurs, mais « il est certain que ce ne fut point une courtisane âpre au gain ». Menant une vie luxueuse et galante de manière assez ostentatoire, elle acquiert une réputation de courtisane entretenue par les hommes, dans un contexte où la femme libre est assimilée à une prostituée.

Benoîte Groult, écrit à son sujet : « Si le Petit Dictionnaire des Grands Hommes a évoqué sa notoriété de femme galante », si Restif de La Bretonne l’a placée injustement dans sa « liste des prostituées de Paris », si son biographe Monselet lui a prêté des caprices de « Bacchante affolée », elle ne défraya jamais la chronique scandaleuse de son temps et sa célébrité réelle date plutôt de l’époque où elle fréquenta les littérateurs et les philosophes, espérant combler un peu les lacunes de son éducation. On l’acceptait volontiers courtisane, on trouvait incongrues « ses prétentions intellectuelles ».

Grâce au soutien financier de Jacques Biétrix de Rozières, elle peut mener un train de vie aisé, figurant dès 1774 dans l’Almanach de Paris ou annuaire des personnes de condition. Elle demeure rue des Fossoyeurs, aujourd’hui rue Servandoni, au no 18-22.

Fréquentation des salons littéraires parisiens et rencontre avec le théâtre

Elle se met à fréquenter les salons littéraires afin de diminuer les lacunes de son éducation limitée (elle écrit : « Je n’ai pas l’avantage d’être instruite »), où elle rencontre lettrés, artistes et hommes politiques.

Elle fréquente assidûment les salles de spectacle parisiennes, participe en tant qu’actrice à des représentations de théâtre de société et se lance dans la rédaction d’œuvres dramatiques, où elle met en scène ses idées et ses combats, mais aussi parfois son personnage. Sa vocation pour le théâtre fut peut-être pour Olympe de Gouges une façon d’affirmer sa filiation supposée avec le dramaturge Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, mais sans doute aussi le résultat d’une « théâtromanie » d’époque.

Support privilégié des idées nouvelles, le théâtre demeure à cette époque sous le contrôle étroit du pouvoir. Olympe de Gouges monte sa propre troupe, avec décors et costumes. C’est un théâtre itinérant qui se produit à Paris et sa région. Le marquis de la Maisonfort raconte dans ses Mémoires comment, en 1787, il rachète le « petit théâtre » d’Olympe de Gouges, conservant d’ailleurs une partie de la troupe dont fait partie le jeune Pierre Aubry, son fils.

Vers 1782, à l’âge de 34 ans, elle écrit sa première pièce Zamore et Mirza, un drame en prose en trois actes qui traite de l’esclavage des noirs, mais ce n’est qu’en décembre 1789 que la pièce fut créée à la Comédie-Française sous le titre L’esclavage des Nègres. La première représentation se déroule dans un chahut hostile sans doute organisé par les anti-abolitionnistes et la critique est sévère pour des raisons morales et littéraires, qui lui reproche l’abus du romanesque, la composition désordonnée et la platitude du style. La pièce est retirée après seulement trois représentations (sur la pression des colons d’après Olympe de Gouges). Elle est publiée en mars 1792.

En avril 1790, dans ses Adieux aux Français, elle annonce qu’elle vient d’écrire une seconde pièce abolitionniste, intitulée Le Marché des Noirs. Mais elle la propose sans succès en décembre de la même année. Le 22 juillet 1793, surlendemain de son arrestation, puis le jour même de sa condamnation à mort le 2 novembre, elle invoque sa pièce L’Esclavage des Nègres, pour preuve de son patriotisme et de son combat de toujours contre la tyrannie.

Égalité des sexes et droits des enfants naturels

Elle considère que les femmes sont capables d’assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et, dans pratiquement tous ses écrits, elle demande qu’elles fussent associées aux débats politiques et aux débats de société. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger « son sexe » qu’elle dit malheureux, elle rédige et publie en septembre 1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, dans laquelle elle affirme l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes, insistant pour qu’on rende à la femme, les droits naturels que la force du préjugé lui a retirés. Ainsi, elle écrit : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » La première, elle obtient que les femmes soient admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi » du 3 juin 1792, puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792.

