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Les valeurs de la République par Philippe Foussier

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Sur France Culture, « Divers aspects de la pensée contemporaine », une émission confiée en alternance aux différentes obédiences maçonniques et de libre pensée, donnait, le dimanche 7 janvier dernier, la parole à Philippe Foussier, Grand Maître du GODF de 2017-2018.

Philippe Foussier, ancien Grand Maitre du Grand Orient de France. | VERNIER/JBV NEWS

Ce dernier démontre que les valeurs maçonniques peuvent s’inscrire dans la reconstruction de la République. Il estime que les valeurs maçonniques permettent de reconstruire la République alors qu’elle traverse actuellement un « âge identitaire ». Le journaliste soutient tout d’abord l’idée selon laquelle la République qui formerait des républicains est un idéal à présent révolu. L’école républicaine a échoué dans sa mission et les valeurs franc-maçonnes peuvent inverser la tendance.

Le Grand Orient de France, sur France Culture.

France Culture est la station de radio culturelle nationale du groupe Radio France. Elle propose une analyse de l’actualité économique, historique, politique, littéraire et scientifique, française et internationale. 

Philippe Foussier est l’auteur de Combats maçonniques. Un remarquable ouvrage qui connaît déjà une 3e réédition, augmentée. Ce N° 17 de la collection « Pollen maçonnique » comprend une préface Catherine Kintzler, philosophe française spécialisée dans l’esthétique et la laïcité. Elle possède un solide parcours académique, ayant obtenu son agrégation de philosophie et un Doctorat d’État en lettres. Kintzler a été professeur émérite à l’Université de Lille III.

Au sommaire : AVANT-PROPOS

PRÉFACE : Catherine Kintzler

PREMIERE PARTIE : Les combats en loge

Le combat individuel – Le franc-maçon en Loge/Le combat collectif – L’Obédience et ses principes/Ramsay et la République universelle

SECONDE PARTIE : Les combats dans la cité

Le sens de l’engagement/La laïcité, outil d’émancipation/La lente déconstruction de la citoyenneté républicaine/La raison et la science face aux obscurantismes/L’Europe des francs-maçons/Relever la République

CONCLUSION : La République universelle, d’hier à demain

ANNEXES – BIBLIOGRAPHIE

À COMMANDER CHEZ CONFORM ÉDITION

Roi Arthur : Aux racines d’un mythe, entre idéologie et influences

Les grandes énigmes de l’Histoire est un magazine trimestriel traitant des sujets d’Histoire et d’ésotérisme : mystères, sociétés secrètes, religions, personnages mystérieux… Le premier numéro avait été consacré à la franc-maçonnerie, au mythe de la Terre creuse ainsi qu’aux mystères du Graal… Et nous en sommes au numéro 22 ! Chaque numéro étant accompagné d’un fascicule thématique. Ici et maintenant, plus de trente pages sont consacrées à Arthur.

En effet, la légende du roi Arthur est l’une des histoires les plus célèbres et les plus durables de la littérature européenne. Elle mélange des éléments historiques, mythologiques, et romanesques.  Bien que les détails de la vie d’Arthur soient largement mythifiés, il est généralement admis qu’il était un chef brittonique qui a combattu contre les envahisseurs saxons au Ve ou VIe siècle. Les premières références écrites à Arthur se trouvent dans des textes gallois et latins, comme les Annales Cambriae et les œuvres de Gildas et de Nennius. Nous savons que la légende d’Arthur est une partie importante de la Matière de Bretagne, un corpus de littérature et de mythes médiévaux centrés sur les exploits des héros bretons et gallois. Les histoires d’Arthur, des Chevaliers de la Table Ronde, du magicien Merlin, et de la quête du Saint Graal sont des éléments centraux de cette tradition.

Le roi Arthur.

Le magazine fait un point complet de la question… Pour notre plus grand profit et plaisir !

Avec toujours un fort symbolisme auquel le maçon ne sera pas insensible. Arthur étant souvent vu comme un symbole de la justice, de la chevalerie, et de l’idéalisme moral. Sa cour à Camelot est présentée comme un modèle de société ordonnée et noble. La quête du Graal symbolise la recherche de la pureté spirituelle et du salut.

L’article, remarquablement illustré lui-aussi, sur « Antimaçonnisme un courant de pensée ou une pathologie complotiste ? » apportera quelques arguments quant à l’émergence de l’antimaçonnisme peu de temps après la fondation de la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative, au XVIIIe siècle. Il a souvent été alimenté par des malentendus ou des suspicions concernant les rituels secrets des francs-maçons et leur influence présumée dans les affaires politiques et sociales. Ceux qui considèrent l’antimaçonnisme comme un courant de pensée le voient généralement comme une critique idéologique ou religieuse de la franc-maçonnerie. Mais gardons aussi à l’esprit que, dans certains cas, l’antimaçonnisme a été utilisé à des fins politiques, comme par les régimes totalitaires qui voyaient dans la franc-maçonnerie une menace pour leur pouvoir.

Pour beaucoup, désormais, l’antimaçonnisme est abordée telle une pathologie complotiste. On se concentre sur sa tendance à promouvoir des théories du complot sans fondement. Ces théories prétendent souvent que les francs-maçons sont impliqués dans des complots mondiaux pour le pouvoir et le contrôle. Malheureusement, les théories complotistes, y compris l’antimaçonnisme, peuvent entraîner des conséquences néfastes, alimentant la peur, la méfiance et parfois même des actes de violence. Une belle façon de revisiter l’antimaçonnisme qui est de plus en plus présent au sein de nos sociétés occidentales.

Pog de Montségur.

