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La monarchie britannique et la franc-maçonnerie

De notre confrère espagnol rebelionenlagranja.com – Par Mauricette du site Dreuz.Info 

Il y a un détail de la vie des Windsor qui reste peu connu de l’autre côté de la Manche.

Depuis plus d’un siècle, la famille royale est ouvertement liée à l’existence de la franc-maçonnerie. En France, cette société presque secrète est souvent méconnue. Cependant, en Angleterre et dans de nombreux autres pays européens, elle est louée pour ses actions sociales positives. Au Royaume-Uni, il a été élevé au plus haut niveau de considération en se rapprochant du souverain. Et à juste titre, elle est souvent considérée comme l’un des piliers du régime avec la reine, l’Église et le Parlement.

Actuellement, la Grande Loge Unie d’Angleterre est présidée par un cousin direct d’Elizabeth II : le duc de Kent. Il détient le titre de Grand Maître de l’organisation depuis 47 ans. Jamais auparavant un homme n’avait détenu le titre aussi longtemps. Bien que le titulaire actuel ne soit qu’un cousin de la reine, par le passé, ses prédécesseurs ont été encore plus proches de la souveraine.

Edward VII a également été le Grand Maître de la maçonnerie anglaise pendant de nombreuses années. Mais il décide de l’abandonner à son arrivée en 1901 pour devenir protecteur de l’Ordre. Quelques années plus tard, le futur Edouard VIII et le futur George VI rejoignent également la fraternité.

La famille royale restreinte s’est déléguée cette tâche. Mais à la mort du duc de Kent, qui prendra la relève ? La rumeur dit qu’il sera le duc de Sussex, un jeune homme très en vue qui apportera une bouffée d’air frais à la franc-maçonnerie.

Le mot du mois : RIRE

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Rire ? L’idée paraît tellement simple, évidente, spontanée.

Et pourtant… Rien de moins clair.

Une fois encore, l’étymologie entrouvre des pistes de songerie, dans la mesure où nos deux familières langues anciennes ne marchent pas de concert pour une fois.

L’indo-européen *gel- exprime l’idée de ce qui brille. Clean, en anglais. Je ris, dit le grec *gelaô, sans doute parce que le rire éclaire le visage, fait briller la pupille de l’oeil, *glénè. Idée de brillance que l’on retrouve dans le nom de la chouette, *glaukos, aux yeux lumineux dans l’obscurité, telle la déesse de l’intelligence Athéna glaukopis, « aux yeux brillants ». Cependant, c’est ce même sémantisme, auquel est associé le rire, qui fournira le glaucome, qui obscurcit la vision, et l’adjectif glauque…

Le latin confirme cette ambiguïté. Sémantisme strictement latin, *ridere se traduit en français dansles ris et les rires, la risée pour le rieur, la risette au poupon. Affecté de préfixes variés, le mot se colore de péjoration. On fait rire, *de-ridere, aux dépens de quelqu’un, on tourne en dérision ce qui est risible ou dérisoire. *ridiculus désigne le bouffon. Ridicule, ridiculiser…

Par ailleurs, le sourire n’échappe pas à l’ambiguïté. *sub-ridere, rire par en-dessous. Rire sous cape. La franchise y est mise à mal, entachée d’une potentielle hypocrisie. Même les peintres s’en sont méfiés, très peu de tableaux représentent des personnages souriants. Douze années ont été nécessaires à Léonard de Vinci pour peindre celui de Mona Lisa… Et les rieurs, en peinture, non seulement dévoilent une dentition sujette à caution, mais participent souvent de la malignité du diable. En riant à gorge déployée, donc dans l’indécence d’un tel laisser-aller.

Rire carnassier. Sardonique comme celui du penseur grec Diogène (IVe siècle av.JC), cynique comme le nom même du chien dont il se réclame, le rire flirte avec la méchanceté et la mort.

En Grèce antique, le héros reste impassible, montrer ses dents prouve la douleur : ainsi, sur ses poteries à figures rouges, Euphronios (VIe siècle av.JC) peint-il le rictus du géant Antée à l’agonie, privé par la poigne victorieuse d’Héraclès du contact régénérant avec sa mère Terre.

Le devin antique Calchas, pour ne pas avoir écouté la prophétie d’Apollon, s’étouffe dans une explosion de son rire.

Exploser, éclater de rire, les expressions sont explicites. Même dans un groupe qui y trouve à se détendre, à se déplier, se décrisper, on décèle la méchanceté du rire collectif. Celle des dieux homériques qui se gaussent devant les mésaventures des humains, qui les dérident ainsi de leur insondable ennui d’immortalité. Celle de la cruauté des spectateurs devant la peau de banane qui présuppose la chute du passant à venir. Celle du public qui a payé pour assister à la mise à mort théâtralisée par l’amuseur patenté. Celle de la caricature. On y rit d’autant plus fort qu’on se sent hors de sa portée, parce qu’on sait aussi combien elle peut nuire, jusqu’à tuer parfois…

L’explosion est toutefois salutaire, en ce qu’elle libère les tensions accumulées. Crécelle exaspérante, spasmes de la peur en excès. La complicité ainsi suscitée, même artificielle, même frelatée, s’avère nécessaire pour qu’un groupe malmené retrouve momentanément les chemins de la cohabitation.

Même les animaux savent rire, telles les hyènes sarcastiques devant leur festin de chair.

Oui, le rire dérange, son insolence désamorce le dogmatisme, la vérité décrétée.

