Accueil Blog Page 379

Esprit olympique et quête maçonnique : Vers une fraternité universelle ?

Le numéro 18 des Cahiers de l’Alliance – Revue d’études & recherche maçonniques,intitulé « Résonnances olympiques – que la paix règne sur la terre ! », s’inscrit dans une tradition d’exploration thématique riche et dense, en s’inspirant de l’actualité olympique pour tisser un lien entre les pratiques sportives et les rites initiatiques de la franc-maçonnerie.

Cet ouvrage collectif, publié par les Éditions Numérilivre, rassemble les réflexions de divers auteurs bien établis, tels qu’Annick Drogou, Jean Dumonteil, Gaston-Paul Effa, Pierre Pelle Le Croisa, et François-Xavier Tassel, entre autres. En 120 pages, au prix de 20 euros, cette revue offre une plongée profonde dans les valeurs partagées de l’ascèse, du dépassement de soi et de la quête de paix.

Pierre Lucet

Pierre Lucet, Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, ouvre ce numéro avec un avant-propos qui pose les fondations de la réflexion sur les « Résonnances olympiques ». Jean Dumonteil, directeur de la rédaction, dans son article « Que la paix règne sur la terre ! », introduit la thématique en soulignant l’idéal pacifiste inhérent aux jeux olympiques, un idéal qui fait écho aux aspirations spirituelles et humanistes de la franc-maçonnerie.

Jean Dumonteil revient plus tard dans le numéro avec « Miroir olympique, force des rites et langages des corps », où il approfondit l’analyse des rites sportifs comme métaphore des rites maçonniques, explorant les langages corporels et leur capacité à exprimer des vérités profondes.

Annick Drogou, agrégée de Grammaire, nous transporte aux origines des jeux avec « Jeux antiques. Les dieux du stade », une exploration érudite des pratiques sportives dans l’Antiquité, mettant en lumière les liens entre les athlètes antiques et les idéaux divins qu’ils représentaient. Cette plongée historique souligne le caractère sacré et initiatique des compétitions antiques, une dimension souvent perdue dans les manifestations contemporaines.

Pierre Pelle Le Croisa, dans « De la compétition à l’élitisme, le piège des mots », nous invite à réfléchir sur la sémantique du sport moderne et sur la manière dont les mots peuvent piéger l’esprit, détournant les nobles idéaux de la compétition vers un élitisme excluant et potentiellement destructeur.

Les Golfleurs de Charles Lees

Gaston-Paul Effa et Jean-René Dalle se penchent sur le golf, chacun à sa manière. Gaston-Paul Effa, dans « Le golf comme exercice spirituel », propose une méditation sur ce sport comme pratique spirituelle, tandis que Jean-René Dalle, dans « La symbolique du jeu de golf », décrypte les symboles et les significations cachées derrière les gestes et les règles de ce jeu.

Picto JO escrime

Sir William St Clair de Rosslin de George Chalmers

Bruno Alberro, avec « À la fin de l’envoi, je touche… ! », offre une réflexion littéraire et poétique sur la finalité et le sens des pratiques sportives, notamment l’escrime, cherchant à atteindre une forme de vérité ou de révélation au terme de l’effort. François-Xavier Tassel, dans « La Franc-maçonnerie est-elle un sport olympique ? », pose une question provocatrice et explore les analogies entre l’engagement maçonnique et l’esprit olympique, soulignant les valeurs communes de discipline, de fraternité et de quête de perfection.

Enfin, Francis Bardot, à l’occasion de son Jubilé maçonnique, clôture ce numéro avec une contribution hors sommaire, « La Franc-maçonnerie initiatique de Tradition », où il expose une vision détaillée de la franc-maçonnerie traditionnelle. Il nous plonge dans une réflexion profonde sur les racines, les valeurs et les aspirations de la franc-maçonnerie, en soulignant son rôle essentiel dans la quête de lumière et de vérité. Le texte s’ouvre sur une contextualisation historique, rappelant la fondation de la loge Thébah en 1901, une des pierres angulaires de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.

L’auteur est présenté comme un conseiller en spiritualité auprès du Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française et un auteur prolifique ayant contribué à plusieurs numéros des Cahiers de l’Alliance. Ses écrits abordent des thèmes variés comme l’humanisme, la crise de l’identité, la foi, la raison, la fraternité et l’honneur, montrant son engagement profond dans la réflexion maçonnique.

L’Alliance, les Maisons des Rites

Francis Bardot commence par évoquer son propre parcours initiatique, remontant à cinquante ans lors de sa première initiation dans la Loge Thébah. Cette expérience personnelle sert de tremplin pour une exploration plus vaste des enseignements maçonniques, en mettant en avant la recherche de la Lumière, non pas comme un objectif tangible, mais comme une quête éternelle qui transcende les limites humaines. La Lumière évoquée ici n’est pas simplement une illumination physique, mais une métaphore pour la sagesse, l’amour et l’harmonie universelle.

L’auteur emploie des dialogues maçonniques pour illustrer la nature de cette quête. Les échanges entre le vénérable maître et le premier surveillant montrent que la Lumière se trouve dans le temple de la Pensée et se recherche à travers l’étude de la Nature, l’observation des phénomènes et l’introspection. Cette quête est infinie et nécessite une ouverture d’esprit et une volonté de comprendre au-delà des apparences.

Francis Bardot insiste sur la dimension fraternelle et humaniste de la franc-maçonnerie. Il rappelle que cette institution spirituelle et humaniste rassemble les frères et sœurs au-delà des Grandes Loges institutionnelles, créant une « Grande Loge invisible » où règne la solidarité et la fraternité universelle. Cette fraternité est essentielle pour progresser sur le chemin de la connaissance de soi et du monde.

Francis Bardot mélange des réflexions poétiques et philosophiques, créant une atmosphère contemplative et inspirante. Il cite des figures historiques et spirituelles comme Gandhi pour renforcer son message de transformation personnelle et collective. Cette transformation est vue comme un devoir pour chaque maçon, de devenir le changement qu’il souhaite voir dans le monde, en alignant son être avec le rythme universel.

L’auteur clôt son article en évoquant l’importance de la tradition initiatique maçonnique, qui demeure une source inépuisable de sagesse et de guidance pour ceux qui cherchent à comprendre les mystères de la vie et à trouver leur place dans le monde. La franc-maçonnerie, selon lui, n’est pas seulement une institution, mais un chemin de vie qui encourage la croissance personnelle, la fraternité et la quête incessante de la vérité et de la lumière.

