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Sisyphe N°7 : La franc-maçonnerie en guerre contre la violence – Préserver un héritage de paix

Publiée semestriellement par la Grande Loge Mixte de France (GLMF), Sisyphe aborde des thématiques essentielles pour la franc-maçonnerie, en alliant réflexions philosophiques, sociologiques et historiques.

Le numéro 7, intitulé « De la Violence », explore en profondeur le sujet de la violence à travers un dossier complet et varié, en proposant un regard maçonnique sur cette problématique complexe.

Dans son éditorial, Christiane Vienne, Sérénissime Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France rappelle que la question de la violence est ancienne, remontant aux premiers moments de la conscience humaine. Nohemi Sala, en 2015, a révélé un meurtre datant de 430 000 ans, soulignant la longévité de ce phénomène. Les mythologies anciennes abondent en récits violents, comme le meurtre d’Abel. La franc-maçonnerie, héritière des Lumières et marquée par les guerres de religion, se doit de réfléchir à la violence légitime et au rôle de l’État.

Musée de la franc-maçonnerie – Photo YG

Elle énonce que les premières Constitutions d’Anderson de 1721 exhortent à la paix. Cependant, la question de la pacifisme maçonnique devient aiguë après la guerre de 1870. Les congrès universels pour la paix, les conférences de La Haye et l’Association Maçonnique Universelle illustrent les efforts maçonniques pour la paix, bien que les divisions internes persistent, surtout durant les périodes de guerre mondiale.

De nombreux frères et sœurs se sont engagés pour la paix, tels qu’Henri La Fontaine (1854-1943), lauréat du prix Nobel de la paix en 1913.

Henri La Fontaine, en 1913

 Les propos tenus lors du XXVIIIe Congrès Universel de la Paix en 1931 appellent à une condamnation ferme de la guerre et à la promotion de la fraternité et de la concorde. Cependant, les tensions mondiales et les conflits armés mettent à l’épreuve ces idéaux.

Les institutions internationales peinent à imposer leurs analyses et leurs sanctions, et les doubles critères en fonction des alliances politiques sont critiqués. Il est crucial de renforcer les outils existants et de re-légitimer les institutions pour maintenir la paix. La Franc-Maçonnerie doit se rappeler son rôle historique de « rassembler ce qui est épars » et agir pour la protection des victimes de conflits.

Christiane Vienne signe aussi le chapitre « Cheminements » affirmant que la violence est partout dans la société d’aujourd’hui.

Michel Baron

Le dossier « De la violence » consacre son premier chapitre à « Du rituel comme barrage à la violence en franc-maçonnerie ». Un article de Michel Baron, par ailleurs contributeur à 450.fm,explorant comment les rituels maçonniques peuvent servir de rempart contre la violence. Un réflexion initiée par Albert Camus.

Les rituels, fondés sur des principes de fraternité, de respect et de discipline, créent un espace sécurisé pour la réflexion et la transformation personnelle. Ils permettent de canaliser les tensions et les conflits, offrant aux francs-maçons une méthode symbolique pour surmonter les pulsions agressives. Il se conclut avec des notes et une bibliographie.

« Violences et guerres comment penser l’impensable ? » de Françoise Lavenac amène une réflexion sur les conflits et la violence dans le contexte maçonnique. L’article a pour but de mieux comprendre les chaos du monde.

Quant à « La menace de guerre », ce chapitre, signé Pierre Yana et placé sous le haut-parrainage du grand stratège que fut le général de Gaulle, étudie les conditions politiques et sociales menant aux conflits. La critique des structures économiques contemporaines et leur propension à engendrer des formes de violence sociale et économique est traitée par Olivier Spineli avec « Économie : sous les masques, la violence radicale ». Sont abordés des modèles de développement libéralisme. Ou collectivisme fondé sur l’économie et la recherche permanente de la prospérité, censé assurer le bonheur commun.

Image générée par Intelligence Artificielle (IA)

Le chapitre qui retiendra sans doute plus l’attention des lecteurs est celui traitant des « Personnalités toxiques en loge ». Nous en avons tous connus – et même en grande loge !

Accordons-nous quelques instants afin d’en relever les points clés. Ces individus, décrits comme manipulateurs et narcissiques, peuvent gravement perturber le fonctionnement des loges et affecter négativement leurs membres. Ces personnalités qualifiées de toxiques se nourrissent de l’environnement déshumanisé de notre société. Elles peuvent être identifiées par leur comportement manipulateur et leur capacité à semer le trouble. Évidemment, leur présence peut mener à des déséquilibres majeurs au sein des organisations, provoquant des burn-outs et d’autres formes de stress sévères. Ces sinistres personnages manipulent, séduisent et exploitent les faiblesses des autres pour leur propre gain.

La franc-maçonnerie, autrefois protégée contre ces infiltrations grâce à des enquêtes rigoureuses, voit aujourd’hui une hausse de candidats toxiques, mais des candidats parviennent souvent à se présenter sous un jour favorable, trompant les enquêtes de surface et les procédures d’admission. Une fois acceptés en loge, ces individus manipulent les règles et les rituels à leur avantage, provoquant des tensions et des divisions. Pas facile de les déceler car ils changent fréquemment d’attitude et de comportement pour s’adapter à leur audience, créant une atmosphère de méfiance et d’instabilité.

