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Connaissez-vous le concept de la bibliothèque humaine ?

De nos confrère francetvinfo.fr et affluences.com

Au Danemark, à Copenhague plus exactement, une bibliothèque humaine a été créée. Retour sur cette invention pour le moins originale. Il existe une bibliothèque pas comme les autres. Et pour cause, dans celle-ci, le livre c’est… l’autre. Depuis quatre ans, Iben présente son histoire, son livre à l’oral, en trois chapitres : victime d’abus sexuels, trouble « borderline » de la personnalité, et stress post-traumatique sévère. Le principe est simple : chacun est invité à l’écouter et à s’interroger sur son histoire.

Contribuer à une société plus ouverte

Bibliothèque-Paradis-Mystique
Bibliothèque-Paradis-Mystique

Dans cette bibliothèque humaine, vous pouvez emprunter un livre humain 30 minutes, discuter dans un espace sûr avec une personne que l’on ne rencontrerait jamais normalement et lui poser toutes les questions, même les plus intimes, concernant le handicap, le deuil, les addictions. Ronni Abergel a créé cette bibliothèque vivante il y a plus de 20 ans. Le concept a voyagé dans plus de 80 pays. Pour le fondateur, il s’agit de contribuer à une société plus ouverte, les témoignages permettant de cultiver moins d’appréhension vis-à-vis de l’autre et de remettre en question ses préjugés.

La bibliothèque vivante : 6 conseils pour une mise en place réussie !

une clé en or

La bibliothèque vivante ou “bibliothèque humaine” a vu le jour au Danemark, au tout début des années 2000. Son objectif ? Déconstruire les préjugés, valoriser la diversité et inciter à une réflexion critique des personnes. La bibliothèque vivante fonctionne comme une bibliothèque classique : des lecteurs viennent emprunter un livre durant une période limitée, doivent ensuite le rendre et peuvent en emprunter un autre s’ils le désirent. Seule différence et pas des moindres, les livres sont des êtres humains et leurs pages se feuillettent au gré d’un dialogue enrichissant avec un lecteur. Les livres vivants racontent leur expérience de vie, leur histoire grâce aux questions posées par le lecteur. Une expérience humaine, singulière qui permet de se confronter à ses propres clichés et ainsi de les déconstruire !

Vous souhaitez mettre en place une bibliothèque vivante mais vous ne savez pas par où commencer ? On vous livre 6 conseils précieux pour une organisation réussie !

Bien cadrer le projet de la bibliothèque vivante

Salle de restaurant moderne

Avant toute chose, il est important de s’entourer de la meilleure équipe : des bibliothécaires pour concevoir le projet, des animateurs pour encadrer l’événement le jour J, des organismes partenaires pour promouvoir la bibliothèque vivante et recruter plus facilement les livres humains.

Deuxième étape à la conception du projet de la bibliothèque vivante : le choix du thème. En effet, il est préférable de vous fixer un thème précis afin de ne pas vous éparpiller et ainsi apporter plus de cohérence à vos futurs lecteurs. N’hésitez pas à vous inspirer des thèmes de la Human Library Organization !

Par ailleurs, réfléchissez à l’endroit le plus approprié à la bibliothèque vivante dans votre établissement : un environnement positif, favorisant le dialogue entre les lecteurs et les livres vivants.

Sachez qu’une bibliothèque vivante dure généralement 3 heures avec des emprunts d’une durée de 20/30 minutes maximum. On vous conseille de privilégier le tête-à-tête entre le lecteur et le livre vivant pour des échanges plus enrichissants.

Concernant l’emprunt de vos livres vivants, on vous invite vivement à vous doter d’une solution de réservation en ligne. Vos participants pourront réserver un ou des livres humains en amont de leur venue et vous n’aurez pas à gérer les inscriptions le jour J !

Recruter les bons livres vivants

Famille heureuse papa maman enfant

La réussite d’une bibliothèque vivante repose également sur la “qualité” des livres vivants recrutés ! Comme pour le recrutement de nouveaux employés dans une entreprise, il est nécessaire de définir en amont des critères de sélection clairs et précis pour identifier précisément le profil de personnes recherchées.

On vous conseille d’activer différents leviers pour les recruter :

  • User de votre réseau personnel,
  • Solliciter le réseau de vos partenaires pour recruter les bons profils, ils pourront communiquer auprès de leur propre réseau et ainsi vous faciliter la tâche,
  • Communiquer au sein de votre bibliothèque via des affiches à l’accueil mais également sur votre site web, vos réseaux sociaux ou par mail !

Veillez à inclure une variété de personnes avec des expériences et des histoires de vie différentes. Cela favorise la compréhension, l’empathie et l’inclusion.

Accompagner les livres vivants et définir le catalogue

L’exercice de la bibliothèque vivante n’est pas forcément inné chez tous les livres humains, il est important de les accompagner dans cette nouvelle aventure ! Nous vous conseillons d’organiser plusieurs réunions/workshops avec tous vos livres vivants, à hauteur d’une ou deux réunions par mois dans la mesure du possible. L’objectif est d’expliquer et clarifier le concept de la bibliothèque vivante auprès de tous, de les former et de les rassurer.

Vous pouvez par exemple leur offrir des conseils sur la communication, l’écoute active et la manière de partager leur histoire de manière captivante et informative. Assurez-vous que les « livres humains » se sentent à l’aise et soutenus pendant l’événement. Créez un environnement bienveillant où ils peuvent partager en toute confiance.

Une fois le climat de confiance créé avec vos livres humains, définissez avec eux le catalogue. Il contient généralement le titre, le résumé et le prénom de chaque livre. Vous pouvez les conseiller, les aider à identifier l’angle le plus adapté à leurs récits.

Promouvoir largement la bibliothèque vivante

c'est le pied

Pour attirer de nombreux lecteurs à participer à la bibliothèque vivante, il est nécessaire de la promouvoir largement auprès d’un maximum de monde pour attirer des publics diversifiés ! Le développement des publics en bibliothèque est un indicateur de plus en plus suivi dans le cadre des plans de développement de la lecture publique, et ce type d’initiative permet sans aucun doute de se démarquer du paysage médiatique !

Pensez à multiplier les canaux de communication :

  • D’une part, avec une communication offline via la création et l’impression de supports physiques tels que des kakémonos, des affiches, des flyers, à disposer dans votre bibliothèque,
  • D’autre part, avec une communication online sur votre site web, sur vos réseaux sociaux, sur les sites web de vos partenaires, auprès des médias locaux, de la mairie, via des mailings ou via des applications comme Affluences où les utilisateurs peuvent consulter des informations sur l’événement comme le catalogue tout en réservant un/des livres vivants sur une seule et unique plateforme !
  • N’oubliez pas de vous appuyer sur vos canaux de prédilection pour attirer dans un premier temps, votre public d’habitués qui pourra également favoriser le bouche-à-oreilles.

Optimiser l’expérience des lecteurs le jour J

Certains outils pourront vous aider à optimiser le confort d’accueil et ainsi l’expérience du public le jour de l’événement. C’est le cas d’une solution de réservation en ligne de vos livres humains comme mentionné précédemment.

En effet, il s’agit d’un outil qui facilitera la vie de vos participants puisqu’ils seront certains de pouvoir emprunter leur livre favori à l’heure qui leur conviendra le mieux. Ils pourront organiser et anticiper au mieux leur venue !

Vous pouvez planifier à l’avance les sujets, les plages horaires et les emplacements pour permettre à chacun de voir d’un coup d’oeil l’ensemble de l’offre accessible en amont.

Avec Affluences, vous pourrez même ajouter des informations sur l’événement telles que le catalogue, l’itinéraire, les services et bien sûr l’affluence en temps réel. De plus, la solution de réservation vous aidera grandement dans la gestion de votre bibliothèque vivante : nul besoin de gérer les inscriptions le jour J, elles se feront automatiquement !

La solution de réservation en ligne d'Affluences pour la bibliothèque vivante

Par ailleurs, il est conseillé de prévoir au moins deux personnes le jour J : une pour accueillir les lecteurs, confirmer les réservations, informer les passants curieux potentiellement intéressés par l’événement et une autre pour guider les emprunteurs vers leur livre vivant, gérer le temps, animer et intervenir en cas de problèmes.

Collecter des retours d’expérience dans une optique d’amélioration continue et évaluer l’impact de la bibliothèque humaine

Une fois votre bibliothèque vivante terminée, ne vous arrêtez pas là et collectez le maximum de retours d’expérience sur votre événement !

