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COTE-D’IVOIRE : Franc-maçonnerie coloniale : « Il était considéré que les Noirs n’étaient pas encore initiables »

De notre confrère afriksoir.net – Par Marie Miran-Guyo

Dans un texte de recherche sous forme d’interview (réalisée par Marie Miran-Guyo) accordé à Francis Akindès et intitulé « La franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire, brève histoire des enjeux actuels », l’on en sait un peu plus sur le rapport quelque peu raciste de cette organisation, pendant la colonisation. Extrait.

La franc-maçonnerie est venue en Côte d’Ivoire dans la gibecière de la colonisation. L’aventure maçonnique ivoirienne a commencé en 1930 avec la création à Abidjan d’une loge affiliée au Grand Orient de France (GODF), nommée « Fraternité africaine ». La plupart des membres de cette loge étaient des Français, administrateurs, commerçants ou militaires. Tous étaient des colons ou expatriés. À l’époque, en effet, seuls des Européens pouvaient être initiés.

Dans un état d’esprit un peu raciste, il était considéré que les Noirs n’étaient pas encore « initiables ». Ce qui se passait dans la colonie ivoirienne tranchait, de fait, avec ce que l’on observait en métropole car, en France, des Africains comme Blaise Diagne avaient déjà été initiés. Éduqué en France, celui qui fut le premier député africain élu à la Chambre des députés française est connu pour avoir aidé Clemenceau à recruter des tirailleurs sénégalais pendant la Première Guerre mondiale.

Franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire

La loge Fraternité africaine peut donc être considérée comme la loge mère de la franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire. Son histoire est marquée par deux événements dramatiques. Le premier remonte au 12 janvier 1941. Sur requête du procureur de la République de Vichy, le président du tribunal de Grand-Bassam mit sous séquestre tous les biens de la loge Fraternité africaine. Puis, le 7 mars 1941, tous les emblèmes, décors et autres insignes de l’obédience furent incinérés en public à Abidjan dans une sorte d’autodafé.

Francis Akindès

L’immeuble de la loge fut aussi vendu aux enchères (curieusement, il a été racheté par des sympathisants de la franc-maçonnerie). C’est une part de l’histoire qui est peu connue. Elle a partie liée avec les idéologies vichyste et nazie les nazis occupaient alors la moitié de la France pour lesquelles la franc-maçonnerie, ainsi que le communisme et le socialisme, étaient des mouvements à combattre et à éradiquer. Cette adversité politique s’est conjuguée, en France comme dans les colonies françaises, à l’inimitié séculaire de l’Église catholique vis-à-vis de la franc-maçonnerie. En Côte d’Ivoire, l’hostilité de l’Église romaine contre la franc-maçonnerie ne date pas d’aujourd’hui.

Après la guerre, la loge Fraternité africaine a mis du temps à se remettre sur pied. Elle s’est ensuite reconstituée autour d’un vénérable maître du nom de Villot, un Français, qui tenta de réveiller et de réorganiser la vie maçonnique à Abidjan. Les douloureux événements de 1941, toutefois, ont profondément affecté les francs-maçons de cette époque, qui développèrent une culture de la clandestinité, à l’instar de ce qui se passait d’ailleurs en France.

L’aventure maçonnique ivoirienne a commencé en 1930 avec la création à Abidjan d’une loge affiliée au Grand Orient de France

Ce traumatisme est un élément essentiel pour comprendre la culture de clandestinité des francs-maçons de tradition française. La période entre 1948 et 1958 fut donc ponctuée de difficultés pour ranimer la vie maçonnique et gérer les séquelles de l’hostilité de l’État colonial vichyste. Les francs-maçons de Fraternité africaine affiliés au GODF firent profil bas et continuaient de développer leur sens de la fraternité humaine en s’investissant dans toutes sortes d’associations : la Croix-Rouge, la Ligue des droits de l’homme, la Ligue de l’enseignement, les crèches publiques, les associations de parents d’élèves, le Rotary Club, etc.

Franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire, Il était considéré que les Noirs n’étaient pas encore initiables (Francis Akindès)

Dans la période, fait notoire, Niangoran Eyemon devint, en 1953, le premier Ivoirien initié dans la loge Fraternité africaine. S’en suivit un lent processus d’africanisation de la maçonnerie ivoirienne. En 1957, la Grande Loge de France (GLDF) ouvrait une première loge à Abidjan appelée « Concorde universelle ». Avec la GLDF, le Grand Orient de France initia ensuite le projet de faire fusionner leurs loges ivoiriennes. Mais la Grande Loge de France souleva des réticences à ce projet œcuménique, qui s’enlisa. Les querelles maçonniques de France se déportent en terre africaine !