À plus d’un titre , l’article de Francis Bardot est intéressant pour tout franc-maçon ou chercheur spirituel, offrant une perspective enrichissante sur les valeurs fondamentales de la Franc-maçonnerie initiatique et son rôle dans le développement personnel et collectif.

« À l’issue de cette intervention, Roger Dachez, éminent historien de la franc-maçonnerie, a résumé parfaitement le sentiment général des participants le remerciant d’avoir donné à voir cette « Grande Loge invisible » qui réunit les Frères et les sœurs au-delà des grandes loges institutionnelles. »

Les Cahiers de l’Alliance n°18 s’imposent comme une lecture essentielle pour quiconque s’intéresse aux intersections entre sport, spiritualité et franc-maçonnerie. À travers une diversité d’approches et de styles, les auteurs réussissent à capturer l’esprit olympique dans toute sa complexité et sa profondeur, tout en l’alignant avec les principes et les aspirations de la franc-maçonnerie. Ce numéro est une célébration de la paix, du dépassement de soi et de l’unité à travers des pratiques apparemment disparates mais fondamentalement connectées par leur quête commune de transcendance et de vérité.

Cahiers de l’Alliance N°18 Revue d’études & recherche maçonniques

Résonnances Olympiques – « que la paix règne sur la terre ! »

Collectif – Éditions Numérilivre, 2024, 120 pages, 20 €

Les Éditions Numérilivre/Esophoros.

La 4e de couverture

08/08/24 : L’enseignante Michèle Vianès fait son entrée au Collège Maçonnique !

Dans le cadre des Entretiens d’Été du Collège sur « Quelle modernité pour les Vertus ? », la militante et enseignante Michèle Vianès entre au Collège.

Avec « Combattre pour les Droits des Femmes ou la Persévérance en action », ce remarquable sujet augure d’une belle planche !

Dans les méandres du temps, lorsque l’aube s’éveille et que le crépuscule murmure, s’érige une lutte intemporelle, celle de la dignité et de l’égalité. C’est un combat sans fin, gravé dans l’étoffe même de notre humanité. Cette lutte n’est pas seulement un cri pour la justice, mais un hymne à la persévérance, une ode aux femmes qui, au fil des âges, ont forgé des chemins là où il n’y avait que des barrières.

Tel un phénix renaissant de ses cendres, la quête des droits des femmes symbolise la force de l’âme humaine, une force qui refuse de se plier aux chaînes de l’oppression. Chaque pas en avant est une danse de courage, chaque parole prononcée, un écho de résilience. À travers les tempêtes de l’injustice et les vents contraires de la discrimination, ces femmes ont persisté, ont défié l’inévitable et ont sculpté des destins dignes de légendes.

Leur persévérance est une flamme ardente, illuminant les sombres recoins de l’ignorance et de la haine. Elles sont les héroïnes silencieuses, les guerrières aux armes invisibles, dont les épées sont faites de mots et de volonté, et dont les boucliers sont tissés de solidarité et d’amour. C’est un combat où les victoires se mesurent non pas en trophées mais en vies changées, en cœurs guéris, en sociétés transformées.

Ainsi, le combat pour les droits des femmes n’est pas un simple chapitre de l’histoire humaine, mais l’écriture constante d’un poème épique. C’est la persévérance en action, une mélodie continue d’espérance et de détermination, résonnant à travers les générations. C’est la preuve vivante que, même face à l’adversité la plus implacable, l’esprit humain peut s’élever, briller et triompher.

En ce sens, combattre pour les droits des femmes n’est pas seulement une nécessité morale, c’est une célébration de la persévérance humaine, une histoire de courage indomptable et de foi inébranlable en un avenir où chacun, quelle que soit son identité, peut marcher librement sous les cieux d’une égalité conquise.

Le message du Collège…

La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques a révélé de nombreuses figures féminines, telles qu’Olympe de Gouges, Simone Weil, Christine de Pisan et bien d’autres, connues ou inconnues, symbolisant le lent et difficile chemin vers l’émancipation des femmes au fil du temps.

Dans l’histoire de l’humanité, les femmes ont souvent été la part oubliée. Leur histoire est un long et lent combat pour l’égalité, la parité, l’autonomie, l’émancipation, et finalement, la dignité.

Rappelons-nous de Kallipáteira de Rhodes, au Ve siècle avant notre ère, qui se battait déjà pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Pourtant, de tout temps jusqu’à nos jours, des femmes ont présidé aux destinées des peuples, mais les stéréotypes persistent. Il a fallu de la constance, de l’obstination, de la patience et de la ténacité pour faire évoluer les droits des femmes. C’est la Persévérance en action. Françoise Carer disait :

« Une femme est une femme libre, qui a des droits, qui les connaît et qui les fait valoir. C’est une femme qui ose être ce qu’elle a le droit ou le désir d’être, une femme qui connaît son devoir de Liberté. C’est une femme qui s’engage .»

Michèle Vianès

Michèle Vianès, la bio

Michèle Vianès est une militante infatigable pour les droits des femmes et la laïcité. Enseignante de formation, elle préside l’association Regards de Femmes depuis sa création en 1998. Cette association, reconnue d’intérêt général, est une ONG dotée d’un statut consultatif auprès du Comité économique et social de l’ONU et agit pour la parité politique et professionnelle tout en luttant contre toutes les formes de violences faites aux femmes, qu’elles soient économiques, psychologiques, physiques ou sexuelles. Michèle Vianès est également une figure médiatique et intellectuelle, chroniqueuse sur Sud Radio, et auteure de plusieurs essais et articles notables.

« Une des raisons pour lesquelles Regards de Femmes travaille depuis près de 10 ans avec l’OIF, c’est que nous avons toujours trouvé à tous les niveaux une écoute ainsi que des propositions de solutions et des actions communes. »

Thématiques et engagements

L’engagement de Michèle Vianès se caractérise par une constance et une ténacité remarquables dans le combat pour les droits des femmes. Elle se distingue par son insistance sur l’universalité des droits humains, rejetant tout relativisme culturel qui pourrait justifier les inégalités. Son travail se concentre sur la parité, la lutte contre les violences faites aux femmes, et la déconstruction des stéréotypes de genre. Vianès est également impliquée dans la promotion de la laïcité, qu’elle considère comme un fondement essentiel de l’égalité et de la liberté.