Or, quiconque ne sait pas rire, observer soi-même et le monde alentour avec autodérision est un individu ennuyeux et surtout dangereux, menacé de sérieux pontifiant.

Comment imaginer de passer sa vie, surtout maçonnique, avec un autrui qui ne nous ferait pas sourire, rire, et surtout qui ne nous donnerait pas envie de le faire rire, sourire ?

La chaleur des sourires bat en brèche la violence des épées brandies à la face du néophyte désaveuglé. Ils feraient peut-être croire à la gentillesse immaculée d’un groupe épargné par le ridicule des jeux de pouvoir …

Sourire de connivence au-delà des mots superflus, sourire de l’oeil qui cligne, de la bouche qui a frémi d’un plissement discrètement évocateur, rire qui irradie le corps et redonne la beauté aux choses. Qui exorcise les démons.

Parce que la sincérité des lèvres a rejoint celle des yeux, les a illuminés de l’intérieur.

Annick DROGOU

As-tu jamais entendu et vu le rire d’un bébé ? C’est un rire de plénitude, de satiété, rire de joie pure. Premiers éclats de rire. Éclats, comme sous le ciseau du sculpteur la vie jaillit, comme une éclosion. On voudrait retrouver et perpétuer ce rire innocent, de rire de joie pure. Un rire sans malice, et d’ailleurs sans aucun mot, qualificatif ou complément, pour l’accompagner et le déformer. Rire doit rester un verbe intransitif, loin du rire moqueur qui a toujours besoin d’un tiers aux dépens de qui rire.

Le ricanement voltairien n’a rien de joyeux, pas plus que le premier rire biblique, le rire de Sarah et d’Abraham, rire d’angoisse : « Abraham tomba face contre terre. Il se mit à rire car il se disait : Un homme de cent ans va-t-il avoir un fils, et Sara va-t-elle enfanter à quatre-vingt-dix ans ? » (Gn 17,17), le rire comme expérience spirituelle du doute. Qohèleth nous rappellera plus tard qu’il y a « un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser » (Qo 3, 4). Le rire est comme la danse, une libération.

Que la joie soit dans les cœurs !

Rire ou sourire ? Dans l’Histoire des émotions[1], ouvrage dirigé par Georges Vigarello, l’historien anglais Colin Jones observe qu’« alors que les Grecs de l’Antiquité distinguaient le sourire du rire, cela ne fut pas le cas parmi les Romains. Le latin classique se contenta du verbe ridere (rire). Sur le tard, le latin adopta tout de même un mot pour nommer l’action de sourire. » Colin Jones remarque qu’il faut attendre le XIIIe siècle, « près d’un millénaire après la chute de l’Empire romain, le sourire refit surface sur tout le continent dans le vocabulaire de la culture européenne ». Cette preuve linguistique conforte l’hypothèse de Jacques Le Goff, citant l’énigmatique et doux sourire de la cathédrale de Reims (sculpté entre 1236 et 1246), selon laquelle l’ “invention“ du sourire fut une réalisation du XIIIe siècle[2]. »

Et ce sourire nous restera infiniment mystérieux comme le sourire énigmatique de Mona Lisa. Comme si le rire parlait fort dans l’instant quand le sourire s’exprime silencieusement dans l’éternité. Tous les sourires… Celui de l’ange de Reims, de Mona Lisa, ou le tien.

Jean DUMONTEIL

1. Georges Vigarello (sous la direction de), Histoire des émotions. 1. De l’antiquité aux Lumières, Éditions du Seuil, 2016.

2. Jacques Le Goff, Un autre Moyen Âge, Gallimard 1999, p. 1352


[1]     Georges Vigarello (sous la direction de), Histoire des émotions. 1. De l’antiquité aux Lumières, Éditions du Seuil, 2016.

[2]     Jacques Le Goff, Un autre Moyen Âge, Gallimard 1999, p. 1352

Les fleurs d’acacia

De notre confrère expartibus.it – De Rosmunda Cristiano

Le long des rues
du mois de mai éphémère,
les fleurs d’acacia
ornent les arbres
comme des boules de neige.

Quelques jours seulement
pour nous rappeler que le temps
est comme le vent qui passe
de feuille en feuille,
de fleur en fleur…

Et ce parfum subtil,
sur les pentes raides,
ne reste qu’à quelques-uns,
comme un rappel éphémère,
de la saison à venir.
Stefano Tini – Les fleurs d’acacia

La feuille d’acacia, que l’on voit fréquemment en insigne sur le col de la robe des francs-maçons exposée, forgée dans une matière précieuse, savamment émaillée, est parmi les nombreux symboles maçonniques celle qui a sa particularité et qui, plus que la autres , suscite l’intérêt et la curiosité des Frères. Moi, personnellement, je l’aime.

Depuis l’Antiquité, l’acacia, grâce à la consistance extrêmement dure de son bois, était considéré comme représentatif de la pérennité, donc métaphoriquement ramené à la vie éternelle ; pour confirmer cette croyance était aussi sa couleur verte, idéalement associée à la vie.

Dans la culture égyptienne, il avait une valeur divine, initiatique, de renaissance à une vie nouvelle, comme en témoigne le culte d’Osiris. La légende ancienne raconte qu’Osiris a été tué et mis en pièces par son frère Seth. Sa femme – soeur, Isis, désespérée, se mit à la recherche du corps de l’aimé et, trouvant les membres manquants, pour le faire revivre, il les remit ensemble dans un cercueil en bois d’acacia.

