Fondée en 1989, la Société Martinès de Pasqually, dont le sous-titre sur son site est « Études, échanges sur la connaissance de la vie et l’œuvre de Martinès de Pasqually » édite, tous les ans, un remarquable bulletin. Vous pouvez d’ailleurs, prendre connaissance de notre présentation 2022, le 18 octobre très exactement, ici-même.
L’Association Martinès de Pasqually à Bordeaux est une organisation qui s’intéresse aux enseignements et pratiques de Martinès de Pasqually, une figure historique du XVIIIe siècle liée à l’illuminisme et à l’ésotérisme chrétien. Pasqually est connu pour avoir fondé l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers. Les enseignements de l’Ordre des Élus Coëns étaient basés sur une interprétation unique du christianisme ésotérique. Ils incorporaient des éléments de la Kabbale, de la théurgie, et de la philosophie occulte. Les rituels pratiqués visaient à établir un contact avec le monde spirituel et à purifier l’âme. L’objectif principal de l’Ordre était la réalisation spirituelle à travers un processus de l’âme humaine avec le Divin.
Rappelons que, pour celles et ceux qui ne connaissent pas ou peu Martinès de Pasqually, que son enseignement se concentre sur la théurgie, une forme de magie cérémonielle visant à invoquer des présences angéliques et divines. Les travaux de Pasqually sont profondément ancrés dans la tradition chrétienne mystique, avec un accent particulier sur la réconciliation de l’humanité avec la divinité à travers divers rituels et pratiques spirituelles.
Nous qualifions vraiment ce bulletin, comme les trente-deux précédents du reste, de remarquable pour plusieurs raisons. Il présente des articles de fond, des analyses et des études réalisées par des spécialistes dans le domaine de l’ésotérisme, de l’histoire de l’occultisme, ou de la vie et de l’œuvre de Martinès de Pasqually. Nommons, ici et maintenant, les contributeurs de ce dernier opus : Jean-François Var (OE), Jean-Louis Boutin, Serge Caillet, Fadi Caledit, Georges Courts, Thierry Lamy, Micelle Nahon et Jean-Marc Vivenza.
Cachet de Martinès de Pasqually.
Un bulletin se caractérisant par une recherche approfondie et rigoureuse, incluant aussi des découvertes inédites, une analyse minutieuse de la vie et l’œuvre de Martinès de Pasqually ou encore des explorations de l’influence historique de ses enseignements. Le tout permettant de contribuer significativement à la compréhension de Martinès de Pasqually, à l’étude de l’ésotérisme ou à la diffusion de ces connaissances auprès d’un public plus large.
Nous vous invitions à prendre connaissance du très riche sommaire reproduit ci-dessous.
Le numéro 6 de revue semestrielle de la Grande Loge Mixte de France (GLMF) de novembre 2023 offre à ces lecteurs deux dossiers. Ce qui contribue grandement à son succès.
De quoi étancher la soif culturelle des sœurs et des frères. Bonne pioche donc pour Sisyphe qui explore en profondeur les thématiques « Femmes, militantes et franc-maçonnes », offrant l’opportunité d’examiner l’intersection entre genre, activisme et traditions ésotériques, tout en mettant en lumière la contribution unique des femmes à cette organisation séculaire, puis « La franc-maçonnerie, miroir du temps ? », montrant que l’art royal a toujours su s’adapter aux idéaux et préoccupations de son époque et où les pratiques maçonniques ont elles aussi évolué pour s’aligner avec les transformations sociales et sociétales.
Christiane Vienne.
Mais avant, dans son éditorial, Christiane Vienne, Grand Maître, rappelle dans quelles conditions est née la GLMF. À la violence du temps présent, elle oppose « l’espoir fou que la sagesse vaincra la barbarie ».
Puis, nous cheminons avec Philippe Foussier, Grand Maître du Grand Orient de France (GODF) de 2017 à 2018, dont le nom est toujours associé à la promotion des valeurs maçonniques traditionnelles telles que la liberté, l’égalité, la fraternité, ainsi qu’à l’engagement envers des causes sociales et éthiques. Il nous livre son analyse de quarante ans de relations entre les deux obédiences.
Blason du GODF.
Blason de la GLMF.
Où règnent entre elles, comme en géométrie, une priorité de valeurs tendant vers un même point, la convergence mais aussi une même disposition de cœur, d’esprit, où vivant toutes deux en harmonie, elles collaborent à une œuvre commune. C’est en cela que les deux obédiences sont en concorde.
Olympe de Gouges.
Pour mémoire, la GLMF a été fondée en 1987, suite à une scission avec la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU). Une création soutenue par le GODF. La GLMF s’est d’ailleurs constituée sous le nom de Fédération Olympe de Gouges, afin de rendre hommage à cette grande dame de la Révolution française, connue pour son activisme en faveur des droits des femmes et de l’égalité des sexes.
Elizabeth Aldworth (1693-1773).
Le premier dossier traite du parcours de trois femmes exceptionnelles Elisabeth Aldworth dont l’initiation a eu lieu accidentellement et qui pour protéger les secrets de l’ordre, reçut la lumière. De Gouges donc, surtout connue pour sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » (1791), un texte pionnier qui clamait l’égalité des sexes et les droits des femmes dans la société. Sans parler de ses écrits sur la critique de l’esclavage et la défense des droits des groupes marginalisés.
Annie Besant en 1897.
Enfin, Annie Besant qui a d’abord été impliquée dans les mouvements sociaux et politiques en Angleterre puis a milité pour les droits des femmes, notamment le droit de vote, et qui, après sa rencontre avec Helena Blavatsky, s’est intéressée à la théosophie, un mouvement spirituel qui cherchait à synthétiser les enseignements spirituels de l’Orient et de l’Occident. Elle est d’ailleurs devenue une figure de proue de la Société théosophique, contribuant à sa croissance et à son influence.
Le deuxième dossier nous conduit au cœur même de la proto-maçonnerie, un terme faisant référence généralement aux organisations et aux traditions médiévales. Sont abordés le Manuscrit Cook, les « Gentlemen Masons », les « Coffee Houses », et la première grande loge. Ces éléments constituent des jalons clés dans l’histoire de la franc-maçonnerie, marquant la transition de la maçonnerie opérative, centrée sur le métier de la construction, à la maçonnerie spéculative, axée sur les aspects philosophiques et symboliques.
De cette construction des premiers matériaux sont aussi traités l’art de la mémoire dans l’Antiquité qui n’était pas seulement une technique pratique, mais aussi un aspect profond de la culture intellectuelle et éducative de l’époque, reflétant l’importance de la mémoire et de l’oralité dans les sociétés anciennes. Puis pendant le Moyen Âge, principalement axé sur la dévotion religieuse et l’éducation monastique, et pendant la Renaissance, s’ouvrant à un contexte de renouveau culturel et scientifique.
Michel Baron.