Publications et contributions intellectuelles

Parmi les œuvres majeures de Michèle Vianès, on trouve « Un voile sur la République » (Stock, 2004), où elle examine l’impact du voile islamique sur la laïcité française, et Les Islamistes en manœuvre-Silence on manipule (Ed. Hors commerce, 2004), une analyse des stratégies des islamistes pour influencer les politiques publiques. Dans Les 10 mots qui font la France (Ensemble-multimedia, 2007), Michèle Vianès explore les concepts fondamentaux qui définissent l’identité française contemporaine.

Vision et philosophie

Michèle Vianès défend une vision de la femme libre, émancipée, et engagée dans la société. Elle considère qu’une femme libre est celle qui connaît ses droits et les fait valoir, et qui ose être ce qu’elle a le droit ou le désir d’être. Pour Vianès, l’engagement des femmes dans la société est un devoir de liberté, et c’est par cet engagement que les femmes peuvent véritablement s’émanciper et participer pleinement à l’humanité tout entière.

Regards de femmes

Réflexion sur les vertus féminines

Dans ses réflexions sur les vertus féminines, Michèle Vianès met en avant des figures historiques emblématiques telles que Olympe de Gouges, Simone Weil, et Christine de Pisan. Elle souligne l’importance de la persévérance, de la patience, et de la ténacité dans le combat pour les droits des femmes. Pour Vianès, ces vertus sont essentielles non seulement pour l’émancipation des femmes, mais aussi pour la construction d’une société plus juste et égalitaire.

Michèle Vianès est une figure essentielle du féminisme contemporain, dont les actions et les écrits contribuent de manière significative à la lutte pour les droits des femmes et la promotion de la laïcité. Son travail inlassable pour la parité et contre les violences faites aux femmes, ainsi que sa réflexion profonde sur les vertus féminines, font d’elle une voix puissante et inspirante dans le paysage intellectuel et militant actuel.

Les modérateurs :

Sylvie Beugnet : Chef de projet Prévention, Santé, Sécurité chez ENEDIS Hauts de France ; ambassadrice du Réseau Énergie Mixité chez EDF Hauts de France ; membre de la Commission Droits des Femmes de la Grande Loge Féminine de France

Joël Gregogna : Avocat honoraire ; écrivain, scénariste, peintre ; directeur de collection chez Numérilivre ; ancien 1er Grand Maître adjoint de la Grande Loge de France.

Les organisateurs :

Alain-Noël Dubart : Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France

Marie-Thérèse Besson : Ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France

La suite du programme estival

Jeudi 15 août : Transhumances d’été ; jeudi 22 août, toujours à 19h30 : Christophe Richard avec « La bienveillance Bouddhiste »

Infos pratiques

Le Collège Maçonnique – Les Entretiens d’Été du Collège/Jeudi 8 août 2024 à 19h30

Toutes les conférences sont gratuites, ouvertes à tous, enregistrées et disponibles gratuitement sur le site du Collège Maçonnique/Lien Zoom.

4 août : Fin des privilèges, réalité d’hier et d’aujourd’hui ?

La Grande Loge Mixte Universelle tient à commémorer la nuit du 4 aout 1789 où les représentants des Etats Généraux, après avoir décidé de se transformer en Assemblée Constituante et conscients qu’ils répondaient à l’attente du peuple, votèrent l’abolition de tous les privilèges qu’au fil du temps la noblesse et le régime féodal avaient institués.

Par ce vote, ils mettaient fin à l’ancien régime et inauguraient une ère de liberté et de progrès que la mise en place de la République allait confirmer. 18 jours après ce vote historique, ces mêmes constituants votaient la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen.

Certes l’applications de ces principes n’allait pas se faire sans que des luttes sociales s’engagent pour y parvenir, mais une voie était ouverte qui n’allait plus se refermer.

Nous autres, Franc-Maçonnes et Francs-Maçons avons la modestie de reconnaitre que les Loges de l’époque, composées tant d’aristocrates, que de bourgeois, ne prirent pas position sur ces événements. Pour autant de nombreux Frères siégeaient parmi les constituants et œuvrèrent pour promouvoir ces acquis de liberté et d’égalité.

Depuis ce 4 aout 1789, 235 ans se sont écoulées.

Un chemin considérable a été parcouru pour plus de liberté, d’égalité, de justice et de fraternité mais force est de constater que beaucoup reste à faire. Pire depuis quelques décennies un processus inquiétant s’est engagé. La République n’assure plus sa promesse de progrès sociale et de plus en plus de citoyens et de citoyennes peinent à en reconnaitre les principes. Les inégalités progressent, dans nos pays développés, le nombre de pauvres ne cesse de progresser, dans de nombreux endroits les droits des femmes reculent et globalement dans les pays riches, une classe de privilégiés, s’arroge le droit de disposer des ressources de la planète au risque d’un désastre climatique et environnemental dont les plus pauvres seront les premières victimes.

Alors, plus que jamais, le travail entrepris le 4 août 1789 doit être remis en chantier et le courage et la clairvoyance de nos ainés doit nous servir d’exemple.

Bernard Dekoker-Suarez
Grand Maitre de la Grande Loge Mixte Universelle

Dessin de François Morel : « La Fraternelle des chefs de gare »

2

Notre Frère Morel nous gratifie cette semaine d’un dessin humoristique qui nous parle des Fraternelles… et surtout d’une en particulier. Nous présentons d’ores et déjà toutes nos excuses à tous nos Frères et Sœurs qui travaillent pour les compagnies de chemin de fer.

Insolite : 6e Salon maçonnique de l’automobile

De notre confrère US shawlocal.com

Arrêtez-vous au parking F du McHenry County College , au 8900 Route 14, Crystal Lake , de 10h à 15h samedi pour le sixième salon annuel de l’automobile des francs-maçons.

Le salon de l’auto accueille toutes les marques et tous les modèles et décernera plus de 50 trophées aux gagnants dans des catégories telles que Best in Show, Kids’ Choice et Modern Muscle. Le salon comprend des food trucks, un DJ et des tombolas.

L’événement est gratuit pour les spectateurs et le coût de l’inscription d’une voiture est de 20 $. Pour plus d’informations sur le salon de l’auto, cliquez ici.

