La Franc-Maçonnerie est un système qui permet de créer un changement dans la conscience humaine. C’est un art magique et la magie qu’elle pratique accélère l’évolution de ses initiés, une œuvre des plus efficaces pour l’élévation de toute l’humanité.
Que signifie évoluer ? Un dictionnaire définit ce mot comme signifiant « changer graduellement, en particulier d’une forme simple à une forme plus complexe », alors que l’étymologie du mot nous montre que le terme a ses origines dans le mot latin qui signifie « s’étendre, se déployer et s’ouvrir ». Ces deux définitions, bien qu’exactes en elles-mêmes, ne saisissent pas la signification complète du terme, en particulier du point de vue maçonnique.
Il manque, je crois, un élément défini dans la franc-maçonnerie qui éclaire le véritable sens de l’évolution en ce qui concerne les êtres humains, à savoir que l’évolution de toute vie est menée conformément à un Plan Divin, un plan conçu avec une grande intelligence et une grande prévoyance qui est exécuté sur de nombreux plans d’espace et de temps. C’est ce composant manquant que la franc-maçonnerie identifie et sur lequel nous éduque afin que nous puissions évoluer plus efficacement et ainsi contribuer à l’évolution de toute vie.
Si nous partons du principe hermétique selon lequel « Tout est Esprit » – que toutes les formes, essences et idéaux sont la création d’un grand Esprit Universel – il s’ensuit alors que cet Esprit crée, dissout et fait évoluer les formes du monde matériel et les essences et entités immatérielles qui l’habitent selon la Pensée. Si tout est Esprit et que l’Esprit est gouverné, ordonné et exprimé par la Pensée, alors nous devons accepter que cette Pensée ou ces Pensées forment un Plan et que ce Plan est ce dans quoi nous nous trouvons en train d’opérer dans nos incarnations matérielles et immatérielles.
La Franc-Maçonnerie reconnaît ce plan comme « la Volonté Divine en évolution ». On nous dit aussi que la Franc-Maçonnerie est un système qui « accélère l’évolution de ses initiés ». Mais comment cela peut-il être fait ? La compréhension conventionnelle de l’évolution est que les circonstances de l’environnement et de la génétique produisent chez les êtres vivants des mutations génétiques, des altérations des caractéristiques physiques qui améliorent les chances de survie d’une forme de vie.
Par le processus de sélection, si ces mutations sont utiles à la survie de l’organisme, il a plus de chances de se reproduire et de propager cette mutation à travers la génétique de son espèce. C’est ainsi que nous avons des lapins aux oreilles exceptionnellement grandes, des chevaux aux pattes puissantes et des êtres humains avec leur cerveau anormalement grand. La Franc-Maçonnerie reconnaît et utilise ce même système d’évolution mais applique la méthode à la conscience plutôt qu’à la forme physique.
Les changements de conscience que la Franc-Maçonnerie cherche à créer peuvent être comparés à des mutations.
Les moments de peur, d’exaltation et de drame intense qui sont créés par le rituel maçonnique servent d’incitations à changer notre conscience. Ils sont la condensation d’expériences vécues par des individus au cours de nombreuses vies et à de nombreuses époques différentes, rassemblées et distillées pour le bénéfice de l’individu qui peut prendre 50 ou 60 ans pour vivre ces moments dans une vie naturelle, s’il les vit même du tout.
Heureusement, la Franc-Maçonnerie ne nous laisse pas nous expliquer ces moments par nous-mêmes, mais nous offre plutôt l’aide d’une communauté d’individus partageant les mêmes idées qui ont partagé ces expériences puissantes tout en dévoilant une vaste richesse de symboles que nous pouvons utiliser pour contextualiser notre expérience. De nouveaux modèles de conscience, des mutations si vous voulez, nous sont fournis pour que nous les imitions. En imitant les actes héroïques de ces « méta-humains », nous accélérons notre évolution en assimilant les expériences de vie des meilleurs de nos ancêtres, en activant des mémoires génétiques qui seraient autrement restées en sommeil.
La Franc-Maçonnerie bénéficie du fait d’être le récipiendaire et le gardien des résultats de milliers d’années d’observation ininterrompue du comportement humain et, ce faisant, elle a pu sélectionner, isoler et dramatiser les moments clés qui incitent un individu à évoluer et à changer. Ce qui est unique en Franc-Maçonnerie, c’est qu’aucun dogme n’est fourni à ces moments de changement. L’importance de cela ne peut être suffisamment soulignée, car c’est la raison pour laquelle la Franc-Maçonnerie excelle au-dessus de tous les autres systèmes d’évolution humaine.
En ne contextualisant pas le moment crucial dans un dogme humain, la Franc-Maçonnerie invite au contraire le Plan Divin à travailler de lui-même, sans être entravé par des explications humaines. En permettant à ses initiés de tirer leurs propres conclusions, la Franc-Maçonnerie crée une opportunité pour le Plan Divin de fonctionner qui n’aurait peut-être pas existé autrement sans l’aide du drame rituel pour modifier suffisamment la conscience de l’initié pour qu’il soit réceptif à la révélation d’un nouvel état de conscience.
La Franc-Maçonnerie elle-même ne contient ni ne fournit directement un certain état de conscience dans aucun de ses rituels. Au lieu de cela, à partir des connaissances qu’elle a acquises au cours des nombreux millénaires d’observation humaine qu’elle a menés, elle a maîtrisé la création des conditions nécessaires à la production de certaines mutations spécifiques de la conscience. Cependant, le changement réel de conscience est laissé à l’interaction de l’esprit du néophyte avec l’inspiration divine produite dans ces moments de grand drame.
Comme nous avons commencé par une prémisse hermétique, il est tout à fait approprié que nous terminions cet examen par la considération d’un autre principe hermétique, celui de la loi de correspondance – qui stipule que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est à l’intérieur est comme ce qui est à l’extérieur. Si l’évolution, dans la forme physique ou dans le domaine de la conscience, est effectivement menée conformément à un Plan Divin et que le Divin existe dans un domaine au-delà du physique, alors les formes évoluées que nous habiterons et posséderons un jour existent également dans le domaine immatériel.
C’est donc la Maçonnerie, avec ses rituels, son symbolisme et son Grand Œuvre millénaire, qui sert de lien entre le Haut et le Bas. C’est la Franc-Maçonnerie qui est le pont hermétique entre le présent, le passé et la destinée de l’Humanité.
Texte de Pierre Pelle Le Croisa – Illustrations de François Morel.
LE ROI DU BANQUET.
La tradition se perd ? N’en faisons pas une affaire ! Il reste l’essentiel : les hommes glorifient le divin, le dive-vin, le dies vini, la « lumière du vin ». Et la lumière du vin, c’est moi !
Je suis Dionysos pour les Grecs, Bacchus pour les Romains, le dieu du vin ! Certes, ils ont remplacé les vieilles outres par de bonnes bouteilles ; mais, comme dit ma fille Méthé : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on l’ait, l’Ivresse ! »
Celui qu’ils appellent « Vénérable » prend la parole : « En souvenir des libations des Anciens[1], portons des santés. Grand feu ! Buvons ! »
Il parle des Anciens ? Commémorent-ils ma fête ? Orgies ou Bacchanales ? Je ne saurais le dire ! Tout est chamboulé : voilà qu’à présent, ils boivent avant de manger ! L’ordonnance du banquet voudrait qu’ils s’adonnent au vin après avoir achevé le dernier plat. Oints et couronnés de fleurs, ils porteraient des santés en se nourrissant de gâteaux salés.
Mais qu’attend le Symposiarque[2], le roi du banquet – leur Vénérable – pour les inviter à se restaurer ?
Il faut que je m’en mêle et que je remette un peu d’ordre dans ces agapes qui partent à vin-l’eau !
LE VERRE D’EAU.
Ma toge jetée sur l’épaule, ma couronne remise d’aplomb et le thyrse à la main, je m’approche du chef de beuverie.
Il me voit venir à lui :
Qui c’est cet hurluberlu ? Il sort d’un carnaval ?
Non, je m’invite au vôtre ! Ave, pauvre mortel ! Dis-moi, quel dieu fête-t-on ici ?
Comment il est attifé, le type ! Regardez, il s’est enroulé dans la nappe ! déclare l’homme placé à la gauche du Vénérable.
Je comprends vaguement qu’il parle de ma toge, en pur lin tissé – le dernier cri dans l’Olympe ! Certes, elle est un peu froissée après avoir été portée deux mille ans…
Je m’en défends : « Sous un méchant manteau se cache souvent un bon buveur » ripostais-je, conciliant, espérant qu’il comprenne l’allusion à mon gosier sec.
Mais le Vénérable interprète mal mes propos, car il me tend un verre d’eau : « Tenez, voilà de la poudre faible[3] ! »
L’EAU ET LE VIN.
De la poudre ? Il se moque de moi : c’est de l’eau ! Je me récrie :
Bacchus ne boit pas d’eau ! Elle est mauvaise pour la santé. Elle est la cause des déluges qui ont fait disparaître l’humanité – vous devriez vous méfier, pauvres mortels ! Tandis que le vin ne noie que celui qui en boit.
Je suis désolé. Mais l’eau est tout aussi bonne pour la santé, me réplique le drôle dans un clin d’œil.
Si c’était vrai, pourquoi le fils du dieu qui nous a chassés – un certain Jésus, je crois – a-t-il transformé l’eau en vin, et non pas l’inverse ? C’est bien la preuve que le vin est plus important que l’eau ! Il rend gai, elle attriste. Il fait chanter, elle fait pleurer. Il fait prospérer, elle fait mourir. Je n’ai plus rien à dire, c’est à vous maintenant d’agir ! concluais-je en lui rendant ma coupe.
Mais le Vénérable Symposiarquene m’écoute pas. Je dirais même qu’il m’ignore carrément. Il s’est tourné vers son voisin de droite. Je l’entends qui lui glisse à l’oreille : « C’est un fou ! Il est peut-être dangereux. Ne prenons pas de risque : préviens les flics, Pierre-Paul ! »
« Les flics » ? J’ai dû mal comprendre ! Je pense qu’il a voulu dire : « la clique ». Il attend d’autres invités…
Le voisin à droite du Symposiarque approuve de la tête : « Tu as raison, Vénérable Maître. Je ne suis pas sûr que nous soyons tout à fait en sécurité pour nous livrer à nos travaux ! J’appelle la police. »
Il s’éloigne et colle une petite une boîte à son oreille. Il lui parle ! Et la boîte lui répond ! Je ne comprends pas ce qu’ils se disent, mais la conversation semble animée.
C’est fait.
Merci. On n’a plus qu’à attendre.
[1]« En souvenir des libations des Anciens… » : Cette phrase est tirée du « Rituel des travaux de table du solstice d’hiver » du « Rite Écossais Ancien et Accepté ».
[2]Symposiarque : C’est le président d’un symposion ou banquet, dans l’Antiquité grecque.
Il s’agit désormais du concours de musique le plus prestigieux d’Irlande, avec des prix en espèces totalisant plus de 20 000 €, ainsi que des performances en solo pour le gagnant.
Nous sommes ravis d’annoncer que le concours du Jeune Musicien de l’Année des Francs-Maçons Irlandais aura lieu en octobre 2024. Reconnu au niveau international, le prestigieux concours du JEUNE MUSICIEN DE L’ANNÉE des Francs-Maçons Irlandais est l’une des dates les plus importantes dans le calendrier des jeunes musiciens qui seront l’avenir de la musique classique en Irlande et dans le monde.
