Accueil Blog Page 354

Les relations sociales en dérive

Que fait la Franc-maçonnerie ?

Trois monstres relationnels sont en train de dessécher nos échanges, quels qu’en soient le lieu et la nature : dans la rue, dans la famille, avec nos amis… bref partout. Si nous n’y prenons garde, nous risquons de renforcer une tendance qui, hélas, commence à s’inscrire dans nos mœurs ; celle de l’isolement de l’humain dans sa vie, sous tous ses aspects.

Ces trois monstres sont, selon mes observations, l’indifférence, l’ingratitude et l’inquiétude. Face à ce phénomène sans doute inéluctable, comment se situe la sagesse maçonnique ? Avons-nous, dans notre philosophie et nos pratiques, les ressources pour les contrer ? Nos rites et nos convictions sociales sont-elles en mesure de nous retenir pour ne pas tomber dans ces errements ? Beaucoup, assez ou pas du tout ? En fonction de la réponse, des mesures seront sans doute à, prendre pour s’assurer que nous ne nous laisserons pas ronger par ces trois monstres. Car ils sont déjà à l’œuvre et, comme dans tout message social subliminal, nous ne nous en doutons pas et nous nous soumettons. La société est la maîtresse de nos croyances inconscientes. Notre Maçonnerie, soucieuse de l’harmonie entre humains, dénonce cet aveuglement dont la grande majorité ne se doute pas. Et elle cherche, bien souvent, du moins en théorie ! dans nos Loges, à traquer les croyances qui nous dominent ; à en soupeser l’intérêt et l’utilité. Pour décider, autant que faire se peut, de les revisiter, voire les reprendre. Posons-nous donc la question : sommes-nous en mesure de repérer les trois monstres et de les amadouer, en Loge d’abord ; pour les vivre ensuite dans la société ?

L’indifférence imprègne aujourd’hui tous nos échanges. On répond de moins en moins aux messages qui nous sont envoyés ; les écrans facilitent cette carence. Nous lisons un message et n’y répondons plus. Nous sommes tellement submergés d’informations que nous renonçons à répondre. Et cela n’étonne guère les destinataires. On le comprend si ce sont les réseaux qui nous appellent sans relâche. Mais l’indifférence, acceptable dans les grands nombres, est contagieuse : elle infecte nos relations personnelles. Là cela devient grave pour l’harmonie sociale car elle nous éloigne les uns les autres. Et nous n’y prenons garde puisqu’il s’agit de l’évolution des mœurs qui s’impose à nous sans coup férir. Tenez, l’exemple des séries est effrayant par sa démonstration avérée. Surtout, aujourd’hui, les séries américaines avant que la maladie nous infecte vraiment. Observez telle ou telle série. dans une séquence où l’attention, voire l’intérêt ou l’affection était de mise il y a quelques vingt, trente ans. Par exemple, les échanges familiaux très souvent détériorés. Le gosse, par exemple, qui quitte la maison, se contente, au mieux, d’un « salut » complètement insensible, à sa famille qui est dans la pièce. Partout pareil ! Et cela va plus loin, au cœur des échanges proprement dits. Un autre exemple, comme tant d’autres : le jeune homme qui fait semblant d’écouter son père. Et n’entame qu’une fois sur deux un dialogue ; et se contente de vagues « d’accord », « c’est ton point de vue, allez ciao ! » et autres balayures de l’écoute au faux nez.… C’est partout et pas que dans les films. Hélas, nos vies semblent se gangréner à cause de notre indifférence. Il y a des explications à ce phénomène mais je les laisse aux sociologues.

Comment donc se situe la pensée maçonnique devant le monstre de l’indifférence qui s’agrippe à nos neurones ? Par le rituel ? Je ne vois pas le lien. Mais quelle chance renversante : notre méthode de prise de parole est un véritable bouclier contre l’indifférence ; car un(e) seul(e) parle et ne peut être interrompu(e). La condition de respect de la différence est assurée, du moins dans le dispositif, formateur pour plusieurs. En bref, l’indifférence n’est surtout pas encouragée dans une tenue. Bien sûr cela ne garantit pas que tous écoutent avec une attention lisse, pulsante et bonifiante. Du moins notre méthode assure que les conditions sont bien là pour jeter aux oubliettes le monstre de l’indifférence. Quel bon point !

Qu’en est-il maintenant de l’ingratitude ? Les psycho-sociologues et l’observation fine mettent en évidence l’arrivée du deuxième monstre rongeur de l’harmonie de nos relations. Maintenant, il est commun d’observer qu’une personne, enfant, adulte, qui bénéficie de quelques chose, objet, parole, acte… s’en saisisse sans remerciement quelconque. Là encore les séries, les films, sont jonchés d’oublis de cette sorte. Sans choquer ni le donneur ni le receveur ! Observez cette gamine qui reçoit un paquet de chocolats : elle s’en saisit prestement ; point !Cet exemple est largement généralisable. Tenez, prenez un don quelconque et observez le receveur. Tout juste un maigre « merci » ! C’est vrai en famille, chez les commerçants (où c’est criant !), à l’école, hélas ! D’autant plus que le jeune enseignant, lui-même de pareille eau, ne songe pas à relever l’ingratitude chez les mômes dont il aurait la charge morale. C’est très grave, à mon sens : l’ingratitude assèche en terrifiant silence, l’attention voire l’affection entre les protagonistes. L’ingratitude dépèce en sourdine l’entente, l’attention et le sceau de la joie du receveur.

La Franc-maçonnerie met-elle en œuvre un dispositif pour que la gratitude puisse s’exprimer ? Oui, plutôt. Il est commun d’entendre un Frère, une Sœur prendre la parole pour exprimer sa satisfaction à propos de la planche entendue. Le fin du fin de cette gratitude est de reprendre, en quelques mots, les idées, réflexions, questions qui se sont manifestées à l’écoute de la planche ? Non seulement, le plancheur ressent fort ce retour agréable pour lui, mais en plus les colonnes y sont aussi sensibles. Donc oui, très souvent, mais sans obligation, la gratitude éclot lors d’une tenue. Cela étant dit, mon expérience me fait naître une réflexion : je crois que beaucoup de nos Loges ont encore une bonne marge pour que la gratitude chante en belle harmonique pendant leurs tenues. La fraternité est au fond mystérieuse et grosse d’avatars affectueux souvent timidement planqué dans notre seule philosophie humaniste. Nourrir nos tenues de toujours plus de gratitudes est un projet exaltant pour notre fraternité déclarée.

