Accueil Blog Page 867

Pourquoi le Grand Orient de France est-il la plus grande obédience française ?

1

C’est bien connu – le Grand Orient de France est l’Ordre qui, et de loin, détient le record du plus grand nombre de frères et de sœurs, parmi toutes les obédiences du paysage maçonnique français. On pourrait donc se demander comment cela puisse être le cas…

Bien sûr, beaucoup de profanes seront séduits par le discours républicain et laïcard de certains illustres membres du conseil de l’Ordre du GODF. En outre, la volonté croissante de séduire à outrance peut porter ses fruits. On parle bien depuis des années de la course aux chiffres, comme si ‘avoir la plus grosse’ était un élément fondamental dans le poids politique qu’un Ordre pourrait exercer sur les gouvernants du pays. Si cela est vrai, nous avons tous à nous en inquiéter…

Un des éléments de réponse quant au succès du GODF est peut-être la diversité des rites et des Frères et Sœurs qui ont choisi cet Ordre. Les loges peuvent être sociales, spirituelles ou les deux ; elles peuvent choisir d’initier hommes ou femmes, et selon les qualités et défauts des profanes qui leur sied ; une liberté quasi-totale est laissée aux loges.

Difficiles d’avoir accès a des chiffres officiels ; mais il semble que sur les quelque 900 loges du GODF, les deux tiers soient au Rite Français et le reste pratiquent… Un des autres rites dont le GODF est le détenteur, dont Memphis-Misraïm, le RER, le REAA, et même le rite d’York, et d’autres encore. Selon le livre officiel de l’histoire du GODF, plus d’un millier de maçons travaillent au seul rite de Memphis-Misraïm. Cela montre bien comment le GODF est divers et multiple.

De même, les rites et rituels peuvent être retouchés, soit pour les restaurer à leur ancienne gloire, soit pour les modifier. Cela peut donner des débordements ; mais tel est le prix de la liberté. Serait-il possible de toucher au saint rituel dans certaines obédiences régulières, ou qui souhaiteraient l’être ? Il y a parfois un ayatollah du savoir qui va vouloir imposer sa vérité aux autres, par exemple lorsque qu’une obédience tenta de changer le mot de passe de l’apprenti au Rite Écossais Rectifié (P….) par un autre (Tu….).

Il y a toujours de bonnes raisons, du moins du point de vue de ceux qui prônent le changement, pour proposer ces modifications et les imposer à toute une obédience. Ceux qui en ont fait les frais se reconnaîtront – et ils sont plus commun que l’on pense. Au GODF, et malgré tous ses défauts, il faut reconnaître l’incroyable largesse qui est laissée à ceux qui veulent travailler sérieusement.

Aucune obédience n’est parfaite, elles possèdent toutes un défaut ; inutile de revenir sur celui du GODF. Mais peut-être que tel est le prix à payer pour faire vivre la Concorde, un antre où tous sont bienvenus, qui qu’ils soient et quoi qu’ils pensent. Le GODF ouvre ses portes à tous, du moment qu’ils soient capables de respecter certains principes relativement simples. Les frères et sœurs du GODF tentent de se respecter dans leur diversité et de se reconnaitre comme tels, même si les différences philosophiques et rituelles sont telles qu’elles peuvent paraître incohérentes.

N’oublions pas que le Rite Opératif de Salomon fut créé par un illustre membre du GODF dans la fin du 20ᵉ siècle, et qu’il possède une profonde et belle approche symbolique. N’oublions pas que si le Rite Écossais Rectifié fut réintroduit en France, c’est aussi grâce à l’aide de Camille Savoire, un membre important à l’époque du GODF. Bien d’autres événements importants dans l’histoire de l’initiation en France sont dus au GODF, et ce, en parallèle à son influence réelle ou supposée sur les politiques humanistes et socialistes de la France.

Ainsi, nous en revenons au chiffre 3, et à la fameuse dialectique chère à Hegel, qui est si connue : thèse – antithèse – synthèse (même si Hegel n’a pas utilisé cette formulation). Le Grand Orient de France est la preuve vivante de l’existence d’un concept et de son contraire… La stabilité de son édifice contribue à sa force ; les scissions n’ont pas ébranlé l’obédience, à l’instar de la grande GNLF par exemple. Souhaitons qu’il puisse longtemps continuer à exister, malgré les problématiques qu’il peut traverser et qui interrogent ses propres membres.

Les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique – Le programme 2021

Les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique – Le programme 2021

Nous vous invitons à prendre connaissance du programme de l’été 2021 du Collège maçonnique.