Le concours de cette année se déroulera devant un jury international, présidé par Seamus Crimmins, comme suit : • Les demi-finales – jeudi 10 octobre 2024 @ Freemasons’ Hall, 17 Molesworth Street, Dublin 2 à 13h00 et 19h00 • Les finales – samedi 12 octobre 2024 @ Freemasons’ Hall, 17 Molesworth Street, Dublin 2 à 19h00
Le concours du jeune musicien de l’année des francs-maçons irlandais est désormais le concours de musique le plus prestigieux d’Irlande. Les prix, qui ont considérablement augmenté, décernés par la Grande Loge des francs-maçons d’Irlande sont les suivants : • 1er prix : 8 000 € • 2e prix : 5 000 € • 3e prix : 3 000 € • 4e prix : 2 000 €
Il y a deux prix supplémentaires en plus : • Le « Prix commémoratif John Vallery » – 1 000 € (sponsorisé par Mary Beattie en mémoire de son mari, l’altiste John Vallery). Ce prix de 1 000 € sera décerné au concurrent (en demi-finale ou en finale) qui, de l’avis du jury, aura donné la meilleure performance d’instrumentiste à cordes lors du concours 2024. • Le « Prix commémoratif Conrad O’Sullivan » – 1 000 € (sponsorisé par Mme Geraldine O’Sullivan en mémoire de son défunt fils, Conrad). Ce prix est également de 1 000 € et sera décerné au concurrent (en demi-finale ou en finale) qui, de l’avis du jury, aura donné la meilleure performance d’instrumentiste à vent ou à cuivre lors du concours 2024. Les avantages suivants seront également offerts au lauréat du concours du jeune musicien de l’année 2024 des Francs-maçons irlandais : • Un récital en solo au National Concert Hall en 2025 • La soumission de l’enregistrement (à la discrétion de RTE LYRIC FM) de la prestation du lauréat au Concours des nouveaux talents de l’Union européenne de radio-télévision, en tant qu’inscription de RTE Lyric FM pour 2025. • Un récital en solo au « Music in Monkstown Festival » en 2025 Le prestige de remporter ce concours ouvre de nombreuses portes à ces jeunes musiciens, depuis des engagements de haut niveau jusqu’à des concerts, des enseignements à l’échelle internationale et des postes dans des orchestres professionnels du monde entier. Ce concours est reconnu au niveau international.
Il est important pour les francs-maçons irlandais, dans le cadre de leur action communautaire, de reconnaître l’association de longue date que la franc-maçonnerie entretient avec la musique. La musique a toujours joué un rôle important dans la vie maçonnique. De nombreux interprètes et compositeurs ont été membres de la franc-maçonnerie, notamment Haydn et même John Walter Bratton (qui a écrit la musique de The Teddy Bear’s Picnic !). Beaucoup de gens savent que Mozart était franc-maçon. Mozart a écrit de nombreuses pièces musicales destinées aux loges maçonniques.
Les membres du jury international du concours 2024 sont : Seamus Crimmins (président), Darren Hargan (Suisse), Gail Henry (Irlande), Paul Hughes (Royaume-Uni), Garth Knox (Irlande et Écosse) et Isabelle O’Connell (Irlande).
Dix-sept concurrents se produiront lors des demi-finales et quatre d’entre eux seront ensuite sélectionnés par le jury pour accéder à la finale. Les demi-finales du 10 octobre et la finale du samedi 12 octobre 2024 sont ouvertes au public. Les billets sont en vente au Freemasons Hall, 17 Molesworth Street, Dublin 2. La finale se vend très rapidement.
Les mécènes du concours sont : Dearbhla Collins, Eamonn Lawlor, John Keeley et John Rowden. Les biographies complètes des mécènes sont disponibles sur le site Web du concours : www.freemasonmusic.ie
Les demi-finalistes du concours du jeune musicien de l’année 2024 des francs-maçons irlandais sont sélectionnés par les écoles de musique elles-mêmes parmi la crème de leurs étudiants. Les concurrents doivent être des étudiants à temps plein pour l’année universitaire 2023-2024, poursuivant un diplôme en interprétation musicale au niveau du premier cycle, du deuxième cycle ou du doctorat, ou un diplôme de troisième cycle en interprétation musicale dans les institutions musicales suivantes en Irlande qui proposent des diplômes d’interprétation : • Royal Irish Academy of Music, Dublin • TU Dublin Conservatoire • MTU Cork School of Music, Cork • Irish World Academy of Music and Dance, University of Limerick • Queen’s University Belfast
La musique a toujours joué un rôle important dans la vie maçonnique. Voici une liste intéressante de musiciens maçonniques :
Classique : Leopold Mozart, Wolfgang Amadeus Mozart, Josef Haydn, Emile Schikenader (librettiste de La Flûte enchantée), Jan Sibelius, Thomas Arne, Johnann Christian Bach (fils de JS Bach), Michael Balfe, Luigi Cherubini, Charles Francis Gounod, Franz Liszt, Felix Mendelssohn, Giacomo Meyerbeer, Claude Joseph Rouget de Lisle (‘La Marseillaise’), Sigmund Romberg, Sir Arthur Sullivan, Samuel Wesley. Populaire : John Philip Sousa, Louis Armstrong, William ‘Count’ Basie, Irving Berlin, George M Cohan, Nat ‘King’ Cole, Duke Ellington, George Gershwin, Al Jolson, Paul Whiteman Et enfin, John Walter Bratton (qui a écrit la musique de The Teddy Bear’s Picnic !)
La Grande Loge Futura vient de publier un ouvrage novateur intitulé « Le Tuileur », marquant une étape importante dans l’évolution de la franc-maçonnerie moderne. Ce livre de 104 pages en quadrichromie répond aux questions essentielles que se posent les Apprentis, Compagnons et Maîtres sur les trois premiers degrés maçonniques.
Rédigé par R-C Huglosa, initiateur du Rite Futura, avec la collaboration de deux francs-maçons chevronnés, ce Tuileur actualisé s’inscrit dans la lignée des ouvrages traditionnels tout en modernisant l’approche de l’expérience maçonnique. Il prend en compte l’évolution des rituels et offre une perspective renouvelée sur les fondamentaux immuables de la franc-maçonnerie.
Le Rite Futura, décrit comme un rite « dépoussiéré », vise à apporter des réponses enrichissantes tant sur le plan intellectuel que spirituel. Cette approche novatrice reflète la volonté de la Grande Loge Futura d’adapter la franc-maçonnerie aux enjeux du XXIe siècle, tout en restant fidèle à ses principes fondateurs.
L’ouvrage se distingue par sa structure en questions-réponses, accompagnée de plans, tapis de loges et symboles, offrant ainsi une ressource complète pour approfondir la connaissance des trois premiers degrés maçonniques. Cette approche pédagogique et accessible témoigne de l’engagement de la Grande Loge Futura à rendre la franc-maçonnerie plus ouverte et compréhensible.
La publication de ce Tuileur s’inscrit dans une démarche plus large de renouveau maçonnique, incarnée par la Grande Loge Futura. Cette obédience, créée il y a un an, se caractérise par son esprit d’ouverture et son enseignement innovant, attirant des membres issus de diverses obédiences françaises.
En conclusion, « Le Tuileur » de la Grande Loge Futura représente bien plus qu’un simple guide : il symbolise une vision moderne et dynamique de la franc-maçonnerie, prête à relever les défis de notre époque tout en préservant ses valeurs fondamentales.
La première partie d’une conférence transcrite de Manly P. Hall, Purpose in Life examine la nature de la destinée humaine, les conditions de la croissance humaine et le potentiel de notre évolution. La Franc-maçonnerie enseigne la même connaissance par le biais d’un système symbolique. Cette explication détaillée peut nous éclairer.
Je crois, après une longue carrière d’observation et de réflexion, qu’il existe une raison précise derrière la vie de chaque être humain. Il y a un but particulier. La nature ne produit pas de choses superflues. La nature n’a pas façonné certaines personnes pour réussir et d’autres pour échouer. La nature n’a jamais été extravagante avec la vie. Chaque être vivant qui remplit une fonction dans un plan, et ce plan dans l’être humain a été individualisé. Chaque personne est là pour un but. Maintenant, pourquoi tant de gens ne sont-ils pas conscients de ce but ?
Je pense que la réponse réside dans le fait que l’individu moyen est perturbé par des pressions artificielles. Il vient dans cette vie peut-être au plus haut degré de son intelligence. En tant que nouveau-né, il est probablement plus sage qu’il ne le sera jamais dans sa vie. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles tant de gens viennent au monde en pleurant. Mais nous réalisons également que de nombreux enfants connaissent des morts étranges et mystérieuses, même dans leur petite enfance. Leurs petits visages semblent témoigner de quelque chose de plus que l’évidence. Quelle que soit la façon dont l’enfant naît, il est considéré comme un morceau de mastic, tout le monde veut y mettre les doigts. Tout le monde veut aider cet enfant à réussir et avant d’y parvenir, ils le forceront certainement à devenir un échec. Ils essaient de supposer que ce monde matériel dans lequel nous vivons depuis quelques années est l’endroit le plus important de l’univers et que pour y parvenir, il faut réussir un peu.
Le processus d’adaptation de la personnalité aux modèles traditionnels se referme sur le petit enfant. On lui dit ce qu’il doit croire et comment le croire. S’il est issu d’une famille religieuse, on lui dit qui adorer et quelle église lui convient. Lorsqu’il entre à l’école, il entre en contact avec une masse de personnes conditionnées. Des enfants comme lui qui ont été plus ou moins détruits avant même d’atteindre l’école primaire, détruits dans le sens où la pression intérieure d’une réalité derrière eux est continuellement bloquée. Après un certain temps, cette personne en croissance commence à supposer que l’adaptation au monde dans lequel elle vit, l’adaptation au sens d’acceptation, est de la plus haute importance. Elle est exposée à toutes sortes de conditionnements, entre autres, on lui apprend qu’elle doit graduellement acquérir une éducation qui lui permettra de gagner sa vie. Elle est impressionnée par la psychose du succès. S’il manque d’ambitions agressives, on l’assimile si possible. Et s’il ne peut pas l’être, on suppose qu’il finira comme un citoyen de seconde classe. L’individu n’est jamais vraiment encouragé à utiliser ses propres ressources.
Mais derrière cette pression constante exercée sur lui, il y a quelque chose d’autre, que l’on pourrait peut-être décrire comme la volonté de vie. La réalité éternelle qui est bien plus profonde et plus importante que tous les niveaux et structures superficiels qui sont construits sur lui. La seule façon d’aborder vraiment cela est de réaliser que lorsque nous aurons reçu le conditionnement complet de notre société et que nous aurons atteint la maturité physique, nous pourrons peut-être nous arrêter un instant et en apprendre un peu plus sur nous-mêmes. Cependant, en général, ce moment d’arrêt n’arrive que lorsque des revers physiques ou émotionnels détruisent la structure du soi-disant plan physique, matériel et industriel de la vie – presque toujours une crise, une grande déception, un chagrin, une maladie désespérée. Ce sont le genre de pressions qui ont peut-être été placées ici pour nous rappeler que nous avons une existence individuelle et que cette existence doit être exprimée, sinon la vie que nous vivons restera incomplète. Rares sont ceux d’entre nous qui parviennent à traverser ce monde sans éprouver de chagrin, sans connaître de revers, de désillusions, voire de désespoirs, et cela prouve dans la plupart des cas que nous ne remplissons pas le but pour lequel nous avons été créés. Le matérialiste ne croit pas à l’existence, c’est pourquoi il contribue constamment à une existence sans but. Son seul moyen de s’en sortir est de progresser matériellement. L’individu devient banquier, puis peut-être un autre individu devient professeur d’université, et grâce à ces réalisations, il en vient à considérer sa vie comme accomplie. Pourtant, en réalité, il a traversé 50, 60, 70 ans d’existence physique et n’a pratiquement rien appris. Il n’a même pas appris à diriger ses énergies vers l’accomplissement d’un processus universel bien plus vaste que toute ambition matérielle ne peut l’être.
