L’association Georges Troispoints Moselle organise son Grand rendez-vous annuel à Metz le 10 janvier prochain dans les salons de l’hôtel de ville.
Voilà une occasion unique de venir à la rencontre d’illustres Francs-maçons qui aura lieu en Moselle en présence de :
– Catherine LYAUTEY de La Grande Loge féminine de France,
– Thierry ZAVERONI de la Grande Loge De France,
– Sylvain ZEGHNI de la Fédération Française du Droit Humain.
De 18h30 à 20h00, Georges Troispoints vous invite à échanger ! Nous nous demanderons quelles sont les raisons qui peuvent pousser l’un d’entre nous à devenir Franc-maçon au 21ème siècle ?
C’est au travers du prismes de trois obédiences et de leurs représentants que nous aborderons, non seulement les différences du panorama maçonnique français mais aussi et surtout ce qui les rassemble.
L’entrée est libre et gratuite!
Trois Grands Maitres à Metz !
10 janvier 2024 de 18h30 à 20h00 dans les Grands salons de l’hôtel de ville
JEAN ZAY, l’homme complet : Un destin tragique sous le régime de Vichy, adapté au théâtre Essaïon. Le témoignage que Jean Zay écrit en prison (SOUVENIRS ET SOLITUDE) nous offre un éclairage précieux sur son action visionnaire et sur le tragique de son destin, celui d’un homme en lutte contre l’anéantissement moral. Une formidable leçon de présence au monde.
NDLR : La fondatrice de la librairie Les Temps modernes (Orléans) et fille de l’ancien ministre du Front populaire Jean Zay, s’est éteinte jeudi 28 décembre à l’âge de 87 ans.
Le spectacle a reçu le label « spectacle recommandé par la Licra » 2022 et 2023 , ainsi que le label « Rue du Conservatoire ». “Jean Zay, l’homme complet” a remporté un magnifique succès au Festival d’Avignon off en 2022 et en 2023 au Théâtre Épiscène !
Contexte historique
En 1940, Jean Zay, éminent ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire, se trouve au cœur d’un simulacre de procès. Membre du parti radical de gauche, franc-maçon et victime des attaques antisémites, il est injustement condamné à la déportation par le gouvernement de Pétain. Son parcours exemplaire et visionnaire devient alors une cible tragique sous l’ombre du régime de Vichy.
Condamnation et Incarcération
Après le simulacre de procès, Jean Zay est finalement incarcéré à la redoutable prison de Riom. C’est dans cet environnement oppressant qu’il rédige un témoignage bouleversant intitulé “Souvenirs et solitude”, nous offrant ainsi un éclairage précieux sur les tumultueuses années 1930.
L’Action Visionnaire de Jean Zay
À travers ses écrits, Jean Zay nous dévoile son action visionnaire au sein du Front Populaire. En tant que ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, il s’est efforcé de repenser le système éducatif et artistique, laissant derrière lui un héritage indélébile. Son engagement en faveur de l’égalité, de la laïcité et de la culture demeure une source d’inspiration.
Un Combat contre l’Anéantissement Moral
Le destin de Jean Zay est tragiquement scellé par sa lutte acharnée contre l’anéantissement moral imposé par le régime de Vichy. En dépit des attaques antisémites et de la condamnation injuste, il demeure un symbole de résistance face à l’oppression. Son parcours tragique rappelle la nécessité de défendre les valeurs fondamentales, même dans les moments les plus sombres de l’histoire.
Le Témoignage Posthume
Le 20 juin 1944, Jean Zay trouve une fin tragique, assassiné par la milice française. Son témoignage posthume, rédigé dans les murs de la prison de Riom, offre une leçon de présence au monde. À travers ses mots, il transcende l’obscurité de sa situation pour nous rappeler l’importance de rester fidèle à ses convictions, même au prix de sa vie.
Conclusion
Jean Zay, l’homme complet, demeure un personnage emblématique de l’histoire française. Son destin tragique sous le régime de Vichy résonne comme un avertissement contre l’oppression et une invitation à perpétuer la lutte pour la liberté, l’égalité et la justice. Son héritage continue d’inspirer les générations futures, rappelant que même dans les moments les plus sombres, la lumière de la résistance peut briller.
Adaptation et jeu : Xavier Béja
Mise en scène : Michel Cochet
INFORMATIONS PRATIQUES ET RÉSERVATION
Représentations à 19h15 tous les mardis du 16 janvier au 26 mars à 19h15 / les vendredis et samedis 2,3 et 9, 10 février 2024
Théâtre Essaïon – 6 Rue Pierre au Lard, 75004 Paris
Dans le cloître de Saint-Trophime d’Arles, qui est ce personnage à l’air songeur ? Le suspens ne durera pas longtemps puisque la réponse se trouvait déjà dans le titre de cette infolettre. C’est Joseph, l’époux charpentier de Marie. Par contre, vous demander pourquoi il rêve ainsi devrait vous poser plus de difficultés, sauf aux familiers du Nouveau Testament.
En fait, cette scène se place après le mariage de Marie et de Joseph. L’époux ne comprend pas pourquoi Marie est enceinte. N’habitant pas avec elle, il n’a pas encore partagé sa couche. Suspicieux, atteint dans son honneur, Joseph songe à répudier Marie. Mais un ange, dont on aperçoit l’aile sur le chapiteau, vient le rassurer : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. », évangile selon saint Mathieu
Cette copie d’un chapiteau de la basilique Notre-Dame-du-Port (Clermont-Ferrand) propose une version plus drôle de la scène : un ange joue le rôle d’un père Fouettard. Il tire la barbe de Joseph pour le réprimander de ses doutes. Convaincu, le charpentier accueille finalement Marie dans sa maison.Désormais, soyez attentif dès que vous voyez un personnage songeur sur une église. Il s’agit certainement de Joseph. Comme ici sur le portail de l’église Saint-Sauveur de Dinan.
Dans les Nativités romanes et gothiques, le mari de la Vierge ne bénéficie pas d’une image plus valorisante. Soit il est placé en marge de la scène, à l’exemple de ce vitrail de la cathédrale de Lyon. C’est un figurant.
Soit il s’assoupit comme sur ce vitrail de la cathédrale de Strasbourg. Ronfle-t-il ?
Ces représentations moqueuses débordent le cadre de l’église. Devant les portails ou sur les places, on jouait au Moyen Âge des mystères, des pièces de théâtre religieuses. La scène de la Nativité était reproduite. Le personnage de Joseph y semble aussi maladroit que Pierre Richard (saint du cinéma français des années 1990, NDLR). L’historien de l’art Louis Réau nous explique : « Au moment de son accouchement, la Vierge l’envoie chercher une lanterne ; comme il s’est enrhumé dans la grotte, il éternue et éteint le lumignon. Marie lui demande de tremper la soupe : il renverse maladroitement la bouillie. Faute de langes pour emmailloter le nouveau-né, il offre une paire de vieilles culottes trouées ». « Sa maladresse n’a d’égale que son avarice de grippe-sou. Il s’empresse d’encaisser dans son coffre les offrandes des Rois Mages et quand il s’agit de verser une obole pour la Présentation de Jésus au Temple, il met en rechignant la main à son escarcelle ». Joseph est donc aussi maltraité dans l’art que dans le théâtre médiéval. Cependant, cette représentation change. Je l’observe dans la statuaire dès le XVe siècle. Joseph est davantage mis en valeur dans les églises, et de façon positive. Fabriquée au XVIe siècle, cette statue de l’église de Pont-Audemer (Eure) l’illustre.
C’est la figure du père attentif, du père nourricier de Jésus qui domine ici. Elle témoigne d’une popularisation du culte de Joseph. Dans les foyers, les pères se reconnaissent en lui et les enfants y trouvent peut-être un père de substitution. Cette valorisation affecte les autres épisodes de sa vie. Comparez la Nativité de Lyon (le vitrail plus haut) et cette Nativité d’une église du Calvados (Blangy-le-Château).
Dans ce groupe statuaire du XVIIIe siècle, Marie et Joseph se penchent sur le bébé. Ils sont également mis en valeur. Joseph n’est plus marginalisé. Enfin une parité homme-femme dans la Nativité ! Cependant, à bien y regarder, subsiste encore dans la représentation de Joseph une trace des moqueries anciennes. Alors que la mère adopte une attitude d’adoration, son époux semble incrédule. Il se demande encore comment est né cet enfant qu’il n’a pas conçu.
Mobilier : les 3 dispositions d’autel
Vous le savez : le meuble principal d’une église est l’autel, là où le prêtre pratique la communion lors de la messe. Mais avez-vous distingué ses 3 configurations ?– l’autel est isolé, dans une configuration dite à la romaine. Depuis le concile de Vatican II (1962-1965), elle est obligatoire dans les églises, mais, dès le XVIe siècle, cette disposition était possible.
– l’autel est adossé à un retable, lequel sert d’arrière-plan décoratif et majestueux par sa taille, ses boiseries, ses peintures et ses couleurs. C’est la configuration courante des anciens autels.
– l’autel est protégé par un baldaquin. Dans cette disposition beaucoup plus rare que les précédentes, des colonnes portent un dais qui couvre l’autel.
Exercez-vous à repérer ces trois configurations. Attention, comme les églises renferment souvent plusieurs autels, les 3 dispositions peuvent coexister.
Le piège du jour
Barbu, cheveux mi-longs, ce personnage statufié a tout l’air de représenter le Christ. Mais le fait qu’il tient une fleur nous invite à en douter. Et les quelques lettres le désignant sous ses pieds achèvent de nous convaincre : il s’agit de saint Joseph. Selon des récits apocryphes, alors qu’on cherchait des prétendants à la main de Marie, Dieu marqua son choix en faisant fleurir la baguette de Joseph. Je pense vous avoir aujourd’hui suffisamment sensibilisé à Joseph. Qu’il ne vous échappe pas dans votre prochaine visite d’église.
