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Regard sur… l’Hypnose

En français, le terme hypnose désigne à la fois des états modifiés de conscience, les pratiques thérapeutiques utilisées pendant cet état, et les techniques permettant de créer cet état (appelées techniques d’induction).

Lorsqu’un individu est dans un état d’hypnose, ses perceptions sont modifiées par rapport à son état ordinaire. Les caractéristiques de ces états sont variées, notamment : perte des repères spatio-temporels, hallucinations, analgésies, anesthésies, etc. L’expérience hypnotique d’une personne dépend de sa personnalité, du contexte, de la méthode employée, des suggestions qui lui sont faites, de la profondeur de l’induction hypnotique, et d’autres paramètres.

Une personne peut également développer une hypnose spontanée ou provoquer soi-même sa propre hypnose. On parle alors d’autohypnose.

Il existe un débat ancien entre ceux qui considèrent l’hypnose comme un état mental spécifique et ceux qui le considèrent comme un jeu de rôle comportemental en réponse pour se conformer à une attente, ainsi que des positions médianes.

Etymologie

Séance d’hypnose, par Richard Bergh, 1887.

Le terme « hypnose » est un dérivé de « hypnotisme ».

Le mot « hypnotisme » est proposé par Étienne Félix d’Henin de Cuvillers dès 1820, lui-même dérivé de l’adjectif « hypnotique » signifiant qui provoque le sommeil et déjà en usage en médecine.

Après la publication en anglais en 1843 de l’ouvrage du chirurgien écossais James Braid Neurypnology ; or the rationale of nervous sleep, considered in relation with animal magnetism, le terme « hypnotisme » se répand parmi les médecins français pour désigner un sommeil ou un somnambulisme provoqués volontairement et artificiellement. On ne parle plus de sommeil magnétique (provoqué par la manipulation d’un fluide magnétique), mais d’un sommeil hypnotique ou d’un état d’« hypnotisme ».

Au milieu du xixe siècle, le terme de « sommeil magnétique » est quelquefois employé en France.

La forme courte « hypnose » apparaît en français vers 1880, d’abord pour désigner l’état hypnotique, puis également les diverses pratiques faisant usage de l’état hypnotique (hypnose médicale, hypnose clinique, hypnose légale, hypnose de scène).

Histoire de l’hypnose

Expériences « comportementales » d’hypnose à la clinique de Budapest du ministère de la santé mentale et de pathologie. (a) Suggestion hypnotique de prière. (b) Suggestion hypnotique de suicide. (c) Suggestion hypnotique de serment. (d) L’hypnose produite par un diapason. (1899).

En 1878, le professeur et médecin français Jean-Martin Charcot réhabilite l’hypnose comme sujet d’étude scientifique en la présentant comme un fait somatique pathologique propre à l’hystérie.

L’histoire de l’hypnose dépasse de beaucoup celle de la psychothérapie. Cette vieille pratique a toujours « flirté » avec les frontières entre sciences, occultisme, spectacle, thérapie, etc. Son utilisation dans un cadre thérapeutique a ainsi toujours été source de controverses, sans doute parce que la thérapeutique elle-même est prise dans ce même jeu des frontières : entre thérapeutiques officielles « scientifiques », thérapeutiques traditionnelles, thérapeutiques spirituelles, etc.

Une des controverses qui ont traversé les pratiques hypnotiques est rapportée par Bertrand Méheust dans son travail sur le courant du magnétisme animal (Mesmer, Puységur…).

L’hypnose comme état de conscience

L’hypnose est un état modifié de conscience différent de celui produit par la relaxation ou la méditation. Cet état peut être léger (rêverie, transe hypnotique légère, hypnagogique), hypnopompique ou plus profond.

« L’hypnose offre tant au patient qu’au thérapeute un accès aisé à l’esprit inconscient du patient. Elle permet de s’occuper directement de ces forces inconscientes qui sont sous-jacentes aux perturbations de la personnalité, et elle autorise l’identification de ces éléments de l’expérience de vie d’un individu qui ont de l’importance pour la personnalité et auxquels on doit accorder toute l’attention requise si l’on souhaite obtenir des résultats thérapeutiques. Seule l’hypnose peut donner un accès aisé, rapide et large à l’inconscient, inconscient que l’histoire de la psychothérapie a montré être d’une telle importance dans le traitement des désordres aigus de la personnalité. »

— Milton Erickson

Léon Chertok considère l’hypnose comme un « quatrième état de l’organisme actuellement non objectivable » dont les racines profondes vont jusqu’à l’hypnose animale. Cet état renverrait aux « relations pré-langagières d’attachement de l’enfant ». Il se manifesterait électivement dans toutes les situations de perturbation entre le sujet et son environnement.

« L’altération consciente n’existe que de cause à effet : l’utilisation de suggestions verbales en remplace d’autres. Mais si l’on puise dans les items préexistants à l’individu pour les reformuler sans les déformer ou les remplacer, les conduites futures restent en accord avec le conscient, ce qui affecte la mémoire à long terme et confère une durabilité au traitement. L’hypnose dans ce cas dépasse l’état modifié de conscience, qui n’est plus le terme approprié pour définir l’état d’hypnose. D’autres constats actuels, l’état dit « de somnambulisme » se visualise avec l’électro-encéphalogramme (EEG) tel un état de sommeil lent profond comparable au sommeil paradoxal. On devrait aussi parler de « surconscient » et non de subconscient pour qualifier les états d’hypnose car ceux-ci remplacent la fonction volontaire du conscient ayant une action dominante sur la motricité. »

— Martine Le Coz, Erich Lancaster, L’hypnose et la graphologie, Éditions Du Rocher, 1991.

Le Dr Jean Godin, premier spécialiste français de l’hypnose éricksonienne propose dans l’encyclopedie médico chirurgicale la définition suivante qui fait le lien entre les étatistes et les non-étatistes.

L’hypnose est un mode de fonctionnement psychologique dans lequel un sujet, parvient à faire abstraction de la réalité environnante, tout en restant connecté à certains stimulus (ex. : la voix de l’hypnotiseur). Ce « débranchement de la réaction d’orientation à la réalité extérieure », qui suppose un certain lâcher-prise, équivaut à une façon originale de fonctionner à laquelle on se réfère comme à un état.

Fonctionnement de l’hypnose

Avoir conscience de l’inconscient

Pour comprendre les méthodes d’hypnose, il est important de comprendre que nous sommes connecté au monde extérieur à travers nos sens. Le cerveau les traite selon 2 circuits : le circuit conscient et le circuit inconscient. Si le premier est bien connu de tous puisque l’on en est par définition conscient, le circuit inconscient est très mystérieux. Il existe cependant d’innombrables manifestations de cet inconscient dans la vie de tous les jours, notamment les émotions. D’ailleurs, si on a conscience de ses émotions, leur maîtrise est toujours ardue en raison de leur source inconsciente. Les émotions sont source de comportement (la peur, l’amour, etc.), ce qui sera utilisé par l’hypnotiseur. Une autre facette de notre inconscient est la perception. La perception est une réaction inconsciente à un stimulus qui peut être une source d’information pour notre conscient. Par exemple si je pique le doigt d’une personne, cette dernière va retirer son doigt avant même d’avoir mal, par réflexe (comportement inconscient), et elle ne pourra pas s’empêcher d’avoir mal (réflexe inconscient également).

Le moment le plus révélateur de l’inconscient s’avère néanmoins être lorsque le conscient se met en pause : lorsque l’on dort. Le rêve est donc un acte purement inconscient (d’ailleurs la mémoire d’un rêve au réveil s’estompe en quelques secondes en général, et ces rêves dont on a vaguement conscience ne correspondent qu’à une petite partie des rêves que l’on a, la plupart étant totalement inconscient, seulement visible sur un électroencéphalogramme). Il y a d’ailleurs dans le rêve un réflexe – par définition inconscient, qui déconnecte le cervelet de la moelle épinière pour éviter que lorsque l’on s’imagine courir, on se mette à courir réellement dans son lit. Dans de très rares cas, la reconnexion pourtant automatique au réveil peut mettre quelques secondes et on se retrouve dans une paralysie hypnagogique. A contrario, la reconnexion peut s’opérer durant les rêves et on se met alors à bouger dans son lit.

