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Notre frère Alexandre Benalla… définitivement condamné

« Plus de cinq ans après le scandale des violences du 1er-Mai 2018, la cour d’appel de Paris a confirmé, ce vendredi 29 septembre, la condamnation d’Alexandre Benalla, ancien chargé de mission de l’Élysée, à trois ans de prison dont un ferme.

Peine confirmée donc pour Alexandre Benalla. Devant la cour d’appel de Paris ce vendredi 29 septembre, l’ancien collaborateur de l’Élysée, au cœur du scandale des violences du 1er-Mai 2018, a été condamné à trois ans de prison dont un ferme. Il était rejugé aux côtés d’un autre ex-collaborateur des services du président de la République, Vincent Crase*, qui fut son formateur au sein de la gendarmerie en 2009, puis son collaborateur pendant la campagne d’Emmanuel Macron en 2017, chargé de sécurité à La République en Marche (devenue Renaissance)… Pour mémoire, en appel, le parquet général a requis 18 mois de prison avec sursis. En France, la justice est rendue au nom du peuple français.

Le mercredi 22 février 2023, la rédaction a écrit à Alexandre Benalla qui n’a pas souhaité répondre.

Nos frères Benalla et Crase – selon l’adage « maçon un jour, maçon toujours » – étaient membres de la Grande Loge Nationale Française (GLNF).

450.fm, juste de l’information mais une information juste… et parfaite ! « Ainsi va le monde » Alfred de Musset 1810-1857), poème « À Juana », 1831.

  • Valeurs actuelles, c’est ICI

Benalla est franc-maçon à la Grande loge nationale française. Révélations. Le conseiller particulier du président Macron a été suspendu à titre conservatoire par ses “frères”.

« Alexandre Benalla a été initié au sein de la Loge “Les Chevaliers de l’Espérance” de la Grande loge nationale française (GLNF) », révèle sur son blog le journaliste de l’Express, François Koch, ce mercredi. « Ce franc-maçon porte le matricule 106161 de cette obédience depuis janvier 2017 », précise le spécialiste de la franc-maçonnerie.

« Son parrain est un notaire trentenaire de Saint-German-en-Laye (Yvelines), membre de la même loge », ajoute encore François Koch. « Il est toujours apprenti et n’aurait bien sûr pas été très assidu aux réunions rituelles de sa loge depuis l’élection d’Emmanuel Macron. » Ladite loge abrite essentiellement des cadres supérieurs et des professions libérales du droit. »

  • France info, c’est ICI… aussi

« Elysée, Russie, Françafrique, gendarmerie, franc-maçonnerie… Alexandre Benalla, un homme qui n’a pas de problème de réseaux

Le 18 juillet 2018, « Le Monde » révélait que l’ancien chargé de mission à l’Elysée avait violenté un couple lors d’une des manifestations du 1er-Mai. Depuis, les révélations pleuvent autour de ses multiples activités. […] Quelques mois plus tôt, en janvier 2017, selon L’Express, Alexandre Benalla se fait initier au sein de la Grande Loge nationale française (GLNF). Ce passage chez les francs-maçons ne durera qu’un an et demi… »

  • L’Express, c’est ICI

« Alexandre Benalla, franc-maçon en sursis

Le proche d’Emmanuel Macron a été suspendu par son obédience maçonnique en raison de sa mise en examen. En janvier 2017, quand il intervient dans l’organisation de la sécurité d’Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence de la République, Alexandre Benalla a été initié au sein de la Loge « Les Chevaliers de l’Espérance » de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), comme l’a révélé L’Express mercredi matin. Ce franc-maçon porte le matricule 106161 de cette obédience, selon des documents internes que nous avons pu consulter. Toujours apprenti, le premier grade des « frères trois points« , il n’aurait…

  • Le Figaro, c’est ICI aussi

« Franc-maçon, Benalla est suspendu à titre conservatoire de sa loge […] Alexandre Benalla, franc-maçon? L’information, publiée par plusieurs médias, avait été démentie il y a quelques jours par le Grand Orient de France, la première obédience française. Ce mercredi, le journaliste de L’Express François Koch le révèle sur son blog « La lumière »: le jeune chargé de mission de l’Élysée a en fait

« été initié au sein de la loge « les Chevaliers de l’espérance« , de la Grande Loge nationale française (GLNF)». « Ce franc-maçon porte le matricule 106161 de cette obédience depuis janvier 2017 »

écrit François Koch, citant «des documents internes» transmis par «de bonnes sources». Il a été suspendu «le 23 ou le 24 juillet», confirme au Figaro le grand maître de la GLNF Jean-Pierre Servel.

Dans les fichiers de la GLNF, décrit le journaliste de l’hebdomadaire, Alexandre Benalla « est né le 8 septembre 1991 à Évreux, réside à Issy-les-Moulineaux, exerce la profession de responsable sécurité et son parrain est un notaire trentenaire de Saint-German-en-Laye (Yvelines), membre de la même loge». Il est «toujours apprenti » et n’a bien sûr « pas été très assidu aux réunions rituelles de sa loge depuis l’élection d’Emmanuel Macron ».

  • L’Humanité, c’est ICI

« Affaire Benalla : retour à la case prison pour l’ex-collaborateur de l’Élysée […]

Brutalisation de cinq personnes en marge de la manifestation du 1er mai 2018, utilisation de passeports diplomatiques après son licenciement, réalisation d’un faux courrier pour demander un passeport de service, port illégal d’une arme de poing… Alexandre Benalla a écopé d’une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménageable pour les graves accusations dont il est l’objet, à l’origine d’un scandale qui porte maintenant son nom… »

  • GADLU.INFO, c’est ICI

*Concernant Vincent Crase, GADLU.INFO avait titré, en juillet 2018

VINCENT CRASE ÉTAIT AUSSI FRANC-MAÇON

« ACTUALITÉS | 28 JUILLET 2018  5 | BY A.S.

