De notre confrère russe gazeta.ru – Par Marat Rakhimov
La Grande Loge de Russie forte de ses 39 Loges a été fondée 24 juin 1995. Son Grand Maître, Andrei Bogdanov a organisé la vente des agarics au sel de sa propre production dans un but caritatif. L’événement a été annoncé sur l’ Instagram de la Grande Loge le 21 octobre.
Accompagnés d’un pot de champignons de 0,5 litre, les acheteurs ont eu droit à un livre sur l’histoire de la franc-maçonnerie mondiale « L’origine de l’ordre des francs-maçons », écrit par Viktor Belyavsky (vice-grand maître de la loge maçonnique) et Andrei Bogdanov lui-même.
Le prix d’un ensemble d’un pot de champignons salés et d’un livre était de 5 000 roubles. Il a été promis que les bénéfices iront à l’aide aux patients âgés du service de soins infirmiers de Poretsk de l’hôpital régional de Mozhaisk. Le montant des ventes n’est pas encore connu, mais la loge a promis de l’annoncer.
Comme preuve que les champignons ont été salés par Andrei Bogdanov lui-même, une publication Instagram a montré une photo sur laquelle le Grand Maître et candidat à la présidence de la Russie aux élections de 2008 transfère de sa propre main les champignons salés d’un tonneau à un bocal.
La récolte d’agarics au sel Andrei Bogdanov s’en vantait sur son Instagram personnel à la mi-septembre. Puis il a posté un selfie avec de nombreux pots de champignons déjà marinés.
Un ensemble de symboles très peu explicités jusqu’à présent, et pourtant, il faut le reconnaître essentiels et parlants. L’ouvrage ose un « approfondissement » qui, compte tenu de la diversité des rites dans l’histoire en constitue une réelle recherche documentaire et une analyse innovante dans ses divers regards et décodages.
SOLANGE SUDARSKIS, Maître de conférence honoraire de l’Université Lyon 1, initiée au Droit Humain en 1977, auteur de plusieurs ouvrages maçonniques. Est également lauréate de l’Institut Maçonnique de France.
Contrairement aux mots qui ont besoin de silence entre eux pour faire sens, la gestuelle ne laisse aucun espace silencieux ; tout est signifiant, que ce soit dans le mouvement ou que ce soit dans l’immobilité – il y a un silence impossible du corps.
La Franc-Maçonnerie donne des significations particulières à la présentation, aux attitudes, aux gestes du franc-maçon qui est encadré par le rituel qui s’impose à lui par des impératifs verbaux, posturaux, matériels, contextuels, et chacun d’eux complète et précise le sens des autres. Tous les gestes de verticalité l’induisent dans une reliance à la spiritualité universelle ; tous les gestes d’horizontalité témoignent de la volonté de relation fraternelle aux autres et à lui-même. C’est au croisement de ces deux directions que se trouve l’unité de l’être maçon. Le corps est au cœur de ce dispositif, et le cœur en est son centre parce qu’il est ouvert à la fois à la rythmique du cosmos et aux rythmes de l’exercice du social.
Tandis que le mode verbal est basé sur le pouvoir du verbe, le mode gestuel est basé sur l’effet de « magie » dans le sens que lui donne Mircea Eliade, à savoir : rien n’est séparé de rien, ou tout est lié à tout par une texture invisible. Il devient alors indéniable que le rituel possède, outre un contenu dont l’intention est d’installer un sacré en tant que séparation d’avec le monde profane, une visée ontologique pour permettre d’opérer une libération intérieure pour alléger le lourd de la matérialité de l’être. Le rituel, tout spécialement en tant qu’apprentissage progressif comportemental, est un barrage contre les « passions tristes », barrage qui permet un dégagement de l’esprit pour qu’il se tourne vers la « caritas » et la joie d’être.
es recte et corporem inhabita
Pour écouter un extrait de l’ouvrage : Cliquez ici
Sergei Belyavsky, Grand maitre de la Grande Loge de Russie, (qui ne cache pas son appartenance à la Franc-maçonnerie) a informé de ce confinement.
