A douze ans, mon père m’a emmené à la franc-maçonnerie, il y avait une fête, une réunion ouverte. C’était une initiation. J’ai reçu un tablier (symbole du travail) et une paire de gants blancs (pureté). L’oncle, (c’est ainsi que sont traités les membres francs-maçons, puisqu’ils sont considérés comme des frères de leur père, et les épouses des « frères » comme des belles-sœurs), je crois, un des trois dirigeants (lumières) m’a donné un cuillère de miel et dit : « Que tes paroles soient douces comme le miel » et une pincée de sel, puis : « que tes paroles soient assaisonnées du sel de la justice ». C’était comme un baptême, devenir franc-maçon à l’avenir – c’était le souhait de mon père.
Il existe une classe de jeunes hommes et femmes francs-maçons appelés « DeMolai » et de filles, « Filles d’Arco Iris ». Lors de ces réunions, ils apprennent les règles éthiques de la franc-maçonnerie et sont introduits dans une association en vue d’une participation future à la fraternité. Bien entendu, les filles n’ont pas ce destin – les femmes ne font pas partie de la franc-maçonnerie.
Les membres cotisent mensuellement et lorsque l’un d’eux décède, la veuve reçoit une aide. Dans le temple se trouve une chambre étroite, très sombre et terriblement funéraire. Les murs sont noirs, peints de larmes, de crânes et d’os humains, d’un coutelas (de la mort), d’un sablier et d’un coq. Entre le coq et le sablier figurent les mots : « Vigilance et persévérance ». Le coq est un symbole de vigilance, il rappelle que c’est par la vigilance et la persévérance que le franc-maçon devient parfait. Le coutelas évoque la mort, le sablier la montre. rapidité du temps, le candidat doit persévérer sachant qu’il dispose de peu de temps pour terminer l’épreuve
Pour faire partie de la confrérie, le candidat passe un examen pour acquérir les vertus maçonniques. Il enlève ses chaussures, enfile des pantoufles « d’humilité », enlève un côté de sa chemise, se dépouille de tout métal. Cela lui rappelle qu’il doit se dépouiller de la vanité et des vices. La partie nue du corps le fait méditer librement. Avec le genou droit, il s’agenouille en adoration. Une fois l’épreuve terminée, il a les yeux bandés et guidé par un membre de la fraternité, son guide, et à tâtons, il tente de surmonter les obstacles qui se présentent à lui tout en entendant des bruits assourdissants de tonnerre et d’ouragans. Si vous abandonnez, vous quitterez le temple sans rien avoir vu. Si votre demande est approuvée, vous commencez votre parcours en tant qu’apprenti.
Le soleil est présent dans presque toutes les loges maçonniques, ainsi que dans le catholicisme, car tous deux ont été influencés par le mithraïsme. Le soleil, les étoiles et la lune sont peints sur le plafond du temple ; sur le mur oriental le soleil, sur le mur occidental la lune ; dans le panneau des apprenants ; dans le triangle, l’œil contient des rayons solaires qui éclairent ou donnent des connaissances au Vénérable Grand Maître, ainsi qu’au 1er Observateur et au 2ème Observateur (les trois lumières représentées par les trois points de la signature), qui sont situés à côté de l’est. mur. Sur l’autel du Vénérable se trouve également la figure du soleil.
Selon Kennyo Ismail, un écrivain franc-maçon respecté, le symbole du Soleil et du Croissant de Lune est l’un des symboles les plus anciens de la franc-maçonnerie. En relation, le Soleil est l’emblème de midi et la Lune, de minuit, le début et la fin de l’œuvre des francs-maçons. Le Vénérable Maître est entre le Soleil et la Lune et signifie qu’il commande tous les travaux pendant cette période de temps. « Le Soleil est le symbole de la Lumière, qui pour nous francs-maçons, est de connaissance, d’illumination mentale et spirituelle, lumière qui vient de l’Est, et est placée du côté où est placé l’Orateur, qui représente le Soleil, comme il vient de celui qui émane la lumière, en tant que gardien de la Loi. » Dit Ismail.
Le secrétaire représente la Lune, car elle reflète la lumière du Président, personnification du soleil dans les minutes. Au moment où la lune grandit, les apprentis doivent sortir des ténèbres dans un croissant de plus en plus lumineux. Votre carrière est longue et de plus en plus éclairée (plus de connaissances) au fil des tests et des voyages.
« Cette symbolique est attribuée à Zoroastre, comme le dénoncent de nombreux Rituels. » Pour Ismail, Zoroastre était un prophète perse, l’un des principaux enseignants des Mystères antiques.
Dans les temps anciens, à Babylone, à Haran, en Égypte, le dieu Horus était le fils de la déesse Isis (lune) et d’Osiris (dieu du soleil). Zoroastre ou Zarathoustra (VIIe siècle avant JC), influencé par l’hindouisme, fonda le mithraïsme, le zoroastrisme ou le mazdéisme, à partir du dieu Mazda, (Soleil) – qui rappelle la voiture Hyundai). Cette culture a influencé les peuples anciens et les Romains au IIe siècle après JC, et s’est répandue aujourd’hui dans le monde entier, à travers la philosophie et le catholicisme.
Outre le « Maître » Zoroastre, les francs-maçons ont pour patrons Jean-Baptiste et l’apôtre Jean et pour inspirateur Jacques De Molay, grand maître des Templiers.
Franc-maçonneries et religions en France aujourd’hui est le cinquième ouvrage publié dans cette belle collection Étienne Dolet (1509-1546) – humaniste côtoyant des figures telles que Clément Marot et Rabelais, écrivain, poète et imprimeur mort sur le bûcher à Paris.
Les Éditions de La Tarente ont maintes fois raison d’écrire les termes franc-maçonneries et religions au pluriel. Et de souligner aussi l’importance et la pertinence du contenu pour le lecteur en rehaussant le titre du mot aujourd’hui, marquant ainsi une prise de position et une analyse dans le temps présent. L’ouvrage abordant des questions, des défis ou des réalités qui sont immédiatement pertinents pour le maçon du XXIe siècle.
Initialement tenu le 11 février 2014 à Paris, ce colloque du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), auquel nous avons eu le bonheur de participer, était intitulé « Franc-Maçonnerie et Religion en France au 20ème siècle ». Un colloque où la séance de la matinée était consacrée à « La franc-maçonnerie : religion de substitution ? Ésotérisme maçonnique, antimaçonnisme » et celle de l’après-midi à « La franc-maçonnerie face au catholicisme, au protestantisme et à l’islam ».
Une riche et belle journée d’étude fort passionnante organisée avec le soutien du Groupe Société Religions Laïcités (GSRL/CNRS/EPHE), du Laboratoire d’études sur les monothéismes (LEM/CNRS/EPHE), du Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine (Université de Nice Sophia Antipolis) et de l’Institut Universitaire de France.
Nous attendions tous les actes. Grâce à La Tarente, et pour notre plus grand profit et plaisir, ils sont enfin publiés.
Pierre-Yves Beaurepaire
Thierry Zarcone
Nous y retrouvons de belles plumes connues et reconnues. Des auteurs qui sont historiens (Pierre-Yves Beaurepaire, Jean-Pierre Laurant, Jean-Marie Mercier), anthropologue (Thierry Zarcone), sociologues (Franck Frégosi, Jean-Paul Willaime) et spécialistes de science religieuse et d’histoire des courants de pensée ésotériques (Jean-Pierre Brach, Emmanuel Kreis, Jérôme Rousse-Lacordaire).
