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L’initiation, et après ?

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Au début du troisième millénaire, « la tonalité maçonnique » a incontestablement changé. Les hommes et les femmes qui demandent l’entrée du Temple semblent beaucoup moins préoccupés par le  « croire » et le surnaturel. Bien mieux informés que je ne l’étais  en arrivant en maçonnerie –  j’approuve tout à fait à la fois leur culture actuelle et  leur curiosité – ils ne font pas toutefois une « fixette » sur le passé de l’Art Royal ! Les figures et valeurs d’antan sont respectées mais non vénérées.

Il n’y a pas d’offense à constater que les pionniers – qui nous ont passé les commandes d’une belle entreprise humaniste  – sont maintenant dans cet autre monde, que nous appelons « l’Orient  éternel », où ils méritent d’être laissés en repos  bien mérité !

Les mots du  vocabulaire précité  aussi, changent lentement de sens. L’initiation, n’est plus perçue aujourd’hui comme une grâce, (donc une faveur impliquant quelque  soumission)  fut-elle divine, voire mystique ou magique pour certains – qui serait spécifique à la franc-maçonnerie – mais un classique « rite de passage »  dont le protocole ancestral, signifie symboliquement, nous le savons, la mort à un temps de vie et la renaissance à un autre (et non une résurrection !). L’initiation, en tant qu’ouverture   d’un chemin,  n’est pas en soi un commandement, ni  un itinéraire à suivre,  mais une carte routière !  Il est bon d’insister sur ce point, souvent oublié ou occulté : Si cette initiation est symboliquement reçue d’un « passeur », il convient d’être conscient que, en même temps que le relais s’effectue,  chacun (e)  s’initie soi-même. C’est à dire que l’initié  (e) qui s’engage sur la voie maçonnique  s’impose à la fois des devoirs (moraux et citoyens) et, en adulte qu’il (qu’elle)  est,  se donne des justes droits ( savoir dire oui, savoir dire non) dans son exercice. L’initié (e) est un franc-maçon, une franc-maçonne responsable. Et non une personne soumise. Observer et évaluer, garantir et décider, accepter ou refuser, sont autant « d’opérations » qui constituent la responsabilité. Tout le contraire de subir ou supporter ! La tolérance trop longtemps prônée par une franc-maçonnerie indulgente est aujourd’hui limitée par l’intolérable. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur !

 Il est dans la nature de l’homme, animal social – ne pouvant assujettir son milieu – de chercher à dominer ses semblables. La franc-maçonnerie, organisation humaine, n’échappe pas à ce phénomène. L’autorité, l’ascendance, la puissance, l’influence,  l’emprise, les mots affluent pour désigner la possibilité d’agir sur quelqu’un ou quelque chose. Ils se résument en un seul, qui renforce souvent le sentiment d’exister (ou même de surexister !) chez le « désirant » : LE POUVOIR. Nous ne pouvons faire l’économie d’évoquer   cette réalité dans le cadre maçonnique !

La franc-maçonnerie est le reflet des époques qu’elle traverse. Au siècle précédent, le livret d’instruction reçu lors de mon élévation à la maîtrise – soigneusement conservé (1987) – m’indiqua que  le dessein de ce degré était le combat contre l’ignorance, le fanatisme et la superstition. Aujourd’hui, signe du temps, sur le même document l’ambition « déréglée » a remplacé la superstition, en tant que défaut – avatar de la religion –  à éliminer.

Au vrai, l’ambition a un double sens. Le premier indique une pulsion axiale, cette force psychique inconsciente, présente en chacun de nous, qui nous pousse à croître, à nous perfectionner, à  persévérer dans notre être. Il s’agit de notre capital énergétique : il dépasse même notre instinct de conservation. Il est donc  tout à fait normal, sain même,  d’avoir de l’ambition, en termes de progression personnelle.

En revanche son deuxième sens, pointe la démesure qui peut saisir un être, et rejoint notre propos ci-dessus : le désir ardent de dominer, de prendre un pouvoir, d’obtenir des avantages, de s’imposer. Peu importe si c’est au détriment des autres qu’il s’agit alors d’écarter, voire de mépriser !  Pour faire image, cette ambition nocive, est à la fois, métaphoriquement, liquide et solide. Liquide, elle est le carburant de la vanité, la « substance empoisonnée », qui propulse les carrières personnelles, notamment en entreprises ! Solide, c’est un  système de conditionnement – le pouvoir précité – qui organise une structure. Les membres du groupe, avides de récompenses (flatteries, honneurs, signes distinctifs,  appellations pompeuses)  se soumettent à ce que le neurobiologiste et philosophie Henri Laborit, nomme les « hiérarchies de dominance ». Se construit ainsi, adossé aux composantes des faiblesses humaines (convoitise, besoin de reconnaissance, jalousie) le rapport dominant/dominé, qui conduit à l’inféodation, donc à l’infériorisation. Il est judicieux  d’écouter ce Professeur : Il a  beaucoup travaillé sur le conditionnement, cette forme perverse de  pouvoir.