La société du XXIème siècle connaît un très grave problème avec ce fléau qu’est la délinquance juvénile, laquelle devient universelle… alors que les Droits et Devoirs de l’Homme, sont loin pour leur part, de posséder ce statut. La franc-maçonnerie ne détient évidemment pas la solution absolue, mais elle observe avec les autorités compétentes à la fois le comportement de cette jeunesse déviante et la responsabilité du monde adulte, qu’elle soit pro-consumériste ou médiatique.
La franc-maçonnerie pointe aussi les défaillances éducationnelles, familiales et sociétales, avant de désigner l’école. Faire de cette dernière le bouc émissaire, ne résout rien sinon décourager les enseignants qui en sont les premières et tragiques victimes.
Que propose au final l’institution maçonnique devant ces incivilités, synonymes de récentes violences inouïes jusqu’à provoquer la mort ? Ses valeurs contiennent-elles, mieux qu’un rempart, une direction, un chemin pour que s’y rejoignent les Hommes, dans le respect mutuel ?….
Je me permets de relater ici une « mésaventure » récente personnelle, qui a entraîné ensuite ma réflexion :
Sonnerie de mon portable, « le pont de la rivière Kwaï ». J’aime le ton joyeux de ces huit notes sifflées ! Au moment où je porte le téléphone à mon oreille, une main vive le saisit en me griffant la joue, mes lunettes giclent sur la chaussée et se brisent…Je me retourne et distingue une jeune silhouette qui s’enfuit…Un réflexe, je veux courir après le voleur mais un pied, par derrière, me fait un lâche croc-en-jambe… je tombe lourdement sur le trottoir, le bras tendu, la main encore ouverte, pendant que le complice détale à son tour.
Scène classique d’un vol à l’arraché, dans une rue de banlieue parisienne, un après-midi de printemps. Malgré mes tentatives, je ne peux pas me relever, mon coude s’affaisse. Menton au sol, je vois des chaussures, des bas de pantalons et des jambes féminines s’agglutiner autour de mon visage, pendant de longues minutes. Une douleur atroce envahit mon épaule droite. Dans l’ambulance des pompiers, avant de sombrer dans une semi-inconscience, j’entends les mots « déboîtement », « luxation », puis aux urgences de l’hôpital, un diagnostic plus savant : « rupture de la coiffe des rotateurs ». Et, après la piqûre de morphine, une question flotte en moi : Pourquoi cette violence ?!
Oui, pourquoi et pour quoi cette violence, quasi-gratuite ? Pour un vulgaire téléphone de quelques euros ?! Sur le moment puis les jours et mois suivants, la colère m’a entraîné dans une généralisation tenace : les jeunes, tous des voyous ! Quelque temps après cette stupide agression, le franc-maçon que je suis doute et s’interroge encore, avec une pensée devenue plus nuancée : non, la jeunesse n’est pas toute délinquante ! Heureusement pour notre avenir !
Je me revois, d’abord gamin au patronage, jouant « aux cow-boys et aux indiens » avec les copains qui, s’identifiant aux héros des « illustrés » – les « bandes dessinées » de l’époque – s’affalaient volontiers au sol. Tués « pour de faux », par notre bruitage buccal de revolvers en bois taillé ou les flèches à bout caoutchouté de nos arcs de panoplie. Avec pour seul dommage, après la bousculade, un genou couronné et au maximum une blouse déchirée. Et la perspective d’une juste gifle parentale. Tarif accepté pour un après-midi turbulent !
Je me revois, ensuite adolescent, à la sortie du collège avec « ma bande », chipant un instant ici la casquette d’un camarade devant les escaliers du métro, là le foulard d’une jeune fille, à l’arrêt du bus. Histoire de rire – bêtement – à leurs dépens ! C’était à qui se montrerait le plus créatif en bêtises, du bouton de sonnette d’immeuble enduit de glue au pneu vite dégonflé d’un vélo, sur notre passage ! Nous étions ravis, grands benêts farceurs, de décontenancer les passants ou irriter quelques concierges et facteurs, pour crâner ensuite, et nous « rendre intéressants » devant les autres !
Bien sûr, nous échangions aussi quelques coups de poing entre nous, au hasard d’un nom d’oiseau mal venu et mal reçu, histoire de nous éprouver et de changer de chef, comme dans tout groupe. Histoire aussi de nous fabriquer des souvenirs à raconter ! Mais jamais, en dehors de nos innocentes sarbacanes, ne jaillissait de nos poches quelque objet pouvant constituer une arme dangereuse !
Puis « l’ordre » revenait après le chahut -ordo ab chao ! – avec les sourires sur les visages, parce que nos jeux, je le pense, relevaient alors davantage de la taquinerie, du défi, que d’une véritable violence dommageable. Et nous rentrions finalement à la maison où nous attendaient devoirs et leçons. Avec le proverbe ou la maxime du jour en forme de morale – inscrit en rouge sur notre cahier de texte – à commenter pour le lendemain. Entre autres : « Ne fais pas aux autres, ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse ! » …
Qu’est-ce que l’homme ?
Aujourd’hui, les mots « devoir » et « leçon » évoquent moins à mon imaginaire d’adulte, l’écriture appliquée à l’encre violette sur une feuille quadrillée et la récitation par cœur des fables de la Fontaine sur l’estrade de la classe, que les obligations morales du citoyen ! Lorsque je repense au vol de mon portable, devoir et leçon, me renvoient …au mobile de « mes » deux chenapans : Ont-ils eu seulement conscience de leur acte ? Leur a-t-on jamais signifié qu’ils vivent au pays des Droits de l’Homme, et qu’à chaque droit correspond un devoir ?! Savent-ils en fait ce qui ne doit pas se faire et ont-ils appris qu’il faut respecter l’intégrité de son semblable ? Connaissent-ils même la différence entre malice et brutalité ? Et tout simplement, se sont-ils un jour posés la question : « Qui-suis-je ? »
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il n’est enseigné nulle part, ce qu’est l’Homme ! Oui, qu’est-ce que l’être humain ? Pour en avoir une idée – et sans accuser ici les vaillants instituteurs devenus « professeurs des écoles », moderne vocabulaire oblige – il faut « aller à la pêche » dans les nombreuses disciplines regroupées par les sciences humaines ou encore dans ces branches parfois qualifiées de « luxes esthétiques », littérature, poésie, philosophie, psychologie, psychanalyse, linguistique, etc. Alors qu’elles sont de précieuses « sources de connaissance », selon les mots du sociologue Edgar Morin. Et c’est bien à ces sources d’ailleurs, que notre franc-maçonnerie spéculative, ne manque pas de s’abreuver avec bonheur depuis sa naissance !
Une imperfection de la nature caractérise le primate dit « supérieur ». Elle le fait venir au monde, prématuré. S’il naissait vraiment à terme, ce serait une catastrophe, vu la taille de son crâne et l’étroitesse du bassin maternel, due à la station debout. Accouchement, signifierait mort du bébé et de la mère, et très vite la disparition de l’espèce humaine !
De la sorte, depuis l’origine, pour la survie même de l’homo sapiens sapiens, le petit d’homme, incapable de marcher, doit être assisté par sa mère et son entourage, pendant de nombreux mois. Alors que le singe dont nous sommes issus – c’est paradoxal !- se lève et court, quelques heures après sa naissance. Idem pour le poulain ou le veau !
L’avantage de ce développement sur plusieurs années serait toutefois l’acquisition du langage humain, né par imitation, de cette proximité forcée et des échanges prolongés mère-enfant. A notre qu’est-ce que l’Homme », c’est le philosophe romain Sénèque qui répond le premier : « l’homme est une chose sacrée pour l’homme ». Ce que confirme Cicéron, orateur latin lui aussi : « Un être humain, du seul fait qu’il l’est, ne doit pas être regardé comme un étranger, par un autre être humain ».
Nous pourrions dire ainsi qu’il s’agit pour l’homme de croire d’abord en l’Homme, avant même de croire au ciel ! Mais au vrai, cet Homme est-il la mesure de toute chose, comme l’affirmera plus tard de son côté le sophiste grec Protagoras ?
Avec la raison, l’intuition et l’imagination, ces trois sœurs qui se chamaillent en lui, l’homme n’est-il pas tout au contraire la démesure de toutes choses ?! Car enfin, qu’est-ce que l’Homme, sinon un être dont cette raison est sans cesse bousculée, mise à mal, défiée par les deux autres, ces espiègles poétesses, vitales mais non fiables, la pythonisse et « la folle du logis », ainsi nommées par les grecs antiques.
L’homme doué de raison, j’entends ici l’homme qui ne cherche pas à avoir raison, mais à raisonner, cet homme de raison donc, c’est celui qui sans passion excessive et grâce à une pensée cohérente, s’applique à distinguer le réel de la fiction, le bien du mal, le vrai du faux, le juste et l’injuste, le bon du mauvais, le respect de l’insolence, la violence de la douceur…C’est celui, également, qui observe des normes claires, qui fait preuve de logique et de bon sens. Mais, mais…cet homme raisonnable doit compter aussi avec son affectivité qui le rend, tantôt euphorique, tantôt angoissé, autant dire dominé par ses émotions, incertain, jaloux, violent – c’est mon propos même, nous vivons cette violence au quotidien – et dont l’intuition peut lui donner une préscience des choses comme le soumettre à l’erreur totale.