Enfin, sous la plume de Michel Baron, frère sachant archi diplômé, nous en savons plus sur « Le philosophe John Toland (1670-1722) et le concept du Grand Architecte de l’Univers dans la franc-maçonnerie ». Philosophe irlandais influent, ce dernier est un précurseur de l’illumination. Bien que Toland, rationaliste convaincu, ne soit pas directement associé à la Franc-maçonnerie, ses idées ont eu un impact sur le développement intellectuel de la société, en particulier sur la conceptualisation du Grand Architecte de l’Univers. Toland est souvent associé au panthéisme, la croyance que Dieu est identique à l’univers et à ses lois naturelles. Cette perspective naturaliste de la divinité a influencé la manière dont le concept de Dieu a été perçu dans les cercles philosophiques et maçonniques ultérieurs.
John Toland.
Le dernier article de ce dossier porte sur « La franc-maçonnerie, miroir de la culture universelle ? », par Charles-Albert Helenon. Par sa synthèse des traditions religieuses, philosophiques, spirituelles ainsi que des philosophies hellénistiques et de la pensée des Lumières, et avec des principes maçonniques tendant vers un universalisme, la franc-maçonnerie nous semble bien être vue comme un reflet de la culture universelle et donc un miroir fascinant de la diversité de par la surface de la Terre.
Un très intéressant numéro !
SISYPHE une revue de la Grande Loge Mixte de France–N° 6 – Novembre 2023, Revue semestrielle
Conform édition, 64 pages, 12 €, frais de port inclus
« L’éthique m’est étrangère et vous êtes pasteur d’âmes. Je ne me casse pas beaucoup la tête au sujet du bien et du mal, mais, en moyenne, je n’ai découvert que fort peu de « bien » chez les hommes. D’après ce que j’en sais, ils ne sont pour la plupart que de la racaille, qu’ils se réclament de l’éthique de telle ou telle doctrine-ou d’aucune »
Sigmund Freud
(Lettre au pasteur Pfister du 9 octobre 1918)
En lisant cette correspondance entre l’homme du divan et l’homme de foi (1), pourrait nous apparaître l’image des quatre cavaliers de l’Apocalypse au lieu d’une vision irénique de la fin des temps. L’image de la Parousie (2) est sinistre ! Nous pouvons même surenchérir dans l’humour noir en constatant que la réflexion de Freud s’inscrivait à la fin de la première guerre mondiale et que, malheureusement, l’avenir allait parfaitement illustrer son pessimisme sur l’homme et qu’il n’avait encore rien vu ! Face à l’omniprésence du mal qui se traduit par le désir instinctuel pervers de faire disparaître son prochain, à commencer par la figure parentale qui fait obstacle à l’appropriation de l’autre parent pour sa jouissance personnelle !
Qu’est ce qui peut faire « contre feu » à ce vécu de l’attirance vers le mal qui, s’il n’est pas exercé à l’extérieur se retourne sur le sujet lui-même ( la psychosomatique et le « se nuire à soi-même par le mal dans la peau » nous en donne des exemples criant!). Le remède que l’homme va tenter de mettre en place, de manière religieuse, serait le concept d’amour, qu’il soit fraternel ou érotique, à l’image de ce que nous demandions aux parents : protection, orientation et affection. Ce qui sera projeté aux cieux dans l’image du Grand Architecte de L’Univers ou sur terre dans celle d’hommes charismatiques, pour le meilleur ou pour le pire. Cela va faciliter le clivage entre le bien et le mal : la religion ou l’idéologie seraient du côté du bien, le reste des suppôts du mal, voire du « Malin ». Cette vision manichéenne, va introduire un clivage moral en l’homme, mais aussi dans les comportements humains qui peuvent renforcer le mal : les différences notoires entre religions et idéologies conduisent à la destruction de celui qui ne partage pas ma vision des choses. « Gott mit Uns » !
Sigmund Freud généré par l’IA
Là encore Freud et la psychanalyse ont une vision différente des choses. Concernant, la relation à l’autre, Freud écrit (3) : « Non seulement cet étranger n’est pas digne d’amour, mais, pour être sincère, je dois reconnaître qu’il a le plus souvent droit à mon hostilité et même à ma haine… Il mérite mon amour lorsque par des aspects importants il me ressemble à tel point que je puisse en lui m’aimer moi-même. Il le mérite s’il est tellement plus parfait que moi qu’il m’offre la possibilité d’aimer en lui mon propre idéal ». Dans le fond, pour Freud, échapper à la « canaille », c’est mettre en scène un système qui fait que je vais aimer l’autre car il serait le miroir de moi-même. « Mes Frères me reconnaissent comme tel ». Pour échapper à l’horreur du réel de la marche du monde, je vais projeter, sur un individu ou un groupe, un imaginaire de famille aimante et parfaite (Ce qui est rarement le cas dans l’histoire du sujet !), allant jusqu’à mettre en place un mode de fonctionnement qui intègre cet imaginaire comme démarche symbolique, donc une forme de religiosité effective ou laïque. Nous sommes bien là, reconnaissons-le, dans le fonctionnement inconscient de la Franc-Maçonnerie, où règne le sentiment d’avoir échappé à la « canaille » et donc d’être des êtres moraux par excellence ! Mais, pour fonctionner parfaitement, le système doit s’inventer des ennemis extérieurs ou intérieurs, déviants qui vont, ces mauvais compagnons, jusqu’à assassiner Hiram-Abif ! Paradoxalement, l’ennemi devient une nécessité qui assure la cohésion du groupe qui participe alors à la lutte contre le mal, au service du bien de façon momentanément unifiée.
Sigmund Freud
Ce fonctionnement ne reçoit pas toujours l’approbation des philosophes où des théologiens dans l’histoire. Ne prenons que l’exemple du grand philosophe que fut Paul Ricoeur (1913-2005), véritablement investi dans le problème du mal (4) et qui, en bon calviniste, se plongera dans la lecture attentive de Saint-Augustin où, à l’image de Freud, ce dernier fait le constat, chez lui, de la présence permanente du mal, notamment dans la haine et la jalousie qu’il voue à son jeune frère (5 !) : « Ainsi, la faiblesse du corps est innocente chez l’enfant, mais pas son âme. J’ai vu et observé un petit enfant jaloux : il ne parlait pas encore et il regardait, tout pâle et l’œil mauvais, son frère de lait ». De ce constat et de certains autres faits de sa vie personnelle (jeunesse dissolue, enfant naturel, fonction importante dans le manichéisme, etc.), il va conclure que le mal règne en maître sur le destin de l’homme et que, seule, la grâce de Dieu qui peut ou non lui accorder le pardon sauve l’homme pécheur incapable de se sauver par lui-même grâce à ses actions (position chère à Pelage et à son libre-arbitre). Cette position augustinienne sera suivie également par Blaise Pascal et le jansénisme. Cet important courant dans la pensée religieuse fera que le problème du mal s’éloigne d’une théorie des instincts pour devenir une métaphysique. Le mal deviendrait alors une épreuve imposée au croyant par Dieu, à l’image d’une crucifixion suivie d’une résurrection si l’épreuve est acceptée comme signe annonciateur d’un bonheur éternel, le bien étant l’essence même de Dieu ! Cela condamne le croyant qui vise le « au-delà du mal », le mysticisme, à une errance jamais satisfaite. Ce que traduit le jésuite Michel de Certeau (6) : « Est mystique celui ou celle qui ne peut s’arrêter de marcher et qui, avec la certitude de ce qui lui manque, sait de chaque lieu et de chaque objet que ce n’est pas ça, qu’on ne peut résider ici ni se contenter de cela »…
Face au mal, le Franc-Maçon ne peut pas s’inscrire dans un pseudo-mysticisme sans but. Il ne peut que cheminer dans la vérité du destin de l’homme, dans un compagnonnage éthique permanent où, comme Emanuel Levinas, il se cherche et se retrouve dans le regard de l’autre.