Alors, quelles stratégies pour prévenir et contrer leur influence ? Les loges doivent renforcer leurs processus de sélection et rester vigilantes face aux signes de comportements toxiques. Enfin, une résistance ferme et non violente est nécessaire pour maintenir l’intégrité de la loge et protéger ses membres. Il faut donc que la franc-maçonnerie apprenne à identifier et à gérer ces personnalités pour préserver son harmonie et son essence spirituelle et cultive la vigilance et en renforçant les valeurs maçonniques, les loges peuvent se prémunir contre les effets destructeurs des personnalités toxiques.

Rarement traité, ce thème est mis en lumière par ce chapitre qui détaille la menace que représentent les personnalités toxiques pour les loges maçonniques et propose des mesures pour les détecter et les contrer efficacement.

Mahatma Gandhi,1931
Portrait photographique de Martin Luther King en 1964

Enfin, dernier chapitre du chapitre « Sortir de la barbarie par la non-violence » apporte une réflexion sur la voie de la non-violence comme moyen de transformation, les auteurs mettant en lumière les enseignements de figures historiques comme Gandhi et Martin Luther King. Ils insistent aussi sur la nécessité pour les francs-maçons de promouvoir la non-violence comme un moyen de sortir de la barbarie contemporaine.

Ce numéro de Sisyphe propose une analyse complète et multidisciplinaire des différentes facettes de la violence. Chaque article apporte un éclairage unique, permettant aux lecteurs d’appréhender le sujet sous des angles diversifiés. En mettant en lumière les valeurs et les réflexions propres à la franc-maçonnerie, ce dossier invite à une réflexion approfondie sur le rôle de chaque individu dans la lutte contre la violence et la promotion de la non-violence.

La revue Sisyphe continue de s’imposer comme une référence pour ceux qui souhaitent comprendre les enjeux sociétaux à travers une perspective maçonnique éclairée et progressiste. Aux maçons d’aujourd’hui de continuer à promouvoir la paix et la fraternité.

Sisyphe N°7-Dossier « De la violence »

Une revue de la Grande Loge Mixte de France,

Conform éditions, N°7–Mai 2024, 52 pages, 12 €, frais de port inclus

Le Dessin de Jissey : « Me Too and You ? »

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Avec l’élection d’une nouvelle Grande Maîtresse à la Grande Loge Féminine de France, Jissey s’interroge, avec son regard malicieux habituel : Quelles sont les raisons qui pousseraient les femmes du XXI e siècle à entrer en Franc-Maçonnerie ?

18/06/24 : L’appel de Georges Troispoints à Metz – « Les rites et les rituels ! »

Avez-vous déjà participé à un café maçonnique ?

L’association Georges Troispoints Moselle a maintenant l’habitude de proposer des rencontres avec le public, au moins trois fois par an. Cela autour d’un verre, dans un cadre détendu et sympathique, les bénévoles de Georges se retrouvent pour répondre aux questions que le public profane peut se poser au sujet de la Franc-Maçonnerie.

L’entrée est gratuite, libre et le seul objectif est de vouloir en savoir plus.

Les rites et les rituels ?

Le 18 juin prochain, le thème des échanges sera les rites et les rituels. Voilà bien un vocable qui relève de la prose de Mr Jourdain. On en parle peu ou pas et pourtant, les rituels et les rites sont omniprésents dans la vie des hommes. La vie en société implique qu’il y ait des temps et des actes qui soient répétés, marqués pour faciliter les changements. Les francs-maçons n’échappent pas à cette façon de s’inscrire dans le collectif.

Georges Troispoints

Georges Troispoints c’est une association créée en 2016 par des francs-maçons initiés au Droit Humain. Leur objectif est de promouvoir une vision réaliste de ce qu’est la Franc-maçonnerie et aussi de ce qu’elle n’est pas.

Top 5 des trucs « relous » que disent les francs-maçons

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Salut à tous!
On revient aujourd’hui avec une vidéo au titre provocateur, un brin impertinent, comme à mon habitude me direz-vous, mais c’est à cela que l’on me reconnaît 😇

Alors oui, j’ai utilisé le mot « relous », oui c’est du verlan et effectivement, c’est pas courant dans la franc-maçonnerie, mais d’un autre côté, il faut être honnête : tous les francs-maçons qui ont déjà traîné leur tablier sur les colonnes d’un temple se reconnaîtront dans cette vidéo, j’en suis certain !

Alors voila, il y a des choses qu’on entend, tenue après tenue, qu’elle que soit la loge que l’on visite et au bout d’un moment, et bien cela devient un peu pénible.
Alors aujourd’hui, j’ai décidé de partager avec vous mon top 5 de qui me hérisse le poil quand je l’entends dans un temple.

Comme d’habitude, cette vidéo est à prendre avec humour… mais s’il vous plaît… si vous êtes de ceux qui… ARRETEZ !! 🤯

Retrouvez plus de vidéos sur la chaîne Les Frangins sont pas tous gâteux

Allez, bye !