Comment allons-nous aborder cette question ? Peut-être qu’une façon de procéder consiste à nous étudier nous-mêmes, à tout âge, dès que l’impulsion nous vient à l’esprit. Au milieu de toutes les choses que nous faisons parce qu’elles nous semblent raisonnables ou inévitables, nous pouvons parfois nous demander : que voudrais-je vraiment faire ? Si j’avais la possibilité de faire un choix totalement libre, dans quelle direction mes instincts naturels me pousseraient-ils ? Il se peut qu’un avocat à succès ait toujours voulu être capitaine de navire. Un autre a toujours voulu être poète, mais n’a jamais pu faire grand-chose d’autre que signer des chèques. Que serait cette personne si elle était capable d’accomplir les parties les plus profondes de sa vie ? Que lui recommanderait la petite voix intérieure si la pression des influences extérieures n’était pas là ? Je pense que chaque être vivant, du règne minéral jusqu’à nos jours, possède une sorte de vie intérieure intuitive et que cette vie intérieure intuitive pousse cet être vivant, quel qu’il soit, à accomplir le but pour lequel il a été créé. Supposer que le destin universel s’accomplit par le fait qu’une personne devienne un dirigeant politique, un économiste de premier plan ou un conseiller de quelque chose, ne peut pas être considéré comme important pour la Nature.
La nature, qui est le niveleur de toutes choses, qui gouverne tous les processus que nous connaissons, ne se préoccupe pas vraiment de savoir si nous avons une piscine ou non. La nature a son propre travail et elle œuvre à travers les êtres vivants pour réaliser le bien commun. Et chacun de nous est d’une certaine manière un instrument de ce plan. Il est très important pour chacun de nous d’essayer de comprendre le but naturel de l’humanité. Pourquoi l’être humain a-t-il été créé ? Pourquoi le souffle de vie lui a-t-il été insufflé ? Pourquoi lui a-t-on donné un corps tel qu’il est ? Quel était le but de la nature en le plaçant dans un environnement tel qu’il est ? Ces questions sont négligées et ignorées parce qu’elles vont à l’encontre des politiques de conduite approuvées. Pourtant, nous ne pouvons pas supposer que la nature a été contrariée par la chute de l’Empire romain ou que le plan divin a été renversé par Adolf Hitler, Alexandre le Grand ou Gengis Khan. Ce sont des épisodes, des incidents sur la surface extérieure de l’existence humaine. Ils témoignent de l’ignorance, des fausses ambitions, de l’arrogance et de la tyrannie qui ne nous sont pas naturellement données par la Déité. L’idée que nous sommes un composé de bien et de mal, qui pour la plupart, la faiblesse prédomine, n’est pas solide quand on la considère en termes de nature. La nature nous a créés d’une manière extraordinaire, elle a créé un être que même les plus grands scientifiques ne peuvent pas encore évaluer. L’homme est plein de merveilles. La nature a conspiré pour produire un miracle et l’appeler l’humanité.
La question est maintenant de savoir ce que ce miracle va produire. Qu’est-ce qui va justifier les millions d’années d’évolution physique qui se cachent derrière l’homme ? Qu’est-ce qui va justifier le développement constant des facultés et des pouvoirs ? La plupart d’entre eux ont été pervertis. Ils ont été dégradés en instruments de profit. Mais derrière l’individu se trouve une créativité supérieure à l’usage qui a été fait de l’instinct créateur. Derrière l’individu se trouve une ressource infiniment plus grande que tout ce qu’il a jamais utilisé. Pourquoi ne l’utilise-t-il pas ? Eh bien, la plupart des gens ne se rendent même pas compte qu’elle existe. Ils ont vécu à la surface d’eux-mêmes depuis le début et s’attendent à y finir. Et après avoir reçu ce magnifique tissu, ils quittent ce monde avec très peu de choses qu’ils aient contribué à l’avancement de quoi que ce soit. Comment l’homme obtient-il alors cet incroyable potentiel ? La réponse semble n’être qu’une seule solution possible : la réincarnation.
L’individu n’est pas ici pour la première ou la dernière fois, il est ici comme partie d’une chaîne d’incarnations et le but de cette chaîne d’incarnations est l’enrichissement de la lumière intérieure de l’individu. Il a grandi au cours de milliers d’années, de millions d’années peut-être, d’ajustement ou de quasi-ajustement à l’environnement. Il s’est progressivement rapproché de la capacité d’utiliser plutôt que d’abuser des circonstances qui existent autour de lui. Maintenant, au cours de ce long processus de renaissances, l’individu a progressivement mûri en une entité personnelle, une individualité. Cette individualité est basée sur la sagesse accumulée, l’expérience accumulée et, pour une grande majorité, aussi sur la sagesse accumulée qui lui est parvenue. Cette accumulation a abouti à une grande généralisation de capacités que nous négligeons. Il a développé des talents, des capacités qui se sont progressivement rassemblées pour lui donner une sorte de génie. Ce génie, pour les Grecs, n’était pas une qualité mais un être, le génie en nous. Ce génie est un enregistrement composite, subconscient et subjectif de la totalité de notre expérience. Il ne s’agit pas nécessairement d’une continuité, car dans de nombreux cas, la vie de l’individu est violemment modifiée, mais il s’agit toujours d’un témoignage d’une relation entre l’individu et son environnement.
Cela a commencé peut-être à l’âge de pierre ou avant, mais l’individu a toujours dû lutter pour atteindre la sécurité dans un environnement dangereux. Nous luttons toujours pour la même chose, mais malheureusement nous n’utilisons pas les ressources accumulées de l’expérience passée, car nous ne nous en souvenons pas consciemment. Nous l’ignorons et nous n’avons aucun moyen d’expliquer les diverses intuitions, pressentiments, sentiments, pressions qui surgissent en nous. Ces pressions se divisent naturellement en plusieurs niveaux. À un niveau, ces pressions ne sont que la perpétuation d’erreurs qui continuent à nous harceler et à nous agacer jusqu’à ce qu’elles soient corrigées. À un autre niveau, ces pressions sont l’imagination, l’intuition, l’individu qui prend intérieurement conscience de valeurs plus grandes que celles que l’on trouve dans les lieux communs. La plupart de nos grands professeurs de philosophie et de religion, les grands idéalistes, les grands sociologues, les utopistes, tous ces gens sont nés avec une forte synthèse en eux-mêmes de ce qu’ils ont vécu dans le passé – pourquoi cela n’a pas été suffisant et comment dans l’incarnation présente ils peuvent faire usage de ce qui s’est passé auparavant. Physiquement, nous pouvons dire que nous construisons une histoire, mais il existe un autre type d’histoire : des enregistrements en nous-mêmes, des enregistrements dans la chair, les os, les nerfs, les artères, les glandes, des pressions en nous-mêmes qui témoignent d’âges de conditionnement.
Il n’est pas du tout convenable que tout ce registre, ce modèle de réussite interne, soit complètement gaspillé. Le fait que nous ne nous en souvenions pas consciemment est en grande partie dû au fait que notre environnement nous a appris à ne pas nous en souvenir consciemment. Un petit enfant qui fait preuve de génie précocement est une source de joie pour certains et cause des problèmes à d’autres. Nous savons que de telles choses se produisent. Nous savons qu’il y a des gens qui sont nés dans ce monde pour jouer du piano. Nous savons qu’il y a des gens qui sont nés pour peindre ou pour écrire de bons poèmes, nous savons qu’il y en a qui sont nés pour les sciences et la philosophie, et que d’autres sont inévitablement attirés par la religion sous l’effet de pressions intérieures. Ces attirances ne naissent pas des relations superficielles de la vie. Nous savons avec certitude qu’une grande variété de soi-disant talents naissent avec nous. Nous essayons de résoudre tout cela avec la loi de l’hérédité, mais cela n’a pas fonctionné. Nous constatons qu’il n’existe pas d’hérédité physique suffisamment cohérente pour expliquer le génie particulier des individus. De nombreux créateurs très célèbres et importants sont issus d’environnements dans lesquels il n’y avait aucun passé comparable à ce qu’ils ont atteint. Et encore une fois ces mêmes génies ne transmettent pas leurs compétences ou leurs capacités à leur progéniture, très souvent la progéniture du génie est médiocre.
Il y a quelque chose d’autre qui détermine ces choses, et ce quelque chose, c’est le bilan qu’il porte en lui. Il n’a pas les détails, mais il a un bilan qu’il apporte avec lui, dans lequel les actifs et les passifs, les crédits et les débits, réduisent un type particulier d’intégration interne, une intégration qui va dominer la vie si on le permet. Ce bilan d’intégration ne se construit pas principalement autour du succès matériel. Si nous remontons en arrière, en supposant que l’individu est né plusieurs fois sur cette terre, remontons cent ou quelques milliers d’années en arrière et que pratiquement toutes les activités que nous connaissons aujourd’hui étaient à un stade très embryonnaire, il n’y a pas de grands économistes parce que nous ne nous intéressions même pas en premier lieu aux systèmes économiques. Il y a très peu de grands leaders dans quelque domaine que ce soit et très peu de compétences ont été développées qui correspondent à notre informatisation actuelle ou aux progrès que nous connaissons maintenant dans les sciences. Il s’agissait d’un type de progrès entièrement différent, un progrès destiné à libérer le pouvoir conscient de la personne pour l’aider à grandir. La croissance n’est ni plus ni moins que le déploiement et la révélation du potentiel.
En vérité, la croissance est, lentement mais inévitablement, ce à quoi il était destiné au commencement. Et pour accomplir sa destinée, l’individu doit changer ses niveaux d’estimation en réalisant que les institutions que nous avons aujourd’hui passeront, comme celles qui ont existé avant. Les lois, les intégrations naturelles, les entités avec lesquelles nous sommes maintenant familiers font partie d’un spectacle passager. Le monde changera, car rien n’est immuable, sinon le changement, et une grande partie de l’expérience que nous acquérons aujourd’hui dans les arts et les sciences sera comparativement de peu d’utilité à une époque différente d’intégration sociale. L’expérience de la croissance, les expériences de révélation graduelle des vérités intérieures à travers des manifestations transitoires, ces expériences continuent de s’accumuler, de sorte que nous devons finalement, semble-t-il, en arriver à l’idée originelle de la Nature, de la Loi Naturelle et de la Loi Divine. L’être humain a été créé en premier lieu pour devenir quelque chose. Et ce quelque chose ne doit pas être jugé en termes d’objectifs physiques, mécaniques et matérialistes auxquels nous sommes accros aujourd’hui. Mais ce pour quoi nous sommes vraiment ici fait partie du programme de croissance de l’univers lui-même. Et chaque pas que nous faisons est lié à certaines valeurs en nous-mêmes. L’une de ces valeurs est l’intégrité. L’intégrité est quelque chose qui s’exprime naturellement dans la vie de la plupart des gens, mais elle est peu à peu minée par le compromis : l’individu qui essaie d’éviter une expérience désagréable s’éloigne de l’honnêteté. Ou bien, pour améliorer sa situation matérielle, il corrompt sa propre moralité. Ou bien, par faiblesse d’appétit, il compromet à nouveau ses vertus personnelles.