Il existe d’autres références anciennes de l’importance sacrée de cet arbre. Selon la légende, le buisson ardent à travers lequel Dieu se présenta à Moïse était un acacia. Dans le livre de l’Exode, dans l’Ancien Testament, il est dit que Beselcel a construit l’Arche en utilisant du bois d’acacia recouvert d’or pur.

De plus, tous les feux sacrés étaient faits en brûlant du bois d’acacia et, toujours avec le même bois, des bûchers étaient créés sur lesquels les corps des rois et des prêtres étaient incinérés.

Pour les Juifs c’était, et c’est encore aujourd’hui, l’arbre qui fournissait le bois sacré Shittim, qui, de par ses caractéristiques, est incorruptible, donc le seul digne de contenir les Tables de la Loi, le pacte entre Dieu et l’homme. .

Mais revenons à la franc-maçonnerie dans laquelle elle représentait et représente le symbole de la résurrection, la mort idéale qui conduit à la renaissance de la pensée.

Il existe une légende selon laquelle trois branches auraient pris vie au tronc d’un acacia : l’une de figuier, qui fait référence à la franc-maçonnerie égyptienne ; un en chêne, franc-maçonnerie suédoise ; celui d’acacia lui-même, celui de la franc-maçonnerie écossaise. Ce dernier, selon la tradition, aurait été celui qui, de manière plus directe, aurait transmis le vrai message d’initiation.

Le mythique architecte du Temple de Salomon, Hiram Abif, assassiné par les trois compagnons maléfiques qui voulaient indûment obtenir la parole du Passo di Maestro, a été enterré la nuit par ses assaillants, qui ont planté une branche d’acacia sur le tertre, indice qui aidera à retrouver les restes. Il est curieux que les tueurs, qui auraient dû vouloir cacher leur crime, aient rapporté l’enterrement de cette manière.

L’acacia acquiert ainsi une double valeur, comme ces outils de construction, l’équerre, la règle et le maillet utilisés par les assassins pour tuer, donc pour détruire. De la même manière, cette branche d’acacia, plantée dans le sol comme indice de reconnaissance du corps, devient le signe du Maître, l’incarnation d’Hiram. Les devoirs représentés par l’Acacia sont : l’innocence, l’incorruptibilité, la chaleur et la lumière du soleil, vertus qui rendent immortels ceux qui les acquièrent. En effet, dans la symbologie de la maçonnerie, le Triangle intervient pour réconcilier les contraires.

Quelle signification la présence de cette branche a-t-elle pour les francs-maçons ? Son caractère imputrescible, le fait qu’il soit toujours vert, fait évidemment référence à l’immortalité, en accord avec la légende d’Hiram.

Si la connaissance est à l’ombre de l’acacia, doit-on en déduire que la connaissance est immortelle ? Puisqu’elle se « repose », cela signifie-t-il qu’elle doit être réveillée ? Mais où peut-il se reposer sinon en nous-mêmes ?

Il ne peut s’éveiller que lorsque la chair quitte les os, lorsque l’homme prend conscience de ce qu’est la matière et de ce qu’est l’esprit, ce qui est symbolisé par le compas placé sur le carré.

La loge, moi collectif des francs-maçons, aide à retrouver leur unité, élevant le Maître à travers les cinq points parfaits de maîtrise.

Les caractéristiques de l’acacia sont propres à symboliser la pensée et l’œuvre des Frères : sa vitalité, sa vigueur, la solidité de son bois, la profondeur de ses racines, la douceur de son feuillage, le parfum délicat de ses fleurs. !

Sa symbologie n’est donc pas la représentation abstraite de concepts philosophiques mais un message qui parle à notre âme, qui stimule profondément une empathie indéfinissable.

C’est pourquoi j’aime l’acacia, ses belles feuilles, simples, humbles, sincères. J’aime sa vitalité et sa vigueur, l’espoir éternel qu’il émane, sa continuation de vie toujours, espérant des succès toujours plus heureux dans notre long voyage vers la Lumière.

15/06/22 : Bartholdi vous invite « Au théâtre ce soir » !

« Les trois coups au théâtre », tel est le thème de la 8e conférence publique et gratuite de la Respectable Bartholdi N° 500, Loge Provinciale de Recherche, Cercle Villard de Honnecourt Provincial en Provence.

Mercredi 15 juin 2022 à 19h, au Temple de La Garde, ladite Loge vous prie d’assister à une formidable représentation.

Au théâtre, comme si vous y étiez… La sonnerie retentit, vous êtes installés confortablement, les trois coups résonnent et le rideau s’ouvre…

Le brigadier

Le conférencier d’un soir est Philippe Vidal, artiste reconnu aux talents et pratiques artistiques multiples. Comédien, puis auteur de pièces, scénariste, metteur en scène, directeur artistique sur de prestigieuses scènes régionales et nationales, il vous contera le pourquoi du comment des trois coups au théâtre, de sa symbolique, de ses superstitions et sa démarche initiatique !

« Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle. » William Shakespeare (1564-1616), « The Merchant of Venice ».

Illustration : Le portrait Chandos est l’un des rares portraits de Shakespeare considéré comme authentique.