Qui étaient les francs-maçons autour d’Alexandru Ioan Cuza ?

De notre confrère roumain historia

Dans une étude récente intitulée « Le Grand Orient d’Italie et les francs-maçons de l’Europe balkanique et danubienne », le professeur Florentin Fulvio Conti écrit :  » Le nombre particulièrement important de loges italiennes qui trouvèrent un terrain fertile en Roumanie était en grande partie dû aux réformes introduites par Alexandru Ioan Cuza, le souverain qui unifia les principautés de Moldavie et de Valachie en 1862.

Bien qu’il soit encore formellement sous l’Empire ottoman, il créa la condition préalable à la naissance d’un État roumain indépendant. Cuza, qui était maçon et vénérable maître d’une loge de Bucarest (san Gh.B.), a mis en œuvre une politique de sécularisation et de modernisation. S’opposant aux conservateurs, Cuza fut destitué en 1866 par un complot et remplacé par le prince prussien Carol de Hohenzollern-Sigmaringen, ce qui conduisit à la création de la Principauté de Roumanie.

J’ai envoyé au professeur un message avec une question concernant la source bibliographique de cette information et j’attends toujours une réponse à sa réclamation concernant le statut maçonnique de Cuza. Pourquoi c’est important? Car si, en général, la Franc-maçonnerie assume des personnalités et des événements qui ont changé le destin du monde, nous devons en avoir des preuves claires. La confusion volontaire, le manque de clarté des informations alimentent l’histoire basée sur la théorie du complot, qui ne prendra jamais la responsabilité de la réalité des événements.

Mais en ce qui concerne la détrônation de Cuza, il y avait bien une conspiration dont, paradoxalement, le prince était au courant et, plus encore, il considérait qu’il s’agissait d’une revendication nationale pour se conformer à une exigence qui prévoyait l’accession au trône d’un prince. d’une dynastie dirigeante en Europe. On se souvient bien sûr du projet voté le 4 janvier 1859 à l’Assemblée moldave, qui prévoyait l’élection d’un gentilhomme étranger, projet qui servira de moyen de pression pour l’abdication en 1866. Dans la réunion où la réponse au message du trône du 22 janvier fut votée 1862, Grigore M. Sturdza dit : « L’heure heureuse pour la nation viendra lorsque nous aurons un prince étranger, comme le demandaient les divans ad hoc » 2 .

Personnalités politiques de l’époque et appartenance à la franc-maçonnerie

Alexandru Ioan Cuza a été élu prince des deux principautés du Danube avec le soutien des francs-maçons. Quelques brèves précisions s’imposent quant à l’affiliation des hommes politiques de l’époque à la franc-maçonnerie.

J’ai déjà évoqué l’attitude de Vasile Alecsandri et de Costache Negri à l’égard de la couronne moldave. Tous deux étaient francs-maçons. Vasile Alecsandri est mentionné comme franc-maçon avec le diplôme de Maître de la Loge Neamul n ostru à Iași (1847), sous obédience italienne. Une décennie plus tard, il sera membre d’une autre Loge à Iași (1857) et Vénérable Maître de la Loge Steaua Dunării 3 , et Costache Negri fut Vénérable Maître d’une Loge à Bârlad en 1842. En 1855, il figurait sur la liste des membres. de la Confrérie de la Loge de la Nation de Iasi, sous obédience italienne 4 .

Le premier conseiller de Cuza, Mihail Kogălniceanu, était un franc-maçon , certifié « Vénérable » d’une Loge de Bucarest en 1844, probablement à l’époque où il menait une intense activité politique à Bucarest et auprès des membres de la société Frația 5 . De même, IC Brătianu, initié à la Loge l’Athénée des Étrangers et affilié à la Loge La Rose du Parfait Silence le 11 décembre 1846, actif dans la même loge que CA Rosetti 6 . Des partisans du syndicat tels que : Vasile Alecsandri, Ion C. Brătianu, Ion Ghica, Mihail Kogălniceanu, Constantin Negri, CA Rosetti et bien d’ autres faisaient partie de la Loge parisienne l’Athénée des Étrangers .Ion Brătianu, Cezar Bolliac et CA RosettiIon Brătianu, Cezar Bolliac et CA Rosetti

Lorsque, le 1er juin 1859, la Loge Étoile du Danube devint la Grande Loge Étoile du Danube, IC Brătianu fut élu Vénérable Maître, également considéré comme Grand Maître de la Grande Loge Étoile du Danube . C’est un argument – peut-être subsidiaire, peut-être pas, dirions-nous – de l’attitude radicale qu’IC Brătianu a adoptée à l’égard de Cuza et de ses efforts pour faire venir un prince étranger. En 1861, Ion Heliade-Rădulescu, un autre franc-maçon bien connu, rosicrucien, fut enregistré comme Grand Maître de la même Grande Loge du Steaua Danube . CA Rosetti fut initié à la Loge La Rose du Parfait Silence les 10/22 mai 1844, sur recommandation de Jean-Paul Vaillant et Paul Bataillard 8 .

