Le 6 octobre, les membres du Grand Orient de France organisent une conférence ouverte à tous. L’objectif : mieux se faire connaitre et inviter à l’échange.
« Nous ne sommes pas qu’une association de vieillards ou de complotistes », lance d’emblée Thierry. « Quand on s’engage sur un idéal maçonnique, c’est dans le respect de la dignité de la personne humaine et de l’amélioration de la vie en société », poursuit Jean-Paul.
Le Grand Orient de France (GODF) est la première obédience de France avec environ 50 000 personnes. A La Roche-sur-Yon, ils sont une cinquantaine de maçons avec une moyenne d’âge de 55 ans, à se retrouver deux fois par mois au temple.
Et ils revendiquent un champ de travail assez moderne.
Notre socle, ce sont les valeurs républicaines, mais à la mode 2022. Par exemple, en ce moment, nous travaillons sur le développement durable, la bioéthique, le droit à mourir dans la dignité, la laïcité ou encore le revenu universel inconditionnel.Franc-maçon à La Roche-sur-Yon
Un engagement moderne
« Les gens se font beaucoup d’idées sur la franc-maçonnerie, regrettent Thierry et Jean-Paul.
Nous voulons la faire apparaitre comme un engagement moderne. »
C’est dans cette perspective que le GODF organise le 6 octobre prochain une conférence intitulée : Etre franc-maçon au XXIe siècle. Pourquoi s’engager ?
Cette conférence gratuite se déroulera en présence de Philippe Foussier, ancien Grand Maître du GODF.
Elle sera suivie de trois témoignages de francs-maçons locaux.
Les participants pourront ensuite poser des questions oralement ou par texto.
« Nous souhaitons que les gens puissent venir discuter avec nous et pourquoi pas nous rejoindre après. »
Le 6 octobre à 19 heures aux anciennes écuries des Oudairies, rue Newton, la-Roche-sur-Yon . Inscription : godfvendee@gmail.com ou 07 69 93 32 72.
C’est une autre manière de vivre l’engagement initiatique !
Dans l’obscurité de la vie, nous butons sur des non-sens. Jusqu’au jour où une lumière très faible nous attire.
Cette approche, qui fut celle de mon frère Michel, passé à l’Orient éternel, je voudrais vous la présenter, en imaginant que c’est lui qui s’adresse à vous !
Mais avant de vous transmettre cet enseignement, permetez-moi de vous préciser que tout ne peut pas être dit et peut-être aurez-vous l’impression qu’il ne vous a pas tout dit !
L’homme qui vient frapper à la porte du Temple est à la recherche de son unité intérieure perdue. C’est là que se situe le Désir, désir de quelque chose, état ou sentiment, que l’on aurait déjà eu, connu ou éprouvé et qui fait défaut et non pas désir dans sa signification courante actuelle, amoindrie et limitative de « chercher à obtenir, souhaiter ».
Ce terme de désir est donc plus une volonté de retour vers l’amont, la source, qu’une projection vers l’aval, le but, tout en conservant la très importante notion d’insatisfaction qui en est le moteur.
Insatisfaction face à ce qui fait défaut, ce qui manque, un manque à l’origine de toute quête.
Toute aventure spirituelle sous-entend une quête, un départ. Tout homme pensant par lui-même a conscience du manque de son unité et l’harmonie intérieure perdue, de ce « paradis perdu », lieu primordial de son engendrement, lieu d’avant la séparation.
Profane mais cherchant, il est invité à s’interroger sur la nature de l’homme.
C’est là le sens des quatre épreuves par les quatre éléments : la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu qui font clairement allusion à l’incorporisation de l’homme dans la matière. Cette incorpororisation est la condition de l’homme actuel condamné à la finitude de la matière, ce qui fait clairement comprendre qu’il n’en était pas ainsi dans son état primordial.
C’est cette conscience de la perte qui pousse l’homme sur le chemin de sa quête, de sa recherche, en une aventure spirituelle qui le mène à frapper à la porte du Temple.
Le cherchant devra donc d’abord s’interroger sur cette « chute » dans la matière, sur cette séparation originelle, sachant qu’il porte en lui, en secret et en intimité au plus profond de son intériorité, cette étincelle de vie, parcelle mystérieuse d’avant la chute/séparation qui lui permettra de retrouver son unité perdue.
Cette prise de conscience, cet éveil à un devenir conscient, lui ouvrira la porte de la liberté.
Liberté de passer du stade d’homme né de l’humus, à celui d’être ; être humain, passage de l’hominisation à l’humanisation. La nuance est de taille.
Si, de par sa venue au monde et au temps de la matière, chaque individu naît et existe en « homme », tous ne parviennent pas à la dimension d’ « être humain » « être né en esprit », tous ne répondent pas à l’appel « cherchez et vous trouverez » qui met en marche et pousse vers les portes du Temple.
Tous n’ont pas ce courage, cette conscience d’une dimension supérieure et d’un temps autre à découvrir et à conquérir afin qu’elle les transforme et les élève de la matière à l’esprit, qu’elle opère le passage de l’état d’homme, simple vivant sur terre, à celui d’être humain, inscrivant son temps et son devenir dans la vie de l’esprit. Rappelons-nous que le passage de l’état de nature à l’état de culture différencie l’être humain parmi tous les animaux vivants sur terre.
Ainsi apparaît l’exigence !
Pour celui qui a su trouver ce courage et s’est éveillé à cette conscience, même si cette dernière en est encore à un stade embryonnaire, celui-là donc n’est pas au bout des épreuves qui l’attendent derrière la mystérieuse porte du temple.
Le cherchant est invité à s’engager, à prendre un risque, à prendre la liberté de changer et donc la difficile épreuve du choisir et l’on sait combien grande peut être la résistance au changement.
Loin de nous l’idée de vous faire espérer un chemin tranquille !
Le cherchant est invité à une révolution intérieure.
Révolution au sens signifiant de « re-évolution », « évolution en retour » pour une nouvelle évolution, afin de devenir autre et opérer sa transformation en être véritable.
Devenir Autre, pas de cet autre opposé au moi, mais de cet « Autre en soi », de ce guide qui nous mène sans nous égarer, de cet ami intérieur entre les mains duquel le frère préparateur laisse le cherchant lors de son initiation.
L’Autre, l’essence oubliée que profane nous cherchons autour de nous, à l’extérieur de nous, parmi les autres et que nous croyons, pleins d’espoir, trouver ici ou là lors de nos nombreuses et vaines quêtes hasardeuses chez les hommes.
L’Autre, essence sacrée de nous-mêmes que l’éducation, quelle qu’elle soit, a profanée, gauchie, pervertie, étouffée et enfin recouverte de ce vernis social que l’on nomme « personnalité ».
Pour trouver cette essence, c’est bien en nous-mêmes qu’il nous faut plonger, chercher, frapper, ouvrir, demander, tailler sa pierre, pour enfin recevoir cette liberté lumineuse, celle que personne d’autre ne nous accordera jamais. Retrouver cette essence, cette conscience d’être, quintessence unique et singulière à chaque être, c’est notre quête, notre désir et notre espérance.
Pour y parvenir, les anciens ont compris qu’il fallait réunir des conditions de travail exceptionnelles, des lieux protégés au sein desquels l’homme pouvait s’affranchir de toute contingence, se libérer de ses préjugés, de ses conditionnements, de ses idées reçues et ainsi faire sienne l’injonction de Dieu à Abraham :
« Va, quitte ta maison, ton pays, ta famille et ta parentèle…. »,
Partir et laisser derrière soi le pays de ses préjugés, la famille de ses conditionnements et la parentèle de ses idées reçues, afin de pouvoir enfin et alors seulement entrer en contact avec cet Autre, l’être méconnu qui nous habite et nous fonde dans le silence et le secret de notre intériorité, et qui n’attend que le moment de se réveiller.
C’est bien sûr dans le temple, là même où se rencontrent l’esprit et le corps afin de s’unir et ne plus former qu’un, que s’opère notre quête vers l’unité.
L’homme est invité à entrer, il est invité aux noces de l’esprit et du corps, il est invité à devenir un et indivisible : « Je suis et je ne suis qu’un », commandement premier, but ultime vers lequel nous devons tendre à travers les trois stades de notre initiation afin de retrouver en nous encore intacte cette force, l’énergie qui va nous redresser, nous éveiller.
Harmonie de l’unité intérieure, qui opère la transformation et confère un nouveau statut : celui d’être : Je suis.
C’est alors le temps de l’éveil : Rien désormais n’est plus comme avant. Le passé est « quitté », abandonné, le nouvel homme se relève et change de direction, il est orienté, se dirige vers l’Orient, symbole de la lumière, vers la clarté, vers la vision claire des choses, vers la Vérité.
Il n’a plus besoin de projeter dans autrui ses propres besoins, ses propres attentes, ses espérances.
Il sait dorénavant qu’il a tout en lui et que c’est en lui qu’il peut, qu’il doit chercher et trouver ses réponses, retrouver son unité.
Notre travail consiste à devenir, l’essentiel est donc que nous avancions.
Nous avons une mission : elle est avant tout mission initiatique.
Nous avons un outillage conceptuel : c’est la voie symbolique.
Et toujours l’engagement fait de rigueur de patience et de persévérance !
Si nous nous en tenons à cette mission, si nous savons utiliser nos outils symboliques, nous accomplirons alors notre travail. Nous ferons surgir du fond de la nuit, encore improbable et vacillant, l’espoir d’une Espérance.
Nous irons ailleurs, nous irons plus loin, en des contrées aux horizons inconnus, nous continuerons à chercher.
Sur un chemin bordé de terres fertiles nous installerons le devenir, sachant que le dernier mot ne sera jamais dit tant que des mots pourront être dits, qu’il n’y a pas de livre qui contienne tout et qui rendent les autres inutiles, sachant qu’il n’existe pas de pays de la Vérité où l’on se fixerait en déclarant : « voici ce que cela veut dire », mais qu’existe seulement le battement d’une interrogation inépuisable.
Faisons nôtre, en nous défiant de toute lassitude, l’antique maxime monastique (du grec monos qui signifie un) :
« Aura et labora » où aura implique la méditation.
Déjà le « mutus liber » offrait cette autre sentence nous correspondant fort bien :
« Aura, lege, lege, lege, relege, labora et invenies », prie (au sens de médite), lis, lis, lis, relis, travaille et tu trouveras.
Mon frère Michel aimait bien citer cette pensée du théologien et père de l’église Grégoire de Nysse qui semble bien correspondre à l’état de Cherchant :
« A celui qui se lève, il faudra toujours se lever. Ainsi, celui qui monte ne s’arrête jamais, allant de commencement en commencement, par des commencements qui n’ont jamais de fin ».
Dans cette progression, cherchant puis persévérant il connaîtra l’état de souffrant. Souffrir pour trouver, dans un consentement volontaire, dans un vrai désir.
Ces trois états de cherchant, de persévérant et de souffrant, sont intimement liés dans l’homme de désir, de ce désir qui ouvre à l’homme un vaste champ de possibles.
Mais, ce serait faire preuve de naïveté de croire à un chemin tranquille !
A chaque pas sur la voie qui vient de vous être ouverte, conformément à votre désir, vous retrouverez ces trois états et plus encore que vous ne pouvez imaginer.
Voilà ce que mon frère Michel aimait transmettre !
Vendredi 7 octobre prochain, à la bibliothèque la Frégate, de 19 h 30 à 20 h 30, ne manquez pas la conférence de Jean-François Blondel.
La présentation :
Une conférence histoire de l’Art proposée par la bibliothèque. Sa présence peut surprendre. Le temple chrétien donnerait-il asile à Satan et à toutes ses cohortes de démons ? C’est du moins, ce que le visiteur de nos grandes cathédrales peut constater, à l’observation de la statuaire qui orne leurs façades et leurs porches d’entrée ainsi qu’à la contemplation de leurs vitraux… C’est aussi ce que nous content certaines légendes enfouies dans l’imaginaire populaire… Une conférence animée par Jean-François Blondel, historien de l’Art et auteur d’un livre sur le sujet.