La troisième et dernière dérive sociale qui bourre de plus en plus nos esprits sans que nous nous en doutions est l’inquiétude. La peur, fondée sur l’insécurité que tous les animaux fuient, charpente de plus en plus les cerveaux humains. Tout devient risqué, menaçant et dangereux. Et l’humain, peureux dans sa nature profonde, cherche sans relâche la sécurité. Voilà le mot qui ne cesse de gangréner nos relations, nos dits, nos pensées. Nos sociétés, nous abreuvent sans cesse du risque de perdre notre sécurité. De fait, les experts le savent depuis toujours, au nom de la peur de l’insécurité, les dominants soumettent les leurs. Maslow, le grand psychologue créateur de la fameuse pyramide des besoins, a appuyé dans son œuvre, la recherche constante de la sécurité chez les animaux, humains surtout ! L’inquiétude, en outre, fonde bien entendu toute une partie de la folie consommatrice. Sur le ton : « Vous voulez être plus libre ?… Préparer un avenir tranquille pour vos enfants ?… Gérer votre patrimoine sans risques ?… ». L’inquiétude est de plus en plus, selon mon observation, un des leviers les plus évidents, pour faire obéir les foules. C’est évident dans les pays totalitaires et rampant dans nos pays « démocratiques ». La surpopulation insupportable de l’humain est le grand facteur aggravant de cette dérive. Oui, il y a de quoi être très inquiet devant le développement inéluctable de cette dérive.

Comment notre Franc-maçonnerie traite-t-elle, en ses Loges, l’inquiétude, si elle le fait ? Oui, tout à fait, comme tous les groupements à visée altruiste. Elle propose une ambition humaniste en prétendant que nous pouvons tous calmer la peur de l’inconnu par nos visées positives. Oui, prétendent les regroupements associatifs qui vont dans ce sens. Notre philosophie et notre méthode, semblables à d’autres souvent religieux, transforment alchimiquement, pourrait-on dire, cette dernière dérive sociale. Comment ? Dans une tenue, nous sentons bien que la quiétude vient dès l’entrée en Loge. Et grâce à l’essence même de notre méthode, qui ne nous est pas particulière, d’ailleurs ! L’inquiétude fond comme neige au soleil grâce au rite. Le secret est lâché. Oui, une des vertus saisie inconsciemment par tous, toutes réside dans la répétition des rituels : aucune surprise dans le bercement des choses mille fois vécues dans l’accord tacite de tous. Nous vivons en silence et dans nos profondeurs assemblées, la douceur chantée des rituels. Aucune alarme, aucune alerte, aucun appel : tout se déroule comme prévu. Nos inconscients se détendent et se reposent dans la joie de la détente « sacrée ». En bref les associations fondées sur la douceur, le silence, la détente, tel notre Ordre peuvent et pourront de plus en plus, si elles se développent, freiner l’extension sauvage de l’inquiétude, de la peur souchée sur la violence innée chez l’humain.

L’effondrement de la société est annoncé depuis une trentaine d’années. La dégradation des relations sociales en seraient les prémices, les causes et les conséquences. Cet article en relève trois en particulier, sournoises et assassines : l’indifférence, l’ingratitude et l’inquiétude. Or notre Franc-maçonnerie est animée par une philosophie qui, dans ses conséquences concrètes : nos tenues, nos rituels, nos valeurs, est tout à fait susceptible de joindre aux autres chemins un désengagement du bourbier des dérives des relations sociales. A nous de les mettre en œuvre avec toujours plus de conviction et de réalités dans nos tenues ! Notre Franc-maçonnerie entonne toujours et encore l’hymne de l’apaisement des relations humaines. Chantons en joie et en espérance tous ensemble !

La Grande Loge de France illumine les esprits avec sa newsletter d’avril

Notre rédaction a reçu, pour ce mois d’avril, la newsletter de la Grande Loge de France (GLDF). Fraternel merci à eux ainsi qu’à leur dynamique équipe communication !

Une infolettre que nous sommes heureux de présenter à nos nombreux lecteurs. Elle souligne les valeurs de serment, travail, résistance, bravoure, fraternité et solidarité qui sont le cœur de l’engagement maçonnique.

Dans les pages de cette newsletter, les lecteurs auront l’occasion de plonger dans les multiples dimensions de l’engagement maçonnique. Que ce soit en loge ou en dehors du temple, les frères de la GLDF portent haut et fort les valeurs de la fraternité. L’implication des membres ne connaît pas de frontières et s’étend bien au-delà des murs de la loge, infusant dans la vie quotidienne la richesse de ces idéaux.

Nous sommes ravis aussi d’annoncer une série de conférences publiques qui exploreront en profondeur toutes les facettes de l’initiation maçonnique. Ces échanges promettent de stimuler l’esprit et d’encourager le dialogue sur la culture et la tradition maçonniques. Parmi les événements à ne pas manquer ce printemps figurent les Entretiens Pic de la Mirandole 2024, une occasion de réflexion et d’éducation pour tous ceux intéressés par notre démarche.

Cette newsletter encourage leurs membres et le public intéressé à se connecter sur les réseaux sociaux de la Grande Loge de France pour rester informés de leurs dernières activités et découvrir aussi les trésors de leur Musée-Archives-Bibliothèque (MAB).

Le dernier numéro de Points de Vue Initiatiques (PVI) avec pour thème « La Loge, un creuset, un Maître ? » est maintenant disponible. La revue offre des perspectives enrichissantes sur cette vénérable institution.

Nous invitons tous nos lecteurs et amis à ouvrir leurs agendas et à marquer les dates des événements à venir. La Grande Loge de France vous attend pour continuer ensemble cette quête de connaissance et de développement personnel.

Nous résumons les points clés de la newsletter.

Le 18 avril 2024, la GLDF, en son Hôtel rue Louis Puteaux à Paris dans le 17e arr., accueillera une réflexion matinale sur l’un des sujets les plus cruciaux de notre époque : la crédibilité de l’information à l’ère du numérique. L’événement « Petit-déjeuner Enjeux & Perspectives » invitera Bruno Jeudy, directeur délégué de La Tribune Dimanche, journaliste et essayiste de renom, pour aborder cette question.

