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Regard sur… l’Introspection

L’introspection (du latin « introspectus ») désigne l’activité mentale que l’on peut décrire métaphoriquement comme l’acte de « regarder à l’intérieur » de soi, par une forme d’attention portée à ses propres sensations, états ou pensées. Il s’agit en psychologie de la connaissance intérieure que nous avons de nos perceptions, actions, émotions, connaissances, différente en ce sens de celle que pourrait avoir un spectateur extérieur.

Philosophie

En philosophie, l’introspection désigne un mode d’appréhension des états de conscience par accès direct et retour sur soi du sujet. Pour la philosophie du sujet plus particulièrement, l’introspection désigne la réflexivité d’une conscience subjective qui se pense ainsi en première personne (du point de vue du « je »). Pour Kant notamment, elle permet au sujet de « posséder le je dans sa représentation ».

Descartes a posé dans ses Méditations les fondements de la notion d’introspection en affirmant non seulement le principe de la conscience réfléchie (cogito) mais aussi celui de la « transparence » de soi à soi.

En tant que procédé de connaissance, l’introspection est objet de controverses depuis Descartes et les critiques qui ont été formulées à l’encontre du cogito. Auguste Comte, notamment, récuse cette « prétendue méthode » et fait valoir qu’on ne saurait être à la fois observateur et observé. Il va jusqu’à affirmer que « l’esprit humain peut observer directement tous les phénomènes, excepté les siens propres ». En suivant cette inspiration positiviste, le béhaviorisme (Watson, Skinner) et son principe méthodologique de la « boîte noire », entend fonder une psychologie scientifique, objective, du comportement, à l’encontre de la psychologie introspective et subjective des états de conscience.

Psychologie

En psychologie, l’introspection est une méthode d’observation et d’analyse de soi (psychologie introspective) en vue d’étudier sa propre personne et d’acquérir une connaissance de soi ou de l’esprit humain en général.

L’introspection était la principale méthode utilisée aux débuts de la psychologie expérimentale, à la fin du xixe siècle. Mais diverses critiques ont été émises contre cette méthode, mettant en doute la capacité même d’un sujet à s’observer lui-même. Wilhelm Wundt, par exemple, évoque l’impossible « indépendance » de l’observateur par rapport à l’objet observé dans un tel processus et juge « comique » une telle approche.

Avec l’apparition de la psychanalyse (Freud, 1900) et de la psychologie analytique (Jung, 1913) – et plus généralement l’émergence du concept d’inconscient – le rapport de l’individu à lui-même se complexifie : la conscience de soi doit désormais composer avec toutes sortes de refoulements et de résistances. Jung parle ainsi de « dialectique du moi et de l’inconscient ».

Dans le champ de la psychologie cognitive, l’utilisation des verbalisations concomitantes (think-aloud protocol) par des chercheurs comme Newell et Simon est parfois critiquée en tant qu’elle fait appel à l’introspection.

S’agissant de l’observation et de la compréhension de son propre fonctionnement psychique, l’introspection est désormais envisagée de manière expérimentale pour la compréhension de la façon dont se constitue la théorie de l’esprit, notamment en tant qu’elle est une grille de lecture des états subjectifs d’autrui.

Spiritualité

Le processus d’introspection correspond, pour un mystique ou un penseur religieux comme Saint Augustin, à un mouvement d’ascension vers Dieu en même temps qu’à un examen de conscience.

Certains types de méditation peuvent être assimilés à de l’introspection.

Guédelon : Ils construisent un château médiéval avec les outils du XIIIe siècle

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En Bourgogne, depuis plus de vingt ans, des archéologues et des artisans bâtissent le château fort de Guédelon selon les techniques et les matériaux du Moyen Âge. Ce documentaire propose une nouvelle exploration de cet incroyable chantier scientifique, historique, pédagogique, touristique et humain avant tout et en dévoile des phases inédites.

Plus grand site d’archéologie expérimentale au monde, le chantier du château médiéval de Guédelon, en Bourgogne, qui s’effectue avec des outils, des matériaux et des techniques du XIIIe siècle, porsuit une expérience unique entreprise il y a plus de deux décennies. Au fil des saisons, il aura offert aux « œuvriers », comme se nomment eux-mêmes les artisans qui y officient avec l’aide des archéologues, de s’approprier les savoir-faire des bâtisseurs du Moyen Âge. Un public nombreux – 308 000 visiteurs en 2019 – vient admirer sur le chantier la virtuosité de ces tailleurs de pierre, charpentiers ou forgerons capables de transformer le grès de cette ancienne carrière et le bois de chênes d’une forêt voisine pour élever un imposant ouvrage fortifié. Aventure humaine grandeur nature, la construction rassemble une quarantaine d’artisans, épaulés par des centaines de bénévoles, et par un comité scientifique constitué d’archéologues et d’historiens.