AFRIQUE DU SUD : Le Parlement sud-africain en feu abrite un temple secret franc-maçon

De notre confrère sud africain bulawayo24.com – par Mandla Ndlovu

Le Parlement sud-africain actuellement en feu abrite le Lodge De Goede Hoop, un vieux bâtiment blanc en plâtre qui est le temple de l’une des plus anciennes sociétés secrètes d’Afrique du Sud, les francs-maçons.

Selon la légende, la franc-maçonnerie a été introduite en Afrique du Sud au XVIIIe siècle et les francs-maçons ont vendu le terrain sur lequel le Parlement se tient au gouvernement pour 1 £ à condition que si le Parlement déménageait, le terrain devait être revendu aux francs-maçons pour le même prix

Le pavillon du Parlement, connu sous le nom de temple De Goedehoop, a été construit en 1772 lorsque la maçonnerie a été établie au Cap.

L’opposition sud-africaine Economic Freedom Fighters a appelé le parlement à déménager à Gauteng dans le but d’unir l’administration.

Le bâtiment a été inauguré en tant que premier temple maçonnique en Afrique du Sud en 1803 et est toujours utilisé quotidiennement par ses membres.

Le site Web des francs-maçons décrit le bâtiment comme suit : Les gens disent que les francs-maçons sont sur des terrains parlementaires, mais ce n’est pas vrai. En fait, le Parlement est fondé sur la franc-maçonnerie.

Les gouvernements montent et tombent, mais une chose reste constante dans l’enceinte du parlement au Cap : une loge maçonnique vieille de 235 ans. Peu de gens savent qu’un temple ancien et vénérable de l’ancienne et mystérieuse confrérie des francs-maçons existe dans le complexe parlementaire. Mais le temple De Goede Hoop a été construit bien avant le Parlement.

Le gouvernement du Cap de l’époque et les francs-maçons étaient si étroitement liés que le Parlement du Cap a utilisé la salle de banquet maçonnique comme lieu de rendez-vous de 1854 à 1884 jusqu’à l’achèvement de l’ancienne Chambre d’assemblée.

L’organisation, considérée comme l’une des plus mystérieuses au monde, tourne autour de l’argent, du pouvoir et des poignées de main secrètes, murmurent ses détracteurs. Il existe de nombreuses théories du complot, des liens présumés avec des meurtres et ceux qui croient que les francs-maçons « ont planté les graines » de l’apartheid.

D’autres disent que depuis la création de l’organisation au 14ème siècle, c’est la main secrète qui gouverne tranquillement le monde.

La Bible, la lettre et le nombre – Le code secret enfin déchiffré

Benoît Gandillot – Les éditions du Cerf, 2021, 448 pages, 24 €

Le terme « Volume de la Loi Sacrée » (VLS), uni à ceux d’Équerre et de Compas désigne toujours la Bible, ce recueil des Saintes Écritures comprenant l’Ancien et le Nouveau Testament, considérée comme le livre sacré par excellence. Cette référence à la Bible tient à l’histoire de la Franc-Maçonnerie depuis ses origines et elle doit toujours être présente sur l’Autel. Pour un Frère de confession chrétienne, c’est sur celle-ci qu’il prendra son Obligation. Pour un Frère d’une autre confession, l’Obligation peut être prise sur (ou sous) un autre Livre, mais la Bible sera toujours présente sur l’Autel.

C’est dire combien le Maçon régulier ne peut être qu’attaché à une meilleure compréhension de ce Livre. Lumière fondamentale de la Maçonnerie de tradition, ce livre est un livre saint !

Que de chemin parcouru depuis La Bible, document chiffré. Essai sur la restitution des clefs de la science numérale secrète (Gallimard, Coll. Les Essais, T.1, 1950) de Raymond Abellio… Ici et maintenant, Benoît Gandillot, directeur financier d’un grand groupe français puis directeur d’université d’entreprise, démontre qu’il dispose de plus d’une corde à son arc, en réalisant un travail d’une grande érudition.

Et de commencer dans le prologue à interpréter les âges auxquels sont morts les trois Patriarches Abraham, Isaac et Jacob (175, 180 et 147 ans), dont les racines du peuple hébreu remontent jusqu’à eux.

Bien sûr que l’auteur aborde la gématrie. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement.

La numérologie de la « Gematria », procédé fréquent dans la Bible et chez les Pères de l’Église, est basée sur un calcul de valeur des lettres d’un nom ou d’un mot. Ce calcul numérologique gématrie consiste à faire la somme des valeurs de chacune des lettres selon le tableau gématrie ou chacune des lettres de l’alphabet hébreux est associée à un nombre entre 1 et 400.

