Accueil Blog Page 423

Va vers toi-même ! Pour une redécouverte du message chrétien…

Olivier Bérut, et c’est le sous-titre de son ouvrage, nous invite à redécouvrir le message chrétien. Cela implique souvent un retour aux enseignements fondamentaux de Jésus-Christ tels qu’ils sont décrits dans les Évangiles et d’autres écrits du Nouveau Testament. C’est pourquoi l’auteur consacre un chapitre entier aux Écritures, à la Tradition ainsi qu’au Magistère, du latin magister (maître), terme théologique qui désigne la tâche d’enseignement des évêques et du pape selon la mission confiée par le Christ aux apôtres.

Cela peut impliquer une étude approfondie des textes sacrés, une réflexion sur les valeurs et les principes du christianisme, et une tentative de comprendre comment ces enseignements peuvent être appliqués dans le contexte moderne. Cela peut également inclure une recherche personnelle pour une expérience plus profonde ou authentique de la foi, souvent en réponse à un sentiment que la pratique religieuse traditionnelle ou institutionnelle qui s’est éloignée de ses principes de base. Olivier Bérut saura-t-il nous remettre sur le vrai et droit chemin ? Galates 6:1 « Frères, si quelqu’un vient à être pris en faute, vous qui avez l’Esprit de Dieu ramenez-le dans le droit chemin; mais faites preuve de douceur à son égard » (Bible Segond).

L’auteur parle avec son cœur puisqu’il partage ses « premières réflexions d’un nouveau pasteur » en livrant bon nombre d’éléments : connaissance de la communauté chrétienne, tradition, coutumes, usages, approfondissement de sa foi, relation avec Dieu, etc. Des réflexions essentielles pour assurer un début de ministère fondé sur l’écoute, la compréhension, le service et la croissance spirituelle… Pour lui, mais aussi pour le lecteur qu’il enrichit de sa vision. Comment cette redécouverte du message chrétien peut s’opérer en nous. Ici, nul besoin de programmes de formation, de cours en ligne (MOOC), que sais-je encore…

 Olivier Bérut, pour notre plus grand profit et plaisir, disserte sur l’ésotérisme chrétien qui fait référence à des courants de pensée et des pratiques au sein du christianisme qui s’orientent vers la recherche de la connaissance cachée ou secrète sur la nature divine, la cosmologie, la spiritualité et la mystique. Mais aussi au sein de son Église, l’Union Vieille-Catholique Latine* (UVCL) est une association de communautés ecclésiales catholiques

Ces enseignements et pratiques peuvent inclure la méditation, l’interprétation allégorique de la Bible, et la quête de l’union mystique avec Dieu. Cet aspect du christianisme se concentre souvent sur l’expérience intérieure et personnelle de Dieu, par opposition à une approche strictement dogmatique ou rituelle de la religion. Il peut être associé à des figures historiques telles que Jakob Böhme, Emanuel Swedenborg ou même des groupes comme les gnostiques dans les premiers siècles du christianisme.

Ardent défenseur de la cause des femmes et des LGBTQIA+, l’auteur ne manque pas de consacrer un chapitre.

Nous aimons la façon dont il présente et définit les 41 aphorismes abordés dans son livre ainsi que les nombreux encadrés et tableaux récapitulatifs. L’imagerie religieuse, en fin d’ouvrage, au-delà d’un simple visuel d’engagement, ajoute à la compréhension des textes et crée une immense émotion. Gardons à l’esprit que ladite imagerie est un élément fondamental dans le christianisme. Elle sert aussi à illustrer et à communiquer des aspects de la foi, des scènes bibliques, des figures saintes et des doctrines. Des images servant aussi pour l’enseignement, la méditation et comme aides à la dévotion…

Un ouvrage classé par LiberFaber en rubrique « Ésotérisme ».

Blason d’évêque d’Oliver Bérut.

La biographie d’Olivier Bérut

Il semble être une personne aux multiples facettes. À quarante-cinq ans, Olivier Bérut renoue avec un vieux projet de vie abandonné à vingt ans lors de son départ de l’église catholique (notamment à cause du discours catholique sur les enjeux moraux et singulièrement le divorce et les LGBTQIA ). Une petite église chrétienne, tout à fait inconnue, lui fait signe : l’église de Saint Jean l’évangéliste. Appelé à y devenir prêtre, il pose trois conditions : être ordonné avec une femme ; inventer le métier de « prêtre consultant », comme il y eut des prêtres ouvriers ; et ne pas faire de prosélytisme. À sa plus grande surprise, ses demandes ayant été acceptées, il est ordonné prêtre… et quelques années plus tard, il se retrouve évêque, élu par la communauté avec laquelle il chemine. Il prend alors le nom d’Olivier Jean. Il reste engagé dans des mondes très différents : poète et musicien, chef d’entreprise et consultant, enseignant chercheur et bénévole dans les soins palliatifs. À la suite d’Edgar Morin, il s’évertue à bâtir des ponts entre des mondes qui s’ignorent le plus souvent sans bien se connaître : le monde de l’art, le monde de la recherche et le monde de l’entreprise. Son travail est marqué par la pensée complexe qui exige de croiser les regards, les disciplines, les philosophies, les croyances, les modèles… en assumant de se situer clairement – dire d’où on parle, sans exiger que l’autre, qui parle autrement et d’un autre endroit, ait nécessairement tort.

Aujourd’hui, il est mentionné comme évêque dans l’église de Saint-Jean-l’Évangéliste, qui fait partie de l’Union des Églises vieilles-catholiques latines.

*L’Union Vieille-Catholique Latine (UVCL) est une association de communautés ecclésiales catholiques qui adhèrent à des principes et déclarations communs. Elle se présente non pas comme une nouvelle Église ou une structure hiérarchique, mais comme une collectivité d’Églises ou de Communautés catholiques et apostoliques qui maintiennent leur autonomie tout en partageant un esprit commun​

Issue du Patriarcat Syriaque-Orthodoxe d’Antioche, d’Alexandrie, Rome et Constantinople, la lignée Athanasius-Vilatte de l’UVCL offre une structure de type associatif aux Églises membres sans exiger de droits d’entrée ou de cotisations. Les membres conservent leur propre fonctionnement et pleine responsabilité de leurs actes​.

Les Églises de l’UVCL reconnaissent mutuellement les sacrements dispensés au sein de chaque communauté et ont pour objectif de favoriser les échanges et la coopération entre elles sans interférer dans les affaires administratives ou rituelles de chacune​

Va vers toi-même ! Viens, et vois ! Pour une redécouverte du message chrétien-Premières réflexions d’un nouveau pasteur

Olivier Bérut – LiberFaber, 2023, 206 pages, 20 €

Pour commander, c’est ICI.

Les lumières maçonniques vont-elles se rallumer ?

1

De bons esprits ont pu souligner que le mythe du progrès ou l’idéologie progressiste avaient contribué au fameux désenchantement du monde. Or, il existe, dans le trésor caché de la Franc-maçonnerie traditionnelle et authentique une philosophie progressive autrement plus pertinente en ce qu’elle peut contribuer à un véritable réenchantement du monde.

En effet, à un moment où le matérialisme dominant depuis le XIX siècle tend à s’estomper, on assiste à une indéniable régénération spirituelle. Au-delà d’un sociétal « passe-partout » et des caricatures « wokistes » de plus en plus désuètes, le chemin initiatique attire, sans coup férir, les jeunes générations. De longue date, l’Ordre maçonnique a permis une incarnation du sacré, d’où son évidente actualité.