Trois parties structurent l’ouvrage. La première traite de la France catholique. Nous y trouvons les contributions de Jean-Pierre Laurant (École pratique des hautes études – CNRS-GSRL) sur « Le fait religieux dans les revues maçonniques françaises au XXe siècle », un sujet qui débute avec la Constitution civile du clergé de 1971 et analyse des revues généralistes mais aussi de recherche, portées par des personnalités telles Oswald Wirth (Le Symbolisme), Marius Lepage, Jean Baylot (Villard de Honnecourt) ou René Désaguliers (Renaissance Traditionnelle) ; de Jérôme Rousse-Lacordaire, dominicain, théologien et historien, sur « Les récentes positions de l’Eglise catholique à l’égard de la franc-maçonnerie » et étudie, depuis le XVIIIe siècle, nous comprenons pourquoi l’Église catholique a exprimé des réserves et parfois une opposition ferme à la franc-maçonnerie, principalement en raison de la perception que les principes maçonniques de relativisme moral, de complot et de secret qui étaient en contradiction avec les enseignements catholiques ; et de Jean-Pierre Brach (École pratique des hautes études – LEM) sur « Les rapports entre franc-maçonnerie et religion dans les articles de René Guénon publiés dans la revue La Gnose (1910-1912) ». À cette époque, Guénon était engagé dans une quête spirituelle intense, cherchant à dévoiler les vérités universelles cachées derrière les traditions religieuses et initiatiques, y compris la franc-maçonnerie.
Notez sur le sautoir de Marianne, la croix, l’équerre, le compas et lecroissant avec une étoile, aujourd’hui considéré comme un symbole musulman.
Puis, la seconde partie s’attache à analyser les rapports avec les protestants et les musulmans avec les apports de Jean-Marie Mercier (Université Sophia-Antipolis, Nice) et son « Le protestantisme, l’ami du franc-maçon ? » Gardons à l’esprit que le développement de la franc-maçonnerie spéculative en Europe, notamment dans les pays à majorité protestante comme l’Angleterre et l’Écosse, a coïncidé avec une période de forte influence protestante. Les principes de liberté de conscience, l’importance accordée à la lecture personnelle des Écritures, et une certaine méfiance à l’égard de l’autorité centrale religieuse ont pu trouver un écho dans la franc-maçonnerie, qui promouvait des valeurs de fraternité, de tolérance, et de recherche personnelle de la vérité.
Le texte de Thierry Zarcone (CNRS-GSRL – École pratique des hautes études) avec « L’islam interroge les frères maçons » clôt ce chapitre en nous éclairant sur la figure emblématique de la résistance algérienne contre la colonisation française au XIXe siècle qu’est l’Émir Abdelkader (1808–1883), soufi, érudit islamique, et franc-maçon, souvent cité dans divers contextes pour sa sagesse, sa tolérance et son humanisme…
Enfin, la dernière partie titrée « L’autre ‘’religion’’ » permet à Pierre-Yves Beaurepaire (Université Nice Sophia Antipolis, Institut Universitaire de France) de parler de « La franc-maçonnerie, Église de la République ? », une expression employée pour désigner la franc-maçonnerie qui a souvent été perçue comme un acteur influent dans la sphère publique et politique, notamment en ce qui concerne les idéaux de laïcité, de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont au cœur de la République française ;
Franck Frégosi
puis c’est au tour de Franck Frégosi (CNRS – UMR DRES 7354, Université de Strasbourg et IEP d’Aix-en-Provence) avec « La montée annuelle au mur des Fédérés des francs-maçons du Grand Orient de France » de nous faire comprendre toutes les facettes de cette rituélie – événement symbolique qui témoigne de l’engagement de cette obédience dans les valeurs de la République – qu’est, depuis les années 70, ce pèlerinage laïque et républicain s’inscrivant dans le contexte historique et mémoriel de la Commune de Paris de 1871.
Enfin, Emmanuel Kreis, docteur ès-lettre (EPHE), avec « Laïcisation et politisation : les évolutions de l’antimaçonnisme durant les années 1930 : le cas de la Revue internationale des sociétés secrètes »,
Emmanuel Kreis
explore la manière dont l’antimaçonnisme, un courant de pensée et un mouvement social opposé à la franc-maçonnerie, a évolué pendant cette période turbulente de l’histoire, marquée par des tensions politiques, économiques et sociales croissantes dans de nombreuses parties du monde.
Cet ouvrage est une œuvre académique multidisciplinaire qui explore les interactions entre la franc-maçonnerie et certaines religions majeures en France. Les contributions de spécialistes en histoire, anthropologie, sociologie et études religieuses offrent une perspective enrichie sur ce sujet si complexe, si débattu qui rencontre encore, dans notre société moderne, de nombreux débats et controverses.
L’éditeur nous offre, à la lecture, une compréhension plus profonde des relations entre les franc-maçonneries et les religions en France. Des explications données dès l’introduction signée de Jean-Pierre Brach et Thierry Zarcone détaillant la spécificité française du paysage maçonnique – avec le catholicisme, le protestantisme, et l’islam. Le lecteur trouvera des réponses à ces justes interrogations. À savoir si la franc-maçonnerie est une « contre-Église » ou encore une nouvelle religion.
La franc-maçonnerie non seulement en tant qu’organisation sociale ou philosophique mais aussi en tant qu’entité ayant une dimension religieuse ou spirituelle, est-elle possiblement en opposition ou en complémentarité avec les religions traditionnelles.
Reconnaissant que les relations entre les franc-maçonneries et les religions sont toujours relativement complexes, ce volume donne des pistes de compréhension quant à l’existence de multiples couches d’interaction, influencées par l’histoire, la culture, la politique et les croyances.
L’intérêt de cet ouvrage est que nous bénéficions de l’avis d’experts, garantissant une exploration approfondie de la thématique. La présence d’auteurs spécialisés dans différents domaines souligne l’importance de cette belle analyse rigoureuse et érudite.
Si en tout début d’ouvrage, nous avons une biographie succinctes des différents intervenants, le livre s’achève avec la postface du sociologue et spécialiste de la sociologie des religions Jean-Paul Willaime, directeur d’études honoraire à l’École pratique des hautes études.
Un ouvrage qui deviendra, nous n’en doutons pas, un classique pour qui veut mieux comprendre encore comment s’est façonnée, dans notre monde contemporain, la relation entre franc-maçonneries et religions. Le cherchant y trouvera son salaire.
Franc-maçonneries et religions en France aujourd’hui
Jean-Pierre Brach-Jean-Pierre Laurant et Thierry Zarcone (dir.)
Les Éditions de la Tarente, Coll. Étienne Dolet, 2023, 232 pages, 25 €
De notre confrère voici.fr – par Églantine Werner Crédits photos : Conscious Design / Unsplash
Envie de vous reconnecter à votre part de féminin sacré ? La cartomancie, utilisée par les femmes depuis des millénaires, est idéale pour réveiller votre part de magie intérieure. Découvrez ici quelques exemples d’oracles à sélectionner pour entrer dans le monde merveilleux du féminin mystique.
Entre oracles et tarots, les méthodes de cartomancie sont particulièrement en vogue. Parmi les très nombreux exemplaires existants, dont l’Oracle de la Triade et l’Oracle des Miroirs, certains sont entièrement dédiés à l’éveil du féminin sacré. Découvrons ensemble ces oracles pas comme les autres, dotés de pouvoirs absolument étonnants.
Comment se connecter au féminin sacré ?
Se connecter à son féminin sacré peut prendre de nombreuses formes : méditation, cercles de femmes, danses instinctives, lecture du tarot ou d’oracles dédiés à la magie du féminin… L’essentiel étant de pratiquer une activité qui vous plaise et qui vous fait du bien !
Comment éveiller son féminin sacré ?
Éveiller son féminin sacré peut prendre du temps : il s’agit d’un état qui s’éveille petit à petit, au fil que votre intuition de femme s’épanouit et reprenne ses droits. Il s’agit d’une véritable transformation intérieure, qui passe par le développement personnel. Se connecter à son cycle menstruel, prendre conscience de l’aspect magique de la féminité au travers de rituels et de tirage de cartes sont de très bonnes bases pour réveiller son féminin sacré !
C’est quoi le féminin sacré ?
