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Un vent d’émancipation et de développement souffle sur les 32ème REHFRAM

L’Harmattan, ce vent chaud venu du sahel, aura accompagné les pas des participants des Rencontres Humanistes et Fraternelles d’Afrique et de Madagascar (REHFRAM) qui se déroulaient cette année à Lomé, capitale du Togo du 9 au 10 février 2024. A cette période de l’année, il est particulièrement présent dans la sous-région et il offre au visiteur des paysages légèrement voilés par le sable qui reste en suspension dans l’atmosphère.

Le Togo est un pays d’Afrique de l’Ouest voisin du Ghana, du Bénin et du Burkina Faso, et qui dispose d’une côte sur le Golfe de Guinée. Il est membre de l’ONU, de l’Union Africaine, de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, de l’Organisation de la Conférence Islamique et depuis 2022, il a rejoint, comme le Gabon, le Commonwealth. Ce pays qualifié de « petite Suisse » dans les années 1980 au regard de la prospérité qui l’animait alors, garde toujours un lien certain avec notre pays. Les traditions y sont préservées et la diversité culturelle perdure. Il règne le soir dans le centre-ville de Lomé, un certain calme et une atmosphère apaisée que l’on peut comparer dans une certaine mesure avec l’ambiance qui règne dans nos propres rues. Ici aussi, à l’image de beaucoup de pays d’Afrique, nous sommes à la veille d’un fort développement économique. C’est perceptible, et les constructions en cours sont assez nombreuses pour nous en apporter la preuve.

C’est par des « Bonne arrivée ! » très fraternelles que les participants de la CPMAM (Conférence des Puissances Maçonniques d’Afrique et de Madagascar) et des REHFRAM ont été accueillis par nos hôtes togolais. L’Assemblée générale a été présidée par le Grand Maître Mohamed Zorkot de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique. Ce dernier a ensuite passé le relais pour les deux prochaines année à Maïmouna Keïta, Grande Maîtresse de la Fédération Ouest Africaine du Droit Humain. Cette édition 2024 a été préparée avec la majorité des obédiences présentes dans la sous-région. Un beau succès de coopération, au regard des difficultés matérielles que peut représenter nécessairement un événement maçonnique de cette ampleur. Il s’agit en effet d’accueillir des représentants de toute l’Afrique, mais aussi d’autres continents. L’Europe y est largement représentée avec, notamment, la présence de plusieurs représentants et délégations d’obédiences.

Allocution du Grand Maître du Grand Orient de Suisse, Christophe Ravel

Le Grand Orient de Suisse participe également à cet événement, par l’entremise de son Grand Maître Christophe Ravel, pour la deuxième année consécutive. A cette occasion, deux discours auront été prononcés, l’un à l’occasion de l’Assemblée générale du CPMAN et l’autre lors de l’Assemblée Générale des REHFRAM. Le Grand Orient de Suisse y a exprimé toute sa fraternité et sa volonté d’ouverture en direction des obédiences du Sud. « Le Grand Orient de Suisse n’a aucun projet de création de loge sur le continent, mais simplement le désir de développer des relations saines, fraternelles et équilibrées ». Le Grand Maître précise le sens de sa présence à cet événement : « Il s’agit simplement d’aller à la rencontre de l’altérité et de nourrir les réflexions au sein de notre obédience. Le Grand Orient de Suisse est de plus en plus dynamique et les travaux dans nos loges reflètent aussi les nuances que le monde nous offre ». C’était déjà animé de ce même esprit que le Grand Maître avait signé l’année dernière à l’occasion du Convent 2023 à Zürich un Traité d’Amitié avec le Grand Maître des Grands Orients et Loges associées du Congo (GOLAC). De nombreux échanges ont encore eu lieu cette année, et le travail engagé se matérialisera dans l’avenir sans doute par des visites et de nouveaux Traités d’Amitié.

Place de l’Indépendance à Lomé

Cette année, les participants des REHFRAM étaient invités à travailler sur le thème suivant :

« Comment la Franc-maçonnerie peut-elle accompagner l’émancipation et le développement de l’Afrique et de Madagascar ? ».

Il s’agissait de déterminer comment la franc-maçonnerie, riche de ses valeurs universelles, peut accompagner le processus engagé d’affranchissement des tutelles qui sont restées encore prégnantes malgré les indépendances des années 1960. Après un état des lieux sans complaisance sur l’état de l’Afrique, que cela soit pour des raisons endogènes ou exogènes, les participants ont souligné l’importance de faire connaître l’idéal maçonnique au grand public en éliminant la discrétion trop importante qui entoure leurs travaux. « Les valeurs de vertu et de fraternité qui caractérisent l’action des francs-maçons doivent, en s’appuyant sur les valeurs et réalités endogènes africaines et malgaches, pouvoir aider au développement et à l’émancipation du continent ». Le continent doit trouver sa propre trajectoire, son propre modèle de développement. De nombreuses propositions sont apportées pour matérialiser cette pensée et aider à l’épanouissement dans de nombreux domaines. Les acteurs appellent de leurs vœux davantage de coopération entre obédiences du Sud et des rapports équilibrés avec les obédiences du Nord.

Notons qu’à cette occasion, la thématique de la résolution des conflits est à nouveau approchée. L’année dernière déjà, ce sujet avait été abordé en commission et l’idée de la création d’une Charte maçonnique de règlement des conflits avait été proposée par le Grand Maître du Grand Orient de Suisse. Cette idée semble ne pas avoir abouti, mais tout le monde s’accorde sur le fait que la franc-maçonnerie doit essayer d’apporter des solutions également dans ce domaine. Il y aura sans doute dans l’avenir, là aussi, une matérialisation des volontés exprimées.

Nous avons trouvé à Lomé une franc-maçonnerie africaine dynamique, qui souhaite exister par elle-même. Le choix du thème de cette édition des REHFRAM n’était sans doute pas un hasard, il faisait nécessairement écho à l’actualité du continent. Les temps changent et l’Harmattan souffle sur de nouvelles aspirations qui répondent à nos idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

L’étoile de David

L’étoile de David est le symbole du judaïsme. Deux triangles imbriqués la compose, l’un disposé vers le haut, l’autre vers le bas. Cette figure constitue un hexagramme, autrement dit une étoile à six pointes.

 En hébreu, elle se nomme depuis le XIVème siècle – à la naissance de la Kabbale – Maguen David, que l’on peut traduire littéralement par « Bouclier de David » (en latin, scrutum davidis.).

 Il s’agit en fait du fils de David : le rapprochement du nom et de l’astre provient d’une prophétie annonçant qu’un Roi-messie doit venir (Un astre se lèvera de Jacob et un homme surgira d’Israël).

 Le « Bouclier de David » trouve également un sens dans une légende : Lorsque David, recherché par Saül, se cache dans une grotte, une araignée tisse sa toile en forme d’une étoile à six branches au dessus de lui. Il est ainsi préservé de la vue des soldats, qui ne le trouvent pas. Les six points aux extrémités de l’étoile et les six points d’intersection des triangles représentent aussi la disposition des douze tribus d’Israël unifiées sous la royauté de David, sur la Terre d’Israël autour de Jérusalem.