Quant à son imagination, elle fait de lui un être subjectif, prompt à la pensée magique, au merveilleux, aux signes, aux coïncidences, qui refuse sa mort (mais prêt à la donner à d’autres, quand il perd son contrôle !) se berce d’illusion, croit plus au destin qu’à son libre-arbitre, et par là-même peut se penser agi par le sort, sinon les forces de l’esprit.
Ainsi est l’homme, un être à la fois multiple et incomplet, commun et paradoxal, davantage disposé par nature, au plaisir qu’à l’ascèse, à la croyance qu’à la preuve, au désordre qu’à la sagesse. Ainsi nous sommes, jeunes et moins jeunes ! Ainsi je suis : c’est bien pourquoi, qui sait dans un éclair de lucidité, j’ai un jour frappé à la porte du temple maçonnique, pour tenter de m’y améliorer. C’est-à-dire, d’équilibrer chacune de mes trois habitantes, chahutées et chahuteuses. Pour mieux échanger à l’extérieur du Temple. Et pour transmettre à nos successeurs les outils du mieux-être. Et du mieux vivre ensemble !…
Le temps des idoles
…Un éclair métallique zigzague devant son visage : c’est tout ce que le professeur a le temps d’apercevoir avant qu’un bras lui enserre le cou par derrière et qu’il devine, à sa froideur, la lame d’un couteau appuyée contre sa gorge. Immobilisé, la tête relevée, il reconnaît la voix de son agresseur, l’un des étudiants les plus indociles de l’établissement. Il comprend soudain que sa vie est en jeu dans un couloir de lycée, ce matin clair de printemps, qu’il peut mourir au moindre geste défensif si cette main tremblante s’enfonce encore davantage dans sa chair, si la lame glisse à l’horizontale….
…Commence un long suspense, avec un admirable sang-froid et l’intelligence de l’enseignant qui promet un dialogue, pour régler le conflit, « à la régulière », face à face. Et il faudra encore des minutes interminables, pour que l’étreinte se desserre, que l’assaillant lâche son couteau, que l’agressé sente la vie revenir en lui, au grand soulagement du cercle d’élèves, figés autour des deux hommes…
Une scène de violence, malheureusement devenue banale, dans une école de l’Hexagone (que m’a rapportée un enseignant). L’un des acteurs possède le savoir et souhaite le transmettre mais l’autre pourtant en manque, manifestement, le refuse ! Le premier veut offrir « de la civilisation », le second lui répond par de l’incivilité ! Pourquoi celui-ci qui propose du « faire être » exaspère celui-là, en lui donnant l’impression de se « faire avoir » ?!
Sans extrapoler, il est clair qu’une grande partie de la jeunesse refuse par méfiance l’exemplarité et les modèles éducatifs – au parfum de leçon de morale – jugés d’un autre temps et de surcroît perçus comme culpabilisants. Aujourd’hui les idoles sont – davantage que les savants, philosophes et enseignants – les virtuoses du ballon rond, les chanteurs engagés, les humoristes insolents, les animateurs-stars de radio et de télévision, et… « les faiseurs de fric » du monde des affaires ! Parce qu’aux yeux de beaucoup de jeunes gens, les billets de banque acquis rapidement semblent bien mieux ouvrir les portes de la « vie facile » voire de la gloire, que les parchemins universitaires !
De la sorte, comment inculquer le goût de l’effort, comment vanter l’endurance et la durée nécessaires – pour construire « l’homme intérieur » de chacun – à une génération qui veut tout, tout de suite, sous forme des derniers produits, objets et prothèses nomades ?! A sa décharge, les fulgurants progrès de la technologie qui effacent le temps comme l’espace et font de la planète un village – grâce à l’ordinateur, la webcam et autre smartphone – ne peuvent que valoriser sinon glorifier, l’empire et l’emprise de l’instant !
Le junior vit intensément « ici et maintenant », c’est-à-dire un présent permanent, qui tend à ignorer hier et demain. A moins que, sait-on jamais, au moment venu des « liseuses électroniques » et récentes « tablettes informatiques », véritables bibliothèques ambulantes, la curiosité l’emporte et réussisse à lui donner ou redonner une envie de lecture. C’est-à-dire de culture, synonyme d’enrichissement par la connaissance du passé, le fonctionnement du présent et la préparation du futur !
Les psychosociologues savent très bien l’importance de l’illettrisme dans notre pays (six millions de français ne savent pas lire !). Et les professeurs des écoles se retrouvent devant nombre d’élèves (un sur cinq !) gavés d’images télévisuelles, qui, malgré les diverses pédagogies déployées, éprouvent les plus grandes difficultés d’apprentissage de la lecture.
Les éducateurs en milieu carcéral ou de « rééducation », n’ignorent pas pour leur part, que beaucoup de jeunes délinquants possèdent moins de 100 mots de vocabulaire. Lorsqu’ils atteignent un niveau d’appropriation de 200 mots, ils deviennent moins agressifs. Et avec 400 mots stockés et exprimables, ils n’ont plus d’accès de violence, s’intéressent davantage aux composantes du jeu social et veulent s’y intégrer positivement !
Les textes des grands écrivains sont à leur portée, et avec une « pensée élargie », il n’est pas rare qu’à partir de l’écrit mieux maîtrisé, les déviants reprennent la bonne route et en découvrent de nouvelles. Celles de la poésie, de la peinture, de la musique, etc ! Souhaitons ne pas être dans un rêve ici, mais dans une possibilité, une réalité, un fait !
Ainsi l’individu motivé et soutenu peut faire face à ses problèmes, apprendre à affronter sa vie et lui donner du sens, au-delà même de l’inter-langage quotidien, grâce aux lumières de la littérature et de l’art. Par exemple, à travers les pensées mises en mots de Montaigne ou Victor Hugo, les sons à messages de Mozart ou Beethoven et les images en couleurs signifiantes de Michel Ange et Rembrandt !
Ainsi l’enfant, l’adolescent, le jeune homme puis l’homme jeune, exposés à des « œuvres parlantes et éclairantes », sont à même d’y trouver des semences psychiques et de grandir aussi dans leur tête. Et de dissoudre, par l’indispensable culture générale – matérielle et fictionnelle – la violence qu’ils portent éventuellement en eux.
Le petit d’homme, comme son géniteur, est nous le savons, à la fois paradoxal et contradictoire, répétitif et mimétique. S’il refuse en se développant le modèle parental et éducatif, il lui reste l’alternative d’imiter en mal ou en bien son semblable juvénile (la violence comme le calme sont contagieux !) ou de s’auto-construire par sa volonté même et son sens de l’observation.
La crise d’adolescence
Autre circonstance authentique dont j’ai été récemment le témoin : …Maria vient du sud méditerranéen, poussée vers le nord comme beaucoup de ses compatriotes par les mauvaises conditions économiques de son pays d’enfance. Sans autre bagage que des études très primaires, une personnalité bien affirmée, un courage assorti d’idées bien arrêtées et la fraîcheur de ses vingt printemps, elle a eu la chance de trouver un emploi de femme de ménage dans l’hôtel d’une grande chaîne.
Pendant trois ans, elle a fait les lits et passé l’aspirateur, nettoyé les lavabos et les carreaux, repassé chemises et pantalons des résidents .Puis, la qualité de son travail rapide reconnue, ses suggestions souvent retenues, Maria est devenue serveuse au restaurant interne, et enfin réceptionniste. Elle a appris derrière le comptoir et au téléphone, la patience, le dialogue, la gentillesse, l’art de la négociation, mais aussi l’injustice passagère de clients trop exigeants… et « la soumission commerciale », que son caractère rebelle de femme du soleil a peiné à accepter, il faut bien le dire ! Mais tout en souriant parfois les dents serrées,
Maria a compris progressivement qu’elle devait s’assouplir, ne pas se crisper devant sa hiérarchie, accepter les idées de ses collègues, leur résistance parfois, et a su canaliser son propre bouillonnement…dans la piscine de l’hôtel en l’occurrence ! Après trois ans encore, preuve de son efficacité, elle s’est vue confier la prospection et la gestion des séminaires d’entreprises.
Accueillir des adultes de tous horizons venus s’instruire et se former pendant de longues journées lui a donné envie de se perfectionner elle-même : cours de comptabilité, droit, informatique, management, psychologie, l’ont conduite à des stages institutionnels et dans d’autres hôtels étoilés. Elle est aujourd’hui mariée à un collaborateur du groupe et, dix ans après son arrivée en France, directrice épanouie d’un complexe hôtelier renommé dans un aéroport parisien.
Un exemple d’intégration et de réussite sociale qui nous montre que chacun, s’il en a le profond désir, a le droit de réussir mais le devoir d’assumer ses responsabilités avec maîtrise de soi, à chaque étape de sa progression.
Ce que nous appelons « crise d’adolescence », cette opposition du jeune à l’adulte, ce refus d’être d’accord en fait, nous ne le perpétuons pas, plus ou moins, toute notre vie ?! Francs-maçons, franc-maçonnes, nous ressentons bien pour la vivre en loge notre attirance pour les autres et en même temps notre désir d’y garder notre autonomie ! Le principe de plaisir nous guide vers l’indépendance mais le principe de réalité nous impose la dépendance.
Parce que nous sommes conscients que ce qui développe notre humanité c’est le fait même d’être entre nous. Ainsi l’aphorisme tant répété : « la liberté des uns finit là où commence celle des autres » est à la fois absurde en ce que la liberté n’est pas le résultat d’une compétition qui verrait certains bénéficier d’une plus « large » liberté que d’autres. Et il est réaliste, au sens où, animés par un permanent désir de conquête, nous sommes des « êtres de violence », prompts à investir le territoire de l’autre, qu’il soit intellectuel ou physique. !