Après, la révélation de l’appartenance maçonnique d’Alexandre Benalla, au sein de la Loge « Les Chevaliers de l’Espérance » de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), (Cf. AFFAIRE BENALLA : IL ÉTAIT FRANC-MAÇON A LA GLNF )François Koch sur son blog « La Lumière »  nous informe que le second protagoniste de l’affaire, Vincent Crase était également franc-maçon au sein de la loge « La Coudée de Salomon » dans la Région maçonnique de Neustrie (Calvados, Eure, Manche, Orne et Seine Maritime) de la GLNF. Ce dernier, tout comme Alexandre Benalla, a été suspendu à titre conservatoire. Lire à cet effet, l’article de François Koch sur son blog « La Lumière » :  Après Benalla, son frère Crase aussi »

  • Hiram.be aussi, avec « Peine de prison confirmée pour l’ex franc-maçon Alexandre Benalla » qui reprend la page de Wikipédia, l’encyclopédie libre sur Benalla : « Alexandre Benalla est initié franc-maçon au sein de la Grande Loge nationale française en janvier 2017. Ayant peu fréquenté sa loge (« Les Chevaliers de l’Espérance »), il en est suspendu à titre conservatoire le 24 juillet 2018 au moment où éclate l’affaire qui porte son nom… »

Un sarcophage romain de 1800 ans – A l’intérieur, une femme… et un miroir

De notre confrère geo.fr

C’est une rare découverte qui a été faite à Reims, par les archéologues de l’Inrap le 19 septembre dernier : le squelette d’une femme, ainsi que plusieurs artefacts déposés à l’intérieur d’un sarcophage gallo-romain.

S’il n’est pas inhabituel, pour les archéologues, de faire quelques jolies découvertes au cours de travaux de fouilles préventives, celle qu’a fait l’Institut national d’archéologie préventive (INRAP) à la mi-septembre, à Reims, présente elle une saveur toute particulière.

Découverte d’un sarcophage gallo-romain

2,6 tonnes. C’est le poids du sarcophage gallo-romain mis au jour par les archéologues de l’Inrap dans la vaste nécropole antique découverte en 2022, rue Soussillon, à Reims. Imposant, ce sarcophage de calcaire mesure près d’un mètre de haut, 1,65 m de long et 80 cm de large, apprend-on grâce à France 3 Régions. Au-dessus, un couvercle de 800 kilos maintenu par des chevilles de fer scellées au plomb.

Après avoir passé l’objet aux rayons X, les archéologues l’ont exploré à l’aide d’une caméra endoscopique, laquelle a révélé la présence d’une squelette de femme et de plusieurs objets, dont un miroir, quatre lampes à huile, deux récipients contenant du parfum, un anneau d’ambre et un peigne.

[#Actu ✨] À Reims, une équipe de l’Inrap a fouillé pour la première fois une nécropole antique jusque-là préservée des pillages et des destructions de la Grande Guerre.

👉 Pour en savoir plus : https://t.co/loJ7fVUb69#archéologie #archeologie pic.twitter.com/f10Gxsl6gL— Inrap (@Inrap) September 25, 2023

Durocortorum, grande ville de l’Empire Romain

La ville de Reims, anciennement Durocortorum, était la capitale de la Gaule Belgique, et l’une des plus grandes villes de l’Empire romain. Délimitée par une grande muraille, elle s’étendait jadis sur près de 600 hectares, rappelle Arkeonews. Mais une grande partie des vestiges de la ville, qui avait alors tout d’un musée à ciel ouvert, ont malheureusement été détruits au cours de la Première guerre mondiale.

« C’est tout à fait exceptionnel, c’est la première fois que l’on trouve une tombe intacte et non pillée », s’est émue Agnès Balmelle, directrice scientifique et technique adjointe de l’Inrap Grand Est, auprès du Parisien. En 22 ans de recherches, 5 000 tombes ont été explorées.

L’Inrap, qui met au point une base de données génétiques relative aux ensembles funéraires antiques de la ville de Reims, a prélevé l’ADN du squelette présent dans le sarcophage à l’aide d’une dent. Celui-ci sera comparé aux échantillons déjà récoltés afin de déterminer si la défunte appartenait à une certaine élite locale.

Le mot du mois : « GUERRE »

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La guerre, un espace entre deux paix ? Hélas non !

Les Latins inversaient la proposition, ils préféraient voir dans la paix un interstice entre deux guerres… Depuis la plus haute antiquité, les sociétés considèrent la guerre comme l’état normal que vient interrompre la paix, ce loisir paresseux, un temps vide qui n’a rien à raconter. L’homme romain est un soldat laboureur, et non l’inverse !

Ce sont les conflits qui l’aguerrissent, lui confèrent force et vigueur. Quel ennui que ces quartiers d’hiver contraints à l’inertie par le mauvais temps qui gâche le plaisir d’un bon combat, n’est-ce pas ? On s’empresse de fêter le dieu guerrier Mars dès son mois éponyme et, détail significatif, une fanfare joyeuse accueille le Premier de l’An, le 1er avril, qui autorise la reprise des jeux belliqueux.

Etonnamment, alors que la guerre est à ce point omniprésente, aucune racine indo-européenne commune n’en témoigne, le grec, le latin entre autres ont chacun leur mot spécifique. La jubilation de cette menace essentielle s’avère indéniablement partagée, mais pas la nomination…

*Polemos grec, *bellum latin, jusqu’au francique germanique * werra, qui »offre » son champ lexical, guerre, war en anglais. Le mot désigne, sans plus de précision, le trouble, la confusion.

Guerre à deux du duel, réitération du conflit par le re-belle.

Tout est prétexte à conflit. 1275, à Ciney en Belgique, le vol d’une vache occasionna cinq années d’affrontements. Une soixantaine de villages impliqués, 15 000 morts. Eh oui, il fallut même l’intervention du roi de France, Philippe le Hardi, pour que cessent ces sanglantes effusions entre seigneurs locaux. Pour une innocente pécore, au sens propre !

Guerres parfois sans victimes, dont le motif s’est perdu dans l’ombre de la mémoire collective, mais tout de même 177 années d’un différend officiel entre la France de Joseph Bonaparte et Mostoles dans la banlieue de Madrid. Du 2 mai 1808 jusqu’à la paix signée le 2 mai 1985 par la municipalidad actuelle ! Joli oxymore d’une guerre pacifique…

Guerre contre les poux, perdue d’avance, que Platon nomme « phteiristique » (Le Sophiste, 227b) : « L’art de la guerre ne lui paraît pas une chasse plus noble que l’art de détruire la vermine ».