Un autre état d’hypnose très classique que tout le monde a vécu est de ne plus avoir conscience d’être dans un fauteuil assis avec des gens autour, lorsque l’on regarde un film. Ce qui conduit à une légère transe hypnotique ou l’on n’entend plus quelqu’un qui nous parle, on ne voit plus cette lumière sur le côté qui nous gênait pourtant au début. Et si on coupe le film brusquement, on met quelques secondes à réaliser que c’est en fait la publicité et qu’on peut se reconnecter à la réalité.

Manipuler l’inconscient

Le rôle de l’hypnotiseur est dans un premier temps d’« endormir » l’esprit conscient, en diminuant son importance face à l’esprit inconscient dont il va au contraire augmenter les effets.

Dès que ces effets sont réels on parle d’état d’hypnose. Cet état peut commencer par de l’hypnose imperceptible, et extrêmement légère. La personne hypnotisée ne se rend en général compte de rien. Puis l’hypnotiseur, va essayer d’augmenter cet état d’hypnose, jusqu’au niveau qu’il désire. Un bon hypnotiseur peut ainsi amener l’hypnotisé jusqu’à une transe très profonde. Cette phase de création de l’état hypnotique se fait au travers de suggestions, c’est-à-dire d’injonctions directes ou indirectes faites à l’inconscient. L’inconscient va alors réagir à ces suggestions. Cette réaction étant induite par les suggestions, on parle de phase d’induction.

Déroulement d’une séance d’hypnose

En général, une séance d’hypnose se déroule en trois phases potentiellement facultatives :

  • la mise en situation ;
  • l’induction :
    • l’induction transparente,
    • l’induction hypnotique initiale (contenant les fameux tests),
    • l’approfondissement ;
  • le travail (le moment où l’on va utiliser l’hypnose dans un but précis).

Êtes-vous bien équipés en chaussures maçonniques pour la rentrée ?

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Pour bien préparer votre rentrée en Loge, il est évident que vous devrez désormais porter des chaussures maçonniques. La rédaction a donc fait un choix du meilleur goût pour sélectionner les chaussures les plus discrètes ou les plus confortables selon la sensibilité de vos pieds. Vous avouerez que la sortie de Loge avec ce genre de vêtements risque de faire jazzer dans le quartier.

En 2013 le magazine sneakers-actus.fr proposait déjà six paires de baskets avec des symboles francs-maçons


Les tenants de la théorie du complot risque d’être terriblement déçus à la lecture de ce dossier. Il n’y trouveront aucune révélation sur hypothétique conspiration judéo-maçonnique visant à asservir les fans de sneakers. Que cela soit volontaire ou pas, plusieurs modèles comportent des symboles utilisés par le célèbre courant philosophique. A partir de sources fiables (et non de sites ou forums obscurs), je vous propose des explications les concernant.

1&2 – Le compas et l’équerre : Asics High and Low / Reebok Insta Pump Fury Kenzo Minami

Le compas et l’équerre sont 2 symboles de la maçonnerie moderne. Même s’il ne construit plus d’édifice, son objectif est de permettre à des hommes et des femmes de se construire. Ces instruments représentent pour chaque initié les moyens de s’élever spirituellement ou encore, de bâtir lui-même « son temple intérieur ». L’équerre sert à vérifier qu’un angle est droit. Au niveau de la symbolique, elle représente la régularité et la perfection des travaux. Le compas est utilisé pour tracer les cercles, mais également pour comparer, conserver et reporter des mesures. Ensemble, l’équerre et le compas évoquent la matière et l’esprit, les 2 composantes indissociables de l’homme. La position relative de l’équerre et du compas indique la progression dans l’initiation.

Les symboles du compas et de l’équerre figurent sur la Reebok Insta pump Fury x Kenzo Minami et sa boîte. Ils encadrent la lettre M. Chez les francs-maçons, elle est remplacée par la lettre G. Elle est apparue chez les maçons anglais vers 1730. La lettre correspond à l’initiale de God (Dieu). Pour les Français, plusieurs significations peuvent être retenues : Géométrie, Génération, Gravitation, Génie, Gnose.

L'équerre et le compas
L’équerre et le compas
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3 – Le poème « If » de Rudyard Kipling : Reebok Pump Shaq Attaq

Le vers « all men count on you, but none too much » provient de « If » de Rudyard Kipling, un franc-maçon. Ce poème est un éloge de l’ordre. Tout l’oeuvre de l’écrivain anglais est inspiré par l’idéal maçonnique et par son parcours initiatique, qui débuta à Lahore (Pakistan). Chaque vers interpelle le lecteur par l’exigence posée par la condition « Si ? »; le dernier proclame : « Alors tu seras un homme mon fils ! » Dans une version initiale, Kipling ajouta : « Et plus encore, tu seras franc-maçon ! ».

Reebok Shaq Attaq
Reebok Shaq Attaq
Rudyard Kipling
Rudyard Kipling

4 – Le Grand Architecte : Puma States Shadow Society

L’oeil dans le triangle représente le Grand Architecte de l’Univers, principe créateur et ordonnateur du monde. Contrairement aux idées reçues, le symbole n’a pas été inventés par les franc-maçons. Il apparaît dans l’art chrétien à partir du 17ème siècle et affirme la croyance dans la Trinité.

L'oeil et le triangle.....
L’oeil et le triangle…..
Puma Shadow Society
Puma States Shadow Society
Puma Shadow Society
Puma States Shadow Society
Puma States Shadow Society
Puma States Shadow Society

5 – Le damier : Vans Era Checkerboard

Le sol de la grande majorité des édifices maçonniques est recouvert par un pavage, appelé « pavé mosaïque ». La juxtaposition des carrées noirs et blancs représente les paires opposées qui régissent le monde : lumière et ténèbres, Bien et Mal, connaissance et ignorance, vice et vertu…

Temple franc-maçon
Temple franc-maçon
Vans Era Checkboarder
Vans Era Checkboarder

6 – La pyramide : Nike Air Yeezy 2

D’après Roger Dachez, historien et président de l’Institut Maçonnique de France (IMF), la pyramide n’est pas un symbole officiellement franc-maçon. Le culte qu’ils vouaient autrefois à la pyramide, prend sa source dans un roman rédigé par l’abbé Terrasson (1731). Il décrit l’initiation de Sethos, aux mystère d’Isis, dans une salle souterraine et secrète de la pyramide de Kheops. A partir de là, les non-initiés ont projeté sur ce symbole tous leurs fantasmes au sujet de la franc maçonnerie, une société secrète avec des rites initiatiques dont ils n’avaient aucune idée. De leur côté, certaines loges maçonniques en pleine égyptomania avec les campagnes napoléonienne, ont adopté des rites liés aux mystères d’Isis.

