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Assumer la responsabilité de notre vie

Texte de Ajahn Jayasaro

La qualité de notre vie est conditionnée par la qualité de nos actions. Le bouddhisme nous enseigne à avoir une ferme croyance dans le potentiel de l’être humain. Il dit que nous sommes des créatures qui possèdent la capacité merveilleuse de pouvoir assumer la responsabilité de ce qu’elles pensent, font ou disent, et qui peuvent faire de leur vie l’expression de la sagesse et de la compassion, plutôt que de l’égoïsme, de la peur et de l’avidité.

Nous pouvons développer notre force et notre capacité à réfréner les actions, les paroles et les pensées qui pourraient être source de souffrance pour nous-mêmes et pour autrui. Nous pouvons apprendre à avoir des gestes, des paroles et des pensées qui génèrent bonheur et paix. Nous pouvons purifier notre esprit. Le bouddhisme se soucie de la nature de notre existence et des moyens par lesquels nous pouvons éradiquer l’insatisfaction et le vide qui l’affligent. De ce fait, l’enseignement du bouddhisme ne doit pas être perçu comme un dogme auquel il faudrait adhérer, mais comme un outil que nous pouvons utiliser pour développer le potentiel qui est en chacun de nous.

Le bouddhisme est une religion qui place la sagesse, plutôt que la foi, comme vertu première. Le Bouddha a dit que si nous nous observons de manière attentive et honnête, tels que nous sommes, nous trouverons, en nous, un puits de mal-être et de conflit. Il a dit que la racine sous-jacente de cette souffrance est l’ignorance, la vision fondamentalement erronée de ce que nous pensons être la vraie nature de notre existence. La voie qui mène au bonheur véritable consiste donc à remédier aux idées fausses que nous avons sur la manière dont les choses sont. Pour cette tâche, nous avons besoin d’une sagesse fondée sur la générosité et la morale, renforcée par une paisible clarté de l’esprit. Dans la perspective bouddhiste, notre existence acquiert du sens et de la dignité dans la mesure où elle est orientée vers la vérité et qu’elle en témoigne.

Le don

Au niveau le plus élémentaire, notre compréhension erronée de l’existence, caractérisée par notre attachement tenace aux notions de « moi » et de « mien », se manifeste extérieurement par notre égoïsme et notre possessivité. Le premier niveau de la pratique bouddhiste implique de lutter contre ces tendances erronées en contrant leurs manifestations. Nous devons donc développer la générosité du cœur. Le Bouddha nous a encouragés à donner, à bon escient et de manière désintéressée, sans attendre une quelconque récompense en retour.

Il a évoqué trois sortes de dons : le don de choses matérielles à ceux qui le méritent — par exemple, les offrandes faites aux moines et l’aumône aux pauvres ; le fait de pardonner à ceux qui nous ont causé du tort; enfin, et le plus grand, le don de la vérité, le partage de toutes les connaissances sur ce monde ou la compréhension spirituelle que nous avons pu acquérir.

La générosité, outre de permettre la diminution des préoccupations égoïstes, procure joie et légèreté de l’esprit ; elle favorise aussi les liens amicaux au sein de la société. Moins nous sommes attachés aux choses, plus nous pouvons nous ouvrir au monde qui nous entoure et y contribuer en bien.

La conduite morale

La conduite morale, le deuxième aspect de la formation bouddhiste, est aussi profondément en lien avec les choses que nous faisons et que nous disons. Les actions et les paroles issues d’états mentaux négatifs nuisent aussi bien à nous-mêmes qu’aux autres. Dans le bouddhisme, la morale est définie comme la volonté de s’abstenir de tels actes et de telles paroles. En ne renforçant pas le pouvoir des émotions négatives — que ce soit en les réprimant ou en les exprimant — simplement en les observant et en attendant patiemment qu’elles passent, nous pouvons affaiblir l’emprise de ces afflictions sur nous-mêmes et commencer à nous en libérer.

Cet entraînement à la discipline morale est un engagement à respecter certains préceptes comme principes directeurs de notre vie quotidienne. Pour les bouddhistes laïcs, ces préceptes sont au nombre de cinq, soit :
    – s’abstenir de prendre la vie,
    – s’abstenir de prendre ce qui n’est pas donné,
    – s’abstenir d’inconduite sexuelle,
   – s’abstenir de paroles futiles ou mensongères
    – s’abstenir de consommer des substances intoxicantes.
Ces préceptes ne sont pas des commandements ou des ordres à suivre aveuglément, mais des outils qui doivent être employés habilement afin de mettre notre vie en harmonie avec les vérités spirituelles.

