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Perceval, l’obligé du monde !

Dans les romans de chevalerie du XIIième  siècle, une solide renommée tient à l’accomplissement d’un chemin conduit par la vaillance,  qui confronte l’ambition du héros à la réalité. Tel, à la Table du Roi Arthur, l’engagement du jeune Perceval, ce preux chevalier qui attire encore des émules friands de victoires !

Perceval a participé à la Quête du Graal ! Voilà qui n’est pas peu dire s’agissant d’une quête visant un objet mythique ! Elle constitue une aventure fabuleuse autant que périlleuse, car il s’agit à la fois de guérir le Roi pêcheur qui a reçu des blessures autant corporelles que spirituelles figurées par la terre « gaste », la terre désolée, mais aussi de l’aider à protéger les faibles et les infortunés. Ainsi le salut de l’Un et le salut de l’Autre sont-ils indissolublement liés…

D’abord valet, Perceval est présenté comme le fils de la Veuve : celle-ci a peu de fortune, une terre misérable, mais une âme maternelle au point de vouloir mettre son fils en dehors des chemins trop dangereux de la chevalerie qu’elle diabolise. C’est pourtant dans l’épaisseur de la forêt que l’innocent Perceval, rencontre ceux qui vont déterminer son destin, éveiller sa conscience et sa lucidité. Leurs armures de couleurs vert vermeil, or, azur et argent, le port altier des cinq chevaliers qu’il y rencontre, l’impressionnent au plus haut point. Dès lors sa décision est prise : il ira à la cour d’Arthur pour y être fait chevalier !

Il en informe sa pauvre mère… Impuissante à le retenir plus de trois jours – le temps nocturne d’une mutation cyclique –  elle lui donne quelques conseils comme : « n’attendez pas trop longtemps pour demander son nom à votre compagnon (ou interlocuteur) car c’est par le nom que l’on connaît l’homme ». De telles paroles disent de toute éternité la force accordée à l’énonciation du nom et du statut : elles sont les éléments incontournables pour faire société. Elles vous distinguent des anonymes en vous différenciant de ceux déjà pris par des charges de famille et autres obligations ! Ainsi de Perceval, jeune garçon, orphelin de père, charitable envers sa mère, et profondément animé par le désir d’être l’obligé du monde ! Le sens de la serviabilité envisagée sans réserve jusqu’au sacrifice !

Perceval, une fois fait chevalier par Arthur, se met en route pour l’exécution de ses devoirs. Dans la forêt, il rencontre près d’un château magnifique un homme distingué vêtu d’une blanche robe d’hermine sur le haut même de son pont d’entrée, au-dessus de l’eau d’enceinte.

Et ils entament ce dialogue :

  • D’où viens-tu ? – dit l’homme habillé de blanc (rappelons que cette couleur est le symbole de la connaissance et de la sagesse et la couleur portée par ceux qui sont en proximité avec le sacré).
  • Je viens de la cour du roi Arthur.
  • Qu’y as-tu fait ?
  • Le roi m’a fait chevalier.
  • Qui t’a donné ces armes ?
  • Le roi me les a données.
  • Comment ?

Alors le jeune homme raconte son histoire, l’événement en particulier et ses attentes en général.

L’homme, le maître Gornemant de Goort puisque tel est son nom, insiste :

  • Que sais-tu faire avec un cheval ? Avec ton armure ? Qu’es-tu venu chercher ici ?…

Et l’impétueux jeune homme de préciser en toute sincérité :

  • Je sais le faire courir dans toutes les directions comme je le faisais, quand j’allais à la chasse… je sais revêtir et enlever mon armure… ma mère m’a enseigné d’aller trouver les hommes de valeur, de chercher leurs conseils et de suivre leurs avis…

Favorablement jaugé par l’homme sage, le statut du jeune Perceval se trouve modifié.  Son caractère franc et courtois le fait bénéficier du rapport fécond de maître à élève pour progresser sur les voies de la bravoure, mais aussi sur celles de la maîtrise des passions et du geste. Le preux chevalier est en effet digne d’apprendre comment user avec science et excellence des pouvoirs super puissants que le Maître va lui transmettre !

Ainsi, Maître Gornemant de Goort lui offre-t-il’hospitalité, lui apprend à tenir sa lance, son écu, les rênes de son cheval, à se battre et à respecter des règles qui distinguent les chevaliers des vulgaires combattants à pied. Le jeune homme se pénètre d’une véritable discipline morale associée à un art martial exigeant : sa mission n’est elle pas d’aller dans des zones dangereuses, pour servir le Grand Roi Arthur ? Suppléer celui-ci,puisqu’il est le seul garant de la sécurité de ses sujets, tout en dominant ce mal pernicieux qui fragilise l’exercice de la royauté ! Voila pourquoi Perceval est il doublement contraint, doublement « obligé» puisque solidaire !

Dans ses écrits, l’épisode de l’enseignement de Perceval par l’homme en blanc fut enrichi par Chrétien de Troyes de quelques maximes expérimentées comme : « l’effort, le Cœur et de bons yeux sont indispensables pour tout savoir », ou encore « lorsque c’est Nature qui enseigne et quand le cœur y met toute son application, l’apprentissage n’est pas difficile. » Chaque journée de cet enseignement de qualité s’achève par un repas partagé entre l’Ancien aguerri et l’Apprenti zélé, en signe d’estime et de fraternité. Du côté de Geoffroy de Monmouth, les récits de la Table Ronde mêlent merveilleux, profane, et religieux : servir Arthur garantit une forte notoriété, car il s’agit de l’aider à affronter le dragon du mal. Le champ des devoirs est par ailleurs immense : la Bretagne est une terre d’enchantements à libérer et de nombreux lacs et forêts restent à dégager de l’emprise des forces magiques et mystérieuses…

Bien des nouveaux « chevaliers » ont, depuis cette époque, rejoint, d’une certaine façon, la Table Ronde : Prince Vaillant, véritable Perceval moderne du comic créé par Hal Foster, en est un excellent exemple. Mais un exemple parmi tant d’autres : Luke Skywalker combattant le chevalier noir de l’espace : Dark Vador, et bien des super-héros de comics visitent régulièrement la cour du roi Arthur ! Pour eux, il convient éternellement de : « savoir, aimer, agir », un prestigieux programme qui n’écarte personne : ni les garçons intrépides, ni les filles téméraires ! Aujourd’hui, l’esthétique arthurienne se dévoile dans les mangas, les jeux de rôle, les jeux vidéo, les séries télévisées, la musique. Très récemment, Arthur est devenu Arthas dans la saga Warcraft, et non plus le fils d’Uther Pendagron, le gallois, mais il en est le disciple. Quant à Excalibur, elle est renommée Deuillegivre, la lame qui a le pouvoir d’aspirer les âmes de ceux qui ont été tués par son tranchant !,

De plus en plus nombreux des millions de joueurs et de joueuses parcourent leur univers personnel « virtuellement arthurien » sur Internet et affirment « I like Perceval !  I am Perceval ! »

Geoffroy de Monmouth, Chrétien de Troyes et consorts, dormez tranquilles ! Les légendes pour nos temps modernes ne manquent pas de recrues à former et à reconnaître à, au moins, quatre signes distinctifs : un esprit libre, de l’enthousiasme, de bonnes mœurs (attestées par le voisinage) et une éternelle jeunesse ! Allez, que la démarche initiatique commence !