Pyramide du Parc Manceau
Pyramide du Parc Manceau
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Sources :

1 – Le Point – 100 idées reçues sur les francs maçons (et leur histoire) – février/mars 2013
2 – Ça m’intéresse – Le nouveau mystères des pyramides

Et pour conclure… le pantalon

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€ 15  € 50 

Mont-Saint-Michel – Le labyrinthe de l’archange avec ARTE

À la faveur d’un vaste chantier de restauration, historiens et archéologues lèvent le voile sur les mystères architecturaux du Mont-Saint-Michel, un monument qui n’a cessé de se reconstruire au cours de ses treize siècles d’histoire tumultueuse. Sa silhouette, aujourd’hui iconique, aimante chaque année plusieurs millions de visiteurs venus du monde entier. Comment ce modeste îlot de granit, perdu entre la Bretagne et la Normandie, a-t-il traversé les siècles contre vents et marées ?

https://youtu.be/n2IUfk0z5Is

Refuge d’ermites, sanctuaire dédié au culte de saint Michel, puissant monastère bénédictin, écrin de splendeurs romanes et de merveilles gothiques, forteresse invincible, enfer carcéral, monument classé… : au fil de sa chaotique destinée, étroitement rivée à la grande histoire, le Mont-Saint-Michel a connu d’innombrables métamorphoses qui continuent de questionner les spécialistes. À l’occasion d’un récent chantier de restauration, archéologues, historiens et scientifiques se sont de nouveau penchés sur les énigmes de ce lieu unique.

Mille-feuille architectural à l’aide des rares écrits conservés, mais surtout des dernières techniques de modélisation et de datation, ces experts sont parvenus à faire parler les pierres pour recomposer le tracé des couloirs, identifier les contours et fonctions de bâtiments disparus, et débrouiller l’imbroglio architectural qui caractérise le rocher. Car sous ses dehors harmonieux, croisant puissance et raffinement, le Mont-Saint-Michel s’apparente en réalité à un entrelacement d’éléments disparates, dont il n’existe pas de plan exact.

Les éclairages des chercheurs, associés à des reconstitutions en 3D, dévoilent ainsi avec une précision inédite les étapes successives de l’édification du site, tout en retraçant les événements politiques, historiques ou naturels qui ont dicté ces restructurations. Traversé de sublimes images et séquences d’animation, ce film de Marc Jampolsky rend un passionnant hommage au génie des bâtisseurs d’antan, qui ont su s’adapter à la complexité du relief et à la magie de ce petit morceau de terre entre ciel et mer. Mont-Saint-Michel – Le Labyrinthe de l’Archange Documentaire de Marc Jampolsky (France, 2017, 1h28mn)

Communiqué GLFF : « Par l’attaque contre Salman Rushdie, c’est encore une fois la liberté d’expression que l’on a voulu assassiner ! »

Face à l’agression sauvage dont a été victime Salman Rushdie, La Grande Loge Féminine de France tient à réaffirmer avec la plus grande vigueur toute l’importance qu’elle attache à la liberté d’expression.

L’œuvre de fiction de Salman Rushdie, « Les versets sataniques », considérée comme blasphématoire par les islamistes, l’a fait condamner à mort. L’ayatollah Khomeiny, suite à la parution de ce livre, avait lancé une fatwa contre lui il y a plus de 30 ans. Cette fatwa, pour certains, malgré les années passées, a gardé toute son actualité et commande de tuer.

L’agresseur n’a même pas 30 ans.

Instaurer, par la terreur, la prédominance de la loi religieuse sur les lois civiles dans le monde est contraire aux principes universels de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, principes garants de la paix dans notre pays.

La Grande Loge Féminine de France, fidèle à ses engagements humanistes, apporte tout son soutien à Salman Rushdie.

Paris, le 19 août 2022

Contact : communication@glff.org

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Le philosophe Fabrice Midal reçoit Frédéric Lenoir à propos de Jung et du symbolisme

Frédéric Lenoir est philosophe et sociologue. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits dans une vingtaine de langues et vendus à plus de 7 millions d’exemplaires dans le monde.

« Carl-Gustav Jung (1875-1961), médecin suisse, pionnier de la psychanalyse, est l’un des plus grands penseurs du xxe siècle. Il reste assez méconnu en France, alors que ses idées ont exercé une influence profonde sur notre culture contemporaine et qu’il a été l’inventeur de nombreux concepts révolutionnaires, comme la synchronicité, l’inconscient collectif, les archétypes ou les complexes.

Il est avec Spinoza l’un des auteurs qui m’ont le plus marqué et il a eu un impact décisif sur ma vision du monde et de moi-même.

Voilà pourquoi j’ai eu à cœur de rendre accessible à un large public sa pensée visionnaire, qui fait le pont entre psychologie et physique quantique, qui montre combien l’être humain a besoin de sens et d’une vie symbolique ou spirituelle pour s’épanouir profondément. Cette conviction l’éloignera de Freud et le conduira à expérimenter et à élaborer son « processus d’individuation » : un extraordinaire voyage intérieur, où chacun d’entre nous apprend à faire dialoguer son conscient et son inconscient pour devenir pleinement soi et accéder à un sentiment d’unité et de joie profonde.

C’est à ce fascinant voyage vers soi que j’ai voulu convier le lecteur, à la découverte d’un des penseurs qui me semble être allé le plus loin dans la compréhension de l’être humain et du sens de son existence. »

Frédéric Lenoir, né le 3 juin 1962 à Tananarive (Madagascar), est un sociologue, écrivain, journaliste et conférencier français.

Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, il écrit aussi pour le théâtre et la télévision. Il a publié plusieurs ouvrages de sociologie et d’histoire des religions, des romans traduits dans une vingtaine de langues, des livres sur les crises du monde qui plaident pour une responsabilité individuelle et collective et des essais qui visent à vulgariser la philosophie.

Selon un classement de l’institut GfK en 2016, il est l’intellectuel français qui a vendu le plus de livres au cours des cinq dernières années. Il fait partie d’un groupe d’auteurs qui, depuis les années 2010, se sont spécialisés dans la production d’ouvrages traitant du bonheur, du bien-être, de la spiritualité, secteur particulièrement porteur dans le monde de l’édition.

Critiques

Son livre Comment Jésus est devenu Dieu, dans lequel il retrace par quelles péripéties l’Église de Rome n’a pu trouver les mots concernant la divinité du Christ qu’au ive siècle sous la pression des empereurs romains, a provoqué une réaction du théologien jésuite Bernard Sesboüé qui lui a répondu dans un livre intitulé Christ, Seigneur et fils de Dieu – Libre réponse à Frédéric Lenoir.

Dans son essai La philosophie ne fait pas le bonheur… et c’est tant mieux (Flammarion 2015), le philosophe français Roger-Pol Droit critique la dérive des « prêtres » de la « philo-bonheur » — dont il considère que Frédéric Lenoir est l’un des représentants — qui présentent le bonheur comme étant le but principal de la philosophie : « Onfray, Comte-Sponville, Lenoir, Ferry […] ces philosophes se servent le plus souvent des penseurs de l’Antiquité, en oubliant les deux mille ans et plus qui nous séparent. Le bonheur selon les Grecs n’était pas comme notre bonheur à nous. […] Je reproche à cette pensée du bonheur d’oublier le négatif : la vie est un lot, avec du meilleur et du pire. Je partage le regard de Nietzsche : dire oui à la vie, c’est dire oui à tout ! Il ne s’agit pas de se résigner au mal. Mais vouloir s’anesthésier en remplaçant la lucidité par le rêve de bien-être me paraît malhonnête et dangereux. »

En 2018, le site web français Conspiracy Watch rédige un court article critiquant ses propos controversés sur l’obligation vaccinale et les liens entretenus par de nombreux médecins consultés par le ministère de la santé avec l’industrie pharmaceutique, tenus dans l’émission “C Politique” la même année.

Société secrète : Cambridge Apostles

La société des Cambridge Apostles (« Apôtres de Cambridge »), connue également comme The Cambridge Conversazione Society, est une société secrète intellectuelle d’étudiants de l’université de Cambridge, fondée en 1820 par l’étudiant George Tomlinson (futur évêque de Gibraltar).

L’origine du surnom Apostles date des fondateurs au nombre de douze. Cette société recrutait traditionnellement ses membres parmi les nouveaux étudiants des collèges St John, King et Trinity. Parmi les membres de ce club de discussion, se retrouvent de grands noms de la littérature, de la politique, de la philosophie ou des sciences du Royaume-Uni, ainsi que des membres du Bloomsbury Group ou des Cinq espions de Cambridge.