Bien qu’énoncés de manière négative, les préceptes engendrent naturellement les vertus de la bonté, de l’honnêteté, du contentement, de la sincérité et de l’attention. Ceux qui suivent ces préceptes de tout cœur, constateront que les sentiments de culpabilité et de remords sont supplantés par le bien-être et le respect de soi. L’esprit tend vers la paix et la clarté. La morale est ainsi une base solide pour tous nos efforts spirituels, de même que la fondation indispensable à une société intelligente et solidaire.

La méditation

Le troisième aspect du bouddhisme est la méditation, le développement du calme mental et de la vision pénétrante. Dans son état normal, l’esprit a tendance à se disperser et à échapper à notre contrôle. Nous constatons qu’il est difficile de l’arrêter de penser, ne serait-ce qu’un moment. La formidable énergie de l’esprit n’est ainsi jamais retenue pour être utilisée à bon escient. La méditation offre la possibilité de recentrer l’esprit, afin de lui permettre de se dégager de ses préoccupations habituelles et de pénétrer la vraie nature de notre existence.

La méditation n’est pas seulement un moyen de se détendre, pas plus qu’une technique pour échapper au stress de nos responsabilités en glissant dans une extase bienfaisante. Il s’agit plutôt d’un moyen efficace d’aiguiser, de fortifier et enfin de purifier nos facultés mentales. Au départ, on concentre son esprit sur un objet, tout comme on dompte un animal sauvage en l’attachant à un poteau. Il existe de nombreux objets sur lesquels méditer. Un de ceux qui sont le plus employés est la sensation du souffle passant par les narines mais, quel que soit l’objet choisi, l’important est de maintenir une attention pointue et soutenue en se concentrant dessus.

Au début, bien sûr, on n’y parvient pas. La concentration est difficile à maintenir. Elle va à l’encontre de nos habitudes. Mais avec de la patience, de la persévérance et de la bonne humeur, ce n’est pas impossible. Quand l’esprit s’égare loin de son objet, on le ramène à l’attention, gentiment mais fermement, encore et encore et encore…

Finalement, on arrive à maintenir la concentration quasiment sans effort et l’esprit devient stable et lumineux. Alors, abandonnant l’objet initial, on maintient une ferme attention pointée vers tout ce qui survient dans la conscience – que ce soit une sensation physique, un sentiment, une pensée, une perception… – et l’on s’attache à voir la nature changeante de tous les phénomènes plutôt que leur contenu.

Si l’esprit a été suffisamment calmé par la concentration, on est capable de maintenir un regard empreint d’équanimité sur la réalité présente et une vision directe et non-conceptuelle de la vraie nature de notre existence commence à croître en nous. Tandis que nous en venons à comprendre la nature changeante, incertaine et sans importance de tout ce qui constitue notre existence, les idées fausses et les a priori que nous avons sur nous-mêmes s’effondrent et notre attachement avide aux choses est complètement remis en cause. C’est là que la paix véritable et la Libération, l’objectif le plus noble de l’être humain et la finalité du bouddhisme, sont enfin atteints.

Ajahn Jayasaro est né sur l’Ile de Wight en Angleterre en 1958. C’est à la Retraite de la Saison des Pluies de 1978 qu’il rejoint, en tant qu’anagarika, la communauté d’Ajahn Sumedho. En novembre de la même année il part pour Wat Pa Pong, dans le Nord-Est de la Thaïlande, où il se fait ordonner novice l’année suivante, et bhikkhu en 1980, avec le Vénérable Ajahn Chah comme précepteur. De 1997 à 2002, Ajahn Jayasaro fut l’abbé de Wat Pah Nanachat. Il vit actuellement seul dans un ermitage au pied des montagnes Khao Yai, dans la province de Nakhon Ratchasima.

Ce texte a été publié dans LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

Connaissez-vous les porte-clés en croix maçonniques ?

De notre confrère thesquaremagazine.com

Également connus sous le nom de Fobs maçonniques, les globes dorés ou les porte-clés en croix sont en fait constitués de six minuscules pyramides qui se réunissent pour former une petite boule. Une fois ouvert, le porte-ballon ressemble à une croix.

À la fin des années 1800 et au début des années 1900, les porte-montres décoratifs étaient très à la mode et étaient généralement portés avec les chaînes de montre suspendues aux montres de poche. Leur taille variait jusqu’à 1″.
Les porte-montres à boule maçonnique sont disponibles en quatre variétés : allemand, vieil anglais, nouvel anglais et écossais. Bien que de taille et de forme similaires, les quatre variétés sont différentes, elles varient dans la façon dont la boule s’ouvre et dont les fermoirs se fixent à la boule.