C’est pourquoi nous avons toujours un combat entre l’intégrité et le compromis. Ce combat peut se dérouler n’importe où. Il peut se dérouler dans une caverne, dans une culture classique ancienne, il peut se dérouler aujourd’hui et se déroule dans la civilisation hautement mécanisée et économe que nous connaissons. Faire bien les choses ou faire des compromis fait toujours partie du caractère humain. Mais le compromis est plus contraignant là où les avantages du compromis semblent plus désirables. Mais toute l’histoire du compromis de l’homme avec la morale et l’éthique remonte au problème du compromis. Il semble que la Nature ait voulu que nous développions la force morale intérieure de l’intégrité. L’intégrité est une chose précieuse. Elle n’est pas seulement précieuse ici-bas, mais peu importe ce qui arrive à notre culture, elle reste précieuse. Et que nous arrive-t-il lorsque nous quittons cet endroit ? L’intégrité est l’un des facteurs les plus importants et les plus nécessaires de l’évolution et du progrès. Ainsi, tout au long des milliers d’années, nous avons peut-être essayé de trouver l’intégrité. Certaines personnes ont commencé à la rechercher très tôt dans l’histoire de la société, d’autres ont même commencé à lutter avec elle au milieu de leur vie, mais la Nature l’exige toujours. La nature doit progressivement nous prouver que seule l’intégrité répond aux exigences naturelles.
Nous avons ici un monde qui pourrait être un endroit vraiment magnifique, offrant de nombreuses possibilités. La plupart des bonnes choses ont été compromises par manque d’intégrité. Vie après vie, le citoyen privé a souffert de la malhonnêteté de ses associés et a compromis sa vie par sa propre malhonnêteté. Cela continue et continuera probablement pendant un certain temps, mais chacun est capable de rompre avec ce schéma lorsqu’il se rend compte qu’il est important de le faire. Le fait que la conscience demeure, même si elle semble très gravement minée, nous rappelle fortement que le désir d’intégrité est inné et que le désir de compromis est impermanent et dû à la pression extérieure. Un autre facteur important dans le schéma des choses est la pression émotionnelle de la vie. En fait, le plan divin appelle à un monde beau. Il appelle à un monde dans lequel les gens sont heureux, utiles et capables de s’épanouir émotionnellement grâce à l’expression appropriée de l’affection, de l’amitié, de la coopération et de l’intégrité. Mais la plupart des gens n’y parviennent pas, ils ont déplacé tout le monde émotionnel vers la satisfaction d’appétits physiques d’une sorte ou d’une autre, pour finalement découvrir que ces appétits ne peuvent pas être satisfaits et que peu importe ce que nous faisons ou comment nous essayons d’atteindre le bonheur de l’extérieur et par la satisfaction de nos appétits, nous restons malheureux.
Ce fait est si ancien et si bien établi qu’il est étonnant qu’il n’ait pas reçu de reconnaissance scientifique. Le fait est que l’individu qui essaie d’être heureux est malheureux. Mais l’individu qui essaie d’avoir raison se rapproche plus du bonheur que n’importe quel mortel. Nous avons de nombreuses caractéristiques de base, l’une d’entre elles, qui me semble très fondamentale, est l’amitié. La plupart des gens sont amicaux par instinct, mais l’expérience les a rendus prudents et désillusionnés. L’amitié n’est plus une simple acceptation des relations inévitables de la vie. En fait, l’amitié est la base de toute coopération dans la nature. L’amitié est l’émotion qui pourrait mettre fin à la guerre, à la pauvreté, briser les barrières de l’isolement et corriger la plupart des pressions névrotiques de l’individu, mais par un faux conditionnement, le désir naturel d’amitié a été bloqué. L’individu a été exploité, c’est pourquoi il ne donnera pas son amitié sans réserve. Pourtant, au fond de lui, il la désire. Or, si chacun d’entre nous, ou même l’un d’entre nous, désire l’expérience fondamentale de l’amitié, il est également vrai que chaque être humain possède cette même émotion fondamentale, car ces pressions s’accompagnent de l’énergie vitale elle-même. L’énergie qui soutient l’être humain n’est pas seulement une énergie physique, c’est une énergie morale. Elle ne se réjouit pas seulement de la précision, elle se réjouit de la beauté et elle a découvert que précision et beauté sont la même chose. Que toute relation constructive et normale est belle et que toute relation qui n’est pas belle ou qui a été pervertie est anormale.
L’individu ne comprend pas vraiment comment faire face à cette situation, comment œuvrer à la révélation de son intégrité. C’est là que nous entrons en jeu les différentes disciplines qui ont été adaptées depuis des temps immémoriaux dans le but d’aider l’homme à se redécouvrir ou à réaffirmer sa place dans le plan universel de bienveillance infinie. La plupart des disciplines qui ont été acceptées au cours des derniers siècles et aussi dans les temps anciens étaient des disciplines dans lesquelles l’individu était censé accomplir certaines actions disciplinées envers lui-même. On supposait qu’il devait calmer et soumettre l’autorité des circonstances extérieures sur sa propre vie intérieure. Il devait briser les barrières de l’esclavage. Le servage est un état artificiel, car dans le plan infini des choses, toutes les créatures vivantes ont des droits égaux. Chaque individu a un droit égal à tous les autres et le servage est presque toujours le résultat d’une interprétation erronée de la liberté personnelle. Dès que l’individu devient esclave de ses propres attitudes négatives, il est en esclavage. Ainsi, les Grecs, les Orientaux, les Égyptiens et les premiers chrétiens se sont tous penchés sur le problème de la liberté individuelle et il était généralement admis que la liberté dépendait de la capacité de la personne à émanciper sa propre conscience du miasme des dépendances matérielles.
L’individu peut vivre dans ce monde sans en faire partie. Il peut accomplir tous les devoirs de citoyen et de famille sans se laisser tromper par les fausses valeurs qui ont surgi dans l’environnement humain. Ainsi, les anciens croyaient que les appétits et les ambitions devaient être disciplinés et limités. L’individu doit progressivement se séparer de l’environnement commun et assumer ou révéler sa propre destinée personnelle. Or, une destinée personnelle ne signifie pas un individualisme farouche, cela ne signifie pas que l’individu n’est plus enclin à la bienveillance. Son véritable problème est de se découvrir comme un facteur du bien infini dans tout ce qui vit. Il doit comprendre qu’il y a de nombreuses tâches à accomplir en rapport avec la libération de la conscience par la personnalité. Chaque individu a une place dans le travail de croissance. Il est impliqué dans le développement de tous les autres êtres humains. Cela est dû au fait que nous acceptons que le plan des choses était correct, que le dessein divin est réel et qu’il n’y a aucun moyen de changer les exigences fondamentales de la vie. Nous pouvons changer nos fausses interprétations à leur égard, chaque jour qui passe, mais la vérité demeure que nous sommes ici pour grandir et servir.
Il est important et inévitable que cela vienne peu à peu à notre attention. Ainsi, grâce à la discipline, nous nous libérons peu à peu de tout un ensemble de tentations. Nous commençons à reconnaître la véritable relation entre la vie en nous, qui est éternelle, et la vie autour de nous, qui est temporelle et impermanente. Nous devons nous réaffirmer en tant que citoyens de l’éternité. Nous devons reconnaître la chaîne ininterrompue de circonstances qui nous ont amenés là où nous sommes et comment cette chaîne ininterrompue continuera dans le futur jusqu’à ce qu’elle nous amène là où nous devrions être, ce qu’il n’y a aucun moyen d’éviter. Ainsi, au lieu d’essayer de l’éviter, il est de loin préférable de la suivre. C’est un moyen par lequel nous capitalisons les atouts de base que nous avons et commençons à mettre de plus en plus l’accent sur le développement de notre potentiel. Or, lorsque nous commençons à essayer de faire cela, nous avons également un problème sur les bras. À savoir, vers où nous tourner pour trouver une instruction adéquate ? Comment pouvons-nous être sûrs, ou raisonnablement sûrs, que tout mouvement que nous faisons est réellement conforme à la Loi Naturelle ? Certains pensent que la loi naturelle serait achevée par une culture entièrement industrialisée. D’autres pensent que si nous parvenons à un point où le monde sera finalement dirigé par des robots, l’être humain sera libre de faire ce qu’il veut. Mais un monde dirigé par des robots ne donnera jamais à l’individu aucun moyen de développer son potentiel.
C’est une erreur de notre part d’inventer des choses qui pensent à notre place ou d’inventer des moyens d’éviter l’apprentissage commun de la vie. Car celui qui sait fabriquer une bonne paire de chaussures a beaucoup plus à apprendre que celui qui achète simplement des paires de chaussures. Tout ce que nous faisons accroît nos compétences, accroît et libère notre expression créatrice, alors que lorsque nous nous tournons entièrement vers une fourniture économique des choses, nous perdons pratiquement toute initiative, nous perdons la capacité de faire face aux problèmes et, comme nous le sommes actuellement, nous vivons dans un monde de gadgets dont nous ne pouvons même pas nous occuper. Nous avons perdu les compétences nécessaires pour faire les choses qui auraient pu faire de nos biens des moyens importants pour nous aider à grandir. Aujourd’hui, ils ne sont plus que des moyens importants pour nous précipiter vers la faillite parce que nous ne faisons pas usage de l’initiative individuelle. Pour se faire une meilleure idée de cela, il est presque toujours conseillé à une personne d’essayer de séparer sa propre vie, de séparer son existence extérieure de son existence intérieure et de reconnaître que l’existence intérieure est la plus importante. C’est la victoire finale de la vie sur l’illusion. S’il sait réellement, sincèrement et intensément qu’en tant qu’être il doit grandir, seul ce qui devient partie d’une conscience en développement est essentiel. Ce qui exploite simplement la conscience à des fins utiles n’est pas essentiel.
Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, Fribourg a rendu accessibles différents lieux culturels sous le thème « en réseau ». L’un d’eux était le point de rencontre des loges maçonniques de Fribourg.
Les Journées européennes du patrimoine redonnent du sens au passé. Des lieux souvent inaccessibles au public invitent à des expositions et des visites guidées. Selon les organisateurs, il s’agit de maintenir l’intérêt pour le patrimoine bâti et immatériel. Le canton de Fribourg a également rendu douze monuments culturels différents accessibles au public sous la devise « en réseau ». Cette année, selon l’Office des biens culturels, environ 4000 personnes ont participé à des visites guidées et à des visites dans tout le canton.
Le thème « en réseau » était particulièrement représenté par des demeures telles que les châteaux de Morat et de Muntelier. Les connexions de Vallon et Marsens avec la Rome antique témoignent également de l’existence de réseaux dans le canton de Fribourg. Les bus du siècle dernier reliaient les visiteurs dans toute la ville : avec environ 1 000 visiteurs, les promenades en bus rétro à travers la ville constituaient cette année le patrimoine culturel le plus populaire à Fribourg.