Sources : Geoffroy de Monmouth ; Perceval ou le conte du Graal, Chrétien de Troyes ; le roi Arthur. Un mythe contemporain, William Blanc,Paris, Libertalia, 2016.

Kilwinning

Collectif – Conform édition, Volume N° 13, 2021, 120 pages, 10 €

Pour le Maçon, Kilwinning, bien plus que le nom emblématique d’une petite ville historique située sur la côte ouest de l’Écosse à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Glasgow, est célèbre pour abriter la plus ancienne Loge d’Écosse, parfois nommée Kilwinning n° 0, source probable du Rite du Mot de maçon (Mason’s Word).

C’est aussi le nom de la revue européenne de recherche maçonnique indépendante, éditée par la Société Européenne d’Études et de Recherches Écossaises (S.EU.RE). Kilwinning, créée en 2007 « à l’initiative de Maçons européens du Rite Écossais Ancien et Accepté souhaitant inscrire leurs travaux de Recherches, de Culture et d’Histoire dans un cadre communautaire et en dehors du champ habituel des Juridictions ou Obédiences », a son siège à Bruxelles.

Son Comité de parrainage est composé, entre autres, de Roger Dachez, président de l’Institut Maçonnique de France, de Pierre Mollier, directeur des Archives et de la Bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie, d’Andreas Önnerfors, Vénérable Maître 2020-2021 de Quatuor Coronati Lodge n° 2076, la première loge de la recherche maçonnique, et de Cécile Révauger, professeure émérite de l’université Bordeaux-Montaigne.

Son Conseil scientifique comprend notamment Bruno Pinchard, docteur et professeur de philosophie, ancien Vénérable Maître de la Loge nationale de recherches Villard de Honnecourt, et Alain de Keghel, 33°, passé Grand Commandeur du Grand Collège des Rites écossais – Suprême Conseil du 33e degré REAA du GODF, membre aussi du Comité éditorial dont le Secrétaire général est Georges Lassous, 33°.

Les articles de la revue, de 120 pages au format 15×21, pour la plupart en français, comportent un résumé traduit dans 7 langues : Français, Anglais, Allemand, Hollandais, Espagnol, Italien, Turque et Grec.

Au sommaire de ce numéro 13 de 2021 :

  • Un hommage à Jacques Sifflet, passé àl’OE le 15 novembre 2020
  • Le mot, l’art et la pensée symbolique par Peter BU
  • Protestantisme et Franc-maçonnerie en France, par Sébastien DESPRAIRIES
  • Zeichnung zur Festarbeit anlässlich des 275. Stiftungsfestes der Loge Zur Einigkeit, par Thomas FORWE
  • Pourquoi Frédéric Desmons a-t-il souhaité éliminer toutes références au GADLU au GODF ?, par Philippe INFANTE
  • Il était une fois deux Chevaliers oubliés…, par Odile LEPERRE-VERRIER
  • Platon – Aristote : la Justice et le REAA, par Robert LLOANCY
  • Wie sollen wir – auch die Freimaurer – leben ? Zu den „Essais“ von Michel de Montaigne, par Christian MEIER
  • Essai sur les Origines de la Franc-maçonnerie, par Marc SANTARINI

VENEZUELA : Les ouvriers d’Hiram Abiff : Christ et les sept principes hermétiques – II

De notre confrère Vénézuélien elnacional.com

« Psychologie transcendantale du Christ » (Prof. Pablo Trinidad Zavarce). Nous poursuivons la réflexion sur ce livre intéressant, où sont analysées les Paraboles du Maître Jésus orientées vers les sept principes hermétiques.

Principe de correspondance : comme ci-dessus est ci-dessous, comme ci-dessous est ci-dessus. »Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance » (Genèse 1:26). « Dieu est esprit » (Jean 4 :24), l’être humain est aussi esprit. Cela distingue l’homme du monde animal (Genèse 1:28) et lui permet d’être en communion avec son créateur. Moralement (transcendante), l’humanité a été créée dans « la justice et l’innocence parfaite », un reflet de la sainteté de Dieu.

Le monde d’en haut a créé le monde d’en bas, à son image et à sa ressemblance. Pour comprendre cela, cela ne peut se faire que par la méditation, car cela n’appartient pas au monde matériel, c’est au-delà du physique : il faut l’intérioriser. L’être humain, en tant qu’image et ressemblance du Créateur, crée aussi constamment, et parfois même change la réalité, pour le confort de son état de conscience. Il déforme également la réalité devant son Créateur, formant une image différente, et erronée, comme c’est le cas de créer l’idée d’un dieu anthropomorphe, en un mot, il tombe dans l’impureté ou le péché, également créé par lui-même, soi-disant pour se contrôler ou se gouverner. Cette création de l’être humain falsifie la réalité, et elle n’a sûrement pas sa place dans les États supérieurs. La peur, la peur, la punition, le péché n’ont pas leur place dans les états spirituels supérieurs.

La franc-maçonnerie a pour but principal, à travers nos connaissances et nos symboles, de créer :ils n’ont pas leur place dans les états spirituels supérieurs. La franc-maçonnerie a pour but principal, à travers nos connaissances et nos symboles, de créer :ils n’ont pas leur place dans les états spirituels supérieurs. La franc-maçonnerie a pour but principal, à travers nos connaissances et nos symboles, de créer :êtres libres , de dogmes, de préjugés, d’hypocrisie, d’ambition excessive et de fanatisme. C’est le message du « Maître Jésus » : détachez-vous de tout et suivez-moi . Lâcher prise consiste à ne s’attacher à rien, et le Maître Bouddha le prêche : éliminez les désirs, et vous serez heureux. Dans notre libre arbitre, et conformément à notre état de conscience, nous créons : le Ciel et l’Enfer. Lorsque nous créons un tel état, la réalité d’en bas ne sera jamais la réalité d’en haut, car la réalité d’en haut crée la réalité d’en bas, qui est complètement pure. Hermes Trismegistre l’a exprimé ainsi : « L’âme qui a passé sa vie de manière pure et restreinte atteint les dieux en tant que compagnons de voyage et guides, et demeure à la place qu’elle mérite. Le principe de correspondance nous appelle à la méditation pour que nous comprenions pourquoi l’être humain a le souci de chercher quelque chose dont il a besoin : son État Primordial, est comme une étincelle qui cherche son origine, mais nous sommes voilés pour le savoir, car nous avons un niveau spirituel très bas ou pour mieux comprendre : un état de conscience très bas.

Au fur et à mesure que nous élevons notre niveau spirituel, notre sagesse, notre connaissance et notre compréhension de notre état sur ce plan sont révélées et nous en déduisons à quoi ressemble vraiment le Créateur. Vibrer aux niveaux vibratoires des États Supérieurs nous donne un pouvoir très fort, que nous devons apprendre à manier : Les maîtres Jésus et Bouddha et d’autres êtres spirituels élevés nous ont manifesté ce pouvoir, qu’ils utilisaient pour transmettre amour et gentillesse. Ce principe nous enseigne qu’il existe une harmonie entre les plans :Les maîtres Jésus et Bouddha et d’autres êtres spirituels supérieurs nous ont manifesté ce pouvoir, qu’ils ont utilisé pour transmettre l’amour et la bonté. Ce principe nous enseigne qu’il existe une harmonie entre les plans :Les maîtres Jésus et Bouddha et d’autres êtres spirituels supérieurs nous ont manifesté ce pouvoir, qu’ils ont utilisé pour transmettre l’amour et la bonté. Ce principe nous enseigne qu’il existe une harmonie entre les plans : physique, mental et spirituel . Il y a harmonie entre le microcosme et le macrocosme.

