Le 24 avril 2026, le Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France (GCG-RF GODF) a pris part, à Erevan, à la commémoration nationale du génocide arménien.

Au mémorial de Tsitsernakaberd, haut lieu de recueillement du peuple arménien, une délégation conduite par Jean-Francis Dauriac et Patrick Lafourcade a déposé une gerbe au nom du Grand Chapitre Général et du Grand Orient de France. Un geste fraternel, mémoriel et profondément humaniste, dans le prolongement de l’implantation du Rite Français dans le Caucase du Sud.
Il est des lieux où la pierre ne se contente pas de porter le souvenir

Elle le tient debout. Elle l’élève. Elle l’offre au ciel comme une parole silencieuse adressée aux vivants. Le mémorial de Tsitsernakaberd, à Erevan, appartient à cette famille de monuments où l’architecture devient conscience. Le 24 avril 2026, le Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France y a inscrit un geste fort, en participant à la commémoration nationale du génocide arménien et en déposant une gerbe au nom du Grand Chapitre Général et du Grand Orient de France.
Cette présence en Arménie s’est ajoutée à la commémoration organisée à Paris par le Grand Orient de France


Elle lui a donné une profondeur particulière, celle d’un déplacement vers la source même de la mémoire arménienne, dans ce lieu où chaque 24 avril des milliers de personnes viennent se recueillir devant la flamme éternelle. En France, le génocide arménien de 1915 est reconnu par la loi du 29 janvier 2001, et le décret du 10 avril 2019 a fixé au 24 avril la commémoration annuelle, avec une cérémonie organisée chaque année à Paris. Le choix du 24 avril renvoie à l’arrestation, à Constantinople, de plusieurs centaines de responsables, intellectuels et représentants de l’élite arménienne en 1915.

Cette date est devenue, pour les Arméniens, le seuil mémoriel du génocide

Le musée institut du génocide arménien rappelle que les arrestations du 24 avril 1915 ouvrirent une phase décisive de l’extermination, tandis que le United States Holocaust Memorial Museum souligne que cette rafle est aujourd’hui commémorée comme le commencement du génocide. Le mémorial de Tsitsernakaberd, dont l’architecture manifeste une force dépouillée et saisissante, fut achevé en 1967 sur une colline dominant Erevan.
Le complexe est dédié à la mémoire des Arméniens victimes du premier génocide du XXe siècle
Il est devenu un lieu de pèlerinage national et international. La ville d’Erevan décrit l’ensemble autour de trois grands éléments symboliques, le mur mémorial, le sanctuaire de l’Éternité avec sa flamme, et la colonne Reborn Armenia, image verticale d’une Arménie blessée mais relevée.
Dans ce paysage de pierre, de silence et de ciel, la délégation du Grand Chapitre Général du Rite Français a pris part à la grande marche mémorielle.

Les Sœurs et Frères géorgiens, arméniens et de plusieurs pays voisins ont accompagné la délégation française, aux côtés des corps constitués de l’Arménie et d’une foule considérable. Le geste maçonnique n’avait rien d’un simple protocole. Il disait une fraternité active, une mémoire partagée, une fidélité à l’universel lorsque l’universel refuse l’oubli.

La délégation était conduite par Jean-Francis Dauriac, Grand Secrétaire aux Affaires Intérieures du Grand Chapitre Général du Rite Français, et par Patrick Lafourcade, Grand Garde des Sceaux de la Chambre d’Administration et délégué de la Région IV Côte d’Azur.

Jean-Francis Dauriac a également été invité au journal de 13 heures de la principale chaîne de télévision arménienne, 1TV Arménie. Il y a rappelé que la commémoration arménienne adresse chaque année au monde un message qui lie l’humanisme universel à la dénonciation claire des inhumanités.
Cette présence du Grand Chapitre Général s’inscrit aussi dans une dynamique plus large

Le communiqué du GCG-RF GODF rappelle l’implantation du Rite Français dans le Caucase du Sud, notamment autour de la Loge du Grand Orient de France Les Enfants d’Ararat, dont les feux avaient été allumés par Philippe Guglielmi lorsqu’il était Grand Maître. Il évoque également la création, l’an dernier, du premier chapitre de Rite Français à Tbilissi, en Géorgie, La Rose et la Vigne, dont presque tous les membres étaient présents à Erevan.
Ce mouvement se poursuivra avec la création annoncée d’un premier chapitre arménien, Sagesses d’Ararat, dont l’allumage est prévu le 21 septembre prochain, date de la fête nationale de l’Arménie.
Le nom même de ce futur chapitre porte une densité symbolique évidente

Ararat n’est pas seulement une montagne. Il est une arche intérieure, une hauteur de mémoire, un lieu de relèvement. Dans l’imaginaire biblique, historique et arménien, il désigne à la fois la blessure de l’exil, la permanence d’un peuple et l’espérance d’une terre spirituelle.
Une tenue exceptionnelle a enfin permis aux francs-maçons présents de se réunir et au Grand Chapitre Général de nouer des contacts avec les autorités du pays, dont il a été rendu compte aux instances du Grand Orient de France.
Là encore, le symbole rejoint l’action
Les Ordres de Sagesse ne se tiennent pas au-dessus du monde. Ils invitent à descendre dans la cité avec une conscience plus haute, à faire de la mémoire non un tombeau mais une vigilance, non une plainte sans issue mais une fidélité active à la dignité humaine.
À Tsitsernakaberd, le Grand Chapitre Général du Rite Français n’a pas seulement déposé une gerbe

Il a posé un signe. Devant la flamme éternelle, la franc-maçonnerie a rappelé que la lumière initiatique n’a de sens que lorsqu’elle éclaire les ténèbres de l’histoire, qu’elle nomme les crimes, qu’elle refuse l’oubli et qu’elle tient, avec les peuples meurtris, la promesse obstinée d’une humanité plus juste.
Sources : Communiqué du Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France, Paris, 24 avril 2026 ; Armenian Genocide Museum-Institute, histoire et description du mémorial de Tsitsernakaberd ; Erevan, présentation du complexe mémoriel de Tsitsernakaberd ; Légifrance, loi du 29 janvier 2001 et décret du 10 avril 2019 relatifs à la reconnaissance et à la commémoration du génocide arménien. Photos GCG-RF GODF.