L’AUTEUR

Ancien élève de Gilbert Durand et de Julien Freund, professeur émérite à l’Université Paris – Descartes, Michel Maffesoli a développé un travail autour de la question du lien social du lien communautaire, de la prévalence de l’imaginaire et de la vie quotidienne dans les sociétés contemporaines, contribuant ainsi à l’approche du paradigme de POSTMODERNITÉ

Lieu symbolique : La fontaine Stravinsky

Une fontaine également connue sous le nom de fontaine des Automates, est située à Paris, en France. Elle est célèbre pour ses sculptures colorées et whimsiques, c’est-à-dire qui évoque quelque chose de fantaisiste, d’amusant et de capricieux, souvent d’une manière charmante ou séduisante, et qui s’inspirent des œuvres du compositeur Igor Stravinsky. Les figures abstraites, les formes géométriques et les créatures fantaisistes qui composent la fontaine jaillissent de l’eau, créant un spectacle visuel animé et dynamique.

La fontaine se trouve à proximité du Centre Pompidou, dans le 4e arrondissement de Paris, et est devenue un point de repère culturel et artistique de la ville.

Si « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde », écrivait Camus en 1944 – formule toujours d’actualité – commençons donc par donner l’étymologie de fontaine. Ce terme trouve son origine dans le latin fontana, qui dérive de fons ou fontis, signifiant source ou abondance d’eau. Un mot qui a évolué pour désigner un aménagement architectural qui canalise et décore une source d’eau naturelle ou artificielle. Dans de nombreuses cultures, les fontaines ont été des lieux centraux dans les villes, à la fois pour leur utilité pratique et leur importance esthétique et sociale.

Quid du symbolisme de l’eau ?

Riche et variée, la symbolique de l’eau est souvent associée à la vie, au renouveau, à la pureté et à la transformation. Dans le contexte de la fontaine Stravinsky, l’eau en mouvement représente le flux constant de la création artistique et de la musique de Stravinsky, toujours en évolution et jamais statique. Elle peut également évoquer la fluidité de la collaboration entre Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, où l’eau agit comme médiateur entre les œuvres mécaniques et les formes colorées. De plus, l’eau dans les fontaines publiques invite à la rencontre, à la détente et à la contemplation, enrichissant l’espace urbain de ses qualités esthétiques et sensorielles.

La fontaine Stravinsky

C’est un ensemble de sculptures fontaines créé en 1983 par Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Elle est située à côté du Centre Pompidou, située rue Brisemiche et place Igor-Stravinsky à Paris dans le 4e arrondissement. Les sculptures sont des représentations abstraites et colorées de thèmes tirés de la musique du compositeur russe Igor Stravinsky.

Voici une description des statues que vous pourriez visionner dans notre diaporama :

-le Rossignol : Inspirée par l’opéra de Stravinsky, cette sculpture représente un oiseau en mouvement, généralement peint dans des couleurs vives.

-la Clef de Sol : Faisant référence à la musique, cette pièce est souvent métallique et stylisée, dominant l’espace avec sa forme familière.

-l’Éléphant : Tiré du ballet « L’Histoire du Soldat », l’éléphant est une sculpture mécanique qui peut évoquer un orgue de barbarie.

-le Renard : Basée sur le conte russe et l’œuvre « Renard », cette statue a des traits anguleux et une forme dynamique.

-la Sirène : Une figure semi-abstraite qui évoque la mythologie et la musique aquatique de Stravinsky.

-le Serpent : Représentant le mal dans « L’Oiseau de feu », le serpent est une structure sinueuse et colorée.

-la Grenouille : Inspirée du « Sacre du Printemps », elle symbolise le renouveau et la nature.

-la Diagonale : Cette sculpture abstraite peut représenter les changements directionnels dans la musique de Stravinsky.

Ragtime : Une œuvre qui évoque le jazz et le style de musique du même nom, souvent avec des éléments géométriques.

-l’Amour : Représentant le « Rossignol », cette sculpture peut comporter des éléments romantiques ou passionnés.

-la Vie : Symbolisant le flux constant de la vie et la musique, cette pièce est dynamique et peut-être interactive.

-la Mort : S’inspirant peut-être de « L’Histoire du Soldat », elle peut contenir des éléments sombres ou macabres.

Ces sculptures sont faites en matériaux divers, comme l’acier peint et la fibre de verre, et elles sont toutes équipées de mécanismes qui les font bouger avec l’eau de la fontaine. La collaboration entre Tinguely, connu pour ses sculptures cinétiques, et Saint Phalle, célèbre pour ses Nanas colorées et voluptueuses, a donné naissance à un dialogue artistique entre mouvement mécanique et formes ludiques.

Une fontaine, mais avec quel symbolisme ?

Cette fontaine est un exemple remarquable de l’art public qui combine l’héritage culturel avec le dynamisme de la modernité. Les sculptures qui la composent sont pleines de symbolisme et sont directement inspirées par les compositions musicales d’Igor Stravinsky. Voici quelques éléments de symbolisme associés à la fontaine et ses sculptures :

L’interaction entre les sculptures de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle symbolise l’harmonie entre le masculin et le féminin, le noir et le blanc, l’industriel et le coloré. Tinguely a créé les éléments mécaniques en métal noir, qui représentent la machinerie et le caractère inévitable de la modernité, tandis que Saint Phalle a introduit les formes colorées, voluptueuses et joyeuses, exprimant la vie et la créativité.

Les œuvres de Stravinsky : Chaque sculpture reflète un aspect de la musique de Stravinsky. Par exemple, « Le Sacre du Printemps » est représenté par la grenouille, qui peut symboliser la renaissance et la fertilité avec ses liens à la nature et au printemps.

La mobilité des sculptures : Les pièces mobiles de Tinguely suggèrent la fluidité et le changement constant, reflétant l’innovation et l’expérimentation dans la musique de Stravinsky.

Les éléments aquatiques : L’eau en mouvement sert non seulement d’élément esthétique mais aussi de métaphore pour la fluidité, le changement et la nature transitoire de la vie, ainsi que la pureté et le renouveau.

L’emplacement de la fontaine : Située à côté du Centre Pompidou, la fontaine crée un lien entre le passé musical de Stravinsky et la modernité architecturale du centre, symbolisant un pont entre l’histoire et le progrès contemporain.

Les couleurs vives et les formes ludiques : Elles reflètent la joie, l’énergie et l’accessibilité de la musique de Stravinsky à un large public, et l’idée que l’art devrait être intégré dans la vie quotidienne et accessible à tous.

La fontaine Stravinsky est donc une célébration de l’art sous toutes ses formes : visuel, musical et performatif, et elle incarne l’esprit de la collaboration et de l’innovation.

Les biographies Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle et Igor Stravinski

Jean Tinguely.

Jean Tinguely (1925-1991) était un artiste suisse connu pour ses sculptures cinétiques, appelées Métamatics, qui sont des machines construites pour créer de l’art de manière autonome. Ses œuvres sont souvent considérées comme des critiques ironiques de la production de masse industrielle et du monde mécanisé. Il a commencé à acquérir une renommée internationale dans les années 1950 avec ses sculptures en mouvement, et sa philosophie artistique était souvent associée au mouvement de l’art nouveau réaliste. Tinguely, fasciné par le bruit de l’eau et la mécanique, a exploré l’art cinétique et le nouveau réalisme dans son œuvre​​​​.

Niki de Saint Phalle en 1964 par Erling Mandelmann.

Niki de Saint Phalle (1930-2002), née en France et ayant passé une grande partie de sa vie aux États-Unis, était une artiste autodidacte célèbre pour ses sculptures voluptueuses, les Nanas, qui célébraient la féminité. Elle a également travaillé avec des peintures, des films et des performances.

