De notre confrère sudouest.fr – Par Arnaud Dejeans
Le Cercle des amis de Montesquieu organise une manifestation gratuite au vieux château Gaubert en présence de l’auteur de « L’Abolition des privilèges » Bertrand Guillot. Au programme : concert, dédicace et table ronde
L’association du Cercle des amis de Montesquieu organise la journée « Montesquieu et nous » le samedi 7 octobre sur le thème de la franc-maçonnerie. Cette journée, ouverte à tous et gratuite, sera l’occasion de remettre le 15e prix littéraire Montesquieu à Bertrand Guillot, auteur de « L’Abolition des privilèges » (éd. Les Avrils). L’écrivain s’est plongé dans les comptes rendus de la fameuse nuit du 4 août 1789, celle où les députés ont voté l’abolition des privilèges à la Révolution. Le lauréat succède à l’historien-documentariste Jacques Ravenne, qui a conté dans « La Chute » la fin tragique de Robespierre en 1794.
L’édition 2023 de « Montesquieu et nous » est organisée au vieux château Gaubert, à Portets, chez le viticulteur Dominique Haverlan. Une nouvelle escale pour le Cercle des amis de Montesquieu après le château de La Brède, Rochemorin à Martillac et le chalet des Pins à La Brède. La journée débute à 14 heures : remise des prix et interview de Bertrand Guillot, table ronde, concert de l’ensemble vocal Viva Voce, dédicaces, découverte du vieux château Gaubert. La table ronde est programmée à 15 h 30 : « XVIIe et XVIIIe siècles, la franc-maçonnerie : origine, diffusion, influence » et « Montesquieu franc-maçon ».
Le magazine Jeune Afrique nous rapporte que le cas Bongo, pose des questions au sein de son Obédience. Le sous Titre : « Faut-il décharger le président déchu de ses fonctions de Grand Maître de la plus puissante obédience maçonnique gabonaise ? Les « frères » sont partagés. Coulisses. » en est la preuve.
Ouvert le 28 septembre dernier à Libreville, le Convent de la Grande loge symbolique du Gabon (GLS) se tient dans un contexte inédit post-coup d’État. Le 29 septembre, le Grand Maitre Patrick Balou a été reconduit dans ses fonctions par 56 voix, contre 7 involontairement glanées par Guy Rossatanga-Rignault. Nommé secrétaire général de la présidence début septembre, ce dernier a renoncé à faire acte de candidature à ce poste qui lui était promis au regard des opinions favorables. (Suite pour les abonnés)
De notre confrère expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano
J’ai eu de la chance! Au début des années 90, j’ai signé mon premier serment. J’avais 19 ans et les membres de ma Loge étaient alors âgés de 45 à 85 ans. Les moins de 50 ans étaient tous ou presque tous des apprentis et ceux de plus de 80 ans étaient des piliers de la reconstruction éthico-morale du Sud d’après-guerre et de la franc-maçonnerie du Sud.
Mon père, également frère maçon, avait frappé à la porte du temple bien auparavant.
C’était justement ma chance : avoir une véritable foule de personnages parmi lesquels je pouvais puiser des notions jamais trouvées dans aucun rituel, livre ou document historique.
L’histoire se déroulait à l’intérieur du Temple ; les Rituels prennent vie au 1er coup de chemise ; des souvenirs indélébiles qui m’ont façonné et ont fait de moi un franc-maçon !
Lorsque je suis entré, mon attention et ma curiosité ont été définitivement captées et stimulées.
Ma maison, déjà pleine de livres, s’enrichissait au-delà de toute croyance de textes maçonniques et ésotériques et de tout ce que, par soif de connaissance, je pouvais et voulais lire et que je consultais auparavant à loisir et en secret.
Ce qui m’a surtout frappé, c’est une phrase, une manière de dire, qui, à l’époque, était souvent répétée dans Tempio, dans les discours des Frères, dans les dessins d’architecture : « Se mettre à l’équerre ».
J’étais trop jeune et trop notionnel à l’époque ; Même si j’étais attentif et préparé, je n’ai pas pu donner une véritable explication à cette expression si chère aux anciens Maîtres.
Petit à petit, beaucoup de choses ont changé – les temps, les manières et les Frères ; des morceaux de l’histoire maçonnique sont passés à l’Orient éternel.
Certains Frères ont publié de nombreux livres, réécrit les rituels, les réadaptant au contemporain, comme cela s’est également produit pour la ritualité du Temple, avant la fondation des Loges virtuelles.
Mais j’ai, de temps en temps, pensé à cette expression, qui est peut-être de moins en moins utilisée aujourd’hui, mais que je retrouve et j’ai toujours trouvée partout où il y a un groupe de francs-maçons.
Chaque Frère doit se rappeler qu’il représente l’Institution, qu’il l’affiche et qu’il l’emporte partout avec lui, en faisant siennes des valeurs telles que le sentiment d’appartenance et l’esprit communautaire.
La Franc-Maçonnerie permet d’exercer l’importance et la beauté de la notion de travail en équipe et pour l’équipe, donc pour la Loge.
Dans un certain sens, cela oblige à faire un travail sur soi, ce qui crée toujours une relation avec quelque chose qu’un Frère a fait avant lui et qu’un autre fera après lui.
Le Maître, en plus de travailler individuellement pour lui-même, met ses compétences, ses connaissances et ses talents à la disposition de l’ensemble de l’Atelier et, ce faisant, améliore le contexte dont il fait partie.
Ce geste en apparence simple ne la dévalorise pas, bien au contraire, il contribue à accroître la qualité de l’ensemble de la Loge. Et cela vaut également pour ceux qui ont des notes inférieures, pour ceux qui travaillent « en coulisses ».
Si vous vous sentez fondamentaliste, ce cercle vertueux dont bénéficie la Loge s’active.
Aucun homme n’est une île à part entière, chaque homme est un morceau du continent, une partie de tout. John Donné
Le concept de « Se mettre au carré » dans la Franc-maçonnerie s’exprime de multiples manières. Un Frère demanda de l’aide et un autre accourut ; la Loge adopte une attitude rigoureuse et attentive, serviable et à l’écoute.
Tout le monde, et j’insiste tout le monde, se lève, ne serait-ce que métaphoriquement, et se met en ordre : il amène la main tendue horizontalement à hauteur de la gorge, le pouce carré à hauteur de la jugulaire droite et les autres doigts joints, le coude droit à la hauteur de la gorge à hauteur d’épaule, bras gauche pendant, main gauche tendue, pouce carré, talons joints, pieds carrés à 90°. Placez-vous en carré pour souligner le sentiment d’appartenance à la Loge, à l’Obéissance, à la Franc-Maçonnerie ; ce besoin qui pousse l’homme à faire partie de groupes qui partagent des objectifs, des intérêts, des passions et qui le conduit à frapper à la porte du Temple.
L’appartenance à la Franc-Maçonnerie devient un moteur important pour avancer vers un objectif commun, un ciment qui parvient à maintenir ensemble de nombreuses individualités, parfois très différentes les unes des autres.
C’est ce que recouvre le concept de « Se mettre en carré » : un sentiment d’appartenance à une Loge, permettant aux Frères de donner plus de sens à la vie.
La connaissance mutuelle et les relations émotionnelles qui se développent favorisent la naissance d’une série d’émotions et de sentiments en constante évolution ; l’interaction entre les Frères, la conscience de faire partie d’une même Chaîne d’union, la possibilité donnée d’interagir les uns avec les autres, la conscience d’avoir un rôle précis au sein du Temple, qui aide à établir les comportements individuels, mais ayant un fil conducteur clair : savoir ce qu’il faut faire, où aller, quoi dire et quand le dire, permet à chaque Frère de se mettre sur la même longueur d’onde.
Un fil invisible mais ferme que chaque Frère sent être en lui.
Le 17 juillet 2022, Christelle Manant a publié sur 450 fm La fabuleuse histoire de l’épopée de Gilgamesh où elle a fait le point sur la tablette n° 11, en écriture cunéiforme, qui narre l’épopée de Gilgamesh, tablette datant de quelque 3500 ans qui faisait partie de la Bibliothèque d’Assurbanipal, roi d’Assyrie au 7e siècle avant notre ère. Retrouvée au British Muséum par George Smith qui en traduisit l’écriture cunéiforme et la présenta aux autorités en décembre 1872, elle fut volée et se retrouva au musée de la Bible de Washington avant d’être rendue à l’Irak.
C’est environ 2600 ans avant notre ère, du moins le croit-on, que Gilgamesh régna sur Uruk – nom qui a donné Irak –, une des principales cités sumériennes de Mésopotamie. Néanmoins son épopée, à l’instar de la Chanson de Roland pour Charlemagne, semble n’avoir été composée que bien plus tard, 500 ou 700 ans après sa mort peut-être, puisqu’on en trouve la trace vers le 18e siècle avant notre ère. Mais ce n’est que mille ans après ou presque, et à Ninive, dans la bibliothèque du roi Assurbanipal (668-627 av. J.-C.), que l’on a découvert douze tablettes comportant plus de 3 400 vers écrits en akkadien qui attestent du succès considérable d’un récit qui a défié le temps.
Bibliothèque du roi Assurbanipal
Car ce poème initiatique s’est répandu dans toutes les civilisations méditerranéennes, en Égypte, en Israël ou en Grèce, civilisations dont nous sommes les héritiers.