NOTES
– (1) Freud Sigmund et Pfister Oskar : Correspondance (1909-1939)
Paris. Editions Gallimard. 1966.
– (2) Parousie : Vient du mot grec « Parousia » (Présence, arrivée, venue). Pour les chrétiens, elle serait le retour glorieux du Christ sur terre à la fin des temps.
– (3) Freud Sigmund : Malaise dans la civilisation.
Paris. PUF. 1971 (Pages 62 et 63)
– (4) Ricoeur Paul : Le mal : un défi à la philosophie et à la théologie.
Genève. Editions Labor et Fides / Centre protestant d’études. 1986.
– (5) Saint Augustin : Les Confessions.
Paris. Editions Flammarion. 1964. (Page 22)
– (6) Dosse François : Michel de Certeau le marcheur blessé.
Paris Editions de la Découverte. 2007. (Page 638)
BIBLIOGRAPHIE
– Freud Sigmund : L’avenir d’une illusion.
Paris. PUF. 1971.
– Jankélévitch Vladimir : Le paradoxe de la morale.
Paris. Editions du Seuil. 1989.
– Ouvrage collectif : Paul Ricoeur : mal et pardon. Paris. Editions facultés jésuites de Paris. 2013.
Entendre dire que la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est l’œuvre des Maçons est assez fréquent. Certains aujourd’hui encore, adversaires de la maçonnerie, l’affirment en se fondant sur les Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme du jésuite contre-révolutionnaire Augustin Barruel (1741–1820) qui y présente la Révolution de 1789 comme un complot fomenté par les francs-maçons (la 1ère édition des cinq tomes paraît en Allemagne de 1797 à 1799, tandis que l’auteur en a rédigé le manuscrit, dans son exil à Londres).
Au renfort de cette thèse, dans des rangs opposés, des francs-maçons revendiquent cette devise comme étant de création maçonnique, souhaitant ainsi flatter leurs propres convictions, et c’est alors, soit une erreur – involontaire –, soit une supercherie – délibérée –, même si des Maçons et non des moindres ont contribué à l’inspirer (un peu) et à la diffuser (beaucoup).
Lorsque la devise apparaît explicitement sous cette forme et pour la première fois dans des loges françaises, c’est dans les années 1793/1795 – donc, soulignons-le, après 1789, entre le début et la fin de la Terreur… en juillet 1794 – et notamment dans une loge de Lille « Les Amis réunis » et dans des loges de la Grande Loge de France (voir photo).
Ce triptyque tend alors progressivement à remplacer le triptyque “Salut, Force, Union” que l’on trouve sur de très nombreux documents officiels antérieurs, dans les loges de l’Ancien Régime d’avant 1789. Je le précise dans mon “Que sais-je ? ” : La Grande Loge de France, paru aux PUF (3e éd., 2014), comme l’atteste le document original, daté d’octobre 1795, ici reproduit, qui appartient aux collections du Musée–Archives–Bibliothèque (MAB) de la Grande Loge de France.
Si cette référence historique est indiscutable, elle n’en est pas moins postérieure à des évocations non maçonniques historiquement certifiées.
Le rapprochement de la liberté et de l’égalité existe déjà dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) adoptée par l’Assemblée nationale constituante, le 26 août 1789, déclaration à laquelle renvoie le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 et qui proclame que « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».
Mais, Robespierre va plus loin car on trouve, sous sa plume, la devise « Liberté, Égalité, Fraternité », le 5 décembre 1790, dans un texte portant sur l’organisation des Gardes nationales. Ces Gardes sont des milices citoyennes levées pour la première fois à Paris en juillet 1789 et formées de bourgeois qui s’étaient rassemblés à l’annonce d’une concentration de troupes royales autour de la capitale. Le décret qu’il propose pour leur organisation énonce en son article XVI : les Gardes nationales « porteront sur leur poitrine ces mots gravés : LE PEUPLE FRANÇAIS, et au-dessous : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ. Les mêmes mots seront inscrits sur leurs drapeaux, qui porteront les trois couleurs de la nation. »
Au demeurant, à partir de juin 1793, on retrouve la formule : « La République une et indivisible – Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort », que les révolutionnaires parisiens inscrivent sur ordre de Jean-Nicolas Pache, alors maire de Paris, sur la façade de l’Hôtel de ville, puis au fronton des édifices publics et des monuments aux morts, sans compter qu’elle sera peinte et répétée par des Sans-culottes sur les murs de la capitale.
Il est donc possible que les maçons de l’époque, qui dans leurs loges remplaçaient en 1793 ou en 1794 “Salut, Force, Union” par « Liberté, Égalité, Fraternité », aient aussi bien voulu manifester leur attachement à des valeurs révolutionnaires que cherché à se prémunir contre les difficultés que la référence à des loges d’Ancien Régime aurait pu leur valoir, car la révolution de 1789 fut pour tous une période tourmentée, y compris pour les maçons d’alors.
En effet, la Révolution ne fut pas un bloc, contrairement à la formule très politique du discours de Clemenceau du 29 janvier 1891 à la Chambre des députés, que l’historien François Furet a brillamment critiquée. Et, tout aussi bien, la Maçonnerie de 1789 ne fut pas non plus un bloc.
Il y eut des Maçons de tous bords, aristocrates, bourgeois, et même ecclésiastiques, modérés, extrémistes et opportunistes. Sur les 1145 députés de tous les ordres, élus aux États généraux de 1789, devenus Assemblée nationale le 17 juin 1789 et Assemblée nationale constituante le 9 juillet 1789, on trouvait :
584 députés du Tiers-État dont 115 francs-maçons,
270 députés de la noblesse dont 85 francs-maçons
291 députés du clergé dont 63 francs-maçons
Soit, au total, 263 députés francs-maçons (23%), parmi les 1145 titulaires, comme le relève Marcel Auche, dans son étude majeure parue aux éditions de La Hutte : Les francs-maçons de la Révolution (coll. : Essais, 2009, 381 p.).