Vidéo avec sous-tritrages

Anges et Apôtres

Comme l’indique son appellation de « Conversazione Society », il s’agit surtout d’un club de discussion. Les réunions se tiennent une fois par semaine, traditionnellement le samedi soir, et l’un des membres délivre une conférence sur un sujet préparé à l’avance. Ensuite se déroule un débat général pendant lequel les Apostles se nourrissent de toasts à la sardine surnommés les « steaks de baleine ».

La porte principale de Trinity College

Les Apostles tiennent à jour un registre relié de cuir (le « Livre ») dont les volumes successifs remontent à leur fondateur et renferment quantité d’annotations manuscrites sur l’ensemble des sujets abordés par les orateurs. Le « Livre » se trouve dans l’« Arche », où l’on range l’ensemble des documents inhérents à la société.

Une fois obtenu leur diplôme universitaire, les anciens Apostles se nomment les « Anges ». De temps en temps, tous les deux ou trois ans et dans le plus grand secret, les Apostles invitent la totalité des Anges à dîner dans l’un des collèges de Cambridge. Jadis avait lieu un dîner annuel, le plus souvent à Londres.

Les étudiants dont on envisage l’admission s’appellent les « Embryons » et chacun d’entre eux se voit convié à une soirée où les Apostles décident ou non de l’accepter dans leurs rangs, pendant que lui-même ignore que ses commensaux songent à le recruter. Si tout se passe au mieux, le rituel d’initiation l’obligera ensuite à jurer le secret et à écouter la lecture des malédictions encourues en cas de manquement aux règles, texte rédigé aux alentours de 1850 par l’un des membres, le théologien Fenton John Anthony Hort.

On reproche parfois aux Apostles le caractère secret de leur association, ainsi que la quasi-absence de femmes parmi eux, mais aussi, et peut-être avant tout, le nombre impressionnant d’Anges qui ont fait une brillante carrière à Cambridge ou exercé les plus hautes responsabilités dans les médias, le gouvernement et l’Église d’Angleterre, ce qui semble en contradiction avec les idéaux égalitaires prônés par l’université. En tout état de cause, nombreux sont les anciens Apostles qui ont évoqué la profondeur du sentiment de fidélité qui les rattachait à leurs camarades, et cela leur vie durant. Le philosophe Henry Sidgwick a écrit dans ses mémoires que son attachement envers cette société était le lien le plus fort qu’il eût connu au cours de son existence.

La cohésion du groupe

Dans les années qui précédèrent la Première Guerre mondiale, les Apostles acquirent la célébrité à l’extérieur de Cambridge grâce à l’émergence du cénacle intellectuel du Bloomsbury Group. John Maynard Keynes, Lytton Strachey et son frère James Strachey, G. E. Moore, Desmond MacCarthy, Leonard Woolf et Rupert Brooke, anciens Apostles, comptèrent parmi les fondateurs de Bloomsbury.

Dans l’entourage immédiat de Bloomsbury se trouvaient d’autres Apostles, par exemple le romancier E. M. Forster, le peintre Roger Fry (amant de Vanessa Bell), le poète Julian Bell (fils de Vanessa Bell, neveu de Leonard Woolf et amant d’Anthony Blunt), le critique littéraire Francis Birrell ou le musicien Saxon Sydney-Turner.

Mais surtout, dans le domaine de la philosophie et de l’économie politique, une influence mutuelle s’exerça durablement entre cinq des plus illustres Apostles : l’économiste John Maynard Keynes d’une part, et d’autre part les quatre grands penseurs analytiques anglais du xxe siècle, Ludwig Wittgenstein, Alfred North Whitehead, G. E. Moore et Bertrand Russell. Là encore, des liens annexes avec le groupe de Bloomsbury semblent avoir été très étroits.

Moins glorieux fut le regain de notoriété des Apostles à partir de 1951, lorsque naquirent les soupçons qui devaient mener au scandale des Cinq de Cambridge, autrement dit l’affaire des espions britanniques au service de l’Union soviétique depuis les années 1930 jusqu’à la fin de la guerre froide. Au minimum cinq hommes ayant accès aux secrets militaires du gouvernement britannique transmirent des informations au KGB (initialement NKVD). Parmi les quatre premiers espions démasqués, on découvrit deux anciens Apostles, jadis étudiants à Trinity College : Guy Burgess, officier du MI6, et Anthony Blunt, officier du MI5, historien de l’art, directeur de l’institut Courtauld et responsable des collections de tableaux de la reine Élisabeth II. Blunt et Burgess étaient connus pour entretenir une liaison homosexuelle depuis de nombreuses années. En revanche, les deux autres agents doubles, Donald Maclean et Kim Philby, n’appartenaient pas à la Cambridge Conversazione Society.

Restait la question du « cinquième homme », c’est-à-dire d’une « taupe » supplémentaire dont les services de renseignement britannique connaissaient l’existence tout en ignorant son identité. Longtemps on soupçonna le financier Victor Rothschild, ancien Apostle, qui avait prêté un appartement londonien à ses camarades espions, mais rien ne put prouver qu’il fût au courant de leurs activités. À l’inverse, le patron de presse américain Michael Straight, lui aussi ancien Apostle, reconnut en 1963 avoir travaillé pour le KGB. Anthony Blunt l’avait contacté dès 1933, au retour de son voyage en Union soviétique, et l’histoire ne dit pas si Straight fut sa seule recrue. Elle ne dit pas non plus qui est le « cinquième homme », ni même si les effectifs de ce réseau se limitent à cinq espions.

Depuis cette période, la mythologie populaire associe la Cambridge Conversazione Society non seulement à Bloomsbury, mais aussi aux espions de Trinity College, à leur idéologie marxiste et à l’homosexualité qui semble avoir prévalu parmi de nombreux Apostles.

Anciens Apostles

Trinity College : statue de Lord Alfred Tennyson, Apostle

La date qui figure entre parenthèses est celle de l’admission parmi les Apostles.

Photo de groupe des Apôtres, vers 1883. JK Stephen (KC1878) porte un chapeau et fume la pipe. 
[KCAS/39/4/1]

En savoir plus, sur le site du King’s College « Les Apôtres, jusqu’en 1930 » https://www.kings.cam.ac.uk/archive-centre/the-apostles-up-to-1930 Avec une magnifique série d’illustrations.

350 000 euros volés au temple de la Grande Loge du Congo

De notre confrère lecongolais.fr

Les voleurs ont emporté la somme de 350 000 euros qui étaient à l’abri dans un coffre, ce dernier était dans un bureau du temple de la Grande Loge du Congo. Près de 230 millions CFA qu’ils vont maintenant se partager. Probablement dans un souci d’humiliation, les voleurs ont laissé leurs excréments dans le temple avant de fuir.

On avait déjà observé des cas de vol dans les églises ou dans les mosquées, mais à ce jour jamais encore dans un temple maçonnique, réputé être un lieu de retrouvailles et de fraternité. Le mythe a été brisé par des malfaiteurs à Brazzaville, qui ont opéré au cœur du temple de la Grande Loge du Congo.

Selon les témoignages, il s’agit d’une trahison interne qui aurait donné les indications précises de la cachette des 350 000 euros bien gardés dans un coffre-fort.

Cependant, les francs-maçons de la Grande Loge du Congo ne comprennent pas pourquoi les voleurs ont déféqué dans le temple.
Une enquête a été ouverte par la police judiciaire congolaise afin de démasquer les coupables.

La Franc-Maçonnerie au Congo a toujours fait couler beaucoup d’encre. Des plumes des plus sérieuses avec, par exemple, la thèse (Toulouse 2 ; sous la direction de M Jacques Valette, agrégé de l’Université, docteur ès lettres et professeur honoraire des Universités) en 1996 de Michel Boussicaud intitulée « Églises et franc-maçonnerie au Congo de 1900 à nos jours » aux plus farfelues dans la presse de nos confrères africains.