La Méditerranée, c’est la mer du milieu. Le mot « medium » qui amorce son nom et situe ce centre au beau milieu des terres (medi-terrae), est un substantif neutre dont Tite Live nous donne le sens profond en parlant de « consulere in medium » : prendre des dispositions dans l’intérêt de tous, vouloir le bien commun. C’est donc ce qui rassemble. C’est dire aussi l’interdépendance des peuples riverains et, par conséquent, leur communauté de pensée : aucun mythe ne saurait rester confiné, tout se propage avec les échanges commerciaux ou les invasions, s’adapte aux langues et aux mœurs pour former, au bout du compte, une seule communauté de peuples, en paix ou en conflit comme toute grande famille qui se respecte…
Aussi la postérité de Gilgamesh est-elle sans limites, comme la question qu’il soulève, celle de l’immortalité. Elle n’épargne pas la Franc-Maçonnerie, qui est l’un des nombreux surgeons de cette culture vivante. Si elle a transformé la mer du milieu en « voie du milieu », la quête qu’elle propose est semblable, par bien des aspects, à celle que relate l’épopée sumérienne.
L’ÉPOPÉE DE GILGAMESH
Avant d’analyser les rapports entre les deux, si distantes en âge mais inscrites pareillement au cœur de la Tradition, on notera que la quête de Gilgamesh est sans nul doute primordiale et représentative, grâce à la transmission orale, de la pensée traditionnelle originelle.
Après une introduction sur laquelle nous reviendrons, le récit débute par la description de Gilgamesh, roi si tyrannique – il exerce son « droit de cuissage » sur les jeunes filles nubiles et contraint les hommes à des travaux forcés – que les habitants d’Uruk invoquent la reine des dieux, Arourou, pour mater leur souverain. Alors :
« Arourou lave ses mains, prend une pincée d’argile, la lance dans la vaste plaine,
Elle crée un homme sauvage, Enkidou le guerrier : fils du silence, éclair céleste de Ninourta.([1])
Tout son corps est couvert de poils hirsutes, sa chevelure pareille à celle d’une femme,
Les mèches de ses cheveux poussent abondantes comme le blé.
Avec les gazelles, il broute la végétation,
Avec le bétail, il se désaltère à l’abreuvoir,
Avec les bêtes sauvages, il étanche sa soif. »
Ce sera une courtisane, Shambat, qui sera chargée de le civiliser et au bout de six jours et sept nuits d’amour,
« Enkidou est affaibli, il ne peut plus courir comme avant ;
mais il a acquis le jugement, il est devenu sage. »
Il décide alors d’aller à Uruk et de défier Gilgamesh. Leur combat est épique :
« Ils luttent dans la rue, sur la place publique,
les chambranles des portes vacillent et les murs tremblent. »
Comme il ne se dégage ni vainqueur ni vaincu, les deux adversaires pleins d’estime pour le courage de l’autre, scellent une relation d’amitié dont le premier acte est de défier les dieux.
C’est le début d’une geste héroïque. Ils commencent par triompher du géant Houmbaba, gardien de la Forêt des Cèdres (du Liban ?) dont « la parole est le feu, le souffle la mort. ».
Séduite par la beauté du vainqueur, Ishtar, déesse à la fois de l’Amour et de la Guerre, fait alors des avances à Gilgamesh :
« Viens à moi, Gilgamesh, et sois mon amant !
Fais-moi don de ton fruit ! »
Mais celui-ci la repousse dédaigneusement : « Non, je ne veux pas de toi pour épouse ! Tu n’es qu’un fourneau qui s’éteint dans le froid, une porte qui laisse passer les courants d’air, un palais qui s’écroule sur ses défenseurs, un éléphant qui jette bas ses harnais, un bitume poisseux, une outre percée, un mortier friable, un bélier qui démolit les remparts amis, une chaussure qui blesse le pied. », lui dit-il et, après avoir énuméré le sort funeste qu’elle a réservé à ses anciens amants, il ajoute : « Et moi, que m’arrivera-t-il ? Tu m’aimeras, puis tu me traiteras tout comme eux ! »
Pour se venger, la déesse envoie contre lui le taureau céleste. Mais Gilgamesh tue la bête, « il arrache l’épaule du taureau céleste, la lui lance au visage. »
Ne pouvant laisser le crime impuni, les dieux décident de châtier les rebelles et c’est Enkidou qui meurt après un rêve prémonitoire.
Gilgamesh se lamente sur le corps sans vie de son ami en une élégie déchirante :
« Quel sommeil s’est emparé de toi maintenant ?
Tourne-toi vers moi, toi ! Tu ne m’écoutes pas !
Mais il ne peut soulever sa tête.
Je touche son cœur, mais il ne bat plus du tout. »
Et il s’interroge :
« Et moi, dois-je mourir ? Mais pas comme Enkidou, alors !
L’angoisse envahit mes entrailles ;
La crainte de la mort me fait parcourir la steppe. »
Décidé à percer le secret de la « vie-sans-fin », il part alors à la recherche d’Utanapishtim auquel les dieux ont accordé l’immortalité dans une île écartée du monde.
Dimensions de la tablette assyrienne en écriture cunéiforme contenant des fragments de l’épopée de Gilgamesh.
Bien sûr, il ne l’obtiendra pas car « lorsque les dieux créèrent l’homme, ils lui donnèrent la mort en partage ; la vie, ils la gardèrent pour eux([2]) ». Utanapishtim lui dira comment il a sauvé l’humanité du Déluge en construisant un bateau – récit qui sera repris bien plus tard, vers le Ve siècle av. J.-C., par les auteurs de la Genèse biblique qui changeront le bateau en arche, symbole de la première alliance entre Dieu et l’Homme.
Dans la Tradition, au contraire, c’est avec le Déluge que s’opère la grande rupture : avant, l’homme est en compagnie des dieux ; après, c’est la solitude sinon l’abandon. La franc-maçonnerie reprendra ce thème et son ambiguïté en se référant à Noé dès l’article 1 de la deuxième version des Constitutions d’Anderson (1738) : « Un Maçon est obligé, de par sa tenure, d’observer la Loi morale, en tant que vrai Noachite. » Noé, en quelque sorte frère cadet d’Utanapishtim, avait eu, lui aussi, un contact privilégié avec le Très-Haut qui lui avait confié la première loi morale, en sept préceptes, bien avant la loi mosaïque.
Il n’entre pas dans notre propos de relater ici la suite des aventures de notre héros. Nous reviendrons néanmoins sur le prologue des tablettes retrouvées à Ninive présentant « Gilgamesh comme un être grand par sa sagesse et sa connaissance, qui apporta un savoir venant des temps antérieurs au Déluge, partit pour un long voyage en quête d’immortalité, fut assailli par la lassitude et la résignation, retourna dans son pays et grava sur une tablette de pierre tout ce qu’il avait fait et souffert, puis acheva la construction des murailles d’Ourouk et son saint temple Eanna, demeure de la déesse Ishtar. »([3])
L’enseignement de Gilgamesh, au-delà du sujet central de l’épopée – du moins du sujet apparent : la quête de l’immortalité –, c’est qu’il n’y a pas de « vie-sans-fin » au sens charnel du terme, mais une possible invulnérabilité au temps consécutive à une œuvre de bâtisseur : ce sera la construction des murailles protégeant sa ville des incursions dévastatrices de hordes barbares qui assurera à Gilgamesh une renommée qui transcendera sa mort. C’est là un autre point de contact avec la conception maçonnique, même si la bâtisse à construire est un Temple intérieur.
LA SYMBOLIQUE
Outre ces explications rationnelles procédant du récit lui-même, l’élément essentiel de la geste est assurément la présence de deux héros qui semblent n’en faire qu’un tant ils sont semblables. À commencer par leur origine divine : Gilgamesh était « Dieu aux deux tiers, Pour un tiers homme » tandis que Enkidou, lui, est créé directement par la déesse mère, Arourou. C’est dire qu’ils sont de même nature que les dieux et directement reliés à eux.([4]) Cela confère au récit une dimension sacrée, autrement dit universelle puisque toute spiritualité déborde l’histoire. En ce sens le récit devient modélisant : il ne s’agit pas d’une histoire mais de notre histoire.
Le second élément frappant, c’est – comme l’écrit le scribe d’Assurbanipal – que Gilgamesh « grava sur une tablette de pierre tout ce qu’il avait fait et souffert ». On passe là de l’univers de la parole, c’est-à-dire du Souffle créateur, à celui du signe, qui est Reconnaissance et Permanence. Ainsi le couple Gilgamesh-Enkidou devient-il le père de l’humanité ; mais c’est le narrateur qui en perpétue la mémoire vivante. Car le Créé n’est rien sans une Âme qui lui donne la pulsation de la durée, la dimension de la vie. Louis-Claude de Saint-Martin ne disait pas autre chose de son œuvre : « Ceux qui ont de l’âme prêtent à mes ouvrages ce qui leur manque. »([5])
Dans ce même ordre d’idées, l’on notera que l’épopée de Gilgamesh prend appui sur une contradiction : après le défi lancé aux dieux par les deux téméraires et la mort de son frère d’armes, Gilgamesh décide de conquérir à son profit l’attribut divin qu’il avait défié, l’immortalité. Or c’est cette rencontre entre contradictions et complémentarités qui donne au récit son humanité et son exemplarité, lui permettant ainsi de s’inscrire dans la mission de transmission, consubstantielle de toute tradition. Car toute véritable transmission, loin d’être endoctrinement, est réflexion sur des situations signifiantes. Et les seules qui le soient sont celles qui nous ressemblent et font un mythe de ce qui nous caractérise.
L’épopée nous offre en effet l’émergence d’un mythe : celui de la gémellité incarné par le couple Gilgamesh-Enkidou. Les jumeaux étant doublement humains sont sur-humains. Ils peuvent ainsi avoir l’audace de rivaliser avec les dieux. Par exemple dans l’aptitude à créer qui s’inscrit dans le temps et non pas simplement dans l’instant normalement dévolu à la survie. On constate d’ailleurs que ces liens de double fraternité sont à la base de toute fondation : la race de David commence avec Caïn et Abel, Rome est fondée par Romulus et Remus. C’est par la scissiparité que commence la vie, et Eve est de la chair même d’Adam.