Le féminin sacré repose sur l’idée que la féminité est un cadeau magique de la nature. Les femmes seraient, selon l’idée du féminin sacré, intimement connectées à la déesse Terre, nourricière et maternelle. Il s’agit d’une part de la personnalité de chaque femme, lui permettant de se connecter à son intuition profonde et à ses capacités magiques.
Pourquoi la femme est sacrée ?
De nombreuses cultures estiment que la femme est porteuse du sacré grâce à sa capacité à porter la vie : elle est, de ce fait, porteuse de la magie de l’Univers, capable d’apporter des pierres à l’édifice d’une société nouvelle, plus équitable, davantage portée sur la paix et la spiritualité. Se connecter à son féminin sacré est ainsi une voie de développement personnel autant qu’une route menant à un monde plus respectueux et davantage connecté à la nature.
C’est quoi l’oracle de la femme sacrée ?
Les oracles dédiés au féminin sacré sont nombreux, mais le plus connu (et certainement l’un des plus jolis !) est celui de Womoon.
Créé en 2019, cet oracle regroupe 50 cartes aux messages simples, mais particulièrement profonds, tels que « j’ose demander de l’aide », « je suis en connexion avec ma féminité », « je suis consciente que mon temps est sacré », etc. Le tout, fourni avec un petit livret explicatif d’une cinquantaine de pages comprenant des exemples de tirages ainsi que des précisions sur la lecture des cartes.
L’Oracle du Féminin Sacré de Womoon est un oracle puissant, idéal pour se reconnecter avec son féminin intérieur, tout en douceur.
Envie de cartes plus colorées et davantage conçues dans un esprit magique ? Alors L’Oracle Sorcière de la Lune de Cosmic Valéria, des éditions Le Lotus et L’éléphant, paru en 2022, devrait vous plaire ! Celui-ci comprend 42 cartes magnifiquement illustrées, en lien avec les cycles de la lune, idéal pour se reconnecter à son féminin sacré.
à la lecture d’un récent article sur les façons de commencer sa journée quand on est un homme célèbre, JISSEY vient d’imaginer comment les vieux maçons risquent de la TERMINER quand ils sont en EHPAD… et surtout quand il ne leur reste que les bons souvenirs de leur vie passée.
Vous avez peut-être entendu parler du « métier le plus ancien du monde ». Mais la profession organisée la plus ancienne au monde était celle de maçon. Les civilisations anciennes ont compris qu’il valait mieux savoir ce que l’on faisait si l’on voulait construire en pierre. Cela a donné naissance aux anciennes guildes de tailleurs de pierre, qui exigeaient une éducation, une formation et un classement obligatoires. Les tailleurs de pierre sont devenus connus pour leur haut niveau de moralité et d’éthique dans la construction.
Un novice était inscrit dans le métier commun apprenti. Bien qu’il ne soit qu’un apprenti, il était toujours engagé ou associé au métier. Après des années de formation, il pourrait être passé au niveau de compagnon de métier, ou Fellowcraft. Avec plus d’années, il pourrait devenir Maître Maçon .
Au fil des siècles, les hommes ont rejoint ce métier, non pas nécessairement pour devenir des tailleurs de pierre opérationnels, mais pour l’éducation à l’éthique, à la morale, aux arts et aux sciences. Au fil du temps, plus d’hommes se sont joints à cette éducation académique et morale et à cette interaction sociale plutôt que pour devenir de véritables maçons opérationnels. À la fin des années 1600, la plupart n’étaient pas des maçons opérationnels, mais ce qu’on appelait des maçons spéculatifs ou acceptés .
En 1717, les maçons se sont réunis pour former la Grande Loge d’Angleterre à Londres. Ceci est considéré comme la naissance de la franc-maçonnerie moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui, même si notre histoire et nos traditions remontent bien plus loin.
Avance rapide jusqu’en 1776, et les questions sur les lèvres des Américains étaient : « Qui sera notre nouveau roi ? Quel sera notre système de royauté et de noblesse ? Quelle sera notre structure de classe ? Quelle sera notre religion officielle ? Après tout, tous les pays disposent de ces éléments (et beaucoup le font encore, même aujourd’hui).
Des maçons comme Benjamin Franklin, John Hancock, Paul Revere et George Washington ont dit aux autres pères fondateurs : « De nombreux membres de la royauté et de la noblesse à travers le monde sont maçons. Mais dans nos loges, nous nous retrouvons tous sur un pied d’égalité, sur un pied d’égalité. Et si nous avions un pays sans royauté ni noblesse, où tous sont égaux devant la loi ? Et si nous élisons nos dirigeants, comme nous le faisons dans nos loges, pour des moments précis, puis qu’ils retournent dans les rangs ? Nous, maçons, avons besoin de croire en Dieu, mais les opinions religieuses de chaque homme sont les siennes. Et si ce nouveau pays n’avait pas de religion officielle ? Les maçons prônent depuis longtemps l’éducation pour tous. Et si nous avions une éducation publique gratuite ?
Ces choses étaient des idées radicales à l’époque. Il n’y a jamais eu de pays comme celui-là dans l’histoire du monde. À une époque où chacun reconnaissait et acceptait les divisions de classe, de caste et sociales, la maçonnerie enseignait l’égalité (représentée par le niveau). Alors que beaucoup enseignaient qu’il fallait être satisfait de son sort dans la vie, la maçonnerie encourageait le perfectionnement personnel.
Alors que certaines institutions promeuvent les différences entre les hommes, la Maçonnerie promeut l’Amour Fraternel, le Secours (charité) et la Vérité (comportement honnête et moral envers tous, représenté par le carré). Nous prônons l’harmonie dans la société. Nous défendons la fraternité des hommes sous la paternité de Dieu.
Les outils et idéaux maçonniques imprègnent notre société : un accord « carré ». Êtes-vous au « niveau » ? La police lui a donné le « troisième degré ». Notre système éducatif moderne est basé sur le système éducatif maçonnique des temps anciens. Les trois degrés de maçonnerie sont l’apprenti (associé du métier), le compagnon (licence) du métier et le maître maçon. Les maçons utilisent le terme géométrique, élevé par « degrés ». Quels sont les trois diplômes universitaires ? Associé, baccalauréat et maîtrise. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on appelle cela un « diplôme » universitaire ? De la maçonnerie ! Et comment appelle-t-on ce chapeau carré et plat que vous portez lorsque vous obtenez votre diplôme ? Une planche de mortier, encore un autre outil de maçon. En parlant d’outils de maçon, presque tous les présidents et juges utilisent un marteau de maçon.
De nos jours, nous avons des diplômes pour prouver nos réussites éducatives. Dans l’Antiquité, un tablier de maçon , en agneau ou en peau de mouton, constituait son diplôme. Avez-vous déjà entendu parler d’un diplôme appelé « peau de mouton » ? Un maçon était libre de voyager, d’où un franc-maçon, ou « compagnon ». Il pouvait prouver son appartenance par certains signes secrets, mots et modes de reconnaissance, universellement reconnus par les maçons du monde entier et encore utilisés aujourd’hui. Ce sont les « secrets » dont vous entendez parler. Nous ne sommes pas une « société secrète ». Nous sommes une société avec des secrets. Quinze présidents américains ont été maçons.
La maçonnerie prend les bons hommes et les rend meilleurs. Nous pratiquons la maîtrise de soi, agissons de manière éthique, pratiquons la charité, disons la vérité et nous aidons les uns les autres et nous-mêmes à nous améliorer. Nous pratiquons des cérémonies séculaires – les mêmes cérémonies vécues par George Washington, Benjamin Franklin, Clark Gable, John Wayne et de très nombreux hommes célèbres et historiques à travers les âges.
En tant que maçon, votre réputation et votre conduite se refléteront sur l’ensemble de la fraternité. Si vous souhaitez rejoindre des hommes de bonne moralité partageant les mêmes idées pour vous améliorer, il vous suffit de demander.
