Le monastère Sainte-Catherine du Sinaï, également connu sous le nom de monastère de la Transfiguration, est l’un des plus anciens et des plus significatifs lieux de culte chrétiens dans le monde.
Son histoire, son emplacement et son patrimoine culturel et spirituel offrent une fenêtre unique sur le passé et continuent d’influencer le présent de multiples façons.
Fondé au VIe siècle, sous l’égide de l’empereur Justinien Ier qui régna de 527 à 565 après J.-C., une des figures les plus marquantes de l’histoire byzantine, le monastère a été construit autour du site où, selon la tradition, Moïse a vu le buisson ardent.
La ronce multi centenaire du monastère est considérée comme étant le Buisson ardent biblique.
L’épisode du buisson ardent est l’un des moments les plus symboliques et significatifs de la Bible, raconté dans le livre de l’Exode, chapitre 3. Cet événement marque l’appel de Dieu à Moïse pour qu’il devienne le libérateur du peuple d’Israël, alors en esclavage en Égypte.
Près de l’église, le monastère abrite également le « puits de Moïse » qui, selon une tradition légendaire, est le lieu où le prophète aurait rencontré sa future épouse. C’est à l’âge de 40 ans que Moise s’enfuit d’Égypte vers le mont Horeb et il y trouva les sept filles de Jethro près de ce fameux puits avec leurs troupeaux. Moise épousa par la suite Tsippora, une des sept filles de Jethro.
Puits de Moïse.
La rencontre de Moïse avec les filles de Jéthro est souvent interprétée comme une intervention divine, guidant Moïse vers sa nouvelle vie en dehors de l’Égypte et le préparant à son futur rôle de leader du peuple d’Israël.
Le Monastère Sainte-Catherine, situé au pied du Mont Sinaï en Égypte, est en effet souvent associé au site biblique où Moïse aurait reçu les Tables de la Loi, également connues sous le nom des Dix Commandements. Cet événement, l’un des moments les plus significatifs de la Bible, est central dans les traditions juive, chrétienne, et islamique, symbolisant l’alliance entre Dieu et le peuple d’Israël.
Le Mont Sinaï, également appelé Mont Horeb dans certaines parties de la Bible, est considéré comme un lieu sacré.
Cette longue histoire en fait l’un des plus anciens monastères chrétiens continuant à fonctionner sans interruption depuis sa fondation.
De nombreux événements (buisson ardent ; Tables de la Loi) sont relatés dans les livres de l’Exode, Lévitique, Nombres, et Deutéronome.
Le sommet du mont est un site de pèlerinage important pour de nombreux croyants qui souhaitent marcher sur les pas de Moïse.
Sainte Catherine par le Maestro de Altura (vers 1475), Musée des Beaux-Arts de Valence, détail.
Le monastère est, lui aussi, un site de pèlerinage pour les fidèles de plusieurs confessions chrétiennes. Il est dédié à Sainte Catherine d’Alexandrie (en Égypte), princesse chrétienne dotée d’une grande beauté, d’une intelligence exceptionnelle et d’une grande éducation, une martyre chrétienne du début du IVe siècle, dont les reliques sont censées avoir été miraculeusement transportées par des anges au sommet de la montagne où le monastère a plus tard été fondé.
Le monastère abrite une collection inestimable d’icônes religieuses, de manuscrits anciens et d’art chrétien, dont certains sont uniques et d’une importance capitale pour l’histoire de l’art et de la religion. La bibliothèque du monastère est la deuxième plus ancienne au monde en continuité d’exploitation, après celle du Vatican, contenant des milliers de manuscrits en plusieurs langues.
Le complexe du monastère, avec ses murs fortifiés, est un exemple exceptionnel de l’architecture byzantine primitive. Il a été construit pour résister aux attaques et servir de refuge spirituel, reflétant les périodes de turbulence à travers les âges.
Situé dans un cadre montagneux spectaculaire, le monastère est entouré d’une nature relativement préservée, qui abrite une variété de plantes et d’animaux endémiques. Cet environnement offre un cadre paisible et isolé, propice à la contemplation et à la méditation.
Le monastère de Sainte-Catherine est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002. Cette reconnaissance met en lumière son importance culturelle, historique et spirituelle, non seulement pour l’Égypte mais pour le monde entier.
En plus d’être un lieu de culte, le monastère fonctionne également comme un centre d’études religieuses, où des chercheurs du monde entier viennent étudier ses manuscrits et œuvres d’art.
Sainte Catherine’ Transfiguration.
Le monastère Sainte-Catherine représente un lien vivant avec le passé chrétien et continue d’être un témoignage de la foi, de l’art et de l’histoire humaine à travers les siècles. Sa survie jusqu’à nos jours, malgré les défis historiques et contemporains, témoigne de sa résilience et de son importance continue pour les fidèles et les chercheurs du monde entier.
Le récent décès de l’avocat Robert Badinter, qui a fait de l’abolition de la peine de mort, le combat de sa vie, remet en lumière la question de la sanction pénale ordonnant ainsi depuis 1981 le maintien en vie du condamné, bien qu’ayant commis le crime de supprimer celle d’un citoyen. En tant que francs-maçons et franc-maçonnes nous sommes interpellés par cette abolition dans le cadre fictionnel de la fameuse légende d’Hiram, socle philosophique de notre mouvement. Au sens où le serviteur du roi Salomon, qui dans un réflexe de vengeance, poignarde à mort l’assassin de son architecte, et se trouve précisément gracié par le roi. La clémence exceptionnelle de celui-ci, longtemps hésitant, s’explique par le dévouement particulier de son serviteur zélé, mais contrevenant à l’interdiction de faire justice soi-même.
Certes, pour continuer un instant de filer la métaphore, la mort d’Hiram, talentueux architecte, est une perte immense pour le royaume, prétexte à même d’atténuer le geste vengeur du serviteur en cause. De plus, la caution royale ne peut que lui donner un sentiment de toute puissance, voire d’y trouver une sorte de permission divine. Mais s’arrête là notre rôle d’avocat du diable dans cette fiction : S’il a des circonstances atténuantes, il est évident que ce majordome à la disposition du roi Salomon – incapable de se maîtriser – ne devait pas se substituer à la loi !
La vengeance instinctive
Revenons au réel, et malheureusement à l’actualité mortifère, partout dans le monde, en ce début du XXIème siècle :
Si la vengeance (du latin vindicare, délivrer, punir) peut apparaître légitime dans certains cas, elle n’est pas légale exercée individuellement, dans une société civilisée, régie par des règles et, justement des lois ! Avec de surcroît l’usage spontané de la violence, cette vengeance apparaît comme un réflexe quasi-animal de défense (et non une réflexion !) sous forme de riposte à l’acte délictueux commis ! En termes de réplique, la vengeance « instinctive » pourrait presque apparaître comme normale !
Au vrai, parce que nous sommes précisément des animaux sociaux, doués de raisonnement (à défaut souvent de raison !) il y a dans ce processus une idée complexe…d’égalité : Il s’agit de faire endurer à l’agresseur ce qu’il nous a fait endurer ! Et ainsi, imagination aidant, de transformer l’état d’infériorité dans lequel on s’est senti, en état de supériorité ! L’automobiliste qui vient d’être victime d’une dangereuse « queue de poisson » sur l’autoroute rattrape l’auteur du délit et lui fait subir à son tour la même « queue de poisson », en le frôlant encore plus près et en freinant brusquement devant lui. Il sera lui-même rattrapé à nouveau par le premier, pour continuer le « jeu » et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’un des automobilistes sorte de l’autoroute… La vengeance serait, dit-on, « libératrice ». C’est oublier ici l’accident grave possible !
Or, les grandes tragédies antiques et modernes montrent que la mort infligée pour se venger de la perte d’un être cher, n’atténue pas le chagrin des meurtriers vengeurs (Eschyle, Roméo et Juliette, Hamlet). Non seulement, la vengeance fait entrer dans un cycle infernal (vengeances de vengeances = guerres de guerres) mais elle peut entraîner un sentiment de culpabilité. Se venger directement, c’est en effet adopter la même attitude que l’attaquant et ainsi s’abaisser à son niveau, ce qui ne donne pas au final, une bonne image de soi !
Tout autre est de nos jours, l’attitude exemplaire de l’avocat Serge Klarsfeld – dont le père a été déporté à Auschwitz-Birkenau – qui, avec son épouse, poursuit inlassablement les anciens nazis, coupables de crimes de guerre, et a réussi à en faire traduire un bon nombre devant les tribunaux internationaux. La vengeance du couple consiste en l’occurrence à défendre une cause juste, sans d’aucune manière, faire justice lui-même. C’est précisément la justice des pays concernés qui, en punissant ces criminels, offre un dédommagement moral aux familles des victimes. Il ne leur rendra certes pas la vie, mais cette forme de réparation est honorable et digne.
La loi du Talion
La justice, en tant que préoccupation humaine, est une vieille histoire. Dès que l’homme a organisé la cité, il a éprouvé le besoin d’organiser et de codifier aussi la vie en société, donc, par le biais d’un intermédiaire officiel du peuple, de valoriser les actes profitables à chacun et de punir ceux qui lui nuisent. Ainsi sont nés les tribunaux, lieux où officiaient les tribuns (pourfendeurs ou défenseurs des causes, au grand talent oratoire, s’exprimant depuis une tribune) et où cette justice est toujours rendue. Depuis les années 1100, les tribuns ont changé de nom en France, pour – avec souvent la même vibrante fonction orale – s’appeler « avocats » (du latin advocatus, voix).