Souhaitez-vous que nous présentions votre événement ? La première étape consiste à soumettre les informations au calendrier communautaire du Northwest Herald à l’adresse shawlocal.com/northwest-herald/local-events .

Connaissez-vous l’Ordre du Clou ?

L’Ordre du Clou est une association farfelue créée en 1950 par Félix Benoît, un historien français. Situé au 16 rue du Bœuf à Lyon, cet ordre réunit des amateurs d’humour lyonnais qui pratiquent la Pataphysique. Les membres du clou se réunissent dans une cave du Vieux-Lyon et se consacrent à la promotion de l’humour lyonnais.

Félix Benoît, personnalité haute en couleur, a également fondé la République de l’Île Barbe et l’Institut des sciences clavologiques. Pour être intégré dans l’ordre du clou, chaque nouveau membre doit se présenter muni d’un clou. C’est un lieu où gastronomie et culture se rencontrent, et où l’humour est célébré avec une touche lyonnaise !

Les membres de l’Ordre du Clou se réunissent régulièrement pour des banquets où ils célèbrent la cuisine locale et perpétuent les coutumes gastronomiques de Lyon. La symbolique du clou, utilisé pour suspendre la viande, est centrale dans leurs cérémonies et rites.

Marcel ACHARD intronisé par la confrérie de l’ordre du clou

Un peu d’histoire.

Rendons à Félix Benoit, ce qui aurait pu être à César (Pas le tartare, l’Empereur).

Historien lyonnais (1917-1995), il ne l’a pas toujours été, lui qui était l’emblème d’une administration régalienne (Et PAF!). Nombreux sont les ouvrages sur l’histoire lyonnaise signée de sa plume et aujourd’hui perpétuée par son fils Bruno. Bon vivant et personnalité haute en couleur, Félix a fondé la République de l’Île Barbe (dont il s’auto-proclama gouverneur et présentement présidée par votre serviteur) et l’Institut des sciences clavologiques.

Le Musée du Clou. Un musée incontournable !

L’institut des Sciences Clavologiques et sa magnifique porte cloutée sont situés au 16 de la rue du Boeuf (Pas le célèbre producteur de Beaujolais à Romanèche-Thorins, mais l’animal que l’on trouve dans les crèches avant Noël). Rue désormais piétonne du 5è arrondissement de Lyon et toujours pavée elle représente, d’une certaine manière, l’architecture de la Renaissance de ce quartier classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Une rue que vous ne pouvez pas ne pas connaître, tant elle est emblématique de cette cité d’entre Rhône et Saône. Elle possède sa propre vie, ses restaurants touristiques, ses hôtels prestigieux, ses traboules, ses codes,  ses digicodes, ses cours intérieures, ses escaliers à double hélice, à l’instar des petits gris que l’on trouve au fond des coquilles !

Nous revenons donc au fond  de cette cour qui abrite la Tour Rose construite sur les plans de l’architecte Sertio. Une tour simplement repeinte en rose et en son temps pour le tournage d’un film. Quelques dizaines d’années plus tard, cette tour est toujours rose, même si le sicatif de la peinture fait de moins en moins effet. Cela doit venir aussi du rose, qui bien souvent est de plus en plus evanescent !

Le demi siècle dernier  vit donc grâce à Félix Benoit la création de cette association réunissant des amateurs d’humour, dit à la lyonnaise. Ces joyeux drilles ont également inventé, l’Ordre du Clou qui tout naturellement a donné naissance à l’Institut des Sciences Clavologiques (Tous ceux qui pratiquent le latin et la messe dominicale comprendront …. Clavum …). La Pataphysique y est aussi de mise, chère à son inventeur Alfred Jarry. Une seule ligne de conduite philosophique pour cette nouvelle science, pas encore reconnue par l’Académie:

« Ne rien prendre au sérieux, à commencer par soi-même ».

Le Président Alain Saraillon en discussion lors du vernissage de l’expostion dans la cave voûtée

Tout un programme qui est pratiqué périodiquement par ses membres au plus profond de cette cave voûtée du 16 de la rue du Boeuf au décor qui en inquièterait plus d’un. Agapes et canulars sont de mise, pour ne citer que la création mondiale d’un passage clouté pour chats (domestiques !). Une histoire sérieuse puisqu’un Préfet de la République l’a inaugurée en son temps en dévoilant même un panneau sur la commune d’Oullins.

Pour intégrer cette docte confrèrie à direction collégiale unilatérale et empreinte de la Plaisante Sagesse Lyonnaise, il faut malheureusement attendre le décès de l’un de ses membres, comme à l’Académie justement. Il ne peut en effet n’y avoir que cent membres. Un peu comme un cent de clous ! (Ne comprenez pas un sang dû aux clous !).

Il en va ainsi du rayonnement interplanétaire de cet Ordre et de cet Institut pour la promotion aux quatre coins de la planète (fusse-t-elle ronde) des arts, des lettres, mais aussi des sciences, en particulier celle de planter des clous à la mode de chez nous sans se taper sur les doigts.

Un humoriste « Mort de rire » ! Œuvre majeure de Xavier Reynier

Quid des lieux de cette cave voûtée ?

Félix BENOIT, Grand chancelier de l’Ordre du Clou, Recteur de l’Institut des Sciences Clavologiques et Président auto-proclamé en 1977 du Goubernorat de l’Île Barbe les définit de la sorte:

1 – Le Narthex (où l’on accède par la porte « Georges Bazin ») consacré au culte du Dieu Clavogos.

2 – L’escalier de l’esprit (dont les marches ont toutes une signification dans les grades initiatiques de l’Ordre du Clou et qui a été transformé en Musée).

3 – L’hypogée pointifical (siège des conclaves clavologiques et où se tiennent encore des soirées savantes ou gastronomiques).

« De toute façon, c’est dans ce temple expiatoire de la malice des temps, que s’élabore la gelée royale de la pensée lyonnaise ».

Félix Benoit avait par ailleurs une définition toute prête à l’endroit des mécréants et autres journalistes, fussent-ils critiques de tous bords:

« L’Ordre du clou n’est autre qu’une académie à direction collégiale que j’ai créé en 1950 dans la cave de la Brasserie de la Couronne, en vue de la promotion de l’humour lyonnais au-delà des limites de l’Association des humoristes lyonnais. […Extrait de l’un de ses ouvrages] »

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ces lyonnaiseries, pour autant que nous eussions pu en comprendre toute l’étendue de leurs significations les plus profondes. Saurons-nous en être initiés un jour ?