Prévoyez un temps qualitatif avec vos livres vivants pour les remercier et avoir leur retour sur l’organisation de la journée. Vous pouvez aussi proposer un questionnaire aux lecteurs pour recueillir leurs avis et débriefer en interne avec votre équipe projet pour apprendre de vos erreurs et faire encore mieux lors de votre prochaine bibliothèque vivante !

En parallèle, une étude statistique des données de participation dans le temps vous permettra de suivre l’impact de la bibliothèque vivante sur l’augmentation et la diversification de la fréquentation.

En suivant ces précieux conseils, vous serez en mesure de maximiser l’impact de votre bibliothèque humaine, de rendre votre bibliothèque plus participative et de créer des expériences inoubliables pour vos publics !

Bibliothèque vivante : le cœur d’une politique du livre plus participative ?

Les bibliothèques participatives représentent une évolution passionnante du concept traditionnel de bibliothèque. Au lieu d’être de simples gardiennes de livres, ces bibliothèques sont des espaces dynamiques où la participation active de la communauté est encouragée. Elles offrent un large éventail de ressources, allant des livres aux technologies numériques, et se concentrent sur l’autonomisation des membres de la communauté en favorisant l’apprentissage, l’échange de connaissances et la créativité.

Les bibliothèques participatives sont devenues des carrefours d’interaction sociale, où les habitants peuvent non seulement consommer de l’information, mais aussi la produire.

Elles abritent des ateliers, des événements culturels et éducatifs, et sont souvent le cœur battant de la vie communautaire. Les bibliothèques humaines s’inscrivent parfaitement dans cette approche participative en permettant aux gens de se connecter, de partager leurs expériences et de créer un espace d’apprentissage vivant et évolutif !

Site officiel Human Library : cliquez ici

Jean Zay, un visionnaire au service de la démocratie

Cet ouvrage, publié à l’occasion du 120e anniversaire de la naissance de Jean Zay et du 80e anniversaire de sa mort, rassemble l’œuvre complète de cet homme d’État, ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts sous le Front populaire, assassiné par la milice en juin 1944. Jean Zay a été honoré par son entrée au Panthéon en mai 2015.

Jean Zay (1904-1944) est reconnu pour avoir fait de l’école un pilier de la démocratie sociale, en réformant l’enseignement et en développant le sport et la culture. Il est également à l’origine du Festival de Cannes, du CNRS et de l’ENA. Cible en raison de ses origines protestantes, juives, et de son engagement maçonnique et politique, il a été emprisonné par le régime de Vichy avant d’être assassiné. Sa clairvoyance face à la montée des fascismes fait de lui un pionnier de la Résistance et un penseur de la République moderne.

Pascal Ory, en 2022 – Source Wikimedia Commons

Pascal Ory, de l’Académie française, offre une perspective sur l’importance historique et intellectuelle de Jean Zay. Il commence sa préface en s’adressant à ceux qui n’ont jamais lu une seule ligne de Jean Zay. Il souligne la chance qu’ils auront de découvrir cet homme, dont il admire non seulement les compétences politiques, mais aussi les qualités littéraires.

Pascal Ory exprime son admiration pour Jean Zay, qu’il connaît depuis cinquante-trois ans. Il le présente comme un homme d’État exceptionnel, le plus jeune ministre de la Troisième République, ayant joué un rôle fondamental dans l’éducation, le sport et la culture en France. Il souligne la surprise qu’il a ressentie en découvrant la profondeur et la diversité des projets de Zay, notamment son implication dans la Résistance, où il avait imaginé un ministère de la Vie culturelle réunissant l’éducation, la recherche scientifique, la jeunesse et les sports.

Le préfacier évoque aussi l’influence durable de Jean Zay à travers ses diverses initiatives, telles que la création du Festival de Cannes et le soutien aux arts et à la lecture publique. Il souligne également l’importance des écrits de Zay, notamment ses journaux de prison, qui reflètent une réflexion profonde sur l’enfermement et la solitude.

Plaque commémorative apposée sur la façade de l’ancien lycée Pothier d’Orléans.

Il offre un aperçu intime de Jean Zay, en parlant de ses relations personnelles et de son engagement constant pour la justice et la vérité. Il mentionne des rencontres avec des survivants de la génération de Zay et des souvenirs personnels qui soulignent la chaleur humaine de Zay et son amour pour sa famille.

Pascal Ory aborde également les campagnes de calomnie menées contre Jean Zay, notamment par des pamphlétaires d’extrême droite, qui ont tenté de ternir son image. Il met en lumière la résilience de Jean Zay face à ces attaques, et comment sa mémoire a été réhabilitée, notamment par son entrée au Panthéon en 2015. Il conclut en rendant hommage au courage et à la dignité de Jean Zay, le comparant à d’autres grands hommes d’État français. Il appelle à accepter le « scandale » d’honorer un homme qui a été injustement calomnié mais qui incarne les valeurs de courage et de dignité absolue. La préface de Pascal Ory offre une introduction chaleureuse et respectueuse à l’œuvre de Jean Zay. Elle met en lumière la richesse de ses contributions à la République française et la profondeur de son engagement personnel et politique. Ce texte établit le cadre pour le reste de l’ouvrage, en soulignant l’importance historique et morale de redécouvrir et de réhabiliter la mémoire de Jean Zay.

Pierre Allorant, en 2016
Olivier Loubes – Source Babelio

Dans l’introduction Pierre Allorant, historien et docteur en droit, et Olivier Loubes, historien spécialisé dans l’histoire de la République, de l’école et des imaginaires politiques, mettent en contexte l’œuvre de Jean Zay, soulignant sa pertinence actuelle. Il retrace la vie de Jean Zay, en intégrant ses écrits. Quant à Pierre Girard avec « Jalons », il apporte des repères historiques et biographiques. Sont publiés les journaux tenus par Jean Zay pendant la Grande Guerre montrent déjà une conscience politique et un sens aigu de l’observation, un texte patriotique et littéraire où Jean Zay exprime ses idéaux républicains et des réflexions et critiques littéraires écrites par un jeune Jean Zay, révélant ses talents d’écrivain.

Dans « Une république ressourcée », nous retrouvons les articles de Jean Zay comme député, où il aborde les enjeux politiques et sociaux de l’époque, démontrant son engagement républicain, une collection des discours et écrits de Jean Zay durant son mandat ministériel, marqués par ses réformes éducatives et culturelles et des notes inédites prises pendant les Conseils des ministres, offrant un aperçu de la politique interne du Front populaire.

Nous retenons plus particulièrement « Les Carnets secrets de Jean Zay : Notes journalières prises en Conseil des ministres (septembre 1938-septembre 1939) » regroupant des notes prises par Jean Zay. Ces carnets offrent un regard intime et détaillé sur les discussions et décisions prises pendant une période critique de l’histoire française, marquée par la montée des tensions internationales et les prémices de la Seconde Guerre mondiale. Cette période, de septembre 1938 à septembre 1939, est une phase tumultueuse pour la France et l’Europe. Elle inclut les accords de Munich, où les puissances européennes tentèrent d’apaiser Hitler en lui cédant une partie de la Tchécoslovaquie, suivis par l’invasion de la Pologne par l’Allemagne en septembre 1939, qui déclencha la Seconde Guerre mondiale. Ces événements sont cruciaux pour comprendre l’atmosphère et les débats au sein du gouvernement français de l’époque.

1re de couv., détail

Jean Zay note les discussions sur les mesures à prendre face à la menace allemande. Les débats portent sur le renforcement des armées, la mobilisation des ressources et les stratégies diplomatiques à adopter pour garantir la sécurité de la France. Les carnets révèlent aussi les préoccupations concernant la stabilité politique et sociale en France. Jean Zay rapporte les échanges sur les réformes nécessaires pour renforcer la cohésion nationale, l’économie, et les mesures sociales pour maintenir le soutien populaire au gouvernement. En tant que ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, Jean Zay consigne les discussions sur les initiatives visant à promouvoir l’éducation et la culture comme outils de résistance et de renforcement de la République.

Plaque commémorative à l’Assemblée nationale en hommage aux députés et fonctionnaires morts pour la France. On peut y lire le nom de Jean Zay.

Les carnets détaillent ses efforts pour développer le système éducatif et culturel malgré les contraintes de l’époque. Quant à l’internationale, les notes de Jean Zay fournissent un aperçu des stratégies diplomatiques de la France, les alliances, et les négociations avec d’autres pays européens. Elles mettent en lumière les tensions et les divergences au sein du gouvernement concernant la politique étrangère. Les carnets documentent les réactions des membres du gouvernement aux événements internationaux majeurs, tels que l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, les accords de Munich, et l’invasion de la Pologne. Ils révèlent les dilemmes moraux et politiques auxquels les dirigeants français étaient confrontés.