Jean-François Blondel, un Frère bien connu de la Loge…
Retraité, Jean-François Blondel, membre de la Société des gens de lettres (SGDL), a fait l’essentiel de sa carrière dans la banque. Il s’est très tôt passionné pour les corporations et confréries.Il est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont Franc-Maçonnerie et compagnonnage (Éditions Trajectoire 2016), Le Moyen Âge des Cathédrales (Éditions Trajectoire, 2007), La Mystique des Tailleurs de Pierre (Éditions du Rocher, 2004), l’Encyclopédie du compagnonnage histoire, symboles et légendes (Éditions du Rocher, 2000), de La vigne et le vin, sacrés symboles (Oxus, 2020) et de Les Cathédrales et alchimie – La quête d’une parole perdue (Éditions Trajectoire, 2021) ainsi que Le diable dans les cathédrales – Le démon y aurait-il sa place ? (Dervy, 2021). Il a été aussi contributeur au Trois cents ans de Franc-Maçonnerie (Dervy, 2017), livre récompensé par le prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France catégorie « Spécial Tricentenaire » au salon Maçonnique du Livre de Paris 2017, et coordinateur de Les Cahiers Villard de Honnecourt – Un regard différent sur la spiritualité…, N° 105, « Le Rite Écossais Ancien et Accepté, l’esprit d’un rite » (GLNF, 2017).
Infos pratiques : Vendredi 7 Octobre de 19h30 à 20h30/Bibliothèque la Frégate, 3/5 allée Rodin – 92400 COURBEVOIE
Public adolescent et adulte/Entrée gratuite sur réservation
Tel 01 71 05 71 69/rens : biblioanimation@ville-courbevoie.fr
Qu’en est-il des légendaires templiers et francs-maçons ? Une conférence à Gevelsberg apporte des réponses.
Templiers et francs-maçons, de quoi s’agit-il ? Les réponses à cette question, émaillée de nombreuses informations contextuelles d’hier à aujourd’hui, seront proposées par une conférence du centre de formation pour adultes Ennepe-Ruhr-Süd le vendredi 21 octobre, de 19h à 21h au centre communautaire , Mittelstraße 86 à 88. Mar La participation est gratuite.
Le fait que le vendredi 13 soit considéré comme un jour de malchance à ce jour peut être attribué à un événement qui s’est produit il y a 715 ans : le mandat d’arrêt contre tous les Templiers ordonné par le roi de France Philippe IV, qui a été émis en secret, concerté à l’échelle nationale. l’action du 13 octobre 1307 a été exécutée. La vague d’arrestations avec allégations d’hérésie et de sodomie annonça la fin sanglante de l’Ordre des Templiers, jusqu’à la mort violente de leur Grand Maître Jacques de Molay en 1314 sur un bûcher à Paris. Le premier grand scandale judiciaire de l’histoire européenne à être documenté. Les Templiers ont été le premier ordre à combiner les idéaux de la chevalerie noble avec ceux du monachisme.
Protection après les croisades
Après les Croisades en Terre Sainte, les Templiers, dont le nom complet est « Pauvre Chevalerie du Christ et du Temple de Salomon à Jérusalem », se chargent de sécuriser les routes des territoires conquis. Ils servaient ainsi à protéger les voyageurs et aventuriers chrétiens qui faisaient en grand nombre le pèlerinage à Jérusalem. L’étrange sceau des Templiers, deux chevaliers montés ensemble sur un cheval, est connu de beaucoup. Relevant directement du Pape, les Templiers ont acquis du pouvoir et de l’influence sur les possessions à travers l’Europe. Les Templiers ont été le premier ordre de chevaliers priant et combattant à être considéré comme une unité militaire d’élite. À ce jour, des légendes se sont développées autour de ses idéaux, de ses trésors perdus, de sa fin abrupte et peut-être de sa poursuite secrète de l’existence, et celles-ci ont été et sont reprises dans des livres ou des films passionnants.
Il existe plusieurs organisations liées à l’héritage de l’Ordre des Templiers, certaines sont toujours actives. La légende templière est également reprise dans divers systèmes de haut degré de la franc-maçonnerie, y compris celui de la Grande Loge d’État des francs-maçons d’Allemagne, qui s’appelle l’Ordre de la franc-maçonnerie. Le Johannisloge « Zum Westphalian Lion of 1792 » basé à Schwelm travaille également dans la tradition de la franc-maçonnerie chrétienne.
Dans une conférence multimédia d’environ deux heures, des représentants de la loge aborderont le sujet des Templiers et des francs-maçons.
Les inscriptions écrites doivent être soumises, en indiquant le numéro du cours. 4008A par courrier, par fax (02332 9186-30) par e-mail à urbanski@vhs-en-sued.de ou via la page d’accueil www.vhs-ennepe-ruhr-sued.de. Les cartes d’inscription sont disponibles auprès de toutes les institutions financières de l’espace associatif ou sur la page d’accueil VHS.
« Et puisqu’un dieu me fait parler, j’obéirai religieusement à ce dieu qui dicte mes paroles ; j’étalerai au grand jour les secrets de ce Delphes qui est en moi, ceux du ciel même, et je dévoilerai les oracles de l’ultime sagesse. Je proclamerai les grands mystères que le génie de nul homme avant nous ne put pénétrer, et qui restèrent longtemps cachés. »(Les Métamorphoses, Livre XV, Vers 131-167)
Vers le 6ème siècle avant J.-C., en Égypte ancienne, les nombres ne codaient encore que les impôts, le commerce, les salaires. L’évaluation, par les harpédonaptes (fonctionnaires royaux, arpenteurs géomètres), de la surface des champs cultivables dont la crue du Nil a effacé les bornes limitatives, ne géométrise pas, mais ne cherche qu’à clore les contentieux entre voisins par la force de l’État. Avec le droit de propriété, voici du droit civil et privé. Mais aussi, en délimitant les bornes, le cadastre royal fixe l’assiette de l’impôt. Voilà du droit public et fiscal. Les nombres ne disent, ainsi, que les relations humaines.
Et puis un jour… De la gigantesque masse de pierres, du mausolée du pharaon Kéops va naître la géométrie sur le sable ensoleillé maquillé par son ombre. En rapportant l’ombre du tombeau à celle d’un poteau de référence, ou à la mesure de son corps, selon la légende, Thalès énonce l’invariance d’une forme malgré la variation de sa taille. En effet, son théorème montre la progression ou la régression infinie de la dimension, dans la conservation d’un même rapport, du colossal, la pyramide, au plus médiocre bâton planté dans le sol. Quel effacement de toute hiérarchie dans le semblable, puisque chaque stade, du plus grand au plus petit, conserve le même rapport.
Thalès nous fait découvrir[1] ainsi un monde hors des sociétés où les choses sont en rapport avec elles-mêmes. «La proportion parle, sans bouche humaine, montre un ordre qui ne connaît pas la loi sociale, qui échappe à la toute-puissance. Une liberté, une égalité sans pareilles ! Pharaon meurt une seconde fois quand Thalès, en mesurant la pyramide, la réduit à un simple polyèdre dans l’homothétie de son ombre de géomètre[2].
La proportion analogique, voici la grande conceptualisation grecque, pas celle du rapport simple a/b, mais celle qui intéresse en tant que médiété[3], celle qui va d’un rapport à un autre, tel a/b = c/d et par substitution peut passer de celui-ci à un troisième rapport et ainsi de suite. Il ne s’agit point de couper quelque chose en part, donc de partager ou de prélever, ce que chacun, généreux ou léonin, sait faire depuis les commencements, mais de construire, pas à pas, une chaîne, donc de trouver ce qui, sous-jacent, stable et glissant, transite le long de son enchaînement. Les Grecs appelleront ce rapport d’analogie «logos». Comme Platon et Aristote, les Stoïciens penseront que le logos pur est parole, intelligence, un accès direct et véritable aux choses, ce que les nombres et leurs rapports peuvent enfin faire.
En ce temps-là, vers le 6ème siècle avant J.-C. vivaient aussi Zarathoustra, Lao-Tseu, Bouddha, Confucius, dans les ailleurs de la Perse, de la Chine, de l’Inde.
Ici, en Grèce, vers 530 av. J.-C., à Crotone, justement revenu d’Égypte mais aussi de Perse, d’Inde, de Chaldée, de Thrace, un homme né 40 ans plus tôt à Samos, ramène avec lui des savoirs ancestraux, une sagesse du monde que ses voyages, ses probables rencontres avec ces personnages suscités, ses initiations reçues ont sans aucun doute forgés. Il est probable qu’il fut initié aux mystères, ceux de Thèbes, ceux des Mages chaldéens, aux pratiques orphiques ; il aurait reçu le baptême dans l’Euphrate, aurait été enseigné par le fameux Thalès et purifié par Zoroaste et Bouddha eux-mêmes. De cette appréhension particulière et métissée du monde d’Asie et d’Asie mineure, Pythagore, car c’est de lui qu’il s’agit, le «premier maître universel» comme l’appelait Hegel, en fera une philosophie.. Comme le rapporte Cicéron, c’est Pythagore qui aurait forgé le mot philosophe pour se définir ainsi devant le tyran Léon de Phlionte qui lui demandait qui il était, et comme il l’expliqua, le philosophe est celui qui cherche à découvrir les secrets de la nature de façon désintéressée. Il aurait participé alors à faire basculer la Grèce d’un mode de pensée religieux à un mode de pensée rationnel.
Comme on le comprend, aux conditionnels employés pour évoquer le parcours de Pythagore, il est difficile de démêler, dans la personnalité du philosophe, ce qui relève de la légende merveilleuse de ce que fut sa vie, car nous n’avons de lui aucun ouvrage, mais seulement quelques fragments d’un de ses disciples appelé Philolaos. Même les fameux vers dorés, qui lui sont attribués, sont douteux quant à leur origine. Il nous est même impossible de distinguer l’enseignement du Maître des théories des disciples. Nous ne pouvons parler que du pythagorisme, sans prétendre savoir ce qu’a pensé Pythagore. De plus, la plupart des renseignements qui nous ont été conservés, épars dans un grand nombre d’ouvrages, ne méritent que peu de confiance. Le mot Pythagore ne désignerait même pas un homme, mais une science.
Nous lisons dans le dictionnaire Welsh, d’Owen Pughes :
Pythagoras : explication de l’Univers, Cosmogonie.
Pythagori : expliquer le système de l’Univers (mot composé de pyt, période de temps ; agori, découvrir).
Python : système de l’Univers.
Pythone : une cosmogoniste, une pythonisse.
Pythoni : traité de cosmogonie.
Pythonydd : celui qui systématise le monde.
Pythagore (VIe siècle av .J.C.) dont le nom est la réduction de l’expression «Pitouï Chel Guer» (גר של פיטוי), «la séduction du converti», se serait converti au judaïsme, son nom serait issu de l’araméen.
Pour Céline Renooz, la célèbre misandre belge, les fables inventées sur la prétendue vie d’un homme appelé Pythagore n’ont aucune réalité. Son opinion sera corroborée par Ernest Havet qui disait : «rien de plus connu que ce nom, rien de moins connu que l’homme lui-même» et de rajouter plus loin : «Je ne considère Thalès, Pythagore, que comme des noms représentatifs d’un système scientifique». Ce qui n’empêchera pas des auteurs classiques de faire de Pythagore un personnage historique et ils lui inventeront une biographie. «Est-il rien de plus vrai que la vérité» demande Nikos Kazantzakis et de répondre : «la légende. C’est elle qui donne une immortalité à l’éphémère vérité.»
Pythagore est donc devenu de bonne heure un personnage légendaire. Laissons donc son histoire aux textes de ses disciples, à toute la littérature très abondante que cet extraordinaire personnage ne manqua pas d’inspirer, aux doxographies, ces compilations des textes grecs du début de l’ère chrétienne. Sur ce sujet, on peut citer les vies de Pythagore écrites, une par Diogène Laerce, une autre par Porphyre, la plus connue par Jamblique, vers le IIe siècle. Citons Diogène Laërce à propos de Pythagore : Comme il était jeune et studieux, il quitta sa patrie et fut initié à tous les mystères grecs et barbares. Il gagna donc l’Égypte, quand Polycrate l’eut recommandé par lettre à Amasis, et il apprit la langue du pays. Il alla aussi chez les Chaldéens et les mages. Étant en Crète, il descendit avec Épiménide dans l’antre de l’Ida. Tout comme en Égypte il était allé dans les sanctuaires, il y apprit les secrets concernant les dieux.