Un nouveau parfum, « Made in Désert » !

En attendant, profitez de ce dimanche 5 octobre, de 16h00 à 19h00 pour visiter cette merveille d’architecture, la cave voûtée, son musée du Clou et l’exposition des Zumos lyonnais, unique et temporaire qui affiche sur les cimaises, dessins humoristiques, œuvres d’art, sculptures, poèmes, photographies et autres clavologies bien pensantes …

P.S. : Cette association est maintenant présidée par l’excellent dessinateur Alain Saraillon. Celui qui a inventé au siècle dernier pour les membres du clergé lyonnais, une sorte de Vélo V avant l’heure, les Cycles Amen !

Michel Godet

(Source lyon-saveurs)

1896-1918 : 22 ans de tourmente pour la franc-maçonnerie

Les Chroniques d’histoire maçonnique n°93 (Printemps-Été 2024) plongent le lecteur dans une période de grande turbulence pour la franc-maçonnerie, marquée par des conflits idéologiques et des épreuves historiques majeures.

Ce dossier, richement documenté, dévoile les luttes et les résistances d’un ordre sous siège, offrant une perspective fascinante et essentielle pour comprendre les dynamiques de pouvoir et de croyance qui ont façonné cette époque.

Les Chroniques d’histoire maçonnique nous livrent, avec ce numéro 93, un dossier fascinant et rigoureusement documenté sur la franc-maçonnerie dans une période de grandes turbulences, s’étendant de 1896 à 1918.

L’époque couverte par ce numéro est marquée par des bouleversements profonds. Les vingt années qui séparent la République radicale de la Première Guerre mondiale sont particulièrement intéressantes pour comprendre l’influence politique et sociale de la franc-maçonnerie en France. Cette période voit la franc-maçonnerie atteindre un sommet de son influence, mais aussi subir de violentes attaques et une remise en question exacerbée par la montée de l’antimaçonnisme, notamment visible à l’international.

Congrès antimaçonnique de Trente (1896)

Le premier article du dossier, signé par Dan Rouyer, explore le 1er Congrès antimaçonnique international de Trente (1896). Cet événement, symbolique de la mobilisation catholique contre la franc-maçonnerie, est disséqué à travers les outils, discours et pratiques politiques de l’époque. Dan Rouyer réussit à rendre palpable l’ambiance tendue de ce congrès et à montrer comment ces dynamiques se sont inscrites dans une lutte plus vaste contre l’influence maçonnique.

Le premier Congrès antimaçonnique de Trente débuta le 26 septembre 1896, alors que la ville faisait partie de l’empire austro-hongrois.

Léo Taxil, vers 1880

Organisé par la Ligue internationale antimaçonnique, fondée à Rome en 1893 et présidée par le prince de Loewenstein, ce congrès abordait des sujets comme l’existence de Diana Vaughan, une prétendue palladiste convertie au catholicisme, exposée plus tard comme un canular par Gabriel Jogand-Pagès, dit Léo Taxil. Les quatre sessions de travail prévues traitaient de la doctrine et de l’action maçonnique, de la prière et de l’action antimaçonnique. Le congrès recommandait la diffusion d’ouvrages antimaçonniques et l’établissement d’une commission d’étude permanente, tout en associant la critique du clergé à une propagande pro-maçonnique. Les actes furent publiés à Tournai en 1897.

François Cavaignac

Franc-maçon depuis 1979, François Cavaignac, docteur en histoire (Sorbonne) et cadre supérieur de la fonction publique (administrateur civil) à la retraite, nous propose ensuite une étude approfondie de la façon dont le Grand Orient de France a traversé les épreuves de la Première Guerre mondiale. En s’appuyant sur des archives inédites, l’auteur montre comment l’organisation a navigué à travers les défis posés par le conflit, tout en maintenant ses activités et en adaptant ses pratiques. L’auteur publie, entre autres, un tableau retraçant la composition sociologique des membres du Conseil de l’Ordre. Pour ensuite s’attacher, notamment, à présenter Georges Corneau, Grand Maître du Grand Orient de France (GODF) de 1913 à 1920 et vice-président du conseil général des Ardennes,  une figure emblématique qui a marqué de son empreinte la franc-maçonnerie française.

Né le 4 avril 1855 à Verdun, il s’éteint le 22 octobre 1934, laissant derrière lui un héritage riche et complexe. Avocat de profession, Georges Corneau se distingue par son éloquence et son engagement en faveur des idéaux républicains et laïques. Son entrée dans la franc-maçonnerie marque le début d’une ascension rapide au sein du GODF, où il devient Grand Maître. Son mandat est marqué par une défense vigoureuse des valeurs laïques, à une époque où la séparation de l’Église et de l’État constitue un enjeu crucial pour la République française. Corneau voit en la franc-maçonnerie non seulement un lieu de fraternité, mais aussi un instrument puissant de progrès social et moral.

Georges Courneau

Sous sa direction, le GODF intensifie son engagement humanitaire et social, promouvant des initiatives qui visent à améliorer le bien-être général tout en s’opposant fermement à l’antimaçonnisme, un courant virulent de son époque. Georeges Corneau s’emploie à démystifier les idées reçues et les préjugés autour de la franc-maçonnerie, encourageant la publication d’ouvrages et d’études qui éclairent le public sur ses véritables objectifs. Parallèlement à ses responsabilités maçonniques, Georges Corneau est un écrivain prolifique. Ses œuvres et articles, empreints de ses convictions profondes, reflètent son engagement inébranlable pour la justice sociale, la tolérance et la fraternité universelle. Sa plume se fait l’écho de ses idéaux, défendant ardemment les principes de la franc-maçonnerie et répondant aux critiques avec une argumentation rigoureuse.

L’influence de Georges Corneau dépasse largement son époque. Son action en faveur des valeurs républicaines et laïques, son combat contre l’intolérance et les préjugés, continuent d’inspirer les francs-maçons d’aujourd’hui. Son passage à la tête du GODF est souvent cité comme une période de renforcement et de clarification des objectifs de l’obédience, marquant un tournant décisif dans l’histoire de la franc-maçonnerie française. En somme, Georges Corneau est bien plus qu’un simple dirigeant maçonnique ; il est une figure de proue dont l’engagement et l’œuvre littéraire témoignent d’une vie dédiée à la quête de justice, de liberté et de fraternité. Son héritage demeure une source d’inspiration durable pour tous ceux qui partagent ses idéaux humanistes et républicains.