JeanZay, en 1936

Ces carnets ne sont pas seulement un témoignage historique, mais aussi un hommage à la clairvoyance et à l’engagement de Jean Zay. Ils permettent de mieux comprendre les défis et les dilemmes de la France à la veille de la Seconde Guerre mondiale et soulignent l’importance de la mémoire et de la réflexion historique pour les générations futures.

Dans « Une république captive et retrouvée », nous retrouvons un récit autobiographique où Jean Zay raconte son expérience durant la guerre, son arrestation et son emprisonnement.

Deux romans nous sont offerts : « La Bague sans doigt », illustrant sa capacité littéraire et sa vision du monde et « Le Château du silence », mettant en lumière les thèmes de l’engagement et de la résistance. Ainsi que des écrits inédits de Jean Zay pendant son emprisonnement à Riom, dévoilant sa résilience et son esprit créatif.

Les éditeurs offrent des introductions détaillées et des contextes pour chaque section, aidant le lecteur à comprendre l’importance et la pertinence des écrits de Jean Zay. Une bibliographie complète des œuvres de Jean Zay et des études sur sa vie et son travail ainsi qu’un index exhaustif des noms cités, facilitant la recherche et l’étude des écrits de Jean Zay sont donnés en fin de volume. Suivis de quelques illustrations noir et blanc.

De plus, ce que nous aimons chez « Bouquins, la collection », c’est que cet éditeur se distingue par son usage du papier bible, une caractéristique particulièrement appréciée par les amateurs de livres. Ce papier très fin et léger permet de réunir un grand nombre de pages dans un volume réduit et maniable, tout en offrant une excellente durabilité et une lisibilité confortable. Le papier bible, traditionnellement utilisé pour les ouvrages de référence et les éditions intégrales, confère aux livres de la collection Bouquins une élégance et une qualité qui enrichissent l’expérience de lecture. Sa texture unique et sa transparence subtile ajoutent une dimension tactile et visuelle plaisante, rendant chaque livre un objet précieux et raffiné.

Jean Zay, en 1937

Cette édition est un hommage essentiel à Jean Zay, mettant en lumière son apport immense à la République française. Son œuvre, révélée dans toute sa diversité et sa profondeur, est un guide précieux pour comprendre et réinventer les valeurs républicaines face aux défis contemporains.

Jean Zay-Jeunesse de la République

Édition établie et présentée par Pierre Allorant et Olivier Loubes

Préface de Pascal Ory, de l’Académie française (préface de)

Bouquins la collection, 2024, 1160 pages, 33 €

Les plantes et les animaux de la franc-maçonnerie

De notre confrère freemasonscommunity.life – Par le frère. Nigel D.Brown

Frère. Brown a écrit un article pour le Quatuor Coronati Lodge2076 imprimé dans le Vol. 104, 1991 Transactions. Ce STB est extrait de l’article le plus long. -Éditeur

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles une loge porte un nom particulier. De nombreuses auberges ou tavernes ont porté et portent encore des noms qui sont en tout ou partie ceux de plantes et d’animaux. Trois de nos loges fondatrices en 1717 se réunissaient dans de telles maisons à Londres : la « Goose and Gridiron », la « Apple-Tree » et la « Rummer and Grapes ».

Il faudrait trop de temps et d’espace pour énumérer les loges actuelles qui, soit ont hérité de telles sources, soit ont choisi elles-mêmes un nom associé à une plante ou à un animal. Certains sont : Chêne, Noyer, Arboretum d’une part ; Ruche, Lion, Cygne de l’autre, ce ne sont que des exemples.

Plus ancien que la toison d’or ou l’aigle romain

Il ne faut pas oublier qu’un aigle est mentionné dans les rituels artisanaux, bien que « l’aigle romain », lorsqu’on parle de l’antiquité ou d’un insigne de franc-maçon. Cette dérivation vient de l’emblème porté par les premiers rois de Rome : un sceptre en ivoire surmonté d’un aigle. Celui-ci fut ensuite incorporé à la bannière des légions de l’Empire romain.

La Toison d’Or de la mythologie classique était la peau d’un merveilleux bélier, gardée par un dragon endormi. Jason et ses Argonautes se sont lancés à la poursuite de ce prix. Le voyage fut long et périlleux mais les héros intrépides persévérèrent et, après une série d’aventures, finirent par atteindre la fin de leur voyage pour remporter le prix ultime de leur époque. Cette légende intemporelle, qui peut être lue comme une allégorie de la vie, contraste vivement avec l’Ordre de la Toison d’Or, relativement moderne, créé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne en 1429, à l’époque où il dirigeait les Pays-Bas. En 1504, les Habsbourg espagnols s’emparèrent du pays et de l’Ordre. En 1713, cependant, il fut de nouveau institué en tant qu’honneur autrichien.

La colombe et le rameau d’olivier

De toute la faune et la flore liées à un pavillon artisanal, la colombe et son rameau d’olivier sont probablement les plus couramment observés. À quelques exceptions près, c’est l’emblème des diacres. C’est lorsqu’ils sont investis de leurs colliers et de leurs bijoux que « la colombe portant un rameau d’olivier » a sa seule place dans le rituel. Le même emblème apparaît au sommet de la baguette d’un diacre.

Le symbolisme trouve son origine dans les Saintes Écritures, où nous lisons qu’une colombe fut libérée de l’arche par Noé, mais « ne trouva aucun repos pour la plante de son pied et elle revint ; la deuxième fois, elle revint et voici, dans sa bouche il y avait une feuille d’olivier arrachée », tandis que la troisième fois, elle « ne revint plus vers lui ». (Genèse 8 : 8-12). Ainsi, la colombe et son rameau d’olivier portent la double symbolique du messager (de la colombe) ainsi que de la pureté, de la paix et de l’innocence (du rameau d’olivier).

Le fruit de l’olivier est également lié au rituel maçonnique dans la mesure où son huile servait à rémunérer certains ouvriers employés à la construction du temple du roi Salomon. Il est également utilisé lors de la consécration d’une nouvelle loge, comme symbole de paix et d’unité.

L’Acacia

Branche d'acacia dans les mains sur tissu rouge
Branche d’acacia dans les mains sur tissu rouge

Il y a beaucoup de confusion sur l’arbuste associé à la découverte de la tombe d’Hiram mais il est très probable qu’il s’agisse de cassia et non d’acacia. La plante cassia (une espèce est Cassia acutifolio) a été introduite en Europe au début du XVIIIe siècle, à l’époque où le rituel se développait. Masonry Dissected (1730) de Samuel Prichard et les Constitutions d’Anderson de 1738 mentionnent tous deux la cassia plutôt que l’acacia en relation avec la tombe. En revanche, les sources françaises disponibles indiquent qu’ils s’étaient déjà contentés d’« une branche épineuse appelée acacia ». Nous ne pouvons pas être précis quant à la date à laquelle le changement a commencé, mais lors de l’Union de 1813, il a été décidé que acacia serait le mot désignant un usage rituel et, finalement, cassia n’a plus été vu.

Il convient de mentionner qu’Acacia scyal est le Shittah (pluriel Shittim) d’Exode 25 : 10, le bois à partir duquel l’Arche d’Alliance et le Tabernacle ont été construits.

Pour certains, la Cassia est « l’Arbre de la connaissance du bien et du mal » et « l’Arbre du Serpent ». Les Égyptiens vénéraient l’acacia et l’utilisaient pour confectionner des couronnes funéraires. La légende le relie, avec d’autres plantes, au bois de la croix du Christ, à sa couronne d’épines et au buisson ardent. Le symbolisme de l’acacia présente de nombreux aspects et, avec d’autres plantes, par exemple le romarin, le buis, le myrte et le saule, il reflète une croyance en la résurrection. Phoenix Lodge of Honor and Prudence, dans son rituel unique, fait référence à l’acacia comme signifiant l’innocence ou l’absence de péché. Il semble fleurir et s’épanouir à sa place comme pour dire : « 0, Mort, où est ton aiguillon ? 0, Grave, où est ta victoire ? et il symbolise ainsi l’immortalité.

Une nécessité de la vie

Le maïs, le vin et l’huile constituaient le salaire hebdomadaire de certains ouvriers du temple du roi Salomon. En Terre Sainte, il aurait été plus probable que le grain soit du sorgho ou du mil (Sorghum vulgare ou Panicum miliacemn), mais une large gamme de céréales était cultivée.

