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∴ 3 POINTS C’EST TOUT ∴ – Lundi 18 octobre

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📰 3 POINTS C’EST TOUT Le rendez-vous quotidien des lecteurs de https://450.fm

Le journal de la FM sous tous ses Angles

Présentation Hadrien Berthaut

Réalisation Laurent Sirguy

Directeur de la Publication Franck Fouqueray

Mystères de l’Apocalypse de Jean

Georges Bertin – Édition du Cosmogone, 2021, 156 pages, 20,80 €

Présentation de l’éditeur :

Il manquait une véritable exégèse ésotérique de l’Apocalypse. Georges Bertin a osé « s’aventurer » dans l’univers johannique, d’avoir synthétisé les sources anciennes (juives, chrétiennes et même païennes) d’une « pensée paradoxale » qu’il explore grâce à une lecture « à plus hault sens », ancrée dans une véritable « perspective herméneutique » : nous sommes peut-être là, écrit Georges Bertin, en présence de la mise au jour par la voie symbolique de « choses enfouies depuis la création du monde » (René Girard), le texte de Jean nous ouvrant à comprendre un « noyau intérieur récurrent de vérités cachées ». L’anthropologue n’hésite pas à démontrer que les mystères de l’Apocalypse invitent à repenser la « marche des temps ». Pour ce faire, sont convoqués des mythologues comme Jean-Charles Pichon, des ésotéristes comme René Guénon, des orientalistes comme Henry Corbin, des psychologues de la profondeur comme Jung, afin d’éclairer les lectures prétéristes, historiques, futuristes et eschatologiques du livre mythique. (L. Guillaud).

Table des matières :

Préface de Lauric Guillaud

1. Le livre et ses lectures

2. Qui est Jean ? Le contexte de production de l’œuvre

3. Le livre de l’Apocalypse et son organisation

4. L’Apocalypse à plus haut sens !

5. JEAN ET LE LIVRE, UN PARCOURS D’INITIATION

6. Jean, figure de l’initié

7. La question de la grande année et du millenium

8. La Franc-maçonnerie témoin de l’Apocalypse ?

9. La révélation initiatique d’un sens caché

10. Une aventure vers la transcendance

Envoi. La jouissance de l’Âme du Monde

Annexes

Bibliographie

Biographie de l’auteur :

Georges Bertin, né le 25 février 1948, est un chercheur en sociologie, socio-anthropologue, docteur en sciences de l’éducation, habilité à diriger des recherches en sociologie. Il est directeur des recherches en sciences sociales, fonction exercée au CNAM Pays-de-la-Loire de 2006 à 2016. Il est membre du GRECO CRI, groupement de recherches coordonné des centres de recherche sur l’Imaginaire et du CRI2i. Il a dirigé à Angers et au Mans le Cercle de Recherches Anthropologiques sur l’Imaginaire (CRAI), lequel a succédé au Groupe de Recherches sur l’Imaginaire de l’Ouest (GRIOT), qu’il a fondé en 1994.

Il est aussi membre de la Société arthurienne internationale, au sein de laquelle il a été de 1990 à 2013, fondateur puis coprésident de l’AFIRSE (Association francophone internationale de recherches scientifiques en éducation). Président fondateur de l’association CENA en 1973, il en est aujourd’hui le président d’honneur et membre du Conseil scientifique de l’association des Amis de Gilbert Durand et des revues Matières à penser, Kairos et Influxus.

Il a été de 2006 à 2016, directeur exécutif de la revue internationale de sociologie Esprit critique.

Il s’intéresse particulièrement à l’imaginaire (socio-anthropologie de l’Imaginaire), aux travaux jungiens et reichiens, aux mythes, au symbolisme. De son premier ouvrage le Guide des Chevaliers de la Table Ronde en Normandie (Corlet, 1991) à celui-ci, nous lui devons entre autres, Le Christ s’est arrêté à Dozulé, 1972-1978 (Éd du Cosmogone, 2020), De la loge aux réseaux, la franc-maçonnerie au défi des siècles (Éd. du Cosmogone, 2019), Entre caverne et lumière, essai sur l’imaginaire en loge de francs-maçons (Éd. du Cosmogone, 2017), prix Cadet Roussel, La quête des chevaliers et dames de la Table Ronde (Éd. du Cosmogone, 2015) dont vous pouvez retrouvez la recension sur https://www.glnf.fr/article.php?id=442

La France et ses prénoms – Polémique

En tant que rabbin, je me dois parfois donner mon avis sur des sujets de société abordés par l’actualité.

Certains politiciens et journalistes de droite dure, continuant la polémique infâme lancée par Éric Zemmour contre Hapsatou Sy, militeraient pour suggérer une loi n’autorisant dans notre pays que les prénoms français (uniquement et exclusivement). Sans peur du cocasse, on ressortirait donc les vieux Télesphore, Philogon, Dorymédon, Rasyphe, Tydrique, Égobille, Rusicule, Hérondine, Yphenge, ou Vénéfride !

Nul besoin d’être un génie pour comprendre que derrière cette exigence ridicule se cache une xénophobie ciblée contre un seul groupe de population : les musulmans (les « Arabes » dans la bouche des ignares, qui confondent les deux). Intégrés relativement récemment sur notre territoire, leurs prénoms sonnent encore « étranger » aux oreilles de certains de nos concitoyens.  

En tout cas, quelle condescendance !

La liberté de prénommer son enfant comme on le souhaite ne serait-elle qu’un privilège d’Occidentaux ?

Un couple d’expatriés français, installé n’importe où dans le monde, ne se verra jamais reprocher le choix du prénom de son enfant.