Qui dit tribunal, dit lois. Celles-ci ont eu dès leur institution, le but d’éviter que chacun édicte les siennes, et partant, fasse justice soi-même ! Nous devons à Hammurabi, sixième roi de la première dynastie de Babylone, le code qui porte son nom, et établi vers 1730 avant notre ère. Ce n’est pas un petit livret mais bien un imposant registre de lois – en quelque sorte l’un des ancêtres du code civil – qui comporte plus de 200 jurisprudences. Une bonne partie traite des différentes formes de crimes et délits, ainsi que des peines et punitions encourues.
Ce code a été dénommé « la loi du Talion » (du latin talis, tel, pareil) qui a lui-même inspiré la législation hébraïque (Lévitique, XXIV 17-23) ayant donné lieu à l’expression célèbre et très significative : œil pour œil, dent pour dent. De fait, ce « Talion » vise un certain bon sens : il veut éviter à la fois la vengeance individuelle (style « vendetta » corse) et le recours à un tiers « non accrédité » à même de statuer selon son appréciation subjective. On pourrait ainsi résumer le principe de ce code comportant une liste de délits (les plus courants dans la vie quotidienne) par la formule : tel délit, telle peine. Ou même, telle maladie, tel remède !
Platon en vante l’application dans l’un de ses textes, à propos du parricide : « La justice a recours à la loi en cause, pour qui a commis ce forfait. Il s’agit de subir à son tour le forfait même qu’il a commis. A-t-on fait périr son père, un jour viendra où soi-même on devra se résigner à subir par violence un sort identique de la part de ses enfants. Est-ce sa mère que l’on a tuée ? Il est fatal qu’on quitte alors la vie ultérieurement sous les coups de ceux que l’on a engendrés. Il n’y a point d’autre purification efficace pour le sang commun que l’on a contaminé… ».
On ne peut mieux illustrer cette loi du Talion ! A noter qu’elle veut manifestement lutter contre la violence individuelle. Elle a certainement inspiré la loi qui définit la « légitime défense », laquelle prend en compte les moyens employés pour se préserver. Etre attaqué à mains nues ne justifie pas forcément que l’agressé crible de balles de révolver son agresseur ! Mais il est bien difficile d’établir ce qui est permis ou interdit en termes de riposte, selon les circonstances même de l’attaque. Et son vécu par les intéressés !
Comme vient de nous le montrer la réflexion de Platon, le principal effet de la loi du Talion, lorsqu’il y a meurtre, porte sur la mort infligée et sa réciprocité sous forme de condamnation du tueur. Tu as tué, tu dois être tué !
Ce qui a, en son temps, provoqué la raillerie de Victor Hugo :
– « Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant !
Et, plus tard, cette remarque profonde d’Albert Camus :
– « Mais qu’est-ce donc que l’exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait de criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ?! ».
La force du droit
En vérité, la loi du Talion ne considère que le dommage établi, en proposant de rendre coup pour coup au fauteur – peine de mort ou préjudice matériel, par exemples – mais ignore sa responsabilité. Elle en reste ainsi au principe « d’égalité de traitement » sans envisager de réparation. Selon le Talion, si après une altercation avec mon voisin, je crève les pneus de sa voiture, il peut estimer qu’il a un légitime un « droit de retour » en crevant les pneus de la mienne. Mais je ne suis pas tenu de payer ses frais de remise en état et, bien entendu, inversement. Et nous sommes partis dans la spirale de la vengeance. Donc de la haine sans fin ! Ainsi se perpétuent les guerres, nous le savons.
A notre époque et en Occident, la justice va plus loin que la notion de vengeance. Le droit, ou plutôt la force du droit, prime sur le sentiment. Il s’agit certes de punir le coupable, mais encore de le condamner à indemniser sa victime. Il convient aussi de lui faire prendre conscience de la nocivité de son acte : en ce sens, il peut être astreint à suivre un stage de « réinsertion sociale ». Ainsi celui qui a « tagué » des wagons de chemin de fer ou de métro peut être condamné à une peine de prison assortie de « cours de civisme », qui plus est à une forte amende et parallèlement au nettoyage desdits wagons. De la même manière, un conducteur, pris pour excès de vitesse, devra, – outre le paiement sa contravention et une perte de points sur son permis de conduire – s’il veut les récupérer, suivre des cours de code de la route, pour « mise à jour » de ses connaissances en la matière.
Reste le châtiment à infliger lorsqu’il y a suppression de la vie d’autrui par un criminel. La peine de mort a donc été abolie en France en 1981 mais plus de 50% des français voudraient qu’elle soit rétablie aujourd’hui. Ce désir de rétablissement est pour sûr une réponse émotionnelle, à la montée de la violence et notamment aux récents attentats sur le territoire, depuis le début 2015. C’est un réflexe de défense, disent les sociologues : Il est naturel que les partisans de la peine de mort pensent à leur famille en donnant cette opinion spontanée. Elle se transformerait en opposition à ladite peine de mort, lorsqu’il y a réflexion à posteriori, affirment les mêmes sociologues.
En vérité, il apparaît que la société des Hommes, bien que parvenue à un haut degré sur l’échelle de la civilisation, a encore des barreaux à grimper, en termes de connaissances et de perfectibilité ! Elle ne peut notamment prétendre, au stade actuel de l’homo sapiens, à aucune vérité en matière de vie et de mort. La science, sa science, ne lui a pas encore dit vraiment ce que sont la vie et la mort ! Certes, l’homme et la femme – s’ils savent peu de choses encore sur le début de l’humanité – donnent tout de même cette vie mystérieuse à d’autres êtres humains, et c’est en soi, merveilleux, ô combien précieux et respectable.
Mais, justement parce que la vie est sacrée, ont-ils le droit de la supprimer ? Oui, répondent évidemment, sans vergogne, les criminels ! Oui, répondent aussi fermement les partisans de la loi du Talion contre ces mêmes criminels !
La réponse de la justice
Ici intervient la justice, institution créée par la raison des hommes, afin d’éviter la vengeance sauvage. Mais pour sa part, elle ne propose, en France, dans l’état actuel des choses, que la prison à vie comme peine de substitution à la peine de mort. Une peine de prison pour le criminel qui, avec le jeu des remises de peine pour…bonne conduite, est souvent réduite. De la sorte, répondent les citoyens sceptiques, le criminel se retrouve dehors après une vingtaine d’années d’enfermement… prêt à recommencer d’autres crimes (les faits, malheureusement, en témoignent)!
La justice répond que ce criminel n’est plus la même personne, qu’il a évolué, qu’il s’est cultivé, qu’il a payé sa dette à la société. Et qu’il a droit à une deuxième chance. La victime, elle, n’a pas eu droit à une deuxième vie. Contradictions et paradoxes de la condition humaine !
L’homme est un animal social mais aussi croyant en un mystère qui le dépasse, voire en une ou des forces supérieures. Mieux que le besoin de croire, il a le désir de croire. Il a ainsi besoin de récits pour vivre. Précisément, parce qu’il ignore son origine, son début dans l’univers, il a inventé des dieux créateurs, puis un dieu, à travers les trois religions, dites « du Livre ». C’est à dire trois Livres : l’ancien et le nouveau Testament, deux livres qui constituent la Bible (du latin ecclésiastique biblia, livres sacrés et du grec biblia, livres) et le troisième, le Coran (du mot arabe al qur’an, la lecture par excellence). Les trois Livres évoquent la loi du Talion : le Judaïsme et l’Islam pour l’approuver sous conditions, et le Christianisme pour s’y opposer. Jésus en parle en ces célèbres termes :
« Tu as entendu le Talion : œil pour œil et dent pour dent. Moi je te recommande plutôt de ne pas contredire celui qui te cherche querelle. Ne rend ni les insultes ni les coups. S’il te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi la joue gauche. S’il veut te prendre ta tunique, donne-lui aussi ton manteau. S’il désire tes sandales, offre-lui avec ta ceinture. S’il te force à marcher mille pas, propose-lui d’en faire deux mille ensemble pour le connaître. Donne à qui te sollicite. Ne tourne ni le regard, ni le dos à personne ».
Une bonne façon de ne pas entrer dans le cycle de la revanche…mais qu’il est, bien entendu difficile d’appliquer à la lettre. Une belle métaphore aussi : Rendre le bien pour le mal. L’homme étant ce qu’il est, il n’est pas certain que la morale christique soit ici comprise d’emblée. Mais la persévérance est le secret de tous les triomphes !
Pardonner, est-ce possible ?
La fiction vient de nous donner sa version : le serviteur de Salomon, ivre de colère, n’a pas su se maîtriser à la vue du meurtrier d’Hiram, et l’a poignardé sauvagement. Le roi, qui veut punir son subordonné de cette inconséquence en ordonnant sa mise à mort, se laisse finalement convaincre par les Maîtres de sa cour, et il lui laisse, – de justesse si ce n’est de justice ! – la vie sauve. En accordant ainsi son pardon, le roi rompt le cycle de vengeance.
Qu’est-ce que « pardonner » veut dire ? Lorsque je demande « pardon » en passant devant quelqu’un, davantage même qu’une excuse, je lui témoigne d’abord mon respect. Ce mot « pardon » – comme bonjour, bonsoir, au revoir, merci – est l’une des clés de l’ouverture à l’autre. Malheureusement, des paroles – nous l’avons dit dans d’autres articles – qui se perdent aujourd’hui. Paroles perdues, qu’il nous faut retrouver, pour retrouver aussi la convivialité, le bien être du « vivre ensemble ».