Ancien membre des rédactions du Parisien et du Figaro, et ayant servi en tant que rédacteur en chef politique au Journal du Dimanche et à Paris Match, Bruno Jeudy apporte une richesse d’expérience. Actuellement éditorialiste à BFM TV depuis 2016, sa perspective sur la fiabilité de l’information promet d’offrir des aperçus profonds et pertinents. Pour ceux intéressés par cette conversation capitale, l’inscription est gratuite mais nécessaire, et plus d’informations sont disponibles sur les réseaux sociaux et sur le site gldf.org (http://www.gldf.org). Cet événement offre une opportunité unique de s’engager dans un dialogue vital sur l’avenir de notre paysage médiatique.

Les Entretiens Pic de la Mirandole, en détail : le thème porte sur « L’Être humain est-il maître de son destin ? », la date : Jeudi 25 avril 2024 à 19h30, le lieu : Hôtel de la Grande Loge de France – Temple Pierre Brossolette, 8 rue Louis Puteaux, 75017 PARIS.

Les conférenciers et leurs contributions :

David Rabouin nous invitera à explorer les implications philosophiques des algorithmes. Directeur de recherche CNRS, il ouvrira le débat sur notre rapport aux avancées technologiques.

Bruno Bachimont, quant à lui, apportera son expertise technique et philosophique pour aborder la question de la maîtrise de la complexité technique, illustrée par l’intelligence artificielle.

Bruno Pinchard enrichira la discussion en examinant le lien entre sciences et intelligence, offrant une perspective éclairée par sa profonde connaissance de l’œuvre de Dante.

Éric Schmidt, Grand Orateur de la Grande Loge de France, nous amènera à réfléchir sur l’art de se construire soi-même dans le temps et l’espace, dans un monde en constante évolution.

Ces Entretiens promettent de stimuler une exploration profonde de la capacité de l’homme à façonner son avenir, en intégrant les éclairages de la science moderne et les principes intemporels de la spiritualité. Pour participer à cette soirée d’échange et de savoir, l’inscription est ouverte et gratuite via le site www.gldf.org.

N’hésitez pas à rejoindre la GLDF pour une soirée d’introspection et de dialogue, où l’humanité et son avenir sont au cœur de la conversation.

D’une manière générale, le public est invité à s’engager activement avec la GLDF et à participer à ses diverses activités.

Source : Newsletter GLDF n°126 – avril 2024

Nous vous rappelons que la GLDF et son fonds de dotation « Fraternité & Humanisme » continuent leur opération de solidarité avec les victimes de la guerre en Ukraine. Donner et découvrir le détail de leurs actions : https://fraternite-et-humanisme.org/. Contacter « Fraternité & Humanisme » : fondsdedotation@gldf.org 

Le 14 mars 2024, Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, accompagné d’une délégation du Conseil fédéral, a participé à la cérémonie de pose d’une plaque à la mémoire de José Roig, à Paris. Frère de la Grande Loge de France, José Roig a été fusillé en août 1941 pour avoir participé à la Résistance française et organisé un réseau maçonnique de fuite d’aviateurs alliés dont les avions avaient été abattus.

Être auteur(e) maçonnique en 2024 | Sous le Bandeau | Épisode #81

0

Aujourd’hui, pour notre 81e édition, nous explorons un thème captivant : « Être Auteur(e) Maçonnique en 2024 » avec Hervé H. Lecoq.

📚 L’écriture et la publication maçonnique vont bien au-delà de la simple documentation de rituels ou d’histoires. Elles sont une porte ouverte sur l’interprétation, l’enseignement et la préservation des enseignements ésotériques. Dans cet épisode, nous accueillons des auteurs maçonniques qui partageront leur processus créatif, les défis qu’ils rencontrent et la passion qui les pousse à écrire pour la communauté maçonnique.

🔍 Nous aborderons les sujets suivants :

  •  L’évolution de l’écriture maçonnique : Hier vs. Aujourd’hui
  • Processus de recherche et d’inspiration pour écrire sur la franc-maçonnerie
  • Impact de la technologie sur la publication et la distribution maçonnique
  • Conseils pour les aspirants auteurs maçonniques en 2024

👥 Avec la participation de notre frère Hervé H. Lecoq, nous plongeons dans les coulisses de ce qui fait un bon livre maçonnique et comment les auteurs actuels adaptent leurs écrits à une nouvelle génération de lecteurs.

📢 Si vous êtes un passionné de littérature maçonnique ou simplement curieux de découvrir ce monde, cet épisode est pour vous. Rejoignez-nous pour une discussion enrichissante et pleine de découvertes.

👍 N’oubliez pas de liker, commenter et partager si vous appréciez notre contenu. Votre soutien aide notre chaîne à grandir et à vous apporter toujours plus de discussions et analyses de qualité.

#FrancMaçonnerie #LittératureMaçonnique #souslebandeau

🔗 Liens Utiles :
Patreon : https://www.patreon.com/SousleBandeau
Facebook : https://www.facebook.com/SousleBandeau
Site Web: Sous le Bandeau : https://souslebandeau.com/
La Roseraie des Philosophes : https://roseraiedesphilosophes.ca

Vous avez un projet d’écriture? Ecrivez-nous

💗 Nos sincères remerciements à nos Patrons pour leur générosité et leur soutien :
Commanditaire – Premium: Consultants BGH
Commanditaire: Nos Colonnes
Très Illustre Patron: Pierre D.
Les Maîtres Podcasteurs : Cedric T, Christelle, Johanne G., Julie P., Dominique L., Laurent, Michel B., René L., et Ronan G.
L’auditeurs(trices) flamboyant(e)s:
 Arnaud S., Brigitte D., Carl-Henri L., David D., Michael S., Tristan et Vincent R.
Les pierres brutes: Arnaud T., Eve M, Fraishier et Jaime S.

Fédération Loge Nationale Française : Retour sur la journée René Guilly

Le 23 mars 2024, la Fédération Loge Nationale Française (FLNF) a organisé avec les frères de la loge Saint Martin de l’orient de La Rochelle, une journée en hommage à René Guilly.