Les Français Abel Douay et Gérard Hertault énumèrent les membres suivants de la Confrérie , initiés ou affiliés à la Loge parisienne La Rose du Parfait Silence 9 : Nicolae Bălcescu, affilié à la Loge l’Athénée des Étrangers , sans autres détails concernant l’initiation ou date du transfert ; Cezar Bolliac, dont les données maçonniques sont tirées de l’Annexe no. 2, concernant la Loge Steaua Dunării ; Dumitru Brătianu, initié à la Loge l’Athénée des Étrangers et affilié à la Loge La Rose du Parfait Silence , le 26 juillet 1847 ; Ion C. Brătianu, initié à la Loge l’Athénée des Étrangers au printemps 1846 10 , selon la description faite par C.A. Rosetti le 25 avril 1846, dans son Journal (« L’autre jour [Brătianu] fut reçu dans [la loge]. Lorsqu’il détacha ses yeux et nous vit, il lui sembla, dit-il, comment le paradis sera après la vie » ) et affilié à La Rose Lodge le 23 décembre 1846 (peut-être aussi fondateur de la Loge l’Athénée des Étrangers à Paris) ; Ion Ghica, affilié à la Loge l’Athénée des Étrangers ; Alexandru Golescu, membre du Comité Révolutionnaire (des 12) affilié à la Loge l’Athénée des Étrangers et CA Rosetti, affilié à la Loge l’Athénée des Étrangers.

Ainsi, même s’il n’était pas franc-maçon – au moins les données connues jusqu’à présent et les résultats des recherches de l’académicien Dan Berindei dans les archives maçonniques du pays et de Paris confirment qu’il ne faisait pas partie de l’Ordre maçonnique – Alexandru Ioan Cuza était entouré et conseillé par des francs-maçons, qui ont marqué de leur pensée toutes les réformes importantes mises en œuvre : Vasile Alecsandri, Costache Negri, Ion Ghica, Carol Davilla, CA Rosetti, IC Brătianu, Cezar Bolliac, Ioan Heliade Rădulescu, Mihail Kogălniceanu. , Christian Tell, Titu Maiorescu , Iacob Negruzzi, Vasile Pogor, Theodor Rosetti, Petre Carp et bien d’autres.

Le fragment fait partie d’un texte publié dans le numéro 267 de la revue « Historia » (magazine : 267), disponible dans tous les points de distribution de presse, du 15 avril au 14 mai, et en format numérique sur la plateforme paydemic .Achetez maintenantAchetez maintenant

Remarques:

1 « Le nombre particulièrement élevé de loges italiennes qui avaient trouvé un terrain fertile en Roumanie était dû en grande partie aux réformes introduites par Alexandru Ioan Cuza, le souverain qui avait unifié les principautés de Moldavie et de Valachie en 1862. Bien qu’elle soit encore formellement sous l’Empire ottoman, elle a créé la condition préalable à la naissance d’un État roumain indépendant. Cuza, qui était maçon et vénérable maître d’une loge de Bucarest, a mis en œuvre une politique laïque de modernisation » : « La franc-maçonnerie en Europe du Sud-Est du XIXe au XXIe siècle », Belgrade, 2020, p. 66.

2 Dan Bogdan, Viorel Ştirbu, Sur les traces d’Alexandru Ioan Cuza , Maison d’édition Sport-Turisme, 1985, p.

L’essence de la maçonnerie : un voyage à travers les siècles

Nous sommes très heureux de voir la parution de cette deuxième édition du Guide & Compendium du Franc-Maçon. La qualité des corrections apportées et la nouvelle mise en page améliorée témoignent d’un travail rigoureux et d’un souci du détail exemplaire de la part des Éditions Cépaduès.

Cette édition révisée est une ressource inestimable pour tous les francs-maçons, offrant des informations claires et précises dans un format élégant et accessible. Nous saluons chaleureusement tous ceux qui ont contribué à cette réussite et nous réjouissons de pouvoir en bénéficier.

Nous notons d’emblée le gaufrage du titre du livre, ajoutant ainsi une dimension tactile à l’expérience de lecture.

Par ailleurs, vous pouvez, si tel est votre désir, vous reporter à notre article du 7 avril 2022 présentant la première édition, et ce, afin de lire la définition du terme littéraire compendium.

Cette deuxième édition, passant de 400 à 570 pages mais aussi de 30 à 40 €, offre ce texte Bernard E. Jones (1879-1965), publié pour la première fois en 1950 dont la lecture nous semble toujours aussi fondamentale.

L’auteur, membre éminent de la Grande Loge Unie d’Angleterre et de la Quatuor Coronati Lodge N° 2076 – la plus ancienne des Loges de recherche au monde qui consacre ses travaux exclusivement à la maçonnologie –, y déploie une rigueur exceptionnelle pour couvrir plus de trois siècles de maçonnerie. Traduite et adaptée par Georges Lamoine*, professeur émérite, qui avait déjà transcrit de Bernard E. Jones L’Arche Royale des Francs-Maçons (Aureus édition, 2018) – une édition critique et préfacée par Jean Solis, révisée par Harry Carr (OE); une façon aussi de bénéficier de sa sagesse et de ses connaissances – et Gérard Icart, cette édition révisée bénéficie d’une mise en page améliorée et de corrections substantielles qui en font une ressource encore plus précieuse pour les maçons de tous horizons.