Le verbe « pardonner » contient lui aussi, avant tout, cette reconnaissance de l’autre, cette déférence pour la « personne humaine », que je suis moi-même, avant de juger ses actes. Puis, vient ce jugement, et la décision, non pas d’absoudre le délit commis, non pas de l’oublier, non pas de l’effacer, car c’est impossible, mais de prendre de la hauteur, pour mieux appréhender la situation. Précisément, par ma réflexion, ma bonne volonté, par ma générosité, par don de ma raison, j’offre, je donne à cet autre un « supplément d’humanité » ! Il s’agit en quelque sorte, de séparer l’événement et la personne. Tu vaux mieux que tes actes, dit le philosophe Paul Ricoeur, pour définir son pardon à un offenseur.
Pardonner. Est-il vraiment possible de faire cet effort, car il s’agit bien d’un effort, considérable même parfois ? Est-ce vraiment possible de changer de logique, qui plus est devant l’abomination : c’est-à-dire de passer d’une furieuse envie instinctive, naturelle, de rendre le coup reçu, à une sage décision apprise, culturelle de s’abstenir ? Il est clair que si l’homme, par son éducation, sa volonté, son raisonnement, n’avait pas cette possibilité de dominer ses instincts, de ne pas répondre au mal par le mal, nous ne connaîtrions pas un moment de paix sur terre, la guerre appelant la guerre, nous le répétons ici.
Au vrai, l’exercice du pardon se pratique au quotidien ! Sans même parfois que l’offenseur ne le sache. Vous ne protestez pas lorsque votre voisin de palier prend l’ascenseur devant vous sans vous attendre ; vous restez impassible lorsqu’au restaurant, le garçon renverse de la sauce sur votre manche sans s’en apercevoir ; vous vous résignez lorsque dans le métro, un goujat passe devant vous et s’assoit à la place que vous convoitiez. Parce que vous ne voulez pas faire d’histoires, parce que, de fait, ce sont ici, les « petites choses de la vie » !
Mais en revanche, vous vous énervez en rentrant chez vous un soir quand vous constatez qu’une fuite d’eau provenant de l’étage supérieur a dévasté le plafond de votre salle à manger ! Vous êtes d’autant plus en colère maintenant que le locataire concerné est de mauvaise foi, devient agressif, insultant et menaçant de surcroît, et ne veut pas signer le constat amiable de ce dégât des eaux. Ainsi s’installe en vous un ressentiment légitime : non seulement votre appartement est endommagé, mais vous craignez de ne pas être remboursé par votre assurance. Et vous attendez les excuses du responsable, qui ne viendront sans doute jamais ! Une envie de « casser la figure » à ce malotru vous traverse !
En dehors du fait que maintenant, vous ne saluez plus cette personne, un sentiment mêlé d’injustice et de révolte vous taraude. Jusqu’au moment où, après échange avec votre conjoint, vous vous apercevez que vous pouvez modifier la situation en « faisant la part des choses ». Vous ne changerez pas la mentalité du fauteur, parce qu’on ne change pas les autres. Mais vous pouvez changer votre regard sur le problème…dont la solution est en vous, en toute liberté. C’est vous qui éprouvez un malaise, sans doute pas l’autre ! Il s’agit donc de stopper cette rumination alimentée par la rancœur qui gaspille votre énergie vitale. Et d’investir celle-ci dans des occupations enrichissantes, voire « déstressant », telle le yoga ! Ne plus en vouloir à quelqu’un, c’est une forme de pardon. Pardonner, c’est cesser de haïr !
Nous le constatons, la notion de pardon « évolue » sur une échelle d’appréciation. Selon la faute commise et qui nous porte préjudice, de l’impolitesse de l’un à la maladresse de l’autre, du plafond abimé à la menace physique reçue. Autant de mauvaises manières et de dégâts subis qui provoquent au final nos émotions et sentiments : De l’agacement à la colère, de l’exaspération à l’envie d’en venir aux mains ! Autant de troubles de l’humeur qui ne conduisent pas vraiment à l’idée de pardon ! C’est précisément leur domination qui en ouvre le chemin et fait sans doute du pardon, une précieuse vertu !
Au-delà de l’impardonnable ?
Comme l’intolérable est la limite de la tolérance, le pardonnable est toutefois limité par l’impardonnable. C’est la civilité, le sens de l’autre, la reconnaissance de soi dans cet autre, et pour tout dire une forme d’amour fraternel qui nourrissent le pardon. Comment pardonner, dès lors, aux criminels qui ont ensanglanté le XXème siècle ?! Entre autres abominations, trois génocides, arménien, juif, rwandais, trois horreurs épouvantables. Et, décidément parce qu’une cruauté reptilienne habite toujours le cerveau humain, comment pardonner cette tuerie du 7 octobre dernier en Israël ? Autant de crimes atroces qui ont été commis soit disant par des monstres – qualificatifs qui les mettraient à part de notre espèce !- mais ces monstres en question sont bel et bien des êtres humains, qui appartiennent à notre société humaine, qu’ils avilissent !! Ils ont ainsi commis des meurtres épouvantables, en reniant leur propre condition. Pour le plaisir pervers de commettre le mal, de faire souffrir et de tuer leurs semblables. C’est difficilement pensable, tellement horrible, et pourtant une triste réalité, impossible à mettre en mots exacts !
Comment pardonner l’incompréhensible ?! Comment aborder humainement ce qui, précisément dépasse l’entendement humain ? Après les génocides précités, les effroyables évènements actuels, tant au Proche-Orient qu’en Europe de l’Est laissent penser que nous entrons dans un nouveau cycle d’affrontements sanglants : Il ne s’agit même plus de « pardon » – un mot en rapport avec la bonté qui disparaît du vocabulaire – devant des crimes permanents contre l’humanité, que l’on ne peut même pas punir en retour ?! Autant de faits odieux, autant de questions qui restent en suspens dans notre petit cerveau d’homo sapiens, qui comprend seulement qu’il n’a pas terminé son évolution.
La preuve est devant nos yeux au quotidien, notamment par écrans interposés : Atterrés, nous constatons que l’homme est capable du pire. Dans ces conditions, les fictions des rites maçonniques peuvent paraître bien dérisoires ! Néanmoins, elles nous rappellent d’une part que la vengeance après les méfaits commis nous expose toutefois à des représailles « en boucle » et d’autre part que le pardon, a ses limites. Partant, nous saisissons l’intérêt d’un Art Royal qui doit nous pousser toujours plus loin, « à la parole échangée », au débat productif, au fil de ses degrés. Pour appuyer nos réflexions et nous soutenir, ce qui n’est pas négligeable, en ce temps guerrier revenu !
Nous l’avons dit précédemment. Ce n’est pas le tablier qui fait le tailleur de pierre ni l’armure qui constitue le Chevalier. Les degrés de l’échelle initiatique du rite ne doivent pas être considérés dans un cadre hiérarchique et compétitif. Leur fonction est de contribuer, plus que jamais aujourd’hui, à une élévation individuelle et collective de la pensée, pour parfaire l’Homme, fini sans être …achevé !
C’est à dire, ce qui lui reste encore à réaliser en termes civilisationnels : EDUQUER, cette créature que nous sommes, à augmenter, certes, à la fois par les avancées scientifiques, mais aussi de la raison. Pour parvenir vraiment au perfectionnement de soi et à l’acceptation de l’autre, notre semblable ! Je suis parce tu es, tu es parce que je suis !
La chanson « Les loups sont entrés dans Paris » interprétée par l’acteur et le chanteur français d’origine italienne Serge Reggiani (1922-2004) – 20 ans déjà ! –, avec des paroles de l’écrivain et scénariste Albert Vidalie (1913-1971) qui, tout au long de sa carrière a utilisé sa plume pour explorer et critiquer les injustices de la société, et une musique de Louis Bessières, est riche en allégories et symbolisme…
Sortie en 1967, cette chanson utilise l’image des loups envahissant Paris comme métaphore pour explorer des thèmes plus profonds tels que la nature humaine, la société, et potentiellement les périodes de crise ou d’occupation.
Blason de la 33e division SS « Charlemagne » constituée majoritairement de Françaisengagés volontaires pour combattre sous uniforme allemand avec les forces armées du Troisième Reich.
L’allégorie principale de la chanson repose sur la comparaison entre les loups, des créatures sauvages et prédatrices, et les forces destructrices qui peuvent s’infiltrer dans une société humaine, notamment lorsqu’elle est affaiblie ou en période de crise. Les loups représentent ici les dangers externes ou internes qui menacent l’ordre social, l’intégrité morale et la sécurité des individus. Cette invasion symbolise la perte de contrôle et l’effondrement des valeurs qui maintiennent une communauté unie et fonctionnelle.
Seuil «Der naturen bloemen», de Jacob van Maerlant, manuscrit flamand, vers 1345-1350, The National Library, La Haye.
La chanson évoque également la peur, l’apathie et la démission des citoyens face à l’avancée de ces forces destructrices, critiquant peut-être l’inaction ou la complaisance de la société face aux menaces qui pèsent sur elle. Le fait que les loups entrent dans Paris sans résistance souligne une critique plus large de la façon dont les sociétés peuvent échouer à protéger leurs valeurs les plus fondamentales face à des défis majeurs.
Bien que la chanson puisse être interprétée de plusieurs manières, certains y voient une référence aux périodes d’occupation ou aux moments de l’histoire où Paris, et par extension, la France, a été confrontée à des forces oppressives ou destructrices. Cette allégorie sert à rappeler les conséquences de l’ignorance et de l’inaction, tout en mettant en lumière la résilience nécessaire pour faire face aux périodes sombres de l’histoire.