Mais qu’est-ce qu’un prénom français ? Nadège le serait-il plus que Nadiya ? Claudia qu’Amina ? Richard que Rachid ? Kevin que Karim ? Où place-t-on la barre ?

Or, linguistiquement cela n’a aucun sens (je revêts ici brièvement ma caquette d’universitaire). Tous ceux qui ont un petit bagage historique savent qu’en France, les prénoms portés proviennent de plusieurs origines (en restant simple) :

1. Celtes (dont gauloises) – comme Hervé, Brice, Gildas, etc.– prénoms introduits avec les grandes migrations de la fin de l’Âge de Bronze.

2. Latines – comme Claude, Fabrice, Antoine, Victor, Maxime, Félix, Quentin, Régis, Lucien, Sabine, Auguste, Cécile, Florent, Martin, etc. – introduits avec la conquête romaine.

3. Grecques – comme Philippe, Théodore, Alexandre, Nicolas, Pénélope, Agnès, Étienne, Eugène, etc. – introduits avec l’Empire romain, puis plus tard avec l’influence de l’Église (dont Byzance).

4. Hébraïques et araméennes (i.e. bibliques) – comme Simon, Jésus, Isaac, Jean, Joseph, Joël, Michel, David, Mathieu, Thomas, Gabriel, Léa, Salomé, Emmanuel, etc. – introduits avec la religion chrétienne.  

5. Germaniques (dont franques) – comme Albert, Robert, Louis, Éric, Frédéric, Henri, François, Roger, Charles, Bernard, Mathilde, Ségolène, Thierry, etc. – introduits avec les grandes invasions barbares des Ve-VIe siècles.

6. Autres origines, telles vikings (avec Gustave) ou basques (avec Xavier), etc. Yves, assez courant, possède par exemple une double origine, gallo-romaine et germanique.

Je passerai sous silence la disparition des nombreux prénoms locaux (Bretagne, Pays Basque, Occitanie, Picardie, Normandie, Alsace, etc.), victimes de la politique linguistique de centralisation autour du français et de sa lutte contre les langues régionales.

Puis au vingtième siècle, arrivent des prénoms d’origine slave (comme Boris, Ivan, Igor, Marek, etc.), arménienne (comme Anouche, Hovannes, etc.) ou anglaise – avec l’influence du cinéma hollywoodien et des séries TV américaines (comme Errol, Steve, Pamela, Shirley, Jordan, etc.). Les vagues d’immigration (Italiens, Polonais, Espagnols, Portugais, etc.) amènent aussi leurs versions de prénoms déjà francisés ici – ex. Pablo pour Paul, Giuseppe pour Joseph, Pedro pour Pierre, Jacek pour Jacques, etc.

Je suis sûr qu’à chaque époque (après chaque vague d’invasion, depuis l’Antiquité), les prénoms des nouveaux arrivants sonnaient très barbares aux oreilles des autochtones.

Pourtant, à chaque fois, ces prénoms étrangers ont fini par s’acclimater et par devenir aussi naturels que les anciens. Enrichissant par ce mécanisme le long corpus de ceux donnés à nos enfants sur notre territoire.    

Incidemment, depuis plus d’un millénaire, les juifs vivant dans les pays arabophones ou musulmans ont adopté la version arabe (ou coranique) locale de leurs prénoms hébraïques dans leurs interactions en dehors de la communauté. Par exemple Mûsâ pour Môshè, Ibrâhîm pour Avrâhâm, Yûsuf pour Yôséf, Ya pour ânân, Sulaymân pour Shelômô, etc. Cela a été aussi le cas dans les pays occidentaux, où c’est la version chrétienne des prénoms qui a été adoptée. Par exemple en France, Moïse pour Môshè, Isaac pour Yiṣḥâq, Jacob ou Jacques pour Ya‘aqov, Salomon pour Shelômô, etc. Et en pays germanophone, Zalman (version vieille-allemande médiévale adoptée par les Ashkénazes) pour Shelômô, etc. Par contre, les femmes juives, elles, n’ont souvent porté que des prénoms locaux dans la langue vernaculaire. Comme par exemple Farîa, Mas‘ûda, Sulâna ou Qamra au Maghreb. Cette habitude prise par la communauté juive d’adopter des prénoms usuels de la langue dominante, existait déjà depuis l’Antiquité – avec l’égyptien, l’akkadien, le perse, le grec ou le latin. C’est pour cela que les parents d’un certain enfant juif de nationalité française ont choisi de l’appeler Éric plutôt que Yiṣḥâq.

Pour revenir donc à notre question : qu’est-ce qui fait qu’un prénom soit français ?

Je répondrais : sa francisation. C.-à-d. le fait qu’il soit utilisé dans la langue française, en cohérence avec son système phonémique, sur des territoires francophones. Or, tant pis pour É. Zemmour et ses épigones, car c’est déjà le cas pour les prénoms d’origine arabe.

C’est particulièrement audible dans la manière dont ils sont prononcés, « à la française », sans les consonnes gutturales et emphatiques propres aux langues sémitiques. Par exemple, Fatiha (Fatîa plutôt que Fâtia) est prononcé « Fatia », et Yahya (Yaḥyâ) « Yaya », conformément aux phonèmes du français où le son Ḥ est inexistant. Évolution parallèle à ce qui a déjà eu lieu en Afrique de l’Ouest, comme Mamadou pour Muammad, Abibatou pour abîba, Assana pour asan, Aïssatou pour ‘Â’isha, et le fameux Hapsatou (prononcé avec un H muet) pour afa, etc.   