Chaque jeudi soir, 19h30, du 24 juin au 2 septembre 2021.

Inscription obligatoire sur : https://zoom.us/meeting/register/tJwodO2hqDsvHdbEU0cD3r6NTRJ7_yeLtfp4

Onze conférences de grandes qualités et des conclusions apportées par Christian Roblin, président du Collège Maçonnique.

Le Collège Maçonnique est le nom de l’association, régie par la loi de 1901, qui regroupe les activités de L’Académie Maçonnique, de L’Université Maçonnique. Le Collège Maçonnique a pour but la recherche philosophique, historique et culturelle concernant la Franc-Maçonnerie, la publication de ses travaux, l’aide à la publication des travaux de ses membres et toutes initiatives ou actions contribuant à ce projet.

Le Collège Maçonnique organise notamment des conférences ouvertes aux francs-maçons de toutes obédiences. Celles de L’Académie Maçonnique sont ouvertes à celles et ceux qui possèdent au moins le troisième degré (Maître Maçon) et celles de L’Université Maçonnique dès le premier degré (Apprentis). Par ailleurs, l’association commercialise aussi les « Mémoires de l’Académie maçonnique », qui rassemblent les textes des conférences.

Source : https://collegemaconnique.fr/les-origines/

Points de Vue Initiatiques – NUMÉRO SPÉCIAL 200E

Points de Vue Initiatiques

Vivre la tradition

Revue de la Grande Loge de France

GLDF, N° spécial 200e, juin 2021, 196 pages, 10 €

Un anniversaire, cela se fête… Et c’est exactement ce que fait Points de Vue Initiatiques (PVI). « Du bon usage du symbole », tel est le titre de ce numéro spécial.

Robert de Rosa, directeur de la rédaction, nous invite à lire ce numéro 200, finalement plus que spécial car exceptionnel, avec un thème cher au coeur des Francs-Maçons : le symbole.

Au-delà d’articles traitant de la pensée symbolique, de la pensée rationnelle, du dévoilement et du sacré, des arts, des symboles et des rites mais aussi des mythes, vous y trouverez des entretiens avec la psychothérapeute Annick de Souzenelle sur la voie symbolique, Françoise Bonardel, philosophe et essayiste, sur le langage symbolique, avec Pascal Picq, paléoanthropologue, quant à l’origine des symboles et enfin avec Julien d’Huy, chercheur à l’Institut des Mondes Africains, sur la phylogénétique des mythes.

Un beau numéro anniversaire. Bonne lecture à toutes et à tous !

Pour l’occasion, PVI vous propose une visioconférence tout public le 24 juin à 19 h 30, sur « Symboles et mythes, toujours actuels ? »

En savoir plus : https://bit.ly/3xzT0OA

René Guénon et le guénonisme – Enjeux et questionnements

René Guénon et le guénonisme

Enjeux et questionnements

Jean Borella

L’Harmattan, Coll. Théôria, 2021, 168 pages, 18 €

Jean Borella, agrégé de l’Université, docteur ès Lettres, a enseigné la métaphysique et l’histoire de la philosophie ancienne et médiévale à l’université de Nancy II. Son œuvre entend conjuguer le souci de la philosophie avec celui de la foi chrétienne, de sa doctrine comme de ses expressions symboliques.

Ici et maintenant, l’auteur nous donne des repères essentiels pour mieux connaître René Guénon (1886-1951) auteur qualifié de « figure inclassable de l’histoire intellectuelle du XXe siècle ». Était-il

philosophe, philosophe traditionnel, penseur, essayiste ou orientaliste ? Ou peut-être tout cela en même temps… C’est l’objet du premier chapitre traitant ainsi de sa vie, de son œuvre et de ses idées maîtresses. Une grande place est aussi laissée « À propos de La crise du monde moderne » et de la mise en place de ce concept. Ouvrage qui connut, dès sa parution en 1927, un grand retentissement, dû à sa critique du monde occidental. Une lecture dès plus intéressante du chapitre consacré à « Du symbolisme selon Guénon » nous conduira à une meilleure compréhension du symbolisme sacré. L’œuvre guénonienne (inspirante et inspirée ?) a-t-elle une influence sur nous ? le lecteur trouvera plaisir à parcourir les pages de Jean Borella qui, finalement, nous donne envie de (re)lire les Guénon…  