Les faces des pyramides portent vingt-quatre symboles maçonniques différents, dont l’équerre et le compas, le crâne et les os croisés, le brin d’acacia et l’étoile à six branches (ou sceau de Salomon). Les plus courants sont :

Équerre et Compas: Emblème de la Franc-Maçonnerie le plus reconnaissable, il représente la justice et la vertu.

Le sceau de Salomon, également connu sous le nom d’étoile de David : représente la connaissance et la direction divine.

Crâne et os croisés : Cette représentation de la mort et de la nature éphémère de la vie sert à rappeler aux maçons la valeur de mener une vie pleine de sens.

Acacia printanier : Représentation de la croyance maçonnique en l’au-delà, c’est un signe d’immortalité et de résurrection.

Piliers B**z et J****n : Basés sur le récit biblique du Temple du roi Salomon, ces deux piliers représentent la stabilité et la force.

L’œil qui voit tout : une représentation de la providence divine et de l’œil vigilant de Dieu.

Carré : représente la morale et la justice.

Niveau : représente l’équité et l’impartialité.

Plumb : Symbolise la droiture/la droiture.

Les orbes maçonniques sont encore fabriqués aujourd’hui et peuvent être trouvés auprès de bonnes entreprises d’insignes maçonniques ou de bijoutiers. Pourtant, retrouver une pièce antique est toujours un plaisir !

Que transmettre en maçonnerie : une tradition, des principes, une méthode, un savoir être ?

« Soyez à vous-mêmes votre propre flambeau et votre propre refuge »

(Précepte du Bouddha dans le Parinibbhâna sutra)

Lieu de rencontres, de fraternité et d’échanges, les salons du livre maçonnique sont toujours d’heureuses parenthèses permettant de « rassembler ce qui est épars ». Dans cet idéal d’harmonie, le salon de Lyon a répondu parfaitement à cet idéal.

L’objet de notre réflexion, accompagné d’un sourire un peu malicieux, pourrait nous faire songer aux discussions pédagogiques au sein de la Troisième République, dans un temps où les maîtres d’écoles (Nombreux en Franc-Maçonnerie !) s’interrogeaient et militaient sur le but de l’enseignement, ses orientations et son aboutissement dans l’épanouissement d’un homme, avant tout, citoyen.

L’époque ne reflète plus les mêmes attentes : désormais l’épanouissement personnel importe plus que le destin collectif. Cela se traduit par un déclin de la vie associative, de l’attirance vers des spiritualités unificatrices, des engagements politiques ou syndicaux. « Les lendemains qui chantent » ne déclenchent plus guère d’enthousiasme !

Mais dans le fond, est-ce un mal ? Qu’attendre d’un collectif, souvent factice et réducteur, permettant de se dissimuler dans des discours d’une éthique qui sent le toc et de la recommandation d’une philosophie pseudo-humaniste qui dissimule à peine le fonds de commerce de ceux qui en profitent. Las de cette théâtralité qui sent la pièce de patronage, le sujet désire se tourner vers une dimension authentique qui peut lui faire découvrir ce qui l’intéresse le plus : lui-même ! C’est là où se situe la rencontre possible entre le « cherchant » et la Franc-Maçonnerie. Immédiatement, deux éléments vont se trouver en confrontations : la place de celui qui transmet et celle de ce que nous pourrions appeler la conversion.

I- LE VRAI MAÎTRE EST CELUI QUI TE DELIVRE DE TOI-MÊME ET…DE LUI-MÊME !

La Franc-Maçonnerie est apophatique, elle est comme disent les hindouistes « netti-netti », « ni ceci, ni cela » : elle n’est ni un catéchisme, ni une religion de remplacement, ni la « Vérité », ni un vague club politique ou ni un club d’affairistes. Elle pourrait se définir comme l’unité qui serait composée par une diversité qui, ne renonçant pas à ses différences, les cultivent pour les mettre au service de l’ensemble. L’envers de la démarche idéologique. Cela pose d’emblée la question de la fonction de l’Institution dans son rôle de transmettre et surtout du rôle de ceux qui en sont chargés.

Dans chaque culture s’est toujours posé la question de la justification de la transmission et d’un savoir éventuel. Ainsi, en Chine, Lao Tseu, le grand penseur taoïste écrit (1) :

« C’est pourquoi le sage adopte
La tactique du non-agir
Et pratique l’enseignement sans parole
Tous les êtres du monde surgissent
Sans qu’il en soit l’auteur
Il produit sans s’approprier
Il agit sans rien attendre
Son œuvre accomplie il ne s’y attache pas
Puisqu’il ne s’y attache pas
Son œuvre ne passera pas ».