De plus, une partie importante des prénoms arabes sont d’origine biblique (i.e. hébraïque) – et ne sont donc qu’une version parallèle de ceux existant déjà ici –, comme Ismâʿîl pour Ismaël, Ibrâhîm pour Abraham, Mûsâ pour Moïse, ‘Alî pour Héli, Ilyâs pour Élie, Hâjar pour Hagar, Sâra pour Sarah, Ya pour Jean, Yûsuf pour Joseph, Sulaymân pour Salomon, ‘Îsâ pour Jésus, Maryam pour Myriam, etc.

Un jour viendra en France où des non-musulmans porterons des prénoms arabes sans que cela ne pose aucun problème à personne, et se multiplieront les Malika Durand, les Kamel Martin, les Salima Lefèvre et les Ilyès Dupont. À côté des Christophe Benzema, Sabine Haddad, Anne-Marie Ndiaye, Jean-Paul Bencheikh et Sophie Diouf.

Que s’accomplisse en nous tous ici-bas le verset des Psaumes de David (133:1) :

« Qu’il est bon et qu’il est agréable le séjour des frères [et des sœurs] ensemble. »

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(VIDEO) Le Tableau de Loge

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Sur la chaîne l’Après Minuit (dont voici la première et seule création) : « Le tableau de Loge ». Ses origines, son histoire, sa signification, son iconographie, son importance au premier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA). C’est une « augmentation de travail » d’un jeune maçon qui se demande quoi faire après minuit plein…et qui aime parfois explorer et partager d’une manière peut-être un peu différente. Bonne séance !

Inventer l’Europe, le colloque de rentrée du Collège de France

Ce colloque se tiendra du 20 au 22 octobre 2021.

Les appels à « refonder » l’Europe se multiplient, le désir d’une « renaissance » de l’Europe s’aiguise. Avant de réinventer l’Europe, ne devrions-nous pas comprendre quand, où, comment et par qui elle a été inventée et ainsi mesurer le champ des Europes à (ré)inventer ? Qu’elle soit saisie comme un continent, une région, une civilisation, une idée, un ensemble de valeurs et de droits, une religion, des langues, un mythe, un ordre ou une culture juridique, des institutions et un régime politique, différentes organisations internationales, un ensemble de techniques et de sciences, et bien d’autres choses encore, l’Europe n’a eu de cesse d’occuper les chercheurs et chercheuses du Collège de France. Inventer l’Europe, un beau programme pour un colloque de rentrée au croisement des disciplines.

En inauguration du colloque de rentrée, le Collège de France, en collaboration avec Arte, organisera le 20 octobre 2021 une soirée exceptionnelle avec la participation de l’écrivain et essayiste Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature 2006. Cette rencontre sera consacrée aux liens réels et imaginaires entre la Turquie et l’Europe, et à leurs jeux de miroir, de la géopolitique à la littérature.

Orhan Pamuk s’entretiendra avec Émilie Aubry, rédactrice en chef de l’émission Le dessous des cartes sur Arte, et William Marx, professeur du Collège de France sur la chaire Littératures comparées. Il sera en visioconférence depuis New York, en traduction simultanée en français.

En savoir plus https://bit.ly/3j7iXQJ

Comité d’organisation :

Thomas Römer, administrateur du Collège de France & les professeurs Samantha Besson, Edith Heard, Stéphane Mallat et William Marx.

Découvrir le programme https://fr.calameo.com/read/006652363916030f00c76

Infos pratiques :

11, place Marcelin Berthelot, 75231 Paris

Tél. 01 44 27 12 11

Source : Newsletter Collège de France

RUSSIE : Histoire de la cathédrale de la Trinité à Simbirsk – Francs-maçons, deux feux et de l’or au sous-sol

De notre confrère russe 73online.ru – Par Ivan SIVOPLYAS

Il y a 180 ans, en septembre 1841, la cathédrale de la Trinité était solennellement consacrée à Simbirsk. Moins de cent ans plus tard, elle a été détruite, en 1936. Mais encore aujourd’hui, elle reste l’un des symboles architecturaux les plus expressifs de notre ville.

Le temple a été construit comme un monument à la victoire de l’armée russe sur l’empereur français Napoléon Bonaparte lors de la guerre patriotique de 1812 et les campagnes ultérieures à l’étranger de l’armée russe en 1813-1814. Mais l’impulsion immédiate pour la construction à grande échelle et à long terme a été l’éruption volcanique colossale sur l’île indonésienne de Tambor le 5 avril 1815.

Et qu’est-ce que Tambor a à voir là-dedans, se demande-t-on à juste titre ? Il a provoqué une catastrophe planétaire qui a duré trois ans. Les cendres volcaniques de Tambor ont recouvert le ciel de toute la terre – et de la province de Simbirsk, provoquant des catastrophes météorologiques, une vague de froid aiguë et sévère et une terrible perte de récolte. Le gouverneur de Simbirsk, Nikolai Porfirievich Dubensky, a déclaré que « le prix de toutes les denrées a atteint un niveau extrême, la farine de seigle est vendue pour un rouble de 50 kopecks pouds ». C’était dix fois plus cher que d’habitude !

Comment gérer la perspective de la faim ? Nous devons donner aux gens la possibilité de gagner! Pendant les années de mauvaises récoltes et de grèves de la faim, le gouvernement a toujours organisé des travaux à grande échelle – construction de route. Un homme nouveau à Simbirsk, nommé en mai de cette même année 1815, le gouverneur Dubensky, a proposé l’idée de construire une église commémorative à Simbirsk en l’honneur des récentes victoires des armées russes. L’idée a été soutenue par la noblesse de Simbirsk, prête à donner pour la construction le montant de 50 000 roubles restant après la collecte de la milice de Simbirsk. C’était beaucoup, mais pas assez, ils avaient l’intention de collecter d’autres fonds grâce à des dons – soit-dit en passant, Dubensky et sa femme ont fait don de 550 roubles à l’église, soit environ un cinquième du salaire annuel du gouverneur. Au total on a récolté 148 695 roubles et 48 kopecks en billets de banque et 13 159 roubles 77 kopecks en pièces.