Pourquoi parler de Kipling ? Pour plusieurs raisons, il était peut-être le premier – et le seul anglais – à parler ouvertement et avec fierté de la Franc-Maçonnerie, chose rare, car en général on n’en parle pas ouvertement. Kipling, par ses écrits a aidé à faire connaître la Franc-Maçonnerie à un public britannique. Il était aussi le premier auteur à recevoir le Prix Nobel de la Littérature, et, par ses écrits, il nous donne un aperçu extraordinaire de la mentalité et de l’actualité du colonialisme au temps de la Reine Victoria. D’abord, il faut le situer dans son siècle et sa société.
Kipling est né en Inde en 1865, son père était Principal d’une Ecole de l’Art et de l ‘Industrie à Bombay. Ses parents se disaient Anglo-Indiens, c’est à dire, des Anglais installés définitivement en Inde pour servir l’Angleterre dans son travail de colonisation. N’oubliez pas que la Reine victoria considérait l’Inde comme « le joyau de sa couronne ». Comme tous les petits anglais en Inde, il a eu une nounou indienne qui lui parlait en Hindi, et jusqu’à l’âge de six ans, il parlait l’Hindi mieux que l’anglais. Suivant la tradition anglo-indienne, lui et sa petite soeur, Alice, furent envoyés en Angleterre chez un couple sévère pour y être scolarisés. Il trouvait le pays gris et froid après l’Inde. Son enfance était difficile : ses parents étaient absents, il n’y avait personne à qui il pouvait se plaindre, donc il acceptait toutes les punitions.et il nomma leur maison d’accueil « La Maison de Désolation » !
Pourtant sa famille était très honorablement connue : sa tante Georgina était mariée avec Edward Burne-Jones l’artiste préraphaélite. Le futur Premier Ministre, de l’Angleterre, Stanley Baldwin était son cousin germain. A partir de 11 ans, il était en pension dans une école qui préparait les garçons pour une vie militaire ou l’université. Kipling était un écolier moyen ; ses parents avaient peur qu’il ne réussisse pas à décrocher une bourse pour aller à l’université, donc quand il avait seize ans, ils lui trouvèrent un emploi comme éditeur adjoint d’un journal à Rawalpindi, le « Civil and Military Gazette ». Et il commença à écrire, des nouvelles, des contes, des poèmes. Il écrivit « Mes années en Angleterre se sont évanouies, à ne plus jamais revenir ».
Il restait en Inde pendant 6 ans, et c’était à Lahore qu’il fut initié très jeune, il avait à peine 21 ans, avec dispense d’âge accordée par le Grand Maître Provincial, à la loge « Hope and Perseverance ». Il en était fier, car sa loge concernait des Frères de quatre croyances: il fut initié par un Hindou, passa Compagnon sous un musulman et fut reçu Maître par un Anglican. L’Expert était juif. En maçon fidèle, Kipling partage l’idéal d’égalité, aspect que l’on retrouve dans son célèbre poème « La Loge Mère », dont je vous cite quelques phrases:
« Mais comme je voudrais les revoir tous, Ceux de ma loge-mère, là-bas ! Comme je voudrais les revoir, Mes Frères noirs ou bruns… Dehors on disait « Sergent ! Monsieur ! Salut ! Salaam ! » Dedans, c’était « Mon Frère », et c’était très bien ainsi. Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l’Equerre, … Moi, j’étais Second Diacre dans ma loge là-bas ! »
Il n’était pas raciste et appréciait la civilisation indienne qu’il connaissait bien. Il était, on peut le lui reprocher son paternalisme, défaut courant à l’époque (rappelons-nous les écrits du Dr Schweitzer qui parlait des gabonais comme des « Frères inférieurs ») Quand cette égalité n’est plus respectée, l’injustice apparaît, avec son corollaire, la punition. Les deux tristes héros maçons de « L’Homme qui voulait être Roi » en sont l’illustration. Il restera un Franc-Maçon actif toute sa vie, et une fois rentré en Angleterre, il intégrait deux loges à l’Orient de Londres, dont une était une loge « Auteurs » pour les écrivains.
Mais revenons à l’Inde, Il y travaillait dur pour le journal, mais son besoin d’écrire était insatiable. Il commençait à être célèbre comme auteur, et commença à réfléchir sur son avenir.En 1889 il fut renvoyé avec effet immédiat après une dispute , et il se décida de s’installer à Londres, le centre du monde littéraire anglophone, en passant par les Etats Unis, où il rencontra une femme qui allait devenir sa compagne, Carrie Balestier. Le frère de Carrie était un écrivain américain Wolcott Balestier avec qui Kipling a collaboré pour un livre. Kipling arriva à Londres en octobre 1889 et fut très bien accueilli par le monde littéraire. Il continuait sa « romance « avec Carrie et ils se marièrent en janvier 1892 à Londres. Mais le couple rentra aux Etats Unis et s’installèrent dans le Vermont, près de la famille de Carrie.Leurs deux premiers enfants, deux filles, Joséphine en décembre 1892, et Elsie en 1896 y naquirent, Joséphine mourra d’une pneumonie en 1899. La vie au Vermont, lui plaisait, car il appréciait la verdure. Mais malheureusement les relations maritales étaient devenues plus tendues, et Kipling écrivit que le mariage vous enseigne « L’humilité, la restriction, l’ordre et la prévoyance » !
Malgré son attirance pour la vie américaine, la situation politique, c’est à dire, un fort sentiment anti-anglais, et une dispute très sérieuse avec sa belle-famille persuada le couple de rentrer en Angleterre. En 1907, leur fils John naquit. La famille déménagea dans une belle maison dans le Sussex où Kipling passera le reste de sa vie. Ses écrits sont devenus plus ouvertement politiques. Il avait toujours soutenu l’idée du colonialisme, un exemple est sa poème « Take up the White Man’s Burden » (Emparez-vous du fardeau de l’homme blanc) même si parfois il semblait se rendre compte que les jours du colonialisme étaient comptés. Il avait soutenu le colonialisme mais un colonialisme à l’anglaise ; pas à la française., donc pas d’intégration, pas d’assimilation, mais un développement séparé, paternaliste, respectueux des traditions locales, sans s’y mêler.
Rentré en Angleterre, les temps changeaient, la première guerre mondiale s ‘approchait, et le gouvernement britannique demanda à Kipling de se charger de la propagande pour leur politique, ce qu’il faisait avec enthousiasme. Il soutenait le but de libérer la Belgique et bien qu’il détestât l’Allemagne, en privé, il critiquait l’armée britannique, croyant que la faute était chez les hommes politiques. Et il méprisait les hommes qui ne voulaient pas combattre.
En 1915 son fils John avait 18 ans, il essaya de s’enrôler dans la Marine, mais fut reformé à cause de sa mauvaise vue. Il essaya l’armée de terre, de nouveau reformé, toujours à cause de sa mauvaise vue. Alors Kipling prit la situation en main. Depuis des années, il était ami avec Lord Roberts, l ‘ex Commandant en Chef de l’Armée, et toujours Colonel du Régiment des irlandais, et il pria Lord Roberts de pistonner John dans ce régiment. John partit pour la bataille de Loos, et fut tué deux jours plus tard. La dernière fois qu’il a été vu « il avançait en trébuchant aveuglement dans la boue, éventuellement blessé au visage. » La tradition britannique était d’enterrer les soldats tués dès que possible sur place, ce qui explique le nombre de cimetières militaires dans le nord de la France. Mais on n’avait pas noté où John était enterré. Kipling, jusqu’à la fin de ses jours, harcelait le Département de l’Intérieur afin de savoir où se trouvait le corps de son fils. Il n’a jamais su où John reposait. En effet, ce n’était qu’en 2015 qu’on a pu connaître avec certitude le lieu exact.