FÉDÉRATION LOGE NATIONALE FRANÇAISE (FLNF) – LNF® branche historique

UNE FRANC-MAÇONNERIE TRADITIONNELLE

La Fédération LNF® est la continuation de la Loge Nationale Française (LNF®) créée le 26 avril 1968 à l’initiative de René GUILLY. Cette institution se caractérise par une structure fédérative la plus légère possible, laissant toute liberté à chacune de ses loges de pouvoir poursuivre un travail initiatique sans surcharges administratives.

La LNF® est également, à l’image de son fondateur, un lieu de recherche et d’étude avec la plus grande rigueur historique pour une maçonnerie conforme à ses principes d’origine. Enfin, elle fonctionne dans la plus grande humilité, sans Grand Maître. Elle reste fidèle à l’esprit qui nous anime, comme il animait son fondateur René GUILLY.

La Fédération Loge Nationale Française s’appuie sur la Charte de la Maçonnerie Traditionnelle Libre adoptée en 1969.

Fidèle à ses origines, elle accueille les loges qui pratiquent principalement, mais sans exclusive, trois rites traditionnels tels que définis lors de sa fondation, à savoir :

• le Rite Français Traditionnel ;

• le Rite Écossais Rectifié ;

• le Rite Anglais style Émulation.

Ces trois systèmes, de valeur initiatique équivalente, permettent de rassembler la

quasi-totalité de la Tradition maçonnique.

® Marque protégée par enregistrement INPI n° 118 4 504 255.

Cette journée, dans l’esprit de la Loge Nationale Française a rassemblé plus de 80 frères et sœurs de 23 loges différentes issues de sept obédiences, les locaux étant utilisés à leur maximum. Réunissant des conférenciers de grande qualité : compagnon et ami de René Guilly comme c, sa fille Évelyne Guilly, mais également Paul Paoloni et Pierre Mollier (sur la photo de gauche à droite), tous deux maîtres d’œuvre de la Revue Renaissance Traditionnelle depuis plusieurs décennies.

Bernard Dat

Le matin, lors d’une tenue au Rite Écossais Rectifié, Bernard Dat a apporté des témoignages des apports de René Guilly, particulièrement au Rite Rectifié, en lui donnant la parole par des enregistrements qu’il conservait depuis les années 80. Ami très proche, il a étayé ses propos d’anecdotes vécues ensemble lors de leurs travaux de recherche dans les différents pays d’Europe.

L’après-midi a été consacrée à trois tables rondes :

•          Évelyne Guilly a présenté la voie originale qu’avait trouvée René Guilly pour associer les sœurs. C’est grâce à l’obédience mixte anglaise AFAM qu’il a pu créer la R.L. L’Échelle de Jacob aujourd’hui sous l’égide de l’Ordre Maçonnique Mixte l’Acacia (OMMA). Évelyne nous a ainsi présenté la filière anglaise : vingt ans d’étroite collaboration avec le F⸫ M.C. Debenham.

Pierre Mollier

•          Pierre Mollier, en historien reconnu, a abordé l’apport de René Guilly dans la recherche des documents d’archive et plus particulièrement les nombreux rituels qui posent un problème de classement. Dans le fonds maçonnique de la BnF figuraient 2000 rituels. René Guilly a alors accepté d’apporter son expertise en les étudiant afin de les répertorier par famille. Pendant une période de 6 années, tous les jeudis, il a examiné et classé plus de 900 rituels. Pierre Mollier a mis en évidence toute la difficulté d’appréhender et de classer ainsi des fonds de rituels.

Paul Paoloni

•          Enfin, Paul Paoloni qui a œuvré à l’élaboration et à la rédaction du numéro spécial de Renaissance Traditionnelle consacré à René Guilly (n° 201 – 202 de 2022) a pu, par sa connaissance de l’œuvre et de la vie maçonnique de René Guilly, mettre en évidence cette incessante quête de la Tradition.

Une exposition d’objets et décors maçonniques ayant appartenu à René Guilly, ainsi que la projection de photos de ce dernier, complétaient la rétrospective de sa vie.

Cette journée s’est terminée par un verre de l’amitié au cours duquel des épisodes de la vie de René Guilly ont continué à être évoqués.

Enfin, un dîner de gala, rassemblant 40 frères et sœurs, concluait cette journée riche en informations sur l’œuvre de René Guilly, lequel a tant apporté à la maçonnerie traditionnelle.

Une brochure reprenant la totalité des interventions de cette journée, enrichie de photos, sera publiée ultérieurement.

Source : Fédération Loge Nationale Française 

Les métaux en franc-maçonnerie

Laisser les métaux à la porte du temple… Cette injonction nous suggère, au sens propre, de nous dépouiller de notre argent, de notre or, de nos bijoux, pour que déjà, une forme d’égalité s’installe entre nous. Symboliquement, il s’agit bien de maîtriser nos passions, d’ancrer la dématérialisation, sans intellectualiser nos pensées et nos actes, s’affranchir de l’égoïsme, de l’origine et ce qui nous distingue socialement…

Passer la porte, dans un sens comme dans l’autre, soumis volontairement à cette injonction, c’est travailler à tailler sa pierre en ce sens. Il n’est pourtant pas si évident d’y croire et de « jouer les prolongations » hors du temple et dans le monde profane, dans le dénuement. Alors, si les francs-maçonnes, coquettes, laissent symboliquement leurs métaux à la porte du temple, laissent-elles leurs secrets à la porte de la bijouterie ?

 « La belle époque, c’est maintenant ; une époque où la moindre des choses vaut beaucoup d’argent et où beaucoup d’argent ne vaut pas grand chose. » Pierre DAC

Forgés par le temps : L’âme et l’art du compagnonnage à Apt (Vaucluse)

Le choix du lieu, le Musée d’Apt, situé dans une partie de l’ancienne usine de fruits confits Marliagues, ajoute une couche supplémentaire de contexte historique.

Le musée lui-même est une célébration de l’histoire industrielle et humaine d’Apt, mettant en avant sa renommée pour la faïence, les fruits confits et les ocres. C’est fascinant de penser à la manière dont ces artisans et leurs métiers se sont entrelacés avec les ressources naturelles et le tissu économique de la région.