Chers amis, hier, il a été décidé que la Grande Loge de Russie serait fermée du 30 octobre au 7 novembre conformément aux instructions du gouvernement de Moscou sur les nouvelles mesures de restrictions anti-coronavirus
– Ce message est apparu le 21 octobre sur le site officiel de Belyavsky sur Vkontakte.
La principale activité publique de la loge maçonnique est la visite payante du temple maçonnique, qui a ouvert ses portes cette année sur la rue Poltava à Moscou. Le prix standard d’un billet est de 3000 roubles.
– Les réunions de loge, visites et événements publics sont suspendus . La visite du 30 octobre 2021 annulée. Je m’excuse, auprès de tous ceux qui ont réussi à acheter des billets – l’argent sera entièrement remboursé , – a déclaré le représentant des francs-maçons.
Le programme principal de la visite, tel qu’il ressort de la description sur le site, est un récit sur l’histoire de l’Ordre des francs-maçons, ses symboles, ses rituels et ses célèbres maçons dans le lieu même où se déroulent les rites maçonniques les plus secrets.
« La prochaine visite aura lieu le 20 novembre, si les mesures restrictives ne sont pas prolongées », écrit Belyavsky. Puis, répondant à une question d’un abonné, il précise que les mesures devraient durer jusqu’au début de la période hivernale – très probablement jusqu’au 30.11.2021.
La « Grande Loge des Francs-Maçons Anciens et Acceptés » a été enregistrée en Russie en 2003.
Mgr Dominique Rey – Salvator, 2021, nouv. éd. rev. et augm., 126 pages, 12 €
Présentation de l’éditeur :
La franc-maçonnerie n’imposerait aucun « principe » mais viserait plutôt à rassembler, au-delà des frontières des diverses religions et visions du monde, des hommes de bonne volonté, sur la base de valeurs humanistes compréhensibles et acceptables par tous. Elle constituerait un élément de cohésion pour tous ceux qui croient en l’Architecte de l’univers et qui se sentent engagés à l’égard de ces orientations morales fondamentales qui sont définies, par exemple, dans le Décalogue. Elle n’éloignerait personne de sa religion mais constituerait au contraire une incitation à y adhérer davantage. Qu’en est-il vraiment ? La foi chrétienne est-elle conciliable avec la franc-maçonnerie ? Quelle est la position de l’Église catholique vis-à-vis de ces courants ?
La présentation de l’ouvrage de 78 pages publié le 25 septembre 2007, extrait :
Comment définir la franc-maçonnerie ?
La franc-maçonnerie se définit elle-même comme une « société initiatique » et une « organisation philanthropique et de recherche philosophique », dont les membres se recrutent par cooptation. Elle se veut universelle, même si les vicissitudes de son histoire, rivalités et schismes internes, l’ont divisée en de multiples obédiences. L’idéologie de la franc-maçonnerie est difficile à cerner, d’une part parce qu’elle cultive le secret, et d’autre part, en raison de son éclatement en divers courants. Elle se fixe comme but de « travailler à l’amélioration matérielle et morale, ainsi qu’au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ».
La franc-maçonnerie est née en Grande-Bretagne au début du XVIIIe siècle. Par son rituel initiatique, elle entendait se rattacher à une tradition secrète qui remonterait à la construction du Temple de Salomon et à Hiram, que la Bible désigne comme l’architecte de ce Temple. Il existe une indéniable parenté entre les rites symboliques de la maçonnerie et ceux des sociétés initiatiques du passé (mystères antiques de la Grèce ou de l’Empire romain). Il est proposé de conduire l’adhérent à « l’illumination intérieure », d’introduire « l’ordre et l’unité dans l’être humain », d’harmoniser celui-ci avec les « lois universelles ». L’idéal du maçon, exprimé en termes opératifs, est de bâtir « le temple intérieur » (sa propre personnalité) et le « temple extérieur » (humaniser la société).