Un temple caché dans la Neustadt de Fribourg était un peu moins visité que les bus rétro, mais au moins aussi intéressant.
Un temple caché
Théories du succès, du pouvoir et du complot. Les communautés religieuses et les loges sont entourées de nombreux mythes et secrets. Un vieux temple de la Neustadt de Fribourg est presque aussi caché que ces lodges. Il y a de nombreuses années, la société secrète des francs-maçons utilisait ce temple situé dans l’ancienne Brunnengasse pour ses réunions. Aujourd’hui, ce lieu s’appelle Espace Pertuis, du nom du quartier résidentiel voisin.
L’entrée de l’Espace Pertuis est cachée entre des immeubles d’habitation. Image : Charles Ellena
Francs-maçons à Fribourg
Les loges de Fribourg tenaient leurs réunions secrètes à cet endroit. Deux salles aux plafonds voûtés servaient de cadre aux rituels de la loge. Dans la salle principale de l’Espace Pertuis, Aloys Lauper, conseiller scientifique à l’Office du patrimoine culturel, explique comment ce lieu est né. « Ce temple était à l’origine une grotte », raconte Aloys Lauper. Les francs-maçons ouvrirent des loges à Fribourg dès le XVIIIe siècle. En 1877, ils fondèrent à nouveau une communauté et acquérèrent une propriété dans l’ancienne Brunnengasse. Cette propriété comprenait entre autres cette grotte en grès. «La grotte a été agrandie et rénovée par les francs-maçons», explique Lauper sur place.
L’élévation ressemble à un piédestal dans une église. Image : Charles Ellena
L’Espace Pertuis ressemblait à une église classique. Le médaillé le plus important était assis sur un trône surélevé. Les francs-maçons étaient divisés en degrés, et il y avait trois degrés différents dans les loges fribourgeoises. «Les membres de la loge sont soumis au devoir de secret», précise Lauper. Les membres n’étaient pas autorisés à parler à qui que ce soit de ce qui se passait à l’intérieur du temple. Seuls les membres de la loge eux-mêmes savent à quoi ressemblaient exactement les rituels et ce qui y était discuté.
Selon les exploitants actuels, la Freiburg Lodge a dû vendre la propriété en 1885 en raison de difficultés internes. Les sœurs franciscaines « Missionnaires de Maire » ont emménagé dans le temple environ trois ans après la vente.
Visiteurs dans l’ancien temple maçonnique. Image : Charles Ellena
Du monastère au site culturel
Après 85 ans, les sœurs franciscaines quittent l’actuel Espace Pertuis au début des années 1970. Selon le propriétaire, la grotte a été désacralisée dans les années 1980, ce qui signifie qu’elle n’était plus un lieu saint. La grotte fut alors utilisée comme lieu culturel : divers artistes y donnèrent des concerts, des expositions et du théâtre. Aujourd’hui, le temple est géré par des propriétaires privés. Le lieu peut être loué pour diverses occasions.
Freiburger Nachrichten – Équipe éditoriale / Mara Reidy
Avant d’ouvrir mes travaux d’écriture, j’ai parcouru comme il se doit le journal, tradition oblige, nous avons aussi nos rituels. Tiens, notre confrère Erwan le Bihan a consacré il y’a quelques temps un sujet sur le thème de la politique et de la Franc-maçonnerie, mais avec un angle de vue différent, ouf !
Salutations fraternelles mon très cher Frère au passage, je me permets, plus on est de fous, plus on rit.
« Dans notre vie maçonnique les sœurs et les frères nous rappellent que notre vraie vie maçonnique est en loge »
Alors pourquoi ne pourrait-il pas en être de même en politique ou la vraie vie du choix de nos gouvernants reposerait dans les discussions en hémicycles ou non. C’est déjà le cas me direz-vous mais parfois il est bon de le rappeler.
D’un autre côté nous sommes des Hommes libres, voire aussi responsables et la politique nous sert à avancer. J’irais jusqu’à dire que je ne souhaite pas vivre dans un esprit d’intolérance.
Le charisme, l’humour, l’honnêteté, la droiture, la compétence, entre autres, sont des qualités que possèdent fort heureusement nombreux politiciens. Vouloir les museler serait contraire aux principes que nous défendons en Franc-maçonnerie à moins de vouloir se diriger vers l’obscurantisme ou des courants de pensées à la mode, tel que le wokisme qui nous pousserait à s’en remettre à des règles qui régiraient de manière trop rigide…
«
« En franc-maçonnerie on nous demande de ne pas parler ou dE ne pas aborder la politique. »
Les politiques pourraient faire de même avec la Franc-maçonnerie pour travailler peut-être plus dans la sérénité dans leur domaine, plutôt que de vouloir mettre trop en avant leurs convictions personnelles.
C’est le cas parfois en affichant ouvertement ses appartenances fort éloignées de la politique à laquelle les gens peuvent s’attendre. La politique est-elle un domaine au service du citoyen et nécessite t-elle pas une certaine conduite ?
On apprécie souvent l’humour de nos dirigeants, mais dans la vie, on supporte mal de voir son banquier faire la fête avec notre argent.
Il m’arrive de croire dans l’absolu que l’homme arrive à faire la part des choses. Faut-il être doué pour y arriver. Comment déjouer les pièges que nous tendent les honneurs que l’on reçoit, les nominations qui vous mettent en avant, notre profond ancrage à la maçonnerie nous permet-il encore d’avoir l’esprit serein pour réagir et garder saine sa pensée face à tous ces événements ? L’homme politique de part sa nature n’est-il pas soumis à de nombreuses attaques… ?
Alors oui, notre travail basé sur le symbolisme et l’utilisation spéculative de nos outils m’apparaît bénéfique. Mais aligner trois points sous sa signature pour mieux se médiatiser est une perte de temps pour tous à mon avis.
Pour conclure, à mon avis, il faudrait peut-être mieux que la Franc-maçonnerie et certains Francs-maçons, laissent leurs outils à l’entrée des sphères politiques à moins de pratiquer avec brio l’art de faire bon ménage comme il est d’usage dans le monde profane.
Là, je crois que je m’égare et je vais aller visionner La Video de la Minute du Grand René ci-dessous:
Serge CAILLET s’intéresse à la maçonnerie égyptienne depuis plus de trente ans. Il a déjà publié sur elle plusieurs ouvrages de référence. Une longue fréquentation des archives du rite de Memphis-Misraïm lui a rendu ces personnalités familières et il nous propose aussi d’aller à la rencontre des principaux acteurs des rites maçonniques égyptiens dans ce qu’ils ont de plus humain et, par conséquent, de plus vrai.
Conférence : « Les Compagnons d’Alexandrie »
Parmi des figures connues des rites maçonniques égyptiens, les Compagnons d’Alexandrie, comme les nomme Serge Caillet, se sont impliqués dans le maintien de l’héritage de l’hermétisme alexandrin dans les rites de Memphis-Misraïm, en France, au XXe siècle. Ils en ont ainsi illustré l’histoire en portant témoignage, chacun à sa façon, d’une quête exceptionnelle et merveilleuse. Serge Caillet les a rassemblés dans une galerie de portraits, dont il a choisi d’extraire pour cette communication ceux de Gérard Encausse (Papus), Jean Bricaud, Constant Chevillon, Raoul Fructus, Georges Lagrèze et Robert Ambelain.
Françoise BONARDEL Philosophe et essayiste française, Françoise Bonardel a été Professeur de Philosophie des religions à l’Université de la Sorbonne de 1989 à 2009. Auteur d’une vingtaine de livres, elle a trouvé une source de réflexion et d’inspiration dans certaines traditions anciennes (gnose, hermétisme, alchimie) dont l’esprit oriente son approche de questions contemporaines comme la transmission, l’identité culturelle européenne, le dépassement du nihilisme et la fin de la modernité.
Conférence : « L’Égypte, creuset de la Sagesse Hermétique. »
Terre d’esclavage et d’exil selon l’Ancien Testament, l’Egypte est considérée dans les textes attribués à Hermès Trismégiste comme un centre spirituel, un cœur à partir duquel les enseignements d’Hermès sont appelés à rayonner, et l’homme qui les reçoit à se transformer. Car c’est également en Egypte qu’est née l’alchimie, dans sa forme occidentale tout au moins. L’Ancienne Egypte fut bien à cet égard le creuset dans lequel se sont fondus des enseignements sapientiaux divers qui nourrissent encore spirituellement les hommes et les femmes d’aujourd’hui.
Bernadette CAPPELLO a été initiée en 1987 à la Grande Loge Féminine de Memphis-MisraÏm. Universitaire, elle a déjà porté témoignage de son approche du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm et de ses liens avec l’ancienne Égypte et la Cité d’Alexandrie au travers de deux ouvrages de référence : “Isis, clef des métamorphoses au Rite de Memphis-Misraïm” et “Mystère et Secrets de la cérémonie de fondation d’une loge maçonnique”.
Conférence : « Le Féminin Sacré et Quête de l’Immortalité de l’Âme ».
Le Rite de Memphis Misraïm trouve son origine dans de multiples courants de pensée, et dans des mythes spécifiques. En ce qui concerne les premiers, l’on peut citer la pensée de l’ancienne Égypte, celles des Traditions hébraïque, et du Christianisme dit « primitif », celle de l’hellénisme alexandrin, enfin celle de l’hermétisme de la Renaissance. Le Rite de Memphis Misraïm se distingue des autres Rites. Tant dans son histoire légendaire que dans ses rituels, celui-ci met en scène des figures tutélaires féminines qui exaltent le « Féminin sacré » dans une quête de l’immortalité de l’âme. À l’appui des mythes isiaque, et de celui inspiré de l’hymne hésiodique à Déméter, et retranscrit dans le Rite dit « des Dames », l’on verra comment la métaphore de la féminité nous renvoie à la Grande Déesse universelle, détentrice du Feu divin, créatrice, et des divinités, et des Hommes.
Programme de la journée
09h30 : Accueil autour d’un café.
10h00 : Conférence de Bernadette CAPPELLO
“Le Féminin Sacré et Quête de l’Immortalité de l’Âme”.
11h30 : Respiration
12h00 : Déjeuner au Château
13h30 : Conférence de Françoise BONARDEL
“L’Égypte, creuset de la Sagesse Hermétique”
15h15 : Respiration
15h30 : Conférence de Serge CAILLET
“Les Compagnons d’Alexandrie”
17h00 : Dédicaces des auteurs autour d’un verre.
La Grande Loge de Memphis-Misraïm vous attend nombreux !
Le Chevalier suprême Patrick Kelly a appelé les membres philippins des KofC à jouer un rôle actif contre la franc-maçonnerie. Lorsqu’un catholique souhaite rejoindre les Chevaliers de Colomb, il doit passer un examen de sélection au cours duquel on lui demande s’il est ou non un catholique pratiquant en union avec le Saint-Siège.
En effet, comme l’a réitéré le pape François en 2023, la franc-maçonnerie est incompatible avec la foi catholique, et donc avec les Chevaliers de Colomb également. Les Chevaliers des Philippines sont appelés à s’opposer à la franc-maçonnerie.