Concernant la Collection Théôria dirigée par Pierre-Marie Sigaud*

La collection Théôria prend la suite de la collection Delphica dirigée aux éditions l’Âge d’Homme par Pierre-Marie Sigaud pendant une quinzaine d’années. Elle se propose de rendre compte du phénomène religieux et de ses multiples expressions en publiant des ouvrages conjuguant le souci de répondre aux exigences de rigueur intellectuelle et scientifique qui sont celles de la recherche universitaire moderne à une perspective éclairée par la philosophia perennis, cette doctrine métaphysique qui est seule susceptible de redonner tout son sens au fait religieux et de le rendre pleinement intelligible aux esprits modernes. Dans le contexte actuel de sécularisation et d’agnosticisme généralisé, il n’est pas de tâche plus urgente. Tel est l’esprit dans lequel les auteurs de la collection, chacun selon l’orientation qui lui est propre, abordent les divers domaines où peuvent s’articuler les rapports de l’homme au sacré, à la religion et aux réalités transcendantes : anthropologies et cosmologies traditionnelles, symbolisme, eschatologie, philosophie et théologie de l’histoire, art sacré, et même littérature envisagée dans sa dimension métaphysique et spirituelle, voire « prophétique ».

* Pierre-Marie Sigaud, professeur de lettres françaises au collège Honoré de Balzac à Albi, dans le Tarn, romaniste et germaniste de formation, a été directeur de la collection Delphica aux éditions L’Âge d’Homme de 1990 à 2006. En 2007, il a créé aux éditions L’Harmattan la collection Théôria qui reste fidèle à l’esprit de la collection précédente et poursuit la même ligne éditoriale.

Giordano Bruno : Franc-Maçon sans tablier

3

 

Ce livre est une analyse de l’œuvre du philosophe italien, mort sur le bûcher en 1600, en s’interrogeant sur sa proximité philosophique et symbolique avec la Franc-Maçonnerie moderne, née près de 150 ans après la mort de Giordano Bruno

Il s’agit d’une enquête historique et philosophique sur un philosophe si particulier, qu’ il  a réussi à se faire excommunier par les catholiques, les luthériens et les calvinistes, alors qu’il avait été ordonné prêtre. Sa philosophie reposait sur l’idée d’un univers infini et éternel où l’homme sur terre n’aurait pas plus d’importance qu’une plante sur n’importe quelle autre planète. A la manière d’un Da Vinci Code nous voici plongés dans une enquête pleine d’hypothèses dont la plus séduisante se traduit par 2 chapitres : Est-ce Giordano Bruno qui a influencé la maçonnerie anglaise ou est-ce la maçonnerie anglaise qui a fait de Giordano Bruno sa légende ?

L’Auteur

Correspondant Local  à ESCLASSANS près d’AUCH du quotidien LA DEPECHE, Guy Chabas est diplômé d’un master II : Histoire de la philosophie  à la Sorbonne . Il  a déjà publié en octobre 2020 : Pythagore, Kabbale et symbolisme maçonnique » aux éditions Maison de Vie

Le Cahier de vacances du Franc-maçon – Apprenti

Il y a, dans l’idée même d’un « cahier de vacances » maçonnique (à partir de 3 ans), une promesse malicieuse : celle de décharger l’initiation de sa gravité trop souvent empesée, de rappeler qu’un chemin spirituel ne se nourrit pas seulement de silence et de lenteur, mais aussi de respiration, de jeu, de sourire. Bref, d’une forme de légèreté qui n’est pas le contraire du sérieux, mais son contrepoids.

Sur ce point, l’ouvrage tient… à une condition : qu’on le lise comme un objet graphique

Car la réussite du livre, la vraie, tient d’abord à Jiho. Son trait, net, immédiatement lisible, tendrement ironique, fait exactement ce que la pédagogie symbolique attend d’une image : elle ne « décore » pas, elle désencombre. Elle ouvre des portes là où le texte, souvent, les referme. Les dessins installent un second niveau de lecture, plus juste parce que plus humble : l’humour y devient outil, au sens opératif du terme. Une vignette bien trouvée dit parfois mieux qu’un paragraphe ce que l’Apprenti doit pressentir : la disproportion comique entre nos certitudes et notre ignorance, l’écart entre le tablier porté et le travail réel, la tentation permanente de « paraître » plutôt que d’« être ».

Chez Jiho, le rire n’écrase pas ; il rectifie. Il met d’équerre sans humilier. Il rappelle que l’initiation n’est pas un costume, mais une métamorphose intérieure, et qu’une métamorphose commence toujours par accepter d’être un peu maladroit.