Nul ne saurait ignorer combien, de tous temps, la guerre contribua à de fertiles inventions pour la plus grande santé et l’amélioration du quotidien des populations.

Dans le matériel maritime, telle la birème des Grecs, embarcation rapide, légère, maniable, conçue pour éperonner le navire ennemi, qui leur assura pour longtemps une suprématie maritime incontestée. Ou terrestre, tel le trébuchet ou catapulte, qui envoyait au loin des projectiles par un système de contrepoids, avant de se faire petite balance pour pesées délicates, de l’or entre autres.

Les Gaulois inventèrent l‘essedo, char de guerre léger à deux roues, qui devint le cabriolet des Belges et des Bretons.

Quel marcheur ou baroudeur sait que son sac de couchage, en laine avec oreiller en caoutchouc, fut inventé en 1876 par une Américaine à l’intention des soldats en campagne, ensuite vendu par correspondance aux associations de sans-abri, après la guerre ?

Nombre d’avancées dans le domaine de la médecine sont liées aux constatations inventives des chirurgiens militaires au cours des guerres sanglantes. Tel Ambroise Paré (1510-1590), qui cautérise des plaies en stoppant l’hémorragie des amputations grâce à des épées chauffées à blanc.

On se bat, s’affronte de toutes les manières, par la torture, le tourment, machine de guerre cylindrique enroulée de cordes, dont on s’inspirera pour fabriquer une machine à refouler l’eau. On pratique la torsion des membres et l’extorsion.

Les ambassadeurs, *ambactoi, sont d’abord les compagnons de guerre liés par serment au chef.

Et, quand Alfred Nobel, pacifiste convaincu, veut susciter en 1866 la « paix par peur » (sic), pour que les peuples prennent conscience du danger et abolissent la guerre, il invente le moyen de destruction le plus terrifiant et lui donne le nom de dynamite… *dunamis, la force en grec…

On n’a jamais été aussi doué dans l’art des techniques de camouflage que pour cacher à la vue les massacres bien réels…

Dès l’Antiquité, on utilise le pétrole comme médicament, vermifuge, embaumeur, éclairage, feu sacré ou grégeois. Très vite, sa fumée, moins dense et noire que celle du charbon, fera fureur, c’est le cas de le dire, sur les navires de guerre.

L’opium, d’abord élixir parégorique et laudanum, sera perçu comme une monnaie d’échanges, bientôt enjeu crucial de conflits armés et civils.

Même si l’on préfère se voiler hypocritement la face, la guerre est une aubaine, un défouloir et surtout un fonds inépuisable de mirifiques profits.

Deux mots germaniques, *ban, proclamation, et *bandwa, étendard, contribuent à former le sémantisme du ban et de l’abandon. Pouvoir et autorité du chef. « Venir à bandon », foncer avec impétuosité sur l’adversaire. »Mettre à bandon », c’est laisser à la merci du seigneur les biens en déshérence ou appartenant à des étrangers morts sur ses terres. Un « droit d’aubaine« , *aliban, ce qui appartient à un autre ban. En temps de guerre, le seigneur appelle ses vassaux en « publiant les bans », selon la hiérarchie du ban et de l’arrière-ban. De quoi se demander si les bans de mariage seraient plus pacifiques …

Inventé par le parfumeur François Coty vers 1930, le poudrier, au masculin, est une arme de séduction féminine et la poudrière, au féminin, favorise le jeu belliqueux des hommes… Troie et Hélène résonnent encore de ce chassé-croisé…

Décidément, la guerre amuse le Bachi-Bouzouk, « mauvaise tête » du cavalier ottoman, criminel recruté par le sultan, mercenaire indiscipliné et redoutable, et le Capitaine Haddock l’a dans son collimateur verbal.

NON !!! La guerre n’est pas jolie, n’en déplaise à Guillaume Apollinaire, au-delà du faux cynisme de l’amoureux désenchanté des Calligrammes.

Annick DROGOU

Pourquoi la guerre ?

Amour-propre et jalousie, tribalisme et nationalisme, tumulte du monde et forces toujours bouillonnantes comme des vies au-dessus du volcan. Comment mettre un frein à la violence destructrice ?

Sigmund Freud et Albert Einstein eurent un long dialogue sur ce thème. « Existe-t-il un moyen d’affranchir les hommes de la menace de la guerre ? », demande le génial physicien au père de la psychanalyse, « Warum Krieg ? » dans une correspondance entreprise en 1931, à l’initiative de l’Institut international de coopération intellectuelle qui était une émanation de la S.D.N[1].

Quelques extraits de la réponse de Freud méritent d’être lus et relus. Dans la simplicité́ de sa réponse, on ne trouvera rien de naïf : « Vous commencez par poser la question entre droit et force. C’est là, assurément, le juste point de départ de notre enquête. Puis-je me permettre de substituer au mot « force » le terme plus incisif et dur de « violence » ? Droit et violence sont actuellement pour nous des antinomies. […] Un chemin a conduit de la violence au droit, mais lequel ? Il n’en est qu’un, à mon avis, et c’est celui qui aboutit au fait que l’on peut rivaliser avec un plus fort par l’union de plusieurs faibles. « L’union fait la force. »

Pour cette « union des faibles », Freud recommande de développer les « sentiments de communauté́, sur lesquels se fonde, à proprement parler, la force de cette collectivité́ ».

Quelle est au XXIe siècle cette communauté à laquelle se rattacher, est-ce toujours la tribu ? Quand on pense en termes de « eux et nous », nous sommes toujours du bon côté et eux sont toujours du mauvais côté. Les tragédies du siècle passé devraient nous avoir appris qu’il n’y a pas de « eux » et « nous », il n’y a que le seul « nous » qui vaille. Terre-patrie ! Salam, shalom, que la paix règne parmi les hommes. La paix n’est pas seulement l’opposé du conflit, de la guerre, c’est d’abord le contraire de la peur. La paix, salam, shalom, comme un mot de passe universel pour la rencontre.