En rubrique « Découverte », l’article sur « Les fascinants châteaux cathares » relance le débat sur cette terminologie. Les cathares n’ayant jamais construit de château…  

Les châteaux dans les Pyrénées associés aux Cathares constituent une part fascinante de l’histoire du Midi de la France, particulièrement durant le Moyen Âge. Les Cathares, souvent connus sous le nom d’Albigeois, étaient des adeptes d’une forme de christianisme dualiste considérée comme hérétique par l’Église catholique, apostolique et romaine. Rappelons que les Cathares étaient particulièrement présents dans le Languedoc au XIIe et XIIIe siècles. Cette période a été marquée par la Croisade des Albigeois (1209-1229), lancée par l’Église catholique pour éliminer l’hérésie cathare.


Château de Peyrepertuse.

Revenons sur ces châteaux, souvent perchés sur des hauteurs stratégiques, servaient de refuges et de forteresses pour les Cathares, notamment durant les périodes de conflit. Ils étaient célèbres pour leur architecture impressionnante et leur capacité à résister aux sièges. Avec quelques exemples notables :

Château de Quéribus.
  • Château de Montségur : Peut-être le plus célèbre des châteaux cathares, Montségur est célèbre pour son siège en 1244, qui a conduit à la chute tragique des Cathares qui y résidaient ;
  • Château de Peyrepertuse : Un autre exemple impressionnant, souvent appelé « ciel de pierre », qui se distingue par son architecture spectaculaire et son emplacement sur un éperon rocheux ;
  • Château de Quéribus : Souvent considéré comme le dernier bastion cathare, il est tombé en 1255, marquant la fin effective de la résistance cathare.
Les Parfaits.

Ces châteaux, dits cathares, ne sont pas seulement importants d’un point de vue historique et architectural, mais ils sont aussi devenus des symboles de résistance et de liberté spirituelle. Ils attirent des visiteurs intéressés par l’histoire médiévale, les croyances cathares, et les paysages spectaculaires des Pyrénées.

Ils restent entourés de nombreuses légendes et mystères… Fleurissent toujours ceux liés aux trésors cachés des Cathares ou à des secrets perdus de leur foi.

Enfin, pour conclure ce beau numéro nous est offert un article sur « Chamanisme, faire dialoguer le visible et l’invisible ».

Scène de chamanisme.

Le chamanisme est une pratique spirituelle ancienne et complexe qui joue un rôle central dans de nombreuses cultures à travers le monde. Au cœur du chamanisme se trouve le concept du dialogue entre le monde visible (le monde matériel et quotidien dans lequel nous vivons) et le monde invisible (le monde spirituel ou non matériel). Le chamane étant souvent vu comme un médiateur entre les mondes visible et invisible. Ils sont considérés comme ayant la capacité de voyager dans le monde spirituel ou d’entrer en contact avec les esprits pour obtenir des conseils, de la guérison, ou des réponses à des problèmes communautaires. Et utilisant des techniques spécifiques pour entrer en transe et accéder au monde spirituel. Ces techniques peuvent inclure des danses rituelles, l’utilisation de tambours, de chants, de plantes psychoactives, ou des pratiques de méditation profonde. Il communique avec les esprits, guérit, pratique des rites de passage… De nos jours, bien que le chamanisme ait ses racines dans les cultures traditionnelles, il a été adapté et adopté dans divers contextes modernes, souvent comme une forme de spiritualité alternative ou de thérapie holistique.

Les grandes énigmes de l’Histoire

La légende du roi Arthur-Origines, idéologie et influencesDIVERTI Éditions, N° 22, Déc 2023-Janv-Fév 2024, 98 pages, 9,95 €

Le Dessin de… Jissey « Progrès »

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Gil garibal nous parle dans son article du 28 décembre de progrès du savoir et de la connaissance... ChatGpt en est-il un ?

« À mon initiation, on mʼa enseigné la prudence… », ou des EDL maçonniques pour ne pas se faire démasquer par les profanes !

Les EDL, les éléments de langage sont un ensemble de phrases ou d’expressions préparées et utilisées pour communiquer de manière cohérente et contrôlée sur un sujet spécifique. Ici, l’art royal. Ils aident à maintenir un message uniforme et à gérer la manière dont l’information est présentée et perçue.

450.fm vous propose un glossaire maçonnique pouvant être utilisé pour des raisons de prudence, de confidentialité ou de discrétion, en permettant de discuter des aspects de la franc-maçonnerie dans un langage moins reconnaissable. Comme une conversation entre francs-maçons dans un lieu public ou encore au restaurant…

En effet, historiquement, en raison de préjugés, de malentendus, ou de persécutions, les francs-maçons ont parfois choisi de ne pas révéler leur appartenance à l’ordre. Cette réserve peut être perçue comme une forme de paranoïa, mais elle est souvent davantage une mesure de prudence personnelle ou professionnelle dans un contexte où les opinions sur la franc-maçonnerie peuvent être polarisées.

À vous de vous l’approprier ou pas… Et de l’enrichir, si tel est votre désir. N’hésitez pas à nous faire remonter vos apports, pour le plus grand profit et plaisir de tous !

Le glossaire :

Acacia (symbolisant l’immortalité de l’âme) : « Symbole de vie » ou « Signe de continuité ».

Apprenti : « Débutant » ou « Novice ».

Bijou (insigne d’officier) : « Insigne officiel ».

Cabinet de réflexion (chambre de préparation ou de retraite) : « Salle de méditation ».

Chambre du milieu : « Salle de réunion spéciale ».

Compagnon : « Membre intermédiaire » ou « Collaborateur ».

