Les luttes contemporaines sont vouées à l’échec, car elles sont basées sur un paradigme de division et d’exclusion et non d’union. Elles contribuent à l’éparpillement et l’isolement, quand le rassemblement est nécessaire.
J’étais en Loge hier soir et dans le ronron vaguement ésotériste à vocation occultiste, le conférencier a parlé de « rassembler ce qui était épars ». Cette idée de remembrement, de rassemblement est bien connue et fait partie des textes fondateurs de la Franc-maçonnerie. Il est en effet question de permettre à des personnes qui ne se seraient jamais croisées de se rencontrer.
Et puis j’ai pensé à ce concept ultra-moderne qu’est l’intersectionnalité des luttes. L’intersectionnalité (qui est un néologisme) désigne le fait de cumuler des critères d’oppression. Ainsi, pour les croyants en cette idée, plus on cumule de critères de minorité, plus on est oppressé. Et les plus intersectionnels sont assez intolérants. Certains collectifs préfèrent agir en « non-mixité », autrement dit, rester entre eux. Petit exemple de raisonnement intersectionnel : les femmes sont opprimées, les personnes à la peau noire aussi. Donc, les femmes à la peau noire seraient plus opprimées que les personnes à la peau noire ou les femmes… Et bien évidemment, quelqu’un qui ne rentre pas dans l’intersection des ensembles n’est pas capable d’empathie et se voit exclu de la lutte. Ainsi, le mâle blanc/hétérosexuel/cisgenre/fonctionnaire/bourgeois/franc-maçon/propriétaire que je suis est par définition exclu de toute lutte, puisque privilégié.
Le problème de la lutte intersectionnelle, c’est que mathématiquement, ça ne peut pas fonctionner. Quiconque a lu Srdja Popovic sait que pour qu’un mouvement fonctionne, il est nécessaire de rallier le plus grand nombre. En termes de théorie des ensembles, on parle d’union d’ensembles. Or, les intersectionnels préfèrent privilégier l’opération inverse, l’intersection des ensembles. Le petit problème, c’est que par définition, l’effectif de l’intersection est faible, contrairement à celui de l’union.
Dans le même ordre d’idée, les militants intersectionnels, imprégnés des n’importe quoi studies sont les mêmes qui revendiquent l’écriture inclusive, l’affirmation du genre (au point de refuser de dire femme enceinte et de préférer personne enceinte pour faire plaisir aux minorités…) ou qui prennent n’importe quel prétexte pour affirmer leur malaise et leur défense des minorités opprimées. Car quand on est minoritaire, on est forcément opprimé. On demandera à nos milliardaires ce qu’ils en pensent, à l’occasion. Ou aux femmes, considérées comme minorité aussi dans ce paradigme.
Ces militants utilisent les outils de sciences sociales pour faire passer leurs idéologies. Ils n’hésitent pas à citer des références qu’ils n’ont pas lues ou pas comprises. A ce propos, l’Odieux Connard en montre un exemple magnifique dans un de ses billets. Contrairement au scientifique qui doute et donc cherche, les militants ne vont que dans un sens, le leur. Et gare à qui ne va pas dans leur sens, ils risqueraient de se faire cancel.
Cette même famille inclut aussi ceux qui revendiquent la couleur de peau comme indicateur de valeur morale, les fameux tenants du racialisme. On aura reconnu la culture woke, cette tribu qui se veut l’éveillée, celle qui sait où se trouvent le souverain Bien et l’abominable Mal. Celle qui a le pouvoir de dire ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. On en a vu un exemple navrant avec la fin du GENEPI (association visant à proposer des cours particuliers par des étudiants aux personnes en détention afin qu’elles puissent passer un diplôme en vue de leur réinsertion), détruit de l’intérieur par des militants anti-prison. Parfois, les actions des bien-pensants excitant les minorités opprimées peuvent aller plus loin. Ainsi, des militants en Ontario font brûler des livres pour enfants (incluant Tintin, Lucky Luke ou Astérix) au motif que ces œuvres présentent une mauvaise image des peuples autochtones. Dans ce cas, si je suis militant athée, anticlérical ou féministe, je vais exiger un autodafé de tous les livres des religions monothéistes, en raison de leurs propos qui choquent ma conscience d’athée ou ma vision de la représentation des femmes !
Et justement, ce qui me gêne avec ce type de pensée et ces comportements, c’est la violence qu’ils génèrent par l’essentialisation de l’autre, lui niant ainsi toute altérité. Plus simplement, chez eux, l’essence précède l’existence. Ainsi, si on est homme et blanc, on est forcément un être vil et coupable de siècles d’oppression du reste du monde. Et peu importe les actions entreprises qui tendraient à démontrer le contraire. De la même manière, si on est racisé au degré voulu, on est forcément quelqu’un de bien, même si on peut avoir un casier judiciaire chargé. Leur relation avec l’autre se résume à cette essentialisation : « TU ES », suivi d’un attribut. Or, avec l’oreille de la psychanalyse (ou le langage des oiseaux, c’est pareil), dans ce « tu es », j’entends « tuer » ou « tué ». Autrement dit, derrière cette essentialisation de l’autre sur des critères au fond bien superficiels, il se trouve une véritable violence qui n’amène à rien de bon, et qui ne contribue qu’à diviser davantage ce qui devrait être réuni.
Il est malheureux que la défense de causes tout à fait nobles, comme l’égalité des droits entre hommes et femmes (et quelle que soit l’origine des uns et des autres) se voie dénaturée par des militants qui ne défendent qu’eux-mêmes, et ne font qu’exprimer leur haine d’un autre qui ne leur ressemble pas. Toutes ces luttes utilisant des moyens contemporains sont vouées à l’échec, car elles divisent plutôt qu’elles ne rassemblent.
L’éveil des Woke n’est qu’une illusion cachant une réalité noire : ces gens là ne défendent jamais que leur orgueil et leurs Mauvais Compagnons. Quand ces passions tristes amènent des groupes à brûler des livres qui leur déplaisent, à lyncher médiatiquement telle ou telle personne, à faire preuve de malhonnêteté intellectuelle pour défendre une cause ou essentialiser violemment l’autre en le ramenant à ses origines, c’est qu’il est temps de combattre de nouveau l’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition.
A l’inverse des courant Woke, l’Initiation cherche à unir ce qui est épars, mais en aucun cas, elle n’invite à diviser les hommes sur des critères somme toute bien dérisoires. Plus que jamais, nous avons besoin de nous unir contre ces fléaux qui nous divisent. Plus que jamais, nous avons besoin d’Initiation.
« Le plus grand, le plus inquiétant et, peut-être, le seul magicien du vingtième siècle… »
Robert AMADOU.
« Homme, sois fort ! Jouis de chaque chose et de chaque extase, sans craindre qu’un Dieu doive te condamner pour cela »
Aleister CROWLEY in « Liber Legis »
De nombreuses polémiques ont entouré l’existence de cet homme. Aujourd’hui presque soixante ans après sa mort, les rumeurs les plus folles continuent de courir ! Qu’on l’aime ou qu’on l’abhorre, il est clair que le personnage d’Aleisteir Crowley ne peut laisser indifférent ! Mais remontons ensemble le temps et venez en notre compagnie à Hasting, petite cité balnéaire sur la côte sud de l’Angleterre, nous sommes le premier décembre 1947!
La deuxième guerre mondiale est terminée depuis plus de deux ans, mais la visite médicale d’aujourd’hui semble orageuse et se passe plutôt mal! Docteur et patient ne sont pas du tout d’accord, le praticien ne veut pas donner au malade irascible ce qu’il réclame : une dose importante d’opiacées ! Le médecin quitte la demeure de cette petite pension de famille, en claquant la porte. Pris d’une violente attaque cardiaque, son patient décède peu après en le maudissant.
Le praticien ne lui survivra pas longtemps, il mourra le lendemain d’un accident de la route.
Le malade se nommait Aleister Crowley.
On ne contrarie pas impunément un « sorcier »
A la légende de « Magick »(1) s’ajoutait ce nouvel épisode !
Quelques jours après son trépas, le Lord Chief of Justice d’Angleterre (l’équivalent de notre Garde des Sceaux) déclara : « Aleister Crowley était le personnage le plus immonde et le plus pervers du Royaume Uni »
Mais plongeons ensemble si vous le voulez bien dans le tourbillon des passés !
Edouard, Alexandre Crowley naquit sous le signe de la Balance à Leamington, non loin de Manchester en Grande Bretagne le douze octobre de l’an 1875, un jour de violent orage.
I875 : en France, Eliphas Levi (2) venait de mourir au mois de mai, plus tard Crowley s’imaginera être la nouvelle incarnation de l’auteur de « Dogme et Rituel de la Haute Magie » (il lui dédiera d’ailleurs un ouvrage). Aleister Crowley avait une certaine tendance à croire être la réincarnation des personnages illustres décédés qu’il admirait, (Eliphas ne fut pas seul).
Ses parents, appartenaient tous deux à une secte protestante connue comme une des plus intransigeantes : les « Darbystes ».du nom de John Nelson Darby, pasteur anglican (1800-1882) qui produisit sa propre bible. Le leitmotiv de cette secte était une interprétation littérale des écritures, rigorisme moral, refus de contact avec d’autres églises et l’abstention d’engagement politique de toute sorte basé sur les visions de sa collaboratrice le médium hystérique Margaret Mac Donald n’ont rien arrangé. De ce rigorisme le jeune Alick (surnom d’Alesteir dans sa jeunesse) ne s’en remettra pas et aura tout au long de son existence une haine farouche pour l’hypocrisie de la religion chrétienne et de ses pendants, je cite : « Cette religion contrôle ses fidèles par la culpabilité et la honte ». Il déclarera d’ailleurs plus tard comme nous le rappelle Massimo Introvigne : »C’est leur Dieu et leur religion que je veux détruire »
Aleister Crowley en 1929.
Crowley, en effet avait cette caractéristique qu’il n’oubliait jamais les souffrances et les affronts subis. Tout au long de sa scolarité, il ressentira cette ambiance, l’Angleterre puritaine de la Reine Victoria était partout la même. Combien de tourments a du subir le futur Magicien, ballotté d institutions en pensionnats, l’enfant eut à connaître les pires tourments, privé d’amour et de tendresse, en proie à toutes les vexations, il est accusé des pires maux. Jamais, son psychisme ne se relèvera totalement des humiliations et des brimades subies pendant sa prime jeunesse. Toute sa vie, le Mage luttera contre l’injustice et son désir de revanche contre l’adversité.
Le père d’Alesteir était un riche commerçant, négociant en bière, sa mère d’origine irlandaise ne donna jamais au jeune garçon le moindre baiser ou caresse.
Même la présence d’un simple jouet était interdite dans la demeure familiale. Les conditions de vie étaient spartiates. Surtout après le décès du père du jeune garçon survenu en mars 1887, (des songes prémonitoires avaient prévenu Alick alors âgé de onze ans de ce triste événement). .La famille Crowley tombe alors sur la coupe de Tom Bishop frère trop proche de sa mère Emilie, un homme fanatique violent et méchant (fidèle zélateur de la secte). Il rudoie l’enfant et abuse probablement du garçonnet a qui il attribue le surnom de la Bête (plus tard Aleister Crowley se fera appeler : « The Great Beast » en référence à la Bête de l’Apocalypse de saint Jean, et ne manquera pas d’ajouter 666 à ce « charmant » patronyme) (3) « …Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la Bête. Car c’est un nombre d’homme et son nombre est 666» Saint Jean
La Genèse d’un Mage
Après ces années de souffrance, le jeune homme rentre à la faculté de Cambridge : le Trinity collège, il s’y fait remarquer par son refus total de passer examens ou diplômes. Ses passions sont la Magie (déjà) et l’escalade ; il faut savoir, (même si ce n’est pas le sujet de notre étude) que Crowley fut un des meilleurs alpinistes de son temps, vainqueur en 1902 d’un sommet réputé de la chaîne himalayenne.