La littérature et la philosophie occidentales ne sont pas en reste. Par exemple, Pascal Quignard débute l’un de ses ouvrages par cette phrase (2) : « J’aurai passé ma vie à chercher des mots qui me faisaient défaut » et, le philosophe Ludwig Wittgenstein, enseignant lui-même, attire notre attention sur la prétention du savoir. Il écrit, dans son célèbre « Tractatus logico philosophicus » : « Ce dont on ne peut parler il faut le taire ».

II-QU’AURAIS-JE A T’APPRENDRE ALORS QUE TU SAIS TOUT !

La Franc-Maçonnerie est avant tout une maïeutique, une accoucheuse de personnalités Dans ce sens elle est socratique et pointe, au-delà des différences, à donner naissance à des richesses intérieures cachées grâce à la tolérance, au libre-arbitre, à une parole, à des traditions, et à des rituels non contraignants qui ne ressemblent en rien à un catéchisme mais à une sorte de musicalité dans laquelle on peut jouer de son instrument personnel pour participer à une harmonie commune. La diversité dans l’unité, mais plus encore prendre conscience qu’il ne peut y avoir d’unité sans prendre soin des de conserver jalousement la diversité ! Transmettre, c’est interpréter une œuvre commune avec des instruments différents. Dans le « Ménon » le bon vieux Socrate (dont la mère était sage-femme !), démontre qu’un esclave illettré peut résoudre par lui-même un très complexe problème géométrique montrant ainsi que la vérité des choses est en nous et non à l’extérieur.

Le Maçon est dans la dynamique permanente d’une conversion au sens hébraïque du terme « Techouva » qui signifie « retour sur soi », « introspection ». Pas question de suivre quelqu’un ou quelque chose qui n’est pas moi. Le monde extérieur, l’interpellation de l’autre, n’étant qu’une invitation au voyage intérieur. « Je me voyage » La plus belle illustration étant Ulysse qui, las de ses aventures, n’aspire qu’à retrouver son monde intérieur. « Il n’y a pas d’Ithaque hors d’Ithaque » conclut Homère à l’Odyssée.

III-UN DROIT DE PASSAGE ? OUI : L’OUBLI !

Se pose bien entendu le but de la demande d’entrée en Maçonnerie : que vient chercher un profane qui frappe à la porte du temple ? Nous pourrions avancer l’idée que, dans un type de projection parentale, il quête un savoir. Mais, il s’aperçoit qu’à cette demande de savoir il répond lui-même au fil des travaux et relativise ainsi ceux de qui il espérait la révélation d’un pouvoir ésotérique qui le transformerait ! C’est de l’intérieur que le savoir se manifeste. Dès lors, le rôle du « gourou » supposé s’estompe : il n’est qu’un autre qui a modifié l’image négative, incomplète, que je me faisais de moi-même. Transmettre, c’est montrer à l’autre que nous sommes « inter pares ». Le prix de ce savoir est la solitude car celui qui ne croit plus ni au père ni au maître ne trouve plus refuge derrière une image protectrice, ce qui crée sa propre dignité. Le maître imaginaire disparaît, seul le frère subsiste, partageant avec nous la vacuité de l’être. Transmettre, c’est parler à l’autre de cette vacuité commune. Le « transmetteur » n’est qu’un passeur. Vers quoi ? Pour y répondre, laissons la parole au psychanalyste Otto Rank qui écrit (3) : « L’important, c’est que tout ce qui est créateur, quel que soit son genre de manifestation-même la névrose-est dû à cette aspiration personnelle de se libérer du code moral traditionnel et de puiser en lui-même son idéal éthique personnel qui, en plus des normes qu’il lui fixera, lui donnera l’assurance de pouvoir créer et d’être heureux. Ce processus de formation d’idéal personnel, qui commence par l’établissement de règles morales intimes, est une grandiose tentative pour transmuter la contrainte en liberté »

Celui qui transmet ne fait qu’éveiller l’autre à un destin commun à-travers ses propres mots enfin retrouvés. Il le délivre de l’angoisse de l’innommé. Puis, discrètement, avec ses mots à lui, il s’en retourne à une solitude qui est une liberté enfin acceptée, mais qu’il partage avec ses Frères en humanité.

                                NOTES

– (1) Lao-Tseu : Tao-Tö-King. Paris. Editions Gallimard. 1980. (Page 4).