Niki de Saint Phalle, connue pour son engagement féministe a commencé sa carrière comme mannequin avant de s’orienter vers l’art. Tinguely, fasciné par le bruit de l’eau et la mécanique, a exploré l’art cinétique et le nouveau réalisme dans son œuvre​​​​.

Saint Phalle a souvent collaboré avec Tinguely, son mari, et d’autres artistes. Ses œuvres étaient fortement influencées par les questions de genre et les rôles sociaux, et elle a utilisé des couleurs vives et des formes ludiques pour exprimer ses idées.

Igor Stravinsky par Robert Regassi.

Né le 17 juin 1882 et décédé le 6 avril 1971, Igor Stravinsky était un compositeur, chef d’orchestre et pianiste russe, qui a été l’un des musiciens les plus influents et novateurs du XXe siècle. Il est célèbre pour ses contributions au développement de la musique moderne avec des œuvres comme « Le Sacre du Printemps », « L’Oiseau de feu » et « Petrouchka ». Sa musique est connue pour sa diversité stylistique, son utilisation novatrice des rythmes et des harmonies, et sa capacité à incarner les tendances artistiques de l’époque, y compris le primitivisme, le néoclassicisme et le sérialisme à différentes périodes de sa carrière. Il est devenu citoyen français, puis américain, et a influencé de nombreux domaines de la création musicale au-delà de la composition classique. La collaboration entre Tinguely et Saint Phalle sur la Fontaine Stravinsky a combiné leurs esthétiques distinctes : les éléments mécaniques et industriels de Tinguely avec les formes colorées et expressives de Saint Phalle, le tout en hommage à l’innovation et à la complexité de la musique de Stravinsky.

Pour ses 40 ans, une première rénovation

La fontaine a bénéficié pour la première fois en quarante ans d’une rénovation complète, achevée en 2023. Elle est emblématique du quartier de Beaubourg et a été conçue pour apporter couleur et joie dans l’espace urbain. La rénovation coïncide avec le 40e anniversaire de la fontaine, inaugurée en 1983. La Ville de Paris, dans une impulsion pour soutenir l’art contemporain, a confié ce projet à Tinguely et Saint Phalle, qui ont conçu cette fontaine interactive et mécanisée, reflétant l’esprit de la musique de Stravinsky et encourageant la participation du public​​​​.

Pour marquer cette restauration, l’IRCAM* a commandé des œuvres musicales en ligne inspirées de la fontaine et des artistes. Les sculptures de Tinguely, caractérisées par leur aspect industriel, contrastent avec les figures colorées de Saint Phalle, ce qui souligne la complémentarité de leur collaboration artistique​​.

La fontaine Stravinski.

*L’Institut de recherche et coordination acoustique/musique est un centre français de recherche scientifique, d’innovation technologique et de création musicale, fondé par Pierre Boulez avec Michel Decoust et quelques autres, et dirigé depuis 2006 par Frank Madlener.

Sources : Wikimedia Commons ; photos © Yonnel Ghernaouti, YG ; Montage : LFDFMD1717

La connaissance mutuelle de nos ombres et de nos lumières

1

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Ouh là là, dans quoi me suis-je embarqué ? Dans mon précédent édito[1], j’évoquais « l’épiphanie de l’autre », prenant soin d’expliciter le sens que je donnais à l’expression. Voici que Solange Sudarskis suggérait lapidairement en commentaire un rapprochement avec « l’hypostase de l’autre » et j’envisageais d’y répondre ici.

Certes, en franc-maçonnerie, nous ne sommes pas en théologie mais nous n’en sommes pas loin : quand il s’agit de quête de sens, nous picorons volontiers aux abords de la même grange ou du même buisson, soit dit en passant, par métonymie, d’une étable à Bethléem ou d’un arbuste théophanique dans le Sinaï…  Qui peut nier qu’avec plus ou moins de vigueur, nous ne plongions tous la tête dans les délices de la métaphysique ?

Aussi bien, dans notre tradition culturelle, on rencontre surtout la notion d’hypostase quand on cherche à distinguer les trois personnes de la Trinité chrétienne : le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, qui n’en forment pas moins l’entièreté de Dieu – quoique l’on en trouve également l’occurrence chez les platoniciens pour qui Unité, Intelligence et Âme, autre triade, s’engendrent subséquemment en constituant le principe de la divinité.

Pour ma part, je préfère me souvenir que, dans le théâtre antique, les Grecs désignaient aussi par le mot d’hypostase le masque porté par l’acteur comme emblème de son personnage, masque auquel les Latins renvoyaient précisément sous le vocable de persona, figure diverse s’incarnant par la suite dans tous les visages! Nous voilà ainsi au cœur de l’énigme de l’autre qui, à la fois, se présente comme un obstacle à la compréhension du monde et en est l’occasion.

Avant d’effleurer ce double caractère, il ne me semble pas vain d’aborder la chose dans sa simplicité étymologique : ὑπόστασις [hypostasis], en grec, signifie strictement, comme le latin substantia, ce qui se tient en dessous, c’est-à-dire en définitive le support de l’être, ce qui en manifeste la réalité : la substance. 

Or, quand il s’agit de l’autre, cette substance se dresse devant moi : à mesure que je prends conscience d’exister, l’autre s’interpose entre le monde et moi, il me dédouble et, me tendant son miroir, il me rend tantôt étranger à moi-même, tantôt familier à une commune humanité. Il est d’abord un obstacle à la fluidité de ma nature, à mon identification au monde qui, dans une transparence idéale, en viendrait quasiment à épouser un mouvement inverse, le monde allant jusqu’à s’identifier à moi dans les sensations que j’en éprouve, triomphe momentané de la présence de la Totalité dans mon imaginaire.

Or l’autre est le témoin et l’acteur de mon histoire, il l’est dans les temps révolus, il l’est dans l’éclatement de l’actualité, il l’est dans le devenir du monde. Pincer sa chair, c’est aussi pincer mon âme, c’est rappeler la permanence et la versatilité des phénomènes et des croyances,  c’est-à-dire l’ambivalence, le paradoxe, l’oxymore de la vie. L’autre projette cette ombre sur le réel, à quoi je dois m’accoutumer, que je dois même apprivoiser, sans l’assujettir à une vision domestique, sous cette pression vitale qu’il nous appartient à tous de faire société. L’autre, alors, impose sa nécessaire transition. En creusant son reflet, il picote de ses multiples lumières le chemin de ma vie, il devient la substantifique moelle de ma conscience.

C’est dans cet écartement que je me rassemble et, parfois même, dans cet écartèlement que je me… ressemble. Il y a, certes, quelque mystère à cette forme métaphorique de transsubstantiation, si je puis dire (ici la transsubstantiation, comprise comme une transformation complète, est évidemment fantasmée voire fantasmatique, tant nous restons irréductibles les uns aux autres) ; toutefois, au-delà de tout lyrisme, en donnant un sens plein au mot « patience », je découvre que la lumière de l’autre dévoile mes ombres tout comme ses ombres dévoilent ma propre lumière, certaines de nos ombres se conjuguant, par ailleurs, à l’instar d’autres de nos lumières aussi.

Bref, telle est l’oscillation de nos apprentissages : nous n’avançons dans la conscience de l’être que par la connaissance mutuelle de nos ombres et de nos lumières.


[1] V. « Les palimpsestes du silence », édito paru, dans ces colonnes, le 15 nov. 2023, 4e al. : « Ainsi, c’est le silence qui permet l’épiphanie de l’autre […] » et les deux premiers commentaires.