La balance entre idéal et réalité est un constant dans les oeuvres de Kipling. Pour lui, qui a reçu une éducation militaire mais qui n’a jamais combattu, est-ce qu’il voulait que son fils « répare » ce manque ? Ou voulait-il même inconsciemment sacrifier son fils pour son pays ? Quoi qu’il en soit, sa punition demeurera le reste de sa vie. Il changea complètement son attitude envers la guerre. Il écrit
« If any question why we died, Tell them that our fathers lied.
(Si quelqu’un demande pourquoi nous sommes morts, dites-leur que nos pères nous ont menti)
La problématique de Kipling nous pose une question maçonnique : nous sommes comme lui, Franc-Maçonnes animées par un idéal humaniste, ou judéo-chrétien. Mais que devient-il lorsque cet idéal est confronté avec la brutalité du réel ? Renoncer ? Imposer son idéal même s’il risque de déclencher des catastrophes ? (L’idéal communiste par exemple) ou tenter de découvrir la limite des possibles comme nous tentons de la faire?
Faire le choix entre l’idéal et le réel, c’est peut-être entrer dans le royaume du discernement.
Du 26 janvier au 7 avril 2024, le musée de la franc-maçonnerie propose une exposition temporaire de dessins de presse des dessinateurs iraniens Kianoush Ramezani et de Mana Neyestani sur le thème « La révolution Femmes, Vie, Liberté ».
Commissariat d’exposition : Iris Farkhondeh, Laurent Garreau et Simon Cau.
Dans son édition du mercredi 30 janvier dernier, Charlie Hebdo, journal satirique reconnu pour ses caricatures politiques, son journalisme d’investigation et ses reportages sur divers sujets tels que les sectes, les religions, l’extrême droite, l’islamisme, la politique et la culture, a fait la promotion de cette belle exposition (cf. X, anciennement Twitter, de Guillaume TRICHARD @Trichard).
La biographie des deux dessinateurs
Né en 1973, Kianoush Ramezani est un dessinateur de presse iranien exilé en France.
Kianoush Ramezani avec le prix « Couilles au cul » 2018 au Festival d’Angoulême 2018.
Artiste, dessinateur et militant des droits humains iranien, Kianoush Ramezani est engagé dans le Mouvement Vert et le Cartoonists Rights Network, International, et expose son travail dans des galeries d’arts de la capitale. Compte tenu de cette implication politique, il fuit l’Iran en 2009. En 2010, il se réfugie en France. Il continue à travailler comme dessinateur de presse, notamment auprès du Courrier international, La Croix, We Demain, etc.
En mars 2015, il crée l’association United Sketches avec des dessinateurs du monde entier avec l’objectif de promouvoir la liberté d’expression.
Il prend également position publiquement sur des sujets d’actualité internationale comme les décisions américaines sur l’accord iranien du nucléaire, la situation politique en Iran, la révolution iranienne), les mouvements de société civile et la résistance dans le monde d’aujourd’hui.
Né en 1973 à Téhéran, Mana Neyestani est un dessinateur et illustrateur iranien. Après des études en architecture à l’université de Téhéran, il commence sa carrière de dessinateur professionnel en 1989. Il travaille pour différents journaux et magazines dont le journal iranien Zan. Ses dessins sont publiés régulièrement sur le site Radio Zamaneh.
Mana Neyestani.
D’origine azérie – groupe ethnique d’origine turcique vivant principalement dans le nord-ouest de l’Iran et dans la République d’Azerbaïdjan –, Mana est le fils d’un célèbre poète iranien. Son frère, Touka Neyestani, est également dessinateur. En 2006, à la suite de la publication d’un dessin qu’il réalise accompagnant un article, des émeutes vraisemblablement organisées par le régime de Mahmoud Ahmadinejad se produisent en Iran, notamment dans les villes de Tabriz et Ourmia. La communauté azérie se sent insultée par un dessin représentant un cafard prononçant un mot en azéri. Le dessinateur et son éditeur Mehrdad Qasemfar sont arrêtés, Neyestani sera libéré au bout de trois mois. Il raconte cet épisode dans « Une métamorphose iranienne » édité en 2012.
Après avoir fui l’Iran où il se sentait menacé, il passe par Dubaï, la Turquie, et enfin la Malaisie où il habite jusqu’en 2010. Mana Neyestani rejoint la France en 2011 et vit depuis lors à Paris, avec le statut de réfugié politique – en tant que membre de l’ICORN (Réseau de refuge de villes internationales). Il consacre une de ses BD autobiographiques au difficultés liées à ce statut, le Petit manuel du parfait réfugié politique, édité en 2015.
Bandeau Facebook du musée de la franc-maçonnerie.
[NDLR : La révolution « Femmes, Vie, Liberté » est un mouvement profondément significatif qui a pris de l’ampleur en Iran et au-delà. Ce slogan, d’origine kurde (« Jin, Jiyan, Azadî » en kurde), a été initialement utilisé par le mouvement de libération kurde à la fin du XXe siècle, avant de gagner en popularité en Iran à la suite du décès tragique de Mahsa Amini en septembre 2022. Amini est décédée après avoir été arrêtée par la police pour ne pas avoir « correctement » porté son voile, un événement qui a déclenché des manifestations d’ampleur nationale.
Mahsa Amini.
Le slogan « Femme, Vie, Liberté » a été scandé pour la première fois en 2006 par des femmes kurdes en Turquie et a été popularisé par des personnalités kurdes telles qu’Abdullah Öcalan. En Iran, il a été adopté par les manifestants après la mort de Mahsa Amini et a été utilisé dans tout le pays, y compris par les étudiants de l’Université de Téhéran. Le chanteur Sherwin Hajipour a même intégré ce slogan dans sa chanson « Baraye… », devenue un hymne officieux des manifestations anti-gouvernementales.
Ce mouvement s’est étendu au-delà des frontières de l’Iran, trouvant un écho dans le monde entier, notamment en France où le slogan a été utilisé lors du Festival de Cannes en 2018 par le casting des « Filles du soleil ». Plusieurs médias français et européens ont rendu hommage à la révolution des femmes en Iran lors du premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini, et un roman graphique collectif a été publié sous la direction de Marjane Satrapi pour soutenir ce mouvement.
Le mouvement « Femmes, Vie, Liberté » représente non seulement une lutte pour les droits des femmes en Iran, mais aussi une contestation plus large contre l’oppression et pour la liberté dans une société régie par un régime théocratique. Il symbolise une colère et une désobéissance civile face à l’injustice, portée principalement par des femmes mais soutenue par un large éventail de la société.
Un manière de lutter contre la République du Mollanistan !
Rappelons aussi que le dessin de presse est une forme d’art et de communication qui utilise des images pour commenter et critiquer l’actualité, souvent sous un angle satirique. Historiquement, avant l’avènement de la photographie, les périodiques utilisaient des gravures pour illustrer des événements. Avec le temps, le dessin de presse s’est démarqué en tant que moyen de contestation et de critique sociale et politique. Les dessinateurs de presse, par leurs œuvres, peuvent exprimer des opinions critiques sur des sujets variés. Le dessin de presse est donc un moyen puissant d’expression et de communication revendicative et politique, porteur d’une dimension critique et souvent humoristique.
Prochainement, nous vous offrirons le diaporama de cette exposition.]
Sur YouTube : FEMME, VIE, LIBERTÉ – Barayé // Pour // برای // (Barayé French version)
Ici et maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, soyons, nous aussi, la voix de ces femmes iraniennes et de ces hommes iraniens opprimés qui se battent au péril de leur vie, tous les jours depuis septembre 2022, pour la liberté, les droits de l’Homme et la démocratie.
Lundi 29 janvier 2024, à l’aube, quatre prisonniers politiques d’origine kurde Mohsen Mazloum, Hazhir Faramarzi, Vafa Azarbar et Pezhman Fatehi ont été pendus.
Plus de 600 pendaisons en Iran en 2023, un record en huit ans…
Des jeunes filles, des femmes, des hommes sont tués chaque jour à coup de bâton, de pierre ou d’arme à feu en pleine rue….
