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Renaissance Traditionnelle : le N° 204 vient de paraître

Les sources anthropologiques du signe de Maître, tel est le thème de ce numéro.

Renaissance Traditionnelle est une revue française trimestrielle d’études maçonniques et symboliques fondée par René Guilly en 1970. Dirigée aujourd’hui par Roger Dachez et Pierre Mollier, elle est éditée sous l’égide de l’Institut maçonnique de France.

Elle n’a qu’un seul but : « susciter et publier des études, apporter des documents qui fassent mieux comprendre et mieux aimer la tradition maçonnique dans sa double dimension historique et spirituelle. »

Le sommaire 

Avant-propos par Pierre Mollier

Gestes de deuil et signes d’horreur par Gaël Meigniez

Notes à propos de la Société de l’Humanité, des tailleurs de pierre de Tours : à la croisée des chemins entre mutualisme, compagnonnage et franc-maçonnerie par Jean-Michel Mathonière.

Pierre Mollier.

L’avant-propos, extrait : « La belle étude qui ouvre ce numéro 204, Renaissance Traditionnelle s’aventure dans un domaine de recherche très stimulant mais difficile. Dans son travail pour une meilleure connaissance de la franc-maçonnerie, notre revue s’en est jusqu’à présent tenue au terrain de l’histoire. Terrain assez solide pour peu que l’on y applique la méthode « académique » classique progressive construite par les historiens et XIXe et XXe siècles. À partir des années 1970 cependant,

Différents auteurs ont voulu renouveler les études maçonniques en utilisant les approches d’autres sciences sociales – sociologie, anthropologie, psychologie sociale etc. qui à cette époque étaient particulièrement en vogue à l’université. Hélas, les quelques essais d’« anthropologie maçonnique » qui ont été tentés non guère convaincu. Une critique un peu rigoureuse en a facilement repéré et dénoncé les truismes, les rapprochements trop rapides de faits sortis de leur contexte etc.

Mais ce n’est pas parce qu’une hypothèse de travail ne donne pas satisfaction à sa première mise en œuvre qu’il faut y renoncer définitivement. Ainsi, nous avons été interpellés puis séduits par le travail de Gaël Meigniez* que vous allez découvrir. Il guide le lecteur dans une exploration étonnante des sources profondes dans l’imaginaire humain de cet élément important de la légende d’Hiram et du grade de Maître qui est le « signe d’horreur ». Si son objet est d’abord scientifique, cette véritable anthropologie historique et culturelle d’une séquence du rituel nous paraît aussi bien apte à nourrir la dimension initiatique de notre pratique maçonnique… »

Gaël Meigniez.

[NDLR : Gaël Meigneiz, dans son introduction, nous décrit comment, sur les deux rives de la Manche, sont apparues au troisième degré de divers rites maçonniques des mouvements de mains vers le front ou le sommet de la tête. Sans en discuter les détails, il reprend le « Rite Ancien de Bouillon – manuscrit sans lieu ni date à Londres, vers 1740, mais un rituel pratiqué par une loge londonienne – puis, avec une gestuelle analogue sur le continent, cependant distincte de l’anglaise, avec Le Secret des Francs-Maçons de 1742, et nous décrypte ensuite les différentes composantes du mythe d’Hiram. S’intéressant ensuite à l’époque contemporaine, il nous entretient de la façon dont la gestuelle est pratiquée lors de funérailles, tant aux Proche qu’au Moyen-Orient musulman.

Sans oublier l’Afrique noire. Quant aux sources de la tradition chrétienne, c’est dans l’iconographie de ladite religion que Gaël Meigneiz puise, dès la fin du Moyen-âge et le milieu de la Renaissance, notamment en Italie, en Allemagne et en Flandre, la source de ses travaux. Le dessinateur, graveur et peintre Albert Dürer (1471-15258) est bien évidemment cité car certaines de ces estampes tel « Jésus-Christ à la croix » est d’un plus grand intérêt pour son sujet. Moyen-Âge occidental et oriental, héritage grec, Égypte ancienne… Variétés de pays et d’époque sont passés en revue dans ce remarquable article qui nous fait comprendre comment le geste en matière de deuil est capital. Il rappelle aussi que « la survivance de certaines pratiques dans le Midi et le Levant, inspirent, vers le premier tiers du XVIIIe siècle, son introduction dans les rituels maçonniques ». Un très beau texte fort intelligemment illustré.

Quant aux Notes à propos de la Société de l’Humanité, des tailleurs de pierre de Tours : à la croisée des chemins entre mutualisme, compagnonnage et franc-maçonnerie de Jean-Michel Mathonière, celui-ci commence par nous avouer bien humblement que le document lui ayant servi de base fut acquis, en 2011, sur un célèbre site de vente aux enchères sur Internet. Pour Jean-Michel, il s’agit d’un document exceptionnel car le seul exemplaire actuellement repéré et attestant de l’existence de ladite société. Avec le sérieux que nous lui connaissons, il réalise, avec grande minutie, une description générale : partie centrale, partie droite, partie gauche, texte en bas, le cachet, etc. Il analyse aussi la dimension mutualiste de cette société. Le terme « Société de l’Humanité » étant attesté à plusieurs reprises et en plusieurs lieux depuis la révolution de 1789 pour désigner les sociétés mutualistes. Il analyse aussi le cachet, les signatures et confirme la datation.

Serpent enroulé autour d’une lime, signature HART.

Il aborde aussi la morale de la Société en 1835 ainsi qu’aux préceptes maçonniques du Grand Orient de Belgique. Le serpent et la lime est une belle médaille gravée (de 5 cm de diamètre) par le frère Hart. Il en compare les textes. Analysant la dimension compagnonnique, l’auteur nous offre avec ce texte, une remarquable étude.

Inscriptions très denses de préceptes maçonniques ; cuivre – 58,94g – 50,0mm.

Étude s’accompagnant d’une annexe très pédagogique sous frome de tableau comparatif – morale de la Société de l’Humanité de Tours (1835) ; préceptes maçonniques du Grand Orient de Belgique (1838) ; préceptes maçonniques du Grand Orient de Belgique (1879). L’Évangile compagnonnique des tailleurs de Pierre et maître de l’œuvre, compagnons étrangers du Devoir de Liberté complète ce dossier richement documenté.

L’au revoir de Pierre Mollier, le rédac chef !

Ce qu’il nous faut aussi retenir de l’avant-propos, c’est l’au revoir du rédacteur en chef Pierre Mollier. Au revoir, locution interjective qui aurait été créée en faisant la contraction de l’expression « adieu jusqu’au revoir », une première hypothèse , ou bien de « au plaisir de vous revoir », la seconde.

À cette heure, nous ne savons comment interpréter les écrits de Pierre Mollier, par ailleurs directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie.

Sous son ère, RT reçu de l’Institut Maçonnique de France, le prix littéraire au Salon Maçonnique du Livre de Paris, catégorie « Revues » – nouveauté 2019.

Roger Dachez, directeur de RT.

Pierre Mollier confie ceci : « Cette livraison – un peu atypique – clôt l’année éditoriale 2022 de Renaissance Traditionnelle. Pour le rédacteur en chef de la revue c’est aussi une étape. En effet, après avoir exercé cette fonction pendant trente ans – du numéro 91-92 d’octobre 1992 à ce numéro 204 d’octobre 2022 – des contraintes personnelles m’amènent à passer le relais. Je remercie sincèrement tous ceux qui, au long de toutes ces années, m’ont assisté et aidé dans cette difficile mission. […]

D’ores et déjà, une nouvelle équipe est constituée autour de notre directeur, Roger Dachez. Elle prendra la barre dès le prochain numéro et vous proposera une nouvelle formule. Un nouveau cycle s’ouvre. « Il faut que tout change pour que rien ne change » serait-on tenté de dire avec un peu d’emphase en reprenant la réplique mythique du Guépard…»

Merci mon TC & BAF Pierre pour toutes ces belles années !]

*Mathématicien, Gaël Meigniez est Professeur d’université. Collaborateur régulier de Renaissance Traditionnelle, nous lui devons, entre autres, « Adam et la mythologie maçonnique » (N° 197), « Maître Jachin et Maître Booz : de la tradition maçonnique aux mythes du Compagnonnage » (N° 185) ou encore « Renaut de Montauban aux origines du mythe d’Hiram » (N° 180).

Renaissance Traditionnelle-Revue d’études, maçonniques et symboliques

Les sources anthropologiques du signe de MaîtreRT, N°204, Octobre 2022, 51e année, 15 €

Renaissance Traditionnelle, le sitePour s’abonner : formule simple, solidarité et internationale.

Brésil : La « Loja Maçônica Firmeza e Humanidade Marabaense » nº 6 fête ses 95 ans

De notre confrère brésilien correiodecarajas.com.br

Présente depuis le début de la municipalité, la loge maçonnique est intimement liée à l’histoire de Marabá.

symboles maçonniques muraux
Mosaïque maçonnique.

Une grande partie de l’histoire de la communauté de Marabá est liée à l’existence de la franc-maçonnerie dans la ville et cela est évident lors du rappel des membres de l’entité au fil du temps. Maires historiques, conseillers, commerçants, enseignants, étaient francs-maçons, alors qu’ils étaient impliqués dans le développement de la Commune. Cet héritage, qui vient d’avoir 95 ans, a été célébré à l’occasion de l’anniversaire de Loja Firmeza e Humanidade Marabaense nº 6.