Il faut dire que la franc-maçonnerie est fortement implantée en Afrique noire francophone et Ce depuis 1781, date de l’implantation de la première loge à l’Orient de Saint-Louis du Sénégal.

On peut constater que les présidents Idriss Deby (OE) du Tchad, Denis Sassou N’Guesso du Congo, Mamadou Tandja (OE) du Niger, Gnassingbé Eyadema (OE) du Togo, Paul Biya du Cameroun, Blaise Compaoré du Burkina Faso, et Omar Bongo (OE) du Gabon ont été ou sont tous francs-maçons, membres de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) ou d’obédiences africaines affiliées à cette dernière. Les autres obédiences françaises, Grand Orient de France (GODF) et Grande Loge de France (GLF) sont aussi implantées en Afrique francophone.

Intronisation de Denis Sassou N’Guesso, actuel président de la République du Congo depuis 1997

La cité des morts : une nuit au cimetière de La Plata, l’Orient Éternel des Francs-Maçons

De notre confrère du Venezuela eldia.com

Conçu par Pedro Benoit, il reproduit le tracé de la capitale de Buenos Aires (Argentine), avec ses diagonales, ses styles architecturaux et ses placettes. Un parcours au clair de lune, pour découvrir dans les symboles la manière dont la loge des fondateurs appréhendait la vie et ses suites.

La Recoleta (Jorge Luis Borges – la ferveur de Buenos Aires)

« Au cimetière, on se promène et on lit », raconte Cristina Espinosa, cette uruguayenne qui s’est enracinée en Argentine par amour pour un homme et une ville. La Plata, dont elle parle comme si elle était une vieille amie d’enfance qu’« il n’avait pas », parce qu’il est né grand; la seule du XIXe siècle fondée pour être la capitale » ; devenir une terre de palais, des champs de canne, des ruisseaux et des mauvaises herbes qui existaient autrefois.

L’attrait de La Plata et les histoires de ceux qui parient dessus ont incité Cristina à étudier une carrière de guide touristique dans cette ville, alors que sa vie était déjà partagée entre être professeur de folklore et femme au foyer. Mais c’est un atelier sur le cimetière local qui l’a vraiment passionnée, la mettant en contact avec une histoire qu’elle qualifie de « fantastique » alors qu’elle chemine dans les couloirs étroits et muets de notre nécropole.

C’est jeudi, il fait froid et le coucher de soleil semble tomber plus lentement de ce côté de la vie, entre les voûtes qui s’obstinent à découper le sépia jusqu’à ce qu’il finisse par se fondre au noir. « Les habitants de La Plata ne connaissent pas les histoires de ceux qui sont ici, des premiers enseignants, architectes et personnalités qui nous ont marqués », dit-elle , en particulier la « symbologie maçonnique de ces ancêtres », qui reflète, parmi beaucoup d’autres choses, leur façon de comprendre la vie et ce qui se passe ensuite.

« Pour la franc-maçonnerie, la vie ne commence pas à la naissance et ne se termine avec la mort, elle est considérée comme une force indestructible, qui est en transformation continue, donc la zone du cimetière symbolise l’Orient Éternel », explique Cristina, insistant sur le fait que tous les symboles de La maison funéraire sont liés « aux rites des loges maçonniques. L’iconographie de leurs temples mortuaires tourne autour de l’idée de la mort comme vraie vie ».

C’est Dardo Rocha qui convoqua ses amis regroupés dans la Grande Loge Argentine des Maçons Libres et Acceptés pour relever le défi de fonder une ville dans laquelle il y avait tout à faire. Le 4 juin 1885, la Respectable Loge La Plata 80 obtient sa Lettre Patente, parmi les membres fondateurs desquels se distingue l’ingénieur Pedro Benoit, principal responsable de la conception des plans de la Ville et de ses bâtiments les plus emblématiques. Parmi eux, se distingue le Cimetière , qui reproduit le tracé géométrique et hygiéniste de la capitale de Buenos Aires.

Dans cette propriété de 24 pâtés de maisons entre les 72e et 76e rues, du 131 au 137, poussent tilleuls, cèdres et frênes. Il y a des diagonales, des carrés et des carrés répartis stratégiquement. Et des bâtiments mortuaires inspirés des mêmes styles architecturaux qui ont évolué à La Plata au fil des ans : néoclassique, néogothique, Art nouveau, Art déco, modernisme catalan et égyptien. Bref, des créations des vivants en hommage aux morts.

DE LA RIVIÈRE AU SOMMET SUD

Ce n’est pas par hasard non plus, précise Cristina, l’endroit où le Cimetière a été construit. « C’est au sommet sud de la ville et à la fin de la diagonale 74, qui commence dans le Río de la Plata, l’eau comme représentation de la vie, et se termine à l’Orient Éternel, qui est la mort des gens. »

TAGS: LA PLATA , LA PLATA CONTADA , MISTERIOS DE LA PLATA
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La porte d’entrée représente également la maçonnerie de l’étape fondatrice et sa pensée symbolique de franchir le seuil entre la vie et la mort : « Il a 24 colonnes d’ordre dorique qui signifient force et stabilité – commente Cristina -pointant avec les lanternes vers ce temple grec néoclassique de l’ordre dorique. Les 12 dans la rue signifient le bruit mondain et l’agitation de la vie, et ceux à l’intérieur, le silence et l’Orient Éternel, la paix “.

Au-dessus des colonnes, les symboles continuent de nous parler. Des anges apparaissent, « qui sont des intermédiaires entre les GADLU (Grand Architecte de l’Univers pour les francs-maçons) et les hommes terrestres ; les couronnes, comme sens du triomphe de la transcendance, les lauriers de la victoire et les flambeaux pointant vers le haut, qui représentent la purification par l’illumination ».

Ce temple grec, poursuit le guide, « est utilisé dans de nombreuses loges maçonniques argentines. Dans le triangle supérieur, vous pouvez voir le delta lumineux », qui fait allusion aux trinômes « liberté, égalité, fraternité ; sagesse, force et beauté; règne animal, végétal et minéral; passé, présent et futur et les qualités d’un bon maçon : amour, volonté et intelligence ».

La loge s’identifie également au ternaire qui la définit comme une institution philanthropique, philosophique et progressiste, avec des valeurs telles que la science, la justice et le travail. Bref, chaque pièce, image ou symbole représente une idée ou un principe de la doctrine maçonnique, sans cesser d’être, en soi, une œuvre d’art.

La nuit était déjà complètement tombée lorsqu’Espinosa et Marta Inés Gil, une amie inconditionnelle qui l’accompagne dans les visites guidées qu’elles organisent avec une certaine régularité dans le cimetière, avancent avec l’équipe d’EL DIA à travers le secteur fondateur, où se trouve le premier caveau de ce cimetière inauguré le 1er février 1887. De style néoclassique, il appartient à la famille de Manuel Hermenegildo Langenheim, ministre de la Cour suprême de justice, député et sénateur de Buenos Aires et représentant de « l’une des trois générations de maçons bien connus » explique Spinoza. On dit que ses funérailles, en 1892, furent « l’une des plus achalandées » de l’histoire du Cimetière.

LES VOÛTES ET LE JOUR

Alors que nous nous promenons parmi ces premières voûtes à côté desquelles leurs propriétaires ont pris des photos pour publier les photos dans le journal EL DIA, en tant que symbole de statut, Cristina pointe différents symboles. Ou, comme il aime à le dire, il nous lit l’histoire gravée dans ces murs.