Mais nous sommes aussi des animaux sociaux, donc soumis à l’entente, à la concorde, à la coopération (nos devoirs) avec des marges de retrait provisoires (nos droits). Et donc soumis à une constante recherche d’équilibre entre la convivialité désirée et la solitude choisie. Cet équilibre est forcément générateur de discordes et de conflits (d’où les guerres !) mais il est clair que si vivions en harmonie totale sur notre planète…nous ne ferions aucun progrès « civilisationnel» et péririons d’ennui !
De la sorte, on ne peut éradiquer complètement le mal dont la nature nous a dotés (en l’espèce la violence précitée) au risque d’éliminer le bien avec lui ! L’insociabilité opposée par une catégorie de jeunes – même si elle n’est pas excusable – contient en soi un message : elle met au jour nos « mauvaises manières », de la cupidité au dépit, de l’instinct de pouvoir à la xénophobie.
Mais paradoxalement, ces « défauts » peuvent aussi devenir des tremplins, des « sésames » car ils nous contraignent à nous ouvrir, à nous dépasser, à grandir. En discernement, en raison, en moralité, en bonté, en douceur, en amour ! Autant de fleurs à cultiver en loge, dont la fraternité constitue le lien ! Autant de vertus à dispenser dans la cité par nos soins !
Nos devoirs sont donc les droits de notre jeunesse, à recevoir ce qu’il y a de plus généreux en nous. A savoir, à la fois le don des racines, comme ancrage de protection, et des ailes, pour son envol vers la liberté d’être et de faire.
Alors ce jeune homme, cette jeune fille sauront, en retour, nous donner le meilleur d’eux-mêmes !
En 1849, le corps d’un noyé a été retrouvé dans la baie de San Francisco – ce qu’ils ont découvert était étonnant. En recherchant un autre article, je suis tombé sur cet article fascinant d’un périodique néo-zélandais de février 1871*. L’article semblait avoir été reproduit à partir de « Philadelphia Age », qui, je suppose, était un autre journal ou magazine de l’époque.
Le Bruce Herald a rapporté l’histoire mystérieuse d’un « franc-maçon tatoué » – il racontait qu’en 1849, le corps d’un noyé avait été retrouvé dans la baie de San Francisco et qu’après examen du corps, non seulement il y avait un jeton maçonnique en argent, mais son corps était orné de tatouages maçonniques !
Il a ensuite eu droit à ce qui serait les premiers funérailles maçonniques dans l’État de Californie.
J’ai transcrit l’article du mieux que je peux (voir image originale) et je vais maintenant essayer de retrouver l’article original et/ou toute information complémentaire concernant l’événement.
Si quelqu’un en sait plus, n’hésitez pas à nous contacter – editor@thesquaremagazine.com – ce serait touchant de pouvoir identifier le tragique Mason.
IMAGE : TIRÉ DU BRUCE HERALD, VOLUME VI, NUMÉRO 356, 22 FÉVRIER 1871, PAGE 3 [*SOURCE : BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE NOUVELLE-ZÉLANDE]
UN FRANC-MAÇON TATOUÉ
(De «l’ère de Philadelphie».)
Les premières funérailles maçonniques jamais organisées en Californie ont eu lieu en 1849 et ont été célébrées en l’honneur d’un frère retrouvé noyé dans la baie de San Francisco.
Un récit des cérémonies rapporte que sur le corps du défunt fut trouvée une marque en argent d’un maçon, sur laquelle étaient gravées les initiales de son nom.
Une enquête un peu plus approfondie révéla au spectateur l’exposition la plus singulière d’emblèmes maçonniques jamais dessinée par l’ingéniosité de l’homme sur la peau humaine.
Il n’y a rien d’égal dans l’histoire ou les traditions de la franc-maçonnerie.
Magnifiquement…… sur son bras gauche, à l’encre rouge et bleue que le temps ne pouvait effacer, apparaissaient tous les emblèmes de tout l’apprentissage.
Il y avait la Sainte Bible, l’équerre et le compas, la jauge de vingt-quatre pouces et le marteau commun.
Il y avait aussi le pavement maçonnique, représentant le rez-de-chaussée du temple du roi Salomon, le tessel identique qui l’entoure, et l’étoile flamboyante au centre.
Sur son bras droit, et artistiquement exécutés dans le même liquide indélébile, se trouvaient les emblèmes relatifs au diplôme du camarade, à savoir l’équerre, le niveau et l’aplomb.
Il y avait aussi les cinq colonnes représentant les cinq ordres d’architecture : toscane, dorique, lonique, corinthienne et composite.
En retirant ses vêtements de son corps, la truelle se présenta, avec tous les autres outils de maçonnerie opératoire.
Au-dessus de son cœur se trouvait le pot d’encens.
Sur les autres parties de son corps se trouvaient la ruche, le livre des constitutions gardé par l’épée de Tyler pointée vers le cœur nu ; l’œil qui voit tout, l’ancre et l’arche, le sablier, la faux, le quarante-septième problème d’Euclide, le soleil, la lune, les étoiles et les comètes ; les trois étapes emblématiques de la jeunesse, de la virilité et de l’âge.
La vierge en pleurs était admirablement exécutée, appuyée sur une colonne brisée sur laquelle reposait le livre des constitutions.
Dans sa main gauche, elle tenait le pot d’encens, emblème maçonnique du cœur pur, et dans sa main levée un brin d’acacia, emblème de l’immortalité de l’âme.
Immédiatement au-dessous d’elle se tenait le Temps ailé, avec à ses côtés sa faux qui coupe le fil fragile de la vie, et le sablier à ses pieds qui nous rappelle sans cesse que nos vies se flétrissent.
Les doigts flétris et atténués du Destructeur étaient placés au milieu des boucles longues et fluides de la personne en deuil inconsolable.
Ainsi, les emblèmes frappants de la mortalité et de l’immortalité étaient mélangés dans une seule représentation picturale, c’était un spectacle tel qu’un maçon n’avait jamais vu auparavant, et selon toute probabilité tel que la fraternité ne sera plus jamais témoin.
Le nom du frère est inconnu.
FAIT INTÉRESSANT : Le Bruce Herald a été publié à Milton de 1864 à 1971.
C’était l’un des journaux nationaux les plus anciens de Nouvelle-Zélande, cessant de paraître le 7 octobre 1971.
Source : Bibliothèque nationale de Nouvelle-Zélande
Philippa Lee (écrit sous le nom de Philippa Faulks) est l’auteur de huit livres, éditrice et chercheuse.
Philippa a été initiée à la Fraternité Honorable des Anciens Francs-Maçons (HFAF) en 2014.
Sa spécialisation est l’Égypte ancienne, la franc-maçonnerie, les religions comparées et l’histoire sociale. Elle a plusieurs livres en cours sur le thème de l’Égypte ancienne et moderne. Sélection de livres en ligne sur Amazon
« Le corps de notre Grand Maître a été enterré trois fois : d’abord, dans les décombres du Temple ; deuxièmement, sur le sommet d’une colline à l’ouest du mont Moriah ; et, troisièmement et enfin, aussi près du « Sanctum Sanctorum, ou Saint des Saints », du Temple du roi Salomon, comme le permettrait la loi juive ; et la tradition maçonnique nous apprend qu’il fut érigé à sa mémoire un monument maçonnique, composé « d’une belle vierge pleurant sur une colonne brisée ; devant elle était un livre ouvert ; dans sa main droite un brin d’acacia, dans sa gauche une urne ; derrière elle se tient le Temps, dépliant et comptant les boucles de ses cheveux.
La belle vierge pleurant sur la colonne brisée dénote l’état inachevé du Temple, ainsi que la mort prématurée de notre Grand Maître, Hiram Abiff ; le livre ouvert devant elle, que ses vertus sont perpétuellement enregistrées ; le brin d’acacia dans sa main droite, la divinité du corps ; l’urne à sa gauche, que ses cendres y étaient déposées en toute sécurité, sous le « Sanctum Sanctorum, ou Saint des Saints », du Temple du roi Salomon.
Le temps, déployant les boucles de ses cheveux, indiquait que le temps, la patience et la persévérance accomplissent toutes choses.
– Le Rituel de Duncan [1866]
La colonne brisée
GRAVURE D’AMOS DOOLITTLE. « LA VÉRITABLE CHARTE MAÇONNIQUE » DE JEREMY CROSS, 1819
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)
Extrait de : Short Talk Bulletin – Vol. 34, février 1956, n° 2 – Auteur inconnu
L’histoire de la colonne brisée a été illustrée pour la première fois par Amos Doolittle dans le « True Masonic Chart » de Jeremy Cross, publié en 1819.
De nombreux symboles de la franc-maçonnerie sont d’une extrême antiquité et méritent le respect que nous accordons à ce qui a eu suffisamment de vitalité pour vivre longtemps dans l’esprit des hommes. Par exemple, le carré, le point dans un cercle, le tablier, la circumambulation, l’autel ont été utilisés non seulement dans la franc-maçonnerie mais dans d’innombrables systèmes d’éthique, de philosophie et de religions.
D’autres symboles du système maçonnique sont plus récents. Peut-être n’en sont-ils pas moins importants pour cela, même sans le caractère sacré de l’âge qui entoure bien d’autres.
Parmi les symboles les plus récents, il y a celui généralement appelé colonne brisée. Un monument en marbre est respectablement ancien – la colonne brisée semble un ajout plus récent.
Il ne fait aucun doute que la première colonne brisée illustrée est apparue dans le « True Masonic Chart » de Jeremy Cross, publié en 1819, et que l’illustration était l’œuvre d’Amos Doolittle, un graveur du Connecticut.
Amos Doolittle fut l’un des premiers graveurs américains sur cuivre. Il a passé sa vie à New Haven, dans le Connecticut, et dans ses environs.