Son combat pour les femmes se poursuit dans ses productions théâtrales, notamment dans Le Couvent ou les vœux forcés (1790). Alors qu’à l’Assemblée constituante les députés débattent de l’utilité des couvents et de la liberté des femmes, elle les écoute attentivement, n’hésitant pas à prendre des notes afin d’emprunter leurs idées et de les transmettre à ses personnages. L’un d’entre eux, l’abbé Gouttes, deviendra d’ailleurs le héros de sa pièce à travers le personnage du curé.

Parmi les premiers, elle demande l’instauration du divorce en février 1790, dans une pièce de théâtre, La Nécessité du divorce. Elle renouvelle cette demande en septembre 1791 dans les commentaires de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Enfin, cinq mois plus tard, en février 1792, dans l’essai Le Bon sens du Français, elle s’exprime à nouveau en ce sens. Elle y reproche aux anciens députés feuillants de n’avoir pas, au nom de leurs principes autoproclamés de liberté et d’égalité, introduit le droit au divorce dans la constitution de 1791. Ce principe est finalement adopté par l’assemblée législative le 20 septembre 1792. Elle demande également la suppression du mariage religieux, et son remplacement par une sorte de contrat civil signé entre concubins et qui prenne en compte les enfants issus de liaisons nées d’une « inclination particulière ». En 1790, elle insère dans une motion au duc d’Orléans un plaidoyer pour le droit au divorce et un statut équitable pour les enfants naturels en fait surtout consacré au second point. C’est, à l’époque, véritablement révolutionnaire, de même son engagement en faveur de la libre recherche de la paternité et la reconnaissance d’enfants nés hors mariage. À l’instar du droit au divorce, elle répète ces requêtes dans les annexes de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle est aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui et, s’indignant de voir les femmes accoucher dans des hôpitaux ordinaires, elle réclame la création de maternités. Enfin, sensible à la pauvreté endémique, elle prône la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers pour mendiants.

Toutes ces mesures préconisées « à l’entrée du grand hiver » 1788-1789 sont considérées par Olympe de Gouges comme essentielles, ainsi qu’elle le développe en septembre 1793 dans son ultime écrit, Une patriote persécutée.

13/02/1897 : Le Franc-Maçon Paul Doumer nommé Gouverneur général de l’Indochine

L’homme politique Paul Doumer est nommé Gouverneur général de l’Indochine le 13 février 1897. Durant ses fonctions, il s’investit dans la construction du chemin de fer du Yunnan et encourage la plantation massive d’hévéas pour la production de caoutchouc. L’échec économique lié au chemin de fer mène à son remplacement en 1902.

Parlementaires prenant part au scrutin présidentiel de 1906 (gravure du supplément illustré du Petit Journal).

Joseph Athanase Paul Doumer, né le 22 mars 1857 à Aurillac, dans le Cantal et mort assassiné le 7 mai 1932 à Paris, est un homme d’État, président de la République française de 1931 à sa mort.

Aurillac, commune natale de Paul Doumer (fin XIXe siècle).

Membre du Parti radical, ministre des Finances à trois reprises, puis président du Sénat, Paul Doumer vit sa carrière couronnée par son élection à la présidence de la République, en 1931.

Il est assassiné moins d’un an après son investiture, en 1932, par un jeune émigré russe, Paul Gorgulov.

Retrouvez sur le site du Sénat, rubrique « Les figures marquantes du radicalisme au Sénat », le parcours politique complet de Paul Doumer

Blason GODF

Paul Doumer et la Franc-Maçonnerie

Sous la Troisième République, l’appartenance à la Franc-Maçonnerie est fréquente chez les personnalités politiques, notamment au Parti radical. Le 1er décembre 1879, à 22 ans, sur recommandation d’Henri Martin et William Waddington, Paul Doumer est initié au sein de la Loge parisienne « L’Union Fraternelle », dont il devient Compagnon et Maître Maçon l’année suivante.

William Henry Waddington (1826–1894), à l’origine de l’initiation de Paul Doumer à la Franc-Maçonnerie..
Henri Martin, à l’origine de l’initiation de Paul Doumer à la Franc-Maçonnerie.

Sur désignation de « L’Union Fraternelle » – qui, en 1920, fusionnera avec la Loge « La France Maçonnique » -, il siège au Convent de l’Obédience progressiste et libérale le Grand Orient de France (GODF) de 1884 à 1888, puis au Conseil de l’Ordre de celle-ci de 1888 à 1895. Il fait partie de ceux qui écartent les Francs-Maçons s’étant montrés favorables au coup d’État du général Boulanger, et devient Secrétaire de l’Obédience en 1892. Contrairement à d’autres hommes politiques, il refuse de se mettre en retrait de la Franc-Maçonnerie lorsqu’il devient parlementaire.

