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Vient de paraître : Le N°128 de la revue de la GLFF – Le Tracé : toujours superbe !

C’est toujours une joie de lire les 20 pages de cette revue qui exposent les réflexions des sœurs de la Grande Loge Féminine de France. Bien que distribuée uniquement aux sœurs de la GLFF, nous vous proposons de la télécharger.

Parmi tous les articles, signalons en un qui mérite une attention : « Et si d’avoir placé l’humain au centre du monde était une erreur de perspective ? ». C’est un sujet de fond qui concerne toutes les obédiences. Une remise en question s’impose effectivement !

Télécharger le numéro 128 du Tracé

Masculin/Féminin

Genus masculinum complectitur femininum

Dans la plupart des langues, l’homme et la femme sont désignés par des racines différentes ; ce qui renforce la représentation des sexes comme distincts de nature.

L’identité sexuée a toujours été un objet problématique, aussi bien dans notre environnement maçonnique bipolaire, que dans la réalité sociale ou que dans les discours mythiques, ou encore et surtout religieux, imposant très vite la prévalence des hommes sur les femmes.

Dans l’Antiquité, c’est sur la base d’une identité sexuelle que se fondaient le statut et la reconnaissance des êtres dans la communauté, dont ils étaient membres. L’identité sexuelle déterminait également une série de comportements, d’inclinations, d’attitudes physiques ou mentales et d’aptitudes rigoureusement répertoriées et distribuées avec différence entre les sexes. C’est, d’ailleurs, aux seuls hommes qu’étaient adressées les 10 paroles des tables de Loi de Moïse <https://www.college-de-france.fr/site/thomas-romer/course-2015-04-09-14h00.htm>.

La langue hébraïque permet de relier substantiellement masculin et féminin en utilisant les termes ish (שיא) et ishshah  (השיא). En chacun de ces termes se trouve soit la marque de la virilité (le yod fécondateur) soit celle de la féminité (le hé). En guématrie, ish, Aleph, 1 + Iod, 10 + Shin, 300 donne 311 et par réduction cinq (5), qui est le nombre de l’alliance du masculin et du féminin ! D’après l’exégèse biblique, le signe Hé, ה est l’instrument de la création et de la vie : une lettre Hé de petites dimensions apparaît dans le mot «bébaram», (Genèse 2, 4), mot qui veut dire que Dieu créa les vivants avec le Hé. De même, après avoir scellé l’alliance qui le lie au divin par la chair, le patriarche Abram reçoit un signe Hé (valeur 5) dans son nom devenant Abraham en provenance du partage en deux du iod (valeur 10) pris dans le nom de Saraï son épouse qui devient Sarah. Il existe, pour la kabbale, un mot, Zoun (נוז) pour le masculin et féminin, abréviation de «Zakhar (רכז) et Neqeva (הבקנ)», qui désigne généralement les deux Partsoufim, Zeir Anpin et Nouqeva[1].

Surtout à partir de 20′, l’intervention de Delphine Horvilleur

Le «velive[2]» romain est un artefact de décoration associant l’arc/voûte du Ciel et une vulve ; le Masculin et le Féminin, les Géniteurs avec leur dualité et complémentarité. Une sorte de Ying-Yang, à la romaine.

Pour la pensée initiatique, les genres ne sont pas réductibles au sexe ou, plutôt, le sexe n’est qu’une manifestation, une expression, parmi d’autres genres. Ainsi, homme et femme ne se réduisent pas à leur sexe : la femme n’est pas un mâle de sexe différent et vice versa. Si les genres ne sont pas réductibles au sexe, le féminin, donc, peut être une qualité partagée par le mâle. Il n’y a pas d’assignation «biologique» ou essentialiste des genres aux sexes. L’éclairage ésotérique met en évidence le concept de bisexualité. La bisexualité simultanée caractérise des êtres qui sont des archétypes, des êtres primordiaux. L’humanité  apparaît au terme d’une série de séparations, de divisions, de classements, comme  dans une décantation des créatures: séparation entre le Créateur et la créature, le  ciel et la terre, le règne végétal et animal, l’homme et la femme ; la différenciation des sexes, c’est cette séparation de l’unité primordiale.

En fait, l’opinion commune associe, en les confondant, le fait d’être homme ou femme et les notions de masculin et de féminin. Si l’on en croit Pierre Bourdieu, « les séries d’oppositions que ces notions entraînent dans leur sillage sont universelles et les correspondances admises reprennent et corroborent la domination masculine. Ainsi, on retrouvera du côté masculin, actif et du côté féminin, passif, et les opposés dominant/dominé, dur/tendre, puissant/faible, devant/derrière, supérieur/inférieur, haut/bas. » Cependant, la pensée ésotérique va nuancer ces couples d’oppositions et l’on trouvera des appréciations qui fonctionnent plutôt comme des articulations fondamentales de la pensée avec, au masculin, miséricorde et en opposé au féminin, jugement, quiétude/ activité, épanchement/ réceptivité, intériorité/ extériorité, cause/ effet, déploiement/ limitation, forme/ matière, richesse/ pauvreté, lumière/ obscurité, droite/ gauche. D’autres paires d’opposés dans la pensée grecque, comme celles qu’Aristote attribue à un philosophe pythagoricien, mettent en parallèle certaines ressemblances avec cette liste. On trouve ainsi limité/ illimité, impair/ pair, un/ multiple, droite/ gauche, mâle/ femelle, repos/ mouvement, rectiligne/ courbe, lumière/ obscurité, bon/ mauvais, carré/ oblong.

C’est dire et redire que nous sommes mâle et femelle, à la fois, comme image de la création.  C’est une consubstantialité de l’unité regardée dans ses aspects différenciés mais c’est de l’unité dont il est toujours question. Pour le RAPMM[3] : L’être Suprême est Un, et de Lui émane le pouvoir créateur, ou Perusha, le Principe divin mâle, et quand le Un devient Deux, mâle et femelle, de cette union du principe d’intelligence avec la première matière se développe un troisième, qui est Viradj, le monde phénoménal.

Les Philosophes attribuent deux corps à l’art alchimique, à savoir le Soleil et la Lune, qui correspondent à la Terre et à l’Eau. On les appelle aussi Homme et Femme. Signifiant l’union des contraires, l’hermaphrodite est un des principaux symboles de l’alchimie et il n’existe guère de manuscrit illustré où il ne figure pas. Au travers des trois couleurs, le noir, le blanc et le rouge, le Rebis (du latin res bina, matière double) signifie aussi l’ensemble de l’œuvre alchimique qui, dans l’union des polarités, aspire au dépassement des états particuliers de la matière.

Le problème de l’écriture inclusive ne serait-il qu’un problème de grammaire ? Ma réponse : La revendication de l’égalité ne commence-t-elle pas par le respect du masculin sans chercher à en faire du féminin ?


