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Le paranormal fait de plus en plus recette auprès des Français

De notre confrère lefigaro.fr – Par Steve Tenré

59% des Français croient à la véracité d’au moins une forme d’occultisme, tels que le spiritisme ou l’astrologie, selon un sondage de l’Ifop.

C’est un constat qui inquiète, mais qui n’étonne plus. De plus en plus de Français croient au paranormal, selon un sondage* de l’Ifop, commandé par le site de tourisme américain AMB-USA. 59% d’entre eux croient en une ou plusieurs formes d’occultisme, dont font partie les fantômes, le spiritisme et les sorcières.

L’existence des fantômes est ainsi validée par 24% des Français sondés: c’est 11 points de plus que dans les années 2000, et 19 points de plus qu’en 1982. Celle des démons et djinns (des créatures surnaturelles en islam) est partagée par 21% des personnes interrogées, et celle de la transmission de pensée par 40% (contre 37% en 1998). Concernant les croyances religieuses, 43% des Français jugent véridiques les miracles, 28% la réincarnation et 24% le diable. Enfin, l’astrologie serait fiable pour 32% des sondés, et les ovnis existeraient selon 28% des sondés – la seule croyance en déclin, puisque le taux était de 33% en 1982.

Un Américain sur deux croit au diable

Le sondage a été également été effectué auprès des Américains. Outre-Atlantique, ce type de croyances est encore plus partagé: 46% assurent que les fantômes sont une réalité, 43% les démons, 34% les sorcières, 71% les miracles, 54% le diable, 31% la réincarnation, 43% les ovnis et 42% l’astrologie. Le seul phénomène paranormal auquel les Français souscrivent plus que les Américains est la transmission de pensée. Au total, 69% des Américains croient à au moins une croyance occulte.

Ces statistiques pourraient encore augmenter à l’avenir. D’après un sondage précédent de l’Ifop, réalisé début 2023, un jeune Français sur six pense que la Terre est plate, et un sur quatre doute de la théorie de l’évolution. Seules 33% des personnes âgées entre 11 et 24 ans estiment aujourd’hui que «la science apporte à l’homme plus de bien que de mal». Ils étaient 55% en 1972.

*Enquête réalisée par l’IFOP pour AMB-USA par questionnaire auto-administré du 18 au 20 janvier 2023 auprès 1113 personnes représentatives de la population américaine âgées de 18 ans et plus, et du 26 au 27 janvier 2023 auprès de 1018 personnes représentatives de la population française âgées de 18 ans et plus.

Ce que la vertu a uni, la mort ne peut le séparer

Cet aphorisme fait d’entrée penser à Socrate, car il décrit exactement le philosophe en cause. Par une disposition acquise il passe sa vie à vouloir et faire le Bien – définition même de la vertu – par le biais de la parole, au hasard des rues d’Athènes. Il parvient ainsi, par le dialogue, le questionnement et le raisonnement, à bonifier la vie de ses auditeurs.

Socrate condamné à mort par empoisonnement, se la donne lui-même alors qu’il pouvait l’éviter en payant une amende. Mais il fait preuve de vertu (ici, obéissance à la loi). Il boit calmement la cigüe et meurt, en maître de son destin, la conscience tranquille. Il sait que son œuvre, parmi d’autres, a contribué à cette unification de l’Homme (qu’il faut sans cesse entretenir) et qu’elle lui survivra par la transmission (credo de la franc-maçonnerie).

Tant qu’il y a volonté de transmission, il y a vie et ainsi la mort ne sépare pas les êtres. Mieux, elle n’existe pas puisque la vie triomphe ! En ce sens, on peut dire que la vertu – qui traverse le temps – procure à l’Homme une forme d’éternité.

« Le vrai tombeau des morts est dans le cœur des vivants » (Jean Cocteau)

Faire le Bien, ce n’est pas qu’une idée, c’est un acte. En cela la vertu, c’est le Bien même, en esprit et en vérité. C’est un effort, pour bien se conduire, pour devenir et être « quelqu’un de bien ».

Dans sa forme latine « virtutem », le mot vertu signifiait déjà la vaillance, la bravoure, le courage, mérite essentiel de l’homme. Puis, en latin plus récent, vir, virtus, il a évoqué la virilité, la puissance. Energie morale, force d’âme, cœur, force agissante, les définitions ne manquent pas aujourd’hui, dans le même sens, pour désigner cette qualité, qui vient, c’est essentiel, de la volonté de l’homme.

La vertu, par notre volonté, c’est ce qui nous distingue de l’animal. C’est notre histoire même, c’est ce que nous sommes devenus au gré de l’évolution du vivant qui, selon la science nous a vus naître algue marine.

D’où la « trajectoire » suivante pour l’Homme : Matière flottante, matière rampante, matière levante, matière pensante…il nous reste à devenir vraiment matière aimante pour mieux vivre ensemble. Là encore, depuis que nous pensons, c’est la vertu qui est aux commandes, donc notre volonté qui agit.

Nous n’avons pas de « centre de l’amour » dans le cerveau, comme nous avons un « centre de la respiration » ou un « centre de la toux ». C’est donc notre « bon vouloir » envers notre semblable, (bénévolat) qui en fait office et nous conduit, précisément, à lui vouloir du bien (sans exigence de retour, « gratuitement »).

Si nous évoquons le bien (ce qui est juste, honnête, louable) c’est qu’il existe son opposé le mal (ce qui est nuisible, mauvais, pénible pour quelqu’un ou quelque chose). C’est une vision binaire (dualisme) du monde.

Il convient de considérer que le bien de l’un peut être le mal de l’autre et inversement. Le dualisme en cause est donc « limitant » et peut être même « enfermant ».

A noter, précisément, que le philosophe Baruch Spinoza ne partage pas cette vision binaire : pour lui c’est une manière comparative de penser. A cette vision binaire, il oppose sa vision unitaire et « englobante » du monde. Ce « Tout en un » est, selon sa conception, la Nature (l’univers dans son entier qu’il nomme « l’Etendue »).

Comme il faut néanmoins conserver cette dualité (à entendre comme complémentarité) pour définir la « nature humaine » (comprise dans la Nature) et proposer des concepts moraux, Spinoza débute ainsi le livre IV de son ouvrage majeur « l’Ethique » :

« Par bien et mal, j’entendrai ce que nous savons avec certitude être un moyen d’approcher ou de s’éloigner du modèle de la nature humaine que nous nous proposons.

De ce fait, la notion de bien ne recouvre d’autre signification que celle d’utilité : par bien, j’entendrai ce que nous savons avec certitude nous être utile, ou encore de ce qui nous est bénéfique : nous appelons bien ou mal ce qui sert ou bien nuit à la conservation de notre être.

Enfin, Spinoza rapproche les notions de bien et de mal de celles de joie et de tristesse, telles qu’il les a définies au livre précédent, comme passage à une perfection plus ou moins grande : « La connaissance du bien et du mal n’est rien d’autre que l’affect de joie ou de tristesse, en tant que nous en sommes conscients. Il est faux donc de croire que la nature soit parfaite ou imparfaite puisqu’elle ne vise pas un but ; les notions de perfection et d’imperfection ne sont que des fictions introduites par les hommes.

De même bien et mal ne désignent pas non plus rien de positif dans les choses, mais rien d’autre que des manières de penser ou notions que nous formons de ce que nous comparons les choses entre elles. »

Quoi qu’il en soit, que l’on ait une vision binaire ou unitaire du monde (comme Spinoza) et comme il n’y a pas de « vertus naturelles », le désir d’une vie sociale « raisonnable » a conduit l’Homme à reconnaître et répertorier des « vertus morales » nécessaires qu’il a nommées « valeurs » (ensemble de règles de conduites pour bien agir).

Nous mettons donc en pratique au quotidien des valeurs « construites » (morales, spirituelles, existentielles). Elles nous sont imposées par la Loi (code civil) ou proposées par le discours (philosophies, sociétés de pensée telle la franc-maçonnerie, religions, mythes, traditions, etc.) ou encore inspirées par la réflexion personnelle (éthique).

Valeurs morales. C’est le respect de soi-même et d’autrui, donc le devoir (le souci de l’autre : gentillesse, bienfaisance, bienveillance, bonté).

Valeurs spirituelles. Ce sont les valeurs immatérielles (le beau, le vrai, le juste). C’est aussi, par définition, la vie de l’esprit (la réflexion, la méditation, l’introspection)

Valeurs existentielles. C’est la vie quotidienne avec ses impératifs (la santé, le revenu, la sécurité, la quiétude, etc.) et ses aléas (maladies, souffrances, manque d’amour, deuils, lassitude, ennui, etc.).

Les valeurs ci-dessus amènent à se poser la question : Comment mener une vie bonne dans une vie mauvaise ? Il n’y a évidemment pas de recettes, que des outils pour y faire face !

Les discours philosophiques, religieux, mythiques, maçonniques sont précisément des outils, à type d’efforts à accomplir pour « mieux vivre » ou « vivre au mieux ».

En tant « qu’efforts », précisément, pour atteindre la sagesse (ou une forme de sagesse) – qui vise cette « vie bonne malgré tout » – ces outils sont des vertus en soi.

La philosophie (qu’on le veuille ou non, « mère de la franc-maçonnerie ») en tant que quête de la vie bonne et qui accepte la finitude humaine – contrairement aux religions, sans recourir à un dieu ou à la foi – est en ce sens une « spiritualité laïque ».

La franc-maçonnerie est elle-même une « spiritualité laïque » quand elle se contente de la raison…pour raisonner. Elle devient une « spiritualité déiste » lorsqu’elle postule un principe créateur, tel le Grand Architecte de l’Univers,

Qu’il soit considéré comme une révélation ou un symbole.