« Un épi de maïs près d’une chute d’eau » est l’interprétation du mot-test utilisé par les troupes de Jephté pour distinguer les Éphraïmites après la bataille sur les rives du Jourdain. Les mots hébreux (Sihlet-Shabioth) utilisés pour distinguer l’ami de l’ennemi ont deux significations : « un déluge d’eau » (et non une « colline ») et « un épi de maïs ». Le maïs est utilisé lors de la cérémonie de consécration d’une nouvelle loge comme emblème d’abondance. Selon la Constitution néerlandaise, une gerbe de maïs se trouve dans la loge et les graines sont jetées pour une raison différente ; de même que le maïs mûr prouve la force germinale de la graine semée, de la même manière, la vie d’un maître maçon doit témoigner de la force du principe suprême qu’il défend.

Enrichi de… Lilywork et Grenades

Les lys et les grenades sont nommées dans la Bible dans les descriptions des piliers à l’extérieur du Temple (1 Rois : 7 et 2 Chroniques : 3). La grenade (Punica granatlim) était alors largement cultivée au Moyen-Orient et produit en effet un grand nombre de graines. Il existe plusieurs références dans la Bible et la plus intéressante est peut-être celle de l’Ancien Testament (Exode 28 : 33). Ici, les robes de l’éphod (d’Aaron et des autres prêtres) étaient bleues et « sur le bord, tu ferais des grenades bleues, pourpres et écarlates ».

La fleur la plus probablement adoptée pour le lis est le lotus égyptien. C’était une plante sacrée parmi les Égyptiens qu’ils utilisaient pour symboliser le Nil, donneur de vie (car leur gagne-pain dépendait de ses crues annuelles). Il s’agit d’un nénuphar, Nyniphaca lotus, aux fleurs roses qui virent au blanc. Les grenades et le lotus étaient couramment utilisés (ensemble) dans les conceptions architecturales égyptiennes et ce style s’est répandu dans les nations environnantes. Il a été suggéré que le Temple du roi Salomon était basé sur des modèles phéniciens, car ceux-ci étaient à leur tour dérivés du modèle égyptien. Hiram Abif, le surintendant du casting, était phénicien du fait du mariage de son père avec un Israélite. Il est donc probable que les lys et les grenades soient originaires d’Égypte. La couleur blanche des lys a cependant probablement été introduite pour refléter le blanc de la tradition religieuse. Le travail du lys blanc, symbole de paix, semble être une idée purement maçonnique.

L’industrie en Loge

Le bijou du Secrétaire est constitué de deux stylos en sautoir attachés par un ruban. Les plumes sont des plumes, c’est-à-dire fabriquées à partir des plumes primaires des ailes d’un oiseau. Il n’y a probablement aucune signification profonde à en retirer autre que de nous rappeler que le secrétaire utilise un stylo pour enregistrer le travail de sa loge.

Dans un pamphlet maçonnique écrit vers 1725 et souvent attribué à Jonathan Swift, il est question des abeilles et d’une ruche. Au XVIIe siècle, les frères étaient considérés comme un emblème de l’industrie recommandant la pratique de cette vertu à toutes les choses créées, depuis le plus haut séraphin du ciel jusqu’au plus bas reptile dans la poussière. La ruche était régulièrement vue comme un symbole maçonnique à partir du milieu du XVIIIe siècle, sur les planches à calquer, les certificats, les bijoux, le verre et les poteries. La Loge de l’Émulation (aujourd’hui n°21) l’a adopté comme emblème il y a plus de deux siècles et l’utilise toujours. Mais, lors de l’Union de 1813, ce fut l’un des nombreux symboles (d’autres étaient le sablier, la faux et l’arche) qui furent abandonnés. Il reste cependant un emblème de la franc-maçonnerie artisanale écossaise et de nombreux rituels américains conservent des explications qui étaient autrefois courantes en Angleterre.

Conclusion

Les véritables symboles de notre artisanat maçonnique sont visibles par tous. C’est souvent une bonne chose pour chaque frère de les contempler et, ce faisant, d’élaborer ses propres interprétations et j’ai dans une certaine mesure pratiqué cela par moi-même. Bien sûr, nous apprenons tous beaucoup des explications rituelles et pouvons, si nous le pouvons, nous désirons tant nous tourner vers les écrits de ceux qui ont fait une étude particulière du symbolisme. Ma propre expérience, comme je l’ai écrit sur papier, est que nos symboles, en fournissant des rappels visuels des leçons apprises en loge, permettent à un franc-maçon de transposer ces leçons et ainsi d’enrichir sa vie quotidienne.

La Grande Loge de Russie boycottée par l’Europe… mais pas par l’Afrique

De notre confrère jeuneafrique.com

Pas moins de quatre Grandes Loges africaines étaient représentées à l’Assemblée générale annuelle de la Grande Loge de Russie, les 1er et 2 juin. Et six Grands Maîtres africains se sont rendus à Bruxelles au cours du même week-end. Coulisses.

L’Assemblée générale annuelle de la Grande Loge de Russie s’est tenue dans la ville de Novgorod, les 1er et 2 juin, dans un contexte assez particulier. En effet, en raison de la guerre en Ukraine, les grandes loges européennes, qui ont soit coupé les ponts soit pris leurs distances avec leurs « frères » russes, n’ont envoyé aucune délégation. Seule la Grande Loge de Turquie était présente.

L’article de Jeune Afrique relate les événements récents impliquant la Grande Loge de Russie et son soutien par certaines Grandes Loges africaines, malgré un boycott de la part de plusieurs Grandes Loges européennes. Lors de l’Assemblée générale annuelle de la Grande Loge de Russie, tenue les 1er et 2 juin 2024, quatre Grandes Loges africaines étaient présentes. En parallèle, six Grands Maîtres africains ont participé à un événement à Bruxelles durant le même week-end. Ces événements soulignent les divergences d’approches et de relations entre les loges maçonniques européennes et africaines vis-à-vis de la Russie.

Quelques points clés :

  • Boycott européen : plusieurs Grandes Loges européennes ont boycotté la Grande Loge de Russie.
  • Soutien africain : malgré ce boycott, certaines Grandes Loges africaines continuent de soutenir la Grande Loge de Russie.
  • Participation africaine : quatre Grandes Loges africaines étaient présentes à l’Assemblée générale annuelle de la Grande Loge de Russie.
  • Événement à Bruxelles : six Grands Maîtres africains ont assisté à un événement – dont nous ne connaissons pas la nature – à Bruxelles le même week-end.

Ceci appelle quelques remarques

Division maçonnique ?

Ces actions reflètent une division au sein de la franc-maçonnerie internationale, particulièrement entre les loges européennes et africaines concernant la Russie.

Un soutien stratégique ? Ce soutien des loges africaines pourrait être interprété comme un alignement stratégique ou une volonté de maintenir des relations fraternelles indépendamment des tensions politiques européennes.

Cette situation pourrait entraîner des répercussions sur les relations internationales et les dynamiques internes au sein de la franc-maçonnerie mondiale….

Affaire à suivre !

Pour mémoire, la Grande Loge de Russie (GLR) est une obédience maçonnique qui étend sa juridiction sur le territoire de la fédération de Russie. Elle a été fondée le 24 juin 1995 par la Grande Loge Nationale Française (GLNF), réunissant d’abord quatre respectables loges russes travaillant à l’époque sous la juridiction de la GLNF, fondées entre 1992 et 1994. Elle est reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre et se classe dans les obédiences dites « régulière et de tradition ». Elle est reconnue en cette qualité par plus de cent grandes loges à travers le monde. 

Le très sérieux 2020 List of Lodges, Masonic (PANTAGRAPH PRINTING & STATIONERY CO., 2020) dont c’est la dernière édition donne quelques indications quant à la GLR et se s39 loges. Rien quant aux effectifs… Certains émettent l’idée qu’il serait autour de 700 frères selon le déclaratif de la GLR repris sur leur fiche Wikipédia.

archives personnelles d'Andrey Bogdanov
Archives personnelles d’Andrey Bogdanov

Quant à leur grand maître, le très médiatique Andreï Vladimirovitch Bogdanov, c’est un homme politique russe né le 31 janvier 1970 à Mojaïsk. Il est le chef du Parti démocratique de Russie, un parti libéral, et a été candidat à l’élection présidentielle russe du 2 mars 2008 (1,30 % des voix). Cette élection a permis la succession du président Vladimir Poutine, atteint par la limite constitutionnelle de deux mandats, à la tête de l’État russe. Le gagnant du scrutin, Dmitri Medvedev, entre officiellement en fonction le 7 mai 2008.

Andreï Vladimirovitch Bogdanov

Depuis 2007, il est le grand maître de ladite Grande Loge !