Ce qui paraît intéressant de rapporter ici, c’est ce en quoi son savoir, ses connaissances, ses enseignements, qui lui sont attribués, auraient pu influencer la Franc-maçonnerie.
Il y a deux choses à distinguer dans le pythagorisme : une philosophie, c’est-à-dire une explication de l’univers, et une doctrine morale. On retiendra ces deux aspects avec la philosophie des nombres d’une part , l’éthique pythagoricienne d’autre part.
1- La philosophie des nombres
C’est autour de la souveraineté des nombres que l’on peut penser l’apport de Pythagore à la connaissance universelle et le considérer comme une des sources importantes de la Franc-maçonnerie.
Tout d’abord, ce rapprochement paraît licite car, dans l’ancien Manuscrit Cooke conservé à la Bibliothèque Britannique, on peut lire aux paragraphes 281-326 que toute la sagesse antédiluvienne était écrite sur deux grandes colonnes. Après le déluge de Noé, l’une d’elles fut découverte par Pythagore et l’autre par Hermès le Philosophe, qui se consacrèrent à enseigner les textes qui y étaient gravés. Sur le frontispice des Constitutions d’Anderson on retrouve le «théorème de Pythagore» concernant les triangles rectangles, le reconnaissant sans doute comme le père de la géométrie.
Les bâtisseurs médiévaux, quant à eux, transmettront une géométrie sacrée qui remonterait à Pythagore, qui resta vivace jusqu’au XVIe siècle et dont on connaît l’influence dans la Tradition maçonnique.
Qu’en est-il de cette élaboration philosophique d’objets mathématiques et géométriques permettant la contemplation des formes intelligibles, de ces réalités invisibles qui modèlent l’Univers ?
Pour les pythagoriciens, les choses sont nombres, les nombres se trouvent dans les choses, les nombres sont la cause et les principes des choses ou encore les choses sont constituées par les nombres, comme l’exprime Aristote. Les pythagoriciens furent sans doute les premiers à penser que le nombre est la structure d’accueil pour recevoir, analyser et chercher à comprendre l’incompréhensible et que le nombre, à travers l’intelligence, parle, en symbole, pour découvrir la réalité ontologique. C’est donc la dimension symbolique, analogique, nous dirions métaphorique des nombres, qui nous interpelle. Pythagore aurait été, ainsi, à l’origine, entre autres, de :
La symbolique des pairs et impairs
– l’impair, limité, Un, droite, mâle, en repos, rectiligne, lumière, bien, carré, domine, équilibrant, avec une partie médiane, l’unité, deux parties symétriques. Dans le monde, l’impair sera donc le principe de la totalité puisqu’il comporte un commencement, un milieu et une fin.
– Le pair apparaît, par opposition dans le principe de la dualité de l’existant, illimité, multiple, gauche, femelle, en mouvement, courbe, obscurité, mauvais, oblong.
On peut dire que notre premier grade s’appuie aussi sur ce symbolisme de la dualité pythagoricienne.
La fameuse Tétraktys
Bien sûr sa forme triangulaire montre à l’évidence le 3, la réconciliation de la dualité dans son principe qui est l’unité, l’harmonie universelle. La triade est le nombre du tout, comme le reconnaît Aristote, «c’est le nombre 3 qui définit tout et toutes choses puisque ce sont les constituants du commencement, milieu et fin». C’est pour cela que 3 fut choisi comme base numéraire. Est-ce Zoroastre qui inspira Pythagore dont la doctrine était exposée dans ses Oracles, «le ternaire partout brille dans l’Univers et la Monade est son principe» et, selon Servius, les pythagoriciens assignèrent au Dieu suprême le trois qui est parfait, car il a un commencement, un milieu et une fin. Les pythagoriciens choisirent, naturellement, le triangle pour représenter le nombre 3.
Voici bien un des premiers symboles maçonniques.
Cette forme, mise en exergue dans le temple par sa position géographique, comme point focal, dans l’est des commencements de la lumière, delta lumineux, daleth hébraïque est donc la porte d’un ailleurs. Elle est une épure de toutes les tétrades pythagoriciennes, un plérome, une forme imaginale de la progression dynamique des illimités et des limitants. Selon Philolaos, qui à l’époque de Socrate transcrivait la mémoire du maître, «les illimités et les limitant, en s’harmonisant, constituent, au sein du monde, la nature, ainsi que la totalité du monde et ce qu’il contient». En somme, la triangulation, c’est l’enveloppe qui montre les mystères de la nature.
Les pythagoriciens distinguaient, en fait, 11 tétrades exprimant la pensée analogique et gnostique que Pythagore synthétisa, sans doute, à partir de ce qu’il avait appris ou conçu et qu’il enseigna. Chaque tétrade est, non une collection, un inventaire, mais une progression arithmétique, harmonique, géométrique, physique ou biologique qui conduit du point au volume, de l’homme à la cité, de la naissance au déclin. Chaque élément engendre et limite le suivant comme le point est l’origine et la limite de la ligne, la ligne celle de la surface, la surface celle du solide. La tétrade est un métalangage, une forme pour dire comment le monde de la réalité est issu de l’unité primordiale à travers les principes exprimés par les nombres. Aristote reconnaissait aux pythagoriciens le mérite d’avoir été les premiers à poser la question de l’essence et à avoir tenté de la définir.
1 – La première tétrade est le triangle enchâssant le nombre parfait 10, représenté par 10 points répartis en triangle sur 4 lignes. Il s’agit de la tétrade originelle qui est l’addition des 4 premiers nombres et conduisant progressivement au principe du nombre 10, en même temps qu’elle engendre les 4 consonances de la gamme (première, quarte, quinte, octave). Selon la tradition, Pythagore, par l’observation et l’expérience, avait découvert que les rapports entre la longueur des 4 cordes du tétracorde par rapport à la première étaient exprimés par les rapports numériques 4/3, 3/2, 2/1. La tétraktys donnait la clef des mystères de l’acoustique et les pythagoriciens étendirent à tous les domaines de la physique les conclusions de cette découverte. La formule du serment pythagoricien, transmises par différents auteurs et que l’on trouve dans les vers dorés sacralise la tétraktys : «Je le jure par celui qui a transmis à notre âme la tétraktys en qui se trouvent la source et la racine de l’éternelle Nature».
Certains font l’hypothèse que Pythagore rapporta, de son séjour de près de 20 ans en Égypte, la compréhension du mystère des pyramides : la pyramide de Khéops, qui semble n’avoir jamais recelé aucune momie de pharaon, ne serait-elle pas une forme sanctifiée du divin ? Ses dimensions représentant la compréhension du divin se déployant, et cette incarnation de l’intelligence divine aurait été reformulée par la tétraktys ? Qu’est-ce que Dieu, demandait saint Bernard ; il est longueur, largeur, hauteur, profondeur. La pyramide serait le symbole de toute la création, une représentation mathématique du fonctionnement de l’Univers. Dans ses dimensions se trouveraient encodées les vérités fondamentales de notre monde. Dans ce conservatoire des nombres est exprimée l’actualisation de la possibilité, c’est-à-dire l’Être, l’assurance que tout est vivant, que le Présent est éternel, la simultanéité du Temps, la notion de Tri-unité du Seul et Unique. Cela est une Connaissance que les francs-maçons atteignent par l’expérience que procure un apprentissage graduel et hiérarchisé.
Un nombre n’est pas une valeur abstraite, c’est une «vertu intrinsèque et active de l’Un suprême, de Dieu, source de l’harmonie universelle» nous rappelle Édouard Schuré, dans Les grands initiés.
2 – 3 la deuxième et troisième tétrade embrassent, dans une double progression géométrique de raison 2 et 3, la nature de toutes les grandeurs : le point, la ligne droite, la ligne circulaire, la surface plane, la surface courbe, le solide à surfaces courbes, le solide à surfaces planes.
4 – La quatrième tétrade est physique avec 1 = le feu, 2 = l’air, 3 = l’eau, 4 = la terre qui sont nos purifications lors des voyages de l’initiation.
5 – La cinquième, celles des figures géométriques associant les 4 premiers polyèdres aux 4 éléments.
6 – La sixième, celle des choses engendrées à laquelle Aristote accorde la génération du vivant à partir de la semence et son augmentation dans les trois directions, largeur, longueur, hauteur.
7 – La septième concerne le développement de la société : homme, famille, bourg, cité.
8 – La huitième présente les facultés cognitives qui assurent la connaissance des tétrades précédentes : pensée, science, opinion, sensation.
9 – La neuvième distingue les quatre dimensions de l’être animé : âme raisonnable, âme irascible, âme concupiscible, corps.
10 – La dixième celle du temps avec ses 4 saisons : printemps, été, automne, hiver.
11 – La dernière celle des âges de la vie : enfance, adolescence, maturité, vieillesse.
Ainsi les tétrades dévoilent l’Unité génétique de toutes choses en train d’accomplir leur achèvement comme les séphiroth dans l’arbre de vie.
Le delta lumineux serait donc, aussi, une tétrade, un plérome, une représentation systématique nous répondant à la question d’où vient le monde et comment il se déploie.
L’importance de la Tétraktys pythagoricienne dans n’importe quel type de connaissance métaphysique et cosmogonique est évidente. Le rapport des harmonies musicales avec les nombres est également un thème pythagoricien que la Maçonnerie et le Corpus Hermeticum reprennent sous forme de degrés et touches de reconnaissance liés aux sphères planétaires et aux Régents qui les gouvernent.
Il faudrait y ajouter les différents théorèmes pythagoriciens, sachant l’importance que l’art et la science de construire ont pour la Maçonnerie. Parmi eux, il suffirait de signaler celui du triangle rectangle, qui formé avec les nombres de la triade «3, 4, 5» est dit égyptien avec son hypoténuse (corde tendue entre les opposés) ressemblant si grandement à la corde des harpédonaptes marquée par des nœuds en 3, 4, 5. Et si chacun sait que la somme des carrés des côtés est égale au carré de l’hypoténuse, il est amusant de souligner les propriétés suivantes : dans un triangle rectangle de nombres entiers premiers entre eux on a toujours : -un côté pair et deux côtés impairs -l’hypoténuse est toujours la somme d’un carré pair et d’un carré impair -l’hypoténuse n’est jamais un multiple de 3 -le côté pair est toujours un multiple de 4 -Un des côtés est toujours un multiple de 5 -le périmètre est pair et la surface multiple de 6
Le nombre d’or.
Cette proportion d’harmonie, dite aussi dorée, est dérivée du rapport d’analogie a/b = c/d quand on réduit les quatre termes à deux en conservant le même rapport, soit a/b = a+b/a. Nous devrions dire les nombres d’or, que Pythagore et sa femme bien-aimée Théano déclinèrent dans tous les sens possibles, sous toutes leurs formes possibles de rectangle, de pentacle, d’étoile ou de pentagone, les traquant et mettant ainsi en valeur les théorèmes de Thalès. Dans cette irrationalité mathématique, de Pi et de Phi, qui ne se mesure pas mais se montre dans les lois de la diagonale et du cercle, dans l’infini de leur décimales, ils virent sans doute cette part inachevée du monde en train de s’actualiser dans le temps et la forme ; cela paraît être la beauté divine des nombres eux-mêmes.
La physionomie des nombres
Les nombres ont une physionomie et, selon celle-ci, ils sont nommés parfaits (somme des diviseurs du nombre redonne le nombre (par exemple les 3 seuls nombres parfaits compris entre 1 et 1000 soit 6, 28, 486), amicaux (la somme de diviseurs de l’un donne l’autre, 220 et 284), impairs ou pairs, triangulaires (3, 6, 10, 15), carrés (1, 4, 9,16), cubiques (1, 8, 27), rationnels, irrationnels, incommensurables. Quel vertige, quelle source pour la guématrie des cabalistes et, par là même, pour nous francs-maçons.
L’alphabet secret
Selon Oswald Wirth, inspiré des pythagoriciens, tel que l’a formulé Théon de Smyrne (IIe siècle av. J.-C.), l’alphabet secret élaboré par Pythagore serait la source de notre table à tracer appelée aussi table tripartite avec 2 parallèles verticales et 2 parallèles horizontales délimitant 9 cases dont les limites symbolisent les lettres qui leur sont affectées[4]. Elle indique aux francs-maçons que leurs constructions doivent se baser sur les propriétés des nombres ou de la géométrie et, symboliquement, que les travaux maçonniques doivent être exécutés en tenant compte des propriétés des nombres sacrés.
