mer 01 février 2023 - 07:02

11/01/1907 : Naissance de Pierre Mendès France, Louveteau puis Franc-Maçon

Pierre Mendès France est né le 11 janvier 1907 à Paris. Cet homme politique français a commencé sa carrière dans l’Eure, en 1932, en tant que député. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut nommé président du Conseil par René Coty en 1954. Il échoua dans ses tentatives de réforme en Algérie et entraîna la chute de son gouvernement. Bien après sa mort le 18 octobre 1982, il reste une figure emblématique de la Gauche française.

Pierre Mendès France en 1932 (BnF, Paris).

Le plus jeune avocat de France : Pierre Mendès France, issu d’une famille d’origine portugaise, est à l’âge de 21 ans le plus jeune avocat de France. Inscrit au Parti Radical depuis l’âge de seize ans, il s’intéresse aussi aux questions économiques et financières. Il milite au sein de la Ligue d’Action Universitaire Républicaine et Socialiste (LAURS), mouvement d’étudiants s’opposant à l’extrême droite, dont il est l’un des dirigeants.

La chambre des députés et le front populaire en mai 1936

Un brillant début dans la politique… : Pierre Mendès France est élu député de l’Eure en 1932 et devient maire de Louviers en 1935. Son livre La banque internationale, Contribution à l’étude du problème des Etats-Unis d’Europe (1930) fait de lui un économiste reconnu. Malgré son désaccord sur la politique monétaire et sur la non-intervention dans la guerre d’Espagne, Pierre Mendès France soutient le Front Populaire. Sous-secrétaire d’État au Trésor dans le deuxième gouvernement de Léon Blum (du 13 mars au 8 avril 1938), il propose une audacieuse réforme économique, se réclamant de principes keynésiens. Mais le gouvernement est renversé avant qu’elle ne soit appliquée.

Pierre Mendès France et Georges Boris en 1938.

… Et un résistant : Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Mendès France, qui a rejoint Londres, combat dans les Forces aériennes françaises libres et fait partie du Comité français de libération nationale. En 1944, de Gaulle le nomme ministre de l’Economie, mais Pierre Mendès France démissionne en avril 1945 lorsque le général refuse de suivre sa politique de rigueur.

Pierre Mendès France en 1948 (photographie Studio Harcourt).

L’économiste :De 1946 à 1951, il s’éloigne de la politique et travaille au sein de différentes institutions internationales : Banque internationale pour la reconstruction et le développement, Conseil économique et social de l’ONU, Fonds Monétaire International (FMI) dont il est élu président en 1948. Rappelons que Pierre Mendès France avait représenté la France aux accords de Bretton Woods. Accords destinés à organiser le système monétaire international après la Seconde Guerre mondiale s’agissant de mettre en place un système qui prévient les crises (telles que celle de 1929) et de reconstruire l’Europe.

Pierre Mendès France reçu par Lamine Bey, dernier bey de Tunis, le 31 juillet 1954.

Un talentueux communiquant : Pierre Mendès France innove aussi dans la communication. Contrairement aux gouvernements précédents, il estime avoir des comptes à rendre au pays. Chaque semaine, il explique sa politique aux Français dans des causeries radiodiffusées. Ce sens de la communication fait beaucoup pour sa popularité dans de l’opinion. Le magazine L’Express, fondé en 1953, mène en outre un habile travail de propagande en faveur du chef du gouvernement. Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, à la tête de l’hebdomadaire, popularisent les idées de Mendès France en mettant en avant la modernisme de son action.

Retrouvez la voix de Pierre Mendès France…

Le Président du Conseil : Après s’être opposé à la politique coloniale depuis 1950, Pierre Mendès France qui est Président du Conseil de 1954 à 1955, signe les accords de Genève mettant fin à la guerre d’Indochine. Puis il accorde l’autonomie à la Tunisie. Son gouvernement est finalement renversé en février 1955 par l’Assemblée nationale.

Avec Shimon Peres et Christian Fouchet à l’ambassade d’Israël, en 1964.

Après avoir été brièvement ministre dans le gouvernement Guy Mollet en 1956, Pierre Mendès France s’oppose au projet de Constitution du général de Gaulle qui est adoptée par référendum en 1958. En raison de sa politique et de ses origines juives, il fut la cible de l’extrême droite et des poujadistes.

Pierre Mendès France en 1968.