Nous avons déjà consacré, en 2021, plusieurs articles à ce très médiatique grand maître avec « RUSSIE : Le Grand Maître de la Grande Loge de Russie vend ses propres champignons en conserve » et « Interview du Grand Maître de la Grande Loge de Russie : “Nous ne régnons pas sur le monde !” »

Des opératifs aux maçons spéculatifs, la chronologie

« Le référentiel des Éditions de l’Art Royal est parfaitement affiché et assumé : c’est celui de la Franc-Maçonnerie régulière (près de 95% des Maçons de par le monde). Tous les auteurs et les ouvrages publiés observent cette tradition initiatique. Personne n’est égaré » (cf. site officiel).

C’est pourquoi Claude Roulet, érudit reconnu dans le domaine de la Franc-Maçonnerie, traducteur des trois livrets de John S.M. Ward, propose une chronologie prenant en compte les étapes majeures, depuis 1913, date de la fondation un certain 5 novembre de la Grande Loge Nationale Indépendante et régulière pour la France et les Colonies Françaises qui prit le nom, en 1948 de Grande Loge Nationale Française (GLNF) obédience dite « régulière et de tradition », reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) dès 1913.

Rappelons que Claude Roulet a également été assistant du président du Ritz de 1980 à 2004, où il a travaillé comme archiviste et historien. Il a aussi exercé son talent en qualité de bibliothécaire de la Grande Loge de France (GLDF) de 2008 à 2012. Son expertise et sa passion pour l’histoire maçonnique transparaissent dans chaque page de cet ouvrage.

D’emblée, il rend hommage à François Rognon qui, au sein de la GLDF, a consacré une grande partie de sa vie à l’étude et à la préservation de l’histoire maçonnique, jouant un rôle crucial dans la conservation et l’organisation des archives maçonniques.

Une Chronologie de l’Art Royal est une exploration de l’évolution de la franc-maçonnerie, également connue sous le nom d’Art Royal, des premières corporations de bâtisseurs médiévaux aux francs-maçons contemporains. Ce livre est un voyage à travers les âges, décomposé en une série de faits historiques, d’anecdotes et d’analyses qui éclairent la transformation des pratiques opératives en spéculatives.

Dans son introduction, l’auteur pose la question de savoir comment est née la maçonnerie, véritable art des bâtisseurs. Est-elle née ex-nihilo, trouve-t-elle ses racines dans les corporations opératives du Moyen Âge ? Avec la construction des cathédrales, des corporations incluaient protecteurs et bienfaiteurs dès le XVIIe siècle, amorçant la transition des freemasons opératifs aux freemasons spéculatifs. En 1717, ces derniers se structuraient en Grande Loge, définissant les valeurs et l’éthique maçonniques modernes.

L’auteur débute donc sa chronologie, qui va de la page 13 à la 97, à compter de – 2600 environ et Imhotep, architecte et polymathe de l’ancienne Égypte, figure légendaire souvent considéré comme l’un des premiers architectes, ingénieurs et médecins connus de l’histoire. Imhotep incarne la fusion de la connaissance technique et spirituelle, symbolisant les grandes réalisations de la civilisation égyptienne.

Elle s’achève en 2023 avec la signature d’un traité d’amitié de la GLNF avec une juridiction amie, le Grand Collège pour la France des Ordres Sacerdotaux des Chevaliers du Temple Prêtres de la Sainte Arche Royale et de l’Ordre de la Sainte Sagesse (GCFOS).

Le reste de l’ouvrage est composé d’annexes et de documentations, offrant une richesse de documents, de statuts, de règlements et de correspondances. Ces annexes permettent une exploration de l’histoire maçonnique, fournissant aux frères de quoi satisfaire leur curiosité. Claude Roulet a rassemblé et présenté ces documents avec clarté. L’auteur publie, netre autres, le pacte d’Umar, le décret d’Avignon de 1326, le manuscrit Halliwell dit Regius de 1390 – tiré des « Anciens Devoirs » de Guy Chassagnard, tout comme les statuts de Bologne, le Ms Cook (1410), les statuts de Ratisbonne (1498), ceux de Strasbourg (15363), etc. – les statuts Shaw de 1599 (document Louis Trébuchet) etc. – et autres textes sourcés « L’édifice » ou encore Wikipédia…

Ces annexes – 170 pages au total – s’ouvrent avec le mythe d’Osiris et 40 documents plus loin s’achève avec la proposition de 1989 de la GLUA et du respect des « normes » à respecter pour être reconnue par ladite obédience. Rappelons que le mythe d’Osiris est l’une des légendes les plus importantes et les plus riches de l’Égypte ancienne. Il raconte l’histoire de la mort et de la résurrection d’Osiris, dieu de la fertilité, de la végétation et des morts, illustrant les thèmes de la régénération, de la justice divine et du cycle de la vie et de la mort.

Et 40 documents plus loin, les annexes s’achèvent avec la proposition de 1989 de la GLUA et du respect des « normes » à respecter pour être reconnue par ladite obédience.

Vous l’avez sans douté déjà compris, cet ouvrage s’adresse plutôt plutôt aux membres de la GLNF s’intéressant notamment à l’histoire de leur institution. Il présente les informations de manière accessible permettant de suivre, au fil de siècles, les évolutions de l’art royal.

Une chronologie de l’Art Royal-Des premiers bâtisseurs aux francs-maçons contemporains

Claude Roulet

Éditions de l’Art Royal, Coll. Franc-Maçonnerie, 2023, 278 pages, 23 €

GLDF – La bibliothèque, portant désormais le nom de François Rognon, associé aux archives et musée, constitue le cœur du MAB. Un lieu symbole de culture et de connaissances partagées.

Et si nous parlions de joie ?

Nous pouvons trouver des rapprochements entre l’hindouisme et le bouddhisme puisque le bouddhisme est né en Inde et issu de l’hindouisme.

Ananda est un concept central dans l’hindouisme, qui fait référence à un état de joie spirituelle et de félicité ultime. Ananda c’est la joie sans objet, la simple joie d’exister.
Cette culture de la joie, pour les yogis, passe par un travail sur l’entretien du corps afin de le maintenir jeune et en bonne santé, mais aussi sur l’activation et la circulation de l’énergie, de façon à ce que celle-ci ne tombe pas dans l’inertie et ne nous entraîne dans la dépression et la tristesse.

Bande d'amis, de copains heureux
Bande d’amis, de copains heureux au bar

Cette joie qui est intrinsèquement liée à la vie, augmente notre force vitale, elle est l’affirmation de la vie contre la mort, de la santé contre la maladie, de la créativité contre la passivité.

Affirmer notre liberté, c’est prendre nos énergies en main pour les orienter vers le haut, vers la lumière, vers ce qui fait grandir et trouver en soi la force de dire oui à la vie !
Dans l’enseignement, la joie est lumière et il n’y a pas de lumière sans feu. il est dit que le plus grand des feux est le désir, il est le moteur de la vie. Ce désir est nommé iccha, c’est la volonté cosmique ! On l’associe également à deux autres principes qui sont jnana (la connaissance) et kryia (l’action).

4 enfants riants au pied d'un arbre
4 enfants riants au pied d’un arbre

Cette loi universelle fondamentale (iccha, jnana, kryia) est le principe de la création. Ce désir de l’être divin de se connaître sous forme de lumière, de vibration, et de joie créatrice a fait naître l’univers.

Dans ce grand jeu de la création (lilla), il appartient à chacun de jouer sa partition de façon à faire de sa propre vie un acte de créativité, d’amour et de partage, et où chaque petite joie de la vie fera peser la balance du côté de la grande joie libératrice..

Ida

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

B’naï B’rith France : Philippe Meyer réélu Président

Du site officiel crif.org

À l’occasion de l’Assemblée générale du B’nai B’rith France qui s’est tenue dimanche 2 juin 2024 à la Mairie du 16ème arrondissement de Paris, Philippe Meyer a été réélu Président du B’nai B’rith France (BBF) à l’unanimité des 53 loges ayant pris part au vote (sur un total de 55 loges), moins un vote blanc. L’Assemblée générale a été suivie d’une intervention du Président du Crif, Yonathan Arfi, qui s’est notamment exprimé sur la mobilisation du Crif et sur les pistes d’actions face à la situation actuelle et à l’explosion de l’antisémitisme et de l’antisionisme.