Jean DUMONTEIL


[1] Le texte de cet échange “Albert Einstein et Sigmund Freud, Pourquoi la guerre ?“ est accessible sur le site de l’Unesco https://fr.unesco.org/courier/may-1985/pourquoi-guerre-lettre-dalbert-einstein-sigmund-freud

De Salomon à James Anderson-L’invention de la franc-maçonnerie

Publié pour la première fois en 2008 aux éditions Vega, dans sa collection « Le Parfait Maçon »,  sous le titre L’invention de la franc-maçonnerie-Des opératifs aux spéculatifs, l’ouvrage connu une réédition dès 2011.

Jean Fouquet, autoportrait.

Aujourd’hui, les éditions Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel, nous offre une nouvelle édition avec un nouveau titre et une première de couverture des plus explicites représentant la « Construction du Temple de Jérusalem » (BnF, département des Manuscrits, Français 247, fol. 163 ; Livre VIII), tirée de Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, une enluminure de celui qui est considéré comme l’un des plus grands peintres de la première Renaissance et le rénovateur de la peinture française du XVe siècle, Jean Fouquet (c. 1420-c. 1480).

En une seule image, que nous pourrions interpréter de la sorte, telle une description de tableau ou tapis de loge déclinée au Rite Anglais de Style Émulation « À droite, un ouvrier, aidé de deux commis porteurs d’eau, prépare le mortier. Au centre au premier plan travaillent les tailleurs de pierres : deux dégrossissent les blocs avec des masses, deux travaillent à l’aide d’un ciseau, l’un creusant une mortaise, l’autre sculptant un bloc, auprès d’un compagnon parachevant une moulure à l’aide de son pic. Un imagier a posé près de lui marteau, ciseau et gouge pour prendre, à l’aide d’un compas, une mesure sur la statue qu’il ébauche. Un aide soulève péniblement un tambour de colonne prêt à la pose. Deux portefaix emportent sur un brancard une pierre. Des ouvriers, hotte sur le dos ou seau sur l’épaule, entrent et sortent du Temple par les portails à deux entrées, apportant le matériel nécessaire aux travaux dans l’œuvre. Sur un échafaudage, le long de la façade de droite entre les rosaces, on aperçoit les silhouettes de peintres terminant le revêtement doré ».

Sur la maçonnerie dite opérative, tout est dit, ou presque !

Rappelons que le titre et la couverture sont les premières choses qu’un(e) lecteur(trice) voit d’un texte. Dans cette perspective, le titre doit d’abord correspondre à l’imaginaire du lecteur et ainsi l’attiré. Tout comme le titre s’adressant à un public spécifique. D’emblée, Roger Dachez nous dit quelle histoire il va nous conter.

Dans son avertissement, l’auteur nous précise qu’il était nécessaire de tenir compte des acquis les plus récents en matière de maçonnologie. Il délivre ici une synthèse accessible à tous, reprenant les travaux publiés depuis environ quinze ans, les enrichissants d’échanges avec plusieurs érudits maçonniques anglais.

À titre nouveau, couverture nouvelle mais aussi écrits tout aussi nouveaux et enrichis.

Roger Dachez, avec tout le sens pédagogique dont il fait preuve, explique que dans l’esprit des maçons eux-mêmes et a fortiori du public, « histoire, légendes et mythes ont été confondus, concernant les origines de l’une des plus anciennes sociétés initiatiques de l’Occident ».

Le roi Salomon.

De Salomon, roi de l’ancien royaume d’Israël, réputé pour sa richesse et sa sagesse, dont règne est décrit dans le premier livre des Rois qui bâtit la première Maison de Dieu, le Temple de Jérusalem – une construction qui dura sept ans – au pasteur presbytérien James Anderson (1678-1739), qui contribua aux « Constitutions, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés » considérées comme l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie moderne dite spéculative, dont le tricentenaire est fêté cette année, l’auteur s’inscrit dans l’Histoire.

Rochez Dachez nous conduit nous conduit à travers un magnifique voyage, celui des chantiers des cathédrales, entre mythes et réalités. L’auteur sépare, en quelque sorte, le bon grain de l’ivraie.

Non pas pour trier ce qui est bénéfique et ce qui est nuisible, mais pour donner au terme maçon juste une définition, une définition juste. Il nous apprend surtout que parmi la classe des maçons, il y avait ceux qui étaient dits les maçons de pose (layers) et les maçons de taille (hayers).

Et de nous faire mieux connaître les ouvriers et les servants, les maîtres et les architectes (évêque, abbé, clercs tous hommes de culture à l’époque). En expliquant ce qu’était exactement, au Moyen Âge, une telle profession, distinguant maître d’ouvrage, d’œuvre et la répartition de leurs rôles…

Source BnF-Gallica.

Puis, il nous plonge ensuite avec délice dans ce monde opératif que sont les guildes, corporations et confréries, bien distingué selon les époques, mais aussi les pays. Il nous met aussi en garde contre des énoncés faciles tels que les origines corporatives de la franc-maçonnerie. Du célèbre Règlemens sur les arts et métiers connus sous le nom du Livre des métiers rédigés vers 1268 au temps du roi très chrétien Louis IX (1214-1270), dit Saint Louis, par Étienne Boileau, prévôt de Paris, premier grand recueil de règlements sur les métiers parisiens protégeant les droits des ouvriers au sein des Corporations, à l’Angleterre des Old Charges (Anciens Devoirs), Roger Dachez n’hésite pas à consacrer 45 pages au « Problème du Compagnonnage ». Il aborde ensuite les deux grandes théories en présence concernant l’apparition de la franc-maçonnerie spéculative, la thèse de la transition – théorie par l’acceptation de gentlemen masons au cours des XVIIe et XVIIIe siècle – et celle de l’emprunt où les fondateurs des premières loges aux cours des mêmes siècles n’auraient fait qu’emprunter les formes opératives pour donner un certain éclat à leur création. L’auteur émet ensuite un certain nombre d’hypothèses liées à l’origine de la franc-maçonnerie : des théories politiques,  religieuses, sans oublier de mentionner l’aspect charitable et fraternel, c’est-à-dire une société d’entraide.