Colonne (représentant les membres de la loge) : « Groupe » ou « Section ».

Compas et équerre : « Outils » ou « Symboles ».

Cordon : « Écharpe de Distinction ».

Delta Lumineux : « Triangle Éclairant ».

Élévation au 3e grade/degré : « Cérémonie de promotion ».

Étoile flamboyante : « Emblème lumineux ».

Frère (ou Sœur) : « Membre », « Participant(e)(e) » ou « Coéquipier(ière) ».

Gant blanc : « Symbole de pureté ».

Grande Loge (ou obédience) : « Organisation centrale », « Siège principal » ou « Organisation principale ».

Initiation : « Cérémonie d’accueil » ou « Rituel d’intégration ».

Initié : « Nouveau membre » ou « Nouvel adhérent ».

Loge : « Club » ou « Groupe ».

Lumière (en référence à la connaissance) : « Sagesse » ou « Connaissance ».

Maillet (du vénérable maître ou des deux surveillants) : « Marteau de cérémonie » ou « Instrument de direction ».

Maître : « Expert » ou « Mentor ».

Orateur : « Porte-parole » ou « Conférencier ».

Orient (désignant le lieu d’origine de la loge) : « Siège » ou « Source ».

Pavé mosaïque

Pavé mosaïque (le sol de la loge) : « Design du sol », « Ornement de sol », « Sol à damier » ou « Carrelage ».

Planche à tracer : « Tableau éducatif ».

Pierre brute : « Potentiel non réalisé ».

Pierre cubique : « Symbole de Perfectionnement ».

Rite : « Cérémonie » ou « Tradition ».

Sac aux propositions : « Boîte à suggestions ».

Sceau de Salomon : « Symbole d’union ».

Secrétaire : « Directeur administratif

Serment maçonnique : « Engagement » ou « Promesse de confidentialité ».

Surveillant : « Superviseur » ou « Coordinateur ».

Tablier : « Insigne », « Badge » ou « Symbole de rang ».

Tapis de Loge (représentation symbolique de l’univers maçonnique) : « Tableau symbolique ».

Tenue (pour désigner une réunion) : « Réunion » ou « Séance ».

Travaux (pour désigner les activités de la loge) : « Activités » ou « Projets ».

Trésorier : « Responsable financier ».

Truelle (outil symbolique de la fraternité) : « Symbole d’unité ».

Vénérable Maître : « Président » ou « Dirigeant ».

« Divers aspects de la pensée contemporaine » donne la parole aux Fédérations française et belge du DROIT HUMAIN

Le 31 décembre 2023, dernière émission de l’année, sur France Culture dans « Divers aspects de la Pensée Contemporaine » Daniel Menschaert Grand Maître National de la Fédération Belge du Droit Humain et Sylvain Zeghni Grand Maître National de la Fédération Française du Droit Humain, ont échangé sur le thème de l’action et du rôle des Francs-maçons au sujet de l’Europe et de la contribution des Francs-maçons à un changement de regard sur l’ensemble du vivant. Une vision universaliste et humaniste qui s’étend au-delà de l’espèce humaine.

[NDLR : La question que tout un chacun peut naturellement se poser est de savoir ce que peuvent apporter dans le débat citoyen deux obédiences comme LE DROIT HUMAIN français et belge ?

La réponse pourrait être qu’elles peuvent, tout aussi naturellement, apporter plusieurs contributions significatives au débat citoyen, grâce à leurs valeurs, leur histoire et leur approche de la société.

Sylvain Zeghni.
Daniel Menschaert.

Le DROIT HUMAIN – français et/ou belge – étant des obédiences mixtes, mettent l’accent sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette perspective peut enrichir le débat citoyen en mettant aussi l’accent sur l’importance de l’égalité des genres et la lutte contre toutes formes de discrimination.

LE DROIT HUMAIN valorise fortement la liberté de conscience et la libre-pensée. Dans les débats citoyens, cette approche peut encourager le pluralisme des idées, le respect des différentes convictions et la tolérance. Ces obédiences encouragent le dialogue entre personnes de différentes croyances et origines. Leur approche peut contribuer à promouvoir la compréhension mutuelle et la paix sociale dans un contexte de diversité croissante.

Devons-nous rappeler que les enseignements maçonniques mettent l’accent sur l’éthique personnelle et la responsabilité sociale. Ces principes peuvent éclairer les discussions sur l’éthique dans la vie publique, la responsabilité des décideurs et la gouvernance éthique.

De plus, l’importance accordée à l’éducation et à la culture par ces obédiences peut enrichir les débats sur l’éducation civique, le rôle de l’éducation dans la promotion de la citoyenneté active et l’importance de la culture dans le développement sociétal.

Les francs-maçons du DROIT HUMAIN sont d’horizons et de profils très variés. Dans leurs temples maçonniques, ces hommes et femmes échangent leurs vues sur des sujets initiatiques comme sociétaux, en toute liberté, égalité et fraternité. Ce sont donc souvent des lieux de réflexion sur des sujets tels que le développement durable, les droits humains, et la justice sociale. Leurs contributions peuvent donc apporter une profondeur et une perspective à long terme aux débats publics sur ces enjeux.

En somme, LE DROIT HUMAIN français et belge, grâce à leurs principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de réflexion éthique, peuvent apporter une contribution riche et nuancée au débat citoyen, en encourageant un dialogue constructif et en mettant en lumière des perspectives souvent négligées dans les discussions publiques.