Mais si cette division engendre complémentarité, elle provoque aussi déchirure, caractéristiques, l’une et l’autre de l’incomplétude de soi. Pour résoudre cette contradiction, on constate que, dans tous les cas, l’un des deux jumeaux meurt et doit mourir afin de passer le relais au seul, c’est-à-dire à l’homme qui devra désormais chercher son complément dans le perfectionnement de l’œuvre. De ce fait, le travail devient ce qui complète l’homme tout en rendant hommage au Créateur qui l’a pour attribut : « Gloire au travail ! », proclame le rituel du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Ainsi s’établit entre nos deux héros un rapport qui n’est pas sans rappeler celui que les Francs-maçons entretiennent avec Hiram. Car, lors d’une « Tenue » maçonnique, grâce à la sacralisation du temps (allumage des feux ; de midi à minuit…) et à la sacralisation de l’espace (orientation du Temple ; localisation du soleil et de la lune ; marche dextrorsum, etc.) est créé parallèlement, dans le for intérieur des assistants, un Hiram qui n’est autre que le jumeau de chacun en tous points, mais un jumeau meilleur que soi-même. Cet être de fiction mais bien présent en soi, sait d’abord écouter en silence et, partant, être plus attentif à l’autre ; il est ensuite plus mesuré dans ses éventuelles interventions ; enfin il devient apte à sublimer ses réflexions intimes et à se laisser transformer. Ce dialogue avec cet Hiram intérieur, entamé dans ce lieu sacralisé et prolongé en-dehors, rapproche le Maçon de l’immortalité.
Dans une lettre dite « du Voyant » écrite à Charleville à Paul Demeny et datée du 15 mai 1871, Rimbaud s’exclame : « Je est un autre ». Il ajoute : « J’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute » ; et, plus loin, « la première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. […] Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. » ([6])
Ce sont les modalités de cette voyance que nous montre Gilgamesh. Il nous apprend que la connaissance de soi n’est pas dans le combat contre l’extérieur ni contre les dieux. Qu’elle n’est pas davantage dans le cours d’une errance prétendant à l’inaccessible ni au bout d’une quête dont on ignore le but, pour aussi aventureuse que soit la recherche. Qu’elle ne consiste pas davantage, comme notre civilisation occidentale a pu nous le faire croire, en un combat contre soi-même.
La narration la plus terrible de cette lutte sans merci contre soi a été faite par le René Daumal dans son poème La guerre sainte : « Je parlerai – écrit-il – pour m’appeler à la guerre sainte. Je parlerai pour dénoncer les traîtres que j’ai nourris. Je parlerai pour que mes paroles fassent honte à mes actions, jusqu’au jour où une paix cuirassée de tonnerre règnera dans la chambre de l’éternel vainqueur. » Et il explique : « pour combattre ces armées, je n’ai qu’une toute petite épée, à peine visible à l’œil nu, coupante comme un rasoir, c’est vrai, et très meurtrière. »[7] Effrayante meurtrissure à l’aboutissement incertain !
Non, ce n’est pas ainsi que l’on se connaît. Marie-Madeleine Davy, affirme que « le temps de la connaissance de soi en tant que temps existentiel supprime tout conflit entre le passé, le présent et le futur. Le temps déchiré est un temps illusoire. Le temps historique auquel la majorité des hommes se rattachent apparaît un produit de l’objectivation ; or, le temps de l’intériorité dépasse l’histoire, il se réalise dans l’éternité, c’est un temps vivant. »([8])
En fait, c’est à ce « temps transfiguré » que nous invite Gilgamesh. C’est le sens même de son errance, de son parcours. Mais il suppose un langage qui ne permettra pas seulement de communiquer mais de faire éprouver ce que l’on est, de ressentir le récit de l’autre, de « se mettre dans sa peau » – comme on dit – car il n’est de progrès que dans l’analyse intime, assimilée, des expériences, pas dans une simple observation extérieure. L’académicien François Cheng explique que si « toute personne est singulière, intrinsèquement unique, dans la mesure où demeure en elle le mystère de l’Être […] cette unicité de chacun ne peut prendre de sens, n’est à même de se révéler et de s’épanouir que dans l’échange avec d’autres unicités, et la langue et la culture, valables pour une collectivité, ont précisément pour fonction de fixer des règles et des croyances communes, afin de favoriser cet échange et cette circulation. »([9])
Cette langue commune qui permet le dialogue avec soi et avec l’autre, dans notre unicité à la fois singulière et universelle, n’est pas uniquement fille de la culture, même si on prend le terme de culture au sens très large de contexte socioculturel. Elle commence par être acceptation : il faut s’accepter soi-même et accepter l’autre pour pouvoir mettre en œuvre un authentique partage. Il ne s’agit plus, dès lors, de langue, mais de langage, fait de paroles autant que de gestes et d’égards. C’est ce langage qui permet le rapprochement sans réserves qu’on nomme « fraternité ».
Or l’épopée de Gilgamesh et la quête maçonnique nous offrent un seul et même langage de connaissance de soi : le symbole. Il serait aisé d’en décrire les formes dans l’un et l’autre cas, à travers les épreuves à franchir, mais nous sortirions des limites de cette épure. Nous insisterons simplement sur le fait bien connu que le symbole est ambivalent comme nous le sommes, qu’il présente face-à-face le bien et le mal, s’adapte à notre être, à nos petitesses mais aussi à nos grandeurs. Il est versatile, protéiforme, et pour nous mesurer à son aune, pour nous construire avec la pierre de cette carrière-là, la franc-maçonnerie a su lui adjoindre le raisonnement analogique qui permet les rapprochements créatifs. Car se connaître c’est aussi se recréer.
Paul Ricœur dans Se reconnaître soi-même explique que c’est le couple mémoire et promesse qui sont « à la pointe de la problématique de la reconnaissance de soi. […] L’une, tournée vers le passé, est rétrospective ; l’autre, tournée vers le futur, est prospective. » « Ensemble – argumente-t-il – leur opposition et leur complémentarité donnent une ampleur temporelle à la reconnaissance de soi, fondée à la fois sur une histoire de vie et sur les engagements d’avenir de longue durée. » Mais il ajoute cette mise en garde : « La mémoire et la promesse ont l’une et l’autre à se confronter avec un contraire qui est pour chacun un ennemi qu’on peut dire mortel, l’oubli pour la mémoire, la trahison pour la promesse, avec leurs ramifications et leurs ruses. »([10])
La Tradition n’oppose pas mémoire et promesse. Elles ne relèvent pas de la même logique : la mémoire ressortit au mystère de l’homme, la promesse – que la Tradition nomme « initiation » – est engagement pris de sa propre et libre volonté. Pour l’initié, la trahison de sa promesse, peut être de dénoncer ses Frères ou de leur nuire, de chercher son intérêt au lieu du bien commun, mais également (et c’est tout aussi grave), de se laisser aller, de refuser d’être un cherchant. Car l’erreur, voire la faute, ne sont rien en regard de l’apathie. Pour la Tradition, l’essentiel n’est pas dans la conformité, mais dans le dépassement.
CONCLUSION
Les points de convergence entre la quête de Gilgamesh et la quête maçonnique sont nombreux, même si la première est extérieure avant d’être intériorisée, alors que la seconde procède (presque) à l’inverse. L’une et l’autre s’apparentent moins à la recherche gnostique de l’immortalité arrachée au divin qu’à la construction de soi en suivant, ou plutôt en traçant, un chemin initiatique. Ce que nous montre l’épopée, c’est la voie de la Sagesse. Rien n’est acquis, tout est conquis. Et action et réflexion sont indissociables.
En fait, derrière les péripéties d’une chanson de geste ou d’une histoire personnelle que chacun, à manière, pense ou présente comme légendaire, Gilgamesh, au même titre que la franc-maçonnerie, nous signale un triple Mystère de l’Homme : la Mémoire, qui est création du moi ; le Langage qui est, comme nous l’avons vu, non seulement support mais condition de la pensée et de toute relation humaine ; la Créativité enfin, qui concerne l’imaginaire (y inclus le monde imaginal d’Henry Corbin) et l’adaptabilité aux périls du parcours. Chacun de ces points mériterait de longs développements, mais nous conclurons sur une dernière interrogation.
« Je ne sais ni lire ni écrire… », proclame le Franc-maçon. Cette phrase qui semble privilégier la transmission orale rappelle le récit de Socrate rapporté dans le Phèdre (274c-275b) de Platon. En ce temps-là, le dieu Thot, que Platon nomme Theuth et qui n’est autre qu’Hermès Trismégiste, celui « qui inventa le nombre avec le calcul, la géométrie, l’astronomie, et aussi le trictrac, les dés, enfin et surtout l’écriture », vint montrer au roi Thamous qui règne sur l’Égypte tout entière, « les arts qu’il avait inventés », et, parmi ceux-ci, l’écriture : « Voici ô Roi, dit Theuth, une connaissance qui rendra les Egyptiens plus savants, et leur donnera plus de mémoire : mémoire et science ont trouvé leur remède. »
Ce à quoi le roi répondit : « Comme tu es le père de l’écriture, par complaisance tu lui attribues des effets contraires à ceux qu’elle a. Car elle développera l’oubli dans les âmes de ceux qui l’auront acquise, par négligence de la mémoire ; se fiant à l’écrit, c’est du dehors, par des caractères étrangers, et non du dedans, et grâce à l’effort personnel, qu’on rappellera ses souvenirs. » Et il conclut : quant aux élèves, « avoir beaucoup appris dans les livres sans recevoir d’enseignement, ils auront l’air d’être plus savant, et seront la plupart du temps dépourvus de jugement, insupportables de surcroît parce qu’ils auront l’apparence d’être savant, sans l’être. »
Qu’en aurait-il été de l’épopée de Gilgamesh sans l’invention de l’écriture, cette écriture cunéiforme qui n’a été déchiffrée qu’au milieu du XIXe siècle ? Décidément, le grand homme ne voulait pas mourir, comme le dit Jean Bottéro ! N’est-ce pas là le destin de l’initié ?