Ne sera pas évoqué ici ce en quoi le regard et l’écoute du ciel par Pythagore, à travers l’harmonique des rapports mathématiques, nous permet d’entendre les planètes bruire les notes de la gamme en tournant sur elles-mêmes autour du soleil.
L’art géométrique de la Franc-maçonnerie découle de la géométrie et de l’arithmétique pythagoriciennes parce que d’après les attestations de Proclus «à part quelques propriétés géométriques attribuées, sans doute à tort, à Thalès, les pythagoriciens ont été les premiers à étudier la géométrie et les nombres». La compréhension des nombres pythagoriciens facilite la compréhension des nombres sacrés maçonniques.
En conclusion sur cette première partie : même si Pythagore n’a rien «inventé», il a reconnu, dans la série décimale qui retourne à son Origine (10 = 1 + 0 = 1), une échelle naturelle, une lumière sur les mystères qui permettrait à l’être humain de compléter l’œuvre et d’opérer ainsi la transmutation en Homme Véritable, paradigme de tout initié, situé entre l’équerre et le compas.
2 – L’enseignement éthique
Mais, c’est sur cette autre part de son enseignement, l’éthique, que Pythagore va aussi inspirer les sources maçonniques.
Selon Céline Renooz, dans son livre Ère de vérité, histoire de la pensée humaine et de l’évolution morale de l’humanité à travers les âges et chez tous les peuples, «au milieu des luttes religieuses, le VIe siècle vit se produire une réaction contre le nouvel Hellénisme, c’est-à-dire contre le désordre moral des nouveaux cultes ; il y eut un retour momentané aux grandes idées du passé. Une école se fonda dans laquelle on enseignait les lois de la Nature telles qu’elles avaient été formulées dans la brillante époque de la primitive religion pélasgique [les ancêtres étrusques]. C’est l’école pythagoricienne, dans laquelle on donnait l’enseignement de la science aux prêtresses grecques, les Pythies» (p.437).
Selon la légende, c’est à Crotone, en Italie du Sud (qui faisait à l’époque partie de la Grèce), que Pythagore, trouvant refuge, reçut le soutien de l’homme le plus riche de la ville, Milon, dont il épousa la fille Théano (à laquelle Renooz attribue la réalité de la création de l’école en tant que prêtresse de la Pythie[5]). Toujours est-il que, dans cette volonté de masculinisation, l’Histoire retiendra que c’est Pythagore, avec sa femme toutefois, qui fonda l’école mixte pythagoricienne, connue aussi sous le nom de Fraternité pythagoricienne. Les femmes purent partager l’enseignement, elles furent environ 15% des initiés. Cela est un des signes de la très grande tolérance exigée dans le comportement des initiés de l’école pythagoricienne.
On y enseignait de nombreuses disciplines, comme les mathématiques ou la philosophie. On pourrait dire que c’était une sorte d’institut, un genre de monastère qui n’est pas sans rappeler la Castalie du Jeu des perles de verre d’Hermann Hesse, une association scientifique, philosophique, politique et religieuse avec règles de vie et d’éthique.
L’École pythagoricienne était une véritable école initiatique et le savoir mathématique soumis au secret. Le recrutement des membres de l’ordre était fait avec un soin scrupuleux. Pythagore, dit-on, étudiait sévèrement la vocation des jeunes gens qui se présentaient à lui, avant de les admettre aux premières initiations de cette vie nouvelle ; il cherchait à lire sur leur visage, à deviner dans leur démarche, dans leurs attitudes, dans toutes les habitudes de leur personne, les penchants de leur âme, le fond vrai de leur caractère, les aptitudes propres de leur esprit. Voici le principe des enquêtes maçonniques, n’est-ce pas ?
Les membres de l’École étaient séparés en deux groupes. Un rideau était tiré au milieu de la salle où Pythagore professait. Les élèves devaient écouter. Ils n’avaient pas le droit de parler durant les cours. Le silence de l’apprenti est comme celui de l’élève. Les exotériques se tenaient de l’autre côté du rideau et pouvaient seulement l’entendre. Les ésotériques se trouvaient du même côté que Pythagore. Cela avait une extrême importance dans la vie de l’École. Pythagore voulait savoir si les membres étaient capables de se taire et de garder secret ce qu’ils avaient entendu. Après cinq ans, un exotérique était autorisé à traverser le rideau. Cela marquait une étape importante dans la vie de l’École. Appellerions-nous cela une augmentation de salaire ?
Les textes des pythagoriciens étaient eux aussi soumis au secret. Rédigés dans un langage à double sens, ils jouaient sur deux niveaux d’interprétation ; l’un compris par tout le monde, l’autre réservé aux seuls initiés. Les pythagoriciens parlaient de sumbola et d’ainigmata.
Pour eux aussi, tout était symbole.
La plupart des connaissances se transmettaient de bouche à oreille. Cela donna lieu à une seconde séparation. Il y avait les acousmatiques (les auditeurs) à qui l’on transmettait les résultats mais pas les démonstrations pour y parvenir, et les mathématiciens (les apprenants) qui avaient le droit à ces dernières. Tout cela n’est pas sans rappeler notre organisation où, à chaque degré, des mystères sont dévoilés avec progression, ce qui fait de la Franc-maçonnerie une société initiatique et progressive.
Tous les membres de l’École devaient exercer leur mémoire. Chaque matin, ils devaient se remémorer ce qu’ils avaient fait, ce qu’ils avaient vu, ce qu’ils avaient entendu, ce qu’ils avaient dit la veille. En se présentant à l’École, chaque prétendant devait remettre tous ses biens à la communauté. Le dépouillement des métaux ne serait-il pas une reprise symbolique de cette règle ? Celui qui était renvoyé, cependant, recevait à son départ le double des biens qu’il avait déposés. On lui donnait en argent ce qu’il n’avait pas su prendre en savoir. L’expression «recevoir son salaire» correspond aussi en Franc-maçonnerie à une valeur-savoir. Mais, dès que son exclusion était prononcée, on lui creusait un tombeau. Il s’agissait d’une mort symbolique.
Pythagore disait sa théorie et laissait ses élèves le contredire. Cela lui permettait de savoir si ses élèves étaient capables de réfléchir par eux-mêmes et les conviait à quitter l’école s’ils n’étaient pas satisfaisants, refusant un savoir de perroquet. La Maçonnerie n’est pas une science mais un art, celui d’éveiller les consciences, cet effort est au départ individuel. C’était surtout, offrir une grande liberté individuelle de penser et même de conscience. «Il faut avoir une religion, garde ta foi jurée». Il y a ici, dans ce vers doré, une relation entre l’universel et le particulier, une exigence de tolérance. Toutes nos constitutions évoquent, comme un impératif primordial la liberté de conscience de chacun. Les vers dorés sont une des premières tentatives de corpus moral théorique et pratique, philosophique, spirituel et œcuménique.
Vouloir rendre compte de Pythagore revient en fait à essayer de reprendre les fouilles des traces textuelles laissées par ses disciples ou par les historiens de cette époque, à narrer chacun des instants de sa vie exemplaire parce que sa parole était fraternelle et son vécu conforme à son enseignement. Les biographies de Pythagore, rédigées par Porphyre et Jamblique, fixèrent définitivement les traits caractéristiques du sage idéal, modèle de vertu, de piété et de sagesse, que tout adepte d’un platonisme mâtiné de pythagorisme devait imiter pour se revendiquer de cette famille spirituelle qui inspira, probablement, les premiers textes maçonniques. La Maçonnerie est aussi la médiation entre la théorie et la pratique par le biais de l’instruction, non d’un savoir désincarné, mais de l’exemple. Le franc-maçon pratique l’éthique qui est bien ce qui se produit librement, sans contrainte externe, par un sentiment d’obligation morale interne.
Ce qui est incontestable, c’est que Pythagore s’était proposé un but moral et religieux. Il avait voulu, dit l’historien Zeller, fonder une école de piété, de bonnes mœurs, de tempérance, de courage, d’ordre, d’obéissance à la loi, de fidélité dans l’amitié. Il y a trop de similitudes avec l’esprit des premiers textes maçonniques pour que ce ne soit qu’un hasard, l’influence semble indéniable. Le lien entre la Franc-maçonnerie et l’Ordre pythagoricien, sans qu’il s’agisse d’une dérivation historique ininterrompue, seulement d’une filiation spirituelle, est certain et manifeste.
Pour plagier Saint Thomas qui disait que «le mot est comme un miroir dans lequel on voit la chose», ne pourrions-nous dire que le franc-maçon est comme un miroir dans lequel on voit Pythagore ?
[2] À lire l’article de Michel Serres, Gnomon:les débuts de la géométrie en Grèce, condensé du chapitre De la pyramide au tétraèdre,dans son éblouissant ouvrage Les origines de la géométrie (p.195 à 270).
[3] Sur ce sujet, consulter l’article de Paul-Henri Michel, Les médiétés.
[4] Pour Arturo Reghini, dans son opus Les nombres sacrés dans la Tradition Pythagoricienne maçonnique, il semble hors de doute que l’origine de la table à tracer remonte à la table de Théon.
[5] Théano était une Prêtresse qui avait gardé le dépôt sacré de la tradition scientifique et qui voulut en faire un enseignement régulier. Les historiens masculins diront, dans leur langage symbolique, qu’elle livra le Palladium aux Grecs, c’est-à-dire qu’elle enseigna la science cachée, quoique son École constituât une société fermée comme les ordres secrets, un Collège d’initiés, une sorte de congrégation sacrée (p.439 de l’ouvrage cité).
Le fameux triangle de Pythagore
Ce théorème stipule que, sous son aspect mathématique et dans un univers euclidien, le carré de la longueur de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés.
Le théorème de Pythagore a eu différents noms : théorème de la mariée chez les Grecs, chaise de la mariée chez les Hindous, figure de l’épousée chez les Perses pour la réciproque, maître de la mathématique au Moyen âge, pont aux ânes pour les collégiens du XIXe siècle.
Giamblicus, le biographe de Pythagore, nous conte l’anecdote suivante : quand le Maître s’est rendu compte du sens caché du théorème , il fut tellement frappé par la profondeur du mystère entrevu qu’il crut avoir eu une révélation divine. La légende, qui dit que Pythagore aurait sacrifié 100 bœufs lorsqu’il eut trouvé le théorème de l’hypoténuse, est un non-sens car les seules offrandes acceptées dans le pythagorisme étaient des offrandes végétales préparées.
Pythagore n’en a pas fait de démonstration, aussi, à son époque on devait parler de la règle de Pythagore et non de théorème. En effet, les démonstrations les plus anciennes qui nous soient parvenues lui sont postérieures, celles d’Euclide en particulier[2] avec le théorème 33 dans la 47ème proposition du Livre I et le théorème 21 de sa 31ème proposition du Livre VI qui généralise les rapports des surfaces des figures. Ces propositions ont un aspect géométrique exprimant une égalité de surfaces et non de calcul : «Dans les triangles rectangles, la figure construite sur le côté qui sous-tend l’angle droit, est égale aux figures semblables et semblablement décrites sur les côtés qui comprennent l’angle droit.» Euclide affirme donc la primauté de la matérialité sur l’abstraction numérique. Cependant le résultat semblait déjà connu, en Mésopotamie, plus de mille ans avant Pythagore[1].
Les valeurs des carrés ne sont pas un ensemble de nombres, mais une nouvelle entité élevée sur elle-même, qui contient en synthèse les propriétés et les qualités des nombres qui l’ont produite. Le carré du nombre de l’homme caractérise le passage d’un état naturel à un état spirituel, soit l’exhaussement de l’esprit en l’homme, à l’exemple du sommet de la pierre cubique à pointe.
Le théorème chinois de Guogu[3], reconstitué d’après les commentaires du mathématicien chinois Liu Hui utilise le principe du puzzle : deux surfaces égales après découpage et recomposition ont même aire.