Initialement apprenti chez un bijoutier et orfèvre, il apprend lui-même la gravure et devient un producteur prolifique de gravures historiques et satiriques, d’ex-libris, de portraits et d’illustrations bibliques. Son premier projet majeur fut une célèbre série de quatre gravures d’après Ralph Earle, représentant les batailles de Lexington et de Concord.
Ce sont parmi les toutes premières gravures historiques réalisées en Amérique, précédées seulement de deux autres.
Doolittle avait lui-même été présent à ces événements en tant que milicien du Connecticut, et les gravures sont remarquables par le manque de romantisme trouvé dans les gravures ultérieures sur le sujet.
Il exprima cependant librement son patriotisme dans ses satires, déclarant que de telles estampes ;
« aura tendance à inspirer confiance à nos compatriotes et à éradiquer toute terreur qu’ils ressentent à l’égard de l’ennemi qu’ils ont à combattre. »
Doolittle a formé au moins un de ses fils au métier de graveur, ainsi que James Wilson (1763-1855), qui est devenu le premier fabricant de globes en Amérique.
Les papiers de Doolittle et de sa famille se trouvent dans les archives de l’Université de Yale, qui possède également un certain nombre de ses gravures.
AMOS DOOLITTLE (1754-1832) – GRAVURE DE SAMUEL PERKINS GILMORE, 1868-1948 – BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE DU KENTUCKY, TIRAGES DE SAMUEL PERKINS GILMORE, 1718-1935,
IMAGE LIÉE : WIKIMEDIA ATTRIBUTION 4.0 INTERNATIONAL (CC BY 4.0)
Que Jeremy Cross ait « inventé » ou « conçu » l’emblème est sujet à controverse. Mais il y a matière à débat légitime sur de nombreuses inventions.
Qui a inventé l’imprimerie à caractères mobiles ? Nous attribuons le mérite à Gutenberg, mais il y a d’autres prétendants, parmi lesquels les Chinois, à une date antérieure.
Qui a inventé l’avion ? Les Wright ont d’abord piloté un « oiseau mécanique », mais un millier d’inventeurs ont ajouté, modifié, changé leur conception originale, jusqu’à ce que le principe même qui a permis aux Wright de voler, « l’aile déformante », soit maintenant abandonné et jamais utilisé.
Par conséquent, si les autorités discutent et se disputent au sujet du monument en marbre et de la colonne brisée, ce n’est pas pour s’y opposer ou s’attribuer le mérite de Jeremy Cross ; l’idée est que presque toute invention ou découverte est améliorée, modifiée, complétée et perfectionnée par de nombreux hommes.
On attribue à Edison la première lampe à incandescence, mais il existe une petite parenté entre son filament de carbone et une ampoule moderne à filament de tungstène.
Roentgen fut le premier à faire connaître les « rayons X » au public : le découvreur ne saurait pas ce qu’est l’appareil à rayons X d’un médecin moderne s’il le voyait !
Dans la bibliothèque de la Grande Loge de l’Iowa à Cedar Rapids, se trouve un livre publié en 1784 :« Une brève histoire de la franc-maçonnerie » par Thomas Johnson, à l’époque carreleur de la Grande Loge d’Angleterre (les « Modernes »).
Dans ce livre, l’auteur déclare qu’il a « pris la liberté de présenter un projet de monument en l’honneur d’un grand artiste ».
Il admet ensuite qu’il n’existe aucun récit historique d’un tel mémorial mais cite de nombreux précédents de « somptueuses piles » qui perpétuent les souvenirs et préservent les mérites des morts historiques, même si ceux-ci peuvent avoir été enterrés dans des terres éloignées du monument ou « peut-être » au fond de la mer.
Dans cette description un peu fantaisiste et poétique de ce monument, l’auteur mentionne une urne, une branche de laurier, un soleil, une lune, une Bible, une équerre et un compas, la lettre G. Le livre a été publié pour la première fois en 1782, ce qui semble être la preuve qu’il existe. C’était au moins à cette époque l’idée d’un monument érigé au Maître Bâtisseur.
Il existe peu de documents historiques sur lesquels s’appuyer pour tirer des conclusions précises. Les hommes écrivent ce qui s’est passé longtemps après les événements.
Même fidèles à leurs souvenirs, ceux-ci peuvent être, et sont souvent, inexacts. C’est en gardant cette pensée à l’esprit qu’il faut considérer une curieuse déclaration dans le journal maçonnique, publiée à New York il y a soixante-quinze ans.
Dans le numéro du 10 mai 1879, un certain Robert B. Folger prétend donner le récit de Cross sur son invention, ou sa découverte, une inclusion de la colonne brisée dans l’emblème du monument en marbre.
Le récit est long, décousu et parfois pas très clair. En résumé, les parties saillantes sont les suivantes.
Cross a découvert ou senti ce qu’il considérait comme une lacune dans le Troisième Degré qui devait être comblée afin d’atteindre ses objectifs. Il consulta un ancien maire de New Haven, qui était à l’époque l’un de ses amis les plus intimes.
Même après avoir travaillé ensemble pendant une semaine, ils n’ont trouvé aucun symbole suffisamment simple et pourtant répondant à l’objectif.
On fit alors appel à un graveur sur cuivre, également un frère. Le nombre de hiéroglyphes accumulés cette fois était immense.
Certains étaient trop volumineux, d’autres trop petits, d’autres trop compliqués, nécessitaient trop d’explications et beaucoup n’étaient pas adaptés au sujet.
Enfin, le graveur sur cuivre dit : « Frère Cross, quand les grands hommes meurent, ils ont généralement un monument. » « C’est exact! » s’écria Cross ; « Je n’ai jamais pensé à ça! » Il a visité le cimetière de New Haven.
Finalement, il eut une idée et dit à ses amis qu’il avait les bases de ce qu’il voulait. Il a déclaré que lors de son séjour à New York, il avait vu un monument dans le coin sud-ouest de la cour de l’église Trinity, érigé en l’honneur du commodore Lawrence, un grand homme tombé au combat.
C’était un grand pilier de marbre brisé. La partie cassée avait été emportée, mais le chapiteau gisait à la base.
Il voulait ce pilier pour la fondation de son nouvel emblème, mais il avait l’intention d’introduire l’autre partie, en la laissant appuyée contre la base.
Ses amis y consentirent, mais il en fallait davantage. Ils estimaient qu’une inscription devait figurer sur la colonne.
Après une longue discussion, ils décidèrent de placer un livre ouvert sur le pilier brisé. Il devrait bien sûr y avoir un lecteur du livre ! D’où l’emblème de l’innocence – une belle vierge – qui doit pleurer sur la mémoire du défunt en lisant ses actes héroïques dans le livre devant elle.
Le monument érigé à la mémoire du commodore Lawrence a été placé dans le coin sud-ouest du cimetière de Trinity en 1813, après le combat entre les frégates Chesapeake et Shannon, au cours duquel Lawrence est tombé.
Comme décrit, il s’agissait d’un beau pilier de marbre, brisé, avec une partie du chapiteau posée à sa base.
Elle resta jusqu’en 1844-1845, date à laquelle l’église de la Trinité fut reconstruite. Une fois terminé, la corporation de l’Église a emporté le vieux monument délabré de Lawrence et en a érigé un nouveau sous une forme différente, en le plaçant devant la cour de Broadway, à l’entrée inférieure de l’église.
Lorsque Cross a visité le nouveau monument, il a exprimé sa grande déception face au changement, affirmant qu’« il n’était pas aussi bon que celui qu’ils ont emporté ! »
Ces affirmations de Cross – peut-être faites pour Cross – selon lesquelles il est à l’origine de l’emblème sont contestées.
Oliver parle d’un monument mais ne parvient pas à lui attribuer une origine américaine. Dans le rituel Barney de 1817, autrefois en possession de Samuel Wilson du Vermont, il y a la colonne de marbre, la belle vierge qui pleure, le livre ouvert, le brin d’acacia, l’urne et le Temps debout derrière.
Ce qui manque ici, c’est la colonne brisée. Il semble donc que l’emblème actuel, à l’exception de la colonne brisée, était utilisé avant la publication de l’ouvrage de Cross (1819).
L’emblème, sous une forme quelque peu différente, se retrouve fréquemment dans le symbolisme ancien. Mackey déclare que chez les Juifs, une colonne était souvent utilisée pour symboliser les princes, les dirigeants ou les nobles.
Une colonne brisée indiquait qu’un pilier de l’État était tombé. Dans la mythologie égyptienne, Isis est parfois représentée pleurant sur la colonne brisée qui cache le corps de son mari Osiris, tandis que derrière elle se tient Horus ou le Temps versant de l’ambroisie sur ses cheveux.
Dans l’« Encyclopédie de la religion et de l’éthique » de Hasting, on dit parfois qu’Isis est représentée debout ; dans sa main droite se trouve un sistre, dans sa main gauche une petite aiguière et sur son front se trouve un lotus, emblème de la résurrection.
Dans les Mystères dionysaïques, Denys est représenté comme tué ; Rhéa part à la recherche du corps.
Elle le trouve et le fait enterrer. Elle est parfois représentée debout près d’une colonne tenant à la main un brin de blé, emblème de l’immortalité ; car, même s’il est mis en terre et meurt, il renaît dans une nouveauté de vie.
Elle était l’épouse de Kronus ou du Temps, qui peut à juste titre être représenté comme se tenant derrière elle.
Brin d’Acacia
Le sablier et la faux
Celui qui a inventé l’emblème ou le symbole du monument de marbre, de la colonne brisée, de la belle vierge, du livre, de l’urne, de l’acacia, du Père Temps comptant les boucles de cheveux, n’aurait pas pu réfléchir à toutes les implications de cette tentative – sans doute faite en tout respect – pour ajouter à la dignité et au caractère impressionnant de l’histoire du Maître Bâtisseur.