Des noms tels que Demosthenes Azevedo, Antônio Maia, Sérvulo Brito, Pedro Marinho de Oliveira, João Anastácio de Queiroz, Martinho Mota da Silveira et Ignácio de Souza Moita étaient des membres et des maîtres vénérables.

Moment de la cérémonie publique au temple de Loja

Le siège de l’entité est également stratégiquement situé face à la Praça Duque de Caxias, à Marabá Pioneira, où ses sessions, ou réunions, ont marqué une époque, en plus des grands événements dans la salle de bal, dont les habitants du quartier se souviennent encore avec affection.

FÊTE

Une cérémonie publique le 1er juillet a marqué le 95e anniversaire de Firmeza e Humanidade Marabaense, officiellement fondée le 28 juin 1928.

Après la cérémonie, un cocktail a été servi à l’extérieur.

Des représentants de diverses entités civiles étaient représentés, comme la mairie, avec l’adjoint au maire Luciano Dias ; Câmara de Marabá, avec le conseiller Coronel Araújo ; Lions Club, par le président José Bezerra ; 23e brigade d’infanterie de jungle, par le lieutenant-colonel Édison Pastoriza, commandant du GAC.

D’autres loges maçonniques étaient également représentées, ainsi que la Grande Loge maçonnique du Pará, en la personne du délégué de district, Denner Pontes Matos, et la 3e Inspection de la 33e année, par l’inspecteur liturgique Valby Camargo. De la part des Paramasons, du Ladies ‘Club, de l’Ordre Demolay et de l’Ordre de l’Arc-en-ciel pour les filles.

L’hôte, actuellement le Vénérable Fernando Pacheco, a expliqué aux invités qu’une date aussi symbolique ne pouvait passer inaperçue et que c’est une source de fierté pour la génération actuelle de membres de porter un tel héritage.

Quelques-uns des lauréats : Zé Vovô, João Vasconcelos, Santino Gomes et José Amorim, avec Ivan Marinho

Au cours de l’événement, dans le temple récemment rénové et rouvert en 2021, les francs-maçons ont également rendu des félicitations aux entités partenaires et des hommages aux membres qui ont une longue histoire de services rendus à la franc-maçonnerie.

Après la clôture de la cérémonie dans le temple, les invités se sont rendus à l’extérieur, où un cocktail a été servi. Les personnes présentes pouvaient déguster une variété de délices, tels que de la charcuterie, des hamburgers, des crevettes, des peaux de viande, des jus de fruits, des boissons gazeuses et de la bière pression froide. L’occasion a également marqué la commémoration des anniversaires des mois de juin et juillet, dont celui du franc-maçon Hamilton Vieira, président du conseil consultatif de l’Ordre de DeMolay.

Un toast au champagne a été porté parmi les personnes présentes, symbolisant les souhaits de longue vie à la Loge maçonnique Firmeza e Humanidade Marabaense nº 6. Ensuite, un délicieux gâteau à l’ananas a été coupé en l’honneur de la cérémonie. L’événement a été marqué par des moments de convivialité, où les invités ont pu échanger des expériences, partager des histoires et renforcer les liens fraternels qui imprègnent la franc-maçonnerie. (De l’éditeur)

Un toast autour du gâteau à thème

Histoire de Marabaense

Dans le but de diffuser autant que possible les enseignements philosophiques de l’Ordre, un groupe de frères dirigé par Amin Jacob Zahlouth, membre de la Loge Acrean, a décidé de fonder une Loge Maçonnique appelée Firmeza e Humanidade Marabaense dans la Vallée de la Rivière Tocantins. Plus tard, cette loge rejoignit la Grande Loge du Pará avec le numéro 6. Ainsi, le 28 juin 1928, à l’époque Vulgaire (5928 Vraie Lumière), la Sixième Loge Maçonnique de l’État du Pará fut établie.

L’administration a été installée le 1er septembre 1928, dans le temple provisoire de Loja Firmeza e Humanidade Marabaense nº 6, lors d’une Magna Session d’installation, de régularisation et d’investiture du Conseil. La cérémonie a été présidée par Amim Jacob Zahlouth, Délégué du Grand Maître de la Grande Loge de l’État du Pará (Apolinário Pinheiro Monteiro), en présence des frères fondateurs suivants : Calixto Yaghi, Messias José de Souza, João Nemer Salame , Francisco Rodrigues Pereira, Nicolau Gaby, Antonio de Araújo Chaves, Aziz Mutran, Melhen A. Yaghi, Nagib Mutran, João Abade, Guilherme Bessa de Oliveira, Cícero Menezes, Luiz Antonio da Cruz, Salim Jorge Moussalem et Odílio da Rocha Maia.

Lors de la réinstallation de cette Loge le 3 janvier 1933, les frères suivants étaient présents : Antônio Araújo Sampaio, Arthur Guimarães, Francisco Souza Ramos et Isaac Araújo. À partir de ce moment, les principes philosophiques de la franc-maçonnerie se sont solidifiés à Marabá, et Loja Firmeza e Humanidade Marabaense nº 6 a non seulement servi d’exemple d’une institution qui cherche à glorifier le droit, la justice et la vérité, mais a également été fondamentale pour la fondation de tous Loges maçonniques du sud et du sud-est de l’État du Pará.

Bible et 3 grandes Lumières
Volume de la Loi Sacrée (VLS) sur l’autel des serments.

Actuellement, la loge a un temple moderne rouvert en 2021 après une longue rénovation, ayant l’un des espaces les plus agréables parmi les loges à l’intérieur du Pará. Malgré cela, la loge continue d’investir dans des améliorations physiques, notamment la rénovation de la salle des événements et du siège du Clube de Damas da Fraternidade, qui était historiquement le théâtre de grandes fêtes et célébrations à Marabá.

Retour du Grand Maître Di Bernardo :  »Des compromis inquiétants et des réticences dans la franc-maçonnerie »

De notre confrère italien antimafiaduemila.com – Par Aaron Pettinari

Comme en 1993, dans une lettre, il lance un appel adressé aux Frères du Grand Orient d’Italie

Le Grand Maître Giuliano Di Bernardo , homme clé de l’histoire de la franc-maçonnerie italienne (anciennement Grand Maître du Grand Orient d’Italie et de la Grande Loge Régulière d’Italie), prend à nouveau position contre les « compromis troublants », les « atrocités horribles » et « conduite terrible », dénonçant l’existence de relations avec les « mafiosi » et les difficultés à délivrer des « décrets d’expulsion ».
Il le fait avec une lettre transmise par e-mail à presque l’ensemble des 900 Loges du Grand Orient d’Italie dans laquelle il s’adresse à tous les « Frères Maîtres, Compagnons Artisans et Apprentis » pour s’indigner contre la haute direction du Goi , qui aurait fait des choix discutables sur le plan « réglementaire ».

Il a été porté à notre attention et nous a été décrit comme « l’appel le plus fort possible à un ‘coup de pied’ nécessaire et non plus reportable de la franc-maçonnerie italienne sur le front de la légalité (et non moins aussi du style) ».

Dans la lettre, Di Bernardo met en évidence un « parallélisme dramatique » entre « ce qui est anormal – moralement et institutionnellement – se passe au Sommet du Grand Orient d’Italie » et « ce qui devait être dénoncé, malheureusement en vain, il y a trente ans » lorsqu’il écrivit à la Fraternité Justinienne exprimant l’impossibilité d’intervenir dans des « situations perturbatrices ».

Plaintes passées

Pour mieux comprendre à quoi Di Bernardo fait référence, il suffit de revenir à ses déclarations lors du procès du massacre de ‘Ndrangheta, tenu à Reggio Calabria, qui s’est terminé ces derniers mois par la condamnation au deuxième degré à la réclusion à perpétuité du patron de Brancaccio Giuseppe Graviano et du sainte mère de Melicucco, Rocco Santo Filippone.

Répondre aux questions du procureur adjoint Giuseppe Lombardo , lors de son audition le 11 janvier 2019, il a raconté des faits effrayants qui, dans un pays normal, auraient fait sauter tout un État. Il rapporte que dans l’exercice de ses fonctions, il a pris connaissance d’un phénomène d’infiltration de la mafia chez les dirigeants sudistes du Grand Orient d’Italie et, avant de partir en claquant la porte, il a mené une enquête approfondie en rassemblant divers documents.
Puis il raconta la tentative du Vénérable Gelli de réintégrer la franc-maçonnerie Goi, troquant la « véritable liste P2 », certifiant ainsi le fait que la liste trouvée à Castiglion Fibocchi n’était pas complète. Et parlant de la loi Anselmi-Spadolini, il a dit qu’avec elle « un seul acronyme a été dissous, mais la substance de la loge P2 n’a pas été affectée ».

Trente ans après un nouvel appel

Aujourd’hui, Di Bernardo, dans la lettre, se concentre sur la « question morale » au sein de la franc-maçonnerie et aborde les affaires concernant les condamnations de deux « Vénérables » pour actes mafieux et l’arrestation d’Alfonso Tumbarello, le médecin qui a soigné le patron Matteo Messina Denaro fugitif accusé de concurrence extérieure en association mafieuse et en faux.
Certains passages de la lettre dérangent . 