Des traces maçonniques ont été trouvées par des historiens à Kolomna

De notre confrère russe in-kolomna.ru – Par Marina Anissimova

Depuis sa création au XVIe siècle, la franc-maçonnerie a fait l’objet de nombreux mystères et théories du complot. Il existe une opinion selon laquelle les francs-maçons dirigent le monde et ont des liens avec des puissances supérieures. Kolomna détient encore les mystères de cette association ancienne, dont l’influence, comme on dit, est encore sans limites.

L’un des principaux propriétaires fonciers de Kolomna, Nikolaï Ivanovitch Novikov, célèbre journaliste, éditeur et personnalité publique russe, était une figure importante des Lumières russes et, plus intéressant encore, un franc-maçon. Novikov a étendu son influence non seulement à Moscou, mais aussi dans son district natal de Kolomna.

Novikov était un propriétaire foncier de Kolomna et son domaine était situé dans le village d’Avdotino. Alors qu’il vivait à Kolomna, il vendait activement des livres, créant ainsi une sorte de centre culturel dans la ville. Fait intéressant, ses livres étaient très demandés par les habitants célèbres de Kolomna. Novikov a visité la maison de Fiodor Suranov, marchand de Kolomna, bibliophile, éditeur de livres et également franc-maçon. Sa maison est devenue une sorte de centre culturel pour les gens de cette époque.

Le marchand Ivan Meshchaninov est également franc-maçon. À une certaine époque, il était à la tête de la ville et, naturellement, à cette époque, le mouvement maçonnique prospérait à Kolomna. Bien qu’il n’y ait pas eu de loges maçonniques organisées à Kolomna, les traces du symbolisme et de l’influence maçonniques restent évidentes dans l’architecture et la vie sociale de la ville.

Un fait intéressant est lié au centre culturel « Maison d’Ozerov » et à l’église de l’Ascension à proximité immédiate. Ces bâtiments ont été construits par le célèbre architecte russe de l’époque et franc-maçon à temps partiel Matvey Kazakov. L’étoile à huit branches, symbolisant l’avenir du Sauveur et de la franc-maçonnerie, est également présente sur les clôtures monastiques du monastère Brusensky, également construites par Kazakov.

« En 1775, Catherine la Grande visita Kolomna. Toutes les rues de la ville étaient tordues et inclinées, ce qu’elle n’aimait pas, et elle envoya Matvey Fedorovich Kazakov à Kolomna. Il vient ici en 1778, reconstruit les rues, réaménage la ville, reconstruit la clôture en bois du monastère. »

– dit la guide Ekaterina Maksimets.

Les francs-maçons ont toujours attaché une importance particulière aux chiffres et aux symboles. A Kolomna, sur les clôtures des monastères, on en voit respectivement quatre et cinq, symboles de la pierre et du christianisme. Les quatre tours du monastère Golutvino-Epiphanie et du monastère Bobrenev forment un quadrilatère, et le monastère Brusensky a une pentade – quatre tours et un clocher.

Un triangle avec le symbole maçonnique le plus important – l’œil – peut également être vu sur la façade de l’église Saint-Jean l’Évangéliste sur la place des Deux Révolutions dans la partie historique de la ville. L’œil qui voit tout du Seigneur est un symbole de la providence, et le triangle signifie « direction vers le haut ». C’est un appel au développement personnel, à la foi et à la spiritualité.

12/12/23 : Turquie et Tunisie – la laïcité, le déjeuner-conférence de l’UF2R

Par UF2R, comprenez L’Union Fraternelle des Deux Rives. Fondée en 2004, cette fraternelle vous invite le mardi 12 décembre prochain à 12h45 au Grand Orient de France à un déjeuner-conférence sur le thème de la laïcité. À l’ordre du jour, deux exposés :

  • La laïcité constitutionnelle en Turquie depuis Atatürk à nos jours par Selcuk Onder, Président de la Chambre de Commerce de Turquie en France et membre du Conseil Mondial des Hommes d’Affaires Turcs ;
  • La laïcité en Tunisie au fil de l’histoire par Ali Barnat.

Vous aurez aussi l’occasion de découvrir le nouveau bureau.

Cette réunion est uniquement destinée aux maîtres maçons.

Rappelons que le but de l’UF2R est de tisser les liens fraternels entre les hommes et les femmes des deux rives de la méditerranée afin de relier les peuples et contribuer par tous les moyens au développement de la franc maçonnerie universelle.

Elle est membre de la Fédération du Cercle Européen des Fraternelles (FCEF).

Les organisateurs vous remercient, par avance, de bien vouloir confirmer votre présence avant le 5 décembre prochain : geoffroybleitrach.avocat@orange.fr ou nicole.graechen@wanadoo.fr

N’hésitez pas à diffuser cette invitation à toutes vos connaissances.

[NDLR : C’est à l’occasion des 6e journée des Fraternelles, le 25 novembre dernier en l’Hôtel d la GLDF,  que nous avons fait connaissance de cette fraternelle. Il faut dire que nous avons été immédiatement sensibles à son objet.

Pour nous, les deux rives de la Méditerranée sont deux ‘’régions’’ ont été connectées pendant des millénaires à travers l’histoire, la culture, le commerce, la guerre, les échanges intellectuels et la migration. Les relations humaines entre les deux côtés ont été façonnées par ces interactions, souvent complexes et parfois conflictuelles, mais aussi par un riche métissage culturel.

Les deux rives…

Des villes comme Marseille, en France, ou Tanger, au Maroc, sont des exemples de points de rencontre où les influences des deux rives se mélangent. Historiquement, la Méditerranée a été un carrefour pour d’importantes civilisations. Par exemple, l’Empire romain a intégré des territoires des deux rives dans un même ensemble politique et culturel, ce qui a permis une certaine uniformisation culturelle, mais aussi la conservation et l’échange de diversités locales. Le commerce de biens tels que les épices, les textiles et les précieux manuscrits a également contribué à l’entrelacement des cultures méditerranéennes. Au-delà des interactions économiques et politiques, les échanges culturels ont été constants, avec des influences réciproques dans l’art, la musique, la gastronomie et la langue. Par exemple, la musique andalouse, qui combine des éléments arabes, berbères, et européens, est un symbole de cette riche fusion culturelle.

Retrouvez notre note de lecture mise en ligne le 28 août dernier La grande mer-Une histoire de la Méditerranée et des Méditerranéens de David Abulafia

La laïcité en Turquie : Elle s’établit formellement avec la fondation de la République en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk, est ancrée dans la séparation de l’État et de la religion, avec une emphase sur l’identité séculaire de l’État. Cependant, la situation actuelle en Turquie montre une complexité croissante, avec des tensions entre les principes laïques et les courants politiques qui embrassent des identités plus religieuses.

La laïcité en Tunisie : Bien que la Tunisie souvent soit perçue comme progressiste dans le monde arabo-musulman, en particulier après transition démocratique suite à la Révolution de 2011, la notion de laïcité y est différente de l’interprétation occidentale.

Deux beaux exposés vous attendent ! Et découvrez la laïcité de nos jours dans ces deux pays au riche passé historique. Maîtres maçons, venez nombreux.]

C’est un jour anniversaire…

2

Voici plus de deux ans et demi que 450fm et ses 40 collaborateurs bénévoles publient chaque jour : 5 articles, 7 jours sur 7, sans aspirer au repos ! Nous venons de franchir la barre des 5000 articles publiés. Il vous suffit de les consulter dans la rubrique « Sommaire » sur la barre de recherche, ou par la simple recherche par mot clé. Ils sont tous là et n’attendent que vous.