Blason, ville d’Apt

Organisée dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art, offrant un accès gratuit au début du mois d’avril, c’est une merveilleuse opportunité pour tous d’explorer cet aspect du patrimoine d’Apt sans barrière. Cela me semble être une manière réfléchie d’engager la communauté et les visiteurs, les encourageant à se connecter avec l’histoire locale et, peut-être, à inspirer une appréciation pour les métiers traditionnels qui ont façonné cette région de France.

L’expo temporaire « Le compagnonnage à Apt »

Origines et Significations

Le compagnonnage trouve ses racines dans le Moyen Âge, évoluant au fil des siècles pour devenir une institution respectée de formation professionnelle et d’entraide. Les compagnons, après avoir terminé leur apprentissage, partent en « Tour de France », voyageant de ville en ville pour parfaire leurs compétences auprès de maîtres différents.

Le compagnonnage à Apt

À Apt, la tradition du compagnonnage est particulièrement liée aux métiers du cheval – les charrons et maréchaux-ferrants. Ces artisans étaient essentiels à l’économie locale, notamment à une époque où les transports et les travaux agricoles dépendaient largement des chevaux. L’exposition entend mettre en lumière comment ces compagnons ont contribué à l’essor industriel et commercial d’Apt, en utilisant des documents et objets d’époque pour raconter leur histoire.

L’exposition et ses objectifs

Conçue par Jean-Michel Mathonière, essayiste et historien sur le compagnonnage et plus particulièrement spécialiste des compagnons tailleurs de pierre, et le Compagnonnage Égalitaire – Chambre d’Apt, l’exposition à essentiellement pour but

  • d’éduquer le public sur l’histoire et l’importance du compagnonnage dans la région.
  • de présenter des artefacts, des documents et des outils qui témoignent de la vie et du travail des compagnons.
  • de valoriser les métiers manuels et l’artisanat, dans un contexte où ces compétences sont de plus en plus reconnues pour leur importance culturelle et économique.
accueil du public par Jean-Michel Mathonière

Portée culturelle et éducative

Cette exposition s’inscrit dans les Journées Européennes des Métiers d’Art, soulignant l’engagement du Musée d’Apt à promouvoir l’artisanat et les traditions locales. En offrant un accès gratuit au début d’avril, elle invite les habitants et les visiteurs à redécouvrir et à célébrer le riche patrimoine artisanal d’Apt.

Cette exposition n’est pas seulement une fenêtre sur le passé; elle est aussi un rappel de la valeur intemporelle des métiers manuels et de l’importance de préserver et de transmettre ces compétences aux générations futures.

Hier, vendredi 12 avril, Jean-Michel Mathonière, membre de l’Académie de Vaucluse, a donné une conférence présentant ce qu’étaient réellement autrefois les compagnons du Tour de France. Encore obscure, l’histoire des compagnonnages est tissée de légendes. Le conférencier a donné, avec l’éloquence que nous lui connaissons, une juste vision Cette de ce qu’étaient réellement autrefois ces compagnons, formant autant de sociétés compagnonniques que de métiers, et quels étaient leurs légendes, traditions, rites et symboles.

Ne manquez pas la seconde conférence le 24 mai prochain à 18h.

Infos pratiques

Exposition « Le compagnonnage à Apt » – Du 2 avril au 1 juin – Musée d’Apt 14 Place du Postel 84400 Apt / Musée d’Apt – Tel. 0490749530/email : musees@apt.fr

Le site

https://www.facebook.com/compagnonnagesetcompagnons/?locale=fr_FR

Sources : Jean-Michel Mathonière ; Musée d’Apt

Illustrations : © Jean-Michel Mathonière

« Souvorov était franc-maçon » : comment est née cette version ?

De notre confrère russe russian7.ru

Après la publication à Paris en 1935 du livre de Tatiana Bakounine « Francs-maçons russes célèbres », la version selon laquelle le célèbre commandant russe Alexandre Souvorov* était un franc-maçon est devenue populaire. Cependant, les chercheurs sur la vie du généralissime font encore référence à ces travaux.

Alors, que ressentait-il réellement face à ce phénomène ?

Avantages et inconvénients

Indirectement, la franc-maçonnerie de Souvorov confirme le fait suivant. En janvier 1761, la loge « Aux Trois Couronnes » (située à Königsberg) reçut la visite du lieutenant-chef Alexander von Suvorov, qui se présenta comme le maître de la loge « Trois étoiles » de Saint-Pétersbourg.

Il y a même une trace de cela dans les archives de la loge. A cette époque, pendant la guerre de Sept Ans, Souvorov se trouvait à Königsberg. À cette époque, la Prusse orientale était sous le contrôle des troupes russes et le père du commandant était gouverneur général de ces terres. Il est donc fort probable que Suvorov Jr. soit venu rendre visite non seulement à son père, mais aussi à ses frères spirituels.

Alexandre Vassilievitch quitta Koenigsberg au début de 1762. Étonnamment, aucune information n’a été conservée sur l’appartenance de Souvorov aux loges maçonniques de Saint-Pétersbourg. Il faut supposer que s’il avait rencontré les francs-maçons à Königsberg, il aurait certainement continué à communiquer avec des personnes partageant les mêmes idées à Saint-Pétersbourg.

Oui, à cette époque, la franc-maçonnerie était à la mode et plus d’une loge opérait à Saint-Pétersbourg. Mais comme vous le savez, une machine à coudre ne peut pas être cachée dans un sac… Un étranger parmi les siens Les contemporains ont noté que Souvorov avait une attitude négative envers la franc-maçonnerie.

De plus, il était croyant, ce qui va à l’encontre de l’idéologie des francs-maçons, qui adoraient l’Intelligence suprême. Sur cette base, il convient de supposer qu’Alexandre Vasilyevich n’avait rien à voir avec les francs-maçons. A Königsberg, un autre Suvorov pourrait facilement leur rendre visite.

Mais même si les historiens parviennent un jour à prouver la réalité de la visite, on peut discuter longtemps du but de la visite. Les loges maçonniques ont toujours attiré un public influent et Suvorov ne pouvait recueillir que des informations sur l’humeur de l’élite. De telles données n’auraient sûrement pas dérangé mon père, car la position de la Prusse orientale en tant que région russe à cette époque était précaire.