– (2) Quignard Pascal : La barque silencieuse. Dernier royaume VI. Paris. Editions du Seuil. 2009. (Page 7).

– (3) Rank Otto : La volonté du bonheur. Paris. Editions Stock /Monde Ouvert. 1972. (Page 101)

Un murmure guidant nos pas

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Dans l’effervescence du Nouvel An, souvent aussi bruyante qu’enivrée, fusent, comme des milliers de feux de Bengale, des vœux joyeux et sincères, lancés d’un cœur léger à la face d’un destin mystérieux – et qui seront sans doute plus éphémères que les feux de détresse qui embrasent le monde. Mais voilà : sur la vitrine d’un nouveau millésime, nous nous plaisons à tracer des rêves mus par des désirs de paix et d’amour, qui nous tiennent ensemble. Et nous avons raison. L’espoir est un carburant indispensable. Sans quoi, non seulement le monde serait pire, mais nous ne saurions plus voir les beautés qui le traversent et s’y frayent leur chemin le plus souvent à bas bruit.

« Que la Joie soit dans les cœurs[1] ! » comme nous y enjoint certain rituel. La joie de vivre, d’aimer, de partager et de réaliser une œuvre que d’autres poursuivront à leur manière après nous, comme nous l’avons reprise de nos anciens et accommodée à nos envies et à nos moyens. C’est l’inlassable pari que nous relançons dans l’Histoire. Le XXe siècle eut ses heures sombres, dont les ombres, au demeurant, se prolongent dans les drames d’aujourd’hui. Nous avons aussi d’autres défis à affronter dans cette civilisation technologique proliférante[2] qui voit se dresser devant elle mille autres périls liés à son expansion destructrice.

Ce qu’à la Rédaction, nous vous souhaitons – comme à nous-mêmes, d’ailleurs –, c’est d’avoir tous la volonté et l’énergie de conduire des actions de bien-être et d’harmonie, tout autour de nous, sans céder aux multiples frénésies qui nous entourent, en renouant le plus profondément possible avec les principes de vie qui garantissent, outre un bonheur paisible,  la saine et insatiable curiosité de l’Homme pour la compréhension des univers qui peu ou prou sont tous les siens… et sont solidaires (en bien comme en mal). Ce ne sont pas, pour autant, de vaines suppliques ignorantes des dangers. C’est aussi bien un appel à la lucidité qui n’est pas exempte des combats qui préservent et promeuvent des libertés réciproques. C’est un appel à une fraternité aussi exigeante que confiante, dont chacun sait bien qu’elle est mise à l’épreuve, tous les jours.

C’est ainsi que nos souhaits se faufilent jusqu’à vous, comme un murmure guidant nos pas.


[1] C’est bien volontiers que nous renvoyons à l’essai culturellement très ouvert de Jean-Pierre Thomas, Que la joie soit dans les cœurs, préf. Pierre Pelle Le Croisa,  Montesson : Numérilivre  – Éditions des Bords de Seine (coll. : Le franc-maçon dans le Temple), nov. 2020 (1ère éd. 2009), 132 p., 20 €. Où l’on trouve en exergue cette belle citation de Spinoza extraite d’Éthique III – De l’origine et de la nature des sentiments :

«La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection. Je dis passage, car la joie n’est pas la perfection elle-même. Si en effet, l’homme naissait avec la perfection à laquelle il parvient, il la posséderait sans sentiment de joie. »

Manière d’élever très hautement le débat et de placer le lecteur dans la perspective constructive et même constructrice de la joie, force de vie liée à l’accomplissement.

[2] Cet édito, comme aucun de mes écrits, ne doit rien à ChatGPT, même si l’inverse n’a rien d’impossible, de la façon la plus infinitésimale qui soit, bien entendu…

La symbolique des rois cachés

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De notre confrère europe1.fr en collaboration avec BTLV

Qui sont les rois cachés ? Que racontent-ils de notre tradition primordiale, de ce “savoir qui vient des temps les plus anciens” ? Paul-Georges Sansonetti est diplômé de l’Ecole du Louvre et de l’Ecole Pratique des Hautes Études, il a été chargé de nombreuses conférences et il est titulaire d’un doctorat de lettres traitant de l’ésotérisme et des romans arthuriens. Il est l’invité de Bob Bellanca dans cet épisode du podcast « Mystères & Inexpliqués ». 

« Mystères & Inexpliqués » est un podcast créé par BTLV, adapté et diffusé par Europe 1. Si vous aimez les histoires paranormales et les événements qui dépassent la rationalité, ou que vous êtes curieux de nouvelles découvertes, ce podcast est fait pour vous. Les propos tenus dans cet épisode n’engagent que la ou les personnes invitées.  