Votre monde extérieur est le reflet de votre monde intérieur. Pour contrôler votre monde extérieur, vous devez contrôler votre monde intérieur : vous connaître. Si vous voulez rechercher la cause de votre existence, cherchez-la en vous-même, car vous êtes créé à l’image et à la ressemblance du Créateur. Le Maître Jésus a exprimé : « C’est à vos fruits que vous les connaîtrez. En dessous se trouve le plan matériel, dans des conditions humaines visibles. Au-dessus, c’est le plan spirituel, c’est l’invisible ou le mental. Les plans sont des échelles d’évolution, et notre état humain est parfait, nous ne sommes pas des dieux, mais nous avons toutes les vertus du Créateur, que nous devons révéler pour avoir une pleine conscience de ce que nous sommes. Le principe de correspondance nous fait comprendre que les états de correspondance sont d’évolution ou de conscience, et les plus avancés vont vers d’autres plans de conscience.

L’évolution est un degré de compréhension. Ce principe de correspondance est l’un des plus difficiles à comprendre. Il suffit de connaître une partie pour comprendre le tout. En comprenant le monde matériel, nous comprenons le monde spirituel. Jean 1 : 1 « Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, la parole était Dieu. C’est le principe de correspondance.

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ALLIANCE

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Un champ lexical extrêmement prolifique se déploie à partir d’un sémantisme latin *ligare, « lier, attacher », au sens physique et moral. Tout y est affaire de lien. Que ce soient la liane qui enchevêtre les branches, la liasse qui enserre billets et feuillets, le licteur qui devance les magistrats, porteur de la hache enfermée dans un faisceau de verges, symbole de sa fonction. Ou encore le chien limier chargé de repérer le gibier, retenu par son licol par les veneurs.

La liaison nomme une relation amoureuse, le plus souvent clandestine, ou la prononciation entre deux mots, parfois impropre d’ailleurs. Les ligaments ont fâcheuse tendance à se décroiser chez les athlètes, les ligatures sont volages quand on ligote à la va-vite…

Sans parler des ligues fragiles à la réputation souvent ambiguë.

Avec préfixe, le verbe latin *adligare ouvre le champ de l’alliance, voire de la mésalliance sociale ou politique, quand il s’agit de rallier des opportunistes, dans le rallye préélectoral.

L’aloi, bon ou mauvais, définit la qualité de l’alliage constitutif d’un métal, avant de qualifier un individu ou une relation. Difficile à délier, quand on sait que *deligare signifiait « suspendre au pilori »…

Mais revenons à l’obligation, que chaque impétrant prête lors de son entrée en Maçonnerie. À la fois morale, mais aussi concrète quand on se réfère à son sens premier de « lien autour, bandage ». Dans l’Antiquité romaine, l’obligation envers une divinité comportait le port d’un lien matériel qui la symbolisait, interdisant visiblement de se montrer désobligeant.

Relier, reliance, reliure, autant de marques du lien contraignant, que l’on retrouve, même si on en a perdu l’origine, dans la religion. En latin, cemot, toujours au pluriel *religiones, désigneles nœuds de paille qui maintenaient les poutres du moindre édifice, concrétisant l’allégeance portée aux dieux, le scrupule religieux, le lien de piété qui relie l’homme aux divinités tutélaires.

À noter que cette étymologie n’est pas en contradiction, loin s’en faut, avec la seconde que l’on attribue aussi à la religion, celle de « cueillir et rassembler », *relegere, préciser un nouveau choix et la démarche qui l’atteste.

Annick DROGOU

Quand on dit alliance, on voit se dessiner une union qui se met en marche. L’alliance manifeste une dynamique, une promesse d’unité et d’idéal créée par ceux qui s’allient dans une commune volonté. Pour cela, elle est le plus bel ensemble que peuvent constituer les hommes. L’alliance est toujours un engagement solidaire pour une cause plus grande que soi, un arrimage indéfectible qui trouve sa force dans le plus pur alliage de ceux que la fondent.

C’est pourquoi ce mot d’alliance est associé aux unions les plus sacrées. Alliance entre Dieu et ses fidèles dans le judaïsme et le christianisme, alliance dans l’anneau qui symbolise la célébration de l’union de vie des mariés. Dans l’alliance se manifeste la perfection du lien, la complétude de l’anneau.

L’Alliance est forte des liens qui libèrent ceux qu’elle unit dans son commun idéal. Permettez à un membre de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française de remercier les frères fondateurs de son obédience qui ont choisi ce mot rassembleur pour leur projet. Mais au-delà de l’alliance de ses membres, l’authentique alliance est celle qui allie sagesse, force et beauté, celle qui réunit l’amour, la paix et la joie. Là est la seule alliance qui vaille, l’alliage solide des métaux dans lequel est fondue la chaîne. Au-delà des êtres qui la composent.

Jean DUMONTEIL

BRESIL : Un mystérieux rocher maçonnique apparaît dans le centre de Guarujá

De notre confrère brésilien costanorte.com.br

Un rocher mystérieux « est apparu » au centre-ville de Guarujá la semaine dernière. Plusieurs habitants ont bâti des théories de complot sur la gigantesque pierre entourée d’une barrière.

L’explication, cependant, est plus simple que beaucoup ne l’imaginaient. La ville de Guarujá a autorisé la pose de la pierre sur le site et a précisé qu’il s’agissait du monument maçonnique de la ville, connu comme la « pierre fondatrice » des francs-maçons de la ville.

La franc-maçonnerie est une organisation fraternelle secrète. L’organisation a eu des influences marquantes dans des moments historiques du monde, tels que la Révolution française et l’indépendance des États-Unis.

L’organisation exige que ses membres respectent les lois du pays dans lequel chaque franc-maçon vit et travaille. Nous devons tenir compte du fait que le progrès individuel conduira en quelque sorte au progrès de l’humanité.

LE RITE FORESTIER

Le terme rite forestier désigne un ensemble de phénomènes historiques et sociaux très divers formant un espace de sociabilité qui recrute ses membres par cooptation et pratique des rites initiatiques faisant référence aux métiers anciens de la forêt, essentiellement ceux de la « fenderie » (les fendeurs ) et de la « charbonnerie » (les charbonniers )

Mon bon cousin Henri IV

Cette amusette est issue de la bonne volonté de notre bon Roi Henri de la Poule au Pot d’unifier les duchés de France.

Il déambule avec son armée constituée d’opportunistes et de mercenaires de tous poils, en quêtes de reconnaissance et d’argent, comme nous pouvons, toujours et encore, rencontrer en loges ou en ventes.

Donc, notre bon Roy guerroie sur le plateau de Saint André, proche d’Ivry la bataille, d’où le nom, ayant planté ses tentes afin d’honorer ses dames et ses armes. Les différents combats étant achevés, il se dirige vers Nonancourt, prend la petite vile, sans résistance, et s’oriente vers Dreux, en passant par la forest où, là, sa truffe bien aillée, comme nous le savons tous, flaire  une effluve relativement discrète..

Accompagnée de sa garde éphémère, furtivement, il s’approche en toute discrétion et, …….. bizarrerie. Des femmes et des hommes sont réunis en cercle autour d’un foyer en plein milieu de la forêt. Cette clairière semble bien arrangée avec une certaine hiérarchie.