[1] Ninourta était le fils d’Enlil, le « Maître des mondes » détenteur des tablettes des Destinées, sur lesquelles est gravé le sort de l’humanité. Connu pour son courage et son héroïsme, Ninourta était l’assistant militaire d’Enlil. Non seulement il commandait aux tempêtes mais il était aussi le dieu artisan qui fabriquait les instruments en métal. On le retrouvera dans la Bible avec Tubal-Caïn et dans la mythologie gréco-romaine avec Héphaïstos ou Vulcain.
[2] GASTER (Theodore H.), Les plus anciens contes de l’humanité, Petite Bibliothèque Payot, 1999, p.41.
[3] McCALL (Henrietta), Mythes de la Mésopotamie, Ed. du Seuil, coll. Points-Sagesse, 1994, p.63.
[4] La Bible ne dira pas autre chose : dans la Genèse (I, 25) l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.
[5] Louis Claude de SAINT-MARTIN, Maximes et pensées (choix de Robert AMADOU), Ed. André Silvaire, 1963, p.77.
[6] RIMBAUD(Arthur), Poésies, Gallimard-Poésie, 1973, p. 202-204.
[7] DAUMAL (René), Le contre-ciel suivi de Les dernières paroles du poète, Poésie/Gallimard, 1970, p.204-212
[8] DAVY (Marie-Magdeleine), La connaissance de soi, PUF-Quadrige, 2004, p.62.
[9] CHENG (François), Le Dialogue, Desclée de Brouwer, Paris, 2002, p. 13.
[10] RICŒUR (Paul), Parcours de la reconnaissance, Stock, 2004 (Étude : Se reconnaître soi-même, III-5 : « La promesse », p.187-188).
On trouve dans les rituels maçonniques des interprétations de la métaphore du cercle et de son centre.
Le cercle représente le tout fini et infini, l’unité et le multiple, le plein et la perfection ; souvent il figure le Créateur de l’Univers. Il y est dit aussi que le cercle est l’Esprit humain, foyer de la Connaissance.
Le centre est avant tout celui du cercle. Le cercle et son point central partagent les mêmes propriétés : perfection, homogénéité, absence de début et de fin. De ce fait, comme on va le voir, cercles et centre sont souvent assimilés l’un à l’autre. Sous forme de point, le centre devient le cercle parfait.
La doctrine hermétiste propose en son premier principe d’enseignement ce qu’est l’unité dont la représentation est le cercle. On en trouve la preuve et l’énoncé dans la Table d’Émeraude : «Toutes les choses sont et proviennent d’Un, par la médiation d’Un. Toutes les choses sont nées de cette chose unique… Son symbole est le cercle un qui s’achève en soi-même». Le serpent qui se mord la queue (l’ourobouros), exprime l’univers à «Un le Tout».
Le Centre est aussi considéré comme l’origine, le point de départ de toutes choses ; c’est le point principiel, sans forme et sans dimensions, donc indivisible, et, par suite, la seule image qui puisse être donnée de l’Unité primordiale. Le centre est donc le lieu de l’incréé, l’endroit mythique qui empêche toute dispersion. Il est de ce fait toujours vide, et sa représentation parfaite est le moyeu de la roue, que l’on retrouve au cœur des rosaces et par où passe un axe invisible, celui du monde. Il est ainsi le lieu où se trouve la Cause première, mère de toutes les causes de la manifestation. Là seulement se perçoit la Connaissance. C’est de ce point central, le Un originel, que partent tous les rayonnements, toutes les énergies, toutes les lois causales et les fonctions créatrices qui ont donné naissance aux mille et une formes de la création.
Sur le plan métaphysique, dans une note de bas de page, (note21 de bas de la page 19) Jean-Marie Ragon, dans son ouvrage De la maçonnerie occulte et de l’initiation hermétique nous dit«ce terme éminent vers lequel se dirige toute philosophie, ce besoin impérieux de l’esprit humain, ce pivot auquel il est contraint de rattacher le faisceau de ses idées ; l’unité, cette source, ce centre de tout ordre systématique, ce principe de vie, ce foyer inconnu dans son essence, mais manifeste dans ses effets ; l’unité, ce nœud sublime auquel se rallie nécessairement la chaîne des causes, fut l’auguste notion vers laquelle convergèrent toutes les idées de Pythagore»
Le nom même de la roue (rota) évoque immédiatement l’idée de rotation; et cette rotation est la figure du changement continuel auquel sont soumises toutes choses manifestées ; dans un tel mouvement, il n’y a qu’un point unique qui demeure fixe et immuable, et ce point est le Centre. Le centre n’a pas un sens comme simple point géométrique, il est symboliquement essence de toute chose et tout être. C’est donc sur ce point central que le sens s’efface au profit de l’essence, «le cercle merveilleux est jaillissement, son centre reste immobile» (Maître Eckhart).
L’Unité renferme tous les nombres. L’Unité émane ses puissances seulement par l’addition d’elle-même, seule source de création de tous les nombres. L’Unité a pour racine carrée, cubique et essentielle, elle-même l’UNITÉ. L’Unité distribue son influence dans tous les plans[1].
L’unité crée en se divisant, et ceci peut être symbolisé de plusieurs façons différentes, dépendant du comment l’unité originelle est sensiblement représentée. L’unité peut être convenablement représentée par un cercle, mais le fait que le cercle est incommensurable indique que cette figure appartient à un niveau symbolique au-delà de la raison et de la mesure. En philosophie géométrique le cercle est le symbole de l’unité non manifestée, tandis que le carré représente l’unité posée, pour ainsi dire manifestée.
Selon Euclide le point n’a pas de parties, c’est-à-dire qu’il n’entre en relation ni avec le temps, ni avec la matière. Sorti du temps et de l’espace, il échappe à l’usure, tout en symbolisant l’unité fondatrice du tout. Ce particularisme fait de lui le point fixe dans la mouvance, l’axis mundi universel. Personne ne serait capable de le situer précisément. On sait seulement qu’on procède de lui et qu’on revient à lui. L’intuition nous amène à considérer sa présence en tout être et toutes choses. Son omniprésence et son invisibilité font de lui le plus habile magicien de la création.
S’il est d’abord un point de départ, le centre est aussi un point d’aboutissement ; tout est issu de lui, et tout doit finalement y revenir. Puisque toutes choses n’existent que par le Principe et ne sauraient subsister sans lui, il doit y avoir entre elles et lui un lien permanent, figuré par les rayons joignant au centre tous les points de la circonférence ; mais ces rayons peuvent être parcourus en deux sens opposés : d’abord du centre à la circonférence, et ensuite de la circonférence en retour vers le centre. Le point était la source profonde de toutes choses cachées au cœur de la Création et le placer dans un cercle revenait à en indiquer la source sacrée. Dans ce contexte, le cercle sans le point n’a aucune signification et sans le cercle, le point n’en a pas plus. C’est la raison pour laquelle les cultes monothéistes, qui conservèrent ce signe, en conservèrent aussi le sens depuis Akhenaton qui en fit le symbole de son Dieu. Parfois, le point est entouré de plusieurs cercles concentriques, qui semblent représenter les différents états ou degrés de l’existence manifestée, se disposant hiérarchiquement selon leur plus ou moins grand éloignement du Principe primordial.
Il apparaît que dans toutes les traditions spirituelles, la notion de centre du monde est constante. Les centres spirituels sont Rome et Antioche pour les catholiques ; Lhassa (Tibet), Lumbini (Népal) pour les bouddhistes ; Memphis, Thèbes, Le Caire, pour les Égyptiens antiques ; Constantinople (Istanbul), Alexandrie, Aksoum en Éthiopie (lieu qui abriterait l’arche d’alliance) pour les Orthodoxes ; le mont Athos (en Grèce), Athènes et Olympie pour les Grecs antiques ; la Mecque, Médine et Jérusalem pour les musulmans ; Jérusalem, et Bethléem (ville d’origine du roi David) pour les Juifs, etc.
Comment l’unité peut passer à la dualité sans perdre son caractère de singularité et d’unicité ? Éliphas Lévi dans son Cours de Philosophie Occulte précise : «Il y a quatre manières de concevoir l’Unité :
Comme universelle, produisant et embrassant tous les nombres, n’ayant, par conséquent, point de binaire, unité innombrable, inconcevable, infinie, universelle, absolument nécessaire et absolument incompréhensible, le Un ; Le Un donne ce qu’il n’est pas.
Comme relative et manifestée, ayant un binaire, commençant le nombre et le résumant en s’agrandissant toujours; ce qui la rend progressivement indéfinie, le Un plusieurs.
Comme vivante, et fécondant en soi-même le mouvement et la vie, le Un et plusieurs.
Comme visible et révélée par la forme universelle.
Ces quatre notions de l’Unité sont représentées par le Tétragramme divin, dont la figure hiéroglyphique est la croix.»
La croix de Jérusalem rappelle qu’aux quatre coins du Monde, symbolisés chacun par une croix en miniature, tout dérive de l’Unité et tout y retourne. Tel est le message donné par la représentation où les quatre Évangélistes ou Évangiles occupent la place des quatre croix. Lorsque les quatre petites croix occupent les extrémités des branches au lieu des quatre coins, la croix est dite recroisetée. Elle suggère que même éloignés du centre, nous pouvons toujours le retrouver à tout moment. Quand les quatre croix ne sont plus séparées, mais reliées par un cercle centré à l’intersection des branches, nous retrouvons un sens similaire avec la croix dite celtique.