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. » (Commentaire d’Henri Laborit  dans le film « Mon Oncle d’Amérique d’Alain Resnais – 1980)

Une longue phrase à méditer. L’ambition  démesurée de certains membres des loges –  assoiffés de parures ( la « cordonite »)  et du regard de l’autre, rime avec la domination précitée. Celle-ci boute alors la franc-maçonnerie,  hors de son champ initiatique. Et, à l’évidence,  la détourne   de l’un ses « credo » majeurs : l’humilité !

Des mots aux faits

Initié (e). Qui dit Initiation, dit  Initié (e). 

« Etes-vous franc-maçon ? »

« Mes frères et mes sœurs me reconnaissent comme tel ! »

Cet échange rituel n’est évidemment pas suffisant comme réponse.  Au delà des mots,  il s’agit  de se connaître et reconnaître soi-même ! Ce qui permet d’être et vivre à sa place ! La franc-maçonnerie propose une méthode de vie pratique basée sur la production de concret  à partir de la fiction. Autrement dit, est-ce que j’aime la poésie, les mythes et les légendes ? Est-ce que les métaphores, les allégories et le symbolisme « me parlent » ?! Comme de pain et d’eau, j’ai besoin de récits et de contes pour vivre. Mais mon imaginaire me donne-t-il envie de rencontrer l’autre, de partager, de m’enrichir de lui et de l’enrichir, de penser et de bâtir en commun ? Voilà ce que signifie d’abord le mot « initié » : celui qui est informé de lui-même, de ses désirs, de ses capacités. Celui qui veut du pouvoir, oui, mais pas pour dominer. Pour donner et recevoir! L’initiation vise la maîtrise de soi. Pas des autres ! Comme au tir à l’arc, il s’agit d’atteindre le centre. Son propre centre.

Tradition.  Il n’y a pas de poétique sans valeurs. L’Art Royal a trouvé les siennes à sa façon dans une suite de traditions qui en sont porteuses                 (Traditions biblique, égyptienne, gréco-romaine, ésotérique, kabbalistique, alchimique, compagnonnique, chevaleresque). Que ces traditions  soient des doctrines et des pratiques répétitives, qu’on les nomme coutumes, habitudes, folklores, elles sont des traces dans le temps  des activités et mouvements humains. Mais en aucun cas des vérités ! Le mot Tradition vient du traditio, transmettre. Cette transmission s’opérant  généralement par la parole ou l’exemple – donc la réflexion, l’imagination –  il y a forcément transformation, amélioration, progrès de la « chose transmise », annonce même parfois d’une nouveauté, qui remplace la précédente. Elle devient ainsi un savoir,  une préscience. Ainsi sont nées, progressivement,  les « sciences de l’homme », par définition, observatrices des cultures humaines. Philosophie, linguistique, anthropologie, psychologie, psychanalyse, analyse transactionnelle, programmation neurolinguistique, autant de « sciences naturelles », auxquelles s’ajoute l’histoire. Celle-ci fait entrer de plain-pied la franc-maçonnerie dans ces sciences humaines. D’autant que, grande emprunteuse, elle les utilise largement avec bonheur. On peut dès lors s’étonner que nombre de maçons – nourris  que d’un symbolisme excluant –   écartent  encore ces sciences de leur « chemin initiatique » au XXIème siècle !  Or, ce n’est pas de reconnaissance entre obédiences – futilité corporatiste –  dont la franc-maçonnerie d’aujourd’hui  aurait vraiment besoin, mais d’être reconnue d’utilité publique, comme institution sociétale! La tradition – au sens éducatif  du terme prendrait ici tout son sens ! A suivre !

 Rite. Issu du latin ritus (usage) et du sanskrit  rita (ordre), le rite est en soi le conducteur, « l’acte cérémoniel »,  qui, décliné en divers rituels, formalise et rythme  la tenue maçonnique. Il ne constitue en aucun cas une liturgie religieuse, encore moins une discipline magique, voire mystique ! Constitués de degrés, les rites maçonniques, aux appellations fleuries,  produits de la créativité foisonnante du XVIIIème siècle, restent encore très marqués par leurs titres ronflants, susceptibles d’en masquer le contenu philosophique ou moral. Un symbolisme trop  imaginatif peut aller jusqu’à illustrer des cartes de visite ! Et faire entrer certains dans le domaine des croyances, jusqu’à faire du rite, une relique intouchable. Et de dangereux « ritolâtres » ! 

Symbole. Réalité donnée à voir, le symbole, sous diverses formes suggestives, parle sans mots, démultipliée en signifiants et signifiés. Offert à l’imagination de chacun, le soleil, par exemple, il évoque aussi bien la lumière  que la chaleur, la circularité que la vie ! Il n’exprime lui non plus aucune vérité. C’est la pensée qui crée le symbole !

Sacré. La confusion est fréquente pour qui vit en maçonnerie une religion de substitution. Le sacré, figure du respect sous toutes ses formes, peut être parfaitement laïque. Il est à même d’être à lui seul, la motivation du franc-maçon dans la cité ! Chacun de nous est  sacré !

Spiritualité. Le processus de réflexion qu’il évoque a longtemps été l’apanage des religions. Le domaine de l’esprit n’est pas uniquement celui de la croyance ! Il a fallu que la philosophie introduise la notion de spiritualité laïque pour le rappeler. Il est bon de répéter que la spiritualité est liée à la famille latine spir : le souffle, c’est à dire la vie !