Qui était-il ? *

  • Alexandre Vassilievitch Souvorov (en russe : Алекса́ндр Васи́льевич Суво́ров ; en français, on a aussi dit Souvarov), né le 13 novembre 1730 (24 novembre dans le calendrier grégorien) et mort le 6 mai 1800 (18 mai dans le calendrier grégorien), comte Rymnitski, prince Italiski (1799) en raison de sa campagne en Italie, comte du Saint-Empire romain germanique, est un généralissime russe.

Souvorov est l’un des rares généraux à n’avoir jamais été vaincu, à l’instar d’Alexandre le Grand, de Sylla, de Khalid ibn al-Walid, de Gengis Khan, de Yi Sun-sin et du Maréchal Davout. Il devint également célèbre pour son ouvrage, La Science de la Victoire, où il compila et résuma ses principes militaires en formules simples et accrocheuses : « La balle est une chose folle, seule la baïonnette sait ce qu’il en est », « Meurs, mais sauve ton camarade ! » ou encore « Ce qui est dur à l’entraînement sera facile pendant la bataille ». Il enseigna à ses hommes à être excessivement offensifs, une nouvelle citation le confirmant : « Attaquez avec le fer ! Poussez avec la baïonnette ! ». Il était particulièrement proche de ses hommes, les gratifiant du titre de « frères », et rendait « l’inspiration » à l’origine de ses plans et stratégies géniaux.

La laïcité en mouvement : Un siècle de transformation, de 1905 à aujourd’hui

Lorsqu’un ouvrage traite un sujet de façon chronologique, comme c’est le cas pour Histoire intellectuelle de la laïcité – De 1905 à nos jours de Vincent Genin, plusieurs points de lecture et d’interprétation peuvent être particulièrement pertinents.

Le premier d’entre eux est que cela permet de suivre l’évolution du sujet étudié à travers différents contextes historiques, sociaux, et politiques. Dans le cas de la laïcité, observer comment ce principe a été interprété, mis en œuvre, et contesté depuis 1905 aide à comprendre les transformations sociétales et les débats intellectuels qui ont influencé sa conception et sa pratique. Et d’identifier aussi, au fil des ans, les différents acteurs – individus, groupes, institutions, etc. – qui ont joué un rôle dans l’histoire de la laïcité, aidant en cela à comprendre les dynamiques de pouvoir et les intérêts en jeu autour de ce principe.

Et ce principe attire l’œil du lecteur – qui voit tout ! –, c’est le dessin à la plume et à l’encre de Chine de la première de couverture que nous devons à l’illustrateur Joseph Constant. Il est riche en symbolisme et en allusions au concept de laïcité tel qu’il est compris et vécu en France. Représentant un personnage central, probablement un intellectuel ou un législateur, tenant un livre – peut-être symbolisant la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État – émettant une lumière vive –, il suggère que la laïcité est perçue comme un guide ou une lumière dans la société. Pour l’initié, la lumière fait aussi référence à l’illumination, à la connaissance et à la raison. Des valeurs souvent associées à la laïcité.

Autour de cette figure, un groupe de personnes de divers milieux, religieux ou non, lèvent les bras, soit dans un geste de célébration, soit comme s’ils cherchaient à capter un peu de cette lumière. Cette diversité des personnages ne refléterait-elle pas notre société française dans son ensemble et la manière dont les différents groupes sociaux interagissent avec la notion de laïcité ?

Le franc-maçon notera la présence du coq, symbole traditionnel de la France, qui est représenté au sommet de la lumière, ce qui, pour nous, signifie que la laïcité est au cœur de notre identité nationale. De plus, le coq chante impliquant que la laïcité, concept vivant, est une source de fierté nationale et un principe actif et vibrant au sein de notre culture.

Arrêtons-là la description symbolique du dessin et entrons au cœurs même de l’ouvrage…

Vincent Genin – Site gsrl-cnrs.fr

L’ouvrage de Vincent Genin s’annonce comme une contribution importante à la compréhension de la laïcité en France. Il propose une exploration approfondie de la laïcité, au-delà de sa représentation habituelle comme sujet de controverse, en la présentant comme un objet de réflexion intellectuelle. L’auteur s’efforce de démêler la laïcité de ses principes fondateurs, souvent éclipsés par son instrumentalisation dans la société française contemporaine. Cette instrumentalisation a conduit à une mauvaise interprétation de la laïcité en tant que religion civile, favorisant les clichés et la transformant en un mythe moderne. Vincent Genin souligne comment les domaines politique, médiatique et parfois intellectuel ont tendance à négliger les recherches approfondies en sciences sociales sur la laïcité.

Pastel de Jean-Jacques Rousseau par Quentin de La Tour (1753)
Nicolas de Largillierre, portrait de Voltaire en 1718 – Musée Carnavalet

Dans ce que Vincent Genin nomme « Ouverture » en lieu et place d’une introduction, présente la laïcité comme un concept qui a évolué au fil du temps et les raisons qui rendent son étude nécessaire. En commençant avec les écrits de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), auteur de J.-J. Rousseau à Monsieur de Voltaire, le 18 août 1756.

Dans son chapitre premier « Archéologie des traditions politique et philosophique », Vincent Genin pose les bases historiques et intellectuelles de la laïcité, en examinant les origines des traditions politiques et philosophiques qui l’entourent, avec une analyse critique des interprétations et des appropriations de la laïcité à travers différentes périodes. Immédiatement suivi par « Une cristallisation sous les auspices du catholicisme de gauche (1956-1966) », explorant explore l’interaction entre la laïcité et le catholicisme de gauche, probablement en lien avec les changements sociopolitiques de l’époque. En passant au crible des personnalités tels que René Rémond qui a beaucoup écrit sur la politique française, l’influence de cette figure emblématique de la IVe République qu’était Pierre Mendès France sur les institutions politiques et éducatives françaises.

L’auteur analyse ensuite les périodes où la laïcité a été moins prééminente dans le discours public, suivie d’un regain d’intérêt et de comment les études en sciences sociales, notamment par l’École pratique des hautes études – établissement d’enseignement supérieur spécialisé dans les Sciences de la vie et de la terre, les Sciences historiques, philologiques et les Sciences religieuses (l’EPHE) – ont contribué à sa compréhension.

« Les années d’incubation (1985-1988) » se concentre sur les développements conceptuels de la laïcité avant les grands bouleversements politiques et sociaux de la fin des années 80.