Dans un article analysant la signification ésotérique du triangle de Pythagore, Antonietta Francini cite Plutarque, qui décrit et explique la signification égyptienne antique de ce triangle, où le côté droit est assimilé au mâle (Osiris), la base à la femelle (Isis), et l’hypoténuse au résultat de leur union (Horus). Plutarque écrit: «Trois est le premier nombre impair parfait; quatre est un carré dont le côté est le nombre pair deux; mais cinq est en quelque sorte semblable à son père, et en quelque sorte semblable à sa mère, étant composé de trois et deux.
Ce théorème de Pythagore est inscrit, sous forme géométrique, entre les deux personnages principaux du frontispice de la première édition des Constitutions d’Anderson de 1723. On peut lire le mot écrit en grec ευρηχα (Eurèka) sous la figure. Selon Vitruve, c’est Archimède qui aurait prononcé cette expression, en attestant, par ses expériences, la composition en or de la couronne du roi Hiéron par la mesure de la masse volumique d’eau déplacé par celle-ci. C’est une expression jubilatoire d’avoir découvert une solution scientifique aux mystères du monde.
On en retrouve sa symbolique dans l’équerre du bijou porté par le passé Vénérable maître, faisant souvent apparaître la démonstration d’Euclide, témoignant pour la géométrie de son importance centrale dans la pensée maçonnique.
Le triangle de Képler associe le théorème de Pythagore et le nombre d’or par la figure construite à partir du rectangle d’or (parfois appeléle visage de Dieu), où les dimensions respectives des côtés du triangle sont : Φ, racine de Φ et 1.
Pour marier les côtés : Dans un triangle rectangle de nombres entiers premiers entre eux, on a toujours un côté pair et deux côtés impairs, l’hypoténuse est toujours la somme d’un carré de pair et d’un carré d’impair, le périmètre est pair, la surface est paire car multiple de 6.
Vous retrouverez d’autres usages du théorème dans mon ouvrage «Tracés maçonniques», éditions Numérilivre, prévu pour septembre 2022
[1] On établit que Pythagore serait né vers la fin du VIe av J.-C.
Après la mort de Jean-Baptiste Willermoz en 1824, la Franc-Maçonnerie n’a plus le même prestige qu’au XVIIIe siècle. A Lyon, commence alors une période caractérisée par une sorte de renouveau de la ferveur religieuse, qui est certes ancrée dans le christianisme, mais qui possède des aspects fort originaux propres à cette ville.
Au XIXe siècle, Lyon verra naître et s’épanouir des courants spiritualistes très divers : le spiritisme avec Allan Kadec, L’œuvre de la Miséricorde d’Eugène Vintras, les cérémonies du sulfureux abbé Joseph-Antoine Boullan, L’œuvre de la propagation de la foi de Pauline Jaricot, le penseur Antoine Blanc de Saint-Bonnet, Joséphin Péladan et son Ordre kabbalistique de la Rose+Croix, Papus et son Ordre Martiniste, le thaumaturge Maître Philippe de Lyon, Joanny Bricaud et son Eglise Gnostique, Constant Chevillon successeur de Bricaud. Au regard de cette effervescence des idées et des courants spiritualistes, on peut dire qu’au XIXe siècle, Lyon s’affirme comme une ville marquée par le sceau du mysticisme, de l’ésotérisme et du prophétisme.
Les Voies de l’Esprit
Des expériences et des traditions pour notre temps
Les Voies de l’Esprit est une nouvelle série documentaire réalisée par l’équipe de production de Vertical Project Media.
Notre objectif avec cette nouvelle série, est de faire découvrir à nos adhérents la richesse des traditions et des expériences spirituelles de l’Humanité.
Nous rencontrerons sur ces « Voies » des représentants qualifiés et expérimentés des traditions qui sont dépositaires d’une sagesse ancestrale issue du bouddhisme, de l’hindouisme, du yoga, ou du chamanisme par exemple.
D’autres traditions plus récentes, ont généré de puissants courants mystiques et des personnages fascinants à travers le christianisme (mystique chrétienne), l’islam (soufisme), et le judaïsme (Kabbale).
Nous ferons découvrir à nos adhérents la tradition alchimique occidentale qui est très liée au symbolisme des Rose+Croix et à la Franc-Maçonnerie.
Nous verrons que Les Voies de l’Esprit sont aussi celles des expérienceurs qui ont vécu une Expérience de Mort Imminente (EMI) ou un éveil de Kundalini.
Nous serons émerveillés de voir que ces « Voies » nous re-connectent en quelque sorte avec notre essence spirituelle profonde qui est capable d’accomplir de véritables prodiges (guérison, vision à distance, précognition, etc.)
Nous explorerons ensemble toutes ces « Voies » pour montrer qu’elles peuvent nous apporter des enseignements utiles pour aborder avec sérénité les défis des prochaines décennies.
Nous sommes convaincus que les solutions pour l’avenir s’ancrent dans les sagesses du passé et dans le vécu d’expériences bouleversantes.
Il a toujours été courant pour les personnes en situation difficile de chercher ceux qui sont à blâmer pour le fait que tout se soit passé ainsi. Parmi ceux qui ont été nommés coupables, vous pouvez faire un hit-parade, et les francs-maçons réclameraient certainement une place dans le top 3 de toute l’histoire du monde. La correspondante de Kommersant, Maria Bashmakova, a demandé à quoi ressemblaient les francs-maçons russes modernes et a trouvé une dispersion de loges, dont les membres se retrouvent dans les magasins d’optique, les verres à vin et les bulletins de vote aux élections présidentielles.
– Charles III sera un exemple rare d’un roi britannique, dont on ne sait pas publiquement et de manière fiable s’il a une initiation maçonnique. Jusqu’à présent, depuis 1820, les monarques masculins britanniques étaient presque exclusivement des francs-maçons: George IV, William IV, Edward VII, Edward VIII et George VI, – a écrit dans la chaîne Telegram « Masons in Russia » après la mort de la reine Elizabeth II d’Angleterre .
Le roi Charles III de Grande-Bretagne lors des funérailles de la reine Elizabeth II – Photo: Alexey Vitvitsky, Kommersant
Les mythes sur les francs-maçons sont si vifs et tenaces que depuis des siècles, ils embrouillent l’esprit des gens ordinaires qui les associent à une société secrète qui revendique la domination du monde, des ennemis insidieux, des espions et des monstres extraterrestres. Nous rencontrons des francs-maçons à l’école. Dans Guerre et Paix, l’initiation de Pierre Bezukhov à la franc-maçonnerie est décrite. Léon Tolstoï n’est pas le seul écrivain à s’être penché sur la franc-maçonnerie. Mais si les noms des écrivains Alexei Pisemsky ou Mikhail Osorgin ne sont pas bien connus (et qu’ils ont écrit sur une fraternité secrète), il est en quelque sorte gênant de ne pas connaître Viktor Pelevin. Son roman de 2016 « La lampe de Mathusalem, ou l’Ultime combat des tchékistes avec les francs-maçons » a été lu par des compatriotes francs-maçons, ri ou offensé – on s’en fout.
Philosophes du vestiaire
L’Encyclopédie maçonnique royale d’Angleterre propose 12 théories sur l’origine de la franc-maçonnerie. Son ascendance vient des patriarches bibliques et des mystères païens, de l’époque de la construction du Temple de Salomon et des Croisades, des artisans-bâtisseurs du Moyen Âge et des Rose-Croix du XIVe siècle.
Le mot « maçon », ou « franc-maçon » (du français « franc macon »), signifie « franc-maçon » et fait référence aux confréries artisanales médiévales de bâtisseurs. Une partie du travail a été effectuée par eux dans des espaces clos <<des lodges>>, en fait – des cabanes. Les maçons vivaient dans des loges, gardaient des outils et transmettaient les secrets de l’artisanat, de sorte que les loges étaient protégées des étrangers. L’avancement du travail des maçons était surveillé par des maîtres supérieurs. Lorsqu’ils rejoignent un artel, ils prêtent serment. Les constructeurs se sont déplacés d’un endroit à l’autre – ils ont développé un système de mots de passe qui leur a permis d’identifier les leurs. Les maçons pouvaient compter sur le soutien de confrères artisans.Progressivement, la franc-maçonnerie artisanale s’évanouit, se transformant en franc-maçonnerie intellectuelle. Une société secrète est née du syndicat des artisans.
Comment une secte devient le fondement d’une cité idéale
« Les aristocrates des XVIIe-XVIIIe siècles aimaient le symbolisme, le ritualisme, les légendes sur l’origine de la confrérie maçonnique », explique Sergey Pakhomov, Ph.D. AI Herzen, président de l’Association des chercheurs en ésotérisme et mysticisme.—C’était une époque d’intérêt pour les sociétés secrètes, d’aspiration à des nouvelles culture, philosophie, science et religiosité. Une minorité aristocratique créative a été attirée par la franc-maçonnerie, s’écartant des éléments conservateurs orthodoxes, cela s’est produit de manière particulièrement intensive en Angleterre. L’accès aux loges maçonniques étant ouvert à toutes les classes, les roturiers pouvaient également s’y rendre. Ils pourraient aussi avoir des motivations mercantiles : escalader les ascenseurs sociaux, rencontrer des personnes influentes.
La franc-maçonnerie n’est pas une religion, pas un parti politique ou une corporation, c’est une confrérie ésotérique fermée, dont les membres partagent des idéaux communs et s’efforcent de créer une société idéale, ils sont très libres dans leurs opinions religieuses personnelles.
« Frères et Sœurs »
– La société idéale dans la compréhension des francs-maçons est une société dans laquelle tout le monde est libre, égal, tous frères les uns des autres, – dit Sergey Pakhomov. des « préjugés » et de la possibilité d’une connaissance rationnelle de la réalité. Une autre question est de savoir à quel point cela a été un succès. Il y a environ 3,5 millions de francs-maçons dans le monde. La plupart appartiennent à la franc-maçonnerie régulière – traditionnelle. Le reste – à l’irrégulier : il permet des loges féminines et mixtes. Il n’y a pas de centre unique dans la franc-maçonnerie. À bien des égards, les francs-maçons fonctionnent comme un club – ce n’est pas un hasard si la Grande Loge de Londres est apparue en Angleterre en 1717, à l’apogée du mouvement des clubs.
Les francs-maçons ont tenté de créer un environnement raffiné pour élever les membres de la « société idéale ». Les francs-maçons n’ont pas de programmes éducatifs, il y a des grades (apprenti, compagnon et maître), à l’issue desquels un certain bloc d’informations est donné.
Les rituels des francs-maçons rappellent un mystère et un jeu : épées, chaînes, gants blancs, « aprons » (tabliers). Puisque la franc-maçonnerie est une fraternité, les membres de la société – «frères» et «sœurs» – s’appellent «tu», bien qu’il existe une subordination dans la société, ainsi que des secrets. Un maçon peut déclarer ouvertement sa franc-maçonnerie, mais ne doit pas révéler l’appartenance d’un autre. La confrérie a un système d’entraide, ils paient des cotisations.
Aujourd’hui, il existe plusieurs loges en Russie, dont quatre se disent « grandes ». Les francs-maçons russes sont extrêmement fermés : les « profanes » (comme ils appellent les non-initiés) ne peuvent accéder au rituel. Les francs-maçons, en règle générale, ne font pas de publicité pour eux-mêmes et les adresses des temples (le lieu des réunions rituelles, appelées « ateliers »). Cependant, ils animent des groupes sur les réseaux sociaux, où ils publient des protocoles de travail. Par exemple, dans le groupe « Franc-maçonnerie égyptienne en Russie », il est rapporté que le 3 septembre, la digne Loge « Imhotep » n° 125 à Moscou a discuté « du symbolisme de l’opéra de Mozart « La Flûte enchantée » ». En plus des rituels, les maçons sont engagés dans des « travaux architecturaux » – ce sont des rapports ou des conférences liés à la franc-maçonnerie. La rencontre se termine par agape (du grec « agape » – « amour sacrificiel ») – un rassemblement pour la prière et un repas. Les réunions ont lieu au moins une fois par mois.