Vous en saurez plus en (ré)écoutant l’émission « Divers Aspects de la Pensée Contemporaine » qui donne la parole aux grandes obédiences, offrant ainsi un panorama riche et complexe, reflet d’un monde en mutation rapide, confronté à des défis sans précédent mais aussi porteur de nouvelles opportunités et perspectives. Lien vers le podcast de l’émission.]

L’Europe et la franc-maçonnerie.

« Le trésor de Notre-Dame de Paris, des origines à Viollet-le-Duc » au Louvre

Plus que quelques jours pour visiter cette magnifique exposition consacrée au trésor de Notre-Dame de Paris, en vérité jusqu’au 29 janvier 2024…

Le Louvre.

La présentation de cette expo temporaire

Tandis que les travaux de restauration de la cathédrale entreront dans leur dernière phase, le musée du Louvre consacre une exposition inédite au trésor de Notre-Dame de Paris. Ce trésor, qui rassemble les objets et les vêtements sacerdotaux nécessaires à la célébration du culte, des reliques et des reliquaires, des livres manuscrits ainsi que d’autres objets précieux offerts par piété, rejoindra ensuite la sacristie néogothique de la cathédrale, construite par Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-Le-Duc de 1845 à 1850 pour les abriter.

Viollet-Le-Duc par Nadar.

Avec plus de 120 œuvres, cette exposition offre un condensé de l’histoire de ce trésor, en les replaçant dans le contexte de son histoire millénaire : depuis ses origines au Moyen Âge jusqu’à sa résurrection au XIXe siècle et son épanouissement avec Viollet-le-Duc sous le Second Empire.

Remontant aux origines du trésor, l’exposition révèle sa diversité et sa richesse en particulier par les manuscrits parvenus jusqu’à nous. Si les reliquaires et l’orfèvrerie liturgique ont été entièrement détruits à la Révolution, des tableaux, des dessins et des gravures permettent de l’évoquer dans l’exposition. En vue du sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame, le trésor est reconstitué et s’enrichit de reliques insignes, en particulier celles de la Couronne d’épines et du Bois de la Croix qui proviennent de l’ancien trésor de la Sainte-Chapelle (reliques non présentées au musée du Louvre), et pour lesquels sont commandés de nouveaux reliquaires. Eugène Viollet-le-Duc entre 1845 et 1865 est chargé de la restauration de la cathédrale et de la reconstruction de la sacristie, écrin du trésor. Il propose alors de créer un nouveau mobilier liturgique et des reliquaires en harmonie avec l’architecture gothique.

Pour la première fois, l’exposition propose de remonter le temps et de renouer avec l’histoire du trésor avant la Révolution : inventaires, récits historiques, peintures, manuscrits enluminés, gravures et autres documents figurés, mais aussi plusieurs œuvres qui nous sont parvenues, permettent en effet de retracer en partie la longue histoire du trésor depuis les temps mérovingiens et d’entrevoir cette richesse en partie disparue, comparable à celle des plus éblouissants objets créés pour Notre-Dame au XIXe siècle.

Commissaires : Jannic Durand, conservateur général honoraire du patrimoine ; Anne Dion-Tenenbaum, conservateur général et adjointe au directeur du département des Objets d’art ; Florian Meunier, conservateur en chef au département des Objets d’art et Michèle Bimbenet-Privat, conservateur général honoraire au département des Objets d’art, musée du Louvre.

Infos pratiques :

Pour visiter l’exposition « Le Trésor de Notre-Dame de Paris », la réservation d’une contremarque gratuite est fortement recommandée en complément du titre d’accès au musée. À noter : nouvelle tarification à partir du 15 janvier 2024 : 22€ – Horaires.

Sources : https://www.louvre.fr/ ; Wikimedia Commons

[NDLR : Le trésor de Notre-Dame de Paris est une collection riche et historique de reliques et d’œuvres d’art sacré conservée dans la cathédrale Notre-Dame de Paris jusqu’au terrible incendie survenu les 15 et 16 avril 2019, pendant près de 15 heures.

Grâce aux efforts héroïques des pompiers et des responsables, la plupart des objets précieux ont été sauvés et préservés pour les générations futures.

Une chape en drap d’or offerte par Charles X.

Parmi les pièces les plus précieuses de ce trésor figurent la Sainte Couronne, qui est réputée être la couronne d’épines portée par Jésus-Christ pendant sa Passion, et un morceau de la Croix du Christ. Ces reliques sont entourées de légendes et d’histoires fascinantes et sont vénérées par de nombreux fidèles.

En plus des reliques religieuses, le trésor comprend également des objets d’art sacré de grande valeur, tels que des calices, des croix, des sculptures, des peintures et des vêtements liturgiques. Ces objets sont souvent ornés de pierres précieuses, d’or et d’argent, témoignant de la richesse artistique et historique de l’Église catholique.

Quand deux rois veulent honorer le vœu de Louis XIIICharles Nicolas Odiot (Paris, 1789 – Paris, 1868)
Vierge à l’Enfant Paris, 1826.

L’histoire du trésor de Notre-Dame est aussi ancienne que la cathédrale elle-même, remontant à plusieurs siècles. Au fil du temps, il a été enrichi par des dons de rois, d’empereurs et de fidèles, devenant un symbole de la dévotion et de l’histoire religieuse de la France.

Le trésor de Notre-Dame n’est pas seulement un ensemble d’objets religieux, mais aussi un témoignage vivant de l’histoire, de l’art et de la foi qui se sont entrelacés à travers les siècles dans ce lieu emblématique de Paris.]

Le Louvre.

Le mot du mois : « Ressentiment »

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Etrange sémantisme que ce latin *sentire, sentir, percevoir, éprouver, en français, dont l’ambivalence voire l’ambiguïté du mot sens s’exprime de très diverses manières.