Après les années d’incubation, « Les années électriques (1988-1992) » abordent les périodes de forte tension politique et sociale où la laïcité était un enjeu central, y compris dans les débats sur l’éducation et l’islam en France. Les lecteurs découvriront l’équipe HSL (Histoire et Sociologie de la Laïcité) de l’EPHE.

Panneau laïcité, ville d’Étampes

Dans « Internationalisation et réflexivité (1992-2005) », le chapitre 6, l’auteur analyse comment la laïcité a influencé la scène internationale, et comment elle est perçue et réinterprétée à travers différentes cultures. Puis il discute de la période (2005-2016) où la laïcité a été utilisée comme un instrument de consensus apparent mais également comme un outil dans les politiques de sécurité, en lien avec les questions de radicalisation et d’inclusion sociale en analysant, ensuite et ce depuis 2016, les développements récents où la laïcité est peut-être devenue un symbole du nationalisme dans la France contemporaine, avec une analyse critique des implications de ce phénomène.

Dans sa conclusion « Considérations Finales. La République du même », Vincent Genin

donne une réflexion sur les implications des discussions précédentes pour l’état actuel et l’avenir de la République française.

Le livre s’appuie sur des archives inédites et de nombreuses sources depuis 1905 pour naviguer à travers les complexités de la laïcité telle qu’elle a été façonnée par divers penseurs, et pour remettre en question l’ensemble de valeurs et d’idéologies qui ont fini par entourer ce terme totem dans la France contemporaine. Cette entreprise vise non seulement à fournir une compréhension plus claire de la laïcité, mais aussi à suggérer que son appropriation ultime pourrait refléter une nouvelle forme de nationalisme dans le pays.

Vincent Genin, avec son parcours approfondi dans l’histoire des sciences sociales relatives aux religions et aux laïcités, apporte une profondeur académique à cette enquête. Ses titres, incluant une habilitation à diriger des recherches de l’École pratique des hautes études de Paris et son appartenance au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL) au CNRS, le positionnent comme une figure de proue dans ce domaine. Les travaux antérieurs de Genin, tels que ses études sur Marcel Detienne et l’impact de Max Weber sur les historiens français, soulignent son expertise dans l’examen de l’interaction entre religion, laïcité et pensée intellectuelle.

À travers cette exploration, Genin aspire à élever le débat sur la laïcité au-dessus de la mêlée des débats politiques contemporains, visant une compréhension plus nuancée et historiquement informée.

Histoire intellectuelle de la laïcité-De 1905 à nos jours

Vincent GeninPUF, 2024, 352 pages, 25 € – ebook 19,99 €

Disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, vous inspirer, vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier !  

01/05/24 : HUPERíÔN, le salon du livre sur « FÉMININ ET SPIRITUALITÉ » à l’abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérard (Eure)

Rendez-vous donc le mercredi 1er mai à l’abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérard, abbaye cistercienne féminine située sur la commune de Radepont dans le département de l’Eure en Normandie. Elle vous ouvre ses portes pour son 3e salon Hupériôn (journée du livre et de la spiritualité) ayant cette année pour thème « Féminin et spiritualité » !

Rappelons que dans la mythologie grecque, Huperiôn est un des douze Titans, fils d’Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre), ce qui en fait une figure de la génération pré-olympienne des divinités. Son nom, qui signifie « celui qui va au-dessus », le place symboliquement comme une entité céleste. Hupérion est souvent associé au soleil et à la lumière, parfois même confondu avec Hélios, le dieu solaire, bien que dans la mythologie ils soient des entités distinctes.

Les organisateurs vous invitent à venir nombreux découvrir ce remarquable lieu cadre enchanteur et reculé, réputé pour sa fontaine miraculeuse, qu’avait choisi une communauté de sœurs bénédictines pour s’installer au XIIe siècle, avant d’être rattachée à l’ordre cistercien au siècle suivant.

Les vestiges de l’abbaye font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 6 avril 1937, spécialement la chapelle Venez profiter d’un programme riche en fruits spirituels… Mais pas que, avec aussi restauration et boissons sur place.

Des conférences tout au long de cette belle journée d’échanges et de partage avec les auteurs et conférenciers, des expositions d’œuvres d’art.

Un salon du livre, de 10h à 19h et des exposition de Christine Ray (plasticienne), Gilles Merméjean (peintre) et Muriel Brebion (icônes). Cf. conditions en bas d’article.

Programme détaillée des conférences et spectacles

10h15 : Ouverture du salon par la présidente : Paule Amblard

10h30 : L’icône, fenêtre sur l’invisible.  Muriel Brebion

10h45 à 11h45 : Atelier de méditation avec Mgr Martin Laplaud 

12h00 : Olivier de Lagausie : La place de la femme dans l’Église

14h15 : Mgr Martin Laplaud : Marie et Myriam, deux femmes dans la spiritualité chrétienne. Avec la participation musicale de Jean-Jacques Lemêtre

15h30 : Paule Amblard : La femme dans l’art sacré

16h30 : Sylvie Monpoint : La spiritualité d’Hildegarde von Bingen

17h30 : Leïli Anvar accompagnée par Jean-Jacques Lemêtre : extraits de son spectacle musical « Femmes mystiques d’Orient et d’Occident »

18h30 : lecture poétique : Daniel Berghezan

Sylvie Monpoint

Nous relevons la conférence de Sylvie Monpoint qui a participé aux Rencontres Initiatiques-Spiritualité en Franc-Maçonnerie du samedi 23 mars dernier.

Médecin-dermatologue, Sylvie Monpoint travaille à la Grande Loge Féminine de France depuis plus de 30 ans. Écrivaine et conférencière, elle est l’auteure de différents ouvrages en particulier sur la dimension spirituelle de la peau

Elle est également présidente d’une association humanitaire pour l’aide à la scolarisation d’enfants pauvres au Cambodge. Sa réflexion s’articule autour des différentes voies de spiritualité et de leur point de rencontre, portant un intérêt tout particulier au langage symbolique de l’initiation.

Un bon 1er mai, pour une traversée littéraire sur le féminin et une magnifique quête spirituelle !