Dès lors, dans le cadre de cette spiritualité laïque et de sa sagesse, l’aphorisme « Ce que la vertu a uni, la mort ne peut le séparer » nous renvoie encore aux penseurs antiques et notamment au philosophe grec Epicure lorsqu’il dit :

« Ainsi, le plus effroyable des maux, la mort, n’est rien pour nous, étant donné précisément que, quand nous sommes, la mort n’est pas présente ; et que, quand la mort est présente, alors nous ne sommes pas. »

C’est pour ainsi dire la mort de la mort ! Spinoza, un millénaire plus tard exprime pratiquement la même idée quand il dit : « L’homme libre ne pense à rien moins qu’à la mort, et sa sagesse est une méditation, non de la mort, mais de la vie »

La mort, en quelque sorte « éliminée » par Epicure et Spinoza, nous renvoie à la vie, lorsqu’elle est célébrée en loge dans la chaîne d’union :

« La vie est une, elle est un courant qui traverse les êtres. Nous sommes unis à tout ce qui vit, a vécu et vivra ».

Lorsque les mains des sœurs et des frères sont jointes dans cette chaîne d’union, celle-ci illustre parfaitement l’aphorisme – que nous venons d’étudier – gravé à l’intérieur de l’anneau que Salomon passe au doigt des Chevaliers Grands Elus et Sublimes Maçons (14èmeD. du REAA).

A leur image, Mes Sœurs, Mes Frères, nous sommes unis à vie, la mort ne nous séparera pas !

Les valeurs spirituelles

Ce « souffle de l’esprit » génère aux 18ème et 19ème siècles, une maçonnerie spéculative qui se déploie successivement en trois spiritualités. La première, théiste, est soufflée par la foi révélée. La seconde, déiste, aspire à la sagesse, à la force et à la beauté. La troisième, laïque, est inspirée par la liberté, l’égalité, la fraternité.

En vérité, les frontières philosophiques sont tenues entre les diverses obédiences et juridictions. Elles partagent aujourd’hui des valeurs spirituelles qui se rejoignent. Le maçon, la maçonne, tout en construisant leur temple intérieur, participent à la construction du même temple de l’humanité. Quels que soient les rites et les rituels pratiqués.

Au-delà de leurs courants de pensée respectifs, les institutions maçonniques se retrouvent sur des thématiques originales qui forment « une spiritualité sans le Grand Architecte de l’univers ».

En soi, un système de réflexions et d’échanges areligieux en loges, tout respect gardé pour les cultes. Qu’il s’agisse de l’histoire de l’Ordre (son syncrétisme à partir de ses emprunts aux traditions méditerranéennes) ; de sa sociabilité particulière marquée aujourd’hui par le passage du secret au discret. De son système de recrutement avec son épreuve du bandeau. De la dramatisation mise en œuvre lors du processus initiatique et la période de silence imposée à l’apprenti (e) ainsi invité (e) à l’introspection. Des prises de parole « triangulaire » des membres (relayées par le surveillant et autorisées par le Vénérable Maître). De la communication extérieure enfin, qui – en plus des prestations radiophoniques et télévisuelles, des expositions et des conférences publiques – utilise le media Internet pour véhiculer les valeurs spirituelles de la maçonnerie. Le tout répond bien à cette fonction de la spiritualité : la quête de sens.

A savoir si l’articulation de cette « construction spirituelle » dégage pour autant une « culture maçonnique » ? Conservateurs et Progressistes en débattent. Et le débat n’est pas clos !

Il est clair qu’il reste aux diverses organisations maçonniques à se rapprocher, par le biais des inter-visites de ses membres et de la mixité, pas encore vraiment opérationnelle, en termes de Liberté, Egalité et Fraternité. Qu’elle soit théiste, déiste ou laïque, la spiritualité a besoin de ciel bleu, pas de barreaux !

Les valeurs morales

Les supports de réflexion du franc-maçon, de la franc-maçonne, sont d’abord les contenus des rites : rituels, mythes, allégories, symboles, légendes. Ce sont des outils, des boussoles pour nous orienter sur le territoire. Mais pas le territoire. Ils nous donnent le sens et du sens, mais pas la réalité ! Encore moins le réel ; ni la vérité ! Il s’agit donc de faire entrer en résonance leurs logiques et leurs morales- si elles sont adaptables – avec la société des Hommes et des Femmes, en pleine mutation. Pour y vivre ensemble. Le mieux possible !

L’expérience de la vie, nous apprend qu’il y a autant de logiques et de morales que de sociétés et d’époques, c’est à dire de philosophies et de points de vue. A l’école de notre enfance, entre quatre murs protecteurs et devant le tableau noir, ces mots étaient inoffensifs. Nous faisons de l’analyse logique après la dictée. La pensée du jour (Ex : Bien mal acquis ne profite jamais !) nous servait de leçon de morale. Est la preuve par neuf nous montrait que notre raisonnement arithmétique « tombait juste ». Voire que la vérité était dans les chiffres !

C’est en quittant l’école que tout a changé, pour ne pas dire que tout s’est gâté ! Adultes devenus, nous constatons que le « camarade de classe » c’est maintenant « l’Autre » dans sa grande diversité signifiante et agissante (ethnies, coutumes, religions, individualismes, hiérarchies de dominance, etc.) et qu’il faut – malgré ces différences et contraintes, effectivement vivre ensemble sur la planète !

A partir de mon vécu des années 1930-1940, je retiens qu’une partie importante d’un grand pays comme l’Allemagne, éduqué et cultivé s’il en est, suit alors, dans un bel élan patriotique le raisonnement d’un fou furieux. Celui-ci, le sinistre Hitler, met dans l’entonnoir de la logique tous les paramètres normatifs qui lui conviennent (revanche de la guerre précédente, difficultés économiques, pureté de la race aryenne à protéger, etc.) pour recueillir à la sortie une épouvantable « rationalisation » qui lui apparaît pourtant naturelle : l’extermination des Juifs ! Heidegger, l’un des plus grands philosophes du XXème siècle, que l’on peut supposer intelligent, adhère à cet antisémitisme ! Sa compagne de route, Anna Arendt, philosophe talentueuse elle-même, ouvre les yeux à temps et bifurque pour décrire ce que, effarée, elle découvre : la banalité du mal. Dit autrement, il est tout à fait logique de tuer son semblable quand on en reçoit l’ordre d’un supérieur et que l’on est obéissant et scrupuleux. C’est normal, banal, on ne fait que son devoir (encore un mot dont il faut se méfier, n’en déplaise à Kant!) La logique et la morale détruisent ici tout discernement !

Les convoyeurs et les exécutants de l’holocauste avaient aussi une logique : « Mon honneur est ma fidélité ». De leur côté, les militaires, de vert vêtus, portaient un ceinturon – à hauteur de mes yeux de gamin – dont la boucle arborait leur morale : Gott mit uns (Dieu avec nous). Bilan en 1945 de ces logique et morale funestes : 6 millions de morts. Il est aisé de comprendre que l’on puisse se méfier aujourd’hui de ces deux mots…qui n’auraient peut-être jamais dû quitter la salle de classe ! Croire que les doctrines, l’instruction et le progrès peuvent seuls parfaire l’Homme est la grande illusion des Lumières…et des francs-maçons ! Parce que l’Homme est autant capable de détestation et d’égoïsme, que de bonté et d’amour, il nous reste, pour éliminer (en tout cas réduire) notre part d’ombre, encore et toujours, à apprendre et mettre en pratique LA LIBERTÉ, L’EGALITÉ, LA FRATERNITÉ.

Alors que l’islamisme est en train de prendre le relais du nazisme, alors que, contre toute attente, divers gouvernements étrangers songent au XXIème siècle à interdire la franc-maçonnerie, quelques grandes obédiences maçonniques françaises, ont aussi leur logique et leur morale. Celles-ci devraient être précisément et totalement axées sur les dangers qui menacent les francs-maçons, plus que jamais invités à être unis, toutes organisations confondues et les coudes serrés.

Or, que constate-t-on avec, il faut le dire, une grande stupéfaction ?! Ivres d’une puissance factice, lesdites obédiences – le plus souvent sous la pression des Suprêmes Conseils auxquels elles sont reliées – cultivent les interdits et, partant, n’ont jamais été aussi « clôturantes » pour leurs membres ! C’est à dire, qu’au titre d’un « marché captif » (gestion financière oblige) – et contre la liberté d’association – elles prohibent toute autre appartenance hors de leur champ, entravant ainsi la transmission, donc l’étendue de la trilogie républicaine. A un moment où celle-ci n’a jamais été autant nécessaire, pour ne pas dire vitale ! En une période où renaissent, avec virulence, racisme et antisémitisme !

En termes de valeurs morales, la jeune génération d’initiés (es) qui n’a pas connu le fascisme doit refuser net cette conduite fautive. Encore faut-il qu’elle soit informée ! Aux Maîtres de loges, aux Surveillants de dispenser cette information, aussi importante que les rituels ! D’urgence !

Les valeurs existentielles

Nous venons de voir que, en termes de valeurs – profanes et maçonniques, il faut s’entendre – comme toujours – sur le sens des mots…à même de devenir des maux ! Les valeurs morales concernent avec le respect en premier lieu, le vrai, le bien et le beau, le souci de l’autre, bref, la générosité, la bonté. Mais elles peuvent constituer aussi le détestable, le mauvais, le mal, contre l’autre, bref, la méchanceté. Question de points de vue, d’intentions. Et d’actions !