Infos pratiques : Mercredi 15 juin 2022, à 19 heures

Grande Loge Nationale Française – Grande Loge Provinciale de Provence/Temple de La Garde,64 rue Cugnot 83130 LA GARDE

Conférence publique gratuite et ouverte à toutes et à tous/Ticket repas en vente sur place : 20 €

Pour tous renseignements : Henri Couilliot : henri.couilliot@orange.fr

Dominique Didier : didier.dominique@icloud.com

23/06/22 : Conférence sur « Sir John Throckmorton » au Freemason’s Hall de Londres

Nous vous invitons à prendre connaissance de l’annonce des « June Lectures » faite par Ric Berman* ce lundi 6 juin 2022 aux Quatuor Coronati Circle (membres correspondants de Quatuor Coronati).

« Juste un petit rappel que notre prochaine réunion est le jeudi 23 juin, à 16h00 au FMH** à Londres, où David Peck présentera sa communication : « Sir John Throckmorton : Un franc-maçon catholique dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. »

Nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous. L’article de David peut être lu en ligne avant la réunion et si vous avez des questions ou des commentaires pour la publication dans AQC, veuillez les envoyer à editor@quatuorcoronati.com.

Paul Calderwood prendra la parole quelques jours plus tard, le 28 juin, à la Berkshire Lodge of Enlightenment à Sindlesham, près de Reading : « As we were seen – La presse et la franc-maçonnerie ». Tous les membres du CQOC sont invités à y assister. Cliquez sur les liens pour la convocation et le formulaire d’inscription.

Les conférences données par d’autres membres de la QC Lodge au Royaume-Uni et à l’étranger sont listées ici, et le programme actuel de la QC Lodge pour 2022 est ici.

Nous sommes impatients de vous voir.

Avec nos chaleureuses salutations fraternelles et nos meilleurs vœux. »

En savoir + : www.quatuorcoronati.com

Quatuor Coronati Lodge N° 2076

Plus ancienne des Loges de recherche [NDRLR : la seconde fut celle de la GLNIR la RL « Saint Claudius » N° 21], Quatuor Coronati Lodge a été constituée à la demande de neuf francs-maçons, dont l’historien Robert Freke Gould. La Grande Loge Unie d’Angleterre lui accorde sa patente constitutive le 28 novembre 1884, avec le numéro 2076, mais elle ne tient sa première réunion que le 12 janvier 1886, son premier président, colonel de l’armée anglaise, ayant été envoyé en mission en Afrique. Son nom évoque celui des quatre Saints couronnés, patrons des maçons, mentionnés en 1390 dans le manuscrit « Regius ».

Pour mémoire, les quatre couronnés furent Sévère, Séverin, Carpophore et Victorin qui, par l’ordre de Dioclétien, furent fouettés à coups d’escourgées de plomb – fouet fait de plusieurs lanières de cuir – jusqu’à ce qu’ils en moururent…

*Nous devons notamment à Ric Berman « The Foundations of Modern Freemasonry – The Grand Architects – Political Change and the Scientific Enlightenment, 1714–1740 » (Eastbourne: Sussex Academic Press, 2012).

**Le Freemasons’ Hall (FMH) de Londres est un bâtiment situé sur Great Queen Street – au 60 – entre Holborn et Covent Garden. Il est le siège de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) et du Suprême Grand Chapitre des Maçons de l’Arche Royale en Angleterre.

20/06/22 : GLMN-GLIFF s’unissent dans le Var pour une Tenue commune exceptionnelle

Aleph de la Grande Loge Initiatique Féminine Francophone, Lumière & Bienveillance, Fraternité et Étoile du Matin de la Grande loge Mixte Nationale s’associent le 20 juin 2022 pour une tenue commune exceptionnelle au 1er degré à l’occasion de la Saint-Jean d’été.

Les travaux sont ouverts au 1er degré.

La Grande Loge Initiatique Féminine Francophone et la Grande Loge Mixte Nationale ont signé un traité d’amitié et de double appartenance, il y a 5 ans. Depuis, les intervisites sont régulières. C’est la première fois qu’une Tenue commune est organisée entre les deux Obédiences.

Présentation des Obédiences

La Grande Loge Mixte Nationale est une obédience mixte sous forme de Fédération de Loges qui permet de faire un choix entre loges masculines, féminines ou mixtes. En octobre 2021, elle recense 112 loges rassemblant 1500 membres. Ces ateliers pratiquent des rites différents, tel le Rte Écossais Ancien et Accepté (REAA), le Rite Écossais Rectifié mixte ou non (RER), le Rite Opératif de Salomon (ROS), le Rite Français, le Rite d’York, le Rite Émulation, et différents Rites Égyptiens (RAPMM, RM, RPMM). La Grande Loge Mixte Nationale détient les patentes de tous les rites pratiqués dans ses loges.

La Grande Loge Initiatique Féminine Francophone, Fortes de leur parcours initiatique au sein de la Grande Loge Féminine de France, un certain nombre de sœurs ont décidé de fonder une nouvelle obédience plus spécifiquement vouée à la recherche spirituelle s’appuyant sur les traditions initiatiques qui constituent le fondement de leur pratique maçonnique. 

Porteuses de la tradition reçue et conscientes de leur devoir de transmission, elles accueillent de plus en plus de sœurs ou de profanes désireuses de retrouver ou de trouver un cadre de recherche serein et bienveillant, dépourvu de contraintes fonctionnelles et entièrement voué à l’initiatique.

Parce​ que la démarche initiatique repose sur une intimité partagée, selon elles, les franc-maçonnes de la Grande Loge Initiatique Féminine Francophone, considèrent que la gouvernance de la loge doit être assurée par d’autres femmes, pour une meilleure imprégnation de la méthode maçonnique.  

Pour autant, leurs travaux sont partagés sans réserve avec les frères et les sœurs des autres obédiences.  C’était il y a 5 ans déjà.