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© Imagoeconomica

« Des compromis inquiétants (je fais référence aux cas de Vito Lauria, Lucio Lutri et Alfonso Tumbarello) en offense cinglante à la légalité et à la bonne administration de la res publica, nul autre que le président de la République – écrit Di Bernardo – s’est joint aux insultes gratuites, répétées en chant vulgaire, pour des protagonistes de mauvais augure, à Palerme et Licata comme à Cagliari , hommes des Loges appelés à d’importantes dignités rituelles. Tous ‘couverts’ (en quelque sorte), dans leur conduite, par d’autres dignitaires… malheureusement de dignité perdue ».
comme corps étranger, ceux qui sont certainement indignes d’aller au Temple ?. Pour mémoire : quiconque insulte le Président de la République ne peut avoir le droit de cité ni dans la franc-maçonnerie italienne ni encore moins dans la franc-maçonnerie universelle. 

Pour le reconnaître, faut-il attendre la sentence définitive d’un juge profane pour nous le rappeler ? Et nous sommes sûrs qu’il n’est pas possible de se débarrasser des « frères » qui ont utilisé des « brouilleurs de fréquence » pour éviter d’être interceptés par la Direction des enquêtes anti-mafia, alors qu’ils concertaient, avec la mafia, des crimes contre l’État auxquels appartenons-nous tous ? » Quiconque insulte le Président de la République ne peut avoir le droit de cité ni dans la franc-maçonnerie italienne ni encore moins dans la franc-maçonnerie universelle. 

Dans son appel, Di Bernardo demande « existe-t-il ou n’existe-t-il pas un ‘plus petit dénominateur commun’ qui puisse certifier le décorum et la conduite de chaque franc-maçon ? Et s’il y en a un, quel est-il ? Je le demande parce que l’excès de tolérance – quel qu’en soit le prix – fait passer pour une « garantie », ne protège pas du tout la famille, mais la coule plutôt ».

Selon Di Bernardo, il y aurait donc une utilisation déformée et inconstitutionnelle de la soi-disant « justice maçonnique » au sein du Goi.

Et c’est pour cette raison « face à une telle glissade » qu’il ne s’adresse pas au « Top Management », mais à tous les francs-maçons.

« Être participant à une Communion – conclut Di Bernardo – impose à la conscience et à l’intelligence, je dirais à la dignité et à la responsabilité de chacun, d’être et de se qualifier non comme une ‘foule applaudissante’ ou ‘foule moqueuse’, mais des subjectivités autonomes et pensantes , associés par des liens supérieurs de moral (oui, de moral !), jamais de caserne ».

Et « les francs-maçons quotidiens du Grand Orient d’Italie – de Palerme et Cagliari à Milan et Turin et Trente, de Venise et Campobasso à Potenza et Pescara, de Naples et Florence à Gênes et Bari, d’Udine et Bologne à Reggio Calabria, Ancône et Pérouse jusqu’à Rome – doivent aujourd’hui prendre pleinement connaissance des événements qui se sont déroulés au-dessus de leurs têtes – jusqu’ici rejetés comme «anonymes» – Événements et circonstances gravement préjudiciables à l’héritage moral de la Confrérie historique de Giuseppe Garibaldi et Ernesto Nathan , et conclure en pleine prise en charge personnelle ».

Interview exclusive : Amande Pichegru à la rencontre des sœurs, des frères et des profanes à Vichy !

Amande Pichegru, en qualité de Grand Maître de la fédération française du Droit Humain International sillonne la France et participe à de multiples conférences et aussi à des tenues dans les loges du Droit humain.

C’est ainsi que le Mardi 17 juin une conférence publique était organisée au Centre Culturel de Vichy et le Mercredi 18 juin, une tenue de la RL La Paix du DH accueillait le GM !

La salle du centre culturel était bien remplie par près de 200 spectateurs et les colonnes de la RL La Paix étaient, elles aussi, bien fournies de frères et sœurs des différentes loges vichyssoises.

L’occasion pour le correspondant de 450.FM de Vichy de proposer à Amande Pichegru une interview exclusive. Cet entretien avait aussi la particularité d’intervenir à la fin de mandat du GM qui doit descendre de charge pour le prochain convent de la fédération française du Droit Humain qui se déroulera à Aubervilliers du 25 au 27 août 2023.

Amande Pichegru, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, a une personnalité très attachante qui allie simplicité et spontanéité ! Possédant une voix et une élocution claire et mélodieuse qui suscitent l’empathie, on peut comprendre que ses prestations soient recherchées et marquent les auditoires !

Michel pour 450.FM : Merci d’accepter cette interview exclusive pour 450.fm. Vous voilà à Vichy et il n’y a pas si longtemps, vous étiez à Moulins pour une autre conférence, connaissiez-vous notre département ? Y avez-vous des souvenirs personnels ?

Amande Pichegru : Je ne connaissais pas ces deux Orients de l’Allier avant ma venue pour mes conférences. Ces deux évènements m’ont permis de découvrir deux villes superbes avec un patrimoine magnifique, et surtout des Frères et Sœurs, du DROIT HUMAIN et d’autres obédiences, pour qui la fraternité est une réalité concrète. Par la qualité de leur accueil, à peine arrivée dans l’Allier, je m’y suis sentie chez moi. Les souvenirs de moments riches en émotion resteront gravés dans mon cœur. C’est la magie de la franc-maçonnerie !

Michel : De votre expérience de GM, quels enseignements tirez-vous quant au fonctionnement des loges maçonniques dans un pays comme la France ?

A.P. : La dynamique des loges est très inégale. Certaines ont une grande confiance en leur capacité à construire des personnes éclairées et engagées et ainsi participer au progrès du monde. Lea plupart des loges débordent d’initiatives en tenue et dans l’espace public. Elles osent sortir des sentiers battus du maçonniquement correct dans les thématiques initiatiques et sociétales traitées dans les planches. Leurs membres sont plus à l’aise pour se dévoiler… Logiquement, ces loges garnissent aisément leurs colonnes de nouveaux maillons. D’autres, en revanche, sont encore sur la réserve, cultivent l’entre-soi, notamment générationnel et sociologique. Elles ont du mal à transmettre la flamme à certains jeunes maçons qui sont pourtant demandeurs et bien formés pour prendre des responsabilités et enrichir leur parcours initiatique. L’obédience est là pour donner à ces loges les outils de leur mise en mouvement. À elles de s’en emparer !

Michel : En qualité de Grand Maitre National de la fédération française du DROIT HUMAIN, avez-vous pu, par votre intervention personnelle, faire avancer un dossier qui vous tient à cœur ?

A.P. : Incontestablement, celui qui était au cœur de mon programme : « Rassembler ce qui est épars » ! Après les épisodes de confinements Covid, il était capital de redynamiser les loges, ranimer leurs travaux avec énergie et enthousiasme, leur permettre de renouer des liens fraternels forts entre leurs membres et avec d’autres ateliers, en France comme à l’International. Pendant mon mandat, mes déplacements dans plus d’une soixantaine d’Orients de métropole et d’outre-mer ont été autant d’occasions de créer des moments de grande fraternité et d’échanges avec les ateliers, d’écouter leurs besoins et projets, de leur insuffler un nouvel élan. Dans cette logique, j’ai aussi mis l’accent sur la communication interne qui, via une lettre mensuelle aux membres et un site intranet enrichi, a permis à chaque Frère et Sœur d’avoir une connaissance plus fine de la vie des loges et de la Fédération afin que, dans notre grande diversité, nous soyons fiers de notre appartenance au DROIT HUMAIN. Je suis également heureuse du tournant pris par notre Fédération pour une meilleure visibilité dans l’espace public afin que le DROIT HUMAIN prenne sa juste place dans l’environnement maçonnique global : celle de 2ème plus vieille obédience de France et celle de l’unique organisation maçonnique mixte internationale au monde, unique dans l’histoire, unique par son implantation dans plus de 60 pays des 5 continents. Enfin, avec plus de 50 conférences publiques, colloques, spectacles, afterworks… organisés dans divers Orients, les loges du DROIT HUMAIN n’auront jamais eu autant d’initiatives pour aller à la rencontre des profanes ! Notre forte présence sur les réseaux sociaux, ainsi que dans la presse régionale, nous a donné une visibilité importante pour « prendre place » dans la cité.

Michel : Du fait de votre formation personnelle, être anglophone a-t-il constitué un avantage dans votre activité de Grand Maître National ?

A.P. : En 2022, j’ai eu le grand plaisir de participer au Convent International de notre Ordre qui se tient à Paris tous les cinq ans. L’anglais est l’une des trois langues, avec l’espagnol et le français, à être utilisée dans l’exécution de nos rituels. Maîtriser d’autres langues étrangères permet naturellement de vivre encore plus pleinement l’internationalisme du DROIT HUMAIN et de nouer aisément des contacts avec des Frères et Sœurs du monde entier. Cela dit, le R.E.A.A. agit tel un espéranto entre tous les membres du DROIT HUMAIN présents dans plus de 60 pays dans 5 continents – chacun en comprend le sens, quelle que soit sa langue.

Michel : Quelle est votre analyse des problématiques de la société française ?