La croix aux branches égales s’inscrit aussi dans le cercle. Elle prend cette apparence chez certains peuples d’Amérique centrale et celtiques. La croix constitue alors un symbole du centre se déployant jusqu’à la périphérie et représente le Monde dans son Unité (centre) et sa manifestation (roue cosmique). Cette roue est surtout répandue sous la forme de 6 ou 8 rayons, notamment dans les traditions celtique et hindoue.
De cette représentation découle directement celle du chrisme, inscrit ou non dans un cercle. Sous sa forme simple, les premiers chrétiens ont vu en lui les deux initiales grecques I et X de “Iêsous Christos”. Quant à sa forme constantinienne, elle résulte de l’union des deux premières lettres grecquesX et P de «Christos». La boucle qui transforme l’I du Chrisme simple en P du Chrisme constantinien rappelle la boucle supérieure de la croix ansée et fait écho au trou de l’aiguille, à la voie directe ou verticale d’accès aux Cieux.
Le chrisme existe sous différentes formes :
le chrisme formé des premières lettres des mots Ιησούς Χριστός (Jésus-Christ), soit I et X (iota et khi),
le chrisme formé des deux premières lettres du seul mot Χριστός (Christ), soit X et P (khi et rhô) : c’est la forme la plus ancienne, celle adoptée par l’empereur Constantin (voir plus bas),
le chrisme complet formé des lettres X et P complétées des lettres grecques alpha et omega, le tout parfois inclus dans un cercle.
On lui trouve différentes significations :
Comme monogramme originel d’Osiris
Les anciens Grecs utilisaient un signe, une superposition des lettres grecques chi (Χ) et rhô (Ρ), abréviation du mot χρήσιμον, chrêsimon, chrisme en français, qui signifie «chose utile» pour marquer des passages dignes d’intérêt dans leurs textes (repris sous forme d’astérisque pou r indiquer un renvoi textuel). Par la suite, ce Chi-Rho fut adopté par les chrétiens. Le chrisme mystique de Constantin figurant sur le labarum (fanion) avec la devise «par ce signe tu vaincras» a été donné en songe à l’empereur avant une bataille. L’église en a fait un de ses symboles christiques (l’alpha et l’oméga).
Par ses six branches, le chrisme évoque la croix complète : celle qui s’étend dans toutes les directions faisant naître la sphère et représentant à la fois notre monde terrestre, mais aussi l’univers tout entier.
Le chrisme gnostique appelé pendule à Salomon, symbole compagnonnique, est un abrégé de principes architecturaux. On le rencontre fréquemment sculpté ou peint sur de nombreuses églises romanes et gothiques, particulièrement sur celles jalonnant le Chemin de Compostelle. Selon la légende compagnonnique, à l’occasion de la construction du Temple, beaucoup d’étrangers qui parlaient des langues différentes avaient été embauchés. Le roi Salomon leur aurait donné un système de signes applicables à la construction, permettant aux ouvriers de se comprendre sur le chantier sans recours à un langage articulé, sous une apparence de pendule, ou plutôt d’une croix dans un cercle, les chiffres étant remplacés par des signes, des traits de charpente ou de coupes de pierre. Par une série de tracés, on obtient un ensemble de carrés et de cercles. Cet ensemble de signes, toujours utilisé, semble-t-il, par les compagnons des Devoirs, disposé sur un cercle, porte le nom de la Pendule à Salomon et se trouve lié au chrisme que l’on retrouve tout au long du chemin de Saint Jacques. Ce symbole synthétise l’ensemble de la tradition des compagnons s’appuyant sur d’anciens apports hébraïques, égyptiens, grecs, celtiques et chrétiens. Tout l’art roman de la construction est fondé sur le tracé de la croix celtique, elle-même conçue d’après une symbolique parfaitement codifiée et selon des proportions qui ne doivent rien au hasard. Cette croix, dite aussi croix druidique, est composée de trois cercles concentriques de diamètres établis aux proportions suivantes : 9 – 27 – 81. Le premier cercle, le plus grand, c’est le Keugant : il représente le chaos où n’existe rien d’autre que Dieu. De ce cercle, du néant Dieu fait naître les choses. Dans le second cercle (Abred), passent les âmes, cercle de la vie terrestre, lieu et temps d’expression du bien et du mal. D’Abred, les âmes peuvent retourner au néant ou bien s’élever en Gwenwed, dernier cercle, celui de la fusion en Dieu, la Réintégration (ou apocastase). Villard de Honnecourt, maître d’œuvre de la cathédrale de Cambrai, construite entre 1225 et 1272, utilisa cette fameuse croix pour dresser plans et épures des «vaisseaux de pierre» qu’il devait bâtir. Si l’on ne retient que les consonnes de l’expression «pendule à Salomon», PNDLSLMN, on en déduit des acronymes d’indications dissimulées aux profanes (en kabbale on appelle ce procédé le notarikon). «Pends-le s’il ment» ce qui serait un avertissement de ne pas tenter de tromper le tuilage à l’entrée de la cayenne.
Le Chrisme, horloge planétaire : pour beaucoup, le chrisme représente un bâton (P) fiché en terre avec ses deux axes (X). Il donnerait ainsi la mesure du lieu, le midi lié à la méridienne locale. La partie horizontale marquée par l’alpha et l’oméga serait la ligne des équinoxes. Ce symbole christique associe le Fils avec la route solaire journalière et annuelle, il sert alors d´horloge astronomique.
Un chrisme est actuellement le logo de la revue Compagnons et Maîtres d’Œuvres de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment.
La monade hiéroglyphique (Monas Hieroglyphica, 1564) est un ouvrage de John Dee qui l’écrivit en état de transe en douze jours en janvier 1564. Il prétend donner là une écriture occulte pour expliquer toutes choses. Cette écriture s’explique par de simples figures : point, cercle, droite, croix, deux demi-cercles ; et par de simples opérations : rotations, déstructurations, combinaisons et permutations. En résumé, pour lui, «ni le cercle sans la droite, et ni la droite sans le point ne peuvent être artificiellement produits. C’est donc par la vertu du point et de la monade (auusi appelée monogène) que les choses ont commencé d’être, en principe. Et toutes celles qui sont affectées à la périphérie, quelque grandes qu’elles soient, ne peuvent, en aucune manière, manquer du secours du point central.»
Par exemple, le hiéroglyphe de Mercure est fait d’un croissant [figure] tourné vers le haut [opération], d’un cercle, d’une croix. La monade hiéroglyphique consiste en la composition, de haut en bas, d’une figure qui synthétise les symboles traditionnels de l’astronomie et de la cosmologie : croissant (la Lune), cercle avec un point central (le Soleil), croix (les quatre Éléments), deux demi-cercles (le signe du Bélier). On trouve les nombres 1 (le point), 2 (la droite), 3 (la croix : deux lignes perpendiculaires se sectionnant sur un point), 4 (les quatre segments de la croix), qui sont les nombres de la Décade (tétraktys) de Pythagore. On trouve aussi les sept planètes alors connues : Soleil, Lune, Mercure, Mars, Vénus, Jupiter, Saturne, car le Soleil c’est le cercle et le point, la Lune c’est le croissant, Mercure c’est le croissant plus le cercle plus la croix, etc. (Pour comprendre les 24 théorèmes de la Monade.
D. – Quel est le nombre génératif ? R. – Dans la divinité, c’est l’unité ; dans les choses créées, c’est le nombre 2 ; parce que la divinité 1 engendre 2, et que dans les choses créées, 2 engendre 1 (discours de l’Orateur dans le grade hermétique le Vrai Maçon tel que rapporté par Jean-Marie Ragon dans son livre De la maçonnerie occulte et de l’initiation hermétique)..
Plotin dépasse le dualisme et touche le point le plus difficile d’accès, le plus éloigné de nous, le plus ardu à saisir par la pensée qui pourtant le recherche tant. Ce point porte un nom : la simplicité. Et comme elle est à l’origine de tout, Plotin la nomme, tout simplement, l’Un. À écouter ici.
La kabbale en tant qu’ontologie permet de penser le rapport entre le Un et la création plurielle. Une réflexion deMichel Attali, Comment dire D.ieu? à écouter
La couronne Kéther, de l’arbre des séphiroth, est une autre expression de l’unité, elle est Principe créateur d’où fusent toutes les potentialités de la création éternelle. C’est l’œuf cosmique, le centre d’union-émanation d’où l’éclair créateur a jailli pour illuminer les ténèbres, ce point est Unique (R. Guénon). Pour la kabbale, l’humain a un centre mathématique. Adam, אָדָם, vaut 45, son centre est 23, nombre de lettres du verset Genèse 1,3 au moment de la création de la lumière, riche de tous les sens à venir !
Que faisons-nous dans le temple, tournant autour du tapis de loge ?Que représente le fil à plomb au centre de la voûte étoilée ? N’est-ce pas le milieu désigné comme convergence entre les extrêmes représentés par des points opposés de la circonférence, lieu où les tendances contraires se neutralisent pour ainsi dire et sont en parlait équilibre comme les alternances du pavé mosaïque qui sont transcendées dans l’unité.
La pointe inversée, à l’intérieur, du pyramidion, indique le centre de la pierre. Le franc-maçon travaille au centre laissant à la périphérie les lourdeurs et les rumeurs de la vie. Un des secret des constructeurs serait de rectifier la pierre pour essayer d’en faire un «diamant», jusqu’à en trouver le centre. Ce centre qui, sous une autre formulation et par simple antimétabole du langage codé des alchimistes est ce que la symbolique appelle «la Pierre Cachée» du VITRIOL, indiquant qu’en réalité la quête consiste à rechercher ce qui est caché dans la pierre.