Critiquer l’autre !

Ésope, créateur de la fable, premier texte du genre au VII-VIème siècle av. J.-C., nous a délivré un nombre important d’apologues à méditer. Les sujets en sont divers, familiers et évocateurs des penchants humains (trop humains) ! 

Ses courts textes sont très connus ; d’autres un peu moins… La plupart interrogent sur les relations aux uns et aux autres dans ce vaste monde : tel celui qui évoque la critique et l’affront du jugement, des railleries, de la jalousie et du ressentiment. Jugez-en vous-même !

« Zeus, Prométhée et Athéna, ayant fait, l’un un taureau, Prométhée, un homme, et la déesse une maison, prirent Momos pour arbitre.

Momos, jaloux de leurs ouvrages, commença par dire que Zeus avait fait une bévue en ne mettant pas les yeux du taureau sur ses cornes, afin qu’il vît où il frappait, et Prométhée également en ne suspendant pas dehors le cœur de l’homme, afin que la méchanceté ne restât pas cachée et que chacun laissât voir ce qu’il a dans l’esprit. Quant à Athéna, il dit qu’elle aurait dû mettre sur roues sa maison, afin que, si un méchant s’établissait dans le voisinage, on pût se déplacer facilement.

Zeus, indigné de la jalousie de Momos, le chassa de l’Olympe. »

Que ce soit l’œuvre d’un Dieu, d’une déesse ou d’un homme, aucune ne fut différenciée par Momos, et aucune, non plus, n’eut grâce à ses yeux. Cette déploration sans nuance et surtout narquoise lui coûta donc sa place au Panthéon…

Pouvait-il en être autrement ? Zeus, Athéna et Prométhée n’avaient-ils pas dès le départ, choisi fort imprudemment la divinité connue pour son esprit chagrin, son aptitude permanente à fustiger toute chose par le sarcasme et l’ironie ? Que pouvaient-ils espérer de ce personnage de seconde zone, si ce n’est une critique perfide de leurs inventivités personnelles ?  Était-ce bien « au bouffon » qu’il fallait s’en remettre si tous trois, quel que soit leur statut, espéraient profiter d’un regard sincère, obtenir un avis plus justifié et plus productif quant à la portée de leur travail créatif ?

Il en est ainsi de la légèreté pour le moins spécieuse de nombreux critiques des institutions maçonniques : à l’extérieur, les jugements délivrent sans se lasser, des idées éculées, que les Frères et les Sœurs déplorent, car disent-ils, « elles ne distinguent pas et sont vides d’intérêt ». À l’intérieur, beaucoup (sauf peut-être vis-à-vis de leur propre obédience ?) se montrent, comme Momos, persifleurs ou censeurs. Il est vrai qu’il n’y a pas plus sûr moyen que de blâmer et d’accabler…

À l’inverse, considérer avec respect les autres et leurs potentialités, animer les énergies dans le monde profane comme dans les ateliers, reconnaître les différences des rites pour œuvrer à l’épanouissement spirituel de chaque être et stimuler les ardeurs pour les rassembler est un travail plus exigeant, la manifestation d’un souci étoffé par la spontanéité, l’enthousiasme et la générosité !

On prête à l’académicien Jules Claretie (1840-1913) cette sentence judicieuse :

« Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire et surtout la grande armée des gens, d’autant plus sévères, qu’ils ne font rien du tout. »

Ce qui est vrai pour les hommes l’est pareillement pour les femmes. Et que toutes et tous gardions la phrase en mémoire au moment d’engager une action !

Ouvriers d’Hiram Abiff. La Tradition Initiatique (III)

De notre confrère elnacional.com – Mario Munera Muñoz PGM

Dans le Livre de la Loi (La Bible), dans Isaïe, il y a un verset que notre auguste institution prend comme référence maçonnique, car il fait référence à un symbole très important, tel que « La Pierre ». (Is. 28 : 16-17), « C’est pourquoi le Seigneur, l’Être éternel, dit ainsi : Voici, je vais fonder en Sion une pierre, une pierre de force, une pierre angulaire, choisie, solidement fondée… Je ferai le droite une corde, et de la justice un niveau. 

Les œuvres du GADLU sont les modèles de la Maçonnerie Sacrée. En héb. 11:10: « Car il attendait la ville qui a des fondations, dont Dieu est l’architecte et le constructeur. » La franc-maçonnerie est pleine de mystères non communiqués à tout le monde. Tout le monde ne participe pas à la connaissance, il faut être qualifié, intérioriser les messages des « Symboles », non pas pour les connaître, mais pour les « comprendre », pour cela il faut pratiquer le détachement, être détaché de tout sur ce plan illusoire et fantasmatique. Tout le monde ne participe pas à l’agape de la connaissance, seuls ceux qui comprennent sont reconnus, ceux qui ont ouvert leur conscience, ceux qui acceptent qu’il y a quelque chose au-delà de ce plan physique, et leur être intérieur est ouvert pour recevoir la sagesse.

Le chemin spirituel ne donne pas la connaissance, il vous donne seulement la sagesse, qui est le moyen de comprendre la connaissance et la vérité. La première étape est de « se connaître », de construire notre Temple intérieur, pour pouvoir transformer son environnement. Si un Grand Temple n’est pas construit avec vertus et justice, il n’est pas maçonnique. La gentillesse, la compassion, la fraternité sont aussi essentielles à une ville que son architecture. La tour de Babel avait la confusion parmi les constructeurs et les ouvriers, à cause du pouvoir, de l’ambition démesurée, ils voulaient être comme des dieux, donc un voile a été fait sur leur conscience, et étant fermés ils ne comprenaient pas pourquoi et à quoi servait le travail. Ils se sont éloignés du Divin. Les principes d’une vraie maçonnerie ne régnaient pas : sagesse, force, beauté, vertus et bonté dans leurs cœurs.