Sans crainte, puisqu’il n’y a pas de prime abord de quoi, quoique chacun est armé de haches, de piques, de tisons, de masses et le poitrail recouvert d’un tablier de forgeron, il lance : « bonjour Messieurs Dames. Que faites-vous en ces lieux autour du feu ». le bon Cousin Maître lui développe le pourquoi du comment, car c’est le Roy qui s’est planté de pied en cape devant lui. « Nous somme réunis pour pratiquer notre Rite Forestier ».

Le Roy intrigué et confondu, demande à en être plus instruit.

Le Bon Cousin Maître, en bon principe, lui proposa, car cet homme est le Roy, par bleu, et avec l’accord de tous les cousins, décide son Initiation au trois degrés, d’un seul élan.

La chose accomplie, notre Roy, heureux et satisfait en « Bon Cousin » qu’il est désormais, file vers Dreux, Mantes et Paris.

Depuis ce jour, ne résonne dans sa bouche : « Bonjour ma bonne cousine, bonjour mon bon cousin !! ! ».

Et, quelques centaines d’années plus tard et au bout de cinq année d’ancienneté de pratique au Rite Forestier, j’ouvrais en lieu et place en la forêt de Dreux, une vente sous le vocable de : le puits des forges ».

La suite au prochain épisode

Th B                                                                                                        le 5 avril 2021

BRESIL : Le rôle de la franc-maçonnerie en temps de pandémie

De notre confrère jcnet.com.br – Par Waldir Ferraz de Camargo

Comme toute organisation qui rassemble ses membres dans des activités en face à face, la Franc-maçonnerie a également été obligée de suspendre ses réunions conformément aux recommandations médicales et aux directives gouvernementales, sans toutefois interrompre ses actions philanthropiques.

La nécessité de respecter la distanciation sociale a fait stagner les processus d’acquisition de nouveaux membres, paralyser l’élévation des grades et autres activités des Ateliers, qui se limitaient à des séances administratives réalisées virtuellement, permettant le maintien des liens qui unissent les travailleurs de l’Art Royal. Il n’y a eu aucune nouvelle d’unatelier effondré, ni de membres en fuite, restés fermes et persévérants dans le service de solidarité des institutions nécessiteuses et l’œuvre caritative qu’elles mènent.

Rappelons qu’en 1918 la Loge Maçonnique d’Ormuzd de Bauru, compte tenu de la précarité du service médical de l’époque, a cédé ses locaux pour devenir un authentique hôpital communautaire, aidant les malades victimes de la grippe espagnole, une pandémie qui a dévasté un grande partie du monde au seuil du vingtième siècle. Ce noble et authentique acte de charité de la Loge a été reconnu par la Grande Oriente do Brasil, qui lui a conféré le titre honorable de Benemérita, incorporé dans sa nomenclature officielle.

La franc-maçonnerie est une institution philosophique, philanthropique, éducative et progressiste qui travaille pour l’amélioration morale, intellectuelle et sociale de l’humanité, à travers l’accomplissement intransigeant du devoir, la recherche constante de la vérité et la pratique désintéressée de la bienfaisance. Avec l’avancée de la vaccination et la réduction de la contagion virale, mais toujours en suivant les recommandations préventives, les Ateliers reprendront progressivement leurs activités en temps opportun, avec l’autorisation appropriée des autorités supérieures, la Franc-Maçonnerie ayant redonné vigueur pour reprendre ce que elle a toujours fait au cours des siècles, c’est-à-dire la réalisation d’une société plus juste dans les délibérations qui impliquent l’être humain et plus parfaite pour l’expérience de la fraternité, de la liberté et de la pratique délibérée de la paix.

L’auteur est licencié en histoire, fonctionnaire de l’État et membre de la Loja Deus, Pátria e Família, à Bauru.

ITALIE : Franc-maçonnerie, spiritualité ou psychisme ? Ne franchissez pas cette porte…

De notre confrère italien expartibus.it

Les Occidentaux modernes sont habitués à concevoir le composé humain sous une forme aussi simplifiée et réduite que possible, puisqu’ils le font consister exclusivement en deux éléments : l’un est le corps, l’autre est indifféremment appelé âme ou esprit ; nous avons dit les Occidentaux modernes, puisqu’en vérité cette théorie dualiste n’a été définitivement établie qu’à partir de Descartes.
(…)
On peut parler de fausse spiritualité chaque fois que le psychique est confondu avec le spirituel.

René Guénon

Par expérience personnelle, je ne suis pas sûr que dans le domaine maçonnique la distinction entre les domaines psychique et spirituel soit claire pour tout le monde. Mais même en sortant de l’étroite enceinte latomistique, les choses ne semblent pas aller beaucoup mieux.

Dans le monde du soi-disant ésotérisme, les extrêmes se rencontrent souvent. Ainsi l’ éventail des positions personnelles individuelles oscille du rationalisme le plus glacial au psychisme le plus « sentimental », jusqu’aux positions limites de nature occultiste.

Le même phénomène se retrouve également dans certains groupes Facebook, fréquentés par toutes sortes de chercheurs ou pseudo-chercheurs : des anthroposophes respectables aux mythes bouddhistes. En passant par les divers amateurs de magie de toutes les couleurs, aux adeptes de Castaneda, jusqu’aux « spiritualistes chrétiens » les plus ambigus, pour en finir avec les simples gagne-pain, non moins insidieux, cultivés sur du pain et de la salade de fruits new age .

Même si personnellement les discussions lexicales où chacun attribue un sens purement subjectif aux termes et aux mots m’intéressent franchement peu, pour une fois je voudrais dire un bon mot envers le mot tant malmené « magie », l’art ancien de la caste sacerdotale des Mages, évidemment dans le sens le plus élevé et le plus noble du terme.

En Magie, dès que l’on connaît les rudiments théoriques, il faut opérer, c’est-à-dire tenter n’importe quelle voie de réalisation, sinon, on parle et ne travaille pas, on ne devient qu’un cacosophe, un ivrogne de paroles creuses, un charlatan compatissant de la langue et ainsi se propagent des schismes et des mensonges qui n’ont aucun fondement, ni tête ni queue, qui égarent tous les hommes légers qui suivent ceux qui crient le plus. Giuliano Kremmerz – Le monde secret

La Vraie Magie est une voie et une pratique fondées sur la volonté, l’imagination et la concentration, qui présuppose une pureté et un détachement total de la part de l’Opérateur. Mais attention à certains empiètements et déclinaisons ambigus du terme.

Le Vrai Pouvoir Magique réside dans l’Homme Intérieur, c’est-à-dire dans l’Âme qui a été engendrée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Or, si Dieu est capable d’agir avec un simple signe, avec un geste, ou avec sa Parole divine, cela signifie que même l’Homme Intérieur peut agir magiquement de la même manière. Sinon, il n’y aurait aucune similitude entre l’âme Humaine et le Créateur Suprême de la Nature.
Le réveil des mages

Tout Groupe, réel ou numérique, qui se propose, au moins dans l’intention, d’être suffisamment « qualifié », devrait rejeter résolument toute suggestion ou dérive médiumnique et spiritiste.

Un chercheur sérieux engagé dans la Voie Traditionnelle, quel que soit le chemin initiatique spécifique suivi, abhorre toute forme de contact et de manipulation des dimensions larvaires, et toute recherche de « pouvoirs », ne serait-ce que divinatoires y compris toute manifestation « stupéfiante » (j’utilise volontairement un terme qui évoque le monde des substances psychotropes).