Il « commet » aussi ses premiers écrits : deux recueils : poésie avec : « Alcedama » et, déjà érotisme, « White Stains » inspiré de Charles Baudelaire, plus tard il rédige même un : « Diary of a drug friend ». Point n’est besoin dans ce cas de traduction. Le jeune homme multiplie les expériences sexuelles de toutes sortes et de toutes natures affectionnant particulièrement les étreintes avec les prostitués surement des deux sexes. Il notera plus tard quelquefois ses (et leurs) performances amoureuses : « La fille était fragile très féminine facilement excitable et passionnée, commettait l’adultère pour la première fois, hautement orgiastique… ou… la fille est une putain vigoureuse d’environ 26 ans. L’orgie a duré de 11 à 22 heures et la cérémonie fut effectuée 3 fois ; et encore : type maternel et taurin, l’aspect peu excitant de l’assistante a rendu l’opération difficile… Je me suis trouvé capable de me concentrer sur l’articulation des mots qui formulent la volonté plutôt que sur la substance de la volonté elle-même. Cela est sûrement à priori mauvais. » (4)
A peine sorti de l’université, le jeune homme élit domicile dans le quartier de Chancery Lane dans le centre de Londres et transforme son appartement en laboratoire de magie ou il commence à fourbir ses premières armes avec quelques jeunes disciples frais émoulus des bancs du célèbre collège..
Voyageant beaucoup, il reçoit en Suède à Stockholm tel Swendenborg, (5) une « vision céleste » qui lui annonce sa destinée magique !
Continuant ses pérégrinations, Aleister est initié aux arcanes d’une société pour la moins secrète : La Golden Dawn. La date de sa réception nous est connue : le 18 novembre 1898, il y prend un nouveau nom comme cela est, par exemple, dans les organisations compagnonniques et dans certains rites maçonniques : « Perdurabo » Désormais il sera « Frater Perdurabo »
L’Hermetic Order of Golden Dawn était une société de type Rosicrucienne dont le but était de libérer l’homme de son état terrestre en pratiquant la Haute Magie. De célèbres personnages en firent partie : l’écrivain Arthur Machen, l’actrice Florence Farr, le poète William Butler Yeats, Moïna Bergson, (soeur d’Henri Bergson, le grand philosophe) Edward Bulwer Lytton et surtout l’auteur du célèbre (roman ?) Dracula : Bram Stoker. On a même parlé de Conan Doyle et de Rudolf Hess ! La « société » remontait d’après ses dires à l’alchimiste, astrologue et magicien John Dee, conseiller privé occulte de la reine Elizabeth 1er. Celui-ci naquit à Mortlake en 1527, sa vocation lui vint en découvrant l’ouvrage de Cornélius Agrippa « De Occulta Philosophia ».
John Dee fut un inventeur génial, le mot Brittannia fut crée par lui mais, surtout, un être auquel on prêtait des pouvoirs magiques énormes : la légende dit que le naufrage de l’Invincible Armada attaquant l’Angleterre est le résultat de ses pratiques incantatoires. On lui attribue des transmutations de métal « vulgaire » sous la protection de Rodolphe de Habsbourg en or et bien d’autres miracles. Il rencontra parait-il le fameux Rabbin Loew créateur du Golem.
Il est à noter qu’Alesteir Crowley croyait fermement être (également) sa réincarnation.
Dee mourut en 1608, retiré de tout. Mais sa principale œuvre fut son « miroir magique », une sorte de cristal noir, avec lequel par l’intermédiaire d’un rituel secret, il prétendait rentrer en contact avec des entités terrifiantes et cruelles parlant les langues « Enochiennes » (6). Dee les rencontra à ses dires « physiquement » ce fut horrible, voici cette entrevue relatée par lui : « Ainsi me préparais-je dés cette nuit, avec toute la frénésie de ma furieuse convoitise, à mes représailles, et je suivis point par point les instructions du désincarné BG . Mais je n’oserai décrire les processus des ceremoniae auxquelles je procédai pour mettre à la merci de ma puissance l »âme et la chair d’Elizabeth (la reine ndlr). BG resta près de moi, tandis que la sueur de cette épouvantable besogne perlait à tous les pores de ma peau ; le cœur et le cerveau me faisaient si mal que je pensais à plusieurs reprises tomber en syncope. Je ne puis dire que ceci : Il y a des êtres dont la vue est déjà si terrifiante qu’elle fige le sang ; mais qui comprendra si je dis : encore plus terrifiant est leur voisinage invisible ! Alors l’affreux sentiment d’être un aveugle sans défense atteint les limites de l’horreur.
Enfin arrivèrent à leur terme les évocations auxquelles, pour finir j’avais dû procéder hors de la maison, nu par un temps relativement frais, sous la lune décroissante. Enfin j’élevai le noir cristal de charbon dans le clair de lune, et, toutes mes forces de volonté bandées à l’extrême, je concentrai mon regard… sur ses facettes miroitantes. Cependant BG disparaissait et la reine s’avança comme si, les yeux fermés, elle flottait dans un hâle mystérieux sur les pelouses du parc….Son aspect était beaucoup plus celui d’un fantôme. Je n’oublierai jamais ce qui se produisit alors au tréfonds de ma poitrine. Ce n’était plus le battement de mon cœur ; non c’était un cri sauvage, inarticulé qui s’arrachait à mes pulsations et, qui jailli aux confins du monde, éveillait pourtant au plus intime de moi-même l’écho d’un labyrinthe si épouvantable que la terreur me dressa les cheveux sur la tête…. Je pris Elizabeth par la main, cette main que je trouvai d’abord froide, se réchauffa progressivement comme si en la touchant progressivement, je faisais passer mon sang (son sang ou son âme ndlr), dans le sien »(7)
Les initiés de la Golden Dawn dans ses grades supérieurs affirmaient connaître le langage de ces « esprits » et avoir pu conclure un pacte avec ces derniers. Les initiés de la Golden Dawn dans ses grades supérieurs affirmaient connaître le langage des « esprits Enochiens» et avoir pu conclure un pacte avec ces derniers. Les « Enochiens » leurs apparaissaient vêtus de robes diaphanes lors de cérémonies rituelles réservées à l’élite de l’Ordre (on croirait retrouver les « Chapitres pseudos templiers» du tristement célèbre O.T.S. de Jouret et de Mambro, une organisation qui d’ailleurs n’a pas délivré tout ses mystères)(8).
L’Alchimiste John Dee aurait réussi en les contactant ; son Grand Œuvre !
Aleister Crowley tenta de l’imiter. Réussit-il ?
Toujours est-il que de nombreux évènements étranges après les expériences produites par Aleister se manifestèrent autour du Mage, dans son appartement des « ombres apparaissaient, des portes s’ouvraient, des « raps » se faisaient entendre et dans la rue des chevaux s’emballaient à sa vue ». Il est à noter que ces phénomènes « magiques » perdureront la vie durant du Magiste avec plus ou moins d’intensité selon le moment.
C’est aussi probablement à cette époque que Crowley commença à s’adonner aux drogues de toutes sortes, s’enfermant dans le labyrinthe des paradis artificiels ou il errera souvent malheureusement jusqu’a son décès. Par contre ce qui est sûr, c’est qu’il devint acquéreur d’une propriété manoir en Ecosse proche du célèbre Loch Ness où il consacra un oratoire dans le sens latin du terme (même si ses prières furent pour le moins douteuses) et se livra semble-t-il à de curieuses pratiques. Jean Claude Frère nous le décrit ainsi : « Nuit après nuit, il déclamait… des vieux rituels ; une clameur satanique semblait lui répondre, surgissant des murs, parquets ou des plafonds…traçait des cercles et des pentacles… couvrait le mur de son manoir de lettres hébraïques et de hiéroglyphes surgis d’un autre âge ou d’un autre monde. Quelquefois pour les fêtes annuelles du paganisme (Samain, Walpurgis Nacht etc…) (9) il réunissait quelques amis…une ivresse orgiaque unissait tous les participants en une même célébration priapique. Hommes et femmes partageaient, par le sexe et les sauvages incantations, la même hostie luciférienne…Siégeait au centre Crowley prince des ténèbres de 25 ans. Les paysans des Highlands s’effrayaient et racontaient que Maître Aleister est Satan en personne. »
« MAGICK MASON » :
Crowley avec son goût pour les titres et les noms pompeux ne pouvait qu’être attiré par la Maçonnerie Ecossaise (il faut se souvenir que ce Rite venait de fêter son centième anniversaire) et sa pléiade de Hauts Grades. Dans ses « mémoires » il nous annonce avoir été exalté à la Maîtrise en 1904 à Paris dans une loge dépendant du Grand Orient de France, (nous émettrons néanmoins quelques réserves), réservée aux sujets de la couronne britannique expatriés. Cela devait lui causer bien des tracas par la suite : en effet cette obédience avait depuis son convent de 1877 rompu avec la tradition d’obligation d’invocation du Grand Architecte de l’Univers sur l’impulsion de son Grand Maître de l’époque Frédéric Desmond et, était devenue pour la Grande Loge Unie d’Angleterre « irrégulière » (et l’est restée à notre époque).
Le Mage ne put donc jamais se prévaloir de titre Maçonnique « régulier » pour la Grande Bretagne. Est-ce cela qui lui valut la si grande inimitié et même haine de la part de son frère en initiation Winston Churchill. A titre d’anecdote le docteur Gérard Encausse, le célèbre Papus connut la même « excommunication » en France, subissant l’ostracisme des « pontifes » de la Maçonnerie française (comme quoi on est toujours l’irrégulier de quelqu’un). Ensuite au niveau du parcours maçonnique du mage des contradictions apparaissent, il prétend avoir reçu le grade de Souverain Grand Inspecteur Général (33ème REAA) au Mexique en 1900 !!!
Evénement paraissant improbable, il reçut la lumière en Atelier Symbolique, en 1904, étant, à l’époque de son voyage « mexicain » encore profane, mais quand on connaît le personnage (des précédents existent) !(10).
Par contre, il est indéniable qu’Aleister Crowley rencontra de nouveau, par la suite la Maçonnerie par l’intermédiaire de John Yarker et Théodor Reuss, ce dernier avait « rallumé » un Rite qu’il avait nommé : Rite Ancien et Primitif qui réunissait les Hauts Grades de Memphis Misraïm et du REAA. Crowley obtint de sa part les 33ème, 90ème, 95ème degrés et se retrouva même propulsé subitement après la mort de Yarker au 97ème !
Le Mage avait une version particulière de l’Initiation Maçonnique, écoutons-le plutôt s’expliquer sur ce sujet dans ses Confessions : « J’en ai recueilli les rituels et les secrets…avec leurs fondements magickes (Crowley orthographiera toujours le mot « magique » de cette sorte) et mystiques…J’ai décidé de définir la Franc-Maçonnerie comme un système de communication de la vérité…indiquant les procédés adéquats qui permettent de développer les facultés humaines au moyen d’un langage particulier dont l’alphabet en est le symbolisme de ses rituels ».
On voit que nous sommes bien loin de la franc-maçonnerie laïque et Républicaine alors pratiquée (majoritairement) au sein du Grand Orient de France où il naquit à la Lumière ! Même si le Mage fut Maçon, il ne se conduira jamais comme tel, sa pensée étant en totale opposition avec les principes de l’Ordre, ne perdons jamais cela de vue.