[1] Parmi les douze configurations principales qui constituent le Monde d’émanation, cinq jouent un rôle essentiel : Arikh Anpin, le grand visage ; Abba, le père ; Ima, la mère ; Zeir Anpin, le petit visage ; Nouqeva, la féminité)

[2] Ce mot combine les trois premières lettres du mot velificatio, un terme en histoire de l’art qui signifie «voile» – que l’on peut voir tendu au-dessus de la tête de Jupiter par exemple et qui figure son apanage le Ciel –  avec les deux dernières lettres du mot «vulve» – pictogramme dédié à figurer son épouse la Terre.

[3] Rite Ancien et Primitif Memphis Misraïm

Nous sommes des bagagistes!

Quand la pleine conscience s’épanouira en nous. Nous sommes des bagagistes :

Sommes-nous toujours « dans le coup ? »

Notre Voie maçonnique ne doit pas être confondue avec l’organisation maçonnique, à savoir les obédiences. Cette organisation est liée aux temps, sans prétention à l’universalité Alors que, dans leur profondeur, nos arcanes : rite, mythes et symboles sont, eux, universels. Les obédiences naissent et meurent. La Voie est simplement humaine, sans considération de temps et de lieux ; même si certaines de ses formes peuvent la déserter.
En fait la Voie est en recherche permanente : certains aspects, trop liés à la culture du moment, disparaissent peu à peu, comme les épées, les abeilles ; d’autres s’affirment comme le cabinet de réflexion. Ainsi je te propose de distinguer deux strates : la culture et la structure.
D’abord la culture, l’apparence, les vêtements qui sont liés aux mœurs du temps ; ensuite ce qui ressortit, depuis toujours, au psychisme humain. Par exemple, dans notre code moral, nous chérissons la droiture, le respect de la parole donnée…depuis le début du XVIIIème siècle. De nos jours, cette morale n’est plus au premier plan et je gage que tu mettrais vite à la place, le doute, l’empathie, l’engagement, la cohérence des propos avec l’action.
En bref, les vêtements culturels de nos rites ne conviennent plus ; ils ont vieilli. C’est ainsi que l’Homme était réputé doué de raison ; que cette raison était capable de modifier nos choix ; que la morale nous aide à distinguer à coup sûr le bien et le mal ; qu’il suffit d’entendre pour faire…Aujourd’hui, et de plus en plus, nous parlons autrement. Et nous avons à transmettre autrement. Qu’en est-il aujourd’hui ? Serions-nous en décalage avec les temps qui viennent ?

Nous sommes des bagagistes !

Oui, mon Frère, ma Sœur, tu as bien lu : des bagagistes ! Nous transportons les arcanes maçonniques (rite, mythes, symboles) dans une valise très précieuse. Nous savons qu’elle l’est. Notre souci, trop souvent excessif, de nous conformer à la tradition, en est la preuve.Le Frère Jean Mourgues, un Maçon en avance sur son temps, affirmait : «  la Franc-maçonnerie n’a pas d’histoire puisqu’elle est intemporelle ».
À qui apportons-nous- cette valise lumineuse ? Deux destinataires : notre Maître intérieur, le Maître de lumière et les jeunes de la Loge : Les Apprentis de la colonne du Nord., les Compagnons au Midi. Jusqu’à aujourd’hui le transport du bagage, apparemment validée par les siècles, suffisait pour les atteindre. Désormais, avec les nouvelles données sociétales, ce ne sera plus possible, à tout le moins efficace.
Attention, ma Sœur, mon Frère ! Je ne parle pas de changer les arcanes mais je prétends que de nouveaux outils, des clefs, nous aideront à aller plus loin, comme il est dit au degré de Maître. Les arcanes sont riches et universels. C’est leur intégration spirituelle, sous les discours érudits et moraux dispensés ordinairement par la doxa, qui développera, en nous, la spontanéité d’une spiritualité pour agir.
Demain, et le chantier est ouvert, nous ouvrirons la valise. Nous ferons briller les joyaux qu’elle contient. Et nous serons baignés par leur éclat. Mais pour cela nous devons nous équiper de clefs, pour pouvoir descendre en nous-mêmes.

Les évolutions ? Nos valeurs et nos pratiques doivent changer !

Nous découvrirons, dans les années qui viennent plusieurs clefs pour ouvrir la malle aux trésors. Une obligation de survie. Poussé(e)s par la double nécessité : s’adapter à l’évolution sociétale et la plus grande exigence des francs-maçons désireux la fois de se développer spirituellement et en corrélation, de s’engager dans le monde profane. En quelques lignes -cela suffira- l’essentiel ce ces évolutions qui nous façonnent et nous façonnerons.

1) La mondialisation que rien n’arrêtera quoiqu’en disent certains populismes, la poussée irrésistible des technologies informatiques, les réseaux qu’il est et sera de plus en plus difficiles de contrôler, le transhumanisme qui pourrait retarder considérablement l’âge de la mort…tout cela est en train de générer un autre être humain, du moins en plusieurs de ses dimensions organiques, psychiques et sociales.. On peut s’en effrayer ou comme, Frédéric Lenoir, s’en réjouir, il n’empêche que les évolutions ne se comptent plus qu’en quelques décennies alors que les anciens comptaient en siècles.
2) L’Homme post-moderne est en train de naître sous nos yeux, chez le jeune lecteur, lectrice que tu es peut être. Le Frère Franck Fouqueray est en cours de rédaction d’un livre-clef pour apprécier les conséquences sur notre Voie maçonnique de ces mutations radicales : il liste les dix rôles sociaux que nous aurons à jouer, volens non volens. Parce qu’ils deviennent une réalité incontournable. Puis il analyse les liens avec la Voie maçonnique. Je te renvoie donc à son ouvrage….mais j’en extrais, en particulier, le portrait, à grands coups de pinceau, de l’Homme postmoderne.
3) Le profil de l’Homme post-moderne Entre 1985 et 2000, le sociologue Paul H. Ray (Université du Michigan) et la psychologue Sherry Ruth Anderson enquêtent auprès de plus de …100 000 personnes !Ils parviennent à distinguer le profil qui est en train de se dessiner, au moins dans les pays riches, le sociotype « cultural creatives ». Il est composé de quatre traits (je vais vite !). Les voici :
•Le respect des valeurs féminines,
• L’intégration des valeurs écologiques,
• L’implication sociétale,
• Le développement personnel.
Le défi de la pleine conscience