Bien sûr que l’auteur aborde aussi la Kabbale. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement.

Les Kabbalistes le pensaient, Benoît Gandillot le démontre dans cette étude révolutionnaire : oui, il y a bien un système numérologique derrière le texte biblique. Une merveilleuse manière exégétique de réviser les mirages de l’ésotérisme, tout en découvrant un véritable univers inconnu. Si les Sages se sont servis de plusieurs méthodes pour commenter la Torah et faire en sorte qu’il soit accessible à tous, l’auteur propose un schéma d’investigation de plus utiles.

Benoît Gandillot nous dévoile aussi l’intention des rédacteurs codeurs et leurs techniques de codage. Il analyse aussi la méthode de travail à partir des sources documentaires et des critères utilisés pour nous faire découvrir le rôle symbolique des nombres. Nous avons particulièrement aimé le chapitre 4 qui traite de « L’Alliance Nouvelle et éternelle ». L’auteur aborde le texte et son contexte s’aidant de tableaux et croquis. Il entre dans la symbolique pour permettant de découvrir la Tente de la rencontre, l’Arche d’alliance, coffre qui, selon la Bible, contient les Tables de la Loi – les Dix Commandements – données à Moïse sur le mont Sinaï, mais aussi le bâton fleuri de Moïse ou encore la table des pains de proposition ou la menorah, chandelier à sept branches des Hébreux, un des objets cultuels du Tabernacle et plus tard du Temple de Jérusalem, etc. L’accomplissement des Écritures passe aussi par l’étude de la Nouvelle Alliance et de la présence de Dieu.

Un glossaire complète l’ouvrage nous aidant à mieux décrypter les arcanes de ce recueil des Saintes Écritures qu’est la Bible. Vous ne la lirez plus comme avant.

(Éphéméride) 4/I/1960 : Décès d’Albert Camus

Le philosophe, romancier, nouvelliste et journaliste Albert Camus, âgé de 46 ans, perd la vie dans un accident de voiture, alors qu’il est accompagné de l’éditeur Michel Gallimard, qui survit à l’accident.

Particulièrement admiré des jeunes et des intellectuels, il avait reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

Rappelons qu’Albert Camus (1913-1960) est influencé par son oncle, Gustave Acault qui fréquente les Loges maçonniques. Il effectue chez lui de longs séjours. On dit même qu’il l’initiera à la culture et éveilla sa conscience politique. En effet, boucher de métier, Gustave Acaut, anarchiste et aussi voltairien, est un homme cultivé. Il aide son neveu à subvenir à ses besoins et lui fournit une bibliothèque riche et éclectique.

Influencé aussi par ce hussard noir de la République que fut Louis Germain, son instituteur. C’est le 16 juin 1907 qu’il est initié au sein de la Loge « L’Union du Zaccar », à l’Orient de Miliana, en Algérie. Passé Compagnon le 24 juin 1908 puis élevé à la Maîtrise le 8 décembre 1908, Louis Germain est un membre actif de sa Respectable Loge jusqu’au début de la Première Guerre mondiale.

Albert Camus, un auteur qui a marqué l’histoire de la littérature…

Actualité d’Albert Camus

par Christian Roblin

Camus est typiquement un écrivain diachronique et ce à un double titre : au sens où c’est un écrivain qui traverse le temps mais aussi un écrivain qui puise son inspiration à toutes les époques et qui souhaite obstinément s’adresser à l’avenir, en répondant aux urgences de son temps.

C’était sans doute le vœu de Camus de se survivre et de conserver des lecteurs par-delà la mort, comme il en va de tous les grands écrivains sinon ils ne portent pas ce nom-là  et, sous cet angle, sa lucidité, son courage, sa hauteur de vue, son sens du tragique et même de l’absurde – qui n’abolit en rien son exigence éthique, seul repère permettant de maintenir une conscience libre et responsable –,  eh bien tout ce saisissement d’humanité lui confère une sorte d’actualité perpétuelle, qu’il a payée cher en son temps, notamment contre son frère ennemi en littérature, Jean-Paul Sartre qui le vouait aux gémonies, ce dernier ayant encensé, par exemple, un dictateur épouvantable et narcissique comme Mao-Zedong. Ce ne fut jamais le cas de Camus, cet écrivain laïc et fraternel, dont Yonnel Ghernaouti a opportunément rappelé l’environnement maçonnique, dans sa jeunesse.

Que nous apporte aujourd’hui le regard sur le monde de celui qui reçut à 44 ans, en 1957, le prix Nobel de littérature ?