Les nouveautés

Par ailleurs, chaque mois de nouveaux chroniqueurs viennent nous rejoindre avec des thèmes nouveaux et des rubriques originales. La dernière en date est le quiz maçonnique qui se trouve sur la page d’accueil (4 quiz et de nouveaux chaque mois).

Les résultats chiffrés

Nous continuons notre ascension avec chaque jour de nouveaux lecteurs :

  • 10 000 emails sont envoyés chaque matin, et ce 365 Jours/an, aux abonnés de la newsletter. Soit, presque 4 millions d’emails par an ;
  • 7000 lecteurs quotidiennement par les réseaux sociaux, le site, la newsletter, les partages… ;
  • 200 partages chaque jour sur les réseaux sociaux (X « anciennement Twitter« , Facebook, LinkedIn…) ;
  • 450.fm est désormais fournisseur d’informations maçonniques pour Google Actualités ;
  • Des partenariats, parrainages et autres participations aux Salons du livre (Salon Lyonnais du Livre Maçonnique, Masonica Lille…)

Bref, votre journal est devenu le leader de l’info maçonnique grâce à sa régularité, sa gratuité, son absence de publicité, la diversité de ses articles, le multiculturalisme de ses informations… mais surtout grâce à votre fidélité et vos encouragements.

Merci de votre fidélité

Signé : La rédaction et toute l’équipe

Le jugement : ce tribunal en nous

0

Au vrai, qu’est-ce que juger ? (du latin « judicare »). Monsieur Larousse nous dit que juger « c’est prendre position pour quelque chose »

A notre époque de la vitesse, du temps à gagner en toutes occasions, nous avons tendance à l’empressement, aux actes précipités, et par là-même, aux… préjugés. Ces idées toutes faites peuvent ainsi devenir de solides opinions, pour ainsi dire d’intimes convictions !

Or juger, c’est tout au contraire, le résultat de la raison opérante. C’est ainsi, prendre le temps d’examiner les idées et les faits. C’est donc être exigeant avec sa propre pensée et soucieux du détail des circonstances observées.

Pour le philosophe René Descartes, “il est certain que nous ne prendrons jamais le faux pour le vrai tant que nous ne jugerons que ce que nous apercevons clairement et distinctement”. Toutefois, au terme d’un raisonnement, “la chose à juger “ ne se présente pas toujours aussi clairement qu’on le souhaiterait et il convient néanmoins de trancher.

Quand la parole devient outil

En l’occurrence, le roi Salomon donne en son temps un bel exemple de la façon de juger correctement, même lorsque se présente une difficulté à établir la vérité.

La Bible hébraïque (Premier livre des Rois) rapporte l’histoire, devenue célèbre, qui démontre la sagesse du roi devant un différend opposant deux femmes : l’une et l’autre se disent mère du même enfant. En fait, chacune a bien mis au monde un enfant, mais l’un des deux est mort étouffé.

Les deux femmes se disputent violemment l’enfant survivant, jusqu’à se battre pour le posséder !

Le roi Salomon, informé du désaccord, demande que les deux femmes se présentent devant lui. Il réclame une épée et donne l’ordre à un garde de trancher l’enfant vivant en deux, puis de donner une moitié à la première et l’autre à la seconde.

Entendant cet ordre épouvantable, l’une des deux femmes, effrayée, se jette alors aux pieds de Salomon en lui disant qu’elle préfère que l’enfant soit remis à l’autre plutôt qu’il soit tué devant elle.

Le roi reconnait ainsi la vraie mère et lui fait remettre son bébé. Par sa menace de faire couper l’enfant en deux, il a ainsi obtenu la vérité.

Le jugement de Salomon – lequel a recours à un artifice de langage pour que surgisse cette vérité, montre bien la difficulté humaine …à trancher ! C’est à dire à décider de façon catégorique, ce qui est vrai et faux !

On retrouve bien entendu tout le pouvoir de la dialectique, chez ceux dont la parole est l’outil. Pour rattraper une cause perdue, et obtenir un jugement favorable, mieux que le mensonge, la vérité précisément, peut être aussi bénéfique par le biais d’un jeu de langage.

La fiction ci-après, à la fois tragique mais surtout humoristique, montre bien la puissance du verbe, lorsqu’il est utilisé subtilement, jusqu’à l’absurde.

Un avocat plaide pour un criminel :

 – Mesdames, messieurs les jurés, oui c’est vrai ! Mon client, dans un puissant mouvement de colère, a étranglé sa mère. Oui, c’est vrai, cette pulsion l’a complètement débordé et il a ensuite poignardé à mort son père ! Mais, mesdames, messieurs les jurés, je vous le demande : allez-vous pour autant condamner un orphelin ?!!

Honneur et reconnaissance aux « Justes »

Revenons à la réalité. Juger, c’est, par définition, distinguer le juste de l’injuste. Sous cet angle, la sensibilité de l’enfant opère très bien la distinction. Souvenons-nous de nos propres réactions au temps de nos soldats de plomb et de nos poupées ! En famille, une mauvaise répartition des portions de gâteau – plus petites ou plus grosses dans les assiettes – ou de la boisson – plus haut ou plus bas dans les verres – nous était insupportable. Comme nous révoltait à l’école, le fait de nous retrouver au piquet pour bavardage, alors que c’était le voisin qui chahutait !

Adultes devenus, nous constatons que l’injustice perdure parce que soi-disant la vie est injuste. Au vrai, la nature que nous aurions tendance à accuser, n’a pas de conscience : elle n’est donc ni bonne, ni mauvaise, ni juste, ni injuste.

Un tremblement de terre qui cause des milliers de morts ne répond pas à une intention. Le loup qui attaque et dévore les moutons d’un pâturage n’est pas injuste. Il est programmé par sa génétique et obéit à son instinct de carnivore. En revanche, les horreurs qui ont été commises dans les camps de déportation pendant la deuxième guerre mondiale sont des faits humains.

L’injustice et la justice, le mal et le bien, sont exclusivement des notions humaines. Parce que l’homme, doué de conscience et capable de raison, peut choisir entre ses diverses possibilités d’action. Moi seul, suis à même, par empathie, de comprendre :

  • Que mon semblable a les mêmes droits que moi.
  • Que je lui dois le respect.

Les gens qui sauvaient des juifs pourchassés au cours dudit conflit étaient précisément nommés “ les justes”. Honneur et reconnaissance à eux !

Un cycle interminable

Le respect d’autrui précité est l’une des valeurs humaines les plus précieuses. Si elle était observée par les peuples, il n’y aurait évidemment pas de guerres, selon le rêve même de paix perpétuelle du philosophe Emmanuel Kant. Malheureusement, l’instinct d’agression – et pour ainsi dire la haine de l’autre -, la poursuite d’intérêts divers, le désir de conquête de territoire, semblent inscrits pour longtemps encore dans les gênes de l’Homo Sapiens.

Ces pulsions meurtrières seront-elles jamais éradiquées ? En tout cas, autant d’intentions belliqueuses et de passages à l’acte – toujours de triste actualité – qui ne peuvent que provoquer, immanquablement, la réponse armée des agressés. A la violence envahissante du conquérant, s’oppose le droit de légitime défense du conquis convoité. Et c’est la guerre, sans fin! Pour déclencher une guerre, l’agresseur trouve toujours une bonne cause, sa juste cause.

Dans son délire, Hitler voyait une forme de justice par le fait d’imposer la grandeur, la puissance et la culture de l’Allemagne, aux pays d’Europe, qui en auraient été en quelque sorte “bénéficiaires”, de l’Oural à l’Atlantique !! Aujourd’hui, l’Orient islamiste semble vouloir prendre une revanche sur l’Occident chrétien, fauteur entre autres à ses yeux, des Croisades templières.