A.P. : Ma grille d’analyse des enjeux de notre société est maçonnique. En tant que Grand Maître National, je regarde donc l’actualité à travers le prisme de nos rituels qui nous invitent à toujours chercher là où la liberté, l’égalité et la fraternité font défaut. L’ambition, l’ignorance et le fanatisme déclenchent encore des comportements des plus indignes. Heureusement, la pratique maçonnique nous apprend à les dominer et à toujours garder le cap vers la mise en œuvre de l’utopie de justice sociale proclamée par les premiers articles de notre Constitution Internationale. Je suis enfin très sensible à l’une des phrases de notre chaine d’union qui propose de faire le serment de « toujours maintenir lumineuse et droite la flamme de l’amour unique et de l’esprit humain » face à un monde « où règnent la matière, la violence et le mensonge…».

Michel : La démarche maçonnique est souvent présentée comme duale avec d’un côté le parcours personnel et de l’autre, l’engagement dans la cité, partagez-vous cette présentation ?

A.P. : Tout à fait ! La pratique maçonnique du DROIT HUMAIN repose sur 2 piliers : l’un initiatique pour la compréhension et la construction de soi, et l’autre sociétal pour la construction d’un monde meilleur. Les articles de notre Constitution internationale sont clairs : le travail au progrès de l’Humanité est notre objectif. Le travail initiatique sur soi est notre méthode pour y parvenir.

Michel : En qualité de  femme, avez-vous, vous-même été victime de violences du simple fait de votre genre ?

A.P. : Non. J’ai eu la chance de pouvoir construire ma vie personnelle et professionnelle sans portes qui soient restées fermées lorsque je voulais les ouvrir. En revanche, lors de mon entrée dans le monde maçonnique, j’ai trouvé très choquant le fait que certaines portes soient fermées aux femmes à cause de leur chromosome XX. Il arrive encore que des frères voulant faire œuvre de galanterie appellent les sœurs « Madame » au lieu de « ma sœur ». Cela est d’une grande violence, insupportable de condescendance et de misogynie ! C’est pour cela que le DROIT HUMAIN est exemplaire : car l’égalité y est effective dans nos loges depuis 130 ans et le genre est une non-question. Notre pratique maçonnique forme ainsi les frères à vivre dans une parfaite égalité avec les femmes dans leur vie profane, et les sœurs à ne plus accepter, en qualité de citoyenne, de laisser une quelconque place au différentialisme d’un autre temps.

Michel : Comment vivez-vous les témoignages des violences faites aux femmes et la relative impunité dont bénéficient certains hommes ?

A.P. : Je vis très mal la grande impunité des violences des hommes envers les femmes. Justice doit être rendue !

Michel : Un débat divise les intellectuels français au sujet du « wokisme », quelle est votre opinion ?

A. P. : Le wokisme est un concept flou. Je comprends le « wokisme » comme un mouvement de pensée et de militance qui cherche à essentialiser certaines caractéristiques des individus (leur couleur de peau, leur genre, etc…). Il en fait une composante essentielle de leur identité pour expliquer les injustices qu’ils subissent à travers ce prisme et pour combattre ces injustices par une violence symbolique ou réelle contre d’autres personnes présentées comme discriminantes. C’est souvent réducteur, excluant, vindicatif, voire grotesque. C’est l’inverse de la démarche d’inclusion et d’universalisme que nous pratiquons au DROIT HUMAIN et qui se refuse absolument à essentialiser les individus via l’une ou l’autre de leur caractéristique. Je comprends aussi que les mouvements réactionnaires et liberticides instrumentalisent le terme de wokisme pour disqualifier d’un revers de main tout mouvement ou personne voulant mettre en lumière des injustices…

Michel : Dans la perception de la franc-maçonnerie par l’opinion publique française, quelle est, selon vous, la place des préjugés ?

A.P. : Elle est encore trop importante. Face aux complotistes de tout poil qui se donnent les moyens techniques et créatifs de diffuser massivement leurs âneries, c’est aux francs-maçons d’expliquer qui ils sont, ce qu’ils font et d’investir, avec plus d’énergie et de consistance, les espaces où l’opinion publique se forme : les réseaux sociaux, la presse…et d’aller davantage à la rencontre des citoyens. Les préjugés se lèvent aisément lorsque nos membres acceptent de se dévoiler dans leur entourage personnel, professionnel, associatif… La capacité et le courage de se dévoiler est le cœur de l’enjeu pour contrer les infox et les préjugés.

Michel : Y-a-t ’il un sujet que vous regrettez de ne pas être suffisamment pris en compte dans les thèmes de réflexions des loges ?

A. P. : Oui, l’ADN du DROIT HUMAIN ! Nos pionniers, les sujets qu’ils traitaient en loge et les chantiers militants sur lesquels ils œuvraient dans la société étaient courageux, iconoclastes, perturbateurs, transgressifs, empêcheurs de « maçonner en rond ». Il nous faut rester fidèles à cet héritage. Notre ADN doit rester vivace, nous en avons la légitimité et les ressources. Je serai chagrinée que certains de nos membres ne se sentent pas autorisés à déployer davantage cet ADN dans le choix de leurs travaux sociétaux. Notre Constitution internationale nous précise bien que nous ne nous imposons « aucune limite à la recherche de la vérité » ! Ne nous en privons pas !

Michel : Êtes-vous consciente du débat intergénérationnel qui existe parmi les maçons ?

A. P. : Évidemment, car l’intergénérationnel se vit au quotidien dans nos loges ! Leur capacité à réunir sur les mêmes colonnes autant de générations, de jeunes actifs aux vieux retraités, est remarquable pour bien réfléchir aux questions intergénérationnelles qui se posent dans notre société.

Michel : Quel est votre avis sur la place de plus en plus importante prise par l’Intelligence Artificielle ?

A. P. : Archimède aurait dit « Donnez-moi un point d’appui et avec un levier, je soulèverai le monde ». Si l’intelligence artificielle est sans conteste un levier impressionnant, la responsabilité des francs-maçons est de trouver le juste point d’appui pour que le monde change avec l’A.I. conformément à leurs idéaux de justice sociale. Cette question a de quoi provoquer de très nombreuses planches et riches débats en loge !

Michel : Cela m’amène à vous demander ce que vous pensez de l’évolution du transhumanisme ?

A. P. : Je répondrai exactement de la même manière avec Archimède !

Michel : Auriez-vous un message à transmettre aux lecteurs de 450.fm ?

A. P. : Aux francs-maçons d’autres obédiences, je dirais : dès la rentrée, visitez nos loges du DROIT HUMAIN, vous serez toujours les bienvenus pour construire et partager notre égrégore ! Pour les non-maçons, je dirais : ne soyez pas intimidés par la franc-maçonnerie, demandez simplement via notre site internet à rencontrer l’un de nos membres. La franc-maçonnerie est une société ouverte.

Interview réalisée par Michel pour 450.FM


Pour mieux connaître le Droit Humain Internationnal

L’histoire du Droit Humain International

Le maillon de la chaîne maçonnique – Au tour de la Parole…

Deux fois l’an, sœurs et frères attendent avec impatience la parution du « maillon »… C’est le cas en cette veille de départ en vacances.

Une revue que nous devons à Gilberte* et Philippe Colaneri**, tous deux à la très grande expérience maçonnique. En 1993, notre regretté Frère Daniel Ribes*** en devient le directeur. Rappelons qu’il s’était vu honoré par l’Institut Maçonnique de France (IMF) qui lui a attribué, à l’occasion du Salon Maçonnique du Livre (SML) en 2007, son prix spécial du jury pour son œuvre éditoriale et sa carrière.

Daniel Ribes.

Le but premier de Le maillon de la chaîne maçonnique étant d’apporter, au lecteur en général mais aussi aux sœurs et frères de toutes obédiences, une réflexion propre à illustrer la diversité du panorama maçonnique tout en leur permettant d’approfondir le message contenu dans la pratique de toute loge.

Rappelons aussi que le « maillon » fut nominé au Salon Maçonnique du Livre de Paris 2019, en catégorie « Revues » dans le cadre des prix littéraires de l’Institut Maçonnique de France (IMF).

Christine Ribes.

Nous vous invitons à lire un extrait de l’éditorial que nous devons à Christine Ribes, directrice de publication :

« Ma parole !… Parole d’homme, parole d’honneur, parole en l’air ou parole d’évangile, selon le philosophe Sénèque la parole reflète l’âme. Qu’on la prenne ou qu’on la coupe impunément à d’autres, elle nous appartient, elle est le propre de l’Homme et lui permet de communiquer, de transmettre.

Elle déborde dans le monde profane, caracole en liberté, tel un cheval sauvage, chuchote en secret ou fait du tapage.

En Loge, la parole est précieuse et apaisée, elle circule en triangulation selon la géométrie du Temple et le silence la suit, comme une ombre bienveillante. Les deux s’entrelacent et permettent d’exprimer nos idées, d’écouter attentivement, de faire vivre les colonnes et d’enrichir la réflexion commune avec nos différences. Au-delà des parvis, les beaux parleurs feraient bien de s’en inspirer… »

Le sommaire du N° 153 

Édito – Christine Ribes

À l’extérieur du temple

Interview Sylvie Pierre – Didier Ozil

Symbolisme

Je ne sais qu’épeler* – E.F.

Poursuivre au-dehors l’œuvre commencée dans le Temple – Ysabeau Tay Botner

Ésotérisme

Sur les Coïncidences paradoxales – André Benzimra

Au commencement le Verbe* – Patrice Monnet

Philosophie

Sagesse et engagement maçonnique* – Daniel Girardeau

Histoire

Puisqu’il est l’heure* – Dominique Segalen

Libre court

Grand Maître au GODF, à quoi ça sert ? – Philippe Foussier

Les pages du Compagnon

Du Silence à la Parole* – C.R.