James Anderson par Travis Simpkims.

Son avant-dernier chapitre, « Retour vers l’Écosse, la terre promise ? », dont l’idée lui fut inspirée après lecture de deux ouvrages de David Stevenson, traite de William Shaw,  dont les célèbres « Statuts Schaw » relatent d’une réglementation de la profession de maçon « opératif », s’appliquant aux employeurs, aux salariés, et sous la houlette d’une organisation du métier.

John-Theophilus-Desaguliers
Jean-Théophile Desaguliers.

Mais c’est avec James Anderson et le pasteur anglican Jean-Théophile Désaguliers, ardent défenseur et propagateur des idées de cette figure emblématique des sciences qu’est Isaac Newton (1642-1727), que l’auteur aborde la Royal society.

Dans les annexes, Roger Dachez propose des approfondissements et donne de nouveaux jalons pour revisiter la théorie classique.  Ce qui devraient apaiser la soif d’apprendre des cherchants. Tout n’étant cependant pas encore résolu quant au problème des origines de la franc-maçonnerie spéculative, l’auteur nous parle même de l’apparition d’une formulation dite théorie synthétique.

Le roman des origines passionnera toujours le maçon. Nous avons, ici et maintenant, les idées mises au clair qui permettent de mieux comprendre l’apparition de la maçonnerie et la construction d’une nouvelle sociabilité anglaise.

Un ouvrage indispensable qui apporte, et de manière très accessible, beaucoup de lumière sur la sempiternelle question des maçons : d’où viens-je et qui suis-je ?

Roger Dachez.

*Médecin et universitaire, Roger Dachez a été chargé d’enseignement à l’Université Paris 7- Denis-Diderot et président de l’Institut Alfred Fournier à Paris.

Président de l’Institut Maçonnique de France depuis sa fondation en 2002, il est aussi membre du Comité scientifique du musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), situé à Paris en l’Hôtel du Grand Orient de France, et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington). Parallèlement, il dirige depuis 1992 la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, créée en 1970.

Sceau de la LNFU.

Depuis le 21 avril 2018, Roger Dachez est Grand Maître des Loges Nationales Françaises Unies (LNFU) qui regroupent les Frères et les Sœurs de la Loge Nationale Française, fédération de loges née en 1968, et de la Loge Nationale Mixte Française (LNMF) dans une seule et même Obédience.

En sa qualité d’écrivain et de médecin, nous lui devons d’ailleurs une très belle Histoire de la médecine-De l’Antiquité à nos jours (Éd.Tallandier, 2012 et nouv. éd., Coll. Texto, 2021)

Considéré comme un historien majeur de la franc-maçonnerie, il est l’héritier de la méthode historique appliquée par son maître et père spirituel le journaliste, historien de l’art, critique d’art, conservateur de musée, franc-maçon, maçonnologue et martiniste René Guilly (1921-1992), pseudonyme René Désaguliers.

Depuis près de trente ans, il a présenté de nombreuses conférences en France et en Grande-Bretagne et il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie, publiés dans des revues françaises ou étrangères.

Nous lui devons plus d’une vingtaine d’ouvrages, et notamment : L’Invention de la franc-maçonnerie-Des opératifs aux spéculatifs  (Véga, 2008), Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015), mais également plusieurs volumes de la Collection « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France – dont : Histoire de la franc-maçonnerie française (2003), Les 100 mots de la franc-maçonnerie (avec Alain Bauer, 2007), Le Rite Écossais Rectifié (avec Jean-Marc Pétillot, 2010). Plus récemment il a publié un important volume sur la Nouvelle histoire des francs-maçons en France-Des origines à nos jours avec Alain Bauer (Tallandier, 2020) – disponible aussi en Livres audio Audible – ainsi que Les francs-maçons en 100 questions (Talllandier, 2021), une Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié (Dervy, 2021), un Précis de maçonnerie de la Marque (La Tarente, 2021).

De Salomon à James Anderson-L’invention de la franc-maçonnerie

Roger DachezDERVY, 2022, 272 pages, 24 €

Disponible chez DETRAD

GLDF : Conférence publique – samedi 7 octobre 2023 à Meaux

Les Loges du centre et nord Seine-et-Marne de la Grande Loge de France organisent une conférence publique sur le thème : « La Franc-Maçonnerie au 21ème siècle ».

Elle se tiendra le samedi 7 octobre à 10h30 dans le salon d’honneur de l’Hôtel de Ville de Meaux et sera animée par Marc HENRY, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France.

conférence

Si vous vous posez de nombreuses questions sur la Franc-Maçonnerie en général, ses attendus et finalités, ainsi que sur la façon dont on peut aujourd’hui devenir initié Franc-Maçon en Grande Loge de France, alors n’hésitez pas à venir nous rejoindre pour cette occasion.

Peut-être serez vous surpris de découvrir la Franc-Maçonnerie sous un angle différent, bien éloigné des clichés et stéréotypes habituels et qui sait, après réflexions, peut-être oserez-vous franchir le pas pour intégrer cette fraternité humaine.

A cet effet, la conférence sera suivie d’un temps d’échanges au cours duquel vous pourrez poser toutes vos questions au conférencier, puis la matinée se clôturera par un temps de convivialité autour d’un verre de la fraternité.

Pour les Loges du centre et nord Seine-et-Marne,
Licorne, Les Cœurs fidèles et Thibaud-de-Champagne

Le président de Thibaud-de-Champagne

Inscription(s) obligatoire(s)

Par téléphone au : 06 79 67 02 07 ou en ligne avec le QR Code, ci-dessous.

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

La franc-maçonnerie, c’est un peu comme si le Grand Architecte de l’Univers avait façonné des symboles à l’usage des humains pour les aider à découvrir, grâce à une appréhension harmonieuse de la complexité, la simplicité foncière qu’ils pouvaient atteindre, dans un amour inconditionnel de la vie. Car la complexité peut grossièrement se décomposer en éléments successivement simples. C’est la prodigieuse combinaison des forces en cause qui engendre, dans l’envahissement des impressions, ce brouillard effervescent de la multitude.