En 1920, « L’Union Fraternelle » fusionnera avec la Loge « La France Maçonnique »

Il est alors également affilié à deux Loges dans l’Aisne, à l’emblématique Loge « Alsace-Lorraine », ainsi qu’à la non moins célèbre Loge « Voltaire », dont il est cofondateur et Vénérable Maître » pendant plusieurs années. Devenu parlementaire de l’Yonne en 1891, il rejoint la loge « Le Réveil de l’Yonne ».

Hôtel du Grand Orient [de France], rue Cadet [9e arrondissement] : [photographie de presse] / [Agence Rol] – source Gallica – BnF

La Franc-Maçonnerie lui permet de nouer des relations avec des personnalités politiques, notamment Léon Bourgeois (1851-1925). Favorable à l’intervention de la Franc-Maçonnerie dans le champ politique, il défend au sein de son Obédience un vif patriotisme, l’anticléricalisme et une réforme du système fiscal. En tant que ministre des Finances en 1895-1896, il reprend les travaux effectués au Grand Orient sur l’impôt sur le revenu. Il entretient par la suite des liens avec des Loges présentes en Indochine française, lorsqu’il en est le Gouverneur général, mais refuse d’aider celles-ci à entraver l’action des missionnaires chrétiens. À son retour en métropole, il retrouve un rôle au sein du Grand Orient de France.

En 1905, dans le cadre de l’affaire des fiches, il se montre très critique envers son Obédience et le gouvernement, qui ont participé au fichage de militaires afin de « républicaniser » l’armée. Il écrit : « Quand j’entrai dans la franc-maçonnerie, je savais m’affilier à des partisans d’une politique de progrès et de liberté. Peu après, une transformation pernicieuse s’opéra. La franc-maçonnerie est devenue une coterie d’où partit la délation, le bas régime du mouchardage, du favoritisme, de l’internationalisme. » Il est alors exclu de la Loge « La Libre Pensée », écarté du GODF, et fait face à l’hostilité des Francs-Maçons lors de l’élection présidentielle de 1906. Il est cependant membre honoraire de « L’Union fraternelle » jusqu’à la fin de sa vie.

Frédéric Desmons, dirigeant du Grand Orient de 1900 à 1902.

Paul Doumer n’est ainsi plus franc-maçon depuis des années lorsqu’il devient chef de l’État, en 1931. Pourtant, lors de sa mort tragique, les Loges tirent des batteries de deuil en sa mémoire. D’ailleurs, ne dit-on pas : « Maçon un jour, Maçon toujours »…

Le Grand Palais, construit à Hanoï à l’initiative de Paul Doumer.

Sources : L’Intern@ute – Histoire, Wikipédia, Wikimedia Commons

Le pont Paul-Doumer, rebaptisé par la suite pont Long Biên, à Hanoï.
La Villa Blanche de Paul Doumer à Vũng Tàu (anciennement Cap Saint-Jacques) en 2013.

Paul Doumer avec ses cinq fils, dont quatre mourront pour la France
(Nadar, 1905).

Portrait officiel de Paul Doumer (1931).
Une du Grand illustré du 14 janvier 1906 présentant les possibles candidats à la présidentielle de 1906. En haut à doite, Paul Doumer.
Plaque commémorative apposée au collège Roland-Dorgelès (Paris 18e).
Sépulture de la famille Doumer au cimetière de Vaugirard.

Lieu symbolique : Oppède et son carré magique SATOR !

Entre le bassin de Cavaillon et celui d’Apt et faisant partie du parc naturel régional du Luberon, Oppède-le-Vieux , souvent dénommé simplement Oppède, commune située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et les Oppédois sont fiers de beau patrimoine historique.

Blason d’Oppède.

De leur église Notre-Dame-Dalidon, au des ruines (tour et murs) d’un château médiéval, en passant par la maison Gabrielli, mais aussi la chapelle des Pénitents blancs dans le vieux village, mais surtout de leur célèbre carré magique SATOR dans une des petites ruelles…

Carré Sator à Oppède.

SATOR, carré magique, quésaco ?