Ce qui relève de la sensation, de la sensualité ou du sentiment, de la senteur, participe du corps et de ses affects, ce qu’on pressent ou ressent intuitivement. La sentinelle perçoit les mouvements, la présence, le danger, sans vraiment les identifier, parce que sa vision est souvent atrophiée par l’obscurité ambiante. D’où son « qui va là ? » coutumier.

Néanmoins, tout est affaire de sens et appartient au même lexique de la direction qu’on va prendre, de la signification éventuelle, du contresens sur une phrase, et ressortit par là-même au domaine de la pensée. C’est ce dont témoignent les langues germaniques et l’anglais, à la fois Sinn l’esprit et  sinnen penser en allemand, et les verbes anglais send et allemand senden, qui signifient envoyer.

Dans ce champ lexical très vaste, on trouve à la fois le coup qu’on assène et le forcené, qui est « hors de sens », un insensé.

Assentiment et consentement. On y est dans l’espace de la réflexion et de la lucidité, du consensus avéré.

Pourquoi dès lors repérer dans le ressentiment une nuance toujours péjorative ?

Le préfixe de la répétition re- devrait désigner la simple réitération d’un sentiment déjà éprouvé. On ressent une joie intense, une émotion amoureuse, une vive sympathie donc un élan.

Pourquoi le substantif ressentiment exprime-t-il toujours un sentiment d’amertume, une colère ressassée ?

On reprend en boucle les raisons supposées de sa rancune, on conforte inlassablement le catalogue des injustices et des culpabilisations dont on se sent le bouc émissaire, on gratte sans répit ce furoncle physique et mental en prenant bien soin de ne jamais le laisser cicatriser.

Tous les racismes émanent de ce ressentiment d’infériorisation, de faiblesse illogique, dont l’absurdité nourrit la vendetta, au nom de laquelle on s’entre-déchire, s’entre-tue sans même connaître la racine première du conflit !

Le ressentiment est une réduction minimaliste, amplifiée par la médiatisation à outrance dans nos sociétés de haine immédiate, avec une ampleur particulièrement inquiétante. Cette vindicte insensée nie le respect, c’est-à-dire le regard mutuel qu’autorise le nécessaire recul, ne serait-ce que d’un pas, propice à une vision claire. Ainsi dispense-t-elle de s’interroger sur les responsabilités, elle trouve des coupables, elle appelle au meurtre.

Et à ce propos, il est significatif qu’en grec, le ressentiment s’exprime par le mot de la bile, *kholè, dont sont issus la colère, la mélancolie et le choléra. En latin *fiel, le fiel de la vésicule biliaire, qui rend félon, fourbe, traître.

Le ressentiment charrie son cortège d’humiliation, d’injustice, de rejet individuel et collectif.

En cela, le ressentiment est le condensé hélas négatif de la palette sémantique et lexicale du sens, qui part de l’intime du corps pour contaminer toute signification et priver de perspective de vie.

L’expression « grief remâché » est parlante : on mastique sa haine, on s’y casse les dents, on ne la digère pas, on rumine sa vengeance. Insupportable douleur physique qui se mue en une obsession, au sens propre ce qui assiège, qui s’installe irrémédiablement en un désarroi de vie.

Une véritable bombe à retardement !

Et nos sociétés contemporaines seraient bien mal inspirées de ne pas s’en préoccuper en n’y voyant pas un danger qui menace le lien social, donc l’équilibre et la sérénité des groupes politiques et sociaux, donc le bien commun.

Annick DROGOU

Triste destin d’un mot. Comme le verbe « ressentir », le substantif « ressentiment » aurait pu garder son optimisme originel. Il y a trois siècles, Jean Racine pouvait faire dire à sa Bérénice : « Comme tandis qu’autour de moi votre cour assemblée/Retentit des bienfaits dont vous m’avez comblée,/Est-il juste, seigneur, que seule, en ce moment,/ Je demeure sans voix et sans ressentiment ? » (Bérénice, II, 4)

Mais voilà un mot dont le sens a complètement changé en passant du sentiment de reconnaissance à celui de rancœur. Il est des mots qui virent à l’aigre. Comme le sens que porte aujourd’hui ce ressentiment.

On voudrait toujours ressentir, laisser s’exprimer les sentiments, seulement d’être conscient et accepter sa propre tristesse quand on est blessé, mais surtout ne pas nourrir de ressentiment. Cet affect n’est pas d’action, il est de rumination, de fermentation. Nos sentiments de retour ne devraient-ils être que bilieux ? Sommes-nous condamnés à l’animosité, la rancœur, passion triste de sentiments négatifs qui portent toujours en eux la possibilité de la vengeance ?

Au contraire, on voudrait accéder au pardon, à la mansuétude, bref avoir le courage de l’amour désintéressé. On voudrait tout au moins accéder à l’oubli, ignorer la rancune, la vindicte et la haine. Car nous savons tous que ce méchant ressentiment ne produit rien de bon. Il est temps de le ressentir et, tout simplement, d’assentir au bien. De l’accueillir et le recueillir.

Jean DUMONTEIL

23/01/24 : la loge rectifiée « L’ Europe Unie » fête ses 70 ans !

À l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, la respectable loge « L’Europe Unie », créée en 1953, qui maçonne au Rite Écossais Rectifié, vous invite à fêter ce bel événement au Temple Arthur Groussier, en l’Hôtel du Grand Orient de France.