L’ASTRUM ARGENTINUM ET L’O.T.O. :
Tout en continuant ses pérégrinations Crowley s’intéressa à d’autres formes d’initiation. Aleister Crowley eut la « chance » d’être guidé dans sa quête par des « Gurus » dans le sens oriental du mot. L’Arabe soufi Soleiman Ben Aifha et les hindous, adeptes tantriques de la « Main Gauche » Brima Sen Pratab et Shri Agamya Parahamsa qu’il alla rencontrer à Ceylan et dans un temple shivaïste de Madura au sud de l’Inde. (11).
1904 Crowley est en Egypte avec son épouse Rose, (12) lors d’une promenade une entité apparaît à la jeune femme, dit se nommer Aiwass, ministre au sens magique de Hoor-Paar-Kraat, le frère d’Horus fils d’Osiris ! Et, délivre une mission au couple : fonder un ordre dont Crowley sera le chef visible et Aïwass le gouvernant invisible « Supérieur Inconnu » dont les autres adeptes ne connaîtront pas l’existence. En l’espace de trois jours (les 8, 9, et 10 avril) Crowley par l’intermédiaire de son épouse en transes médiumniques sans manger ni boire, servant de canal, reçoit les directives célestes qu’il réunit ensuite dans un ouvrage du nom de Liber Legis (livre de la Loi). Le pacte est noué !
Souvenons-nous alors de la sentence de Goethe : « Des Esprits que tu évoques, jamais plus tu ne te libéreras » et que les « apprentis sorciers » la méditent !
En 1907, le mage crée, conformément aux instructions, son nouvel Ordre « L’Astrum Argentinum » dont certaines cérémonies sont librement inspirées par le Magiste français Eliphas Lévi. Il en est évidemment le Grand Maître et, à Paris, pratique des rites sexuels assez poussés inspirés par les directives de l’Entité. Son couple n’y résistera pas, Rose meurtrie par cette existence sombre dans la folie, internée, elle mourra aliénée.
Les scandales initiés par le Mage provoqueront son expulsion de la Golden Dawn en 1911 Crowley n’en eut cure ! (13)
Sa notoriété grandissait et ses disciples devenaient de plus en plus nombreux, une foule grandissante de jeunes et moins jeunes femmes riches ou voulant le devenir le suivaient ayant en lui une confiance aveugle.
1912, Théodor Reuss le rencontre et lui demande de faire partie de son Ordre l’O.T.O. (Ordo Templi Orientis) dont il ne tarde pas à prendre la direction. Crowley raconte sa rencontre avec Reuss en ces termes : « …le Frère Supérieur de l’O.T.O. vint me voir et me nomma Grand-Maître de l’Ordre pour toutes les contrées anglophones de la Terre, et Délégué Spécial aux Amériques. En outre, Il me conféra le secret de haute Magick que je souhaitais.. « Crowley orthographiera toujours magie de cette sorte.
Dès lors, le destin de « The Great Beast » est à son apogée. Il est le dirigeant de deux sociétés « secrètes » mondialement connues et reconnues par les véritables Adeptes. Richissime il voyage entouré de sa cour dans le monde entier pratiquant ses cérémonies magiques de Moscou au New-Hampshire en passant par la Grèce.
THÉLÈME :
« Rien n’est vrai. L’Amour est la Loi, l’Amour sous la Volonté ».
Aleister CROWLEY.
Après la fin de la première guerre mondiale, aux alentours de 1920, le Mage acquiert en Sicile, investissant presque toute sa fortune, à Cefalù, un domaine dans lequel il construit une nouvelle abbaye de Thélème sanctuaire ultime ou la devise de Rabelais « Fais ce que voudras » est la seule Loi. Les adeptes du Mage, dans la grande majorité des femmes mais aussi quelques hommes entreprennent de restaurer la demeure. Mais au fil du temps comme nous le rappelle notre ami Serge Hutin, la situation se détériore : Aleister peint sur les murs des fresques où le monstrueux rejoignait l’obscène. Les jeunes femmes se couchaient sur des pentacles lucifériens peints à même le sol et psalmodiaient des heures durant des « mantras » (14) produits sous l’impulsion d’Aïwass par le Maître. La jalousie, insidieuse puis déclarée, fera donc des ravages parmi les trop ferventes admiratrices du Mage, fascinées par le même homme vénéré qui choisissait son « élue » du jour.
Bien sur, il est impossible de dire « Ce » qui apparaissait et se manifestait aux adeptes dans ces genres d’expériences, ni la nature des plans invisibles avec lesquels le Magicien rentrait en contact. Par contre Crowley n’avançait certainement pas à l’aveuglette, on passe là à quelque chose de plus sérieux, de plus dangereux surtout ! Je laisse ici la plume à John Symonds biographe du Maître : Pour la « sex magic, la technique était celle de l’excès, il fallait parvenir, dans l’orgasme et l’ivresse à un état d’épuisement…compatible avec le fait de pouvoir continuer à vivre ! »
Il n’y a plus alors qu’a se remémorer comme nous le rappelle Julius Evola, le rituel secret de l’Ordo Templis Orientis De Arte Magica chapitre XV : La mort dans l’Orgasme ou mors justi !
« Celui qui n’est pas ouvert au « magique » aura peine à concevoir « comment certaines entités célestes ou démoniaques peuvent être épris de la beauté mortelle d’une femme, et désirer posséder les signes que la beauté intellectuelle répand sur la forme extérieure, si vous en doutez vous connaissez peu l’amour ! » Comme nous le rappelle ce fou mystique Quantius Aucler au XVIIIème siècle prêchant (quel paradoxe !) aux Sans-culottes le culte de Cérès et de la Grande Nuit.
Mais laissons le poursuivre « Encore moins, comment une Déesse peut quelquefois s’adapter au corps solide, et désirer recevoir en son sein le symbole des forces et des vertus d’’un héros, ou de celles d’un sage puissant… ».
Nous pensons, que Crowley voulait à l’instar de certaines races et civilisations que nous qualifierons du vocable « d’anciennes »(15) mais nous aurions bien pu dire « traditionnelles » voulut restaurer le culte d’une Egrégore passée. De nombreux occultistes voulurent également s’y essayer se replongeant dans des manuscrits, des formulaires retranscription des expériences de maitres disparus, mais souvent les écrits ne sont que des témoins silencieux et les hommes qui approchèrent une réalité tangible n’osèrent pas le révéler de peur d’être anéantis.
L’égrégore comme nous le rappelle Guy Tarade est une conglomération et concrétisation de forces magnétiques et psychiques se mélangeant qui ira en augmentant avec l’arrivée d’autres sectateurs. Sur les plans astraux alors naitra l’entité, les adeptes officiants comme des pontifes (16) dans le sens (latin du terme) utiliseront des rituels, rites consacrés qui répétés attireront des « forces magiques ».
Une fois crée, cette entité sert à entrer en contact avec les mondes invisibles, subtils ou des ténèbres, permettant d’établir un pacte ou une alliance, acte magique et d’engagement des participants.
Ce pacte, correctement établi engendrera des résultats concrets sur le plan physique ! Les « créateurs « deviennent des médiums, réceptacles, catalyseurs de forces invisibles.Leur chef est consacré par les participants qui alors le vénèrent et désirent tous faire partie de son cercle d’intimes. Ce dernier verra son magnétisme changer, aura imprégnée par les forces de l’égrégore, dégagent des ambiances et courants d’énergies qui auront pour effet de sensibiliser, d’électriser les autres participants et d’attirer de nouveaux adeptes.
Ce sera alors de plus en plus la descente des forces de la Ténèbre, puis la montée de l’égrégore grâce à la création (la réception ?) (17) de rituels appropriés. Le Mage et les adeptes feront ensemble la Grande Opération visant à matérialiser l’entité sur les plans terrestres. Si la réussite est présente, l’entité naitra en double sur le plan astral.
Dés l’instant de sa naissance sur ce dernier plan, à travers ses zélateurs, elle réclamera parfois, sang, torture, souffrances, esclavage, vampirisme, rapts, pillages, sacrifices, viols. Le faits divers de nos quotidiens de ce début de troisième millénaire regorgent chaque jour de récits de telles atrocités! Exaltant les désirs, les passions, les instincts les plus bas, ce monstre incitera à la profanation, à la trahison, la haine et le meurtre !
Nous pouvons alors mieux comprendre à la lueur de cet enseignement occulte, les motivations profondes qui au cours des âges ont agis, manipulé certains hommes, sectes religieuses ou doctrines totalitaires !
Dans l’Abbaye Thélèmite, tout manquement à l’obéissance était sanctionné par de sévères punitions corporelles. Ce long et terrible glissement vers la folie entraîna la communauté vers le gouffre jusqu’au jour ou la fille du Mage, une enfant d’environ cinq ans meurt, les passes magiques d’Aleister, les invocations à Aïwass, rien n’y fit. (18)
Le Mal venait réclamer son dû !
Quelque temps après un nouveau drame vint endeuiller Thélème, le poète Raoul Loveday disciple de Crowley et, accessoirement, troisième mari d’une de ses maîtresses Betty May « groupie » d’Aleister, connue sous le nom de la « Femme Tigre » ( déjà adhérente de l’Astrum Argentinum et de l’O.T.O.), venue rejoindre le Mage, décède « officiellement » d’une insolation.
Mais cette mort, la rumeur l’attribuera à Crowley qui « l’aurait sacrifié lors d’une cérémonie rituelle ». Le Mage déjà secoué par des accusations semblables concernant la mort de sa petite fille (sacrifiée au Diable selon ses détracteurs), n’a plus la force de se défendre et est expulsé en 1924 par la basse police du gouvernement fasciste de Mussolini.
Epilogue !
« Le magicien dispose d’une force qu’il connaît, le sorcier s’efforce d’abuser de ce qu’il ignore » Eliphas Lévi
Tous les contacts avec le monde invisible qu’eut le Mage ne furent pas des fantasmes et certaines expériences dans des mondes suprasensibles et mystérieux ont été bien réelles avec leurs univers fourmillant de dangers. Au-delà de la Magie cérémonielle, l’usage du sexe sous toutes ses formes (mais toujours entre adultes consentants) dans des buts magiques a été la principale cause du parfum de scandale attaché à sa personnalité avec aussi malheureusement les drogues !
Pour Crowley l’usage des produits stupéfiants joua un rôle extrêmement important, même si dans son esprit il s’agissait d’un usage sacré et initiatique dans le but d’obtenir des contacts, chemins et conseils du monde supra sensible comme le font par exemple certains Chamans, il n’en fut pas toujours ainsi dans la réalité, quelques-uns de ses adeptes furent détruits, des femmes surtout, on parle aussi de suicides autour du Mage ! Il va de soi que nous ne cautionnons nullement ces errements assassins banalisant l’usage de drogues qui devaient être selon lui, nous citons : « la nourriture des hommes forts et royaux ! ». Mais, plus que tout, Aleister Crowley fut un fou de sexualité. Les extases orgasmiques pour lui était réellement un instrument du Divin ! Laissons-le s’exprimer sous la plume de Christian Bouchet citant un extrait d’ « Energized Enthusiasm » relaté dans son ouvrage écrit sur le Maître : « L’acte sexuel étant un sacrement, …dans ce cas les organes sont sacrés…l’acte ne doit pas être profané
C’est l’abus de ces forces qui constitue leur profanation. L’officiant…doit être totalement détaché de son support corporel comme il l’est de celui de l’autre ». Nous surenchérirons même ainsi : La recherche de l’éternel Féminin provoque chez l’Homme une véritable ascension. C’est la découverte concrète d’une réelle complémentarité entre deux êtres que de nombreuses religions veulent à tort opposer : l’Homme et la Femme ! On peut comparer l’éveil de l’Eros réel au réveil de la Kundalini chez les initiés tantriques Hindous
La véritable complémentarité « l’Amour » apporte une libération magique : « A l’intérieur de nos Ames réunies, nous atteignons le Nirvana » L’Emir Abdelkader dans ses écrits métaphysiques déclare être dans le « fana »’ l’extinction dans l’Un, lorsqu’il fait l’amour avec la femme qu’il aime…» L’union sexuelle véritable se situerait à une jonction, à la frontière de rivages encore inconnus.