Le franc-maçon construit avec sa conscience posée sur le GADLU Le franc-maçon cherche une cité non faite de la main de l’homme, bien que sa conscience reste voilée, cela montre qu’il y a des mystères qui ne lui ont pas encore été révélés. La franc-maçonnerie est une auguste institution spirituelle qui communique avec des « Symboles » et cherche la compréhension de la vérité vers le chemin de la Lumière. Il a des défauts, mais seulement visibles pour ceux qui le traversent. Ses réunions se tiennent dans des Temples érigés à la Sagesse. Nous sommes bâtisseurs de notre temple intérieur et en même temps du temple extérieur car la société qui veut se transformer en quelque chose de plus juste et vertueux, subsiste grâce aux bâtisseurs qui sont à la fois les pierres angulaires des temples : c’est le seul bâtiment bien conçu. Nos temples sont réalisés avec de vrais maîtres initiatiques, seuls possesseurs du vrai mot de passe. La construction n’entre pas dans celui qui veut, mais dans celui qui peut et est qualifié. Nos vertus nous protègent de tomber dans les basses passions, la taille des pierres nous apprend que l’art et l’architecture surmontent les difficultés. Notre être intérieur est un lieu saint et ses vertus sont sacrées. Notre temple intérieur est construit sans le bruit d’un marteau, d’un ciseau, d’une pioche ou d’une pelle. il semble que les pierres aient déjà été taillées, nous sommes le temple que nous construisons jour après jour, et chaque fois que nous dévions de nos vertus, nous nous reconstruirons au jour le jour, au quotidien avec la pratique du silence, de la méditation et de l’obéissance à nos principes initiatiques. La Lumière dans notre temple est la Lumière pour le monde, car c’est ce que nous reflétons avec nos vertus. Lorsque nous entrons dans notre temple intérieur, nous cherchons l’Ara ou l’Autel pour prier (parler au GADLU) et méditer (écouter la parole du GADLU) avec l’intention de reconstruire notre temple que nous avons bombardé de nos basses passions, nous nous retrouvons dans la lutte avec nos contraires, la loi de la dualité, entre l’interne et l’externe. Mais un enseignant doit transcender la dualité avec sa conscience élevée, peu importe ce qui échoue, de la tempête il revient au calme. C’est le moyen de ressentir la réalité de l’être. 

Toute cette tradition qui nous enseigne le message des Symboles en Franc-Maçonnerie, n’est vraie que si elle est vécue et comprise. La franc-maçonnerie est une institution qui enseigne la pensée immuable, les messages des sphères supérieures, des états originels. Ceux qui ne connaissent pas et ne comprennent pas la franc-maçonnerie la conçoivent comme une école de perfectionnement, moraliste, qui est loin de son objectif principal : ouvrir la conscience et être libre. Il y a trop de gens curieux qui ont été initiés à la franc-maçonnerie, et ne la comprennent même pas après de nombreuses années, et même avec leur compréhension moraliste, cela ne fait pas d’eux de meilleures personnes. Le chemin initiatique est un chemin vers l’état originel, un lieu qui s’est perdu le jour où l’être humain a fermé sa conscience, et erre dans ce plan physique avec un voile sur sa conscience, qui ne perçoit que le fantasme, illusion et souhaite lever le voile par la connaissance métaphysique. Le chemin initiatique est le chemin vers la Lumière.

Les Francs-maçons demandent un permis pour faire revivre le club abandonné de West Stockbridge (USA) en tant que loge

De notre confrère américain berkshireeagle.com – Par Par Heather Bellow, L’aigle du Berkshire

WEST STOCKBRIDGE (USA) – Les plans de remodelage et d’utilisation du West Stockbridge Sportsmen’s Club, abandonné depuis longtemps, en tant que loge maçonnique font l’objet d’une audience publique lundi soir. En avril, la Great Barrington Masonic Temple Association Inc. a déposé une demande de permis spécial auprès du Planning Board pour rénover le pavillon principal sur l’empreinte existante.

Les loges maçonniques de Great Barrington et de West Stockbridge prévoient chacune d’utiliser le bâtiment pour des tenues nocturnes une fois par semaine, ainsi que pour une tenues nocturne mensuelle « le vendredi ou avant la pleine lune, à l’exclusion de juillet et août« , selon la demande de permis.

Cela représente neuf tenues par mois, selon les documents.

Les pavillons organiseraient également cinq événements supplémentaires, hors maçonniques, chaque année, qui pourraient inclure « des cuissons de palourdes, des derbies de pêche, des cuissons de steak et des activités de plein air ».

« Les maçons sont réputés pour être de bons voisins – leurs croyances fondamentales incluent la fraternité, la charité et la bienveillance. Toutes les réunions sont calmes et respectueuses. »

Le demande indique que la circulation serait légère, les niveaux de bruit «respectueux» et note que la consommation d’alcool sur la propriété sera interdite.

Les maçons informeront également les voisins des événements.

Les voisins de la propriété, qui comprend un accès direct avec une maison, ont refusé de commenter les plans.