Cet effectif limite manifestement le rôle des francs-maçons qui ne constituaient qu’un petit quart de ces élus, sachant, d’ailleurs, qu’ils professaient souvent des opinions différentes, loin d’être toutes aussi tranchantes que l’abbé Barruel le prétend, aveuglé par sa haine antimaçonnique. Certes, l’époque était enragée et certains maçons ne manquèrent pas de l’être… Mais, à côté des maçons révolutionnaires qui s’enflammaient souvent sans beaucoup de tolérance, on en compta sur tous les bancs : des jacobins, des girondins, des montagnards, etc., tout comme on dénombra, dans des proportions comparables, des maçons contre-révolutionnaires, monarchistes patentés, plus ou moins modérés, plus ou moins favorables à une constitution, émigrés ou non. Du reste, le Maréchal-duc de Montmorency–Luxembourg, administrateur général du tout jeune Grand Orient de France (sous la grande maîtrise de Louis-Philippe d’Orléans qui ne s’implique, d’ailleurs, quasiment pas dans les affaires de l’obédience), fut parmi les premiers nobles à fuir la France, après la prise de la Bastille, avant la fin juillet 1789. Les supputations et élucubrations qui s’élèvent parfois contre ce tableau nuancé relèvent d’un fâcheux révisionnisme historique. Tenons-nous le pour dit : certains maçons ont guillotiné, d’autres le furent voire certains guillotinèrent avant de monter eux-mêmes à l’échafaud.
La suite ne fut pas non plus un long fleuve tranquille…
Le triptyque devient évidemment invisible sous le Premier Empire, cependant connu pour avoir été la grande période d’une maçonnerie d’État surabondante : tout l’entourage direct de Napoléon en était, ses frères de sang, Jérôme et Joseph, tout comme les grands maréchaux dont les noms encerclent Paris par ces fameux boulevards de ceinture qui se continuent sur une amusante longueur de 33 km – tous ces personnages exercèrent des fonctions importantes dans la Maçonnerie de leur époque.
Le triptyque n’a évidemment aucune place sous les deux Restaurations, très défavorables aux maçons (surtout la première) mais il revient en février 1848 sous la Deuxième République. Louis Blanc, alors membre du gouvernement provisoire – qui deviendra maçon à Londres lors de son exil consécutif au coup d’État du 2 décembre 1851 –, fait adopter la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Elle sera inscrite dans la Constitution comme « principe de la République ». Mais elle ne survivra pas au renversement de celle-ci par le Prince Louis-Napoléon Bonaparte, bientôt empereur des Français, celui que, dans un pamphlet célèbre, Victor Hugo surnommait Napoléon le Petit. Le triptyque disparaît donc de nouveau, de 1851 à 1870.
La devise ne figure pas expressément dans les lois constitutionnelles de 1875 qui fondent la IIIe République mais c’est à partir de cette date qu’elle s’installe dans les esprits, Victor Hugo la célébrant, après son retour d’exil, dans la préface des recueils qu’il commence alors à publier, sous le titre : Actes et Paroles. Il s’écrie : « Liberté, Égalité, Fraternité. Rien à ajouter, rien à retrancher. Ce sont là les trois marches du perron suprême. La liberté, c’est le droit, l’égalité, c’est le fait, la fraternité, c’est le devoir. Tout l’homme est là… » Le 14 juillet 1880, la devise républicaine prend, enfin, place aux frontons des édifices publics de France. Elle y restera jusqu’en 1940, Pétain, comme on le sait, préférera “Travail, Famille, Patrie”, évitant ainsi de profaner une formule qu’il abhorrait… N’épiloguons pas : Pétain, la République et la maçonnerie composant, aux heures sombres de la Collaboration, une tout autre histoire !
La devise renaîtra à la Libération et elle figure toujours dans la Constitution de 1958.
En résumé et en regard de l’histoire de la franc maçonnerie : la devise est antérieure (1790) à son apparition dans des loges (1793/1795) et, si certains Maçons ont contribué à sa diffusion, ils ne sont pas les seuls à l’avoir imaginée ou diffusée.
C’est pourquoi, si un maçon se hasardait encore à prétendre que « ce sont les Francs-maçons qui ont créé la devise républicaine », on devrait le plus fraternellement du monde le renvoyer aux travaux scientifiques sérieux, produits par des spécialistes, maçons ou non, toujours soucieux d’attestations historiques certaines.
En revanche, que, par les voies qui sont les siennes, la maçonnerie ait, de quasiment aussi longue date, révéré les mêmes principes n’ôte rien à tous ceux qui, sans exclusive aucune, en ont porté haut l’idéal, parfois jusqu’au sacrifice suprême. De toutes ces femmes et de tous ces hommes, maçons ou non, catholiques, protestants, juifs, agnostiques et athées, quelle qu’ait été leur sensibilité, nous sommes tous les héritiers et nous devons tous nous efforcer d’être les continuateurs.
Certes, ce triptyque s’est progressivement imposé comme la devise des loges de nombreux rites et obédiences attachés aux mêmes valeurs et il accompagne, au Rite Écossais Ancien et Accepté, l’acclamation écossaise : « Houzzé ! Houzzé ! Houzzé ! » dont je parlerai une autre fois, tout comme je reviendrai sur son interprétation maçonnique qui se distingue de celle qu’on en donne dans la seule perspective républicaine.
Légendes des photos
On voit distinctement dans ce relevé d’assemblée générale d’une loge de la Grande Loge de France – daté de 1795 – apparaître en milieu de la page de gauche la formule » Liberté – Égalité – Fraternité « . Musée de la GLDF.
Salut Force Union dans les loges d’ancien régime. Musée de la GLDF.
Le 9 décembre, date anniversaire de la promulgation de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État doit permettre d’expliquer ce que cette loi permet !La laïcité permet la liberté et l’émancipation de tous et toutes.
Ce 9 décembre 2023, à Montreuil ; à partir de 14h30 dans la Salle Résistance – 50 Avenue de la Résistance 93100 Montreuil, La Grande Loge Mixte Universelle (GLMU) et le Mouvement pour la Paix Contre le Terrorisme (MCPT) sont heureux de vous convier à l’exposition-conférence sur
« Ce que les Afghanes ont à nous dire… La Laïcité, Valeur d’Émancipation »
L’exposition rassemble cinq artistes et photographes exilées qui témoignent de la beauté des femmes de leur pays et de leur résistance face au régime des talibans.
Lailuma Sadid.
Interviendront, Françoise MORVAN, militante féministe administratrice au Mouvement pour la Paix et Contre le Terrorisme, Lailuma SADID, journaliste afghane en exil, lauréate du Prix Henri La Fontaine 2023,
Un des ouvrages de Jalil Shafayee.
et Jalil SHAFAYEE, réfugié afghan, étudiant en sociologie, auteur de deux livres sur la vie sous les talibans et le défi de l’exil.
En présence de Bernard DEKOKER-SUAREZ, Grand Maître de la G.L.M.U et de Patrice BESSAC Maire de Montreuil. Nous espérons vous voir à l’exposition et conférence et nous vous remercions de bien vouloir diffuser cette information auprès de tous nos frères et sœurs.
Patrice Bessac, en 2017.
Logo Mairie de Montreuil.