Notre Voie maçonnique, une spiritualité pour agir, prend en compte pleinement trois de ces dimensions. L’exception touche l’écologie.
Ne favorise-telle pas l’épanouissement de nos facultés intérieures, nos relations aux autres et, pour quelques-un(e)s, l’androgynie psychique ? Mais souvent de manière confuse sans que nous Frères et Sœurs ayons bien conscience des causes par lesquelles notre Voie nous plaît tant. C’est justement le défi demain et dès aujourd’hui pour les initié(e)s : La pleine conscience, à mon sens, évolution inévitable, pour tous ceux et celles qui veulent développer leurs facultés :prise de distance, lâcher-prise les Francs-maçons entre autres. Voyons donc comment cela peut enrichir notre pratique rituelle. Pour sortir de la conscience ordinaire afin de rencontrer ce Maître de lumière qui sommeille en nous .
Qu’est-ce donc que cette pleine conscience dont on parle de plus en plus et qui deviendra, à mon sens, une des clefs de notre Voie ? La pleine conscience, pour traduire mindfulness, est une notion qui fut introduite par Jon Kabat Zinn (1944) qui mit au point la méditation en pleine conscience, en se référant à la pratique bouddhiste. Cette méditation connaît aujourd’hui, une expansion remarquable en Europe. En France en particulier, avec les livres de Christophe André. Elle va désormais bien au-delà de la méditation et devient une attitude devant la vie . C’est une manière sage de conduire ses attitudes et ses comportements, en se connectant le plus souvent à ce qu’on éprouve et à ce que l’on ressent
Que recouvre ce terme, je veux dire cette expérience, mieux, ce vécu, à la portée de tous, a priori ? Il s’agit, dans un moment donné où s’exprime une action, une pensée d’apporter une attention élevée à ses émotions ressenties, à ses sensations physiques les plus légères ; bref de vivre avec intensité l’instant en question, dans l’ici et maintenant. Pas question de raisonner, de se faire une opinion, d’agir sans attention. La pleine conscience nous ouvre à l’intensité de la vie, sous le vernis des mots, des rationalisations, de l’empressement et de la course. Nous touchons ainsi peu à peu à notre être profond, à l’authenticité. Comment cela ? Parce que nous mettons à distance les émotions, les sensations comme si nous étions dans une double peau, celles de l’acteur et de l’observateur. Ce recul nous rend plus maîtres, moins dépendants de nous-mêmes et de notre pseudo-spontanéité, en fait.

Quels atouts pour la Voie maçonnique ?

La pleine conscience balise et pave le chemin de la recherche spirituelle. Cela a toujours été le cas pour ces hommes et ces femmes qui furent et sont les phares de l’humanité. Si elle ne le fait pas encore pour nous tous, toutes aujourd’hui, elle sera au cœur de la transmission maçonnique demain Elle deviendra, je le crois, le support de notre Voie avec les arcanes dans lesquels elle se fondra. Nous serons moins dépendants du torrent de la vie, des actions, des jugements, des refuges et des fièvres Les Maçons ne cherchent-ils pas à se libérer, d’abord eux-mêmes ? Alors les bagagistes sauront comment faire pour avancer, le cœur tranquille et les paumes ouvertes vers leur Maître de Lumière.
Or notre Voie maçonnique dispose déjà de plusieurs éléments de base pour que, désormais, nous entreprenions le voyage de la pleine conscience. Des exemples concrets : le travail sur les symboles pousse à l’introspection si nous nous y abandonnons par l’intuition et l’imagination. La méthode de prise de parole, dont on ne dira jamais suffisamment comme elle est précieuse, nous fait pencher la tête pour respirer, en pleine conscience, ce que dit la Sœur, le Frère. Si du moins, nous parvenons à éloigner l’être réactif, le juge, le professeur, le consommateur. À chacun de bien mener l’œuvre alchimique. Et puis de-ci de-là, de nouvelles pratiques qui honorent le silence : lecture du rituel creusée d’arrêts. Le flot des mots cesse et chacun-e peut alors se prendre à lui-même pour vivre l’instant blanc en pleine conscience. Dans une de mes Loges, la tenue débute toujours par cette calme exhortation : « Mes Frères, descendons en nous-mêmes » suivi d’une belle plage d’immobilité et de respiration silencieuse.
Oh ! Sans doute resterons-nous des bagagistes mais, désormais, nous saurons comment faire pour avancer, le cœur tranquille et les paumes ouvertes vers notre Maître de Lumière.

Jacques Fontaine

« Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon », la table ronde avec Serge Moati

« Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon », la table ronde avec Serge Moati.

« La Franc-Maçonnerie sans masque », tel est le nom de la table ronde animée par Serge Moati.

Beaucoup se souviennent encore de son reportage « Voyage au pays des Francs-Maçons » en 1989  pour TF1. Ou encore, en 2014, pour l’émission « Le Monde en Face » de France 5, son documentaire intitulé « Mes questions sur la franc-maçonnerie ».

  • Pour en savoir plus sur l’animateur de cette conférence inaugurale, nous vous invitons à prendre connaissance de sa biographie

Serge Moati est né à Tunis en 1946. Il est à la fois scénariste, producteur, acteur, écrivain et présentateur de télévision. De 1981 à 1985, Serge Moati est Directeur Général de France 3, et il dirige, de 1990 à 2014, la société de production « Image & Compagnie ». Il a créé récemment « La Compagnie du Belvédère », qu’il préside, ainsi que « Belvédère Productions ».

Serge Moati a produit et animé pendant 10 ans « Ripostes », magazine hebdomadaire de société et de débats politiques diffusé sur France 5, et a animé « Cinémas » sur la même chaîne. Il a également réalisé des centaines de documentaires pour les émissions de service public : « Cinq colonnes à la une », « La Marche du siècle » ou encore « Envoyé spécial ». On lui doit aussi, « Voyage au pays des Francs-Maçons » (TF1), « Élysée 2012, la vraie campagne ! », “Quai d’Orsay, les coulisses de la Diplomatie“ ainsi que « L’intérieur au cœur des crises », « L’état d’urgence », « Sigmaringen »… et dernièrement « Voyage au pays des Immortels » et « Mitterrand et la télévision ».

Auteur de très nombreuses fictions pour la télévision, il a notamment dirigé Marie-Christine Barrault, Bernard Blier, Maurice Ronet, Robert Hossein, André Dussollier, Miou-Miou, Jean-Claude Drouot, Pierre Dux, Daniel Gelin, Rufus, Christophe Malavoy, Mireille Darc, Bernard Verley, Ludmila Mikaël, Patrick Chesnais…

 Il a également écrit une dizaine de livres dont : Villa Jasmin (Fayard), La saison des Palais (Grasset), Du côté des vivants (Fayard) Le Pen, vous et moi (Flammarion), Il était une fois en Israël (Fayard) et Lettre à Anita (Fayard).

Entre 2009 et 2019, il fut président du Festival des créations télévisuelles de Luchon.

Serge entra en Maçonnerie grâce à une rencontre inattendue au Niger où il effectuait son service militaire dans la « Coopération ». Il rejoint ainsi la « GLNF », où il sent planer l’âme de son père, grand résistant et déporté en Allemagne, Maître Maçon de la « GLDF » en Tunisie. Il quitta la Maçonnerie en 1981… Il y reviendra peut-être. Et sera ravi d’évoquer ses souvenirs maçonniques à Luchon, cette ville qu’il aime tant.

