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ITALIE : Ouzé Ouzé Ouzé

De notre confrère italien expartibus.it – De Rosmunda Cristiano

La vigne est une plante aux significations profondes. D’elle nous tirons le vin, présent dans de nombreuses cultures et qui possède son propre appareil symbolique depuis l’Antiquité.

On pense par exemple aux Latins, qui proclamaient « In vino veritas ». Depuis cette période, les effets de cette boisson étaient connus, ce qui, comme on dit, fait chanter tout le monde et raconter tout ce qui passe par l’esprit.

La vérité, au-delà des coups de gueule de ceux qui ont trop levé le coude, est l’une des vertus les plus importantes. Dire la vérité et éviter les mensonges est une preuve de sagesse. Grâce à ces symboles puissants, la vigne en vient à représenter la vie elle-même. Ce n’est pas un hasard si elles partagent la même étymologie

Elle représente une existence abondante et la joie qui en découle. Elle reflète le désir de fertilité et de beauté. C’est un signe de dévotion aux fruits de l’esprit et de protection contre le mal.

Plénitude, sagesse, jeunesse, maturation, prospérité, sont autant d’images associées à cette plante et au merveilleux nectar qui en découle. Le sacrifice, la foi et la bonne volonté sont les qualités requises pour qu’elle porte les fruits.

Il n’y a pas de meilleure façon de raconter le symbolisme qu’à travers les mythes des cultures anciennes.

Le raisin et le vin sont des éléments indissociables. Les deux sont riches de significations archétypales profondes qui touchent à des sujets inhérents au cycle de la vie lui-même.

Ampelo devient la Vigne qui enivre les hommes, et le Vin inonde l’univers de joie. Le vin est un symbole de Vie, le moyen par lequel la nostalgie et la mort sont vaincues.

La tradition hellénique fait remonter l’origine de la vigne à la mort d’Ampelo, un jeune homme aimé de Dionysos.

Il était d’une beauté désarmante, des yeux lumineux et une voix de miel. Le dieu fût tellemet séduit au point qu’il en devient obsédé, même s’il ne connaît pas la souffrance il est submergé par la peur de perdre son amour.

En proie à l’appréhension, il commence à donner au garçon des astuces pour éviter les pires dangers.

Un jour, il lui dit de faire attention aux cornes du taureau. Et ici Ate, personnification divine de l’injustice et de l’erreur, le convainc d’en caresser un, de jouer avec lui et de le chevaucher. L’animal est pris par la fureur, désarçonne le garçon, qui est alors mortellement encorné.

Dionysos est détruit, car s’il ne savait pas pleurer, il le peut maintenant ; et apprend à souffrir. Eros essaie de le consoler, l’invitant à retomber amoureux et lui racontant des histoires de mort et de renaissance, mais il n’y a pas de solution.

Les larmes divines, mouillant le corps sans vie d’Ampelo, le métamorphosent en Vigne ; et mélées avec le sang de son bien-aimé, se transforment en vin, un nectar très doux capable de brouiller la mémoire, de la subvertir et de la remodeler.

Et voici la grande vérité initiatique : le vin est une boisson arcane, qui ne peut être utilisée qu’avec soin et discernement. Dionysos est un dieu de la végétation sauvage qui enseigne pourtant à maîtriser la nature : et la culture de la vigne est, au sens plein et profond de ce mot, une « culture ».

D’une part, le vin, surtout rouge, symbolise le sang et le sacrifice, d’autre part, la joie et l’extase divine, comparant l’homme à la jeunesse éternelle et à la béatitude.

Cela peut être interprété comme un signe de la libération de l’individu des préoccupations terrestres, ce n’est pas un hasard si Dionysos avait le don de prophétie et le pouvoir de remplir l’âme de vérité !

Cela indique la médiation entre le monde humain et le monde divin.

En ce qui nous concerne, les Francs-Maçons, le vin apparaît dans les banquets rituels, à l’Agapi, dans le but de consolider l’amitié et la solidarité entre les Frères de notre grande Famille ; comme l’amour qui nous unit et que chacun de nous ressent pour ceux qui sont assis à côté de lui.

Cette affection est scellée par la forte poudre rouge ou blanche, comme on appelle le vin, dans les sept toasts qui sont portés au cours de cette convivialité.

Cependant, on ne sait pas quand ils sont apparus, ni, précisément, quand ils sont devenus une partie des coutumes des toasts maçonniques, ni, encore moins, pourquoi chacune de ces acclamations accompagnées du mot « Ouzé », prononcé avec « force et ivigueur » .

Ce que l’on peut en déduire, c’est que ce mot, même désémancipé, c’est à dire qui est utilisé indépendamment d’une signification originelle, s’est, au fil du temps, revêtu d’une valeur sacrée tenant au fait que la Tradition maçonnique l’a consacré, le retirant des milieux marins. dans lequel il est né, et l’a l’utilisé dans des moments si particuliers et significatifs de la vie communautaire de l’atelier mais pas seulement ceux-ci.

Ouzé est un terme devenu un symbole phonique, doté d’une expressivité particulière, d’une force évocatrice propre et indubitable : souhait, satisfaction, invocation jubilatoire de la Fraternité se mélangent et en font une acclamation bien déterminée et significative au-delà d’une interprétation univoque et certaine.

A la noirceur de l’origine répond la clarté psychologique de l’usage, et chacun perçoit le résultat que l’acclamation obtient, sur le plan émotionnel et spirituel, dans sa chair et dans ses os.

C’est une décharge d’énergie positive, dont la caractéristique principale n’est pas dans son extinction après l’étincelle, comme un courant électrique qui se « décharge » au sol, mais dans son retour immédiat en circulation, retraçant et électrisant les âmes de ceux qui ont participé à une Chaîne d’Union, à un toast porté dans une Agape.

Certes, l’insondable demeure, comme insondables sont les vibrations arcanes et subtiles d’un objet magique ou de certains mots qui « font se produire quelque chose », et dont la prononciation doit être calibrée par un emploi qui ne les gaspille pas, mais qui les optimise pour le bien de l’Humanité tout entière.

à travers l’image d’un gobelet rempli de vin rouge pourpre, tourné vers le haut, au GADLU et avec les vers de ‘The Tyler’s Toast’ , ‘The Toast of the Guardian’ , je porte un toast à vous tous mes frères.

Chers Frères de la Chaîne Mystique,
la nuit s’estompe rapidement :
Notre travail est terminé,
la fête est finie,
c’est le dernier toast.
Et maintenant, par ordre du Vénérable Maître,
je propose le Toast du Gardien :
A tous les Frères pauvres et affligés,
où qu’ils soient dispersés sur la surface de la terre et sur les mers, en
leur souhaitant un prompt rétablissement de leurs souffrances,
et un heureux retourner dans leur PAYS natal,
si c’est ce qu’ils veulent.
Bon feu, mes frères !