Infos pratiques:
Samedi 9 décembre 2023 à partir de 14h30
Salle Résistance, Avenue de la Résistance à Montreuil 93100 Montreuil
Métro ligne 9 (Entre les 2 stations Croix de Chavaux et Mairie de Montreuil)
Sources : Grande Loge Mixte de France, Mouvement pour la Paix Contre le Terrorisme
Voici deux images ci-dessous symbolisant le thème des femmes afghanes véhiculant le message de la laïcité en tant que valeur d’émancipation. Ces images représentent des femmes afghanes de différents âges, unies en solidarité, portant des vêtements traditionnels afghans avec des éléments modernes symbolisant le progrès et l’autonomisation.
Le fond avec l’image estompée d’une école ou d’une institution éducative souligne l‘importance de l’éducation dans l’émancipation. Les couleurs vives symbolisent l’espoir et la résilience, et les femmes sont représentées de manière digne et respectueuse, soulignant leur force et leur détermination.
Le Cercle de Réflexion des Sciences de l’Humain et la Commission des Droits et Devoirs de l’Homme, du Citoyen et de l’Éthique de la Grande Loge de France (GLDF), région Méditerranée, vous invite à une conférence, ouverte aux sœurs et frères des obédiences, intitulée « Climat et écologie : La pluralité des conflits ne risque-t-elle pas de dissimuler une crise majeure ? »
Général Elrick Irastorza.
Les intervenants :
Le général Elrick Irastorza, né le 29 septembre 1950 à Maillezais (Vendée), est un général d’armée français. Entre le 2 juillet 2008 et le 31 août 2011, il a exercé les fonctions de chef d’état-major de l’armée de terre. Il est grand officier de l’ordre de la Légion d’honneur et président de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale. Il a publié La Tranchée des poncifs-le mythe de la Grande Guerre décryptée », aux éditions Pierre de Taillac en 2019.
Yann Fortunato.
Yann Fortunato est fondateur du fonds de dotation SENS+, pour contribuer au développement de secteurs émergents ainsi qu’à une production en agriculture biologique ayant un impact positif. Il dirige un groupe d’acquisition de domaines forestiers en France et dans le monde. Expert forestier européen sur le climat et la biodiversité, il est aussi conseil forestier WWF pour la préservation des forêts primaires dans le monde.
La planète bleue, la Terre vue de l’espace.
Ses missions et représentations font de Yann Fortunato l’un des principaux contributeurs et ambassadeurs pour une ambitieuse politique forestière française. Son domaine d’expertise s’étend à la place de l’arbre, dans la forêt ; dans les nouveaux parcours agricoles et agroforestiers ; dans la ville revégétalisée et, plus généralement, dans la maîtrise du végétal. Passionné mais également conscient du rôle des abeilles, Yann Fortunato est devenu apiculteur. Il incorpore ainsi au bénéfice des abeilles et d’une biodiversité restaurée, de la diversité végétale dans ses itinéraires de culture forestiers et agroforestiers.
[NDLR : Une conférence d’une brûlante actualité ! Et un sujet passionnant. En effet, le climat fait référence aux conditions météorologiques sur une longue durée dans une région spécifique. Les changements climatiques résultant des activités humaines sont importantes et ont une forte incidence (phénomènes météorologiques extrêmes, une élévation du niveau de la mer, impact sur la la biodiversité et les écosystèmes). Quant à l’écologie, elle est l’étude des interactions entre les organismes vivants (animaux, plantes, micro-organismes) et leur environnement (y compris d’autres organismes). Elle se concentre sur la manière dont ces interactions influencent la distribution et l’abondance des organismes vivants. Les écologues étudient également comment les écosystèmes fonctionnent et comment ils sont affectés par les activités humaines.
L’interconnexion entre climat et écologie est fondamentale. Les changements climatiques peuvent avoir un impact profond sur les écosystèmes, modifiant les habitats naturels et mettant en danger de nombreuses espèces. Par exemple, le réchauffement des océans peut perturber les récifs coralliens, ce qui entraîne des répercussions sur la biodiversité marine.
Dans un monde de plus en plus informé et connecté, nous ne pourrons plus dire « je ne savais pas », une notion qui devient de moins en moins plausible… Cela nous amène à reconnaître notre responsabilité partagée dans la préservation de notre planète pour les générations futures ! Alors, venez assister à cette belle conférence.]
Infos pratiques :
Samedi 16 Décembre 2023 à 9H30
Château Saint-Antoine 10 boulevard Jules Sébastianelli 13011 Marseille
La manifestation est réservée aux sœurs et frères de toutes obédiences.
Merci de vous inscrire sur Helloasso, pour permettre la bonne organisation de la conférence. L’entrée est gratuite, mais vous pouvez soutenir les actions du Cercle de Réflexion des Sciences de l’Humain et la Commission des Droits et Devoirs de l’Homme, du Citoyen et de l’Éthique de la Grande Loge de France (GLDF), région Méditerranée, en versant une participation dont le montant est laissé à votre choix.
La laïcité, ou la séparation de l’Église et de l’État, est un principe fondamental en France, affirmant la neutralité de l’État vis-à-vis des différentes religions et garantissant la liberté de culte.
Ce principe est un élément clé de la République française, symbolisant son engagement envers la neutralité religieuse, l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction de croyance ou de religion, et le respect de toutes les convictions, qu’elles soient religieuses ou non. La laïcité vise à permettre une coexistence harmonieuse de différentes croyances et opinions dans l’espace public, tout en préservant l’indépendance de l’État des influences religieuses.
Samuel Mayol.
Posé ce principe, l’ouvrage de Samuel Mayol, Docteur en Sciences de Gestion, Maître de Conférences à l’Université Sorbonne Paris-Nord et directeur adjoint du LaRA-ICD (Laboratoire de Recherche Appliquée) nous invite à aller beaucoup plus loin. D’ailleurs afin de saluer son engagement en faveur de la laïcité, il a reçu en 2015, le prix national de la Laïcité remis par le Comité Laïcité République.
Patrick Kessel.
Gilbert Abergel.
Pour cela, l’auteur a sollicité, tant pour sa préface que pour sa postface, deux plumes connues, Patrick Kessel et Gilbert Abergel, tant pour leurs engagements au sein du Grand Orient de France, tous deux anciens grands maîtres, qu’au sein de Comité Laïque République (CLR), acteur majeur dans le paysage de la laïcité en France, œuvrant pour la préservation et la promotion d’une vision républicaine de la société, où la neutralité de l’État et le respect des libertés individuelles sont primordiaux.
CLR.
En cinq chapitres, Samuel Mayol dresse un tableau exhaustif de l’état de la laïcité en France, à la lumière du traumatisme qu’il a vécu en 2016 en sa qualité de dirigeant d’un établissement d‘enseignement supérieur et du peu de soutien, et donc de protection, de la part de sa hiérarchie – déjà du « pas de vague ».
Publication ministère cohésion des territoires, ANCT et CNFPT.