Grand Architecte de l’Univers. La preuve de l’existence d’un Dieu « constructeur et organisateur » du monde ne sera sans doute jamais révélée à l’intelligence humaine. Il semblerait que le philosophe Spinoza, qui parle d’une puissance persévérante,   donne l’une des meilleures définitions de ce mystère. La franc- maçonnerie,  qui l’a parée de l’appellation poétique de Philibert de l’Orme, pour désigner  soit un Dieu révélé, un symbole  ou un principe créateur,  demeure évidemment dans ce domaine de l’imaginaire.

En ce sens, il est étonnant que des obédiences maçonniques exigent de leurs adhérents la croyance en Dieu. Quand il convient en priorité de croire en l’Homme ! Et de diriger vers lui toute spiritualité, cultuelle ou laïque !

C’est rudement gonflé !

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« L’être humain passe son existence entière à ordonner le jeu des forces contradictoires qui le constituent. Le but de la morale n’est pas de rendre l’homme heureux mais de transcender le possible »

Françoise Schwab.        (Vladimir Jankélévitch-Le charme irrésistible du je-ne-sais quoi)

Un coup de maître dans le roman policier : prendre l’une des gloires de la pensée philosophique pour en faire la victime d’un assassinat ! Et l’on marche dans la combine, nous qui aimons tellement citer telle ou telle référence du maître de l’Ethique dans nos planches !

Jean-François Bensahel n’est pas seulement normalien, mathématicien et ingénieur du Corps des mines ; il est devenu complètement « accros » de la personne et de l’œuvre de Spinoza, à partir du moment où ce dernier a croisé sa route. C’est pourquoi, il se lance audacieusement dans un roman qui fait grand bruit : « Qui a tué Spinoza ? », chez Grasset !

Baruch Spinoza meurt à 44 ans, en 1677, et laisse derrière lui une réflexion révolutionnaire qui va bouleverser la philosophie, la théologie et le monde politico-économique. Son « Traité théologico-politique », suivi de « L’éthique » vont être une traînée de poudre dans cette Europe de la guerre de trente ans. Les ennemis de Spinoza sont légion : les juifs, les calvinistes, les catholiques, les cartésiens, Leibnitz. Quelques alliés cependant : les mennonites, les Quakers, les différents courants du libertinage érudit. La problématique va tourner autour du thème du libre-arbitre soutenu par Erasme et celle de la prédestination, cheval de bataille de Luther et Calvin. Avec tout ce que cela comporte de répercussions sur l’organisation politique de la société qui fonctionne encore sous le principe d’une royauté « de droit divin ». C’est aussi, le développement de la pensée panthéiste dans la spiritualité occidentale (« Deus sirve Natura. Dieu, donc la Nature »). Le philosophe est un être de passion, souvent dépassé par sa spontanéité lui qui pourtant avait comme devise « Caute », sois prudent

Le roman nous plonge dans la hollande du XVIIe siècle qui est alors un carrefour de tous les savoirs, où les idées prolifèrent autant que les complots. Spinoza qui renvoie à dos l’enfer et le paradis au profit d’un humanisme détaché des milieux religieux dans une époque où les guerres de religion déchirent l’Europe, devient la cible satanique des « bons esprits » de l’époque.

A sa mort, l’auteur nous dit qu’une mystérieuse personne est venue : des lettres et des manuscrits inédits ont disparu de son secrétaire. Si mort suspecte, il y eut, a qui profite cette mort ? Jean-François Bensahel écrit : « Pour la postérité, le nom de Spinoza est devenu talisman ; l’éthique, un coffre-fort que chacun fantasme de pouvoir forcer. ». Spinoza élabore une sagesse unique, un viatique pour gravir les plus hauts sommets de la pensée.

Bien entendu, je ne vous dévoilerai pas qui a tué ! Ou alors, pour rester dans le domaine philosophique je vais vous faire une confidence sur le coupable :  il se dévoilera comme membre du fanatisme sectaire, là où çà croasse dans les bénitiers de toute nature…

Un air de liberté

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LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ un concept qui fonctionne depuis des siècles serions-nous tenté de dire. Ces trois valeurs portent en elles les bases, les fondations propres aux grands projets philosophiques. Les grands projets des bâtisseurs me semblent s’appuyer eux aussi, au départ, sur des concepts  philosophiques.

C’est dans ce sens à mon avis qu’ils se rejoignent et qu’ils utilisent des idées communes.  Chercher à bâtir un monde qui repose sur la liberté, l’égalité, la fraternité relève d’un défi digne de la création d’une œuvre qualifiée au départ d’utopie. Pourtant des peuples, des nations s’y penchent comme pour essayer de trouver un chemin vers la démocratie et l’égalité.

Il semble que l’être humain l’a intégré dans son ADN pour utiliser une expression à la mode mais que les étapes à parcourir réclament toujours plus de labeurs. Les bâtisseurs dont le travail est plus opératif pouvons-nous dire sont confrontés eux aussi à ces dilemmes, ils participent  à la construction d’une œuvre mais je crois qu’ils ont dépassé les notions et les réflexions philosophiques pour se consacrer uniquement à sa réalisation .