Regardez l’aura de bonheur qui entoure deux personnes qui s ’aiment réellement! Ils sèment autour d’eux et concrétisent réussites et joies. Cette union sexuelle n’a rien de commun avec une étreinte « courante » comme le stipulait Serge Hutin(19) trop tôt disparu : les effets de ces étreintes sont immédiatement perceptibles au couple ; tout se passe comme si au lieu de se fatiguer, les amants se sentaient tout inondés d’une force nouvelle qui dynamise au lieu d’épuiser (rien n’a voir avec les goûts de regrets de certaines rencontres), ils se trouvent au contraire auréolés de vitalité….ils feront des rêves accomplis en commun…des sons inexplicables, des mouvements d’objets à distance pourront se produire »
Pour the Greast Beast les étreintes ritualisées et passionnées avec les femmes étaient semble-t-il un moyen de provoquer des ruptures, des ouvertures avec le monde ordinaire : « Elle connaît et aime Dieu en moi…elle a vaincu le grand ennemi, l’illusion » Il s’agissait de saisir ce qui vit derrière les apparences mortelles et de se retrouver devant la Grande Déesse. La Femme Primordiale !…
LE CRÉPUSCULE D’UN MAGICIEN :
En 1925, Crowley est ruiné, il végète à Chelles, près de Paris aidé par des admirateurs, puis il recommence ses activités de séducteur et arrive à se faire renflouer par de belles et riches admiratrices nouvelles « Femmes Ecarlates » (nom donné par Aleister à toutes ses compagnes, par rapport à l’Apocalypse de Jean).
Ces nouveaux subsides lui permettent de recommencer à voyager autour du Monde et à monter de nouvelles loges de l’O.T.O. autour de l’Europe et notamment en Allemagne. On a de fortes présomptions que Crowley ait travaillé pendant ces nombreuses années comme honorable Correspondant de l’Intelligence Service toujours selon l’écrivain Serge Hutin. « Avant qu’Hitler fût, je fus ! »
Cette triste formule fût prononcée publiquement par le Magiste en 1939 juste avant le déclenchement des sanglantes hostilités ! Elle causera la fureur de l’intelligentsia Britannique. Que voulait dire Crowley par ce biais ? Pour notre part, nous ne croyons pas que le mage ait été Nazi. Alors, il voulait plutôt affirmer sa primauté magique sur le dictateur assassin et par-là même nous dire, nous faire croire qu’il pouvait le vaincre astralement. (20)
Sur un autre plan, il fallait s’attendre à tout du personnage, en effet par le passé, il avait (déjà) entamé une « danse du scalp » frénétique » le jour de l’annonce de la mort de la reine Victoria (21) ! Rappelons-nous qu’Alesteir Crowley interpella Winston Churchill en lui promettant un moyen infaillible de faire gagner l’Angleterre. Ce dernier refusa vertement, mais cela n’empêchera pas le Mage de clamer partout qu’il avait sauvé par son action l’Angleterre des hordes nazies attribuant même la victoire de la Grande Bretagne sur le nazisme aux rituels de protections qu’il prodigua à son « Frère » Churchill. (22)
Crowley passa la dernière partie de son existence à tenter de faire venir au Monde le « Moon Child » ou Babalon (enfant magique lunaire) par des rituels précis sans résultat, cette tentative est souvent le but ultime (avoué ou pas) de beaucoup de sociétés occultes, travaillant une certaine sorte de « magie ». Cet Etre devait devenir un nouveau « Messie » et « sauver » le Monde. Crowley aurait été son géniteur astral. Il continua toujours à entretenir une atmosphère sulfureuse autour de sa personne, entouré de jolies femmes, revint en Angleterre, rédigea ses mémoires et de nombreux ouvrages occultes (difficilement abordables d’ailleurs pour le « profane »), et se livra à de nombreuses expériences étranges. Edouard Aleister Crowley mourut le lundi premier décembre 1947 à Hasting en Angleterre, en possession de toutes ses facultés, non sans avoir accompli un dernier tour funeste (voir le premier paragraphe).
LA FIN :
Aleister Crowley qui fut quelquefois si riche dans sa vie, mourut dans un dénuement extrême comme tant d’autres initiés noirs, celui qui avait été l’amant et l’aimant de tant de belles femmes, décéda seul, ce premier jour de décembre 1947, ses obsèques firent « scandale » : La dépouille mortelle du Maître était revêtue de tous les attributs qu’il portait en raison de ses diverses fonctions et appartenances dans les hauts grades des différentes Sociétés Initiatiques auxquelles il appartenait, couronne d’Imperator sur la tête.
Une foule nombreuse était présente et le service d’ordre fut rapidement débordé mais ce ne fut pas l’orgie de débauche et de désordre qu’attendaient (qu’espéraient ?) les autorités.
Cinq jours après Crowley fut incinéré, accompagné de gerbes de roses rouges à Brighton.
Mais l’aventure n’était pas finie !
L’influence sur les générations modernes :
Crowley, comme Arthur Rimbaud voulut obtenir des pouvoirs surnaturels par la poésie. Quand l’inspiration l’abandonna, il attendit les mêmes résultats par la Magie cérémonielle et la licence» Rappelons-nous la prose de l’adolescent aux semelles de vent
» Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant« .
Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, et le suprême Savant ! Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu ; et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innommables : viendront d’autres horribles travailleurs; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé! »
A la lecture de ces mots, il devient évident que le Poète est un « voleur de feu », démiurge irréductible comme nous le rappelle Mario Mercier (23), « lieur du ciel et de la terre, alchimiste, prêtre et chaman rôle surhumain qu’il doit pourtant ramener à hauteur d’homme…poète, « poiêtes »celui qui fait selon l’étymologie grecque » N’en est-il pas de même du Magiste ?
Qui fut vraiment Aleister Crowley ? Magicien, dépravé, monstre, démon ?
« L’homme le plus pervers du Royaume Uni, 666, Magick, The Great Beast » Ozzy Osbourne ,Iron Maïden lui ont dédié une chanson, Marylin Manson en parle dans le single « misery machine », David Bowie reproduisit ses poses sur des photos, le chanteur Sting et son frère Andrew Summer parlent de lui et avouent avoir lus ses ouvrages. Il apparaît sur des pochettes de disques des Fab Four (les Beatles) notamment sur l’album « Sergeant Pepper’s Lonely Heart Club Band » L’album des Rolling Stones « His Satanic Majesty Request « n’est pas anodin, et, un autre single « Sympathy for the Devil »l n’est surement pas le fruit du hasard.
Aujourd’hui encore certains courants gothiques revendiqueraient sa filiation occulte. Le guitariste Jimmy Page du groupe Led Zeppelin devint acquéreur de son manoir et y pratiqua parait-il des cérémonies magiques « noires » selon une de ses plus fidèles groupies : Miss Pamela. Jean Cocteau, Anaïs Nin admiraient son œuvre, Henri Miller fut profondément intrigué par le personnage et le peintre Salvador Dali acheta dans les années cinquante, son portrait grandeur nature qu’il garda précieusement, décorant le mur de son entrée.
Crowley se livra à l’évocation de forces périlleuses, mais il semble que dans SON (c’est nous qui soulignons) cas, les conditions pour affronter des expériences de ce genre étaient remplies, en premier lieu parce que cet homme, personnalité exceptionnelle, était naturellement prédisposé à avoir des contacts avec le suprasensible, tout en possédant aussi un « magnétisme » particulier ; en second lieu à cause de son rattachement à des organisations assez sérieuses de caractère initiatique. (24).
Néanmoins cet homme se conduisit souvent comme un despote, selon les auteurs de l’excellent roman « Conjuration Casanova », On dit même que Crowley aurait, notamment à Céfalu, abusé sexuellement de ses adeptes, mettant des jours entiers en croix des femmes qui lui auraient désobéi, et infligé des tortures à d’autres disciples pour des prétextes fallacieux !
On dit aussi que Lafayette Ron Hubbard le fondateur de la scientologie, auteur de la Dianétique travailla la magie avec le Maître à Boleskine House en 1945.
Mais vous savez : ON dit tant de choses !
Notes :
1 « Un des nombreux surnoms d’Aleister Crowley »
2 « Occultiste français né en 1810, auteur de nombreux ouvrages, maître et modèle de toute une génération d’initiés comme Stanislas de Guaïta et surtout Papus. On dit même qu’il aurait pratiqué avec succés une résurrection ! »
3 « …Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la Bête. Car c’est un nombre d’homme et son nombre est 666 (Apocalypse 13/18)
4 « Christian Bouchet in Crowley Qui suis-je. Editions Pardès page 81 et 82 »
5 »Voyant suédois, docteur en philosophie né à Stockholm en 1688, il affirmait converser avec les anges et fut le destinataire de nombreuses visions et communications pendant vingt-sept ans. La plus célèbre fut l’incendie de Stockholm, qu’il perçut à distance ! Il mourut à Londres en 1772
6 « ZACAR od ZAMRAM odo cicle qäà zorge lap zirdo NOCO Mad Hoath Iaïda. Langage des Entités Enochiennes selon John Dee Traduction : venez et apparaissez. Ouvrez les mystères de votre création, soyez-moi amicaux, car je suis le serviteur de Dieu, le véritable adorateur du Très haut : John Dee in : Tabula Bonorum Angelorum Invocationes » Etrange non ?
7 « In G. Meyrink L’ange à la fenêtre d’Occident. Editions Retz page 91 et 92 »
8 « Actuellement de pseudos groupes templiers en marge de groupes initiatiques réguliers se réclament peu ou prou d’Aleister Crowley. Le danger est leur caractère sectaire, souvent fasciste et surtout contre-initiatique »
9 « Samain se déroule la nuit du 31 octobre au 1er novembre, actuellement la fête commerciale d’Halloween et le 30 avril est la nuit de Walpurgis nuit des sorcières et des démons à noter que Adolf Hitler se suicida (par hasard ?) cette nuit la »
10 « Victor Hugo reçut un jour par la poste un document maçonnique provenant du Mexique lui attribuant un grade qu’il n’avait pas demandé provenant d’un pays ou il n’avait jamais mit les pieds ! »
11 « Le tantrisme utilise l’énergie sexuelle pour transmuter et éveiller par des pratiques secrètes l’énergie lovée au bas de la colonne vertébrale le serpent de feu : Kundalini tonifiant les centres nerveux qui jalonnent l’épine dorsale et travaillant ce que les Hindous nomment les chakras ».
12 « Rose Kelly sœur d’un de ses amis à peine majeure enlevée et prestement épousée Aleister Crowley était un homme de décisions ! »
13 « Crowley était la brebis galeuse des adeptes de la Golden Dawn qui le considéraient comme ce qu’il était un traitre… psychopathe…mégalomane…engagé dans la voie de la magie satanique dixit J. P. RUGGIU in les Rituels d’Initiations de la Golden Dawn page 09 édition Télététes 1992.