Ainsi intervient un cercle vicieux, l’agressé devenant l’agresseur, et inversement. Principe même de la guerre, qui installe un cycle interminable : La loi du plus fort, en forme de justice, dans une alternance, toujours recommencée !

Se pose alors une question philosophique : Y-a-t-il des guerres justes ? La réponse est d’évidence oui, en termes de légitime défense et au nom même de la liberté des hommes. Lorsqu’il s’agit de résister à un oppresseur et de s’en libérer, la résistance est parfaitement justifiée. Certes, c’est bien parce que les états ne parviennent pas à trouver, par compromis, toutes les raisons de signer des accords équitables, – et de vivre en harmonie, donc en paix…qu’ils se font la guerre !

Bref, la guerre est un moyen parfaitement immoral qui prouve cette incapacité des peuples à préserver la concorde entre eux. Là où il y a la guerre, a échoué la justice, puisqu’il y a un dominant et un dominé…lequel va chercher ensuite à redevenir dominant. L’idée de justice et donc d’injustice introduit immédiatement celle d’égalité et donc d’inégalité.

La balance de Salomon

Le premier article de La Déclaration des Droits de l’Homme affirme, au présent, que les hommes sont et demeurent libres et égaux en droit. La formulation affirmative est étonnante car si les hommes possédaient déjà cette liberté et cette égalité, il ne serait pas nécessaire de se battre pour les conquérir ou reconquérir ! De fait, ladite Déclaration prouve bien, dès son premier article, que cette liberté et cette égalité sont encore des vœux en soi, des idéaux davantage que des faits établis. Reste à faire de ces idéaux une réalité !

La Bible nous dit que le roi Salomon offre à son premier subordonné une balance pour peser (penser) ses décisions avant de les appliquer. Et équilibrer sur les plateaux, ordre et équité. Beau symbole, belle métaphore !

De la même manière, nous sommes invités, avec notre propre balance, celle de la raison et du cœur, à appliquer et faire appliquer la justice, dans tous les lieux d’échange que nous fréquentons. Tant en loge que dans la cité.

Pour Platon, la justice est une forme d’ordre. Il voit l’homme injuste, non vertueux et désordonné. C’est pour lui, un mauvais citoyen. Sachons que la devise de l’un des rites maçonniques – le Rite Ecossais Ancien et Accepté – est ORDO AB CHAO (Du désordre, l’ordre). Rendre la justice, la rétablir quand elle est devenue injustice, c’est précisément, remettre de l’ordre dans les relations humaines, puisqu’il n’est d’homme qu’en relation.

Par-delà le bien et le mal

Gardons aussi en mémoire, les deux outils croisés, emblème de la franc-maçonnerie. L’équerre, par définition symbole de droiture, nous renvoie à la justice qui a le pouvoir de redresser, de rectifier, ce qui est “gauchi”. Le compas, représentation de l’ouverture, contraire d’une vision du monde rétrécie, nous incite à l’élargissement de la pensée, donc à un jugement, à la fois strict et généreux. Il n’y a pas contradiction à appliquer le Droit, tout en prenant en compte, si elles existent – et si elles sont recevables – les circonstances atténuantes.

Par-delà le bien et le mal, comme dit le philosophe Frédéric Nietzsche, il existe une autre façon, plus saine, de juger. Sachant que, en termes de morale, le bien de l’un peut être le mal de l’autre et inversement, une bonne justice considérera plutôt, en termes d’équité et d’égalité, ce qui est bon ou mauvais, par l’homme et pour l’homme.

La franc-maçonnerie, née de la religion, a cette distinction à opérer, cet effort encore à faire parfois selon les circonstances, de ne pas confondre la morale – science de l’ordre idéal de la vie, selon les influences et croyances – avec la justice, qui se caractérise, par la primauté qu’elle donne à la raison, dans l’appréciation des situations.

Je livre ainsi en conclusion – à visée de méditation – les paroles prononcées récemment par le juge Eric de Montgolfier, lors d’une de ses conférences dans une Obédience maçonnique. Elles résument, on ne peut mieux, le rôle de la justice.

“ La justice est l’une des plus belles idées qu’ait porté l’espèce humaine. C’est le respect des autres ! Nous n’avons même pas à la demander : c’est une obligation. L’indépendance constitue le passage obligé vers la justice, un exercice certes, infiniment difficile. Sans cette dernière pourtant, ce serait la loi faite par le shérif ! Le magistrat qui la représente, est l’homme d’un devoir, entre autres, rendre à la société ce qui lui est dû. Avec en point de mire, la République, qui impose la priorité du général sur le particulier. En ce sens, je dois dire que quelques progrès se remarquent, aujourd’hui, en matière de Droits de l’Homme !”.

Cet éminent homme de loi nous rappelle ici l’importance de juger – c’est-à-dire bien évaluer – les gens et les choses. Au tribunal de notre conscience !

Comment, avec Emmanuel Le Roy Ladurie, j’ai sauvé les archives de la franc-maçonnerie française !

En direct du Blog de Pierre Mollier – pierremollier.wordpress.com

Emmanuel Le Roy Ladurie est décédé à l’âge respectable de 94 ans la semaine dernière. Comme beaucoup, adolescent, je l’avais découvert dans son étonnant dialogue avec Bernard Pivot à Apostrophe à propos de son livre Montaillou, village occitan. Ce passage dans l’émission de télévision culte avait transformé un ouvrage d’érudition de l’austère « Bibliothèque des histoires » de Gallimard en bestseller. Il était par la suite devenu l’historien célèbre que l’on sait et un grand notable de l’université. Un épisode singulier me le fit approcher et créa, l’espace d’une demi-heure tout au plus, une inattendue complicité.

En 1991-92, je me consacrais beaucoup à mon DEA à l’École Pratique des Hautes Études et pour cela fréquentais assidûment le fonds maçonnique de la Bibliothèque nationale. Une présence quotidienne en salle de lecture amène à côtoyer de près conservateurs, bibliothécaires et magasiniers et à créer, au fil des jours, des liens amicaux. Un matin, arrivé à l’ouverture même de la salle Mazarine, je sens une certaine émotion et une vraie fébrilité. Je comprends, par les échanges des uns et des autres, que l’on a découvert une fuite dans le magasin qui abrite le fonds maçonnique. On craint que le vieux tuyau ne finisse par céder et provoque une véritable inondation qui détruirait alors les précieuses archives de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle. Il faut rappeler qu’avant la grande rénovation des années 2000, beaucoup des magasins qui abritaient les collections dataient des années 1930, certains étaient encore équipés en 110 volts avec des interrupteurs en porcelaine. La plomberie du chauffage avait le même âge. Les responsables du Cabinet des manuscrits font aussitôt une note circonstanciée sur l’urgence d’une intervention des services de maintenance pour éviter une très probable catastrophe… mais la vieille dame de la rue de Richelieu a ses procédures et l’appel à l’aide doit franchir tous les niveaux hiérarchiques de la lourde machine bureaucratique. À midi, pas de nouvelles, au milieu de l’après-midi, toujours rien. En dépit de plusieurs coups de fils rien ne se passe et, à la fermeture, après avoir mis quelques bassines, le personnel rentre chez lui en priant que les dieux des archives maintiennent l’intégrité bien défaillante du tuyau et protègent le fonds maçonnique.