Le gouverneur et les nobles trouvèrent facilement un langage commun dans une noble cause, puisqu’ils étaient francs-maçons, membres d’une société secrète qui vit le jour à l’époque des bâtisseurs du Temple de Salomon, au X siècle avant J.C. Les francs-maçons cherchaient à faire des actes de miséricorde, à éduquer le peuple et à grandir moralement, « assaisonnant » ces actes indispensables, mais souvent mondains, avec un mélange « épicé » de rituels, de tenues et de rassemblements spéciaux. Le pouvoir impérial, toujours méfiant à l’égard de toute initiative de ses fidèles sujets, dut s’accommoder de la présence des francs-maçons, évaluant la noblesse de leurs objectifs, puis s’abattit sur des répressions allant jusqu’à des interdictions formelles des loges maçonniques et des demandes de serment des fonctionnaires au sujet de leur échec dans les sociétés secrètes. Mais plus les fruits sont défendus plus ils sont sucrés !

Bien sûr, tout de suite, en 1815, il n’était pas possible de commencer la construction du temple commémoratif – l’autorisation était requise du monarque lui-même, l’empereur Alexandre Ier, à la fois pour la construction et pour la collecte de dons. Mais il a été reçu, d’autant plus qu’ils ont décidé de nommer le temple la cathédrale Alexandre en l’honneur de saint Alexandre Nevski, le patron céleste du souverain et des victoires d’armes russes. En 1817, l’architecte de la cour Joseph Charlemagne 1er (1782 – 1861) élabora un projet de cathédrale à cinq coupoles.

Le projet initial de la cathédrale de la Trinité à Simbirsk, élaboré par l’architecte I. Charlemagne

Il fallait beaucoup d’argent et la société de Simbirsk, avec le monde entier, subissait encore les conséquences de l’explosion du volcan de Tambor, à la fois en 1816, appelée « l’année sans été », et en 1817, « l’année des mendiants. » En 1817, l’initiateur de la construction de la cathédrale, Nikolai Dubensky, fut nommé gouverneur de Voronej, et l’affaire commença à caler. Il y a eu des propositions de ne pas construire une nouvelle cathédrale, mais de restaurer complètement l’existante. Peut-être le point de vue des « économistes » aurait-il triomphé. Mais c’était gênant devant l’autocrate, qui a officiellement autorisé la construction, et non la restauration, et le comité de construction a signalé la même chose aux Simbiriens, qui n’ont pas approuvé la restauration de la cathédrale existante.

Et ici, très commodément, un autre gouverneur franc-maçon, Andrei Fedorovich Lukyanovich (1776 – 1852), a été nommé à Simbirsk. Et, bien que déjà en 1822 les sociétés maçonniques de l’empire aient été officiellement interdites, les maçons eux-mêmes n’en ont pas disparu, personne n’a rétrogradé Andrei Fedorovich au pouvoir. Et en 1823, le talentueux architecte russe Mikhail Petrovich Korinthsky (1788 – 1851), également franc-maçon, qui servait alors à Simbirsk, a entrepris un nouveau projet de la cathédrale. L’église, avec un dôme conçue par Mikhail Petrovich, était beaucoup plus expressive et originale que la précédente : il y avait pas mal de cathédrales à cinq dômes, dont la vieille cathédrale de Simbirsk.

Mikhail Korinthsky, l’auteur du projet de la cathédrale de Simbirsk

Mikhail Korinfsky a participé à la construction de la cathédrale de Kazan à Saint-Pétersbourg, a conçu les bâtiments de l’Université de Kazan, des édifices religieux et civils, des domaines nobles dans les provinces de Simbirsk, Kazan, Penza, Nijni Novgorod et même à Poltava – là-bas, en le domaine familial, il a construit un domaine pour le gouverneur à la retraite de Simbirsk Lukyanovich.

Mais c’est pour la cathédrale de la Trinité que Mikhaïl de Corinthe reçut le titre d’académicien de l’Académie impériale des arts. Soit dit en passant, le professeur de Mikhail Petrovich, le grand architecte Andrei Nikiforovich Voronikhin (1759 – 1814), a conçu son propre projet de cathédrale Saint-Isaac à Saint-Pétersbourg, la plus grande église orthodoxe de la capitale de l’Empire russe. Le projet n’a pas été mis en œuvre en raison de la mort soudaine de Voronikhin.

L’un des croquis du projet de la cathédrale Saint-Isaac à Saint-Pétersbourg, compilé par l’architecte A. Voronikhin

La première pierre de la fondation de la cathédrale a été posée personnellement par l’empereur Alexandre Ier, à six heures du matin le 7 septembre 1824, avec une truelle d’argent spécialement conçue pour cette occasion; au passage, notons que la truelle est l’un des attributs maçonniques les plus connus. La construction de la cathédrale elle-même a commencé en 1827 et s’est achevée en 1832, de sorte que la nouvelle cathédrale de Simbirsk a été vue par Pouchkine, qui a visité notre ville en 1833, et Nicolas Ier, en 1836. Mais le temple ne pouvait toujours pas être commandé, la décoration intérieure continua.