Christian Novikov
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L’éditeur-éducateur Nikolai Novikov était également franc-maçon Photo: Galerie nationale Tretiakov
L’éditeur-éducateur Nikolai Novikov était également franc-maçon
Photo: Galerie nationale Tretiakov
Les premiers francs-maçons ont commencé à apparaître en Russie à l’époque élisabéthaine. Et les premières loges, qui comprenaient des sujets russes, sont apparues dans les années 1730. On connaît l’existence de 27 loges maçonniques à Moscou au XVIIIe siècle. En parlant de la franc-maçonnerie russe de cette époque, il est impossible de ne pas mentionner l’éditeur et éducateur Nikolai Novikov. Les amitiés acquises dans le milieu maçonnique lui ont permis d’allier journalisme et charité. Les revenus du mensuel « Morning Light », que Nikolai Novikov a commencé à publier en 1777, ont été utilisés pour soutenir les écoles Catherine et Alexander pour les enfants de familles pauvres et les orphelins. Les fondateurs de ces établissements étaient Novikov et ses amis maçonniques. Les relations maçonniques offraient également d’autres opportunités. En 1779, Novikov se rendit à Moscou pour relancer l’imprimerie non rentable de l’Université de Moscou. L’imprimerie était en feu. La situation devait être corrigée. Novikov a fait face en acceptant la proposition du conservateur de l’université, le poète et franc-maçon Mikhail Kheraskov.
Dans le même temps, Nikolai Ivanovich n’était pas un homme d’affaires pragmatique. Il rêvait d’éduquer des concitoyens éclairés qui pourraient transformer le pays à l’avenir. En parlant d’illumination, Novikov voulait dire philosophie avec une touche de mysticisme.
La raison non officielle de la défaveur royale envers Novikov était le soupçon que les francs-maçons attiraient l’héritier du trône, le grand-duc Alexandre Pavlovich, dans leur société. Novikov n’a pas poursuivi d’objectifs politiques, il a essayé de se conformer aux lois. Ekaterina elle-même ne comprenait pas exactement où Novikov avait enfreint la loi. Il a été interrogé par le métropolite de Moscou Platon au sujet de la fiabilité chrétienne. Après cela, il écrivit avec enthousiasme à l’impératrice: « Je prie le Dieu tout généreux que … partout dans le monde, il y ait des chrétiens comme Novikov. » Dans les deux capitales, les aristocrates pénètrent dans les loges. Prince Peter Tatishchev, princes Shcherbatov, Dolgorukov, Volkonsky et ainsi de suite. L’historien Nikolai Karamzin, les commandants Alexander Suvorov et Mikhail Kutuzov. Il y avait des francs-maçons parmi le clergé, des artistes, des marchands… Les loges maçonniques en Russie ont été interdites après la Révolution française, puis rouvert sous Alexandre Ier et interdit à nouveau trois ans avant le soulèvement décembriste. En 1905, Nicolas II a publié le « Manifeste sur les libertés civiles » – et les maçons sont réapparus en Russie. Mais avec l’arrivée au pouvoir des bolcheviks, ils ont disparu.
« Toute ma vie j’ai aimé le prétentieux et le baroque »
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Lors du rituel d’initiation à la franc-maçonnerie Photo : Wikipédia
Lors du rituel d’initiation à la franc-maçonnerie
« On nous appelle des mimes », dit Evgeniy, un Moscovite. « Les hommes adultes se transforment en tabliers, ils parlent dans un calme élevé. Et vous devez « faire des affaires », et non pas vider de philosophie. Le code vestimentaire maçonnique est différent partout. En Russie, c’est comme aller dans un bureau. Aux États-Unis, vous pouvez porter un short avec un t-shirt. Dans les pays scandinaves et en Allemagne – une queue de pie et un chapeau haut de forme, en Angleterre – un costume de club.
Eugène a 50 ans, est devenu franc-maçon il y a 30 ans. Il est candidat en sciences historiques, gère les archives sur l’une des chaînes fédérales. Jusqu’à ce qu’Eugène découvre qu’au travail sa franc-maçonnerie était perçue avec indifférence, il avait peur et utilisait des surnoms sur le réseau.
– Pelevin a sa propre franc-maçonnerie dans La Lampe de Mathusalem, et elle est décrite assez ingénieusement. Les maçons russes modernes répandent des rumeurs selon lesquelles il a écrit cela sous l’impression Internet de notre organisation et de mon pseudonyme de réseau Mefuselah, mais vous ne pouvez pas le vérifier, dit Evgeny.
Il est convaincu que la franc-maçonnerie a influencé sa formation, et ne se voit pas en dehors d’elle. Il dit qu’il « s’est plongé dedans à cause de quelques facteurs qui sont à la fois amusants et offensants pour un maçon ». À l’âge de 12 ans, il s’intéresse au comte Cagliostro à travers le film Formula of Love. Je me suis laissé emporter par des tours de magie, j’ai lu un livre sur les magiciens et les illusionnistes, j’ai commencé à lire des livres sur le « pouvoir secret ». J’ai été émerveillé par les vêtements luxueux des maçons, fasciné par l’esthétique du rituel. Les francs-maçons ont tellement charmé le pionnier que celui-ci, devenu militant du Komsomol, les a lu à ses camarades de classe. Eugene est entré à l’Université pédagogique de Moscou dans une langue étrangère. La connaissance des langues a permis d’approfondir l’idée de franc-maçonnerie, car la littérature en russe était entièrement de la propagande. Eugene a été envoyé étudier en Amérique dans le cadre d’un échange d’étudiants. Dans le Wisconsin, il a vu un temple maçonnique. La loge est acceptée à partir de 21 ans, et l’étudiant russe était plus jeune, en plus un étranger. Néanmoins, les francs-maçons américains ont accepté le russe. L’affaire a aidé.
L’œil qui voit tout ou le regard du Grand Architecte de l’Univers. Les francs-maçons croyaient profondément en Dieu et utilisaient ce symbole le plus souvent. L’ œil peut même être trouvé sur les dollars américains Sur la photo: Église de la Trinité vivifiante à Serebryaniki (Moscou)Photo: Kommersant / Emin Jafarov / acheter une photoLes francs-maçons russes considéraient l’œil qui voit tout non seulement comme un signe divin, mais aussi comme un symbole du futur Photo : Institut Sklifosovsky (Moscou)Фото: Коммерсантъ
À Moscou, Eugene a commencé à rechercher des personnes partageant les mêmes idées, n’ayant pas Internet. Il cherchait des signes secrets dans les publicités dans les journaux : s’il y avait des messages cryptés pour le sien. En conséquence, grâce à une chaîne de lettres dans plusieurs pays, le Moscovite a réussi à trouver une boîte dans la capitale et à la rejoindre. Eugène est sceptique quant à l’idée de construire un nouveau beau monde par des francs-maçons.
– Toute ma vie, j’ai aimé tout ce qui est beau et prétentieux, baroque, – admet Eugène – J’ai été emporté par les beaux rituels des maçons. Je me suis rapproché de l’idéologie des maçons. Et mes opinions religieuses se sont formées sous l’influence des idées des Lumières créées par les maçons. J’aime vraiment les éclaireurs du 18ème siècle, mais les constructions idéalistes maçonniques ne sont pas applicables dans le monde moderne. Lorsque l’idée de « l’illumination universelle » a été réalisée, elle n’a pas conduit à la perfection morale universelle, mais vice versa.
Aujourd’hui, je vois la fonction de la franc-maçonnerie dans la promotion et le soutien de l’intelligentsia. La franc-maçonnerie peut devenir une réserve pour l’intelligentsia survivante et un incubateur pour celle-ci. L’essence unique de la franc-maçonnerie est constituée d’un jeu-rituel, d’un club à lui tout seul. Nous sommes dans le domaine de la communication. Personnellement. Et c’est une pratique mourante dont les gens ont besoin.
La franc-maçonnerie enseigne la pensée abstraite et l’interprétation des symboles. Et les règles interdisent d’être impoli et d’interrompre. Oui, et nous parlons de sujets spirituels. C’est intéressant pour beaucoup, mais tout le monde ne peut pas trouver un interlocuteur et admettre qu’il est fatigué de l’information, il a donc besoin d’un guide qui lui expliquera ce qu’il faut lire.
Les Russes modernes, choisissant la franc-maçonnerie, sont guidés par différents motifs : quête spirituelle, rêve d’ascension sociale, évasion et fascination pour les mystères rituels, évasion de la solitude. Et les médecins, les enseignants et les militaires rêvent de trouver les leurs. Eugene dit : 35 à 40 personnes viennent constamment aux réunions.
« Nous avons besoin de toi »
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Lors de la réunion de la loge maçonnique Photo : Wikipédia
Lors de la réunion de la loge maçonnique
Photo : Wikipédia
Vendredi, le photographe de Saint-Pétersbourg de 51 ans, Sergey, se précipite avec six frères maçonniques dans une serre non loin de la place Sennaya – à l’agapa. Aujourd’hui, le « travail » a été long : « ils ont accepté un nouveau combattant » – ils étaient fatigués. Jeudi, il y a eu un stand-up dans l’établissement – les stocks d’alcool se sont épuisés, au grand dam de ceux qui sont venus. Sauvé apporté réserve. Après avoir trié à une table collante avec des boulettes et de l’alcool, ils boivent pour le président. debout. Les francs-maçons portent un toast : « À notre pays et à son gouvernement légalement élu ! »
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Sergey se qualifie de « franc-maçon ouvert » et de vénérable maître de la loge « Château d’ingénierie », qui comprend 12 personnes. Voici le porte-clés correspondant sur ses clés – avec un œil qui voit tout et une boussole (ce sont des symboles de fraternité). Sergey provoque autour de lui des réserves sur la façon dont il a « bu avec les maçons »: il parle, vérifie la réaction. Ils sont eux-mêmes des invités fréquents dans sa cuisine. Les proches traitent les opinions de Sergey différemment: les parents de la femme sont sceptiques et ironiques, le fils aîné est intéressé. Dans un discours de bienvenue sur le site Web de la loge, Sergei déclare que « tout le monde de la noblesse de Saint-Pétersbourg de l’ère d’Alexandre consistait en la franc-maçonnerie », et la franc-maçonnerie elle-même a formé la civilisation moderne en tant que civilisation du succès.
« J’ai été invité par des gens en qui j’ai confiance, se souvient Sergey. Il y a quelques années, un ami m’a appelé à la boîte en disant : « Nous avons besoin de vous ». J’avais moi-même une idée très vague de ce que c’était. C’est parti. Aujourd’hui en Russie la franc-maçonnerie est avant tout un club social. L’ascenseur social est une des fonctions de la franc-maçonnerie. Dans notre cas, ce sont des hommes sans attaches. Les liens horizontaux dans la société sont très importants. Je peux parler aux autorités du ministère de l’Intérieur. Nous avons des frères en uniforme et galons. L’une des vertus de la fraternité est de s’entraider. J’ai perdu mon appareil photo et mes frères m’ont aidé : ils ont acheté un appareil photo.
« Ouvrier conscient de Dieu »
Un autre Pétersbourgeois, l’ophtalmologiste de 53 ans Vyacheslav, a été amené à la confrérie des francs-maçons non pas par une entreprise chaleureuse, mais par des quêtes spirituelles, mais il n’a pas non plus compris si c’était sa voie.
« Mason dans son habitat naturel », sourit Vyacheslav en ouvrant la porte d’un salon d’optique dans un quartier résidentiel de Saint-Pétersbourg. Vyacheslav « s’est toujours efforcé de vivre sa vie de manière significative ». La recherche de réponses aux questions a conduit au christianisme. Enfant, pendant les vacances, j’allais à l’église avec ma grand-mère. Il examina la peinture du plafond, puis revint à la vie grise, qui contrastait avec ce qu’il voyait dans l’église. Mais dans l’orthodoxie, toutes les questions n’ont pas trouvé de réponse et, en 2018, la recherche spirituelle a conduit à la loge. Ainsi, le samedi, Vyacheslav est occupé dans la boîte et le dimanche, il assiste aux offices de l’église orthodoxe.
Il est venu à la franc-maçonnerie à travers une crise : la famille éclate, des problèmes de travail commencent. Les proches ne plongent pas dans l’essence des opinions de Vyacheslav. Il ne fait pas de publicité pour sa franc-maçonnerie. Rédiger une candidature, passer l’entretien. Maintenant, il pose des questions aux néophytes. Habituellement – à propos de l’attitude envers Dieu et les gens. La plupart des candidats sont refusés.