Le lendemain, je m’étais inscrit à un colloque organisé en marge d’une belle exposition sur « La cour des Stuarts à Saint-Germain-en-Laye ». La Bibliothèque nationale avait abondamment contribué à l’exposition et son administrateur général, Emmanuel Le Roy Ladurie, représentait son prestigieux établissement. Le colloque avait lieu dans le Palais des Congrès de Saint-Germain-en-Laye, à une encablure du château où Jaques II puis Jacques III avaient symboliquement régné en exil. Une communication était bien sûr consacrée à la possible existence d’une Loge jacobite dans cette époque précoce.

En fin de matinée, après quelques communications déjà passionnantes, l’assistance fut invitée à une pause déjeuner. C’était un temps où les manifestations culturelles disposaient encore d’un peu de budget et nous fûmes conviés à un excellent cocktail. Jeune, et donc affamé, je manœuvrais habilement pour rester proche du buffet et profiter de ces excellents petits fours. J’avais à peine remarqué le monsieur qui me tournait le dos mais qui commençait à s’agiter quelque peu importuné par une personne dont il semblait vouloir écourter la conversation. À un moment, subitement, il opéra une étonnante volte-face et je me trouvais nez-à-nez avec l’administrateur général de la Bibliothèque nationale. « Et vous, cher Monsieur, travaillez-vous dans nos belles collections ? » lança-t-il à l’apprenti-chercheur qui s’empressa d’avaler sa bouchée pour faire bonne figure. Je ne sais ce qui me prit alors, peut-être les quelques coupes que j’avais déjà absorbées ne furent-elles pas étrangères à ma réponse : « Monsieur, l’administrateur-général, articulais-je crânement, je travaille sur le fonds maçonnique avec d’autant plus de zèle que cette exceptionnelle collection risque bientôt de disparaître dans une inondation. » Interloqué, il me demande des explications et je lui dis le peu que je sais. Interpellé, mais aussi sans doute heureux de trouver une bonne raison pour prendre du champ, il enchaîne : « Mais je n’en savais rien, il faut absolument faire quelque chose au plus vite, venez avec moi ». Il faut rappeler que, dans les années 1990, il n’y avait pas de téléphone portable et nous voilà partis dans les sous-sols du Palais des Congrès de Saint-Germain-en-Laye à la recherche d’une cabine téléphonique. Après avoir un peu erré dans les couloirs, nous finissons par la trouver puis fouillons nos poches pour réunir la monnaie nécessaire pour le téléphone à pièces. L’administrateur-général appelle son bureau rue de Richelieu pendant que je reste sagement à quelques mètres devant la cabine. Au bout de cinq minutes, il en sort et me dit « voilà, a priori ça n’a pas encore pété mais on envoie une équipe technique tout de suite. » Je me confonds en excuses de l’avoir embêté avec cette affaire qui était peut-être moins grave que je ne me l’étais imaginé… Il me remercie au contraire d’avoir attiré son attention sur cet incident qui aurait pu avoir des conséquences irréparables. Nous remontons à la surface, il me salue et rejoint sa voiture qui le ramène sur Paris.

C’est le lendemain que je compris que je n’avais pas rêvé. À peine revenus de déjeuner, les responsables du Cabinet des manuscrits virent arriver une équipe technique au grand complet avec chef, sous-chefs et techniciens divers qui exigèrent d’être amenés au plus vite auprès du tuyau défaillant. Deux heures plus tard, ce dernier était changé et l’affaire réglée. Chacun se demandant ce qui avait bien pu se passer pour qu’un appel à l’aide resté presque deux jours sans effet suscite tout à coup un tel déploiement de forces. Quelques-uns furent mis au courant.

Peut-être le tuyau aurait-il tenu encore un jour ou deux ? Sans doute les services de maintenance auraient-ils fini par intervenir ? Nul ne sait. Cet épisode mémorable me permettra en tout cas de raconter à mes petits-enfants au coin du feu comment, avec Emmanuel Le Roy Ladurie, j’ai sauvé les archives de la franc-maçonnerie française !

Renaissance Traditionnelle N° 205 – Janvier-Juin 2023

Renaissance Traditionnelle (RT) est une revue française trimestrielle qui se concentre sur les études maçonniques et symboliques. Fondée en 1970 par René Guilly, dit René Désaguliers, la revue est connue pour ses contributions sérieuses et approfondies dans le domaine de la franc-maçonnerie et des études symboliques.

Elle aborde une variété de sujets relatifs à la franc-maçonnerie, y compris son histoire, ses pratiques, son symbolisme, ainsi que ses implications philosophiques et culturelles. La revue est souvent appréciée pour sa rigueur académique et sa qualité de recherche, attirant des contributeurs qui sont des experts et des chercheurs dans le domaine.

Elle a d’ailleurs été lauréate du prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF) 2019, catégorie « Revues » à l’occasion du Salon Maçonnique du Livre de Paris – 17e édition – qui s’est tenu à La Bellevilloise à Paris dans le XXe arrondissement. Un lieu mythique fondée en 1877, au lendemain de la Commune de Paris, la Bellevilloise était d’abord une petite coopérative ouvrière dans un local modeste et est désormais connue pour être un lieu culturel et festif pluridisciplinaire.

Iconographie issue de RT.

En plus des articles de fond, Renaissance Traditionnelle peut également inclure des critiques de livres, des analyses de documents historiques, et des discussions sur les développements contemporains dans la franc-maçonnerie. Elle s’adresse à un public intéressé par la franc-maçonnerie sous un angle académique et intellectuel, que ce soient des membres de la franc-maçonnerie ou des cherchants et des curieux de nature.

Pour des informations plus détaillées, il serait idéal de consulter directement leur site web !

Dans ce magnifique numéro de 128 pages, c’est d’abord sur l’éditorial de Roger Dachez, président de l’association Renaissance Traditionnelle (Loi de 1901) et directeur de la revue qu’il faut s’attarder. Extrait : « Une nouvelle Renaissance… Notre revue a plus de 50 ans. Dans un récent numéro (n°201-202), l’aventure à la fois personnelle mais aussi intellectuelle, spirituelle et maçonnique de son fondateur, René Guilly – dit René Désaguliers – a été longuement retracé dans son sillage, depuis 1992, année de sa disparition, nous nous sommes efforcés de maintenir Renaissance Traditionnelle au niveau où lui-même l’avait porté de son vivant. E, trente ans, nous avons pu en faire, de l’avis unanime, bien au-delà de la France du reste, la première revue de maçonnologie de langue française. […] Au terme d’un demi-siècle d’existence, nous avons donc décidé de faire évoluer la structure de Renaissance Traditionnelle et d’en élargir le contenu. Par la même occasion, nous avons revu la maquette suivant des suggestions d’un maître en la matière, notre ami Jean-Michel Mathonière. Enfin, nous introduisons l’usage habituel de la couleur pour mettre en valeur les documents iconographiques qui tiennent une place majeure dans l’historiographie maçonnique. À partir de ce numéro double qui inaugure la nouvelle formule de la revue, nos lecteurs y trouveront toujours un dossier central thématique, dans le sillage de l’approche rigoureuse, de l’histoire objective et documentée qui a toujours été l’axe de notre travail… »

Iconographie issue du site RT.

Et de continuer à présenter cette nouvelle livraison avec ses Varia – articles portant sur des sujets divers –, ses Retour aux classiques – une revisite des classiques maçonniques du XVIIIe et XIXe siècles –, ses Francs-maçons du passé et ses courtes biographies, ses Emblemata latomorum – images, gravures , etc. – et son Côté Compagnonnages. Et toujours des comptes rendus de livres et de revues d’érudition maçonnique.

En quatre mots : De la belle ouvrage !