L’homme de conviction : Adversaire intransigeant du gaullisme, il milite alors au Parti socialiste unifié (PSU) et participe à la recomposition de la gauche socialiste. Battu aux élections législatives de 1968, Pierre Mendès France reste en retrait de la vie politique, mais soutient la candidature de François Mitterrand aux élections présidentielles de 1974 et 1981.

Jouissant d’une réelle popularité dans l’opinion, Pierre Mendès France conserve l’image d’un homme politique modèle ayant marqué l’histoire de la IVe République.

Pierre Mendès France, le Maçon : Fils de Franc-Maçon, et donc Louveteau ou encore Lowton, terme anglais désignant le fils d’un maçon lorsqu’il a été présenté à la loge et adopté – un usage tombé en désuétude –, Pierre Mendès France fut initié le 19 mai 1928 à la Respectable Loge « Paris », à l’Orient de Paris. Il visita également souvent la Loge « Union et Progrès » à Pacy-sur-Eure. D’autres biographes disent qu’il fut membre, toujours à l’Orient de Pacy-sur-Eure, de la Respectable Loge « Honneur et Probité ».

Façade GODF, Paris
Façade GODF, Paris

Pierre Mendès France (PMF) s’éloignera de la franc-maçonnerie en 1945, après son refus de remplir une attestation sur l’honneur établissant qu’il n’a pas pactisé avec Vichy ou les Allemands, attestation qui est alors demandée à tous les frères souhaitant réintégrer le Grand Orient de France.

Il est surtout resté un modèle de vertu pour les humanistes et les républicains, au point qu’une Loge du Grand Orient de France porte son nom.

Humanisme, la revue des Francs-Maçons du Grand Orient de France, en son numéro 278, de septembre 2007, consacre un dossier à Pierre Mendès France intitulé « Du mythe à l’héritage ».

En octobre 2007, une exposition, créée par l’Association Valmy, qui témoigne à travers des reportages des actions des organisations humanitaires françaises, lui a été consacré en l’Hôtel du Grand Orient de France.

L’édition de 1981 est un pavé de 560 pages comportant de nombreuses illustrations N&B.

En termes d’ouvrages, citons surtout celle de Jean Lacouture (1921-2015) avec son Pierre Mendès France (Éd. du Seuil, 1981 ; POINTS, Poche-Histoire, 2010). Le journaliste a écrit plus d’une quarantaine de livres, notamment sur l’histoire contemporaine ainsi que de nombreuses biographies (Hô Chi Minh, de Gaulle, Malraux, Blum, Mauriac, Champollion, Montaigne, Mitterrand…) livre avec celle de Pierre Mendès France une belle étude sur cet « homme qui, n’ayant exercé l’autorité de l’État que quelques semaines en 1938 sous l’égide de Léon Blum, puis de 1943 à 1945 dans la mouvance de Charles de Gaulle, et huit mois en 1954 et 1955 au sommet des responsabilités, a su néanmoins s’imposer comme le symbole d’une conception de la vie publique, démontrant que l’action politique n’est pas avilissante par nature, ni le pouvoir pervers par essence ».

Pièce de 5 fr. – avers, 1992

Deux citations de Pierre Mendès France permettent de mieux comprendre l’homme

« La démocratie est d’abord un état d’esprit. » Pierre Mendès France, La République moderne (1962).

5 fr. Mendès, revers

« La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir. » Pierre Mendès France, Sept mois et dix-sept jours.

Sources : Toupie, Wikipédia, Wikimedia Commons, BnF, le Ligou, laculturegenerale.com

Entre autres, deux ouvrages de PMF

Choisir-Une certaine idée de la gauche
la vérité guidait leurs pas
Plaque commémorative 75 rue de Turbigo (3e arrondissement de Paris).
Plaque commémorative, au 23 rue du Conseiller-Collignon, dans le 16e arr. de la capitale.
Conférence de l’OTAN sur le réarmement de l’Allemagne, le 20 octobre 1954. Avec Anthony Eden, John Foster Dulles et Konrad Adenauer.
Dernière séance de la conférence sur l’Indochine au palais des Nations de Genève, le 21 juillet 1954. De dos, au premier plan, la délégation nord-vietnamienne.
Meeting du PSU à la Halle aux Grains de Toulouse en janvier 1962.
Mendès France, contre la Guerre d’Algérie lors d’un meeting du PSU à Toulouse le 20 janvier 1962.
PMF (Studio Harcourt, 1948, détail).
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Retraité, Yonnel Ghernaouti a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du compagnon de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire et membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour « La Chaîne d’Union », revue trimestrielle d'études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en est le Commissaire général.

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