Afin de décliner toute l’histoire et l’actualité de la laïcité, l’auteur, dans son premier chapitre, suit quasiment le même plan donné lors de l’apprentissage de ladite laïcité à l’occasion des formation « Valeurs de la République et Laïcité » (VRL). Cela permet de comprendre les origines historiques de la laïcité. Une histoire débouchant jusqu’à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, pierre angulaire de la laïcité en France. Cette approche aidera le lecteur à obtenir une vue d’ensemble et à connaître les nuances et les défis contemporains liés à la laïcité en France.
Et de commencer donc à l’époque de Clovis (466-511), roi des Francs converti au christianisme. Le tout début de l’association entre l’Église catholique et l’État royal en France. Durant le Moyen Âge, l’Église catholique joue un rôle central dans la société et la politique françaises. De la Révolution française, nous retenons qu’elle apporte des changements radicaux, avec la confiscation des biens de l’Église et la promotion de la laïcité. La Constitution civile du clergé (1790) tente de placer l’Église sous contrôle de l’État. La Loi de 1905 marque enfin la séparation officielle des Églises et de l’État en France, établissant la liberté de culte et la neutralité de l’État en matière religieuse, tout en garantissant le respect de toutes les croyances. Tout au long du XXe siècle, la laïcité s’affirme comme un principe fondamental de la République française, intégré dans les institutions éducatives et publiques. Aujourd’hui encore, la laïcité continue de jouer un rôle crucial dans la société française, souvent au cœur de débats sur l’intégration, le multiculturalisme, et le rôle de la religion dans l’espace public. La laïcité reste un sujet de débat sociétal, notamment avec les questions de port de signes religieux dans les espaces publics et les défis posés par une société de plus en plus pluraliste.
L’auteur montre, avec cette histoire, que la laïcité en France est le résultat d’un long processus historique, façonné par des conflits, des réformes, et des adaptations constantes aux réalités sociétales.
Marianne.
Nous éclairant sur pourquoi la laïcité est une valeur portée par la République, Samuel Mayol analyse pourquoi et comment elle est combattue par l’extrême droite.
En effet, la laïcité est contestée par l’extrême droite pour plusieurs raisons, souvent liées à la manière dont ces groupes interprètent l’identité nationale, la culture, et la place de la religion dans la société. L’extrême droite perçoit la laïcité comme une menace à leur vision de l’identité nationale, souvent fondée sur une conception ethnocentrique ou monoculturelle. Elle peut utiliser la religion, souvent le christianisme dans le contexte occidental, comme un critère d’appartenance à la nation. Bien évidemment, la laïcité promouvant la neutralité religieuse et l’égalité de toutes les croyances devant la loi, va à l’encontre de leur agenda d’exclusion fondé sur des critères religieux… L’auteur aborde toutes leurs façons d’opérer : instrumentalisation des peurs, rhétorique populiste, tentative de s’approprier le concept laïcité à leur seul profit et tentative, aussi, de mobiliser l’opinion publique.
Pour l’auteur, la laïcité est aussi le plus sûr moyen de combattre le racisme.
À commencer par l’égalité devant la loi. Le principe de laïcité contribue fondamentalement à combattre le racisme en offrant une vision de notre société où chaque individu est respecté et valorisé de la même façon. La preuve ? Notre Constitution du 4 octobre 1958, en son Article Premier, qui stipule : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »
Mais aussi, en assurant que l’État ne favorise ni ne discrimine aucune religion, la laïcité aide à prévenir les inégalités et les discriminations basées sur les croyances religieuses, qui peuvent parfois être liées à des questions raciales ou ethniques. La laïcité, en promouvant la neutralité religieuse dans l’espace public, peut aider à prévenir la stigmatisation des groupes minoritaires et à combattre les préjugés et les stéréotypes raciaux ou ethniques. Et en favorisant la coexistence pacifique de croyances et cultures, la laïcité contribue à la paix sociale et à la réduction des tensions raciales ou ethniques. Dialogue, inclusion, protection de liberté individuelle, la laïcité permet grâce à l’éducation dispensée dans nos écoles publiques de sensibiliser les jeunes à l’importance du respect mutuel et de la compréhension interculturelle, pour une société plus tolérante et donc moins sujette au racisme.
Pour aussi commencer à réparer la République, car la laïcité, modèle du vivre ensemble, a reçu de trop nombreux coups de couteaux. Elle joue un rôle crucial dans la création d’une société inclusive et harmonieuse.
Le maçon fera son miel, dans cet ouvrage, du modèle républicain. En France, la laïcité est étroitement liée aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, qui sont fondamentales pour construire une société où le vivre ensemble est valorisé et pratiqué.
Et de la liberté de conscience. Car elle est protégée par la laïcité, permettant aux individus de pratiquer leur religion ou de ne pas pratiquer, sans crainte de discrimination ou de pression, renforçant ainsi le respect mutuel et la tolérance.
« C’est ainsi que grâce à la laïcité, nos enfants pourront vivre dans une nation forte et unie », telle est la phrase conclusive de ce très utile et bel ouvrage de Samuel Mayol.
Ce livre est à la fois très utile et magnifiquement conçu. C’est un bel ouvrage qui apporte une contribution significative à une meilleure connaissance de la laïcité à la française !
La collection Des Hauts et Débats ( (typographié DesHauts&Débats par l’éditeur) est dirigée par Pascal Lardellier – pour en savoir plus sur le directeur de cette collection, cf. notre article du 28 novembre dernier « Le grand cortège des rites : au sujet d’un essai de Pascal Lardellier ». Cette collection accueille des essais consacrés à des sujets de société et à des thèmes d’actualité faisant débat. Les ouvrages publiés par la collection sont écrits d’une plume engagée mais toujours argumentée. Il s’agit de pourvoir la communauté académique et la société civile en éléments de réflexion exigeants sur des sujets faisant débat et parfois polémiques, pour poser un regard critique et rigoureux sur un monde en métamorphose. Les institutions, les médias, les TIC (technologies de l’information et de la communication), la culture et les grands systèmes idéologiques sont passés au crible des titres de « Des Hauts et Débats ».
Laïcité, la République jusqu’au bout
Samuel Mayol – Préface de Patrick Kessel – Postface de Gilbert Abergel
L’Harmattan, Coll. Des Hauts et Débats, 2023, 178 pages, 20 €
Disponible chez L’Harmattanou chez DETRAD. ISBN : 978-2-336-41436-2/EAN13 : 9782336414362/EAN PDF : 9782336414379
Au début, tout était en noir et blanc. Maureen O’Hara
L’origine du sol en damier noir et blanc n’est pas du tout récente, en effet il remonte à l’Egypte ancienne, lorsqu’il était utilisé pour décorer les surfaces, mais c’est grâce aux francs-maçons qu’il a atteint sa splendeur maximale.
C’est le revêtement typique des loges maçonniques ; les deux couleurs représentent la vie humaine et le contraste constant entre le bien, le blanc, et le mal, le noir.
Le pavé mosaïque dans la loge maçonnique
Chaque symbole doit être reconstruit en nous-mêmes, pour reconnaître que nous sommes constitués de nombreux morceaux de pierre « à polir » dans cette action éternelle d’amélioration que nous devons accomplir en tant qu’individus.