John Herron Lepper, P.G.D., bibliothécaire et conservateur de la Grand Loge Unie d’Angleterre, qui signe l’avant-propos, nous l’écrit : « Ce livre a pour but de rendre disponible sous la forme et un format commodes toutes ces avancées dans notre connaissance grâce aux historiens et aux chercheurs maçonniques de ces soixante dernières années […]. Cet ouvrage est unique en ce qu’il fournit au lecteur qui n’a guère le temps de lire beaucoup la substantifique moelle de ce que deux générations de recherches maçonniques ont accompli… »

Le Livre I « La Maçonnerie opérative et la Compagnie de Londres » se concentre sur les origines opératives de la franc-maçonnerie. Bernard E. Jones offre une analyse approfondie de la maçonnerie d’architecture, couvrant des périodes allant de l’Égypte ancienne à l’Empire romain. Il décrit également le statut du maçon opératif au Moyen Âge et le rôle des guildes en Angleterre et en France. Les chapitres se terminent par une étude des manuscrits des Devoirs et de l’acceptation dans la Compagnie des Maçons de Londres, offrant un regard détaillé sur les premières structures organisées de la franc-maçonnerie.

Le deuxième livre, « La Maçonnerie spéculative », explore la transition de la maçonnerie opérative à la maçonnerie spéculative. Jones examine l’émergence de la maçonnerie spéculative à la fin du XVIIe siècle, les influences des Rosicruciens, et l’évolution de la maçonnerie écossaise. Ce livre est essentiel pour comprendre comment la maçonnerie spéculative a pris forme et a influencé les pratiques maçonniques modernes.

Dans « Les Grandes Loges (1717-1813) », Bernard E. Jones se penche sur la création et l’évolution des grandes loges entre 1717 et 1813. Il discute de la première grande loge de 1717, de la grande loge rivale des Antiens, et d’autres Grandes Loges anglaises. L’auteur conclut avec la Grande Loge Unie de 1813 et son impact sur le rituel maçonnique actuel, fournissant un contexte historique crucial pour les loges contemporaines.

Le livre IV « Les Grades symboliques et autres sujets » aborde les divers grades maçonniques, depuis leur apparition jusqu’à leurs significations symboliques. Jones décrypte les cérémonies d’initiation, du Compagnon et du Maître, ainsi que la légende hiramique. Il traite également des pierres de fondation, des Landmarks, et des saints vénérés par les francs-maçons. Chaque aspect est examiné avec une précision érudite qui en fait une référence incontournable pour la compréhension des rites maçonniques.

Le cinquième livre intitulé « La Loge et maints sujets reliés » ausculte en détail les structures et les pratiques de la loge maçonnique. Jones décrit les différents offices, les outils de travail, les symboles, et les cérémonies qui rythment la vie en loge. Il aborde également les éléments tels que les dessins au sol, les tapis de loge, et les couleurs maçonniques, enrichissant la compréhension des pratiques et du symbolisme maçonniques.

Enfin, le sixième livre « L’Arche Royale, la Maçonnerie de Marque et les grades alliés » analyse les systèmes maçonniques beyond the Craft (au-delà du Métier), en particulier l’Arche Royale et la Maçonnerie de Marque. Bernard E. Jones explore les différents grades alliés et leurs significations, offrant une vue d’ensemble des degrés supplémentaires que les francs-maçons peuvent explorer au-delà des trois grades symboliques traditionnels.

Cette deuxième édition est une œuvre magistrale qui combine rigueur historique et richesse symbolique. Les traductions et adaptations ajoutent une profondeur supplémentaire, rendant cette édition encore plus accessible et utile pour les francs-maçons francophones. Cet ouvrage est destiné à devenir une référence quotidienne pour tous ceux qui souhaitent approfondir leur compréhension de la franc-maçonnerie.

Georges Lamoine

*Georges Lamoine a été professeur de langue et littérature anglaises à l’université Jean-Jaurès de 1970 à 1999. Il a consacré son enseignement, ses recherches et publications au XVIII° siècle en Angleterre. Il a étudié les rapports entre la société qui produit des auteurs et la littérature qui en est le produit : elle reflète la société et l’évolution à la fin du siècle. Il s’est intéressé à la vie littéraire, aux liens entre société et justice pénale, à l’œuvre de J. Swift. Il étudie le phénomène historique de la Franc-Maçonnerie, il a traduit en français les textes essentiels de la maçonnerie anglaise du XVIII° siècle ; édité le Discours de A.M. Ramsay, ainsi que son roman, ses deux pamphlets politiques, et traduit son ouvrage philosophique posthume combattant le spinosisme. Il est membre (Fellow) de la Société Royale d’Histoire d’Angleterre.