En ce sens, Jiho fait œuvre de transmission : il dessine comme on trace une planche au tableau, avec cette précision d’artisan qui sait que le symbole doit rester simple pour demeurer fertile. Ses images jouent le rôle de petites respirations, plus justes que les effets annoncés : des indices qui n’expliquent pas tout, mais qui orientent, comme des cailloux blancs sur le chemin. C’est lui qui donne au cahier sa tenue, son rythme, son souffle. C’est lui, surtout, qui empêche l’ensemble de basculer dans la plaisanterie facile ou la satire de comptoir.

Hélas, le texte, et singulièrement la posture d’auteur de Jiri Pragman, tire l’ouvrage vers une tout autre énergie : une ironie plus sèche, parfois franchement condescendante, qui ressemble moins à la fraternelle taquinerie qu’à une manière de prendre l’Apprenti de haut.

Dès l’« Avant-propos », le ton est donné : l’initié à peine né est déclaré « déjà abandonné », les vacances deviennent prétexte à moquer la disponibilité des maçons, et l’on promet des « réponses » qui fourniront « un vernis bien utile si tu veux paraître » – aveu troublant. On peut lire cela comme une provocation humoristique ; on peut aussi y voir une petite musique plus gênante : celle d’un cynisme qui s’accommode très bien du décor initiatique.

Or l’Apprenti n’a pas besoin qu’on lui apprenne à « paraître ». Le monde profane le fait déjà très bien. Il a besoin, au contraire, qu’on l’aide à distinguer l’apparence de la transformation, le vocabulaire de l’expérience, l’érudition de la lente maturation. Là où Jiho éclaire, Pragman brouille : non par manque de sujets, mais par manque d’exigence. On sent souvent une mécanique de questions-réponses conçue pour produire du clin d’œil, du “bon mot”, du reconnaissable et trop rarement une véritable montée en profondeur. Le cahier se présente comme un outil d’enrichissement ; il finit par ressembler à une collection de signaux, utiles pour se repérer socialement, moins pour travailler intérieurement.

Cette faiblesse apparaît de manière éclatante dans la bibliographie, annoncée comme si elle devait donner de l’épaisseur au propos. Elle est, en réalité, pauvre, non pas en nombre de titres seulement, mais en ambition. On y trouve, sans surprise, des références très générales et très convenues : ouvrages d’initiation “grand public”, lexiques, quelques titres de symbolisme, des dictionnaires, Anderson, deux ou trois incontournables. Mais rien n’est véritablement pensé, ni hiérarchisé, ni problématisé. Une bibliographie initiatique devrait être une carte : elle montre des sources, des courants, des débats, des ruptures, des précautions de lecture. Ici, elle tient davantage du présentoir : quelques titres connus, posés là comme un alibi de sérieux.

Surtout, elle laisse un vide : où sont les grands repères historiques et critiques, ceux qui évitent justement à l’Apprenti de prendre le “folklore” pour le fond ? Où sont les travaux exigeants, les perspectives comparées, les sources primaires mises en contexte, les auteurs qui contredisent, ceux qui obligent à discerner ? Le résultat est paradoxal : un cahier censé accompagner l’entrée en initiation propose une bibliographie qui, au lieu d’ouvrir, confirme. Elle rassure plus qu’elle n’instruit. Elle ne forme pas l’esprit ; elle le meuble.

Le livre aurait pu être autre chose : un vrai cahier d’exercices symboliques, un compagnon de route estival, un jeu sérieux qui apprend à observer, à se taire, à relier, à questionner sans conclure trop vite. Il en reste des éclats — et ces éclats portent majoritairement la signature de Jiho. Car lui seul semble avoir compris que l’humour maçonnique n’est pas une posture, mais une hygiène : une manière d’empêcher l’ego de prendre la loge pour une scène, et le tablier pour un grade social.

En définitive, Le Cahier de vacances du Franc-maçon – Apprenti se lit comme un livre à deux vitesses :

  • réussi chaque fois que le dessin reprend la main, qu’il rend l’initiation respirable, qu’il parle au regard et non au vernis ;
  • décevant chaque fois que le texte se contente d’une familiarité un peu facile, d’un second degré qui tourne court, et d’un outillage bibliographique trop maigre pour soutenir une prétention pédagogique.

Si l’on devait résumer d’une formule : Jiho construit ; Pragman commente. Et dans un ouvrage qui prétend accompagner l’Apprenti, on attendait l’inverse : moins de commentaire, plus de construction.