Paroles : « Pour faire la fête et danser dans les rues/Pour pouvoir s’embrasser à visage nu/Pour ma sœur, pour ta sœur, pour nos sœurs et les leurs/Pour changer les esprits rouillés, grippés par la peur/Pour l’infortune et l’indignité qu’elle entraîne/Pour le désir, la fureur d’une vie ordinaire/Pour les rêves d’un enfant qui erre dans les rues/Pour cette politique arbitraire, autoritaire/Pour qu’enfin, l’air devienne respirable/Sur la promenade Vali-e-Asr et ses arbres fatigués/Pour préserver la vie de Pirouz et ses semblables/Et ne plus tuer ces chiens innocents et délaissés/Pour, cet océan de larmes déversés/Et garder en moi la vue de ces instants passés/Pour graver ces visages au sourire apaisé/Pour tous les étudiants et pour l’avenir engagé/Et pour toi, la promesse d’un paradis/Et pour eux, la prison ou bien l’ennui/Et pour tous les enfants d’Afghanistan, démunis/Et pour toutes ces raisons à l’infini/Pour toutes ces révoltes essoufflées/Pour les murs des maisons délabrées/Pour le sentiment de sérénité/Pour le soleil qui suit une nuit tourmentée/Pour ces nuits blanches d’absolu désarroi/Pour l’homme, la terre , la prospérité/Pour le rêve d’une fille d’être née un garçon/Pour la femme, la vie, la liberté/Pour la liberté/Pour la liberté/Pour la liberté. »
Infos pratiques : Musée de la franc-maçonnerie (Musée de France) – Siège du Grand Orient de France, 16 rue Cadet – 75009 Paris/Tél : 01.45.23.74.09
Métros : Cadet (ligne 7) ou Grands Boulevards (lignes 8, 9) – Station Vélib’ : Cadet (24-26 rue Cadet)
Contact evenementmuseefm@godf.org
HORAIRES : Le musée est ouvert : – du mardi au vendredi : 10h00-12h30 / 14h00-18h00 – le samedi : 10h00-13h00 / 14h00-19h00 – le dimanche : 10h00-12h30 / 14h00-18h00 -Fermeture les lundis et jours fériés.
TARIFS : Entrée : 7 €/Tarif réduit (sur justificatif) : 5 € Seniors (plus de 60 ans), étudiants (moins de 26 ans), adhérents de l’association Léon Bourgeois et de l’association des amis du musée (AAMFM), personnels du Ministère de la Culture et du Ministère de l’Éducation. Gratuité (sur justificatif) : moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, journalistes, guides-conférenciers, ICOM, visiteurs handicapés. Possibilité de régler votre visite (libre ou guidée) par chèque vacances. Le billet d’entrée donne l’accès aux collections permanentes et expositions temporaires.
VISITES GUIDÉES TEMPLES ET MUSÉE : Chaque samedi à 14h30 et à 16h00 et le dimanche à 14h30.
Avec un guide franc-maçon, partez à la découverte des temples maçonniques du Grand Orient de France et du musée de la franc-maçonnerie.
Histoire, organisation, symbolisme… à l’issue de la visite, la franc-maçonnerie n’aura (presque) plus de secrets pour vous ! Réservation en ligne gratuite – Billets à régler le jour de la visite au guichet du musée :
• Entrée du musée : plein tarif 7€ ; tarif réduit 5€ : moins de 26 ans, plus de 60 ans, pass Education, pass Culture, membre du GODF, membre de l’association des amis du musée ; gratuité (moins de 18 ans, journalistes, demandeurs d’emploi, guides conférenciers, ICOM, visiteurs en situation de handicap). Un justificatif pourra vous être demandé.
• + 7€ par personne de plus de 12 ans pour la visite guidée – Possibilité de régler votre visite par chèque vacances – Merci de vous présenter 15 minutes avant la visite. Pour réserver en ligne en précisant vos nom, prénom et date / heure, c’est ICI.
Hôtel du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, Paris 9e – Photo YG.
Le moment venu, 450.fm publiera, à l’attention de nos SS & FF et tous amis(ies) profanes non franciliens, un diaporama avec quelques représentations des remarquables et percutants dessins de presse.
Lina Chelli, par sa Maîtrise de la musique du Verbe, a réussi, grâce à des acrostiches et des poèmes dédiés, à percer l’épaisseur du langage maçonnique pour y percevoir son essence cachée et mettre en relief cette prose singulière pour le plus grand plaisir du chercheur initié ou du profane en recherche.
Lina est née le 30 mars 1954 à Tunis, elle vient en France avec ses parents en 1957 pour résider à Meaux en Seine-et-Marne. Neuf ans plus tard, tout le monde déménage, direction Marseille. Elle poursuit ses études deux années après le Bac et nous sommes en 1973. Puis c’est la révélation, la même année, elle trouve sa voie. Elle écrit « Vibrations Maçonniques 3,5,7 » composées exclusivement d’acrostiches. C’est le succès. L’année suivante, ce sera un nouveau roman avec « Fumées». Puis l’année d’après, un autre roman avec « L’anneau de Dieu» aux éditions du Désir. Dans la foulée, la même année sort « Sexe Amour et Poésies» qui est un recueil de poèmes aux éditions du Désir. Elle ne s’arrête pas là, puisqu’en octobre 2017 ce sera « I.R.N.I. Une Voie de Lumière » qui est un roman qu’elle autoédite avec Amazon. Puis ce sera « Esther Magnétiseuse », son plus gros succès, sa plus grande réussite, car c’est un roman basé sur une histoire vraie, la sienne et celle de sa mère. Son dernier roman est sorti l’an dernier. Il s’intitule « Bon Voyage Fred ». C’est un livre hommage à Fred qui est décédé le 3 juin 2021 à Marseille d’une maladie foudroyante.
Je dois vous l’avouer depuis mon adolescence j’ai une relation durable avec l’Italie, à tel point que parfois sous les feux de la rampe j’en ai un peu honte. J’ai essayé d’en savoir plus pour comprendre et analyser mon comportement au cas où je serais récupérable. Dans ce sens je vous dois quelques explications. Les symptômes ont commencé tôt au lycée Don Bosco de Nice avec des signes avant coureurs évidents après coup.
Nice, ville proche de l’Italie, Nice le fief de Giuseppe Garibaldi par son histoire tumultueuse avec la Savoie et le comté de Nice. Je ne suis pas historien et je m’en tiendrai à ces quelques bribes d’histoire. Il faut noter qu’il existe à Nice une loge Garibaldi et si je ne m’abuse cette loge propose chaque année une tenue commune avec des loges italiennes.
Tout a donc commencé avec cette école Don Bosco, école religieuse qui eu la chance de m’abriter dès mon adolescence fragile (pléonasme) car les frères (tiens déjà) salésiens avaient la réputation de redresser les faiseurs de torts afin de les mettre dans le droit chemin comme il se doit.
L’Italie voisine, les écoles « franchisées Don Bosco », nombreuses , les tournois de football, sport national italien incontournable, me firent connaitre l’Italie plus que le ballon dont je n’étais pas un grand adepte.
Plus tard vers les vingt ans, sur Paris, une opportunité unique me permit de renouer avec l’Italie si j’ose dire d’une façon originale et ce grâce à la compagnie des wagons-lits. En effet, les élèves des grandes écoles avaient la possibilité pour un travail d’appoint de postuler à la Compagnie Internationale des Wagons-Lits comme « stewart accompagnateur occasionnel ».
J’étais à l’École Nationale du Cirque et je profitais de cette aubaine qui me permit de rencontrer un nombre fou de personnes passionnantes de tous les milieux, comme des voyageurs ou des collègues de travail, aujourd’hui présents sur les radios, ou les chaines de télévisions par exemple.
Le plus passionnant était de pouvoir travailler et de voyager dans toute l’Europe depuis Paris. Évidemment je fis en sorte de m’organiser à réaliser de multiples missions de travail, et ce sur toute l’Italie. Les trains de nuits étaient nombreux à cette époque.