C’est pour cela que dans cette humble video « lyrique » j’associe  force, beauté, sagesse comme pour indiquer que ces trois grandes entités que sont  liberté, égalité, fraternité résonnent au rythme de nos connaissances maçonniques. Nous participons avec cette devise souvent associée à des valeurs républicaines à la construction pourquoi pas d’une œuvre universelle, et je dirai même à la construction de notre temple intérieur.

Alors pourquoi ne pas rêver de Sagesse et d’Amour.

Bernadette de Lourdes est-elle soluble dans la laïcité ?

De notre confrère actu.fr – Par Fabien Hisbacq

Le spectacle à grand succès Bernadette de Lourdes, créé dans les Hautes-Pyrénées, pourrait être privé de Pass Culture en raison de son non-respect de la laïcité.

Le spectacle événement Bernadette de Lourdes, créé dans les Hautes-Pyrénées en 2019 et qui va partir en tournée dans toute la France, est au centre d’une polémique.

Au cœur du sanctuaire, plus de 150 000 spectateurs avaient profité de cette comédie musicale de Serge Denoncourt, qui bénéficie de compositions du chanteur Grégoire, tandis que le livret est signé de deux stars dans ce domaine, Patrice Guirao et Lionel Florence, déjà auteurs des cultes Dix commandements, du Roi Soleil ou de Cléopâtre, entre autres paroles écrites pour Johnny Hallyday, Florent Pagny, Calogero ou Pascal Obispo.

Un succès aussi à Paris

Après son triomphe dans la cité mariale, 23 000 personnes l’avaient applaudi au Dôme de Paris durant quatre jours en septembre 2023. Au point que le spectacle reviendra dans la capitale en juin 2024. Mais en attendant, il partira sur la route des grandes salles de France dès novembre 2023.

Privé de Pass Culture

Sauf que ce succès est aujourd’hui entaché d’une polémique. La comédie musicale a été exclue du Pass Culture. 

Le Pass Culture est un dispositif porté par le ministère de la Culture qui vise à faciliter l’accès des jeunes de 18 ans à la culture. C’est la raison invoquée par l’académie de Versailles pour ce rejet qui a fait bondir les producteurs du spectacle : le non-respect de la laïcité.

Roberto Ciurleo prépare un recours contre cette décision qu’il ne comprend pas. Pour lui, il s’agit d’un spectacle « 100 % historique ». Dans lequel il n’est pas question de prosélytisme.Vidéos : en ce moment sur Actu

Le spectacle évoque la destinée de Marie-Bernadette Soubirous, née en 1844 dans les Hautes-Pyrénées. Témoin de dix-huit apparitions mariales à la grotte de Massabielle entre le 11 février et le 16 juillet 1858, elle était devenue religieuse, avant d’être canonisée en 1933 un demi-siècle après sa mort.

Elisabeth Moreau élue Grand Maître de la GLIFF

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Le 11 novembre 2023 a eu lieu la prestation de serment de la Sœur Grand Maître nouvellement élue Elisabeth Moreau ainsi que l’installation du Grand Collège des Officiers.

A la veille de fêter le sixième anniversaire de la Grande Loge Initiatique Féminine Francophone, ce fut l’occasion pour la sœur Grand Maître de rappeler les valeurs qui sont le socle sur lequel se bâtit l’Obédience.

Obédience féminine, la GLIFF en choisissant de travailler au REAA pratique une Maçonnerie Traditionnelle attachée à la spiritualité et au symbolisme comme moyen d’accès au sacré.

Dans une dynamique de construction impliquant et engageant chacune, nous souhaitons être des Passeuses de sens, en transmettant la profondeur et la richesse initiatique du Rite.

Site officiel de la GLIFF

Humanisme – Dossier « La question sociale »

Que retenons-nous de ce dernier numéro ? D’abord qu’il s’agit d’une nouvelle formule… conformément à ce qu’assure l’éditeur sur son site !

Et c’est vrai. Humanisme cherche à se réinventer. Reconnaissons-le, la revue est plus attrayante et a su formidablement s’adapter dans ce paysage médiatique en constante évolution.

Nous y trouvons un design et une mise en page modernisée – plus contemporaine et plus épurée –, plus d’articles sur des sujets d’actualité, des tendances émergentes des reportages approfondis – en témoigne le dossier – sur des sujets pertinents pour le lectorat.

Et puis, nous aimons l’éditorial de Christophe Devillers intitulé « un édito joyeux ? » et qui, en son temps, avait déclaré que « … du plus loin que je me souvienne, Humanisme a toujours incarné à mes yeux la quintessence de ce qu’était l’obédience qui l’édite… »

Alors un édito décrivant une ambiance joyeuse ou un caractère enjoué avec cette connotation positive et lumineuse ? Le lecteur le découvrira et l’interprétera à sa manière.

En tant que rédacteur en chef de leur revue, Christophe Devillers est impliqué dans le choix des thèmes, la direction éditoriale, et la coordination des contributions de différents auteurs. Nous lui devons un magnifique et riche dossier sur la question sociale.

À commencer par la première de couverture avec le slogan « Travaille d’abord, tu t’amuseras ensuite » reflétant une éthique de travail – labeur, diligence, discipline – qui met l’accent sur la priorité donnée aux responsabilités et aux tâches avant les loisirs et les plaisirs. Cela suggère une approche disciplinée de la vie, où l’on s’acquitte de ses obligations avant de s’engager dans des activités récréatives ou de détente. Ce principe peut être lié à des valeurs telles que le dévouement, la persévérance et la patience, ainsi qu’à la croyance que le travail acharné sera récompensé par le plaisir et la satisfaction ultérieurs.