Pour être juste avec l’objet éditorial, il faut rappeler que le “cahier de vacances” ne s’arrête pas à l’Apprenti.

Les auteurs déclinent le même dispositif — ton complice, apostrophe directe, humour de connivence — pour les degrés suivants. Et c’est précisément là que l’on voit plus nettement, comme en surimpression, ce que ce projet cherche à faire… et ce qu’il risque aussi de rater.

L’Avant-propos « Compagnon » : le thème de la liberté… tournée en consigne

On quitte l’Apprenti « abandonné » pour un Compagnon présenté comme “libéré de sa loge”, presque “mis dehors”, avec l’injonction de visiter ailleurs et l’interdiction de “remettre les pieds chez toi”. L’idée est claire : faire sourire sur la mobilité, l’ouverture, la découverte des usages, des styles, des rituels, des manières de travailler. On suggère même que le Compagnon, désormais, se confronte à la diversité : “plus belles ? simplement différentes ?”

Puis vient le passage le plus parlant : l’appel à la curiosité, au temps long, et cette image du bâton de Compagnon qu’il ne faudrait pas utiliser “pour se taper dessus” – rappel gentiment grotesque qu’aucun Temple ne se construit en un jour. Tout cela, pris isolément, est plutôt bien vu : on retrouve une morale de chantier, une pédagogie de patience.

Mais le procédé reste identique : une initiation réduite à des signaux, un “clin d’œil” qui fait sourire ceux qui savent déjà… et qui risque de laisser les autres au bord du chemin.

L’Avant-propos « Maître » : la même mécanique, le même risque

Dans le troisième cahier, on devine la même recette : relancer la connivence, épaissir le jeu de miroirs, promettre un cap supérieur – avec, en filigrane, cette tentation de confondre profondeur et allusion. Or plus on monte, plus la matière demande autre chose qu’un sourire : elle demande une densité, une retenue, une gravité juste. Le « cahier de vacances », à ce stade, devrait réussir un tour délicat : rester ludique sans devenir superficiel.

Et c’est exactement là que le projet, tel qu’il est posé, nous semble fragile.

Pourquoi nous n’irons pas plus loin

Je le dis clairement : je n’irai pas plus loin et je ne ferai pas de note de lecture consacrée à ces deux cahiers (Compagnon et Maître). Non par mépris, mais par cohérence : ce sont des cahiers de vacances, au sens strict, et ils assument cette filiation. On tourne des pages comme on coche des cases : un peu pour s’amuser, un peu pour se reconnaître, un peu pour “réviser” le vocabulaire et les usages. Très bien.

Mais plus on avance, plus la tournure générale laisse une impression mitigée : comme si l’on cherchait à faire “malin”, à produire du signe, au lieu de laisser l’outil faire son travail. L’humour, quand il devient système, finit par se regarder fonctionner.

Et la question du succès presse…

Au fond, tout se joue là : est-ce que ce concept peut faire un vrai succès presse ? Je n’en suis pas certain. Parce que le “cahier de vacances” marche quand il est à la fois populaire, évident, généreux. Ici, la connivence est parfois trop interne, le clin d’œil trop fabriqué, et l’ensemble, au lieu d’ouvrir largement la porte, donne parfois l’impression de la tenir entrouverte — pour ceux qui savent déjà comment entrer.

En résumé

L’idée est amusante, l’objet peut se vendre par curiosité et par cadeau d’été, mais je doute que la formule, dans cette tournure-là, devienne un succès médiatique durable, au-delà de la niche qui aime précisément ce type de clin d’œil.

Le Cahier de vacances du Franc-maçon – Apprenti
Jiho – Jiri Pragman / Dervy, 2018, 80 pages, 9,90 €

Le Collèges des Officiers – Les attributs et les outils emblématiques

Le Collèges des Officiers

Les attributs et les outils emblématiques

Percy John Harvey

Cépaduès, Coll. de Midi, 2021, 82 pages, 14 €

Le dernier ouvrage de Percy John Harvey se veut une explication de la composition du Collège des Officiers.

Une question que se pose tout candidat souhaitant, un jour, être installé dans la Chaire du roi Salomon. Mais que tout Maître Élu, avant sa cérémonie d’Installation, pour les obédiences qui la pratique, se doit de résoudre pour offrir à la Loge un Collège le plus harmonieux possible avec des Frères aptes à accomplir les offices nécessaires à la vie et au travail d’un Atelier.

Comment composer mon Collège, mais surtout qu’est-ce qu’un collège dont l’Apprenti découvre déjà au premier grade que « trois la dirigent, cinq l’éclairent, sept la rendent juste et parfaite ».