« On y voit (juste au-dessus d’une étroite porte de bronze) la clepsydre ailée, le sablier qui représente que le temps n’existe pas car c’est une création du profane ; les ailes d’Isis (elles apparaissent sur le trône égyptien sur lequel les pharaons étaient assis, en guise de protection) ; alpha et oméga (premières et dernières lettres de l’alphabet grec qui représentent le commencement et la fin de toutes choses) et le degré de maîtrise » de celui qui y repose et « les colonnes du temple de Salomon », Jakin et Boaz, noms des deux colonnes d’airain du porche du Temple de Jérusalem.

Nous continuons à marcher à côté de Cristina, qui guide avec la lumière de la lampe de poche et qui pointe chaque élément avec son regard. Pourquoi faire ce tour de nuit ? Pour le silence et l’immobilité de l’heure. Pour la façon dont tout prend forme quand la vie ralentit un peu.

Les pas du guide s’arrêtent soudain devant le monument de Florentino Ameghino, le scientifique autodidacte déclaré l’un des cinq sages de La Plata, avec Alejandro Korn, Carlos Spegazzini, Pedro Bonifacio Palacios (Almafuerte) et Juan Vucetich. Tous ont été enterrés dans le cimetière local. Et, à l’exception d’Almafuerte et de Vucetich, « ils étaient tous des maçons », dit Espinosa. De ce monument émanent les diagonales de la nécropole qui reproduisent celles de la Cité, les petits carrés apparaissant à un certain nombre de blocs, chacun composé de quatre voûtes. « A La Plata, il y a un carré tous les six pâtés de maisons et il représente la place que chaque maçon occupe », explique Cristina, « les deux plus grands parcs sont les premier et deuxième surveillants, ou secrétaires du grand maître. Et le grand maître est El Bosque, situé à l’Est.

Un autre bâtiment important est le caveau que le Parti justicialiste a acheté pour abriter les morts de la révolte péroniste ratée du 9 juin 1956, ajoutant la symbologie péroniste à celle qu’il avait déjà des propriétaires qui l’ont construit. Cet endroit s’appelle Plaza de Unión Nacional, car juste en face se trouve le mausolée du leader radical Ricardo Balbín. C’est à ce stade que le guide note: « L’étreinte de (Juan Domingo) Perón et Balbín a été rendue possible par la franc-maçonnerie des deux. » Et nous continuons d’avancer. Lors des visites programmées, avec le public, un chiot qui vit au cimetière se joint généralement. Cette nuit-là, il a raté le rendez-vous.

LA VOÛTE PIRIAPOLITE

Dans la symbologie égyptienne, plusieurs animaux se distinguent, comme le pélican. « Ses ailes -dit Espinosa -rappellent celles que l’on voit sur le mur d’une voûte art nouveau- sont très significatives et représentent le sacrifice, car cet oiseau est capable de se blesser pour nourrir ses poussins avec son propre sang ». L’éclairage intérieur de ces édifices révèle l’émerveillement de certains vitraux, ainsi que les dégâts causés par le passage du temps et l’oubli.

« Il y a de nombreuses années, les gens venaient et restaient avec leurs morts », confirme Espinosa. Maintenant, il n’y a pas beaucoup de visites. L’une des voûtes qui se démarque le plus sur la promenade est celle de la famille Pages, dans un pur style égyptien, par la qualité de ses matériaux, la délicatesse de ses vitraux, la puissante porte en bronze aux fleurs de lotus stylisées (représentant création et pureté), les colonnes cannelées et le sphinx au plafond, gardant les seuils.

« Asdrubal Pages était un diplomate et a ramené d’Egypte bon nombre des momies qui se trouvent au Musée », explique le guide spécialisé, soulignant qu’il vivait dans l’élégant manoir qui se dresse à l’angle des diagonales 74 et 45, qui était le premier à avoir un ascenseur importé d’Angleterre. La voûte est également très particulière, puisqu’il s’agit de l’un des deux seuls édifices argentins construits en pierre piriapolitaine uruguayenne. L’autre est le ministère de l’Économie, dans la ville autonome de Buenos Aires.

Une question se pose au milieu de cette promenade nocturne : se raconte-t-on des histoires de fantômes par ici ? « Non », Cristina et Marta répondent en chœur, « aucun« .

Les marches nous rapprochent d’une construction funéraire qui frappe par ses couleurs, jusqu’à ce qu’Espinosa nous dise qu’elle est aussi spéciale par qui elle héberge. « Mlle María Emilia Carlota Salza, qui a cherché à pouvoir appartenir à la franc-maçonnerie et s’est avérée être une nouveauté car en 1910, elle était vice-présidente du premier congrès des femmes aux États-Unis, en plus d’être professeur d’allemand , écrivain et directeur de l’école normale. En 1923, elle posa la première pierre de l’école qui se trouve devant la cathédrale ».

En contrebas, deux sphinx gardent le site. Au-dessus de la porte est inscrite la même phrase que sur la tombe d’Isis : « Je suis tout ce qui a été, est et sera, et aucun mortel n’a levé mon voile.

La joie dans la pratique spirituelle

L’enseignement ci-dessous a été donné par Ajahn Tiradhammo le septième soir d’une retraite de 10 jours en Suisse. Les « 7 Facteurs de l’Illumination » dont il est question sont : l’attention, l’investigation, l’énergie, la joie, la tranquillité, la concentration et l’équanimité.

Quand la joie est présente, nous sommes prêts à découvrir de nouvelles choses – Si nous avons déjà décidé : « La vie est souffrance », alors nous n’allons pas chercher plus loin.

Dans la pratique spirituelle, nous pouvons parfois faire l’erreur d’assimiler la vie religieuse à une sorte d’auto-flagellation. Ou alors, nous sommes enclins à croire que cette pratique devrait aboutir à un genre « spécial » de pureté. Avec cette idée en tête, nous regardons en nous et, bien sûr, tout ce que nous voyons ne sont que des impuretés. Nous étant formés à une idée de ce qu’est l’illumination, nous examinons notre propre esprit et nous y voyons juste le contraire : confusion et conflits.

Mais ce qu’il faut comprendre c’est que toutes les idées que nous avons concernant la pratique ne sont que des idées, seulement des idées…

Penser, par exemple : « Moi, je suis ici et le Nibbana se trouve là-bas, je ne suis qu’un idiot aux idées confuses et le Nibbana est toute pureté et profondeur » n’est qu’une projection de concepts.

En fait, dans la pratique réelle, illumination veut seulement dire être pleinement attentif et conscient de la confusion elle-même. La sagesse consiste à voir clairement son ignorance. Il ne s’agit pas ici de connaître la sagesse mais bien plutôt d’utiliser la sagesse pour connaître notre ignorance !

Ajahn Tiradhammo

Toute la pratique de l’attention nous ramène à réaliser la vraie nature du fait d’être là, présent. Nous ne tentons pas de nous brancher sur une sorte de  « Sagesse nibbanique » flottant quelque part dans l’espace et nous n’attendons pas non plus que la sagesse nous tombe dans les bras. Ce dont il s’agit c’est d’être conscient de la nature de la condition humaine telle qu’elle est.

C’est seulement à partir du moment où nous comprenons réellement ce qu’est la vie que nous pouvons commencer à la transcender. Si nous tentons de la transcender avant qu’en fait nous la connaissions, nous sommes seulement pris au piège de l’illusion.

Ajahn Chah avait coutume de dire : « Nous devons d’abord ramasser quelque chose avant de réaliser combien c’est lourd ». Nous rendre compte combien c’est lourd, c’est voir dukkha (la souffrance). C’est après avoir vu dukkha que nous pouvons lâcher-prise. Après avoir lâché prise, nous réalisons combien, en fait, c’est léger.

Ah ! Quel soulagement ! Et c’est ici que l’on parle de joie, ou piti comme elle est appelée dans les « Facteurs de l’Illumination ».