Grands défis
En 2015, Guédelon : renaissance d’un château médiéval, déjà coproduit par ARTE et l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), offrait une première immersion au cœur du site. Le temps d’une saison, cette nouvelle exploration dévoile des phases inédites du chantier et présente une vue d’ensemble du bâti sorti de terre grâce à de spectaculaires images aériennes. En partenariat avec le site expérimental allemand de Campus Galli dans le Bade-Wurtemberg, où se construit un monastère carolingien, les bâtisseurs de Guédelon percent les secrets de fabrication des panneaux en parchemin qui obtureront les fenêtres de la chambre seigneuriale. En s’appuyant notamment sur une visite du château de Laval, les charpentiers et les scientifiques réfléchissent également à la meilleure technique pour concevoir la toiture de la tour de la chapelle. L’érection de la porte principale du château, entre deux tours, constitue quant à elle le dernier grand défi à relever avant la pose de la dernière pierre, prévue en 2023. Alors que le chantier de Notre-Dame de Paris porte à la connaissance du grand public des problématiques de conservation du patrimoine, l’archéologie expérimentale de Guédelon se révèle d’autant plus précieuse.

Réalisation : Bianca Zamfira/Pays : Royaume-Uni/Année : 2019

1717-2017, Trois siècles de franc-maçonnerie

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Avec la participation de Bertrand Fondu, Christian Jassogne, Raymonde Lefèvre et Raymond Renard. En ce début d’année académique, l’ Ecole de Droit UMONS ULB s’associe à l’ Extension – UMONS pour vous présenter une conférence publique sur l’histoire fascinante de la franc-maçonnerie, qui fête cette année ses 300 années d’existence !

Christian Jassogne, Président du Conseil de Direction de l’Ecole de Droit, membre du Grand Orient de Belgique, retracera, sous l’aspect de l’évolution et de la diversification du message philosophique, l’histoire de trois siècles de franc-maçonnerie. Raymonde Lefèvre et sa collègue, membres du Droit Humain, évoqueront le rôle des dames dans la franc-maçonnerie d’adoption, puis l’évolution vers une maçonnerie autonome, mixte ou féminine. Bertrand Fondu décrira ce que fut son action en tant que Grand maître national du Grand Orient de Belgique, et les enseignements qu’il tire de cette expérience. Raymond Renard, aussi membre du Grand Orient de Belgique et du Droit Humain, insistera sur quelques aspects du parcours maçonnique.

La Sophrologie au quotidien

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La sophrologie est une méthode psychocorporelle basée sur des exercices de RESPIRATION – relâchement  MUSCULAIRES de CONCENTRATION et VISUALISATION. Les exercices proposés nous enseignent des techniques simples et quotidiennes destinées aux adultes comme aux enfants. Les exercices sont thématiques  ( STRESS – SOMMEIL – EMOTIONS PHOBIES – ADDICTIONS )– L’ouvrage propose également  25 séances audio  à télécharger via QR code.

L’AUTEURE INTERVIEWEE : Gaëlle Piton, sophrologue expérimentée propose des séances en cabinet, accompagne des artistes et intervient en milieu scolaire. Elle est aussi journaliste et conférencière. Elle  a déjà publié= LA MEDITATION C’EST LA VIE aux éditions FIRST.

Tous les exercices sont illustrés par la talentueuse graphiste Morgane Carlier

James Anderson 1723

Si la question était de savoir comment « S’inscrire dans l’Histoire », titre de la publication, force est de constater que les contributeurs connaissaient déjà la recette. Avec enthousiasme, ils entraînent le lecteur vers une découverte : celle d’une loge, qui plus est d’étude et de recherche au regard de la Constitution et Règlement général de l’obédience – Livre dixième ; du triangle-de la loge de mission ; art. 184 et suiv. –, mais aussi de rites avec le rite anglais connu sous le nom d’émulation ou encore le rite d’York ou rite américain.

Frontispiece and title page of the 1723 Constitutions of the Ancient and Honourable Fraternity of Free and Accepted Masons. Musée de la franc-maçonnerie – Hôtel du Grand Orient de France, au siège du Grand Orient de France, 16, rue Cadet, Paris 9e ardt.