Neuf chapitres nous guident dans le décryptage de l’auteur. N’y voyons aucune allusion au nombre des Officiers de Loge comme au RER, l’auteur étant plutôt d’essence REAA.  Percy John Harvey définit ainsi trois classes principales d’Officier :

  • Les Officiers officiants du Collège qui assurent le bon déroulement des Travaux,
  • Les trois Officiers auxiliaires qui assistent les sept Officiers majeurs de la Loge, le Vénérable Maître et les deux Surveillants,
  • Les Officiers dignitaires mandatés par l’obédience ou la juridiction.

Au-delà de la simple fonction du poste – son rôle et sa mission -, l’auteur s’appuie sur la symbolique des outils notamment par ceux portés au sautoir des Trois Maillets de la Loge. Non sans avoir fait un détour par l’explication des nombres – 3, 5, 7, 10 et de l’ennéade.

Comme à son habitude le texte de Percy John Harvey s’enrichit de nombreux croquis et illustrations.

Avec « Les Officiers et les planètes », l’ouvrage se conclut avec une vision « cosmologique » d’une Loge juste et parfaite.

La biographie de l’auteur :

De culture franco-britannique, Percy J. Harvey fut ingénieur dans le domaine aéronautique et spatial. Franc-Maçon depuis près de quarante ans, il est passionné par l’iconographie sacrée et l’hermétisme. Son travail d’écriture est principalement dédié à l’approfondissement du symbolisme maçonnique des Loges bleues et des Loges de Perfection.

À retrouver sur www.cepadues.com

Les éditions Cépadués seront présentes aux Estivales Maçonniques en Pays de Luchon

ou

https://www.facebook.com/association.item/

La franc-maçonnerie en flux, pour moi c’est le pied !

Les divers types de motivation commencent à livrer leurs secrets : découvrez leurs différences. Le flux est un mode particulier de motivation, qui embellit la vie ; nous pouvons le rencontrer et le cultiver en franc-maçonnerie.

Nous le savons tous : nous sommes capables d’accomplir de grandes choses lorsque nous sommes motivés. Et nous en retirons alors un sentiment de plénitude, bien décrit par Maslow juché sur sa pyramide . Ayn Rand, dans son «  la révolte Atlas », martelait que si on se met au service d’une belle cause uniquement parce qu’on nous l’a enjoint, on tombe dans l’esprit de sacrifice, et tout se passera dans la douleur ou la morosité. Par contre, si on est au préalable passé par la case «  accomplissement de soi », un altruisme authentique peut naître.

Nous voyons là déjà deux sources de motivation.

La première, l’extrinsèque, est ce qu’on appelle la carotte et le bâton : nous la subissons pendant l’éducation, puis au cours de notre vie professionnelle, et en bien d’autres occasions. Disons le franchement : c’est souvent une motivation « utilitaire » qui en  résulte, on la comprend avec la tête, mais le cœur ne suit pas. Il arrive même qu’un travail que nous aimions nous plaît moins depuis qu’il est lié à des primes d’objectif ou carottes similaires. 

L’autre source de motivation est interne, on appelle donc cette motivation intrinsèque, et elle peut nous booster bien plus que l’extrinsèque. Cela ne fonctionne toutefois que si nous nous connectons à nos désirs intimes. Les psychologues ont étudié les milliers de nuances de désirs exprimées par nos congénères. On y distingue trois grandes familles : l’envie d’auto-réalisation, celle du pouvoir, et celle de connexion. Dans la première, nous aurons des notions de progrès, de compétence, de perfectionnement ; dans la seconde, on trouvera les mots comme chef, commandement, ascendant, et dans la troisième, être entouré, aimé, connecté aux autres.

Attention, les désirs avancent souvent masqués, aussi il arrive que l’assouvissement d’un désir procure peu de satisfaction : c’est le signe qu’il s’agissait sans doute d’un désir-écran ; à vous de trouver la vraie envie derrière.

Les désirs évoluent également avec l’âge, et un fantasme de jeunesse peut se révéler fade si consommé trop tard : gare à la date de péremption !  

Les chercheurs ont observé deux conditions grâce auxquelles la motivation intrinsèque peut rester efficace sur de grandes durées, et même dans un environnement hostile ( critiques, etc. ) :  le sentiment d’autonomie et le sentiment de compétence. Cela nous rappelle la formule «  bien faire et laisser dire ». Lorsqu’une activité est accomplie et qu’on a des signes montrant qu’on la fait mieux que les autres, même légèrement, la motivation s’en trouve renforcée.  Le sentiment d’autonomie naît lorsqu’on a librement choisi l’activité et la manière de la pratiquer.