Il est rare que 450.fm annonce des tenues mais, pour l’occasion, nous souhaitons vous faire participer à cette commémoration. En présence du Grand Maître du Grand Orient de France Guillaume Trichard et d’une délégation du Conseil de l’Ordre ainsi que du Révérend Chevalier Grand Prieur François Chapuis, accompagné d’une délégation du Directoire du Grand Prieuré Indépendant de France.

Guillaume Trichard, grand maître et président du Conseil de l’Ordre.

Cette invitation fraternelle s’adresse aux frères et sœurs de toutes obédiences amies. À cette occasion, la loge retracera sa genèse.
Venez y découvrir ce rite dont la richesse spirituelle est trop souvent méconnue.

[NDLR : La loge « L’Europe Unie » du Grand Orient de France (GODF) faisant référence à l’accueil de réfugiés anticommunistes de l’Est suggère une implication historique dans des événements politiques et sociaux spécifiques. Le GODF, une des plus grandes obédiences maçonniques en France, est connu pour son histoire de soutien à diverses causes sociales et politiques.

Temple Groussier
Temple Groussier, photo officielle GODF.

Durant la Guerre Froide, de nombreuses personnes fuyant les régimes communistes d’Europe de l’Est cherchaient refuge en Occident. Des organisations, y compris des loges maçonniques comme celles du GODF, ont joué un rôle dans l’accueil et le soutien de ces réfugiés. Ces actions s’inscriraient dans la tradition maçonnique de défense des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

La loge « L’Europe Unie » symbolise toujours cet idéal d’unité européenne et de solidarité.

En accueillant des réfugiés anticommunistes, une telle loge aurait non seulement fourni une assistance humanitaire, mais aussi affirmé son engagement envers les valeurs démocratiques et sa résistance contre les régimes oppressifs.]

Demander, c’est aussi recevoir !

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Penser neuf, parler neuf : Nombre de Francs-maçons, de Franc-maçonnes, formés à la tradition orale, n’ont de cesse de cajoler cette idée excitante, prometteuse d’un autre regard sur les êtres et les choses…. et en même temps ne peuvent guère s’empêcher de penser ou de parler sans se référer constamment  » à la chose écrite » : textes de l’Evangile de Chose, bouquins de Machin, citations de Truc. Comme si lesdits Frères et Soeurs ne s’autorisaient pas à penser et à créer par eux-mêmes, ici et maintenant ; comme si tout était mieux autrefois et ailleurs, bref, comme si tout était dit et écrit depuis longtemps y compris la Vérité, majusculée bien sûr ! Alors, déjà sur ce simple constat, surgit d’évidence la question : A quoi servons-nous ?!

Ce n’est pas offenser notre mouvement, ni montrer quelque trivialité que de poser cette question vitale, qui en entraine plusieurs autres en forme de faits observables : Quand cesserons-nous, par retenue, timidité, déférence, obséquiosité, par goût morbide du secret aussi, de jouer au Bernard-L’hermite, ce crustacé qui se réfugie dans la coquille des autres ? Quand perdrons-nous l’habitude (inconsciente) de nous autodévaloriser ? Quand nous débarrasserons-nous de notre culpabilité générationnelle ? Quand aurons-nous enfin confiance en nous, adultes devenus, après trois siècles d’existence de la franc-maçonnerie spéculative ?

Le temps du bilan, n’est-il pas venu, au moment où nous est annoncé – indication vraie ou fausse – une baisse de 30% des effectifs maçonniques, opportunément mise sur le compte de l’épidémie de Covid ?!

Changer est certes difficile, mais possible ! Et, après tout, nos mythes et nos légendes, nos allégories et nos symboles, en valent bien d’autres !

Deux mille ans d’une civilisation de la « faute originelle imaginaire » ont laissé des traces ! Soyons fiers d’être francs-maçons et franc-maçonnes. Tant que l’Art Royal existera dans un pays, y vivra ce trésor précieux pour chacune et chacun, qu’est la liberté, d’être, de dire et de faire le Bien.

Nous voulons devenir meilleurs et rendre les autres meilleurs. Très bien, mais qui le sait vraiment, qui le dit vraiment, à l’extérieur de nos temples ? Et d’ailleurs nous-mêmes, prenons-nous vraiment le chemin de cette amélioration, au début de ce siècle, si nous nous contentons seulement d’ouvrir et de lire les livres, anciens et récents, des philosophes réputés ou des penseurs référencés par la télé et les hebdomadaires ? Si nous nous limitons, en d’interminables débats par écrans d’ordinateurs interposés, à commenter les commentateurs, à désigner, si je puis dire, les écrits vains d’écrivains, à nos yeux bons ou mauvais ?!

Les « profanes » peuvent aussi se poser ces questions en lisant nos échanges électroniques qui reviennent trop souvent à faire de l’analyse de textes ! Je me désigne aussi, bien entendu, dans ce jeu de tennis informatique !

Le pouvoir d’indignation

Au vrai, nous souffrons du défaut de notre qualité : le généreux syncrétisme dont est issue la franc-maçonnerie, nous positionne en crise permanente d’identité. Et, à mon avis, nous n’occupons pas la place, où nous devrions être reconnus aujourd’hui. Les livres de nos auteurs maçonniques sont encore souvent classés en librairie, au rayon des pratiques « parallèles », quand ils devraient apparaître sur l’étagère des sciences humaines et sociales !