Les collaborateurs souhaitent aussi dresser un tableau exhaustif de l’activité de la loge, au nom si connu de James Anderson, depuis sa fondation en 2001. En tout premier lieu, il nous est rappelé que James Anderson (c. 1678-1739), pasteur presbytérien, a contribué aux « Constitutions, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés » considérées comme l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie moderne dite spéculative, dont le tricentenaire sera fêté l’an prochain. L’ouvrage servit de base à la création de la première structure obédientielle au monde…

Année par année, de la création à nos jours, grâce à cette exhaustive « Chronologies historiques » – événements, évolutions, modifications, vénérables maîtres – les rédacteurs réalisent un état des lieux en ouvrant aussi des pistes de réflexion sur des expériences et des parcours qui demeurent parfois méconnus. Sans omettre d’en aborder tous les détails administratifs. Et d’évoquer aussi la loge, la première maçonnant au rite anglais de style émulation, « Les Fils de James Anderson », fondée en 2015 et allumant ses feux en janvier 2016. Nous y découvrons le projet de naissance, l’activité et les perspectives de développement.

Cette revue qui se veut évolutive publiera, au fil des ans et dès 2023, après l’annonce faite dans ce numéro, les actes du colloque du 20e anniversaire du Suprême Grand Chapitre de l’Ancienne Maçonnerie d’York, du samedi 19 février dernier, ayant traité du « Réveil des Rites Anglo-Saxons au Grand Orient de France ».

Loge d’étude et de recherche du Grand Orient de France – S’inscrire dans l’Histoire/Collectif – JAMES ANDERSON, autoédition, 2022, 42 pages, 10 €

Possible représentation de James Anderson dans une caricature de William Hogarth.

Initialement, cette note de lecture a été publiée dans le journal papier de 450.fmLa Lumière Mai 2022 N° 2, page 28, dans notre rubrique La Sélection de la rédaction.  

Société secrète… La Main noire

La Main noire, ou L’Union ou la Mort, était une société secrète nationaliste serbe fondée en Serbie en mai 1911, essentiellement composée de Serbes.

Historique

L’objectif de cette organisation nationaliste serbe, est de réunir au sein d’un unique État serbe l’ensemble des territoires faisant partie de l’Autriche-Hongrie (Croatie, Bosnie, sud de la Hongrie), ou de l’Empire ottoman (République de Macédoine, et le Sandjak), habités par des Serbes, ainsi que le Monténégro. Ceci indépendamment de la composition ethnique des territoires considérés, où les Serbes ne représentent qu’une partie de la population.

Photo de groupe de membres de la Main noire.

Pendant les années précédant la Grande guerre et surtout pendant les guerres balkaniques, la Main noire infiltre les milieux militaires sans que le gouvernement civil de Nikola Pašić n’ait les moyens de s’y opposer.

Le but de l’organisation figure dans l’article premier des statuts (cf. la notice serbe) :

« Article 1 : Dans le but de réaliser l’idéal national, l’union des Serbes, il est créé une organisation dont peut être membre tout Serbe, indépendamment de son sexe, de sa religion, de son lieu de naissance, ainsi que quiconque servira sincèrement cette idée ».

Elle est liée à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche le 28 juin 1914, à Sarajevo. Les auteurs de l’attentat, dont Gavrilo Princip, membres de l’organisation Jeune Bosnie, ont été armés par la Main Noire. L’attentat de Sarajevo est considéré comme l’évènement déclencheur de la Première Guerre mondiale. La Main noire est dirigée par le colonel de l’armée serbe Dragutin Dimitrijević, surnommé Apis.

En 1917, le gouvernement serbe en exil fait arrêter et juger les chefs de l’organisation, devenue trop influente au sein de l’armée et du pouvoir politique, ce qui marque la fin de la Main noire.

En 1941, bien que l’organisation soit dissoute depuis deux décennies, un certain nombre d’anciens membres, notamment le communiste Mustafa Golubić (en), participent au putsch du 27 mars 1941.

Membres

Tracés Maçonniques-L’esprit de la géométrie

Solange Sudarskis-Préface de Roger DachezÉditions Numérilivre, 2022, 220 pages, 22 €

Non sans humour, un grand site marchand met en avant, dans sa rubrique « Détails sur le produit », la mention suivante « Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans* » ! Sans doute, s’exprime-t-il en âge maçonnique !