L’urne dans laquelle « les cendres ont été déposées en toute sécurité » est une pure invention. La crémation n’était pas pratiquée par les Douze Tribus ; ce n’était pas la méthode utilisée pour se débarrasser des morts dans le pays et au moment de la construction du Temple, mais plutôt l’incinération du cadavre était réservée comme un sort terrible pour les cadavres des criminels et des malfaiteurs.
Qu’un homme aussi important que « le fils de la veuve, de la tribu de Nephtali » ait été incinéré est impensable.
La Bible reste muette sur le sujet ; elle ne mentionne pas la mort d’Hiram le Bâtisseur, encore moins la disposition du corps, mais le ton tout entier de l’Ancien Testament dans la description des funérailles et des deuils, rend impossible de croire que son corps a été brûlé, ou que ses cendres auraient pu être enterrées ou conservées.
Les Israélites n’embaumentaient pas leurs morts ; l’inhumation était accomplie le jour du décès ou, en cas d’attente la plus longue, le lendemain.
Selon la légende, le maître bâtisseur a été exhumé de la première tombe ou tombe temporaire et réinhumé avec honneur.
C’est en effet un événement supposé ; que son corps ait été ressuscité uniquement pour être incinéré est totalement en contradiction avec tout ce que l’on sait sur les décès, les cérémonies funéraires, l’élimination des morts des Israélites.
Dans le rituel qui décrit le monument à colonne brisée, devant la figure de la vierge se trouve « un livre ouvert devant elle ».
Là encore, invention et savoir ne font pas bon ménage. Il n’y avait pas de livres à l’époque de la construction du Temple, au sens où l’entendent les modernes.
Il y avait des rouleaux de peaux, mais un livre relié de feuilles faites de n’importe quelle substance – vélin, papyrus, peaux – était un objet inconnu.
Par conséquent, il ne pouvait y avoir aucun volume dans lequel les vertus du Maître Bâtisseur étaient enregistrées.
Aucune raison logique n’a été avancée pour expliquer pourquoi la femme qui pleurait et lisait dans le livre était une « belle vierge ».
Aucun récit scripturaire ne parle du Maître Bâtisseur ayant une femme, une fille ou une parente de sexe féminin, à l’exception de sa mère.
Les Israélites révéraient la féminité et appréciaient la virginité, mais ils étaient tout aussi respectueux envers la mère et l’enfant.
En effet, la procréation, l’augmentation de la tribu, le désir d’avoir des fils étaient forts dans les Douze Tribus ; pourquoi, alors, l’accent mis sur la virginité de la femme dans le monument ?
« Le temps debout derrière elle, dépliant et comptant les boucles de ses cheveux » est dramatique, mais aussi hors de propos pour l’époque.
« Père Temps » avec sa faux est probablement un descendant du Grec Chromos, qui portait une faucille ou un crochet à fauche, mais les Israélites n’avaient aucun contact avec la Grèce.
Il était peut-être naturel pour celui qui a inventé l’emblème du monument en marbre de conclure que le Temps était une figure symbolique à la fois mondiale et immémoriale, mais il ne pouvait pas en être ainsi à l’époque où le Temple de Salomon a été construit.
Il n’est évidemment pas venu à l’esprit des créateurs de cet emblème que cela était historiquement impossible.
Pourtant, les Israélites n’érigèrent pas de monuments à leurs morts. Au singulier, le mot « monument » n’apparaît pas dans la Bible ; comme « monuments », il est mentionné une fois, dans Isaïe 65 – « Un peuple… qui demeure parmi les tombeaux et loge dans les monuments ».
Dans la version révisée, cela est traduit par « qui sont assis dans des tombeaux et passent la nuit dans des lieux secrets ».
L’accent est apparemment mis sur une certaine forme de culte des morts (nécromancie). Le Standard Bible Dictionary dit que le mot « monument », dans le sens général de simple mémorial, n’apparaît pas dans l’usage biblique.
Oliver Day Street dans « Symbolisme des Trois Degrés » dit que l’urne était un ancien signe de deuil, porté lors des cortèges funéraires pour recueillir les larmes de ceux qui étaient en deuil.
Mais le mot « urne » n’apparaît ni dans l’Ancien Testament ni dans le Nouveau. La franc-maçonnerie est ancienne. Cela nous est parvenu comme une évolution lente et graduelle des pensées, des idées, des croyances, des enseignements et de l’idéalisme de nombreux hommes au fil de nombreuses années.
Il raconte une histoire simple, une histoire profonde dans son sens, qui doit donc être simple, car toutes les grandes vérités en dernière analyse sont simples.
Le monument en marbre et la colonne brisée comportent de nombreuses parties. Beaucoup d’entre eux ont l’arôme de l’âge.
Leur tissage en un seul symbole peut être – et est probablement – un modernisme, si ce terme peut couvrir une période de près de deux cents ans, mais l’importance d’une grande vie, de son savoir-faire et de son savoir ; sa mort prématurée et pitoyable n’est pas un modernisme.
Rien de ce qui est exposé ici n’a pour but de déprécier d’une manière ou d’une autre l’un des enseignements de la franc-maçonnerie au moyen de rituels et d’images.
Ces quelques pages ne sont qu’une manière parmi tant d’autres de tenter d’éclairer la vérité derrière un symbole, et de montrer que, quelles que soient les dates de certaines parties de l’emblème, l’ensemble a une place dans l’histoire maçonnique qui a au moins du romanesque, si pas trop de faits derrière tout ça.
UNE BRÈVE BIOGRAPHIE DU FRÈRE JEREMY L. CROSS
Frère Cross était un professeur du rituel maçonnique qui, de son vivant, était très connu et pendant un certain temps très populaire. Il est né le 27 juin 1783 à Haverhill, New Hampshire, et est décédé au même endroit en 1861.
Cross fut admis dans l’Ordre maçonnique en 1808 et devint peu après un élève de Thomas Smith Webb, dont les modifications des cours de Preston et des diplômes avancés furent généralement acceptées par les francs-maçons des États-Unis. Cross, ayant acquis une connaissance approfondie du système de Webb, commença à voyager et à le diffuser dans tout le pays.
En 1819, il publia « The True Masonic Chart or Hieroglyphic Monitor », dans lequel il empruntait généreusement aux travaux antérieurs de Webb. En fait, la Carte de Croix est, dans presque toutes ses parties, une simple transcription du Moniteur de Webb, dont la première édition a été publiée en 1797.
Webb, il est vrai, a pris la même liberté avec Preston, dont il a largement emprunté les « Illustrations de la maçonnerie ». La gravure des emblèmes constituait cependant un élément entièrement nouveau et original dans la carte hiéroglyphique, et, en tant qu’aide à la mémoire, rendit immédiatement le livre de Croix très populaire ; à tel point, en effet, que pendant longtemps il a presque complètement supplanté celui de Webb.
En 1820, Cross publia « The Templars Chart », qui, en tant que moniteur des degrés de chevalerie, rencontra le même succès. Ces deux ouvrages ont connu de nombreuses éditions. Cross a reçu la nomination de Grand Conférencier de nombreuses Grandes Loges et a voyagé pendant de nombreuses années à travers les États-Unis, enseignant son système de conférences aux Loges, Chapitres, Conseils et Campements.
Il possédait peu ou pas de connaissances scientifiques, et ses contributions à la littérature de la franc-maçonnerie se limitent aux deux compilations déjà citées. Au cours de ses dernières années, il s’impliqua dans un effort visant à établir un Conseil Suprême du Rite Ancien et Accepté.
Mais il retira bientôt son nom et se retira dans son lieu de naissance, où il mourut à l’âge avancé de soixante-dix-huit ans. Bien que Cross ne fût pas un homme d’un génie très original, un écrivain plus récent a annoncé le fait que le symbole du Troisième Degré, la colonne brisée, inconnu du système de Preston ou de Webb, avait été inventé par lui.
Voici quelques-unes des principales actualités et événements qui ont touché le Grand Orient d’Italie en 2023.
21 janvier. Goi annonce une action en justice contre Di Bernardo.
1er février. Adhésion à la Franc-Maçonnerie incompatible pour Conte. The Goi : « Nous sommes légaux, transparents et pas secrets ».
16 février. Mafia: Bisi, ‘Les liens avec la franc-maçonnerie n’ont jamais émergé à Campobello Mazara ou Castelvetrano’.
7 avril. Allez. Lettre à La Russa pour récupérer le Palazzo Giustiniani.
8 mars Reconnaissance du Grand Orient d’Italie par les Ugle restaurée.
14 15 avril. « Devoirs anciens, valeurs éternelles ». La Grande Loge 2023 démarre à Rimini.
15 juin Avis d’affectation de contributions en faveur des personnes défavorisées et des étudiants résidant dans les zones touchées par les inondations en Émilie-Romagne et dans les Marches.
11 juillet La Grande Loge de l’État d’Israël a demandé au Grand Orient d’Italie de rétablir la reconnaissance mutuelle.
27 août Messine Argent. Bisi (Goi), « les enquêteurs ont conclu que la franc-maçonnerie n’avait rien à voir là-dedans ». Le Grand Maître invité à La Piazza, l’événement organisé par Affartitaliani.it, qui a lieu à Ceglie Messapica.
20 septembre. « L’histoire dans le futur ». Célébrations Goi pour l’équinoxe d’automne et la prise de Porta Pia.
10 octobre Solidarité du Grand Orient d’Italie avec la Grande Loge de l’État d’Israël.