Image 3 D – Conform édition

La partie « Portrait » nous introduit à Pierre Catineau Laroche (1772-1828), un franc-maçon aux multiples facettes. Administrateur, explorateur et lexicographe, Laroche est ici présenté par François Gaudin qui réussit à capturer l’essence de ce personnage complexe et son apport aux études maçonniques.

La couverture de ce numéro, qui présente une photographie de la tribune de la présidence dans l’église San Francesco Saverio de Trente, lors de la séance d’inauguration du 1er Congrès antimaçonnique international en septembre 1896, est un choix pertinent qui contextualise immédiatement le lecteur.

En somme, ce numéro 93 des Chroniques d’histoire maçonnique offre une plongée érudite et captivante dans une période cruciale de l’histoire de la franc-maçonnerie. Les articles, richement documentés, nous invitent à réfléchir aux dynamiques de pouvoir, aux luttes idéologiques et aux figures emblématiques qui ont marqué cette époque. Une lecture essentielle pour les passionnés d’histoire maçonnique et les curieux de l’histoire politique et sociale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Chroniques d’histoire maçonnique – Dossier « La franc-maçonnerie dans la tourmente » (1896-1918)

Collectif Institut d’Études et de Recherches Maçonniques, N° 93, Printemps-Été 2024, 80 pages, 14 € port inclus. CHM, à acheter sur le site de Conform édition.

Choderlos de Laclos : un Franc-maçon… moraliste pris pour un pornographe

De la Chaine Youtube d’Europe1

Pierre Choderlos de Laclos, né à Amiens le 18 octobre 1741 et mort à Tarente le 5 septembre 1803, est un officier de carrière qui a traversé la Révolution française et a beaucoup écrit sur des sujets très divers, mais qui est surtout connu comme l’auteur du roman épistolaire Les Liaisons dangereuses. Il devient franc-maçon dans la loge L’Union, à Strasbourg de 1765 à 1769, à Grenoble de 1769 à 1775, puis à Besançon de 1775 à 1776. Cette année-là, affilié à la loge parisienne Henri IV, il en devient le vénérable maître. Parvenu dans les hauts grades de la franc-maçonnerie, il crée son propre chapitre, la Candeur.

Choderlos de Laclos, l’auteur des Liaisons dangereuses, passe pour un chantre du libertinage. En réalité, il rêve de moraliser la société d’Ancien Régime qu’il juge décadente ! Virginie Girod vous raconte l’histoire d’un homme qui s’est soucié l’éducation des femmes dès le XVIIIe siècle.

L’histoire des Laclos est celle d’une ascension sociale. Lorsque Pierre Choderlos de Laclos naît en 1741, il n’appartient pas encore à l’aristocratie. Son père n’intègre la noblesse de robe, des fonctionnaires d’État, que quelques années après sa naissance.

Le jeune Pierre entame une carrière militaire. Seulement, la guerre de 7 ans s’achève en 1763. Faute de conflits à mener, Choderlos de Laclos va de garnison en garnison. D’abord affecté à La Rochelle, il part ensuite pour Strasbourg. Choderlos de Laclos y est initié à la Franc-maçonnerie. La fréquentation de différentes loges lui permet d’aiguiser son esprit et l’officier ne tarde pas à préférer la plume au canon.

Pourquoi pas travailler en vacances ?

0

C’est quoi déjà le thème… Ah oui… devoirs de vacances.

C’est la moitié de l’été, il n’y a pas encore si longtemps, certes quelques décennies, nous partions avec nos cahiers en vacances. Il ne fallait pas perdre le fil de ce que nous avions acquis tout au long de l’année pour arriver en forme à la rentrée. Nous avions même droit à des cours de rattrapage que nous infligeaient parfois nos parents.

Une ambiance partagée entre la nonchalance nécessaire à la détente et la rigueur qui se doit d’être présente pour travailler.

« DEmain je commence la planche À la mer »

De là à faire un rapprochement avec notre vie maçonnique relève de l’ironie, de la mauvaise foi, ou encore d’une mauvaise information ce qui est une cause courante  également en Franc-maçonnerie.

Aussi pour me faire pardonner de cette moquerie douteuse, je propose une chaine d’union en l’honneur de nos très chères Sœurs et très chers Frères qui transpirent, car ils ont une charge pour laquelle cet espace vacances-détente est aussi un moment  de révisions pour améliorer ce qui est déjà en place et n’ayons pas peur des mots de « booster » la rentrée. 

D’autre part une chaîne d’union en vacances peut très bien se faire par l’intermédiaire de whatsApp, ainsi on reste dans l’esprit festif ! 

La suite dans la Minute du Grand René: vidéo ci-dessous

La carte postale ancienne (CPA) maçonnique du dimanche 4 août 2024

Cette ancienne carte postale présente une symbolique riche et intrigante, propre à susciter une réflexion profonde sur les thèmes de la connaissance, de la vigilance et de l’omniprésence.

À gauche de l’image, nous voyons un œil au centre d’un triangle rayonnant, émergeant des nuages, souvent interprété comme l’Œil de la Providence ou l’œil de Dieu, un symbole fréquemment utilisé dans les représentations maçonniques et mystiques. Les rayons dorés qui émanent du triangle suggèrent la lumière de la connaissance et de l’illumination qui se diffuse à travers le monde, perçant les ténèbres de l’ignorance.

Le triangle, quant à lui, peut représenter la trinité de la maçonnerie : sagesse, force et beauté, ou encore les trois degrés de l’art maçonnique. L’œil, placé au centre, symbolise la vigilance et l’omniscience, un rappel que rien n’échappe à l’œil divin, qu’il observe et guide toutes les actions humaines. Les nuages entourant ce symbole pourraient être interprétés comme les obstacles ou les mystères du monde matériel, que seule la connaissance éclairée peut dissiper.

L’Œil de la Providence : avis aux zozotéristes

Voici un passage que nous écrivons en pensant à notre ami Jean-Michel Mathonière, grand spécialiste du sujet (des zozotéristes, j’entends… et de tant d’autres !).