2 anciens articles
Connaissez-vous l’Ordre indépendant du B’nai B’rith, de l’hébreu : « Les fils de l’Alliance » ?
04/06/23 : Marche avec B’nai B’rith pour le 57e défilé annuel de célébration d’Israël

Aux côtés de Philippe Meyer, ont été élus dans le « ticket national » :

  • Véronique Hauptschein, Vice-présidente
  • Marc Hassan, Vice-président
  • Deborah Lichentin, Secrétaire générale
  • André Ouazana, Trésorier
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Après l’annonce des résultats, Philippe Meyer a déclaré : « Dans ce climat inédit de haine anti-juive, de haine d’Israël et d’atteintes aux valeurs de la République, les messages, les valeurs et les combats du B’nai B’rith résonnent tout particulièrement. Notre engagement restera total au service de nos idéaux. Dans ce contexte grave, nous maintiendrons plus que jamais notre mobilisation contre nos ennemis, avec nos amis. Les combats qui sont devant nous sont décisifs. Ensemble, dans l’unité et la fraternité, nous poursuivrons la dynamique engagée ».

L’Assemblé générale a été suivie par la venue du Président du Crif Yonathan Arfi, qui est intervenu devant une salle comble en analysant les grands enjeux et les risques majeurs de la situation actuelle, à quelques jours des élections européennes, et est revenu sur la mobilisation du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et sur les pistes d’actions face au tsunami antisémite et antisioniste que nous traversons. S’en ai suivi un long et riche échange avec la salle.

La journée s’est achevée par le vernissage de l’exposition de photos de Davita Dahan, photographe franco-israélienne, venue spécialement, sur la douleur des femmes israéliennes après le 7 octobre. L’exposition sera ouverte au public jusqu’au 6 juin dans les locaux de la mairie .

Le Crif adresse ses félicitations à Philippe Meyer ainsi qu’à tous les membres du bureau du B’nai B’rith pour leur élection. 

Grande première : Communiqué commun de la GLUA et des deux obédiences féminines anglaises !

Nous vous soumettons la déclaration commune du 17 mai dernier, puis tenterons de vous apporter quelques lumières en analysant et interprétant cette grande première !

« UGLE RÉPOND : « La Nouvelle Europe »

La Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), l’Ordre des Femmes Francs-Maçons (OWF) et la Fraternité Honorable des Anciens Francs-Maçons (Franc-Maçonnerie pour les Femmes) expriment leur surprise et leur malaise face à un article de Patience Wheatcroft* publié dans The New European. Cet article contient de nombreuses inexactitudes importantes et nous nous sentons obligés de répondre afin de fournir à la baronne Wheatcroft et à ses lecteurs une représentation fidèle de la vérité.

Official portrait of Baroness Wheatcroft

En ce qui concerne les nombreuses affirmations sur les conditions d’entrée dans la franc-maçonnerie, nous sommes ravis que l’auteur ait visité le site de la GLUA et réfléchi aux valeurs fondamentales de l’organisation : Intégrité, Amitié, Respect et Service. Cependant, il est regrettable que la baronne Wheatcroft n’ait pas trouvé la section de notre site dédiée aux femmes franc-maçonnes, qui se réunissent fièrement dans ce pays depuis plus de 100 ans. En fait, une simple recherche sur Google aurait révélé les sites web des deux Grandes Loges féminines au Royaume-Uni, ainsi que leurs nombreux réseaux sociaux. Les liens vers nos trois sites web se trouvent en bas de cette déclaration et nous vous encourageons à les consulter à votre convenance.

Deuxièmement, en ce qui concerne les points soulevés sur nos engagements caritatifs, nous sommes fiers de l’impact que nous, en tant que francs-maçons, avons au sein de la communauté. Nous sommes heureux qu’en 2020, durant les premières phases sombres et incertaines de la pandémie, les francs-maçons aient contribué à hauteur de plus de 51,1 millions de livres sterling à des causes méritoires. Cela inclut non seulement des contributions financières, mais aussi le dévouement de plus de 18,5 millions d’heures annuelles de bénévolat. En 2021, alors que les impacts sociaux de la pandémie continuaient de se faire sentir, la GLUA a alloué plus de 4,7 millions de livres sterling à des programmes de secours spécifiques, axés sur le soutien communautaire, l’aide alimentaire, la lutte contre la violence domestique, le logement et la santé mentale.

Troisièmement, en ce qui concerne les points soulevés sur les membres, nous célébrons la diversité de nos adhérents. Les francs-maçons font partie d’une organisation sociale unique et durable depuis plus de 300 ans, sans affiliation politique ou religieuse. Nos membres diversifiés comprennent des individus de tous âges, races, religions, cultures et origines. C’est quelque chose que nous célébrons pleinement.

En référence aux remarques de la baronne Wheatcroft sur les coutumes au sein de la franc-maçonnerie, nous sommes surpris que de telles traditions intemporelles semblent peu familières à un membre de la Chambre des Lords, où les pratiques anciennes reliant l’organisme actuel à ses prédécesseurs sont justement célébrées. De même, nos traditions proviennent de liens historiques avec les tailleurs de pierre médiévaux et vous pouvez trouver plus d’informations à ce sujet sur nos sites web et réseaux sociaux.

Enfin, nous sommes fiers d’être francs-maçons. Des articles comme celui-ci ne font que répandre des informations erronées et des idées fausses, et nous sommes déterminés non seulement à défendre nos membres, de tous genres ou non, mais aussi à présenter, une fois pour toutes, la vérité sur la franc-maçonnerie.

Nos portes restent fermement ouvertes.

Grande Loge Unie d’Angleterre, Ordre des Femmes Francs-Maçons et Fraternité Honorable des Anciens Francs-Maçons (Franc-Maçonnerie pour les Femmes) »

Source : United Grand Lodge of England Press Release

Cette déclaration, une grande première !

Il semble que la déclaration commune publiée par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), l’Ordre des Femmes Francs-Maçons (OWF) et la Fraternité Honorable des Anciens Francs-Maçons (Franc-Maçonnerie pour les Femmes) soit un événement notable. Bien que les relations entre ces organisations aient été cordiales et qu’il y ait eu des discussions informelles et des reconnaissances mutuelles limitées dans le passé, une déclaration conjointe publique de cette envergure semble être une première.

Historiquement, la GLUA avait reconnu en 1999 l’existence et la régularité des deux Grandes Loges féminines en Angleterre, sans toutefois les reconnaître officiellement comme faisant partie de leur propre juridiction maçonnique. Cette reconnaissance soulignait que, bien que les femmes ne soient pas admises dans les loges de la GLUA, les loges féminines étaient considérées comme pratiquant la franc-maçonnerie régulière en tous points sauf pour leurs membres.

Cette déclaration commune récente est significative car elle représente une collaboration explicite et unifiée en réponse à des critiques externes, montrant une solidarité entre les différentes branches de la franc-maçonnerie au Royaume-Uni. Les trois organisations ont ressenti le besoin de corriger les inexactitudes et de clarifier leurs positions et leurs contributions, soulignant leur engagement envers des valeurs partagées telles que l’intégrité, l’amitié, le respect et le service.

Verra-t-on cela un jour en France pour ceux qui se prétendent de « la Franc-maçonnerie Régulière et de Tradition » [sic] ?

Blason UGLE

En attendant l’évolution irrémédiable de ceux qui se réclame toujours du point 7 « Que la discussion de sujets politiques ou religieux soit strictement interdite au sein de la Loge » des Basic Principles anglais de 1929, analysons et interprétons cette déclaration de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA).

Analyse et interprétation

Contexte et objet de la déclaration

La déclaration a été publiée en réponse à un article de Patience Wheatcroft dans The New European. Cet article critique les pratiques et les politiques de la franc-maçonnerie, notamment en ce qui concerne l’inclusion des femmes et les engagements caritatifs des francs-maçons. La GLUA, l’Ordre des Femmes Francs-Maçons (OWF) et la Fraternité Honorable des Anciens Francs-Maçons (Franc-Maçonnerie pour les Femmes) se sentent obligés de répondre pour corriger les inexactitudes.

Les sœurs de l’Ordre des Femmes Francs-Maçons (OWF) arbore les mêmes décors que ceux des frères de la GLUA.

Les différents points clés de la réponse de ces trois obédiences

1. Inexactitudes sur les conditions d’entrée et les valeurs :

    – La déclaration exprime sa satisfaction que l’auteur ait consulté le site de la GLUA et reconnu ses valeurs fondamentales : Intégrité, Amitié, Respect et Service.

    – Il est regretté que la baronne Wheatcroft n’ait pas trouvé la section sur les femmes franc-maçonnes, présentes au Royaume-Uni depuis plus de 100 ans. Une simple recherche en ligne aurait révélé les sites des deux Grandes Loges féminines.

2. Engagements caritatifs :

    – La déclaration souligne l’impact significatif des actions caritatives des francs-maçons. En 2020, plus de 51,1 millions de livres sterling ont été donnés à des causes méritoires, avec plus de 18,5 millions d’heures de bénévolat.