Solange Sudarskis aux Rencontres Culturelles Maçonniques de Lyon des 22 & 23 Octobre 2022, 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique. Photo © YG

À l’heure où nous écrivons, la question mérite d’être posée. Quel lecteur de 450.fm ne connaît pas encore notre très cher Sœur Solange Sudarkis ? Est-il encore besoin de présenter celle qui est en charge, au sein de notre rédaction, en qualité de chroniqueuse, de la rubrique « Miroir des spiritualités », chaque mardi à 10 heures. Et que nous lisons toujours avec gourmandise ! Cependant, pour encore mieux éclairer notre chemin, l’auteure, après La gestuelle maçonnique (Ubik Éditions, 2021), outil clé dans la pratique rituelle en Franc-maçonnerie, nous livre tous les secrets des Tracés maçonniques. Nous dévoilant même tout L’esprit de la géométrie, sous-titre de l’ouvrage.

Car éclairer notre chemin, c’est bien tout l’objectif de la prose instructive de l’auteure qui, dès 2011, l’avait fait, notamment en matière philosophique – cf. Pour Éclairer le Chemin-Une approche philosophique de la Franc-Maçonnerie (Éd. de la Hutte, 2011, rééd. 2013).

Mais, qu’est-ce qu’un tracé ? Et en langage maçonnique qui plus est. Reconnaissions que l’approche du tracé des figures inscrites, par exemple, dans un cercle – sans parler du cercle magique et de sa barrière protectrice tracée sur le sol – est, pour le Compagnon Franc-Maçon, une méthode visant à l’accès à de multiples connaissances. En effet, « La compréhension des tracés permet d’approfondir ce que les rituels expriment soit de façon allégorique, soit de manière symbolique et d’accomplir, ainsi, une œuvre de perfectionnement intellectuel et moral, en favorisant l’ouverture de la conscience. » déclare Solange Sudarkisdans Éléments de tracés avec règle et compas-La concordance maçonnique (Éd. de la Hutte, Coll. Franc-maçonnerie, 2015).

Le tracé, nous dit le Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie (Larousse, 2011) de Monique Cara, Jean-Marc Cara et Marc de Jode, « est l’action du trait sur un morceau de bois qui permettait au maître maçon opératif de dessiner le plan d’un ouvrage, la partie d’un plan ou une simple pièce ouvragée, destinée à la construction. La franc-maçonnerie moderne a conservé ce terme pour qualifier tous ses travaux de réflexion, retranscrits généralement sur un document écrit. Par extension, les maçons parlent de « planches tracées » ou de « morceaux d’architecture » en se référant à la fonction initiale du tracé. Il est dit aussi qu’un maître accompli doit posséder l’art du trait, c’est-à-dire la faculté de tracer, à main levée, n’importe quelle esquisse sur du bois à l’aide d’une pointe. L’art du trait est évoqué lors de l’initiation au 3e degré, lorsqu’on demande au nouveau maître d’accomplir son « premier travail de Maître ». Celui-ci reçoit un compas avec lequel il doit tracer un cercle sur une planche. Mais on appelle aussi « tracé » le procès-verbal d’une tenue maçonnique qui est rédigé par le Secrétaire de la loge. Le tracé d’une tenue est lu par le Secrétaire à la tenue suivante, et son adoption est mise aux voix des frères et sœurs de la loge. Le terme de « tracé » n’est utilisé que dans les loges travaillant aux trois premiers degrés initiatiques. Au 4e degré, les écrits maçonniques adoptent le nom de « Colonne gravée », et au 30e degré le mot utilisé est « Balustre ».

Esquisse « Le Tracé » du peintre, graphiste et écrivain Jean Beauchard, professeur honoraire, agrégé de l’université et diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Avec ses 220 pages, son style et son vocabulaire tant accessible à tous que très pédagogique, Solange Sudarkis, maître de conférences honoraire, après 45 ans de pratique de l’Art Royal, et lauréate, en 2017, catégorie « Essais et Symbolisme », du prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France pour son Dictionnaire vagabond de la pensée maçonnique (Dervy, 2017), nous fait entrer dans une nouvelle dimension. Celle de la compréhension des mathématiques qui, avec la géométrie forme, accompagnée de l’astronomie et de la musique, ces « sciences sœurs » selon Platon, forme le quadrivium, un des deux degrés des arts libéraux. C’est d’ailleurs aussi ce que relève le maçonnologue Rocher Dachez le préfacier, confessant volontiers « … j’ai toujours été mauvais en mathématiques et les démonstrations géométriques m’ennuient assez rapidement… »

Et l’auteure de nous convier, à la suite de la préface qui laisse entrevoir, entre compas, équerre et autres instruments de la maçonnerie symbolique, une sorte de meliora praesumo, signifiant « j’entrevois de plus grandes choses », à nous munir desdits outils afin de nous divertir et de commencer à dessiner le plan « de la plus palpitante des constructions faites de matières et de lumière ». Un magnifique programme !