La franc-maçonnerie anglo-saxonne confesse sa foi en Dieu, « Grand Architecte de l’univers ». Cependant, les constitutions d’Anderson de 1723, texte de référence pour tous les francs-maçons, ne comportent pas la moindre référence à Dieu en Jésus-Christ, ne mentionnent jamais la Sainte-Trinité, le péché, le salut, la résurrection, la venue de l’Esprit-Saint… Sur le continent européen, en particulier dans les pays catholiques, les loges ont accueilli des déistes, des agnostiques et des athées.
La maçonnerie apparaît, en France, dès 1725 avec Montesquieu. Ses membres sont nobles, grands bourgeois, voire ecclésiastiques, gallicans, c’est-à-dire opposés à la prééminence de l’évêque de Rome. Les loges maçonniques ont été le creuset, dans l’esprit des « Lumières » au XIXe siècle, de la laïcité.
Biographie de l’auteur :
Monseigneur Dominique Rey a été nommé évêque du diocèse de Fréjus-Toulon par le saint pape Jean-Paul II le 16 mai 2000. Né à Saint-Étienne le 21 septembre 1952, il est ordonné prêtre le 23 juin 1984. Successivement aumônier du lycée Stanislas à Paris, vicaire à la paroisse Sainte-Marie-des-Batignolles, supérieur des chapelains à Paray-le-Monial, accompagnateur des séminaristes et des prêtres de l’Emmanuel, curé de la paroisse de la Sainte-Trinité, il est nommé évêque de Fréjus-Toulon par le saint pape Jean-Paul II le 16 mai 2000. Sa vision pour le diocèse est de devenir une Église servante, fervente et missionnaire, dans la conjugaison des divers charismes et initiatives pastorales du territoire.
Les éditions Salvator :
C’est une maison d’édition catholique française fondée en 1924 à Mulhouse par le chanoine Alphonse Meyer. Maison d’édition ensuite dirigée à partir de 1928 par la famille Zumbiehl. Elle est désormais installée à Paris 103 rue Notre-Dame des Champs dans le 6e arrondissement, depuis sa reprise en 1998 par Yves Briend. Elle déclare « propose[r] au grand-public francophone des livres d’intelligence de la foi chrétienne et de compréhension du message de l’Église pour la société contemporaine ». Elle est gérée par la société Yves Briend Éditeur, SA à conseil d’administration – capital social 292 534,42 €.
[NDLR : Il s’agit d’une seconde édition fortement revue et augmentée. Monseigneur Dominique Rey, dont la devise est « Mitis et humilis corde » (Doux et humble de cœur), nous instruit du point de vue de l’Église catholique apostolique et romaine sur la Franc-Maçonnerie.
Force est de constater qu’il ne connaît qu’une partie de la Franc-Maçonnerie, car, nous le savons tous, nous parlons toujours, en Europe en général et en France en particulier, des Francs-Maçonneries. Une Maçonnerie qui pourrait se définir comme une école de pensée – je préfère ce terme à celui d’adogmatique, libérale et progressiste – et une Maçonnerie qui pourrait, elle, se retrouver autour de la définition d’une école de spiritualité.
Le paysage maçonnique français (le fameux PMF des années 2010…) comprend donc des Francs-Maçonneries. Ce que ne semble pas avoir pris en compte Monseigneur Dominique Rey.
De plus, page 8 de son dernier opus, son Excellence Monseigneur Rey écrit « Depuis la première publication de Peut-on être chrétien et franc-maçon ? en 2007, aucun événement majeur ni aucune publication particulière n’a infléchi la réflexion de l’Église catholique, ou marqué de façon significative le débat public au sujet de la franc-maçonnerie ».