L’empereur Alexandre Ier est passé dans l’éternité en 1825. Le nom de la cathédrale Aleksandrovsky a perdu sa pertinence politique. En l’honneur de saint Alexandre Nevsky, l’une des chapelles latérales a été construite dans la cathédrale. Le temple s’appelait la cathédrale de la Trinité et l’ancienne cathédrale, anciennement la cathédrale de la Trinité, est devenue la cathédrale Saint-Nicolas, en mémoire du patron céleste de l’empereur Nicolas Ier, Saint-Nicolas de Mirliki.

Le projet de la façade latérale de la cathédrale de Simbirsk, compilé par M. Corinth. Vous pouvez voir l’image de la statue dans la niche et l’œil qui voit tout au-dessus du portique

Malgré le fait que le projet de Michel de Corinthe paraissait plus majestueux, la cathédrale a coûté moins cher que la précédente. C’était l’été, c’est-à-dire non chauffé, et il n’était possible de l’utiliser que par beau temps. Pour cette raison, l’intérieur du temple n’était pas peint, mais simplement blanchi à la chaux, les peintures n’auraient pas résisté à un tel microclimat. Lors de la construction de la cathédrale, ils ont également « économisé » sur les statues des saints, pour lesquelles des niches spéciales ont été réalisées sur les façades. Mais les portiques au-dessus des entrées, comme prévu, étaient décorés de reliefs avec l’ œil qui voit tout, si aimé des francs-maçons – un œil inscrit dans un triangle, symbole du Grand Architecte de l’Univers, regardant les œuvres de « francs-maçons » des hauteurs du ciel.

All-Seeing Eye sur les médailles à la mémoire de la guerre patriotique de 1812

L’ Œil qui voit tout était orné de médailles décernées aux participants et aux personnes impliquées dans les événements de la guerre patriotique de 1812, et aux yeux des contemporains, c’était un symbole de victoire dans cette guerre, comme les rubans de Saint-Georges, maintenant associé à la Grande Guerre patriotique.

Soit dit en passant, l’achèvement des travaux de la cathédrale a été facilité à sa manière par la famine de 1840 et le prochain gouverneur franc-maçon, Avksentiy Pavlovich Gevlich, qui a été nommé à Simbirsk la même année et a organisé des travaux publics pour aider les affamés. Avec l’avènement de Gevlich, la paix politique régnait dans la province – avant cela, tout au long des années 1830, la société locale était activement en conflit avec les gouverneurs nommés, demandant leur révocation et leur démission. Avksentiy Pavlovich était assez satisfait de la noblesse exigeante.

Le gouverneur de Simbirsk, Avksentiy Gevlich, était un franc-maçon de haut rang. La bague talisman est visible sur l’index de la main droite.

La consécration de la cathédrale a été le dernier grand événement public avec la participation du tout premier évêque de Simbirsk, l’archevêque Anatoly (Maksimovich) de Simbirsk et Syzran (1766 – 1844). En 1832, Vladyka Anatoly dirigea le nouveau diocèse de Simbirsk. Anatoly était un ecclésiastique très éclairé, sage et de principe, recteur du Séminaire théologique de Saint-Pétersbourg.

L’archevêque de Simbirsk Anatoly, qui a consacré la cathédrale de la Trinité

En 1811, il adressa un discours enflammé aux fonctionnaires élus, les jurant : « Les timides, dévoués aux passions qui humilient l’humanité, ne peuvent être serviteurs du Trône ; on ne peut pas contrôler les autres, qui ont perdu le pouvoir sur eux-mêmes. Plus ils ont de pouvoir, moins ils peuvent vivre selon leurs caprices. Malheur à l’homme qui use du pouvoir pour satisfaire ses caprices, qui par son exemple autorise toute débauche et outrage ! Quelle angoisse, quel enfer pour sa conscience ! Cela aurait été mieux s’il n’était jamais né ! »

Le discours d’Anatoly fut « entendu » : il fut honoré, formellement promu évêque, mais en même temps il fut envoyé en province, et il ne revint jamais dans la capitale…

Dans la cathédrale de la Trinité étaient conservés les sanctuaires vénérés de la ville, accordés par le tsar Alexei Mikhailovich en 1648, lors de la pose de Simbirsk, l’image du Sauveur non faite à la main, aujourd’hui conservée dans l’église Neopalimovsky d’Oulianovsk, une croix en argent avec les reliques de 72 saints, un étui d’arche d’argent, qui portait une marque de balle lors du siège de Simbirsk par les Razins en 1670. Il y avait aussi des reliques associées à la guerre patriotique de 1812, avec la noble milice de Simbirsk, un temple en marche et des bannières de milice.

Des reliques militaires ont péri dans les flammes de l’incendie de Simbirsk en 1864. La cathédrale a pris feu le 19 août, le jour de l’incendie le plus terrible – et deux explosions terrifiantes ont tonné très près d’elle, ce qui pouvait être clairement entendu à 40 miles de la ville. Qu’est-ce qui les a provoqués, un calcul malveillant ou un accident – beaucoup de choses, de biens, de matériaux, y compris inflammables et potentiellement explosifs, ont été sortis sur la place de la cathédrale, par peur du feu, l’enquête n’a rien établi. Les explosions de la cathédrale n’ont pas secoué ni mis le feu – le dôme s’est enflammé d’étincelles et de flammes portées par le vent. Mais les témoins oculaires ont convenu que la vue du dôme enflammé, pouvait toujours par temps clair, être vu à l’œil nu depuis les montagnes Zhiguli; la croix inclinée vers la droite était, en même temps, majestueuse et terrible.