Voilà pour mes anecdotes de jeunesse qui m’ont ouvert les premières portes vers l’Italie.
Depuis je n’ai cessé de me rendre en Italie, à tel point que depuis une bonne quinzaine d’années, avec l’âge avancé de jeune retraité, je passe mon temps entre deux spectacles sur mon île sarde en Italie, c’est vous dire que j’y suis souvent!
Pourquoi je vous raconte tout cela me direz-vous. Tout simplement car on parle régulièrement dans les médias de la fameuse loge P2. Alors je suis allé chercher des infos comme sans doute beaucoup d’entre vous. On se sent interpelé, on veut comprendre.
De ce côté médias, aujourd’hui les analyses sont abondantes et concluantes voire consternantes mêmes si elles ne sont pas toujours très claires sur ce phénomène de spoliation de loge maçonnique.
« JE LE REDIS, J’AIME L’ITALIE »
En 2010 je me suis retrouvé dans une loge du Grand Orient d’Italie où je suis resté 10 ans.
Initié à la GLDF à Paris-Puteaux en 1988, puis après un passage dans les années 2000 à la GLNF, en partie sur la Côte d’Azur (je bougeais beaucoup surtout de part mon métier d’artiste de variétés) j’ai donc suivi mon enrichissement et mon perfectionnement maçonnique dans l’influence italienne et je poursuis aujourd’hui comme je peux, suivant mes voyages, un peu comme dans l’esprit Kipling…
J’avais en quelque sorte une certaine expérience de la maçonnerie en arrivant au Grand Orient d’Italie. J’y suis rentré presque par hasard.
J’étais sur Cagliari, une ville portuaire de la Sardaigne, un frère par relation m’a proposé d’aller en tenue dans sa loge du Grand Orient d’Italie. J’y ai retrouvé la chaleur et la fraternité que l’on ressent dans toute loge tranquille. De plus venant de la France je n’étais pas très au courant de la vie en loge en Italie mais nos conceptions universelles font que nous ne sentons guerre les différences hormis la langue pour échanger.
Petit à petit ayant intégré cette nouvelle obédience, j’ai au fur et à mesure des années appris à connaitre cette obédience et d’une manière plus générale j’ai découvert la maçonnerie en Italie et ses similitudes avec la France. Le propos de cet article n’est pas d’analyser de façon précise et pointue les rouages et le fonctionnement des principales obédiences italiennes, des experts l’ont fait et le font encore avec brio. Je reste dans mon domaine artistique et je me contente de saupoudrer les situations avec une note d’humour.
De l’humour, j’ai souvent trouvé qu’il en manquait quand j’allais visiter. Je pense que cela est dû aux au fait que pratiquer l’humour dans un autre pays que le sien demande une très grande connaissance de la langue de ce pays. D’où le proverbe « Traduttore e trahitore »
Globalement les tenues sont sensiblement égales, je n’ai pas trouvé que le côté latin donnait plus de piment aux tenues sauf dans certaines occasions où l’on retrouve le coté méridional italien avec des discussions qui n’en finissent plus. Quand même on est italien!
J’en viens à notre Cavaliere Berlusconi. Une chose que j’ai comprise, c’est qu’il est difficile de critiquer Berlusconi, il est apprécié par un large public. Je me souviens, de nombreux frères italiens me demandaient ce que nous pensions en France de Berlusconi et j’avais beaucoup de mal à répondre.
Des frères de divers partis politiques opposés l’appréciaient et parfois l’adulaient.
J’ai beaucoup réfléchi, c’est typiquement italien et difficile à comprendre, mais on y arrive!
Une parenthèse, bien qu’éloignée du propos, j’ai été confronté à des similitudes avec des propos délicats à tenir envers le Duce Mussolini, un sujet lui aussi tabou et que de nombreux admirateurs du personnage abordent difficilement.
Je me souviens encore de discussions interminables à l’italienne avec mon voisin berger pour qui Mussolini avait donné du travail aux italiens. J’avais eu le tort en remettre une couche avec un héros plus récent et pour moi plus tranquille car moins sulfureux qu’était Berlusconi.
Erreur! C’était ne rien entendre au Berlusconisme et à ses protagonistes. Pour de nombreux italiens, Berlusconi a apporté énormément en politique pour le renouveau, il a sorti le paysage audiovisuel public d’où il s’était enlisé pour lui « redonner de nouvelles lettres de noblesse » avec de nouveaux concepts télévisuels comme ceux de son groupe Mediaset.
Une partie du grand public le remercie encore aujourd’hui pour cette nouvelle ouverture. Quand vous prenez l’apéritif, chez de nombreuses personnes la marque Berlusconi est présente dans la pièce avec un bel écran TV plat (plus c’est plat, plus c’est creux à l’intérieur) et le logo Médiaset du programme, une animatrice tendance avec si possible une poitrine chaleureuse….
En choisissant de défendre Berlusconi je me suis donné le bâton pour me faire battre.
Sans aucun doute, un homme avec de nombreuses qualités souvent artistiques à ses débuts, un humour personnel difficilement critiquable sauf par lui-même. Il me donne l’impression de s’être très rapidement épuisé. En attendant, financièrement il a réussi…
Il a côtoyé la franc-maçonnerie et sur ce chapitre je n’ai pas réussi à retrouver trace de travaux, mais en toute mauvaise foi comme il se plaisait souvent à parler, j’avoue que je n’ai pas bien trouvé.
Je dois vous avouer également que j’ ai regardé de nombreux reportages sur Berlusconi, j’ai passé beaucoup de temps à étudier toute sa période et ses moments médiatiques.
J’ai appris des choses très intéressantes comme ses rapports avec la mafia et la politique. Cependant j’ai fini par m’ennuyer, par me fatiguer avec ce personnage qui m’est apparu à la fin pas digne d’un grand intérêt, un peu dépassé, très chanceux, très chanceux finalement…
Je n’ai d’autre anecdote à vous compter sur le sujet sauf que dans les années fin 98/99, je retravaillais sur un bateau de croisière où vu la taille énorme du bateau, mon agent artistique avait trouvé bon de rajouter à mes prestations humoristiques un récital de chansons françaises.
Bien sûr pour être sur de son coup il me mit à disposition un super pianiste.
C’est ainsi que j’ai passé plus de six mois en Méditerranée et aux Caraïbes avec un pianiste, Andrea, qui au bout de quelques jours se dévoila être un frère.
Mais quelle histoire! Il m’avoua qu’il travaillait sur cette croisière comme pour rembourser une dette.
En effet, il avait fait une erreur de rentrer dans une loge qui allait faire parler d’elle par la suite car elle s’appelait « Loge P2 », maintenant je paye les pots cassés m’avait-il dit.
Un très bon pianiste et chanteur aussi, nous avons souvent parlé de maçonnerie et chanté ensemble la chanson québécoise de
Raymond Lévesque « Quand les hommes vivront d’Amour »
Le 230e anniversaire de la première abolition de l’esclavage en France – le 16 pluviôse An II, soit le 4 février 1794 – représente une date historique importante. Cette abolition, qui a eu lieu durant la Révolution française, a marqué une étape cruciale dans la lutte contre l’esclavage et pour les droits de l’homme.
En 1794, la Convention nationale, sous l’influence des révolutionnaires et des militants antiesclavagistes, a déclaré l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.
Cet acte a été un événement majeur, bien qu’il ait été révoqué par Napoléon Bonaparte en 1802 pour des raisons économiques, politiques, stratégiques et idéologiques dont essentielles : l’économie des colonies françaises, notamment celles des Antilles, était fortement dépendante de la main-d’œuvre esclave pour la production de sucre, de café et d’autres biens et le fait que le rétablissement de l’esclavage semblait être nécessaire pour maintenir l’ordre et la stabilité dans les colonies, notamment après les révoltes d’esclaves et les conflits sociaux qui avaient suivi l’abolition initiale.