Le lecteur appréciera la finesse, et la justesse, des titres des chapitres. À titre d’exemple, nous avons : 

« Allons par quatre chemins », « Comme les cinq doigts de la main », « Six m’était compté », « Le tout neuf (9) », « Tout est dix (10) ».

Solange Sudarkis, à renfort de schémas, diagrammes et illustrations, analyse en profondeur tous les aspects d’un chiffre. Prendre le 3, pour ne citer que lui, et qui, selon l’auteure est le plus présent dans le temple. Passant de la dualité au ternaire, de la perception qu’en ont les kabbalistes, elle ‘’trace’’ la vie du chiffre depuis l’approche pythagoricienne jusqu’à la guénonienne. Sans omettre ses diverses formes comme le triangle ou, comme avec l’apparition de la pensée religieuse, de la Trinité. Et sur un plan maçonnique, nous bénéficions une étude sur les ‘’Trois points .˙.‘’ et le delta lumineux.

Les annexes, au nombre de huit,  nous amènent à certaines « Imaginalisations », notamment sur le nombre irrationnel π (pi), appelé parfois constante d’Archimède et sa valeur approchée, qui s’écrit avec un nombre infini de décimales sans suite logique, les premières étant 3,1415926535…

Il en est de même avec le nombre d’or qui a déjà fait l’objet d’un long développement à travers le chapitre « Comment approcher le nombre d’or – son origine, la suite de Fibonacci présente dans de nombreuses disciplines ainsi que dans la nature, le carré long et le tracé du rectangle d’or, etc.

Nous notons l’importance de quelques éclairages quant à la véritable équerre du Vénérable Maître, du tracé régulateur médiéval, de l’explication du fameux théorème de Pythagore.

Par ailleurs, chaque chapitre, tant de l’ouvrage que des annexes, s’achève par un encadré en italique résumant les points clés énoncés dans ce dernier.

Papus

Nous aimons, tout particulièrement, les illustrations de presque tous les chapitres à l’aides des dessins tirés de l’ouvrage de Dr Gérard Encausse, dit Papus La science des nombres-Œuvres posthumes (Chacornac Frères, 1934).

L’essence même de la pensée maçonnique ne se trouve-t-elle pas aussi dans l’étude, en Loge, de ce que le Maçon accorde aux chiffres, devenus nombres (valeur symbolique, pouvoir quasi magique, interprétation). Le dernier opus de Solange Sudarkis permet, avec rythme et harmonie, de se réconcilier avec les outils maçonniques que sont, regroupés par deux, maillet et ciseau, compas et équerre, règle et levier, perpendiculaire et niveau…

*https://amzn.to/3PQv2sV, consulté le 18.XII.2022.

Obéissance et courage

De notre confrère italien expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda

Obéissance et courage est la devise des Chevaliers Élus, qui règne au 9e degré, celui dans lequel la mort d’Hiram est symboliquement « vengée » : lors de la veillée et de la méditation des Maîtres Secrets du Temple, les Chevaliers errent dans la recherche continue pour l’assassin du Maître bien-aimé.

À un certain moment, épuisés, ils viennent de découvrir le lieu où se cachent les coupables, qui, dans les différents « catéchismes » du degré, s’identifient à des vices ou des péchés : envie, luxure, orgueil… et ils les décapitent, c’est-à-dire qu’ils privent les caractéristiques négatives qu’ils représentent de tout pouvoir idéationnel, situé précisément dans la tête, en le neutralisant définitivement.

Le degré IX, qui est identifié et défini comme la « Loge de Perfection des Chevaliers Élus du IX« , représente, à mon avis, un véritable tournant dans l’ascension de la Pyramide du Rite Ecossais.

Le franc-maçon qui dans les degrés précédents a assimilé les notions d’équité et de justice, qui a été instruit dans les deux derniers degrés sur la manière de procéder, dans les deux domaines différents du gouvernement des masses, est maintenant appelé à examiner la réalité de la vie dans laquelle il vit, d’y chercher les manques et les défauts qui l’attriste et d’y pourvoir.

Au degré précédent, il a également appris que dans le devoir, il y a des principes de droit, qui doivent être défendus à tout moment, ce qui en fait un engagement d’honneur d’un chevalier de justice; à ce grade, la nécessité de faire face à cette défense avec détermination, prudence et courage se fait sentir.