Les apparitions et phénomènes divers liés aux séances de spiritisme sont non seulement dangereux pour l’illusion qu’ils génèrent chez l’opérateur, qui est souvent amené à croire qu’il a atteint on ne sait quel niveau d’illumination, mais ils enivrent et perturbent aussi le monde de les vivants.

Qui parle avec les morts ne parle qu’avec les morts, au sens littéral du terme. « Morts » comme des coquilles sans principe, des psychismes en décomposition parce qu’ils sont libérés du principe vital. Des énergies et des mémoires « automatiques » qui circulent de manière chaotique et à travers des pratiques ou des états médiumniques « retournent » dangereusement dans l’au-delà.

Et ils contribuent à alimenter et à accroître, par cette perturbation subtile, la confusion déjà grave d’un monde dominé par le matérialisme, agité par des forces obscures et un égocentrisme délirant.

Ce qui, à bien y penser, est encore un autre déguisement de narcissisme démoniaque et destructeur. Bref, encore une fois… beaucoup, beaucoup d’« ego », le Prince protéiforme de ce monde, à la sauce « ésotérique ».

ESPAGNE : pour le Pamplonais qui a dirigé la franc-maçonnerie en Navarre : « Les gens voient des complots sur Internet »

De notre confrère espagnol navarra.com

Andonio Fuentes évoque les membres de la loge Pro Libertate 181, qui se réunissent une fois par mois pour présenter leurs « planches » fondées sur la tolérance, le respect et la liberté.

La franc-maçonnerie est arrivée en Navarre il y a six ans après la fondation de la Loge Pro Libertate 181 , deuxième avec la Loge Xavier Mina 79 , qui a été fondée peu de temps après à la différence que les femmes peuvent y assister.

Andoni Fuentes de Cía, 64 ans originaire de Pampelune, s’est intéressé à la franc-maçonnerie il y a 24 ans. Professeur d’anglais, marié et père de deux enfants, il a traversé tous les grades et offices d’ apprenti à vénérable maître et a été l’un des fondateurs de la première loge de la Communauté Forale.

Maintenant, avec l’aide des Ediciones Pompaelo et en annexe du livre publié par son grand ami Víctor Manuel Arbeloa « La franc-maçonnerie en Navarre », il a décidé de mettre à jour la situation multiforme de la franc-maçonnerie dans le monde et, en particulier, en Navarre.

La franc-maçonnerie, qui en Espagne était fortement persécutée par une « obsession confinant à la paranoïa », selon Fuentes de Cía, du général Francisco Franco , renaît en mai 1979 après une décision de la Cour nationale dans laquelle elle annule une résolution du gouvernement qui avait refusé au Grand Orient Espagnol son inscription au registre national des associations. Cette décision a conduit à la création de diverses Grandes Loges qui se sont opposées dans la recherche d’une reconnaissance internationale.

Quand et pourquoi votre passion pour la franc-maçonnerie a-t-elle commencé ?

J’ai commencé en 1997 et plus que par passion c’était sur invitation. Mon frère Ángel Fuentes, de deux ans mon aîné, a voyagé aux États-Unis en 1989 pour faire une maîtrise en conservation des collections photographiques à New York. Il y rencontre la franc-maçonnerie, qui partage nombre de ses valeurs : apolitisme, laïcité, égalité, liberté et fraternité. Il a été initié comme franc – maçon à Rochester et une fois de retour en Espagne, il a rejoint la loge Santiago Ramón y Cajal n°35 à Saragosse. En écoutant ses propos, je me suis intéressé au sujet et lui ai demandé d’accéder à cette loge, et il m’a facilité le processus. Depuis, j’ai l’habitude de fréquenter différents loges et j’aime ce monde.

Comment se passe le rituel initiatique qu’il faut réaliser pour y accéder ?

Si vous voulez vous lancer, vous avez quatre entretiens. Le premier est de détecter s’il y a un réel intérêt à vous initier ou si vous avez simplement lu des complots sur Internet comme celui de tuer Kennedy ou de générer des connexions cosmiques et des énergies étranges. Avec ces personnes, nous ne continuons généralement pas car nous détectons une volonté erronée.

Quand on voit qu’il y a une vraie démarche, on soumet aux frères de la loge, leur possible initiation et trois entretiens sont menés par trois personnes différentes. Dans un premier temps, on lui demande son avis sur certaines questions complexes comme la peine de mort, la maltraitance animale, les réfugiés… dans le but de voir si cette personne est juste et conforme à nos principes fondamentaux. Ensuite, il est mis à l’épreuve en attente et en lui offrant quelques livres et, enfin, en se réunissant quelques mois plus tard dans le but de répondre aux questions qui ont pu se poser le concernant et lui permettre d’y répondre. Lorsque la sincérité d’une réelle démarche sont détectées, sa date d’initiation lui est communiquée.

Quel est le profil d’un franc-maçon aujourd’hui ?

Le prototype des francs-maçons est celui de personnes très engagées, qui sont dans certaines ONG et aident comme elles peuvent, et intellectuellement très actives. La philanthropie est également très importante pour nous. Nous avons récemment donné 2000 euros à Paris 365 et avec la pandémie nous avons acheté des masques et des visières pour l’hôpital de San Juan de Dios et les pompiers de Logroño. En début d’année on achète toujours de la papeterie pour les personnes sans ressources et il y a une très belle association que les gens ne connaissent pas qui s’appelle Los Vigilantes. Ils vont aux guichets automatiques avec des sans-abri et laissent une série de colis avec des produits de nettoyage, des produits de nettoyage… deux ou trois soirs par semaine. Parfois, la police les a arrêtés, mais maintenant ils les connaissent.

A quelles doctrines les francs-maçons croient-ils ?

Idéologiquement, ce sont des gens qui veulent contribuer au progrès social et moral de l’humanité par l’amélioration personnelle. Leur devise est « Liberté, Égalité et Fraternité » et ils rejettent toute appréciation dogmatique de la réalité.

Quels diplômes existent au sein d’une loge ?

En Franc-Maçonnerie, il existe trois degrés : Apprenti, Compagnon et Maître. Les loges ont l’Orient, où est assis le vénérable (qui dirige le travail), l’ouest, pour la garde du temple, le nord, où sont les apprentis et il y a peu de lumière, et le sud, réservé aux compagnons qui sont attachés à la loge depuis au moins un an et se consacrent à l’étude des arts libéraux. Les surveillants ont un siège spécial au nord et au sud pour contrôler les apprentis et les compagnons.

Comment fonctionne la loge ?

C’est là que sont réalisées ce que nous appelons des œuvres ou des planches, qui sont des écrits d’une ou deux pages des frères et parlent de sujets très intéressants qui influencent la société. Bien sûr, il nous est interdit de parler de politique et de religion, puisque chacun peut penser comme il veut. Par exemple, un problème comme celui des réfugiés pourrait être traité puisqu’il s’agit d’un problème humanitaire, mais pas de la résolution du gouvernement concernant son action.

Tout le monde peut-il participer à ces «travaux » ?

Une fois que le frère a fini de lire, le vénérable maître donne un tour de parole et tous les intéressés peuvent parler une fois de manière concise et brève sans être interrompus par personne. On ne critique pas des positions contraires, on défend un point de vue. Tout cela enrichit et gratifie les connaissances d’une manière très importante. Nous lisons généralement deux ou trois planches par réunion et terminons par la cérémonie maçonnique, quelque chose qui nous remplit intérieurement.