De leur côté, les valeurs spirituelles sont à considérer avec ou sans Dieu. Avec ou sans religion. Il en est de même pour la spiritualité maçonnique, déiste ou laïque, selon les options. N’omettons pas ici les valeurs existentielles. Pour leur part, elles évoquent la réalité vécue, le « quotidien » individuel avec son lot de joies certes, mais aussi de tourments divers, personnels, familiaux, professionnels, de problèmes financiers, auxquels s’ajoutent maladies et deuils des êtres chers, qu’il faut assumer. Et qui nous renvoient à notre propre condition en marche, vieillissement puis finitude !

De la sorte, il est intéressant de se demander ici quelles motivations, quels espoirs, peuvent bien inciter un citoyen fatigué le soir venu, à quitter son canapé devant la télévision, pour venir frapper à la porte du temple maçonnique ! La première, nous le savons, est le principe de plaisir en éternel combat avec le principe de réalité. Que lui impose celui-ci ? Ce que lui montre son écran à longueur de semaines ! : Un monde cataclysmique où tremblements de terre et fleuves en crues déciment des populations, et en même temps, une société humaine qui, sur toute la surface du globe, s’entre-déchire. Nature et culture : Autant de tragédies anxiogènes et « questionnantes » sur l’homo sapiens et sa trajectoire : une course perdue d’avance, une histoire qui finit mal !

Eureka ! La franc-maçonnerie est une des rares sociétés initiatiques occidentales qui, précisément – comme la philosophie – propose devant ce constat négatif, non seulement une « aide à vivre », mais ose aussi aborder cette mort qui nous guette et invite à nous y préparer. Vaincre la mort, ou plutôt « l’idée de la mort », c’est de fait, adoucir cette certitude et glorifier la vie. Pour la vivre pleinement, telle une éternité, ici et maintenant ! Malgré notre sort, pétris de désirs – donc de curiosité, d’un besoin d’étonnements et de découvertes – nous avons envie de positiver « l’humain ». En quelque sorte de le rendre immortel ! Avec des rencontres joyeuses, à la fois « énergisantes », enrichissantes et rassurantes ! Avec des acquisitions nouvelles transposables dans la cité. Pour partager en groupe les effets bénéfiques de la trilogie républicaine, « Liberté, Egalité, Fraternité », trois valeurs existentielles, s’il en est ! Au vrai, pour trouver du sens à cette vie, à la fois mystérieuse et si précieuse. C’est cette promesse qui nous fait quitter notre canapé. Pas le besoin d’adversaires !

En termes de Liberté, la promesse est tenue lorsque la liberté d’association (Loi 1901) est respectée, et permet à l’initié(e) de participer, dans la ou les organisations maçonniques de son choix, séparément ou en même temps, à la construction de la société idéale. Elle ne l’est plus, lorsque l’obédience ou la juridiction devient sectaire et « immobilise » ses adhérents avec interdiction d’en sortir ! Ne nous y trompons pas, ce ne sont pas eux qui sortent de la communauté maçonnique mais ladite obédience ou juridiction qui s’en exclue par ses empêchements même !

En termes d’Egalité, la promesse est tenue lorsque l’échelle des degrés devient équité, et partant accessible à tous les initié (e). Elle n’est pas tenue lorsqu’elle est réduite à un escabeau qui empêche d’atteindre le degré sommital du rite ! Lorsque le dispositif ne permet plus de s’élever, du vertical il passe à l’horizontal et se transforme en barrière ! Pratiquer un barrage est un délit d’entrave inadmissible et un manquement grave à l’esprit du rite considéré. Quel qu’il soit, il est ouvert, et accessible à tout maçon, toute maçonne digne et désireux (reuse) d’atteindre le terme du chemin.

En termes de Fraternité, la promesse est tenue lorsque la mixité est respectée et que la franc-maçonnerie ajoute effectivement la sororité à la devise républicaine. Elle n’est pas tenue lorsque les décors maçonniques deviennent des grades – donc des « instruments de pouvoir » sélectifs alors qu’ils n’indiquent que les degrés du parcours personnel. Elle n’est pas tenue enfin lorsqu’un frère ou une sœur devient le bouc émissaire d’une loge, et « abandonné » (e) au bord de la route, parce qu’il ou elle refuse allégeance à des règles non conformes aux législations en vigueur. C’est toute la loge qui devrait alors se révolter ! A l’évidence, pour sa survie même, l’Art royal doit se dégager d’une administration obédientielle limitante. Et d’un autoritarisme juridictionnel, producteur d’ego saisis de vertige, parés des titres ronflants du 18ème siècle. Il s’agit de retrouver le concept de loge souveraine. C’est en son sein que se cultivent les fleurs de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. Il viendra, le « temps du réveil » : alors s’abaisseront les pont-levis de ces châteaux-forts – que sont devenues certaines de ces « puissances » maçonniques – pour permettre communication et communion. Alors et seulement, la franc-maçonnerie pourra prétendre à l’universalité !

Relations entre la franc-maçonnerie française et la portugaise

De notre confrère myfraternity.org

La franc-maçonnerie en France a une histoire riche et complexe qui remonte au début du XVIIIe siècle.

Elle a connu des périodes de croissance rapide et de répression sévère, et elle a joué un rôle important dans la vie politique et sociale du pays.

La franc-maçonnerie française a également été influencée par des mouvements similaires à l’étranger, notamment la franc-maçonnerie portugaise.

La franc-maçonnerie en France est organisée en obédiences, qui sont des regroupements de loges maçonniques.

Les obédiences les plus importantes en France sont le Grand Orient de France, la Grande Loge de France et la Grande Loge nationale française.

Chacune de ces obédiences a son propre rituel et sa propre vision de la franc-maçonnerie, mais toutes partagent des principes fondamentaux tels que la liberté de conscience et la fraternité.

La franc-maçonnerie française a joué un rôle important dans l’histoire du pays.

Pendant la Révolution française, de nombreux dirigeants étaient des francs-maçons, et ils ont participé à l’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Au cours du XIXe siècle, la franc-maçonnerie a continué d’être impliquée dans la vie politique, soutenant des causes telles que l’abolition de l’esclavage et la séparation de l’Église et de l’État.

Drapeau du Portugal.

La franc-maçonnerie portugaise a une histoire similaire.

Elle remonte également au XVIIIe siècle et a joué un rôle important dans la vie politique et sociale du pays.

Cependant, contrairement à la franc-maçonnerie française, la franc-maçonnerie portugaise a été réprimée à plusieurs reprises au cours de son histoire, notamment pendant la dictature de Salazar.

Malgré les différences historiques, il y a eu des liens entre la franc-maçonnerie française et portugaise.

En particulier, certaines loges françaises ont été impliquées dans la création de loges portugaises au XIXe siècle. De plus, il y a eu des échanges entre les membres des deux pays au fil des ans.

En conclusion, la franc-maçonnerie en France et la franc-maçonnerie au Portugal partagent des similitudes historiques et idéologiques, bien qu’elles aient été soumises à des conditions politiques différentes.

Les liens entre les deux pays ont été tissés au fil des ans, montrant que la franc-maçonnerie est un mouvement international qui transcende les frontières nationales.

La franc-maçonnerie en France et de sa relation avec la franc-maçonnerie portugaise

La franc-maçonnerie en France et de sa relation avec la franc-maçonnerie portugaise

Derrière la façade des francs-maçons au Danemark…

De notre confrère du Danemark nordschleswiger.dk – Par Amanda Klara Stephany

Pour le 140e anniversaire, la loge de Hadersleben a ouvert ses portes au grand public. Entre les arbres généalogiques et la bibliothèque interne, les curieux pouvaient poser des questions – et chercher des explications. Mais qu’est-ce qui rend les francs-maçons si mystérieux ?

Peut-être que l’un ou l’autre a déjà remarqué la maison de Jomfrustien 12 à Hadersleben (Haderslev). C’est grand et vieux et la haute clôture autour de la maison semble éloigner les curieux. Certains vont maintenant se demander : qu’est-ce qui est réellement clôturé et que se passe-t-il derrière les portes closes ?

Un rapide coup d’œil à la carte numérique ou à l’écriture sur la maison révèle : C’est ici que les francs-maçons se rencontrent.

Le secret entourant les francs-maçons

Pour la plupart des citoyens, cette vue de la façade de l’ancienne maison reste le seul point de contact avec les francs-maçons.

Mais depuis peu les francs-maçons de Hadersleben ont ouvert leurs portes et ont accueilli tout le monde et aussi « tout le monde ». Le but était le dialogue avec le public. Et aussi l’élimination des préjugés.

Bien sûr, Kaj Schmidt Rasmussen, le président des francs-maçons de Hadersleben, sait aussi que les francs-maçons sont un mystère. Pour lui, il s’agit avant tout des rituels d’initiation et d’ascension tenus secrets par les francs-maçons. L’ascension et les rituels associés sont une partie importante de la franc-maçonnerie, de sorte que l’expérience des hommes qui sont acceptés dans l’ordre serait gâchée si elles n’étaient pas secrètes, le président le sait.

Il reconnaît également que ce secret peut sembler très mystérieux et insulaire aux étrangers.

Pour le 140e anniversaire, les francs-maçons de Hadersleben ont ouvert leurs portes.Photo: Amanda Klara Stephany

Journée portes ouvertes

Ainsi, aucun secret ne sera dévoilé l’après-midi des portes ouvertes et la salle de réunion restera également fermée aux visiteurs. Mais loin des portes closes, la maison au charme de vieille bâtisse est très chaleureuse, de nombreux vestiges anciens rappellent son histoire centenaire – et le tableau généalogique de celle du peuple : « Nos membres décédés sont immortalisés sur ce tableau généalogique ».

Le pedigree est en noir et blanc, montrant des hommes vêtus de vêtements des dernières décennies. Moustaches tordues, pattes ou lunettes accrocheuses – ils ont tous un point commun : ce sont des hommes.