ARGENTINE : sur la piste des Francs-maçons au cimetière de Mendoza

De notre confrère argentin : diariouno.com.ar

Un pied dans l’histoire de la fraternité dans notre province. A travers l’œil averti de Diario UNO, nous découvrons les symboles qui permettent de révéler les noms de ceux qui ont appartenu aux loges maçonniques.

Un parcours photographique à travers la nécropole de la ville nous révèle les traces que les francs – maçons ont laissées dans la province. Les sépultures de notables, personnalités politiques, dirigeants et autres responsables évoquent l’appartenance à un mouvement mondial qui remonte à plusieurs siècles, qui existe toujours et est reconnu comme une institution philosophique, philanthropique et progressiste. Le cimetière de la ville de Mendoza offre à l’œil attentif, une série d’éléments qui dévoilent l’appartenance à cette organisation dont les fondations remontent à l’époque médiévale.

Elsa Rodríguez, Juan Carlos González et Jesús Morales sont les historiens qui nous révèlent les clés du monde discret des franc-maçons de Mendoza. Nous invitons nos lecteurs à visiter ces monuments :



Tiburcio Benegas
Les restes de l’ancien gouverneur Tiburcio Benegas (1844-1908) reposent dans un mausolée. Son cas est particulier, puisqu’il est l’un des rares habitants de Mendoza pour lequel on peut assurer avec certitude qu’il appartenait à la franc – maçonnerie , il fut le premier vénérable de la Loge Lumière de Hiram. Cette même loge a fait l’invitation à ses funérailles en invoquant directement la symbolique maçonnique, avec la figure du compas et de l’équerre, instruments qui symbolisent respectivement le ciel et la terre. Sur la tombe de Tiburcio Benegas, la chaine d’Union est présente , ce symbole lié aux limites que les maçons utilisaient pour ériger des bâtiments, car ils sont également appelés les « bâtisseurs de la cathédrale », pour leur participation à ces cconstructions historiques principalement en Grande Bretagne et en France. La présence de trois anges qui représentent : la sagesse, la force et la beauté est également remarquée.

Rodeando el mausoleo de la familia Benegas, se puede notar la CADENA DE UNIÓN.

Jacinto Alvarez
« Médecin de profession, homme politique par vocation ». Ainsi était défini Jacinto Álvarez, dont l’histoire de la vie mérite certainement plusieurs paragraphes séparés. A seulement 3 ans, il a survécu avec Agustín, son frère jumeau, au tremblement de terre de 1861, où il perdit les 5 autres membres de sa famille. Il fut le vice-gouverneur d’Emilio Civit puis gouverneur, lorsque ce dernier démissionna pour occuper une charge nationale. À l’endroit où repose sa dépouille, la première empreinte maçonnique qui apparait est le pavé mosaïque, l’un des ornements des loges qui font référence au sol noir et blanc du temple de Salomon, avec des carrés qui représentent le jour et la nuit ; la lumière et l’obscurité. La chaine d’Union est aussi visible.

Louis Levin
Est une des personnalités de Mendoza, dont la sépulture dans le cimetière de la capitale provinciale révèle l’appartenance à la franc-maçonnerie. Sur le marbre corrodé de sa pierre tombale, on apprend qu’il est mort à l’âge de 52 ans et que ses proches se souviennent de lui avec l’équerre et le compas superposés, symboles du ciel et de la terre qui représentent le passage de l’état terrestre à un état spirituel d’ordre céleste.

Romero Brunet
était un violoniste très apprécié pour les soirées de gala de l’aristocratie de Mendoza. Il fit partie des 4 000 victimes du tremblement de terre de 1861, alors que Mendoza ne comptait que 12 000 habitants. Son tombeau est mis en valeur par la présence d’une pyramide dans un seul bloc de pierre, comme celles que l’on trouve dans les grandes villes historiquement liées à la franc-maçonnerie. La pyramide exprime la totalité de l’œuvre créatrice, image de l’univers, de la manifestation de la matière quaternaire issue de l’expression ternaire d’un TOUT, constituant le Septénaire manifesté de l’Univers et de l’Homme. En même temps, il entoure un axe central invisible qui va du sommet au centre de sa base carrée, symbole de l’esprit incarné dans la matière, qui maintient sa forme et donne un sens à son existence.

Luciano Villanueva

est un autre survivant du tremblement de terre de 1861, au-cours il fut grièvement blessé. Fort d’une riche carrière politique, il a été quatre fois député provincial, dans différents départements et a milité à coté de José Néstor Lencinas. Son mausolée a des allures de maison britannique, avec une façade en forme de delta, symbole qui unit perfection, harmonie et sagesse. En outre, on observe trois points, dont un au-dessus dse deux autres qui représente la réalité invisible qui produit tout ; dans ce symbole, le passé, le présent et le futur sont résumés. Une particularité : la tombe ne possède pas de plaque portant son nom, mais une avec le nom « Adela », fille de Luciano Villanueva qui est enterrée au même endroit.

Godefroy Paladini
Né en Italie et étudiant en médecine à Buenos Aires, ce médecin avait une forte influence sur Mendoza. En tant franc-maçon, il aurait eu un rôle actif dans les affrontements idéologiques entre francs-maçons et religieux concernant la laïcité de l’État. Son tombeau conserve encore les colonnes qui soutenaient les chaînes de l’union, qui ont été profanées autrefois. Les lettres grecques alpha et oméga sont également sculptées, représentant le début et la fin de la vie.

Tombe non identifiée
Un mausolée aux dimensions exceptionnelles présente la particularité de demeurer anonyme. Sur la façade de son dôme,de manière extrêmement mystérieuse : se détache l’Oeil de la Providence ou « l’oeil qui voit tout », aussi connu dans les loges sous le nom de Delta Lumineux. Il représente un œil qui ne regarde ni le passé ni le futur, mais le présent, l’instant indivisible qui, entre le passé et le futur, est comme un reflet de l’éternité dans le temps.

Dévoiler l’histoire des francs-maçons à Mendoza est une tâche ardue. Mais quelques traces nous permettent de découdre le tissu complexe de cette confrérie et de découvrir qui étaient les hommes qui ont été les maillons d’une chaîne qui conserve encore aujourd’hui une vigueur quasi-œcuménique. Le compte Instagram : memoriadelosmendocinos, présente quelques-unes de ces « perles » dans le pas des curieux. Et mieux encore, concernant l’histoire et le symbolisme maçonniques, ces mêmes curieux peuvent contacter par e-mail la loge Phare du désert à l’ adresse : masoneriademendoza@gmail.com

Découvrir l’article original de notre confrère argentin : diariouno.com.ar

ROUMANIE : Des sociétés secrètes qui demeurent entourées de mystère

Par George Titus notre confrère Roumain de ziare.com

Des sociétés secrètes ont prospéré tout au long de l’histoire et leurs membres les plus éminents ont dirigé le monde dans l’ombre à l’insu de l’humanité. Aujourd’hui encore, de telles organisations sont cachées aux yeux du public, et le mystère derrière des portes closes reste inaccessible. Les théories qui ont été tissées pendant des siècles autour de ces sociétés secrètes ont enflammé les esprits et l’imaginaire a créé de nombreuses histoires, qui ont été mystifiées dans des romans et mises en scène dans des films célèbres.