Dans son ensemble, « Les loups sont entrés dans Paris » est une puissante réflexion sur la fragilité de la civilisation et les responsabilités individuelles et collectives dans la préservation de l’ordre social et moral.
Que retenir de cette allégorie ?
L’allégorie des « loups sont entrés dans Paris » nous ramène donc aux envahisseurs du territoire national, aux ennemis, aux forces de destruction et à ses interprétations vues comme l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale et l’entrée des troupes allemandes à Paris en 1940, avec ce sentiment de défaite et d’impuissance du peuple français.
Reconnaissons que les menaces contemporaines sont désormais le terrorisme, la montée des populismes et des nationalismes ainsi que la perte des valeurs démocratiques et humanistes.
Le message de cette chanson, avec pour symbole la France, la liberté et la démocratie, est un appel à la résistance face à l’oppression, à l’importance de la mémoire et du devoir de vigilance, ainsi que l’appel à la mobilisation et à la défense des valeurshumanistes. Des mots et des actions chers au cœur du maçon di XXIe siècle !
La chanson de Serge Reggiani est une allégorie puissante qui met en garde contre les dangers de l’oppression et de la barbarie. Elle appelle à la résistance et à la vigilance, et célèbre l’importance de la liberté et des valeurs humanistes.
Aujourd’hui, en ces temps d’urgence attentat, qui sont les vrais loups ?
La question des « vrais loups », dans notre contexte actuel d’urgence liée aux attentats – activation du niveau « urgence attentat » de Vigipirate le 29 octobre 2020 –, renvoie à une métaphore complexe et à une problématique contemporaine délicate.
Dans une interprétation allégorique inspirée par la chanson « Les loups sont entrés dans Paris » de Serge Reggiani, les vrais loups symbolisent diverses menaces qui pèsent sur notre société occidentale en général et française en particulier. Non seulement en termes de sécurité physique mais aussi en ce qui concerne les valeurs sociales, la cohésion, et la stabilité. Nous pouvons décliner certains phénomènes, à savoir :
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Le terrorisme et l’extrémisme violent : Les individus (de l’ultra droite à l’ultra gauche) ou groupes qui commettent des actes de violence pour promouvoir une cause politique, idéologique ou religieuse (tous les mots en « isme » mais aussi tous leurs leurs idiots utiles) peuvent être vus comme des « loups » qui menacent la paix et la sécurité des citoyens.
La polarisation et l’extrémisme idéologique : Les divisions profondes au sein des sociétés, exacerbées par la polarisation politique et idéologique, peuvent également être considérées comme des « loups ». Ces forces divisent les communautés, érodent le dialogue constructif et peuvent mener à l’isolement et à l’hostilité entre groupes.
La désinformation et la manipulation de l’information : L’ère numérique a vu l’émergence de la désinformation comme un outil puissant qui peut déstabiliser les démocraties, influencer l’opinion publique et semer la discorde. Les acteurs qui propagent délibérément de fausses informations pour manipuler ou tromper le public représentent une autre forme de menace.
Les crises environnementales et le changement climatique : Les défis environnementaux, y compris le changement climatique, la perte de biodiversité, et la pollution, sont des menaces existentielles à long terme pour l’humanité. Ils requièrent une action urgente et coordonnée, faute de quoi ils pourraient entraîner des conséquences catastrophiques pour la planète.
Mouvement des Gilets jaunes. Mouvement social de protestation non structuré trouvant son origine dans la diffusion d’appels à manifester contre l’augmentation du prix des carburants automobiles issue de la hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).
Les inégalités socio-économiques : Les disparités croissantes en termes de richesse et d’opportunités contribuent à l’instabilité sociale et économique. Les inégalités exacerbées peuvent engendrer du ressentiment, de la frustration et un sentiment d’exclusion parmi les populations défavorisées.
Ces « loups » sont des métaphores des défis complexes auxquels les sociétés modernes sont désormais confrontées. La lutte contre ces menaces demande une approche multidimensionnelle, incluant la sécurité, l’éducation, le dialogue interculturel, la politique environnementale, et des mesures pour réduire les inégalités.
Allons maçons de la Patrie, le jour du travail est arrivé !
Serge Reggiani, « Les loups sont entrés dans Paris » | Archive INA
Nous vous invitons à prendre connaissance de l’invitation de notre TCF Perry Wiley, Président de Dialogue & Démocratie Française (D&DF).
« Chères amies, chers amis,
Après avoir évoqué la Justice, nous poursuivons nos diners-débats dans les salons du Sénat le jeudi 07 mars 2024 autour d’un nouveau thème : Fraternité et Démocratie.
Vous pouvez vous inscrire dès maintenant en cliquant sur le lien suivant.
Nous avons invité Monsieur Alexandre de Vitry, Maître de conférences de littérature française à la Sorbonne.
Dans le titre de son dernier ouvrage : « Le droit de choisir ses frères ? », le point d’interrogation est bien important !
D&DF
Comment concilier le choix, l’élection évoqué par ce titre avec l’universalité prônée par les Francs-maçons ? Comment la Fraternité peut renforcer la Liberté et l’Egalité ? Quel est l’avenir de la Fraternité ?
Pour notre conférencier : »la fraternité n’est pas tant une valeur qu’un principe moteur de l’humanité, principe double, parfois aporétique, mais qui a justement la vertu de pouvoir se corriger lui-même de ses propres démons ».
Autant de sujets que l’on pourra aborder avec Alexandre de Vitry.
Pour participer au diner et indiquer si vous souhaitez acheter sur place de livre du conférencier, cliquez sur le lien.
Si vous ne l’avez pas encore fait, vous pourrez aussi adhérer à notre association pour l’année 2024 afin de profiter des avantages qui en découlent. (Inviter des profanes amis, et participer aux groupes de réflexion sur les sujets de votre choix, revoir les anciens débats)
Dans l’attente et le plaisir de nous retrouver le jeudi 07 mars 2024, nous vous prions de croire à l’expression de nos sentiments sincères et dévoués.
Le Président Perry Wiley »
Photo A. de Vitry, CdF.
Le conférencier d’un soir Alexandre de Vitry
Alexandre de Vitry est ancien élève de l’École normale supérieure de Lyon, agrégé de Lettres modernes et docteur en littérature française de l’université Paris-Sorbonne. Il a publié plusieurs ouvrages, dont des études sur Philippe Muray et sur Charles Péguy. Pour la collection Bouquins , il a établi une édition des essais de Péguy intitulée Mystique et Politique en 2015. En 2016, il a participé à l’ouvrage Aimer l’amour, l’écrire (L’Iconoclaste-BnF éditions) co-dirigé Antoine Compagnon et Guillaume Fau.
Dialogue et Démocratie Française, D.D.F., la présentation
Dialogue et Démocratie Française a été créé en 2004. Club strictement indépendant de tous partis ou mouvement politique, D.D.F. réuni des frères et des sœurs des principales Obédiences Maçonniques, qui ont décidé de travailler ensemble, hors de leurs temples, sur des sujets qui fondent notre société et favorisent le vivre ensemble.
Alexis de Tocqueville. Peinture à Huile sur toile de Théodore Chassériau, château de Versailles, 1850.
Nous constatons que les vrais débats sont rares, que le dialogue est trop souvent transformé en deux monologues où l’un n’écoute pas l’autre, ne cherche pas à expliquer, mais à convaincre.
Dans une période où la Démocratie est parfois malmenée, Dialogue et Démocratie Française peut faire émerger la VOIX des francs-maçons. Par leurs diversités, ils peuvent exprimer plusieurs VOIES, qui concourent à une société plus juste, où le vivre ensemble n’est pas qu’un slogan, où l’Homme n’est pas « une variable d’ajustement », mais au centre de toutes constructions.
Perry Wiley.
Nous reprenons la phrase d’Alexis de Tocqueville « Il y a beaucoup plus de lumière et de sagesse dans plusieurs hommes réunis que dans un seul »…
Infos pratiques : Restaurant du Sénat 15 ter rue de Vaugirard – 75006 Paris. À 19h. Se munir obligatoirement d’une pièce d’identité. L’accueil ne sera plus autorisé après 19h45. Inscription OBLIGATOIRE et NOMINATIVE POUR TOUS
Avec Mythes héroïques, bibliques & maçonniques – Sources et développements – Tome II, nouvel opus de Pierre Pelle Le Croisa publié chez Numérilivre, l’auteur offre une plongée fascinante dans les mythes et les symboles qui se trouvent à la croisée des traditions héroïques, bibliques et maçonniques.
Ce tome, en particulier, approfondit l’exploration des thèmes commencés dans le premier volume, en se concentrant sur la période post-Déluge, et cherche à établir des liens entre des éléments mythiques et symboliques anciens et leur importance dans la franc-maçonnerie.
Le concept de substitution employé par l’auteur est particulièrement intrigant, car il touche à l’idée de la transmission et de la transformation des connaissances à travers le temps, symbolisée par les piliers du savoir. Ces piliers, qui représentent une continuité du savoir à travers les âges, depuis les temps antédiluviens jusqu’à la construction du Temple de Salomon, semblent jouer un rôle central dans le récit et les enseignements maçonniques.
Les questions soulevées sur l’origine des colonnes et leur découverte par des figures telles que Thot, Hermès-Trismégiste, ou encore des penseurs grecs et romains illustrent la manière dont les mythes et les connaissances sont interconnectés et réinterprétés à travers différentes cultures et époques.