« Seuls les hommes sont admis dans notre loge à Hadersleben. Il y a encore une vision du monde un peu ancienne. Mais les francs-maçons changent aussi », explique Kaj Schmidt Rasmussen.

À Odense et Aarhus, il y aurait désormais des loges pour femmes, et Hadersleben ouvre également ses portes aux femmes deux fois par an : « Nous organisons alors un programme légèrement différent, mais c’est quand même un début », explique le président. Comme autrefois, les hommes sont majoritairement « entre eux ».

Une chorale de garçons a mis l’ambiance.Photo: Amanda Klara Stephany

Chant angélique

Les francs-maçons de Hadersleben ont mis beaucoup d’efforts en ce jeudi après-midi. Entre mocktails et apéritifs dans la salle à manger, de nombreux panneaux d’information sur le thème des « francs-maçons » sont présents. Une chorale de garçons sera également conduite dans les locaux, enveloppant les invités de chansons du monde entier pendant plus de 40 minutes.

« Avec cette journée portes ouvertes, on veut approcher un peu les gens, leur montrer ce qu’on fait ici », explique le président.

Son pavillon célèbre cette année son 140e anniversaire, qui se déroule toujours de septembre à mars, donc quelque chose de spécial a été pensé.

Que font réellement les francs-maçons ?

Lorsqu’on lui demande ce que sont même les francs-maçons, Kaj Schmidt Rasmussen explique formellement : « Le but de l’Ordre est de travailler pour l’amélioration de ses membres, et donc de la race humaine, en enseignant le noble art de pratiquer la vertu et d’abdiquer la suppression du vice. »

Ce serait dans la charte de l’Ordre et il appartiendrait plus ou moins à chaque membre, aussi appelé ‘frères’ entre eux, d’interpréter plus ou moins pour eux-mêmes et cela dépendrait de qui les quelques ‘est’. Les méthodes anciennes et modernes se retrouveraient dans l’Ordre. Le but est de devenir la meilleure version de vous-même.

Une entreprise ambitieuse que les hommes poursuivent depuis plus de 140 ans.

Classement 2023 des 12 sites maçonniques les plus populaires

Il y a quelques mois, nous partagions le classement 2022 des 10 meilleurs sites non marchands de la Franc-maçonnerie. L’édition 2023 vient de rendre son verdict !

Sans grande surprise, le site numéro 1 est votre Journal 450.fm qui devance ainsi tous les blogs et autres sites d’Obédiences !

Nous vous invitons à voir le détail de ce classement.

Numéro 1 le gagnant :

Après seulement deux années d’existence, le Journal 450 est devenu le leader de l’information maçonnique dans le monde francophone. Il est important de noter que le nombre de visites du site ci-dessus ne tient pas compte des 350 000 emails envoyés chaque mois aux abonnés (plus de 10 000 chaque matin), ainsi que les 4 500 partages mensuels dans les réseaux sociaux. L’équipe de 40 personnes a permis en 24 mois de générer plus 3 700 articles disponibles gratuitement, 24h24 sur le site. Toute cette dynamique mise en action permet chaque jour de répondre à environ 5 000 lecteurs concernés par l’information maçonnique. Le journal fêtera ses 2 ans le 9 avril prochain.

Numéro 2 :

En deuxième position, on trouve le Blog Hiram.be dont l’accès est devenu payant il y a quelques mois. Cela ne l’a pas empêché de dépasser au cours des derniers mois les sites obédientiels.

Numéro 3

Fort de ses 53 000 membres, la plus grande et la plus ancienne Obédience de France, perd quelques places et se positionne désormais derrière les deux leaders.

Numéro 4

Lors du dernier classement, ce site était le leader français. Etant un lieu d’information incontournable pour les Loges qui composent cette Obédience, cela explique le nombre important de pages vues lors de chaque visite.

Numéro 5

En 2022, ce site était en 7è position. Il a gagné quelques places.

Numéro 6

Ce site perd 2 places par rapport au classement 2022.

Numéro 7

Pour ce site aussi, on assiste au recul de 2 places par rapport au dernier classement.

Numéro 8

Loin derrière les leaders, ce blog d’info gagnerait peut-être à réduire ses affichages de publicités intempestives sur chaque article s’il voulait regagner du lectorat.

Numéro 9

On ne peut aucunement reprocher au DH son manque de dynamisme en matière de communication. Sa présence quasi quotidienne en fait probablement l’Obédience la plus communicante de France pour le moment.

Numéro 10

Même classement pour cette année pour ce blog dont l’information est hautement qualitative.

Numéro 11

Ce site ne semble pas avoir pour vocation à diffuser une information régulière. On constate très clairement qu’il n’est pas souvent mis à jour. Les lecteurs de la version papier acquise en kiosque n’ont donc aucune interactivité avec le Web, c’est dommage. Ce site ne peut pas entrer dans le classement puisqu’il ne dépasse pas la barre des 5 000 visiteurs/mois.

Numéro 12

Ce dernier site est comparable au site précédant. Le nombre de visiteurs mensuels est inférieur à 5 000. Il fait la promotion d’émissions maçonniques majoritairement consultables en streaming. Il s’agit donc d’une production de contenus qualitatifs plus que quantitatifs, ce qui explique le faible résultat du nombre de visiteurs.

L’outil utilisé pour réaliser ce classement

Points de Vue Initiatiques #207-« La Maçonnerie : une Tradition vivante »

Points de Vue Initiatiques  (PVI) n° 207 vient de sortir. Il explore un des mottos de la Grande Loge de France : la Tradition. D’ailleurs repris dans le sous-titre de l’emblématique revue ; dont le premier numéro a été publié en 1965. C’était alors la première édition par la GLDF qui s’adressait aussi bien aux francs-maçons qu’aux profanes.

Pour mémoire, mottos, pluriel de motto, un terme datant de 1589 et emprunté à l’italien signifiant « parole, légende rattachée à une figure héraldique » s’agissant d’une devis ou d’un épigraphe.

« Puisant ses racines à un passé souvent mythifié, la tradition n’est pas une boîte close, mais la source où nous nous abreuvons au présent. », nous précise dans son édito Olivier Balaine, directeur de la rédaction de Points de Vue Initiatiques.

À quoi sert la tradition ? Quelles sont ses origines ? Comment la faire vivre à l’intérieur comme à l’extérieur du Temple ? Autant de questions auxquelles répondent les multiples regards et rubriques de ce numéro intitulé : « La Maçonnerie : une Tradition vivante ».

Étonnante héritière des peintres lettrés de Chine, l’artiste Li Chevalier nous montre également comment la tradition n’est pas une contrainte en relisant un art millénaire.

Olivier Balaine, directeur de la rédaction

La Franc-Maçonnerie représente la tradition et la transmission. Ce qui la fait vivre depuis plus de 300 ans, c’est que nombre de femmes et d’hommes rejoignent cet Ordre initiatique universel et immémorial. L’Art Royal, qui n’est pas confiné dans un passé lointain, prépare l’être humain à assumer son devenir… et celui de l’Humanité.

Li Chevalier, en 2013.

Revenons sur l’entretien de l’artiste française née en Chine, Li Chevalier « La tradition n’est pas une contrainte ». Des propos recueillis par Olivier Balaine. L’artiste fait partie de ces remarquables personnes qui construisent un pont entre Orient et Occident, entre tradition et modernité. Héritière de peintres lettrés chinois, elle pratique tout autant la peinture que la philosophie ou encore le chant lyrique. Nous sont rappelés ses principaux ouvrages ainsi que ses différentes expositions à travers le monde :

Li Chevalier, « L’homme tridimensionnel » – Œuvre exposée au Musée d’art contemporain de Rome.

la Royal Academy de Londres, le Musée d’art contemporain de Rome ainsi que le Musée National des Beaux-Arts de Chine. Elle répond à différentes questions qui ne peuvent laisser indifférent l’initié : que signifie pour vous le terme de tradition, existe-il une tradition picturale chinoise et comment la caractériser, est-ce que le matériau est déterminant, etc. Sont abordés aussi des questions touchant à l’art lyrique et à l’écriture, tant nous savons que la tradition picturale est importante en Chine. Li Chevalier évoque aussi le lien entre passion et peinture, entre raison et philosophie…

Le sommaire :

ÉDITORIAL : Olivier Balaine

Thierry Zaveroni, Grand Maître

LE MOT DU GRAND MAÎTRE : Thierry Zaveroni

Les rituels : fixité et évolution, la relecture permanente, Gérard Darnaud

Le Rite et ses rituels ne fabriquent pas le sacré, ils sont à l’image de l’Ordre auquel ils se rapportent ; ils doivent en cela conserver une permanence dans leur fond et leur forme de sorte que cette transmission soit maintenue pour les générations.

Le rite, phare des traditions, Pascal Lardellier

L’avènement de la pensée postmoderne est souvent mis en parallèle avec le déclin de la tradition. Or, les rites constituent de formidables révélateurs des évolutions sociétales. L’apparente déritualisation caractérisant notre époque est-elle le symptôme du triomphe de la pensée postmoderne ?

Faire vivre la Tradition : comprendre, relier, évoluer, Jean-Paul Chaussinand

Les traditions ne sont pas la Tradition. La recherche des points communs entre les traditions est le chemin d’un retour à l’unité dont la tradition maçonnique est un véhicule, et dont la démarche symbolique est un outil.

La tradition, à quoi ça sert ?, Patrice Platel

Est-il pertinent de chercher à trouver une utilité à la tradition ? Comment trouve-t-elle sa place dans une société tiraillée entre des courants voulant du passé faire table rase et d’autres, traditionalistes ? Quelle place pour la Maçonnerie écossaise dans ce chemin ?