Je crois, tout d’abord, qu’il nous invite à nous imprégner de notre propre culture, des valeurs que nous avons construites dans la douleur, à travers l’Histoire, de revisiter nos mythes fondateurs pour en faire une grille de lecture de nos réalités les plus signifiantes. C’est le contraire de la « cancel culture » qui interdit de parole les contradicteurs. Il partage avec le « wokisme » le souci d’un antiracisme fondamental et d’une volonté de vérité et de justice ; mais il s’en éloigne radicalement, si j’ose dire, par le fait qu’il s’adresse à tous, sans distinction, qu’il ne rejette personne et qu’il combat de plain-pied, en républicain, en démocrate, pour fabriquer chaque jour ensemble une société qui accueille nos différents visages, dans le respect de l’autre et l’espérance d’un partage.

C’est en cela sans doute que sa parole nous est précieuse aujourd’hui, qu’elle nous éduque à une modestie orgueilleuse, si je puis dire. Je forge cet oxymore pour indiquer que, comme simple citoyen, nous ne devons jamais rien lâcher de notre vigilance car c’est à ce seul prix que nous pourrons nous en sortir collectivement. Et on le voit aujourd’hui plus que jamais, par l’interdépendance de nos économies, par les tensions politiques, religieuses et culturelles qui continuent de s’exacerber à travers le monde, et plus encore face aux enjeux de survie que font peser sur nous les risques écologiques que l’on connaît. C’est pourquoi, je pense, qu’au-delà de l’enrichissement littéraire, philosophique et spirituel dont, par son talent, Albert Camus nous fait profiter, se frotter à son œuvre reste utile et formateur, dans une optique humaniste que, tantôt, le métissage, tantôt, la cohabitation des cultures rendent prioritaire voire primordiale.

2022 : Vaste programme !

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Si l’on s’en rapporte à nos usages et même à nos traditions, nous ne pouvons que nous souhaiter de la tempérance.

Le pays est fracturé et il faut à tous crins le briser davantage. C’est la tumultueuse déferlante des réseaux sociaux qui accorde toujours plus d’écho à l’invective et à l’exaspération, tenues pour plus valorisantes qu’un débat argumenté sur un socle de faits vérifiés. Les esprits se montrent immédiatement irritables et incandescents. L’outrance et l’outrage se livrent, à tout sujet, à une surenchère effrénée. L’art de la conversation est en péril. Qui n’est pas soupçonneux devient suspect. Dans le miroir grossissant des médias, nous nous résumons à une société de crises de nerfs.

Et, pourtant, combien sont-ils à faire sagement la queue, une heure durant, avant de passer leur test virologique ! Combien sont-ils à porter sagement leur masque et à éviter de se toucher, en faisant leurs courses ! Combien sont-ils à se réunir sagement à quelques-uns, tous vaccinés, dans un domicile aéré, pour partager de brefs moments de convivialité !

Ce qu’il faut abolir, c’est ce goût d’avoir raison contre l’autre ; ce qu’il faut promouvoir, c’est le désir d’apprendre les uns des autres et d’élaborer ensemble une vérité plus nuancée. En prenant nécessairement plus de temps que dans ces polémiques stériles et cinglantes qui s’enflamment aujourd’hui, à la moindre occasion. Comme francs-maçons, notre rôle n’est-il pas de contribuer à former nos concitoyens à la délibération publique, en ne faisant, après tout, que « poursuivre au-dehors l’œuvre commencée dans le temple » ?

« Vaste programme ! » pourrait-on s’exclamer, à l’instar du Général de Gaulle qui aurait ainsi réagi quand Louis Vallon se serait écrié : « Mort aux cons ! » À cet égard, au demeurant, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes cernés, concernés, devrais-je plutôt dire, et même consternés…

En tout cas, en cette année électorale majeure, je nous souhaite une solide santé pour faire face aux défis de toutes sortes que nous devons affronter en ce monde !

Alors, bonne année à toutes et à tous. 2022, double chiffre : double bonheur !

La planche à tracer

En son nom de palette, elle était l’un des attributs de Thot, dieu de l’écriture des paroles divines, les fameux hiéroglyphes.

La planche, du latin  planca, est une pièce de bois sciée, plus longue que large et nettement plus large qu’épaisse. Le travailleur de la pierre y burinait ou y gravait des lettres, des esquisses de plan, en particulier les formes de référence qui permettaient de retrouver l’angle droit.

 La planche à tracer est, également, un rectangle sur lequel sont indiqués les schémas qui constituent la clef de l’alphabet maçonnique.