Il existe différentes traductions du terme piti, de même qu’il y a différentes sortes de joie. Hier, nous parlions de la manière dont, après avoir été motivé par dukkha pour chercher la Voie, nous arrivions à la confiance : c’est cette confiance qui, à son tour, conditionne la joie.

Ainsi, il y a ces différentes sortes de joie qui, dans la pratique spirituelle, naissent de différentes causes. Dans ma pratique personnelle, j’ai trouvé très utile d’y réfléchir car il semble que l’importance et la fonction de la joie soient souvent perdus de vue lorsqu’on parle de développement spirituel.

Toutefois piti n’est pas seulement le plaisir d’avoir une expérience agréable mais c’est plutôt une expérience qui nous amène à plus d’ouverture dans la vie, à l’éveil. Quand la joie est présente nous sommes prêts à découvrir de nouvelles choses. Par contre, si nous avons déjà décidé que « la vie est souffrance » et que nous la considérons comme un état misérable, alors évidemment nous n’allons pas chercher plus loin.

Regardez les enfants, comme ils observent et veulent constamment découvrir, la fascination qu’ils ont pour les choses. Il est triste de voir comment nous, les adultes, sommes devenus tellement sophistiqués que nous ne prenons plus le temps de regarder les fleurs ou toutes ces choses de moindre importance … Nous fonctionnons à un niveau beaucoup plus conceptuel. Quand nous voyons une fleur, nous pensons immédiatement « fleur » et ensuite : « oui, je sais tout des fleurs, toute ma vie j’ai vu des fleurs et ça, c’est seulement une autre fleur ». En vérité pourtant, chaque fleur est unique : elle est là, à cet endroit, en ce moment, c’est cette fleur-là. La même chose se passe si, par exemple, nous pouvons vraiment écouter chanter un oiseau et entendre seulement le son de ce chant. C’est une chose toute différente que de penser : « Oh, voilà un autre oiseau en train de chanter ». Si nous écoutons vraiment, il y a seulement le son de ce chant en ce moment précis, en cet endroit, dans ces circonstances et il y a la conscience de savoir cela, il y a l’écoute. Voilà une réalité totalement différente du fait de penser : « un autre oiseau en train de chanter ».

Si nous ne faisons constamment que conceptualiser, le dialogue ou bavardage intérieur ne s’arrête plus : « tiens, un oiseau en train de chanter… une fleur là-bas, telle personne est en train de parler, si elle pouvait se taire… une bougie qui brûle » etc.
Et nous croyons tout savoir de la vie !

Tout ce que nous faisons, c’est seulement jongler avec des concepts dans nos têtes et tout ce qu’ils font, c’est de se déplacer d’un côté à l’autre du cerveau, émergeant de la mémoire pour être verbalisés et y replongeant ensuite. Si nous vivons avec seulement des concepts par rapport à la vie, il y a beaucoup de chances qu’elle devienne plutôt ennuyeuse avec toujours ce même rabâchage : « fleur, oiseau, arbre… »

Bien qu’il soit naturel que le langage nous permette d’apprendre, de comprendre et d’exprimer notre compréhension, beaucoup d’entre nous sont devenus prisonniers du langage. La méditation nous donne l’occasion à présent d’amener un changement profond dans notre civilisation occidentale en essayant de comprendre à un niveau non conceptuel. La méditation nous permet de réaliser de manière directe la nature de toute expérience.

Ceux qui croient s’identifier totalement à travers les mots peuvent peut-être trouver cela menaçant, mais il est bien évident qu’il ne s’agit pas de se passer complètement des mots, nous devons pouvoir continuer à nous exprimer et il est nécessaire que nous puissions communiquer. Mais nous devrions reconnaître que les mots que nous utilisons pour communiquer ne sont pas identiques à l’expérience que nous tentons de décrire.

Dans notre société actuelle, la part donnée au silence est tellement mince et les mots sont si bruyants et forts que souvent c’est seulement cela que nous entendons. Pourtant c’est l’importance accordée au silence qui nous donne accès à une manière différente de communiquer.

Comme il est merveilleux d’être à nouveau un enfant et de ne plus être limité par les mots ! Au début, les enfants ne connaissent pas de mot pour désigner une fleur et ils demandent : « c’est quoi, ça ? ». Alors, nous leur répondons : « c’est une fleur ». C’est vrai qu’ils doivent apprendre à communiquer, mais pourquoi n’essayerions-nous pas de répondre : « on appelle cela une fleur mais ce n’est pas ce qu’elle est vraiment, elle est comme elle est, c’est sa nature et c’est parfait ainsi ». Connaître cet état de « simplement, comme les choses sont… », c’est connaître la joie. C’est cette joie qui peut faire revivre en nous tant de belles qualités qui se sont éteintes. A présent nous avons la clé secrète qui peut nous aider à nous libérer de nos habitudes.

Cette joie peut aussi être développée davantage car au-delà de piti ou joie spirituelle existe une qualité beaucoup plus stable appelée sukha. En général, on traduit sukha par bonheur, le contraire de dukkha, mais en fait ce n’est pas suffisant car le bonheur momentané est comme un papillon qui vole de-ci de-là. Il n’y a certainement rien à redire à cela mais bonheur ne traduit pas la qualité profonde de bien-être exprimée par sukha. A force d’avoir vécu tellement avec des concepts, notre vie est devenue ennuyeuse et des moments fugitifs d’excitation en sont venus à nous paraître importants.

Sukha, par contre, signifie : « tout est simplement parfait ». C’est un sentiment de calme et de bien-être qui imprègne notre corps et notre esprit tout entier. Sukha rend l’esprit paisible et non fragmenté, donnant une fondation solide pour samadhi, la concentration.

Mais revenons à présent à la joie : la joie est spontanée. Vous ne pouvez pas la concevoir à l’avance ni la créer : elle vient simplement dans le moment présent. Quand la joie est vraiment là, vous vivez dans le moment présent. Voir la joie ainsi devient un point de référence précieux pour nous car nous savons alors que, si nous vivons une joie véritable, nous sommes dans le moment présent et, inversement, si nous sommes réellement dans le moment présent, une joie authentique se manifeste.

Donc, tâchez de découvrir d’où vient la joie, voyez ce qui la maintient et ce qui la fait disparaître. En faisant cela, nous commençons à cultiver la joie comme un des « Facteurs de l’Illumination ».

Elle devient une des qualités qui nous mènent à l’éveil.

J’ai choisi ce texte, car par les temps que nous vivons, il semble important de trouver sinon une joie intérieure mais tout du moins un calme qui nous permette d’agir dans le bon sens et non de réagir aux évènements extérieurs.

Les évènements extérieurs depuis quelques mois (pandémie, feux, réchauffement climatique…) nous inciteraient plutôt à réagir, à poser des questions « pourquoi ? » mais nous savons bien qu’il n’y a pas de réponse ou quelles sont multifactorielles. Et que les solutions ne dépendent pas que de nous.

Nous pouvons agir si nous le souhaitons en aidant les autres autour de nous, mais nous ne pourrons le faire, de façon judicieuse que si nous sommes habités par ce calme intérieur et cette joie, toute simple. Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

En Afrique du Sud, le peuple zoulou couronne son nouveau roi

De notre confrère france24.com

Le nouveau roi zoulou a été couronné samedi après une longue querelle pour la succession au trône. Fils de la favorite du roi Goodwill Zwelithini décédé en 2021 après cinquante ans de règne, Misuzulu Zulu est contesté par la première épouse et ses descendants.

Autour du petit palais en marbre perché sur les collines, l’agitation est intense : le peuple zoulou couronne samedi 20 août son nouveau roi, souverain traditionnel le plus puissant d’Afrique du Sud, malgré une dispute pour le trône qui dure depuis plus d’un an.

Dans le pays d’Afrique australe, les souverains et chefs traditionnels sont reconnus par la Constitution. Rois sans pouvoir exécutif, ils exercent une autorité morale et sont profondément respectés par leur peuple.