La tâche délicate d’assurer dans la famille, mais pas seulement dans celle-ci, le respect des devoirs sacrés était confiée à l’élu du neuvième degré ; à eux était confiée la tâche de la justice exécutive et la Maison IX symbolisait quelque chose d’implacable oui, mais de profondément juste.

Aujourd’hui, la vie que nous vivons semble faire en sorte qu’il ne soit plus nécessaire que la Chambre des élus fonctionne avec cette tâche; mais est-ce une certitude absolue ? Non! Des moments historiques pourraient se reproduire et nécessiter une action énergique soutenue par une préparation sérieuse pour alimenter leur vigueur.

Le franc-maçon doit s’éduquer, il doit tendre à son propre perfectionnement, mais de par ses principes sacrés il ne peut être sourd aux conditions graves de malaise collectif, il ne peut tolérer un pouvoir insolent et impudent et sachant que l’inaction est stérile, il doit être prêt à se défendre et, surtout, à défendre.

Il doit être ferme et fidèle à ses serments, qui sont les mêmes pour tous les francs-maçons des deux hémisphères, et se rappeler, à tout moment, qu’au-dessus de tout et de tous, il n’y a qu’une seule chose : la justice. Il gouverne, il commande, il est obéi.

Obéir, c’est simplement écouter, prendre en considération les indications, jusqu’à les faire prévaloir sur les siennes, comme un acte d’amour.

En latin obedientia , il vient de ob-audio , « j’écoute » ; obéir, c’est donc d’abord prendre « au sérieux » le discours de l’autre.

L’obéissance est cette écoute qui vous libère.

Le courage, c’est faire des choses qui révèlent d’abord à soi son cœur, son authenticité, et ainsi découvrir à quel point ce qui est en nous et authentiquement nôtre est grand.

Le courage est ce que, consciemment ou non, nous, francs-maçons, recherchons, attirés par la Sagesse ; c’est ce moment où, dans la nouvelle personnalité de l’initié, le cœur recommence à battre et le sang à battre.

Pour ceux qui, comme moi, croient en l’écossaisisme, confluent bien connu des courants de la pensée philosophique et métaphysique universelle, le IXe degré représente le chapitre dicté par les Lumières, qui propose trois grands thèmes de méditation : les crimes ne peuvent rester impunis, la transgression de les commandes reçues représentent un danger, le besoin d’avoir des amis qui s’intéressent à nous.

Tous ceux qui sont autorisés à gravir la Pyramide du Rite ne doivent jamais échapper à ces concepts simples, au contraire, ils doivent être une source continue de méditation et de référence.

Les francs-maçons locaux proposent de jeter un œil à l’intérieur de la loge de La Jolla

De notre confrère californien lajollalight.com – Par Ashley Mackin-Salomon

L’organisation fraternelle légendaire et secrète dit que sa mission moderne est de construire sur sa vie. Outre leurs membres célèbres à travers l’histoire – de George Washington et Benjamin Franklin à Thurgood Marshall et Harry Houdini – les francs-maçons sont connus comme l’une des organisations les plus secrètes au monde. Avec des racines dans la foi religieuse et une mission d’auto-amélioration qui a évolué au fil des siècles, ils mènent une grande partie de leurs activités à huis clos d’une manière connue uniquement des membres.

Mais la succursale de La Jolla a ouvert sa loge aux non-membres le 13 décembre pour un dîner pour célébrer son 100e anniversaire.

L’histoire des francs-maçons – désormais considérés comme une association de type fraternité « dédiée à la promotion et à la promotion de toutes les vertus morales et sociales chez les hommes » – remonte à la construction du temple biblique du roi Salomon à Jérusalem au 10ème siècle avant notre ère.

« Ce bâtiment a marqué la première fois qu’il y avait des tailleurs de pierre qui [créaient] l’industrie« , a déclaré le franc-maçon Johnny Law, et des rituels ont été construits autour des traditions entre tailleurs de pierre dans les premières guildes. « Puisqu’ils ne savaient ni lire ni écrire, ils devaient inventer des poignées de main secrètes pour indiquer leur… niveau ou leurs compétences« , a déclaré Law. « C’était une façon de se reconnaître.« 

Les tailleurs de pierre ont fait évoluer leur forme de communication pour inclure des mots de passe et des symboles afin de protéger leurs secrets commerciaux, selon l’organisation. À partir de là, des loges ont été créées pour prendre soin des membres plus âgés et/ou de leurs familles s’ils devaient se blesser ou mourir. Au fil du temps, ces groupes de tailleurs de pierre sont devenus des francs-maçons et se sont organisés en clubs fraternels plutôt qu’en guildes de constructeurs. Les francs-maçons se disent la première et la plus grande organisation fraternelle au monde.