Le carré Sator est un carré magique contenant le palindrome latin SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS. Ce carré figure dans plusieurs inscriptions latines, la plus ancienne connue qui a été trouvée à Pompéi ne pouvant être postérieure à l’an 791.

L’énigme formée par le sens de cette inscription a intrigué de nombreux savants et suscité diverses hypothèses, utilisant des interprétations exégétiques juive ou chrétienne et provoquant le scepticisme sur une signification de l’inscription de la part d’historiens de la Rome antique.

Sa disposition

Les 25 lettres de cette phrase de cinq mots, ici inscrites dans un quadrillage, lues de n’importe quel coin à son opposé, forment un palindrome. Chacun des cinq mots est répété quatre fois dans ce carré, de gauche à droite, de droite à gauche, de haut en bas et de bas en haut.

S             A            T             O            R

A            R            E             P             O

T             E             N            E             T

O            P             E             R            A

R            O            T             A            S

ou, présenté en sens inverse, en gardant les mêmes caractéristiques :

R            O            T             A            S

O            P             E             R            A

T             E             N            E             T

A            R            E             P             O

S             A            T             O            R

La lecture est rendue possible horizontalement et verticalement parce que chacun des termes de la phrase est un acrostiche, un mésostiche ou un téléstiche de l’ensemble des cinq mots.

Carré Sator sur une porte rue Jean-Jacques-Rousseau dans le quartier le plus ancien de Grenoble.

Il faut noter que le changement de l’ordre de lecture n’altère en aucun cas le sens de la phrase du point de vue grammatical latin. En d’autres termes, si la place des mots n’est pas la même, la signification est identique. Le carré peut également être lu en boustrophédon, à nouveau sans altérer la signification du carré.

Sa traduction

Le carré est composé des cinq mots suivants :

Sator : laboureur, planteur, semeur ; ou métaphoriquement créateur, père, auteur (au nominatif : c’est donc le sujet) ;

Dalle de calcaire sculptée avec une tête au dessus. Présente à quelques mètres de l’autel de l’ermitage Saint-Antoine de Galamus à Saint-Paul-de-Fenouillet dans les Pyrénées-Orientales.

Arepo : signification inconnue en latin, toutefois ce mot en langue gauloise signifie « charrue »2 (cas inconnu, peut-être ablatif singulier : complément circonstanciel de moyen) ;

Tenet : [il/elle] tient (du verbe tenere) ; ou il tient en son pouvoir, voire maintient (3e personne du présent) ;

Opera : œuvre, travail, soin (ablatif singulier : complément circonstanciel de manière) ;

Rotas : roues ou rotation, orbite, révolution, cycle (accusatif pluriel : c’est le COD) .

Le mot Arepo est un hapax : il n’apparaît nulle part ailleurs dans la littérature latine. Il est probable qu’il s’agisse d’un nom propre, éventuellement inventé pour faire fonctionner le palindrome. Sa similitude avec arrepo, venant de ad repo, « je rampe vers », est probablement une coïncidence.

Dalle de pierre du côté nord de la cathédrale de Sienne (Italie).

Il n’est pas certain que la phrase ait réellement un sens en latin. La traduction la plus probable serait : « Le laboureur Arepo dirige les roues (c’est-à-dire une charrue) avec adresse. » Est également possible : « Le semeur tient avec soin les roues (de sa charrue). » Une autre cependant, plus proche de la mystique du carré magique, surtout si on la rapproche des premiers chrétiens, pourrait être, si l’on tient compte de la similitude entre arepo et arrepo — qui signifie également et entre autres « être terre à terre » (selon dictionnaire Gaffiot) — : « le créateur, par son caractère terre à terre, maintient l’œuvre de rotation ». Diverses interprétations sont possibles si l’on sort du strict contexte « laboureur » et « roue ». Comme c’est un carré magique, il y a autant d’interprétations que de sens de lecture, ce que la langue latine favorise naturellement.

Abbaye de Saint-Clément de Casauria, Italie.

Quelques interprétations juives…

Nicolas Vinel pour sa part estime en 2006 que l’hypothèse d’un cryptogramme juif utilisant l’arithmétique pythagoricienne est légitime.