En conclusion de son éditorial, Roger Dachez nous confie que « Nous demeurerons indéfectiblement fidèles à cette orientation et nous invitons dès à présent nos lecteurs à la suivre encore avec nous en découvrant cette nouvelle formule de Renaissance Traditionnelle. Nous espérons que ce tournant dans l’histoire de notre revue les convaincra et nous resterons à leur écoute ».

Le dossier est consacré aux « Scots Masters et Maîtres Écossais : Sur la piste des premiers rituels ».

En 4e de couverture, le sommaire.

Un sujet auquel Renaissance Traditionnelle, sur la question des sources et de la date d’apparition du premier degré des « hauts gardes » a déjà produit quelques articles. Mais depuis, des chercheurs, de diverses nationalités se sont penchés sur cette thématique.

Nous y trouvons les contributions d’éminents experts. Et comme vous disposez du sommaire en illustration, nous revenons bien volontiers sur le parcours de chacun d’eux.

Jan A. M. Snoek.

À commencer par Jan A. M. Snoek (né en 1946 à Amsterdam aux Pays-Bas) qui est historien des religions attaché à l’Institut pour l’étude de religions de l’Université de Heidelberg en Allemagne. Il est spécialiste des rituels maçonniques en Europe de l’ouest, notamment sur l’initiation des femmes en franc-maçonnerie et sur la maçonnerie d’adoption aux XVIIIe et XIXe siècles. Nous lirons avec gourmandise son « Le développement précoce du degré de Maître Écossais en Allemagne et dans les pays voisins ».

Copiale 3, texte pages 16 et 17.png

Il nous parle du manuscrit Copiale, connu sous le nom de « Copiale 3 », qui est un document crypté qui a été indéchiffrable pendant plus de 260 ans. Il consiste en 75 000 caractères manuscrits répartis sur 105 pages. En 2011, une équipe internationale a réussi à décrypter le texte, révélant qu’il s’agissait d’un texte allemand codé. Le manuscrit, créé dans les années 1730 par une société secrète appelée l’ordre des oculistes « Hocherleuchtete » de Wolfenbüttel – les ‘’Hautement illuminé’’ –, utilise un code de substitution complexe avec des symboles et des lettres.

Première page de texte avec transcription (rouge). Le symbole en forme d’œil sur la troisième ligne représente le nom de la société secrète.

Il contient des descriptions de cérémonies d’initiation oculistes, y compris un rituel où un candidat doit lire un papier vierge, puis essayer à nouveau avec des lunettes après avoir lavé les yeux. Le document suggère que les oculistes, menés par le comte Friedrich August von Veltheim, étaient des francs-maçons qui ont créé la société oculiste pour transmettre les rites maçonniques qui avaient été interdits par le pape Clément XII.

Puis le chercheur britannique reconnu dans l’histoire de la franc-maçonnerie, membre de la loge de recherche Quatuor Coronati à Londres et membre de la Société Philalethes et de la Masonic Society aux États-Unis, John Belton associé à Roger Dachez, médecin, universitaire et président de l’Institut Maçonnique de France mais aussi membre du Comité scientifique du musée de la Franc-Maçonnerie (Musée de France) et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington) nous invite à mieux connaître les Union Lodges de Londres et l’expansion de la franc-maçonnerie en Europe.

Le maçon s’intéressera aussi, présenté par Roger Dachez, aux Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentés les quatre Éléments et les quatre Saisons de l’année,une œuvre qui regroupe des descriptions ou des emblèmes (devises) créés par Charles Perrault, connu principal pour ses cônes de fées, François Charpentier, écrivain et critique littéraire membre de l’Académie Française, Jacques Cassagne, probablement impliqué dans la composante littéraire ou poétique de l’ouvrage. Des devises illustrés par le peintre Jacques Bailly. Ces devises étaient destinées à être utilisées dans la conception de tapisseries pour le roi, représentant symboliquement les quatre éléments classiques (Terre, Air, Feu et Eau) ainsi que les quatre saisons (Printemps, Été, Automne et Hiver). C’était un moyen pour la monarchie française de manifester son goût pour les arts et de véhiculer des messages ou des symboles à travers le décor de ses palais.

Ce type de collaboration entre artistes et écrivains était typique à l’époque baroque, où les arts visuels, la littérature, et parfois la musique, s’entrelaçaient pour créer des œuvres multidimensionnelles. Les tapisseries commandées par la royauté n’étaient pas seulement des objets décoratifs, mais aussi des symboles de pouvoir, de goût et de savoir, illustrant la richesse culturelle et artistique de la cour.

Pour certains, tout comme le ‘’Copiale 3’’ cela sera une belle découverte !

Quant à Philippe Langlet, bien connu pour avoir travaillé sur les textes fondateurs, les premiers rituels, et les aspects anthropologiques de la Maçonnerie, tout en collaborant à des périodiques universitaires ou de différentes obédiences, il nous offre un décryptage du Le franc-maçon démasqué (1751), paru sous le titre exact de Le Maçon Démasqué ou le Vraie Secret des Francs-Maçons

paru initialement à Amsterdam en 1748… et complétement passé inaperçu à l’époque.

Le dossier « Franc Maçon du passé » traite de deux personnages. Jean-Pierre Louis Beyerlé (1738-1805) par Marc Mirabel.

Jean-Pierre Louis Beyerlé.

Beyerlé a été conseiller au Parlement de Nancy et membre de la Société de l’harmonie universelle à partir du 25 janvier 1785. Dans le cadre de la franc-maçonnerie, il faisait partie de la Stricte Observance, un mouvement maçonnique du XVIIIe siècle, sous l’égide de la Province V de la Stricte Observance, « Bourgogne ». Il est enregistré sous le numéro 83 dans le registre des membres de la Stricte Observance. Sur le plan professionnel, Beyerlé a été avocat au Parlement de Metz du 6 février 1762 jusqu’au 12 octobre 1770, puis conseiller au Parlement de Metz jusqu’en 1771, et enfin au Parlement de Nancy jusqu’en 1791.

Sous la plume de Roger Dachez, nous en savons plus sur François Le Boucher de Lenoncourt, employé au service de santé de l’armée et vénérable maître de la loge écossaise de « Vertu » ou « Écossaise de la Vertu militaire »…

Quant aux « Nouvelles trouvailles d’archives des compagnons Étrangers tailleurs de pierre de Montpellier », c’est Jean-Michel Mathonière, connu et reconnu comme étant l’historien des compagnonnages et notamment des tailleurs de pierres, qui nous instruit. Un sujet passionnant qui avait déjà fait l’objet, dans le n° 203,  d’un dossier entièrement consacré à ces archives compagnonniques.

En fin d’ouvrage, nous trouvons les « Comptes rendus de livres » et « La revue des revues ».

RT était déjà une très belle revue. Avec l’emploi de la quadrichromie, nous avons un impact encore plus professionnel et esthétiquement fort agréable. Une très belle identité visuelle.

Voici quelques extraits gratuits : Le développement précoce du degré de Maître Écossais en Allemagne et dans les pays voisins par Jan A.M. Snoek, p. 4-5

Les Union Lodges de Londres et l’expansion de la franc-maçonnerie en Europe: quelques observations et remarques critiques par John Belton et Roger Dachez, p. 34-35

Prière d’entrée au chapitre de la Sainte Arche Royale de Jérusalem par Philippe Langlet, p. 59-60

Jean-Pierre Louis Beyerlé (1738-1799 ?) : un « anti-Willermoz », par Marc Mirabel, p. 93-94

Présentation du n° 205 de la Revue Renaissance Traditionnelle par son Directeur, Roger Dachez.