 Cette étoile est considérée comme le sceau magique du roi Salomon (en latin, sigillum Salomonis). Ce symbole est très ancien : il aurait été retrouvé à Sidon (capitale de la Phénicie dans l’antiquité) sur un sceau datant du VIIème siècle avant Jésus-Christ.

 C’est un sigle magique au Moyen Age et un symbole alchimique indiquant la complémentarité des principes contraires, tels l’eau et le feu, le haut et le bas.

 L’étoile à 6 pointes décore le drapeau d’Israël (étoile bleue stylisée sur fond blanc). Cette étoile symbolise également les six jours de la semaine, le septième jour étant représenté par le centre de l’étoile. Elle a connu une large diffusion grâce à l’invention de l’imprimerie. A partir du XVIIème siècle, la communauté juive de Hollande en fit son symbole qui se répandit ensuite dans les communautés juives du monde entier.

 Imposé aux Juifs par le régime nazi dans les territoires qu’il occupait, lors de la dernière guerre mondiale – sous forme d’une étoile jaune en tissu cousue sur leurs vêtements – ce symbole est devenu synonyme de souffrance et d’horreur.

 Comme la croix pour les chrétiens, l’étoile de David est aussi à considérer avec une vision religieuse d’espérance. C’est bien ce sens, que la tradition chrétienne donne à l’étoile qui guide les trois rois mages, Melchior, Balthazar et Gaspard, vers Bethléem, pour aller y rendre hommage à l’enfant Jésus dans sa crèche.

 Il existe aujourd’hui nombre de loges maçonniques en Israël. L’emblème de l’équerre et du compas y côtoie l’étoile de David. Celle-ci, serait semblable au sceau de Salomon, lequel selon la légende, avec deux triangles inversés dans un cercle, représentait exactement l’hexagramme actuel.

Le même sujet décliné par Solange Sudarskis

Mot du mois : « Délicatesse »

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Etrange mot, dont l’ambiguïté apparaît dans les acceptions si diverses qu’il suscite !

Il y a la délicatesse d’une carnation, des traits d’un visage représenté sur une délicate miniature peinte ou émaillée, dont on admirera le tracé fin et délié. Une délicatesse souvent associée au féminin voire à l’efféminé.

Finesse du toucher sous les doigts du pianiste, dans l’exécution d’une peinture, précision dans le geste.

L’intelligence d’une rencontre suppose de faire preuve de tact dans le jugement, l’écoute, le silence ou les mots employés.

Les délices de Capoue, devenus métaphore du plaisir raffiné, du repos du guerrier, coûtèrent à Hannibal, en 215 avant JC., la victoire définitive sur les Romains. Il est vrai que ses soldats étaient harassés par une chevauchée éléphantine autour de la Méditerranée occidentale et à travers les Alpes, assortie de quelques batailles au passage, et rêvaient de délier leurs corps courbatus. Thermes, sauna de l’époque, et plaisirs de la chair et de la bonne chère, comment résister ?

Hannibal céda, les Carthaginois se ramollirent dans ce piège de la douceur. Les Romains, quant à eux, se refirent une santé militaire…

Le latin *delicatus, d’origine douteuse, exprime l’ambivalence du mot. C’est à la fois la finesse du mignon, le raffinement de la volupté jusqu’à la mollesse du tendre. Les délices manifestent ce relâchement, qui se défait de ses liens, *lax, le lacet, d’où les lacs d’amour si présents dans l’amour courtois. Plaisir et séduction perverse !

Le grec use des mots de la douceur sucrée, de la suavité associée à la mollesse qui tend à la fragilité, la faiblesse, ou encore la finesse ingénieuse et rusée.

De là à y percevoir une ruse difficile à déjouer…

Être en délicatesse dans une situation ou une rencontre ne relève pas d’un plaisir épanoui, tant une affaire délicate risque de mobiliser beaucoup d’énergie et de subtilité diplomate pour en délier les imbrications et les pièges.

D’où la réelle difficulté de traduire le mot en autre langue. Parlez de Delikatessen à un Allemand, il vous offrira des gâteaux, des saveurs de bouche !

En nos époques tourmentées de violences, la délicatesse n’est plus guère au programme des réjouissances et le mot entre en déshérence…

Annick DROGOU

Rien de mièvre ni de mou dans la délicatesse. Il faut prendre ce mot au sérieux comme on prend un oiseau dans le creux de la main et sentir ce qui palpite dans la fragilité de la vie, toucher sans forcer.  Avec délicatesse : tout est affaire de tact, ne pas blesser, agir avec pudeur. Ce qui est délicat est sensible et mobilise tous nos sens.

C’est cela la délicatesse, le contraire de la cognée du bûcheron. Aucune crispation de peur, toujours la souplesse d’une paix d’harmonie. Il y a pourtant une force dans la délicatesse, c’est la force de l’amour. On ne tue pas avec délicatesse, on ne peut qu’aimer.

La délicatesse est une légèreté qui ne s’exprime pas à la légère. C’est une légèreté attentionnée. Avec délicatesse. Action et contemplation. La délicatesse est une action née de la contemplation, qui en garde la trace et voudrait la prolonger ; et si parfois on est en délicatesse avec quelqu’un ou quelque chose, c’est qu’on n’a pas su en saisir le mystère. Mais tout reste encore possible, fragile porcelaine de nos vies. Aimer, seulement aimer.

Jean DUMONTEIL

Héritage commun et voyage spirituel, le message des prophètes

Le livre Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible écrit par Reem Yasmina Laghrari1 et préfacé par Éric de Kermel2, offre une exploration profonde et riche de la vie et des enseignements de vingt-cinq prophètes qui ont marqué tant le Coran que la Bible.

Cette œuvre propose une perspective unique en abordant ces figures spirituelles d’une manière qui transcende les frontières religieuses traditionnelles, en cherchant à dévoiler les messages universels qu’ils peuvent offrir à l’humanité contemporaine.

L’approche chronologique adoptée par l’auteure permet de suivre l’évolution de la pensée et de la spiritualité à travers les âges, en partant d’Adam et en se concluant avec Muhammad (Mahomet), le dernier prophète selon la tradition islamique.

Michelangelo, création d’Adam.

Commençons par Adam, considéré comme le premier homme dans les traditions juive, chrétienne et musulmane. Il occupe une place fondamentale dans les textes sacrés de ces trois grandes religions monothéistes. Dans la Bible, plus précisément dans le livre de la Genèse, qui fait partie du Tanakh juif et de l’Ancien Testament chrétien, Adam est créé par Dieu à partir de la poussière de la terre. Il est placé dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder, et c’est là qu’il reçoit l’interdiction de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. La désobéissance d’Adam et d’Ève, sa compagne créée à partir de sa côte, entraîne leur expulsion du jardin d’Éden, un événement souvent interprété comme l’origine du péché originel dans la tradition chrétienne.