14 »Les mantras, paroles répétées et psalmodiées sont des appels aux Dieux, syllabes illuminantes si elles sont correctement et régulièrement prononcée (entendons cela selon une règle non écrite bien sur). Dans le cas contraire les conséquences peuvent être terribles et quelquefois fatales, les divinités ne recevant que les vibrations adéquates ».
15 « Oserions nous les appeler extra-terrestres ou para-terrestres ?»
16 « Pontifex, celui qui construit des ponts, le Pontife relie ésotériquement entre le ciel etla terre »
17 « D’où venaient les rituels et Mancies d’Aleister ? De son ciel ? De son enfer, d’Aïwass et s’il les créait en était-il l’auteur conscient ? »
18 « Par des circonstances étranges, les grand Occultistes ont leurs vies sillonnées de malheur Eliphas Lévi perdit sa fille qu’il chérissait, Crowley eut la tristesse d’enterrer deux de ses enfants. L’auteur de cet article pourrait citer beaucoup d’autres cas similaires !Et que dire de la fin horrible d’Apollonius de Tyane, mort emprisonné et torturé ! Que faut-il en comprendre ? »
19 « Serge Hutin, 1931-1997 Franc-Maçon de haut grade, chercheur au CNRS, écrivain émérite, universitaire fut un authentique initié, ses ouvrages sont excellents et des références »
20 L’astral ou vivent entités et esprits est le lieu ou luttent différentes forces, combat entre les fils de la lumière et les enfants des ténèbres. Dans la Tradition le Chaman s’y rend en songe ou transes appelés Kamlénie pour sauver et délier les âmes de leurs chaînes »
21 « Victoria (1819-1901) devient reine d’Angleterre, alors qu’elle n’était pas fille d’un roi mais d’un simple duc qui lui-même n’était que le 4e fils du roi George III. Jeune femme accomplie, elle respire la vie jusqu’au décès de son époux en 1862. Ensuite l’austérité prend sa place et son moralisme. Les grandes Amoureuses blessées ne deviennent elles pas les pires vertueuses ? »
22 «Nous le rappelons : Churchill comme Crowley était Franc-Maçon »
23 « Mario Mercier, peintre, Chaman, poète, écrivain de plus de quarante-cinq ouvrages est un être énigmatique, homme étonnant possédant de réels et étranges pouvoirs magiques dont nous avons eu maintes fois la preuve, n’en déplaise aux éternels sceptiques ! »
24 « Outre son rattachement aux sociétés occultes déjà citées Crowley fut entre autres 33ème degré du Rite Ecossais Ancien Accepté (Souverain Grand Inspecteur Généra,) 97ème degré du rite Memphis Miraïm et Imperator Rose Croix. »
Bibliographie :
SYMONDS John : « The Great Beast, the life of Aleister Crowley. Editions Rider and Company 1953. FRERE Jean Claude : « Les Sociétés du mal».Editions CAL 1972 TARADE Guy »La Magie des Cathédrales » Editions Les Trois Spirales 2006. MERCIER Mario : Rimbaud Poèmes illustrés » Editions Albin Michel, éditions Hélène Legoût 1991 HUTIN Serge : “Aleister Crowley”. Editions Marabout 1973. JOUSSEAUME Claude : « Aleister Crowley, un Magicien du XXème siècle ». Editions SPH 2003. LEVI Eliphas : « Dogme et Rituel de la Haute Magie ». Editions Bussiére Paris 1992. BOUCHET Christian : « Crowley Qui suis-je ». Editions Pardès 1999. BERGIER Jacques, PAUWELS Louis : »Le Matin des Magiciens ». Editions Gallimard 1960. JOUSSEAUME Claude « Les Amours Magiques ». Editions SPH 2002 MEYRINK Gustave « L’Ange à la fenêtre d’Occident » Editions Retz 1975. EVOLA Julius : « Masques et Visages du Spiritualisme Contemporain ». Editions Pardès 1991. EVOLA Julius : « La métaphysique du sexe ». Editions l’Age d’Homme 1989. RUGGIU Jean-Pascal : «Les rituels d’initiation de l’Ordre hermétique de la Golden Dawn ». Editions Télètes 1992. ELIADE Mircea : « Initiation, rites, sociétés secrètes » Editions Gallimard 1976. BRAM Ha : « Aleister Crowley et la Franc-Maçonnerie » Site web. INTROVIGNE Massimo : « La Magie » Editions Droguet & Ardant 1993. RAVENNE Jacques, GIACOMETTI Eric : « Conjuration Casanova » Editions Fleuve Noir 2006.
La place, le rôle et l’avenir dela Franc-maçonnerie
L’Académie Maçonnique Provence a organisé le samedi 4 septembre un « Dialogue à hautes voix » entre Alain-Noël Dubart Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France et Marc Halévy, Physicien, philosophe, auteur et membre de la Grande Loge Régulière de Belgique, sur le rôle et l’avenir de la Franc-maçonnerie
Cette première a rencontré un vif succès avec près de 150 participants qui sont repartis forts de nouvelles réflexions
Tous deux ont pu présenter leurs conceptions de la Franc-maçonnerie, de son rôle passé, présent et futur. Au-delà de leurs divergences sur certains points historiques voire de leur réinterprétation, il est apparu que les points communs de leur pensée l’emportaient largement: l’éthique maçonnique permettra de construire un nouveau paradigme, un nouveau schéma de pensée et d’action qui ne soit plus tourné vers le Je, mais au service d’un Nous transcendant, d’un plus grand que soi, en un mot, se mettre au service de la Vie.
C’est pourquoi, toujours mieux connaître ses racines, ses fondements permettra une action efficace par la mise en œuvre d’une Fraternité qui ne soit pas un concept, mais une réalité en devenir constant.
Un florilège des réactions spontanées ne laisse aucun doute sur l’impact des échanges entre les deux conférenciers:
» Je souhaite te remercier pour l’organisation mais surtout la qualité de la matinée dont nous avons bénéficié hier au Château Saint Antoine.
Je connaissais Alain Noël depuis longtemps pour ses différentes prestations et prises de positions au sein de notre Ordre.
Par contre j’ai eu un grand plaisir de découvrir le Frère Marc. J’ai apprécié son discours, sa passion et sa faconde pour transmettre certaines valeurs et idées importantes dans la période que nous vivons… »
« MTCF Alain, de Bretagne, patrie de ma moitié j’ai suivi la 1ère rencontre à Haute Voix. Connaissant les intervenants je ne voulais pas manquer »l’émission » D’abord plaisir de te retrouver ! Puis grande qualité au rendez-vous tant sur le fond que la forme. »
» Excellent dialogue à hautes voix que j’ai pu suivre sur zoom sans difficulté. »
» Bravo pour cette belle organisation et pour la pertinence de ce débat dont la date a été particulièrement bien choisie, au moment où les Temples ouvrent à nouveau leurs portes ! «
» J’ai particulièrement apprécié ce débat dont la saine vivacité du propos était en adéquation avec le moment particulier que la FM traverse. »
» Merci pour la conférence de ce matin qui était très enrichissante et à l’image des disparités que nous rencontrons en loge et qui, à mon sens, nuisent au travail initiatique.
Bravo pour l’organisation et la qualité des interventions. »
» J’ai bien fait d’insister, c’était passionnant !! «
» JE ME SUIS RE GA LEE !!! merciiiii «
» Super dialogue à hautes voix. Les deux intervenants nous ont régalés par leurs positions sans concessions. À quand le prochain Dialogue avec d’autres intervenants aussi inspirés qu’inspirants ? «
» J’ai été bousculé dans mes idées reçues… »
et par SMS » Belle conf… Que j’ai suivie à 1850m d’altitude… …. Demain si la météo est OK un petit sommet a 3163m…il paraît qu’il faut aller plus haut …. «
Les deux conférenciers présentent et développent leurs idées dans deux ouvrages coédités par l’Académie Maçonnique Provence et UBIK Éditiions et sont disponibles auprès de l‘Académie Maçonnique Provenceou du Comptoir du Livre
» Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ? » Marc Halévy, 14 €
» La Franc-Maçonnerie, entre passé et avenir » Alain-Noël Dubart, 14 €, disponible dans le courant du mois de septembre.
pour participer aux tenues maçonniques il faudra avoir le Green Pass : A confirmé le Grand Maître du Grand Orient d’Italie
« Vous ne pouvez entrer dans une loge qu’avec le Green Pass, Il sera obligatoire ; la même consigne s’appliquera évidemment à l’événement que nous organiserons les 1er et 2 octobre au Palais des Congres de Rimini pour le traditionnel rassemblement annuel de la grande loge, auquel assisteront environ 2 500 personnes « .
A affirmé à AdnKronos le grand maître du Grand Orient d’Italie Stefano Bisi , l’organisation la plus représentative de la Franc-Maçonnerie. » Donc – explique Bisi –vous ne pourrrez entré que si vous êtes vacciné, ou avec un test effectué dans les 48 heures précédentes ou si vous vous êtes remis du Covid. Et pour entrer il faudra passer trois étapes de contrôle : à l’extérieur du bureau pour présenter le green pass avec une pièce d’identité, à l’entrée pour mesurer la température corporelle, à la porte avec la lecture optique du QrCode spécifique à l’événement . Tout le personnel affecté à l’organisation et à l’accueil des personnes accréditées est vacciné par une double dose » .
Le titre de l’événement sera « Frères en voyage pour revoir les étoiles » et sera précédé des célébrations du 20 septembre, anniversaire de la brèche de la Porta Pia avec la prise de Rome et la fin de l’État pontifical, dont le manifeste dit ‘La liberté est responsabilité’, où « le mot à souligner est le verbe, car la liberté présuppose qu’elle s’accompagne de responsabilité. Même en cette ère marquée par la pandémie de Covid : je suis vacciné et comme la plupart de mes frères maçonniques », souligne le Grand Maître du Grand Orient.
Et sur la question des vaccins et du Green Pass, Luciano Romoli , vénérable grand maître de la Grande Loge d’Italie, s’est également exprimé . « Le vaccin est la seule arme qui peut réussir, sinon à éradiquer, du moins à contenir le Covid et la propagation de toutes les variantes ultérieures du virus : je ne vois pas d’autres moyens viables, du moins pour le moment, de pouvoir revenir à ce que maintenant nous pouvons définir comme la vie normale – a expliqué Romoli -. La Grande Loge respecte les nouvelles règles, que nous supposons tous découlant de considérations médicales et scientifiques. Toutes nos réunions et cérémonies se déroulent avec l’obligation d’un greeen pass ou test covid et dans le respect total et convaincu des consignes», souligne Romoli, rappelant que les activités des loges maçonniques « relèvent de celles des centres culturels ».
Avec l’équinoxe d’automne du 18 septembre, débuteront en même temps les cérémonies officielles de la Grande Loge, « qui se dérouleront dans le plein respect de toutes les lois et aussi avec les conseils de médecins. Et parmi nos affiliés – le vénérable Grand Maître rapporte à Adnkronos – les personnes vaccinées sont de loin les plus nombreuses, avec la conviction que plus vous vaccinez, plus la zone à risque est restreinte » .
Osiris, enfermé dans un coffre par des ennemis envieux et par son frère Seth, fut jeté dans les eaux du Nil, mutilé, mis en pièces puis ressuscité par le souffle d’Isis.
Le Chemin qui m’emmène loin, à travers des solitudes et des routes qui se divisent et se rencontrent. Je vais comme le Fou du Tarot, tourmenté par les morsures du remords qui me rongent les chevilles, vers une lune toujours plus lumineuse et plus insaisissable. Arcane du vagabond errant dans le néant, le vide.