ITALIE : un Franc-maçon avait aboli la peine de mort

Du site du Grand Orient d’Italie grandeoriente.it

Anniversaires, le 26 octobre il y a 195 ans naissait Giuseppe Zanardelli, l’un des plus grands hommes d’État et francs-maçons du XIXe siècle. C’est lui qui a aboli la peine de mort en Italie, qui a ensuite été restaurée par le fascisme

Le 26 octobre 1826 naissait Giuseppe Zanardelli, l’un des plus grands hommes d’État et francs-maçons du XIXe siècle, auteur en 1882 d’une loi électorale courageuse et en 1889 d’un code pénal qui devint un modèle pour les démocraties du monde entier qui abolit la loi la peine de mort, promoteur à l’aube du XXe siècle du tournant dit libéral et, au niveau local, maître incontesté de la vie publique. Peu connu et célébré, il fut un acteur majeur de l’histoire italienne et européenne : au premier rang des soulèvements de 1848, l’un des animateurs les plus actifs de la conspiration contre les Autrichiens, l’un des représentants les plus influents de la gauche libérale, un homme politique qui a marqué son action par les principes d’un libéralisme socialement ouvert, mais hostile à l’intervention des catholiques en politique. Et dont la vie a été fascinante et riche et s’est déroulée par l’entrelacement de l’éducation familiale, de la formation culturelle et de la passion politique.

Né à Brescia le 26 octobre 1826, Giuseppe Zanardelli était le premier des quinze enfants d’une famille bourgeoise aux conditions économiques modestes. Il s’inscrivit à la faculté de droit de l’Université de Pavie. Mais il n’a pas terminé le cours en raison du déclenchement des soulèvements révolutionnaires de 1848. De sentiments libéraux et patriotiques, il a décidé de s’enrôler comme combattant dans le Corps des Volontaires Lombard pendant la première guerre d’indépendance, participant à la campagne du Trentin.

Après l’échec des soulèvements révolutionnaires, il s’enfuit en exil en Toscane, où il termine ses études à l’Université de Pise et y reste jusqu’en 1851, date à laquelle il peut retourner en Lombardie. Peu de temps après, son père, Giuseppe, décède. prématurément en tant que fils aîné, il dut s’occuper de l’entretien de la famille, donnant des cours particuliers de droit, travaillant comme secrétaire de théâtre et collaborant avec quelques journaux. L’un d’eux était le périodique Il Crepuscolo, le journal le plus célèbre de l’époque, pour lequel Zanardelli a écrit des essais sur l’économie politique depuis 1857.

En 1859, à la veille de la seconde guerre d’indépendance, Zanardelli est à nouveau contraint de quitter le pays pour son activité conspiratrice, se réfugiant à Lugano, en Suisse ; il y resta peu de temps, avant de rejoindre Giuseppe Garibaldi, à l’époque commandant des chasseurs des Alpes à Côme, d’où le général l’envoya dans sa Brescia natale pour préparer l’insurrection qui ouvrirait la voie à l’armée Franco-Piémontaise.

Le 29 février 1860, il est initié à la franc-maçonnerie dans la loge de la Propagande du Grand Orient d’Italie. Après l’annexion de la Lombardie au royaume de Sardaigne, Zanardelli décide de se lancer dans la politique en se présentant à la Chambre des députés aux élections du 25 mars 1860 et en étant élu au collège de Gardone Val Trompi dans les rangs de la Gauche historique, occupant également divers postes administratifs (dont celui de maire de Nave).

Zanardelli ne se consacre activement à la politique qu’à partir du 18 mars 1876, date à laquelle la gauche, dont il est l’un des principaux représentants, accède au pouvoir. Vittorio Emanuele II confie la présidence du Conseil au chef du groupement libéral-démocrate, Agostino Depretis, qui nomme Zanardelli ministre des Travaux publics dans son premier gouvernement. L’homme politique de Brescia garda le ministère jusqu’au 14 novembre 1877, date à laquelle il démissionna en raison de divergences sur la gestion des accords ferroviaires. Peu de temps après, le 24 mars 1878, Vittorio Emanuele II mourut et son fils Umberto Ier de Savoie lui succéda, Zanardelli devint ministre de l’Intérieur dans le gouvernement dirigé par Benedetto Cairoli, pendant une période de grave instabilité. En tant que propriétaire de l’Intérieur, il s’est occupé du projet de réforme de l’extension du droit de vote et ce jusqu’au 18 décembre 1878.

Nommé ministre de la Justice dans le gouvernement Depretis IV le 29 mai 1881, Zanardelli a pu achever la rédaction du nouveau code de commerce et faire approuver la législation sur le travail des femmes et des enfants. De plus, il réussit à rejeter la demande d’extradition des camarades de l’irrédentiste Guglielmo Oberdan, qui s’étaient réfugiés en Italie après la condamnation à mort du patriote italien. Le 4 avril 1887, Zanardelli entra de nouveau dans le gouvernement de Depretis, toujours en tant que ministre de la Justice, tandis que Crispi devenait ministre de l’Intérieur. Après la mort de Depretis, survenue alors qu’il était encore en fonction, Crispi lui succéda, le reconfirmant dans le même ministère, dans son premier gouvernement, et en restant en fonction jusqu’au 6 février 1891.

Durant cette période Zanardelli initie une réforme du système judiciaire et réussit à faire approuver le premier code pénal de l’Italie unie, considéré parmi les plus libéraux et avancés parmi ceux en vigueur à l’époque : le code Zanardelli est présenté à la Chambre en novembre 1887, publié le 22 novembre 1888, promulgué le 30 juin 1889 et entré en vigueur le 1er janvier 1890. Entre autres, par son initiative personnelle, la peine de mort a été abolie.

Dans le Rapport au Roi, Zanardelli se dit convaincu que « … les lois doivent être écrites de telle manière que même les hommes de peu de culture puissent en comprendre le sens ; et cela doit être dit surtout d’un code pénal, qui concerne un très grand nombre de citoyens même dans les classes populaires, qui doivent avoir la possibilité de savoir, sans avoir besoin d’interprètes, ce qui est interdit par le code » . Zanardelli croyait que le droit pénal ne devait jamais oublier les droits de l’homme et du citoyen et qu’il ne devait pas considérer le criminel comme un être nécessairement irrécupérable : il fallait non seulement intimider et réprimer, mais aussi corriger et éduquer.

Toujours la même année, il autorise la libération de l’anarchiste Giovanni Passannante, auteur d’un attentat contre le roi en 1879, qui se trouve dans des conditions inhumaines et est transféré à l’asile de Montelupo Fiorentino. Après sa démission de ministre, Zanardelli est élu président de la Chambre des députés le 24 novembre 1892, et prend une part active à la campagne d’obstruction de 1899-1900 contre le projet de loi sur la sécurité publique présenté par le gouvernement Pelloux.  Cela lui vaut le soutien de l’Extrême-Gauche historique dans la formation, après la chute du gouvernement Saracco, d’un nouveau gouvernement, qui reste en fonction 991 jours, du 15 février 1901 au 3 novembre 1903. Le chef de la majorité à cette époque était Sidney Sonnino, mais Le roi Vittorio Emanuele III a préféré lui confier la tâche, qui se trouve pourtant minoritaire au Parlement.