La Tradition primordiale : source, origine, actualité, Robert de Rosa

Dans la quête des origines, le concept de Tradition Primordiale fait l’objet d’une grande diversité d’approches, comme pour René Guénon ou Carl Gustav Jung. La Tradition Primordiale relève de l’ordre humain. Elle est dans chaque individu et reflète un désir universel de la quête du centre et de l’harmonie, au cœur de la démarche maçonnique.

Li Chevalier Monographie, Musée d’art contemporain de Rome (MACRO).

ENTRETIEN

Li Chevalier : « La tradition n’est pas une contrainte », propos recueillis par Olivier Balaine

La Loge vivante, Joël Gregogna

La Loge se situe au cœur de la pratique maçonnique. Elle vit en chacun par l’autre. Elle est source d’initiation, de vie renouvelée. Elle constitue le symbole même de la vie.

Tradition et temporalité, Thierry Dupoux

La tradition ne se conçoit que dans le processus de transmission, lequel s’inscrit dans le temps. Le temps actuel ou futur est-il plus moderne que le temps passé ? L’accumulation des connaissances et des biens constitue-t-elle un progrès ?

Meurs et deviens…, Marc Henry

Même à travers un humanisme souvent autoproclamé, l’homme reste inachevé tant qu’il n’a pas bénéficié de l’Initiation « majuscule », la naissance d’en haut. Beaucoup d’épines ensuite parsèmeront son chemin, nombreuses seront les vicissitudes, mais le souffle de l’Esprit oriente toujours l’Homme véritable.

La Loge maçonnique, support traditionnel vivant, Patrick Gauchet

Au sein d’un ordre traditionnel attaché à conserver ses rites et ses pratiques, la Loge maçonnique n’en est pas moins un objet mouvant et dynamique, sans cesse en projection.

BIBLIOGRAPHIE

Jean-Pierre Thomas

HISTOIRE

Une illustration historique de la Tradition vivante, Jean-Pierre Thomas

Pleinement actifs dans le siècle des Lumières, les francs-maçons sont restés des émancipateurs aux siècles suivants, s’appuyant sur les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Leur tradition vivante, par la connaissance de soi, donne sa force à un engagement initiatique et éthique.

D’ORIENT ET D’OCCIDENT

Franc-maçonnerie et tradition africaine, Maurice Ekoule Locko

La tradition initiatique existe dans toutes les civilisations, avec des supports spécifiques à chaque culture. C’est le cas en Afrique subsaharienne et, en particulier, dans ce qui est aujourd’hui le Cameroun.

MORCEAUX D’ARCHITECTURE

Architecture et Tradition, François Gruson

ARRÊT SUR IMAGES

Li Chevalier : en équilibre sur la voie du milieu, Daniel Sygit

SYMBOLIQUES

L’équerre ou l’obéissance consentie, Hugo Billard

L’AIR DU TEMPS

La tradition : un passé conjugué au présent, Robert de Rosa

LE QUIZ DE PATRICK Patrick Joiné-Maurin

BULLETIN D’ABONNEMENT

RECENSIONS

LE CHAMP DU POÈTE : Je me souviens d’hier, Jean-Michel Ballif

La Tradition spirituelle et humaniste de la Grande Loge de France

Des textes de référence pour tous : Écossisme – Ésotérisme – Symbolisme – Initiation – Histoire – Religions – Philosophie – Culture – Connaissance…

Un outil de réflexion thématique et didactique unique pour les initiés comme pour les profanes ! Abonnement PVI 2 ans – 8 numéros ou PVI 1 an – 4 numérosEnvois sous pli fermé et discret

Points de Vue Initiatiques #207-« La Maçonnerie : une Tradition vivante »

Revue de la Grande Loge de France – Vivre la tradition

Collectif – GLDF, Mars 2023, 120 pages, 8 €

Pratique de l’amitié bienveillante pour vaincre les émotions négatives

Extrait du livre Travailler sur les cinq obstacles – Par Ajahn Thiradhammo (traduction Jeanne Schut)

Nous commençons l’exercice en nous installant confortablement dans un lieu calme puis nous laissons monter des souhaits bienveillants envers nous-mêmes, qui seront adaptés à ce moment et qui auront du sens pour nous. Voici ce qui est proposé dans les « réflexions sur le bien-être universel » :

Puissé-je me sentir bien et en bonne santé, libre de l’affliction, libre de l’hostilité, libre de la négativité, libre de l’angoisse, et puissé-je maintenir ce bien-être en moi.

Bien sûr, il est assez facile d’évoquer de telles pensées mais développer l’attitude correspondante ou le ressenti profond de ces paroles est parfois beaucoup plus difficile. Une manière très utile de faire passer le bien-être de l’état de pensée à l’expérience directe consiste à déplacer l’attention depuis le centre de la pensée, dans la tête, au centre du ressenti, dans le cœur ; ensuite ressentez profondément le bien-être de toutes les manières possibles. Quelle expérience en avez-vous ? Est-ce physique ? Émotionnel ? Mental ? Vous aurez peut-être besoin d’évoquer un souvenir ou d’imaginer une situation que vous trouvez très réconfortante ou propice à la détente – tout ce qui peut vous aider à vous relier directement à un ressenti de bien-être.

Une fois relié à cette expérience personnelle de bien-être, même si, au départ, elle a été imaginée, voyez si vous pouvez continuer à l’alimenter et à la recharger dans le cœur. En général, on la sent se recharger au moment où on inspire ; tandis que la poitrine se soulève à l’inspiration, on sent le bien-être affluer dans le cœur. Laissez ce ressenti emplir votre cœur et rayonner dans toutes les cellules du corps jusqu’au moindre recoin de votre être.

Grâce à une pratique régulière, vous trouverez de plus en plus facile de générer et maintenir ce ressenti de bien-être. Essayez ensuite de l’étendre vers toute expérience que l’attention considère comme déplaisante ou qui crée de la résistance, des tensions ou une fermeture. « Puisse cette partie de ‘moi’ qui sent ce malaise, être bien et libre de toute souffrance. » Vous pouvez aussi envoyer un souhait de bien-être à des douleurs physiques, le laisser pénétrer ces endroits et dissiper les contractions et les tensions. Vous pouvez apporter ce bien-être à des humeurs ou des émotions désagréables en inspirant dessus, en les accueillant et en leur ouvrant les bras avec gentillesse.

Au fil des années, j’ai découvert que différentes approches fonctionnent pour des personnes différentes à des moments différents. Nous avons tous une longue et douloureuse histoire avec la douleur et la négativité et nous avons vécu toutes sortes de traumatismes pénibles au cours de notre vie. C’est pourquoi il faut peut-être utiliser des méthodes, des attitudes et des réponses différentes pour faire face à différents types de blessures et de réactions négatives à différentes étapes de la pratique. La négativité peut prendre toutes sortes d’aspects, certains assez manifestes et d’autres plus maitrisés. Certains types de blessures se regroupent dans des endroits précis du corps comme le cœur ou la gorge. D’autres sont plus diffus et il y en a même qui n’existent qu’à un niveau physique profond. Certaines formes de négativité peuvent être clairement identifiées tandis que d’autres sont entièrement énergétiques et non-conceptuelles.

Il est généralement plus simple (et parfois plus facile) de pratiquer la bienveillance pour les sensations douloureuses dans certaines parties du corps car celles-ci se manifestent de manière tangible dans des endroits précis. Je dis « parfois plus facile » parce que certaines parties du corps peuvent être tellement durcies dans la contraction qu’il n’y a pas de sensation perceptible à laquelle se relier. Si on en a conscience, on peut observer ce durcissement ou cet engourdissement et y appliquer plus activement de la bienveillance.

D’autres sensations seront des expressions psychosomatiques d’une douleur émotionnelle très lourde et nous ferions fausse route en nous attardant trop sur le plan physique uniquement. Il est bon, dans ce cas, de faire des croisements entre les sensations physiques et les réactions mentales ou émotionnelles.

J’ai également trouvé très utile d’alterner une approche plutôt systématique et rationnelle de type « cerveau gauche » (soutenue par la théorie) et une imagerie guidée, un son ou un mouvement de type « cerveau droit ». Par exemple, nous savons que l’amitié bienveillante peut aider à libérer les tensions corporelles, de sorte que nous pouvons nous détendre systématiquement dans un ressenti de bienveillance. Mais il arrive que cela ne fonctionne plus. Si nous pouvons alors imaginer la bienveillance comme une lumière dorée qui brille dans ces tensions ou respirer en elles avec douceur, le résultat sera plus efficace. Il se peut que le « moi » ait compris comment fonctionnait notre première technique et qu’il refuse de coopérer davantage ; ou bien nous sommes arrivés à des niveaux de subtilité que le cerveau rationnel ne peut pas atteindre, c’est-à-dire le niveau non-conceptuel du vécu.

Tout l’art de cette pratique consiste à ne pas simplement rester dans la tête et diriger avec magnanimité des pensées de bien-être vers les expériences douloureuses, mais plutôt à se fondre entièrement en elles, à sortir de notre pompeuse attitude égotique qui cherche à maîtriser ou éliminer la douleur, et apprendre à nous abandonner humblement en elle. La plus grande partie de la douleur est en réalité une contraction du « moi » ; le moi menacé construit un mur de contraction défensive qui est également douloureux et tendu, de sorte qu’il génère encore plus de douleur et de contraction. Apporter la bienveillance est comme organiser une conférence de paix, créer un environnement sécurisant dans lequel on pourra lâcher ses défenses pour découvrir que la véritable cause de la contraction de douleur est la saisie d’un « moi » illusoire. Grâce à une étude fine de cette douleur, nous pouvons apprendre beaucoup sur le « moi » et ses stratégies de défense.