Il faut reconnaître cependant une avancée que les Francs-Maçons de tradition considèrent comme fort importante. Nous en voulons pour preuve dans le numéro 190 de décembre 2018 de Points de Vue initiatiques (PVI), la revue de la Grande Loge de France, intitulé Christianisme et franc-maçonnerie, où nous avons, entre autres, un « Entretien avec Monseigneur Jean-Charles Thomas par Jean-Jacques Zambrowski » décrivant parfaitement et justement cette avancée dans les relations entre Église et Franc-maçonnerie…]
Franck Ferrand nous propose de faire un saut d’un gros siècle en arrière, et de nous retrouver en pleine « affaire des Fiches », à la Belle Epoque – une histoire assez étonnante. Franck Ferrand reçoit Laurent Kupferman, auteur des 50 faits marquants de la franc-maçonnerie, nouveau volume de la collection 3 minutes pour comprendre (éditions Courrier du Livre) et Les Aventuriers de la République (avec Jacques Ravenne), ouvrage sur les Francs-maçons qui ont fait notre histoire.
L’affaire des fiches, parfois appelée l’affaire des casseroles, est un scandale politique qui éclate en 1904 en France, sous la Troisième République. Il concerne une opération de fichage politique et religieux mise en place dans l’Armée française à l’initiative du général Louis André, ministre de la Guerre, dans un contexte de liquidation de l’affaire Dreyfus et d’accusations d’anti-républicanisme portées par la gauche à l’encontre du corps des officiers.
De 1900 à 1904, l’administration préfectorale, les loges maçonniques du Grand Orient de France et d’autres réseaux de renseignement établissent des fiches sur les officiers, qui sont transmises au cabinet du général André afin de décider de l’avancement hiérarchique et des décorations à attribuer. Ces documents secrets sont préférés par André aux notations officielles du commandement militaire ; ils lui permettent de mettre en place un système où l’avancement des officiers républicains, francs-maçons ou libre-penseurs est favorisé tandis que la carrière des militaires nationalistes et catholiques — conviction religieuse qui vaut, pour le Grand Orient et le cabinet d’André, hostilité à la République — est entravée, dans le but de s’assurer de la loyauté de l’armée au régime en place.
Le 28 octobre 1904, le député Jean Guyot de Villeneuve interpelle le gouvernement à la Chambre des députés et révèle le système de fichage instauré par le général André et le Grand Orient, produisant à l’appui de ses accusations des fiches qui lui ont été remises par Jean-Baptiste Bidegain, adjoint du secrétaire-général du Grand Orient. Le ministre nie avoir connaissance de ces agissements, mais durant la séance du 4 novembre, Guyot de Villeneuve produit un document qui incrimine André directement ; la séance est houleuse et le député nationaliste Gabriel Syveton gifle le ministre de la Guerre, déclenchant une empoignade dans l’hémicycle.
Le scandale est important. Les rebondissements et les révélations se succèdent pendant plusieurs mois, tandis que la presse publie régulièrement les fiches en question. Malgré le soutien de Jean Jaurès et du Bloc des gauches, le gouvernement Émile Combes chute le 15 janvier 1905, emporté par l’affaire. Le cabinet Rouvier, qui lui succède, condamne formellement le fichage, prononce des sanctions symboliques et mène une politique d’apaisement. Néanmoins, le système des fiches se poursuit après 1905, appuyé non plus sur le Grand Orient mais sur les renseignements préfectoraux et adossé à la pratique de pressions politiques. En 1913, le ministre de la Guerre Alexandre Millerand y met fin définitivement.
Ce système de fichage politique, en plus de provoquer une certaine crise morale dans les milieux dreyfusards qui se divisent sur la priorité à donner entre la défense de la République et la protection de la liberté de conscience, semble avoir affaibli le haut-commandement militaire, du fait de plus d’une dizaine d’années de discriminations à l’avancement des officiers, ce qui a eu des conséquences difficiles à évaluer sur les premiers mois de la Première Guerre mondiale. Suite de cette affaire sur le site Wikipedia
Pour aller plus loin
Un ouvrage vient de sortir sur ce thème.