Passionnant ce dossier sur la question sociale car aujourd’hui nul n’ignore l’importance et l’omniprésence des problématiques sociales dans la société contemporaine. Elle implique que les enjeux sociaux, tels que l’inégalité économiques et de revenus, la pauvreté, la protection sociale, le droit au travail, l’égalité des genres, l’intégration et les droits des minorités, la justice et les droits de l’homme, sont au cœur du débat public actuel et ne peuvent être négligés par personne, en France mais aussi dans le monde d’aujourd’hui, à l’aune de tous les défis qui s’annoncent en ce début de XXIe siècle. Une mise en lumière qu’Humanisme, en éveillant la conscience des frères et des sœurs, a su plus qu’honnêtement nous rendre compte.

Nous avons apprécié les apports de Philippe Foussier dans « Les métamorphoses de la question sociale » et de Nicolas Pomiès, vice-président de Mutuale-la mutuelle familiale, pour « Les réalisations sociales, œuvre constante des francs-maçons ».

Guillaume Trichard grand maître, président du Conseil de l’Ordre.

Relevons aussi l’entretien accordé au rédacteur en chef par le Grand Maître, président du Conseil de l’Ordre, Guillaume Trichard qui livre ici sa vision d’une maçonnerie de « combat » !

Et, surtout, à cœur ouvert, de nous donner les domaines ou le franc-maçon du GO doit « mener le combat ». C’est-à-dire conserver l’idée de s’engager activement dans une lutte ou un affrontement, au sens figuré. Ne doit-on pas porter parmi les autres hommes les vertus dont nous avons juré de donner l’exemple ? Comme pour prendre sa part et se battre afin de faire face à des défis avec détermination. Pour Guillaume Trichard, il s’agit des migrants, de la pauvreté en France, des personnes âgées maltraitées jusqu’aux prisonniers connaissant des conditions déplorables de détention. Mais aussi de la question de l’indivisibilité de la République, de justice sociale – qui est son ADN.

Péguy en 1908 par Jean-Pierre Laurens.

Le lecteur appréciera aussi, pour le 150e anniversaire de la naissance de Charles Péguy (1873-1914) l’article d’Éric Thiers, considéré comme l’un des spécialistes de l’œuvre de l’écrivain et président de l’Amitié Charles Péguy depuis septembre 2020. Rappelons que Péguy a commencé sa carrière intellectuelle en tant que socialiste, soutenant ardemment les idéaux de justice sociale et de république laïque.

Dans une actualité plus politique « Le rassemblement national faussaire de la question sociale »

que nous devons au collaborateur parlementaire Thomas Collet. Ou comment le RN avance ( masqué ou à visage découvert ?) en terre ouvrière. Un article pour découvrir les arcanes de ce parti d’extrême droite sur le très sérieux sujet de la question sociale – approche populiste, Instrumentalisation des problèmes sociaux, clivage et exclusion, manque de solutions réalistes, contradiction avec les valeurs sociales traditionnelles. L’auteur précisant que « Hélas pour les plus démunis, dans les faits, le RN ne vaut guère mieux que Tartuffe… » Preuves à l’appui.

Jean Jaurès en 1904 par Nadar.

Pour conclure, nous vous livrons les propos de 1887 du socialiste et républicain Jean Jaurès, assassiné en 1914, sur un panneau du Musée Jean-Jaurès, à Castres « Je n’ai jamais séparé le République des idées de justice sociale sans laquelle elle n’est qu’un mot ».

Le sommaire du N° 341 :

Éditorial : Christophe Devillers Un édito joyeux ?

Vitriol : Mireille Quivy Vous avez dit… féministe ?

Actualité des Lumières : Béatrice Ferrier Les Lumières : quel héritage pour l’école républicaine ?

Discours de la méthode : Entretien avec Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France – Je veux insuffler l’envie d’une maçonnerie de « combat » ! Propos recueillis par Christophe Devillers

Pro fanum : Marika Bret Une liberté en moins, c’est un bout de vie qui s’en va

Le grand entretien : Avec Jacqueline Lalouette
L’identité républicaine de la France
Propos recueillis par Dominique Papon

Éric Thiers en 2019.

Charles Péguy, républicain et humaniste (150e anniversaire de la naissance de Charles Péguy)
Éric Thiers Charles Péguy et la République française
Charles Coutel Promotion de l’École de la République chez Charles Péguy
Samuël Tomei L’humanisme orgueilleux de Clemenceau et Péguy

Couverture 3 D.

Dossier La question sociale

Philippe Foussier Les métamorphoses de la question sociale/Denis Maillard Persistance de la question sociale dans la société de marché/Nedjib Sidi Moussa La question sociale : émergence, effacement et retour/Nicolas Pomiès Les réalisations sociales, œuvre constante des francs-maçon/Chantal Didier L’État social… dans quel état ?/Gérard Delfau Plaidoyer en faveur du droit au travail/Thomas Collet Le Rassemblement national, faussaire de la question sociale/Renaud Large L’ordre, écrin de la question sociale

Philippe Foussier posant avec la Marianne Maçonnique.