Évoquant la description du tableau d’apprenti, Jules Boucher nous dit à son propos qu’elle est un rectangle sur lequel sont indiqués les schémas qui constituent la clé de l’alphabet maçonnique.  On peut en déduire que la disposition des dessins sur les tableaux de loge d’apprentis et de compagnons montre que l’écriture sur la planche à tracer, ombre de la lumière passant par les fenêtres grillagées, n’est pas celle de notre stylo ; c’est l’écriture de la lumière. À partir de cette remarque, le rôle de la planche à tracer n’est pas d’écrire un texte ou un discours, mais de découvrir les traces de la lumière autour de nous et en nous. La planche à tracer invite à apprendre à recevoir la lumière, ce qui nécessite une démarche totalement opposée à celle de l’élaboration d’un discours. Et le premier pas pour s’approcher de la lumière est le silence mental.

Dans  la Masonry Dissected[1], la Planche à tracer fait partie des bijoux immobiles (avec la pierre brute et la pierre cubique à pointe) en précisant  leurs usages : «la Planche à Tracer pour que le Maître y trace ses plans, la Pierre Cubique pour que les Compagnons éprouvent leurs outils dessus, et la Pierre dégrossie pour que les Apprentis entrés apprennent à travailler dessus.»

REAA : «Désormais, mon frère [sœur], vous travaillerez sur la planche à tracer et vous recevrez votre salaire dans la Chambre du milieu.» C’est ainsi qu’est désigné le lieu de travail du maître. Là, il modifie le plan selon lequel la construction du temple devra s’effectuer. Cette planche sert en permanence de point de repère pour l’ouvrage qui va être réalisé au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage est terminé, il doit se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. Pour éviter toute imprécision, cette planche  n’est pas dessinée au crayon, mais avec l’extrémité d’une pointe d’acier appelée pointe sèche. Cette manière de procéder n’est pas sans analogie avec la loi d’Hermès révélée dès les premières lignes du texte de la Table d’émeraude qui aurait été rédigée par Hermès Trismégiste, l’inventeur mythique ou réel de l’alchimie : «ce qui est en bas (la planche) est comme ce qui est en haut (la pièce qui est posée dessus) et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.»

Le Rite Émulation donne une dimension sacrée à la planche à tracer en faisant un rapprochement avec le Volume de la Sainte Loi. «De même que la Planche à tracer sert au Vénérable Maître pour tracer des lignes et pour dessiner, afin de permettre aux Frères de s’instruire en Franc-Maçonnerie, de même le Volume de la Loi Sacrée peut être considéré avec juste raison comme la Planche à tracer spirituelle du Grand Architecte de l’Univers sur laquelle il a tracé Ses Lois Divines et Ses Enseignements Moraux qui, s’ils nous sont familiers et si nous les appliquons, nous conduiront vers cette Demeure céleste, qui n’est pas faite de main d’homme, Éternelle dans les cieux..»

Au plan métaphorique, comme la planche à tracer doit servir au maître pour concevoir les dessins qu’il donne pour modèle aux ouvriers, de même, le maître maçon devrait diriger sa conduite de manière qu’elle puisse servir d’exemple aux compagnons et aux apprentis.

Aujourd’hui, le papier, devenu support, est la planche à tracer et le verbe écrire est remplacé par l’expression tracer une planche. La planche est le lieu de la quête de l’esprit à partir de la matière.


[1] Samuel Prichard, Q 46 et 47 :

Q46 What are the Immoveable Jewels?

 A. Trasel Board, Rough Ashler, and Broach’d Thurnel.

Q47 What are their Uses?

A.Trasel Board for the Master to draw his Designs upon, Rough Ashler for the Fellow-
Craft to try their Jewels upon, and the Broach’d Thurnel for the Enter’d ‘Prentice to learn to work
upon.

<freemasonry.bcy.ca/ritual/prichard.pdf>

USA : décès de Thomas W. Jackson – RIP – Grand Secrétaire de la GL de Pennsylvanie

De notre confrère freemasonsfordummies.blogspot.com

Thomas W. Jackson, 33° est décédé. Connu dans tout le monde maçonnique, Tom a travaillé pendant vingt ans comme le Grand Secrétaire de la Grande Loge de Pennsylvanie, et comme Secrétaire exécutif et Président d’honneur de la Conférence mondiale sur la franc-maçonnerie. 

Tom Jackson était l’un des maçons qui a le plus voyagé dans ce siècle ou de tout autre. Il était un ardent défenseur des normes les plus élevées dans chaque juridiction maçonnique. 

Il avait été hospitalisé la semaine dernière à l’hôpital général de Lancaster pour un cas grave de Covid. Il est décédé tôt jeudi matin.