Bible de Gutenberg.

Dans le Coran, Adam est également présenté comme le premier homme et le premier prophète, créé par Dieu à partir d’argile. Sa création est suivie de son habitation au Paradis avec sa femme, jusqu’à leur chute causée par leur désobéissance à l’ordre divin de ne pas s’approcher d’un certain arbre, poussés par Satan. Cependant, la notion de péché originel telle qu’entendue dans la tradition chrétienne n’est pas présente en islam ; Adam et Ève sont pardonnés par Dieu après leur repentir.

Mamluk era Quran, c. 1380, open to sura 16.

La figure d’Adam dans ces traditions souligne des thèmes universels tels que la création de l’humanité, la tentation, la chute, le pardon, et la relation entre l’homme et son créateur. Sa longévité, mentionnée dans la Genèse comme s’élevant à 930 ans, reflète les âges bibliques souvent très élevés attribués aux premières générations humaines, signifiant peut-être leur proximité particulière avec le divin ou une autre manière de comprendre le temps et la vie dans ces récits anciens.

Mahomet représenté sur une illustration ottomane datant du XVIIe siècle… (Wikimedia Commons).

Quant à Muhammad – achevant la liste des 25 prophètes de l’ouvrage –, connu en Occident sous le nom de Mahomet, il est donc reconnu comme le dernier prophète de l’islam selon la tradition musulmane. De son nom complet Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, il est issu de la tribu de Quraych, une des plus importantes tribus de La Mecque, centre religieux et commercial de l’Arabie préislamique. Sa vie se divise en plusieurs phases importantes : sa naissance à La Mecque, sa révélation en tant que prophète à l’âge de 40 ans, la période de prédication à La Mecque où il a rencontré de l’opposition, et l’Hégire, son émigration vers Médine en 622, qui marque le début du calendrier musulman. À Médine, il a établi une communauté musulmane unie et a acquis une influence considérable, tant sur le plan religieux que politique et militaire. Les dernières années de sa vie ont été consacrées à l’expansion de l’islam dans la péninsule arabique.

Muhammad est considéré par les musulmans comme le « Sceau des prophètes » (Khatam an-Nabiyyin), ce qui signifie qu’il est le dernier des prophètes envoyés par Dieu pour guider l’humanité. Les enseignements qu’il a reçus, qu’il a prêchés et qui ont été ultérieurement consignés dans le Coran, ainsi que sa vie et ses actes (la Sunna), recueillis dans les Hadiths, constituent la base de la foi et de la pratique islamique.

L’auteure, puisant aux meilleurs versets de la Bible ou sourates du Coran, n’hésitant à les citer, analyse pourquoi et comment il bénéficie, à juste titre, du qualificatif de prophète. Rappelons que les qualificatifs utilisés pour décrire les prophètes dans la Bible et le Coran reflètent les différentes perspectives théologiques de chaque religion.

Tel Aviv, Torah, Am Yisrael Foundation.

Dans la Bible, un prophète est un homme choisi par Dieu pour transmettre sa parole au peuple – à ne pas confondre avec un voyant, un homme de Dieu, un serviteur ou encore un messager.

Dans le Coran, le nabi est un prophète qui reçoit une révélation de Dieu mais peut, selon les circonstances avoir plusieurs autres acceptions : rasul, messager de Dieu qui est envoyé à un peuple spécifique ; mursal, prophète qui est envoyé à une communauté.

Par ailleurs, la Bible utilise une variété de termes pour décrire les prophètes, tandis que le Coran utilise une terminologie plus précise. Le Volume de la Loi Sacrée – terme usité par pour le maçon dit « régulier et de tradition pour désigner la Bible – , met l’accent sur le rôle du prophète comme guide moral (Moïse : « un prophète comme moi » (Deutéronome 18:18) ; Élie : « un homme de Dieu » (1 Rois 17:1) ; Jean-Baptiste : « un prophète et plus qu’un prophète » (Matthieu 11:9)), tandis que le Coran met l’accent sur son rôle de messager de Dieu (Adam : « le premier prophète » (Sourate 2:31) ; Noé : « un messager de Dieu » (Sourate 7:59) ; Abraham : « un ami de Dieu » (Sourate 4:125) ; Jésus : « un messager de Dieu et sa parole » (Sourate 4:171)).

Noé, mosaïque.

Entre les deux, Reem Yasmina Laghrarien mentionne 23 autres, reconnaissables comme prophètes mentionnés dans les traditions islamiques et judéo-chrétiennes. Prenons-en quelques-un… Idrîs est connu dans la tradition judéo-chrétienne sous le nom d’Énoch, Idrîs est mentionné dans le Coran comme un prophète sage et véridique. Selon les croyances islamiques, il a été élevé à un haut rang par Dieu. Nûh, qui correspond au Noé biblique, est un prophète majeur dans les traditions islamiques, chrétiennes et juives. Nûh est le protagoniste de l’histoire du Déluge, où, sur l’ordre de Dieu, il construit une arche pour sauver sa famille et des couples de chaque espèce animale d’un déluge dévastateur envoyé comme punition pour l’humanité corrompue. Le même Noé est une figure centrale de la Genèse dans la Bible, connu pour son obéissance à Dieu face à la corruption du monde. Loth est connu dans la Bible sous le nom de Lot, il est le neveu d’Abraham. Loth est principalement connu pour son histoire liée aux villes de Sodome et Gomorrhe. Dans le Coran, il est également un prophète envoyé pour avertir ces villes de leur comportement immoral.

Moïse brisant les Tables de la Loi, huile sur toile de Rembrandt, 1659, Gemäldegalerie, Berlin.

Moïse reste l’une des figures majeures dans le judaïsme, le christianisme, et l’islam, Moïse est connu pour avoir conduit les Israélites hors d’Égypte et pour avoir reçu les Dix Commandements de Dieu sur le mont Sinaï.  Élie est un prophète important de l’Ancien Testament, connu pour ses miracles et sa lutte contre le culte de Baal en Israël.

La Vierge de l’Annonciation, par Antonello de Messine, palais Abatellis, Palerme.

L’auteure mentionne aussi Marie, sœur d’Aaron, faisant ainsi référence à un passage du Coran où Marie (Maryam en arabe), la mère de Jésus (Isa), est appelée « sœur d’Aaron » (Maryam 19:28). Mais aussi, Jésus où, dans l’islam, il est connu sous le nom d’Issa (parfois écrit Isa) et est considéré comme l’un des prophètes majeurs, mais pas comme le fils de Dieu, comme le croient les chrétiens. La tradition musulmane reconnaît Jésus (Issa) comme un messager envoyé par Dieu (Allah), qui a été conçu miraculeusement dans le ventre de sa mère vierge, Marie (Maryam en arabe), par l’ordre de Dieu.

Le Coran (arabe : القرآن ; al Qur’ān, « la récitation ») est le livre sacré de l’islam, la parole de Dieu. Dans l’Islam le Coran est considéré comme inimitable dans la beauté et dans les idées.