L’appel a été lancé par le chef des Chevaliers de Colomb, le Chevalier suprême Patrick Kelly, qui s’est adressé aux Chevaliers philippins lors d’une réunion en août à Manille. Selon CBCP News , il y a souligné que la franc-maçonnerie « est fondamentalement opposée à notre foi catholique ».
Lors de l’événement, il a rappelé comment les KofC ont été initialement fondées par le bienheureux père Michael McGivney, en partie pour aider les jeunes catholiques du 19e siècle à éviter la franc-maçonnerie . Il a déclaré :
« Aujourd’hui, au XXIe siècle, nous pouvons redevenir des chefs de file », a déclaré Kelly. « Si nous donnons aux jeunes Philippins un endroit où grandir dans la foi et la fraternité, ils éviteront les francs-maçons. Nous devons leur montrer qu’ils peuvent trouver ce qu’ils recherchent chez les Chevaliers de Colomb. »
Kelly a ensuite expliqué que l’initiative « Cor » (cœur) de l’Ordre vise à renforcer les hommes catholiques en tant que disciples missionnaires par la prière, la formation et la fraternité. Il a noté qu’« aux Philippines, Cor peut aider à relever un défi croissant ».
L’Église a depuis longtemps averti les fidèles que la franc-maçonnerie est incompatible avec la foi catholique, et elle a réitéré ce point pas plus tard qu’en 2023. Le Dicastère pour la doctrine de la foi, dans un document signé par le préfet, le cardinal Victor Fernandez, et approuvé par le pape François, a écrit à propos de la franc-maçonnerie :
Avant de conclure la réunion, Kelly a également appelé les Chevaliers à jouer un rôle actif dans la lutte contre le trafic d’êtres humains. À cette fin, les Chevaliers de Cebu ont lancé un programme visant à repérer les signes de trafic d’êtres humains et à tirer la sonnette d’alarme .
« Aucun être humain ne devrait être acheté ou vendu », a déclaré Kelly. « En tant que Chevaliers, nous concrétisons la vision fondatrice de l’abbé McGivney, qui consiste à protéger les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants. »
En février 2015, les éditions Viella ont publié le livre « L’alambicco di Lev Tolstoj. Guerra e pace e la massoneria russa » (« L’ alambic de Léon Tolstoï. Guerre et paix et franc-maçonnerie russe », Rome 2015) de Raffaella Faggionato. Au dos du livre se trouve un court CV de l’auteur : « Raffaella Faggionato enseigne la langue et la littérature russes à l’Université d’Udine. Elle traite de l’histoire de la franc-maçonnerie et du rosicrucianisme dans la Russie du XVIIIe siècle (un sujet auquel est consacré son essai « Une utopie rosicrucienne dans la Russie du XVIIIe siècle. Le cercle maçonnique de NI Novikov », Springer, 2005) et des liens entre Culture maçonnique-rosicrucienne et littérature russe, notamment dans l’œuvre de Pouchkine et de Tolstoï.
Dans l’introduction, le professeur Faggionato écrit : « La genèse complexe de Guerre et Paix est enregistrée dans des milliers de feuilles manuscrites contenant des notes désordonnées, des diagrammes, des parties ajoutées et supprimées, des modifications et des paraphrases, dans lesquelles l’écriture difficile de Tolstoï se mêle à l’écriture plus propre. son épouse Sofja Andreevna Behrs et d’autres écrivains occasionnels alternaient. Les feuilles couvrent une période de 1863 à 1869, soit près de sept ans, au cours de laquelle l’œuvre a changé de direction idéale, de structure et de titre, au cours de laquelle les personnages ont changé et au cours de laquelle le style d’écriture et la technique narrative de Tolstoï ont changé » (p. 11). .
Dans ce roman, Léon Tolstoï (1828-1910) décrit la Russie du début du XIXe siècle et s’intéresse également à la franc-maçonnerie russe : « Tolstoï a largement utilisé les sources maçonniques, aussi bien les sources publiées dans sa bibliothèque que les manuscrits qu’il a découverts dans les archives de l’époque. Il les a utilisés non seulement pour saisir des idées et comprendre leur contenu, mais aussi pour développer une technique narrative qui fait de la citation littérale des sources elle-même un élément structurel. « L’identification des manuscrits que l’écrivain avait sur son bureau m’a semblé un moment fondamental pour la reconstruction de l’histoire d’une relation si mystérieuse avec le monde fascinant de la franc-maçonnerie » (pp. 15f).
3.1 Novikov, les Martinistes, le musée Rumyantsev
Le professeur Faggionato écrit que « Utritti svet » (« La Lumière du matin » ) est la première revue maçonnique publiée en Russie. Entre 1777 et 1780, la rédaction de Saint-Pétersbourg est composée de dix jeunes francs-maçons qui se regroupent autour du journaliste et éditeur Nikolaï Ivanovitch Novikov, qui deviendra quelques années plus tard l’âme d’un courant de la franc-maçonnerie russe connu sous le nom de Rosicruciens ou Martinistes. Dans la préface du premier numéro, Novikov explique que l’objectif principal de la revue est d’éduquer l’homme, de lui redonner sa dignité de centre de la création et de l’aider à reconnaître sa propre nature divine. De plus, Novikov explique que les œuvres des anciens, grecs, égyptiens, latins, étaient consacrées à la connaissance de soi, à laquelle la revue veut donner de l’espace. Faggionato explique que le jeune Tolstoï était attiré par les idéaux humanistes et éclairés du franc-maçon Novikov et de son cercle d’initiation (voir p. 43f).
« Guerre et Paix » de Tolstoï
Le terme « Martinisme » fait référence au mouvement maçonnique et théurgique apparu en France grâce aux travaux de Martinez de Pasqually (1727-1774) et modifié plus tard par son secrétaire Louis-Claude de Saint-Martin. Le Martinisme de De Saint-Martin est une synthèse du christianisme et de la Kabbale juive dans l’esprit du mysticisme de Jakob Böhme (voir p. 58).
En 1782, le cercle de Novikov rejoignit l’ Ordre de la Rose-Croix d’Or à Berlin [dont j’ai parlé dans la deuxième partie]. Cette adhésion confère aux francs-maçons russes une prestigieuse reconnaissance internationale et leur permet de se familiariser avec la littérature ésotérique occidentale. En 1785, Novikov traduisit et publia à Moscou l’ouvrage « Deserreurs et de la vérité » de Louis-Claude de Saint-Martin en russe, qui devint une lecture obligatoire pour les francs-maçons russes et grâce à laquelle parmi entre autres choses, ils se sont familiarisés avec le symbolisme ésotérique. D’où la confusion entre les termes « rosicrucien » et « martiniste », qui étaient pratiquement assimilés dans les pamphlets anti-maçonniques de l’époque (voir p. 58f). Ivan Elaguine, secrétaire de Catherine II et figure marquante de la franc-maçonnerie de Saint-Pétersbourg, appréciait également l’œuvre de de Saint-Martin (voir p. 59). Le professeur Faggionato note : « Mais les martinistes russes ne se sont pas limités à une connaissance superficielle et médiatisée des disciplines hermétiques. Par le canal de la Loge Mère jusqu’aux Trois Globes de Berlin, ils avaient reçu tous les classiques de la tradition hermétique et gnostique de la fin de la Renaissance, ainsi que les œuvres fondamentales des grands mystiques et théosophes allemands. À partir de cette immense collection de livres et de manuscrits, ils avaient commencé un travail de traduction qui dura jusqu’aux deux premières décennies du XIXe siècle » (pp. 59f).
Les collections les plus riches de ces œuvres sont allées au Musée Roumiantsev, où Tolstoï a consulté les matériaux de son roman « Guerre et Paix » .
Faggionato cite un passage du « mystique » Karl von Eckartshausen (1752-1803) : « La véritable science royale et sacerdotale est la science de la régénération ou la science de la réunion de l’homme déchu avec Dieu » (p. 293). C’est précisément le but initiatique qui est commun aux francs-maçons ésotériques, rosicruciens et martinistes : ramener l’homme à son état originel d’avant la Chute ou le péché originel…
3.2 Tolstoï étudie la franc-maçonnerie russe
En décembre 1863 et février 1864, Tolstoï se rend à Moscou et rencontre l’historien Mikhaïl Longinov, à qui il emprunte des livres. « Il ressort des travaux de Longinow, publiés dans divers périodiques à partir de 1857, que la culture maçonnique russe depuis la fin du XVIIIe siècle était caractérisée par un mélange de mysticisme religieux et d’aspirations progressistes […]. Le même mélange que l’écrivain avait trouvé chez ces jeunes gens en étudiant la cause décembriste et qui l’avait amené à rechercher les liens entre le décembrisme et la franc-maçonnerie » (p. 125).
En novembre 1864, Tolstoï visita pour la première fois le musée Roumyantsev et y revint plusieurs fois par la suite. De vastes collections d’œuvres hermétiques, gnostiques et théosophiques du milieu et de la culture des rosicruciens/martinistes russes, liés à l’ordre rosicrucien d’or, y étaient conservées (voir p. 59f).
À propos de la franc-maçonnerie dans « Guerre et Paix » et du caractère maçonnique de Pierre Visitow, Faggionato déclare : « […] Entre 1867 et 1869, le roman est effectivement devenu « différent ». La franc-maçonnerie, introduite comme un moment dans l’éducation de Pierre, à partir de l’analyse politique et sociale des racines du décembrisme, devient un élément de sa croissance intérieure. Mais ce qui se passe à l’intérieur, dans les profondeurs, ne peut être exprimé que dans un langage complètement nouveau, dans lequel la composante symbolique peut exprimer ce qui ne peut être dit autrement. À ce stade, la doctrine maçonnique d’une expérience concrète devient un réservoir inépuisable d’images et de « hiéroglyphes » qui donnent une voix et une forme concrète aux questions éternelles qui se profilent à l’horizon du roman » (p. 219).
Le musée Roumiantsev, où Tolstoï a trouvé des écrits laissés par les francs-maçons
Dans le roman « Guerre et Paix », il y a aussi le contraste entre Moscou et Saint-Pétersbourg, contraste typique de la culture russe entre le XVIIIe et le XIXe siècle : tandis que Saint-Pétersbourg est le centre du rayonnement de la nouvelle littérature et du journalisme militant, Moscou est le centre de défense des valeurs de la « tradition ». Pierre Bezukhov sera initié franc-maçon à Saint-Pétersbourg, mais sa renaissance intérieure aura lieu à Moscou… Saint-Pétersbourg est le symbole de la raison froide et géométrique (voir p. 254f) et de la raison méphistophélique… On obtient l’image du roman de Tolstoï montre Saint-Pétersbourg comme la capitale d’une franc-maçonnerie qui se perd derrière les apparences extérieures et le formalisme, tandis que Moscou est la capitale de la vraie franc-maçonnerie qui vise une renaissance intérieure (voir p. 256).
3.3 Concepts initiaux de la franc-maçonnerie russe
L’étude du professeur Faggionato a le mérite de mettre en lumière les conceptions initiatiques de la franc-maçonnerie russe du XIXe siècle, qui ressortent au moins implicitement de l’œuvre de Tolstoï et explicitement des manuscrits maçonniques qu’il a consultés. Ce sont des concepts qui concernent non seulement la franc-maçonnerie russe, mais la franc-maçonnerie en tant que telle.