Au Régime émulation, sur le tableau, le point représente l’individu humain et le cercle désigne les limites de ses devoirs envers Dieu et les autres Hommes. Les deux lignes parallèles perpendiculaires représentent Moïse et Salomon, c’est à dire le dispensateur de la Loi et le bâtisseur de son Temple. Une tradition plus «modern» adoptée par certaines Loges (particulièrement les Loges US) -préférée des praticiens du REAA ou du RéR- plus néotestamentaire, laisse à penser qu’il s’agit des deux bienheureux saint Jean pour ce qu’ils configurent, pour les uns, les solstices et pour les autres les deux piliers de la chrétienté.
L’Église chrétienne a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux saints Jean en choisissant ces personnages parce qu’ils ont le même nom, et en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination.
«L’expression «Maçonnerie johannite» a été introduite par le Révérend Dr George Oliver (1783-1870) pour désigner le système de maçonnerie dont les deux saints Jean sont reconnus comme les patrons, et à qui les Loges sont dédicacées. Ce système contredisait celui du Révérend Dr Samuel Hemming (1768-1828), auteur du rituel de «synthèse» adopté par la Grande Loge Unie d’Angleterre, lors de sa création, en 1813, par la fusion des Moderns et Anciens, et dans lequel la dédicace des Loges était faite à Moïse ou à Salomon».
Un document ancien, la Charte de Cologne, signale qu’avant l’an 1440, la société des Francs-maçons était connue sous le nom de «Frères de Jean», et qu’ils ont commencé à s’appeler «Maçons Francs et Acceptés» à Valenciennes. Le Vénérable Maître : D’où venez-vous, mon Frère ? Le Frère visiteur : D’une loge de Saint-Jean. Le Vénérable Maître : Que fait-on dans une loge de Saint-Jean ? En fait la Charte de Cologne est un faux en écriture notoire qui fut sans doute rédigé vers 1780 en France et ceci pour contrecarrer les bulles papales et autres condamnations de l’église catholique. Le document est en latin médiéval, mais avec des éléments du XVIIIe siècle comme l’étoile flamboyante qui y est mentionnée alors qu’elle n’apparaît dans les Manuscrits qu’au début du XVIIIe siècle.
La grande humilité de Jean le Baptiste lui faisait dire : «Il s’en vient quelqu’un de plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint» (Luc 3,16). Il dévoila aux gens cette exigence d’intériorité, ainsi qu’une notion d’universalisme, jusque-là totalement absentes. Jean le Baptiste affiche sa rupture avec la classe sacerdotale d’Israël. Il rejette tout compromis et exhorte le croyant à vivre selon sa foi, sous peine d’être exposé à la «colère qui vient» et dit avec force que le Seigneur attend un changement réel et radical de mode de vie : «produisez donc des fruits qui témoignent de votre conversion!». Les Templiers vénéraient Jean le Baptiste. Ils doivent une partie de leurs connaissances gnostiques aux Johannites d’Orient ou chrétiens originaux. L’Agneau de Dieu était leur sceau et la tête coupée de Jean Baptiste faisait partie de leurs emblèmes.
Jean l’évangéliste prend parti pour un judaïsme authentique, il fustige et condamne les chrétiens qui acceptent de manger les idolothytes (viande destinée aux sacrifices). Il est celui qui met en avant la plus grande spiritualité par l’usage du terme Logos. Ce symbolisme est la clé de voute de la pensée johannique, reprise par de nombreuses sectes et développée par la suite dans les Loges maçonniques sous la forme du Grand Architecte de l’Univers. Dans l’iconographie, saint Jean l’évangéliste est représenté tenant à la main un vase sacré d’où sort un serpent, symbole de la connaissance. Le vase sacré rappelle l’ésotérisme du Saint Graal dont la liqueur procure santé et connaissance. On attribue aussi à saint Jean le G (Lettre), en fait le petit gamma grec. L’on ne saurait oublier l’aigle, qui accompagne saint Jean, symbolisant le soleil par tous les anciens peuples. Saint Jean est parfois auréolé d’un nimbe représentant le quadruple Gamma, swastika mystique de la connaissance parfaite. C’est à Saint Jean l’Apôtre qui fut transmis toute chose. Il devient par-là l’image parfaite de l’initié dans la Franc-maçonnerie. L’expression «Maçonnerie johannite» a été introduite par le Révérend Dr George Oliver (1783-1870) pour désigner le système de maçonnerie dont les deux saints Jean sont reconnus comme les patrons, et à qui les Loges sont dédicacées. Ce système contredisait celui du Révérend Dr Samuel Hemming (1768-1828), auteur du rituel de «synthèse» adopté par la Grande Loge Unie d’Angleterre, lors de sa création, en 1813, par la fusion des «Modernes» et des «Anciens», et dans lequel la dédicace des Loges est faite à Moïse ou à Salomon. Selon la définition donnée par Oliver, le système pratiqué aux États-Unis est une Maçonnerie johannite.
Les instructions du 1er degré du Rite écossais Rectifié font référence aux deux saint Jean et précisent : la Loge de saint Jean et toutes les Loges portent le même nom pour rappeler à notre mémoire celui qui a été élu par le GADLU pour venir annoncer la Grande Lumière et que tous les francs-maçons ont reconnu pour leur patron (St Jean Baptiste qui annonce la venue du Christ). Le rituel de ce Rite mentionne par ailleurs que les francs-maçons célèbrent la Fête de Saint Jean l’évangéliste parce qu’il a réuni les ouvriers qui était dispersés.
Au Rite York, les deux st Jean sont les protecteurs de l’Ordre, symboles vivants du cycle de la Lumière et de la vie (saisons). Dans la Franc-maçonnerie des Anciens, l’un annonce la bonne nouvelle et l’autre en témoigne. Ils sont aussi l’évocation de Moïse et d’Aaron. Sur le tableau de loge du RY, les deux personnages sont aussi bien l’un que l’autre. Quand le RY est fidèlement et traditionnellement respecté, la loge est toujours ouverte à la gloire du G.A.D.L’U. et en mémoire des deux bienheureux saint Jean.
La forme de la vesica piscis (vessie ou ventre du poisson) est une forme créée par l’intersection de deux cercles identiques, de telle manière que le centre de chacun soit sur le périmètre de l’autre, évoquant la forme du poisson mais également celle de la graine, de l’œil et du Yoni. Au temps du paganisme, ce glyphe était associé à la déesse Vénus et représentait les organes génitaux féminins.
Dans les premières traditions (connues), l’être Suprême était représenté par un cercle, le symbole d’un être avec ni début, ni fin, existant continuellement, formé parfaitement et symétrique. L’addition d’un second cercle représente l’extension de cette unité vers la dualité mâle et femelle (appellations génériques). La superposition des deux parties, mâles et femelles, crée une source «divine», dans la réunion des deux forces naturelles. Le motif du vesica piscis et ses dérivés, tel que la fleur de vie, l’arbre de vie et les fondamentaux géométriques, portent en eux cette vérité.
La coutume des premiers chrétiens, consistant à communiquer par le biais d’une partie de dessin tracé dans la poussière, était une reprise des anciens pythagoriciens.Les représentations anciennes du Christ le dépeignent comme un bébé à l’intérieur du « Poisson Vesica » représentant l’utérus de Marie, et par là, la rencontre entre le ciel et la terre dans le corps de Jésus. En tant que tel, il est une porte entre les mondes, et symbolise le point d’intersection entre le plan de Dieu et le plan matériel. De plus, le poisson, signe de reconnaissance entre chrétiens, ictus en grec, Ιχθύς, est l’anagramme de Jesus Christ de Dieu le fils sauveur (Ièsous Cristos Théoun Uios Sôter).
Selon Jean 22,11, le nombre 153 apparait dans l’Évangile, comme étant le nombre de poissons que Jésus attrape lors de la pêche miraculeuse. Le nombre 153, 17ème nombre triangulaire, correspond au nombre de lignes que l’on peut établir dans un ensemble de 18 éléments. On trouve ces 18 éléments dans le tracé de la fleur de vie, croissance fractale faite d’une succession de Vesica Piscis. Dans cette représentation visuelle, le déploiement de l’unité par duplication successives est figuré par un cercle, dans l’espace et le temps. La duplication du cercle s’opère simultanément dans les six directions de l’espace, de manière isotropique par rapport au centre.
La vesica piscis est d’un grand intérêt pour les constructeurs car elle permettait de définir des mesures très particulières, notamment des racines qui ne sont pas calculables et bien d’autres mesures de nombres irrationnels telle la proportion divine.
Cette figure est la «mesure du poisson» pythagoricienne, symbole mystique désignant l’intersection du monde divin et du monde matériel, le commencement de la création.
La vesica piscis a été le thème de plusieurs spéculations mystiques ; les premières furent probablement celles des Pythagoriciens qui la considéraient comme une figure sacrée. Pour eux, le rapport entre la largeur (longueur entre les extrémités du poisson sans la queue) et la hauteur était de 265/153, ce qui est une très bonne approximation de √3. C’est aussi la dimension de la corde, dans un cercle de rayon de 1, pour un arc de 120° (2x1sin 120/2) selon la Table des cordes construite par Ptolémée (cette table associe à la mesure d’un arc, donnée en degrés, la longueur de la corde sous-tendue par l’arc). La √3 contenue dans la Vesica Piscis est la puissance formatrice qui donne naissance au Monde des Polygones. La Vesica Piscis se rapporte explicitement au 3, entrainant avec lui les deux valeurs symboliques qu’il porte : féminin et sacré. Pythagore «découvre» ainsi un 3 féminin et céleste. Et à cette occasion, l’on peut noter que le mot «céleste» gagne en nuance par rapport au ciel de la fécondité. Cette nouvelle définition est en rupture avec les mythes archaïques, où le ciel est masculin. Mais Pythagore doit choisir entre un héritage de type primitif et la vérité que les mathématiques dévoilent à ses yeux. La symbolique, qui deviendra tradition avec le temps, lui donnera évidemment raison de choisir les mathématiques !
Dans le système platonicien, La vesica piscis aurait constitué le signe des époptes, la main ouverte étant unie aux extrémités des doigts et les poignets se touchant.