… et chrétiennes

Felix Grosser, en 1926, interpréta le carré comme un signe de reconnaissance utilisé par les premiers chrétiens afin de se reconnaître entre eux sans pour autant se montrer à la vue de tous par crainte de la répression. Grosser faisait la lecture suivante : les lettres de ce carré constituent une anagramme, qui, disposée en croix, donne deux fois : Pater noster, auquel on ajoute deux fois les lettres « A » et « O ». Ces dernières pouvant représenter « l’Alpha et l’Oméga » cité dans l’apocalypse de saint Jean : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin ». Par ailleurs, TENET forme une image de croix, ce que suggère en plus la forme du T.

Fragment d’une amphore (environ 180 après J.-C. Manchester (Angleterre).

L’archéologue Amedeo Maiuri en déduisit la présence d’une communauté chrétienne à Pompéi. Cette théorie reposerait sur des anachronismes : les chrétiens du Ier siècle prieraient en grec et les symboles du Tau, de l’alpha et de l’oméga seraient postérieurs à la destruction de Pompéi en 79. Jérôme Carcopino publie en 1948 un article intitulé Le christianisme secret du carré magique, qui constitue une étude critique du carré et des interprétations connues jusque-là.

Musée du château de Mühlviertler à Freistadt (Autriche).

L’épigraphiste italienne Margherita Guarducci a indiqué dans ses travaux l’importance en épigraphie paléochrétienne de la lettre T (ou tau) d’une part, et d’autre part des lettres A O et O A (alpha oméga/ oméga alpha). Selon elle, la lettre T, en plus de sa valeur littérale, est souvent utilisée en symbole graphique représentant la croix. En plus, dans le cas du carré Sator, cette lettre T représentant la croix est utilisée quatre fois, aux quatre extrémités d’une croix formée par les mots TENET se croisant. Les 4 croix forment ainsi une grande croix. D’autre part, Marguerite Guarducci a montré qu’à cette époque de coexistence des alphabets latin et grec, les lettres A et O sont souvent utilisées juxtaposées, pour signifier Alpha et Omega, le commencement et la fin, suggérant le seigneur, partageant l’avis de plusieurs de ses confrères. Dans le carré Sator, de part et d’autre de chaque T de la croix, se trouvent tantôt A et O, tantôt O et A ; Marguerite Guarducci formule l’hypothèse que si A O signifie commencement / fin, alors les occurrences O A pourraient signifier fin/commencement, ce qui selon elle symboliserait la résurrection.

Pièce de 1570 au château de Skokloster (Suède).

Contempler le carré SATOR, c’est possible aussi, en France et de par le monde. En Auvergne-Rhône-Alpes, en Nouvelle Aquitaine, en Occitanie, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais aussi en Angleterre, en Syrie, au Portugal, en Italie, en Hongrie, en Suède, au Brésil, etc.

Place Sator dans une maison à Hallein (Autriche).

Le carré magique et ses utilisations connues : Aurillac – aide aux accouchements/Allemagne – guérir la rage et fait danser (Albert le Grand)/Brésil – guérir les morsures de serpent (tatouages)/Hongrie – talisman de protection/Égypte – talisman de protection/Italie – enfants abandonnés/France – utilisations initiatiques/Islande – sert à guérir

YouTube Oppède-le-Vieux – Le mystère du carré de Sator

Sources : Office du tourisme, Wikipédia, Wikimedia Commons, Alain Le Ninèze* SATOR: L’énigme du carré magique (Acte Sud, 2008)

*Agrégé de lettres classiques, Alain Le Ninèze enseigne le français et les langues anciennes à Paris. Il a publié plusieurs essais et romans. Il est aussi l’auteur de L’Amour, fou (Autrement, 2004), La Petite Maîtresse d’école (Le Seuil, 2006).

Papier avec talisman d’Allemands de Pennsylvanie (vers 1790).
Rue principale à Valbonnais (Isère – France).
Porto Alegre, Brésil.
Le carré à Cirencester (Angleterre).
Plaque magique du Sator d’Ascoli Satriano (Italie).

Vendredi 13… est-ce vraiment une superstition ?

Le vendredi est un jour symbolique dans trois religions monothéistes. Dans la tradition chrétienne, il est associé au jour de la crucifixion du Christ (Vendredi Saint). Le vendredi est également un jour saint de l’Islam. C’est celui dédié à la prière collective. Dans la religion juive, le vendredi est consacré à la préparation du Shabbat. Chez les maçons, on le ramène souvent à la mort de Jacques de Molay 23ᵉ et dernier maître de l’ordre du Temple.