Avant la seconde guerre mondiale, de l’abolition de l’esclavage au travail des femmes et des enfants, de la Sécurité sociale au contrôle des naissances, de l’essor du syndicalisme aux congés payés, nos aînés ont apporté en y contribuant activement, autant que des pierres, des clés de voûte à l’édifice. Et à ce titre, par secteurs d’activités, la maçonnerie s’est tout à fait inscrite hier et aujourd’hui plus que jamais, dans le progrès de la condition humaine. Notamment en se rapprochant – nos planches en témoignent – outre de la littérature et la philosophie, des disciplines positives : sociologie, psychologie, psychanalyse, Analyse Transactionnelle, Programmation Neurolinguistique, et aussi anthropologie,

De nos jours, à l’image des cathédrales toutes achevées (ou en restauration avancée telle Notre Dame de Paris après son récent et dramatique incendie) les grandes institutions sociales et caritatives sont largement ancrées et opérationnelles. Des millions de bénévoles agissent. Notre Ordre, qui est très intégré dans le vaste mouvement associatif – par le biais de beaucoup de ses membres – ne ferait guère mieux à lui seul, en matière d’aide matérielle et morale aux démunis, que les structures existantes. Nous n’avons d’ailleurs pas forcément vocation d’assistanat.

En revanche, à défaut de cathédrales, il reste l’homme de demain à bâtir. Un homme respectueux de lui-même et de son alter ego. Un homme qui aime d’amour, son Frère Homme. Nous avons montré – avec des colloques réussis notamment sur la Dignité, puis beaucoup d’autres – la capacité des maçons français à s’unir pour afficher à l’extérieur leur pouvoir d’indignation et affirmer que l’être humain n’est pas un produit jetable.

Il en faudra encore, des manifestations semblables, sur tous les thèmes bénéfiques à l’humanité, et sur tout le globe, pour atteindre la lumineuse « humanitude » jacquardienne. Partout, à l’occasion de ces rencontres, sont à inventer et diffuser pensées et paroles neuves, que nous sommes capables de générer sous notre enseigne. Partout, où cela est possible, est notre vrai rôle sociétal. Ne sommes-nous, par notre initiation même, des îlots de lumière, prompts à participer à l’éclairement du monde ?

Encore faut-il que nous redéfinissions notre mouvement, avec les mots d’aujourd’hui. Encore faut-il que nous requalifiions parfois nos Temples, confondus par certains : il n’est pas inexact de dire que ce sont des espaces d’expression, et non des lieux de culte, encore moins des relais du créationnisme. Le « principe créateur » en tant que Grand Architecte de l’Univers, postulé par certaines Obédiences respectables est un symbole parmi d’autres, dans son système de références, mais aucunement le dieu imposé d’une confession. Partant, pas de mélange des genres : il est loisible à chacun, à chacune, de fréquenter à part, une église, où il ou elle le veut, quand il ou elle le veut.

Ouvrons donc nos temples, non à tous ceux qui viennent y frapper, mais aux personnes bien dans leur tête, au clair avec des croyances éventuelles estimables, ni esclaves de l’invisible, ni d’elles-mêmes. Au moment où tant d’individus disent éprouver un « vide spirituel », demandons précisément à nos postulants (tes) ce qu’ils (elles) entendent par spiritualité, ce mot fourre-tout, au final trompeur, voire dangereux quand il est chargé de contre-sens ! Rappelons-nous que le mot Spiritualité appartient à la famille « spir » qui indique avant tout la respiration, donc la Vie !

C’est ainsi, l’homme est souvent dans ce qu’il cache : nous n’avons pas – et plus – à donner l’entrée à ceux, entre autres, qui, rongés par le regret, viennent chercher en maçonnerie une religion privée ou « de substitution », pour compenser les avatars d’un parcours individuel. La tolérance est limitée par l’intolérable. Ce sont presque toujours ces « dépossédés » qui, insidieusement, au fil des degrés de rites qui ne sont pas religieux, installent ou tentent d’installer un dogmatisme régressif et, attention, parfois au parfum sectaire. Ce sont eux qui, dans leur psychorigidité en matière de croyance, nous feraient croire que la tradition est un système figé, pétrifié, tourné vers un passé idyllique et synonyme à leurs yeux, de vérité. Gare !

Tout au contraire, la véritable tradition maçonnique est bien vivante. Ce n’est pas une mare mais un fleuve, dont le cours se nourrit sans cesse des riches alluvions de ses affluents, pour sa survie même ! Pour que vive, comme l’eau vive, la franc-maçonnerie !

 Ainsi cette tradition nous dicte-t-elle, dans sa grande sagesse, de pratiquer un recrutement, à visée de complémentarité permanente. Tant de vigilants gardiens de nos valeurs passées sans être passéistes, c’est nécessaire, que d’hommes et de femmes d’ouverture, novateurs, novatrices par définition, c’est essentiel. Et, partant, ladite tradition nous invite à nous garder de nostalgiques abusifs, amateurs d’occultisme, voire de magie et de sorcellerie qui, à l’évidence, se sont trompés de porte ! Le mystère de l’univers, comme son nom l’indique, doit en rester un ! Les astrophysiciens le savent mieux que quiconque : plus ils avancent dans leurs conquêtes spatiales, plus de nouveaux mondes surgissent ! A donner le vertige aux humbles humains que nous sommes ! A nous ôter toute vanité !

 Pour bien vivre présentement sur la terre des Hommes et des Femmes – en écartant l’hubris (la démesure) pointée par les grecs antiques, cinq principes – qui tiennent sur les cinq doigts de la main – s’imposent à eux, donc au Franc-maçon, à la Franc- maçonne : donner, se donner (des satisfactions), demander, recevoir, refuser Dans ce cadre, « A quoi servons-nous ? » dis-je d’entrée : Reconnaissons qu’il nous est surtout demandé et imposé, en divers termes à la fois altruistes et interdictifs lorsque la porte du Temple nous est ouverte, mais les règlements (certes nécessaires) nous disent moins ce que nous y recevrons ! Nous entrons donc en confiance dans cet Ordre.