– La foi seule ne suffit pas, la connaissance de Dieu est nécessaire. Dieu est inconnaissable. Et l’homme tend vers la déification, c’est-à-dire vers l’indiscernabilité de Dieu. Je suis un travailleur consciencieux de Dieu. Il n’y a pas de saints dans la loge, mais les maçons se dirigent vers la lumière, c’est-à-dire vers la sainteté. Et la sainteté est l’accomplissement exact de la volonté de Dieu, réfléchit Vyacheslav.
« Mon but est de me connecter avec l’Absolu »
« J’ai toujours voulu comprendre ce qu’est une personne, quel est le but de la vie, y a-t-il un Dieu. Je suis le vénérable maître du comte Phoenix Lodge n ° 2 », déclare Artem, avocat de 40 ans de Saint-Pétersbourg.
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Il a commencé à lire des livres sur la philosophie et la religion. Ce que j’ai trouvé, je l’ai lu. J’ai appris le Tantra, l’ésotérisme, je me suis intéressé à la Kabbale et aux histoires de sociétés secrètes.
« Avant de viser à créer une société idéale, il faut mettre les choses en ordre en soi et correspondre aux buts qui sont affichés. Mon objectif est de me connecter avec l’Absolu », explique Artem.
Il a été baptisé enfant. Mais il n’est pas devenu orthodoxe. Dans la religion, il recherche une compréhension complexe de Dieu et l’absence de spéculation sur la culpabilité. La franc-maçonnerie attire la connaissance spirituelle, pas le gain pragmatique. Il a commencé à chercher des personnes partageant les mêmes idées. Il est entré dans le «groupe paramasonique», dans lequel il avait environ six ans. Décidé de passer à la franc-maçonnerie car « elle est universelle, plus nombreuse et plus respectable ». Rédaction d’une requête sur les réseaux sociaux. Il a été invité à un entretien dans un café. Il peut y avoir plusieurs entretiens. En cas de succès, le candidat est invité à être interviewé sous un bandage dans la tempe. Il ne doit pas voir la composition de la confrérie et la décoration du temple. Après un scrutin sous le bandeau, un vote a lieu et il est décidé d’accepter ou non un candidat à la fraternité. Une personne doit rejoindre une loge volontairement, avoir une « bonne disposition », comprendre l’essence de la franc-maçonnerie et être financièrement indépendante.
Le Maçon doit croire en Dieu (il est appelé le « Grand Architecte de l’Univers ») et en l’immortalité de l’âme. Si une personne est musulmane ou orthodoxe, elle restera. Artem est convaincu qu’il faut des femmes dans la boîte : premièrement, la présence de dames empêche les frères d’être impolis. Deuxièmement, il y a quelqu’un pour s’occuper des accessoires et de la propreté.
Artyom était membre de la loge de Moscou, puis dirigeait la branche de cette loge à Saint-Pétersbourg, devenant l’un des « officiers » (c’est le nom donné aux frères aînés qui exercent des fonctions rituelles). Artyom Lodge loue un demi-sous-sol au centre de Saint-Pétersbourg. Il existe une concurrence entre les francs-maçons appartenant à différentes loges : ils se disputent lequel d’entre eux est le plus « correct » maçon. Ainsi, par exemple, les loges d’Eugene et d’Artem ne sont pas amies.
Marketing maçonnique
Homme politique, stratège politique et grand maître de Russie Andrey Bogdanov Photo : Dmitry Dukhanin, Kommersant
Homme politique, stratège politique et grand maître de Russie Andrey Bogdanov
Photo : Dmitry Dukhanin, Kommersant
L’église de la Grande Loge de Russie (VLR) est située à Moscou dans la rue Poltavskaya. Le site contient l’adresse – vous pouvez vous inscrire à une visite, appelée « conférence ». Il en coûte 3 mille roubles. Ceux qui le souhaitent peuvent acheter un badge maçonnique VLR ou une bague maçonnique en argent pour 21 000 roubles. A la demande du client, les bijoux peuvent être réalisés en platine avec des pierres précieuses. Le Grand Maître de Russie Andrey Bogdanov est un stratège politique et homme politique, candidat à la présidence aux élections de 2008. M. Bogdanov, outre la politique et la franc-maçonnerie, s’intéresse à l’horticulture et à la gastronomie. Il y a un an, il organisait la vente de champignons de son propre ambassadeur, qu’il annonçait sur le réseau social. Avec un pot de champignons d’un demi-litre, l’acheteur pour 5 000 roubles. a reçu un livre sur l’histoire de la franc-maçonnerie mondiale, écrit par Bogdanov en collaboration avec l’historien Viktor Belyavsky (Grand Maître Adjoint). Comme Andrei Bogdanov l’a admis plus tard dans une interview, l’action a rapporté 82 000 roubles. Et l’argent est allé à une association caritative.
La Grande Loge de Russie a félicité Vladimir Poutine pour son anniversaire. Dans les réseaux sociaux, M. Bogdanov parle non seulement des affaires du lodge, mais aussi des vaccinations, des événements familiaux, des champignons et de la récolte sur la parcelle. Il a expliqué à plusieurs reprises aux journalistes que cela est fait pour que « les gens comprennent : les maçons sont des gens ordinaires qui ont tout ce qui est terrestre, et non surhumain ».
« Quelque chose de plus drôle qu’effrayant »
– La franc-maçonnerie a toujours été sous le contrôle des autorités. Et selon qui était au pouvoir et comment il se rapportait à la franc-maçonnerie, la position des francs-maçons s’est améliorée ou a empiré », explique Sergueï Pakhomov.
– L’Église orthodoxe russe a une mauvaise attitude envers toutes les organisations de nature ésotérique, dans lesquelles la vraie connaissance n’est accessible qu’aux dirigeants, – a déclaré Roman Silantiev à Kommersant,chef du Centre de géographie des religions au département synodal des relations entre l’Église et la société, chef du Centre des droits de l’homme du Conseil mondial du peuple russe – Parce qu’on soupçonne toujours que les véritables objectifs de ces organisations sont très différents de ceux déclarés. Quelle est cette connaissance qui doit être cachée ? Il y a des conflits entre l’Église orthodoxe russe et les francs-maçons, l’un des plus bruyants est le cas de l’ancien shiigumen Sergiy Romanov. La loge maçonnique de Tcheliabinsk comprenait l’attaché de presse de Romanov, Vsevolod Moguchev. Moguchev, qui a écrit les textes des discours au père Sergius, s’est avéré être un maçon du troisième degré – le gardien de la loge maçonnique de Tcheliabinsk. On soupçonne que c’est Moguchev qui a attisé le conflit et amené Romanov sous l’article. L’Église orthodoxe russe déconseille fortement si un chrétien orthodoxe devient franc-maçon.
La franc-maçonnerie en Russie était soit interdite, soit tolérée par les autorités. Néanmoins, aucune interdiction officielle réglementant les activités des loges maçonniques n’a été introduite. Il y a toujours eu et il y a encore beaucoup d’orthodoxes parmi les francs-maçons.
Selon le site « Grande Loge de Russie », « le 10 juin 2019, une prière a eu lieu dans la cathédrale de l’Epiphanie d’Elokhov pour les Frères maçons. Deux icônes orthodoxes ont été consacrées pour l’église de la Grande Loge de Russie à Moscou. Le service fermé a été visité par Andrey Bogdanov avec ses frères maçonniques. Selon le recteur de la cathédrale, l’archiprêtre Alexander Ageikin, il « ne s’intéressait pas à la religion de ceux qui demandaient à consacrer l’image ».
« Les maçons se sont maintenant considérablement dégradés et ont dégénéré en quelque chose de plus ridicule que terrible », a déclaré M. Silantiev. « Ils étaient une force sérieuse au 19e siècle et au début du 20e siècle, mais au cours des dernières décennies, ils n’ont pas été une force sérieuse. . Si maintenant une personne se dit franc-maçon, c’est un signe qu’il ne faut pas traiter avec lui, car il est apparemment inadéquat. La franc-maçonnerie d’aujourd’hui est conçue pour les personnes naïves qui souhaitent percer rapidement dans la haute société et acquérir des contacts utiles. Le même Moguchev est devenu franc-maçon pour se faire connaître. La franc-maçonnerie est un stratagème frauduleux dans lequel les gens n’améliorent en rien leur vie, mais s’amusent du fait qu’ils appartiennent à une société secrète. S’il s’avère qu’un haut fonctionnaire est un franc-maçon, sa carrière prendra fin. La participation à une société secrète est un diagnostic.
Une scission dans la loge
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Le petit palais du musée-réserve de Tsaritsyno est décoré de symboles maçonniques Photo : Dmitri Lebedev, Kommersant
Le petit palais du musée-réserve de Tsaritsyno est décoré de symboles maçonniques
Photo : Dmitri Lebedev, Kommersant
– En 1995, la Grande Loge de Russie a été formée, et j’y ai travaillé, – se souvient un Moscovite Evgeny. – Et puis les scissions ont commencé, à partir de 2001. Selon les règles maçonniques, la personne occupant le poste de Grand Maître doit être remplacée tous les trois ans. Les francs-maçons ne sont pas toujours pressés de se séparer du pouvoir – c’est l’une des raisons de la scission. Des problèmes interpersonnels ont commencé, des reproches de malpropreté financière. Tout d’abord, la Grande Loge régulière russe a été formée en 2001. En 2006, la Grande Loge de Russie s’est scindée en deux parties. Tous deux ont refusé de se reconnaître comme des imposteurs. Selon les normes maçonniques internationales, les deux avaient le droit d’exister. Les francs-maçons ont appelé la communauté internationale à arrêter la scission. Cependant, il s’est avéré qu’ils ont décidé d’unir les deux loges russes sous la figure d’Andrei Bogdanov, qui a été approuvé au sommet, contournant les règles. La commission internationale a accepté la candidature de Bogdanov. Il a dirigé la Grande Loge de Russie. Tout d’abord, un grand groupe s’est séparé du VLR, puis son gros a formé la Grande Loge Unie de Russie (OVLR), et un petit groupe, c’est-à-dire nous, n’a pas participé à la formation de l’OVLR et a créé sa propre loge séparée. Nous avons reçu la permission de la France de travailler sous la Règle de Memphis-Mizraim – c’est l’une des Règles de la Franc-Maçonnerie. Le nôtre se distinguait de tous les autres en 2007 en ce qu’il était bisexuel, et en ce que, contrairement aux autres, il mettait l’ésotérisme, l’occultisme au premier plan. Je dirige la Grande Loge Symbolique. Mon statut est le chef du Sanctuaire. Il s’agit d’un poste électif. Le mandat est de sept ans. puis sa majeure partie a formé la Grande Loge Unie de Russie (OVLR), et un petit groupe, c’est-à-dire nous, n’a pas participé à la formation de l’OVLR et a créé sa propre loge séparée. Nous avons reçu la permission de la France de travailler sous la Règle de Memphis-Mizraim – c’est l’une des Règles de la Franc-Maçonnerie. Le nôtre se distinguait de tous les autres en 2007 en ce qu’il était bisexuel, et en ce que, contrairement aux autres, il mettait l’ésotérisme, l’occultisme au premier plan. Je dirige la Grande Loge Symbolique. Mon statut est le chef du Sanctuaire. Il s’agit d’un poste électif. Le mandat est de sept ans. puis sa majeure partie a formé la Grande Loge Unie de Russie (OVLR), et un petit groupe, c’est-à-dire nous, n’a pas participé à la formation de l’OVLR et a créé sa propre loge séparée. Nous avons reçu la permission de la France de travailler sous la Règle de Memphis-Mizraim – c’est l’une des Règles de la Franc-Maçonnerie. Le nôtre se distinguait de tous les autres en 2007 en ce qu’il était bisexuel, et en ce que, contrairement aux autres, il mettait l’ésotérisme, l’occultisme au premier plan. Je dirige la Grande Loge Symbolique. Mon statut est le chef du Sanctuaire. Il s’agit d’un poste électif. Le mandat est de sept ans. qui, contrairement à d’autres, mettent l’ésotérisme, l’occultisme en premier lieu. Je dirige la Grande Loge Symbolique. Mon statut est le chef du Sanctuaire. Il s’agit d’un poste électif. Le mandat est de sept ans. qui, contrairement à d’autres, mettent l’ésotérisme, l’occultisme en premier lieu. Je dirige la Grande Loge Symbolique. Mon statut est le chef du Sanctuaire. Il s’agit d’un poste électif. Le mandat est de sept ans.