La construction, par Dürer, du pentagone adjacent à l’hexagone, «à la manière dont, d’après la tradition, le créateur a conçu le plan de l’univers se trace avec une ouverture de compas inchangée», c’est-à-dire selon le principe de symétrie, ou de commensurabilité.
Cependant, la notion de centre, pour caractériser l’individu ou la communauté, ne peut être séparée de celle de périphérie qui conditionne la possibilité de s’orienter dans le monde et de passer d’une situation à une autre en se « décentrant » en quelque sorte (comme avvec le pas de côté dans la marche du compagnon). Nous sommes tous des centres de l’univers, cependant, n’oublions pas que les autres sont donc aussi des centres de cet univers !Penser à la périphérie, c’est tourner son regard vers les expériences du monde actuelles et passées. Les arbres ne croissent pas à partir du centre mais de l’écorce. La périphérie est le lieu des appartenances à des groupes, le centre celui où s’affirme le «je suis».
C’est dans une confrontation pacifique que devrait être envisagé ce que la FM, en tant que cercle, doit à ses rencontres avec les autres spiritualités pour être elle-même.
Delphine Horvilleur, L’identité est-elle un gros mot ?
[1] Papus (Dr Gérard Encausse), La science des nombres, labirintoermetico.com/06numerologia_cabala/papus_la_science_des_nombres.pdf
Interview de Jacques Carletto sur sa nouvelle conférence d’humour maçonnique.
L’humour maçonnique peut prendre de nombreuses formes et styles variés. La conférence présente 50 regards de 5 dessinateurs maçonniques différents. Cette présentation de 20 minutes constitue donc une mini anthologie réalisée en vidéo projection de 14 variétés d’humour.
Cette conférence, parce qu’elle souligne une capacité d’auto dérision ainsi qu’une capacité à ne pas se prendre au sérieux tout en portant des regards pertinents, constitue donc un moment de détente voire de « thérapie ».
Marck Twain disait que « la véritable source de l’humour n’était pas la joie mais le chagrin ».
Il faut ainsi comprendre que l’humour est une échappatoire salutaire aux difficultés de la vie quotidienne comme, à fortiori à celles du chemin initiatique. Cette capacité lucide du doute, voire d’auto-dérision est un élément salutaire à toute conférence destinée tant aux initiés qu’aux profanes. Elle les rassure sur un engagement initiatique dont l’objectif est d’ouvrir son regard et son esprit dans la plus grande des libertés.
Jacques Carletto, Le conférencier, est maçon depuis plus de 40 ans. Auteur, illustrateur & Conseil en communication, il dirige la collection qui pose des questions chez l’éditeur DERVY. C’est également un journaliste qui interviewe en vidéo, chaque semaine, des auteurs dans les domaines de la spiritualité et du développement personnel.
Colombe, Phénix, Pélican, Aigle. Exception faite du serpent, il est observable que la franc-maçonnerie n’a principalement introduit à ce jour dans son bestiaire figuratif que des volatiles pour illustrer ses mythes et légendes. Or, nous le savons, nombre d’animaux « terrestres » accompagnent la vie des humains depuis des lustres. Ils pourraient parfaitement figurer dans le « narratif » maçonnique. Un inventaire par loge ne démentirait pas cette réalité : Les frères et les sœurs aiment aussi la gente canine ou féline. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un compagnon de route – vigilant gardien ambulatoire – les attendent sagement dans leur voiture pendant la tenue.
15 millions de chats, 10 millions de chiens : c’est le nombre estimé – certainement bien en dessous de la réalité – que possèderaient les foyers français ! Sans compter les oiseaux en cage, les poissons en aquarium, les singes, hamsters, lapins, tortues, écureuils ou autres serpents, espèce rampante précitée – qui font partie de beaucoup de familles. Bref avec quelque 100 millions d’animaux de compagnie, la France serait le 3ème pays d’Europe au classement du nombre de ces « proches » de l’Homme.
Pas si bêtes
Pourquoi cet engouement pour nos amies les bêtes ? Pas si bêtes que çà d’ailleurs ! Il est certain que chacun, chacune de nous se souvient de son premier Medor en peluche ou d’un malicieux Félix le chat. Ces adorables animaux aux yeux brillants et aux museaux rieurs, presque plus vrais que nature et à qui nous avions carrément donné vie, ne nous étaient-ils pas devenus indispensables ? Aussi bien dans nos jeux diurnes que pour nous rassurer dans le noir soudain de notre chambre, avant que ne passe le marchand de sable ! Nous ne savions pas alors que ces « doudous » étaient porteurs de symboles : Muets par définition, ils nous apprenaient déjà les vertus du silence, la sécurité de leur compagnonnage, l’oeil du maître, même si nous n’étions encore que des apprentis de la vie !
Ces doux souvenirs peuvent expliquer qu’à une occasion festive, l’enfant demande à ses parents la reproduction en « chair et en os » de son toutou ou de son minet. La preuve n’est plus à faire qu’un animal – bien mal nommé « domestique » – favorise l’épanouissement de l’enfant. Quelle joie profonde pour le petit garçon ou la petite fille de pouvoir caresser un nouveau partenaire sur pattes, bien vivant et jouer avec lui. Nouvel apprentissage : la fidélité que lui témoigne le chien en se blottissant contre lui, la liberté que prend le chat en s’en écartant momentanément ! Et le petit bonhomme s’enhardit en caressant son vrai Médor allongé sur le tapis. Quand la petite bonne femme découvre la générosité en partageant son gâteau avec son vrai Félix, revenu de sa promenade.
Ainsi, le petit d’homme qui jusqu’à maintenant était servi par un plus grand, s’aperçoit qu’un être vivant a besoin de lui, comme il éprouve le même besoin. Il comprend que cet animal compte sur lui pour recevoir non seulement à manger et à boire, mais aussi de l’attention, des soins, de la tendresse, en un mot de l’affection. Ainsi s’établit, avec le sens de la responsabilité pour l’enfant, une relation de confiance, une fraternité, une complicité entre les deux partenaires. Au vrai, ne sont-ils un couple d’animaux sociaux, les deux s’éduquant et se récompensant mutuellement ?!
C’est ce même rapport affectif qui unit nombre d’adultes à leur animal – ou à leurs animaux – de compagnie. Qu’il s’agisse de couples qui adorent s’en occuper et en être entourés. Ou qui ne peuvent pas avoir d’enfants. Car l’animal est à même de jouer aussi ce rôle substitutif. Les personnes malades, seules ou âgées, réservées ou très discrètes, trouvent un précieux réconfort, une réassurance, une sécurité, dans la présence de la bête aimée – qui n’a de bête que le nom, répétons-le !
Un mélodieux jappement
Comment ne pas être ému devant le bon regard d’un chien, sensible à cette patte qu’il vous tend et qui vaut tous les discours ?! Comment ne pas être réceptif au frôlement insistant d’un chat et à son ronronnement sur vos genoux. Ne vous sentez-vous pas à cet instant précis, fier, confiant, heureux d’être à la fois son protecteur et son élu ?
Je disais plus haut l’animal silencieux parce qu’il ne parle pas. Mais un mélodieux jappement ou un musical « miaou » ne valent-ils parfois mieux que nos interminables paroles verbeuses qui finalement, « abiment » le silence ! A l’image des trop longs développements en loge ou dans les médias qui résonnent sans raisonner et s’entendent davantage qu’ils ne s’écoutent !
On ne peut éviter d’évoquer ici les effets pervers qu’entraîne trop souvent la possession d’animaux. Précisément, le besoin d’autorité compensatrice de certains « maîtres »… qui ne sont pas toujours maîtres chez eux, voire trop soumis professionnellement. Ou l’égoïsme, sinon l’inconscience de certains « propriétaires » sans cœur qui considèrent leur chien ou leur chat comme un objet de plaisir, un gadget passager qui sera abandonné sur quelque route déserte aux prochaines vacances !
La cohabitation intelligente
Et que dire, sinon s’attrister, s’inquiéter même, de ces gens qui, à coup de tondeuse, de ciseaux et de fer à friser, « élèvent » (je devrais dire qui « abaisse » !) des animaux uniquement pour en faire des bêtes de concours. Donc pour de l’argent et les regards gratifiants de ceux à qui échappe la vraie beauté. A moins que ces « tortionnaires » n’entraînent leurs victimes et ne les transforment en monstres menaçants, toujours prêts à vous sauter à la gorge. Sans parler des animaux de cirque qui vivraient mieux dans leur jungle naturelle que sous le fouet d’un sadique dompteur ! Nous sommes loin ici du bon compagnon avec lequel s’échange énergie et douceur, sérénité et joie de vivre !
Revenons vite à la cohabitation intelligente et bénéfique « homme-animal ». Un des meilleurs exemples qui puisse être donné de l’entente et de la complémentarité est celui des chiens-guides des non-voyants. Le chien éduqué avec son futur maître lui redonne – après quelques semaines d’un entraînement commun et d’une connaissance réciproque – les yeux qui lui manquent.
L’aveugle fait alors totale confiance à son partenaire pour contourner les pièges de la ville et prend en même temps confiance en lui. Plusieurs clubs-service, dont le Lions-Club International qui en a fait l’une de ses œuvres sociales principales – et aussi certaines loges maçonniques centrées à la fois sur la spiritualité et le don de soi, ce dans le monde entier – se dévouent pour cette action, ô combien généreuse.
Le harnais qui relie le chien et la main altruiste n’est pas une laisse mais un cordon d’Amour !
Les « ponts » ouverts par les néoplatoniciens entre Orient et Occident : un grand et bel événement organisé par la respectable loge L’Acacia de Mogador de la Grande Loge du Maroc, avec la participation de L’Alliance.