Le Great Barrington Masonic Temple a acheté la propriété de cinq acres en mars pour 120 506 $ à l’ancien propriétaire, West Stockbridge Sportsmen’s Club Inc. Elle est évaluée par le bureau de l’évaluateur à 249 600 $. 

La ville avait presque pris la propriété de la société en 2019 pour un manquement fiscal d’environ 49 500 $ qui remonte à 2005, selon un rapport de The Eagle.

Cette société a été dissoute en 2012. 

Outre le club principal, d’autres bâtiments sur la propriété comprennent deux petits pavillons de pique-nique et deux structures accessoires.

La propriété se trouve sur Sportsmen’s Club Lane au large de Main Alford Road et jouxte un terrain de préservation de l’État d’un côté, la rivière Williams de l’autre et une propriété privée dont la résidence est à 350 pieds du bâtiment principal du club. L’application affiche 10 butters à proximité.

En 1972, la propriété a été vendue pour 1 500 $.

Son utilisation en tant que loge des francs-maçons sera moins gênante pour la ville que son utilisation précédente en tant que club social, indique la demande.

« Lorsque la propriété était utilisée comme club de sportifs, les membres du public s’y rassemblaient jusque tard dans la nuit pour boire de l’alcool et organiser des fêtes bruyantes », indique-t-il.

Le membre Christopher Tonini a déclaré que la loge espère « établir des relations solides et durables avec les voisins environnants et dans la ville de West Stockbridge avec notre loge fraternelle (Wisdom Lodge) située au centre de la ville ».

Le temple de Great Barrington est à l’origine basé à Great Barrington et est également connu sous le nom de Cincinnatus Lodge, l’un des 23 aux États-Unis fondé par Paul Revere, selon le site Web des francs-maçons du Massachusetts. C’est la loge sœur de l’organisation West Stockbridge, connue sous le nom de Wisdom Lodge.

Wisdom Lodge, agréé en 1803, est le troisième plus ancien de l’ouest du Massachusetts, selon le site Web. C’est l’une des trois loges « pleine lune » de la région.

« Les loges de la pleine lune se réunissent pendant ou avant la pleine lune et remontent à une époque où les membres voyageaient en calèche, à cheval ou à pied et avaient besoin de la lumière de la lune pour les guider », indique le site.

« La franc-maçonnerie, parfois simplement appelée maçonnerie, est la plus ancienne et la plus grande fraternité du monde », note le site Web. « Elle vise à promouvoir l’amitié, la moralité et l’amour fraternel parmi ses membres – des hommes de toutes races, religions, opinions et origines… »

Le site Web indique qu’il y a plus de trois millions de membres dans le monde.

Cette histoire a été corrigée pour dire que les francs-maçons ont acheté la propriété aux anciens propriétaires, pas à la ville. 

Pour monter sur une échelle, il faut monter une marche à la fois

De notre confrère expartibus.it – Par De Rosmunda Cristiano

La Bible raconte l’histoire de Jacob qui, au cours de son voyage, voulant se reposer après le coucher du soleil, prit une des pierres qui étaient sur le sol et, la plaçant sous sa tête, s’endormit au même endroit.

Dans un rêve, il a vu une échelle qui reposait sur la terre, tandis que son sommet atteignait le ciel et des anges qui la parcouraient. Au bout de l’escalier se trouvait le Seigneur qui lui dit :

« Je suis l’Éternel, le dieu d’Abraham, ton père, et le dieu d’Isaac. Je donnerai la terre sur laquelle tu t’es couché, à toi et à ta postérité ».

Au matin, s’étant réveillé du sommeil et comprenant le pouvoir de la pierre qu’il avait placée comme oreiller, Jacob la souleva, la planta sur la terre comme une stèle et répandit de l’huile sur son sommet et dit :

« Cette pierre, que j’ai érigée en stèle, sera une maison de Dieu ; Je t’offrirai la dîme de ce que tu me donneras ».
Genèse, 28

L’échelle est un symbole, elle a toujours représenté la connexion entre le ciel et la terre, entre les morts et les vivants, la communication entre Dieu et l’homme, la possibilité de s’élever vers les dimensions subtiles.

Le Bouddha lui-même est descendu du mont Meru en utilisant un.

Les peintures avec les âmes des hommes représentés alors qu’ils montent et descendent une échelle sont courantes dans les œuvres d’art illustratives de la mythologie indienne.

Dans la grotte de Mithra, il y en avait une à sept marches qui reproduisait les sept sphères des planètes au moyen desquelles les âmes montaient et descendaient.

Les magiciens de Perse imaginaient que les âmes des morts devaient parvenir au Soleil par sept portes de sept métaux différents, placées sur un très haut escalier.

Dans la tradition islamique, Mahomet a vu un escalier qui, dans le Temple de Jérusalem, s’élevait vers le ciel, avec des anges à droite et à gauche ; sur l’échelle, les âmes des justes montaient vers Dieu.

Dans la Divine Comédie, Canti XXI et XXII del Paradiso, Dante écrit qu’il voit, dans le ciel de Saturne, une échelle d’or s’élever jusqu’à la dernière sphère céleste, sur laquelle montaient les âmes des bienheureux.

Les ascensions signifient toujours transcender la condition humaine pour pénétrer dans les niveaux cosmiques supérieurs et elles distinguent les initiés de la grande masse des laïcs.

Saint Augustin affirme qu’à travers les degrés des diverses vertus morales on parvient au sommet de l’échelle, c’est-à-dire au Bien Suprême : c’est donc l’emblème qui indique l’ascension graduelle, c’est-à-dire le progrès.