Loge Maçonnique Pro Libertate 181. IMAGE DE FICHIER
Loge Maçonnique Pro Libertat 181.

CONTEXTE HISTORIQUE

A l’origine, la franc-maçonnerie était directement liée à la construction . Le concept vient des corporations des bâtisseurs qui, tout au long du XVIIe siècle, se sont consacrées à la construction des monuments et des cathédrales les plus importants qui demeurent encore. Avec l’achèvement des très grands édifices religieux, les corporations commencèrent à accepter des personnes qui n’étaient pas liées aux tailleurs de pierre, donnant à la franc-maçonnerie et à ses outils un autre sens spéculatif, influencé par les intellectuels du XVIIIe siècle . Elle est passée d’ opérationnel à spéculatif , et les outils ont commencé à se voir conférer une signification symbolique à étudier.

Coïncidant avec les régimes absolutistes , cette discrétion dont ils se vantaient n’était pas bien accueillie dans toute l’Europe, notamment par l’ Église catholique , et lorsqu’ils se développaient, des inquiétudes résonnèrent et la répression commença. Comme c’est le cas aujourd’hui dans d’autres secteurs, les francs-maçons juraient de garder secret le travail qu’ils effectuaient, ce qui était très mal vu.

Le Pire fut le début du XXe siècle pour cette institution qui, avec la montée de l’autoritarisme dans des pays comme l’Italie fasciste, l’URSS communiste ou l’Allemagne nazie, fut poussée à la clandestinité pour éviter de tomber dans la pensée unique avant sa mise hors la loi.

LA FRANC-MAÇONNERIE EN ESPAGNE

La franc-maçonnerie est arrivée dans ce pays des années avant l’indépendance espagnole. Le duc de Wharton , l’un des fondateurs de la première Grande Loge à Londres en 1722, établit le 15 février 1728, la première loge d’outre-manche à figurer dans les archives de la Grande Loge d’Angleterre. Il a reçu le nom de  » French Arms  » et était basée dans un hôtel de la Calle de San Bernardo à Madrid .

Une révolution s’est produite avec le régime franquiste qui, pointant du doigt la franc-maçonnerie pour la perte, des années auparavant, des colonies espagnoles comme Cuba ou la Colombie et sa collaboration avec la Deuxième République (jusqu’à 38% des représentants parlementaires étaient des francs-maçons), a atteint l’obsession de la persécution contre le « complot judéo-maçonnique ». Cependant, et compte tenu du fait que des personnages clés de l’indépendance des pays d’Amérique latine, tels que José Martí ou Simón Bolívar étaient liés à la franc-maçonnerie, Franco a surestimé son pouvoir en Espagne.

À quelle fréquence vous rencontrez-vous dans votre loge?

Une fois par mois pendant dix mois par an (juillet et août hormis). Ensuite, nous nous réunissons généralement pendant la semaine pour discuter, prendre un verre et aider les plus jeunes dans leur travail.

Allez-vous dans d’autres loges que le vôtre ?

Oui, c’est quelque chose que j’aime beaucoup lorsque nous visitons des loges d’autres lieux. Les frères basques d’Irún et de Bilbao sont des gens très simples de toutes sortes de professions qui aiment une bonne conversation. Participer en tant que visiteur aux travaux d’une autre loge est quelque chose de fantastique.

Quelle est votre meilleure anecdote loin de votre loge ?

Une anecdote amusante qui m’est arrivée à Bilbao était la suivante : nous avions terminé le travail et nous étions environ 25 personnes dehors vêtues de noir avec notre chemise blanche et notre cravate noire et j’ai remarqué qu’un homme dans la rue nous regardait de façon exagérée.

Soudain, il s’est approché de nous et nous a demandé : Are You Masons?  (vous êtes maçons) On a dit oui et il a dit :  Yeah! I am a Mason too ( moi aussi je suis franc maçon . Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un franc-maçon Allemand qui était venu travailler et qui rentrait dans son pays dans l’après-midi. Nous l’avons invité à diner avec nous et le visage du bonheur et le plaisir d’être avec des frères maçonniques pour lui, en plus des agapes gigantesques que les frères de Bilbao nous ont préparés, l’ont fait se sentir chez lui.

Est-il compatible d’être franc-maçon et catholique ? 

Pour le catholique que je suis, oui. Je n’ai rien vu qui va à l’encontre de ma foi en la franc-maçonnerie. Je pourrais argumenter que la franc-maçonnerie est anthropocentrique et le catholicisme théocentrique, oui, ou que nous sommes adogmatiques, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir la foi. Qu’il y ait un savoir magnifique ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir la foi, c’est compatible. Dans mon cas, je suis catholique et franc-maçon, et je ne vois rien d’inconciliable si ce n’est la question de l’anthropocentrisme. Il est vrai que nous respectons les autres religions, et je considère que la tolérance est importante.

Et être un maçon et un patriote ?

La deuxième question est posée pour entrer dans les loges. Le franc-maçon doit jurer de respecter les constitutions des pays démocratiques. Vous devez accepter la constitution espagnole pour être franc-maçon, et sinon, vous ne serez pas à votre place. La franc-maçonnerie a eu à voir avec la chute du Troisième Reich et d’autres dictatures, et là on comprend que des régimes anti-démocratiques ont été combattus, mais si vous acceptez la peine de mort ou êtes contre la constitution, vous devez aller ailleurs. La franc-maçonnerie doit accepter la constitution démocratique. Aux États-Unis, il y aura sûrement des francs-maçons qui auront voté pour Trump, je ne le ferais pas, mais tant que vous suivez les règles de la démocratie et les lois, vous pouvez le faire.

Que se passe-t-il si un franc-maçon est poursuivi dans une affaire pénale ?

Il y a déjà eu des francs-maçons qui ont été poursuivis pour des crimes et ont dû présenter leur démission. Un exemple bien connu est celui de Mario Conde.

Comment fonctionnent-ils économiquement pour pouvoir financer différentes causes ?

Nous devons payer la location de notre temple à Pampelune et contribuer à la grande loge. Pour cela, il y a des frais que nous payons par mois de 30 euros chacun. D’où vient l’argent de la solidarité ? A la fin du travail, le frère hospitalier passe un sac sans regarder pour que chacun y entre le poing fermé et part ou prenne de l’argent (si nécessaire), afin que personne ne sache si vous avez laissé ou pris. Il y a une personne qui signale l’argent qui est collecté et quand il y a un besoin spécifique, elle essaie de solliciter plus de personnes pour mieux aider.

Comment fonctionnent les hiérarchies au sein des loges ?

Pour être promu, vous devez offrir un travail personnel et avoir du temps. Vous passez un an en tant qu’apprenti, puis lorsque vous gagnez en aisance, vous devenez compagnon. Enfin, maître, puis vous acquérez l’un des postes de loge (généralement simple). Au fil du temps, on remplit diverses fonctions (Frère Trésorier, Frère couvreur…) jusqu’à devenir deuxième ou premier surveillant.

Et être un vénérable maître ?

Une fois que vous avez de l’ancienneté, vous pouvez être candidat pour devenir un vénérable maître, et cela vient généralement avec le temps. J’ai commencé en 1997 (à l’âge de 40 ans) et jusqu’en 2001 j’ai occupé divers postes au sein de la loge. En 2007, j’ai été élu vénérable maître. La bonne chose est qu’une fois que vous occupez ce poste, l’année suivante, vous devenez le poste le moins important de la loge (frère couvreur), vous passez de toutes les responsabilités à presqu’aucune. C’est une petite dose d’humilité pour vous rappeler que nous sommes tous pareils. C’est pourquoi il n’y a pas de maçons importants et personne n’est irremplaçable.