Les pèlerins se rassemblent à la cathédrale de la Trinité lors de la visite de Saint Jean de Kronstadt à Simbirsk

La cathédrale a été restaurée en 1868. À l’été 1869, les Simbiriens ont accueilli l’héritier du trône, le tsarévitch Alexandre Alexandrovitch (1845 – 1894) et son épouse Maria Feodorovna. « La cathédrale de la Trinité, construite à l’initiative de la noblesse locale en mémoire de la guerre patriotique de 1812 », a certainement été mentionnée dans les guides touristiques pré-révolutionnaires le long de la Volga – et sa « continuité » avec Saint-Pétersbourg Isaac a été soulignée. Des vues de la cathédrale de la Trinité ont été présentées sur de nombreuses cartes postales. Un grand nombre de pèlerins se sont rassemblés ici en juillet 1894, lorsque l’archiprêtre Jean de Kronstadt (1829 – 1909) a visité Simbirsk. Il était vénéré par le peuple comme un saint, un livre de prières et un faiseur de miracles de son vivant. Dans la cathédrale de la Trinité, saint Jean de Kronstadt servait la liturgie, et tous ceux qui le souhaitaient ne pouvaient pas entrer dans l’immense église !

Les pèlerins devant la cathédrale de la Trinité, dans laquelle sert saint Jean de Kronstadt. année 1894

Et même le pouvoir soviétique victorieux a rendu hommage à la cathédrale de la Trinité à Simbirsk-Ulyanovsk, la reconnaissant comme un monument architectural protégé de la première catégorie. Eh bien, Lénine l’a vu ! Mais en 1928, la ville natale de Lénine a perdu son statut de centre de la province, ce qui a eu l’impact le plus négatif sur le financement d’Oulianovsk et, par conséquent, sur la préservation de son patrimoine historique.

Cathédrales Nikolsky et de la Trinité à Simbirsk. Année 1900

En 1930, la cathédrale de la Trinité est fermée pour les services. Le bâtiment vide était facilement envahi par les sans-abris et autres curieux, ce qui, bien sûr, n’a guère contribué à sa sécurité. Bientôt, cependant, l’ancienne cathédrale de la Trinité a été consacrée aux archives, dans lesquelles ont été introduits les documents des institutions provinciales soviétiques abolies. Mais les archivistes se plaignaient d’une sécurité insuffisamment organisée, ce qui n’empêchait pas des étrangers d’entrer encore dans le temple. Le 24 mai 1933, un incendie se déclare dans les archives. Les raisons en restaient floues. L’incendie criminel a été imputé aux enfants des rues, bien que quelqu’un ait pu avoir un plan d’incendie criminel pour détruire des documents qui pourraient devenir incriminants. Pour la dernière fois dans l’histoire, la cathédrale a rassemblé autour d’elle, une foule immense – des badauds qui ont assisté à l’extinction de l’incendie.

Incendie dans la cathédrale de la Trinité fermée en mai 1933

Le monument architectural était finalement condamné – il n’y avait pas d’argent et de perspectives de restauration. À l’été 1936, une série de puissantes explosions volontaires, pas comme en 1864, transformèrent les murs brûlés en tas de briques…

Une légende urbaine raconte que peu de temps avant la démolition, les mêmes enfants des rues toujours présents ont découvert dans le sous-sol de la cathédrale vide des stocks de feuilles d’or, qui étaient destinés à dorer le seul dôme du temple depuis l’époque pré-révolutionnaire – cela aurait été beauté ! Mais la génération post-révolutionnaire n’a pas apprécié la valeur de leur trouvaille. D’un autre côté, les garçons ont trouvé une utilisation inhabituelle pour des kilogrammes de métal précieux, roulés dans les feuilles les plus minces, plus minces que les feuilles de bonbon. Des feuilles d’or ont été déchirées et lancées, au sens littéral du terme, dans le vent ! De précieuses feuilles d’or dispersées, emportées par des courants d’air frais, scintillant remarquablement sous les rayons du soleil d’Oulianovsk …

Ivan SIVOPLYAS

Franc-maçonnerie et éducation (XVIIIe-XXe siècle)

Sous la direction d’Éric Saunier

maisonneuve & larose nouvelles éditions/Hémisphères éditions, 2021, 182 pages, 12 €

Présentation de l’éditeur :

La IIIe République fut, en France, une période pendant laquelle la question scolaire a été un enjeu politique et un moyen privilégié pour enraciner les idéaux républicains dans la société ; et un temps où la franc-maçonnerie, à partir d’une sensibilité apparue au siècle des Lumières, contribua très activement à ce projet. Son en faveur d’une éducation émancipée des influences religieuses et politiques toucha aussi fortement des pays comme la Belgique, l’Italie et l’Espagne. À partir d’enjeux différents et selon des rythmes divers, le rôle joué par « la franc-maçonnerie libérale » dans ces territoires en faveur de principes éducatifs centrés sur l’autonomie de l’individu et sur le rejet de tout déterminisme résonne, au moment où la place de l’école dans la société est particulièrement bouleversée, comme une invitation faite aux francs-maçons à penser, dans le champ de l’éducation, de nouvelles formes d’action susceptibles de répondre à son projet d’amélioration de l’humanité.

Un ouvrage sous la direction d’Éric Saunier :

Non Maçon, Éric Saunier est un historien français spécialisé dans l’étude des sociétés urbaines, de la franc-maçonnerie et de la traite négrière depuis les ports normands (Rouen, Le Havre, Honfleur). Professeur d’histoire-géographie dans l’académie de Rouen de 1986 à 1996 et maître de conférences en histoire moderne à l’université du Havre ainsi que chercheur rattaché à l’unité mixte de recherche (UMR) du CNRS depuis 1998.