Le Coran mentionne Jésus (Issa) à plusieurs reprises, soulignant son rôle de prophète et le confirmant comme le messie. Cependant, il rejette l’idée de la divinité de Jésus et de la Trinité, qui sont des croyances fondamentales dans le christianisme. Le Coran met également en avant les miracles de Jésus, comme la guérison des malades et la résurrection des morts, tout en insistant sur le fait qu’il accomplissait ces miracles par la volonté et le pouvoir de Dieu. L’islam enseigne que Jésus (Issa) n’a pas été crucifié, mais qu’il a été élevé au ciel par Dieu et qu’il reviendra sur terre avant le Jour du Jugement pour restaurer la justice et vaincre l’antéchrist. Sa seconde venue est un élément important de la croyance islamique concernant les signes de la fin des temps. Ainsi, Jésus est profondément respecté dans l’islam comme un prophète important, dont la vie et les enseignements sont considérés avec une grande vénération, même si la compréhension de sa nature et de son rôle diffère significativement de celle du christianisme.

 
Fresque du IIIe siècle dans la catacombe de Saint-Calixte à Rome, représentant Jésus de Nazareth en Bon Pasteur criophore.

En mettant en parallèle les récits du Coran et de la Bible, le livre vise à mettre en lumière les points communs et les différences dans la manière dont ces figures sont représentées et les leçons qu’elles incarnent.

Les références historiques, scientifiques, et archéologiques enrichissent la narration en apportant un contexte tangible aux récits spirituels et mystiques, offrant ainsi une lecture à la fois éducative et inspirante. Cette approche multidimensionnelle pourrait non seulement intéresser les lecteurs cherchant à approfondir leur connaissance des textes sacrés, mais aussi ceux en quête de compréhension des fondements communs et des divergences entre l’islam et le christianisme.

Les thèmes de la bienveillance, de l’amour, de la patience, de l’humilité, de la joie, et de la gratitude, tels qu’enseignés par ces prophètes, sont présentés comme essentiels pour naviguer dans l’existence. Ces valeurs universelles résonnent avec les défis contemporains, soulignant l’importance de se tourner vers ces enseignements ancestraux pour trouver orientation et inspiration dans notre monde moderne.

Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible se présente donc comme une invitation à redécouvrir ces figures emblématiques sous un jour nouveau, encourageant une réflexion sur la manière dont leur héritage spirituel peut éclairer les parcours individuels et collectifs dans un monde en quête de sens.

Reem Yasmina Lagharari.

1Reem Yasmina Laghrari, docteur en pharmacie, est un exemple intéressant de parcours professionnel et personnel transnational. Née aux États-Unis, elle a choisi de vivre et de travailler au Maroc, illustrant ainsi un pont entre deux cultures et systèmes de santé différents. Son parcours peut mettre en lumière les échanges de connaissances et compétences entre les pays, ainsi que les défis et opportunités que rencontrent les professionnels de la santé qui choisissent de travailler loin de leur pays d’origine. La décision de Reem Yasmina Laghrari de travailler au Maroc, malgré une formation aux États-Unis, peut également refléter un engagement envers le développement de la santé publique dans des contextes moins favorisés ou un désir de contribuer à la société marocaine avec les compétences et connaissances acquises à l’étranger.

Éric de Kermel.

2Éric de Kermel est un écrivain et éditeur français, connu pour ses œuvres littéraires qui explorent souvent des thèmes liés à la nature, à l’environnement et à la quête de sens dans la vie moderne. Il a un parcours professionnel varié qui l’a également vu s’engager dans le monde de l’édition, où il a contribué à la promotion de livres engagés sur des sujets environnementaux et de développement personnel. Ses écrits reflètent une profonde connexion avec la nature et une réflexion sur la place de l’humain dans le monde. Éric de Kermel partage à travers ses livres une vision du monde qui encourage le lecteur à se reconnecter avec l’environnement et à trouver un équilibre dans sa vie personnelle. Sa passion pour l’écologie et le bien-être se traduit dans son approche littéraire, faisant de lui une voix importante dans le paysage littéraire contemporain français sur ces thématiques.

Le Relié est une marque d’édition appartenant au Groupe Guy Trédaniel, un éditeur français reconnu pour sa publication d’ouvrages dans les domaines de la santé, du bien-être, de l’ésotérisme, du développement personnel, et de la spiritualité. Le Groupe Guy Trédaniel se distingue par sa spécialisation dans les livres qui promeuvent une approche holistique de la vie, offrant des perspectives alternatives et complémentaires aux approches conventionnelles de la médecine, de la santé mentale et du développement personnel.

Le Relié, en tant que marque de ce groupe, suit cette ligne éditoriale en proposant des ouvrages qui encouragent la réflexion intérieure, la croissance personnelle, et une meilleure compréhension de soi et du monde. Les publications du Relié peuvent inclure des textes sur la méditation, la philosophie, la psychologie transpersonnelle, ainsi que des écrits inspirés par des traditions spirituelles du monde entier. Le but de Le Relié est de fournir des ressources qui soutiennent le cheminement personnel des lecteurs vers une plus grande conscience et un équilibre de vie.

Le Groupe Guy Trédaniel, grâce à des marques comme Le Relié, joue un rôle important dans la diffusion de connaissances et de pratiques liées au bien-être et à la spiritualité, contribuant ainsi à l’enrichissement culturel et spirituel de ses lecteurs.

Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible

Reem Yasmina Laghrari – Préface de Éric de Kermel

Le Relié, 2024, 600 pages, 23,90 €

Disponible à compter du 14 mars prochain dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, à vous inspirer, à vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier !  

La « Fédération Nationale de la Libre Pensée » règle ses comptes avec la GLNF

Dans un article du 3 mars dernier, les Frères de la Libre Pensée se sont fâchés contre la Grande Loge Nationale Française pour son mépris et son manque de soutien suite aux agressions de l’extrême-droite et des catholiques intégristes, dont elle a fait l’objet. Nous allons vous livrer tel quel l’article de son site et attendons la réaction de Jean-Pierre Rollet, le Grand-Maitre de la GLNF qui, nous en sommes certains, ne manquera pas de réagir, comme à son habitude.

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De l’art de prendre les Francs-Maçons pour des imbéciles

Comme chacun le sait, la Librairie de la Libre Pensée a été agressée à plusieurs reprises par l’extrême-droite et les catholiques intégristes.

La Fédération nationale de la Libre Pensée s’est adressée à l’ensemble du mouvement laïque, démocratique, ouvrier et aux Obédiences maçonniques pour leur demander leur soutien et leur solidarité contre ces agressions.