L’incidence de la mort de Noé sur le mythe d’Hiram, l’exploration du Noachisme comme religion universelle, et l’examen des rituels des Noachites et des Nautoniers montrent également une volonté de relier des histoires et des croyances anciennes à des pratiques et des idéologies plus contemporaines, notamment au sein de la franc-maçonnerie.
Membre de la Société des gens de lettres (SGDL), association française d’écrivains fondée en 1838 par des auteurs notoires comme Victor Hugo et Honoré de Balzac, primé à l’occasion du Salon Maçonnique du livre de Paris 2019 par l’Institut Maçonnique de France (IMF), catégorie « Symbolisme » pour Les langages symboliques de l’ésotérisme maçonnique(Éd. Dervy, 2018), Pierre Pelle Le Croisa offre une contribution significative à la compréhension des fondements mythiques et symboliques de la franc-maçonnerie, ainsi qu’à l’étude de la manière dont ces éléments sont utilisés pour façonner une vision du monde et une pratique rituelle spécifiques. La mention d’une continuation dans un troisième tome laisse présager une exploration encore plus poussée de ces thèmes, peut-être en se concentrant sur d’autres mythes et symboles tels que Babylone et la Tour de Babel, promettant ainsi de nouvelles réflexions sur la manière dont les mythes façonnent et sont façonnés par les cultures humaines.
La première partie – l’ouvrage en compte neuf – est consacrée au « Renouveau après le déluge », un motif récurrent dans de nombreuses mythologies, religions – et même dans le domaine artistique – à travers le monde. Ce concept symbolise souvent la purification, la renaissance, et un nouveau départ après une période de destruction ou de chaos.
Et Pierre Pelle Le Croisa de commencer par la notion méconnue de « pebbe-tool culture » ou la « culture d’outils en galets », terme large utilisé en archéologie pour décrire les anciennes cultures humaines caractérisées par l’utilisation d’outils en pierre simples fabriqués à partir de galets – pierre polie et arrondie qui a été façonnée par l’action de l’eau. Des galets… En franc-maçonnerie, les pierres n’ont-elles pas souvent une signification symbolique, représentant la croissance personnelle, le travail sur soi, ou des aspects de la construction spirituelle et morale ? Puis, c’est à la descendance de Caïn et celle de Seth, élément important dans les textes bibliques, notamment dans le livre de la Genèse, et largement exploré dans la tradition judéo-chrétienne ainsi que dans diverses interprétations et traditions ésotériques, y compris dans le contexte maçonnique, que l’auteur s’attache.
Caïn tuant Abel, son frère.
Caïn, le premier fils d’Adam et Ève, est tristement célèbre pour avoir commis le premier meurtre en tuant son frère Abel. Après cela, la Bible relate que Caïn fut maudit par Dieu et marqué pour que personne ne le tue en vengeance. Il s’éloigna de la présence de Dieu et fonda une ville, nommant son fils Hénoc. La lignée de Caïn est souvent associée à des développements culturels et technologiques, comme la construction de villes, l’artisanat du métal et la musique. Cependant, cette lignée est également vue sous un jour négatif dans la tradition biblique, souvent associée à la rébellion et à l’égarement loin de Dieu.
Quant à Seth, né après la mort d’Abel, il est considéré dans la tradition biblique comme le porteur de la lignée vertueuse d’Adam et Ève. De Seth descendrait Noé, ce qui en fait une lignée importante pour la tradition judéo-chrétienne, car elle inclut tous les patriarches du Déluge. La descendance de Seth est souvent vue sous un jour positif, comme portant les valeurs et la foi en Dieu, en contraste avec celle de Caïn.
La deuxième partie traite de la mort de Noé et du meurtre d’Hiram. Deux récits qui, bien que distincts dans leurs origines et leurs contextes, ont trouvé une place significative dans les traditions maçonniques, souvent interprétés symboliquement pour refléter des enseignements moraux et spirituels.
La mort de Noé n’est pas décrite de manière dramatique dans la Bible. Le livre de la Genèse se contente de noter que Noé a vécu 950 ans et qu’il est mort. Contrairement au récit de la vie de Noé, marquée par le Déluge, sa foi et sa relation avec Dieu, sa mort ne fait pas l’objet d’une histoire détaillée ou d’une importance particulière dans le texte biblique. Toutefois, dans certaines traditions ésotériques ou interprétations, la figure de Noé peut être vue comme symbolique de la survie, de la renaissance, et du renouveau après la destruction, thèmes qui résonnent avec certains enseignements maçonniques sur les épreuves, la purification, et la construction (ou reconstruction) spirituelle et morale.
Hiram Abif.
Le lecteur fera son miel du récit du meurtre d’Hiram Abif, histoire centrale dans la franc-maçonnerie, bien qu’elle ne se trouve pas dans la Bible. Selon la légende maçonnique, Hiram Abif était l’architecte principal du Temple de Salomon, un homme sage et habile. Il fut assassiné par trois compagnons qui voulaient lui extorquer les secrets de maître maçon, qu’il refusait de divulguer. Le récit de sa mort et de sa résurrection symbolique est au cœur du rituel du troisième degré maçonnique, le grade de maître maçon. Un meurtre qui symbolise le sacrifice, la loyauté, et la recherche de la vérité et de la connaissance. Il représente également l’idée que certaines vérités et connaissances ne doivent être partagées qu’avec ceux qui sont prêts et dignes de les recevoir. La légende d’Hiram est utilisée pour enseigner aux francs-maçons l’importance de la fidélité, de l’intégrité, et de la persévérance.
Noé, mosaïque.
L’auteur nous parle de Noachisme, faisant référence à un ensemble de principes moraux qui, selon la tradition juive, ont été donnés par Dieu à Noé après le Déluge comme un pacte universel pour l’humanité. Les sept lois sont : interdiction de l’idolâtrie, du blasphème, meurtre, des unions interdites, du vol, de manger la chair d’un animal vivant et l’institution de tribunaux justes. Ces lois sont considérées comme le fondement moral sur lequel repose la civilisation, destinées à toutes les nations et pas seulement au peuple juif. Elles sont souvent citées pour souligner l’universalité de certaines valeurs éthiques dans le judaïsme et sont vues comme un minimum moral requis pour le maintien de la société humaine.
Quid de Noé et du Noachisme dans l’art royal ? Dans ce contexte, le personnage de Noé et le concept du Noachisme doivent être interprétés de manière symbolique et morale. Bien que les lois noachides soient spécifiquement juives dans leur origine, l’idée d’un code moral universel et les thèmes de la reconstruction et de la renaissance après la destruction ont une résonance particulière dans la franc-maçonnerie.
Tubalcain.
La suite du livre fait référence aux colonnesantédiluviennes, ainsi qu’aux colonnes attribuées à Jabel – identifié comme le père de ceux qui vivent dans des tentes et possèdent du bétail, selon la Genèse –, Tubalcaïn – forgeron et père de tous ceux qui travaillent le bronze et le fer –, Hénoch – figure biblique entourée de mystère, célèbre pour avoir « marché avec Dieu » » et avoir été enlevé au ciel sans mourir –, et Hermès – le Trismégiste, figure mythologique issue de la fusion entre le dieu grec Hermès et l’égyptien Thot associé à l’hermétisme et au corpus hermeticum, un ensemble de textes ésotériques –, s’inscrivant dans un riche terreau de légendes, de traditions ésotériques et maçonniques, mêlant histoire, mythologie et symbolisme. Ces récits, bien que n’étant pas présents dans les textes bibliques canoniques, sont issus de traditions apocryphes, de la littérature pseudépigraphique, et de l’interprétation symbolique développée au sein de divers courants de pensée, y compris la franc-maçonnerie.
Hermès, cathédrale de Sienne.
Pierre Pelle le croisa ne manque pas de revenir sur Hermès Trismégiste, ce personnage légendaire qui symbolise la synthèse des traditions égyptienne et grecque, incarnant la connaissance et la sagesse dans les domaines de l’alchimie, de l’astrologie, et de la magie. Son nom, signifiant « Hermès le Trois-Fois-Grand », fait référence à son expertise dans ces arts. Il est souvent considéré comme l’auteur mythique du Corpus Hermeticum, un ensemble de textes ésotériques écrits durant les premiers siècles de notre ère, qui posent les bases de la tradition hermétique. Hermès Trismégiste est souvent cité comme le père de l’alchimie, son enseignement étant vu comme la source de la sagesse alchimique, notamment à travers l’axiome hermétique « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », qui résume la loi de la correspondance, pierre angulaire de la pensée hermétique et alchimique.
St John’s Church, Chester (England). Stained glass window (1900) showing Hiram, the architect of the temple in Jerusalem.
Et bien que la franc-maçonnerie ne soit pas directement issue de l’alchimie ou de l’hermétisme, elle partage avec ces traditions un intérêt pour les symboles, les allégories, et la recherche de la connaissance spirituelle. La figure d’Hermès Trismégiste, en tant que symbole de sagesse et de gardien du savoir occulte, résonne avec certains aspects de la franc-maçonnerie, notamment l’importance accordée à la transmission des connaissances ésotériques et au perfectionnement moral et spirituel de l’individu. Dans certains rites maçonniques ou au sein de certains courants de pensée maçonniques, on peut trouver des références explicites à l’hermétisme et à l’alchimie, considérés comme des sources de métaphores riches pour l’initiation et le développement personnel. La pratique maçonnique elle-même, centrée sur des rituels, des symboles, et une quête de lumière (connaissance), peut être vue comme une forme d’alchimie spirituelle où le franc-maçon travaille à sa propre transformation intérieure, visant à améliorer ses qualités morales et spirituelles, tout comme l’alchimiste cherche à transformer le plomb en or.