Les voyages internationaux de Tom sont légendaires, ainsi que sa réputation de pêcheur et de chasseur de gros gibier dans des lieux exotiques. (C’est vrai – j’ai dit chasseur de gros gibier.) En plus des corps annexes du rite écossais et du rite d’York, il appartenait à des dizaines d’autres organisations liées à la maçonnerie. En plus de ses loges de Pennsylvanie, il a été membre du Wyoming, en Angleterre, en Italie, au Pérou, au Maroc et à Chypre, et a obtenu des membres honoraires dans 107 Grandes Loges différentes. Il détient un haut rang dans trente de ces Grandes Loges, et quatorze en tant que Grand Maître honoraire.

En 2017, Tom avait estimé qu’il était à l’étranger six mois par an, agissant en tant que représentant international de la fraternité. Au cours de ses voyages, il a rencontré les présidents portugais, chilien, roumain, mozambicain, malien, gabonais, tchadien et congolais, ainsi que l’ancien président américain George HW Bush, ainsi que plusieurs premiers ministres. 

Tom Jackson affichant un petit échantillon de ses innombrables récompenses.(Photo: Shippensburg News-Chronique)

Tom a reçu d’innombrables récompenses et médailles pour services distingués d’au moins neuf Grandes Loges aux États-Unis et de dix-neuf Grandes Loges internationales, dont la Yougoslavie, la Roumanie, l’Afrique du Sud et la Russie. Le prix Thomas W. Jackson est présenté chaque année par la vallée de Rochester, NY, pour récompenser les personnes qui ont transformé le message de la franc-maçonnerie en une inspiration éducative au niveau étatique, régional ou national. L’Organisation des arts maçonniques présente chaque année le prix Thomas W. Jackson pour le leadership à un grand maître digne et exceptionnel. En 2017, la nation du Brésil a même émis un timbre-poste en reconnaissance de son service dans la promotion de la franc-maçonnerie universelle.

Tom Jackson était l’un des maçons les plus lus du pays et, pendant de nombreuses années, il a été critique littéraire pour le magazine Scottish Rite NMJ, The Northern Light . Dans sa jeunesse, Tom a enseigné la biologie pendant dix-sept ans à Penn Hall – il avait  un diplôme en la matière (et comme le personnage de PG Wodehouse Gussie Fink-Nottle, c’est un fait peu connu qu’il partage une fascination pour les tritons).  Il a brièvement été directeur d’une entreprise de construction avant d’être nommé grand secrétaire de Pennsylvanie en 1979, poste qu’il a occupé jusqu’en 1999. Il a apporté son dévouement à l’éducation à la franc-maçonnerie et était un ardent défenseur de l’approche savante de la recherche maçonnique. et l’éducation. Il a été l’un des premiers promoteurs et leader de l’Académie de Pennsylvanie de la connaissance maçonnique . Son livre, Masonic Perspectives: Thoughts of a Grand Secretary , a été publié en 2015 et contient quarante-quatre essais stimulants sur la fraternité. En tant qu’auteur maçonnique, en 2004, il a été nommé  Frère 93 de la Société des Frères Bleus. 