Idées : André Bellon La démocratie au magasin des accessoires/Dominique Papon Les droits et les devoirs
Histoire : Emmanuel Pierrat Les francs-maçons et le pouvoir
Chroniques humanistes : Charles Conte, Quand Gilles Perrault rendait hommage à son grand-père franc-maçon
Littérature : Damien Cesselin, Une fresque humaniste : les Rougon-Macquart. Nana (9/20)
7e art : Jean-Louis Coy Les herbes sèches, voir la réalité
Musique
– Jean Kriff Larmes et musique d’une renaissance
Livres : Naudot Taskin, Les profs ont peur, École et Laïcité : enquête sur le grand renoncement de Jean-Pierre Obin/J.-Pierre Weisselberg Le médecin, la liberté et la mort – Pour le droit de choisir sa fin de vie de Denis Labayle

Humanisme – La question sociale

Revue des francs-maçons du Grand Orient de France

Conform édition, N° 341, novembre 2023, 128 pages, 13 € – 16 € port inclus

Disponible chez l’éditeur ou DETRAD.

Pourquoi devenir franc-maçon/ne ? (Et surtout, pourquoi le rester)

Si le métier d’arpenteur, souvent d’arpenteur-géomètre, consiste à mesurer et à cartographier des terrains – les géomètres utilisant une variété d’outils pour prendre des mesures précises, qui sont essentielles pour la construction notamment et nécessitant de solides compétences en mathématiques – que choisir ce terme comme nom de plume n’est pas neutre et évoque l’image d’une personne, ici un frère, qui mesure, explore et découvre de nouveaux territoires ou domaines. Et dans le domaine littéraire, cela pourrait suggérer un auteur qui explore des thèmes variés, qui sonde en profondeur la psychologie humaine ou qui décrit le monde avec précision et détail.

Mais cela implique aussi une certaine rigueur dans l’écriture, comme celle d’un arpenteur qui se doit d’être précis dans ses mesures. C’est un nom qui inspire la curiosité et l’intellect, la découverte et l’analyse minutieuse du monde maçonnique qui entoure l’auteur. Et que François L’Arpenteur

Jean-François Ortiz.

nous a déjà livré à travers trois ouvrages, publiés chez Cépaduès, Le symbole. Figure et représentation de l’absence (2014), Le paradoxe d’Hermès. Du symbole à l’universel (2015) – vendu dès 2019 sous boîte 2 titres – et, en 2019, coécrit avec le sculpteur, dessinateur, graveur et art-thérapeute Jean-François Ortiz Entre noir et blanc. Les images et les mots des symboles.

Alors, effectivement Pourquoi. devenir franc-maçon/ne ?

Est-ce parce que la franc-maçonnerie offre un sens de la communauté et de l’amitié entre ses membres issus de divers milieux et partageant des valeurs communes ? Est-ce parce que certains profanes peuvent être attirés par l’histoire et la tradition de l’art royal qui, comme chacun le sait, remonte à des temps immémoriaux ? Est-ce parce que les loges sont connues pour leur engagement dans des œuvres caritatives et communautaires, offrant ainsi aux membres l’opportunité de contribuer positivement à la société ? Ou alors parce qu’elle encourage l’éveil et la croissance spirituelle, dynamisant ainsi la recherche personnelle de la vérité ? Alors que d’autres y voient également la possibilité de s’offrir des opportunités de réseautage professionnel ?

Et c’est après s’être adressé « À ceux qui doutent… », leur présentant la franc-maçonnerie et son message – que François L’Arpenteur, avec trois mots clés que sont « Être », « Échanger » et « Transmettre », développe son propos. En, dans un premier temps, en nous dévoilant les motifs du pourquoi. Traitant, à la fois, de modernité, de transformation, de dépassement, de progrès technique et de promodernité… Les définissant à chaque fois. Mais invite aussi à une sorte de mise en garde quand l’outil technique et son fonctionnement est détourné et se transforme en outil de pouvoir et de gouvernance !

V.I.T.R.I.O.L. – Cabinet de Réflexion – GODF – Photos © Yonnel Ghernaouti, YG.
V.I.T.R.I.O.L. – Cabinet de Réflexion – GODF – Photos © Yonnel Ghernaouti, YG.

C’est ainsi que nous vivons une cérémonie où nous sommes dans le temple – lieu de la rencontre –, au cœur d’une initiation, précédée d’un passage sous le bandeau. Puis nous donne sa vision du symbolisme qui est, avec l’initiation le second pilier de la démarche maçonnique. Et d’en décoder quelques expressions telles V.I.T.R.I.O.L. ou encore recevoir la lumière.

Des lieux d’échange, retenons, la tenue, lieu privilégié, le rite et rituel, termes similaires pouvant prêter à confusion, la parole, autorisée à circuler librement.

De l’aspect transmission, le fameux égrégore retiendra l’attention du lecteur. Car « comment dire et nommer lorsque s’approche l’indicible ? » nous confie l’auteur. Et d’ailleurs, comment définir l’égrégore maçonnique ? À commercer par son étymologie. Une quête à laquelle François L’Arpenteur nous invite.