L’auteur nous dévoile tout… ou presque !
Mythes héroïques, bibliques & maçonniques – Sources et développements – Tome II
Pierre Pelle Le Croisa – Numérilivre, Coll. Mythes et franc-Maçonnerie, 2024, 276 pages, 24 €
La démarche maçonnique, qui consiste à accueillir des êtres humains désireux de se perfectionner pour réunir « les hautes valeurs morales», est belle et noble . Elle nous permet de nous rencontrer et de cultiver ce qu’il y a de plus beau dans notre existence : la Fraternité.
Depuis des siècles, l’engagement maçonnique valorise la recherche de la Sagesse pour l’initié-e ! Un biais a eu tendance à faire dériver cette recherche d’une sagesse individuelle vers une polarisation hédonique dans le culte de l’égo !
Une autre voie est possible en passant du « Je » au « Nous » et en recherchant une sagesse collective au niveau de la loge.
La sagesse c’est bien sûr l’attribut des philosophes.
En Grèce antique, Sophia, signifie sagesse mais aussi savoir de l’homme avisé. De ce sens de « savoir » , découle une conclusion : le sage est celui qui sait prendre les bonnes décisions.
Pour les chrétiens la Sagesse est l’un des 7 dons de l’esprit saint avec l’intelligence, la science, le conseil, la force, la piété et la crainte de Dieu. Pour eux, la sagesse est par essence divine.
Dans le Regius, de 1390 : il est écrit « Le métier de maçonnerie vit son commencement quand le clerc Euclide dans sa grande sagesse fonda le métier en pays d’Égypte ».
Les alchimistes évoquent le « sel de la sagesse ». Sous le nom de Fulcanelli, paraissent en 1930 les « Demeures philosophales », il y est précisé « Or, la sirène, monstre fabuleux et symbole hermétique, sert à caractériser l’union du soufre naissant, qui est notre poisson, et du mercure commun, appelé vierge, dans le mercure philosophique ou sel de sagesse »
Il y aurait tant à citer si je devais reprendre les apports qui ont été faits tout au long des siècles ; mais une place à part doit être faite à Baruch Spinoza : En associant le travail sur soi, la recherche de la joie et des plaisirs, dans un détachement de passions, le philosophe de la Sagesse comme d’aucuns le considèrent, a considérablement enrichi le terme.
La pensée moderne donneun autre sens pour la sagesse : il s’agit de la notion d’acceptation, que l’on pourrait aussi appeler de «Acceptation de pleine conscience ». Cet acquit est indispensable pour devenir sage si on ne veut pas que la mort survienne alors que nous ne sommes pas encore arrivés au bout du chemin.
Il est clair que l’acceptation n’est possible que si l’état de « pleine conscience » nous a permis d’éliminer toutes les turpitudes et autres perversions du fonctionnement humain (et en particulier l’égoïsme, le besoin de possession, l’ambition et d’autres choses encore).
Marie Claude Haumont, Praticienne en relation d’aide, auteure de l’ouvrage « Le chemin de l’acceptation » précise :
« La clé de la sagesse passe par l’acceptation que ce soit d’un point de vue physique, psychique ou spirituel.
– Accepter c’est d’abord reconnaître ses difficultés;
– Accepter, c’est ensuite ne pas les renier et ne pas aller contre;
– Accepter c’est reconnaître sa responsabilité ;
– Accepter c’est prendre conscience que ce qui nous arrive fait partie de notre histoire et est, de ce fait, nécessaire à notre histoire ;
– Accepter c’est aussi déresponsabiliser les autres pour les torts qu’ils nous causent. Il ne s’agit pas de les excuser, il s’agit de les considérer seulement comme acteur de notre propre scénario.
L’acceptation doit être profondément ancrée au fond de soi et envahir tout l’espace. De ce fait, il n’y a plus de place pour les frustrations, les colères, les remords, les regrets et tout ce qui apporte la douleur. »
La Sagesse en Franc-maçonnerie.
Le roi Salomon a été considéré par la franc-maçonnerie spéculative comme le représentant de la Sagesse, conformément au caractère qui lui a été donné dans le premier livre des Rois (chap 5 – verset 9) – je cite « Dieu donna à Salomon une sagesse et une intelligence très grandes, et un cœur aussi vaste que le sable au bord de la mer. »
En franc-maçonnerie, la sagesse est la première vertu de la triade comprenant la force et la beauté. La colonne « Sagesse », de style corinthien, est placée à l’angle Sud-Est.
Dans le rituel maçonnique, la sagesse est associée :
au Volume de la loi sacrée l’une des grands lumières
au Vénérable Maître l’un des Trois officiers principaux et plus particulièrement à son chapeau, chapeau,
au Soleil, l’une des Lumières mineures (avec la Lune, et les étoiles)
On retrouve dans les rituels maçonniques les deux sens traditionnels du mot Sagesse :
Le savoir, en filiation avec la pensée grecque
Un attribut divin en référence à la Bible, première source d’inspiration de la franc-maçonnerie initiale. !
Ce dualisme complémentaire ou contradictoire, selon la croyance ou la référence philosophique, se retrouve encore aujourd’hui !
La Sagesse au 1er degré
Elle est en rapport avec notre condition humaine et au questionnement qu’elle suscite :
Suis-je objet ou sujet ?
Dois-je avoir peur des autres ?
Mes engagements sont-ils induits ou volontaires ?
Quelle est ma place dans la société ?
Et tant d’autres questions.
Être Sage c’est d’abord trouver la bonne réponse à toutes ces questions que nous nous posons. Comme cela est plus difficile que l’on croit, on ne peut s’étonner que certains aient encore besoin des dieux !
La Sagesse au 3ème degré
Les rituels sont des supports qui, bien qu’ils aient été, pour la plupart, conçus au XVIIIème siècle, peuvent être une base de réflexion. Ils nous laissent heureusement la liberté de dépasser leur formalisme pour aller plus loin ; c’est ainsi que l’on peut parler de travail maçonnique. Un travail de réflexion et d’action pour être plus sage que nous ne l’étions lorsque nous avons été initiés.
Il y a deux manières d’effectuer ce travail maçonnique :
Soit de façon individuelle, chacun se créant un monde imaginaire dans lequel il évolue,
Soit de façon collective : dans ce cas cela suppose un consensus pour que tous les membres de la loge acceptent d’entreprendre une certaine méthodologie.
Il est clair que le 3ème degré nous permet d’accéder à notre mort prochaine en la mettant dans la perspective d’une transmission. De la même manière que nous sommes élevés à la maîtrise après avoir réalisé l’enjambement du corps défunt, symbole de toutes ces générations de maîtres maçons qui depuis Hiram permettent à la franc-maçonnerie d’avoir une existence au-delà de la durée de l’existence humaine.
C’est donc une autre approche de la Sagesse qui nous tend les bras : cultiver une sagesse individuelle, c’est bien mais vivre la sagesse collective, c’est beaucoup mieux ; seule celle-ci s’inscrit dans la durée.
La sagesse collective nous offre un champ d’investigation qui a l’intérêt de nous forcer à dépasser notre individualité pour explorer le champ du collectif ou plutôt du chantier sur lequel la loge dans laquelle nous travaillons peut se projeter dans un espace-temps indéfini !
Mais qu’est-ce que la sagesse collective ?
Il est parfois plus facile de définir un concept à partir de qu’il n’est pas : la sagesse collective ce n’est pas l’irrationalité des groupes humains et la déraison démocratique.
Dave Pollard, chercheur universitaire, explique – je le cite : « De nombreux problèmes cognitifs, de coordination et de coopération sont mieux résolus en interrogeant des groupes de personnes raisonnablement informées, impartiales et engagées. La réponse du groupe est presque invariablement bien meilleure que celle de n’importe quel expert individuel. Cette réponse, est aussi meilleure que la meilleure réponse des experts du groupe. »
Par ailleurs qui dit sagesse collective inclut la phronesis d’Aristote que l’on traduit généralement par « la sagesse pratique » qui implique jugement et discernement.
On sait aujourd’hui que pour faire éclore une sagesse collective, une méthode de travail nouvelle s’impose : il s’agit du travail corroboratif en petits groupes de 4 à 5 personnes ; cette méthode complète heureusement les tenues proprement dites.
L’objectif du travail corroboratif est de permettre au groupe de dépasser la simple addition des apports individuels pour faire émerger une réflexion originale ayant une valeur consensuelle.
A partir de là, la question se pose de savoir ce qui peut déboucher d’un travail corroboratif dans le cadre de l’activité d’une loge maçonnique : il n’y a pas de réponse univoque mais si on comprend que l’adjectif corroboratif sous-entend une valeur ajoutée à une somme de travaux individuels, on pourrait espérer avoir des résultats dans plusieurs domaines comme par exemple :
– Une meilleure connaissance de tout ce qui a trait à la recherche de la sagesse et surtout une plus grande mise en pratique de ces connaissances,
– Un réel développement de nos capacités pour faire rayonner notre loge et l’idéal maçonnique,
-La possibilité d’élaborer un modèle de fonctionnement d’une loge maçonnique qui puisse être performant et reproductif.
Il y a aussi un autre intérêt pour travailler sur la sagesse collective : accéder à la compréhension des conditions nécessaires à la résolution des conflits
Le propre du monde vivant c’est de vivre au jour le jour des interactions et des contradictions ; dans le monde animal, cela s’accompagne inéluctablement soit d’évitements soit de conflits débouchant sur la loi du plus fort.