L’échiquier est aussi l’intrigue de notre vie, dirait Shakespeare, un fil tissé, bon et mauvais à la fois, dont il faut pouvoir distinguer les fils, si noués soient-ils. C’est l’objectif de l’errance continue de l’existence, dans un beau jeu d’opposés mélangés, à l’image du symbole du Yin et du Yang, dans une vision au-delà du duel, de l’homme et de la femme, mais aussi de l’obscurité et de la lumière.
Dans la condition anthropique, chaque élément contient son contraire, car sans la pulsion irrationnelle, l’homme ne serait pas descendu des arbres et n’aurait pas affronté les mers avec logique et méthode pour découvrir les Amériques ; et c’est grâce à ce dépassement du dualisme que la science a progressé pour nous apporter des progrès.
La combinaison de couleurs contrastées sur le sol en mosaïque est une représentation visuelle d’un principe important de l’hermétisme : la dualité en effet !
Pavé mosaïque, colonnes équerre compas et symboles
Le revêtement, également divisé en noir et blanc, comme nous le disions, exprime le Bien et le Mal, principes de la religion égyptienne et perse.
C’est la guerre de l’Archange Michel contre Satan, des Dieux contre les Titans, de Balder contre Lok, de la lumière contre les ténèbres, du jour contre la nuit, pour s’affranchir de tout despotisme, de la liberté religieuse contre les dogmes arbitraires de l’Église. .
La dichotomie antithétique nous gouverne en tout. Nous devons en faire l’expérience jusqu’au moment où, après avoir appris et surmonté la leçon, nous sommes prêts à avancer vers une condition dans laquelle les contraires cessent d’être perçus comme tels et sont considérés comme une synthèse de l’unité.
Une compréhension est donc nécessaire qui va au-delà de notre expérience actuelle, car tout comme l’obscurité et la lumière sont des attributs différents d’un même élément, nos conceptions actuelles du bien et du mal, de la joie et de la douleur se transcendent pour se sublimer dans un tout qui unit les deux aspects et qui est représenté par le bord denté qui parcourt le sol noir et blanc, également comme une Présence Divine qui entoure et embrasse le contexte temporel dans lequel coexistent ces opposés.
Chaque Maçon est le Grand Prêtre de son temple personnel et doit en faire un lieu où il pourra, un jour, rencontrer la Divinité.
Par le simple fait d’exister dans ce monde dualiste, tout être vivant, franc-maçon ou non, marche sur le sol en damier mêlant le bien et le mal dans chaque action de sa vie quotidienne ; le motif de revêtement est donc l’expression d’une vérité philosophique élémentaire commune à nous tous.
Cela signifie que celui qui aspire à être maître de son propre destin et capitaine de sa propre âme doit marcher sur ces contraires, dans le sens de les transcender et de les dominer, en piétinant sa nature sensuelle inférieure, afin de la maintenir soumise et, donc sous contrôle.
Il doit devenir capable de s’élever au-dessus du bien et du mal, être supérieur et indifférent aux hauts et aux bas de la fortune, aux attraits et aux peurs qui font fluctuer les pensées et les actions.
Il doit développer ses pouvoirs spirituels innés, une intention irréalisable, tant qu’il est gouverné par les tendances matérielles et les émotions fluctuantes de plaisir et de douleur qui en découlent. C’est lorsqu’il l’aborde avec sérénité et équilibre mental qu’un franc-maçon « marche » sur le terrain accidenté de l’existence et sur les impulsions contradictoires de sa nature matérielle.
En Loge nous apprenons à considérer le sol comme la synthèse de l’existence, avec ses joies et ses peines, ses lumières et ses ombres. La vie est un enchevêtrement de santé et de maladie, d’enthousiasmes et de découragements, d’élans spirituels et d’immersions dans la matérialité, c’est pourquoi nous le comparons aux lumières et aux ombres.
Pour poser fermement nos pieds sur le chemin de la réalisation de soi, nous devons acquérir la capacité d’accepter ce qui vient, avec sérénité, sagesse et détachement : c’est le sens du sol en damier.
La vie a un côté sombre et un côté lumineux, car tout, dans ce monde relatif, est fait d’ombres et de lumières. Cependant, nous devons considérer uniquement le bien dans toute chose, afin de pouvoir absorber les qualités de la beauté.
En termes de communication, nous reviendrons, peut-être aussi, sur l’usage des majuscules non accentuées, mais, grâce au regard bienveillant d’un des 31 324 frères au 1er septembre dernier, nous apprenons, grâce à cette charte de l’éthique maçonnique que la Grande Loge Nationale Française (GLNF) vient de circulariser qu’elle a été fondée le 3 décembre 1913… Colossale erreur !
Charte publiée le 22 novembre 2024.
Voilà ce qui arrive quand ils ne lisent même pas soit leur propre publication « 1913 – 2013 : 100 ans de spiritualité maçonnique – LE LIVRE DU CENTENAIRE », soit la thèse de leur grand archiviste bénévole, depuis l’an 2000, Francis Delon, docteur en Études anglophones, sous la direction de Madame la Professeure émérite Cécile Révauger, publiée chez La Tarente sous le titre Histoire de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises 1899-1940.
Nous ne voudrions pas être à la place de l’Assistant Grand Maître – sera-t-il d’ailleurs jamais un jour Député Grand Maître, soit le n° 2 ?– , dont nous tairons le nom par fraternité, qui a rédigé cette charte diffusée urbi et orbi par courriel sous le titre « Mise en place d’une charte éthique de la GLNF ». Extrait : « La Grande Loge Nationale Française vient de se doter d’une charte éthique qui contribuera, en interne comme en externe, à expliquer ce que nous sommes. Son préambule résume clairement son objet : « Qu’est-ce qu’un Franc-Maçon au 21ème siècle ? C’est être un homme de cœur, bienveillant envers les autres. Attentif, également, à son comportement. Un maçon doit, en effet, être exemplaire dans sa manière de vivre. Affichant au quotidien un engagement moral fort, une conduite juste, une implication éthique qui définit ce qui doit être. D’où cette charte qui fixe les règles d’action qui s’imposent à nous, qui que nous soyons, Grand Maître ou Apprenti récemment initié à la Grande Loge Nationale Française.
Nous recommandons aux Vénérables Maîtres de lire ou de faire lire cette charte éthique lors d’une prochaine Tenue.
De plus, celle-ci fera dorénavant partie des documents que tout postulant devra signer pour pouvoir être initié… »
Courriel signé du Grand Secrétaire.
Quant à la date de fondation EXACTE de cette obédience, comme au bon vieux temps de « LA LUMIERE », le Blog franc et maçon de L’Express tenu par François Koch, journaliste de talent, nous allons vous apporter quelques éclaircissements ! Afin que nul ne l’ignore…
Commençons avec la thèse du frère qui a obtenu, en 2013, le classement des archives de l’obédience par le Service interministériel des Archives de France, à savoir Francis Delon :
Extrait : « La création de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, sa reconnaissance par la Grande Loge Unie d’Angleterre et les premiers ralliements
A) L’Assemblée constitutive de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière
Édouard de Ribaucourt.