L’œil dans le triangle, souvent appelé « l’Œil de la Providence », traverse les âges et les cultures, portant en lui une richesse symbolique qui dépasse les simples affiliations institutionnelles. En plongeant dans les méandres de l’histoire, on découvre que ce symbole trouve ses racines bien avant l’émergence de la franc-maçonnerie ou même son adoption explicite par l’Église catholique.

Dans les sables brûlants de l’Égypte ancienne, l’œil d’Horus s’élevait comme un phare de protection, de guérison et de régénération. Ce regard divin perçait les voiles de l’inconnu, offrant aux fidèles une assurance contre les maux et les dangers. Parallèlement, dans le panthéon grec, les dieux omniscients observaient le monde avec une vigilance qui évoquait déjà l’idée d’un regard céleste, tout-puissant et omniprésent.

Lorsque l’on parcourt les fresques et les vitraux des églises de la Renaissance, on rencontre l’œil de Dieu, niché dans un triangle rayonnant, symbole de la Sainte Trinité. Ce motif sacré, apparu au XVIIe siècle dans l’art chrétien, incarne la Trinité divine : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L’œil au centre, émanant sa lumière bienfaisante, rappelle aux fidèles la vigilance constante de Dieu, une présence rassurante qui observe et guide l’humanité.

Puis vint l’époque des Lumières et la naissance de la franc-maçonnerie au début du XVIIIe siècle. Les francs-maçons, dans leur quête de vérité et de sagesse, adoptèrent l’Œil de la Providence, en le chargeant d’une signification toute particulière. Pour eux, cet œil représentait le Grand Architecte de l’Univers (GADLU), une figure divine ou métaphorique qui symbolisait la vigilance suprême, la sagesse et la vérité. L’œil maçonnique, souvent inscrit dans des rituels et des emblèmes, rappelait à chaque membre l’importance de la connaissance et de la vérité, un regard perçant qui voit au-delà des apparences et des illusions.

mosaïque maçonnique

Ainsi, le voyage de l’œil dans le triangle à travers les âges et les cultures révèle une histoire fascinante de continuité et de transformation. Il est un fil conducteur qui relie l’ancienne Égypte, la Grèce antique, le christianisme de la Renaissance et la franc-maçonnerie des Lumières. Chaque époque et chaque tradition ont enrichi ce symbole de nouvelles significations, le transformant en un puissant totem de vigilance, de protection et de connaissance divine.

Le mystère de qui a utilisé ce symbole en premier importe moins que la profondeur et la portée de son message. L’œil de la Providence, dans toutes ses manifestations, invite à la réflexion sur la vigilance omniprésente, l’aspiration à la sagesse et la quête incessante de la vérité. Il est un rappel intemporel que, peu importe les voiles qui recouvrent notre compréhension, il existe toujours un regard perçant, une lumière guide qui éclaire notre chemin à travers les mystères de l’existence.

À droite de l’image, un deuxième œil (pour le 3e, il faudra attendre !)

À droite de l’image, un deuxième œil est représenté dans ce qui semble être un globe ou un dispositif optique. Mais aussi un œil au fond d’une tasse ou d’un pot de chambre ! Cette juxtaposition d’un œil isolé et de l’œil dans le triangle pourrait suggérer une dualité ou une complémentarité : l’œil de la providence divine et l’œil humain, limité mais capable de voir et d’observer à travers les instruments de la raison et de la science.

La phrase inscrite en haut à droite, « Les deux yeux auxquels rien n’échappe », renforce l’idée d’une double vigilance : celle de l’œil divin et celle de l’œil humain, unissant la connaissance divine et la quête humaine pour la vérité. Cette inscription souligne que, dans cette perspective symbolique, rien ne peut rester caché ou inconnu à ces deux regards conjugués.

L’expression « Les deux yeux auxquels rien n’échappe »

« Les deux yeux auxquels rien n’échappe » est une expression lourde de sens, empreinte de mystère et de profondeur symbolique. Ces mots suggèrent une vigilance omniprésente, une capacité de perception et de discernement qui transcende les limites humaines ordinaires. Pour explorer pleinement cette phrase, il convient de plonger dans les interprétations possibles et de comprendre les implications philosophiques et spirituelles qu’elle porte en elle.

Les deux yeux évoqués ici peuvent être interprétés de différentes manières, selon le contexte et l’imaginaire symbolique auquel on se réfère. Dans une première lecture, ils pourraient représenter l’œil divin et l’œil humain, chacun apportant une perspective unique mais complémentaire. L’œil divin, souvent symbolisé par l’Œil de la Providence, est cet œil omniscient qui voit tout, qui sait tout, qui scrute les âmes et les cœurs avec une impartialité absolue. C’est l’œil de Dieu, l’œil du Grand Architecte de l’Univers dans la tradition maçonnique, ou encore l’œil d’Horus dans l’Égypte ancienne, protecteur et guérisseur. Cet œil est au-delà du temps et de l’espace, il perce les voiles de l’ignorance et de l’illusion pour révéler la vérité ultime.

L’autre œil, l’œil humain, est celui de la raison, de l’intellect, de la quête de connaissance. C’est l’œil des scientifiques, des philosophes, des artistes, des mystiques. Cet œil cherche, explore, questionne. Il est limité par la condition humaine mais sans cesse poussé par un désir de compréhension et de vérité. À travers les instruments de la science et de la logique, il tente de dévoiler les secrets de l’univers, de percer les mystères de la nature et de l’existence. C’est l’œil qui observe les étoiles, qui dissèque les atomes, qui interroge les textes sacrés et les œuvres d’art.

Quand ces deux yeux se rencontrent et collaborent, il en résulte une vision complète et profonde….

Église Saint-Louis-en-l’Île – Orgue Bernard Aubertin (maître d’art), détail

L’œil divin apporte l’intuition, la révélation, l’éclairage transcendant, tandis que l’œil humain apporte l’analyse, l’expérience, l’investigation méthodique. Ensemble, ils forment une synergie puissante, une perception à la fois spirituelle et intellectuelle qui permet d’approcher la vérité sous tous ses aspects. Rien ne peut échapper à cette double vigilance, car elle combine le regard intérieur et extérieur, le visible et l’invisible, le temporel et l’éternel.