Cependant, ses fragiles conditions de santé ne lui ont pas permis d’achever des travaux majeurs, Pendant son gouvernement l’aqueduc des Pouilles a été établi , des mesures spéciales ont été approuvées pour la ville de Naples concernant l’assainissement du budget municipal et le démarrage d’un programme d’industrialisation, une loi sur le divorce a été proposée qui, bien que déjà approuvée par la Chambre, a dû être retirée en raison d’une forte opposition populaire . De plus, Zanardelli, en septembre 1902 , fit un voyage dans le sud de l’Italie, à travers la Basilicate (une des régions les plus pauvres d’Italie à l’époque) et  pornonça aussi un discours à Potenza, devenant ainsi le premier chef du gouvernement d’Italie unie à se rendre à le sud.

Au cours de ses dernières années de vie, il a concentré son attention sur la question du Sud (Mezzogiorno) et son rapport de voyage sera fondamental pour l’approbation de la loi spéciale pour la Basilicate (23 février 1904), l’un des premiers exemples d’intervention extraordinaire de l’État dans le Sud. Il se retire définitivement de la scène politique et démissionne de son poste de Premier ministre le 3 novembre 1903. Il mourut un peu plus d’un mois plus tard, le 26 décembre 1903, à Toscolano Maderno, à l’âge de 77 ans, et fut enterré au cimetière de Brescia.

∴ 3 POINTS C’EST TOUT ∴ – Mardi 26 Octobre

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– Présentation Hadrien Berthaut

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Au-delà du blanc et du noir

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  Dès notre entrée en maçonnerie, nous sommes confrontés à ce que nous croyons être des antagonismes, alors qu’il s’agit de dualismes. Nous avons ainsi sous les yeux, le noir et le blanc avec le pavé mosaïque. Et également, les colonnes J et B, le soleil et la lune, le nord et le midi, l’orient et l’occident, etc.

  Selon la recommandation des Constitutions d’Anderson et Desaguliers « d’aller plus loin », il apparaît que nous pouvons « amplifier » nos raisonnements à partir des outils du symbolisme. Par exemple, il nous est loisible d’observer et de penser les oppositions apparentes que sont les principes comme la vie et la mort, le bien et le mal, l’affect et l’intellect, la passion et la raison, le dire et le faire, le singulier et l’universel, l’individuel et le collectif, l’infini et la finitude, etc.

  Or, il ne peut y avoir vraiment d’opposé que ce qui se ressemble, que ce qui se manifeste sur un même plan (ex : l’envers et l’avers d’une pièce de monnaie, d’une carte à jouer) De la sorte, nous nous apercevons que lesdits principes qui co-existent – que le pavé mosaïque peut évoquer – ne sont pas contraires mais complémentaires. Dans cet esprit, il apparaît précisément que le noir n’est pas le contraire du blanc, ni l’opposé. Ce sont deux couleurs que sépare un dégradé extrême de pigmentation.

  Ainsi il est possible d’imaginer – soyons poètes ! – en écartant une dalle noire d’une dalle blanche, toute la gamme des couleurs de l’arc en ciel entre les deux ! L’être humain a tendance à raisonner de façon binaire et symétrique, à partir de sa propre constitution (deux yeux, deux oreilles, deux narines, deux bras, deux jambes) et de voir des contraires et des opposés dans les éléments de la nature, que son intelligence réunit arbitrairement en couple. Or le monde est asymétrique : la mort n’est pas le contraire de la vie (c’est la naissance qui est le contraire de la mort), le soleil n’est pas le contraire de la lune, la terre n’est pas le contraire du ciel, l’homme n’est pas le contraire de la femme, l’homme noir n’est pas le contraire de l’homme blanc et inversement ! Ces éléments « en relation » sont complémentaires.

  L’Apprenti maçon occidental voit généralement un système binaire dans le noir et le blanc du pavé mosaïque, alors que la franc-maçonnerie l’invite à raisonner avec une pensée ternaire pour amplifier son esprit ! Il doit gérer d’entrée cette apparente contradiction pour la bonne suite de sa vie maçonnique.

Exemples de pensée ternaire : « Raison, Imagination, Intuition », « Esprit, âme, corps », « soufre, mercure, sel », « sagesse, force et beauté », « père, mère, enfant », « thèse, antithèse, synthèse ».

« Au-delà du blanc et du noir » : ce pas à franchir invite notamment le maçon, par le biais de la pensée symbolique à amplifier ses cinq sens (regarder mieux que voir, ressentir mieux que sentir, caresser mieux que toucher, écouter mieux qu’entendre, savourer mieux que goûter). La démarche initiatique permet précisément de « marcher devant soi », d’avancer vers l’autre (Construire des ponts plutôt que des murs, dit Newton) Il s’agit de gérer les tensions, transformer les antagonismes en dualismes féconds, prendre conscience des écarts, des distances, des ruptures, les accepter…et s’accepter !

  Connais-toi toi-même : la vraie traduction du grec est : « Connais-toi toi-même, laisse l’univers aux dieux, conduis-toi en conséquence ». Autrement dit, « connais tes limites, accepte-les et sois humble. Dans le mot Vanité, il y a le mot « Vain » !

  Voici un passage intéressant de « l’Ethique de Spinoza » qui peut nous éviter d’être « manichéen » avec le noir et le blanc, le bien et le mal :

« Celui qui après avoir résolu de faire un certain ouvrage est parvenu à l’accomplir, à le parfaire, dira que son ouvrage est parfait, et quiconque connaît ou croit connaître l’intention de l’auteur et l’objet qu’il se proposait dira exactement comme lui… Le bien et le mal ne marquent non plus rien de positif dans les choses considérées en elles-mêmes, et ne sont que des façons de penser, ou des notions que nous formons par comparaison des choses.

Une seule et même chose en effet peut en même temps être bonne ou mauvaise ou même indifférente. La musique, par exemple, est bonne pour un mélancolique qui se lamente sur ses maux ; pour un sourd, elle n’est ni bonne ni mauvaise. Mais bien qu’il en soit ainsi, ces mots de bien et de mal, nous devons les conserver. Désirant en effet nous former de l’homme une idée qui soit comme un modèle que nous puissions contempler, nous conserverons à ces mots le sens que nous venons de dire.

J’entendrai donc par bien, tout ce qui est pour nous un moyen certain d’approcher de plus en plus du modèle que nous nous formons de la nature humaine. Par mal, au contraire, ce qui nous empêche de l’atteindre. Et nous dirons que les hommes sont plus ou moins parfaits, plus ou moins imparfaits suivant qu’ils se rapprochent ou s’éloignent plus ou moins de ce même modèle » (Baruch Spinoza, – L’Ethique – Quatrième partie – De l’esclavage de l’homme ou de la force des passions)

   A propos de symétrie, plusieurs philosophes affirment que Ethique et Morale, c’est la même chose. Je fais pour ma part une différence : l’éthique est parfaitement individuelle, la morale vient des autres, c’est à dire du collectif. La morale peut être reçue, consentie ou refusée. L’éthique, non, elle vient de soi. Avec la pensée ternaire, nous sommes renvoyés à la trilogie « Apprenti, Compagnon, Maître ». Et à leur éthique, précisément, donc à leur réflexion consciente.