Nous vous présentons ci-dessous quelques-unes des sociétés secrètes les plus importantes de l’histoire, demeurées mystérieuses.

Les Templiers

Les Templiers étaient des guerriers qui se consacraient à la protection des pèlerins se rendant en Terre Sainte pendant les croisades. L’ordre militaire fut fondé vers 1118, lorsque Hugues de Payns, chevalier français, créa les « Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Salomon » ou les Templiers.

Le quartier général de l’Ordre se trouvait sur le Mont du Temple à Jérusalem, ses membres s’étaient engagés une vie de chasteté, d’obéissance et de pauvreté.

Les Templiers étaient surtout connus pour leurs prouesses militaires et leur grande valeur morale. Ils sont devenus l’une des organisations les plus riches d’Europe, après la création d’une banque, qui permettait aux pèlerins de déposer de l’argent dans leur pays d’origine, argent qu’ils pouvaient retirer en Terre Sainte.

Le symbole des Templiers était la Croix de Lorraine, qui était représentée sur la cape et les armoiries des ducs de Lorraine en France. Lorsque le noble Godefroy de Bouillon devint roi de Jérusalem lors de la première croisade, le symbole fut connu sous le nom de « Croix de Jérusalem ».

Lorsque les Templiers arrivèrent en Terre Sainte, ils adoptèrent la Croix de Lorraine comme symbole de leur ordre militaire. Leur influence augmenta énormément en 1139, lorsque le pape Innocent II publia une bulle les exemptant de payer des impôts. En outre, il établit que la seule autorité devant laquelle ils devaient répondre était le pape.

A la fin des croisades, les Templiers se retirèrent à Paris. En 1307, le roi Philippe IV de France, à qui les chevaliers avaient refusé certains prêts, les arrêta et les tortura, jusqu’à ce qu’ils avouassent de fausses confessions de dépravation.

Ensuite, des dizaines de Templiers furent brûlés vifs pour leurs crimes présumés. En 1312, le pape Clément V dissolut l’Ordre des Templiers et redistribua leurs richesses.

Les Francs-maçons

L’histoire des francs-maçons s’étend du Moyen Âge à nos jours. La première référence aux francs-maçons se trouve dans le Regius Poem ou Halliwell Manuscript, qui a été publié en 1390. Mais la franc-maçonnerie, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a été fondée en 1717, lorsque quatre loges de Londres ont fusionné pour former la Grande Loge d’Angleterre. Ensuite, la franc-maçonnerie s’est répandu rapidement en Europe et dans les colonies américaines. La franc-maçonnerie n’est pas une religion, bien que ses membres soient encouragés à croire en un Être Suprême, appelé le « Grand Architecte de l’Univers ». Les temples maçonniques et les rituels secrets les ont mis en conflit avec l’Église catholique. Elle a une première fois condamné les francs-maçons en 1738 et a ensuite continué à émettre des bulles papales contre eux au fil du temps.

Les principaux symboles des francs-maçons sont l’équerre et le compas, mais aussi la boussoles. Un autre symbole est « l’œil de la Providence » ou « l’œil qui voit tout». Bien avant les maçons, les Égyptiens connaissaient « l’œil d’Horus », et à la Renaissance le signe est un symbole du christianisme. Les francs-maçons existent encore aujourd’hui.

Illuminati

La Société secrète des Illuminati a été fondée par le professeur Adam Weishaupt de Bavière le 1er mai 1776. Il rejetait la religion prônée par l’Église catholique en y substituant une nouvelle forme d’« illumination » par la raison.

Il s’appuyait sur les idées exprimées par les Juifs, les Mystères des Sept Sages de Memphis et la Franc-Maçonnerie. Il a attiré de nombreux membres de cette dernière société secrète dans le groupe Illuminati, les infiltrant avec une forte détermination, dans le but de recruter certains des hommes les plus riches et les plus influents d’Europe.

Parmi les célèbres Illuminati on peut citer le baron von Knigge et l’écrivain Johan Wolfgang Goethe.

L’organisation secrète a prospéré avant d’être interdite par un édit de l’Électeur de Bavière Karl Theodor en 1787. Mais la disparition des membres bavarois n’a pas entraîné la fin des Illuminati, mais leur activité s’est poursuivie dans l’ombre, écrit History .

Beaucoup prétendent que les Illuminati ont été impliqués dans la Révolution française jusqu’à l’assassinat de John F. Kennedy. On dit que les Illuminati décident et gèrent toujours les principales actions des gouvernements du monde.

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ESPAGNE : Normalisation des relations entre la franc-maçonnerie et l’Église?

PAR DIEGO LANZAS notre confrère de infovaticana.com

La franc-maçonnerie est largement utilisée dans un processus de normalisation au sein de l’Église catholique. Il y a quelques jours, une première étape a été franchie et annoncée en grande pompe : la publication dans le dernier numéro du Journal officiel de l’Ordre cistercien d’Espagne, Cistercium, numéro 276, d’une critique du livre du franc-maçon Alberto Moreno intitulé « Bénédictine Règle et rituel maçonnique » (Maison d’édition maçonnique).

L’intérêt ne réside pas seulement dans le fait de la publication, mais surtout dans ce que dit le commentateur. L’important était aussi que la franc-maçonnerie espagnole en profite pour diffuser le texte dans ses réseaux internes. Celui qui écrit cet article dans Cistercium est le moine Francisco Rafael Pascual, un cistercien de l’abbaye de Viaceli. Entre autres déclarations, il fait celle qui suit : « Les visites des loges maçonniques aux monastères bénédictins et cisterciens ne sont pas rares, et il est facile dans ces rencontres de se connecter avec une tradition spirituelle commune. Il est normal que les grands courants et traditions de sagesse de l’humanité possèdent des réflexions mutuelles, car les sages sont toujours des chercheurs et nous surprennent par leur « évolution » à travers des voyages, des livres qui s’échangent, des pensées et des connaissances qui transitent de pays en pays.

Le vrai sage, qu’il soit maçon, moine bouddhiste ou moine chrétien -ou un voyageur ou pèlerin vers le transcendant de chaque lieu- ne néglige pas d’accueillir toute source de sagesse qui lui permet de mieux comprendre son égo et le monde ».