Alors, l’initié apprivoise les symboles, puis en perçoit les énergies qui se coalisent ou s’opposent  et, enfin, en ajuste les dynamiques, cherchant constamment à aménager des équilibres. Dans la conscience qu’il en prend, il devient lui-même les symboles auxquels il recourt, symboles actifs, c’est-à-dire agissant au sein de ce monde auquel, mieux que jamais, il sait appartenir.

Il arrive, cependant, que, s’entêtant dans des élucubrations abstraites gavées de citations pompeuses, il se perde un peu dans le cosmos, après avoir tangenté les réalités. On étire, on gonfle, on éclate : avouons-le, certains ont un peu tendance à confondre mystères et boules de gomme… Le Grand Architecte de l’Univers risque alors plutôt de ressembler à une sorte de Gepetto qui aurait engendré un Pinocchio prétendument savant dont le nez s’allonge, à mesure qu’il s’éloigne de lui-même. Il va sans dire que ce charlatanisme n’offre pas plus de répit que de remède à ses auteurs abscons ou à leurs publics titubants. Les symboles doivent rester des matrices de principes de base, de notions essentielles. Il ne faut pas les prendre pour des élixirs.

Loin d’être un pantin, l’initié, qui chasse les scories inutiles, est donc un être de chair et de sang qui s’efforce de voir mieux, c’est-à-dire de voir plus qu’il ne voit, au sens où il discerne les causes et anticipe les conséquences car, de toutes ses fibres, il prend la mesure des nécessités, s’applique à respecter la place légitime de chaque chose, œuvrant à garantir la liberté comme à améliorer le sort commun. Et ce n’est qu’en étant le plus simple possible, qu’il peut, avec une plus grande disponibilité mentale, porter un regard circulaire sur le monde et déterminer les positions qu’il doit prendre. Au fond, le principal défi que lui lance l’initiation peut se résumer ainsi : Utilise-toi mieux !

08/10/23 : « Vivre et mourir en franc-maçon » au RdV de l’Histoire de Blois (Loir-et-Cher)

Chaque année à Blois, chef-lieu du département de Loir-et-Cher en région Centre-Val de Loire,

Vue de la ville de Blois en 1657 par Caspar_Merian (de).

Les Rendez-vous de l’histoire accueillent 30 000 personnes soucieuses de mieux comprendre le monde. Ce remarquable festival est un lieu de rencontre privilégié où chaque année les historiens peuvent se retrouver afin d’exposer l’état de leurs réflexions, de présenter leurs travaux et de confronter leurs points de vue dans le but de concourir au progrès de la recherche et de la connaissance historique.

Dans ce cadre-là, carte blanche est donnée à l’association Culture et Patrimoine Maçonnique en Région Centre (CPMRC). Répondant à la thématique des Rendez-vous, le sujet 2023 sera « Un maçon vit et meurt debout ».

Au-delà du singulier dialogue entre vivance et mort, l’évidence d’un couple tout en miroir, tout en mouvement, vivre et mourir, en apparence si contraires l’un à l’autre, mais que « le roman maçonnique » renouvelle à l’envi, explorant le paradoxe qui de la mort fait naître la vie, encore et toujours. Chaque existence de maçon vient se joindre à celles qui l’ont précédée, réécrivant et enrichissant le mythe collectif dans la trace qu’elles ont laissée.

Mourir pour vivre, trois siècles de dialectique maçonnique

Au bout du compte, penser en maçon, c’est, depuis le XVIIIe siècle, apprendre, par des disparitions symboliques successives, et avant que de mourir vraiment, à dépouiller le mythe de ses allégories, à débarrasser l’Histoire de ses oripeaux politiques ou idéologiques, en quête du fil qui l’a tissée depuis l’aube de l’humanité. Discerner, trier, douter, chercher la vérité, se relever toujours, et se libérer enfin, car un maçon vit et meurt debout, comme le proclament les rituels.

Les échanges, articulés autour de 2 thèmes, pourront se déployer ainsi :

Pour « Le roman maçonnique »

– Mémoire de la réécriture incessante du couple vivre et mourir.

– Inscription non linéaire dans une trace qui nourrit le mythe collectif.

– (S’)Émanciper, clé de l’accès à la liberté absolue de conscience.

Mireille Quivy.

Pour « Mourir pour vivre, 3 siècles de dialectique maçonnique »

– Vie et mort symboliques dans la pensée maçonnique depuis son émergence.

– Comprendre le rituel au-delà du mythe, le symbole au-delà de l’allégorie.

Chercher la vérité mais également interroger passé et présent font l’architecture du roman vivant qu’écrivent les francs-maçons universalistes.

Christophe Devillers.

Les intervenants

Mireille Quivy, Présidente de la Commission Nationale Permanente de la Laïcité (CNPL) du Grand Orient de France (GODF) et Maître de conférences honoraire (Université de Rouen).

Corinne Prezelj.

Christophe Devillers, rédacteur en chef d’Humanisme, la revue d’idée du Grand Orient de France, diffusée dans le monde entier et disponible sur Cairn.info.

La modératrice est Corinne Prezelj, écrivaine et journaliste indépendante.

Blason de la ville de Blois.

Infos pratiques :

Dimanche 8 octobre 2023 de 11h15 à 12h45

CCI Campus Centre BloisAmphi rouge

 6 rue Anne de Bretagne – 41000 Blois

CCI Campus Centre Blois.
Blois : la Loire, le pont et la cathédrale Saint-Louis.

Après le meurtre d’Oscar Dufrenne, la presse titre : « franc-maçonnerie du vice »

De notre confrère actu.fr – Par Antoine Blanchet

Il y a 90 ans, l’assassinat d’un directeur de théâtre déchaînait les réactions homophobes à Paris. Le 25 septembre 1933, le directeur de plusieurs théâtres parisiens Oscar Dufrenne est assassiné au Palace à Paris. Dans les journaux, l’homophobie est omniprésente.

Le 25 septembre 1933, Oscar Dufrenne, directeur de plusieurs théâtres à Paris et homme politique en vogue, est sauvagement assassiné dans son bureau au Palace, l’un des cinémas qu’il dirige. Le coupable ? Un mystérieux marin avec qui la victime, notoirement homosexuelle, avait rendez-vous. La presse s’emballe et l’homophobie se déchaîne. Retour sur cette affaire emblématique. 