Sch… Le passant sachant passer* – F.D.

Les pages du Maître

Autour de la Parole Perdue* – Jacques Aben

Le mot, le nom et la parole des Loges de Saint-Jean* – F.M.

Livres, revues et bibliographie

Vies des Loges et des obédiences

Récapitulatif des derniers numéros

Didier Ozil.

La rubrique « À l’extérieur du temple » est consacrée à une interview de Sylvie Pierre, réalisée par Didier Ozil, secrétaire de rédaction. Une belle personne qu’il avait rencontré à l’époque où elle travaillait comme chargée de programmation pour la télévision dans les années 90, dans ce projet d’une télévision du Savoir et de la Connaissance et de l’emploi, qui s’appelait alors la 5e avant de devenir plus tard France 5. Ils se sont par la suite retrouvés dans différents colloques universitaires, notamment autour d’un thème auquel Madame Sylvie Pierre tient beaucoup : la laïcité. Ce qui a particulièrement frappé notre chroniqueur Didier, c’est la notion de transmission qui sert de fil conducteur aux multiples expériences professionnelles de Sylvie Pierre qui dispense désormais son savoir pour enseigner aux enseignants. Elle est actuellement maîtresse de conférences à l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INPSE) de Lorraine où elle enseigne les sciences de l’information, de la communication et des éducations.

Philippe Foussier, Grand Maitre du Grand Orient de France e 2017 à 2018 | VERNIER/JBV NEWS

Nous sommes aussi attirer par le titre de l’article de notre frère journaliste indépendant Philippe Foussier, Grand Maître du GODF de 2017 à 2018, « Grand Maître au GODF, à quoi ça sert ? » Et, tout naturellement, d’apporter, avec force d’arguments, la réponse. Dont voici les premières lignes : « Dans les différentes obédiences composant le paysage maçonnique français, le rôle du grand maître – ou de la grande maîtresse – n’est pas nécessairement comparable. L’auteur de ces lignes s’en tiendra à la fonction telle qu’elle est pratiquée au Grand Orient de France, conscient des limites obédientielles de la démonstration. Il s’exprime bien sûr en son nom personnel. Philippe Foussier

Au Grand Orient de France, à quoi sert un Grand Maître ? A rien ou presque, et tant mieux ! On pourrait certes trouver dans l’histoire des figures qui ont marqué l’obédience par le legs important qui a été le leur : Frédéric Desmons pour la liberté absolue de conscience, Arthur Groussier pour la fixation du rite réglementaire (français) ou l’attention à la question sociale, plus près de nous Fred Zeller ou Jacques Mitterrand pour l’ouverture accrue de l’obédience au monde profane, la liste n’est naturellement pas limitative.

Mais lorsqu’on parcourt la liste des présidents de cette obédience (1) on est frappé par la faible trace laissée par la quasi-totalité d’entre eux. Au fond, les grands maîtres passent et l’obédience demeure. C’est assurément l’essentiel… »

(1) Les Grands Maîtres du Grand Orient de France du XVIIIe siècle à nos jours chez Conform édition, 2nd éd., 2020.

Deux sous-titres et un encadré retiennent notre attention : « Ni Dieu ni César ni tribun » ; « Le présidentialisme, voilà l’ennemi » et « le Grand Maître est le visage et la voix de l’obédience« .

Et, « the cherry on the cake » littéralement « la cerise sur le gâteau », nous apprenons, page 111, que Jean-Luc Lebras, agrégé de géographie, ayant servi de 1973 à 2012 au ministère de la coopération et du Développement et au ministère des Affaires étrangères, par ailleurs membre de l’Institut d’Études et de Recherches Maçonniques (IDERM) et membre de l’Aéropage de recherches SOURCES du suprême Conseil du Grand Orient de France, nous livrera cet été un très bel ouvrage qui a pour titre LE PARIS G.O.-Histoire des adresses successives du Grand Orient de France. Un ouvrage préfacé par le Grand maître du Grand Orient de France, Georges Sérignac. Publié chez DETRAD, en voici la présentation :

Jean-Luc Lebras.

«  La rue Cadet est devenue, dans l’esprit du grand public, synonyme de Grand Orient de France ; certes ce dernier y est installé depuis 1852, soit un siècle et demi, mais il y a beaucoup pérégriné avant cela et cet aspect des choses est souvent mal connu.

Pour s’y retrouver dans une histoire riche peut aussi synthétiser et qui reste à faire, le lecteur sera invité à un parcours en trois étapes donnant les grandes séquences de l’histoire de cette adresse mythique, à partir du thème des adresses successives du Grand Orient de France : Pérégrination du G.O.D.F. jusqu’à son installation rue Cadet (1773-1852)/La rue cadet de 1852 à 1950/Le « 16, rue Cadet » (1852-2023). »

Alors, Le PARIS G.O., de la langue des oiseaux ?

Ne faudrait-il pas comprendre que Le PARIS G.O. est tout simplement le parigot, de parisien avec le suffixe parfois péjoratif -ot., signifiant qui habite ou est originaire de Paris, capitale de la France et ville lumière par excellence !

Un magnifique 128 pages grand format – 20×22 cm –, en couleur et remarquablement illustré, à seulement 27 €.

La quatrième de couverture.

Le maillon de la chaîne maçonnique – Au tour de la Parole…

Revue indépendante d’information et de documentation inter-obédientielles

DETRAD aVs, N° 153, Juin 2023, 116 pages, 15 €

Disponible chez DETRAD

*Gilberte Colaneri (OE), succédant à Edwige Prud’homme, a été Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France pour une année (1975-1976) et ensuite, après Yvonne Dornès, deux années, de 1980 à 1982. Fondatrice de nombreuses loges, notre TCS Gilberte a été Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil Féminin de France du Rite Écossais Ancien et Accepté.

**Philippe Colaneri (OE) à qui nous devons, entre autres, un article dans Le maillon n° 95 – chapitre « Ésotérisme – sur « Note sur le rite » a longtemps collaboré avec René Guilly sur le Rite Français Moderne Rétabli. Travaux fruit de la loge « Du Devoir et de la Raison », du GODF.

***Initié au sein d’une Loge du Grand Orient de France, Daniel Ribes joua un rôle essentiel dans la création, en 1974, de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR). Il fut également Souverain Grand Commandeur du Rite de Salomon et Grand Maître Général de l’Ordre. Avec quelques Frères, dont l’écrivain et philosophe Daniel Béresniak (1933-2005) et le chansonnier, acteur, humoriste, caricaturiste et Régent de l’Institut de Pataphysique – science des exceptions et des solutions imaginaires – Léo Campion (1905-1992), il créa le Rite Opératif et Chevaleresque de Salomon (ROCS).

Serait-ce le signe du déclin de la Franc-maçonnerie… ou sa mutation ?

C’est en observant les signaux faibles que les mutations à venir se font sentir. La Franc-maçonnerie n’échappe certainement pas à cette règle. Pour preuve, les propos de Roger Dachez dans une interview de Jacques Carletto passée ce jour dans nos colonnes, ou encore le récent ouvrage de Franck Fouqueray : « Les clés d’une nouvelle Franc-maçonnerie par le corps ». La rédaction a déniché un article issu d’un blog catholique dont la teneur mérite le détour. Chacun se fera son idée…

Pourquoi nous sommes entrés dans une ère « post-maçonnique »

Nous vivons, nous disent les sociologues, philosophes, politiciens et même hommes d’Eglise, à l’ère post-industrielle, post-chrétienne, post-communiste (???), et bientôt post-humaine, intelligence artificielle oblige. Tout cela peut évidemment être discuté, ou au moins nuancé, et d’autres sont évidemment bien plus qualifiés que moi et mes faibles lumières pour le faire. Plus surprenant, l’affirmation que nous serions dans une ère post-maçonnique, en un moment où les idéaux des Loges semblent triompher partout. Justement…

C’est ce qui semblait ressortir d’un ouvrage paru récemment en Italie sous le titre La tiara e la loggia. La lotta della Massoneria contro la Chiesa (ed. Fede & Cultura, 2023), préfacé par don Nicola Bux (liturgiste très apprécié de Benoît XVI). L’auteur, Gaetano Masciullo, jeune philosophe catholique et journaliste free lance s’en défend, et affirme avoir été mal compris, dans une mise au point que je trouve particulièrement originale, et intéressante même pour quelqu’un qui n’a pas/ne lira pas le livre, et qu’AM Valli publie aujourd’hui.

La cause finale de la franc-maçonnerie a été atteinte, et la franc-maçonnerie est de fait « inutile », dans le sens où il y a beaucoup d’institutions qui travaillent à développer la gnose et le socialisme sans être initiées dans les loges.

Aujourd’hui, toutes les institutions (écoles , universités , cinémas , médias, etc.) pensent comme des francs-maçons sans tablier.