Guide & Compendium du Franc-Maçon 

Bernard E. Jones Traduction & adaptation Georges Lamoine, Gérard Icart 

Cépaduès, Coll. de Midi, 2024, 2e éd. corrigée, 570 pages, 40 €

Le 29 juin prochain, retrouvez Cépaduès aux Estivales Maçonniques en Pays de Luchon.

Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon (EMPL)
Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon (EMPL)

Vacances chez les francs-maçons

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Pourquoi parler de vacances maçonniques puisque nous n’aspirons pas au repos.

Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que notre mode de fonctionnement en loge s’apparente par certains côtés au système social et professionnel du monde « profane », à moins que certain(es) frères et sœurs aient de leur côté, proposé des aménagements ou des améliorations dans l’évolution sociale et politique d’une époque d’après guerre. Ce qui n’est plus à démontrer notamment avec l’accession aux congés payés.


« COMME JE PERÇOIS UN SALAIRE EN LOGE, APRÈS TOUT J’AI DROIT AUX CONGÉS PAYÉS »

Le Grand René

Je ne suis pas sociologue, je ne me lancerai pas dans des analyses approfondies et je me contenterai de rester dans mon rôle d’amuseur. Avec les vacances dites aussi par extension maçonniques, nous avons l’impression de laisser nos métaux à l’entrée des universités d’été.

Nous passons nos soirées d’été avec la flute enchantée et le requiem de Mozart ou la symphonie N° 94 de Joseph Haydn dans des lieux réputés où sont organisés des nocturnes qui vont de la musique baroque aux concerts, manifestations théâtrales, cirques et tous types de spectacle vivants. Bref on se détend, on s’enrichit, certains seraient tentés de rajouter, à juste titre d’ailleurs, quand on le peut!

Et puis il fait aussi place au repos paisible avec  la découverte des paysages en montagne, à la mer, dans les clubs de vacances, lieux de villégiatures ou tout simplement en famille. Bref un classique qui chaque année progresse dans de nouvelles directions et idées.

Nous attendons chaque année les fêtes maçonniques  qui célèbrent le solstice d’été avec souvent la fameuse Saint Jean d’été où nous découvrons des « profanes » avec qui échanger, c’est un peu la porte qui s’ouvre vers les vacances!

Aussi comme vous connaissez ma mauvaise foi, vous trouverez dans la vidéo ci-dessous quelques conseils pratiques pour aborder cette épreuve d’été, difficile à passer!

11/06/24 : Les Hauts Grades du Rite Français du GODF débattent des « Extrêmes droites »

D’ordinaire, 450.fm s’abstient de diffuser des annonces relatives aux tenues. Néanmoins, eu égard aux circonstances exceptionnelles et à la pertinence cruciale du sujet « Extrêmes droites », nous avons décidé de déroger à cette règle. Nous souhaitons ainsi porter à votre attention cette conférence d’une importance particulière.

Toutefois, il convient de noter que cet événement demeure strictement réservé aux membres des Hauts Grades du Rite Français du Grand Chapitre Général du GODF.

Les intervenants à l’Assemblée du Ve Ordre du Rite Français du GODF

Jean-Francis Dauriac est titulaire d’un DESS en Intelligence Économique. Il a été initié à 24 ans au Grand Orient de France et en a été un de ses plus jeunes Vénérables Maîtres. Avec des Frères de sa première Loge, il crée une boutique d’écrivain public dans la quartier de la Goutte d’Or à Paris, puis remet sous l’égide du Grand Orient de France un projet de nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme au Président de l’Assemblée Nationale de l’époque, Laurent Fabius.

Jean-Francis Dauriac

Cofondateur de la Loge Demain avec le Grand Maître Roger Leray, il crée après sa disparition la loge Roger Leray et en a été deux fois vénérable maître (2006-2009 et 2013-2016). Longtemps responsable politique du MRG (Ex. PRG) il en a été de 1980 à 1992 Secrétaire National, Secrétaire Général, puis Vice-Président, avant d’en démissionner en étant le principal opposant à Bernard Tapie. Il a créé et dirigé pendant près de vingt ans (1988-2008) un think tank, l’Observatoire de la Démocratie, dans lequel se rencontraient régulièrement les principaux dirigeants politiques de droite et de gauche, des intellectuels, hauts fonctionnaires et journalistes. Membre de plusieurs cabinets ministériels dans le Gouvernement de Michel Rocard (1988-1993), il est nommé Directeur de CROUS (1993-2003).

Durant cette période, il est l’auteur du rapport Dauriac au Ministre de l’Éducation Nationale Claude Allègre (2000), appelant à la création d’un revenu étudiant et proposant la mise en place d’une politique de la jeunesse à partir des dispositifs d’aide aux étudiants. Il crée avec l’UNEF et SOS Racisme un Festival contre le Racisme dans toutes les Universités françaises et européennes (1994-2002). Reconverti dans le privé, il dirige actuellement plusieurs sociétés immobilières spécialisées dans le logement des jeunes et des étudiants. C’est sous sa direction que sont composés les Cahiers de Francs-Maçons.