Ceci dit, il ne faut jamais sous-estimer l’ingéniosité du « moi » qui tente de s’approprier la pratique à ses propres fins. Même s’il est douloureux d’être toujours sur la défensive, le « moi » refuse d’abandonner ses vieilles habitudes, sa stratégie primaire de survie. C’est pour cette raison que nous devons avancer en douceur, dans un véritable esprit de bienveillance, gagner peu à peu la confiance du « moi » : « En effet, je me sens mieux ainsi », mais sans être trop idéaliste : « Je vais vaincre ma négativité avec la bienveillance. » De ce fait, nous cultivons la bienveillance sur la base d’une relation de confiance au lieu de l’utiliser de manière intéressée pour en obtenir ce que nous voulons.

Ainsi, au lieu de nous lancer dans la bienveillance pour tous nos ressentis désagréables, nous pouvons commencer par développer une réceptivité tranquille, une ouverture sans jugement : « Oui, voilà ce qui est. » Ensuite, nous pouvons essayer d’être plus accueillants et tolérants : « Oui, vous faites également partie de mon vécu. » Puis nous pouvons essayer différents modes de bienveillance : « Bonjour, entrez et asseyez-vous. Puis-je faire quelque chose pour vous ? » Enfin, nous pouvons avancer jusqu’à développer une bienveillance toujours plus profonde envers ce qui est déplaisant : « Comment vas-tu ? As-tu quelque chose à me dire, à commenter ou à me conseiller ? » Au final, la bienveillance peut se développer pour devenir une réceptivité inconditionnelle et illimitée.

Le résultat de cette approche est que le déplaisant est désarmé et nous commençons à avoir de plus en plus confiance dans cette façon de procéder. En même temps, le remède qu’est la bienveillance guérit les blessures des vieux traumatismes douloureux, de sorte que ce que nous appelons « déplaisant » peut être accueilli de manière inconditionnelle avec attention et sagesse. Intérieurement, on croit de moins en moins en un « moi » central et personnel. Le « moi » fait tomber sa garde, peut-être jusqu’au point d’être « au chômage » et de ne plus être nécessaire comme défense.

La bienveillance étendue

Les instructions classiques à propos du développement de la bienveillance se poursuivent en l’étendant à un cercle plus large d’êtres. Nous créons notre propre négativité mais nous sommes parfois aussi un dépotoir pour la négativité des autres. Par ailleurs, lorsque nous avons vu le mal que nous nous faisons en nous laissant emprisonner par la négativité, nous éprouvons de la compassion pour ceux que nous voyons emprisonnés ainsi. Quand nous recevons la négativité des autres, nous entendons leur souffrance et nous avons envie de partager le bien-être que nous ressentons avec d’autres êtres.

Nous commençons par une personne avec laquelle il nous est facile de partager ce bien-être, par exemple quelqu’un envers qui nous avons de la gratitude. Une fois que nous arrivons à faire cela facilement, si nous souhaitons étendre davantage la bienveillance, nous pouvons progresser peu à peu en l’adressant à des amis proches, puis à une personne « neutre » (c’est-à-dire que nous ne connaissons pas particulièrement), et finalement à une personne avec laquelle la relation est difficile. Nous pouvons évoquer des souhaits de bien-être pour chacune de ces personnes comme nous l’avons fait pour nous-mêmes :

« Puisse [cette personne] se sentir bien et être en bonne santé, libre de l’hostilité, libre de la négativité, libre de l’angoisse ; puisse-t-elle maintenir ce bien-être en elle. Puissent tous les êtres être libérés de la souffrance ; puissent-ils trouver le véritable bonheur et la paix. »

Choix du texte Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

Le Maire de Lyon et le Grand Maître du GODF débattent de la société

De notre confrère tribunedelyon.fr – Par Rodolphe Koller

Grégory Doucet recevait le Grand Maître du Grand Orient de France ce vendredi à l’Hôtel de Ville. À l’origine pour les 250 ans de la loge maçonnique, mais leurs regards croisés se sont également portés sur l’actuellement brûlante des retraites.

Au lendemain de l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution par le gouvernement afin d’entériner la réforme des retraites, le maire de Lyon Grégory Doucet et le Grand Maître du Grand Orient de France ont échangé avec Tribune de Lyon. Initialement à l’occasion des 250 ans de la loge des francs-maçons, mais aussi autour des violences survenues en Presqu’île, des questions de démocratie représentative, de laïcité et de République.

S’en prendre à l’Hôtel de Ville de la troisième ville de France, qu’est-ce que cela dit de notre époque ?

Grégory Doucet : La colère provoquée par la façon dont le gouvernement et le président de la République ont appréhendé la réforme des retraites était prévisible, attendue. Après, bien évidemment, je suis contre toute forme de violence, y compris si elle est nourrie par de la colère. Je regrette bien sûr que les manifestants aient pu s’en prendre à l’Hôtel de Ville. Ce sont les services de la Ville et de la Métropole que je remercie parce qu’ils ont été extrêmement efficaces et tout de suite au travail ce matin.

Georges Sérignac : La violence ne peut être que condamnée d’où qu’elle vienne et quelle qu’elle soit, mais évidemment qu’il y a une provocation à la violence. Ce n’est pas à nous de nous prononcer sur la validité ou pas. En revanche, nous avons quelques notions de démocratie et de République au Grand Orient de France. Et donc quand 80 à 90 % d’une population est contre une réforme, ça veut dire que soit elle a été mal expliquée, soit que les gens ne la considèrent pas bonne pour eux.

À partir de là, la moindre des choses est de prendre en compte cette volonté populaire, c’est la base de la démocratie que d’écouter la volonté populaire. Donc condamner la violence bien sûr, mais on ne peut pas ne pas l’excuser et ne pas la comprendre. Quand on n’est pas écouté d’une telle façon, je dirais que tous les moyens sont bons pour se faire entendre. Ça n’excuse en rien la violence, mais ça permet de la comprendre.

Cela dit aussi quelque chose sur l’état de la démocratie représentative, de la façon dont les corps intermédiaires sont ignorés. Que vous inspire le climat social du moment, et le rapport des Français à leurs institutions ?

GD : On peut s’interroger sur le fonctionnement des institutions, pour autant on a une Assemblée, un Sénat, un Parlement, avec des gens de différentes couleurs politiques. Ce qui se passe, c’est qu’on a pour la 11e fois un projet de loi qui passe sans un vote, et sur un sujet aussi majeur que la question des retraites. Les retraites, c’est le quotidien des gens, c’est pour ça d’ailleurs qu’il y a cette colère. Le fait que ça passe sans vote du Parlement, ça veut dire qu’on a enlevé la légitimité démocratique de cette décision. Alors même qu’elle en a besoin, parce qu’elle concerne tout le monde. On parle d’une institution qui est au cœur de notre démocratie, et qu’on a mis au point mort. Or, on ne peut pas avancer sans ce moteur. Ce qui vient de se passer, c’est une trahison démocratique, un recul démocratique. Ce n’est pas possible, ce n’est pas acceptable de trahir à ce point la démocratie.

GS : Je pense que nous ne sommes pas dans une crise de la représentation démocratique. Il y a différentes procédures au sein de l’Assemblée et du Sénat, procédures qui ont été respectées. L’article 49.3 est prévu par la Constitution. Donc dans le fonctionnement des institutions, les choses fonctionnent. Ce qu’il y a, c’est un problème d’écoute de la volonté populaire générale. Et sur un sujet d’une importance absolument essentielle, le sujet de la solidarité sociale. Les retraites c’est, avec la Sécurité sociale, la plus belle expression de la solidarité sociale. Donc sur un sujet aussi sensible, il est certain que nous sommes à un moment très complexe et très compliqué, aussi bien de notre vie démocratique que de notre République.

Après cet épisode récent avec la communauté israélite, et votre position sur le vœu des Échevins, en quoi avez-vous des choses à vous dire sur le sujet de la laïcité ?

GD : Pour le coup, parce que je suis un élu de la République, et que le Grand Orient est à l’avant-garde de la défense des valeurs de la République, ça nous fait forcément un point commun. Sans être un spécialiste, je sais en partie ce qu’on doit à la franc-maçonnerie sur la construction des idées républicaines. Parmi les acquis de notre République, il y a notamment la question de la laïcité. Et c’est un sujet qui est pour moi au cœur de l’exercice de mon mandat. J’ai été amené à me positionner en utilisant comme référence cette grande loi de 1905. C’est une loi qui a très bien su poser un magnifique équilibre entre cette liberté de croire, de pratiquer, et cette liberté de ne pas croire. Et qui dit aussi l’amitié entre toutes les femmes et tous les hommes, quelles que soient leurs croyances. Je pense l’avoir utilisé à bon escient, notamment en ce qui concerne ma venue après le rituel du vœu des Échevins pour être en dialogue avec la communauté catholique. Mais sans venir prendre une part dans un rituel qui appartient à la communauté catholique, parce que ce n’est pas mon rôle en tant qu’élu républicain.

GS : Il est écrit dans notre règlement que le Grand Orient de France accorde une place fondamentale à la laïcité. Ça veut dire que pour nous, ça n’est pas une loi majeure, c’est LA loi majeure, la loi socle de la République. Quand on déroule la pelote de ce que représente la laïcité, c’est vraiment la clé de voûte de la République. Elle rassemble les idées de liberté, égalité, fraternité. Rien n’est possible sans une liberté absolue de conscience, la liberté de culte, et la séparation des Églises et de l’État. Donc une fois que l’on a dit ça, bien sûr que nous sommes absolument favorables à cette séparation entre tous politiques quels qu’ils soient et toutes Églises quelles qu’elles soient.