Quel sens de la vie et du bonheur la franc-maçonnerie vous a-t-elle donné ?

La franc-maçonnerie m’a donné un grand sens de l’éthique. L’éthique me semble très importante et des choses que j’ignorais auparavant, je me trouve maintenant incapable de les ignorer. Puis le sens de l’universalité, de la fraternité et de la tolérance. Ces principes s’étendent largement et en rencontrant des personnes du monde entier, vous enrichissez grandement vos valeurs.

Qu’attendez-vous du monde d’ici 50 ans ?

Un monde plus uni qui a démoli les frontières sans fondamentalisme religieux et qui a trouvé les mécanismes, pour résoudre les problèmes qui peuvent exister, de manière pacifique. Et évitez aux gens d’avoir à prendre un bateau et de venir ici pour trouver une vie décente.

Et de la franc-maçonnerie ?

Concernant la franc-maçonnerie, mon frère Ángel a dit que nous, les francs-maçons, sommes peut-être les « derniers dinosaures ». Qui sait, je pense qu’il y aura toujours des gens qui apprécient ces rituels, mais ce sera quelque chose de minoritaire sans impact sur le plan social. Nous allons disparaître, mais cela ne doit pas être une mauvaise chose, puisque nous aurons déjà rempli notre rôle.

L’INFLUENCE AUJOURD’HUI

Depuis l’ échec de la modernité , la franc-maçonnerie est en chute libre et a de moins en moins de pouvoir. Il est vrai qu’une grande partie des valeurs et des idées de notre institution sont déjà implantées dans la société , mais le point culminant après la Seconde Guerre mondiale où des figures comme Churchill étaient liées à la franc-maçonnerie est très loin de la réalité actuelle.

Pour autant, et malgré une époque d’immédiateté et d’hédonisme, les pays de l’ancienne sphère communiste comme la Bulgarie ou la Pologne connaissent une croissance surprenante ces dernières années. En Amérique du Sud et en Amérique centrale , bien que cette tradition ne se soit pas développée, elle est maintenue, mais elle a une composante élitiste ou de classe qui fait sentir son importance à beaucoup de ses membres.

Connaissez-vous les Fractales ?

Les fractales, qu’est-ce que c’est ? Ce sujet pour bûcheurs de classe préparatoire n’est évoqué que très rarement . Pourtant, il intéresse la perception de « l’ordre et du désordre dans la nature ».
Comme tout bon cherchant, je suis assez loin d’en maîtriser intimement tous les aspects.

Toute notre éducation mathématique a été conditionnée par la géométrie dite euclidienne. (Euclide : mathématicien grec censé avoir vécu vers l’an 300 avant J.-C.). Pour rappel, ses axiomes ou postulats furent les suivants :

• Un segment de droite peut être tracé en joignant deux points quelconques. • Un segment de droite peut être prolongé indéfiniment en une ligne droite.
• Étant donné un segment de droite quelconque, un cercle peut être tracé en prenant ce segment comme rayon et l’une de ses extrémités comme centre.

La géométrie fractale est une théorie mathématique formulée par le mathématicien franco-américain Benoît MANDELBROT dans les années 1970, donc très récemment à l’échelle du temps des mathématiques.

Il s’agit d’une nouvelle révolution mathématique comme l’ont été les nombres irrationnels chers à Pythagore, et ensuite les nombres négatifs et complexes apparus à la Renaissance.

MANDELBROT a non seulement formalisé la théorie fractale, mais il en a fixé les règles grammaticales et étymologiques.

Fractal vient du latin « fractus » qui désigne un objet fracturé, de forme très irrégulière. (Le nom est féminin et a son pluriel en « als », ce qui n’est pas banal.)

Oui, mais c’est quoi, la géométrie fractale ?

Eh bien, qu’ont en commun un arbre, des nuages, une côte rocheuse, nos poumons, un cristal de glace (flocon de neige) et certains choux.
Rien du point de vue de la géométrie classique, euclidienne, et pourtant…

Vous aurez, par ailleurs, remarqué que la cabane de notre Mère Catault (je renvoie ici au rite forestier) ne s’orne pas du chou blanc traditionnel ,mais d’un chou romanesco qui est une forme fractale parfaite.

Ces objets ne peuvent être décrits selon les normes de cette géométrie « linéaire ».

Selon MANDELBROT, « Les fractales sont des objets, qu’ils soient mathématiques, dus à la nature ou dus à l’homme, qu’on appelle irréguliers, rugueux, poreux ou fragmentés, et qui, de plus, possèdent ces propriétés au même degré à toutes les échelles. C’est-à-dire que ces objets ont la même forme, qu’ils soient vus de près ou de loin. »

Pour comprendre la différence entre la géométrie classique et la géométrie fractale, prenons la différence entre la lame d’un couteau et la côte bretonne. Observée au microscope, la lame du couteau apparaît très irrégulière et pleine d’aspérités. Mais, si on change d’échelle, à l’œil nu, la lame apparaît parfaitement droite. A l’opposé, si vous observez la côte bretonne d’un avion à faible altitude, vous observerez une côte irrégulièrement découpée. Et si vous changez d’échelle, en augmentant l’altitude de l’avion, vous observerez toujours une côte irrégulière !

Nous sommes tous habitués aux objets de la géométrie euclidienne : aux droites, aux rectangles, aux cubes…
Ils nous permettent de décrire simplement ce que l’on trouve dans la nature.
Les troncs d’arbres sont approximativement des cylindres et les oranges des sphères.

Mais, face à des objets plus complexes, tels que les nuages, les côtes rocheuses, les feuilles, les reliefs, un flocon de neige, un chou-fleur, la géométrie euclidienne est inadéquate, on fait donc appel à la géométrie fractale.

La géométrie fractale est donc un langage utile pour décrire les formes complexes, et permet la description de processus non linéaires.

La complexité des formes des objets naturels résulte généralement de processus simples, souvent de remise en cause antérieures.

Dans la géométrie classique, une ligne est un objet à une dimension, une surface un objet à deux dimensions, un volume un objet à trois dimensions. Nous sommes donc habitués à des objets dont la dimension est un nombre entier 1, 2 ou 3.

Dans ce but, le terme de dimension fractale a été introduit par Mandelbrot en 1970. La dimension fractale est donc un nombre qui mesure le degré d’irrégularité ou de fragmentation d’un objet ou qui mesure la rugosité d’une surface.

La notion de dimension fractale s’applique aux objets invariants d’échelle : on y trouve des parties qui sont semblables à l’objet lui-même à une dilatation (agrandissement) près. Quand on change l’échelle d’observation d’un objet invariant d’échelle, on conserve les formes.

Chaque portion d’une fractale reproduit la forme générale, quelque soit le grossissement : c’est la propriété d’auto-similarité.

Retenons donc qu’une fractale, c’est une forme dont le détail reproduit la partie et le tout, quelle que soit l’échelle.

Exemple : L’auto-ressemblance peut être exacte : dans ce cas, en changeant d’échelle, on a un objet agrandi identique à l’original. Si vous prenez un triangle, qu’au milieu de chaque côté, vous y dessinez un triangle équilatéral, que sur chaque segment, vous répétez cette opération, vous obtiendrez une forme fractale régulière, exacte et vous dessinerez un flocon de neige dit de von KOCH.