La naissance et le maintien de la motivation sont liés au circuit de la récompense ( dopamine etc. ) . On pense souvent que la libération d’une dose de dopamine ne porte que sur des plaisirs forts et ponctuels, comme lors du contact avec des drogues, mais les petits plaisirs de meilleure maîtrise, jalonnés tout au long de l’apprentissage, par exemple d’un instrument de musique, suffisent à rendre la motivation durable.

On peut en déduire que maintenir le circuit de la récompense actif nécessite que le prochain objectif soit non immédiat ( sinon pas de plaisir ) mais atteignable. On retrouve là les conseils très connus pour la fixation d’objectifs ( on se souvient du « SMART » dans lequel A signifiait atteignable et R réaliste ) .

En 1975 le psychologues ont décrit un état d’esprit particulier, qu’ils ont appelé « flux » ( flow puisque c’était aux USA ). La majorité d’entre nous le connaissent : on y était lorsque, une tâche difficile accomplie, on relève le nez en souriant et on déclare : «  je n’ai pas vu le temps passer ! » C’est bien entendu une source immédiate de plaisir et de détente, mais aux effets efficaces, dans la durée, sur notre mental et notre estime de soi.

Les étudiants avec plusieurs activités pratiquées « sous flux » connaissent de meilleurs résultats en moyenne que les autres. Sortant d’une activité sous flux, on reconnaît avoir eu une vision en « tunnel », avec oubli de tout ce qui peut perturber la tâche en cours, une concentration parfaite avec souci du détail, et du plaisir tout le long.

A propos du flux, on pense inévitablement au «  enivrez-vous, de vin, de vertu ou de poésie » de Baudelaire.

Analysant le côté physiologique de cet état, les chercheurs ont découvert un niveau de cortisol modérément élevé. Cette hormone, secrétée par les grandes surrénales, se trouve à des niveaux élevés lors des situations de stress, pénibles à vivre. A des niveaux moindres de cortisol on aurait donc une excitation comme dans le cas du stress, mais agréable. C’est probablement lié à une activation simultanée des systèmes nerveux sympathique et son antithétique le parasympathique ; ce dernier, jouant en principe du côté de la détente, est aussi celui qui peut conférer la sensation de bien-être. Côté ressenti, le flux donne une expérience subjective de contrôle : comme les choses se passent avec facilité, il en ressort un sentiment de maîtrise totale. La satisfaction globale de nos vies s’en trouve augmentée, et répercute ses ondes positives dans tous les domaines de notre vie, pourvu qu’on repasse en flux de manière régulière. On retrouve là cet ajustement mouvant entre le niveau de maîtrise du jour et l’objectif d’amélioration réaliste et atteignable qui maintiendra le flux et ses effets bénéfiques. Le chemin vers les  objectifs à long terme doit donc être fractionné en de nombreux jalons intermédiaires . Des objectifs inatteignables peuvent générer du stress qui diminuera alors les chances de se mettre en flux.

Le sentiment de maîtrise, on le ressent aussi en franc-maçonnerie, isn’t it ? Qui n’a pas eu cette petite étoile de compréhension qui s’allume dans l’esprit à écouter une planche avec plein de nouvelles associations symboliques ?  Ou, en grattant sa prochaine planche, l’aiguillon de plaisir quand le filon de l’inspiration est là, qu’on le suit jusqu’au bout, et puis « mince ça fait 4 heures que je suis dessus », fourbu mais heureux ?

On a observé un effet de contagion de personnes en flux vers les personnes de leur entourage, surtout si elles pratiquent la même activité :  cela ressemble à de l’égrégore, non ? Avoir toujours le sens de ce qu’on fait présent à l’esprit favorise la survenue du flux : n’est-ce pas ce que nous faisons, surtout en ouverture de nos travaux ? Ensuite, le collège d’officiers et les travaux nous élèvent très progressivement vers l’amélioration de soi, la maîtrise de ses pulsions et les progrès collectifs. Remarquez la mise en pause périodique, lorsque la colonne d’harmonie fait son office, pour une courte méditation sur ce qui vient d’être dit, avant de reprendre le cheminement . La progressivité des rituels jalonne nos travaux afin d’obtenir la durabilité de nos efforts via notre circuit de feedbacks positifs

Alors, parés pour des tenues en flux ?