L’abolition définitive de l’esclavage dans les colonies françaises n’est intervenue qu’en 1848, sous la Deuxième République, dirigée à cette époque par Victor Schoelcher (1804-1893) journaliste et homme politique, initié au sein de la loge parisienne « Les Amis de la Vérité » au Grand Orient de France. Mais ceci est une autre histoire…
Victor Schœlcher, par Étienne_Carjat.
Le 230e anniversaire est l’occasion de commémorer cette décision historique, de réfléchir à l’histoire de l’esclavage et à son héritage, ainsi qu’à la lutte continue contre toutes les formes de discrimination et d’oppression. C’est aussi un moment pour éduquer les générations actuelles et futures sur l’importance des droits de l’homme et de la dignité humaine. C’est aussi l’action que le maçon doit conduire au dehors du temple. Une façon, à sa manière, de le reconstruire !
Le mardi 4 février 1794 est donc une date historiquement importante.
L’abolition de l’esclavage en 1794 par la France fut l’une des premières abolitions légales de l’esclavage dans un grand empire colonial. Cela représentait une avancée significative dans la compréhension et la mise en œuvre des droits de l’homme à une échelle globale.
L’abolition est survenue dans le contexte de la Révolution française, qui a propagé des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, si chers à la franc-maçonnerie. Ces idéaux ont eu un impact profond non seulement en France mais aussi dans le monde entier, influençant les mouvements pour la démocratie et les droits humains dans d’autres pays.
L’abolition a été en partie le résultat des révoltes d’esclaves, en particulier celle de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) qui a débuté en 1791. Cette révolte a démontré la force et la détermination des esclaves, acteurs actifs, à lutter pour leur liberté.
Les acteurs de cette première abolition
En premier lieu, la Société des Amis des Noirs, organisation abolitionniste française fondée en 1788. Elle joua un rôle crucial dans la lutte contre la traite des esclaves et l’esclavage dans les colonies françaises. Cette Société a été influencée par des mouvements abolitionnistes similaires dans d’autres pays, notamment la Société pour l’Abolition de la Traite des Esclaves, fondée en Grande-Bretagne en 1787.
Brissot, défenseur des hommes de couleur.
La Société des Amis des Noirs comprenait des intellectuels, des politiciens et des écrivains. Parmi ses membres les plus éminents figuraient Jacques-Pierre Brissot, qui en fut un des fondateurs et leaders, et Maximilien Robespierre. D’autres personnalités notables comme le marquis de Condorcet et le plus grand orateur de la Révolution, le comte de Mirabeau – dont on suppose qu’il a reçu la lumière puisqu’affilié aux « Neuf Sœurs » le 22 décembre 1783 – étaient également impliquées.
Les principaux objectifs de la Société étaient l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage. Ils cherchaient également à améliorer les conditions de vie des Noirs dans les colonies françaises et à promouvoir l’égalité des droits. Pour cela, elle utilisait divers moyens pour atteindre lesdits objectifs, notamment la publication de pamphlets, l’organisation de réunions et de débats, ainsi que le lobbying auprès des responsables politiques. Elle tentait de sensibiliser le public et les législateurs aux injustices de l’esclavage et de la traite des esclaves.
Léger-Félicité Sonthonax.
Il faut compter aussi sur les Commissaires de la République en mission à Saint-Domingue. Au premier chef, Léger-Félicité Sonthonax (1763—1813), révolutionnaire girondin et premier législateur abolitionniste français en promulguant, le 29 août 1793, l’abolition générale de l’esclavage dans la province du Nord de Saint-Domingue, plusieurs mois avant que la Convention ne décide, à Paris, l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies, le 4 février 1794.
Et Étienne Polverel (1738-1795) qui fut aussi, avec Léger-Félicité Sonthonax, un des premiers abolitionnistes de l’esclavage en France, copubliant le 29 août 1793, l’abolition générale de l’esclavage dans la province du Nord de Saint-Domingue.
Sous la pression des événements aux colonies et des mouvements abolitionnistes en métropole, la Convention nationale a voté l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises le 4 février 1794
Bien que cette abolition ait été révoquée en 1802, elle a posé un précédent et a contribué à des mouvements abolitionnistes plus larges. L’abolition définitive de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848 a été influencée par ces premières mesures.
GODF, grand temple Arthur Groussier, détail – Photo YG.
La commémoration, en 2024, de cette abolition aide à sensibiliser aux impacts historiques et actuels de l’esclavage, ainsi qu’à la nécessité continue de lutter contre le racisme et la discrimination. Cela rappelle également l’importance de reconnaître et de respecter les droits humains universels.
Ce 230e anniversaire est une occasion, pour le ‘’bâtisseur de cathédrale’’ qu’est le maçon du XXIe siècle, de réfléchir sur les progrès réalisés dans la lutte contre l’esclavage et les inégalités, tout en reconnaissant qu’il reste encore beaucoup à faire pour éradiquer les formes modernes de servitude et de discrimination.
Mais, en 1794, que fut l’implication des maçons dans cette première abolition de l’esclavage ?
Historiquement, il y a eu des liens entre certains francs-maçons et les mouvements abolitionnistes, mais attribuer l’abolition de l’esclavage uniquement à l’action des francs-maçons serait réducteur. L’art royal, influencée par les idéaux des Lumières, promouvait des valeurs telles que la liberté, l’égalité et la fraternité, qui étaient également des principes centraux de la Révolution française. Ces valeurs ont influencé la pensée et les actions de nombreux révolutionnaires, y compris dans leur position vis-à-vis de l’esclavage.
Plusieurs membres éminents de la franc-maçonnerie étaient également des partisans de l’abolition de l’esclavage. Bien que certains francs-maçons aient pu influencer le discours sur l’abolition de l’esclavage, il n’existe pas de preuve directe que la franc-maçonnerie en tant qu’ordre initiatique ait joué un rôle déterminant dans l’abolition de l’esclavage en 1794. L’abolition était le résultat d’une multitude de facteurs, y compris les révoltes d’esclaves, les pressions politiques et les idéaux révolutionnaires.
Proclamation de Léger-Félicité Sonthonax en créole.
À l’époque, les sociétés secrètes, nous dirions discrètes et à secrets de nos jours, y compris la franc-maçonnerie, étaient souvent suspectées d’influencer la politique. Cependant, il est difficile de tracer des liens directs et concrets entre les actions de ces sociétés et des événements politiques spécifiques comme l’abolition de l’esclavage. Ladite abolition résulte d’un ensemble de facteurs sociaux, politiques et idéologiques. Dont des esprits favorables ont été le réceptacle.
Pour le maçon, l’abolition de l’esclavage est perçue comme une étape fondamentale dans le développement et la maturation de notre civilisation. C’est, tout d’abord, la reconnaissance que tous les êtres humains possèdent une dignité intrinsèque et des droits inaliénables. L’abolition est vue aussi comme une avancée significative sur le plan moral et éthique. Elle contribue à la promotion et à l’adoption de principes de droits humains universels, posant des bases pour d’autres mouvements de libération et de droits civiques, renforçant l’importance de la justice sociale et de l’égalité.
Marianne, grand temple Arthur Groussier – Photo YG.
Par ailleurs, en promouvant l’égalité et en éliminant une source majeure de conflit et d’oppression, l’abolition de l’esclavage a contribué à la création de sociétés plus stables et pacifiques.
Jalon crucial dans l’histoire de l’humanité, symbolisant un rejet des pratiques oppressives et un engagement envers des valeurs de justice, d’égalité et de respect de la dignité humaine, l’abolition est un premier pas important pour une société plus équilibrée et plus humaine. À nous de faire le second. Au travail !
En 2024, il reste encore des Bastilles à faire tomber, notamment concernant les esclavages invisibles de l’islam – à quand l’heure de vérité…
En France, il y a plus de vingt ans, le 10 mai 2001, était adoptée la « loi Taubira », qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.