Sul libro “La tiara e la loggia” / In che senso siamo in un tempo post massonico

Dans mon livre récemment publié, La tiara e la loggia. La lotta della Massoneria contro la Chiesa [La Tiare et la Loge. La lutte de la franc-maçonnerie contre l’Église], j’affirme que la période historique dans laquelle nous vivons peut être définie comme la « période post-maçonnique » par opposition à la période maçonnique proprement dite, ou « du triomphe maçonnique », comme je la définis dans le texte, et que j’ai grossièrement datée de 1717 – année de la fondation de la franc-maçonnerie spéculative – à 1945. Certains lecteurs ont été déconcertés par cette datation, interprétant mal, à mon avis, la signification philosophico-historique qu’elle comporte.

Ce malentendu est dû, je crois, à une mauvaise compréhension du préfixe « post » dans l’expression « post-maçonnique ». En effet, dire que nous vivons dans une période post-maçonnique ne signifie pas que la franc-maçonnerie est morte, qu’elle n’est plus opérante, qu’elle ne s’occupe plus d’activités culturelles, politiques ou économiques. Cela signifie simplement – comme je l’ai écrit dans le texte – que la cause finale (ce pour quoi une chose donnée existe, et donc la raison d’être de cette chose) de la franc-maçonnerie a été atteinte.

Quelle était la cause finale de la franc-maçonnerie ? Dans mes recherches, j’esquisse au moins trois directives à cet effet : le remplacement de la culture catholique par une culture de matrice gnostique ; la diffusion politico-économique du socialisme (que j’utilise ici comme synonyme d’étatisme) ; le retrait du pouvoir temporel à l’Église catholique, entendue comme seule garante de la libertas Ecclesiae d’enseigner la vérité, contre les tentations incessantes des pouvoirs séculiers de s’ériger en autorité morale de l’humanité. Ces trois directives, que l’on peut résumer par une seule expression latine d’origine virgilienne, très en vogue dans les loges, novus ordo saeclorum (« nouvel ordre mondial »), ont été réalisées.

Le « nouvel ordre mondial », attention, n’est pas le mondialisme : ce n’est qu’un effet. Quiconque connaît la philosophie aristotélico-thomiste sait bien comment distinguer, dans l’examen d’une entité quelconque, la cause formelle, la cause finale et les effets de celles-ci. Par exemple, si je dis que la cause formelle de l’homme est sa rationalité, il s’ensuit que la cause finale de l’homme ne peut être recherchée loin de là, et en effet la cause finale de l’homme (ce pour quoi l’homme existe) est la sagesse, qui avec le christianisme prend cette dimension particulière qui porte le nom de sainteté. Mais la rationalité de l’homme est suivie de certains effets qui ne sont pas la cause finale de l’homme : puisqu’il est rationnel, il s’ensuit certainement qu’il est le seul animal capable de rire, ou le seul capable d’habileté manuelle, donc le seul capable de manipuler la nature et de construire des objets à son avantage. Celui qui confond un effet quelconque de la forme d’une chose avec la cause finale de cette chose s’apparente à un philosophe qui enseigne que la cause finale de l’homme est d’être un travailleur, plutôt que d’être savant (ce n’est pas un exemple au hasard, c’est celui que je fais, car dans la franc-maçonnerie il y a eu des gens qui ont enseigné cette erreur philosophique à maintes reprises : voir, à sa manière, Hegel). De même, ceux qui pensent que le mondialisme est le nouvel ordre mondial, c’est-à-dire la fin de la franc-maçonnerie, confondent l’effet de la fin avec la fin elle-même.

Certes, la franc-maçonnerie existe et fonctionne encore (à des degrés divers), à la fois pour préserver la Révolution et pour produire ces effets. Mais la cause finale de la franc-maçonnerie a été atteinte, et la franc-maçonnerie est de fait « inutile », dans le sens où il y a beaucoup d’institutions qui travaillent à développer la gnose et le socialisme sans être initiées dans les loges. Il y en a d’autres qui peuvent très bien travailler à la place des francs-maçons, et qui sont tout aussi organisées, si ce n’est plus.

Lorsqu’une institution devient inutile parce qu’elle a atteint son but, sa mort, sa disparition, n’est pas automatique. Nous sommes pleins d’institutions inutiles, obsolètes, mais toujours vivantes. Les bersaglieri et les gardes suisses en sont deux exemples frappants.

Aujourd’hui, toutes les institutions (écoles , universités , cinémas , médias, etc.) pensent comme des francs-maçons sans tablier. Cela ne signifie pas pour autant que la Révolution est terminée. L’erreur qui est très souvent commise, et qui peut être à l’origine du malentendu que je veux dissiper ici, est de confondre et d’amalgamer la Révolution avec la Franc-maçonnerie, en oubliant que la Franc-maçonnerie n’est qu’un instrument, certainement le plus efficace, de la Révolution.

Comme je l’écris dans le livre, l’épée de la Révolution est maintenant confiée à d’autres entités en dehors de la franc-maçonnerie, principalement la composante moderniste de l’Église catholique. Quand on comprend que la Révolution est un phénomène bien plus grand que la Franc-maçonnerie, on comprend pourquoi je parle d’une période maçonnique et d’une période post-maçonnique. Et si l’on veut, on pourrait parler d’une période pré-maçonnique, si l’on considère que la Révolution a été préparée dès les premiers siècles après Jésus-Christ avec la montée des sectes gnostiques, qu’elle a été fécondée au cours du Moyen-Âge avec la naissance de nombreux mouvements culturels qui ont vu leur matrice dans le gnosticisme (alchimie, catharisme, kabbalisme), et qu’elle a connu sa première vraie victoire avec la révolution luthérienne, des siècles avant la naissance de la Grande Mère Loge de Londres.

En fait, la Révolution, qui est la clé avec laquelle il faut lire le phénomène maçonnique pour le comprendre, a une cause finale très différente, qui se cache dans le nom même de « révolution » (comme l’enseigne saint Thomas, les noms suggèrent souvent la finalité) : le bouleversement de l’homme dans son rapport avec la réalité.

C’est pour cela que la Révolution a ses directives propres, au nombre de cinq, parce qu’il y a cinq rapports de l’homme à la réalité : religieux, politique, économique, social et anthropologique. L’ordre n’est pas aléatoire. Comme je l’ai écrit dans le livre, si nous considérons l’homme comme une citadelle, le mur extérieur est celui de la religion, tandis que le mur intérieur est celui de l’anthropologie, c’est-à-dire celui qui nous dit ce qu’est l’être humain. L’assiégeant a commencé par détruire le mur extérieur, le contre-révolutionnaire doit au contraire reconstruire à partir du mur intérieur.

Si nous analysons les moments où les cinq phases de la Révolution se sont réalisées, nous constatons que la franc-maçonnerie n’a travaillé directement que pour l’une de ces phases. Or ces cinq phases sont la révolution luthérienne qui a agi dans le domaine religieux, la révolution française dans le domaine politique, la révolution soviétique dans le domaine économique, la révolution de 1968 dans le domaine social et la révolution du genre dans le domaine anthropologique.

La franc-maçonnerie n’a agi directement que sur la phase politique de la Révolution, et moins directement sur la révolution soviétique, comme je l’explique longuement dans mon livre. Ce n’est pas un hasard. Les francs-maçons des XVIIIe et XIXe siècles ont bien compris que pour détruire l’ordre catholique, il fallait instiller une nouvelle vision du cosmos dans l’esprit de l’élite politique. Le fait que les francs-maçons aient contribué à la victoire de la révolution soviétique, de la révolution de 1968 et de la révolution du genre ne signifie pas que ce qui a été dit jusqu’ici est faux.

Une dernière remarque pour souligner la différence entre la révolution et la franc-maçonnerie, et la relation de type ministériel que cette dernière assume par rapport à la première.
Considérons l’événement historique de la Révolution italienne (ou, comme on l’appelle plus communément dans les manuels scolaires, le Risorgimento italien). Du point de vue de la Révolution, il s’agissait d’un appendice, d’un effet de la révolution politique, c’est-à-dire de la Révolution française.

Mais du point de vue de la franc-maçonnerie, c’était une priorité, car – comme on l’a dit – parmi les objectifs maçonniques figurait la mission de priver le pape de son pouvoir temporel légitime.

Avec la naissance de l’État italien, et en particulier avec l’exil du Saint-Père au Vatican, cet objectif a été atteint et, ce faisant, la porte infernale a été ouverte à l’entrée de la pensée gnostique dans la théologie catholique. Les papes qui ont régné entre 1870 et 1962 se sont efforcés d’enseigner aux catholiques (évêques et théologiens) la nécessité du pouvoir temporel papal pour défendre l’Église de l’infiltration moderniste, mais ils n’ont pas été écoutés, peut-être même pas compris. Si le pape était resté roi du royaume papal, ce que j’ai rapporté dans mon autre recherche, L’ariete del modernismo, 2022 [Le bélier du modernisme], ne serait jamais arrivé.

Et aujourd’hui, nous n’aurions pas le pape François.

Article issu du blog benoit-et-moi.fr

La Franc-maçonnerie a-t-elle encore un avenir en France ?