Or, il peut y avoir une confusion entre l’aspect culturel et l’aspect cultuel, utilisée par les Églises pour enfoncer un coin dans la loi de 1905. Parce qu’on s’aperçoit que les adversaires de la laïcité utilisent certains biais pour mettre de la confusion là où les choses devraient être très claires et très simples. Quand on voit certains maires défendre les crèches dans les mairies, il ne s’agit pas de savoir si c’est culturel ou cultuel, mais si c’est dans la loi ou pas. Et ça ne l’est pas. Les choses sont claires : un petit Jésus, ce n’est pas une représentation culturelle, c’est une représentation religieuse. La loi de 1905 dit que la République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte, mais la République garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes.

Mais la République laïque, c’est évidemment beaucoup plus vaste que le problème religieux, c’est un projet de société, rassembleur. C’est le peuple uni reconnaissant dans sa sphère privée ses différences, ce qu’on oublie souvent de rajouter. Il ne s’agit pas d’un peuple indifférencié dont on gommerait les différences. C’est même un enrichissement pour un peuple d’avoir des différences. Mais au niveau de l’État, le peuple est uni dans un projet commun.

Autre évolution par rapport aux années Collomb, qui revendiquait son appartenance au Grand Orient : personne n’a revendiqué son appartenance dans les nouveaux exécutifs.

GS : Notre règlement est très clair. En franc-maçonnerie, nous ne pouvons pas révéler l’identité d’un membre, ça ne nous appartient pas. En revanche, je vais vous donner un scoop, je suis franc-maçon, et certains l’ont dit pour eux-mêmes. On essaie de beaucoup communiquer pour que les gens perdent cette idée de réseau, d’entre-soi, et de montrer que les franc-maçons sont des gens normaux qui ont un engagement républicain, qui ont une école de pensée qui va plus loin que ce que l’on en raconte. Donc cette affaire de dévoilement, il faut qu’elle arrive à se dédramatiser. Je crois que cela relève de la sphère de l’intime : ceux qui veulent le dire le disent, et qu’on en fasse plus une question.

Quelles relations entretenez-vous l’un avec l’autre ?

GS : Je crois que la question ne se pose pas comme ça. Chaque loge du Grand Orient de France est une association loi 1901. Donc les relations sont les mêmes qu’avec une association.On a des relations personnelles, ou pas ; institutionnelles, ou pas. C’est vraiment de la sympathie mutuelle, de la conjoncture. Mais il n’y a pas d’organisation en réseau de la franc-maçonnerie avec la politique, c’est un fantasme depuis trois siècles.

Mais lors d’une élection, au même titre que l’on pourrait s’appuyer sur l’association des habitants de la rue Édouard Herriot, on pourrait s’appuyer sur une loge maçonnique.

GS : Sauf que les loges du Grand Orient de France sont parfaitement indépendantes de tout pouvoir politique. Qui peut savoir pour qui je vote ? Et je m’attache à ce que les 53 000 membres de notre obédience soient dans le même cas. Après, c’est leur problème si eux veulent avoir des engagements politiques. Mais je crois que notre indépendance est fondamentale pour avoir une parole républicaine qui soit crédible.

GD : Pas besoin d’être franc-maçon pour s’intéresser aux valeurs républicaines, et c’est heureux. C’est bien la preuve que tout cet héritage de la franc-maçonnerie s’est disséminé. Moi aussi, au travers de lectures, d’échanges avec des individus dont je ne sais pas forcément s’ils sont franc-maçons ou non, j’ai découvert quelques figures d’inspiration qui se trouvent être des franc-maçons. Et il n’y a pas besoin, surtout pas, d’institutionnaliser quoi que ce soit entre nous, je pense même que ce serait une erreur. On y perdrait plus qu’on y gagnerait.

Monsieur Doucet, vous avez fait de la représentation des femmes un enjeu important de votre mandat. Au Grand Orient de France, il n’y a que 10 % de femmes depuis que les loges sont devenues mixtes en 2010. Visez-vous la parité ?

GS : Nous sommes une vieille maison, et nous ne travaillons pas à arriver à une parité. Les choses vont évoluer d’elles-mêmes. 8 000 sœurs en dix ans, c’est beaucoup. Dans quelques années, nous serons d’ailleurs peut-être l’obédience qui compte le plus de femmes. C’est un peu plus que 10 % d’ailleurs, mais c’est un mouvement de fond, et surtout une mise en cohérence avec nos valeurs. Nous sommes la seule grande obédience historique à avoir fait ce choix. Nous ne décrétons pas cette parité, ce n’est pas du tout dans nos habitudes, notre fonctionnement. En revanche, nous avons aujourd’hui deux sœurs qui sont au conseil de l’ordre, pour leur qualité, pas pour leur genre. Et les choses vont se faire très naturellement.

GD : La parité, dans la constitution de l’exécutif, est légale. Après c’est vrai qu’on a mis en place un certain nombre d’actions, on pourrait prendre des tas d’exemples. Je crois que la question de l’égalité entre les femmes et les hommes doit être traitée par tous les moyens d’agir. Et sur le fonctionnement du Grand Orient de France, ce n’est pas à moi de juger si la démarche est bonne ou pas. Moi je le fais dans le cadre des fonctions qui m’ont été confiées, et pour moi c’est essentiel d’aller vers une société plus égalitaire. On est au fondement des valeurs républicaines.

Lieu symbolique : La Grande Mosquée de Rome… la plus grande d’Europe !

En quête de perfectionnement moral et d’élévation spirituelle , le Maçon met en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité. Pour cela, le Maçon travaille, s’instruit et construit. 450.fm œuvre aussi à ce noble objectif en vous offrant de belles respirations à travers différentes rubriques, dont celles, nous l’espérons, des lieux symboliques. Nous profitons de ce mois de ramadan pour vous faire découvrir la plus grande mosquée d’Europe. D’ailleurs, savez-vous où la trouver ?

Revenons, tout d’abord, sur le ramadan. Parfois orthographié ramadhan ou ramaḍān est le neuvième mois du calendrier hégirien. Seul mois dont le nom figure dans le Coran, ramadan est pour les musulmans le « mois saint par excellence » car il constitue le mois du jeûne (ou saoum) et contient Laylat al-Qadr (la nuit du Destin). Le jeûne du mois de ramadan constitue l’un des cinq piliers de l’islam. Au cours de ce mois, les musulmans c’est-à-dire les adultes et les enfants ayant atteint la puberté selon les courants de l’islam ne doivent pas manger, boire, ni entretenir de rapport sexuel de l’aube au coucher du soleil. Ramadan est considéré comme le « mois de la charité » car, lorsqu’il s’achève, le fidèle doit s’acquitter d’une aumône, la zakât al-fitr.

Ramadan 2023 : tout savoir sur le début et la fin

Chaque année, ce sont les mêmes questions que se posent des millions de musulmans à l’approche du ramadan : quand commence et finit le mois du jeûne ? Quand commence le ramadan 2023 ?

Le mois du ramadan 2023 – 1444 débute jeudi 23 mars. Telle est la date fixée par les partisans des calculs scientifiques qui permettent de déterminer en avance le début du mois du jeûne. C’est le cas du Conseil théologique musulman de France (CTMF) mais aussi, dernièrement, du Conseil français du culte musulman (CFCM). Celui-ci, amputé de plusieurs fédérations historiques dont la Grande Mosquée de Paris, a clairement indiqué que le ramadan commence jeudi 23 mars, sans attendre une quelconque Nuit du doute.

Pourquoi l’annonce du 23 mars comme date du début du ramadan 2023 ne fait-elle pas l’unanimité ?

Tout le monde n’est pas aligné sur cette position. Les partisans de l’observation lunaire choisissent en effet d’attendre la Nuit du doute pour se fixer sur le début et la fin du ramadan, soit en procédant eux-mêmes à l’observation, soit en suivant un pays musulman qui a recours à cette méthode. La Nuit du doute aura lieu le mardi 21 mars. Le mois du ramadan pourrait éventuellement débuter mercredi 22 mars selon les résultats des observations.

Plusieurs fédérations musulmanes en France, bien que partisanes des calculs scientifiques pour la détermination des dates du ramadan, ont aussi fait le choix d’annoncer la date solennelle que mardi 21 mars, en prenant notamment en compte l’annonce que fera l’Arabie Saoudite.

Emblème de l’Arabie Saoudite.

La commission théologique mise en place par la Grande Mosquée de Paris et les Fédérations FFAIACA, Foi et Pratique, Musulmans de France et Rassemblement des musulmans de France estime que « ces deux méthodes complémentaires participent à l’unité des musulmans de France et facilitent l’organisation du jeûne du mois de ramadan et de la date de la célébration de l’Aïd al-Fitr ».

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La Grande Mosquée de Rome est la plus grande mosquée d’Europe.

Des terrains avaient été cédés par la ville de Rome en 1974, mais sa construction n’a commencé que dix ans plus tard. Son inauguration a eu lieu le 21 juin 1995. Elle va donc fêter ses vingt ans.

Plan de la ville de Rome.

Située dans un quartier assez peu fréquenté de Parioli, dans la zone de Roma Nord, entre la Villa Ada et les Campi Sportivi, elle est assez discrète malgré les 30 000 m2 qu’elle occupe. Elle est en effet construite dans des matériaux locaux, travertin et briquettes rosées, et la végétation qui l’entoure est typiquement romaine. On la reconnaît grâce à son minaret moderne et ses croissants de lune.

Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud (1906-1975), troisième des fils du roi Abdelaziz fondateur de l’Arabie saoudite contemporaine, et roi d’Arabie saoudite de 1964 jusqu’à son assassinat.

C’est un point de rencontre très important pour les musulmans d’Italie. La salle de prière peut accueillir 12 000 fidèles mais ils sont parfois jusqu’à 40 000 à s’y réunir pour des grandes célébrations comme la Fête de l’Aïd. Elle est aussi le siège du Centre Culturel Islamique et abrite une bibliothèque, une école de langue arabe, un centre de congrès. 