Soulignons l’importance du terme ‘’surtout’’, utilisé pour ajouter une information supplémentaire à sa démonstration, relevant que cela est digne d’attention par sa qualité ! D’où le « Et surtout , pourquoi le rester ? »

Dans sa conclusion, l’auteur nous révèle que son « intention n’est pas de convaincre à tout prix, mais plutôt de sensibiliser, d’éclairer, d’expliquer, d’illustrer et parfois de préciser le propos… »

Finalement, l’illustration de la première de couverture résume formidablement bien les propos de l’auteur qui nous donne des clés pour transmettre la tradition. Après tout, la franc-maçonnerie n’est-elle pas riche en traditions qui ont été préservées et transmises à travers les siècles. Les maçons d’aujourd’hui sont bien chargés de maintenir ces traditions et de les transmettre intactes aux générations futures. Dans tous ces aspects, ‘’transmettre’’ est essentiel pour la pérennité de la franc-maçonnerie. Cela garantit que les principes fondamentaux de l’ordre, ainsi que ses enseignements uniques, continuent d’influencer et de guider les membres actuels et futurs.

Et comme le dernier initié en présentant les outils à l’apprenti entrant déclame que nous ne sommes pas tous des maçons opératifs mais plutôt des maçons francs et acceptés ou des maçons symboliques, nous appliquons ces outils à notre conduite morale.

Ce passionnant ouvrage vise à informer et à éduquer le maçon et à rendre le lecteur conscient d’un problème, d’une situation : entrer en maçonnerie, mais surtout y rester. Il enrichit notre compréhension de ce sujet crucial.

Lire un extrait.

Pourquoi devenir franc-maçon/ne ? (Et surtout, pourquoi le rester)

De l’utile modernité de la franc-maçonnerie

François L’ArpenteurCépaduès, Coll. de Midi, 2023, 146 pages, 19 €

La Franc-Maçonnerie n’est pas une religion | Sous le Bandeau | Épisode #75

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Bienvenue dans l’épisode #75 de notre série explorant les terrains complexes de la spiritualité, de l’histoire et de la société. À la lumière de l’avis récent du Vatican sur la Franc-Maçonnerie, nous plongeons dans le dialogue entre foi et laïcité, entre tradition et ouverture spirituelle.

🏛️✨  Le Vatican a réaffirmé son opposition à l’adhésion des catholiques aux loges maçonniques, suscitant des réactions et des discussions parmi les fidèles et au-delà. Cet épisode est consacré à disséquer la déclaration du dicastère pour la Doctrine de la foi et à comprendre les dimensions plus larges de cette position. Nous répondons à une question brûlante : pourquoi la Franc-Maçonnerie est-elle considérée en conflit avec les principes catholiques, et est-ce justifié?

Article Vatican News: https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2023-11/franc-maconnerie-adhesion-interdite-pour-les-catholiques.html

🤔⛪  ➤ Découvrez nos réflexions sur: – L’histoire et les objectifs de la Franc-Maçonnerie ⏳🔍 – La définition de la religion comparée aux pratiques maçonniques

📜📐 – Les conséquences de l’annonce du Vatican sur les communautés catholiques et maçonniques à travers le monde

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Faut-il en finir avec la franc-maçonnerie ?

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Il est ici question des incompatibilités entre différents courants de pensée , qui peuvent engendrer une envie de jeter le bébé maçonnique avec l’eau du bain.

Symbolisme et rationalisme seraient-ils incompatibles en franc-maçonnerie ?

« Faut-il en finir avec la franc-maçonnerie ? » c’est le titre un peu racoleur d’un épisode de la chaîne vidéo Youtube « La  Tronche en biais » :

L’épisode se fondait sur le livre « Rationalisme et franc-maçonnerie – Guerres d’influence» de Guillaume MICHEL, interviewé en direct.

Quant à la question sous-titre, cette incompatibilité oui ou non, qui pousse peut-être le lecteur à choisir son camp,   voici quelques réflexions toutes personnelles.

La rationalité est selon moi fondamentale si on veut s’élever et cela reste la pierre d’angle de ma démarche, la difficile découverte de la vérité.

En accord avec l’auteur du bouquin, il y a en maçonnerie des anti-rationalité qui se complaisent dans des théories fumeuses, permettant d’infinis débats sur ce qui est plus authentique ou primordial/ancien, et autres critères de classement entre le meilleur et le moins bon. Beaucoup de croyances très présentes chez les francs-maçons sont effectivement peu miscibles avec le rationalisme, et les clivages de pensée sont bien présents.

Mais nos objets de recherche, la nature et l’humain, se révèlent bien plus complexes que prévu et le rêve « mécaniciste » des Lumières bute sur la faiblesse de nos sciences exactes. En particulier, l’esprit et la psychologie humaine sont rétifs à toute mise en équation, toute injonction peut induire son contraire.

C’est à l’honneur des sciences humaines, de la médecine à la sociologie en passant par les psychologies, d’avoir réussi à obtenir quelques résultats objectifs et reproductibles, même avec un gros taux d’échec et farcis d’exceptions ( temporelles, culturelles, etc. ) . Nous connaissons de mieux en mieux nos biais cognitifs , permettant progressivement de corriger nos aveuglements.

La méthode symbolique, qui procède par analogie, est un bon exercice de santé mentale, stimulant la créativité, laquelle est nécessaire à l’innovation, même scientifique.