D’un point de vue symbolique, « Les deux yeux auxquels rien n’échappe » peuvent aussi être interprétés comme la nécessité d’un équilibre entre le spirituel et le matériel. Ils nous rappellent que pour comprendre pleinement le monde et notre place en son sein, nous devons utiliser toutes les facultés à notre disposition. Il ne suffit pas de se fier uniquement à la foi ou à la raison, mais d’intégrer les deux dans une quête harmonieuse de la sagesse.

Cette expression peut également évoquer la vigilance morale et éthique. Elle suggère que nos actions sont constamment observées, évaluées, non seulement par une entité divine ou par la société, mais aussi par notre propre conscience. Les deux yeux pourraient ainsi symboliser le regard intérieur de notre conscience et le regard extérieur du jugement divin ou social. Cette dualité nous rappelle que nous sommes responsables de nos actions, et que celles-ci ont des conséquences que nous ne pouvons ignorer.

En somme, « Les deux yeux auxquels rien n’échappe » est une métaphore riche et complexe qui incite à la réflexion sur la nature de la connaissance, de la perception et de la vigilance. Elle nous invite à transcender nos limitations, à rechercher l’harmonie entre la raison et la foi, et à cultiver une conscience éthique et morale dans nos vies. Ces deux yeux, qu’ils soient divins et humains, intérieurs et extérieurs, nous guident vers une compréhension plus profonde de nous-mêmes et du monde qui nous entoure, révélant que rien n’échappe à la lumière de la vérité et de la sagesse lorsqu’ils travaillent ensemble.

Le deuxième œil, un tantinet anti FM ? L’œil du vase !

Le deuxième œil représenté dans l’image, logé au fond d’un pot de chambre, est une inclusion étonnante et chargée d’ironie. Le pot de chambre, un objet quotidien destiné à des usages prosaïques et intimes, contraste fortement avec la noblesse symbolique de l’œil divin ou de l’Œil de la Providence. Cette juxtaposition invite à une interprétation profonde et nuancée.

Le pot de chambre, dans son usage traditionnel, est un récipient utilisé pour les besoins naturels, souvent tenu sous le lit dans les maisons avant l’avènement des toilettes modernes. Il est associé à l’intimité, à la nécessité corporelle, et parfois à l’humilité ou à l’humiliation, étant un objet réservé aux moments les plus privés et souvent jugé peu noble.

Placer un œil au fond de ce pot de chambre semble à première vue incongru, mais c’est précisément ce contraste qui éclaire de nouvelles dimensions symboliques. Cet œil pourrait représenter une vigilance omniprésente, même dans les aspects les plus banals et intimes de la vie humaine. Cela suggère que rien n’échappe à l’observation, même les actes les plus privés et humbles. La présence de l’œil dans le pot de chambre pourrait également rappeler que la recherche de vérité et de connaissance ne doit pas se limiter aux domaines nobles ou sacrés, mais inclure également une compréhension et une acceptation des aspects les plus terrestres et corporels de l’existence.

L’utilisation de l’œil dans ce contexte peut être vue comme une invitation à la réflexion sur la nature duale de l’expérience humaine – spirituelle et matérielle. Cela souligne que la quête de connaissance et de sagesse doit embrasser toutes les dimensions de la vie, sans dédain pour les aspects corporels ou intimes. L’œil, symbole de vigilance et de perception, placé dans un objet aussi prosaïque, rappelle que la vérité et la lumière peuvent être trouvées même dans les endroits les plus inattendus et les plus modestes.

De plus, cette image peut contenir une critique sociale ou philosophique implicite. En plaçant un symbole de vigilance divine dans un pot de chambre, l’illustrateur pourrait vouloir suggérer que les institutions qui prétendent à une surveillance omniprésente, comme l’Église ou les sociétés secrètes, ne sont pas au-dessus des aspects les plus basiques et humains de la vie. Cela peut être une manière de dire que même ceux qui se considèrent comme gardiens de la morale et de la connaissance doivent se souvenir de leur propre humanité et des réalités communes à tous.

Pot de chambre de la mariée

Enfin, cette représentation pourrait aussi être vue comme une manière humoristique et légèrement subversive de rappeler que la quête de sagesse et de vérité doit être menée avec humilité. En plaçant l’œil vigilant dans un pot de chambre, l’image suggère que même ceux qui cherchent à atteindre les plus hauts niveaux de compréhension et de moralité doivent garder les pieds sur terre et ne pas oublier les réalités ordinaires de la condition humaine.

L’œil placé au fond d’un pot de chambre, évoquant l’intimité et l’humilité des besoins humains, contraste vivement avec l’œil divin et omniprésent. Ce symbolisme souligne la vigilance constante, même dans les aspects les plus banals de la vie. En intégrant cet œil dans un objet si prosaïque, l’illustration rappelle que la quête de vérité doit inclure toutes les dimensions de l’existence, même les plus humbles. Ce contraste peut aussi critiquer les institutions se prétendant omniscientes, rappelant qu’elles ne sont pas au-dessus des réalités humaines. Cette juxtaposition invite à une réflexion sur l’équilibre entre le sacré et le quotidien.

En résumé, l’utilisation du pot de chambre avec un œil au fond est une juxtaposition riche en significations, mélangeant l’humilité des besoins corporels avec la vigilance omniprésente de l’observation divine ou de la quête de connaissance. Cela nous invite à une réflexion profonde sur la nature de la vigilance, la dualité de l’expérience humaine, et la nécessité d’une quête de vérité qui embrasse toutes les dimensions de la vie, de la plus sacrée à la plus humble.

L’esthétique de la carte postale

Avec ses traits délicats et son style légèrement ancien, la CPA ajoute une dimension nostalgique, évoquant une époque où les symboles et les allégories étaient des moyens privilégiés pour transmettre des idées profondes et spirituelles. La simplicité du dessin contraste avec la profondeur du message, offrant une expérience visuelle et intellectuelle riche pour l’observateur attentif.






Ainsi, cette carte postale n’est pas seulement une illustration, mais un véritable objet de méditation, incitant à la contemplation des grandes questions de la vie, de la connaissance et du mystère de l’existence.

Allez, bon dimanche à tous ceux qui sont du signe du lion et les autres aussi.

Bonnes vacances à celles ceux qui le sont et surtout bon courage à celles et ceux qui ont repris le collier, une expression trouvant son origine dans le monde du travail agricole (auquel je suis très attaché), où les animaux de trait, après une période de repos, devaient reprendre le collier pour être attelés et travailler à nouveau…