De très nombreuses organisations et associations de toutes natures ont manifesté leur soutien à cette occasion. Les Obédiences et Associations maçonniques suivantes aussi :

  • Grand Orient de France
  • Le Droit Humain
  • Grande Loge Mixte de France
  • Cercle Philosophique et Culturel 1623 LE DROIT HUMAIN » Vitry le François (51300)
  • Criticia Masonica
  • Hiram.be
  • GADLU INFO
  • La Maçonne
  • FM 450
  • Le Blog des Spiritualités de Jean-Laurent Turbet

La Libre Pensée a contacté à plusieurs reprises la Grande Loge Nationale Française pour la solliciter, elle a obstinément refusé. Voici sa réponse qu’il a été difficile d’obtenir, mais avec persévérance, nous avons reçu celle-ci :

Cher Monsieur,

La GLNF étant une obédience régulière se conformant scrupuleusement aux Landmark de la Franc-Maçonnerie ne peut en aucun cas prendre une position à caractère politique ou religieux. Notre domaine se limite strictement à la spiritualité.

Cordialement

Grand Secrétaire

La Libre Pensée a répondu :

Monsieur, mon TCF,

En quoi la marque d’une solidarité entreFF est la marque d’un « caractère politique ou religieux » ?

En tout cas, merci d’avoir répondu quand même

Fraternellement

Christian Eyschen

Ainsi donc, pour la GLNF apporter son soutien à la Libre Pensée, association réputée assez proche de la Franc-Maçonnerie, attaquée comme elle par l’extrême-droite et les catholiquesintégristes, serait « faire de la politique », et cela serait interdit à la GLNF, ce qui expliquerait alors le refus de toute solidarité et soutien.

Mais alors, comment comprendre ?

Le Canard enchaîné du 21 février 2024 informe que Jordan Bardella, Président de l’organisation politique d’extrême-droite Rassemblement national a été invité à déjeuner dans un cadre somptueux à la GLNF à 85€ le couvert, menu ouvrier (opératif ou spéculatif ?) sans doute. (Voir article joint)

Et cela ne serait donc pas « faire de la politique » ?

De qui se moque-t-on ?

A moins que cela soit là la véritable explication : quand on fréquente l’extrême-droite qui agresse la Libre Pensée, il est difficile de condamner la même extrême-droite avec qui on fait force ripaille.

Cela serait-il la même explication pour l’actuel Grand Maitre passant de la Grande Loge de France qui, contrairement à tous ses prédécesseurs, a lui aussi refusé de soutenir les Sœurs et les Frères de la Libre Pensée ?

Alors, bon appétit, Francs-Maçons intègres

Christian Eyschen

Vénérable Maitre d’Honneur de la RL L’Homme libre (Rite Français) – G.O.D.F.

Souverain Grand Inspecteur Général (33e Grade du REAA) – C.G.R.E. du GODF

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A propos de Jean Calvin… Grandeur et faiblesse d’un homme

Il est bien difficile de distinguer l’homme d’église Jean Calvin, de l’homme tout court ! C’est bien le même homme, le théologien, qui, conduit (aveuglé ?) par sa foi, participa en 1534 à « l’affaire des Placards », à savoir l’attaque violente, à Paris et à Amboise, par voie d’affiche (placard) de la religion catholique (jusqu’à la porte de la chambre royale !) et…. de la religion luthérienne.

Même si l’affaire a été menée par le pasteur Antoine Marcourt, elle était pilotée par Jean Calvin dans son but de réforme. En 1553, toujours conduit par une foi exclusive, il faisait brûler vif le théologien Michel Servet !

Certes, chacun a sa part d’ombre, cette zone opaque en nous-mêmes où siègent notre intuition, nos croyances et non-croyances, c’est à dire l’incertitude qui y devient certitude ! Lorsque cette alchimie personnelle n’est pas contenue, contrôlée, par définition elle déborde, et peut gravement entamer la raison !

Jean Calvin n’a pas été à l’abri de ce processus banalement humain : puisque nous ne connaissons pas notre origine (le premier homme n’avait pas nombril, nous montre les gravures religieuses !) notre cerveau compense grâce à notre imaginaire… grand producteur de mythes et de légendes. Ainsi avons-nous inventé les dieux puis Dieu ! Ainsi avons-nous inventé les religions ! Ainsi les religions ont-elles depuis toujours nié leurs « concurrentes » ! Ainsi sont nés les bûchers, les guerres…

Le mérite de Calvin « l’humaniste », comme celui de tous les croyants voulant améliorer la condition humaine, a été de tenter de faire cohabiter sa foi et sa raison, au profit de l’homme et non de la seule adoration de Dieu. Il déboucha ainsi sur une éthique « économique » (sa morale personnelle) à double intention : la glorification du travail (les francs-maçons se reconnaissent ici !) et l’instauration du prêt bancaire (reprise des méthodes templières).

On peut ainsi dire que Calvin a été associé à l’essor du capitalisme (le bien ou le mal de l’homme, selon les points de vue !) et partant, au développement d’une « démocratie croyante » et de la culture…donc sur fond de protestantisme (le principe de laïcité n’existant pas encore). A preuve, les divisions qui s’opérèrent dès lors dans son mouvement (arminiens et gomaristes) et qui débouchèrent sur le presbytérianisme, en Angleterre et en Ecosse (Anderson était presbytérien). Il y aurait aujourd’hui 45 millions de Calvinistes dans le monde (dont 450 000 en France).

HEL219079 Portrait of John Calvin (1509-64) (oil on panel) by Swiss School, (16th century) oil on panel 41.5×28 Bibliotheque Publique et Universitaire, Geneva, Switzerland © Held Collection Swiss, out of copyright

Il n’a jamais été dit que Calvin avait joué la carte de l’enrichissement personnel : il a toujours privilégié l’intérêt général à l’intérêt particulier. Mais en favorisant le système capitaliste, il est bien normal, que l’argent ait « imprégné » son mouvement, comme il imprègne encore aujourd’hui tous les cultes ! C’est une raison, entre autres, qui motiverait le catholicisme à maintenir le célibat des prêtres, leur mariage et donc la multiplication des familles qui coûterait soi-disant trop cher au Vatican…et risquerait de voir éparpiller ses biens !!).

Reste à savoir si la foi a été un moteur ou un frein sur le parcours de Jean Calvin. Ne serait-il pas parvenu à ces mêmes progrès sociaux, s’il avait été athée ? La même question se pose pour les « grands hommes » qui ont été ou sont animés par « la foi maçonnique » : Fleming n’aurait-il pas découvert la pénicilline, s’il n’avait pas été franc-maçon ?

Foi et raison : un bon sujet de réflexion sur les grandeurs et misères humaines! La franc-maçonnerie nous donne cette chance de pouvoir voyager sur les sentiers de l’intelligence collective !

Le doute est la certitude du maçon.

C’est la diversité des fleurs qui fait la beauté d’un jardin !