Mais la nature secrète demeure.

La conception de La Jolla Lodge n ° 518 au 5655 La Jolla Blvd. est inspiré du Temple de Salomon, avec des piliers et une « cour » centrale qui est en fait une salle de réunion fermée. Parce qu’une affiliation religieuse est requise pour être membre, la salle de réunion a un autel avec un texte sacré dessus. En Amérique, c’est souvent une Bible, mais le livre peut représenter différentes religions du monde entier.

Le chapitre local des francs-maçons se réunit dans la loge La Jolla.

Le « G » au centre du symbole du franc-maçon – qui comporte également des outils architecturaux (un compas et un carré) – représente Dieu et la géométrie, a déclaré Law. « Nous pensons que Dieu parle en mathématiques« , a-t-il déclaré. « Quand vous pensez que Dieu est l’architecte de l’univers, [Dieu] l’aurait fait à travers des principes géométriques.« 

Bien que les francs-maçons n’exigent pas la foi en une certaine religion, les membres doivent croire en un « être suprême« , a déclaré Law. Cependant, le groupe ne demande pas aux membres potentiels quelle est la religion ou la divinité en laquelle ils croient.

« Il y a cette idée que … vous donnez votre parole à quelqu’un qui va vous tenir responsable en plus de vous-même et de votre créateur supérieur« , a déclaré Law.

Il existe une tradition contre l’adhésion des athées à l’organisation, bien qu’en France, il existe un sous-ensemble de la franc-maçonnerie qui autorise les athées.

De même, les femmes ne sont traditionnellement pas autorisées à être des francs-maçons, mais des chapitres féminins se développent qui font partie d’une organisation distincte qui tient des réunions distinctes. « Je ne pourrais pas aller à leurs réunions et ils ne viendraient pas aux nôtres« , a déclaré Law.

Transcendant le concept de construction de structures comme le faisaient les tailleurs de pierre, la mission des francs-maçons modernes est de construire sur sa vie, a déclaré Law.

« Qu’apportez-vous à votre famille, à votre communauté ? Contribuez-vous et construisez-vous quelque chose ? » il a dit. « Il y a cette idée d’être un bâtisseur et de mettre cette pierre.« 

Être membre vous connecte à la liste des francs-maçons célèbres et fournit « une norme à respecter », a déclaré Law.

Le franc-maçon local Johnny Law lit une invocation avant le dîner du centenaire du pavillon La Jolla le 13 décembre.

Au début du dîner du lodge de La Jolla le 13 décembre, le membre potentiel et retraité Marine Karl Fontenot a déclaré qu’il avait été conduit chez les francs-maçons par le sens de la camaraderie qu’il avait pendant son service militaire. Trouver « un esprit commun » de « vouloir être de meilleurs individus et d’avoir ce soutien pour vous assurer de rester sur cette voie » l’a incité à revenir aux réunions ouvertes.

Les francs-maçons se réunissent le deuxième mardi de chaque mois, mais le public ne peut assister qu’à ce que l’on appelle des dîners festifs du conseil d’administration pour en savoir plus sur la maçonnerie et rencontrer les membres de la loge. Les membres potentiels sont encouragés à assister aux réunions ouvertes à la loge qu’ils espèrent rejoindre.

« Pour ceux qui quittent l’armée … il est difficile de retrouver ce sentiment de fraternité, ce qui peut désespérer les anciens combattants« , a déclaré Fontenot. « J’ai cherché des endroits par ici. J’habite à Pacific Beach, donc c’était près de chez moi. La première fois que je suis venu ici, j’ai été accueilli à bras ouverts et j’ai pu ressentir les soins et le soutien dont beaucoup d’entre nous ont besoin. »

Le modèle « d’identification des hommes qui recherchent des informations sur la vie et comment être un homme meilleur » lui a parlé, a-t-il dit, tout comme la réputation de diversité et de bénévolat du lodge La Jolla dans la communauté.

« Il y a cette idée que … vous donnez votre parole à quelqu’un qui va vous tenir responsable en plus de vous-même et de votre créateur supérieur. »

— Franc-maçon Johnny Law

Il est interdit aux francs-maçons de recruter d’autres membres et l’adhésion doit être volontaire.