Notre équipe éditoriale a utilisé un outil d’Intelligence artificielle pour accompagner la création de ce contenu écrit. 

Crédits 

Production : Europe 1 Studio 

Visuel : Axelle Maurel avec Sidonie Mangin 

Direction artistique : Xavier Jolly 

Enregistrement Voix : Marc O. Grunfeld et Victor Naulleau 

Direction de l’Innovation : Jamal Lassiri 

Médiatisation : Lagardère Publicité News

« Une heure, une oeuvre » : le tarot kabbalistique d’Oswald Wirth

Le tarot est devenu aujourd’hui un sujet universitaire, une source d’inspiration pour les artistes et un produit indispensable des rayons ésotériques des plus grandes librairies. L’un des principaux initiateurs de ce surprenant succès est un jeune Suisse féru de symbolisme : Oswald Wirth. Gwenaël Beuchet, attaché de conservation du Musée, y consacrera une conférence le dimanche 21 janvier.

Un soir de mars 1886, Oswald Wirth (1860-1943) se rend au domicile parisien du poète et bibliophile Stanislas de Guaita (1861-1897). Initié en franc-maçonnerie depuis deux ans, Wirth est déçu par le désintérêt du Grand Orient de France à l’égard du symbolisme. Le renom de Guaita et celui de sa vaste bibliothèque étrange et précieuse, réunissant des textes latins du Moyen-âge, de vieux grimoires chargés de pentacles, des parchemins enluminés de miniatures, des traités d’alchimie, des ouvrages de science contemporaine, des manuscrits et des éditions d’une grande rareté, motivent cette rencontre.

Très vite les deux hommes s’entendent. Comme beaucoup de jeunes gens de leur époque, ils rêvent d’une « science universelle » qui unirait sciences expérimentales et sciences dites traditionnelles (alchimie, astrologie, kabbale bien sûr…). Wirth devient rapidement son collaborateur et son secrétaire. Guaita, qui a remarqué les talents artistiques de son ami, lui propose de dessiner, à partir du traditionnel Tarot de Marseille et des textes d’Eliphas Lévi, un Tarot kabbalistique qui soit plus en rapport avec leurs vues. Il est publié en 1889, à 350 exemplaires, dont un, grâce à la générosité d’un collectionneur, a rejoint récemment le fonds du Musée Français de la Carte à Jouer. Il est également reproduit, la même année, dans Le Tarot des bohémiens, un ouvrage de leur ami commun Gérard Encausse, dit Papus.

Si l’on excepte le tarot d’Etteilla, créé un siècle plus tôt mais plutôt tourné vers une sorte de récréation divinatoire, le Tarot kabbalistique peut être considéré comme le premier Tarot ésotérique, accordant à chaque carte ou « arcane » une profonde signification symbolique qui reste à interpréter. Le mouvement est lancé. Des tarots de plus en plus nombreux paraitront, notamment dans le monde anglosaxon. Quant à Wirth, il suivra sa propre voie et publiera en 1927 un ouvrage qui sera un autre jalon important de cette histoire : Le Tarot des imagiers du Moyen-âge.
 

Conférence « Une heure une oeuvre », le dimanche 21 janvier à 16h, au Musée Français de la Carte à Jouer. Entrée libre. (Site Web)

Jacques Barbera : « Nous allons créer d’autres loges de Franc-Maçonnerie francophone aux USA »

De notre confrère courrierdesameriques.com

Jacques Barbera est Vénérable Maître de la Parfaite Amitié, créée en 2021 à Miami. Mais il est aussi, désormais, superintendant pour les Etats-Unis. Originaire de Nice et spécialisé dans la construction, il est arrivé aux Etats-Unis en 2001 pour développer le Marie Brickell Village de Miami.

Pourquoi est-il rentré en maçonnerie en 1988 ? « Je ne sais pas pourquoi j’y suis rentré mais je sais pourquoi j’y reste : un développement personnel, et le travail avec les autres, la fraternité, la bienveillance, la bienfaisance ! » Et pourquoi parle-t-il aujourd’hui alors que beaucoup de Franc-Maçons sont très discrets sur leur appartenance ? « C’est mon rôle de représenter publiquement la Franc-Maçonnerie aux Etats-Unis ; mais vous aurez remarqué qu’ici ça se passe différemment qu’en France. Aux USA les gens affichent leur appartenance sur leur plaque minéralogique ou leur casquette, alors qu’en France il y a une discrétion, un « vivons caché » qui vient de notre histoire : il faut se rappeler que les Franc-Maçons ont été poursuivis par exemple pendant la Seconde Guerre Mondiale.« 

logo de la Grande Loge Traditionnelle de France

Ainsi vous allez continuer de vous développer aux Etats-Unis ? « Quand il y a trop de monde dans une loge, nous en créons une nouvelle. Je pense que la prochaine sera plus au nord, vers Orlando, mais nous sommes en train de réfléchir à d’autres créations, par exemple à New-York. »