Emmanuel Thiébot est historien au Mémorial de Caen et responsable du Mémorial des Civils dans la guerre de Falaise. Il est diplômé de l’IEP pour ses recherches sur le rôle de franc-maçonnerie dans la création de la Troisième République.
L’incroyable richesse architecturale et artistique des cathédrales à travers un tour d’horizon chronologique et largement illustré des grandes étapes qui ont marqué leur évolution.
Prouesses architecturales de la démesure, les cathédrales sont des symboles puissants de la vie spirituelle. Chargées d’histoire, elles sont le meilleur témoignage du savoir-faire des hommes et de la détermination de leurs commanditaires. Elles auraient toutes un air de famille et ce n’est pas fortuit car leur architecture est intimement liée à une même démarche de conception initiée progressivement depuis l’antiquité.
Rédigé par un architecte passionné d’histoire et de vulgarisation, ce panorama chronologique résume, par fiches de deux pages largement illustrées, l’évolution architecturale de ces cathédrales jusqu’aux projets contemporains les plus fous. Viendront se mêler aux dates clés de ces édifices : témoignages artistiques (peinture, littérature, cinéma…), faits divers (effondrements, incendies, tremblements de terre…), industrialisation (carrières de pierre, forêts, utilisation de l’acier et du béton…) ou bien grands hommes influents (Suger, Gaudi, Perret…).
Biographie de l’auteur :
Alain Billard, architecte, est enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure de l’Architecture et du Paysage (ENSAP) Bordeaux. Il y a même fondé le diplôme de spécialisation aux études d’architecture (DPEA), équivalents à un master spécialisé, en « Risques naturels majeurs et architecture ». Il professe aussi à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville (ENSA-PB)et est par ailleurs docteur en archéologie. Il a exercé un rôle d’expert ou de chargé de mission pour le compte du ministère de la Culture et celui de l’Environnement. En termes d’ouvrages, nous lui devons Cathédrales gothiques au Moyen âge (2020), Écoute grandir les pierres, elles te feront une cathédrale (2020), Confortement du patrimoine bâti (2016), Les structures de hautes performances (2016), Les structures en portiques (2016), Les structures-poids (2015), De la construction à l’architecture (2015), Risque sismique et patrimoine bâti, réduction de la vulnérabilité, savoirs et savoir-faire (2014) et en qualité de collaborateur avec Emmanuel Amougou Sciences sociales et patrimoines (2011).
[NDLR : C’est un livre qui est beau. Mais c’est surtout un beau-livre ! Il est d’usage de reconnaître qu’un beau-livre est généralement destiné à être feuilleté autant qu’à être lu. Et notre attention est sûrement attiré par la qualité des illustrations… dans un premier temps. Puis, le texte prend le dessus. Comment ne pas s’intéresser aux thématiques développées dans différents chapitres tels que tels que le maître, l’architecte et le maître d’œuvre, les artisans et les métiers ou encore la triangulation des charpentes et les charpentiers. Il en est de même avec la stéréotomie, du tracé en perspective à la dernière cathédrale en pierre de Gaudi à Barcelone la Sagrada Família, sans parler de la cathédrale d’Évry que certains dépeignent comme maçonnique.
La table des matières :
Introduction ;
Naissance d’une architecture ;
L’architecture romane ou le changement d’échelle ;
L’architecture du gothique classique et rayonnant ;
Un temps d’arrêt sur l’architecture romane et gothique anglaise ;
L’architecture du gothique flamboyant et la fin des cathédrales gothiques ;
L’architecture des cathédrales de la Renaissance au néoclassique ;
Du néogothique au design ;
Conclusion générale ;
Annexe :
– bibliographie,
– glossaire,
– index des lieux et des sites,
– index des noms propres.