La création de la nouvelle obédience se déroula en trois phases le 5 novembre 1913 à 20H00 au siège de l’École dentaire française du docteur Louis Jules Rousseau, au 29, boulevard Saint-Martin (3ème arrondissement) où Ribaucourt* avait convoqué les membres du Centre des Amis. L’orateur adjoint de L’Anglaise n° 204, Camille Duprat1216, représentant officiel de la Loge Anglaise, dont il avait reçu les pleins pouvoirs sous réserve que ce soutien demeura confidentiel, fut également invité à les rejoindre… »
*Il arrive même à la GLNF d’écrire »Ribeaucourt », avec une faute d’orthogarphe donc, c’est tout dire ! (Un papier mis en ligne sur leur Intranet, dénommé « Regius », le 17/10/2023 et intitulé « Qui est Edouard de Ribeaucourt ? » Incroyable mais vrai…
Continuons et persévérons ainsi leur Livre du Centenaire (GLNF, 2013). Pour faire court et ne pas plomber l’ambiance, nous ne citons que quelques lignes : « … le 5 novembre 1913, une nouvelle Grande Loge rallumait les feux de la Maçonnerie régulière en France ! La Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises était née… »
Ou encore : « … En effet, le Frère Duprat, représentant officiel de la Loge bordelaise dont il avait reçu les pleins pouvoirs, participa à la Tenue de la Loge « Le Centre des Amis » qui se tint le 5 novembre à partir de 20 heures, au 29, du boulevard Saint-Martin […] Quel Frère aurait pu ignorer que ce 5 novembre marquerait l’histoire de la Maçonnerie ? […] À l’issue de l’Assemblée Générale, les Maîtres présents se réunirent en Tenue de Grande Loge et procédèrent à l’élection des Grands Officiers qui constitueraient la structure dirigeante désignée sous le nom de Souverain Grand Comité (S.G.C.). »
Alors, quid de la date du 3 décembre 1913 ?
Nous éviterons de demander au même rédacteur pour puiser à nouveau, dans le Livre du Centenaire : « …Conformément aux propos de son Pro-Grand Maître en 1910, la Grande Loge Unie d’Angleterre, put noter que les engagements immédiatement pris par la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière (G.L.N.I.R.), inscrivaient cette dernière dans l’axe de la Franc-Maçonnerie Universelle. Elle devait la reconnaître le 3 décembre 1913… »
Charte publiée le 1er décembre 2023.
Le 3 décembre, pour cette obédience qui se dit « régulière et de tradition », il s’agit donc bien de la date de leur reconnaissance par le Vatican de la maçonnerie dans le monde !
Mais nous constatons que dans leur mail du 1er décembre courant «Parution du nouveau numéro de Lumen, la lettre d’information de la GLNF», tout a été rectifié. Ouf ! L’honneur est sauf. Jusqu’à la date de fondation qui disparait totalement, emmenant avec l’eau du bain l’emploi des majuscules non accentuées du préambule. Maintenant, c’est quasiment tout en minuscule. Sans doute leur nouvelle convention d’écriture.
Mais que penser d’une structure administrative qui s’était dotée, dès le 6 avril 2022, d’une Commission Nationale de la Communication (CNC) et d’un grand officier en charge de l’animation de la communication ne connaissant même pas sa date de naissance et la bonne orthographe de son fondateur…
Peut-être aussi par fidélité à sa tradition. Ne pas demander à ceux qui savent !
Extrêmement étonnant ! C’est curieux chez les maçons ce besoin de faire le buzz, allant ainsi jusqu’à paraphraser « Les Tontons flingueurs » avec une de ces répliques culte par Maître Folace/Francis Blanche) « C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases »…
Une charte, à quoi ça sert ? Mais surtout à qui ça sert ?
Il y a le « RÈGLEMENT GÉNÉRAL – GRANDE LOGE NATIONALE FRANÇAISE – PRINCIPES FONDATEURS STATUTS CIVILS RÈGLEMENT INTÉRIEUR » déjà refondu très récemment…
Nous y trouvons après le préambule récapitulant le protocole historique, l’ordre l’obédience les rites et les principes de base de reconnaissance de grandes loges (en 8 points déjà !) « D’après «Basic Principles for Grand Lodge Recognition Accepted by the Grand Lodge, September 4, 1929 (Constitutions of the Ancient Fraternity of Free and Accepted Masons under the United Grand Lodge of England) », dans son LIVRE I PRINCIPES FONDATEURS
Depuis que le préfet du Mfoundi a publié un message interdisant une obédience maçonnique au Cameroun, la question de l’existence légale de cette nouvelle entité divise les opinions. Selon le préfet, le promoteur de cette obédience maçonnique, le Dr Badinga, n’a pas fait les démarches nécessaires pour avoir une existence légale au Cameroun. Cependant, certains membres de cette obédience contestent cette décision et revendiquent leur droit à pratiquer librement leur activité.
Il est important de noter que la Grande Loge du Cameroun (GLCAM) est la seule Obédience de la Franc-maçonnerie Régulière au Cameroun. Elle fut d’abord un District de la Grande Loge Nationale Française, avant d’être consacrée comme Puissance maçonnique Souveraine le 16 septembre 2001. La GLCAM est gouvernée par un Grand Maître qu’assistent un Souverain Grand Comité et un Collège de Grands Officiers. Ses Loges s’administrent librement dans le respect de la Constitution et du Règlement Général de la GLCAM, conformément aux Us et Coutumes de l’Ordre. La Grande Loge du Cameroun pratique plusieurs Rites au sein de ses Loges (Rite Écossais Ancien et Accepté, Rite Émulation, etc.) disséminées sur le triangle national.
Cependant, l’existence d’une nouvelle obédience maçonnique, la Grande Loge Prince Hall des Maçons et adeptes du Cameroun et ses juridictions, pose problème. D’une part, le préfet du Mfoundi a interdit cette obédience en raison de l’absence de démarches légales. D’autre part, les membres de cette obédience contestent cette décision et considèrent qu’ils ont le droit de pratiquer librement leur activité.
Il est important de souligner que la franc-maçonnerie est une société secrète qui prône des valeurs telles que la fraternité, la tolérance et la solidarité. Les membres de cette société se réunissent dans des temples pour pratiquer des rituels et des cérémonies. Cependant, la franc-maçonnerie est souvent entourée de mystère et de controverse, ce qui peut susciter des inquiétudes et des interrogations.
En conclusion, la question de l’existence légale d’une nouvelle obédience maçonnique divise les opinions au Cameroun. Alors que le préfet du Mfoundi interdit cette obédience en raison de l’absence de démarches légales, les membres de cette obédience revendiquent leur droit à pratiquer librement leur activité. Dans tous les cas, la franc-maçonnerie reste une société secrète qui suscite des inquiétudes et des interrogations.