    – En 2021, plus de 4,7 millions de livres sterling ont été alloués à des programmes de secours, notamment pour le soutien communautaire, l’aide alimentaire, la lutte contre la violence domestique, le logement et la santé mentale.

3. Diversité des membres :

    – La diversité des membres est célébrée. La franc-maçonnerie, active depuis plus de 300 ans, inclut des individus de différents âges, races, religions, cultures et origines, sans affiliation politique ou religieuse.

4. Traditions et coutumes :

    – Les traditions maçonniques, liées historiquement aux tailleurs de pierre médiévaux, sont comparées aux pratiques anciennes de la Chambre des Lords. Il est surpris que ces traditions soient méconnues par un membre de la Chambre.

Les sœurs de l’Ordre des Femmes Francs-Maçons (OWF) arbore les mêmes décors que ceux des frères de la GLUA.

5. Réaffirmation de la fierté et de l’ouverture :

    – Les organisations réaffirment leur fierté d’être francs-maçons et leur détermination à corriger les idées fausses propagées par l’article. Elles assurent que leurs portes restent ouvertes à tous.

L’interprétation de cette déclaration

1. Défense des valeurs et pratiques :

    – La déclaration défend fermement les valeurs et les pratiques de la franc-maçonnerie. Elle met en avant la transparence et l’ouverture en invitant les lecteurs à consulter les informations disponibles en ligne.

2. Réponse structurée et détail précis :

    – La réponse est bien structurée, abordant point par point les critiques soulevées par l’article de Patience Wheatcroft. Elle fournit des détails précis sur les contributions caritatives et la diversité des membres pour contrer les accusations d’opacité ou de discrimination.

Freemasons’ Hall, Great Queen Street, Londres, siège de l’UGLE

3. Promotion de l’inclusivité et de la diversité :

    – En soulignant la présence historique des loges féminines et la diversité des membres, la déclaration cherche à démontrer que la franc-maçonnerie est inclusive et accueillante pour tous les genres et origines.

Rappelons notre article du 8 février 2024 « Grande Loge Unie d’Angleterre, une femme Vénérable Maître ! » mais aussi celui du 24 mai 2023 « La Grande Loge Unie d’Angleterre participe à la #London Pride Parade 2023 ».

4. Appel à la recherche et à l’information :

    – La déclaration encourage les lecteurs à s’informer davantage via les sites web et les réseaux sociaux des organisations maçonniques, soulignant ainsi une volonté de transparence et de rectification des informations erronées.

Women freemasons, début XXe siècle

En conclusion, la déclaration de la GLUA, de l’OWF et de la Fraternité Honorable des Anciens Francs-Maçons est une réponse claire et détaillée aux critiques formulées dans l’article de Patience Wheatcroft. Elle vise à corriger les inexactitudes, à défendre les valeurs et les pratiques de la franc-maçonnerie, et à promouvoir une image de transparence, d’inclusivité et de diversité.

*Née le 28 septembre 1951, Patience Jane Wheatcroft, baronne Wheatcroft est une journaliste britannique et pair à vie. Elle est membre de la Chambre des lords depuis le 22 décembre 2010.

Elle est rédactrice en chef du Wall Street Journal Europe. Elle quitte ce poste en devenant pair. Elle est auparavant rédactrice en chef du journal The Sunday Telegraph. Elle démissionne de ce poste en septembre 2007 après dix-huit mois de travail et quitte temporairement le journalisme.

« La voie substituée » : dévoiler les dérives et rétablir la tradition maçonnique

Cet ouvrage vous invite à une plongée érudite dans l’histoire et les déviations de la franc-maçonnerie, où Jean Baylot appelle à un retour aux sources authentiques et spirituelles.

Et qui mieux que le sociologue Michel Maffesoli, connu et reconnu pour ses travaux sur le postmodernisme et les phénomènes de la vie quotidienne, Professeur émérite à la Sorbonne (Université Paris Descartes), ayant exploré des thèmes variés tels que l’imaginaire, les tribus modernes, et la sociologie de l’ombre et les concepts tels que la « néo-tribalité » et le « réenchantement du monde », pour le préfacer.

La Voie Substituée est un ouvrage historique et érudit qui explore la franc-maçonnerie et ses déviations au fil de l’histoire. Jean Baylot*, un dignitaire de la franc-maçonnerie traditionnelle, montre comment l’engagement profane de cette institution, au nom de l’humanisme, l’a éloignée de sa Règle originelle. Ce livre est une somme de références essentielles pour ceux qui s’intéressent à l’histoire maçonnique.

Michel Maffesoli

Michel Maffesoli introduit l’ouvrage en contextualisant l’importance de l’ouvrage dans l’étude des déviations de la franc-maçonnerie et en soulignant la pertinence du travail de Jean Baylot. Il décrit comment l’auteur s’intéresse à la « contamination politique » et à la « voie substituée » de la franc-maçonnerie. Michel Maffesoli met en avant l’érudition de Jean Baylot, qui, à travers une étude minutieuse des documents historiques, dévoile les mécanismes par lesquels la franc-maçonnerie a été influencée par des mouvements politiques et sociaux externes, tels que les Illuminati et le Carbonarisme.

L’introduction discute également de la façon dont certaines loges maçonniques ont dévié de leur mission initiale, en particulier à travers la perte de spiritualité et l’adoption de positions progressistes et rationalistes. Ces changements ont souvent conduit à des tensions internes et à des accusations de charlatanisme.

Michel Maffesoli conclut en soulignant l’importance de préserver le sacré au sein de la franc-maçonnerie, un thème central dans l’œuvre de Baylot.

Photo source FM mag

La réédition de La voie substituée est un événement significatif pour la communauté maçonnique. Ce livre fournit un témoignage vivant et une analyse approfondie des défis et des transformations de la franc-maçonnerie, offrant des perspectives précieuses pour les chercheurs et les praticiens de cette tradition séculaire.

Dans « La brève histoire de l’Ordre des Illuminés », Jean Baylot explore les origines et l’histoire des Illuminati, souvent associés aux théories de conspiration modernes. Baylot clarifie les faits historiques et démystifie certains mythes. Puis ses « Techniques de séduction et maléfices de la société secrète » examine les méthodes utilisées par les sociétés secrètes pour attirer et manipuler leurs membres, en particulier dans un contexte maçonnique.

L’auteur discute ensuite des Philadelphes, un groupe influent dans l’histoire maçonnique, et de leur impact sur les perceptions publiques et internes de la franc-maçonnerie et analyse aussi analyse les figures françaises préromantiques qui ont influencé la franc-maçonnerie non traditionnelle.

De Filippo Michele Buonarroti, qu’il qualifie de « premier révolutionnaire professionnel », il en détaille tous les aspects de sa vie ainsi que son rôle dans l’art royal – influences, pratiques et idéologies.

Dans la troisième partie « La percée », Jean Baylot explore les moments de vulnérabilité de la franc-maçonnerie face aux influences politiques et fait une comparaison entre la franc-maçonnerie et les thèmes de l’Énéide, mettant en lumière des parallèles symboliques. S’y ajoute une fine analyse de l’affaire Misraïm, un scandale important dans l’histoire de la franc-maçonnerie. Avec « L’envahissement », quatrième partie, Jean Baylot examine la transition de la franc-maçonnerie des rituels sacrés à l’engagement public et politique et dans son chapitre « Un test de la Grande Loge nationale de France » [sic] – page 333 –, discute d’un événement crucial pour la Grande Loge nationale de France et ses implications pour la franc-maçonnerie.

Enfin, cinquième et dernière partie, dans « La capture », il porte un regard sur l’échec d’une tentative d’influence royale sur la franc-maçonnerie puis détaille les cas de deux hauts militaires et leur relation tumultueuse avec la franc-maçonnerie. De nombreux chapitres tels que  « La montée de l’antiathéisme » (évolution de l’opposition à l’athéisme au sein de la franc-maçonnerie est examinée) ; « L’influence des proscrits d’Angleterre » (impact des exilés anglais sur la franc-maçonnerie française) ; « Les exemples étrangers ou la fiction de la « maçonnerie latine » (comparaison entre les influences étrangères et la perception d’une franc-maçonnerie spécifiquement latine) ; « Portraits de conquérants » (portraits de figures historiques influentes dans la franc-maçonnerie) ; « L’affaire de la Commune » (analyse de l’impact de la Commune de Paris sur la franc-maçonnerie), etc., enrichissent la position de l’auteur.

La conclusion offre une synthèse des découvertes et réflexions finales de Jean Baylot.