   La conscience de soi conduit l’Apprenti à l’introspection. La conscience de l’autre conduit le Compagnon à la considération altruiste en voyageant. La conscience du collectif (du groupe) conduit le Maître à sa responsabilité vis à vis de la Loge.

   La pensée binaire se fige souvent sur le passé dans la rigidité d’une morale «enfermante ». Elle érige en vérité sa conception du bien et du mal, soit un mode de fonctionnement qui «arrange» une société donnée.

   La pensée ternaire, elle, conduit au raisonnement, à la souplesse, à l’ouverture, à la liberté. En l’occurrence, elle vivifie ainsi la loge, en assurant sa pérennité par l’accueil d’idées neuves, la transmission, le recrutement, l’essaimage (construire d’autres loges !)

La méthode maçonnique vise l’interrelation et la coordination : L’Apprenti apprend DES autres, le Compagnon apprend AVEC les autres, Le Maître apprend AUX autres.

Le sens de l’homme, c’est l’homme dans sa relation à l’autre

Se regarder pour se connaître, c’est ne pas rester médusé par son propre reflet, rester figé dans une dimension achevée,  mais c’est ouvrir son visage sur l’altérité, avec l’humilité qui fait place à l’autre en l’acceptant dans la lumière nécessaire pour le voir.

Il faut également retenir le sens de visée (venant du mot mire). Le miroir doit être l’instrument qui permet la visée (morale[1]), l’alignement. C’est pourquoi le miroir n’est pas, en fait, qu’un objet d’auto-contemplation, mais aussi l’instrument de la ligne de mire qui doit révéler l’angle secret de ce qui n’apparaît pas encore, mais qui est en gestation, mon potentiel à réaliser dans le futur (voir l’article) .Ce n’est pas la complaisance que le miroir propose, c’est un «autre» mis au-devant de moi ; je dirai même «des autres», tout ce qui n’est plus moi, tout ce qui n’est pas moi, tout ce qui n’est pas encore moi.

Si l’identité c’est «a=a», l’absolument le même, «je» ne peux être que «moi» au présent alors que toute manière d’être-au-monde n’est qu’appartenance,dans sa fonction de sujet, à des sous-ensembles superposés et évolutifs : appartenance avec d’autres individus à des régions, religions, cultures rurales ou villageoises, groupes singuliers, communes locales, sexe, patrie, églises, idéologies, … et pourquoi pas à des multivers. « Réduire quelqu’un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution». (Miche Serres, corps et identité mais qui sommes-nous ? http://canalacademies.com/emissions/eclairage/michel-serres-corps-et-identite-mais-qui-sommes-nous)

Michel Serres Qu’est-ce que le moi ?

Le problème des femmes les plus imminentes dans l’Ancien Testament, appelées «les Mères», fut paradoxalement celui de leur stérilité provisoire, problème résolu et dissolu par l’épreuve de l’altérité. Ce qui apparaît de la capacité du devenir-mère dans l’infini textuel de la genèse est de l’ordre de la spiritualité, car c’est la volonté divine qui accordera la descendance comme récompense existentielle.

Les patriarches, eux, sont des hommes féconds, leurs servantes en témoignent. Mais ce qui est à entendre, c’est que l’accomplissement de la parenté légitime se fait par le changement dans les noms du père et de la mère, changement ontologique donc.

Philip Van Dick, Abraham recevant Agar, Musée du Louvre http://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062123#fullscreen

Ainsi, Saraï devient Sarah. Le midrash explique que le yod perdu (valeur 10) de Saraï est le signe du masculin et de la puissance. Il y a cassure de ce yod en 2 hé (valeur 5). La substitution de ce yod en hé (h) dans le nom de Sarah est l’indicatif du féminin et symbole de fécondité. C’est comme si Saraï donnait quelque chose d’elle à Avram, qui devient dans le texte Avraham, comme si à partir du moment où elle reconnaissait l’Autre, Sarah devenait féconde par cette reconnaissance. «et ton nom ne sera plus appelé Abram, mais ton nom sera Abraham, car je t’ai établi père d’une multitude de nations… Quant à Saraï, ta femme, tu n’appelleras plus son nom Saraï ; mais Sarah sera son nom[2].».

De même, dans la relation d’amour passionné[3] entre Rachel et Jacob, il n’y a guère de place pour un tiers, aussi Rachel souffre-t-elle de ne pouvoir enfanter comme s’il s’agissait d’une expérience de la mort en la vie. Elle exalte ce désir, et la Tradition affirme que Dieu aime entendre les larmes des justes et de ceux qui placent le souci d’un autre qu’eux-mêmes au cœur de leur désir et de leurs oraisons. Rachel offre sa servante à Jacob pour enfanter à sa place, Dans cette ouverture à l’altérité, en acceptant une maternité de substitution, Dieu se souvient de Rachel, elle accède à une authentique maternité, elle enfantera  Joseph et demande encore, «donne-moi un autre fils», ce sera Benjamin.

À  considérer l’histoire de ces femmes au statut central dans le destin du peuple des hébreux, à penser l’éclairage si particulier de leur attente du devenir-mère, il s’impose que la capacité d’advenir mère n’est donnée qu’après une gestation spirituelle dans un temps de compréhension où cela ne va pas de soi et où il faut qu’il y ait de l’autre. Dans son ouvrage, La stérilité comme épreuve de la loi, Assoun écrit : «Ce moment d’oubli de soi et de l’autre que signe la stérilité d’origine inconsciente ne serait donc pas quelque raté d’ordre fonctionnel mais un véritable grippage symbolique : non pas temps perdu à abolir par une technique ad hoc mais, pour qui de droit, temps de comprendre que là où une femme était, une mère peut advenir».

Le Livre ne sera donc pas un recueil, pas un manuel. Le Livre sera le lieu de l’impossible simultanéité du sens. Le livre sera toujours le «livre à venir». Il nous introduit dans un temps qui ajoute du nouveau à l’être, de l’absolument nouveau comme l’écrit Emmanuel Lévinas dans Totalité et infini : « Ce changement par lequel on devient autre, cette manière de se renouveler, de triompher du temps malgré la succession du temps, pour ne pas être entraîné vers la disparition, c’est peut-être l’aptitude à comprendre ce qui nous donne la vie : l’actualisation permanente de l’impermanence. C’est pourquoi, c’est la lecture qui fait autorité, plus que l’écriture. » Le voile est à enlever au Texte qui contient une incessante altérité, il ouvrira l’intelligibilité à tous les autres textes.