Une guitare sur votre épaule pour donner un sens au mystère. La rosace sous les six cordes. D’où sortent les sons, comme un vent chaud, inconcevable.
Sur la mer les pierres chantent au rythme du ressac. Un ami croise les doigts et me donne la voix pour chanter un nom. Un calendrier sonore pour chaque jour de l’année, un « connais-toi toi-même » et puis c’est Musique.
Pour surmonter une difficulté, il ne suffit pas de l’identifier clairement. Une prise de conscience qui ne soit pas suivie d’une action est tout à fait stérile.
AleXandrE Jodorowsky
Mon frère, peut-être qu’un jour je pourrai te parler à un rythme plus ordonné de ce chaos qui m’opprime. Et puis peut-être saurai-je, qui est la pierre et qui est la mer et qui déplace les vagues et qui est le son derrière le vent, derrière le dieu, derrière l’araignée qui a construit la toile et coupe les fils de nos liens les plus chers, et déchire, un à un, les voiles interminables de cette vie tissée de soie et de paille.
Les soirs où le Silence est un seul son et un seul temps, même entre cris endiablés et chats amoureux ; entre le grésillement d’une bougie allumée et un soupir de lassitude.
Avec l’envie de pleurer et de rire pour cette comédie que pourtant nous vivons tous intérieurement, étant arfois des comédiens au-dessus de la Grande Scène qui s’illumine, ou spectateurs assis dans les gradins sifflant ou frappant des mains bruyamment.
Et puis peut-être vaut-il mieux chanter et continuer le Chemin…
SYMBOLIQUEMENT, L’ARCANE DU TAROT EST UN COFFRE OÙ A ÉTÉ DÉPOSÉ UN TRÉSOR SPIRITUEL. OUVRIR LE COFFRE ÉQUIVAUT À UNE RÉVÉLATION. L’ENGAGEMENT INITIATIQUE CONSISTE À UNIR LES FRAGMENTS JUSQU’À CE QUE L’UNITÉ SOIT RECONSTRUITE…
On part d’un jeu de cartes, on mélange les Arcanes qui sont ensuite étalées sur une surface, c’est-à-dire découper Dieu. Puis on les interprète, en les réunissant en phrases. Le lecteur initié (Isis, l’âme) réunit les pièces dans la recherche sacrée. Dieu ressuscite. Alexandre Jodorowsky
L’association présente sa loge à Vegesack lors de portes ouvertes des monuments et rend certaines parties de ses locaux accessibles au public.
De notre confrère weser-kurier.de – Par Björn Josten
Les loges maçonniques sont entourées d’une odeur de mystère. Les frères de la loge de Vegesack le savent et veulent changer cela, au moins un peu. « Nous ne sommes pas une société secrète, nous n’avons que des secrets », déclare Dietmar Warwas. Il est le maître de cérémonie et l’auditeur se doute qu’il a prononcé cette phrase plusieurs fois. Ce n’est guère surprenant, car selon notre propre récit, les rituels jouent un rôle important dans la franc-maçonnerie. Par exemple, une cérémonie qui se tient régulièrement dans ce soi-disant temple. C’est une salle de paroles. Cependant, dans celle-ci, on écoute beaucoup et peu ont le droit de parler. C’est ainsi que le veut l’ancienne tradition maçonnique.
Dans tous les cas, la confidentialité joue un rôle central au sein de la confédération maçonnique, qui est organisée selon la loi allemande sur les associations. « Ce qui est discuté derrière nos portes reste dans la loge », souligne Volker Spychala, le secrétaire de la loge. Il s’agit traditionnellement de religion et de politique, mais aussi de questions personnelles. Cependant, aucune opposition n’a lieu, car chacun pourrait avoir la parole et finir de parler. librement. Dietmar Warwas explique le but de cette communauté : « Nous voulons nous développer intellectuellement.
Les frères sont heureux de révéler tout cela. Parce que leur structure ne peut pas continuer éternellement avec le même groupe de personnes. C’est pourquoi la loge veut s’ouvrir. Cela se produit, par exemple, à travers des événements qui sont également rendus accessibles au public. D’ailleurs, l’atelier souhaite accueillir aussi expressément les femmes. Les francs-maçons démarrent le dimanche avec le jour de l’ouverture des monuments. lors de celle-ci, les personnes intéressées peuvent voir ce qui est derrière les portes de la Logenhaus à Weserstraße 7 à Vegesack, qui sont normalement fermées au public.
Cependant, le programme de conférences et de concerts publics commence dès le vendredi, lorsque le maire de district Uwe Schmidt sera l’invité. A partir de 20h, il donnera une conférence traitant de la question « Qu’est-ce que la religion ? ». Un concert est au programme 14 jours plus tard. Puis Stefanie Golisch s’occupera musicalement de l’amiral Brommy à partir de 20h. Le droit d’entrée est de cinq euros pour le concert. Le 29 octobre, Heinrich Theilmann du Lions Club d’Unterweser présentera le travail du club d’entraide (20h). Une autre conférence parlera de a dépression e 19 novembre à 20h. L’orateur est Erdmuthe Mann. L’œuvre de l’Anneau Blanc sera présentée par Behrend Mattfeld le 17 décembre à 20h. « On parle beaucoup de prévention, alors nous voulons en savoir plus sur le travail d’aide aux victimes », déclare Claus Teske, vénérable de la Loge.
Depuis ses débuts au XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie suscite curiosité, inquiétude, et parfois rejet. Elle fait l’objet de théories du complot et l’Eglise catholique l’a condamnée à de multiples reprises au cours de son histoire. Qui sont les francs-maçons? Maria Nicollier et Cyril Dépraz ont pu filmer un rituel dans une loge mixte zurichoise. Ils lèvent le voile. Reportage suivi d’un débat avec Etienne Perrot, prêtre catholique, jésuite, et Dominique Freymond, président du groupe de recherche Alpina, maître dans la Grande Loge suisse Alpina.
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« De Cagliostro à Memphis-Misraïm – Initiations Égyptiennes », du 15 septembre 2021 au 31 mars 2022
Depuis la Renaissance, l’Égypte antique est considérée en Europe comme le berceau de l’« initiation ». Elle suscite, chez les érudits comme dans le public, rêves et spéculations sur la nature des cérémonies égyptiennes. Dans les années 1730, l’opinion est frappée par les similitudes entre les usages singuliers de la franc-maçonnerie et ce que l’on sait des mystères d’Isis. Dès le XVIIIe siècle, certains accentuent ces traits et constituent des rites maçonniques qui se veulent « égyptiens ». Le plus célèbre d’entre eux reste la « Haute Maçonnerie Égyptienne » du mage Cagliostro. En 1800, l’expédition de Bonaparte au pied des Pyramides renforce encore cet enthousiasme pour l’Égypte qui touche particulièrement les Loges. Le Rite de Misraïm (Égypte en hébreu) nait à Naples vers 1810. Le Rite de Memphis se forme dans son sillage. Tout au long du XIXe siècle, les Rites de Misraïm et de Memphis rassemblent les Maçons particulièrement versés dans l’ésotérisme.
Cette exposition rappelle la force de l’imaginaire égyptien en France et retrace les grandes heures de ces deux siècles et demi de « franc-maçonnerie égyptienne ». On pourra y découvrir des pièces rarissimes, comme le manuscrit du rituel de la Loge de Cagliostro La Sagesse Triomphante (1784) ; ou inconnues jusqu’à aujourd’hui, comme ce grand tableau du XVIIIe siècle – découvert tout récemment – représentant une initiation maçonnique devant la grande pyramide ou les plus anciens documents attestant de l’existence du Rite de Misraïm (1811).
Au travers de cette exposition le visiteur pourra lever un voile sur cette « quête de l’initiation égyptienne » – véritable égyptophilie spirituelle – qui s’est développée en marge de la très scientifique « Description de l’Égypte » et des découvertes de Champollion.
Source : Communiqué de presse du musée de la franc-maçonnerie
[NDLR : Giuseppe Balsamo (Joseph Baume), dit Alessandro (Alexandre), comte de Cagliostro (Caillostre), est un aventurier italien, né à Palerme en Sicile le 2 juin 1743 et mort dans la prison pontificale de San Leo, près d’Urbino dans les Marches, le 26 août 1795. Il est initié le 12 avril 1777, à Londres, au sein d’une loge francophone – Cf. Reinhard Markner, « L’initiation de Cagliostro : son certificat de Grande Loge de 1777 retrouvé », in Renaissance Traditionnelle, n° 194, 2019, p. 111-117 -, et importe en France la franc-maçonnerie « dite égyptienne ». Le Rite de Memphis et Misraïm fait partie des Rites dits égyptiens – Rite de Misraïm ; Rite de Memphis. Il est issu de leur fusion à l’époque de Giuseppe Garibaldi (1807-1882), général, homme politique et patriote italien, considéré, avec Camillo Cavour, Victor-Emmanuel II et Giuseppe Mazzini, comme l’un des « pères de la patrie » italienne et Grand Maître de presque toutes les obédiences italiennes]
Marathonas, 13 septembre 490 avant Jésus-Christ. Les Grecs, inférieurs en nombre, viennent de vaincre les Perses, au cours d’une bataille matinale, héroïque et féroce. Le vaillant guerrier Philippidès, couvert de sang et de sueur, après 42 kms de course à travers la province de l’Attique, apporte la grande nouvelle aux Sages du Temple d’Athènes. A sa sortie, au soleil couchant qui illumine le parvis, la foule exaltée le porte en triomphe, mais épuisé par l’épreuve, il s’effondre soudain, raide mort. Une légende…et un sport d’endurance, naissent à cet instant!
Sur la colline caillouteuse d’Agios surplombant la grande Cité hellénique et la mer Egée au loin, un paysan assis sur un tronc d’arbre – indifférent aux clameurs de victoire qui montent jusqu’à lui – surveille ses chèvres, égayées dans les maigres buissons en contre bas. Alors que le jour décline, il peine à distinguer chaque tête. Comme d’habitude à cette heure, le maître siffle entre ses dents et le chien à ses pieds, bondit, puis en zigzaguant, rassemble le troupeau. Plus ou moins dociles aux aboiements, les bêtes regrimpent la pente, et finissent par pénétrer, l’une derrière l’autre, dans leur abri de pierres pour la nuit.
Mais comment être sûr que tout son bétail est bien rentré, alors qu’il ne sait pas compter? N’a-t-il déjà perdu plusieurs cabris indisciplinés et récupérés par son voisin?! C’est en voyant la multitude de cailloux sur le sol aride alentour, que le berger a une idée, appliquée dès le lendemain. Il en rassemble des petits, autant qu’il possède d’animaux. Et chaque soir, il lui suffit de déplacer un caillou par chèvre, qui rentre dans la bergerie : tous les cailloux formant à la fin un nouveau tas, il s’assure ainsi, que chaque bête a regagné l’étable !
A leur insu, les deux grecs antiques font partie des « inventeurs » de ce que l’on appelle aujourd’hui le symbole. La course du guerrier, qui deviendra légendaire, représente le courage et les cailloux du berger, ancêtres du calcul, figurent astucieusement ses moutons et chèvres : de la sorte, une circonstance exceptionnelle symbolise ici une vertu et un objet banal en exprime un autre.
Les routes du symbole
Le bassin méditerranéen, s’il est le creuset de notre socioculture gréco-judéo-chrétienne, n’est pas le nombril du monde et n’a pas, bien entendu, l’exclusivité du symbolisme !. Ce phénomène, au vrai universel, perdure aujourd’hui du fait de la pensée abstraite et analogique, toujours caractéristique du cerveau humain des années 2000.