Elle est suivie d’une bibliographie et d’un index des noms cités, facilitant la recherche de noms et de sujets spécifiques dans le livre.

Cet ouvrage est un outil précieux pour comprendre les transformations et les défis historiques de la franc-maçonnerie, offrant une perspective critique et érudite sur ses déviations et évolutions.

*La biographie de Jean Baylot

Né à Pau, Jean Baylot (1897-1976) effectua sa scolarité au Collège de l’Immaculée Conception. Diplômé de l’École Supérieure du Bois de Paris, il participa à la Première Guerre mondiale en tant que volontaire de 1917 à l’armistice de 1918. Employé des Postes à Bordeaux puis à Paris, il gravit les échelons jusqu’au poste de chef de division. Syndicaliste actif, il devint secrétaire général de la Fédération postale CGT en 1923.

En 1921, il rejoignit le Grand Orient de France et reçut la lumière au sein de la loge « Fraternité des Peuples », gravissant ensuite rapidement les degrés maçonniques. Affilié à la loge « Les Amis de l’Humanité » en 1929, il y occupa des positions influentes et invita des figures politiques notables telles que Maurice Thorez.

Tablier Jean Baylot
Tablier Jean Baylot

Durant la Seconde Guerre mondiale, Jean Baylot s’engagea dans la Résistance, rejoignant ensuite l’administration préfectorale à la Libération. Il fut préfet de plusieurs départements – Basses-Pyrénées (1944-1945), Haute-Garonne et Bouches-du-Rhône – avant de devenir préfet de Police de Paris (1951-1955).

Élu au Conseil de l’Ordre du GODF en 1938, il y siégea également dans les années 1950, occupant le poste de grand maître adjoint. Sa quête spirituelle le conduisit à fonder des loges dédiées au Rite Écossais Rectifié, notamment « Rectitude » à l’orient de Marseille en 1948 et « L’Europe Unie » à l’orient de Paris en 1953, accueillant les frères persécutés d’Europe de l’Est.

Dénonçant le noyautage communiste au sein du GODF, il se rallia au général de Gaulle et fut élu député du XVe arrondissement de Paris, de 1958 à 1962. Toutefois, ses positions politiques lui valurent des votes de défiance et il rejoignit la Grande Loge Nationale Française en 1959.

Jean Baylot continua à jouer un rôle majeur dans la franc-maçonnerie, fondant des ateliers et occupant des postes de haute responsabilité jusqu’à sa retraite. Sa passion pour la maçonnerie et son engagement inlassable en ont fait une figure emblématique de la tradition maçonnique en France. Il est aussi le fondateur de la loge nationale de recherche de la Grande Loge Nationale Française – appelé depuis peu aussi « loge du grand maître » – qui a a été consacré le jeudi 29 octobre 1964, sous le titre distinctif du célèbre architecte gothique du XIIIe siècle, Villard de Honnecourt et portant, à la matricule, le n° 81.

Document originel de consécration

Dans le cadre du soixantième anniversaire de sa fondation, la Loge nationale de recherche « Villard de Honnecourt » est heureuse de vous inviter à participer à six journées (5 nuits) merveilleuses de découverte de la ville d’Istanbul (Turquie) en compagnie du grand maître, du 31 octobre au 5 novembre 2024.

Jean Baylot reçut pour La voie substituée, le Prix de l’Académie Albéric Rocheron en 1969.

Un prix annuel, créé en 1942, décerné « à l’ouvrage d’histoire, d’étude ou de critique littéraire qui aura le mieux fait ressortir les rapports existant entre la littérature d’une époque et le caractère de son temps ».

/!\ Disponible à compter du 13 juin prochain chez DETRAD.

La voie substituée

Jean Baylot – Préface Michel MaffesoliÉditions Dervy, 2024, 608 pages, 24,90 €

Document originel de consécration
Document originel de consécration

23/06/24 : La Grande Loge Mixte de Suisse fête ses 25 ans

C’est par la voix du grand collège et de son grand maître, notre très chère sœur Mariette Bauduccio que nous apprenons que la Grande Loge Mixte de Suisse (GLMS) fêtera ses 25 ans cette année. Une cérémonie organisée par leur loge « Dendérah ».

Pour mémoire, Dendérah est une ville située en Égypte, célèbre pour son vaste complexe de temples datant de l’époque gréco-romaine. Le site archéologique de Dendérah est principalement connu pour le temple de la déesse Hathor, l’une des divinités les plus importantes de la mythologie égyptienne, associée à la musique, la danse, l’amour, la maternité et la joie. Un temple sur lequel 450.fm reviendra le 5 juillet prochain dans sa rubrique « Lieu symbolique ».

Leur convent, qui était uniquement administratif, quant à lui, s’est déroulé le 24 mars dernier. Nos amis(ies) suisses auront le plaisir d’accueillir les frères et les sœurs d’autres obédiences lors de leur Saint-Jean d’été qui réunit toute leurs loges. À cette occasion, ils auront le bonheur d’entendre René Lachaud, historien fréquentant amoureusement l’Égypte depuis plus de trente ans pour tenter une autre approche de la profondeur de cette patrie de l’hermétisme,  qui les entretiendra de

« Le rite pour explorer l’invisible qui est en cours – Tradition et transmission ».

C’est avec une immense joie que la GLMS recevra toutes les obédiences amies, afin de partager ces instants lumineux.

Alors, bon & joyeux anniversaire !

Retour sur l’historique de la fondation de la GLMS

Guidées par un désir d’indépendance et de liberté, trois Loges, déterminées à préserver et transmettre l’esprit de la quête initiatique, décidèrent de créer une nouvelle obédience maçonnique mixte en janvier 1999. Ce projet ambitieux comportait néanmoins des risques.

Plusieurs maîtres maçons enthousiastes se mirent au travail dans les locaux gracieusement mis à disposition par le frère Florian Schmidt. En quelques mois, une Déclaration de principes garantissant l’indépendance de chaque loge fut rédigée, suivie d’une ébauche de Règlements Généraux.

Grâce à cet élan et à une fraternité exceptionnelle, d’autres ateliers furent rapidement attirés par cette initiative. Ainsi, grâce au travail infatigable et à la disponibilité de quelques Frères et Sœurs dévoués, une nouvelle obédience composée de six loges vit le jour : la « Grande Loge Mixte de Suisse ».

L’assemblée constituante de tous les maîtres maçons, convoquée en mai de la même année, adopta la Déclaration de principes, approuva la première version des Règlements Généraux et élut un grand collège qui choisit le frère Florian Schmidt comme président.

Après cinq mois de travail intense, la première Saint-Jean d’été de la GLMS eut lieu à Neuchâtel. Cette cérémonie a laissé un souvenir mémorable de liberté enthousiaste et d’une profonde conscience de la justesse initiatique dans le cœur de tous les frères et sœurs présents.

Depuis lors, la GLMS a accueilli de nouvelles loges séduites par la rigueur de ses principes et l’authenticité de ses valeurs. Aujourd’hui, l’obédience rassemble sept loges réparties ainsi : cinq loges francophones en Suisse romande, une loge germanophone à Zurich et une loge italophone au Tessin.

Les principes fondamentaux de la GLMS sont :

– un maçon libre dans une loge libre ;

– une séparation nette entre les loges bleues et les ateliers des hauts grades ;

– une distinction claire entre le travail initiatique et les tâches administratives.

Particularités du fonctionnement de la GLMS

L’exécutif est complètement séparé du législatif. Le grand collège, organe exécutif, ne dirige pas les travaux du Convent, organe législatif. Les travaux du Convent sont conduits par un bureau du Convent, élu chaque année parmi les délégués des Loges.

Le grand collège n’est pas habilité à ouvrir des travaux symboliques.

Le président du grand collège ne devient « grand maître » que lorsqu’il représente la GLMS à l’extérieur.

L’obédience est une structure garantissant l’aspect administratif et la régularité des travaux maçonniques.

La GLMS est une fédération de loges : chaque Loge est souveraine dans la conduite de ses travaux.

Les fondateurs de la GLMS ont clairement exprimé la ferme volonté de l’obédience d’approfondir la quête initiatique. Toute activité sociale ou politique est laissée à l’initiative des loges. Certaines prévoient de ne jamais prendre position dans le monde profane, d’autres par contre sont présentes dans les activités sociales de la communauté dans laquelle elles évoluent.

Nous notons que cette grande loge, le 28 juin 2016, à l’orient de Berne, lors de leur tenue solennelle du Solstice d’été a signé un traité d’amitié avec la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU).

Pour tout renseignement sur cette belle journée anniversaire, vous pouvez consulter le site de la GLMS.