Tom a été l’un des premiers défenseurs de la Masonic Restoration Foundationet sa promotion de ce qui a été diversement appelé « observance traditionnelle », les meilleures pratiques, les loges de style européen ou de style observateur. Il faisait partie du groupe qui a établi la première loge TO en Pennsylvanie. L’un des thèmes les plus courants dans les innombrables discours et écrits de Tom était de dénoncer la baisse de qualité dans les loges, la mauvaise compréhension et l’exécution du rituel, et la perte progressive de sa réputation prestigieuse qui était autrefois si courante dans toute la maçonnerie nord-américaine. Tom a vu de ses propres yeux l’énorme différence d’attitude et de perception de la franc-maçonnerie en Amérique du Sud, en Afrique et en Europe, où les loges continuent d’attirer des leaders dans les domaines universitaire, commercial, scientifique, médical, gouvernemental, etc. Il croyait que la maçonnerie nord-américaine avait perdu son prestige et sa réputation d’excellence de longue date après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les grandes loges ont augmenté en nombre de membres. Ou pour paraphraser Dwight L. Smith il y a une soixantaine d’années, l’âge de l’homme ordinaire est peut-être devenu un peu trop commun. Tom croyait que la maçonnerie ici en Amérique a perdu son chemin lorsqu’elle a cessé d’attirer le genre même d’hommes qui réussissent et de dirigeants communautaires qui servaient de mentors et d’exemples à nos membres plus larges. Il a toujours été fermement convaincu que l’élitisme n’est pas un mauvais mot, et a constamment exhorté les loges et les maçons à exiger des normes plus élevées d’eux-mêmes, car vous ne pouvez pas « rendre les hommes bons » si vous n’avez pas le meilleur des hommes. admirer, imiter et apprendre. peut-être que l’âge de l’homme ordinaire est devenu un peu trop commun. Tom croyait que la maçonnerie ici en Amérique a perdu son chemin lorsqu’elle a cessé d’attirer le genre même d’hommes qui réussissent et de dirigeants communautaires qui servaient de mentors et d’exemples à nos membres plus larges. Il a toujours été fermement convaincu que l’élitisme n’est pas un mauvais mot, et a constamment exhorté les loges et les maçons à exiger des normes plus élevées d’eux-mêmes, car vous ne pouvez pas « rendre les hommes bons » si vous n’avez pas le meilleur des hommes. admirer, imiter et apprendre. peut-être que l’âge de l’homme ordinaire est devenu un peu trop commun. Tom croyait que la maçonnerie ici en Amérique a perdu son chemin lorsqu’elle a cessé d’attirer le genre même d’hommes qui réussissent et de dirigeants communautaires qui servaient de mentors et d’exemples à nos membres plus larges. Il a toujours été fermement convaincu que l’élitisme n’est pas un mauvais mot, et a constamment exhorté les loges et les maçons à exiger des normes plus élevées d’eux-mêmes, car vous ne pouvez pas « rendre les hommes bons » si vous n’avez pas le meilleur des hommes. admirer, imiter et apprendre.

Semaine maçonnique 2009 – Un mannequin, Tom Jackson, Brent Morris, Robert Davis et Glen Cook
Il sera difficile d’imaginer un monde maçonnique sans Tom Jackson, un vrai géant de la fraternité. J’ai partagé des allocutions avec lui à plusieurs reprises, et il a été l’un des premiers critiques positifs de mon premier livre lors de sa première publication (bien qu’il ait grincé des dents au For Dummiestitre, et suggéré aux lecteurs maçonniques de déchirer la couverture du livre pour éviter l’embarras). Lorsque nous avons formé la Société maçonnique pour la première fois, Tom a été l’un des premiers partisans et il a été nommé membre fondateur. Il était un incontournable de la semaine maçonnique chaque année dans la région de Washington, DC, et malgré sa petite taille, vous avez toujours su qu’il était dans la pièce à cause de sa voix de baryton riche et profonde qui portait loin. Cette voix résonnante s’est maintenant tue, et son amitié, sa prévenance et ses idées me manqueront.
Tom laisse dans le deuil sa femme, Linda. Le couple  vivait dans leur ferme à Shippensburg, en Pennsylvanie, et est marié depuis cinquante-six ans. Gardez-la dans vos prières s’il vous plaît. 
Lorsque je reçois des informations sur ses arrangements et services funéraires, je les publierai sur le blog.

Sa colonne est brisée et ses frères pleurent.

BELGIQUE : Histoire – comment est née la franc-maçonnerie ?

De notre confrère belge rtbf.be

Quand est née la franc-maçonnerie ? Comment est-elle née ? Quels en sont les symboles ? Comment devient-on maçon ? Autant de questions auxquelles nous allons essayer de répondre avec l’historien Hervé Hasquin, le musicologue Gérard Gefen et un franc-maçon haut gradé, Charles B.

Quelques éléments d’histoire

L’histoire de la franc-maçonnerie prend racine au 18e siècle et elle est d’origine anglaise. A l’époque, l’Angleterre sort d’une période horrible où les gens se battent les uns contre les autres. C’est l’époque de Cromwell.

C’est un moment où on tuait les gens au nom de leur religion. Il y avait là un besoin de se retrouver entre gens de mêmes origines auxquelles on pouvait faire confiance. (Charles B)

C’est l’époque où les scientifiques prennent de l’importance. L’Académie des sciences va se développer à Londres avec Newton et d’autres.

Les vieux bâtisseurs de cathédrales, les maçons, vont commencer à se réunir. Leur but est d’abord la bienfaisance et l’entraide mutuelle. C’est ce que l’on appelle des loges opératives. Peu à peu, ils vont inviter des intellectuels dans leurs réunions.

Au fil des années, même si la transition est mal connue, ces intellectuels vont prendre la succession des bâtisseurs. C’est ce que l’on va appeler la franc-maçonnerie spéculative.