Si elle a été financée par le Roi Fayçal d’Arabie Saoudite, il semblait important qu’elle ne soit pas une mosquée « copiée » ou « importée » du pays qui la finance, comme de nombreuses mosquées. Elle se veut la moquée des musulmans italiens, et donc italienne d’abord, d’où l’utilisation des matériaux de construction romains. Avec son tapis qui vient d’Arabie Saoudite, ses stucs et mosaïques marocaines, on y retrouve tout de même des revêtements typiques (et superbes) du monde arabe. Et ce mélange de matériaux est très réussi.

L’architecte Paolo Portoghesi.

Ce sont les architectes Paolo Portoghesi*, Vittorio Gigliotti et Sami Mousawi qui ont dessiné les plans de la mosquée. Ils l’ont voulue baroque, et son architecture est très intéressante : la lumière est très présente grâce à d’habiles jeux de construction et la structure semble très légère, évoquant une forêt avec ses colonnes à trois branches. Vous vous demanderez certainement sur quoi repose la voûte de la Mosquée qui semble ne reposer sur rien…

Accueillante, la Grande Mosquée de Rome est un lieu de lumière et de paix, propice à la prière. Les visites

Photo JCB

La mosquée est un lieu de culte mais les mercredis et samedis, de 9h à 12h, elle peut être visitée librement, sans rendez-vous. Les visites sont gratuites. Vous aurez peut-être la chance d’écouter les explications, en italien toutefois, d’un guide présentant les spécificités de la mosquée, expliquant son architecture et donnant quelques éléments sur l’islam – religion abrahamique s’appuyant sur le dogme du monothéisme absolu et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le réceptacle de la parole de Dieu révélée, au VIIᵉ siècle en Arabie, à Mahomet, proclamé par les adhérents de l’islam comme étant le dernier prophète de Dieu.

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N’oubliez-pas, pour toute visite, d’adopter une tenue décente (prévoir un foulard pour vous couvrir la tête des femmes et se déchausser à l’entrée).

Allah écrit en arabe.

450.fm souhaite un bon ramadan à tous nos frères musulmans en humanité en général et à tous nos Frères musulmans en particulier.

*Paolo Portoghesi (né en 1931 à Rome) est un architecte italien, théoricien et professeur d’architecture de l’université La Sapienza de Rome. Il est l’un des plus éminents spécialistes de l’œuvre de Francesco Borromini (1599-1667), architecte italien considéré comme une figure majeure de l’architecture baroque, contemporain de Gian Lorenzo Bernini et de Pierre de Cortone. Nous devons aussi à Paolo Portoghesi la mosquée de Strasbourg.

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Sources : saphirnews, Wikipédia, Wikimedia Commons, rome pratique

24/03/2018 : Notre Frère Arnaud Beltrame, héros national, passe à l’Orient Éternel

5 ans déjà ! Ne pas oublier.

Le myosotis – Forget me not, « Ne m’oublie pas »

Né le 18 avril 1973 à Étampes, dans l’Essonne, et mort en service le 24 mars 2018 à Carcassonne (Aude), Arnaud Beltrame est un officier supérieur de Gendarmerie.

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Il est connu pour s’être volontairement substitué à un otage au cours de l’attaque terroriste menée par l’assassin islamiste Radouane Lakdim* du vendredi 23 mars 2018 à Trèbes, dans l’Aude, et avoir succombé aux blessures reçues durant ce lâche attentat.

Son sacrifice a eu un grand retentissement en France et à l’étranger, et lui a valu un hommage national.

Arnaud Beltrame, lors d’une cérémonie militaire dans l’Aude en février 2018.
  • Colonel Arnaud Beltrame, Franc-Maçon de la Grande Loge de France

La Grande Loge de France a organisé une cérémonie en hommage au Frère Arnaud Beltrame le jeudi 19 avril 2018 au Grand Temple Pierre Brossolette, en l’Hôtel de la Grande Loge de France. Lors de la Tenue funèbre, le Vénérable Maître de la Loge « Jérôme Bonaparte » déclare :

« Tu t’es dressé à la hauteur de Jean Moulin et de Pierre Brossolette. Tu as porté haut les mots honneur, patrie et fidélité. Tu nous as rappelé qu’il vaut mieux mourir fidèle à ses idéaux que de vivre sans âme. »

Avant de conclure par une phrase du Talmud : « Qui sauve une vie sauve l’Humanité entière. »

Quant au Grand Orateur d’alors, il a prononcé les mots suivants : « C’était un homme mosaïque, officier, chrétien et franc-maçon. Nous luttons trop contre toute forme de prosélytisme pour nous approprier son acte. Sa mort n’est pas une défaite, car il nous guide des Ténèbres vers la Lumière. »

Un Temple porte désormais son nom rue Puteaux.

  • Rappelons-nous l’hommage national à l’Hôtel des Invalides

Le 28 mars 2018, le cercueil est convoyé devant le Panthéon, d’où part un cortège funèbre jusqu’aux Invalides en passant par les quais de Seine. Le corbillard est précédé de motocyclistes de la Gendarmerie et entouré de la cavalerie de la Garde Républicaine. C’est la première fois, à la connaissance de l’historien Christian Amalvi, qu’un hommage national est précédé d’un tel cortège.

La cérémonie de l’hommage national est présidée par le président de la République Emmanuel Macron dans la cour de l’Hôtel des Invalides, en présence de trois anciens présidents de la République (Valéry Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande) et de nombreuses personnalités politiques.

Les drapeaux sont mis en berne sur l’ensemble du territoire. La cérémonie est ouverte exceptionnellement au public. Dans son éloge funèbre, le président de la République indique que « le nom d’Arnaud Beltrame devenait celui de l’héroïsme français, porteur de cet esprit de résistance qu’est l’affirmation suprême de ce que nous sommes ». Il est fait, à titre posthume, commandeur de la Légion d’honneur.

  • Arnaud Beltrame : un nom passé à la postérité

De nombreuses promotions de grandes écoles portant son nom et de nombreux lieux sont nommés en sa mémoire. Au printemps 2019, c’est plus de 150 communes qui ont déjà ou prévoient de baptiser à son nom une voie, une place ou un établissement communal.

Il s’agit d’une approximation car il n’existe pas de liste officielle et exhaustive de cet engouement qualifié de « France Arnaud Beltrame ». En 2020, un jardin Arnaud-Beltrame est inauguré dans le 3e arrondissement de Paris.

Nous n’oublierons jamais son courage, sa bravoure et son sacrifice. RESPECT !

« LE TRAVAIL POUR LOI, L’HONNEUR COMME GUIDE »

Telle est la devise de l’École Militaire Interarmes (EMIA), d’où le Colonel Arnaud Beltrame, Commandeur de la Légion d’honneur, était sorti major, promotion « Campagne d’Italie » (1999-2001).

LE TRAVAIL POUR LOI

Fort de sa foi et de son courage, l’officier issu du rang n’a d’autre alternative pour s’imposer. « Le travail est beau et noble » disait Alfred de Vigny, « Il donne une fierté et une confiance en soi que ne peut donner la richesse héréditaire ».

Conjugué à l’expérience, il donne aussi la compétence, source de confiance pour les subordonnés, et qui, le jour du combat, permettra de limiter la marge d’incertitudes.

La devise de l’EMIA est celle de l’ancienne école militaire d’infanterie et des chars de combat de Saint-Maixent.

Mais il implique d’autres qualités :

La force de caractère, qui est le produit du courage et de la volonté. Forgée souvent dans la difficulté et dans l’adversité, elle permet d’oser, d’exiger toujours plus tant de soi-même que des autres, d’entreprendre davantage.

L’honnêteté, qui incite à ne pas cacher ses faiblesses, mais plutôt à chercher à les corriger.

La rigueur, c’est-à-dire la volonté d’appliquer strictement les règlements, d’aller jusqu’au bout de ses décisions, de ne pas se contenter de « L’à peu près ».

La disponibilité, qui amène l’officier à donner la priorité au Devoir.

L’HONNEUR COMME GUIDE

L’officier de l’Ecole Militaire Interarmes qui a fait sienne cette devise défend entre autres les valeurs suivantes :

La loyauté, c’est-à-dire la fidélité à tenir ses engagements, à respecter les lois et les conventions librement acceptées. La loyauté accroît la confiance et l’estime réciproque, l’esprit d’équipe.

Le courage physique et moral, qui permet de continuer son action avec calme et fermeté en dépit du danger, de reconnaître ses erreurs, mais aussi de faire exécuter ses décisions lorsqu’elles sont justifiées.

Le goût de l’effort, parade à l’approximatif, à la routine, à l’égoïsme et au scepticisme.

L’esprit de discipline, pris dans un sens actif et participatif faisant appel à l’intelligence, à l’esprit d’initiative, au sens de la responsabilité.

Le sens de l’humain, car le commandement n’est autre qu’une relation entre des hommes et que l’efficacité de l’un dépend en grande partie de la qualité de l’autre. Commander exige de comprendre les hommes, de les respecter.

La solidarité enfin, la conscience de la communauté d’intérêt des officiers, de l’Armée et de la Nation en général, entraînant l’obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance.

En hommage. À mon camarade parachutiste et gendarme.

*Franco marocain de 25 ans inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, fiché S, Redouane Lakdim, petit délinquant devenu « soldat » de Daesh, né le 11 avril 1992 au Maroc et domicilié dans la petite cité Ozanam de Carcassonne, a abattu, ce vendredi 23 mars, quatre personnes dans les attaques sanglantes de Carcassonne et Trèbes, dans l’Aude.

Sources : Wikipédia, Wikimedia Commons, Direction générale Gendarmerie nationale (DGGN), www.ladepeche.fr, www.francetvinfo.fr