Ce que Freud a génialement introduit en psychanalyse c’est le couché-écoute-debout. La mise sur le divan, pour le temps de la parole écoutée par l’analysant, suivie du relèvement de l’analysé, c’est l’être restauré dans sa verticalité après l’horizontalité où l’écoute a redonné une dimension, une consistance vécue dans l’altérité, une réparation du manque de l’autre. Il faut entendre la parole de l’autre comme un parfum qui, s’il est écouté, va développer progressivement une note de tête, puis une note de cœur, et enfin beaucoup plus tard une note de fond. Et, quand l’autre perçoit qu’il est ainsi écouté, il se sait aimé.

En français, le mot «altération», dérivé du latin, est très proche de «altérité». Alors le changement, le mouvement de l’être vers qui doit-il tendre ? Vers l’autre bruissent les mots. Quel autre ?

La différence est à comprendre comme une évidence ontologique. Dans le sud de l’Afrique, il y a un mot humaniste pour le dire UBUNTU[4]. L’autre n’est pas seulement extérieur, en face, il est en nous de tout ce que nous en avons reçu.

C’est un fragment d’altérité, d’étrangeté, qui soudain devient familier, s’inscrit en nous, dans notre corps réel ou abstrait, devient extension de notre être, et le plaisir n’est pas de s’agrandir, de s’enfler, mais de sentir vibrer ses limites. Cette vibration qui fait travailler nos limites est une musique de l’être et de la pensée sur fréquences symboliques. La Franc-Maçonnerie nous donne des clefs, des partitions, des rythmes, des notes pour permettre une mise en résonance harmonieuse de l’être avec ce qui n’est pas lui.


[1] D’ailleurs le mot « miroir» fut utilisé pour un genre littéraire né au Moyen Âge, il désignait des ouvrages destinés à conseiller le lecteur sur des questions morales. Les premiers exemples du genre remontent au IXe siècle et dans la tradition chrétienne, le Miroir sans tache (speculum sine macula) est le symbole de Marie, mère de Jésus où l’Éternel se reflète.

[2] Genèse, 17, 5 et 15. À rapprocher d’Agar devenue Hagar après sa maternité.

[3] Genèse ; 30,1et 2.

[4] On peut le traduire par « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous »

(Éphéméride) Du foot à Freemasons’ Tavern

Le lundi 26 octobre 1863, une poignée de passionnés (3, 5, 7 et +) se réunissaient dans un pub londonien, le Freemasons’ Tavern, pour fixer quelques règles communes de jeu. La première fédération de football au monde, la Football Association, était née et le football moderne avec.

Parmi les hommes à l’origine de cette révolution, deux dirigeants de club jouèrent un rôle déterminant : Ebenezer Cobb Morley (1831-1924) et Arthur Pember (1835-1886). À ce titre, ces deux pionniers injustement méconnus sont considérés comme les deux principaux pères fondateurs du football.

C’est ainsi que le 26 octobre 1863, les représentants et capitaines de huit clubs et trois écoles – tous londoniens ou proche région – se réunissent au Freemasons’ Tavern près de Covent Garden à Londres – réunion appelée « The Meeting of Captains » – pour, enfin, arrêter officiellement quelques règles communes.

Lors des six réunions tenues du 26 octobre au 8 décembre 1863, le comité va peaufiner le règlement pour finalement adopter, à 13 voix contre 4, les treize règles suivantes, alors surnommées les « London Rules » https://bit.ly/3B7SOY3

Les deux principaux fondateurs

Avant cette date, le football était un sport assez brutal, sans règlement unifié et possédant une organisation chaotique. Ainsi pour réduire la violence, créer un rythme plus ordonné et plus fluide, se mettre d’accord sur les règles structurant le jeu, il a fallu du temps et une volonté de fer. Deux joueurs y contribuèrent :

Ebenezer Cobb Morley
  • Ebenezer Cobb Morley

Il est un avocat et un joueur émérite. En tant que président et capitaine du club londonien de Barnes, il a contacté l’hebdomadaire sportif Bell’s Life pour suggérer la création d’une instance dirigeante et proposer de nouvelles règles destinées à sortir le football de l’ornière. Il met en exergue le succès de la codification du cricket un siècle plus tôt, ainsi que celle du baseball. Le journal approuve l’initiative et lui prête son concours.

Arthur Pember
  • Arthur Pember

Il était un sportif britannique – avant-centre du club londonien de No Name Kilburn -, agent de change, avocat, journaliste d’investigation et auteur, connu pour avoir été le premier président de la Football Association de 1863 à 1867

L’un comme l’autre ne semble pas avoir reçu la lumière.

  • Freemasons’ Tavern

La Taverne des Francs-Maçons a été créée en 1775 au 61-65 Great Queen Street, dans le West End de Londres. Il a servi de lieu de rencontre à diverses organisations notables du XVIIIe siècle jusqu’à sa démolition pour faire place à l’hôtel Connaught en 1909.

En 1769, la Grande Loge d’Angleterre décida de construire son siège. Un immeuble a été acheté dans la rue Great Queen en 1775 et Thomas Sandby a été chargé de construire une salle dans le jardin. La maison d’origine devint la taverne avec une deuxième maison permettant aux Francs-Maçons d’y établir des bureaux.

Freemason’ Hall UGLE
  • De Freemasons’ Tavern au Freemasons’ Hall de Londres

Situé dans le quartier de Covent Garden, le Freemasons’ Hall est un imposant immeuble de 8700 m2. Son architecture est reconnue comme l’une des plus belles œuvres en matière de style art déco. Il est le siège de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Il a été construit en 1927-1933 pour commémorer les nombreux Francs-Maçons morts en service actif pendant la Première Guerre mondiale. Initialement connu sous le nom de Masonic Peace Memorial (Mémorial de la paix maçonnique), il a été rebaptisé Freemasons’ Hall lors de la déclaration de la guerre en 1939.

Sources : Wikipédia ; Cahiers du football

JAPON : Symboles de la franc-maçonnerie dans un cimetière d’étrangers de Hokkaidō

De notre confrère nippon.com – Par Nishino Takashi

En 1854, le commodore américain Matthew Perry débarqua à Hakodate, Hokkaidō, dans le nord du Japon. Deux membres de son équipage qui étaient morts de maladie ont été enterrés sur les pentes du mont Hakodate, c’est le début du cimetière des étrangers .

La section protestante du cimetière comporte plusieurs pierres tombales gravées d’un symbole particulier : un compas et une équerre, tous deux utilisés comme outils par les tailleurs de pierre. C’est le symbole de la franc-maçonnerie,le compas représentant la vérité et la morale. La franc-maçonnerie a ses origines à l’époque médiévale, lorsque la guilde des tailleurs de pierre a été créée ; elle s’est largement répandue avec les extensions maritimes de l’Empire britannique.

Les membres venaient principalement de la classe moyenne et comprenaient de nombreux intellectuels ; ils utilisaient des mots codés pour reconnaître les autres membres et avaient des rites secrets. Le groupe était ouvert à toutes les confessions, mais s’est caché dans la clandestinité en raison de l’opposition de l’église catholique et des gouvernements pour sa promotion de la libération de la politique réactionnaire. Mozart en serait membre, et certains voient son opéra La Flûte enchantée comme fondé sur les rites d’initiation.