Comment décoder un portail d’église romane : par Laurent Ridel

Du site de Laurent Ridel decoder-eglises-chateaux.fr

Vous avez en nombre réagi sur ma dernière infolettre portant notamment sur les danses macabres. Vous m’en avez dénichés dans des endroits que je ne connaissais pas. Par exemple dans la chapelle Notre-Dame-des-Neiges à Avrieux, en Savoie ou dans la basilique Sainte-Trinité de Cherbourg. Encore merci ! C’est la force d’une communauté. Une mention spéciale à Aïda d’Hazebrouck qui m’a indiqué une danse macabre moulée sur une cloche ! A voir dans l’église Saint-Martin de Boeschèpe (Nord).

Plusieurs abonnés m’ont rapporté des danses macabres qui se révèlent en fait des « dits des trois morts et des trois vifs« . Le message est le même : avertir les vivants de l’imminence de leur mort. Mais dans le cas dudit, les squelettes ne dansent pas avec les vivants et ces « vifs » sont tous de jeunes nobles. Exemple ci-dessous à la Ferté-Loupière (qui montre aussi une danse macabre). 

Autre événement de la semaine : j’ai publié une nouvelle vidéo sur ma chaîne Youtube après plusieurs mois d’arrêt. Je vous emmène à Vézelay (Bourgogne) pour vous décoder ce que l’historien Michel Pastoureau met au rang des chefs-d’œuvre de l’art roman : le portail intérieur de la basilique. Grâce au téléobjectif de mon appareil-photo, vous en apercevrez mieux les détails curieux. 

Antigone des assos : quand Montpellier fait (encore) la promo d’associations douteuses

De notre confrère lepoing.net

Le Poing avait déjà interpellé la Ville de Montpellier (sans réponse) en octobre dernier sur le choix des intervenants à l’Antigone des associations 2023 à propos d’entrepreneuses de l’ésotérisme. Le mouvement Kaya Team Universe, accusé de dérives sectaires et sur lequel nous avons récemment enquêté, figure également sur le site de l’évènement.

Au risque de se répéter, Montpellier est-elle en train de devenir la capitale de l’ésotérisme new-age à défaut d’être celle de la culture ? En octobre dernier, nous révélions que des entrepreneuses “médiums”, et autres pratiquantes de « rituels de dégagement énergétique par le plomb » étaient présentes à l’Antigone des associations 2023, journée organisée par la Ville de Montpellier pour promouvoir les associations sportives et culturelles du Clapas. La publicité affichée sur leurs stands pour des prestations payantes nous avait alors étonné, et la mairie n’avait pas répondu à nos questions.

Nous avions également alerté sur la présence sur l’annuaire des associations en ligne de la Ville de l’association de développement de l’anthroposophie. Mouvement spirituel pseudo-scientifique fondé au début du XXe siècle par l’occultiste autrichien Rudolph Steinner, l’anthroposophie est souvent identifiée par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires comme pouvant présenter des risques pour la santé des personnes. Cette page avait été supprimée par la Ville après publication de notre article.

Kaya Team Universe présent également

Et la semaine dernière, nous avons publié une enquête sur Kaya Team Universe, un mouvement implanté à Pérols et crée par Pierre Lassalle, suivi par les autorités travaillant sur les dérives sectaires depuis la fin des années 90, et accusé d’avoir indirectement poussé une de ses adeptes au suicide.

Sauf que Kaya Team, par sa branche “event”, est affiché sur le portail de l’Antigone des associations 2023. Le contact de l’association renvoie vers une certaine Laurence Henck, naturopathe, qui organise le weekend du 17 février 2024 un évènement “semences pour un nouveau monde”, au siège de Kaya Team Universe, à Pérols.

Capture d’écran du site de l’Antigone des assos 2023, prise le 16 février 2024.

Quelques recherches rapides (ça nous a pris environ un quart d’heure au moment de l’enquête) permettraient de remonter jusqu’à Pierre Lassalle, et donc de se poser quelques questions sur la probité de cette association. Que fait le service vie associative de la Ville de Montpellier ? Y-a-t-il un contrôle à priori sur les associations répertoriées à l’Antigone des associations ? Si oui, comment fonctionne-t-il ? Si non, ne serait-ce pas pertinent d’en effectuer, surtout à l’heure où l’Assemblée nationale se penche sur un projet de loi visant à lutter contre les dérives sectaires, notamment en ce qui concerne la santé ?

Contactée, la mairie n’a (encore une fois) pas répondu à nos questions.

Frédéric Le Gal : « Le prêtre exorciste doit rendre des comptes »

De notre confrère lavie.fr – Interview : Charlotte Gambert

Le 24 janvier 2024, le diocèse de Lyon et la communauté de l’Emmanuel annonçaient des sanctions canoniques visant un prêtre, Emmanuel Dumont, ancien exorciste, accusé par plusieurs personnes de dérives dans ce ministère. Frédéric Le Gal, lui aussi ancien exorciste, revient sur cette affaire.

Frédéric Le Gal, 61 ans, a été prêtre exorciste pendant plus de 15 ans, à Nice et en Suisse, pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, après avoir été aumônier auprès de personnes souffrant de troubles psychiques. Fin 2023, il a mis fin à ce ministère et publié l’ouvrage Croyez-vous au diable ? Les carnets d’un prêtre exorciste (Cerf), dans lequel il décortique le rôle d’un prêtre exorciste et relate son expérience. Il est désormais en Bourgogne, où il reste disponible pour transmettre son savoir, fruit de son expérience et de sa formation en la matière.

Frédéric Le Gal évoque pour La Vie ce ministère particulier qui fascine tant, au moment où il a été récemment révélé qu’un ancien prêtre exorciste de Lyon, Emmanuel Dumont, fait l’objet de sanctions canoniques – il est notamment accusé par une femme de lui avoir induit de faux souvenirs de violences sexuelles.

Quelle est votre réaction face aux faits reprochés à votre confrère ?

Je suis surpris, j’ai du mal à concevoir une telle dérive. Les prêtres exorcistes sont tellement encadrés ! Comme je l’explique dans mon livre, ils sont nommés par l’évêque de leur diocèse et travaillent entourés d’une équipe de fidèles laïcs formée à ce type d’accueil. Il y a une multiplicité de garde-fous : en premier lieu, le prêtre exorciste doit rendre des comptes à l’évêque.

Pour ma part, je rédigeais régulièrement des rapports à son intention et lui annonçais mon dessein, le cas échéant, de réaliser une prière d’exorcisme sur un consultant. L’évêque du diocèse est le premier exorciste et transmet à un prêtre ou à une équipe de prêtres le pouvoir d’exorciser. Il doit à ce titre donner un rituel, que le prêtre exorciste appliquera pour exorciser une personne.

Ensuite, une supervision d’équipe et personnelle est prévue. Pour les consultants qui faisaient appel à nous, nous en référions à des professionnels : médecins, psychiatres et psychologues en particulier. Nous pouvons faire appel à des intervenants extérieurs.

Un prêtre exorciste bénéficie également d’un accompagnement spirituel à titre personnel. Il est extrêmement important qu’il ne soit pas seul à bord. Face à la multiplicité des demandes et la complexité des histoires de vie, l’exorciste doit, de manière indispensable, être entouré de professionnels de la santé et de bénévoles.