Il est l’actuel président de l’Institut des Études et de Recherches Maçonniques (IDERM). Cet institut a été créé par une décision du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France en 1974, à l’initiative du Grand Maître Jean-Pierre Prouteau. Il devait se diviser en 3 sections, l’une historique, l’autre économique, la troisième scientifique. Seule la section historique a vu le jour et fut la continuation de la Commission d’histoire de l’époque. L’objectif de l’IDERM est d’opérer la symbiose entre le monde de la recherche universitaire et le monde de la recherche maçonnique.

En savoir plus http://godf.iderm.free.fr/

Un ouvrage avec les contributions de Céline Byron-Portet, Fulvio Conti, Jean-Paul Delahaye, Alexandre Laumond, Yvan Pozuelo, Céline Sala, Jeffrey Tissen, Sylvain Wagnon et Philippe Foussier.

Rappelons que Philippe Foussier a été Grand Maître du Grand Orient de France de 2017 à 2018 et a publié « Combats maçonniques » (Conform éditions, 2018). Il est membre de la Loge « République » et de la Loge d’études et de recherche « République universelle », à l’Orient de Paris. Il est administrateur de l’IDERM et vice-président des Amis du musée de la franc-maçonnerie. Au titre de ses activités de journaliste parlementaire, il est par ailleurs administrateur de la célèbre Fraternelle parlementaire.

Cet ouvrage est le fruit de la traditionnelle journée d’études annuelle de l’IDERM, le samedi 22 juin 2019 qui avait pour thème les relations entre la Franc-Maçonnerie et l’école.

Journée d’études de l’IDERM 2019 : Les francs-maçons, de l’enseignement à l’éducation.

Samedi 22 juin, de 9h00 à 17h30, Hôtel du Grand Orient de France (Temple 13), 16 rue Cadet, 75009 Paris

Nous vous en rappelons le programme, devenu, en quelque sorte, le sommaire de cet opus.

9h00 · Accueil

9h30 · Allocutions d’ouverture

10h 00 · Céline Sala, Franc-maçonnerie et éducation au XVIIIe siècle. L’instruction à Perpignan, vitrine maçonnique de la France des Lumières

10h 25 · Débats

10h 50 · Sylvain Wagnon, Decroly, pédagogue et franc-maçon

11h 15 · Céline Bryon-Portet, Les spécificités de l’éducation maçonnique : une auto-formation accompagnée ?

11h 40 · Débats

12h 30 Pause déjeuner

14h 30 · Jean-Paul Delahaye, Les francs-maçons et l’instruction gratuite, laïque et obligatoire au temps de Jules Ferry

14h 55 · Alexandre Laumond, Du syndicat à la loge : parcours croisés d’instituteurs vosgiens (1920-1980)

15h 20 · Débats

15h 45 · Fulvio Conti, Franc-maçonnerie, école et éducation dans l’Italie libérale

16h 10 · Jeffrey Tyssens, La franc-maçonnerie de la Flandre occidentale devant l’école laïque : une voie exceptionnelle

16h 35 · Débats

17h00 · Conclusions

Cet ouvrage est publié avec le concours du Grand Orient de France et de l’Université Caen-Normandie, laboratoire HISTEMÉ.

(VIDEO) Entretien avec le druide Bran Du

Le néodruidisme (également appelé druidisme par certains adhérents) est une forme moderne de religion ou de spiritualité qui promeut l’harmonie avec la nature, souvent au travers d’une forme de culte de la nature. Ce mouvement d’inspiration maçonnique, essentiellement présent dans le monde anglo-saxon et en Europe dans les pays anciennement celtisés, compterait deux millions d’initiés.

Le néodruidisme, dont les premiers mouvements apparaissent en Angleterre au xviiie siècle, relève en partie des premières manifestations de la mouvance « néopaïenne ». Les premiers mouvements néodruidiques, inspirés par la vision romantique des XVIIIe et XIXe siècles, étaient basés sur des descriptions historiques des druides de l’âge du fer largement erronées. Ces mouvements n’avaient pas, par ailleurs, de relation directe avec les anciens Celtes ou leur civilisation.

Extrait de l’Emission  » Histoire(s) Made in France » de Mélanie d’Alsace. Extrait de l’entretien avec le druide Bran Du. Diffusée le lundi 10 mars 2014 sur Arte. Le blog de Bran Du

ESPAGNE : L’historien Antonio Morales présente son livre « la Franc-Maçonnerie dans le Champ de Gibraltar »

De notre confrère espagnol cadenaser.com – Par Juan Manuel Dicenta

C’est une analyse approfondie qui explique l’évolution de la franc-maçonnerie dans le contexte social et politique de l’époque.

Le professeur Antonio Morales présente son livre « Maçonnerie dans le Campo de Gibraltar 1902 – 1940 » . Cette présentation ouvre le cycle Vième cycle ‘Ecrivains’ organisé par les Délégations de la Culture et des Bibliothèques de la Ville de Los Barrios, en collaboration avec l’Association des Femmes ‘Telethusa’.

L’événement aura lieu à la librairie ‘Bahía de Letras’ dans le centre ‘Bahía Plaza’ .

C’est une étude qui, non seulement, développe l’évaluation et la recherche institutionnelle correspondantes, mais opte également pour une contextualisation politique, sociale, culturelle et idéologique. Elle analyse la vie et l’évolution des loges et des adhérents, et leurs relations avec le monde maçonnique et profane. Une étude qui précise l’évolution et les sujets de prédilection, ainsi que le nombre et le profil socioprofessionnel de ses membres.

Elle porte également sur les relations des maçons avec les institutions publiques, l’influence sur la vie sociale et culturelle de la région ainsi que leur irradiation dans la presse et, non moins significatif, leur lien avec la colonie anglaise de Gibraltar. Enfin, le livre couvre la période historique de la répression fasciste de 1936, où beaucoup de ces francs-maçons et leurs organismes ont été pourchassés.