 Or, lors de cette entrée acceptée, qui s’appelle l’initiation, combien de Frères et de Sœurs sont de fait en demande, non spécialement de reconnaissance, mais, nuance, d’attention et de considération, qui ne leur sont pas toujours offertes à l’extérieur. En un mot, tout simple, cette double faveur a pour nom le RESPECT, qui est de l’ordre du sacré. Car oui, l’Homme est sacré, ne l’oublions jamais.

 Voilà ce que nous venons, à la fois donner et chercher en loge. Voilà pourquoi, certains, certaines, insatisfaits, s’en vont. La solidarité (ou le solidarisme) est à double sens. Nous sommes certes indépendants par nature, mais dépendants par nécessité :

 Je suis parce que tu es, tu es parce que je suis !

Habituez votre esprit au doute et votre cœur à la tolérance

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

La tolérance est mise à l’épreuve lorsque chacun pense avoir raison et ainsi surgissent des divisions, des guerres, du racisme ; il faut le cultiver comme une plante à semer dans les jeunes esprits ; il faut l’arroser constamment pour que ses racines s’enracinent dans la société et la protègent des parasites comme la haine et la discrimination.

Nous sommes si différents les uns des autres par la culture, la profession, les idéaux politiques et religieux, les sentiments, mais il existe entre nous un lien profond qui transcende tout cela, et c’est un lien fort et subtil : fort parce qu’il est construit sur des bases éthiques et morales. les principes , qui sont les fondements indispensables d’une évolution horizontale de l’être humain et, par conséquent, de l’humanité ; minces parce qu’ils transcendent le plan horizontal et s’élèvent vers le haut.

Ils approfondissent l’ici et maintenant et s’étendent jusqu’à prendre conscience que la tolérance implique le respect, ce qui, à son tour, invite à croire que les traditions, les cultures et les religions interprètent différemment les principes et les valeurs des droits de l’homme.

L’objectif de la Franc-Maçonnerie est de former des hommes et des femmes libres de tout préjugé, qui se mettent au service de la justice, de la morale et de la vérité dans la liberté de pensée la plus absolue.

Socrate affirmait :

Je sais parce que je sais que je ne sais pas.

Seuls ceux qui admettent leur ignorance peuvent rechercher la vérité.
La connaissance apporte l’humilité. L’humilité de toujours douter, de savoir comparer, de ne pas exiger d’être compris, d’écouter en silence et d’attendre puis de répondre, si on le permet.

La tolérance incarne une signification énorme, elle représente l’expression pratique des vertus et de l’humilité de l’individu. La tolérance n’est pas en nous dès la naissance, mais c’est quelque chose qui, petit à petit, est assimilé et mis en pratique comme fruit de la connaissance et du savoir. C’est un sentiment qui s’acquiert en grandissant et en nourrissant l’Esprit.

Dans la Franc-Maçonnerie, la Tolérance, en théorie, ne doit pas être appliquée, mais être une mise en œuvre logique, née lorsque la « Lumière » est donnée au profane, et pourtant, n’étant pas des êtres parfaits, mais perfectibles, nous devons nous consacrer au lissage constant de la pierre : la rendre rugueuse, la lisser, la finir.

Nous devons garder à l’esprit que :

La tolérance n’est pas la gentillesse.
La tolérance n’est pas une bêtise.
La tolérance n’est pas l’ignorance.
La tolérance, ce n’est pas profiter des autres.

L’objectif de la Franc-Maçonnerie est de former des hommes et des femmes libres de tout préjugé, qui se mettent au service de la justice, de la morale et de la vérité dans la liberté de pensée la plus absolue.

En suivant un chemin initiatique il semble implicite que les Principes et Valeurs que nous soutenons se concrétisent dans notre expérience quotidienne. Mais souvent, les Principes restent seulement des concepts théoriques lorsqu’il y a un manque de conscience profonde que la Liberté, l’Égalité et la Fraternité constituent les fondements d’une construction éthique, sociale et spirituelle, qui implique toute la création et tous les règnes de la nature.

Ces Principes sont universels et liés à des valeurs qui concernent un moment historique, social et culturel, mais, dans leur essence, ils sont immuables, car ils enseignent que nous sommes tous égaux dans le macrocosme des différences qui caractérise le monde de la matière. .
Le concept clé de la tolérance est qu’il n’y a pas de dogmes ni de vérités absolues, tout est en constante évolution, tout comme chacun de nous change constamment.

La franc-maçonnerie peut avoir pour seul but de former de bons francs-maçons qui savent présenter leurs propres idées et profiter de celles des autres, qu’ils soient francs-maçons ou laïcs. Ce travail continu, fait d’abord sur soi, qui ne connaît aucun arrêt, ne peut produire qu’un raffinement personnel et collégial. Ce n’est que dans ces conditions que les différents niveaux de connaissance et de conscience de chacun de nous peuvent vivre dans le même conteneur et permettre à nous et à l’ensemble de l’humanité de prospérer.

Comme les bâtisseurs des Cathédrales, nous ne verrons pas l’achèvement de l’œuvre finale, mais nous pouvons apporter notre contribution significative en faisant ce qui est en notre pouvoir : nous avons devant nous un papier blanc sur lequel écrire notre histoire orientée vers le progrès. de nous-mêmes et de « l’humanité ».

La franc-maçonnerie, depuis ses origines, est un collège d’hommes libres et de bonnes mœurs. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons également être courageux mais pas imprudents, prudents mais pas craintifs.