Prêtre exorciste : quel est l’objet de ce ministère ?

Il s’agit, avec l’aide de Dieu, de restituer sa liberté fondamentale à une personne et lui permettre de retrouver une communion avec Dieu. Cela ne peut se faire que sous son regard. Il important de contrôler si la pratique est ajustée et de demander conseil en cas de doute. Être à l’écoute les uns des autres est fondamental dans ce ministère.

Parfois, il s’agit uniquement d’une maladie psychiatrique, parfois les deux sont mêlés : maladie psychiatrique et souffrance spirituelle. Il arrive aussi que le consultant théâtralise… Il faut pratiquer le discernement avec beaucoup de prudence. Pour cela, le maître mot est la prière, avant, pendant et après.

La rencontre peut déboucher sur différents types de prières – que je décris dans mon ouvrage : de guérison, de délivrance et, beaucoup plus rarement, d’exorcisme. Il y a aussi les sacrements. Avec ces divers moyens, le discernement s’effectue en fonction de critères précis.

Ceux-ci sont établis grâce à la formation reçue et sont les fruits de l’expérience. Un prêtre exorciste voit beaucoup de monde. Au cours de mon ministère, je me suis exercé à catégoriser tous ces maux, pour discerner quelle prière était la plus adaptée. C’est quasiment un travail de chercheur !

Ce discernement s’effectue aussi en fonction de ce que le Seigneur nous montre à travers ce que le consultant confie. Par exemple, si une personne consultante présente un grand nombre de troubles somatiques, le prêtre exorciste devra d’abord s’assurer qu’elle a consulté des médecins, et seulement ensuite dispensera éventuellement le sacrement des malades, qui peut aider.

L’intérêt n’est pas de constituer un groupe à part mais de permettre à ceux qui viennent consulter de retrouver une vie de prière et sacramentelle dans l’Église, de renforcer leur foi et leur communion avec les autres croyants. Jésus, après avoir guéri les malades, les renvoyait vers leur communauté.

À quel moment un prêtre a-t-il recours à la prière d’exorcisme ?

En réalité, il demeure très rare qu’un prêtre exorciste pratique cette prière. Dans la majorité des cas, l’exorcisme doit être pratiqué quand l’exorciste est convaincu que la personne est possédée. En cas de maladie psychiatrique, il peut y avoir des signes similaires. Un signe ne suffit pas.

Quand il s’agit de possession, ces signes peuvent prendre des formes particulières en fonction de l’environnement de la personne. Par exemple, je cite dans mon livre une femme qui se mettait à parler en langue étrangère avec une voix venue d’outre-tombe. En fait, elle parlait dans le dialecte du prêtre exorciste que lui seul pouvait connaître.

Quand une personne doit-elle s’alarmer d’une présence maléfique ?

Elle peut s’alerter elle-même ou on peut l’alerter. Par exemple, si quelqu’un a vu plusieurs médecins pour divers troubles et a dans sa vie spirituelle des choses difficiles à gérer. Mais avant, il est bon d’en parler à un prêtre ou un accompagnateur spirituel, notamment en cas de manifestations extraordinaires ou d’événements inexpliqués. Les premiers signes peuvent être la rencontre d’un obstacle dans sa vie spirituelle, des cauchemars récurrents, un dégoût pour le sacré ou une envie de blasphémer, un rejet.

Je pense que le temps, parfois long, dans lequel procède un prêtre exorciste avec un consultant a pour objet de transmettre le fait que la prière d’exorcisme n’est pas magique. Ce n’est pas parce que l’on voit deux ou trois fois une personne que le mal est vaincu en elle. Celle-ci doit aussi cheminer, ce qui se déploie dans le temps.

L’enjeu est que la personne qui demande de l’aide coopère à sa guérison. Cela peut être rapide comme cela peut prendre plusieurs années. C’est Dieu qui libère. Et c’est la personne concernée qui perçoit cette libération, lorsqu’elle a complètement retrouvé la paix. Le prêtre exorciste peut aussi dire que ce n’est plus de son ressort.

Vous écrivez que « le démon ne pourra jamais de sa propre initiative s’introduire dans une personne ou la perturber sans la permission de Dieu »…

Oui, j’écris cela en référence aux saints et saintes qui ont été tentés et qui, à travers cette épreuve, ont pu manifester leur foi et leur amour pour Dieu. Ce n’est pas Dieu lui-même qui envoie ces épreuves, mais il les permet. L’exemple type dans la Bible est celui de Job, sur qui s’abat un grand nombre d’épreuves, lesquelles testent sa fidélité à Dieu. Parmi les saints, je pense à Gemma Galgani, à Padre Pio, dont les combats spirituels étaient extrêmement violents, ou encore au curé d’Ars.

Le combat spirituel est-il exacerbé pour un prêtre exorciste ?

Non, il n’est pas exacerbé, mais on en prend toute la mesure. Ce combat est inhérent à la vie de chaque baptisé. Il est opportun de le souligner alors que nous entrons en carême… Il est vrai, cependant, qu’avoir affaire aux forces du mal revêt un caractère spécifique. Celles-ci peuvent dès lors se manifester par des espèces de harcèlement – ainsi que l’a vécu le curé d’Ars : des attaques personnelles, l’envie de tout arrêter, le découragement, l’impression de ne pas être entendu ou reconnu…

Comment un prêtre exorciste organise-t-il son ministère ?

C’est à lui de déployer son activité. Il incombe au prêtre nommé exorciste de trouver un lieu pour son ministère, de mettre en place une ligne téléphonique dédiée, de monter une équipe. Quand j’ai commencé mon ministère d’exorciste pour le diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg, une ou deux personnes étaient déjà dans l’équipe.

Ensuite, on propose à des personnes que l’on connaît, au vu de leur parcours, de rejoindre l’équipe. La mienne était entièrement féminine et j’ai trouvé importante cette complémentarité des sexes : certains consultants préfèrent être accueillis par une femme. À la fin de mon mandat, nous avons décidé que le prêtre exorciste ne serait plus seul avec la personne consultante – sauf sacrement de réconciliation –, l’accueil étant assuré par deux membres du service. Cela peut constituer une piste intéressante pour éviter les dérives rencontrées à Lyon.

Il incombe également à l’exorciste, comme à l’équipe, de se former. Lorsque j’exerçais comme prêtre exorciste, nous nous rendions tous les deux ans à une session de formation à Lyon et nous étions inscrits à l’Association internationale des exorcistes. Celle-ci organise également un séminaire d’une semaine tous les deux ans. Si ce n’était pas le cas lorsque j’ai commencé ce ministère, en 2003, il y a aujourd’hui beaucoup de lieux de formation pour les prêtres exorcistes.

Vous évoquez, dans votre livre, des réticences tenaces du clergé face à un tel ministère. Pourquoi ?