La critique publique du livre est une claire invitation à entrer dans l’histoire des relations entre l’Église et la franc-maçonnerie, concluant ainsi : « Dans un monde comme celui d’aujourd’hui, où ne manquent pas ceux qui veulent réécrire l’histoire à leur guise et bannir la spiritualité comme vue quelque chose d’obsolète, des livres, comme celui que nous évoquons, aident à mieux comprendre les différentes manières dont les êtres humains ont tracé des chemins de bien-faire et de bien-être, des chemins qui ne finiront jamais, et qui conduisent ceux qui suivent ces sentiers à un haut degré d’épanouissement humain et spirituel dans « ce travail continu de perfectionnement de la création », multipliant l’efficacité de l’homme et faisant grandir entre ses mains l’œuvre du Créateur. Peut-être serait-il bon à une autre occasion d’insister non seulement sur l’influence des rituels, sur leurs similitudes,  mais aussi sur les chants monastiques et de nombreuses compositions liturgiques héritées par les francs-maçons de la tradition de l' »Opus Dei bénédictine ».

Existe-t-il d’autres données sur ce processus de normalisation de la franc-maçonnerie avec l’Église catholique en Espagne ? Outre la présence des francs-maçons dans les institutions de l’Église et dans son environnement, il faut souligner la publicité avec laquelle l’Université ecclésiastique de San Damaso a annoncé une conférence de celui qui était, jusqu’à récemment, doyen de la Cour de la Rote romaine, Pio Vito Pinto. À plusieurs reprises dans divers médias à travers le monde, on a spéculé sur l’appartenance à la franc-maçonnerie de l’ancien doyen de la Rote romaine.

Son nom figurait sur la liste Pecorelli, un document de 1978 qui nomme les soi-disant francs-maçons au sein de l’Église. La liste a été dressée par le journaliste d’investigation italien Carmine Pecorelli, assassiné en 1979.

Pecorelli masonería
Carmine Pecorelli journaliste assassiné qui enquêtait sur la loge P2

Dans cette liste la date à laquelle Pinto aurait été initié à la Franc-Maçonnerie, son numéro de code et son nom de code sont indiqués : « Pinto, Pio Vito : 4/2/1970 – Matricola 3317/42 – PIPIVI ».

Les lecteurs d’InfoVaticana sont au courant de cette histoire à partir de l’information publiée le 29 novembre 2016 avec le titre  » Un maçon ecclésiastique menace les quatre cardinaux ». Comme nous l’avons dit alors, Mino Pecorelli était un journaliste italien qui a vécu entre 1928 et 1979, date à laquelle il est mort dans des circonstances suspectes, officiellement assassiné par la mafia. Personne n’a approfondi sur les circonstances de cette mort jusqu’à ce qu’en 1995, lors du procès du leader démocrate-chrétien Giulio Andreotti, quelqu’un l’a accusé d’avoir ordonné le meurtre du plaignant. Pecorelli avait dénoncé l’infiltration maçonnique dans la hiérarchie de l’Église, et avait même publié une liste de 116 noms d’ecclésiastiques dont, selon lui, il connaissait avec certitude leur affiliation maçonnique. Plus précisément, il s’agissait d’une liste d’ecclésiastiques initiés à la Loge P2. La liste, qui lui a probablement coûté la vie, est connue sous le nom de Lista Pecorelli, et a été reprise par Bulletin de l’Occident Chrétien Nr.12, juillet 1976.

Sur la chaîne YouTube de l’Université ecclésiastique de San Dámaso, vous pouvez voir la dernière conférence de Monseigneur Pio Vito Pinto qu’il a tenu devant les membres de l’Université ecclésiastique de San Dámaso, un lieuqu’il fréquente fréquemment. Au-cours de celle-ci, Pio Vito Pinto révèle quelques informations privées sur sa relation avec le pape François.

Voir tout l’article en version originale sur le site de notre confrère de infovaticana.com

Michel Lecour un passeur passionné et heureux

Un parcours atypique lui fait découvrir de multiples aspects de la société, des hommes et du monde du travail. Historien de formation, il sera entrepreneur, professionnel du numérique avec toujours en toile de fond le goût, l’amour, la passion des livres. Un goût qui guidera sa vie et l’amènera à créer sa propre maison d’édition.

450FM – Vous voilà maintenant « chez vous » dans ce magnifique château Saint Antoine, propriété de la GLDF. Un lieu superbe entièrement dédié à la franc-maçonnerie. « Le Comptoir du livre » dans lequel vous vivez au milieu de vos « meilleurs amis », les livres, une belle initiative.

M.L. – En effet le château Saint Antoine a été inauguré en juin 2018 et a ouvert ses portes aux tenues maçonniques en septembre 2018. Le Comptoir du livre est né en même temps. Château, s’il porte ce nom, il affiche des volontés beaucoup plus humbles. Ici, le souhait de chacun ne tient pas à afficher, exhiber, étaler pas plus qu’à éblouir. Nous souhaitons que ce lieu rayonne, éclaire, illumine. Dans un si beau lieu, un espace ouvert à la culture maçonnique semblait une évidence. Le Comptoir du Livre est né  d’une volonté collégiale et il méritait une position stratégique. Tous les frères et les sœurs devaient pouvoir y accéder aisément, sa place devait être centrale. Situé à l’entrée il devient un lieu de rencontres, de passages et d’échanges. Un challenge pour moi car je n’ai jamais été libraire pas plus que commerçant. Un pari avec moi-même, cet endroit devait devenir le lieu où l’on trouve les ouvrages maçonniques écrits par nos sœurs et nos frères, toutes obédiences confondues, et bien sûr un très large choix dans les domaines de la spiritualité, de la mythologie, des religions, de la philosophie, de l’ésotérisme, des compagnonnages, etc. Je me sens un homme heureux dans cet espace. Marseille, deuxième ville de France, depuis quelques années n’avait plus de lieu, ni de librairie maçonnique. Certes dans certaines loges on trouve de petites bibliothèques avec  quelques ouvrages, mais ici, les maçons viennent non seulement chercher un livre mais aussi un conseil de lecture, selon leurs besoins ou simplement un échange d’idées. Certains se passionnent pour l’Histoire,  pour l’histoire de la Maçonnerie, d’autres pour la philosophie, la symbolique ou plus simplement  pour étayer un sujet de planche à rédiger.

450FM – Franc-maçon depuis 25 ans, vous avez créé il y a une quinzaine d’années votre propre maison d’éditions UBIK puis la revue Aletheia en 2010. A la lecture de votre production force est de constater que vous faites des choix très élitistes, quant aux auteurs.