Lieu symbolique : La reconstruction de Notre-Dame de Paris, incendiée le 15 avril 2019

L’incendie de Notre-Dame de Paris, survenu le 15 avril 2019, est un événement tragique qui a marqué la France et le monde entier. Ce jour-là, un violent feu s’est déclaré dans la charpente de la cathédrale Notre-Dame, un monument emblématique de l’architecture gothique, situé au cœur de Paris sur l’île de la Cité. La cathédrale, datant du Moyen Âge, est non seulement un lieu de culte mais aussi un trésor national français, visité chaque année par des millions de personnes.

Photo Wikimedia Commons.

Notre-Dame en flammes, la foule en larmes

L’incendie a débuté en fin d’après-midi et s’est rapidement propagé à la toiture, alimenté par les poutres en bois vieilles de plusieurs siècles qui constituaient la « forêt », nom donné à la charpente en raison de la grande quantité de bois utilisée. Malgré les efforts des pompiers, la flèche de la cathédrale, ajoutée au XIXe siècle par l’architecte Viollet-le-Duc, s’est effondrée, un moment dramatique et symbolique qui a été largement diffusé et commenté.

Photo Wikimedia Commons.

Les efforts de sauvetage

Plus de 400 pompiers ont été mobilisés pour lutter contre les flammes, dans une opération périlleuse qui a duré plusieurs heures. Grâce à leur intervention, la structure principale de Notre-Dame, y compris ses deux tours emblématiques, a été sauvée. Des œuvres d’art et des reliques précieuses, dont la couronne d’épines attribuée à Jésus-Christ, ont également été mises en sécurité.

Blason BSPP – Photo Wikimedia Commons.

Grand merci à nos soldats du feu de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), familièrement appelée la Brigade, une unité du génie de l’Armée de terre française, placée sous l’autorité du préfet de police de Paris. Elle est commandée par le général de division Joseph Dupré La Tour depuis le 1er août 2022

Le jour d‘après

Le lendemain de l’incendie, le président Emmanuel Macron s’est engagé à reconstruire la cathédrale, lançant un appel international aux dons qui a suscité une vague de solidarité mondiale. Des milliards d’euros ont été promis pour la restauration de Notre-Dame, soulignant son importance pour le patrimoine culturel mondial.

Les travaux de reconstruction ont commencé par des phases de sécurisation et d’évaluation des dommages. Les experts ont travaillé à stabiliser la structure et à préserver autant que possible les éléments historiques restants. La restauration de Notre-Dame est un projet complexe qui vise non seulement à reconstruire ce qui a été perdu mais aussi à préserver l’authenticité historique du monument.

Impact culturel et symbolique

L’incendie de Notre-Dame a provoqué une onde de choc émotionnelle bien au-delà des frontières de la France. La cathédrale est un symbole de la culture française, de l’histoire européenne et de la foi chrétienne. Elle a inspiré des œuvres d’art, des littératures et des films, et occupe une place spéciale dans le cœur de nombreuses personnes à travers le monde.

La reconstruction de Notre-Dame continue d’être un sujet d’intérêt international, témoignant de la résilience face à la tragédie et de la capacité de l’humanité à se rassembler pour préserver son héritage culturel.

La reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris

À la suite à l’incendie dévastateur, le processus de restauration a été marqué par plusieurs étapes clés, depuis la sécurisation immédiate du site jusqu’aux travaux de restauration proprement dits, visant à rendre à Notre-Dame sa splendeur d’antan.

La première phase a consisté à sécuriser le bâtiment pour prévenir tout effondrement supplémentaire et permettre aux experts d’évaluer l’étendue des dommages. Cela a inclus le montage d’échafaudages stabilisateurs autour des voûtes et l’installation de bâches pour protéger l’intérieur de la cathédrale des éléments.

Nettoyage et préservation

Le nettoyage des débris a été une tâche minutieuse, notamment l’enlèvement des tonnes de plomb fondu qui se sont écoulées de la toiture incendiée. Les efforts ont également porté sur la préservation des œuvres d’art, des vitraux et des structures architecturales qui ont survécu à l’incendie.

Reconstruction de la flèche

La flèche de Viollet-le-Duc, qui s’est effondrée pendant l’incendie, sera reconstruite à l’identique. Cette décision, prise après de nombreux débats sur l’opportunité d’adopter un design contemporain, reflète le désir de rester fidèle à l’histoire et à l’esthétique originelles de la cathédrale.

Restauration de la charpente

Une des questions les plus débattues a été la méthode de reconstruction de la charpente, autrefois composée de chênes centenaires. Il a été décidé de recourir à des techniques traditionnelles, utilisant du chêne français pour recréer la « forêt » perdue, dans un effort de fidélité historique.

Financement et soutien international

La campagne de financement pour la reconstruction de Notre-Dame a suscité une réponse internationale massive, avec des promesses de dons s’élevant à plusieurs milliards d’euros. Cela témoigne de la place spéciale qu’occupe Notre-Dame dans le cœur et l’esprit des gens du monde entier.

Le défi des délais

Le projet de reconstruction n’a pas été exempt de défis et de controverses, notamment en ce qui concerne les délais, les techniques de restauration et les aspects de conservation. La pandémie de COVID-19 a également ajouté des complications inattendues, ralentissant les travaux.

L’espoir, enfin !

L’annonce de la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris prévue pour le 8 décembre 2024 marque une étape importante dans le processus de restauration suite à l’incendie dévastateur d’avril 2019. Cet objectif ambitieux souligne la détermination des autorités françaises, des équipes de restauration, et de l’ensemble des contributeurs au projet, à redonner à ce monument emblématique sa gloire et à permettre à nouveau l’accueil du public et la célébration des offices religieux.

Le symbole de la date

La date du 8 décembre est symboliquement forte, coïncidant avec la fête de l’Immaculée Conception dans le calendrier liturgique catholique. Choisir cette date pour la réouverture souligne le caractère spirituel et historique de Notre-Dame, en plus de son importance culturelle et patrimoniale.

Défis de la Reconstruction

La réouverture de Notre-Dame le 8 décembre 2024 sera un moment de célébration nationale et internationale, marquant la résilience face à la tragédie et la capacité à restaurer et préserver les trésors culturels pour les générations futures. Elle symbolisera également un message d’espoir et de renouveau, coïncidant avec la période précédant les Jeux Olympiques de Paris en 2024, offrant ainsi à la France une occasion de mettre en avant son patrimoine culturel et historique.

Photos © Yonnel Ghernaouti, YG, exceptées celles mentionnées Wikimedia Commons.