Les êtres humains, en plus de ces deux comportements, tentent de trouver une concertation ; le plus souvent celle-ci intervient lorsque la confrontation n’a pas donné de vainqueur. D’où des périodes de temps parfois très longues dans un état de ni guerre – ni paix.
La Sagesse pourrait alors se définir comme la capacité à trouver une conciliation pour éviter une conflagration générale et comme l’a écrit Euripide :
L’homme sage doit souhaiter de voir dans son ennemi de la sagesse et des lumières ; ce n’est qu’alors qu’il peut en attendre de la justice et des égards. (Euripide ; Les fragments – Ve s. av. J.-C.).
On retrouve là une des motivations de la création des premières loges maçonniques anglaises qui est survenue dans le contexte d’une guerre civile. A la suite du schisme anglican sous Henri VIII en 1534, une confrontation s’installe entre catholiques et anglicans. Cela durera près de deux siècles : en 1780, il y eut encore de violentes émeutes anticatholiques à Londres, à la suite du début de la guerre d’indépendance américaine. Tous les historiens reconnaissent que les loges maçonniques ont contribué à résorber cette violence civile.
On peut penser que si les loges installées dans des pays concernés par des dissensions internes n’ont pas joué le rôle que l’on pouvait attendre (les loges parisiennes par exemple lors de la Commune de Paris) d’elles, ce le fut parce que leur fonctionnement avait connu une déviance.
De l’intérêt d’apprécier la pertinence d’une sagesse collective
La nécessaire évaluation de ce qu’on dit et de ce qu’on fait, est inhérente à la pensée corroborative et mériterait d’être intégrée dans la pensée maçonnique moderne
C’est pour cela que des universitaires américains ont créé ce que l’on appelle l’échelle de Sagesse à 7 éléments : je ne sais pas si ces universitaires étaient maçons mais avouer que cela nous convient bien comme formulation.
Premier critère : La Résolution, c’est la capacité à prendre des décisions
Les personnes résolues ont la capacité de rester calmes lors des moments difficiles. Ainsi, l’une des caractéristiques les plus remarquables des profils dotés de sagesse est d’examiner les défis d’un point de vue large, perspicace et innovant pour imaginer de multiples solutions au même problème.
Deuxième critère : L’autoréflexion, l’art de l’introspection
Il s’agit d’un exercice de courage à travers lequel nous sommes également capables de nous remettre en question, de détecter des attitudes ou des croyances inflexibles, des pensées irrationnelles et d’appliquer des approches plus saines.
Troisième critère : Un Comportement prosocial, les autres sont importants
Le comportement prosocial implique de se soucier des besoins des autres et de les anticiper pour y répondre. Cela signifie également se connecter avec les gens qui nous entourent et nous enrichir de leurs idées, approches et connaissances.
Quatrième critère : Une capacité de régulation émotionnelle, rester calme sous pression
Être conscient de ses propres émotions favorise un ajustement entre les pensées et les actions pour toujours agir avec sang-froid, sagesse et équilibre sans se laisser aller à pulsions agressives.
Cinquième critère : La capacité d’acceptation de perspectives différentes car la contradiction fait partie de la vie
Accepter que notre monde regorge de sons dissonants, que les voix contradictoires abondent et que le chaos se mêle au prévisible.
Sixième critère : le don du conseil, de la capacité à conseiller
Les sages font plus que conseiller, ils savent guider. En effet, ce sont des personnalités inspirantes qui ont appris de leur expérience et savent la transmettre. Ils le font sans pression et sans imposer.
Septième critère : l’existence d’une Spiritualité, comprise comme une force intérieure
La spiritualité, dans le sens d’une activité éthique dans le cadre de la liberté de conscience, favorise aussi le développement de la sagesse.
Cette échelle de la Sagesse est aussi un outil pour savoir sur quelles dimensions nous devons travailler un peu plus pour améliorer notre bien-être.
En conclusion
Ma réflexion s’est fondée sur trois constats, une espérance et une proposition:
Le premier constat c’est de voir que la franc-maçonnerie ne se porte pas très bien : on a parfois l’impression que même les francs-maçons n’y croient plus ! Elle est aussi victime de que l’on appelle le syndrome du rétroviseur : revivre sans arrêt le passé rend aveugle à l’avenir !
Le deuxième constat a trait à l’enjeu que constitue la vie d’une loge maçonnique : tous nous souhaitons ardemment que tout se passe bien dans une loge avec des relations fraternelles avec tous, des travaux stimulants intellectuellement et le sentiment de construire quelque chose de solide et de sérieux. Quoi de plus désolant quand une impression de rendez-vous manqué nous envahit.
Le troisième constat concerne la problématique du travail collectif de la loge ; dans la plupart des loges il se réduit à la fameuse synthèse dont on sait combien elle est contraire à l’intelligence collective. Ce constat doit nous inciter à découvrir le travail corroboratif seul capable de transcender l’implication des individus.
L’espérance, concerne le désir que nous devrions partager pour nous accepter sans exclusion avec la volonté de trouver un consensus fondé sur la bienveillance et l’intérêt collectif.
Une proposition : Faire du travail sur la Sagesse collective un fil rouge qui donnerait une cohérence à notre engagement maçonnique.
Cette approche mériterait d’être complétée par des éléments méthodologiques qui puissent faciliter son utilisation. Malgré tout, conscients de nos faiblesses, confortés par cette règle collective qui doit nous animer, patients et persévérants, nous pourrons progresser vers le but tant recherché : travailler dans la fraternité sur la voie de la Sagesse!
Lorsqu’on prend conscience des différentes motivations qui engendrent les candidatures de l’initiation maçonnique, on voit bien que la plupart appartiennent à une démarche personnelle. C’est malheureusement un désir qui se réduit à une peau de chagrin car une vie ce n’est que peu de chose et elle finit toujours dans la déchéance ! Il n’y a que le mysticisme qui fait rêver les âmes dans un délire qui peut plaire mais est de l’ordre de la démarche maçonnique ?
Par contre la recherche d’une sagesse collective trans générationnelle au niveau d’une loge, cela peut avoir un sens qui peut nous projeter dans un dépassement individuel vers l’Amour universel.
Quatre-vingts ans après son exécution, et celle de son groupe, le 21.2.1944 au Mont-Valérien, Missak Manouchian, combattant de l’universel et de la liberté, accompagné de son épouse Mélinée, entre au Panthéon, à la suite de Jean Moulin, Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillon, Jean Zay, Joséphine Baker, grandes figures de la résistance.
Une plaque en l’honneur des 22 autres camarades résistants internationalistes, originaires d’Arménie, de Hongrie, de Pologne, d’Espagne, d’Italie, de France, de Roumanie, FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans – Main d’œuvre Immigrée), fixera à jamais, dans la mémoire de la France, leurs noms et leur sacrifice au service d’un idéal et d’une cause de portée universelle.
Missak Manouchian, arménien rescapé du génocide de 1915, immigré en France, ouvrier et poète, militant communiste et antifasciste, engagé dans l’armée française en 1939, entré dans la Résistance en 1941, est le chef militaire des FTP-MOI de la région parisienne, une unité de la résistance communiste. Composée en grande partie d’étrangers, réfugiés, immigrés, « nos frères pourtant », Aragon l’a célébrée dans un poème « L’Affiche rouge », mis en musique et chanté par Léo Ferré.
En février 1944, la police Allemande fait placarder sur les murs cette affiche rouge, de propagande, sur laquelle figurent les portraits de résistants arrêtés qualifiés « d’armée du crime ». Leurs noms sont inscrits en lettres capitales afin que soit bien visible leur identité étrangère.
La bataille de la mémoire est longue. L’engagement de Missak Manouchian rappelle le rôle majeur des immigrés dans l’histoire de la France et dans ses heures les plus sombres. Leur combat pour la Liberté a noblement dépassé les frontières.
… « Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant ». Poème de Louis Aragon « Strophes pour se souvenir »
Commission Droits Humains et Laïcité Le 20 février 2024
Du samedi 9 au dimanche 17 mars 2024, à l’occasion des Utopia Masonica*, les loges du Grand Orient de France (GODF), puissance symbolique régulière souveraine et plus ancienne obédience française, organisent dans toute la France une série d’évènements publics.
À Bordeaux, capitale de la Nouvelle-Aquitaine célèbre pour ses vignobles et son vin et également ville d’art et d’histoire avec un riche patrimoine architectural, les loges du GODF invitent l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue, chargée de recherche CNRS (HDR) au groupe Sociétés, religions, laïcité à l’École pratique des hautes études, sur Le Frérisme et ses réseaux (Odile Jacob, 2023).
Un aperçu de son ouvrage
Publié en 2023 chez Odile Jacob et préfacé par Gilles Kepel, Le Frérisme et ses réseaux – L’Enquête est une exploration approfondie de l’internationalisation du mouvement des Frères musulmans, particulièrement en ce qui concerne son développement en Europe. Florence Bergeaud-Blackler, en tant qu’anthropologue apporte une expertise significative dans l’étude des mouvements religieux et de leur impact social.
Dans cet ouvrage, l’auteure se penche sur le « Frérisme », terme qu’elle utilise pour désigner le mouvement islamiste découlant des Frères musulmans, en se concentrant sur ses réseaux et son influence à travers l’Europe. L’enquête promet une analyse détaillée des stratégies, des idéologies et des implications politiques et sociales de ce mouvement, en mettant en lumière les divers mécanismes par lesquels il cherche à s’implanter et à se propager au sein des sociétés européennes.
Mme Florence Bergeaud-Blackler.