Le cimetière d’Hakodate abrite au total quatre tombes de francs-maçons. Les citoyens britanniques qui y reposent sont le capitaine James Kilgour et l’ingénieur en chef George Todd, qui ont servi à bord d’un bateau à vapeur, et James Marr et James Scott, deux collègues d’une entreprise dirigée par leur compatriote Thomas Blakiston.

La tombe de James Scott porte un symbole de la franc-maçonnerie avec la lettre G au milieu, représentant des termes comprenant Dieu et la gloire.


La tombe de James Scott porte un symbole de la franc-maçonnerie avec la lettre G au milieu, représentant des termes comprenant Dieu et la gloire.

James Scott a immigré au Japon, où il a vécu pendant un demi-siècle jusqu’à sa mort à l’âge de 88 ans en 1925. Après avoir rencontré Blakiston, Scott a travaillé comme ingénieur en mécanique dans son entreprise de bois d’œuvre, d’abord dans la région du fleuve Amour en Sibérie et plus tard en l’aidant à ouvrir une usine à Hakodate et y gérer l’entrepôt.

À l’époque, il était tabou pour les francs-maçons de parler de leur appartenance à l’organisation, même à d’autres membres de leur propre famille. Cela présente cependant un mystère : comment le symbole de la franc-maçonnerie a-t-il été gravé dans les tombes ?

La vue du coucher de soleil depuis le cimetière. 
(2019)

le Cimetière des étrangers

se trouve à 15 minutes à pied de l’arrêt Hakodate Dock-mae sur le tramway de la ville de Hakodate

(Cliquez pour voir la carte )

(Publié à l’origine en japonais. Traduit par Aikawa Kōki dans le cadre d’un programme de stage avec l’Université Ritsumeikan et édité par Nippon.com .)

∴ 3 POINTS C’EST TOUT ∴ – Lundi 25 Octobre

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Le journal de la FM sous tous ses Angles

– Réalisation Laurent Sirguy

– Présentation Hadrien Berthaut

– Directeur de la Publication Franck Fouqueray

4ème Paramita – La persévérance – énergie enthousiaste

La persévérance est le courage héroïque de ne pas abandonner quand les choses deviennent difficiles, mais au contraire de maintenir nos efforts avec constance jusqu’au bout. Les avantages de la persévérance :

  • Elle nous donne la force de finir ce que nous avons commencé, sans nous décourager.
  • Elle nous aide à vaincre les sentiments d’inadéquation et de paresse qui nous poussent à tout remettre au lendemain et à nous laisser distraire par des futilités.
  • Elle nous permet d’accomplir les tâches les plus difficiles et nous empêche de stopper notre aide aux personnes les plus difficiles à aider.

La persévérance est définie en sept points : inconvénients et avantages issus respectivement de l’absence et de la présence de la persévérance, l’essence de la persévérance, la classification, les caractéristiques essentielles de chaque aspect, la façon de l’accroître, les moyens pour la purifier, le résultat.

Inconvénients dus à l’absence de persévérance

Celui qui, bien que pratiquant les Paramitas telles l’éthique, la générosité et la patience, est dénué de persévérance, sera paresseux. Etant pris de paresse, il n’accomplira pas d’actions vertueuses. Sans activité bénéfique, il ne pourra pas réaliser le bienfait des êtres. N’ayant pas cette capacité, il ne lui sera pas non plus possible d’obtenir l’Eveil.

Avantages issus de la persévérance

Celui qui a de la persévérance dans la pratique est un être dont les qualités positives, bénéfiques ne diminuent pas, mais au contraire s’accroissent sans cesse. Dans un autre Soutra, le Bouddha exprime les bienfaits de la persévérance : « Celui qui possède cet enthousiasme développera et ne laissera jamais décroître les qualités positives ; par cela même il sera comme celui qui obtient un trésor royal, le trésor de la sagesse transcendante. »

L’essence de la persévérance

L’essence de la persévérance est le fait de se réjouir dans la vertu, de trouver sa joie dans l’action positive. Soutra : « Qu’est-ce que l’énergie enthousiaste ? C’est le remède à la paresse, c’est l’état d’esprit dans lequel on éprouve de la joie manifeste à se tourner vers la vertu, vers l’accomplissement spirituel. » Soutra : « Le fait de se réjouir complètement et parfaitement de l’activité positive, de l’accomplir avec beaucoup d’élan, d’inspiration, voilà ce que l’on peut appeler l’essence de la persévérance. »

La paresse du découragement

Cette forme de paresse, liée à un état dépressif, de manque de confiance, est entretenue à travers des réflexions du genre : « comment quelqu’un de vil et ordinaire comme moi pourrait, même en s’efforçant, obtenir l’Eveil qui est quelque chose de tellement éloigné de moi ? » Cette paresse résulte du fait de s’entretenir dans un état de découragement et une attitude d’impuissance. Ne pas se laisser aller au découragement et cette forme de paresse doit être rejetée.

La paresse grossière

La troisième forme de paresse est celle qui consiste, sous l’emprise de l’attachement, à s’appliquer à des actes négatifs, à utiliser son énergie soit pour vaincre des ennemis, soit pour accumuler richesses, renommée, pouvoir, etc., à travers des actions erronées. Etant donné que toutes ces formes d’activités sont la cause de la souffrance, on s’abstiendra de telles attitudes.

LA PERSEVERANCE SEMBLABLE A UNE ARMURE :

La perseverance de l’activite meme

Ce deuxième aspect se présente sous trois formes : – l’activité de la persévérance qui consiste à abandonner les émotions conflictuelles ;

– l’activité de la persévérance qui consiste en l’action positive ;

– l’activité de la persévérance qui s’exprime dans l’accomplissement du bienfait de tous les êtres.

Agir positivement

Cet aspect de l’énergie enthousiaste consiste à s’efforcer à la pratique des six vertus transcendantes : « Celui qui s’exerce à la pratique des six Paramitas doit le faire avec beaucoup d’énergie, sans aucun regard sur son propre corps ou sa propre vie. Il doit être uniquement concentré sur le fait de mettre le Dharma (enseignement du Bouddha) en pratique. » Milarépa disait : « La seule raison de pleurer se trouve dans toutes les souffrances qui sont endurées dans le monde. Les seules raisons de se réjouir se trouvent dans toutes les difficultés de la pratique du Dharma. »

– la persévérance qui fait que l’on s’exerce constamment, sans relâche.

– la persévérance qui fait que l’on s’exerce avec respect, dévotion et aspiration.

– la persévérance qui demeure immuable ;

– la persévérance qui ne se détourne pas de son but, qui garde confiance ;

– la persévérance qui est libre d’orgueil, sans vanité.

– La persévérance sans relâche.

Accomplir le bien des etres

C’est l’énergie enthousiaste dans l’activité qui s’efforce à la réalisation du bienfait d’autrui à travers onze formes d’actes spécifiques, tels que venir en aide à ceux qui sont sans secours, etc.