Alain Billard nous invite, comme dans une démarche spirituelle, à entrer dans des véritables « vaisseaux de pierre ». Largement de quoi méditer sur cet héritage à préserver, nous recentrer sur l’essentiel et ainsi mieux comprendre d’où l’on vient]
Le 7 janvier 2015, la France et, avec elle, tous les hommes libres se réveillaient groggy après le terrible attentat qui venait de coûter la vie aux journalistes et caricaturistes de Charlie hebdo.
Le monde était brutalement confronté à cette redoutable réalité : le respect des droits de l’homme et de la vie, le droit à la parole et à la contestation, le recours à la satire et au rire comme arme contre la barbarie étaient dangereusement menacés, bafoués, en ce début de XXIe siècle, dans un pays pourtant laïque et démocratique.
Le slogan « Je suis Charlie » envahit les rues, les réseaux sociaux, l’opinion se mobilise. En quelques jours à peine, les librairies sont prises d’assaut : le Traité sur la tolérance de Voltaire devient un symbole, un brûlot d’alerte, une revendication citoyenne. Les mânes de Voltaire quittent le Panthéon où le patriarche repose depuis 1791 pour retrouver l’espace public, le cri du sang innocent retentit dans les rues de la capitale. Le pourfendeur de l’Infâme est appelé à la rescousse, son « rire terrible, auquel s’écroulent les bastilles des tyrans, les temples des Pharisiens », pour reprendre les mots de Michelet, avait permis d’ébranler les superstitions et de museler les cagots.
Il était temps de s’en souvenir. Et pourtant, depuis le XVIIIe siècle, l’ironie voltairienne en avait dérangé plus d’un. Le « hideux sourire » de Voltaire, tellement détesté par les romantiques, l’avait transformé en antéchrist peu fréquentable. Qu’en est-il donc aujourd’hui, à l’heure où le politiquement correct s’impose sous les déguisements les plus inattendus ? Le second degré, le sarcasme, la moquerie sont-ils voués à définitivement disparaître, condamnés par le respect des convenances et des sensibilités ? Que reste-t-il de l’ironie voltairienne ? Telle est la question que cette journée d’étude aimerait décliner sans tabous. « Qu’on le maudisse ou qu’on l’exalte, rappelait Paul Valéry à la fin de la seconde guerre mondiale, Voltaire vit, Voltaire dure : il est indéfiniment actuel. »
L’actualité nous le prouve chaque jour et l’édition de ses Œuvres Complètes par la Voltaire Foundation, dont Nicholas Cronk viendra nous parler lors de la conférence inaugurale qui ouvrira cette manifestation, soulignera la pertinence de cette lecture aux générations futures.
PROGRAMME
Soirée du lundi 8 novembre 2021
17 h 30 Accueil Didier VIVIERS, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique
17 h 45 Introduction au colloque Valérie ANDRÉ (FNRS-Université libre de Bruxelles ; Membre de l’Académie royale de Belgique) et Catriona SETH (University of Oxford ; Membre associée de l’Académie royale de Belgique)
18 h 00 L’occasion de l’achèvement des Œuvres complètes de Voltaire : comment célébrer Voltaire ? Nicholas CRONK (Voltaire Foundation, University of Oxford)
10 h 00 Présentation Valérie ANDRÉ (FNRS-Université libre de Bruxelles ; Membre de l’Académie royale de Belgique) et Catriona SETH (University of Oxford ; Membre associée de l’Académie royale de Belgique)
10 h 30 Un héritage de Voltaire en Algérie : Boualem Sansal Nicolas BRUCKER (Université de Lorraine) et Willy SOUMAHO IGOUMOU (Université de Lorraine)
11 h 00 Voltaire in Brexitland : quand la réalité dépasse l’ironie ? Patrick MAC GUINNESS (University of Oxford)
11 h 30 Pause-café
12 h 00 L’ironie voltairienne est-elle soluble dans la BD ? Laurence MACÉ (Université de Rouen)
12 h 30 Questions du public
13 h 00 Pause-déjeuner
14 h 00 Ironie, pouvoir et religion : une tradition ou une innovation dans la littérature arabe ? Xavier LUFFIN (Université libre de Bruxelles ; Membre de l’Académie royale de Belgique)
14 h 30 Voltaire, notre contemporain ! Halima OUANADA (Université de Tunis El Manar)
15 h 00 Les avatars contemporains du second degré. Analyse de discours et perspectives Laurence ROSIER (Université libre de Bruxelles)
15 h 30 Questions du public
16 h 00 Pause-café
16 h 30 Conclusions Valérie ANDRÉ (Université libre de Bruxelles ; Membre de l’Académie royale de Belgique) et Catriona SETH (University of Oxford ; Membre associée de l’Académie royale de Belgique)
Le colloque est organisé sous la responsabilité académique de Valérie André.