Ce ministère peut parfois sembler peu intéressant pour des confrères, comme datant d’une autre époque. C’est par méconnaissance, car il est en fait extrêmement important ! En tant que prêtre exorciste, nous allons à la rencontre de personnes souffrantes, blessées voire traumatisées. Il est vrai que ce ministère est extrêmement fatigant : on entend des histoires de vie bouleversantes, fracassantes. Aussi, l’exercer requiert un bon équilibre de vie.

Personnellement, je n’ai pas eu peur face à cet appel. Vous savez, j’étais auparavant aumônier en milieu psychiatrique. J’avais la grâce d’état pour être là. Mais une chose est sûre : ce ministère demande un bon enracinement dans la prière et un ancrage fort dans le Christ. C’est lui qui conduit, comme le dit saint Paul apôtre dans sa lettre aux Galates (2, 20) : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » Et c’est sur lui que je compte. Rappelons que le mal est déjà vaincu par le Christ.

Croyez-vous au diable ?

Ma réponse transparaît très clairement dans mon livre : notre foi, à nous chrétiens, est en Dieu, et nous combattons ensemble le diable et son existence ordinaire et extraordinaire. Nous le rencontrons dans le combat spirituel de tous les baptisés. Je précise que mon titre est tiré de la question que l’on m’a si souvent posée. J’ai été interpellé par le fait que l’on ne me demandait pas : croyez-vous en l’existence du diable ? Mais plutôt : croyez-vous au diable ?

Le démon a besoin d’un corps, d’une voix. C’est un esprit malin, impur et qui a besoin pour s’animer d’une substance corporelle, qu’elle soit un corps humain, des bâtiments, des lieux ou un corps d’animal. Son intention est de nuire, de dépersonnaliser, de désocialiser, d’empêcher la personne d’être libre, d’être elle-même et heureuse en la liant. Le prêtre exorciste délie, il libère la personne.

Constatez-vous une augmentation des pratiques occultes au sein de la société ?

Oui, je constate de plus en plus de pratiques occultes et ésotériques. Concomitamment, je constate que de plus en plus de personnes sont en recherche de sens dans ce monde bouleversé qu’est le nôtre, fragilisé par le Covid, les guerres, etc. Les individus sont en quête, et cette recherche de spiritualité est normale, mais elle est mal orientée lorsqu’elle conduit vers des pratiques ésotériques.

De plus en plus de personnes, aussi, demandent à voir un prêtre exorciste. Celui-ci donne une réponse au mal-être de ces personnes qui ont cherché en vain une réponse dans les pratiques occultes : souvent, elles se rendent compte que le mal-être s’accentue. Beaucoup sont rackettées.

J’ai constaté de nombreux cas d’emprise de personnes sur d’autres, qui les menaçaient, exigeaient de l’argent et augmentaient leurs angoisses. Dans ce cadre, il importe de préciser que le service d’Église est gratuit. On ne peut pas délier en liant, au sens propre comme au figuré : c’est là un critère déterminant qui peut éclairer l’actualité lyonnaise.

Autre précision de taille : ce n’est pas le prêtre exorciste qui induit des choses pouvant être exprimées. Une voyante fait cela, elle annonce des choses, pas un prêtre exorciste. C’est la personne concernée qui, au fil de la rencontre, dépose des réminiscences ; évidemment dans la confidentialité.

Pourquoi ce domaine des forces du mal et de la lutte contre elles fascine-t-il tant ?

Ce qui est fascinant à mes yeux, ce sont toutes les histoires de vie si différentes les unes des autres. Et cette confiance accordée au prêtre exorciste et aux personnes chargées de l’accueil par ceux qui viennent les consulter. C’est beau, cela m’émeut !

Il existe aussi une fascination triste et morbide de la part de personnes qui éprouvent un attrait pour les pratiques occultes. Elles ont peut-être l’impression d’avoir des pouvoirs sur elles-mêmes et sur les autres. Cette fascination est appelée à être transformée dans la lumière du Christ. C’est ce qu’on appelle le combat spirituel.

Vous avez terminé votre ministère d’exorciste. Sans regrets ?

Oui, sans regrets. J’y ai mis fin de ma propre initiative. Je sentais que le moment était venu de passer à autre chose. J’ai aussi traversé de sérieux problèmes de santé, qui ont influencé cette décision. Je pense qu’écrire mon livre m’a permis d’arrêter ce ministère.

Désormais, je suis prêt à aider différentes équipes par la transmission de mon expérience. Je me tiens disponible pour des accompagnateurs en Église. Ainsi, une paroisse m’a récemment demandé de présenter ce ministère. Mon ouvrage me permet aussi d’orienter des personnes en grande difficulté, car après lecture de celui-ci, des paroissiens viennent me voir.

Dévoilement lumineux : La newsletter de la Grande Loge de France (GLDF) est arrivée !

La newsletter GLDF n°125 de mars 2024 met en avant les thèmes de l’initiation, de l’humanisme, de la solidarité, et de la culture au sein de la Grande Loge de France. Elle souligne l’engagement humaniste des Frères de cette obédience à travers trois exemples notables.

Alors que le printemps éveille la nature, la Grande Loge de France (GLDF) s’illumine, une fois de plus, de valeurs qui nous sont chères : l’initiation, l’humanisme, la solidarité, et une richesse culturelle sans cesse renouvelée.

Ce mois de mars s’annonce comme un reflet vibrant de leur engagement fraternel et de leur quête incessante de lumière. Nous retenons trois temps forts :

L’humanisme en action :

La GLDF se distingue par l’engagement humaniste de ses membres. Découvrez comment trois de nos Frères ont fait une différence significative dans leur communauté, incarnant nos idéaux de solidarité et de fraternité au quotidien.

Le mois de l’Initiation : Conférences Publiques

La GLDF nous invite à explorer les multiples facettes de l’initiation à travers une série de conférences publiques. Ces rencontres seront l’occasion de dialoguer autour des mystères de la démarche initiatique et de partager leur vision avec un public plus large.

L’inauguration de l’Orgue Hauptwerk

Sous l’impulsion de notre Grand Maître Thierry Zaveroni, nous avons le plaisir d’annoncer l’inauguration de l’orgue Hauptwerk au sein du temple Pierre-Brossolette. Ce concert inaugural marquera le début d’une nouvelle ère pour notre politique culturelle. Ne manquez pas ce rendez-vous qui promet d’être un moment d’exception, conjuguant art musical et spiritualité.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous reporter à notre article du 21 février dernier « 06/03/24 : Hôtel de la Grande Loge de France – Inauguration de l’orgue du Grand Temple« .

La journée du devoir de mémoire, le 16 mars prochain, à Paris, dans le cadre du rendez-vous annuel de la Commission obédientielle des droits de l’homme et du citoyen de la GLDF. Un temps fort de témoignages et de recueillement pour que les heures sombres du passé ne se conjuguent plus jamais au présent ou au futur !

La GLDF, c’est l‘Esprit d’Initiation, d’Humanisme et de Culture ! Une actualité à suivre sur X, anciennement Twitter Grande Loge de France @GLDF_Officiel