La façon d’accroître la persévérance

La sagesse primordiale va rendre cette qualité de persévérance parfaitement pure, authentique ; la conscience transcendante permet de la développer, de l’accroître, et le pouvoir de la dédicace parfaite la rend définitive. Du fait que cette activité positive est dédiée vers tous les êtres, c’est-à-dire qu’elle est marquée de la dimension de sagesse, parce qu’elle est soutenue par les souhaits que l’on fait pour qu’elle s’accroisse sans cesse et demeure comme quelque chose de vivant qui va se développer constamment, cette vertu n’est plus limitée à nous-même.

On se libère de l’idée du sujet qui a créé cette activité vertueuse, ce qui fait qu’elle peut continuer à s’accroître et être disponible pour tous les êtres, comme un trésor inépuisable. Ainsi, gräce à une parfaite dédicace, l’activité bénéfique demeure indestructible, à l’abri de toutes les perturbations et émotions dues aux actions antérieures.

Les moyens pour la purifier

La façon de rendre parfaitement pure cette énergie enthousiaste est l’union de la vacuité et de la compassion : par la conscience de la compassion et de la vacuité comme étant deux aspects indissociables, le bienfait que l’on crée est réellement dirigé vers tous les êtres, on n’a pas d’autre intention que de créer des conditions positives pour tous les êtres.

La persévérance est une qualité difficile à entretenir, mais elle permet d’aller plus loin dans nos agissements et les buts que nous nous fixons.

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-maçons (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

«La Tradition, arme spirituelle contre le progressisme»

De notre confrère FIGAROVOX/LECTURE Par Christophe Boutin 

En recherchant incessamment le progrès, la modernité dévalorise le passé, estime le sociologue Michel Michel. Contre cet écueil, il n’oppose pas la nostalgie, mais Le recours à la tradition, titre de son dernier livre, raconte l’universitaire Christophe Boutin.

Christophe Boutin, agrégé de droit public, est professeur à l’université de Caen-Normandie où il enseigne le droit constitutionnel et l’histoire des idées politiques. Il a récemment codirigé avec Olivier Dard et Frédéric Rouvillois le Dictionnaire du conservatisme et le Dictionnaire des populismes (éditions du Cerf).


C’est dans la collection Théôria que dirige Pierre-Marie Sigaud, aux côtés d’ouvrages de Jean Hani, Jean Borella ou Frithjof Schuon, que Michel Michel vient de faire paraître un ouvrage qui évoque la place nécessaire de la Tradition – avec une majuscule – dans notre monde moderne. Sociologue, l’auteur s’est en effet intéressé depuis toujours à cette famille intellectuelle particulière, celle dite de la «pensée de la Tradition», dont l’un des principaux auteurs aura été le Français René Guénon, aux côtés de Schuon, Coomaraswamy ou Evola, et selon laquelle, pour faire court, existerait dans l’histoire spirituelle de l’humanité une Tradition primordiale d’où découleraient des traditions spirituelles particulières.

Le fait religieux n’est pas, comme on le croyait au siècle dernier et au début du XXe siècle, une étape dans l’histoire de l’humanité, mais une dimension irréductible qui perdure même dans le cadre apparemment désacralisé des sociétés modernes.

.Michel Michel

L’auteur découvre au cours de ses années d’études René Guénon ou Joseph de Maistre, fréquentations intellectuelles qui le conduiront à choisir d’être «un sociologue de terrain» et non un énième idéologue, au moment où l’Université se politise plus encore à gauche. Et s’il évoque «à la fin des années 70, la prompte débâcle de l’utopie gauchiste», sans doute convient-il de relativiser cette dernière, car si le mouvement de mai 68 s’est effectivement rapidement éteint politiquement, il n’en a pas moins conduit à la victoire culturelle de nombre de ses thématiques – et à la captation du pouvoir intellectuel par ses membres.

«À mes yeux, écrit l’auteur, le monde moderne n’a pas engendré une culture parmi d’autres, mais une exception anthropologique». Michel Michel pose en effet la question de la dimension religieuse de l’homme – et, ce faisant, de la manière dont il serait possible de l’étudier, qu’il s’agisse de le faire autour des référents de l’ethnologie ou de ceux de l’anthropologie.

Or, il constate cette pratique qu’ont nos sociétés modernes, tout entières tournées vers un progrès déifié, de dévaloriser le passé pour mieux imposer leur doxa. Inventant de fort utiles «légendes noires» répétées ensuite à satiété, présentant systématiquement le monde ancien comme celui de l’obscurantisme le plus sinistre et le plus sectaire, elles imposent notamment cette idée que les faits magiques et/ou religieux n’étaient en fait que des formes primaires de pseudo-compréhension du monde, avant que l’avènement du rationalisme moderne nous fasse passer des ténèbres aux Lumières.

Évoquant les recherches, notamment, de Georges Dumézil, Carl Gustav Jung, Mircea Eliade ou Roger Caillois, Michel Michel se refuse pour sa part à accepter cet évolutionnisme simpliste pour affirmer, au contraire, que «le fait religieux n’est pas, comme on le croyait au siècle dernier et au début du XXe siècle, une étape dans l’histoire de l’humanité, mais une dimension irréductible qui perdure même dans le cadre apparemment désacralisé des sociétés modernes».

La preuve de cette attente fondamentale de l’homme serait d’ailleurs l’apparition de cette fausse religiosité se retrouvant dans ce que l’on nommera les religions séculières, dans la manière dont les totalitarismes du XXe siècle joueront sur les mythes religieux, et, plus encore, dans l’avènement de cette «religion prométhéenne» qui semble à notre auteur être l’idéologie dominante de notre temps.

Une religion prométhéenne qui serait, en fait, la subversion par excellence, renversant l’ordre même du monde : alors, rappelle-t-il, que «toutes les cultures humaines ont reconnu la supériorité et l’autorité de principes transcendants», la culture occidentale post-révolutionnaire qui prétend devenir la «culture monde» affirme, elle, «l’absolue autonomie de la volonté humaine et nie la légitimité de toute loi dont les fondements ne seraient pas contractuels».

Selon Michel Michel, il conviendrait de relever la puissante énergie spirituelle toujours présente dans certains secteurs de l’Église catholique.Christophe Boutin

Inversions donc : «Le progressisme prend la tour de Babel pour la Jérusalem céleste», écrit encore Michel Michel, attaché à retrouver le sens des symboles et des mythes. Il évoque ainsi ce rêve moderne de l’unité, celui, finalement, de notre «mondialisation heureuse», qui repose selon lui sur trois éléments clefs : délocalisation d’abord, et ce dans tous les sens du terme, des usines comme des hommes coupés de leurs appartenances ; dématérialisation ensuite, ou désincarnation ; unification globale du monde enfin, par arasement de toutes les identités. Mais cette unité niveleuse et destructrice de la beauté du monde relèverait d’une hubris contre laquelle, rappelle-t-il, un certain nombre de mythes, qu’il s’agisse de la chute du jardin d’Éden ou de l’échec de la tour de Babel, avaient pourtant mis en garde l’Humanité. «La confusion totalitaire – écrit-il – tente en vain de trouver l’unité par l’homogénéisation du monde, elle vise à l’égalité, l’indistinction par l’atomisation universaliste, le “libre marché” ou tout équivaut à tout devient le paradigme de toutes relations entre les hommes».