Bruno Fuligni, en 2015

Bruno Fuligni, né le 21 mai 1968, est un écrivain et historien français reconnu pour ses travaux sur l’histoire politique et policière de la France. Diplômé de Sciences Po, il a occupé des postes de haut fonctionnaire et a été responsable de la Mission éditoriale de l’Assemblée nationale. Fuligni est également maître de conférences à Sciences Po et auteur de nombreux ouvrages explorant des sujets variés, allant des monarchies privées aux secrets de la police, en passant par des études sur les candidats insolites et les utopies politiques.

Parmi ses œuvres notables figurent Dans les archives secrètes de la police, Les quinze mille députés d’hier et d’aujourd’hui, et Mata Hari. Les vies insolentes de l’agent H 21. Il a aussi participé à la production de documentaires et téléfilms, enrichissant ainsi le paysage culturel français par ses contributions variées.

Renaud Dély, par Claude Truong-Ngoc, juin 2013

Renaud Dély, né le 3 mai 1969 à Beauvais dans l’Oise, est un journaliste et écrivain français spécialisé en politique. Passionné de sport, d’histoire et de politique depuis son enfance, il a finalement choisi le journalisme. Diplômé en histoire contemporaine et du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) en 1993, il a débuté sa carrière à « Libération » en 1994, où il a gravi les échelons jusqu’à devenir rédacteur en chef adjoint.

Renaud Dély a également travaillé pour Le Parisien et Marianne, et a été rédacteur en chef de la matinale de France Inter. En septembre 2018, il a rejoint France Info, remplaçant Jean-Michel Aphatie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages politiques et a participé à divers documentaires et émissions télévisées, comme « 28 minutes » sur Arte.

Infos pratiques : Mardi 11 juin 2024, à 19h30 (Accueil dès 16h30)

GODF – Temple 16/Inscription obligatoire

Fontevraud : 5 raisons de visiter cette abbaye unique (par Laurent Ridel)

Du site de Laurent Ridel

Près de la vallée de Loire, l’abbaye de Fontevraud est une grande abbaye exceptionnellement préservée. Accueillant aussi bien des moniales que des moines, elle était dirigée par de puissantes abbesses. A la Révolution, tous doivent partir. Le site devient l’une des plus importantes prisons de France. Suivez-moi dans ma visite de ce passé monastique et carcéral.

L’abbaye royale Notre-Dame de Fontevraud est une ancienne abbaye d’inspiration bénédictine, siège de l’ordre de Fontevraud, fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel et située à Fontevraud, près de Saumur en Anjou (actuel Maine-et-Loire). Site de 13 ha établi à la frontière angevine du Poitou et de la Touraine, elle est l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe.

Initialement monastère mixte, accueillant femmes et hommes au sein des mêmes bâtiments, puis agrandi en monastère double dans l’esprit de la réforme grégorienne, l’abbaye de Fontevraud va s’attirer la protection des comtes d’Anjou puis de la dynastie des Plantagenêts qui en feront leur nécropole. Après un déclin à partir du xiiie siècle, l’abbaye est dirigée pendant presque deux siècles par des abbesses issues de la famille royale des Bourbons. La Révolution française porte un coup d’arrêt définitif à l’établissement religieux qui se transforme en établissement pénitentiaire jusqu’en 1963. Les différentes rénovations des édifices débutent dès le xixe siècle après le classement de l’abbaye au titre des monuments historiques en 1840, liste établie par Prosper Mérimée et se poursuivent jusqu’à nos jours. En 2000, l’abbaye de Fontevraud est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco avec l’ensemble du site culturel du Val de Loire.

L’ensemble monastique se compose aujourd’hui des deux monastères encore subsistants sur les quatre d’origine. Le plus important est le monastère du Grand-Moûtier, ouvert au public, qui héberge l’église abbatiale, la cuisine romane et la chapelle Saint-Benoît du xiie siècle, ainsi que le cloître, les bâtiments conventuels, dont la salle capitulaire, et les infirmeries du xvie siècle. Certains des bâtiments hébergent aujourd’hui des salles de séminaire. Le prieuré Saint-Lazare, dont l’église date du xiie siècle, a été transformé en résidence hôtelière.

(Crédit photos Franck Fouqueray)

Source : « Fontevraud. Abbaye royale », Revue 303, 2024 dont les articles de Nicolas Dupont, Daniel Prigent, Michel Mélot, Claire Giraud-Labalte, Jean-Yves Hunot et Bénédicte Fillion-Braguet. (Complément de Wikipedia et photos Franck Fouqueray)

12/06/24 à 19h00 à Pornic : Tout savoir sur Jacques de Molay, le dernier Templier

De notre confrère nantes.maville.com

Jacques de Molay, né entre 1244 et 1249 en Franche-Comté, fut le 23e et dernier maître de l’ordre du Temple. Après avoir combattu en Terre sainte, il est élu à la tête de l’ordre en 1292. Arrêté à Paris sur ordre de Philippe le Bel, qui accuse les Templiers d’hérésie et de pratiques obscènes, il est exécuté sur un bûcher en mars 1314.

Sa fin dramatique a inspiré légendes et fictions, en particulier autour de la malédiction qu’il aurait lancée contre Philippe le Bel et le pape Clément V, comme Les Rois maudits, de Maurice Druon, qui prend pour point de départ son exécution.