Ce que la croyance populaire véhicule :

● Lors de la Cène, dernier repas de Jésus-Christ avec ses apôtres, ils étaient 13 à table. Le 13e convive, Judas le trahira et Jésus subira la Passion. Depuis lors, on croit que le fait être 13 invités à table porte malédiction,
● Le vendredi, ou le sixième jour de la semaine selon la Bible, est le jour de la Crucifixion de Jésus Christ,
● Ce serait un vendredi que Caïn tua son frère Abel,
● Hérode massacra les innocents un vendredi,
● Un vendredi, le Diable tenta Ève et Adam mangea le fruit défendu,
● Adam et Ève furent par la suite expulsés du Jardin d’Eden un vendredi,
Le Temple de Salomon aurait été détruit un vendredi,
● C’est un vendredi que commença la grande inondation, et que l’Arche de Noé fut lancée sur les flots.
Le vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel, petit-fils de Louis IX, dit Saint Louis.

Évènements notables coïncidant avec le Vendredi 13

  • On considère parfois qu’Hadès, le dieu des Enfers de la mythologie grecque, serait le « treizième » dieu de l’Olympe, bien qu’il n’a pas véritablement de place sur l’Olympe, ceci peut s’expliquer par le fait qu’il fasse partie avec Zeus et Poséidon du triumvira de la Terre, puisque selon la mythologie, ils ont tous les trois déchu leur père Cronos, et vaincu les Titans. Son nom n’étant pas vraiment quelque chose qui inspire le bon augure, et en tant que dieu des morts, il est très craint, ceci peut expliquer la crainte du chiffre 13.
  • Dans le récit biblique de la création du monde, le vendredi, veille de chabbat, est le sixième jour, et donc aussi le treizième. Bien qu’il n’y ait pas d’indications de durées, il est coutume de dire que c’est au treizième jour qu’Adam et Ève croquèrent dans le fruit interdit et furent bannis du paradis (Genèse 1:26-31 rapproché de Genèse 3:1-8)3.
  • Dans la religion chrétienne, la Cène (le dernier repas du Christ) comportait 13 membres, dont Judas, l’apôtre qui trahit le Christ (la treizième personne)4.[non pertinent]
  • C’est un vendredi 13 nissan, précédant le dimanche de la Résurrection, que selon l’évangile attribué à Jean et les sources hébraïques, a été crucifié Jésus de Nazareth. Toutefois, pour les évangiles synoptiques, Jésus est crucifié un vendredi 14 nissan, premier jour de la fête de Pessa’h (la Pâque juive).
  • Le vendredi 13 octobre 1307 (calendrier julien), le roi Philippe le Bel fait arrêter les membres de l’ordre du Temple (Templiers) dont Jacques de Molay leur grand-maître et les fait torturer afin qu’ils avouent des crimes qu’ils assurent ne pas avoir commis ; ceux qui reviennent sur leurs affirmations sont condamnés au bûcher. L’ordre du Temple est ainsi dissous, laissant tout le pouvoir au roi. Certains font démarrer la superstition de ce jour funeste qui vit chuter à jamais les plus grands financiers d’Europe, jour célébré dans les structures néo-templières tout comme le 18 mars 1314 (mort de Jacques de Molay). L’association du vendredi 13 à cet évènement serait en fait une invention moderne, popularisée par la suite romanesque Les Rois maudits de Maurice Druon et reprise entre autres dans le roman Da Vinci Code de Dan Brown5.
  • Le vendredi 13 décembre 1968 est rédigée l’Ato Institucional Número Cinco qui se substitue à la Constitution du 24 janvier 1967 et renforce la Dictature militaire au Brésil.
  • Le vendredi 13 octobre 1972, le vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya s’est écrasé dans les Andes. Les survivants n’ont été retrouvés que deux mois plus tard, après que deux d’entre eux ont donné l’alerte après dix jours de marche dans les conditions extrêmes de la haute montagne, sauvant ainsi le reste du groupe resté dans l’épave. Les opérations de recherche avaient été arrêtées huit jours après sa disparition.
  • Le vendredi 13 septembre 1996, le rappeur Tupac Amaru Shakur (ou 2pac, Makaveli) meurt assassiné dans les rues de Las Vegas.
  • Le vendredi 13 janvier 2012, vers 20 h, le navire de croisière Costa Concordia fait naufrage à l’entrée du port de l’île de Giglio, au large de la Toscane. Sur les 4 229 personnes à son bord ce soir-là, 32 morts sont à déplorer selon un bilan officiel.
  • Le vendredi 13 novembre 2015une série d’attentats meurtriers se déroule à Paris dans les 11e et 10e arrondissements, et à côté du Stade de France ; le bilan s’élève à 130 morts6 et 413 blessés, dont 99 dans un état d’extrême urgence. II s’agit de l’attentat le plus meurtrier en France depuis la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du premier attentat suicide sur le territoire français.