Pour ce qui nous concerne, le symbole est en soi « le moteur maçonnique », au sens où, dans l’exercice de l’Art Royal, il est la locomotive d’un train composé de mythes, légendes, allégories, attributs, métaphores, etc. Il n’est donc pas inutile d’observer le mécanisme de cette force motrice, qui constitue précisément, la « méthode symbolique ».
Dès son origine, l’hominidé a vite établi une relation entre sa personne et la nature. Le spectacle des quatre éléments en action, air, eau, terre, feu, et des astres soleil, lune, planètes, étoiles, a sans doute favorisé ses premières « projections mentales ». Par associations d’idées, puisque ainsi fonctionne déjà son esprit. En témoignent des « pré-écritures » de notre lointain cousin, l’homme de Néandertal, sous forme de signes évocateurs découverts sur des roches et des os incisés, datant de quelque 50 000 ans. Le symbole exprime déjà l’une de ses singularités premières : l’économie de moyens pour transmettre du sens.
On retrouve ce principe dans les hiéroglyphes égyptiens et les idéogrammes chinois et japonais, caractères graphiques, dont le dessin exprime directement une idée ou un objet. C’est en Mésopotamie, il y a cinq millénaires, que serait apparue une véritable écriture – une combinaison de signes – sur des tablettes d’argile.
Au fil des siècles, au gré des croyances et attributions, une codification symbolique des principales figures géométriques s’est imposée dans l’esprit de l’homo sapiens occidental : le cercle a symbolisé la création, l’infini, le cycle des saisons, le temps, puis encore, la plénitude, l’harmonie, l’amour. Le carré représente la perfection, la rectitude, la force, la solidité, la maison, la famille, la protection. La croix indique la verticalité (l’homme debout, la reliance au divin) et l’horizontalité (l’homme relationnel, le chemin de l’autre), l’union des contraires, les quatre points cardinaux, le christianisme. Le triangle, pour sa part, suggère le feu, l’intelligence, l’ambition, le travail, le principe créateur. L’étoile est à la fois, le guide céleste et, avec cinq branches, le schéma dans lequel s’inscrit l’homme, créature cosmique. L’ondulation, enfin, marque les fluctuations de la disposition affective, le désir, le tempérament, la flamme intérieure, la force vitale. Autant d’élaboration et non de vérités premières !
La psychanalyse, lorsqu’elle s’est avancée sur cette scène de l’interprétation symbolique, a pu avec Carl Jung, former l’hypothèse « d’images primordiales », par lui qualifiées « d’archétypes » (symboles primitifs invariants) qui composerait un inconscient collectif traversant le temps. Il serait en fait, à partir de signes référents, un immense réservoir de similitudes, sans cesse sollicité, l’homme étant un être d’imitation et donc, de répétition. Le praticien est attentif à la description des rêves de ses patients. Ils lui décrivent souvent des créatures fantasmatiques, tels le dragon vert ou le cheval blanc ailé. Pour l’analyste, le dragon représenterait l’énergie vitale mais aussi l’esprit du mal, l’inconscient et ses pulsions. Le cheval ailé suggèrerait la puissance, le désir, l’intuition, la domination, la pureté aussi. Jung s’intéresse également aux mandalas des moines bouddhistes, qui symbolisent l’univers et l’humilité…puisque ces compositions harmonieuses et sophistiquées, réalisées sur le sol à partir de poudres colorées, sont effacées après quelques heures de leur contemplation méditative.
Freud, pour sa part, reste centré sur l’inconscient individuel. Vient ensuite seulement la relation entre les êtres et les objets, entre autres par le biais des rêves. (Exemples : l’automobile assimilée au ventre maternel, ou l’épée au phallus). Au vrai, le concepteur de la psychanalyse s’intéresse davantage aux « rapports symboliques » qu’aux symboles en tant que tels. Pour lui, le sens à trouver prime sur la douleur organique. C’est à dire qu’il prend de préférence en compte le « pourquoi » de l’être, ici et maintenant, par l’écoute (du contenu de son langage verbal et corporel) plutôt que son « comment » (la manifestation physique de ses symptômes). Au vrai, scientifique concret, il veut rester étranger à toute transcendance. Il paraît se méfier de l’hypothèse d’un inconscient collectif et de la notion d’images primordiales, qui ont pour lui une résonance déiste, voire religieuse.
Comment ça marche ?
L’intérêt de Freud pour le langage conduit ici à prendre le symbole…au mot ! Nous vivons au milieu de signes figuratifs et de signes-objets, nous indiquant le rôle représentatif du symbole – au sens premier de « sumbollein », unir, assembler – et dans l’acception même des mots, latin symbolum et grec symbolon (objet coupé en deux matérialisant un signe de reconnaissance pour les porteurs des deux fragments à rapprocher). Dans l’antiquité, les deux morceaux juxtaposables d’une pierre, d’une poterie ( dite « tessère d’hospitalité », prouvant une bonne entente entre deux hôtes), d’un os cassé, pouvaient ainsi correspondre chacun à la moitié d’un terrain, donné en héritage par un père à ses deux enfants. En l’espèce, le mot « terrain » nomme la chose (signifiant) et son « symbole », matérialisé par les deux fragments, indique, sans mots prononcés mais sous-entendus (signifiés) à la fois, et entre autres, l’historique familial, l’image parentale, l’héritage, sa transmission. La preuve de cette propriété, disons « le contrat », étant constitué par le rapprochement parfait des deux parties du même objet, pierre, poterie, os. Nous constatons avec cet exemple que le signifié, par son déploiement descriptif possible, « déborde » largement le signifiant. Il y a ainsi économie, condensation de mots, certes, mais pas du tout abolition, au profit du mystère, voire du divin!
En effet, si le signifié du symbole équivaut à un « non-formulé », un non-dit, tous les mots composant l’histoire en cause (donc le signifiant également !) existent bel et bien : ils sont stockés et dans la pensée des deux frères, en fonction du vocabulaire qu’ils ont reçu ou acquis et « engrangé » dans leur vie. Chacun de nous est pétri de ces mots. Notre chair, notre intellect sont mots. En cela, venant des autres, nous sommes à la fois nous-mêmes…et ces autres !
Dans le passé, le paranormal, entre autres, l’occultisme et le magisme – en pénétrant pendant quelques décennies la franc-maçonnerie spéculative – a bien tenté d’imposer une dimension métaphysique, voire d’assigner un pouvoir « non-humain », donc surnaturel, au mécanisme symbolique ! Certes, chaque maçon a toujours été libre de « vivre le symbole » à sa façon. Et encore aujourd’hui, bien heureusement, à travers les divers rites en activité, avec ou sans le Grand Architecte de l’Univers comme référence ! Mais il serait toutefois dommage qu’il ignore ou rejette les remarquables avancées des sciences humaines, (anthropologie, psychanalyse, psychologie, sociologie, linguistique, etc) dans le domaine de l’abstraction. Tout en respectant les croyances et sensibilités individuelles, ces disciplines ont, avec bonheur, repositionné la raison – parfois fâcheusement écartée ! – dans l’approche du symbole.
Le symbolisme maçonnique, traditionnel et initiatique par nature, puisque tels sont les critères de l’Art Royal spéculatif, n’échappe pas aux deux caractéristiques essentielles, qui définissent tout symbole, quel qu’il soit.
1. La première semblera paradoxale : en effet, on peut dire que le symbole… n’existe pas en soi, au sens où c’est nous qui donnons une signification à une entité figurant autre chose qu’elle-même : un objet ou une représentation inerte, une couleur, un son, un geste, un logo, une image, un texte, une marque, etc, par simple projection mentale, puisqu’il nous est donné, de disposer d’une pensée abstraite. De la sorte, il s’agit d’une « opération symbolique » propre à notre cerveau, qui fonctionne par association d’idées et analogie. Le symbole étant le résultat de cette opération. L’équerre et le compas entrelacés, décrétés symboles par la franc-maçonnerie universelle, sont d’abord… quatre morceaux de bois, assemblés en forme d’outils, et prenant le sens que leur a donné les francs-maçons : la représentation abstraite de la terre et du ciel.
2. La seconde caractéristique veut que toute signification au symbole, corresponde toujours à un contexte donné, à partir duquel il doit être décodé. Pour exemple, citons la sinistre croix gammée, symbole de puissance exterminatrice pour les nazis, et par contre-coup, symbole d’horreur absolue pour leurs victimes pendant la dernière guerre mondiale. Elle était dans le même temps et l’est demeuré, un symbole d’amour et de bonheur sous le nom de svastika aux Indes ! Selon ce principe contextuel, nous sommes par avance informés que les symboles maçonniques, outils de la construction ou représentations illustrant les légendes du bienveillant Art Royal, ne peuvent que véhiculer des valeurs positives.
Le mot et la chose
Le symbole, c’est d’abord le constat d’une… absence qui devient une présence par défaut. En effet, puisque, lors de « l’exercice symbolique », une chose en représente une autre ou d’autres, d’évidence il en manque une ou plusieurs, qui est ou sont suggérées! Lorsqu’en fin d’agapes, les francs-maçons entonnent parfois « Le temps des cerises », surgit devant leurs yeux, l’image poétique de « pendants d’oreilles » Et ils vivent ensemble, pendant quelques instants d’émotion, le bonheur d’une époque disparue et… ressuscitée, par le biais du symbole sonore !
Nous sommes soi-disant rationnels mais au vrai fascinés par l’irrationnalité des fables bibliques, templières, alchimiques, des fictions égyptiennes, des légendes compagnonniques et maçonniques, véritable bain de jouvence pour notre imaginaire avide. L’homme, en plus de ses besoins physiques fondamentaux, boire, manger, se reproduire, en éprouve un autre, très particulier. Au vrai, davantage qu’un besoin, il ressent le désir, l’envie de croire, donc de rêver et d’entendre des récits fondateurs. C’est à dire, à partir de ce « sentiment de reliance » de mettre la vie en mots, en contes et en abstraction, pour se créer une mythologie personnelle.
Lorsque l’imagerie nous renvoie à Adam, que découvre-t-on ? l’homme originel n’a pas de nombril : il ne s’est pas créé lui-même ! De la sorte, depuis la genèse décrite par la Bible, les successions humaines, par définition, se reproduisent…mais ne cessent de se poser la question de leur créateur initial. Pour dépasser ce mystère, elles ont d’abord inventé des divinités génitrices, puis du polythéisme sont passées au monothéisme avec les religions du Livre. Autant de symboles « compensateurs » pour apaiser leur angoisse existentielle. L’homme moderne subit la même. Pour les croyants, ce manque, cet autre à distance, cet invisible,la réponsene peut être en effet que Dieu ( du latin deus, lui-même issu du sanskrit deva, être de lumière) ! Pour les athées ou les agnostiques, le symbole serait davantage ici un « synthème » (du grec synthema, signal convenu, convention). Eternelle opposition entre ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas…ou croient qu’ils n’y croient pas ! Constant débat entre les apporteurs de réponses et les poseurs de questions ! C’est la parole des « créationnistes » contre celle des rationnalistes ! « Au commencement était le verbe », dit précisément la Bible, elle même livre-symbole, qui traverse le temps.
Nous pouvons ici faire l’hypothèse, avec les paléontologues, que l’acte verbal n’a véritablement été « inventé » que le jour où le descendant des primates s’est dressé sur ses pattes de derrière. Sa « colonne sonore » dégagée et son amplitude pulmonaire alors accentuée, il a pu cesser d’émettre des sons ininterrompus pour articuler des phonèmes, coupés entre eux par des courts silences : ainsi sont nées très progressivement de ces coupures, les syllabes, les mots, les phrases, séparés et rythmés par des pauses respiratoires. Autrement dit la langue parlée.