3.3.1 Rejet de la raison, identité des contraires, mystique de la contradiction
Tolstoï s’intéresse à la fois aux « aspects extérieurs, formules et rituels » de la franc-maçonnerie et au « langage des sciences hermétiques que la franc-maçonnerie avait adopté avec sa capacité à exprimer la dynamique de la pensée sans la fixer dans des significations définies » (p. 17). . C’est « une dimension de la culture et de l’esprit qui défie les explications rationnelles » (p. 17). Faggionato écrit cela aussi chez Tolstoï : « […] la conscience grandit de la façon dont tout dans nos affaires terrestres se transforme en son contraire, comment la vie est en réalité la mort et la mort est le début d’une nouvelle vie. Dans son roman, il exprime un cosmos dont les lois lui échappent, ainsi qu’à nous, dans lequel tout et le contraire de tout est vrai. La symbolique hermétique-maçonnique l’aide à supporter et à exprimer ce paradoxe, car chaque image lui parle de cette complexité même : le phénix renaissant de ses propres cendres, la renaissance de la décomposition de la chair, le passage du nigredo à l’albédo dans le le travail alchimique , la pierre philosophale, la sagesse des nombres… » (p. 17).
Le professeur Faggionato explique que Tolstoï fait référence à : « Rituel maçonnique », « Alchimie », « Kabbale » pour le roman « Guerre et Paix » (voir p. 17f). L’expérience maçonnique est un voyage initiatique, un « processus de mort et de renaissance » pour atteindre « un niveau d’existence supérieur » (cf. p. 18)… La paix de Tolstoï peut être vue à la lumière de l’esprit maçonnique et Le monde initiatique peut être compris comme le dépassement des opposés corps-Esprit, monde-ego, humain-divin et peut-être même guerre-paix (cf. p. 18f).
Toujours sur le thème de l’union des contraires : la « culture maçonnique » russe entre les XVIIIe et XIXe siècles montre un « étrange mélange de mysticisme et d’idées progressistes » (voir p. 73).
3.3.2 Non à la raison humaine, à la mort-renaissance, au panthéisme mystique
Au cours des deux dernières années de son travail sur Guerre et Paix, Tolstoï fait preuve d’une grande méfiance à l’égard de la capacité de la raison humaine à comprendre les causes des événements ainsi que le sens et le but ultimes de l’existence. Les héros du roman partagent cette conviction, que Tolstoï adopte dès son plus jeune âge. Pour Tolstoï, les vérités sont des paradoxes, les certitudes de la raison sont fausses, et ce n’est qu’à partir de la reconnaissance de l’irrationalité de l’existence qu’un mouvement vers la lumière peut naître (cf. p. 223f). Tolstoï considère également comme illusoire l’idée selon laquelle on peut agir en vue du bien général de tous (voir p. 225)… L’idée du bien commun, l’effort d’agir pour le bien commun, de vouloir régénérer l’humanité, est une illusion de la raison humaine, qui est corrompue (cf. p. 226). Il faut se purifier intérieurement d’une telle illusion (voir p. 227)… Tolstoï rejette le « rationalisme » à la fois aristotélicien et cartésien (voir p. 227)… Tolstoï traite du problème du libre arbitre, de la relation entre nécessité et liberté, il se demande si c’est le hasard, l’arbitraire ou la providence divine qui guide les actions humaines… Faggionato écrit à ce sujet (je souligne en gras les termes initiatiques et maçonniques importants) : « La connaissance de l’univers maçonnique-martiniste fournit à l’écrivain un premier solution à ce problème. Le concept d’ harmonie entre la partie et le tout, que Tolstoï rencontre dans les textes hermétiques et dont la figure de Basdeev devient un symbole, permet la coexistence des contraires . Le personnalisme bohème des Martinistes permet une dimension de liberté dans la déification de soi, qui est le produit du Grand Œuvre. Sur la base de cette lecture, la réflexion créatrice de Tolstoï aboutit à un émanationnisme sui generis . Dieu ne se manifeste pas dans la matière du monde, où prévaut le principe de cause à effet et où toute tentative « d’agir » s’avère infructueuse et illusoire. Dieu se manifeste dans l’universel subjectif qu’est l’âme humaine, au terme d’un processus de régénération qui prend la forme du parcours maçonnique et se déroule par morts et renaissances successives. A la fin du voyage initiatique, le soi, le samost, se déplace, à cette limite de la liberté où le choix et l’action redeviennent possibles, mais le choix et l’action ne sont plus le résultat d’un égoïsme individuel, ni d’un processus rationnel, mais d’une adaptation instinctive de la partie au tout, d’une participation au tout. le mouvement de l’univers, une harmonisation de la voix individuelle avec la symphonie des sphères célestes » (p. 227f, dactylographié en gras par moi, italique dans le texte).
3.3.3 Extraits des cahiers du comte Sergueï Lanskoi : franc-maçonnerie, alchimie, Kabbale
Le professeur Faggionato note que de nombreuses notes de Tolstoï et des phrases entières de Guerre et Paix concordent avec des passages de trois cahiers dans lesquels le comte Sergueï Lanskoi a consigné les enseignements maçonniques qu’il a reçus entre 1811 et 1815 (voir p. 177).
Sergueï Lanskoi, franc-maçon et ministre de l’Intérieur
Sergueï Lanskoi (1787-1862) entra dans la franc-maçonnerie en 1810 et joua un rôle important dans les loges de Saint-Pétersbourg jusqu’à ce qu’il devienne sous-préfet du chapitre de Phénix sous le nom d’initiation « Eques a phoenice ressuscito » . Lanskoi rejoignit le mouvement décembriste, pour ensuite s’en séparer avant la tentative de soulèvement de 1825. En 1828, il fut l’un des dirigeants du Degré Théorique de l’Ordre Rosicrucien, reconstitué en secret après le décret de 1822 par lequel le tsar Alexandre Ier avait interdit toutes les associations maçonniques. Lanskoi a dirigé une loge du diplôme théorique jusqu’à sa mort. En 1855, le tsar Alexandre II le nomme ministre de l’Intérieur. Pendant quarante ans, le comte Lanskoi a dirigé de nombreuses associations philanthropiques et caritatives. Après sa mort, une partie de sa bibliothèque fut offerte au musée Rumyantsev (voir p. 174).
Le professeur Faggionato déclare que le comte Sergueï Lanskoi appartenait à la Grande Loge provinciale russe de rite suédois (voir p. 385), dans laquelle les diplômes écossais et le diplôme de théoricien étaient maintenus. Dans l’une de ces loges de la Grande Loge provinciale, Tolstoï fit initier à la franc-maçonnerie son personnage littéraire Pierre Bezukhov de « Guerre et Paix » (voir p. 386). Mais même à l’ombre des loges de rite suédois, plus mystiques et rosicruciennes, il existe des francs-maçons qui se consacrent à la politique dans un sens progressiste. Et il y a des francs-maçons qui fréquentent deux systèmes maçonniques rivaux depuis 1815, à savoir la Grande Loge d’Astraea et la Grande Loge provinciale de rite suédois (voir p. 386f)… Le comité de soutien aux orphelins ou aux pauvres familles est dirigée par Sergueï Lanskoi et se compose exclusivement de francs-maçons de la Grande Loge provinciale (voir p. 388).
Même dans la « double appartenance », on peut reconnaître une sorte de coniunctio oppositorum …
Dans un cahier à l’élégante couverture de cuir rouge, le comte Lanskoi écrit sur l’alchimie (mercure-soufre-sel), sur les degrés maçonniques (« Le grade Trinité « sel, soufre et mercure » consiste… Faggionato déclare qu’il est « mystique et spirituel » alchimie » selon les enseignements de Jakob Böhme et Louis-Claude de Saint-Martin (voir p. 180). Selon l’alchimie, l’homme intérieur avance vers un plan d’existence supérieur à travers des morts et des renaissances spirituelles sans fin… Selon les archives maçonniques et alchimiques lues par Tolstoï, l’homme peut surmonter le dualisme corps-esprit… Adoniram est tué par trois mauvais compagnons… tout meurt, mais Adoniram tué ressuscite (voir p. 180f)…
Grâce aux manuscrits maçonniques du comte Lanskoi, Tolstoï apprend les concepts et les processus du Grand Œuvre de l’Alchimie : le passage des ténèbres à la lumière… la libération de l’esprit de la prison physique (voir p. 228f)…
Les commentaires suivants du professeur Faggionato sur les manuscrits alchimiques et hermétiques du comte Lanskoi sont également très intéressants : « Ces manuscrits étaient avant tout l’expression d’une manière de penser essentiellement dualiste qui correspondait aux besoins spéculatifs de l’auteur. Il ne s’agit pas tant d’un dualisme par exclusion, où l’affirmation d’un pôle présuppose la négation de son contraire, mais plutôt d’un « dualisme constructif », qui autorise la contradiction et la place à la base du mouvement qui s’ensuit. la vie elle-même l’est. La structure du processus alchimique, le Grand Œuvre, est en effet essentiellement dynamique. Cela commence par la mort alchimique, c’est-à-dire par la séparation des trois principes (soufre, mercure et sel – corps, âme et esprit), suivie de phases ultérieures au cours desquelles les principes et les éléments se réunissent progressivement dans une nouvelle naissance. Le processus ne se déroule pas de manière linéaire, mais par étapes discontinues qui représentent les étapes réelles du travail. La logique qui sous-tend ce processus présuppose le renoncement aux principes d’identité et de non-contradiction, car la mort n’est pas la mort, mais une nouvelle vie, une renaissance. Cela n’a rien à voir avec la dialectique hégélienne : les contraires ne coïncident pas grâce à une synthèse, mais il existe entre eux une sorte d’« antagonisme harmonieux », qui se réalise dans un cycle éternel de mort et de renaissance » (p. 229f).
Une note de ma part à ce sujet : En réalité, la dialectique hégélienne s’intègre très bien.
Alexandre, le cousin de Lanskoi, était également franc-maçon.
Le professeur Faggionato poursuit : « La plupart des textes alchimiques distinguent deux voies, la sèche et la humide, par lesquelles l’alchimiste se développe et se transforme d’un être inférieur à un être supérieur. Sur le chemin humide qui s’étend dans le « temps », l’accent est mis sur la séquentialité d’un chemin qui passe par différentes étapes ; Sur le chemin sec, cependant, la simultanéité est soulignée. Cependant, les deux voies sont caractérisées par des cycles de construction et de destruction dans lesquels rationalité et irrationalité, sphères conscientes et inconscientes, raison et émotion alternent et se heurtent. L’alchimiste sait utiliser les éléments caractéristiques des voies sèches et humides dans la réalisation du Grand Œuvre Mystique, qui voit la mort du « vieil » homme et la naissance de l’homme cosmique à travers la putréfaction alchimique : une mélancolique, une phase douloureuse et endormie dans la matière. Ces concepts sont évoqués dans les brèves notes que Tolstoï a prises lors de l’étude des manuscrits maçonniques du Musée Rumyantsev et qui ont déjà été discutées » (p. 230, en gras, en italique dans l’original).
Dans le mysticisme alchimique-hermétique ainsi que dans le mysticisme de la Kabbale juive, le but est l’amour supérieur, c’est-à-dire « l’ union des contraires » ou l’union du masculin et du féminin (voir p. 282f). Un des cahiers du comte Lanskoi, relié en cuir vert et or, illustre les principes de la Kabbale et de l’alchimie (voir p. 284, dactylographié en gras par mes soins).