Université Maçonnique – Conférence du samedi 26 juin 2021

Université Maçonnique – Conférence du samedi 26 juin 2021

La devise de l’Université Maçonnique est scire et intellegere, qui peut se traduire par connaître et comprendre.

L’Université Maçonnique vous invite, samedi 26 juin 2021, à 10h précises, à venir écouter et questionner, en vidéoconférence, le général François Chauvancy.

Le général François Chauvancy a quitté l’institution militaire le 1er octobre 2014, au grade de général de brigade en « deuxième section » et a rejoint le groupe privé Démos au sein de la revue d’études.

Il est l’actuel président de l’Association Défense et République (ADER) dont l’objet est de réfléchir et débattre des questions de défense et de sécurité diffuser ses réflexions au sein de la société civile afin de contribuer au progrès de l’humanisme.

La conférence porte sur :

« Les frontières sont-elles encore nécessaires aujourd’hui ? »

Elle sera suivie par la conférence du professeur Jean-Jacques Zambrowski, ancien Grand Chancelier de la Grande Loge de France, sur :

« Universalisme maçonnique : mythe ou réalité »

Il faut s’inscrire au préalable.

Accès réservé aux SS et FF de toutes obédiences et de tous grades.

Il s’agit de la dernière session de l’Université Maçonnique avant les vacances d’été.

Président : Christian Roblin

Secrétaire : Jean-Robert Daumas

jrdaumasfm@gmail.com

Pourquoi une Université Maçonnique ?

Si l’histoire maçonnique est enfin devenue un sujet de recherches pertinentes, la recherche dans les autres domaines (sociologie, ethnologie, théologie, philosophie, histoires de la pensée et des idées, etc.) en relation avec la Franc-maçonnerie est encore très limitée, même si, ici ou là, émergent quelques travaux.

Le bureau de notre Collège Maçonnique a donc pris l’initiative d’organiser une Université maçonnique. Une fois par mois, de préférence le matin du dernier samedi, nous réunissons des maçons de toutes obédiences et de tous degrés afin d’entendre chaque fois deux conférences, une première par un universitaire capable de tracer un panorama d’un vaste thème de culture générale (une heure environ), suivie d’une plus courte, sur une application spécifique en Franc-maçonnerie, par un maçon confirmé. Bien sûr le dialogue avec les membres de l’assistance sera privilégié à l’issue des conférences.

Source : https://collegemaconnique.fr/universite/

Pathologies de la Modernité

Pathologies de la Modernité

Yves Bannel

Préface de Daniel Keller

Éditions Télètes, 2021, 72 pages, 12 €

Daniel Keller, chef d’entreprise et grand maître du Grand Orient de France d’août 2013 à août 2016 et actuel président de l’association des anciens élèves de l’École Nationale d’Administration, signe ici la préface de l’ouvrage de Yves Bannel qui se livrent à « un diagnostic sans concession des mots qui caractérisent la période que nous traversons ». C’est ainsi qu’il identifie trois grands défis : civilisationnel, intellectuel et existentiel de notre civilisation occidentale qui est la colonne vertébrale son ouvrage.

Après un prologue concernant la crise de la conscience républicaine, l’auteur s’attache à développer ces trois différents défis. Dans le civilisationnel, il invite non pas à condamner mais à réfléchir à une harmonisation des évolutions en cours, comme celle, par exemple, celle de l’évolution de l’humanisme.

Concernant le défi intellectuel, Yves Bannel nous parle de la liberté en question. Liberté, premier mot du triptyque de notre République que la Révolution française a su associer avec ceux d’Égalité et de Fraternité.

Enfin le défi le défi existentiel. Nous vivons au coeur d’une civilisation basée sur la laïcité, le règne de la science et le culte du progrès. Cependant notre civilisation est à bout de souffle… L’auteur nous invite donc à une réflexion tourant aussi et surtout autour de l’écologie qui doit rester au cœur de nos préoccupations.

Yves Bannel est vice-président exécutif et directeur pour l’Europe de la principale société américaine d’énergies renouvelables. Jusqu’à peu basé à Madrid, il a déjà publié trois essais en Espagne et Portugal, dont le dernier était intitulé « Humanismo renovado y Etica ». Avec ce nouvel essai, son premier en Français, il porte un regard objectif et lucide sur notre environnement moderne et propose une vision rajeunie du concept d’éthique… Il réside à Paris. Fidèle aux Éditions Télètes, créées en 1985, il nous livre son sixième essai.