Le préfacier, Gilles Kepel, est lui-même une figure éminente dans l’étude de l’islam et du monde arabe contemporain, ce qui ajoute une couche supplémentaire d’autorité et de pertinence à l’ouvrage. La préface de Kepel peut être vue comme un aval de l’importance et de la rigueur de l’étude menée par Bergeaud-Blackler.
Le Frérisme et ses réseaux – L’Enquête se positionne donc comme un travail académique important pour comprendre les dynamiques actuelles du mouvement islamiste en Europe, offrant des connaissances précieuses pour les chercheurs, les décideurs politiques, et toute personne intéressée par les questions de religion, de laïcité, et de sécurité dans le contexte européen.
Selon le site « Edistat-Statistiques de l’édition», consulté le 17/02/24, celui-ci donne comme classement : « Top 50 Essais & Références ; Classement : NC ; Meilleur classement : 2 (1 semaine) ; Semaines de présence : 13 ; Première entrée : 08/05/2023. Alors, selon vous, Le Frérisme et ses réseaux – L’Enquête , un best-seller ?
*Dans le cadre du cycle Utopia Masonica (Utopie Maçonnique), les loges du GODF organisent durant le mois de mars 2024 et plus particulièrement les 16 et 17 mars, une série de manifestations publiques (conférences, débats, représentations théâtrales, concerts, expositions…).
Elles ont toutes pour thème « Résister ! ».
Résister comme l’ont fait, de tout temps, les francs-maçons du Grand Orient de France. Résister aux atteintes à la laïcité en restant ferme face aux obscurantismes religieux. Résister en combattant toujours l’ignorance et le fanatisme. Résister face à la montée des extrêmes et lutter contre leur antisémitisme, leur racisme, leur xénophobie. Résister aux périls identitaires par la voie de l’universalisme. Résister pour défendre la République indivisible, laïque, démocratique et sociale !
Retrouvez Florence Bergeaux-Blackler dans notre article « Les prix de la laïcité 2023». Extrait : « Le Prix Science et Laïcité est ensuite attribué à Florence Bergeaux-Blackler, anthropologue dangereusement menacée pour la teneur de ses recherches sur l’islamisme, entre autres son dernier ouvrage en date, Le Frérisme et ses réseaux.
Photo YG.
Elle réaffirme la nécessité du courage et de la résolution à vouloir être libre, en citant l’injonction des Lumières “Aude sapere“, “ose savoir”, c’est-à-dire “Aie le courage de penser par toi-même”. »
Infos pratiques
Athénée Joseph Wresinski – Place Saint Christoly – 33000 Bordeaux
Ce numéro 30 de MATIÈRES à penser (MAP) explore tous les aspects fascinants – habitat, symbolisme, rituels, spiritualité – entre la cabane et la caverne, deux types d’espaces clos qui ont marqué l’histoire humaine depuis la préhistoire.
Avec autant de points de vue que de contributeurs tels, par exemple, Georges Bertin (OE), Jean-Claude Mondet ou encore Pierre Pelle Le Croisa, tous chercheurs et experts sur les différents aspects du sujet. Douze plumes au total partageant des analyses littéraires et artistiques, des témoignages et des récits personnels, accompagnés d’une riche iconographie.
La lecture de ce dernier opus vous amène dans un monde fascinant mais trop souvent méconnu qu’est celui des grottes et des cabanes à travers l’histoire. Cette édition promet une plongée dans les utilisations et significations de ces espaces depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, mettant en lumière non seulement leur rôle en tant qu’habitats primitifs mais aussi leur importance dans divers contextes religieux et symboliques.
Tour de Bolligen, vue du lac.
Et l’historien de formation Didier Lafargue, diplômé en documentation et en communication, de nous transporter au cœur de la Tour de Bolligen, faisant référence à un texte philosophique écrit par Carl Gustav Jung (1875-1961), célèbre psychiatre et psychologue suisse. Ce texte décrit une tour de pierre que Jung a lui-même construite sur les rives du lac de Zurich, dans le village de Bolligen. Pour Jung, cette tour n’était pas seulement un lieu de résidence mais aussi un symbole profond de son processus d’individuation et de son exploration intérieure. Jung la considérait comme un lieu d’équilibre entre son identité personnelle et son rôle dans la société, un espace où il pouvait être véritablement lui-même, loin des exigences de sa pratique professionnelle et de la vie publique. Elle incarnait son voyage vers l’autonomie individuelle et la réalisation de soi, thèmes centraux dans sa théorie de l’individuation.
Mais revenons sur les cabanes, souvent perçues comme de simples abris ou comme le premier pas vers une architecture plus élaborée, sont ici réévaluées dans leur complexité et leur importance culturelle. Les cavernes et grottes, quant à elles, sont des lieux chargés d’histoire et de mystère, servant de toile de fond à des pratiques rituelles, artistiques (comme dans le cas des peintures rupestres), et spirituelles à travers les âges.
Jean-Claude Mondet, inspiré par la tradition biblique – utilisant la méthode analogique et symbolique comme vecteur principal de transmission, capable de traverser le temps et l’espace – couvre un large spectre avec « Cabane, tente, grotte et montagne ».
Le moment, pour nous, de revenir sur le symbolisme de la grotte qui est riche et polyvalent, traversant de nombreuses cultures et périodes historiques. En tant que motif, la grotte est souvent chargée de significations profondes, allant du refuge et de la renaissance à l’inconscient et à la spiritualité. Elle est aussi un lieu de refuge et de protection, répondant en cela au besoin naturel et fondamental de sécurité et de confort.
Retenons que dans la psychologie jungienne, la grotte peut symboliser l’entrée vers l’inconscient, un lieu de rencontre avec les aspects inconnus ou cachés de soi. Elle représente un espace d’introspection et de réflexion, où l’on peut se confronter à ses peurs, désirs et mystères intérieurs.
Mais la grotte est aussi un lieu de renaissance et de transformation, souvent associées à des rites de passage ou à des légendes de renaissance.
1re de couv., détail.
De nombreuses traditions spirituelles et religieuses considèrent les grottes comme des lieux sacrés propices à la méditation, à la prière et aux expériences mystiques. Elles peuvent être vues comme des portails vers le divin ou comme des espaces où le ciel et la terre se rencontrent.
La grotte, en tant que cavité terrestre, est parfois interprétée comme un symbole de la matrice ou du ventre maternel, évoquant des idées de gestation, de création et d’origine. Cette association renforce le lien entre la grotte et les thèmes de la naissance et de la régénération. Elles symbolisent aussi le voyage intérieur nécessaire pour acquérir la sagesse et la connaissance de soi.
Par la diversité des intervenants, MAP aborde comment ces espaces naturels et construits ont été interprétés dans les philosophies, les littératures et les arts, reflétant la fascination continue de l’humanité pour des lieux qui représentent à la fois le refuge et le mystère. La transition de l’utilisation pragmatique de ces espaces à leurs significations plus abstraites et symboliques dans le temps est un sujet riche et multidimensionnel, qui peut offrir des perspectives nouvelles sur notre relation avec l’environnement naturel et la manière dont nous conceptualisons l’espace et le lieu dans le cadre de la culture humaine.
Grotte en granit, dont les parois ont été polies de façon parfaitement plane jusqu’à obtenir un effet miroir. Grotte de Sudama, grottes de Barabar, Inde, IIIe siècle av. J.-C. Wikimedia Commons.
Ce 30e numéro offre un nouveau visage. En effet, un petit coup de fraîcheur à la mise en page a été réalisé. L’éditeur nous fait savoir que « MATIÈRES À PENSER se veut une lecture ou une rédaction transversale sur un thème donné par ces contributeurs qui veulent nous faire partager leur expérience, leur récit ou leurs idées, dans un moment de partage de valeurs se référant aux Traditions spirituelles ou scientifiques ».
Ce numéro est d’une lecture enrichissante pour quiconque s’intéresse à l’archéologie, à l’anthropologie, à l’histoire de l’art, à la philosophie de l’architecture et à la spiritualité. Il intéresse aussi ceux qui sont fascinés par les manières dont les espaces et les lieux prennent un sens au-delà de leur utilité immédiate, servant de miroirs aux croyances, aux valeurs et aux imaginaires des sociétés qui les ont habités ou les ont conceptualisés.
MATIÈRES à penser – se repérer – analyser – se projeter – anticiper
Fort de ces 30 numéros, les éditions du Cosmogone vous proposent non pas un abonnement mais des achats groupés avec toutes les combinaisons possibles entre les numéros déjà parus et ceux à venir. C’est ainsi que pour 35 € vous pouvez bénéficier de l’envoi de 2 revues, 50 € pour l’envoi de 3 revues, 70 € 4 revues, 90€ pour 5 revues, 110 € pour 6 revues et pour 140,00 € 8 revues. Vous aurez donc tout loisir de compléter votre question pour offrir aussi particulier. Pour tout contact. Consultez le site web desÉditions du Cosmogone.
Les formations des Compagnons du Devoir : Raphaël Vergeade, Responsable de l’institut Européen de la Menuiserie, de l’Agencement et de l’Ébénisterie, Les Compagnons du Devoir
À l’occasion sur salon Eurobois, qui se tient à Lyon Eurexpo du 6 au 9 février 2024, les équipes de Bati-Journal sont présentes avec une nouvelle édition de son plateau TV. Cette animation est organisée par Éditions des Halles et Eurobois, avec le soutien de l’interprofession nationale France Bois Forêt et en partenariat avec les magazines Wood Surfer et L’Atelier Bois. Pendant quatre jours, les experts du secteur échangent avec Stéphane Miget, le journaliste en charge de l’animation de ce plateau, autour des grandes thématiques de la filière forêt-bois-construction.