La phobie du vendredi treize s’appelle la paraskevidékatriaphobie. Plus largement, la superstition liée au nombre 13 est la triskaïdékaphobie.

Exemple de triskaïdékaphobie

À certains endroits, en particulier aux États-Unis où entre 17 et 21 millions d’Américains seraient concernés par cette phobie5, on élude le 13, passant du 12 au 14 ou utilisant 12a ou 12b à la place de 13. De même de 112 à 114, etc. :

  • certains immeubles n’ont pas de treizième étage, par exemple la Hearst Tower aux États-Unis ;
  • dans beaucoup de villes américaines, il n’y a pas de 13e rue ni de 13e avenue ;
  • la plupart des services hospitaliers ne possèdent pas de lit ou de chambre 13, en prévision de certains patients triskaïdékaphobes ;
  • certains hôtels n’ont pas de chambre 13 (ou numérotent la chambre 12bis), surtout s’ils ont une clientèle internationale, susceptible d’être triskaïdékaphobe ;
  • certains cinémas n’ont pas de salle 13 ;
  • le London Eye n’a pas de capsule (cabine) 13 ;
  • le logiciel WinZip n’a pas de version 13, mais ce cas est semble-t-il isolé ;
  • dans beaucoup d’aéroports, il n’y a pas de porte d’embarquement 13 et la plupart des compagnies aériennes dont Air France, n’ont pas de siège 13 en cabine ;
  • divers commerces éludent la treizième rangée et le treizième siège ;
  • le magazine Spirou n’a pas de page 13, remplacée par la page 12bis, afin de tourner en dérision la triskaïdékaphobie ;
  • le compositeur Arnold Schönberg souffrait de cette phobie. Il est né un dimanche 13 et décédé à l’âge de 76 ans (7 + 6 = 13) un vendredi 13 ;
  • Fabian Cancellara, coureur cycliste, retourne son dossard lorsque celui-ci est le numéro 13 ;
  • le pilote de Formule 1 Pastor Maldonado porte depuis 2014 le numéro 13 à sa demande. Néanmoins, à la suite de deux accidents mortels en 1925 et 1926, de nombreuses compétitions comme la Formule 1 n’attribuent pas d’office à un concurrent le numéro 13, sauf si celui-ci le demande, généralement pour une compétition à domicile. C’est le sujet de la bande dessinée de Michel Vaillant Le 13 est au départ ;
  • lors de la construction du pont de l’Øresund le 13e bloc de son tunnel a été appelé 12bis. Malgré cela, un incident a tout de même eu lieu lors de la pose du bloc au fond de la mer.
  • une carte de Magic : L’Assemblée est nommée Triskaïdékaphobie. Elle a la capacité de faire perdre les joueurs qui ont 13 points de vie au début de l’entretien du joueur qui a posé cet enchantement.
  • en Irlande les immatriculations des véhicules commencent par l’année, sur deux chiffres, jusqu’en 2013 où pour éviter une numérotation en 13 il est ajouté 1 ou 2 pour indiquer le semestre. Cette exception a toujours cours.

On rencontre dans d’autres pays des phobies similaires concernant d’autres nombres :

  • en Italie, le 17, car celui-ci, écrit en chiffres romains (XVII) est l’anagramme du mot latin VIXI, qui signifie « j’ai vécu » (i.e. « je suis mort ») ;
  • en Chine et au Japon, le 4 dont une lecture shi (四) est une homophonie du mot désignant la mort shi ().

Le mot triskaïdékaphobie est une composition étymologiquement correcte mais assez arbitraire : on peut de même appeler hexakosioihexekontahexaphobie la peur du nombre de la Bête (666), mais dans les pays anglophones, le mot est plutôt employé comme virelangue que pour réellement désigner la notion.

La Franc-maçonnerie échappe à cette superstition car le 13e degré existe bel et bien et aucun accident notoire n’est jamais arrivé lors de cérémonies à ce degré !