17 novembre. « Devoirs anciens, valeurs éternelles » est publié, le nouveau livre du Grand Maître Stefano Bisi. Le volume rassemble tous ses discours de 2014 à 2023.
21 novembre. Annonce pour l’affectation de contributions en faveur des personnes défavorisées et des étudiants résidant dans les zones touchées par les inondations dans la région Toscane.
Novembre. A l’occasion de la dix-neuvième Communication Annuelle de la Grande Loge Souveraine de Malte, tenue à La Valette, le Grand Maître du Grand Orient d’Italie, Stefano Bisi, a décerné au Grand Maître de la SGLM Simon Cusens l’honneur de classe or Giordano Bruno.
Novembre. Le Grand Maître Bisi a décerné la classe or Giordano Bruno au Grand Chancelier de la Grande Loge Unie d’Angleterre Paul Engeham.
13 décembre. Le Grand Maître du Grand Orient d’Italie à la Grande Loge de la GLUA. C’est la première fois après 30 ans.
Fabriquer ses propres croyances pour se distinguer de celles de sa famille, ériger la phrase « prendre du temps pour soi » en nouveau mantra, remplacer la religion par du développement personnel : le monde spirituel est-il devenu un objet de consommation comme les autres ? Pour beaucoup d’individus devenus adultes au tournant de l’an 2000, les conséquences de l’individualisme et du néolibéralisme ont eu aussi un impact sur leur rapport à la spiritualité.
Damien Karbovnik, Sociologue des religions, Université de Strasbourg
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
Avez-vous déjà essayé le puppy yoga ou le yoga wine, déclinaisons les plus récentes et les plus branchées d’un yoga sans cesse réinventé ? À moins que vous ne soyez davantage tenté par une « retraite spirituelle laïque » ? Ou alors avez-vous ressenti en vous l’appel de votre « sorcière intérieure » ? Mais peut-être êtes-vous plutôt « appli de méditation » ?
La « révolution spirituelle », constatée dès les années 1990 par les sociologues Paul Heelas et Linda Woodhead, semble plus que jamais en marche et ne cesse de gagner en ampleur.
Dans les librairies, les rayons qui sont dédiés à la spiritualité ne font que croître et absorbent ceux dédiés à la religion, au bien-être, au développement personnel ou même à l’ésotérisme.
Associée à de multiples croyances et pratiques – du chamanisme à l’écologie en passant par la sorcellerie – la notion de « spiritualité » a le vent en poupe et de plus en plus de personnes se définissent grâce à elle, afin de mieux se distinguer de la religion. Que cherche-t-on à exprimer aujourd’hui par ce terme ? Pourquoi l’oppose-t-on à la religion ?
La difficulté à définir la spiritualité se dissipe en partie lorsqu’on la met en rapport avec le contexte de notre modernité tardive, période contemporaine déterminée par l’accélération technologique, notamment, en suivant le philosophe Harmut Rosa. Plus souple que la religion, il convient de comprendre la « spiritualité moderne » comme une multitude de systèmes individualisés, en permanente évolution et animée par une quête de sens et d’épanouissement personnel.
En filigrane, dans ces nouvelles spiritualités, s’observent aussi les conséquences de l’individualisme et du néolibéralisme, autant dans le rapport qu’ont les individus avec que dans l’idéologie qui les anime.
Une notion dépendante de son contexte
Depuis deux décennies, les définitions académiques de la spiritualité ne manquent pas, rappelant en cela le problème de définition que connaît la religion.
La notion de « spiritualité » trouve son origine dans le christianisme et prend le sens qu’on lui prête aujourd’hui à la fin du XVIe siècle. Elle désigne alors un rapport individuel et intériorisé avec Dieu, dans le cadre de la religion chrétienne, mais en dehors des voies institutionnelles.
Avec le temps, et en fonction des contextes, la notion évolue et renvoie à des pratiques et à des croyances extérieures au christianisme. En ce sens, la découverte du bouddhisme et des philosophies orientales, tout comme l’émergence, au XIXe siècle, du spiritisme ou de l’occultisme joue un rôle déterminant. Ainsi les sociologues ont-ils pris l’habitude de distinguer les spiritualités dites historiques de ces nouvelles spiritualités qualifiées de « modernes ».
En effet, comme l’a mis en évidence l’anthropologue Peter van der Veer, ces spiritualités modernes ne peuvent se comprendre que dans le contexte à la fois historique et culturel de la modernité euro-américaine. Affectées par la sécularisation et l’individualisme, elles sont devenues, dans notre société, un véritable phénomène « de masse », tranchant avec la nature plutôt élitiste des spiritualités historiques. L’ampleur du phénomène a même poussé certains chercheurs, à l’instar de Jeremy Carette et Richard King, à proposer de voir dans la spiritualité moderne la nouvelle forme qu’aurait prise la religion pour s’adapter à la modernité.
La religion liquide
Bien qu’il ne soit pas possible d’arrêter une définition universelle de la spiritualité, les discours de ceux qui s’en réclament s’articulent autour de quelques caractéristiques récurrentes et qui fonctionnent souvent en opposition avec leur perception de « la religion » – fondée sur leur compréhension du christianisme – et de « l’Occident ». La spiritualité se construit donc notamment sur un imaginaire qui oppose l’Occident moderne, à la fois chrétien et rationaliste, au reste du monde – et en particulier à l’Orient, terre par excellence de la spiritualité.
Contrairement à la religion, elle est vécue comme un système souple, sans dogmes ni institutions et comprenant très peu de contraintes. Elle se caractérise par une démarche personnelle, centrée sur soi et qui vise à établir une relation directe avec ce que certains appellent « le sacré », « le divin », « la transcendance », voire carrément « l’univers » – car les termes ne manquent pas.
La pratique n’est pas nécessairement collective et tend, de fait, à être de plus en plus strictement personnelle. En témoigne la sorcellerie solitaire, rendue populaire dans les années 1980 par Scott Cunningham. Dès lors, un sondage comme celui réalisé récemment par l’IFOP qui met en avant que 18 % des Français croiraient aux sorcières, est difficile à interpréter. Les notions de « sorcières » et de « sorcellerie » ne renvoient à rien d’évident et peuvent exprimer, de fait, des croyances et des pratiques très hétérogènes.
La pratique n’est pas non plus obligatoirement attachée à des moments ni à des lieux spécifiques et peut s’exprimer aussi bien au cours d’une promenade en pleine nature que pendant qu’on fait la vaisselle, selon une technique de méditation devenue célèbre grâce au moine bouddhiste Thích Nh?t H?nh.
Les spiritualités modernes représentent ainsi une forme de « religion liquide », à l’image de la « société liquide » dans laquelle nous évoluons aujourd’hui, décrite par le philosophe Zygmunt Bauman.
Des spiritualités à la carte
De nos jours, la spiritualité est devenue une sorte de catégorie dans laquelle se retrouve un grand nombre de croyances et de pratiques très différentes certes, mais qui ont en commun une même démarche intime et individuelle qui vise à établir un rapport direct avec autre chose que la réalité sensible et immédiate.
De fait, on ne saurait trouver un sens à imaginer la spiritualité comme étant un ensemble homogène et stable de croyances et de pratiques, car elle est bien davantage un ensemble de ressources à partir desquelles sont élaborés des systèmes individualisés et subjectifs.
Le puppy yoga, l’un des derniers courants à la mode de la pratique, interroge les nouveaux rapports au bien-être et à la spiritualité. karolina grabowska/pexels, CC BY-NC-ND
Chacun évolue dans cet espace en fonction de ce qui, pour lui, « fait sens » et devient un « chercheur de vérité », un spiritual seeker, de sorte que les systèmes religieux sont décomposés et réagencés par les individus qui composent des « religions à la carte », en pratiquant une sorte de « bricolage syncrétique ». Ainsi a-t-on pu voir apparaître une hypnose chamanique, des « méditations quantiques » ou des individus qui en fonction des moments s’adonnent à des pratiques appartenant à différentes traditions religieuses.
Dans son enquête publiée en 2015, Jean-François Barbier-Bouvet dresse un portrait type des « nouveaux aventuriers de la spiritualité », articulé autour d’un profil principalement urbain, féminin et doté d’un fort capital social et culturel. Mais le véritable point commun entre tous ces individus réside dans leurs attentes vis-à-vis de la spiritualité.
Des croyances utiles
Si la question du sens de l’existence apparaît comme le cœur même de la quête spirituelle, celle-ci, en fonction des individus, passe par bien des chemins. Malgré l’apparente diversité des voies spirituelles modernes, ces dernières convergeraient toutes à leur manière vers une même et unique vérité qui constituerait le fonds commun à toutes les religions du monde.
Cependant, lorsqu’on prête attention aux discours des « spiritual seekers », la spiritualité est souvent l’expression d’un désir d’accomplissement de soi et de dépassement d’une condition humaine associée à la souffrance et à la mort. La spiritualité se propose ainsi d’aider à l’amélioration de soi et à l’apaisement des souffrances, ce qui explique sa proximité avec les milieux du bien-être et du développement personnel. Plus ou moins implicitement, le véritable objet de la spiritualité moderne est bel et bien la recherche du bonheur dans ce monde-ci et de son vivant.
L’intérêt pour la spiritualité manifeste donc une dimension fortement utilitaire. La croyance dogmatique, rejetée par la démarche spirituelle, est remplacée par une croyance profitable, dans le sens où elle est susceptible d’améliorer son quotidien. La spiritualité est, en quelque sorte, une forme de religion qui « fait du bien ».
Entre sa souplesse et son utilité, la spiritualité moderne peut être envisagée comme étant un « style de vie », une manière de vivre au quotidien, qui réordonne le monde selon une logique adaptée à chacun. Ainsi réinvesti d’un sens à la mesure de soi, le monde redevient un espace dans lequel les individus peuvent se projeter et vivre sereinement.