M.L. –  Au risque de paraître prétentieux, il est vrai que je porte une attention toute particulière au choix des auteurs pour ma maison d’édition UBIK tout comme pour la revue Aletheia, dont la parution est maintenant arrêtée. Je prends un grand soin à identifier et à choisir des auteurs, des textes méconnus et aussi des œuvres passées dans les oubliettes. Je reste très attaché aux auteurs qui écrivent ou ont écrit en restant fidèles aux fondamentaux de la maçonnerie, à la pensée traditionnelle, et qui surtout apportent une éclairage et une véritable lumière qui puissent servir de guide au lecteur. Je me sens une âme de passeur, de veilleur, de transmetteur. Un libraire, ce que je ne suis pourtant pas, doit avoir des exigences pour lui-même dans ses choix ; à ce jour nous avons référencé plus de 3 300 titres.

Un livre, il faut le considérer comme un véritable outil. Un outil peut être utilisé de diverses façons, même la plus mauvaise, d’où la nécessité d’exigence de sélection, voire d’élitisme.

Un livre peut faire rêver, rire, pleurer, voyager, découvrir, nourrir. Il ouvre toujours une nouvelle porte, c’est au lecteur de trouver la clé. A la façon des trois Princes de Serendip, lorsque l’on commence à lire, on ignore jusqu’où les mots vont nous conduire.

Au Comptoir du Livre, les lecteurs peuvent acheter, certes, mais aussi utiliser la bibliothèque en empruntant des ouvrages. 3300 titres ornent les rayons au fond de l’espace et à la disposition de chacun, sans oublier de les ramener car d’autres lecteurs attendent. Sans avoir la prétention de rassembler, je reste convaincu qu’une librairie se doit d’être un lieu de passage, de transmission, de rencontres et d’échanges. La lecture, la culture, la curiosité, la connaissance rassemblent les chercheurs de Lumière.

450FM – Vous venez de passer pratiquement deux années difficiles entre confinement et dé confinement. Les temples fermés, le restaurant aussi, le Comptoir du Livre évidemment. Plus de tenues, plus d’agapes, plus de rencontres. Puis le couvre-feu a permis aux loges de se réunir à nouveau à des horaires inhabituels. Comment avez-vous vécu cette période étrange et originale ? Une expérience, une épreuve ?

M.L. – En effet nous attendions ce souffle de liberté avec beaucoup d’impatience. Le Château Saint Antoine a découvert le silence, pas celui des apprentis mais tout de même venir dans ces locaux vides, déserts, silencieux, une expérience étonnante. De chaque expérience sort toujours du positif. Ne serait-ce que la prise de conscience due à cet isolement obligatoire auquel nous nous sommes tous soumis. Eu égard à cette situation, personnellement sans vraiment remettre en question ma façon de travailler, j’ai beaucoup réfléchi à la meilleure façon d’apporter une réponse aux demandes, comment améliorer le service rendu. Beaucoup de projets de développement ont émergé de ce temps de recul. Reprendre les conférences dont les sœurs et les frères sont très friands, ouvrir le Comptoir du Livre en allant vers d’autres Orients pour y proposer des ouvrages, aider les loges qui souhaitent se constituer de petites réserves d’ouvrages, faire en sorte qu’ici, un esprit particulier continue à flotter, à montrer le chemin, à orienter, à garder l’esprit ouvert et disponible, faire toujours mieux. Quelques projets que je porte et dont j’espère l’aboutissement.  Je souhaite le Comptoir incontournable pour les francs-maçons, non seulement marseillais mais pour toute la région, et au-delà avec le site internet : comptoirdulivre.fm

J’espère que tous les francs-maçons qui entrent au Comptoir du Livre sentent qu’ils se trouvent dans un lieu privilégié, que la vente n’est pas l’objectif essentiel, que l’on peut conseiller simplement sans acte d’achat, que l’on peut emprunter des ouvrages ou tout simplement passer de grands moments à débattre d’un sujet. Avant les confinements nous marchions vers un grand intérêt pour ces échanges. Je suis persuadé que nous vivrons une reprise des tenues dès cet été dans la joie de nous retrouver, de nous rassembler, de reprendre nos travaux. Force est de constater, hélas, que ces mois passés dans l’isolement avec les contraintes, la distanciation, les agapes impossibles ont été difficiles pour certains d’entre nous. Certains maçons ont oublié le chemin des temples. En septembre j’espère qu’ils seront là et heureux de retrouver le chemin.

450FM – Pouvez-vous nous dévoiler quelques projets pour cette reprise d’activité ?

M.L. – Je garde jalousement pour moi quelques surprises. Pour autant avec la GLDF et d’autres obédiences et organisations, ici au Château Saint Antoine nous allons reprendre le cycle des conférences.

Notre région peut s’enorgueillir d’avoir des Frères et des Sœurs talentueux, érudits pour certains qui sont prêts à transmettre leurs connaissances et leur savoir. Une grande chance pour les francs-maçons épris de culture et souvent en attente de nourriture intellectuelle et spirituelle. Avec Le Comptoir du Livre j’apprécierais de participer à des salons du livre, à la façon d’un passeur.  Mon désir tient aussi et surtout à donner les bonnes réponses aux demandes et aux attentes des francs-maçons qui peuvent aussi passer des commandes de livres profanes. La littérature maçonnique n’a pas de mode pas de prix médiatique mais une durée de vie quasi illimitée, il y a peu ou pas de retours, pas de véritable phénomène de nouveautés. Il y a simplement de nouveaux auteurs, de nouveaux styles, de nouvelles orientations avec toujours en dénominateur commun le symbolisme, la spiritualité, la philosophie et l’histoire de la maçonnerie. Il est vrai que l’histoire de la franc-maçonnerie n’est pas le sujet le plus demandé comme les ouvrages très pointus, très intello mais ces thématiques trouvent un lectorat fidèle et souvent passionné. Notre ambition : que chaque lecteur trouve ici ce qu’il cherche, même s’il ne le sait pas précisément en y entrant.

450FM – Le mot de la fin ?

M.L. – Pour la franc-maçonnerie et pour la région je fais le souhait de voir Le Comptoir du Livre devenir précieux pour tous et d’y recevoir tous les amoureux de littérature et tous les chercheurs qui cheminent vers plus de spiritualité et plus de connaissance. Notre devise (empruntée à André Suarès) : il est possible que le livre soit le dernier refuge de l’homme libre.

Interview par Magali Aimé

Impressions de lecture : le dernier numéro de FM-Magazine

Le Franc-Maçonnerie Magazine N°81 – juillet-Août 2021 vient de paraître ! Une lecture toujours enrichissante, instructive et agréable pour ce temps de vacances !

Ce numéro a, à mon sens, une particularité : plusieurs articles illustrent sans le nommer ce que l’on pourrait appeler le « communautarisme maçonnique ».

Parcourons le sommaire :

L’Edito de Jean-Marc Vésinet intitulé « Mystères corses » : il évoque deux sujets phares de cette nouvelle édition : le particularisme maçonnique corse et l’importance des agapes maçonniques.