La Franc-Maçonnerie française se porte bien notamment en Floride où elle s’est installée depuis 2017, date à laquelle la loge dénommée « La Fraternité Universelle de Floride » a vu le jour à Miami sous l’égide de la  (GLTF), une obédience constituée en France il y a plus de dix ans. 

Créée au début par une poignée de Frères Français, la première loge de Miami a connu très rapidement une importante progression tant et si bien qu’une deuxième loge, « La Parfaite Amitié », est venue enrichir le paysage de la Franc-Maçonnerie francophone peu de temps après. 

Il n’en fallait pas plus pour créer un District dont le but principal est de gérer les loges existantes ainsi que les futures loges qui s’ouvriront à Miami, en Floride et sur d’autres États. 

« En cette période de Noël, le caractère universaliste et humaniste de la Franc-Maçonnerie française a enjoint tous les Frères à participer à une œuvre de bienfaisance en rassemblant des cadeaux destinés aux enfants déshérites, malades voire hospitalisés et qui leur seront remis le jour de Noël. « 

Par ailleurs, du 28 avril au 5 mai 2024, des Frères de Métropole viendront se joindre à ceux de Miami comme pour les années précédentes afin de participer à la fête annuelle. Le programme des festivités est en cours d’élaboration et mentionnera, entre autres, un diner de gala ouvert aux amis et sympathisants. 

Enfin, courant février prochain se tiendra une conférence publique sur le thème : « Pourquoi devenir Franc-Maçon en Floride à la Grande Loge Traditionnelle de France en 2024 ?« . Cette conférence sera animée par le Grand Maître de la G.L.T.F. lui-même, venu spécialement pour cet évènement. 

Il va de soi que les Francs-Maçons expatriés en Floride et tous ceux qui souhaite rejoindre cette association seront les bienvenus et peuvent contacter :

Jacques Barbera, Grand Surintendant Amérique du Nord : 305.490.7441

Courriel : gltf.amerique@gmail.com

www.gltf.fr

Ce soir on fait la fête

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C’est un peu ça, on va se retrouver entre amis, « on se met sur son 31 » comme on disait autrefois.

ET PUIS IL Y AURA DES SURPRISES, DES FRÈRES ET DES SOEURS QUE L’ON N’A JAMAIS VUS

Ce soir on est au diapason. Le La est donné.   

D’un côté des personnes qui se retrouvent et qui se connaissent et de l’autre des personnes qui ne se connaissent pas et qui vont se retrouver car issues du même univers. Des frères et des sœurs qui ont comme dénominateur commun le même parcours initiatique. 

Vu ainsi on pourrait se croire à une compétition sportive ou à un spectacle. C’est un peu ça, nous assistons à un spectacle dont nous sommes les acteurs avec des règles, comme à une compétition, sauf qu’ici il n’y a pas d’enjeux. Une fête qui obéit à un cérémonial et qui a comme objectifs ceux de progresser dans la recherche et le perfectionnement grâce à l’aide et à l’échange des autres. Je parle de fête car c’est un bonheur dans nos réunions de se sentir porter et vibrer dans cet univers intellectuel que nous appelons spéculatif et que nous dédions à « l’architecte de l’Univers ».

Il semble que l’homme a besoin d’entourer ses moments, de joie, quelques fois aussi de tristesse, de tout un cérémonial afin de les mettre encore plus en avant. Le rituel aide et participe également à ce processus de création de mise en place voire de mise en scène

Il y a dans nos réunions un rituel qui va accentuer la profondeur de nos nos échanges verbaux. Nous faisons « la fête » et nous espérons qu’elle soit réussie pour la refaire encore. Un processus rituel et répétitif qui nous pousse dans la vie profane à être le mieux organisé pour réussir.

Les franc-maçons sont en ce sens des fêtards organisés. De là me direz-vous, il n’y a qu’un pas pour associer à cette réussite spirituelle, ce que nous appelons l’étape des agapes, afin de clôturer ces travaux de réflexion.

Et comme dans toute fête, nous sacralisons nos avancées et les conclusions de nos recherches très souvent autour d’un verre avec les amis.