Bref je suis partisan de la cohabitation du rationalisme avec le symbolisme et les sciences humaines. Il suffit d’emporter avec soi sa boussole de bon sens :  ici je suis en territoire des sciences exactes, là sur celui des sciences humaines, là encore en spéculation libre…Laissons au moins aux zozotéristes le mérite d’un sens de la poésie .

..Et, ce n’est surtout pas le moment d’en finir avec la franc-maçonnerie. Dans notre siècle si séduit par le simplisme manichéen, nous sommes un des derniers remparts préservant la complexité du monde, la pensée nuancée, et permettant de rester proches de la vérité, notre inaccessible étoile.

Mon pote Marc Halévy a écrit un livre « les mensonges des Lumières » qui traite presque du même sujet.

Il y constate que la science s’est fourvoyée en pensant qu’il suffit de bien tout comprendre de la brique élémentaire du monde ( le quark ?  ) pour en déduire aisément tout le reste.

Or la théorie de la complexité décrit cette dernière par des niveaux  successifs, chacun étant soumis aux contraintes des niveaux inférieurs, mais avec en plus des « propriétés émergentes », introuvables si on n’étudie que les niveaux inférieurs.

De plus, comme dit plus haut, notre puissance mathématique est vite dépassée. Notre Marc déduit de tout cela que les 4 milliards d’années de notre terre ne sont pas suffisantes pour créer nos biotopes bien complexes en se fondant sur le seul hasard des interactions chimiques. Il en conclut qu’il a fallu une « intention » pour que ce soit possible.  Voilà donc une thèse déiste ( ou panthéiste ou panenthéiste ).

Mais en outre il pense que les penseurs des Lumières ont sciemment caché les limitations de la science :  gros vilains menteurs, comme de vulgaires politiciens électoralistes, donc. M’est avis  que ce procès d’intention manque singulièrement de preuves et que ce qu’ils ont trouvé c’est déjà pas mal, équipés qu’ils étaient de seulement leur teub et leur couteau…

Personnellement je ne suis pas convaincu par la thèse déiste, et à commencer parce que la science n’a pas dit son dernier mot. Il a suffi que l’on découvre les catalyseurs pour comprendre que plein de processus chimiques peuvent être accélérés avec des milliers de facteurs, ce qui bouleverse les échelles de temps des mutations.

Tout ceci étant dit, vous croirez bien ce qui vous fait envie, ainsi va le monde d’aujourd’hui, où les croyances font office d’identité.

(Vidéo) L’ITEM commémore les 300 ans des Constitutions d’Anderson

450fm remercie vivement l’Institut Toulousain d’Études Maçonniques (ITEM), une association interobédientielle (Loi 1901) fondée en 1999, mais issue de l’IDHERM (Institut des hautes études et de recherches maçonniques en sciences humaines) des années 80, pour nous avoir autorisé à diffuser l’enregistrement réalisé à l’occasion de la célébration des 300 ans des Constituions d’Anderson, à Toulouse le 17 novembre dernier.

Invités : Philippe Langlet et Roger Dachez, Président de l’Institut Maçonnique de France (IMF).

Retrouvez leurs biographies dans notre article du 20 octobre 2023 17-18/11/23 : Toulouse, colloque sur « Les 300 ans des Constitutions d’Anderson »

Nous devons l’introduction de ladite conférence à notre frère Gérard Soulier, ancien Secrétaire général de l’ITEM, qui œuvre toujours beaucoup afin de faire rayonner l’art royal en Occitanie !

Il précise qu’à l’occasion de l’anniversaire de ce texte fondateur et pour les frères et sœurs est un moment clé pour approcher l’histoire de la maçonnerie… Ajoutant d’ailleurs que comme on le dit « pour être franc-maçon,  faut fréquenter la loge et que c’est là que mes frères et sœurs me reconnaissent comme tel… ». Et de présenter ce mini-colloque sur deux jours organisé conjointement avec la Grande Loge Provinciale d’Occitanie.

Nous vous invitons à prendre connaissance du résumé de l’intervention de Philippe Langlet.

Les Constitutions maçonniques dites d’Anderson publiées à Londres en 1723, pour la première édition, ont été suivies de deux traductions françaises, moins des traductions que des réinterprétations du texte. De nombreuses traductions de parties du texte ont été faites au cours des décennies suivantes. Au XXe siècle, ont paru quelques rares traductions complètes, à partir de 1930 jusqu’à celle-ci de 2015. La conférence cherche à rendre clair un document souvent obscur, la majorité des traductions ne fournissant pas l’outil d’élucidation des notions proposées. Le conférencier y a présenté la structure du texte, ses quatre grandes parties en s’affranchissant de toutes les ironies que cela a suscité chez bien des auteurs, surtout anglais. L’édition du texte en juxtalinéaire, anglais et traduction entendait combler le manque d’une édition critique par une traduction renouvelée éloignée de tout esprit partisan, avec quelques outils d’analyse. Ce travail inédit a renouvelé le regard sur un texte qui fait toujours autorité, mais le plus souvent vaguement évoqué que réellement étudié. La forme du livre (typographie et composition des pages) n’a pu être abordée, mais la structure de texte dans son ensemble, la composition de chaque partie, la succession de celles-ci et leur logique a servi de support à la conférence.