jeu 02 décembre 2021 - 05:12

Peut-on être chrétien et franc-maçon ?

Mgr Dominique Rey – Salvator, 2021, nouv. éd. rev. et augm., 126 pages, 12 €

Présentation de l’éditeur :

La franc-maçonnerie n’imposerait aucun « principe » mais viserait plutôt à rassembler, au-delà des frontières des diverses religions et visions du monde, des hommes de bonne volonté, sur la base de valeurs humanistes compréhensibles et acceptables par tous. Elle constituerait un élément de cohésion pour tous ceux qui croient en l’Architecte de l’univers et qui se sentent engagés à l’égard de ces orientations morales fondamentales qui sont définies, par exemple, dans le Décalogue. Elle n’éloignerait personne de sa religion mais constituerait au contraire une incitation à y adhérer davantage. Qu’en est-il vraiment ? La foi chrétienne est-elle conciliable avec la franc-maçonnerie ? Quelle est la position de l’Église catholique vis-à-vis de ces courants ?

La présentation de l’ouvrage de 78 pages publié le 25 septembre 2007, extrait :

Comment définir la franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie se définit elle-même comme une « société initiatique » et une « organisation philanthropique et de recherche philosophique », dont les membres se recrutent par cooptation. Elle se veut universelle, même si les vicissitudes de son histoire, rivalités et schismes internes, l’ont divisée en de multiples obédiences. L’idéologie de la franc-maçonnerie est difficile à cerner, d’une part parce qu’elle cultive le secret, et d’autre part, en raison de son éclatement en divers courants. Elle se fixe comme but de « travailler à l’amélioration matérielle et morale, ainsi qu’au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ».

La franc-maçonnerie est née en Grande-Bretagne au début du XVIIIe siècle. Par son rituel initiatique, elle entendait se rattacher à une tradition secrète qui remonterait à la construction du Temple de Salomon et à Hiram, que la Bible désigne comme l’architecte de ce Temple. Il existe une indéniable parenté entre les rites symboliques de la maçonnerie et ceux des sociétés initiatiques du passé (mystères antiques de la Grèce ou de l’Empire romain). Il est proposé de conduire l’adhérent à « l’illumination intérieure », d’introduire « l’ordre et l’unité dans l’être humain », d’harmoniser celui-ci avec les « lois universelles ». L’idéal du maçon, exprimé en termes opératifs, est de bâtir « le temple intérieur » (sa propre personnalité) et le « temple extérieur » (humaniser la société).

La franc-maçonnerie anglo-saxonne confesse sa foi en Dieu, « Grand Architecte de l’univers ». Cependant, les constitutions d’Anderson de 1723, texte de référence pour tous les francs-maçons, ne comportent pas la moindre référence à Dieu en Jésus-Christ, ne mentionnent jamais la Sainte-Trinité, le péché, le salut, la résurrection, la venue de l’Esprit-Saint… Sur le continent européen, en particulier dans les pays catholiques, les loges ont accueilli des déistes, des agnostiques et des athées.

La maçonnerie apparaît, en France, dès 1725 avec Montesquieu. Ses membres sont nobles, grands bourgeois, voire ecclésiastiques, gallicans, c’est-à-dire opposés à la prééminence de l’évêque de Rome. Les loges maçonniques ont été le creuset, dans l’esprit des « Lumières » au XIXe siècle, de la laïcité.

Biographie de l’auteur :

Monseigneur Dominique Rey a été nommé évêque du diocèse de Fréjus-Toulon par le saint pape Jean-Paul II le 16 mai 2000. Né à Saint-Étienne le 21 septembre 1952, il est ordonné prêtre le 23 juin 1984. Successivement aumônier du lycée Stanislas à Paris, vicaire à la paroisse Sainte-Marie-des-Batignolles, supérieur des chapelains à Paray-le-Monial, accompagnateur des séminaristes et des prêtres de l’Emmanuel, curé de la paroisse de la Sainte-Trinité, il est nommé évêque de Fréjus-Toulon par le saint pape Jean-Paul II le 16 mai 2000. Sa vision pour le diocèse est de devenir une Église servante, fervente et missionnaire, dans la conjugaison des divers charismes et initiatives pastorales du territoire.

Les éditions Salvator :

C’est une maison d’édition catholique française fondée en 1924 à Mulhouse par le chanoine Alphonse Meyer. Maison d’édition ensuite dirigée à partir de 1928 par la famille Zumbiehl. Elle est désormais installée à Paris 103 rue Notre-Dame des Champs dans le 6e arrondissement, depuis sa reprise en 1998 par Yves Briend. Elle déclare « propose[r] au grand-public francophone des livres d’intelligence de la foi chrétienne et de compréhension du message de l’Église pour la société contemporaine ». Elle est gérée par la société Yves Briend Éditeur, SA à conseil d’administration – capital social 292 534,42 €.

[NDLR : Il s’agit d’une seconde édition fortement revue et augmentée. Monseigneur Dominique Rey, dont la devise est « Mitis et humilis corde » (Doux et humble de cœur), nous instruit du point de vue de l’Église catholique apostolique et romaine sur la Franc-Maçonnerie.

Force est de constater qu’il ne connaît qu’une partie de la Franc-Maçonnerie, car, nous le savons tous, nous parlons toujours, en Europe en général et en France en particulier, des Francs-Maçonneries. Une Maçonnerie qui pourrait se définir comme une école de pensée – je préfère ce terme à celui d’adogmatique, libérale et progressiste – et une Maçonnerie qui pourrait, elle, se retrouver autour de la définition d’une école de spiritualité.

Le paysage maçonnique français (le fameux PMF des années 2010…) comprend donc des Francs-Maçonneries. Ce que ne semble pas avoir pris en compte Monseigneur Dominique Rey.

De plus, page 8 de son dernier opus, son Excellence Monseigneur Rey écrit « Depuis la première publication de Peut-on être chrétien et franc-maçon ? en 2007, aucun événement majeur ni aucune publication particulière n’a infléchi la réflexion de l’Église catholique, ou marqué de façon significative le débat public au sujet de la franc-maçonnerie ».

Il faut reconnaître cependant une avancée que les Francs-Maçons de tradition considèrent comme fort importante. Nous en voulons pour preuve dans le numéro 190 de décembre 2018 de Points de Vue initiatiques (PVI), la revue de la Grande Loge de France, intitulé Christianisme et franc-maçonnerie, où nous avons, entre autres, un « Entretien avec Monseigneur Jean-Charles Thomas par Jean-Jacques Zambrowski » décrivant parfaitement et justement cette avancée dans les relations entre Église et Franc-maçonnerie…]

Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti, membre de la Respectable Loge Le Centre des Amis N° 1 de la Grande Loge Nationale Française et Chapelain de la Loge Nationale de Recherches Villard de Honnecourt, est désormais, après six ans passés en qualité de Député Grand Archiviste, responsable, dans le cadre de la culture et de la communication, de l'organisation des salons maçonniques et de l’éditorial des réseaux sociaux. Membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il est le chroniqueur littéraire de la G.L.N.F., écrit aussi dans La Chaîne d’Union du Grand Orient de France et collabore à de nombreux ouvrages.

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