Les membres potentiels sont élus par les membres existants après une vérification des antécédents et des entretiens avec un trio de membres désignés.

Lors d’une réunion après le dîner portes ouvertes, Fontenot a été élu à l’unanimité.

Il a dit qu’il avait « tellement d’espoir que je puisse appeler ces gars mes frères, et chaque jour j’ai hâte de les connaître de plus en plus« .

Les rituels d’initiation de l’organisation sont gardés secrets, mais Law a déclaré que les cérémonies impliquent des lectures qui « impressionnent sur un candidat de bons enseignements moraux et comment être un citoyen honnête… et comment être un homme meilleur« .

Le secrétaire de la franc-maçonnerie de La Jolla, Vike Ovanessoff, vient d’Iran, où la franc-maçonnerie a été interdite dans les années 1970.

« Certains des membres ont été capturés et exécutés … alors certains membres sont venus aux États-Unis et ont fondé la Grande Loge d’Iran en exil à Los Angeles », a-t-il déclaré. « Ils sont très actifs, avec beaucoup de membres.« 

En grandissant, a-t-il dit, il vérifierait ses actions par rapport à la norme de « la loge serait-elle fière de moi pour cela?« 

Il existe différents niveaux de maçons – appelés diplômes – avec différentes responsabilités. Les maçons du premier degré sont connus comme des apprentis inscrits, ce qui, selon Law, implique une rétrospection et l’amélioration de ses vices. Les maçons du deuxième degré sont connus sous le nom de camarades, qui se concentrent sur l’étude de la géométrie et des sciences. Les maçons du troisième degré sont connus sous le nom de maîtres maçons, qui se concentrent sur l’accueil de la prochaine génération et le rapprochement des gens.

Le logo des francs-maçons avec le numéro de loge La Jolla est affiché lors des réunions.

Quant à savoir pourquoi les francs-maçons sont si secrets, Law a déclaré que cela faisait partie de leur engagement à préserver l’intégrité de la société.

« La confiance est un principe important, et si mes frères ne peuvent pas me faire confiance sur parole et si je ne peux pas garder les secrets les plus simples, quel genre de personne suis-je ? » il a dit. « C’est la première leçon que les maçons reçoivent. »

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Les trois coups espacés

Du jour de son initiation, qui n’a pas encore en mémoire le son des trois grands coups du heurtoir annonçant son entrée en Loge, et donc en Franc-Maçonnerie, en qualité de néophyte… Des informations capturées à jamais par notre cerveau.

Voici ce qu’évoque ce titre « The Three Distinct Knocks », une des plus grandes divulgations – textes destinés au grand public – de la tradition maçonnique anglaise. Philippe Langlet, universitaire et écrivain plus particulièrement connu pour ses recherches sur les textes fondateurs, les premiers rituels et les aspects anthropologiques de la Franc-Maçonnerie, nous offre une nouvelle traduction et présentation, en deux langues, de ce texte imprimé à Londres en 1760, mais sans doute aussi deux ans plus tard à Dublin.

Dans sa présentation introductive contextualisant l’œuvre, l’auteur détaille les différents livraisons ainsi que le choix de sa traduction. En effet, nous avions jusqu’alors coutume d’entendre « distincts » et non « espacés ». L’analyse, sérieuse et rigoureuse, décrit la structure de cette divulgation de façon argumentative, mettant à jour tous les aspects et concepts – vocabulaire, texte en lui-même, son auteur anonyme, éléments rituéliques – de ce texte emblématique de la littérature maçonnique anglaise du XVIIIe siècle. Dans ses « Remarques finales », il précise comment utiliser et placer les trois grandes lumières que sont la Bible, l’équerre et le compas. Suit ensuite le texte original en anglais page de gauche et en regard l’une de l’autre, synchronisée, page de droite donc, sa traduction annotée et expliquée. Pour une compréhension optimale de l’ouvrage qui, ne l’oublions pas, se présente comme un rituel et qui permettait au lecteur de se faire passer pour franc-maçon et de pénétrer dans toutes les Loges, si tel était son désir…

Les Trois Coups espacés, véritable source de la Maçonnerie des Antients.

The Three Distinct Knocks/Édition bilingue – Traduction et présentation de Philippe Langlet – Éditions Dervy, 2022, 254 pages, 18 €

Journal La Lumière

Initialement, cette note de lecture a été publiée dans le journal papier de 450.fmLa Lumière Mai 2022 N° 2, page 28, dans notre rubrique La Sélection de la rédaction.