« L’énigme biographique survit inévitablement à l’écriture biographique. Ce constat est encore plus vrai lorsque la mort d’un personnage l’emporte sur sa vie, au point d’en conditionner le récit. C’est le cas de Jacques de Molay. Il me faut revenir à cette vie. Il me faut changer de méthode. Et faire parler les vivants et les morts », explique l’historien Philippe Josserand, qui a été invité par l’association Pornic Histoire, à venir donner une conférence sur ce personnage qu’il connaît si bien.

Mercredi 12 juin, à 19 h, à la salle de la Birochère. à Pornic
Ouvert à tous, entrée libre.

[NDLR : Philippe Josserand, ancien élève de l’École Normale Supérieure et agrégé d’histoire, a été membre de la Casa de Velázquez, une institution française à Madrid dédiée à la recherche en sciences humaines et sociales. Il est actuellement maître de conférences habilité en histoire médiévale à Nantes Université. Spécialiste renommé des croisades, des ordres religieux-militaires et de la Méditerranée, il a co-coordonné avec Nicole Bériou l’ouvrage Prier et combattre. Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge (Fayard, 2009). Parmi ses publications récentes figurent Jacques de Molay-Le dernier grand-maître des Templiers (Les Belles Lettres, 2019), qui a reçu le Prix d’histoire Daniel Ligou, et L’Histoire, l’ordre et le chaos. Une anthropologie de soi (Dépaysage, 2021).

Les sept vies de Jacques de Molay (Les Belles Lettres, 2023)

Présentation de son éditeur

« Je suis historien. J’ai publié une biographie de Jacques de Molay en 2019. Elle fait à présent partie des travaux d’autorité sur les Templiers et leur dernier grand-maître. Et, pourtant, elle ne me suffit pas. Savons-nous toujours ce que sont les vies que nous, historiens, racontons ? L’énigme biographique survit inévitablement à l’écriture biographique.Ce constat est encore plus vrai lorsque la mort d’un personnage l’emporte sur sa vie, au point d’en conditionner le récit. C’est le cas de Jacques de Molay. Il me faut revenir à cette vie. Il me faut changer de méthode. Et faire parler les vivants et les morts. » Philippe Josserand
Sous la plume de Philippe Josserand, sept proches de Jacques de Molay, contemporains du dignitaire ou de nous, racontent, chacun leur tour, à travers lettres, dialogue et monologues, « leur » Molay. De ces témoignages d’une vie en polyphonie ressort une inédite orchestration biographique qui conserve à l’histoire, par la littérature, la recherche de la vérité comme fin première.

Présentation de Jacques de Molay-Le dernier grand-maître des Templiers

(Les Belles Lettres, 2019)

Jacques de Molay fascine. Parmi les vingt-trois grands-maîtres qui se sont succédé à la tête de l’ordre du Temple entre 1120 et 1312, il est sans doute le seul dont le public conserve la mémoire. Les Rois maudits de Maurice Druon l’ont immortalisé et de récents supports, du Da Vinci Code à Assassin’s Creed, ont répandu son nom dans le monde entier. Pourtant, s’il est ancré dans le mythe, Jacques de Molay n’a guère captivé les historiens. Il est un « inconnu célèbre », d’ordinaire déprécié, sur lequel bien des incertitudes persistent jusque pour ses dates essentielles – sa naissance, son élection ou même sa mort. Les traces de son action, toutefois, sont loin d’être indigentes. Ce sont ces sources, étudiées de façon systématique et confrontées aux différentes mémoires existantes, qui offrent de jeter un nouvel éclairage sur le grand-maître : débarrassé des stéréotypes, Jacques de Molay peut enfin sortir de l’ombre.
Trois parties structurent le livre. La première traite des images du dignitaire, révélant comment, à partir du début du XIXe siècle, un archétype du héros tragique s’est mis en place. La seconde, par-delà le personnage, s’attache à l’homme et elle analyse son parcours pour établir la manière dont il s’est élevé jusqu’au sommet du Temple au sort duquel, de la Terre sainte aux geôles de Philippe le Bel, il s’est identifié. Les engagements de Jacques de Molay, enfin, sont au cœur de la troisième partie. Le soutien à l’Orient latin et la défense de son ordre, qu’il s’est efforcé d’adapter au mieux à une conjoncture lourde de périls, ont été les priorités d’un homme ferme et entreprenant, bien loin de l’incapable que trop d’auteurs décrivent. Ainsi, jusque dans la tourmente du procès du Temple, il a cherché à parer au risque, à sauvegarder son institution et, une fois résolue puis arrêtée la perte de celle-ci, à en préserver la mémoire face aux juges et à la mort : il le fit, le 11 mars 1314, en rétractant des aveux arrachés six ans et demi plus tôt par la torture, prêt à affronter le bûcher et à réaliser ce sacrifice ultime de sa vie dont la postérité l’a vengé en y trouvant, au fil des siècles, l’assurance croissante du martyre.

Écouter sur Les Belles Lettres la présentation de l’ouvrage.