Mais pour beaucoup d’objets naturels, l’auto-ressemblance n’est pas exacte : l’objet agrandi ressemble à son image initiale, mais ce n’est pas exactement le même. C’est le cas, par exemple, d’une côte rocheuse ou d’un profil topographique. Dans ces cas, l’auto-ressemblance est statistique.

Prenons une côte, Bretagne, Angleterre, Islande.
Si un paquebot en fait le tour en restant au large pour ne pas se faire couler par les récifs, il tracera le parcours en forme de W typique de la forme de la côte.

Si un petit bateau cabote le long de la côte, en suivant les principales sinuosités, il ajoutera beaucoup de V au W initial et le trajet sera rallongé de nombreux kilomètres. Si un randonneur marche le long du rivage, il parcourra encore plus de chemin.
Si un crabe courageux contourne scrupuleusement chaque rocher, il accumulera encore plus de kilomètres au compteur de ses pattes. Si une puce de mer géographe suit chaque grain de sable, nul doute que son chemin sera encore plus long, à force de tours et de détours.

 
Autre exemple :
On voit ainsi le caractère anfractueux (un mot qui a la même racine que fractale…) de la côte étudiée, dont la sinuosité se réplique (pas forcément de manière exacte mais sûrement de manière statistique) quelle que soit l’échelle où l’on se trouve. On peut même considérer que plus on va vers l’infiniment petit, plus le contour de la côte tend vers l’infini…
Ces considérations bouleversent tout ce que l’on a appris à l’école sur les périmètres des figures comme les carrés (4 fois le côté), les rectangles (2 fois la largeur plus 2 fois la longueur), les cercles (deux fois pi fois le rayon), etc. En transformant le triangle équilatéral (dont le périmètre vaut trois fois le côté) en flocon de von Koch, en transformant la forme de la côte d’un grand W en une infinité de W, on est entré dans le monde fractal. On a quitté le pays simple des figures lisses pour la forêt vierge des figures rugueuses.

Dans la nature, c’est le phénomène de hasard qui va régir la formation des fractales : les arbres ont tous des caractéristiques communes, leur forme géométrique se ressemblent, et pourtant, même au sein d’une même espèce, chaque arbre est unique. Cette différence est attribuable au hasard, c’est à dire les processus non contrôlés de leur développement (ou tout au moins, tellement complexes que nous n’y avons pas accès).
Le rôle du hasard dans la formation des objets de la nature joue un rôle capital, c’est lui qui différencie les fractales aléatoires de la nature et l’objet mathématique pur.

Le hasard, c’est l’ensemble des processus qu’on ne peut pas contrôler et qui interviennent dans la formation de l’objet fractal : l’érosion, la tectonique des plaques, les contraintes naturelles…

Une application de la théorie mathématique des fractales pures est la modélisation informatisée de formes telles les montagnes, les nuages utilisées dans les images de synthèse : jeux vidéos, cinéma, …

Nous sommes forestiers et parlons donc des formes fractales dans le vivant :

Dans les végétaux, nous avons le chou-fleur et surtout le chou romanesco qui figurent parmi les plus belles formes de cette catégorie.
A l’œil nu, ils ont la forme d’une section de sphère entourée de feuilles. Cependant si l’on regarde de plus près leurs surfaces, on peut noter que celles-ci sont constituées de cônes qui se juxtaposent de manière enroulée en spirales, formant ainsi des volutes qui constituent elles-mêmes des cônes similaires aux premiers, mais d’échelle plus grande

Si on coupe le chou-fleur de haut en bas, on note une organisation en branches principales qui se séparent en branches plus petites. La première division se produit sur la branche principale d’origine, et peut donner 3 à 8 branches secondaires. De même si on coupe le chou romanesco, on note une structure identique. La première division se produit sur la branche principale d’origine et peut donner de 10 à15 branches secondaires. Cette division se renouvelle de la même manière à chaque étage avec une régularité impressionnante pour les deux. A vue d’œil on peut remarquer entre 5 et 8 étages de divisions entre la branche d’origine et la surface du chou-fleur et on peut remarquer entre 10 et 15 étages de divisions entre la branche d’origine et la surface du chou romanesco. Les dimensions des surfaces de ces deux choux sont comprises entre 2, le périmètre et 3, le volume, le développement périmétrique tendant à s’approcher, à s’approprier le volume.

Donc pour les deux, chacune des branches (ou sous branches agrandies plusieurs fois) peut être confondue avec le chou lui-même ou avec la branche principale d’origine.
Le chou-fleur et le chou romanesco présentent donc une auto-similarité et peuvent être considérés comme fractals

La fougère est un autre exemple de forme fractale. Ce sont en particulier les feuilles ou frondes de la plante qui présentent cette particularité d’auto similarité. La dimension fractale des fougères est d’environ 1,7.

Même si l’étude des formes fractales est assez récente, il ressort que les espèces végétales développent ces formes pour pouvoir augmenter leur surface externe, c’est-à-dire, leur surface d’échange avec le milieu extérieur, et cela pour pratiquer par exemple la photosynthèse, l’absorption racinaire…
La croissance d’une plante s’accompagne nécessairement d’un changement de forme. En effet, les plantes essaient d’adopter une forme qui s’éloigne le plus possible d’une sphère (car si elles étaient trop volumineuses, c’est à dire massiques, elles seraient trop lourdes et perdraient beaucoup trop d’énergie pour pouvoir survivre).
Les plantes vont arriver à ce résultat grâce au fractionnement de la croissance le long d’un certain nombre d’axes, (tronc et branches au-dessus du sol, pivot et racines latérales au-dessous).

A mesure que la plante poursuit sa croissance, apparaît la nécessité d’une ramification aérienne et souterraine, qui donne accès à l’espace tridimensionnel sans les inconvénients liés au volume ; la plante s’approprie l’espace en le remplissant d’une surface complexe finement repliée sur elle-même, de sorte que le volume laisse la place aux dimensions linéaires (racines, tiges) et aux surfaces (feuilles et brachyrhizes : homologues souterraines des feuilles).
La croissance de la plante va aussi être régie par les contraintes du milieu extérieur qui sont souvent les mêmes à différentes échelles.

Autres fractales naturelles : les poumons…..

Conclusion :

Il existe une très grande variété de formes fractales dans la nature ; dans des domaines et conditions expérimentales en apparence très différentes comme la croissance des plantes et l’organisation du poumon, on observe des phénomènes et des géométries très similaires du point de vue de leur complexité et de leur dimension fractale.
La découverte des formes fractales dans la nature constitue une forme d’universalité insoupçonnée jusqu’alors, qui permet de comparer et de modéliser des objets, de résoudre des problèmes jusqu’à présent ouverts, comme par exemple la simple caractérisation d’une côte rocheuse.

La théorie fractale a déjà trouvé de nombreuses applications en géologie, biologie, informatique… et il est fort probable qu’elle puisse aussi s’étendre à d’autres domaines encore. En particulier, tous les phénomènes chaotiques, c’est à dire sensibles aux conditions initiales, qui font appel à des structures fractales (par exemple les phénomènes météorologiques).

Les perspectives qu’elle a ouvertes laissent penser que la théorie nous aidera à mieux comprendre le monde qui nous entoure.

J’avoue que ce sujet est assez épineux, mais dans la nature rien n’est simple.

Frère Thierry Bui:.