Rubrique Actualités :

  • Brèves : Les estivales maçonniques en pays de Luchon les 17 et 18 juillet 2021
  • Interview de M∴ Pla∴ par Hélène Cuny, à propos de la création de la loge « Lumières d’Europe » du GODF au sujet du volontarisme du GODF pour son investissement dans les pays de l’ex-Europe de l’Est.
  • Franc-Maçonnerie internationale par Jiri Pragman : des petites brèves sympas sur les initiatives maçonniques internationales.
  • Humour par Jiho consacré à la soi-disant pratique maçonnique corse.
  • « Unité et différences » , Tribune « Franc-maçonnerie et société » par Bernard Ollagnier ; des banalités ressassées !

Rubrique Société :

Dix pages consacrées à la Corse, entre tradition et nationalisme par Jean-Moïse Braitberg. c’est un article courageux sur la dérive corse d’une franc-maçonnerie nationaliste et repliée sur elle-même !

Rubrique Focus :

Huit pages pour « A table ! Les francs-maçons et la fête » par Denis Lefebvre ! Une belle illustration des repas d’ambiance, la plupart du temps masculin, appelés agapes qui se déroulent le plus souvent après les tenues. Convivialité maçonnique ou convivialité profane des bons vivants ? Un peu des deux sans doute ! Le communautarisme maçonnique a aussi des exigences !

Rubrique Tradition :

  • Trésors du patrimoine : L’ordre de Charles XIII : grade maçonnique et ordre royal par Pierre Mollier ; une intéressante description du particularisme maçonnique suédois.
  • Le tour des compagnons : Visages de l’antimaçonnisme compagnonnique par Jean-Michel Mathonière ; quand des compagnons participent à l’aventure pétainiste !
  • Rites d’ailleurs et d’autrefois : Le rituel dit de Lunéville, ancêtre du rituel de la Stricte Observance Templière ? par Cédric Andriot et Jack Chollet ; une belle illustration de la dérive des rituels des hauts grades.
  • Philosophie : Le courage de l’incertitude par Monique Castillo (1948-2019) ; c’est un article posthume de cette personnalité, au carrefour de la philosophie, du monde de l’entreprise et de la politique internationale, qui nous est proposé. Une réflexion qui mérite qu’on s’y attarde car tout est dit sur la difficulté à déchiffrer un monde complexe et sur les tentations de falsifier la réalité.

Rubrique Culture :

  • Critique Livres :
    • La page des polars par Denis Lefebvre : trois livres présentés : Résurrection de Giacometti et Ravenne, Les sept tours du diable de Jean-Luc Aubarbier et Le bureau des affaires occultes d’Eric Fouassier avec comme point commun « l’ombre des francs-maçons » !
    • La sélection du mois : trois livres sur la franc-maçonnerie d’hier, avec La terreur et les honneurs – Jean-Nicolas Bouilly, artiste et franc-maçon, par François Cavaignac et Jean-Michel Marcovici, d’aujourd’hui, avec La France des réseaux de Michel Dansel, et de demain, avec l’apprenti perdu de Hervé H. Lecoq.
  • Agapes : Les fruits d’été, symboles d’abondance par Blandine Vié ; petit billet reprenant quelques banalités !
  • Chemin faisant : Voyages de Turner sur la Loire par Romain Azram. C’est un focus sur un épisode peu connu de la vie du peintre dont on rappellera qu’il fut un membre éminent de la Royal Academy.
  • Confidences : Embarquement immédiat pour New-York  par Dominique Morillon ; un clin d’œil sur la Grande Loge des francs-maçons libres et acceptés de l’Etat de New-York.
  • Le maçon mystère : Qui suis-je ? par Irène Mainguy. L’occasion de se remémorer la biographie de celui qui inspire encore beaucoup de frères.
  • Le funambule du verbe : Orienter par Bernard Lebeau ; beau texte poétique à propos d’un mot.
  • Les mots croisés par Cécile Grenier
  • Découverte : Le muscat du cap corse, un concentré de saveurs ensoleillées par Jean-Moïse Braitberg : une prétexte pour une suggestion de voyage méditerranéen.
  • Petites annonces
  • Culture : Un portrait peut en cacher un autre par Hervé Hoint-Lecoq : une anecdote pour corriger une erreur, et l’occasion de parler d’un franc-maçon américain, Joseph Montfort (1730-1776).

Le communautarisme maçonnique ou plutôt les communautarismes maçonniques :

C’est un mot qui est souvent utilisé pour dénoncer l’absence d’agrégat républicain et la tendance à refuser la laïcité ! Mais en vérité, ne fonctionnons-nous pas sur un mode communautaire ? Les obédiences se justifient en évoquant les « particularismes » ; la création de loges est souvent motivée par la recherche de l’entre-soi. La délectation de références historiques que l’on récupère allègrement pour en faire une référence identitaire ne procède-t-elle pas de ce besoin de communautarisme ?

Est-ce un bien ou un mal, une pesanteur sociologique incontournable ? Chacun-e trouvera la réponse qui lui convient ! Il me semble simplement que c’est un fait objectif !

Liberté, Égalité, Fraternité

Liberté, Égalité, Fraternité

Cynthia Fleury – Mona Ozouf – Michelle Perrot

Éditions de l’aube, Coll. Le 1 en livre, 2021, 9,90 €

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, est professeur titulaire de la chaire Humanités et Santé au Conservatoire national des arts et métiers et professeur associé à l’École nationale supérieure des mines de Paris (Mines-ParisTech).

Mona Ozouf, historienne et philosophe, est directrice de recherche émérite à l’École des hautes études en sciences sociales et spécialiste de l’éducation et de la Révolution française.

Michelle Perrot, historienne, est professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Diderot et militante féministe française. Par ses travaux pionniers sur la question, elle est l’une des grandes figures de l’histoire des femmes. Elle a aussi travaillé sur l’histoire du mouvement ouvrier, et sur le système carcéral français.

Trois femmes remarquables qui traitent chacune d’un mot qui, rassemblé, donne la devise de notre République. Devise chère aux Maçons qui sont des défenseurs de l’idéal républicain et ont, pour certains, adoptés cette devise qui peut se conjuguer avec solidarité et laïcité.

Mona Ozouf ouvre le bal avec « La liberté a deux ennemis : les circonstances extraordinaires et le salut public », suivi du texte de Michelle Perrot « L’égalité est un but, un chemin, une bataille ». L’ouvrage s’accomplit pleinement avec la troisième et dernière partie, fruit de la plume de Cynthia Fleury « Ce sont les inégalités qui menacent la fraternité ».

Des propos recueillis par Éric Fottorino, journaliste, écrivain et essayiste, qui dirige cette collection qui propose, sous forme de jolis ouvrages, différents textes d’ auteurs publiés à l’origine dans l’hebdo Le 1.