Et en franc-maçonnerie ?

L’augmentation du salaire de Compagnon, par l’utilisation du niveau, aurait dû apprendre au Frère à transformer la Pierre Brute en Pierre Cubique, l’aidant à remonter un escalier courbe de cinq marches, pour se retrouver, dès que cet obstacle est franchi et surmonté, de faire face à l’escalier de sept marches au sommet duquel brille la lumière de la connaissance suprême.

Dans le parcours initiatique, l’importance symbolique attribuée aux marches de l’échelle servant à s’élever vers les plans supérieurs de l’existence humaine est évidente : du plan physique on accède au plan spirituel.

Les échelons, depuis les temps anciens, ont fait référence à la progression vers un plan supérieur, donc plus proche du divin, du ciel; en fait, la plupart des temples des civilisations anciennes ont été construits en gradins, comme les pyramides égyptiennes et d’Amérique centrale, les tours mésopotamiennes et les temples grecs.

L’initié est appelé à faire de nombreux voyages symboliques au cours de son parcours. A partir des quatre éléments constituant l’essence de toutes choses, approfondis symboliquement dans les quatre voyages prévus par le rituel d’initiation, en gravissant une échelle à trois marches, les cinq voyages du compagnon sont entrepris, résumant les traditions gnostiques occidentales.

Chaque « état maçonnique » est bien décrit par un chiffre : trois et cinq résument l’essence de l’apprenti d’abord puis du compagnon. En tant que Maître, cependant, il est nécessaire de comprendre et d’appliquer la conception septénaire de l’univers, ce n’est qu’ainsi que nous pourrons accéder à tous les nombres supérieurs.

Le chiffre sept a toujours joué et joue toujours un rôle important dans de nombreuses cultures.

Les exemples de la valeur symbolique de ce chiffre sont nombreux, voyons-en quelques-uns.

Sept étaient les planètes connues, ainsi que les métaux.

Sept sont les jours de la semaine et exactement le temps qu’il faut à Dieu pour créer le monde.

Il y a sept péchés capitaux, sacrements et vertus catholiques : trois théologales, foi, espérance, charité et quatre cardinaux, justice, tempérance, prudence, force.

Il existe sept arts libéraux.

Sept est le nombre bouddhique de complétude.

Sept flammes entourent la divinité pré-védique Agni, dieu du feu qui incarne les forces de la lumière, fils du ciel et de la terre.

Sept sont les chakras.

Il y a sept notes comme représentation de la musique qui, en réglant le chaos, crée l’Harmonie dans l’univers.

Sept sont les merveilles du monde ancien et moderne.

Sept sont les lettres adressées aux Églises respectives par Jean dans l’ Apocalypse .

Il y a sept nuances de l’arc-en-ciel, ou les couleurs primaires du spectre identifiées par Newton, qui s’appuyait sur des théories philosophiques sophistiques.

Le nombre sept servait à indiquer le saut vers le supérieur, ce qui va au-delà, vu la large diffusion dans le monde assyro-mésopotamien de la base soixante, sept est le premier nombre pour lequel la base de ce système ne peut être divisée en parties exactes de numérotation que, à ce jour, nous utilisons pour la détection des mesures de temps et d’angle.

Sept représente l’expression privilégiée de la médiation entre l’humain et le divin, comme la somme de trois, la trinité divine, plus quatre, les éléments qui composent le monde.

Les concepts liés à la symbolique de l’échelle avec celle du nombre sept, peuvent prendre d’innombrables significations : l’échelle des vertus, des « arts libéraux » et des planètes dans les mystères mithriaques.

Dans le contexte maçonnique, l’escalier est le protagoniste du rite écossais, comme le rappelle Mariano Bizzarri dans « L’escalier mystérieux au degré XXX du rite écossais » .

Dans la chambre de l’Aréopage, degré XXX du Rite Écossais, au centre du Temple, se trouve un double escalier, l’Escalier Mystérieux, composé de sept marches de chaque côté. Les ascendants portent les noms des sept arts libéraux ou, de bas en haut : Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique et Astronomie ; du côté descendant les marches conduisent de haut en bas les noms de Prudence, Engagement, Travail, Foi, Douceur, Pureté et Justice. L’inscription « amour du prochain » apparaît sur le premier pilier ; sur le deuxième « l’amour du Très Haut ».

La volonté de monter à un niveau supérieur reproduit la pierre angulaire même du maçon : l’amélioration n’est possible qu’en suivant le chemin vers la « lumière », une route « en montée », caractérisée par de petits pas en avant, en montée !

Frère Giuseppe Mazzini, dans ‘Du Conseil à Dieu’ , 1870, écrit :

Nous voyons dans les anges l’âme des justes qui ont vécu dans la Foi et sont morts dans l’Espérance. Dans l’ange gardien et inspirateur, l’âme de la créature qui nous a aimés très saintement et constamment, nous a aimés en retour sur terre, et a eu pour récompense la mission ou le pouvoir de veiller sur nous et de nous faire du bien : l’Escalier entre terre et le ciel, entrevu en rêve de Jacob, représente pour nous la double série ascendante et descendante de nos transformations sur le chemin de l’initiation à l’Idéal divin, et des influences bénéfiques exercées sur nous par les êtres chers qui nous précèdent sur ce chemin.

Je conclus en citant les paroles d’un autre Frère célèbre :

Pour faire le premier pas, vous n’avez pas besoin de voir tout l’escalier.
Martin Luther King