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UK : Les francs-maçons du Worcestershire donnent des subventions totalisant 6 000 £ pour les hospices à travers le comté

De notre confrère bromsgrovestandard.co.uk – Par Tristan Harris

PLUSIEURS hospices à travers le comté ont reçu des subventions totalisant 6 000 £ des francs-maçons du Worcestershire.

L’argent a été remis par l’intermédiaire de la Masonic Charitable Foundation (MCF) aux hospices Primrose, St Richard’s, Acorns Children’s, Kemp et Mary Stevens.

Au total, dans tout le Royaume-Uni, 600 000 £ ont été versés via 227 subventions aux hospices par le groupe de collecte de fonds.

Le MCF s’associe à Hospice UK pour réinventer les services de soins palliatifs de jour.

Robert Vaughan, responsable de la franc-maçonnerie dans le Worcestershire, a déclaré : « Je suis très heureux que nous ayons pu aider nos hospices locaux.

«Ils font un travail exceptionnel en aidant les personnes atteintes de maladies terminales ou limitant l’espérance de vie, ainsi qu’en soutenant leurs familles dans des moments très difficiles et difficiles.»

QUEBEC : Sonder l’univers de l’occultisme

De notre confrère canadien (Québec) journaldequebec.com – Par Marie-France Bornais

Intriguée par l’univers des tarots, des voyants et des astrologues, l’écrivaine montréalaise Anne-Renée Caillé s’est plongée dans une enquête personnelle étonnante à ce sujet. Le résultat de ses trois années de recherches et de rencontres avec le monde de l’occultisme lui a fourni la matière pour écrire son nouveau roman, Voyances. Avec Anne-Renée Caillé, le passé s’entremêle avec le présent et le futur dessine ses contours.

Pendant trois ans, l’écrivaine Anne-Renée Caillé a écouté avec attention le langage rempli de symboles, de promesses et d’avertissements des cartomanciens en tout genre qu’elle a rencontrés. Elle s’est familiarisée avec les tarots et les cartes du ciel, étudiant cela de près pour démêler cet univers et mieux le comprendre. 

L’expérience s’est avérée très intéressante, comme elle l’explique en entrevue. « Au début, c’était un jeu littéraire d’écrire autour de récits de soi, par un autre que soi. Qui je suis pour ces gens ? Qu’est-ce qu’ils voient en moi ? Il y a quelque chose d’extrêmement abstrait en tout ça, un peu marginal, un peu tabou. Ceux qui n’aiment pas ça vont vraiment lever le nez sur ça, mais moi, j’y suis allée vraiment avec ouverture, amusement, curiosité et scepticisme aussi. »

Anne-Renée ajoute qu’elle a entendu des choses très diverses. « Selon l’art divinatoire, parfois c’est plus poétique, d’autres fois c’est plus technique. L’astrologie, par exemple, ça peut être un peu rebrousse-poil. Les astrologues, c’est ceux que j’ai trouvés les plus connaisseurs de leur art, les plus théoriciens. »

Elle-même, par souci d’exactitude, faisait des recherches et des vérifications de son côté. « J’ai un doctorat en littérature. Mon côté chercheur s’est activé. Je suis presque devenue un peu obsessive, par moment, pour être sûre de ce que j’allais écrire, être sûre d’avoir bien entendu. À un certain moment, pour vrai, il fallait arrêter parce que ça devient presque trop d’informations ! Ce sont vraiment des passionnés. »

Une première fois surprenante

Est-ce qu’il y en a qui ont visé juste ? « Oui ! Dès le départ. Si la première expérience avait été un peu décevante […], je ne pense pas que j’aurais fait un livre. Tout part de cette première voyance avec un tireur de cartes qui m’a dit certaines phrases. Il y avait beaucoup de choses qui étaient dites qui m’ont surprise. » « Ils m’ont donné envie de poursuivre, en sachant très bien que j’allais peut-être tomber sur des voyants moins intéressants qui allaient me donner un matériau d’écriture beaucoup moins riche. »

Anne-Renée Caillé a évalué qu’elle avait assez de motivation pour ouvrir les portes de l’inconnu et aller de l’avant dans l’écriture. Elle a beaucoup apprécié l’aventure. « Je sais que je demande au lecteur de s’intéresser à ma carte du ciel… mais je lui donne aussi quelque chose. Plus le livre avance, moins il y a de voyance des autres et plus il y a de voyance de la narratrice, Anne, qui est mon alter ego. »

  • Anne-Renée Caillé est une écrivaine montréalaise née à Rimouski.
  • Elle vit et enseigne à Kingston en Ontario depuis 2018.
  • Son premier livre, L’embaumeur, a été sélectionné aux Rendez-vous du premier roman et il est paru en anglais chez Coach House Books.