L’organisation de ce colloque bénéficie du soutien de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, du Collège Belgique et de la Faculté de Lettres, Traduction et Communication de l’Université libre de Bruxelles.
Je tournais gentiment sur le manège du rêve, plongé dans une de ces méditations où l’on ne pense à rien, surtout à rien, sauf que la vie n’est supportable que lorsqu’elle se la coule douce, et que pour ça il suffit de changer de nom, comme moi désormais, profession retraité, la vie enfin, car la vie voyez-vous, elle devient ce qu’on est, elle aussi retraitée, retirée de ce traitement absurde à base de harcèlement téléphonique, de centaines de mails par jour à avaler, sans compter les courriers, tous les « y’a qu’moi qui compte », « moi l’premier, les autres j’m’en fous », et les chefs c’est pareil, ne m’en parlez pas des chefs, une seule idée en tête leur carrière, la course à la promotion, alors ils exigent des autres, rendement, toujours plus avec moins de moyens, aujourd’hui c’est le top, pensez donc avec ça on se fait mousser comme un bain qui cache ce qu’il y a en dessous, et quand ils vont voir le Directeur Général pour l’évaluation annuelle, alors là c’est le tralala, ils mettent leur JE en avant tout en disant MON équipe, mais l’équipe c’est moi, salopard !, et pour moi pas un merci, rien, moi j’vous l’dis, le rien c’est eux, rien que des toxiques ces p’tits chefs, des nuisibles, des rats, des araignées, des vipères et des scorpions, tous dans le même sac et si tu retournes le sac, c’est eux qui sortent, résolument malfaisants, insupportablement insupportables, et ça durant quarante-deux ans, huit mois et dix-sept jours, alors, pensez, devenir libre, pouvoir résider enfin dans sa case vide, au centre de l’inutile, est un plaisir aussi doux qu’un réveil sans douleur au dos.
Ah, le dos ! Qui dira jamais les délices d’un bon canapé, pas ceux en soi-disant cuir qui soulignent les vertèbres et collent en été, non, un canapé au moelleux d’oreiller qui vous prend au corps comme une doudoune et vous entoure de mou, de tiède, de rien-faire, de cette exquise caresse qui sait aimer béatement en offrant des bouquets d’images de kaléidoscope, souriantes de temps passé qui aimerait repasser, ou illuminant soudain d’une lumière crue la phrase qu’on n’a pas dite, et qui surgit tout naturellement, belle comme l’inattendu, cette répartie magnifique qu’on tâche de garder pour la resservir la prochaine fois, comme s’il allait y avoir une prochaine fois et que la lutte contre l’oubli n’était pas perdue d’avance, et j’entre sur la pointe des pieds dans l’illusion du rêve, oh bien sûr éveillé, mais si je ferme un peu les yeux pour filtrer une idée, fugace comme un baiser d’enfant, je la vois s’assoupir dans une bienveillante indolence qui me fait retomber d’un coup dans la torpeur, cette espèce de rideau un peu lourd qui s’écarte doucement pour laisser place au songe où se présentent des personnages dont on n’entend pas la voix, mais qui impriment pourtant des paroles dans la tête, et un mot surgit soudain, s’établit dans sa présence, fort comme une statue : « paresse », succulente paresse comme un chocolat à la liqueur, d’où viens-tu, ma paresse, moi qui ai toujours été d’active, ¾ chérie, que faisons-nous aujourd’hui ?, ¾ mais rien, se reposer, ¾ se reposer ? on fera ça quand on sera morts, et maintenant avachi et heureux de l’être.