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La Franc-Maçonnerie française a un passé singulier et un présent pluriel. Quel sera son futur ? Sociabilité ou spiritualité ? société de pensée ou école d’éveil ? Le rapport entre spiritualité et religion reste un débat.
Mais le cas français est à mettre en perspective avec l’évolution des Franc-maçonneries partout dans le monde. Cela conduit à réfléchir aux notions de régularité, de mixité, de subsidiarité, de relations interobédientielles. Cela oblige, surtout, à mieux penser le sens de l’initiation

Roger Dachez a été initié à la Grande Loge de France en 1980 –  Il est depuis 1985 membre des Loges Nationales Françaises Unies (LNFU) dont il fut président du conseil national de 1992 à 1997. Il est également président de l’Institut Maçonnique de France, fondé en2002. Depuis le 21 avril 2018, il est le grand maître des Loges nationales françaises unies. Roger Dachez est aussi membre du comité scientifique du Musée de la Franc-Maçonnerie à Paris Parallèlement, il dirige la revue d’études maçonniques  » Renaissance Traditionnelle  » – Il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la Franc-Maçonnerie

Lieu symbolique : Le Jardin pour la Paix de Bitche, en Moselle

Le jardin a été créé en 2003 au pied de la citadelle de Bitche, commune du Nord-Est de la France, située dans le département de la Moselle, en Lorraine et en région Grand Est.

Blason de la ville de Bitche.

Il fait partie du réseau transfrontalier Jardins sans Limites qui s’étend en Moselle, Sarre (Allemagne) et au Luxembourg.

Bitche, vue de la citadelle.

Un jardin, comme un Éden

Entre la ville et la citadelle, chef-d’œuvre d’architecture militaire, le Jardin pour la Paix a été imaginé et conçu comme un élément de réconciliation du Pays de Bitche avec son histoire.

Mme Florence Robert.

Créé par l’architecte paysagiste Florence Robert – diplômée à l’École d’architecture de Montpellier (1986), elle décroche un CEA « Jardins, territoires et paysage » à l’École d’architecture de Versailles, puis obtient un DEA Paysage à La Villette –, ce jardin est un lieu unique de création horticole. Il présente une douzaine de jardins éphémères régulièrement renouvelés.

Aussi surprenant qu’insolite, c’est un véritable univers floral qui associe le verre, le cristal, les plantes rustiques, le fer forgé, les graminées… Des artistes procèdent à des interventions pérennes ou expériences éphémères.

Ainsi, chaque jardin a une histoire et une ambition propre. Tous sont cependant le fruit de rencontres uniques, improbables, et de généreux échanges artistiques. Centre de gravité du fleurissement urbain de la cité fortifiée, le Jardin pour la Paix s’inscrit dans le prolongement du festival Jardins en Troc, véritables colonies de créativité et d’échange semées dans toute la Ville.

À l’ombre de ses monuments de pierre, la ville de Bitche recèle donc un verdoyant écrin de lumière. C’en est fini de la Guerre ! L’ancienne esplanade militaire est désormais rehaussée d’un paisible coin de verdure. Soulignant la vocation mémorielle de la Citadelle, le jardin pour la Paix a été conçu comme l’expression d’un engagement d’avenir.

La symbolique du jardin

Le jardin est aussi le symbole de la puissance de l’homme, de son pouvoir sur une nature qu’il veut maîtriser. Symbole de la culture opposée à la nature sauvage, le jardin s’oppose à la forêt pleine de dangers. Dans l’Extrême Orient le jardin est le résumé de l’ordre cosmique, c’est le monde en petit.

Le jardin est le symbole du paradis sur terre. Les mythologies antiques évoquent souvent des jardins idylliques et naturels. Par exemple, dans la mythologie grecque, le jardin des Hespérides est un de ces jardins plaisants. Aussi, ces lieux sont souvent associés à la fertilité.

Dans la religion, la Bible, par exemple, accorde également une grande importance au jardin. En effet, le jardin d’Éden est un lieu fondamental qui représente à la fois le paradis sur terre et le péché originel. Ainsi, le jardin d’Éden symbolise à la fois la plénitude et la désobéissance. Plus précisent, en goûtant au fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam et Ève perdent leur innocence et le jardin paradisiaque leur est désormais inaccessible. Le jardin d’Eden est donc associé à la nécessité d’une innocence.

Pour mémoire, le jardin d’Éden, réputé proche des sources du Tigre et de l’Euphrate, devrait se situer selon des narrateurs originels établis dans la terre de Canaan (selon la tradition juive, Adam et Ève sont enterrés dans la caverne de Makhpela, à Hébron) dans les monts Taurus, en Anatolie.

Depuis toujours, la franc-maçonnerie eut pour le pacifisme un penchant… Élément de distinction de son propre univers idéal, l’art royal n’est-il pas à l’origine de la Société des Nations, ancêtre de l’ONU.

Gardons à l’esprit que, dès 1917, le Grand Orient de France tente de fédérer les obédiences internationales autour du projet de création de la Société des Nations. Comme pour attester de l’idée de la « der des ders », soit la dernière des dernières guerres… Les valeurs et principes de la franc-maçonnerie sont porteurs des idéaux de paix, de liberté, d’égalité, de fraternité, de solidarité et de dignité humaine…

Informations Pratiques

Site classé – Ouverture : Du dernier dimanche d’avril au 1er dimanche d’octobre : tous les jours de 11 h à 18 h/Dimanche, jours fériés et tous les jours en juillet et août : 11 h à 19 h/Visite guidée: le premier dimanche de chaque mois, sans supplément, de mai à septembre à 16h, en compagnie d’un jardinier de la Ville de Bitche. Visites guidées et visites pédagogiques sur réservation de mai à septembre.

Tarif(s) : Adultes : 4 €/Tarif réduit (enfants de 7 à 18 ans, étudiants, chômeurs, groupes > 10 personnes) : 2 €/Abonnement illimité : 19 € -Entrée gratuite pour les enfants de moins de 7 ans et les visiteurs de la Citadelle.

Sources : Parcs et jardins ; Wikipédia ; Wikimedia Commons ; 1001 Symboles ; Ville de Bitche

Un républicain du Dakota du Sud affirme que le mont Rushmore est un portail démoniaque vers le communisme créé par les Francs-maçons

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De notre confrère themessenger.com – Par Blake Harper

Le représentant d’État Joe Donnell dit que le monument est un « sanctuaire » créé par les francs-maçons pour vénérer le gouvernement

Le représentant de l’État du Dakota du Sud, Joe Donnell, a déclaré lors d’une interview qu’il pensait que le mont Rushmore était un portail démoniaque qui permettait au communisme de se répandre dans tout le pays.

Au cours de l’interview sur Now Is the Time avec Meri Crouley , Donnell a qualifié le mont Rushmore de « sanctuaire » créé par les francs-maçons pour vénérer le gouvernement qu’il prétend « avoir » construit. Il a ensuite dit à Crouley qu’il existe un tunnel qui relie directement Rushmore à Washington DC et que le sanctuaire était un « portail pour des choses démoniaques ».

Selon Donnell, le discours de Donald Trump au mont Rushmore au cours de ses derniers jours en tant que président était évident que Dieu agissait contre ces forces démoniaques.

« Même l’atterrissage de Donald Trump dans les Black Hills au mont Rushmore le 4 juillet, lorsque la gouverneure Kristi Noem a annoncé que les feux d’artifice revenaient dans le Dakota du Sud, c’était un mot prophétique », a expliqué Donnell.

Donnel dit qu’après la visite de Trump, Dieu lui a dit qu’il y aurait quelque chose qui permettrait « à la Constitution d’être respectée », bien qu’il ne précise jamais à quoi il fait référence. Cela l’a convaincu que les « choses démoniaques » auxquelles l’Amérique est confrontée sont en fait le communisme.

« Et j’ai un peu l’impression que ce à quoi nous avons vraiment affaire dans ce portail était le communisme », a expliqué Donnell. Cet autel de sorcellerie et ces choses qui se passent dans les Black Hills ; ce à quoi nous avons vraiment affaire, c’est au communisme; c’est l’idéologie et toutes les entités et esprits démoniaques derrière ça »

Donnell a ensuite déclaré que les tribus amérindiennes avaient été forcées de vivre dans des « tribus socialistes à part entière » dans le cadre de « la grande expérience ». Il pense que Trump serait quelqu’un pour changer les choses compte tenu de son « expérience professionnelle » et de sa « foi en Christ ».

Le fils d’un révolutionnaire russe Franc-maçon a remporté les Jeux olympiques pour la France

De notre confrère russe sport-express.ru – Par Roustam Imamov

Le destin fou de Vladimir Aitov, rugbyman, médecin, fils de Franc-maçon et prisonnier des camps de concentration allemands.

Une fois, nous vous avons déjà parlé de Walter Winans, le premier natif de Russie – le champion olympique. Et si nous allions plus loin et nous demandions qui a été le premier vainqueur olympique parmi notre diaspora d’émigrants de la première vague ? Un candidat possible dans ce cas serait Vladimir Aitov. Docteur en médecine, fils d’une figure éminente de la franc-maçonnerie russe  (David Alexandrovitch Aitov – 1854 – 1933), en France s’est retrouvé en Europe en raison des activités politiques de son père. Et il s’est montré sous différentes qualités – non seulement en tant que personnalité publique, scientifique et diplomate, mais aussi en tant qu’athlète. Vladimir était l’un des joueurs clés de l’équipe de France de rugby qui a remporté les Jeux olympiques à domicile en 1900.

Le fils d’un émigrant Narodnaya Volya est resté en contact avec la Russie

Aitov est une personne tout à fait unique pour qui le sport était un domaine important, mais loin d’être le seul et clé de la vie. Vladimir est un immigré de deuxième génération et est né à Paris. Son père David Aitov, cartographe et révolutionnaire, a été contraint de fuir Kazan vers la France. Entre deux enquêtes géographiques, Aitov Sr. fréquente les cercles radicaux de gauche et est l’un des partisans du célèbre mouvement « Aller au peuple ».