Ce «Progrès» a-t-il «du plomb dans l’aile», comme l’écrit notre auteur ? Il semble parfois un peu confiant. Certes, il évoque la critique nouvelle d’une Science qui, aux XVIIIe et XIXe siècles, «apparaissait comme une sorte de grand mouvement prométhéen, parti à la conquête de la connaissance totale, la preuve du pouvoir illimité de la raison humaine, dès lors qu’elle se libérait des obscurantismes métaphysique et religieux». De fait, en dehors du retour du religieux, on peut noter le foisonnement actuel des sectes, des psychologies diverses, de l’occultisme, le goût du fantastique, et jusqu’aux fameuses théories du complot, autant d’éléments qui prouvent que l’esprit humain se satisfait peu du seul rationalisme dogmatique et cherche d’autres raisons de croire.

Mais ces travestissements d’une véritable relation au spirituel ont été justement dénoncés par Guénon, et force est de constater que le Système en place entend bien toujours se poser comme le seul avenir possible et imposer pour cela son pseudo-ordre destructeur –la situation actuelle, où le pouvoir politique appuie sur la Science , sa prétention à régenter jusqu’au plus intime de l’humain, détruisant une après l’autre les libertés, en étant une preuve.

La première manière de lutter contre ce monde moderne serait la transmission d’une histoire et d’une culture qui nous font connaître « les hommes d’avant, les hommes d’ailleurs et l’homme de toujours […], ce qui permet de relativiser les croyances naïves des hommes d’aujourd’hui », écrit notre auteur. Dans ce cadre, il convient aussi de redonner toute leur place aux mythes, retrouvant, comme le fit Eliade, leur sens universel. Et Michel Michel évoque encore la place que doit tenir l’art, et notamment l’art sacré, dans cette nécessaire reconstruction du lien entre l’homme et la transcendance.

Mais face à ce monde moderne empli « d’idées chrétiennes devenues folles », selon le mot célèbre de Chesterton, l’auteur se pose aussi la question de ce que pourrait apporter à l’Église catholique la pensée de la Tradition. Car Michel Michel écarte l’approche que font certains traditionalistes «guénoniens» pour lesquels le christianisme ne serait jamais qu’une forme parmi d’autres d’expression de la Tradition primordiale. Pas de relativisme ici pour un auteur s’affirmant profondément chrétien et souhaitant voir l’Église retrouver son cadre traditionnel. Or il ne lui semble pas qu’il y ait d’opposition entre la pensée de la Tradition et le christianisme, selon lui, par exemple, parce que la Tradition suppose «la transmission d’une influence surnaturelle, d’une influence spirituelle, que les chrétiens appellent la Grâce», ou parce que le christianisme retrouve et maintient « des formes religieuses découlant de la tradition immémoriale de la prêtrise. »

« La chrétienté a réussi à transformer des soudards en chevaliers », écrit celui qui souhaite voir naître une nouvelle chevalerie, car pour lui la Tradition n’est pas seulement un concept intellectuel, mais doit être vécue. Christophe Boutin

Le problème serait que l’Église actuelle ne se place plus dans cette logique de transmission. Pour Michel Michel, «dans la première moitié du XXe siècle, l’Église de France a été institutionnellement vaincue dans la guerre de la laïcité et confinée au domaine “privé”».

Cette défaite est-elle définitive ? Sans doute pas, car, alors que, selon notre auteur, nombre de structures officielles «contrôlées par l’appareil ecclésiastique apparaissent comme plus vermoulues», il conviendrait de relever la puissante énergie spirituelle toujours présente dans certains secteurs de l’Église catholique. Mouvements de jeunesse, communautés charismatiques ou traditionalistes, retour en force du pèlerinage de Compostelle, autant d’éléments qui prouveraient la vitalité du catholicisme, mais conduisent notre auteur à cette conclusion : «Tout se passe comme si la vitalité des institutions religieuses était en relation proportionnelle avec leur capacité à contester les modèles dominants du monde et les “valeurs” de la modernité». Est-ce nouveau ? Michel Michel rappelle, prenant le cas de l’Église catholique, que sont régulièrement apparus des mouvements de «régénération» qui, soit secouaient un certain assoupissement, soit revenaient à la source pour éviter des dérives hérétiques. Et l’on relèvera que le même type de phénomène a existé dans la plupart des grandes religions.

Or, sur ce plan de la restauration du lien avec le spirituel, la forme n’est jamais neutre, et Michel Michel ne cache pas son «souci de voir l’Église abandonner la pastorale catastrophique qu’elle a adoptée depuis plus de deux générations». Il lui semble en effet indispensable qu’elle le fasse parce qu’«en deçà de la “disputatio” des théologiens, c’est la pastorale adoptée – liturgies, prêches, retraites, pratique des sacrements, cantiques, etc. – qui modèle la foi du peuple de Dieu».

Ce n’est donc pas un hasard pour notre auteur, qui cite ici les travaux de Guillaume Cuchet, si le grand décrochage de l’Église catholique en termes de fréquentation des fidèles a eu lieu après le concile de Vatican II et ses conséquences en termes de pastorale. Et l’on pense ici bien sûr à La fin d’un monde, le dernier ouvrage publié par Patrick Buisson, dans lequel ce dernier étudie justement cet éloignement, ou à l’image de ce prêtre canadien désemparé que met en scène Denys Arcand dans Les invasions barbares.

On comprend alors que semble nécessaire pour notre auteur, dans l’hypothèse où l’Église choisirait de définir une nouvelle pastorale pour se détacher du modernisme auquel elle aurait décidément donné trop de place, qu’elle s’appuie, en partie au moins, «sur les écoles de pensées qui ont su résister à l’hégémonie de l’idéologie moderne», dont la pensée de la Tradition. Une Église qui écarterait alors le risque de l’angélisme, car pour Michel Michel sa dérive actuelle «ne consiste pas d’abord dans la négation du spirituel, mais dans une sorte d’angélisme» qui conduit à oublier le combat nécessaire pour proclamer et défendre ses valeurs. «La chrétienté a réussi à transformer des soudards en chevaliers», écrit encore celui qui souhaite voir naître une nouvelle chevalerie, car pour lui la Tradition n’est pas seulement un concept intellectuel, mais doit être vécue.

Pour Michel Michel, la Tradition, qu’il vit dans le christianisme, est en fait «l’éternel présent de l’homme», ou, comme le rappelle la règle de saint Vincent de Lérins, qu’il cite, «ce qui a été cru toujours, partout et par tous». C’est contre cette Tradition que le progressisme, aujourd’hui au travers de son déconstructionnisme généralisé, mène une lutte sans répit, une lutte qui n’a pas épargné l’Église. Ce livre propose une voie de reconstruction par un retour à une Tradition vécue.