D’ailleurs, nous pouvons vous annoncer que les RR.LL. L’Acacia de Mogador pour la Grande Loge du Maroc et Cordoue pour la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française sont en pourparlers de jumelage. Ainsi s’exprimera l’esprit ‘’d’El Andalous’’ carrefour des spiritualités, centre d’échanges et de partages.
« Essaouira Carrefour des Spiritualités » vous propose un ensemble de conférences (publiques et maçonniques) avec des conférenciers de grande qualité reconnus tant au Nord qu’au Sud.
Chacun d’eux, comme chaque année, contribue par le partage généreux de ses connaissances à nous faire découvrir des « ponts » qui existent entre Orient et Occident.
Ces « ponts » sont des legs que nous FM∴ devons chérir et cultiver en rassemblant pour résister aux tentations de séparatisme qui menacent notre époque.
• En 2021, nous avons découvert les « ponts » établis par les Chevaleries d’Orient et d’Occident et les valeurs partagées qui perdurent de nos jours en franc-maçonnerie.
• En 2022, nous avons approché l’influence d’Ibn Arabi dans l’amour de l’autre, au travers des valeurs humaines et spirituelles (ciment de notre Fraternité) qui sont partagées par les FM∴ (Ibn’Arabi et le GADL’U) d’un bord à l’autre de la méditerranée.
• En 2023, nous vous invitons à poursuivre la découverte des « ponts » qui relient l’Orient et l’Occident, « ponts » établis par les grands philosophes et penseurs néoplatoniciens. Ces racines néoplatoniciennes sont particulièrement présentes dans nos rituels, et confirment, si besoin, l’universalité de notre rite et le sens de notre démarche qui rassemble.
• « Essaouira Carrefour des Spiritualités » dont la vocation est de promouvoir au plan spirituel le « bien vivre ensemble à Essaouira », ne bénéficie d’aucune ressource. La générosité des intervenants permet de restituer la totalité des conditions que ses partenaires* offrent généreusement aux participants (gratuité et réductions).
* Partenaires 2023 : Association Mogador; « Dar Souiri »; Restaurant Beyt Mogador; « Bayt Dakira », Hôtel « Le Médina »; Hôtel Sofitel Mogador, Caravan Café.
Un programme de qualité
Jeudi 9 Novembre : 16h30 – 18h30 : Accueil des participants et remise du dossier comprenant : adresses précises des manifestations, présentation des conférences et conférenciers, modalités de déplacement, organisation des visites accompagnées
Vendredi 10 Novembre : 10h30 – 12h30 : Conférence Publique « La Spiritualité dans les 3 traditions monothéistes par Maïmonide ; Abdelkader Jilani et Maître Eckhart
17h30 – 19h30 : Tenue au 1er degré du REAA
20h30 à 23h30 : Agapes
Samedi 11 Novembre : 09h30 – 10h30 : Conférence « Les formes et pensées Traditionnelles qui ont constitué les Rites Maçonniques continentaux dont le REAA »
Francis Bardot, Grand Orateur de L’Alliance.
10h30 – 12h30 : « Les racines néoplatoniciennes du Rite Ecossais Ancien et Accepté. De Plotin à Ibn’Arabi » RF∴Francis Bardot (Grand Orateur GLAMF)
12h30 – 14h30 : Buffet
14h30 – 16h30 : « Ibn’Arabi, néoplatonicien : “un Pont” entre l’Orient et l’Occident »
17h30 – 19h00 : Conférence ouverte à tous « La création à Essaouira de la Chaire du « Droit hébraïque » »
20h30 – 23h30 : Soirée fraternelle ouverte à tous les participants FM ∴ et leurs accompagnants.
Dimanche 12 Novembre : 10h – 13h : Visite accompagnée au choix de la « Zaouia » (en médina) ou de la Sucrerie d’Essaouira (en campagne). Informations disponibles au Secrétariat et documentation remise à l’accueil lors de votre arrivée. L’inscription préalable (Fiche individuelle) à chacune de ces activités est nécessaire.
Une inscription préalable (Fiche individuelle) à chacune de ces activités est nécessaire
Votre voyage :
Procédez à vos inscriptions aux différentes activités en retournant la Fiche Individuelle d’Inscription à : secretariatECS2023@gmail.com
Rappel : une fiche individuelle par personne, S∴, F∴, ou accompagnant.
À TRES VITE À ESSAOUIRA DANS LA CITÉ DU « BIEN VIVRE ENSEMBLE »
Pour info, le cours, au 29 septembre 2023 : 1 Dirham marocain (MAD) = 0,092 euro
Découvrez la nouvelle collection présentant des ouvrages traitant des sciences ésotériques ! Hachette Livre, ou simplement Hachette, est un groupe d’édition français fondé en 1826 par Louis Hachette. Au fil de ses acquisitions, il est devenu le premier éditeur en France et le deuxième éditeur en Espagne.
L’empire du livre…
Outre sa propre marque, Hachette contrôle les éditions Armand Collin, Calmann Lévy, Chêne, Dunod, Harrap’s, Hatier, Fayard, Foucher, Grasset, Larousse, JC Lattès, et Stock.
Il fait partie des dix principaux conglomérats d’édition avec 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en 2020.
L’ésotérisme pour un éditeur demeure un véritable enjeu
Le prestige du monde intellectuel côtoie le scepticisme dans l’approche de certaines pratiques dont la rationalité fait débat, et qu’il est possible de regrouper sous le terme d’ésotérisme.
La présentation de l’éditeur
Ces ouvrages s’inscrivent dans une politique de conservation patrimoniale de la littérature Française mise en place avec la BnF.
HACHETTE LIVRE et la BnF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BnF ayant numérisé ces œuvres et HACHETTE LIVRE les imprimant à la demande.
Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque, mais qui seraient aujourd’hui jugés condamnables.
Ils n’en appartiennent pas moins à l’histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique.
Le sens de leur démarche éditoriale consiste ainsi à permettre l’accès à ces œuvres sans pour autant qu’ils en cautionnent en aucune façon le contenu. Un bel enjeu ! Initiatique, non ? C’est un pari gagné par Hachette Livre et la BnF au regard du nombre de ventes.
La marque Hachette BnF
Grâce à l’impression à la demande, des livres rares retrouvent le chemin des librairies. Hachette Livre et la Bibliothèque nationale de France se sont associées pour proposer un service permettant de réimprimer à l’identique des trésors du patrimoine littéraire et historique français puisés dans des collections rares de livres anciens tombés dans le domaine public et publiés avant 1930.
Bibliothèque François-Mitterrand, Paris 13e
Au commencement
Née en 2011 d’un partenariat entre Hachette Livre et la BnF, la marque Hachette BnF a souhaité tirer parti à la fois de l’immense travail de numérisation opéré par la BnF sur ses archives depuis près de 20 ans et de la technologie de l’impression à la demande. Le but est de permettre la réimpression en facsimilé et la commercialisation auprès du grand public du riche patrimoine culturel et scientifique français.
Depuis plus de 10 ans, Hachette BnF rend disponible chaque année à toutes et à tous plus de 280 000 ouvrages historiques.
Catalogue ésotérisme, un exemple d’ouvrage…
Les origines de l’alchimie par Marcellin Berthelot – Date de l’édition originale : 1885 – Sujet de l’ouvrage : Alchimie — Histoire
Marcellin Berthelot (1827-1907) était l’un des chimistes les plus reconnus et respectés de la fin du XIXe siècle. Esprit philanthropique, désireux de partager ses découvertes avec le plus grand nombre, il fit don de pas moins de mille deux cents brevets, sans aucune contrepartie, alors que nombre d’entre eux permirent des avancées considérables dans des domaines aussi variés que la pharmacologie ou les explosifs. Il étudia, en plus de la chimie, la philologie et la philosophie orientale au Collège de France. Il s’engagea également en politique, en étant élu d’abord sénateur en 1881 puis ministre des Affaires étrangères en 1895. Honoré des plus hautes distinctions, ses cendres ont été transférées au Panthéon.
Berthelot dans son laboratoire de Meudon.
Un ouvrage consacré aux origines de l’alchimie pourrait avoir de quoi surprendre de la part d’un grand scientifique. La démarche de Berthelot se révèle pourtant passionnante. Il ne se contente en effet pas de faire une synthèse des connaissances historiques et théoriques sur l’alchimie à partir des recherches les plus récentes de ses contemporains tels Lepsius, Kopp ou Hœfer : il se confronte de lui-même aux papyrus, aux manuscrits et à toutes les sources premières auxquelles il a pu avoir accès, qu’elles soient égyptiennes, chaldéennes, juives, grecques, islamiques ou autres.
Il ressort que chaque époque avait une vision du monde et de la matière en adéquation avec les connaissances scientifiques du moment, l’imagination venant suppléer ce que la raison ne pouvait expliquer, aboutissant ainsi à des spéculations mystiques. Le propos de Berthelot n’est dès lors pas tant d’établir ou d’infirmer la véracité des théories propres à l’alchimie que de montrer la filiation étroite qui existe entre l’alchimie la plus ancienne et la chimie moderne.
Nombre de résonnances sont encore perceptibles entre ces deux disciplines, par-delà les siècles, car selon lui, « les opinions auxquelles les savants tendent à revenir aujourd’hui sur la constitution de la matière ne sont pas sans quelque analogie avec les vues profondes des premiers chimistes ». Les Origines de l’alchimie reste encore aujourd’hui un ouvrage de référence.
un récent article de 450fm interroge sur la gestuelle papale. Les jésuites auraient-ils infiltré la franc-maçonnerie ? Pour ce dessin n°48 de JISSEY, on pourrait aussi s’interroger : « Qu’en serait-il d’une armée qui n’aurait plus d’ennemis ? » Comme le disait Bob Marley: « Ton pire ennemi peut être ton meilleur ami et ton pire ami peut se vanter d’être ton meilleur ennemi »