En résumé, je dirais:

Commençons par une fête qui nous laissera un souvenir inoubliable. Le fait d’inviter des frères et sœurs d’autres loges quelques fois lointaines est toujours porteur d’exotisme. Nous retrouvons tous ensemble avec ces  invités, cette dimension universelle que porte en elle la franc-maçonnerie et que, au fil des tenues répétitives entres mêmes membres de loge, nous avons pu laissé dériver vers une ambiance monotone.

Mais n’oublions pas que notre univers maçonnique est soumis lui aussi aux règles et aux secousses sismiques du monde profane.

A bientôt de vous retrouver!

Symboles maçonniques dans Paris ! Comment faire pour les trouver ?

De notre confrère pariszigzag.fr

Née en Angleterre au XVIIe siècle, la franc-maçonnerie moderne s’est développée en France à partir du XVIIIe siècle et, depuis, la capitale porte la trace d’un passé maçonnique fort au fil de ses rues, façades, bâtiments publics ou privés. Les symboles laissés par les francs-maçons sont présents partout dans Paris, et ils prennent des formes variées… Aujourd’hui, on vous dit donc où en trouver : ouvrez bien les yeux lors de vos prochaines balades parisiennes pour les repérer !

1. DES FRANCS-MAÇONS RUE DE BUCI

Au n°12 de cette célèbre rue du 6ème arrondissement, vous remarquerez au-dessus de la fenêtre du milieu, au 2ème étage, une étoile dite “flamboyante”. Elle indique l’endroit où se cachait la toute première loge (groupe de francs-maçons) officielle de Paris, créée en 1732 ! Nommée “Saint-Thomas”, elle était notamment connue pour ses grands banquets à la fin des réunions.

Étoile rue de Buci © PZZ
Étoile rue de Buci © PZZ

2. LA STATUE DU QUAI MALAQUAIS

En allant peu plus loin dans le quartier vers la Seine, observez bien la statue de la République située sur le quai Malaquais. Réalisée par le sculpteur Jean-François Soitoux en 1850, elle arbore aussi des symboles maçonniques comme une ruche, symbole du travail collectif. Sa couronne à étoile, son glaive et son niveau témoignent également de la forte proximité entre la franc-maçonnerie et la République à l’époque… D’autant plus que cette œuvre est la première représentation officielle de la République de l’Histoire !

Statue de la République quai Malaquais © Wikipédia
Statue de la République quai Malaquais © Wikipédia

3. DES SYMBOLES DANS LE SQUARE PAUL LANGEVIN

Ce joli square du 5ème arrondissement, au croisement de la rue des Ecoles et de la rue Monge, abrite une frise maçonnique. Elle présente en effet compas, équerre, triangle et fil à plomb : des outils qui rappellent que Paul Langevin* était franc-maçon. Ce fut un humaniste qui participa à de nombreux travaux notamment au Grand Orient de France (la plus importante obédience maçonnique française). Ce magnifique décor est quant à lui un vestige du Palais de l’industrie, un bâtiment qui avait été construit pour l’Exposition Universelle de 1889.

Frise maçonnique square Paul Langevin © Guide du Routard
Frise maçonnique square Paul Langevin © Guide du Routard

Vous l’aurez sûrement compris à travers ces 3 exemples, que ce soit sur les façades, les statues, dans les jardins publics ou encore dans les passages couverts et sur les tombes des cimetières parisiens… La capitale regorge de symboles maçonniques ! Pour en découvrir d’autres avec nous, suivez notre prochaine visite du Paris des francs-maçons : vous comprendrez tout de leur histoire, leurs origines, leurs signes, et percerez enfin le mystère.

[NDLR : Paul Langevin (1872-1946), était un physicien, philosophe des sciences, pédagogue et homme politique. Il a été professeur au Collège de France et directeur de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris. Langevin est connu pour ses travaux sur le magnétisme, le mouvement brownien, et son introduction de la théorie de la relativité en France. Il a également été président de la Ligue des Droits de l’Homme. Il est inhumé au Panthéon en reconnaissance de son importante contribution à la science et à la société française.


Paul Langevin, par Henri Manuel. Iconographic Coll. Keywords.

Certains disent qu’il a reçu la lumière au Grand Orient de France.

En vérité, selon les travaux de notre frère érudit André Combes, Paul Langevin aurait assisté à des réunions du Cercle « Fraternité-Réconciliation » qui organisait des cycles de conférences avec la participation des francs-maçons (René Cassin, Gaston Moch, Kurt Tucholsky) ou de profanes tels Pierre Cot, von Gerlach, président de la Ligue allemande des droits de l’homme… et Paul Langevin.]