Paresse, paresse… D’où diable peut bien venir le mot ? L’étymologie c’est comme la philologie, ça mène au pire, dixit Ionesco. Et pour le coup c’est vrai, ça me réveille d’un coup, pas de massue, pas de génie non plus, un coup bas, de traîtrise dans l’ombre de la matière grise, de quoi la faire froncer comme un bandonéon sans néon, mais je me demande où j’ai bien pu attraper ça, cette fichue paresse qui m’a assigné le canapé pour refuge. Voyons, voyons, que je me dis ! Pourtant j’ai bien mis le masque, respecté la distanciation sociale, j’ai bien fait les gestes barrière jusqu’à me confondre avec un passage à niveau, collé le passe sanitaire sur la fesse droite, QR Code dit bien l’endroit où il faut le mettre, le R étant l’initiale de Right, droit ou droite en anglais, ça dépend du sexe, et j’ai suivi scrupuleusement les consignes, pas ceci et pas cela, et encore un peu moins parce qu’on vous dit que « c’est un plus », mais alors, où ai-je bien pu l’attraper la terrible paresse, ce virus venu de nulle part, terrible neuropathie qui attaque les nerfs des bras et handicape à vie les doigts des mains, sauf les pouces qui tournent sur eux-mêmes, qui tournent, et tournent, tournent…
Découvrez l’univers des chamanes. Les peuples et civilisations pratiquant le chamanisme dans le monde entier font appel à divers objets dans leurs communications spirituelles : le bois de cerf, les masques tlingits, la mudang coréenne, les figurins zoomorphes, les tambours, l’okhwangse, le tabac, les végétaux psychotropes, les poporos, ou encore les phurbu népalais sont autant de portes d’accès à la compréhension de cet univers magique. En endossant son manteau, le chamane opère en lui une forme de transformation physique, il acquiert des ailes d’oiseau ; en plaçant sur son visage un masque représentant un personnage mythique, il revêt l’apparence de celui-ci ; en retroussant son nez à l’aide d’un ornement, il prend l’aspect d’une chauve-souris… Par la présentation et la compréhension des différents objets utilisés par les chamanes, nous découvrons la signification des rituels, la puissance de chacun des objets, leurs fonctions, leur mode d’utilisation et leur richesse artistique.
Muriel Levet est passionnée par les sciences occultes et les arts premiers, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, mais également traductrice de romans et d’ouvrages sur le cinéma.
[NDLR : Édité pour la première fois en février 2009, le livre renaît sous une nouvelle forme (colorisée) plus que conviviale. Après tout, le symbolisme de la couleur ocre n’a-t-il pas une signification positive à la fois chaleureux, rassurant, doux, réconfortant et authentique ? Muriel Levet nous propose tout simplement un voyage à travers les objets du quotidien du chamane. Mais avant tout, l’auteure nous définit qui est le chamane et situe sa place dans le monde. Le monde entier, s’il vous plaît ! Nous ne manquons pas de côtoyer un monde empli de spiritualité et d’énergies, dont le centre reste Mère Nature. Les trois mondes – minéral, végétal et animal – sont évoqués ainsi que les pouvoirs de tous ces objets sacrés. Tout ceci ne serait-il pas un moyen finalement pour soigner notre âme ? Lexique et bibliographie concluent le livre]