Une ascension sociale fulgurante 

La vie d’Oscar Dufrenne a des allures balzaciennes. Fils d’un tapissier originaire de Lille, il assiste son père avant de se lancer dans le théâtre. Jeune comédien, il monte à Paris. Il abandonne la scène pour se faire imprésario, puis trouve le succès en gérant de multiples théâtres.

Les Bouffes du Nord, Le Palace, Le Bataclan, Le Casino de Paris… Oscar Dufrenne devient l’empereur de la scène parisienne. Il côtoie les vedettes de son temps telles que Mistinguett et Joséphine Baker. En parallèle, il se lance en politique et devient conseiller municipal dans le 10ᵉ arrondissement de la capitale. Très apprécié par ses concitoyens, notamment dans son engagement pour de nombreuses œuvres de charité, il reçoit la Légion d’honneur en 1926.  

Côté vie personnelle, Oscar Dufrenne ne cache pas son homosexualité : « Il avait de nombreux amants et des relations plus sérieuses. Malgré le conservatisme de l’époque, il évoluait dans le milieu artistique, qui était beaucoup plus tolérant que le milieu bourgeois », détaille Florence Tamagne, historienne et auteure de l’ouvrage Le Crime du Palace Enquête sur l’une des plus grandes affaires criminelles des années 1930. 

Rendez-vous avec un mystérieux marin 

L’ascension fulgurante se termine brutalement. Le 25 septembre 1933, son corps est retrouvé le crâné fracassé dans son bureau du Palace. La victime a été partiellement déshabillée et enroulée dans un tapis.

Interrogés par la police, les employés de l’établissement révèlent qu’Oscar Dufrenne avait rendez-vous avec un homme habillé en marin. Un accoutrement qui ne va pas orienter les enquêteurs vers l’océan : « À l’époque, les marins étaient des objets de désir, et de nombreux prostitués hommes s’habillaient de cette façon », précise Florence Tamagne. 

Railleries de la presse populaire 

Dans un premier temps, les policiers piétinent, ce qui n’empêche pas une partie de la presse de déverser des diatribes homophobes dans ses colonnes. « Certains titres n’en parlent pas comme La Croix ou sont dans l’allusion comme Le Temps, détaille Florence Tamagne. Mais la presse populaire va faire du Crime du Palace sa Une pendant plusieurs jours ». 

Lorsque ces journaux évoquent la victime et les faits, le ton est narquois : « La presse n’écrit à destination que des hommes hétérosexuels. Le ton est souvent moqueur et injurieux. On va parler « d’individus abjects ». Ce qui est constant, c’est aussi le stéréotype homophobe et sexiste de « l’inverti ». Par exemple, on donne à la victime des caractéristiques féminines et les prostitués homosexuels interrogés sont appelés des filles », poursuit Florence Tamagne. 

Une homophobie ambiante 

Très vite, les diatribes ne se cantonnent pas à la seule victime. « Les médias d’extrême droite vont fantasmer une communauté homosexuelle qui se connaît et s’entraide.

On parle de ‘franc-maçonnerie du vice’ ». Antisémitisme oblige, l’Action Française va de son côté parler d’un « vice juif ». D’autres évoquent un « vice allemand ». 

Le climat délétère va mener jusqu’à des actions publiques contre ce que l’on appelle la « propagande homosexuelle » : « Bien que non pénalisée à l’époque, l’homosexualité va provoquer des débats entre le Conseil de Paris et la Préfecture de Police pour « nettoyer la capitale », relate Florence Tamagne. Des descentes ont lieu dans plusieurs bars à Montmartre afin d’arrêter les prostitués hommes. 

Règlements de comptes en politique 

<< Le meurtre d’Oscar Dufrenne est, au-delà des mœurs, un moyen de régler ses comptes dans le monde politique d’alors. Nous sommes dans les années 30. Les ligues d’extrême droite sont très puissantes. Elles vont se servir de l’affaire pour traîner certains politiciens dans la boue. Le fils du président de la commission des finances est ainsi accusé un temps du meurtre de Dufrenne, même s’il n’était pas à Paris ! Une calomnie qui fait les choux gras de l’Action Française> . 

Paul Laborie, un malfrat accusé du meurtre 

Après deux années d’investigations sans résultat, un suspect est enfin arrêté. Il s’agit de Paul Laborie. Multirécidiviste impliqué dans de nombreuses affaires de cambriolages et de violences, il était à Paris le jour des faits. Par ailleurs, il s’est déjà fait passer pour un prostitué afin de faire chanter des hommes influents. Peu après le meurtre, il avait pris la fuite en Espagne. 

L’affaire semble trouver son dénouement, mais ce n’est hélas pas le cas. Le procès de Laborie tourne au fiasco, comme le rappelle Florence Tamagne. « Lors de l’audience, plusieurs témoins auraient été intimidés par la famille de l’accusé. Le procès va aussi devenir celui de la victime, où l’on dénonce ses mœurs et son mode de vie ». Paul Laborie est finalement acquitté sous les applaudissements du public. 

Après ce dernier soubresaut, le crime tombe dans l’oubli. Contrairement à l’affaire Violette Nozière, commis à la même période, aucune campagne de soutien ne tente de réhabiliter Oscar Dufrenne. Aujourd’hui, seule la tombe discrète au Père Lachaise de l’Empereur des théâtres rappelle ce meurtre irrésolu. 

France Culture : Aux origines de la papauté : comment l’évêque de Rome est-il devenu le pape ?

De notre confrère radiofrance.fr

Alors que le pape François est en visite à Marseille, retour aux origines de la papauté afin de comprendre comment la façon de concevoir et d’exercer l’autorité pontificale a évolué au cours des siècles.