Se reconnecter… au néolibéralisme
En vantant notamment les mérites de l’adaptabilité, du dépassement de soi et de la résilience, cette « reconnexion » au monde se révèle être en adéquation avec l’esprit néolibéral. Plus encore : comme le suggère l’anthropologue Lionel Obadia, la spiritualité est devenue un bien de consommation comme un autre et le « chercheur de spiritualité » a tout du « consommateur de spiritualité ».
De fait, comme l’a mis en évidence Hildegard van Hove, il existe un véritable « marché spirituel », à l’intérieur duquel les individus consomment croyances et pratiques en fonction de leurs besoins et des circonstances, sans tenir compte des systèmes auxquels elles appartiennent. Dans cette perspective, les spiritualités modernes peuvent être envisagées comme le résultat d’un processus de transformation de la religion, de telle sorte à s’adapter aux nouvelles exigences d’un marché dominé par une nouvelle pratique de consommation, celle du bricolage religieux.
Malgré des discours parfois contestataires, les spiritualités modernes s’avèrent bien souvent être des rouages essentiels du néolibéralisme, ce qui explique l’importance que prend dans le monde du travail la question de la spiritualité, pendant que le Yoga et la Mindfulness deviennent les nouveaux remèdes miracles susceptibles de résoudre tous les maux de notre société.
Un ensemble de ressources dans un monde profondément instable
Bien qu’envisagées comme une alternative au néant existentiel de la société contemporaine, les nouvelles spiritualités se révèlent être bien davantage des produits de la modernité, comme en atteste leur symbiose avec le néolibéralisme.
Elles constituent un ensemble de ressources que chaque individu agence à son gré et au fil de ses expériences, afin de donner du sens à son quotidien et trouver sa place dans un monde devenu profondément instable.
La séparation entre la spiritualité et la religion permet aussi de reformuler un même objet dans des termes mieux en phase avec les aspirations de nos sociétés sécularisées, comme peut en attester le dernier ouvrage de Frédéric Lenoir, L’Odyssée du sacré, dans lequel le terme de « spiritualité » permet d’extraire de la religion ce qu’elle peut avoir de noble pour nous aujourd’hui, pour mieux faire oublier le reste.
Cependant, la sensibilité de la question de la spiritualité rappelle de nos jours qu’elle touche directement à notre intimité, à nos émotions, et à notre manière de voir le monde, et que, bien souvent, est bien poreuse la frontière entre quête spirituelle et démarche scientifique.
Vous avez dit « don » ? Le texte de Marcel Mauss « Essai sur le don » (première publication en 1925) analyse « les logiques du don dans les sociétés traditionnelles » * de la Mélanésie à l’Alaska, et dans les sociétés indo-européennes anciennes.
Que faut-il entendre par « don » en l’espèce ? Un ensemble de pratiques de réciprocité, don et contre-don. Ce texte permet une mise en distanciation formidable de tous les mécanismes de notre société occidentale. Ainsi, des peuples qu’on appela longtemps « primitifs » avant de les appeler « premiers » puis « autochtones » avaient fait du don l’élément majeur de stabilité de leur économie sociale.
Même si l’on sait grâce aux historiens sociologues que la perspective bouddhique ne porte pas de vision sociale en tant que telle, quand on en observe le « fruit », il saute aux yeux littéralement que le spirituel fonde dans les aires culturelles bouddhistes le lien humain dans toutes ses dimensions. Si l’expression « le religieux innerve tout » n’était pas une injure dans nos contrées, on pourrait comprendre que ce lien d’échange induit un état de stabilité sociale particulièrement intéressant pour nous bouddhistes occidentaux… Et on se retrouve stupéfait face à une richesse, une profusion de rapports sociaux en tous genres où le don s’incarne à toute occasion.
En somme, si l’on avait au moins une chose du bouddhisme à faire vivre dans notre quotidien, ce pourrait être cette disponibilité à l’échange, au don, fondement de la responsabilité individuelle. Ou pour le dire simplement, la prise en considération de notre groupe humain.
Il n’est pas inutile de rappeler ici que le maillon essentiel de ce réseau du don s’incarne tout spécialement au sein de la plupart des aires culturelles dans la personne du religieux (pour ce qui est du tibétain : lama qui en tibétain signifie «le suprême », « celui qui porte la force de vie grâce à ses réalisations» « qui a le suprême pouvoir », celui de la réalisation intérieure).
Voilà pour nous de quoi au moins, nous l’espérons, vous donner envie d’aller chercher plus avant du côté du sens. Essai sur le don – Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques Marcel Mauss, introduction de Florence Weber, P.U.F. 2007
Ce texte a été publié dans La Lettre Des Deux Voies pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.
La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr
En cette fin d’année 2023, la rédaction a reçu une communication émanant du Secrétaire Général du CLIPSAS. Le message du Président Iván Herrera Michel, initialement destiné aux membres, a suscité une vague de surprises et de questionnements au sein des Obédiences adhérentes. Les messages présidentiels annuels, habituellement imprégnés de symbolisme maçonnique, se sont toujours tenus à distance des sujets politiques ou religieux.
Iván Herrera Michel – Président-CLIPSA du
En cette fin d’année 2023, la rédaction a reçu une communication émanant du Secrétaire Général du CLIPSAS. Le message du Président Iván Herrera Michel, initialement destiné aux membres, a suscité une vague de surprises et de questionnements au sein des Obédiences adhérentes. Les messages présidentiels annuels, habituellement imprégnés de symbolisme maçonnique, se sont toujours tenus à distance des sujets politiques ou religieux.
Cependant, cette année, le Président a notablement dévié de cette tradition en choisissant de s’adresser directement aux parents et enseignants du monde entier, un auditoire nettement distinct du cercle habituel des « Sœurs et Frères » maçonniques.
Cette rupture inattendue a généré une ambiguïté autour du message présidentiel, éveillant des interrogations essentielles sur la convenance de ce discours avec des thématiques étrangères à la franc-maçonnerie, en particulier la politique et la religion. La réaction fut telle que des membres du CLIPSAS se sont même interrogés sur la pertinence de ce message à leur égard.
Cette initiative, loin d’être perçue comme un geste insignifiant, soulève de sérieuses préoccupations quant à l’incursion de la politique dans des messages présumés neutres et bienveillants. La démarche du président d’une organisation maçonnique internationale, qui semble prétendre influencer les valeurs et orientations éducatives à l’échelle planétaire, interpelle profondément.
Ce geste pourrait-il signifier une tentative du Président de se mêler à la politique mondiale, influençant ainsi les directives éducatives et les perspectives idéologiques à une échelle bien plus vaste ?
Il est essentiel de rappeler que le CLIPSAS n’est pas une Super Obédience. Sa mission, telle que décrite sur son site web (https://clipsas.org), consiste à aborder certains aspects sociaux, majoritairement via des commissions telles que l’ODH, ECOSOC, ou UNESCO, et non à dicter ou à influencer directement les politiques éducatives ou idéologiques à l’échelle mondiale.
Des fissures au sein du bureau du CLIPSAS ?
Des murmures de dissension au sein du bureau exécutif du CLIPSAS commencent à se faire entendre. Des sources fiables internes suggèrent une montée de mécontentement face aux décisions prises de manière unilatérale par le Président Iván Herrera Michel.
De plus, une observation attentive des membres du CLIPSAS a révélé une tendance récente : les communications émanant du Président sont exclusivement libellées en son nom propre, sans aucune mention des autres membres du bureau. Cette situation soulève des questions sur la cohésion et l’unité au sein de l’organe dirigeant de l’organisation. Nous attendons une clarification officielle du bureau du CLIPSAS pour confirmer ou infirmer ces allégations, afin de comprendre pleinement la dynamique actuelle au sein de cette structure maçonnique internationale.
Est-ce la fin du CLIPSAS ?
Face à cette série de développements inquiétants au sein du CLIPSAS, une question brûlante se pose : assistons-nous à l’effritement de l’intégrité et de l’unité de cette institution maçonnique respectée ? Les agissements récents du Président Iván Herrera Michel, s’écartant des principes maçonniques et s’immisçant dans des domaines politiques et éducatifs, ébranlent profondément la confiance des membres et des Obédiences affiliées. Ces actions, loin d’être des incidents isolés, semblent révéler une tendance à la centralisation du pouvoir et à l’autoritarisme, éclipsant les voix collectives du bureau et, par extension, de la communauté maçonnique dans son ensemble.
Ce mode de gouvernance, s’il se poursuit, risque de transformer le CLIPSAS en un véhicule pour les ambitions personnelles et les perspectives idéologiques du Président, au détriment des valeurs fondamentales de fraternité, d’équité et de recherche de la vérité qui sont chères à la franc-maçonnerie.
L’absence de transparence et de consultation au sein du bureau du CLIPSAS, comme le souligne notre précédent article ‘Du rififi au CLIPSAS : est-ce qu’il y a un président à bord ?’, n’est pas seulement un signe de mauvaise gestion ; c’est une alarme retentissante signalant une dérive potentiellement dangereuse.
L’heure est grave. Si le CLIPSAS souhaite maintenir son statut de phare de la pensée et de l’action maçonnique, une réévaluation immédiate de ses pratiques de leadership et de communication est impérative. Il en va de la préservation de l’intégrité de l’organisation et, plus largement, de la confiance de ses membres et de la communauté internationale envers la franc-maçonnerie. Les membres et les Obédiences doivent exiger transparence, responsabilité et respect des traditions maçonniques, faute de quoi le CLIPSAS risque de se retrouver dans une spirale irréversible de déclin et de discorde interne.