Dans la matinée, une foule chamarrée de plusieurs milliers de personnes s’est rassemblée pour la fête en l’honneur de Misuzulu Zulu, 47 ans, désormais aussi appelé Misuzulu kaZwelithini, du nom de son père, mort l’année dernière après cinquante ans de règne. 

Des troupes de guerriers « amaButho » ont afflué vers le palais, formant d’impressionnantes colonnes hérissées de sagaies et boucliers en peau de bête. Ces protecteurs du roi doivent promettre loyauté et respect au nouveau souverain. 

Guerriers zoulous de la fin du xixe siècle.

Les femmes ont revêtu les tenues traditionnelles, des jupes plissées et des ceintures en perles pour certaines. D’autres sont drapées de tissus à l’effigie du souverain avec l’inscription « Bayede« , « saluez le roi » en langue zoulou. 

Des jeunes filles dansent les seins nus. Chacune à leur tour, elles entrent dans le cercle au rythme de chants de célébration, lèvent la jambe haut avant de faire résonner leurs semelles dans la poussière. 

Les 11 millions de Zoulous du pays, soit quasiment un Sud-Africain sur cinq, ont répondu en masse à l’invitation à célébrer leur culture. « Aujourd’hui le roi sera reconnu par toute la nation zouloue », explique à l’AFP sa sœur, la princesse Ntandoyesizwe Zulu, 46 ans, en sortant apprêtée et un peu fébrile du palais de KwaKhangelamankengane, à Nongoma, petite ville de la province du KwaZulu-Natal, dans le sud-est du pays. 

Un roi controversé

Juste après minuit, le souverain est entré dans « l’enclos à bétail », sorte de temple de la nation zouloue où les hommes, en cercle restreint, communiquent avec les ancêtres. Protégé par une clôture hérissée de troncs d’arbres, l’enclos symbolique était samedi matin interdit aux regards. « C’est un lieu sacré, nous ne pouvons pas révéler au monde ce qu’il s’y passe », dit Muntomuhle Mcambi, 34 ans, un des « amaButho ». 

Au cours de la semaine, le roi a tué un lion dans une réserve proche, dernier rite avant le couronnement. La tradition a été respectée, sans toutefois faire taire la contestation au sein même du palais. 

Copyright : FC Georgio Sujet : Zoulous (Shakaland), Lieu: Province du Natal, Afrique du Sud, Année : 1991

Le défunt roi Goodwill Zwelithini a laissé derrière lui six femmes et au moins 28 enfants. La première épouse clame être la seule légitime et demande à la justice de trancher. Samedi, son clan a annoncé avoir déposé un recours en urgence pour arrêter le couronnement.

« Ceux qui sont zoulous et connaissent les traditions savent qui est le roi », a fustigé Themba Fakazi, conseiller du précédent souverain et partisan de Misuzulu Zulu. D’autres voix dans le palais se sont élevées pour mettre fin à une bataille qui fait du « peuple du ciel » une risée, selon certains.

Misuzulu Zulu est le fils de la troisième épouse et favorite de son père. Il a lui-même deux épouses, dont l’une originaire d’Eswatini, et au moins quatre enfants.

La fortune dont il hérite est également au centre de la querelle. Le roi zoulou jouit de près de 30 000 km2 de terres, environ la superficie de la Belgique, gérées par un trust dont il est le seul administrateur. Il en tire de confortables revenus notamment en percevant des loyers.

Connu pour mener un train de vie fastueux, le roi Zwelithini percevait également environ 75 000 euros annuels de l’État pour son usage personnel et un budget de 7,1 millions de rands (4,2 millions d’euros) par an pour le fonctionnement du royaume, selon un barème du gouvernement.

Le roi doit encore être formellement reconnu par le président Cyril Ramaphosa, une cérémonie doit avoir lieu dans les prochains mois. 

Les Zoulous

Les Zoulous sont un peuple bantou d’Afrique australe, en partie sédentarisé, qui se trouve principalement en Afrique du Sud.

Le peuple zoulou (son nom vient de l’expression amaZulu, « le peuple du ciel ») fut unifié par le roi Chaka, qui fit de son clan de 1 500 personnes une nation redoutable par la conquête et l’assimilation. L’unification zouloue est en partie responsable du mfecane, la vague chaotique d’émigration de clans au-delà des rivières Tugela et Pongola, nouvelles limites du KwaZulu.

Michael Denne –  initialement publié sur Flickr en tant qu’Église apostolique africaine @ Oribi Gorge

Reconnus pour leur armée formidable (impi), les Zoulous se heurtent aux colons boers et à l’armée britannique au xixe siècle avec un acharnement et des tactiques qui prirent à plusieurs reprises les Européens au dépourvu (victoire zouloue à la bataille d’Isandhlwana pendant la guerre anglo-zouloue de 1879). La majeure partie des Zoulous aujourd’hui sont cultivateurs, mais l’urbanisation en a attiré un grand nombre vers les villes au cours du xxe siècle. Les Zoulous urbains se trouvent principalement au Witwatersrand, zone minière dans la province de Gauteng comprenant Johannesbourg et à Durban (dont le nom zoulou est eThekwini), port important du KwaZulu-Natal. La vannerie, la garniture de perles et les chants zoulous sont célèbres.

Sur le plan politique, les Zoulous sont depuis 1980 profondément divisés entre partisans du Congrès national africain (ANC, fondé en 1912) et ceux du Parti Inkatha de la liberté (IFP, fondé en 1975). De violentes émeutes éclatent entre ces partis, dans l’attente de la première élection de l’après-apartheid (Élections générales sud-africaines de 1994). L’IFP l’emporte (uniquement) au KwaZulu-Natal, mais son vote est légèrement en recul aux élections récentes. Depuis quelques années, l’IFP est en coalition avec l’ANC.

Religion et croyances

Sangoma zoulous (guérisseurs). Sangomas saluant le propriétaire du Kraal.

La plupart des zoulous se réclament du christianisme. Quelques-unes des églises auxquelles ils appartiennent sont l’African Initiated Church, en particulier l’Église chrétienne de Sion et diverses églises apostoliques, bien que l’appartenance aux principales églises européennes (l’Église réformée hollandaise, l’Église anglicane et le catholicisme) soit aussi assez répandue. Néanmoins, les Zoulous gardent leurs croyances pré-coloniales du culte des ancêtres sous forme d’un syncrétisme avec le christianisme.

La religion zouloue possède un dieu créateur, Nkulunkulu, qui interagit aussi dans la vie quotidienne des humains, bien que cette croyance se révèle être le résultat des efforts des premiers missionnaires pour adapter le dieu chrétien à la culture zouloue. Traditionnellement, la croyance la plus forte chez les Zoulous ce sont les esprits des ancêtres (Amatongo ou Amadhlozi), qui ont le pouvoir d’intervenir en bien ou en mal dans la vie des gens. Cette croyance perdure parmi la population zouloue.

Pour communiquer avec le monde spirituel, le sorcier (sangoma) doit invoquer les ancêtres à travers un rituel de divination. Alors, un herboriste (inyanga) prépare une mixture à consommer (muti) pour influencer les ancêtres. Les sorciers et les herboristes jouent un rôle important dans la vie quotidienne des Zoulous. Néanmoins, il existe une différence entre le muti blanc (umuthi omhlope), qui a des effets positifs, comme la guérison, la prévention ou la fin de la malchance, et le muti noir (umuthi omnyama), qui peut apporter maladies et mort aux autres, ou une santé mal acquise à celui qui en use. Les pratiquants du muti noir sont considérés comme des sorciers du mal et sont rejetés par la société.

Le christianisme a eu du mal à s’implanter dans la population zouloue, et l’a fait de manière syncrétique. Isaiah Shembe, considéré comme le messie zoulou, présente une forme de christianisme mélangé aux traditions locales.