Initialement, la Narodnaya Volya s’est fixé pour objectif de comprendre la « Russie profonde », c’est-à-dire d’apprendre la vie des paysans et des petits bourgeois, qui constituaient la majorité de la population du pays. Mais peu à peu, les expéditions ethno-sociales ont commencé à être complétées par des attentats terroristes. Et bien que David lui-même n’ait pas participé à des actions violentes, il a intéressé le troisième département avec ses relations avec les partisans de la « virilité divine ». Et pour ne pas réaliser cet intérêt pour la pratique, il a été contraint de déménager en Europe, où son fils Vladimir était déjà né. Néanmoins, même si la famille Aitov vivait à l’étranger, elle n’a jamais interrompu son lien avec la patrie et, en plus du français, depuis son enfance, Vladimir a également enseigné le russe et le tatar. De plus, Aitov Jr. a même réussi à vivre à Saint-Pétersbourg, où il a étudié pour devenir médecin.

Il n’y avait que trois équipes dans un tournoi de rugby en 1900

Et pourtant, la jeunesse d’Aitov a été consacrée au sport. Depuis son enfance, Vladimir rêvait de rugby, un jeu alors extravagant que les Britanniques ont apporté sur le continent. En France, elle a rapidement gagné en popularité, Aitov n’a donc eu aucune difficulté à trouver un club pour s’entraîner et se développer. Vladimir Aitoff (c’est ainsi que son nom de famille tatar a été traduit en français) jouait déjà avec des adultes à l’âge de 15 ans, et vers 18 ans, il a commencé à être invité à s’entraîner avec l’équipe nationale. Vladimir a également été appelé aux Jeux olympiques de 1900 à Paris. Le rugby alors en tant que sport a été présenté aux Jeux pour la première fois. Seules trois équipes ont atteint la capitale de la France – en plus des hôtes, elles étaient les fondateurs du «jeu des gentlemen» de Grande-Bretagne et, de manière inattendue, l’équipe allemande. Les Britanniques étaient considérés comme les favoris évidents, mais ils ont perdu dans le dernier match face aux Français.

Pour le plus grand plaisir des Parisiens, les tricolores ont d’abord battu non sans mal les Allemands, ne surmontant leur résistance qu’en fin de seconde période, mais ensuite dans le dernier match, ils ont gagné avec confiance contre la Grande-Bretagne. Fait intéressant, les Britanniques ont été contraints de partager la deuxième place avec l’Allemagne – les organisateurs ont refusé d’organiser le match pour l’argent et le bronze. En général, le rugby a toujours été un sport problématique pour le pays hôte. À un moment donné, il n’y avait même pas assez de participants pour remplir le piédestal complet. Il n’est donc pas surprenant qu’après 1924, plus aucune compétition de rugby n’ait eu lieu dans le cadre des Jeux. En 2016, pour le bien du mouvement olympique, ils ont commencé à développer une version plus « budget » avec du rugby à 7.

Vladimir Aitov

Photo wikipedia.org

Il a soigné à Saint-Pétersbourg jusqu’à la Révolution d’Octobre

Néanmoins, la victoire des Français aux JO de 1900 est significative et mémorable, et la fédération locale de rugby la considère toujours comme l’une des principales réalisations de son histoire. À cause d’Aitov, bien qu’il n’y ait eu aucune tentative dans les matchs décisifs, la contribution de Vladimir au succès est également significative. Les historiens du sport français écrivent qu’il était l’un des meilleurs défenseurs et qu’il jouait souvent en position de fermeture – arrière. Et c’est grâce à lui que les Britanniques en finale n’ont pu réaliser qu’une seule tentative, puis après la mi-match. Néanmoins, le sport n’était pas encore un moyen de gagner sa vie, donc après la victoire olympique, Aitov a dû se chercher dans un nouveau domaine. Et ils sont devenus des médicaments. Deux ans plus tard, il entre à l’Université de Paris, où on lui propose un stage… dans la Russie tsariste.

Pour Aitov Jr., l’opportunité d’aller dans la patrie de son père était un vieux rêve, qu’il réalisa en 1905. Vladimir a travaillé comme médecin à l’hôpital français de Saint-Pétersbourg. Certes, il devait confirmer son diplôme pour avoir le droit de pratiquer la médecine en Russie. À l’hôpital Sainte-Madeleine, le jeune médecin est rapidement apprécié et est rapidement nommé chef du service thérapeutique. Vladimir pensait qu’il resterait pour toujours à Saint-Pétersbourg, et s’il allait en Europe, alors en tant que touriste. Pas étonnant, car il y a vécu plus de 13 ans au total. La Première Guerre mondiale et les bouleversements sociaux qui l’ont suivie ont changé la vie d’Aitov. En 1916, Vladimir est enrôlé dans l’armée. Cependant, pas au front, mais avec une mission médicale et diplomatique. Il était médecin dans un hôpital français, mais en plus du travail médical, il a également effectué d’importantes missions informelles.

A travaillé pour la Croix-Rouge et a été un membre actif de la Loge maçonnique

Malgré les opinions de gauche de son père, il était évident que sous les bolcheviks, Aitov Jr. ne serait pas le bienvenu à Petrograd. Oui, et Aitov Sr., vers la fin de sa vie, a renoncé aux idéaux révolutionnaires. Par conséquent, sans trop d’hésitation, en 1918, Vladimir, avec la mission militaire française, retourna en France. Où il aide les personnes qui ont fui la Russie en flammes. Aitov est devenu l’un des fondateurs du comité d’organisation pour aider les réfugiés sous la Croix-Rouge. Vladimir a pris la parole lors de réunions de la Société des Nations et connaissait Fridtjof Nansen, un scientifique et voyageur norvégien qui a créé le « passeport Nansen » pour les apatrides. Il n’a pas oublié la guérison et s’est également étroitement engagé dans la science. De plus, contrairement à de nombreux médecins de ces années, il fournissait régulièrement une assistance gratuite aux patients et était l’idéologue du système universel de médecine de l’État – le prototype de l’assurance moderne.

Trésorier de la Société russe de coopération intellectuelle, membre de l’Association des médecins russes à l’étranger. Membre à long terme du conseil d’administration de la Société Mechnikov des médecins russes. L’un des organisateurs de « l’hôpital russe », où travaillaient de célèbres médecins russes – la vie à Paris pour Aitov a recommencé à bouillir. En 1923, il rejoint le comité de la Ligue de lutte contre l’antisémitisme nouvellement formée, tout en n’étant pas juif et ayant des racines musulmanes. En 1927, il est devenu co-fondateur du Fonds d’assistance mutuelle pour les travailleurs russes et, un an plus tard, d’un comité mixte d’organisations techniques et d’ingénierie. Mais l’influence la plus active sur sa vie dans l’entre-deux-guerres fut la loge maçonnique. Vladimir aurait peut-être été initié à la franc-maçonnerie en 1919, immédiatement après son retour de Russie. En 1926, il serait devenu le vénérable maître de la loge russe « Astrea No. 500 » mais nous n’avons aucune preuve de cette information.

A survécu à quatre camps de la mort et est rentré chez lui

Si vous vous intéressez à l’histoire de la franc-maçonnerie russe au XXe siècle, vous tomberez d’une manière ou d’une autre sur la figure d’Aitov. Elle en était presque la clé, puisque Vladimir était membre de toutes les loges qui existaient alors, et des réunions avaient souvent lieu dans son appartement. Certes, après le début de la Seconde Guerre mondiale, le lien avec les francs-maçons et le mouvement antisémite ne lui a pas profité. Vladimir n’a pas fui Paris, où les Allemands sont entrés en 1940, et s’est retrouvé sous l’occupation nazie. Il a été envoyé au camp de Buchenwald, où il a failli être tué. Mais d’une manière ou d’une autre, il a survécu à la grande purge et s’est retrouvé dans un autre camp de la mort – Langenstein, puis dans le tristement célèbre Auschwitz. A la fin de la guerre, il est retrouvé au camp d’Alderstadt. Vladimir ne pesait que 34 kilogrammes. Il n’avait pas de dents et deux doigts.

Et pourtant, l’essentiel était qu’il survive à ce cauchemar et rentre à Paris. Là, il a été reconnu comme l’un des vétérans du mouvement de la Résistance, ainsi que comme membre du Commonwealth des partisans volontaires russes. Vladimir a aidé la clandestinité du mieux qu’il pouvait dans les camps de la mort et s’est également rapproché de la communauté orthodoxe. A tel point qu’en 1946, il décide d’abandonner l’islam et adopte la foi orthodoxe. Et il a même travaillé pendant une courte période comme recteur du temple de Gallipoli dans la capitale française. Aitov n’a pas oublié son travail actif d’avant-guerre, il est revenu à la vie politique du pays et s’est activement impliqué dans des œuvres caritatives. Pendant ses 84 ans, Vladimir a vécu une vie telle que tout le monde ne pouvait pas gérer même en plusieurs vies. Chevalier de la Légion d’honneur, la plus haute distinction de France, Aitov décède en 1963 et est inhumé au célèbre cimetière du Montparnasse à Paris.