Les contributions aux grandes loges russes vont de 2 000 à 15 000 roubles. dans l’année. Une Grande Loge est établie par une autre Grande Loge, ou est créée simplement par les loges individuelles réunies, et doit avoir un brevet correspondant. Aujourd’hui, en Russie, il existe plusieurs loges, dont quatre se disent grandes, chacune d’elles a plusieurs branches, en plus de cela, il y a des loges séparées qui n’appartiennent pas aux grandes. Il existe environ 50 loges maçonniques actives en Russie.
Le comte Cagliostro était-il un imposteur ?
« L’option en ligne est généralement contre-indiquée pour la franc-maçonnerie : la clé est le rituel et la communication », rappelle Evgueni à la pandémie VLR et les Grandes Loges unies d’Allemagne. Après plusieurs postes patriotiques, la reconnaissance mutuelle de Bogdanov avec lui a été suspendue par les Grandes Loges Unies d’Allemagne. Toutes les obédiences (associations de loges) du monde soutiennent activement l’Ukraine, envoient de l’argent via la Grande Loge d’Ukraine, mais ne montrent pas d’agressivité envers les obédiences russes.
Le site Internet de VLR dit : « Les maçons ont toujours été des gens patriotes, fidèles à leur pays. » Les francs-maçons sont appelés à éviter les conflits, ils ne discutent donc pas de politique et de religion, l’orientation sexuelle ne peut devenir un obstacle à l’adhésion à la confrérie, sauf lorsqu’une personne est impliquée dans des scandales.
« L’héritage des peurs profondes »
– Dans toute société, de l’Antiquité à nos jours, il y a toujours une image de l’ennemi, – dit Sergey Pakhomov – C’est un héritage de peurs tribales archaïques. Ces ennemis incluent les « francs-maçons juifs ». « Jewish Mason » est un bogey qui s’incruste dans l’image large de l’ennemi. Pourquoi une bande de « juifs » et de « maçons » est-elle apparue ? Parce que si nous prenons le territoire de la Russie, où, en fait, ce concept s’est formé, alors l’antisémitisme y est connu depuis des siècles. Et aux XVIII-XIX siècles, la peur des maçons s’est ajoutée. Tout cela s’intensifie vers la fin du 19e siècle – début du 20e siècle et donne naissance à des mythes et des stéréotypes, dont la « franc-maçonnerie juive ».
La propagande anti-maçonnique accuse les francs-maçons de diverses déviations par rapport à la foi chrétienne et a également donné lieu au bogey offensif « Jewish Mason », liant la franc-maçonnerie au mythe de la « conspiration juive mondiale ».
La Russie avait sa propre longue tradition de théories du complot anti-maçonniques, qui ne sont pas mortes même pendant les années soviétiques. Le premier exemple en est peut-être la campagne lancée dans les années 1820 et au début des années 1830 par l’archimandrite Photius, en collaboration avec Mikhail Magnitsky, administrateur du district éducatif de Kazan. Il a proposé de construire une éducation publique sur l’orthodoxie et de suivre les traditions spirituelles de la Russie, et s’est opposé à la franc-maçonnerie.
La vague de théories du complot a été causée par la défaite de la guerre de Crimée et la rébellion polonaise de 1864. Au début du XXe siècle, de l’huile a été ajoutée au feu par des personnes telles que le publiciste Sergei Nilus, l’un des auteurs présumés du livre Les Protocoles des Sages de Sion. « La version complotiste de l’histoire de l’humanité, empruntée aux combattants français contre les francs-maçons, qui recherchaient inlassablement les sources et les motifs des activités des sociétés secrètes de tradition juive, était populaire auprès des ultraconservateurs russes de ces années-là. L’un d’eux a soutenu que les Juifs n’avaient pas perdu leur identité nationale dans la diaspora parce qu’ils étaient dirigés à partir d’un centre unique par des « princes de l’exil ». Ils auraient créé toutes sortes de sociétés secrètes dans le but de détruire tous les États, d’éradiquer le christianisme et de soumettre l’humanité au pouvoir des Juifs », écrit l’anthropologue, Docteur en sciences historiques Viktor Shnirelman dans le livre « Retaining. De l’apocalypse à la théorie du complot. Les théories du complot, les francs-maçons et l’anti-maçonnerie sont décrits dans le roman Cimetière de Prague d’Umberto Eco.
S’il n’y avait pas les maçons, ils vaudraient la peine d’être inventés comme d’excellents humanistes idéalistes qui font du monde un meilleur endroit, ou des « ennemis insidieux » sur les épaules desquels le fardeau de la responsabilité de l’imperfection du monde peut être mis. Chacun obtient le sien dans une société fermée : recherches spirituelles et réponses complexes, un club d’intérêt et le soutien de personnes partageant les mêmes idées. Eh bien, quelqu’un rêve d’une pierre philosophale, d’un club de milliardaires et d’un pouvoir sur le monde. Les maçons eux-mêmes disent qu’ils sont appelés à traiter les erreurs des autres avec compréhension : ils doivent tailler leur propre pierre – quoi que cela signifie.
Au château de Coëtcandec, à Locmaria-Grand-Champ (Morbihan), jeudi 29 septembre 2022, les bénévoles étaient satisfaits et émus : la tour a retrouvé son toit à neuf pans. Un travail d’orfèvre.
Au château de Coëtcandec, à Locmaria-Grand-Champ (Morbihan), la journée du jeudi 29 septembre 2022 restera dans les mémoires. Dès 9 h, les bénévoles des Amis de Coëtcandec, qui œuvrent depuis huit ans à la sauvegarde et à la restauration de l’édifice, sont là pour assister au « chapeautage » de la tour. Les menuisiers de l’entreprise Jéhanno, de Locqueltas – Bernard Evenas, Valentin César, Denis Decazeneuve et Kylian Le Falher – sont aux petits soins pour monter le toit à neuf pans sur le haut de la tour. Le grutier est en alerte, sept tonnes sont à monter…Un toit à neuf pans, c’est exceptionnel, et vite déséquilibré. On calcule les cotes, mais il y a toujours une part de doute tant que cela n’est pas levé », commentent les Compagnons.
Après quelques essais, le lancement est parti en quelques minutes, le toit s’envole et le trajet maîtrisé par le savoir-faire du grutier. Les menuisiers sont aux aguets et vérifient que tout va bien. Les bénévoles retiennent leur souffle. C’est l’aboutissement d’un projet de seize mois de construction, de maçonnerie et de couverture. Chaque ardoise a été achetée par des particuliers ; derrière chacune, les nom et prénom de ceux qui ont donné pour que ce projet aboutisse. Ce projet a été lancé par les Amis de Coëtcandec, il y a sept ans, dès la première demande de subvention, explique Françoise Fossé, la présidente.Le cerf sur la girouette est un hommage à notre historien local et ancien président de l’association, Gérard Danet, aujourd’hui décédé. C’était son souhait.
« Un bel aboutissement »
Le coût de l’opération est de 315 000 €, financé par les subventions de 124 000 € de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), 77 000 € du Département, 34 000 € de la Fondation Bern, 35 000 € de Golfe du Morbihan Vannes agglomération, 10 000 € de la Fondation du patrimoine ; la Fondation bois et forêt a donné 30 % du prix de la charpente. Et, bien sûr, pour financer les 20 % restant, il y a eu l’aide du public qui nous soutient au travers de dons, de nos animations. C’est un bel aboutissement. Une tour qui a, à son faîte, un pigeonnier, le seul connu dans le Morbihan.
À 11 h, tout est terminé. La tour est maintenant coiffée, les menuisiers vont faire les derniers travaux de fixations fermes et stabiliser l’ouvrage. Et à 15 h, la tour a retrouvé son allure d’antan.
La rénovation continue
Les prochains projets pour le château concernent la cristallisation des murs du XIXe siècle, pour éviter l’effondrement ; la restauration des linteaux de la cheminée qui sont encore debout, la réfection des deux portails, la restauration et la colorisation des blasons. Une première tranche devrait démarrer en 2023 », espèrent les Amis de Coëtcandec.
Reconnue comme l’une des principales références en matière de mieux-être au Québec, maître de yoga, professeur de méditation et autrice de best-sellers, Nicole Bordeleau parle des prises de conscience et des attitudes qui ouvrent une porte de plus en plus grande sur la guérison dans son nouveau livre de développement personnel, Guérisons intérieures. Avec sagesse et douceur, l’autrice partage généreusement des pans de sa vie et explique quels mécanismes permettent de déployer nos forces de guérison.
Nicole Bordeleau raconte comment, un matin de juillet de 1996, un coup de fil de son médecin lui a appris qu’elle était atteinte d’un virus terrible appelé Hépatite C.
Cette mauvaise nouvelle a eu l’effet d’une bombe. Bien décidée à vivre et à guérir, elle a entamé son long parcours de patiente pour se faire soigner et amorcé un cheminement spirituel intense.
Dans ce nouveau livre, elle explique ce qu’elle a appris au fil des ans sur différents sujets. Comment maintenir son équilibre face à l’adversité ? Comment faire pour se relever quand on est frappé par une épreuve ? Est-il possible de guérir les parts blessées de soi-même? Comment dire enfin oui à la vie?
Avec sagesse
Nicole Bordeleau apporte de nombreuses pistes concrètes pour se lancer sur le sentier de la guérison intérieure avec sagesse et conscience.
Avec authenticité et courage, elle parle de son expérience personnelle, explique ce qu’elle a appris et mis en pratique, partage ses connaissances et ses prises de conscience.
«J’étais à l’écriture d’un autre livre depuis un long moment et pour Guérisons intérieures, il y avait une part de moi qui hésitait à aller là», commente-t-elle, en entrevue.
«Ça faisait longtemps que je voulais l’écrire, mais je ne trouvais pas comment. À un moment donné, j’ai senti qu’il fallait que je l’écrive à deux voix : la voix de celle qui traverse la maladie, les difficultés, qui cherche la guérison et la voix de celle qui a un bout de chemin de fait.»
Guérison physique
Nicole Bordeleau a traversé 30 ans de maladie, rappelle-t-elle.
«J’ai tellement cherché de livres qui puissent m’accompagner et aussi m’ouvrir des portes vers des horizons. Je ne voulais pas parler que de guérison physique parce que même si la guérison physique se fait, il y en a d’autres qui doivent se faire. D’autres qui appellent à se faire.»
«Tout au long de notre vie, la vie nous guérit de quoi, à travers nos expériences? C’est toujours ça que je me suis demandé, sans pouvoir le nommer. Quand tu traverses un divorce, quand tu as une faillite personnelle, quand tu es au cœur d’une dépendance… à travers les grandes difficultés, de quoi la vie cherche-t-elle à te guérir?»
«Parfois, c’est un manque d’estime de soi, parfois, c’est un manque de confiance en soi, parfois c’est parce que tu n’as pas encore appris à dire non, à nommer ta vérité», énumère-t-elle.
Des guérisons profondes
«J’ai toujours senti que la vie n’était pas contre moi, mais pour moi. Elle n’est pas contre quiconque, mais pour quiconque. Mais l’acte de guérir, dans notre société, concerne les maladies physiques ou psychiques. Mais il y a d’autres guérisons profondes, d’autres guérisons intérieures et c’est de ça que je voulais parler.»
«Guérir, ça ne se fait pas toujours à coups de mantras, d’alléluia et d’encens. Il y a des guérisons qui se font dans la confusion et dans la douleur, dans la peur et la noirceur. Ce sont des passages de guérison et ça m’a pris longtemps avant de comprendre ça.»
♦ Nicole Bordeleau est autrice et conférencière, maître de yoga et professeur de méditation.
♦ Elle a écrit plusieurs best-sellers, dont L’art de se réinventer, Respire, et Revenir au monde.
♦ Elle est suivie par plus de 150 000 personnes sur les réseaux sociaux.
♦ Son balado Nicole Bordeleau en balado a atteint le million de téléchargements depuis sa création.
Pour Lénine, père de la révolution russe de 1917, l’homme nouveau, communiste et marxiste, doit condamner la religion. Dès lors, les images sacrées traditionnelles sont ridiculisées et détruites. Paradoxalement, Lénine connaît le pouvoir de la religion et du sacré.