Histoire de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et Les Colonies Françaises 1899 – 1940

Tome I & II

Francis Delon – Éditions de la tarente, Coll. Fragments maçonniques, 2021, 552 pages, 47 €

Présentation de l’éditeur :

Dans le tome I Francis Delon s’appuie essentiellement sur des sources inédites, et retrace l’histoire qui a conduit à la création de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises (l’actuelle Grande Loge Nationale Française) et au rétablissement de la régularité maçonnique selon la maçonnerie anglo-saxonne. Il retrace ainsi les tentatives de créer, au sein d’une maçonnerie française quelque peu anticléricale et progressiste, des loges apolitiques et symboliques, d’abord à la Grande Loge de France en 1899 avec l’atelier anglophone Anglo-Saxon n° 343, puis, à partir de 1910, au Grand Orient de France avec le réveil du Régime Écossais Rectifié grâce à l’appui du Grand Prieuré d’Helvétie qui en était l’unique dépositaire.

Les difficultés rencontrées par ce rite, en raison de son message « évangélique », et l’hostilité des dirigeants de l’obédience conduisirent alors Le Centre des Amis, à l’automne 1913, à s’ériger en une Grande Loge souveraine. Celle-ci fut aussitôt reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre qui souhaitait le rétablissement d’une franc-maçonnerie régulière en France. Affaiblie par des divisions internes et la mobilisation d’une majorité de ses membres lors de la première guerre mondiale, elle échappa à une disparition prévisible en accueillant les loges militaires constituées par des francs-maçons anglophones servant dans les régiments de l’Empire britannique.

Le tome II met d’abord l’accent sur l’échec du projet initial de grande loge francophone traditionnelle en raison de la marginalisation progressive des francs-maçons du Rite Rectifié consécutive : au désaveu du Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie ; au départ de loges ; à l’impossibilité de rallier les courants spiritualistes de Memphis-Misraïm et du martinisme.

L’incompréhension voire l’hostilité des membres britanniques les empêcha également de créer un second atelier rectifié parisien ainsi que d’accueillir Camille Savoire et son Grand Prieuré des Gaules et de participer ainsi la réunification de l’Ordre Rectifié en raison de la séparation existant dans la maçonnerie anglaise entre les ateliers symboliques et les hauts grades.

La Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière devient alors une obédience de type anglo-saxonne à la position originale au sein de la franc-maçonnerie française avec des travaux uniquement rituels, des loges d’instruction et de recherche pour une interprétation du fait maçonnique appréhendée sous l’angle de son histoire. Elle bénéficia alors d’une reconnaissance internationale auprès des grandes loges de l’Empire britannique grâce notamment à la promulgation, par la Grande Loge Unie d’Angleterre, des Basic Principles en 1929, complétés en 1938 par les Aims and Relationships of the Craft rédigés conjointement avec les grandes loges d’Irlande et d’Écosse.

Biographie de l’auteur :

Titulaire d’une Maîtrise d’Histoire Contemporaine de l’Université Paris IV (1981) et d’un D.E.S.S. « Histoire et Métiers des Archives » de l’Université d’Angers (1999), Francis Delon est Chargé d’études documentaires principal aux Archives de Paris Il a reçu en 2010 la distinction de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Archiviste bénévole de la Grande Loge Nationale Française depuis 2000, il a obtenu, en 2013, le classement de ses archives par le Service interministériel des Archives de France.

Frzncis Delon est collaborateur régulier, depuis 1997, de la revue Les Cahiers Villard de Honnecourt et a été membre du Comité Scientifique des expositions Le Franc-Maçon en habit de Lumière (Château de Tours, 2002) et La Franc-Maçonnerie (Bibliothèque nationale de France, 2016).

Sur le site des Éditions de la Tarente, trois questions à Francis Delon à propos de l’Histoire de la GLNIR :

  • voilà un fort volume qui a dû vous demander bien du travail. Faut-il être spécialiste et érudit pour lire votre livre ;
  • nous croyons savoir que vous avez écrit sur des archives maçonniques jamais utilisées ? D’où viennent-elles et combien de temps vous a-t-il fallut pour défricher ces fonds ?
  • enfin dites-nous pourquoi vous avez fait ce travail et qu’est-ce qu’il vous a apporté ?

Les réponses, à lire sur https://bit.ly/3iZO80k

[NDLR :  après sa thèse de doctorat en Études anglophones – La Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises (1910- 1940) – soutenue par notre Frère Francis Delon, Grand Archiviste de la GLNF, à la Maison de La Recherche – Université Bordeaux Montagne, à Pessac, le 19 juin 2018. Thèse sous la direction de Cécile Révauger, désormais professeur émérite –  jury composé de Jeffrey Tyssens, Andrew John Prescott, Éric Saunier, Roger Dachez – Francis Delon nous en offre une belle restitution. Ou comment faire court en 552 pages avec initialement une thèse de 1440 pages (1040 pages de textes et 350 d’annexes…). Une véritable prouesse de la part de l’auteur.

Rappelons que depuis décembre 2013, le Conseil supérieur des Archives a reconnu la valeur et l’intérêt patrimonial du fonds d’archives de la Grande Loge Nationale Française dont le Grand Maître, le TRF Jean-Pierre Servel, actuellement Grand Maître d’Honneur, avait sollicité le classement. Remercions, ici et maintenant, la Grande Loge Symbolique et Traditionnelle Opéra (GLTSO) pour le prêt de 5500 sources primaires, le Fonds Ribaucourt]