3.3.4 Décès pour un ami…
Le professeur Faggionato aborde également le symbolisme clair-obscur qui est au centre du rituel et de la pensée maçonnique. Cette symbolique est également mentionnée dans les cahiers du Comte Lanskoi et bien sûr dans la Kabbale (cf. p. 317f). Faggionato évoque ensuite brièvement le troisième degré du Maître Franc-Maçon : Le Franc-Maçon doit descendre dans les ténèbres, dans la mort, pour trouver la lumière et. retrouver le divin en lui (cf. p. 318f)…
Dans les catéchismes maçonniques qui circulent en Russie depuis les années 1880, notamment dans les loges appartenant à l’Union de la Grande Loge provinciale (dont le comte Sergueï Lanskoi était également membre), on parle de sept commandements, et le septième est « aimer la mort », donc ne pas la voir comme un « ennemi » mais comme un « ami » (cf. p. 196f). L’image de la mort et de la renaissance est importante dans la culture maçonnique (voir p. 218).
3.4 Quelques personnages de « Guerre et Paix »
Au moins certains personnages de « Guerre et Paix » expriment des concepts du monde ésotérique de la franc-maçonnerie russe. Voyons ce que le professeur Faggionato a découvert.
3.4.1 Ivan Lopukhin ou le franc-maçon plus ancien et ésotérique Basdeev de « Guerre et Paix »
Faggionato écrit à propos de Tolstoï et de sa connaissance de la franc-maçonnerie russe (l’« Ordre ») : « Le 9 mai 1864, l’écrivain, comme déjà mentionné, acquiert plusieurs livres qui étaient fondamentaux pour sa connaissance de l’époque ; certains d’entre eux concernaient les enseignements de l’ordre et furent publiés dans l’imprimerie d’Ivan Lopukhin, spécialisée dans l’édition d’œuvres gnostiques. La dixième variante du début, dans laquelle le thème maçonnique est introduit, remonte exactement à cette époque » (p. 125).
Ivan Lopukhin est également franc-maçon (voir p. 49) de la franc-maçonnerie Novikov-Rosicrucienne-Martiniste (voir p. 55f), dans laquelle sont examinées la théosophie de Jakob Böhme et la pensée ésotérique de de Saint-Martin et de Swedishborg (cf. p. 92)… Ivan Lopukhin, collègue de Novikov à l’apogée de la rosicrucianisme russe, est traducteur et éditeur, auteur d’ouvrages importants sur la rosicrucianisme russe, mais également très engagé politiquement et socialement dans le travail caritatif et l’éducation des jeunes. Lopukhin est sénateur chargé des affaires judiciaires, est contre les châtiments corporels et soutient les minorités persécutées (voir p. 95). C’est précisément de Lopukhin que Tolstoï s’est inspiré de la figure du vieux leader franc-maçon et martiniste Pierre Bezukhov (voir p. 96).
Sceau maçonnique russe
Dans la deuxième partie du deuxième volume de « Guerre et Paix », Pierre Bezukhow est admis dans une loge maçonnique (voir p. 25). Dans l’une des premières variantes de « Guerre et Paix », Pierre Bezoukhov cherche à émigrer et rencontre un vieux franc-maçon et martiniste qui peut l’aider. De la conversation de Bezukhov avec le vieux franc-maçon émerge l’idée qu’il existe dans la nature des forces opposées qui, cependant, lorsqu’elles se rencontrent, produisent l’harmonie et le bonheur (cf. pp. 137-139)… Le vieux franc-maçon et martiniste explique à Pierre que la création entière vient de Dieu et retourne à Dieu et que l’homme peut revenir à son état d’ange car – selon la doctrine martiniste – il est le dernier des esprits et le premier des êtres matériels (cf. p. 140f) .
Dans Guerre et Paix, Josif Basdeïev est le franc-maçon qui s’est séparé des francs-maçons de Saint-Pétersbourg et vit à Moscou. C’est Basdeev qui conduit Pierre à « l’illumination », à une véritable renaissance initiatique (voir p. 256)… Pierre distingue les francs-maçons en quatre classes : 1) les vieux mystiques de la génération précédente ; 2) les garçons qui, comme lui, sont à la recherche de la vérité ; 3) les formalistes, engagés uniquement dans le rituel ; 4) les opportunistes qui recherchent la connaissance de personnes riches et puissantes dans la franc-maçonnerie. Basdeev, vieux franc-maçon et martiniste, est placé dans la catégorie de ces francs-maçons complètement immergés dans les secrets de la science maçonnique, de l’alchimie et de la géométrie sacrée (voir p. 258f)… Basdeev et Pierre appartiennent (dans « Guerre et Paix « ) au degré de « Chevalier de l’Orient et de Jérusalem », qui est l’un des hauts degrés de la franc-maçonnerie du système suédois (voir p. 260). Même en tant que vieil homme mourant, le franc-maçon et martiniste Basdeev est absorbé dans l’étude de la « vraie science », c’est-à-dire l’alchimie vivante, qui pointe vers la connaissance de soi, la perfection intérieure et la plus haute vertu, c’est-à-dire l’amour de la mort. . Par la mort, s’accomplit la renaissance de l’homme et de la nature… Basdeev est bien un symbole, une étape cruciale dans le parcours initiatique de Pierre (voir p. 263)…
3.4.2 Karataev, le cercle, les cahiers Lanskoi : androgynie alchimique et kabbalistique…
Le professeur Faggionato écrit que Platon Karataev est le dernier personnage à apparaître dans le roman « Guerre et Paix » . Karataev est un sous-officier russe qui incarne « tout ce qui est russe, bon, heureux et épanoui ». Tolstoï souligne la rondeur de Karataev : tête, yeux, bouche, cheveux, mains, épaules, poitrine… La silhouette entière de Karataev tend vers un cercle (voir pp. 305-308).
Pourquoi Tolstoï insiste-t-il pour opposer Karatayev au cercle ? Selon le professeur Faggionato, la principale source d’inspiration de Tolstoï pour « Rondeur » de Karataev se trouve dans les manuscrits du comte Sergueï Lanskoi, que Tolstoï consulta vers la fin de 1867 pour peaufiner d’autres épisodes du roman (voir p. 309).
Faggionato passe alors au paragraphe « Un petit carnet relié en cuir vert et or » . Il s’agit du cahier dans lequel le franc-maçon Lanskoi notait des notes sur les « sciences hermétiques », qui étaient un objet d’étude privilégié dans les loges du Degré Théorique. Dans ces notes le cercle est présenté comme un symbole de Dieu, de l’univers, de la fusion des quatre éléments… La forme circulaire se retrouve dans l’univers, dans le macrocosme et aussi dans le microcosme, c’est-à-dire chez l’homme (oeil , pupille, courbure des jambes, des bras, des doigts, du cou, des veines, des organes internes, etc.) (voir p. 309f). Faggionato note la « similitude unique » entre ces enseignements écrits par le franc-maçon Lanskoi et le portrait en pied de Platon Karatayev. La rondeur de Karataev fait référence « à l’idéogramme alchimique du Tout-Un » (p. 310). Ce cahier explique également les principes de la Kabbale juive, la signification des lettres de l’alphabet hébreu et les sept noms de Dieu (voir p. 310).
Carré, cercle, trinité alchimique, Cantique des Cantiques, arbre du bien et du mal… Ce sont des éléments décrits par Lanskoi et que l’on retrouve disséminés dans le roman de Tolstoï. Faggionato note que le nom Platon Karatayev peut faire référence à une exégèse kabbalistique : « taev » signifie « désireux » en hébreu ancien, et « rakav » (selon la tradition juive avec des consonnes alternées) signifie « être uni ». Ainsi le nom Karataev peut signifier : « désireux d’être unis, de revenir à l’unité harmonieuse de la sphère », et c’est ce que semble être Karataev aux yeux de Pierre dans « Guerre et Paix ». De plus – selon Faggionato – ‘ rakav ‘ peut faire référence à ‘ Merkavah ‘ ( hébreu), c’est-à-dire au ‘char’, le voyage de la création au monde céleste, jusqu’au trône de Dieu… Selon la Kabbale, on remonte d’une telle expérience mystique vers le quotidien… l’ascension et la chute…, exactement ce qui émerge de « Guerre et Paix » (cf. p. 311).
Dans ce roman, la parole et le chant de Karataev sont comparés au chant des oiseaux… Faggionato note que dans la Kabbale, la magie et l’alchimie de la Renaissance, le chant est la plus haute expression humaine… Le langage des oiseaux, cependant, est compris comme une langue parfaite que la Langue des initiés et des dieux (voir p. 312).
Selon la Kabbale, il est nécessaire d’unir les polarités masculines et féminines… Eh bien, les sons du chant de Karataev sont toujours soudains, délicats, « presque féminins »… Karataev parle avec la cadence aimante, tendre et mélodieuse de l’ancien Paysannes russes (cf. p. 312)… Par ailleurs, le Karatayev de « Guerre et Paix » incarne aussi – écrit Faggionato – « la même ‘dualité constructive’ sur laquelle repose le processus alchimique, qui permet la contradiction et en fait même le origine du mouvement, qui est la vie elle-même : « Il disait souvent exactement le contraire de ce qu’il avait dit auparavant, mais l’un et l’autre avaient raison » » (p. 313).
Même après sa mort, Karataev reste une référence. Dans l’épilogue du roman, Natasha interroge Pierre sur son implication dans une association politique : « Karataev serait-il d’accord avec cela ? (voir p. 315).
3.5 Tolstoï et la franc-maçonnerie russe entre orthodoxie et syncrétisme
Alors que la spécialiste Maria Sémon estime que Tolstoï s’inspire de la théologie orthodoxe dans « Guerre et Paix »,
En 1822, le tsar Alexandre Ier interdit la franc-maçonnerie et celle-ci se réfugia à nouveau dans la clandestinité. En 1828, le diplôme théorique fut rétabli à Moscou, également à l’initiative du comte Lanskoi (voir p. 389). Le gouvernement tsariste met en place un système d’espionnage d’une main de fer dans lequel des agents infiltrent tous types d’associations. Des perquisitions et des saisies de livres et de documents sont fréquentes. C’est ainsi que conclut Faggionato : « Mais malgré tout, la culture rosicrucienne, avec son bagage d’études hermétiques, reste vivante et perdure au fil des décennies. Tolstoï pourra capter leurs dernières lueurs, faire la connaissance des représentants de cet univers couchant et s’enthousiasmer pour leur vie, leurs écrits et leur vision du monde » (p. 390).
En fait, des éléments de la culture rosicrucienne et gnostique n’ont pas complètement disparu avec la révolution bolchevique, mais ont survécu en Union soviétique, pour ensuite « renaître » (comme un phénix) après la chute de l’URSS…
* Le Père Paolo Maria Siano appartient à l’Ordre des Franciscains de l’Immaculée (FFI) ; Le docteur en historien de l’Église est considéré comme l’un des meilleurs experts catholiques en matière de franc-maçonnerie, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages de référence et de nombreux essais. A travers ses publications, il apporte la preuve que la franc-maçonnerie, depuis le début jusqu’à aujourd’hui, contenait des éléments ésotériques et gnostiques, qui justifient son incompatibilité avec la doctrine de l’Église.
Traduction/Notes de bas de page : Giuseppe Nardi Image : Corrispondenza Romana/Wikicommons/MiL (captures d’écran)