Parce que, précisément, nous sommes des êtres de langage, des « parlêtres »,nous avons appris, depuis notre naissance et au sein de notre culture, d’abord à entendre les noms des choses, puis à les répéter, pour nommer ces choses nous-mêmes, et classer lesdits noms dans les rayons de notre bibliothèque mémorielle individuelle. Choisis, prononcés, accolés, transportés par notre souffle, au gré de nos besoins d’expression, les vocables se métamorphosent ensuite en autant de phrases, d’idées, de concepts, produisant à la fois du son et du sens. Puisque tout est d’abord « mot » en nous – tel que nous le disions plus haut – et que dès qu’il désigne une chose, le mot devient symbole, cet outil virtuel qui permet de représenter, donc de penser le monde. En quelque sorte, le symbole est au mot ce que la doublure est au vêtement !
Toute symbolique, quelle soit maçonnique ou « profane » contient cette idée de séparation et de rapprochement, dans le « nommé » même. André Citroën, le constructeur d’automobiles était franc-maçon. Ce n’est certainement pas un hasard si ses voitures arboraient et arborent toujours deux chevrons…en forme d’équerres stylisées sur le capot de ses modèles. Ce n’est pas un hasard non plus si le nom de Citroën a été affiché sur la tour Eiffel, sous forme de publicité lumineuse géante (250 000 ampoules !) sur trois de ses côtés, avant la dernière guerre mondiale, de 1925 à 1936. Surtout si l’on sait que la construction de cette tour fut proposée à l’industriel Gustave Eiffel par deux de ses ingénieurs francs-maçons, pour fêter, en 1889, le centenaire de la Révolution française ! Et ce n’est donc pas un hasard si l’on apprend que les trois étages de cette tour symbolisent avec une idée de progression, le premier, l’apprenti, le second, le compagnon, le troisième, le maître. Automobiles Citroën, Tour Eiffel : les deux personnes évoquées sont « séparées » des deux objets de métal qu’elles symbolisent. Et les deux objets en cause, les « rapprochent » de ces mêmes personnes.
De la parole à l’acte
Depuis l’origine de la maçonnerie dite spéculative, l’équerre symbolise la régularité, la droiture, la logique, la rigueur et le compas (l’un des outils humains les plus anciens) représente l’esprit, la mesure, l’harmonie, la vérité et l’élargissement des connaissances. Le fil à plomb figure l’équité, l’équilibre, la droiture, la profondeur. Ce qui n’exclue nullement la recherche, tant au présent qu’au futur, d’autres sens qui viennent et viendront s’ajouter aux précédents ou les remplacer, en fonction même des perceptions individuelles, des cultures en cause et des « mouvements » du monde.
Celles-ci feront sens sans intervention de quelque processus magique! Par exemple, la représentation de l’équerre, engagera ce frère, qui sait, à trouver un juste milieu entre sa vie spirituelle et sa vie sociale à préserver. L’image du compas suggérera à cet autre à s’ouvrir davantage à ses semblables, d’élargir ainsi son cercle d’amis et de mieux s’intéresser à la marche du monde. La figure du fil à plomb sera susceptible d’inciter un autre encore à mieux gérer son temps et à veiller dans son couple à une juste répartition des tâches domestiques. Ce mode opératoire, centré sur « l’expérience intérieure » peut paraître puéril : certes, il est simple en soi mais certainement pas simpliste. Le plus difficile…est de l’appliquer au quotidien. Là, est le travail personnel du maçon. Là est la finalité de la méthode maçonnique : permettre à chacun, à chacune, de passer du désir à la volition. Et de la parole à l’acte!
Mais attention : si le mot n’est pas la chose, le symbole non plus. Ce dernier n’en est que l’ombre portée, une forme de copie virtuelle, en quelque sorte. Le mot « chien » ou un pictogramme arborant un chien stylisé…ne sont pas un chien et ne mordent pas! Une mappemonde n’est pas le monde. Un cheveu n’est pas la personne à qui il appartient. Les deux colonnes à l’entrée du temple, fussent-elles en pierre, rappellent mais ne sont pas celles du temple de Salomon. Même quand il semble devenir presque la chose, le symbole n’est toujours pas la chose, ni, à plus forte raison, l’être, l’étant et l’âme de la chose. Et ne le sera évidemment jamais ! L’ombre du zèbre n’a pas de rayures !
Quelle maçonnerie pour le XXIème siècle ?
Les observations rapportées par les précieuses sciences humaines précitées, nous permettent de mieux comprendre pourquoi trois formes d’instruments d’analyse, fonctionnent en nous. Au vrai, trois sœurs qui s’y disputent en permanence, et déjà repérées par la philosophie antique : la raison, l’intuition, l’imagination.
Ces triplées jouent un rôle très actif dans l’approche du symbole. L’intuition, en tant que clé d’accès de l’esprit à la connaissance directe, et l’imagination, « puissance inspirante » – donc principe d’action – ont une tendance naturelle à vouloir soumettre à leur diktat, la raison, quand celle-ci se veut d’abordlogicienne et porteuse de bon sens. D’où, les « visions » différentes de la symbolique maçonnique, par chacun et chacune.
Devant « la symbolisation », surprenante faculté de la pensée, il nous faut, précisément, raison garder, lucidité conserver, prudence observer, humilité cultiver ! Le symbole n’est pas le savoir. Encore moins la connaissance! Mais en tant qu’« outil psychique » il peut en indiquer le chemin : une transcendance horizontale, en l’occurrence sociétale et sociale, afin de rendre meilleur notre « vivre ensemble ». Une riche historicité nous conduit, par notre vocation répétitive même, à « symboliser » un récurrent passé maçonnique, pour y puiser de précieuses valeurs. C’est à dire à reproduire au présent du « déjà pensé », du « déjà-dit ». Au début du nouveau millénaire, il est important sinon capital pour notre Ordre, tout en continuant de cultiver ces valeurs, de produire aussi du « non encore pensé », du « non encore dit », du « non encore fait ». C’est à dire de nous tourner vers l’avenir et d’y projeter du sens. Paix mondiale, dignité et droits de l’homme, fraternité universelle, progrès pacifique, égalité naturelle, les chantiers à poursuivre et à ouvrir ne manquent pas. Quelle maçonnerie pour le XXIème siècle ? La question, urgente et logique, se pose.
Notre symbolique, avec sa large palette signifiante, offre cette possibilité, cette chance, d’aborder les thèmes en cause et de concourir à leur réalisation, dans le cadre d’une « spiritualité active ». Qu’elle soit d’ordre individuel ou groupal. Qu’elle nourrisse notre imaginaire. L’utopie est toujours à entretenir : elle est l’anti-chambre du réel. N’a-t-elle permis à l’homme, de se poser sur la lune?! Et, précisément, à notre frère américain Eldwin Aldrin, d’y planter un fanion orné de l’équerre et du compas ?
Le franc-maçon du troisième millénaire, héritier du culte de l’effort des bâtisseurs et – à l’image du marathonien Philippidès – coureur de fond à sa manière, sait que la réflexion symbolique, en amplifiant sa pensée, en élargissant sa vision, lui permet « d’aller plus loin » sur le chemin de la créativité. C’est peut être elle qu’on appelle le bonheur ! Progresser soi-même, c’est faire progresser le monde.
Le philosophe norvégien Knut Hamsun le dit avec une grande acuité :
« L’humanité n’avance qu’à travers des symboles ! »
L’épée remonte à l’âge de bronze où la métallurgie naissante permit une avancée remarquable dans l’armement. Immédiatement, elle acquit tout de suite une riche connotation symbolique. Richement décorée de pierres précieuses, ciselée finement elle jouât un rôle qui n’était nullement profane. Beaucoup d’images représentent un Templier à genoux, appuyé sur son épée, tête baissée en prière : le pommeau et la garde de l’épée formant la Croix !
Une épée déposée sur un lit, entre un homme et une femme était un symbole de chasteté et de pureté. Une épée qui tombe à l’eau, annonce la mort d’une femme (dans les rêves d’un homme) !
L’épée est le symbole de la guerre spirituelle entre l’ignorance et la connaissance, entre la nuit et la lumière. L’épée flamboyante à lame sinueuse, est réservée au Maître, parce que cette force créatrice est devenu l’instrument d’Initiation.
Un courtisan de Denys l’Ancien (Tyran de Syracuse) fit suspendre lors d’un banquet, une lourde épée attachée par un crin de cheval, au-dessus de la tête de Damoclès ; par ce geste, il fit comprendre au Tyran combien le bonheur est fragile en raison de la menace permanente d’une apparente prospérité.
Des Maîtres des Templiers, des Seigneurs Croisés, des chevaliers du Temple, aux religieux, aux militaires de la chevalerie, à Jeanne d’Arc, l’épée est toujours le symbole de la Force et l’attribut de la reconnaissance, celle qui protège les lois. De nos jours, les élèves de Polytechnique, les Académiciens et la garde républicaine portent toujours leur épée du côté gauche, celui du cœur, symbole de la claire conscience de la lumière.
L’épée symbolise le combat de l’Ange contre le Démon, de St Michel terrassant le dragon, de St Georges contre l’Hydre ; En ce sens, nous devons interpréter la Parole de Jésus-Christ :<je ne suis pas venu apporter la Paix, mais l’Epée.>
Elle représente un engagement quotidien contre les injustices et les inégalités avérées, les atteintes à la Liberté d’expression. Symbole flamboyant de la réalisation intérieure, jamais achevée et chère à Saint Bernard dans la règle du Temple.
Non Nobis Domine, Non Nobis, Sed Nomini Tuo Da Gloriam. Voilà, la prière d’ouverture d’un chapitre Templier (non maçonnique). PAS EN NOTRE NOM SEIGNEUR, PAS EN NOTRE NOM, MAIS AU NOM DE TA GLOIRE.
Et en son Nom, le Chevalier adoubé porte l’épée de lumière ; le Chevalier d’hier s’est battu pour défendre les Lieux Saints et combattre les Forces Obscures dont parle Saint Bernard de Clairvaux. Aujourd’hui, le combat que mène le Chevalier est celui de la claire conscience de l’esprit, les choix des grands principes humanitaires : LIBERTE, EGALITE et FRATERNITE sans lesquels aucun groupe humain ne peut véritablement progresser. On peut y ajouter : SPIRITUALITE !
Pour ceux ou celles qui souhaiteraient assister à un chapitre régulier, nous nous réunissons le premier mardi de chaque mois impair, à partir de 19h (tenue correcte souhaitée), au Restaurant « La Guinguette Auvergnate » 19, Avenue de Choisy à Villeneuve St Georges (gare Villeneuve-Triage RER) Parkings autour du restaurant CHAPITRE de la Commanderie d’Ile-de-France — <Saint Georges en la Vallée de Seine> Un repas clôturera le chapitre (Prévoyez 20 à 25 euros maxi) Réservation INDISPENSABLE EN RAISON DU NOMBRE DE PLACE: 06.16.58.89.28 ou 01.43.86.87.82 Les Règles écrites par Saint Bernard ; la Charte de la Transmission, émise par le 23ème Grand Maître F. Johannes Larmenius le 13 février 1324 et souscrite par les Grands Maîtres successeurs ; les Statuts Généraux décrétés au Chapitre Général qui a été tenu en 1705 à Versailles ; les Statuts 1947 (Procès-Verbal du 27 décembre 1946) ; et les Décrets Magistraux, modifiés et actualisés dans le Statut. Alain Yvon Béguin