  • Dominique Iogna-Prat Médiéviste, directeur de recherche émérite au CNRS et directeur d’études émérite à l’EHESS
  • Céline Béraud Sociologue, directrice d’études à l’EHESS et membre du Centre d’études en sciences sociales du religieux

Aux origines de la papauté, comment l’évêque de Rome est-il devenu le pape ? Un formidable parcours qui ne fut pas sans embûches. L’histoire s’écrit parfois sous forme de dictionnaires… Passons les dictionnaires des papes, recueil de petites notices biographiques. Plus remarquable est le Dictionnaire historique de la papauté, paru en 1994, dirigé par Philippe Levillain, grand historien et, pendant longtemps, voix des Lundis de l’histoire sur France Culture. Il existe aussi un Dictionnaire d’histoire de l’Église, mais que se passe-t-il si, dans le titre, apparaît le mot “critique” ? L’histoire des religions ne peut s’écrire qu’en prenant en compte les autres champs de la recherche et les autres disciplines des sciences sociales. Dès lors, il est envisageable de papoter.

Un travail d’interdisciplinarité

Qui était le premier papa ? Comment celui qui n’était à l’origine que l’évêque de Rome est-il devenu vicaire du Christ ? Comment comprendre l’évolution du concept d’Église au prisme des transformations de l’autorité pontificale ? Dominique Iogna-Prat et Céline Béraud nous éclairent sur l’histoire de la papauté à travers une approche critique, défendue dans leur Dictionnaire critique de l’Église (PUF, 2023).

« L’objet de notre travail, c’est de montrer dans quelle mesure l’Église est un terme tout à fait polysémique, difficile à maîtriser dans son évolution, y compris dans sa sécularisation. (…) Ce dictionnaire rend compte des théologies catholiques, protestantes, orthodoxes, dans leur pluralité, mais toujours dans une confrontation avec les sciences sociales », explique Dominique Iogna-Prat, historien.

« La sociologie est aussi au cœur de ce dictionnaire. (…) Les directeurs du volume ont placé le dictionnaire sous la figure tutélaire des pères fondateurs de la sociologie, Emile Durkheim et Max Weber. (…) Ce dictionnaire a été une véritable expérience de l’interdisciplinarité », souligne Céline Béraud, sociologue.

Le pape, une figure en évolution constante

Le pape est une catégorie qui apparaît vers le IIIe siècle. « Il s’agit de désigner la paternité spirituelle du pasteur. C’est une appellation tout à fait générale, mais qui va peu à peu se spécialiser. On va progressivement prendre l’habitude — notamment à l’époque carolingienne — de désigner en Occident le pape par cette appellation », explique Dominique Iogna-Prat.

Une rupture théocratique s’établit à partir du XIIe siècle dans le contexte de la réforme grégorienne. « Le pape n’est plus simplement le vicaire, le remplaçant, le représentant de Pierre. Il est le représentant et l’incarnation du Christ. Une forme d’institution hiérarchique va se matérialiser et se confondre dans sa majesté avec le pape. L’instance spirituelle devient une instance monarchique qui se matérialise à travers la réunion du diadème et des deux couronnes », souligne l’historien.

Pour aller plus loin

  • Frédéric Gabriel, Alain Rauwel, Dominique Iognat-Prat (dir.), Dictionnaire critique de l’Église, Presses universitaires de France, septembre 2023.

Références sonores

  • Extrait de l’Évangile selon Matthieu, chapitre 16, versets 13 à 23
  • Archive du juriste et sociologue des religions Gabriel Le Bras, Heure de culture française, RTF, 1955
  • Chanson de Sheila Papa t’es plus dans le coup, 1963
  • Archive de Robert Minder, professeur au Collège de France, RTF, 1960
  • Chanson de Georges Brassens Tempête dans un bénitier, 1991
  • Musique du générique : Gendèr par Makoto San, 2020

« Des racines & des ailes » avait braqué ses caméras sur la Franc-maçonnerie

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De notre confrère ina.fr

Reportage consacré à la franc-maçonnerie avec la participation de Philippe GUGLIELMI, Grand Maître du Grand Orient de France à l’époque du reportage. En tournée à travers la France pour faire mieux connaître son obédience auprès des profanes, il est filmé à Troyes lors d’une conférence publique.

Cependant, le Grand Orient reste un organisme mystérieux comme le prouve un micro-trottoir réalisé devant son siège à Paris et lors d’une visite du musée. Pierre MOLIER, bibliothécaire au Grand Orient de France, propose une visite privée de ce lieu, ouvrant les portes de plusieurs temples, expliquant la symbolique qu’on y trouve et comment la franc-maçonnerie est organisée : institutions, hiérarchie, règles, mode de travail.

A Mulhouse, Edouard BOEGLIN, maître vénérable, présente quelques membres de la loge : Philippe GUILLAUME, Jean SERRE, Paul HELBRUNNER, Denis LAEDLEIN, Jean-Pierre WALTER. Ils expliquent que le but des francs-maçons, quelles que soient leurs opinions politiques, est de construire une société meilleure.

Puis, parallèlement à la diffusion d’extraits du film de 1968 « Les Francs-maçons », jamais diffusé à la télévision, montrant une cérémonie d’initiation, Pierre MOLLIER et les six maçons de Mulhouse expliquent comment se passe l’initiation (cabinet de réflexion, symboles à méditer, épreuves…), ce qu’ils ont ressenti pendant leur propre initiation. Evocation du recrutement des nouveaux francs-maçons et des bienfaits de la pratique maçonnique dans leur vie et dans la vie du groupe.

Paul HELBRUNNER, ancien mineur, choisit les musiques qui accompagnent les rituels. Il a une préférence pour « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss pour les cérémonies d’initiation, et pour clore les « tenues », c’est Mozart qu’il choisit. Jean-Pierre WALTER, chez lui, nous parle de sa façon de vivre le fait qu’il soit franc-maçon : discrétion, relation très forte avec les autres francs-maçons. Sa femme LILIANE avoue qu’elle sait peu de choses de ses activités, mais affirme qu’il a changé depuis qu’il est franc-maçon. Il est plus altruiste.

Son ami Vincent BILGER évoque la solidarité qui unit les francs-maçons. Puis, les maçons de Mulhouse évoquent leurs séances de travail, les « tenues » ou « ateliers », ainsi que les « planches », dossier sur lequel chaque franc-maçon travaille afin de rédiger un rapport. Ils évoquent l’esprit démocratique qui prévaut dans l’organisation de la franc-maçonnerie.